PHARMACOPEE
D E
BAUDERON.
AVEC JLES RE/VARÇIVES
DE FRANCOI S VERN Yi
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Divisée en deux Livres.
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'K.',
MACdPEE
D E R O N,
EXACTEMENT CORRIGE'E
en plus de treize cens endroits, des fautes qui s’étoient
glifsees dans les precedentes éditions.
ET DE NOr^EAr AVG M E HT E E DE
plitjïeurs Kemarc^ms fort utiles Mnt fur la Theriaque, ou il efl amplement
traité de fes SuhjiitutSj que fur d'autres Compof lions curieufes ^ nectai¬
res aux Médecins , Apothicaires , Chirurgiens , ^ autres.
Avec la réponfe à l’Apologie de lean Zvvelfer , Médecin de fa Majefté
Impériale j & un examen des ingrediensde laConfedion d’Alkcrmes '
qu’il a inventée & décrite dans fa Pîiarmacopée Royale.
FRANÇOIS VERNYj Maître ^Apothicaire luré en la Faeulté dg
^ tJJdedecine à Montpelier,
N.
M. J) a LXXlt
Privilège
GIR
en rue Mercrere , à la
A MESSIEVRS
LES CELEBRES ET SINCERES
PHARMACIENS
DV: ROYAVME.
L ny A perfome de <vom , M E SS IB VR Sj
qui ne fçache le nombre conjtderahle des Phar¬
maciens qui font dans le Royaume i ^ qui na-
rvouë que dans cette multitude , il s'en rencontre
de trois fortes à caufe de leur maniéré differente
d'agir. Jjes premiers font ceux qui connoffam parfaitement
leur Art , l'exercent en gens de bien , ^ le pratiquent a<-vec hon¬
neur. Les féconds font ceux qui n ayant qu’une legere teinture
du fujet qu iis traitent font obligés de s'arrêter à l'écorce. Les
derniers enfn, poufsés d'un mountement déréglé d'anjaricej ne
trai-vaillent que pour s'acquérir du bien i ^ cef fans doute ce
dernier motif qui eft la caufe la plus commune 0’ la plus ge¬
nerale du defordre que nom njoyons en la Ccmpoftton des Me-
dicamens : Car f les premiers qui font bien nuerses en leur Art»
qJ fdeles dans ï exercice de leur charge y s appliquent exaSle-
ment à tout ce qui regarde leur Sujet , ^ ne manquent jamais
en la compofition des medicamens i il efl à craindre que les
féconds quoyque gens de bien ri ayant pas une entière connoijfance
des medicamens rien corrompent afsés fou'vant la compoftion
par la maw^j^.ife préparation ou fuhjîitutton qu'ils en font. Ces
féconds ne font pas f blâmables que les derniers , maïs cela
n empêche pas quils ne foient coupables de tous les manquemens
qu'ils font pour ne donner pas toute l'étude ^ toute l' application
qu'il faut à leur Art. Ce font enfin les derniers qui font les pim
à craindre y puifque l'acidité infatiable qu’ils ont de gagner
du bien J leur fait contre leur propre connoijfance, tronquer les
principaux ^ les pim précieux ingrediens des Compofitions.
Dans ces trois firtes de Pharmaciens , je ne <tjoïs que les pre¬
miers qui puijfent mériter ^ porter le nom du pim important
^ pim necefiaire de tom les Arts , encore que la famé des hom¬
mes leur foit également commife. Ce fi a nsom aujfi, MES-
S I E VRS y â qui je donne aasec toute l’affeBion dont je fuis
capable cette fécondé Edition de mes Remarques fur Bauderon »
cefl a ruons a qui je les pre fente s ce fl âruom , qui les deevés
recervoir fous ruêtre proteBion , puifqu elles worn regardent
comme fes ProteBeurs. /’ejpere que tvom aurés la bonté de leur
donner quelque heure de relâche de ruos occupations ordinaires,
pour les lire de fujpendre , s'il ryom plait , nfos jugemens
fur des nouaselles pensées que fay mis en aruant jufquâ ce que
rvom y ayés bien fait reflexion. Si je ne me fers point de puijfan-
ce pour foutenir mon Oururage , c’efi parce que je nay point
rvoulu le donner qu’â des perfonnes capables d’en jager. ZJom
êtes , M E S S I E KRS y les feuls qui pourvés pénétrer les
ahus de ceufi qui par leur mauruaife foy ou leur ignorance ,
rarvalent tout autant notre profejjien que njom la releues. Si
les princes ^ les Kou ont autrefois composé de leurs propres
mains les Remedes , ne denuons-nom pas j MESSIE VR Sj
d’un commun accord relenjer les ruines que ces féconds der¬
niers pharmaciens ont déjà fait à notre Profejfon t Ceji le
feul moyen qui nom rejîe pour la rendre plus flonjfante que ja¬
mais i ^ cefl aufi par là que mm pouvons nom rendre agréa¬
bles à Dieu j utiles à nkre prochain recommandables à nos
fuccejfeurs } cejî le fouhait ,
^ESSIEVRS,
De vôtre tres-humble & tres-
obcïflànt fcrvîteur
F. VERNY.
AD D. D. BRIC I VM BAVDERONVM,
celeberiimum Mediciiiæ Doâ:orem,nccnon Hippocia'
tis,Galenij& Avicennæ vindicem fidelifTimum,
EPIGRAMMA.
H I très fmt, MedkU qui imt frxceptts mdendi.
Nec tutum alteriui dogmata velle fequi.
lîerum fcripta trium mendù Junt ohfitd : verum
B R. I c J us hic nobit fro tribut unm eriî.
Scripfit in bencvoli & obfequentis animi fymboluiîï,
lACOBVS PELERINVS DcIphinas,Mecîic.
Do£tor, & apud Matifconcnfes Prafticus.
ERVDITISSIMO D. D.
FRANCISCO VERNY,
ARTIS PH ARMACEVTICÆ
Magiftro Monfpelienfi peritilTimo,
EF IGRAMMA.
G< Allis ccdc locum Mcdids , Germane Machao :
f Hoc te dcvidum Pharmacus ipfc docct.
Aftra petunt Ve rny Codices , domitdque Zuvelfcr,
Gymnajfîum femper Monrpelicnfe micat.
Demirare virum , Medicos qui falvat honores,
Cujus & affiduus régnât in orbe labor.
Cunda trahunt l#cum , tempus , mors, longa vctuftas t
Ve RNY fcripta mancnt, funcrc fola carent.
Debitæ obfervantiæ fauftæque acclamationis ergô apponebat
Carolus Decamps Magiftcr Pharmacopœus jiiratus
Maffilieniîs , necnon olim Tyro obfequentiffimiis.
AD a SAVVAGEON
D I s T I C H O N.
PHarmacofœa, :^tav lateritia ^mniam ,
Mamorea en demm , cen rediviva vente.
I. B A L c E T D. M. CoIIegio
Medicor. Lugdun. Aggregacus.
AD D. SAVVAGEON
PHARMAGOPOEÆ BAVDERONI
instavratorem.
EPIGRAMMA.
HzÆc Ji Pompeius jam grmdia lemmata cernât,
Ve viètor quondam Pontica fcriniola.
SjntheJin ut vili fcripam medicsmine rifit^
Sic ingens mérita Jiemmate âonet ofus.
Sedula Gracerum nam qua mjrothecia condunt ,
Struxit quidqaid Arahs ingeniofa mmus.
Amborum J^oliu feliei forte trumphms,
Et qua gens , poprio marte , Latinct dédit.
Emderii hîc congeïia nitent , ceu divite cornu ,
Et mufis nati munere Spuagii.
Non aliunde Pet as Panaceam , Moly , Nepenthes:
Hîc , fi fub ccelo efi , Utet.
Hvgo de Vavx
Canonic.Sc Archidiac.Aufcitanas.
PHAR
FHARMACÊVTICIS VTRIVSQVE BAVDERONIL
Eum Parentis , tuiïi Filii , laboribus gratulatur hoc
É P I G R A M M A T E,
PKS fo IL LA RD, Patmm Maâfconenfm.
INteftina , Iccur , Gerebrum , Cor, Vifcera , Peâ:us,
Demoeritus ferro vidic, & edocuit.
Hippocrates pepulic potu variance dolores ,
Hic fontes aperit fanguinis , ille.fecat.
Dclicias alter prohibée, Venerémque reeufat.
Hic calido jeeori vina inimica vetat.
Denique diverfos Medicus fîbi vendicat ufîis^,,
. Vc morbùs variâ fcdulitate necen
Qois tamen, ô noftri Bavderi Epidaurius ævis,,
Doâ:iùs,&fflehùs te docuifle fèrecj,
Dulcia mellifluo tu condis Pharraaca fuccoj.
Vtile cum dulci jungis , amara Refis.
Inque tuis fecura tradas pngnantia libris,.
Te colit Ægrotus , te quoque Sanus amat;.
Sic liber hic totum Medicinæ continct orbein-,,
Afpera jucundis rnifeet, arnica tnalis.
Qiicm Pater cdiderac divine ex fçmine Natumi
fiLivs , haûd mirura eft, Fratrem iterum genuih.
Caftoris alternes fie Pollux prerogat annes ,
Hoc Pater incepit , Filivs egit iter.
Confusdque Patri naturâ tempera reddit,
Prdque annis cencum, fæcula mille dabit. .
î^ulla iènefceiiti.vîs eft tam fertilis herbæ,,
Quam qnæ primævo vere repente viret.
Quid mirare Sehem juvenis fi Filius omet 5 :
ïmberbis hdedicis , femper Apollo fuit. -
J::i> WIM
^DVIS AV LECTÆVR.
O V R fàtisfeirè à ma curioficé & au deiîèin que j’avois.
de m'éclaircir for les difficidcez que nous rencontrons fou-
vent en quelques compolî rions,. tant des Anciens que des
Modernes , touchant les ingtediens malins & delctcres
qu'ils y font entrer , fans autre prepration ny correétion,
pour l'ordinaire , que la feule trituration : il me vint en
pensée de recourir à nôtre Pharmacopée de Bauderon,
qui explique fort utilement beaucoup de difficultcz qui lè rencontrent dans
les compolîtions qu'il, y décrit, & par fes paraphralès & mélanges il en-
foigne des moyens pour les biens achever , ce qui a fait dire à quelques-
uns de la profeflîon que cet Autheur n'y auoit rien omis pour la perfedion
de fon ouvrage. Si je l'appelle notre Phannacopée , c'cft à raifon de la naif-
fonce de fon Inventeur , Sc de l'approbation generale que tous les Apo¬
thicaires du Royaume luy ont donnée dépuis plus de foixante-dix ans , qu’ils
s’en fervent pour dilpenfer leurs plus célébrés compohtions Officinales : où
je puis adjoûter encores pour prenne de fon excellence deux exemples qui
confirment cette vérité > tirés de ce que les nations étrangères l’ont eue en
grande eftime, comme les Anglois , lefquels pour en recueillir des fruits di¬
gnes de leur labeur , la tournèrent en langue Latine , Sc la firent imprimer
in folio à Londres , en l’an 1635). & long-tems auparauant eux les Atcmans
l’avoient traduite aux propres idiomes de leur langue , & fait imprimer in
oclavo à Strasbourg, en l’an 159J. afin d'en tirer de plus grands avanta¬
ges. Mais en parcourant cette dode paraphrafe , je fois iî forpris d’y re¬
marquer un nombre inconcevable de fautes , qu’elles me firent à mêmc-
tems paffer du defir de m'inftruire à celuy d’en entreprendre la corredion,
nonoBftant beaucoup de difficultés qui me parurent en foule.' Et parce qu’il
n'étoit pas poffible de me dignement acquiter de cette corredion fur un
des plus nouueaux exemplaires , j’eu moyen pour découvrir les fautes plus
à fonds , afin de- les prendre en leur fource,de recouvrer un exemplaire de
chacune des quatre' premières éditions , qui furent imprimées à Lyon, la pre¬
mière par Behoît Rigaud, en l’an i 588. la féconde par Etienne Servain,
en l’an 1595.1a troiziémc Sc quatrième par Pierre Rigaud, en l’an 1603.
Sc 1607.Sc commençay mon travail for la derniere de celles de Ican loft,
imprimées à Paris , en l’an 1650. que je trouvay la plus dépravée , au lieu
qu’elle devoit être la plus correde , parce que Sauvageon qui y a ajouté
la Faculté des compofitions, l’a voit reuéuc corrigée, Sc augmentée -depuis
pai j ligues à une fécondé fois,
le
e Z
QÂd-vis au LeBeur.
le ine fîiis employé à la correélion de ces fautes pendant nn Hyvcr le
plus ibignenfement que les occupations ordinaires de ma profeil on me
îbnt pû permettre , & non fans beaucoup de peine , d’autant que pour
découvrir > comme j’ay déjà dith les fautes à fonds de quantité de com-
pofitions , il m’a fallu examiner diverlès Pharmacopées j outre les fu s-nom¬
mées pour aller jufques à laj naiilànce d’icelles » afin d’en être plus afléuré»
où j’ay remarqué, qu’on avoit négligé de les exaétement corriger en cha¬
que impreffion, ainfi qu’on en peut juger, par les fautes qui fc gliffercnt en
la première édition , qui ne hirent corrigées qu’en partie en la féconde : &
en cette fécondé on en trouve d’autres qu’on ne corrigea point en la troi-
ziéme , Sc ainfi des autres. Et quoy que Bricius , & Gratian , Bauderon
pere & fils y ayent feit diverfès revifions , comme il nous paroît par la
fiziéme édition, tant pour y ajouter de nouvelles compofitions que pour
en corriger les erreurs , neantmoins ils en laifferent pafler quelques-unes
de confiderables , les unes pr mégarde , les autres pour ne les avoir pas
bien confiderées. Mais ceux qui font venus après eux par une négligence
extraordinaire, ont omis en des compofitions dépuis un jufques à deux
& trois ingrediens , & en d’autres ils ont fiipposc l’once pour la drachme,
& les drachmes pour les grains , comme aulîî ils ont omis des compofi-
tions toutes entières.
Toutes ces fautes font d'une importance tres-conffderable , comme ü
fora plus amplement remarqué en chacune defdites compofitions , lelquel-
les rejaillüTent le plus fouvent contre l’honneur de- M'eflleurs les Médecins &
des Apothicaires , & qui font grand tort an public.
Aprez avoir bien reconnu ce defordre je n’ay rien épargné pour re-
couurer les meilleures œuvres , & les plus correéfes éditions des Autheurs
qui ont inventé les compofitions que Bauderon a inférées dans fa Para-
phrafo : Enfuitc je l’ay augmentée de quelques compofitions Officinales,
& d’autres qui font d’un ufoge aflèz frequent, que tu trouueras marquées
ainfi. * Comme aulîî en y ajoâtant la defcription de la Confeélion d’Al-
kennes foivant loubert , il a été de mon devoir de répondre à la calom¬
nie que nous fait le fieur lean Zvvelfer , Médecin de (à Majefté Impériale,
en fon animadverfion for ladite Confeûion dans la Pharmacopée d’Aufo
bourg, imprimée à Roterdam, en l’an Ces remarques m’auroienc
fourny beaucoup d’autre matière fi jem’yfulTe voulu attacher, oùj’aurois
foit voir que la fiift'îànce emporte certains hommes au delà des limites de
leur capacité , fi la brièveté que je me fuis proposé de garder me l’i-ût per¬
mis, m’étant feulement arrêté à fon lyrop Aceteux , composé de Mefiié,
à celuy d’Armoifo de Matthieu , pour montrer au doigt l’erreur d’un des.
plus recens Ecrivains , qui a voulu aveuglérnent trop deferer au fentimentr
du fieur Zvvelfer.
Et parce que nous avons certaines compofitions qui font fort ufitées à
caufe de leurs rares vertus, comme le Diamargaricum frigidum ,,les Con-
feélions
oAdvi^ 4U Leâeur.
fe(5tions d’Alkeniics, de Hyacinthe, le Mithridat, la Theriaque & autres, à
l’exemple de Meflieurs les Médecins d’Ausbonrg , en leur Pharmacopée in
folio , j’ay exadement double leurs deferiptions jufques à douze fois , en
faveur & pour le foulagement des vrais difpenfateurs d’icelles , qui feroient
moins verlèz en la fupputation des poids , pour éviter les fautes qui s’en
pourraient enfiiivre.
Outre cela j’ay beaucoup ajouté ou retranché, tant aux paraphràfes & mé¬
langes de Bauderon, qu’au modus faciendi que quelques autres Autheurs
donnent en leurs compofitions. Et fur une difficulté qui fut proposée à nô¬
tre compagnie , en l’an lôjj.par Mefficurs les Apothicaires d’Aix en Pro¬
vence , j’y ay ajouté la première defeription de cinq differentes Hieres, que
Nicolaus Alexandrinus attribué à Logodius , un des véritables motifs qui me
pcrfùada à faire des remarques fur les compofitions de Bauderon > parce
qu’ils l’avoient baillée en chef-d’œuvre à un Afpirant à leur maîtrife,au
jugement duquel il y eut de grandes conteftations entre les maîtres Apo¬
thicaires, où Mefficurs les Médecins prirent intereft comme nous dirons
en fon lieu.
Avant que finir je pafféray de la confideration de tout ce deffiis à la né¬
gligence des Autheurs Pharmacographes , qui au lieu d’attribuer certaines
compofitions qu’ils ont incorporées dans leurs Pharmacopées ou Antidotaires,
à leurs légitimes Inventeurs , les ont fouvent referées à d’autres. Et cette er¬
reur nous paroît particulièrement au regard des quatre Nicolas , fçavoir de
Nicolaus Alexandrinus, Nicolaus Myrepfiis Alexandrinus , Nicolaus Præpo-
fitus , & Nicolaus Salernitanus , que quelques-uns confondent les uns avec
les autres, pour n’avoir fcai, ny veu,& conneu les œuvres d’un chacun,
qui eft la caufe qu’ils prennent bien fouvent Salernitanus ( qu’ils appellent
le moins conneu de tous ) pour Alexandrinus , & Myreplus pour Præpofi-
tus , ce qui eft fort contraire à la vérité.
Car il eft à remarquer que Nicolaus Alex^drinus eft un des vieux Au¬
theurs Grecs de la Médecine , ainfi qu’il eft dit au titre de fon livre de la cora-
pofition des raedicamens , fiiivant les lieux, traduit du Grec en Latin, par
Nicolaus Reginus Calaber en ces mots , NicoUi Alexandrini Medici Gr**
ci vetufiijfmi liber de comfefitiene Medkamentorum feemdwm loca , &Cr '
des œuvres duquel je fuis muny de même que de celles de Nicolaus My¬
repfiis Alexandrinus auffi Grec de nation, traduites en Latin par Fuchfius, le¬
quel parut quelques fieclcs aprez parmy les recens de fà nation , fiiivant que
nous apprenons de Petriis Caftellanus , Profefléur aux lettres Grecques en
l’Academie de Louvain , au traitté qu’il a fait de la vie des Médecins illu-
ftres , où il dit, Nicolam Myreffm Alexandrintu vulgo Pr&fofitta mmk
f3atur,recenti0imü Graeü adnumerandm , &c. Il florilloit en l’an 1155.
&divifà fon Difpenfaire en 48. Seéfions dans lequel fe trouve quantité de
compofitions qu’il a tirées des œuvres de ce premier. Et pour Nicolaus Præ-
pofitus* il nous eft familièrement connu par fon doétc Difpenfaire diverfos
é 3 fois
^âvis au Le&eur.
;fois imprimé avec les Annotations de Plateariiis , depuis i"an 14^8. Mais
pour Nicolaus Saletnitanus, que nous trouvons fouvcnt cité par nôtre Au-
theur au tittre de quelques compofitions , quelle recherche que j aye fcca
Élire je n"ay peu jufqiies icy le connoittc par (es œuvres j neantmoins il y a
quelques Autheurs qui luy attribuent f mais mal à propos ) le petit Antidotai-
re J qui eft à la fin du foppiement des œuvres de Mefiié > avec les Annotations
de Platearius , lôus le nom fimplemenc de Amidoteirmm Nkolai ; car le
contraire de cela le vérifié en la table generale de la matière contenue dans le
fuldit fiipplement de Meüùé j oùü eft écrit en ^xo^tcs tcxmcs , Antidotariu m
farvum Nkolai Prapofiti yàc ces paroles & de ce qui précédé , il eft tres-
faciledc juger que Nicolaus Salernitanus (" prefiipposé qu"il y en ait unjna
rien contribué à cet Antidotaire 1 à moins dé confondre encore une fois Ni¬
colaus Præpofitus avec Nicolaus Salerniranus, & que ces deux ne foient qu'un j
parce que Nicolaus Præpofitus étoit de SalernCjComme rapporte Wander Lin¬
den en fon livre de Scriptis Medicis -, mais ce que je trouve d’opposé encore
à mon fontimentjcft qu'il y a quelques Autheurs qui font quatre Nicolas
tous differens j comme de Serre D- M- Interprète de Rcnou ,, qui les diftin-
gue par noms & fitr-noms , & en donne le portrait de chacun en particu¬
lier , dans la planche en taille-douce qu'il a fait mettre au frontilpice de fon
édition in foÜo, de l’an 1Ê37.
Il faut que je témoigne auffi en faveur de la vérité que de 146. compo-
fitions qui font décrites par ordre alphabétique dans le petit Antidotaire de
Nicolas Prevoft, en avoir vérifié «i 3. de mot à niotjqui ont été prilés de Nico¬
las Alexandrin, & de ?4. compofitions que Bauderon décrit dans là Para-
phrafe , fous le nom de Nicolas de Salerne , il y en a 13. qui ont été prifos de
Nicolas Alexandrin & de celles qu'il attribue à Nicolas Myreplîis Alexan¬
drin, il s’en trouve de même 1 6. de Nicolas Alexandrin. Et de là nous devons
conclurre que ceS trois derniers Autheurs ( bien que je n'en ' avoué que
deux ) ont tous puisé en partie pour grofEr leurs Dilpenlàires dans les œu¬
vres de ce premier. Voilà comme cette erreur qui eft de petite confidera-
tion , attendu qu’elle n'augmente ny ne diminué la vertu des compofitions,
s'eft glifsée multipliée d’un Autheur à l’autre : fi eft-ce neantmoins
que j’en ay bien voulu faire la recherche pour rendre à chacun ce qui liry
appartient, & pour la làtisfacfion des curieux de la profeffion, aprez avoir
corrigé le tout ’, afin que fi on avoit befoin de recourir à la fource d’au¬
cune de ces compofitions , on la pût trouver plus facilement.
Il y avoit grande apparence qu’aprez avoir exaétement corrigé la preceden¬
te édition de la Pharmacopée de Bauderon , des fautes qui s'étoient ramafsées
dépuis long- tems, par les frequentes éditions qui en avoient. été faites fans
les corriger ( comme nous avons déjà dit ) elle devait fortir au jour com¬
me un vray original repurgé de toute forte de fautes"; mais perfonne de
plus fiirpris que moy , de la voir venir en un état autant déplorable par Iç
nombre des foutes quelle contient, que celle for laquelle je les ayois corri-
f
oAdvls au Leéîeur.
gces j ce qui m’obligea à raême-tcms en avoir recen le premier exem¬
plaire de le revoir fans perdre un momenï pour en dreffer un Errata, à def
tin de le faire promptement imprimer , afin de le pouvoir ajouter à cha¬
que exemplaire j mais l’impreflion m’en fût refusée par les Libraires qui
l’a voient feit imprimer : voyant ce refus j’eu un plus grand defîr de corriger
cette édition de nouveau, & par même moyen dy ajouter des nouveUes
pensées , & à cet effet je fis une copie fortexaétc de tout le Bauderon, d’au-
rant que je trouvay en ce (èul volume des fautes de même nature , & en £
grand nombre que celles que j’avois trouvées dans les autres cy-devant im¬
primés , comme d’omiffions d’ingrediens dans la defeription de diverfès’
eompofitions , de dofes changées & d’autres omifes , comme auffi de remar¬
ques toutes entières , bref pour le dire en moins de paroles , les fautes que
j’ay corrigées en cette ftule édition paffent au delà de 1300, comme om
peut voir par l’Errata que j’en ay drefsé.
L’augmentation que j’en ay faite en cette féconde édition eflr eonfidera-
ble, & va environ jufques à la fizicme partie du volume. En quelques en¬
droits je n’ay. point fait difficulté de me retraéfer, & de changer beaucoup'
de chofes pour les mettre en meilleur ordre: Et en derniet lieu , je l’ay au¬
gmentée d’une nouvelle réponee que j’ày faite à Zvvelfer fur les mêmes-
Syrops Aceteux, composé: de Mefùé , & fur celiiy d’Armoife de Matthieu,-
& ffir la Confeétion d’Alkermes de Montpelier. Et pour ne refter pas dans>
les' limites de nôtre querelle, je l’ay de nouveau attaqué fir la Confeétion.
d’Alkermes qu’il a décrite dans fa Pharmacopée Royale.
En tout mon procédé , cher Leébeur , quelle liberté que je me (bis don¬
née, je n’ay nullement prétendu de m’égaler àMelîieurs les Médecins, ny
encore moins de glofer fur leurs doétes écrits ; mais comme je me (îiis-
inlènfiblement attaché, à un (îijet qui regarde l’honneur de la f Pharmacie,-
j’ay crtu d’en pouvoir ufèr de la (brte , n’ayant eu autre visée que celle'
d’aider aux gens d’honneur de nôtre profeffion, à- reparer les brèches que.
Pignorance, & la monftrueulè avarice y font tous les jours ; neantmoins je (ûis
tout perfuadé que quelques elprits envieux & mal-faifàns, préoccupez' de.-
pafllon me pourront blâmer ; mais mon honneur (èra afléz reparé,moyen-
nantquc j’aye Papprobation de ces juges équitables, qui prendront la pei¬
ne de lire mon petit labeur, au jugement defquels je me (bûmets cnticre--
ment , & lors qu’ils y remarqueront quelques fautes, je ne doute pas auffiî
qu’ils ne confiderent que le don. d’un homme (ans lettres , n’eft pas de fça-
voir tout. Ce (èra le nioycn, cher LeCleur, de m’encourager à le revoir
par une treiziéme fois,* où je te donneray encore , Dieu aidant, de nouvcl^-
i(3s preuves de mon zçle > qui eft cncicremenc porté, à te (àtisfaire.-
^RCrMEN T.
Nous avons divisé cette Paraphrafe en deux Livres jauiqnels font décrits
les remedes tant internes qu externes , qui communément fe préparent
& tiennent aux Boutiques.
LIVRE PREMIER
Contient les internes , lec[uel nom avons divise' en en&e BeSHom.
La première contient les Condits, & Conforves.
La leconde les Sucs épaiffis , & les Syrops.
La treizième les Eclegracs ou Loochs.
La quatrième les Poudres aromatiques des Eleétuaires.
La cinquième les Opiates.
La fiziéme les Confeètions ou Eleétuaires mois , altcratifs.
La feptiéme les Tablettes, tant Amples que composées.
La huitième les Eleétuaires purgatifs mois.
La neuvième les Hieres.
La diziéme les Pilules.
La onzième les Trochifques.
LIVRE SECOND
Contient les remedes externes , lequel nous avons diuise
en quatre Serions.
La première eft des huiles Amples & compofez.
La féconde des Onguents.
La treizième des Cerats.
La quatrième & derniere, eft des Emplâtres.
Finalement un traitté fommaire des poids & mefùres mentionnés par les
Autheurs des CompoAdons , & pour le jourd'huy pratiqués , le tout en
faveur des Apothicaires moins verfez.
Enfemble une Table ample & familière du tout.
REMAR
ï
REMARQVES
S V R LA
PARAPHRASE
DE LA
PHARMACOPEE
DE BAVDERON.
LIVRE PREMIER.
SECTION PREMIERE.
T>es Condits , ott Confitures en general.
O U s traittcrons liment , & même de médicament.
des Condits, ou Nous confiions les plantes , ou leurs
Confitures , avant parties , pour quatre railbns principa- pm~
tout autre rcmede, les. La première , pour les rendre
dont nous parle- plus agréables. La féconde , pour
ions cy-aprez, par- conlèrver longuement leur vertu. La "
ce qu’ils font dele- troifiéme, pour augmenter leur force
âables an palais , plus familiers à trop debile , Sc rendre leur aélioa
nôtre nature , & peuvent ièrvir d’a- meilleure paf le mélange d’autres.
A La
Livre 1. Seâion L
La quatrième > pour réfréner ou du
tout ôter leur qualité contraire à nos
delïèins ; foit par la trituration j infu-
fion J coétion > al^tion > uftion , ou
lotion > en retenant celle qui nous ert
utile ; ainfi qu^on pourra remarquer
par les difeours lui vans,
e^uand La partie de la plante fe doit con-
it faut fire lors qu’elle eft en là plus grande
confire valeur , & non autrement , ainlî que
Iç décrivent Diolcoride^» fa F reface,
&iapre2 luy Gai. Exeifiple. Les Ra¬
pines qui font d une fubftance déliée,
rare & legere , fe doivent confire au
Printems , lors qu’elles commencent
à. pulluler , auparavant que leur vertu
principale Ibit transférée aux fiieilles
& à la tige. Comme lont les racines
Des Confitures
en par-
T)e Raàicihm Ss.tyni ,
Cynsjorchis.
G Es deux racines font peu dilîèm-
blables en vertu : aulfi le confi-
font-elles l’une comme l’autre. La
diftcrence eft au choix du Cynoforchis^
pu Co 'müon de chien ;■ parce que de
plufieur^ elpeces qu’il y en a nous
prenons celle qui produit deux raci¬
nes rondes & tubereufes , dont l’une
eft beaucoup plus groffè que l’autre^
Et parce qu’elles font de dilFembla-
ou Æhe , de Buglojfe , de blés vertus pour les heétiques , &
Cichorée, 3c plufieurs autres. Au con¬
traire celles qui font de fubftance
grollè, denfe, pcfantë, & qui abon¬
dent en humidité auperlluë , le doi¬
vent confire en Automne , lors que
les fciiiUes commencent à choir > &
que leur humidité fuperfluë eft con-
fumée par la chaleur de l’Eté , y re-
ftant feulement la radicale & prin¬
cipale tequife au fojet pour lequel
on les confit : Comme font celles
éflnuta Campana , de Satyrium
mal-adroits au jeu des Dames muet¬
tes & rabatuës , pous prenons la plus
grolîë & la mieux nourrie : & l’autre
(parce qu’elle eft conmaire à Venus)
nous la laiftoPA Auffi parce qu’elle
eft petite, flétrie, &: peu focculente,
félon Diofcoridc. Quant au Satyrium-).
de deux efpeces que Diofeoride en
décrit , nous n’avons point en ce pars
la première, dépeinte par Matthiole,
mais feulement la féconde , fiirnom-
mée Erythronium , qui fe cultive foi-
à’Eriâ, de Sci/le , &c plufieurs autres, gneuferaent en nos jardins , que le
Et non feulement il feut obferver la vulgaire appelle de laquel-
fàifon -, mais auflî que l’Air foit dair le les fueüles font fort dilîémblables
r que 1'
& ferain , & la Lune en fon plein <
proche delà, fi faire fè peut : car alors
ces racines ont plus de vigueur ,
en les conôfint elles fé tfinainuent
à la première efpece décrite par Dic)f-
coride , & non des autres marques-
Car fà fleur eft petite , de figure, ap¬
prochante au Volubilis , tenninant
en cinq pointes de couleiu' : blaircke»
tirant for le pâle , du-miliai de la¬
quelle fortent cinq grains jannesjlon,-
-guets, foûtenu ehaeun de fon propre
]pyat,-& au 'milicu.un petit boutort
va-ti
Des Condits.
viarl J de meilie qn’en nôtre lys blanc
& vulgaire , auquel elle rellèmble en¬
core en odeur s bien qu'elle ne fait fi
pénétrante , mais de beaucoup plus
leuëve. Son fruit eft rond , & plus
gros que celuy qui contient la graine
du lin de couleur de vert détrempé,
à l’entour duquel font certains traits
diftihgucs en forme de croilïâns poiir-
tüs , ainfi que la fleur. La ièmence y
eft cnclofe ( lors de fa maturité ) elle
eft menue , dure , & roulTe , comme
celle du domeâiqae. Ses
racines font flbreufos au commence¬
ment, & blanches : au bout delquel-
lès viennent des racines rondes, (non
dilTemblables aux petits boutons de
la racine de Filifendula ) blanches
tant dehors que dedans , éc tcndrelet-
tes ; lelqu'elles venues à leur perfe-
ülion , font couvertes d’une pelure,
ou membrane fort menue ôc déliée
d’une couleur rouge , d’où elles ont
pris le nom à‘ Erythronium , & de¬
meurent toujours blanches en toute
leur fiibftance , & font tubereufes
comme les Tuhera de Diofooride, ap-
pellé en François Truffes, les unes
groffès , les autres moindres , félon
leur culture , ôc la nature du lieu ou
elles croiflènt. Leur faveur eft fade,
& toutefois d’alfez bon goût. Leur
temperature eft flatulcnte , chaude 3c
humide au premier degré , qui les
rend utile aux couards , maleficiés , ôC
non propres au fervice des Dames,
lelquels en pourront manger le foir
s’allant coucher , & le matin loin du
repas , en telle quantité qu’il leur
plairra , étant confites comme nous
dirons cy-aprez. Les Afthmatiques,
Phthifiques , & Atrophiés , en pour¬
ront aulfi ufer de même le matin.
& à la fin de leur repas.
Cette plante eft tellement féconde
que fi là tige eft couchée ou proui-
gnée en terre ( comme la vigne ) avec
les fueilles ( pourvu que la fomiéité
paroiflè dehors ) deux & trois fois
l’année , d’une elle en produira plus
de cinquante j 8c pour cela fi on la
laiflè croître en là perfeélion , elle ne
lairra de produire lès fleurs & fiuits,
comme fi cela n’étoit pas. La diffé¬
rence qu’on y trouvera fera que les
dernieres racines ne foront pas fi grofo
lès que les premières , pour n’avôîf
foffîlàmment fejourné en terre , ny eu
le loifir d’atteindre la grofîèur des
meres racines premières.
Pour les confire fort au miel dé
Languedoc' ou de Provence , ou aii
fuccre pour les plus délicats , il leè
faut cueillir lors qu’elles font en Va'-
leur, au plein de la Lune d’Oétobrëî
Etant ainfi choifies en les confilànt
elles fe flétriflènt moins. Scelles ont
J)!us de force. Celles de Cynoforchü
é doivent auflî cueillir au plein de là
Lune au Printems ( auparavant que
leur vertu foit transférée aux fueilles
8c aux tiges ) 6c non en Automne ÿ
l’une 6c l’autre le confiront de mêméi
Ainfi prenés-en telle quantité qu’il
vous plairra, que vous laverés 6c cuk
rés en quantité fiiffilànte d’eau , jufè
ques à ce qu’elles foient fort tendres';
puis elles feront fèchées avec des lin¬
ges blancs. La decoeftion clarifiée fo¬
ra cuitte avec pareille quantité de miel
écume 6c cnit ( ou de fucre de Ma¬
dère ) que de racines 'en fÿrop. Puis
on y mettra lefdites racines foit Sa-
ty rium , ou comllon de chien ( deffèi-
chées ) pour les cuire au- fÿrop 5 en
forte qu’elles fo puiffène garder toute
A Z l’année
4 Livre I.
Tannée fans fc corrompre ou moifir.
Etant refroidies elles feront gardées
en des pots de terre vernifles, qu on
couvrira & gardera au belbin. Les
heéliques en ulèront le matin , & i
la fin de leur repas j comme j'ay dit
cy-devant : & les coiiards , foient
hommes ou femmes , en ulèront le
matin , & le loir s'allans coucher , en
tellè quantité qu'il leur plaira.
R E M A R QJ E.
Es ^uth.eurs Botaniques ont
donné le notn de Satyrium & de
Cynoforchis a diverfes plantes ,
raifin de la figure de leurs racines
ou des ejfets quelles produifient (fiui~
•vant le commun fientiment ) pour ai¬
der au jeu d'amour , foui cette dif¬
férence , que celtes qui ne portent
quune racine en forme de ■tefticuley_
ils tes ont appellées Satyrium , &
celles qui en portent deux , Otchis ou.
Cynolbrchis ,, d'autres qui expor¬
tent trois Triorcbis , & celles qui en
portent quatre Thetriorchis,(^ celles
qui ont leurs racines divifées comme
les doigts de la main, Palma Chrifti,
De toutes ces plantes l'auteur de la.
Paraphrafe dit qu'il faut choifir les
plus grofes racines & les. plus unies
pour fervir aux. Dames t mais quant
au Satyrium Erythronium qu'il vient
de nom décrire , je trouve que fà
defcription nous donne autant ou
pim d'embarras que la figure que
Jlséattkiole rapporte en Ion commen¬
taire fur Diofèoride , & les deux en-
fémble > ont mis en peine les Botani¬
ques pour le pajîé , aujfi. bien que
ceux d'aprefent de fçavoit au vray?
te que ce fi car il’ nom décrit la
Seâion L
racine de /'Helianthemum Indicum
tuberofiim J qui efi le Flos Solis Far-
ncfianus , ou /'Aiter Peruvianus tube-
rolrrs de Fab. Columna , qui fait une
tige fort haute & au bout d'icelle
une fleur jaune , fort femblable à
celle de /’lnula campana , & il nom
dit que yfa fleur efi blanche : & fion
erreur efi qu'il prend la racine de
Tartoufles ou Toupinamboul , & la
fleur du Satyrium Erythronium de
Taberna Montaniisj & de ces deux
plantes il en fait une pour ne les
avoir pas bien entendues.
Neanmoins afin que ceux qui efi-
perent du fecours en leurs maux ne
foient point fiufitrés en Leur attente,,
de celuy qu'ils croyent recevoir du
Satyriun> Erythronium confit , on
pourra luy fubftituer le Cynolbrchis
major de Lobel , que pour le bien
confire il le faut cueillir en pleine
Lune de Mars , ou de Septembre,,
environ l'un ou l'autre Equinoxe
car alors les racines font pim ver-
tueufes & toutes remplies de leur
humeur naturelle : les_ ayant bien
choifies, mondées, & lavées, il les faut
ejfuyer entre deux linges blancs , &
les faire cuire a fec dans une cloche
de cuifine, ou l'on fait cuire les fiuits,
ou bien au four avec le pain blanc
dans un pot de terre vernie , couvert
de pâte -, & quand elles feront égale¬
ment molles , on les tirera du feu , dp
dans un poêlon â part on fera cuire
du Juccre en confifiance d'un Jyrop
fimple , dans lequel on jettera les ra¬
cines avec un petit noïiet de canelle
fine , & la cuit te fiera continuée juji-
ques â la confifiance d'un EleSluaire
liquide : Ou bien qui. voudra , les
racines, étant cuittes , les piler dans^
JDts Condits. 5
un mortier de marbre , & y ajouter
fur une partie d'icelle s, une partie &
demie defuccre en poudre , la garde¬
ront en forme de conferve liquide.
Ceux-cy feront encore mieux qui
prendront deux livres d'une forte de-
cjÜion faite de la racine de Satyrinm
clarifiée avec demy livre de fuccre,
& cuiront le tout en forme de gelée.
•De Radicihus Symphyti majons ,
Indu , S" InuU Cam-
pana , Acoti.
C Es racines ( comme plufîeurs au¬
tres } fe confifènt comme les pre¬
cedentes , hormis qu’on ne les confit
pas entières : mais coupées à rodelles
ou en long j parce qu’elles font trop
groflès : & auflî parce que celles qui
font ameres , comme V Inula Cam-
pana j fe doivent tremper quelques
iours auparavant en eau claire , & la
changer chacun jour pour diminuer
leur amertume. Celles dont les per-
fonnes faines n’ulènt point , mais
feulement les malades , comme de
Symphytum , d’/w Acore , &c. Je
ferois d’avis qu’aprez qu’elles fo-
rpient foffilâmment cuittes en l’eau,
elles fiiflent pilées dans un mortier
de marbre , avec un pilon de bois , &
paifées à travers le tamis renyerfo j Sc
ajoutées au focre un peu plus cuit que
le fyrop ordinaire , étant encore s fur
le feu pour les recuire enlèmble , juf-
qu’à ce que leur humidité excremen-
teufe fut confirmée : puis on les reC
forrerok pour les garder au befoin.
Ainfî ces racines foparées de leurs fi-
lamens font plus agréables au palais,
pour l’Apothicaire plus, ailées à;
mettre en œuvre. Celles A'Enule
Campane ainfî confites feroient fort
bonnes : mais veu que ceux qui font
foins s’en fervent pour fe precaution-
ner contre la pefte , on les confiia
coupées" en long ou en rouelles , pour
les réduire en confiture lèche ou li-
uide , afin de contenter un chacun,
faire fe peut.
R E M A R QV E.
N la même Saifon cy-devant al¬
léguée du mois de Mars , ou de
Septembre , un peu plutôt ou pim
tard , U faut prendre les racines cy-
dejfm jpecifiées , a la referve de celle
de TA corus , qu'on fera cuire comme.
il efi cy-devant dit par l'Autheur
de la Paraphrafe , & les autres dans
une cloche comme. a été remarqué d
la precedente confiture , fi mieux on
aime les faire bouillir dans l'eau ;
pendant leur cuitte il les faut re¬
garder de tems a, autre , & les tour¬
ner de peur quelles ne fe brûlent, &
afin quelles fe puijfent cuire égale¬
ment de tous cote'f, jufques a une
moUejfe convenable ; cependant vous:
fere^ faire un fyrop clarifié avec de
la cajfonnade blanche , dans lequel
il faut jetter telle des fufdites racines
qu’il votu plaira , t ayant premiè¬
rement coupée en long ou en tra¬
vers fuivant fa grojfeur , & cuire le
tout enfemhle-jufques d perfeElio»,
Ceux qui voudront affoihHr ou du'
tout emporter la faveur acre & ame-
re de /’Enule Campane , la coupe¬
ront par rouelles & ïa' feront trem¬
per plus OU' moins dans, une forte
le ffiv e , faite d’une partie .de chaux-
vive , & de trois parties de cendres
Livre L SeBion L
6
de Serment ou de Tamaris ifidvant
tju’ils 'ùoudrom rabatre la force de
fr faveur , l'en ayaAt retirée , la
mettront tremper dans de Veau de
fontaine , & la changeront uni fois
' le four , infqàés }i ce que toute la
qualité dé l-alèffi-vè en fo'tt fepdrée,
apre\^ils la feront bouillir , la
confiront comme a été dk cp -devant
des autres.
le ne voudrais pas neanmoins pra¬
tiquer une telle méthode a moins que
ce ne fut poUr des perfonnes fi déli¬
cates qu'ils n'en pàjfènt ufer autre*
m'ent 5 parce qu'en dépouillant cetté
racine de fa faveur amere & mordi-
cante , on luy ote fies principales
vertus.
De Radicihus Buglofii „ Borra-
ginis , é' Cichorii , Scor~
ê^nerx.
CE s racines fè confilènt de même
que nous avons dit de celles de
Satyrium , Erythronium , & Cyno-
forchis , ou coùillon de chien, hormis
qu’il faut ôter le cœur ou matrice qui
eft au dedans , & les couper en long,
ou les lailïêr entières : puis les laver
&C cuire en l’eau jufques à ce qu’elles
foieat tendres. Aprez on les fechera
d’un linge blanc , &c la decoôlion
ièra clarifiée avec le lucre , s’il ett im¬
pur & aubihs d'œufs , & coulée à
travers le blanchet, pour en cuire un
lÿrop à perfedion. Cela fait , & la
baffine étant encore fiir le feu , on y
jettera les racines cuittes eh l’eau &
léchées , pour les cuire enfemble juf¬
ques à la conlbmptidn de leur humi¬
dité fuperftuë : afin qu’elles fe puif-
fent garder julques au tems que là
neceflité le rcquarra.
R E M A R QV E.
'^utheur de la Paraphrafe veut
que lés racines de BuglolTe , de
Borrache, & dé Cid\oïs,& fiaient cott-
pées en long & mondées de leur
cœur , comme atijf celle de Scorze-
nere qtie jy ay ajoutée , & en fuite
qu'on les laue. Mon fentiment efi de
faire le contraire pour le -.dernier,
fans nîen expliquer , l'airtifie le
comprendra ajfe’f-, & de commencer
cette operation par la lotion exte-y
rieure defdites racines , & s'il y a
quelque chofe de fuperflu il fera ré-
tranché avec un couteau-, âpre f on
les coupera pour en tirer le cœur des
trois premières : & au furplus on y
pourra procéder comme il a été cy-
defus enfeigné.
De Radice Eryngti.
L'Erynginm appellé en François Sgcacul
liippofé parSylvius ce nue
Sc quelques autres pour le Secacul éeft.
dès Arabes. C’etoit une racine qu’on
apportoit autrefois des Indes Orien¬
tales ; connuë de peu de gens aujonr-
d’huy , laquelle Rondelet én fin Of-
ficine , ou Boutique , eftime què ce
Ibit ce que les Epiciers appellent Gin-i
gemhre Meehin. Qui voudra fçavoir
ce que c’eft , qu’il iilé cè que Sera-
pion de grande authorité entre les
Arabes & fort Ancien en a écrit au
livre des Simples chap.2<). & au
traité 7 . chap^y 5 . Et aprez luy' Avi¬
cenne au Hure i. chap. o>. & au
traité
Des Condîts, 7
tuaité J . du Hwe & eu fis Syno¬
nymes ■.•auffi Hali fils d'Abbas^c^zi.
dcfque-ls il poima fçavoir ce que c’eft.
Aux lardins d'Alep ville de Syrie,
on Guîtive une plante fort fèmblable
de tige & de feuilles à nôtre Pafti-
nacu > qu’aucuns eftiment être le vray
Secacul des Arabes. VEryngium
ayant pyelque fèinblable vertu que le
SefMjil J iûta confit ainfi , en attenr-
d^int qu’on nous en apporte du yray
Comme |ès‘ Indes, Prenés-en deux livres mon-
m doit dehors de toute vilenie , &
‘urici âp cceiir qid eft au dedans , que vous
ne d'?.- couper é s par pièces longiies , coinme
lyngiûL cï’un dpigt, que vous fejfés ( p^r l’ef-
paç,e de vingt-quapre hfpres ),infiilèr
en eau fiir les cendres chaudes , afin
qu’elles loient plus tendres. Le jour
lüiyant , & en la rnêiue eau on les fe¬
ra bouillir julqu’à ce qu’elles foient
fort molles & tendres r puis on les
elïiiyera avec un linge blanc , tomme
nous avons dit cy-devant. Cela fait
nous les larderons de gerofles & gin-
geinbrè ( comme cnleigne Mefiié en
fin Grabadin , ou ^ntidotaire , di-
) puis nous clarifierons nôtre
Iiictre , s’il eft impur, avec la dçco-
êtion , & aubins d’œuf. La colature
paflée plufieurs fois à travers le blau-
chet , ou chaufte à Hypoeras eft cuippe
en fyrop : puis nous y ajpûrerons nqs
racines, lelqiielles nous aromatizons
de canelle, gef ofle , & gingembre
CQncafiés , n)is dans un ncüet envi¬
ron demy once de chacun , lequel
nous exprimerons fbuvent afin d’au¬
gmenter leur vertu debile. Aucuns
laii'Ient tremper toute l’année le no¬
dule au lyrop : ce qu’il n’eft befôin de
Éiire,,attendu que jfe vertu y eft tranf
feréep3rre.^xelfion.. Les xacioes fe¬
ront relTerrées &c gardées au befoin,
dans leurs pots bien couyerts,çomme
nous' avons dit cy-deyant. Les racines
À’^pium, à’ Hippofilinum , ou Oins
atru,en grande Ache, faut-
fement appellée aux Boutiques Aerro-
felinum Macedonicum , différant du
Smyrnium^ Levifticu.lttm le Bau-
cia des Arabes , qui eft le Pafiinaca
hortenfis.Sc le Sijkrum de Diofeoride,
en François Chervis : & les Carottes,
& plufieurs autres auffi ( que j,c lailfe
poiu- garder la brièveté ) fe confilènE
çomxisV Eryngium. Quant aux ra¬
cines étrangères , Qomme le Gingem¬
bre verd ,, le Secacul ou Gingembre
Mcchin, ou P^aftinaca Syriaca , la
Zedoaria , &c. lè doivent confire ré¬
centes , & aux lieux où elles croiilenr,
.& les acheter confites , ainfi qu’on
nous les apporte de Levant en benne
quantité.
REmARQJ/E.
Our confire notre Eryngium , U
nefi nullement ne ce ff air e dlobfer-
ver ce que 1‘ Autheur de la Para-
phrafi nous rapporte de JiSefué, non
p^ comrne fi trouvant en partie con¬
traire a fin texte , rnaù cornme étant
inutile. Pour les confire plus briève¬
ment , il faut prendre & choifir les
plus grojfies racines d’Eryngium- , les
nettoyer en dehors , & en tirer le
certtr , aprelf les , faire boüillir dans
fil eau de fintaine '\ufiqua ce quelles-
fiient tenfires & les, étendre fitr un
linge blanc , & pendant que l'eau
s'éc.oulera on clarifiera le fiuccre , ou '
bien on dejpimera de beau miel de
fisfarbonne ,pour lequel il, plut en¬
tendre du. meilleur , & l'ayant coulé
8 Livre L
& cuit en confidence de J}rop , vous
y jetterés vos racines avec un petit
no 'ùet de Gerofle , & de Canelle , que
■ vous exprimerés fouvent durant la
cuijpm. ^
De Conicihus.
LEs Efcorces de Citrons , de Li¬
mons , d’Orangcs & femblables,
confire fe confifenc de cette façon. Prenés
tes E- telle quantité de ces écorces^ ou d"au-
cerces^ très qui participent d’amcrtumej qu"il
vous plairra : faites-Ies tremper par
l’efpace de vingt-quatre heures fur les
cendres chaudes en lefîîve douce ( qui
fe fait d’un nodule de cendres trem¬
pé en eau claire ) poiirce qu'elles font
difficiles à cuire à caufè de leur fiib-
ftance dure, Apres on les cuira en
d’autre eau 3 jufqii’à ce qu’elles foient
tendres : puis on les eflùyera avec
linges blancs , &c cuira avec autant
pefont de fïiccre de Madere un peu
plus cuit qu’un fyrop, jufqu’à ce que
leur humidité aqueufè fe fbit confïi-
mée : puis on les reflerrera au befoin
dans leurs pots , pour les convertir en
Za ma- Confiture lèche. Etant ainfî confites il
niere de les faut legerement laver avec l’eau
fane ci- ^ ouïes racler avec un couteau
fiches plonger dans du fîiecre fin
cuit en Eleéluaire folide , & les y
lailïèr prendre deux ou trois bouil¬
lons : puis les ôter avec une fourchet¬
te d’alrgcnt , & les difpofer fïir du
papier blanc , ou fiir des ais de bois
vnies & lifTées pous les tenir dans
une étuve , ou au Soleil chaud , ou
dans un four tempéré en chaleur,
l’efpace de quelques jours , afin de
confomer peu à peu l’humidité qui y
Seâion /,
feroit reftée ; & ayant acquis une
croûte , elles feront mifos en lieu fec,
& ainfî fe maintiendront long-tcms
claires , & feront fort agréables au
palais. Toutefois je confèille aux jeu¬
nes Apothicaires de voir travailler
les Maîtres Confifeurs , pour erre
plus afsûrés en voyant qu’en lifànt
les écrits d’autiuy : .Parce qu’auffi
tous ne travaillent de meme façon
les vns que les autres.
REMARQ^VE.
IL y aurait beaucoup a dire fur la ^
façon de confire lès fiufdites écor¬
ces , que f omets d dejfein pour nô¬
tre pas bien de nôtre fujet , je me
contenter ay & crey de mieux fiatis-
faire l’airtifie , d'ajouter icy la mé¬
thode de faire la Confierve de l'écor¬
ce & de la pulpe de limon , qui n'efi
pas commune, & que je nay trouvée
dans aucun aiutheur.
PreneX^ l'écorce & la pulpe des
Limons ( aprel^avoir extrait le fine
de cette derniere , & feparé la fie-
mence J la quantité qu'il vous plai¬
ra , metteXj-les dans un pot de terre
vernie avec JufiiJante quantité d'eau
de fontaine , faites-les cuire jujqu'à '
ce que le tout foit réduit en pâte, que
vousrenverJèreT^dans un mortier de
marbre , les pilereX^ & pafiereX,par
un tamis avec une fpatule de boit ,
& y ajoûtereX^ autant pefant de
fuccre , ou un peu plus , & les cui-
rel^enfemble dans le même pot , afin
qu'il n'y refie point d'humidité fu-
perfiué , pour éviter la corruption
qui s'en pourroit enfuivre dans peu
de jours -, ce la fait vous enfermerez, la
Confierve dans de petites boites de
Cotignac
Des Condits, 9
Càtîgnac four s‘en jervir au befoin. gucdoc , ou d’Elpagne, ou de Pro-
Elle efi merveiileufe four fortifier vence defpumé & cuit , & les gar-
Vefiomach , refifte a la fourriture der avec leur fÿiop , pource que le
des humeurs , tue les vers , & fort miel eft plus convenable à ce que
de frefiervatif contre la fefie. nous avons dit , que le fuccre.
De Cadihm LaBuu ^ &
Scoljmi.
ENtre les tiges communément
nous confiions celles de Laiétuës
& d'Amehaux : celles-là pour repii-
mer la lèif des plus altérez , qui pour
leur laveur agréable s'appellent Gor¬
ge d'uinges. Celles-cy pour réchauf¬
fa les poulmons refroidis de quelque
n^ere que ce loit : en incilànt , at¬
ténuant , & detergeant les matières
craflès , & vilquenfes y contenues.
Auffi pour émouvoir au jeu des Da¬
mes les plus couards & maleficiez.
Celles des Laiélnes fe doivent
cueillir un peu aprez qu'elles font
montées en tige & encore tendres,
non Iprs qu'elles produilènt leurs
fleurs & femences , pour être alors
trop dures. Aprez il les faut peler de
leur peau , puis les bouillir en eau
julqu’à ce qu'elles Ibient fort ten¬
dres : les fecher à l'ombre aérée en¬
tre deux linges , ou avec le linge mê¬
me les effuyer , puis les recuire au
fùccre cuit en fyrop , ainfi qu'il a
été dit aux racines de Satyrium ôc
Cynoforchis 3 cy-devant, pour les gar¬
der au b'eloin. Pour les réduire en
confiture lèche, il faut faire comme
nous avons dit des écorces.
Les Cardes blanches fè doivent
confire de même que celles de Lai-
étucs, excepté qu'au lieu de fliccre,
il faut prendre du miel blanc de Lan-
REMARQVE.
Avant que faire bouillir les ti¬
ges des Laibluës & des -drti-
chauds , il les faut faire tremper
dans une eau fel médiocre par quel¬
ques jours , ptm apre\^ dans de l‘eau
de fontaine , quon changera fouvent
pour les deffaler. Cette préparation
fe fait 3 fuivant quelques-uns , peur
ouvrir le corps de ces plantes far
l’entremife du fel, afin quelles foient
plus facilement pénétrées par le fuc¬
cre 3 & four raffermir leur mollejfe.
l'avoue bien que la faumeure les ou¬
vre ; mais auffi que fuivant quel¬
ques autres , que ceft plutôt pour
couvrir ou furmonter leur faveur
infipide , & les rendre plus agréa¬
bles au palais. l’obmets a deffein
d'autres chofes far les raifons cy-
devant alléguées que fe pourrois di¬
re 3 parce que le fujet ne nous regar¬
de que de loin , renuoyant le fur-
plus aux Maîtres Confifeurs.
De VruButm Conâitura
in genere.
TOus fruits en general Ibient é-
trangers ou non , communément
fe confifent au fiiccre , ez régions
mêmes où ils naiflènt recens & en¬
tiers , ou leurs parties feulement ,
étant meurs ou non , pour les tranf-
porter ez régions où ils ne naiflènt
B point
lo Livre L
point & s"en aider en toute fàifcn au
defaut des recens. Comme les My^
robolans , la Aiufcdde , la Cajfe , dr
autres. De ceux (jui-naiflênc en nô¬
tre région » les uns fe confilênt en¬
tiers ôc avant leur maturité au fuc-
cre ou au miel : comme les Noix ,
Amandes ^ Aigras , &c. Les autres
étans meurs j comme le Ber ber is
nommé Epine Vinette, Griottes ,yb(e-
Xifes , Poires, Abricots, 8cc. Ou leurs
parties comme la pu/pe de Coings , de
Courges, de Prunes, ^c. leurselcor-
çes 3 comme de Ci-trons, d' Oranges,
0“ de limons.
REMARQ3^E.
E nefçauroû taire plus.longrtemps
une vérité qui me femble avoir, de¬
meuré trop cachée fans r examiner
en pajfant , puis qu’elle a été negli,.
gée par des gra/ids hommes de la
Médecine. Ce rPefi pas que je veuil¬
le les taxer d’ignorance , 'mais je
veux dire que te confentement &
Vapprobation que les Ecrivains fe
font donne sj^les uns aux autres fan.t.
faire réflexion fur les vertus, de la
Cajfe confite , Vont fait fajfer d’un
commun accord jufques a nous pour
un médicament purgatif, ce qui ne
peut etre d’elle-même que par acci¬
dent , en y mêlant quelque violeo't
purgatif. GpU’e fi on me difiit que les
fleurs du Caffier confites en leur ma¬
turité font purgatives , 'je le pour-
rois concéder : mais je vous conjure
Curieux, de confiderer tous les fruits,
foit en general ou en particulier , &
d’examiner leurs qualité & leurs
vertus en .leur premier âge. quand
ils font, tendres é" verfls fqsîi eft le
SeB'îon L
temr auquel on confit Cajfe , ^
vous y remarquerez^ les diflèrent^
qualité^ ^ vertus qu’ils doivent
avoir quand ils ont aquis leur par¬
faite n/sityrité. En leur premier âge
leurs fiscs font cruds & indigefis, &
font tous acerbes , & adflringens j ej/r
quand leurs fiscs font cuits & dige-
reZ en toutes leurs parties fur leur
plante , qui efl lors que les fiuits
font parvenus, en leur parfaite gran¬
deur & maturité ; peur lors la Çafi
fe efl; purgative, &pojfed,e les vraya
qualitez. &• vertus' dont la. nature
l’a revêtue , & non autrement ,, ^
ainfi. des autres fiuits. Et ce qui
nous, découvre d’autant plus cét er¬
reur ,& qui nouSi donne a connottre
la fourberie, de ceux qui la confifent
efi , qu’une once de leur Cajfe confi¬
te , où le fùccre fait la plus grande
partie du poids , purge jdus que ne
fiauroient faire deux onces de pure
pulpe de Cajfe bien meure. Ce qui
n arriverait 'jamais , ny d’une fa^on
dy d’autre , que par. le tnélange ou
addition qu’on y faitjde la Scammo-
néje , ou de. tel autre purgatif vio¬
lent :• & par ainfi Mejfleurs les Mé¬
decins qui ont la foy pour ce reme-
de , font doublement abufés de croi¬
re que la Cajfe confite purge en lu¬
brifiant & en humeBant , au con¬
traire elle purge par accident en at¬
tirant. fj^e fi on ne voit pas de mau-
vaifis fuittes en cette purgation , ce¬
la procédé de ce que la malignité de
la Scammonée fe trouve corrigée par
l'adfiriêlion de la Cajfe , comme
quand on fait cuire la Scammonée
dans un Coing.
Ceux-là ne font pas moins abufes
que ceux qui s’abfiiennent d’ufer de
loi
ia Manne > fur lafoy qa^ils a]oùterit
aux écrits de certains -Autheurs,
qui difent que les Marchands de la
"prerhiere main , arroufent la Man¬
ne avec quelque liqueur en laquelle
on a dijfout de la Scammonée , où ils
ly mêlent en poudré pour la rendre
pim purgative , qui efi une autre
erreur nàn rhoins inveterée que la
première -, particulièrement ch t'aies
Mjpagnols , qui n in ufeHt point , s’il
en faut' croire, nos Marchands qui
leur portent des drogues pour ven¬
dre.
' De fruduum conditura in
fpede.
De Nucihm.
P Renez telle quantité de Noix ( an
mois de loin > avant qu’elles foient
dures) qu’il vous plairra., que voiis
pelerez & percerez à travers & de
long en long , avec une longue éguil-
le de bois j ou poinçon , que lairrez
tremper en eau claire neuf ou dix
jours , pour diminuer leur alnertume:
laquelle eau vous changerez chaque
jour ; puis vous les ferez cuire en
d’autre eau julqii’à ce qu’elles foient
tendres. Aprez il les faut elTuyer avec
un linge blanc , & les larder avec
clous de gerofies & cànelle incifée
en long ( auparavant trempée en eau
pour la ramollir ) ez trous auparavant
faits.
Quelques-uns au lieu de gèroOes,
y mettent de l’écorce d’orange fechè
& coupée en long & prime : & pour
le firccre du miel blanc pour les pair-
vres. Cela fait,on prend plus pefànt dé
Dm Condits, ti
fuccre que dfc noix > qii oh fait cuire
avec eau , en lÿrop : puis on y met les
noix ainli lardées j pour les reaxire
jufqu’à ce que leùr humidité foitcon-
fumée , & fe puilïént garder avec leUr
lÿrop longuement fans fè pouvoir
gâter.
D’autres ( les noix étant cuites &
lardées , comme nous avons dit ) les
mettent en latr pot , & ne les font
cuire avec le lÿrop , mais le verlènt
par delfus étant à demy froid , lequel
étant décuit par leur humidité j lé
recuifent & verlènt par dellùs les
noix. Ils continuent ainfi autant de
fois q^u’il fe décuit , puis les lailïènt &c
gardent au belbin. Ils font cela afin
qu’elles foient plus tendres. Cette fa- fouf
çon eft fort laborieufe & longue, que faire
je ne puis approuver , mais la pre-
mierè qui le pratique prelque par tout,
Pour faire que les noix ne foient noi- toû]ourt
res , mais toûjours blanches , du com- blachts.
mencement il les faut peler julqu’à
la moyenne écorce , ôc ineoh'tinent
les mettre en eau claire , attendant
qu’elles foient toutes pelées : puis làns
les percer , ny larder, lés cuire en
quantité lùffifante d’câü & de foccré:
comme nous avons dit des precèdén-
tes;ainfi elles feront toûjours blahches.
R E M A R QJV E.
P\Our confire les noix blanches il
faut choifir des grojfes , qui foient
tendres & unies en la fifperficie ,
les peler délicatement jufques au
blanc & incontinent lès fètter dahs
l’eau fioide : aprez. il les put faire
bouillir légèrement dans cette mêrfle
eâu & les étendre fur Un linge blanc,
étant èjfiyées , les faUt Urdir dvéc
B i de
1 1. Livre 1.
de V écorce de Citron confite au fiée,
(tr d’un peüt brin de fine Canelle ,
& avec de Cajfionnade blanche cla¬
rifiée cuite en fiyrof , les faut jetter
dedans , & cuire le tout enfiernble
fiur un petit fieu un peu moins cjuen
eleüuaire liquide j & pour empêcher
que le Jyrap ne fie candijfe , on y
pourra ajouter demy once de miel
blanc exemt d’odeur , & de faveur
defiagreable fiur deux livres de fiuc-
cre , & cette addition fie doit faire à
mefiure que l’on veut couler le fyrop.
Ceux qui y vaudront ajouter vn
petit noüet de deux grains de mufic,
& autant de bon ambre gris , la con¬
fiture en fiera de beaucoup plus efii-
mée & agréable.
Ve Primomm., Fyrorum, Malomm,
Perfiicorum , Armeniacoram , (jr
fracocium fruStmm conditura.
TOus ces fruits Ce confifènt de
meme forte , lors qu’ils font pref-
que meurs , & non du tout. Première¬
ment il les faut peler de leur prime
peau J puis les faire boüillir avec
pareille quantité de foccre fin en eau
fulEfànte , jufqu’à ce qu’ils foient
tendres j & ie puilTent garder fans fe
corrompre : aprez on les mettra dans
des pots qui feront couverts ( étans,
froids ) de papier blanc.
R E M A R QV E.
IL efi vray que tous ces fruits fe
peuvent confire de même façon j
mais il convient d'être plus précis
de leur quantité , avec celle du fisc-
ere x & d’y procéder plus methodi-
SeÛion L
quement que l’Autheur de la Pars^
phrafie n’enfieigne. En premier lieu
il fujfit , par exemple , de prendre
deux parties de prunes choifies &
pelées comme a été dit cy-dejfius^
fur une partie de fiuccre , lequel cla¬
rifié , coulé , & un peu moins cuit
qu’en fimple fyrop , il y faut jetter
les prunes , & les cuire lentement
enfiernble , jufques d ce que le fyrop
les ait entièrement pénétrées , éf
tiré toute leur humidité fiuperfiu'é :
ce que vous cannottrez. quand elles
auront changé de couleur , & quelles
fieront également molles : alors il les
faudra tirer avec un cuiUier d’ar¬
gent , & lespreffer doucement con¬
tre le bord de la bajfine pour leur
faire rendre le fyrop , puis il les faut
ranger fur un plat-bafifin , étans froi¬
des , les mettre dans des tajfies de
verre , & cependant continuer la
cuitte du fuccre , jufiq^es a la confî-
ftence d’ur.e gelée : la baffine tirée
du feu , & le fyrop étant d demy
fioidvous le verfiereffiur le fruit-
Ve Amygdale.
LEs amandes douces fe confifent
au feccre, & au miel blanc , mais
diverfement.
Premièrement recentes & avec leur
écorce au mois de luillet , comme
nous avons dit des noix , hormis
qu’il ne les faut pas infufer , ny per¬
cer, ny larder.
Secondement fechées , & feparées;
de leur grolfe écorce & petite peau,,
au fecCTe en forme de dragée. Dé¬
clarer comme la dragée fe doit faire,
cela fe doit plutôt apprendre à l’œiL..
Des Condits.
en voyant travailler les Maîtres , qu’à
lire les écrits d’autmy.
En troifiémc lieu avec miel blanc,
dont on fait des No^m & Torrons ;
confitures alfez plailantes ( même-
- ment les Torrons , 8c particulièrement
en Provence , & Languedoc , ôc non
ailleurs , que je fçache.
R E M A R Q.V E.
POur confire les amandes en li¬
quide , il les faut prendre au
mois de luin , avant que leur écor¬
ce ligneufe paroiffe , choifir des plus
grojfes , les plus unies font d préfé¬
rer , les peler délicatement 0“ les
\etter dans l’eau fiaiche , les ayant
achevé de peler les faut cuire dans
la même eau , & quant au furplusy
procéder comme aux noix , fans les
clouer ny larder.
Te Olivis.
LEs Olives ne fe confiiènt au fiic-
cre ny au miel : mais à la iàumu-
rc , ou eau iàlée , en les y laiiîânt
tremper julqu’à ce qu’elles fe ioient
fuffifamment deipoüillées de leur
amermme , étant encore vertes &
non meures. Ceux qui les confiiènt
pour leur ufage , & non pour les ven¬
dre , les incizent auparavant , pour
les rendre plutôt confites.
REMARQVE.
LEs Olives fe confifent diverjè-
ment étant vertes , Les uns choi-
fijfent des plus grojfes „ & les font
tremper dans l’ean l’e^ace de quin-
15
z.e jours ou un mois , & les changent
tous les purs pour leur oter une
partie de leur amertume ; mais ils
n’avancent pas beaucoup : apre"^ ils
les mettent dans de l’eau , avec une
quantité convenable de fel , fuivant
l’intention qu’ils ont de les garder
plus ou moins , & les enferment
dans des vaijfeaux propres. D’au¬
tres qui les confifent pour leur ufa¬
ge , comme dit Baud. les incifent &
les font tremper environ quinz.e
purSjÇj!'^ changent d’eau tous les purs.
D’autres les écrafent avec un petit
maillet , & les font tremper dans
l’eau huit ou dix jours , & les chan¬
gent comme nous àvons dit : ceux-cy
emportent par le moyen de la lotion
& de l’infufion toute leur amertume,
parce quelle efl attachée d la partie
aqueufe^des Olives , & non dl’olea-
gineufe , comme il fera plus am¬
plement remarque cy-aprea. D’au¬
tres encore les confifent quand elles
font meures & toutes noires , procé¬
dant d l’infufion de quinze purs ott '
environ , & les lavent & changent
d'eau tous les jours. Finalement ces
trois derniers les mettent dans des
cruches de terre vernie avec du fel,
des fommitez. de fenouil , des feuil¬
les de laurier , ou d’écorce d’orange
feche , & de J’eau , & objèrvent les
proportions de l’eau & du fel , fùi-
vant qu’on les veut garder.
Ceux qui défirent de les manger
fi t'ot qu’ils les ont mifes en l’eau fèl,
ils prennent des plus belles ejpeces
qui ne font point vermolu 'ès , comme
celles qui rapportent de plus pref^
Informe d’une amande verte , apre^
avec quatre livres de cendres de
Tamaris , pu de tel autre bois qm
Livre /. Section I.
14
abonde en fel ^ui foient bien brû¬
lées , & environ dix onces de chaux
vive , mêle fit les deux derniers en-
femhle , & en font une couche au
fond d'un harril , & par de fus une
d’ Olive , & continuent ainfi )ufqu a,
ce quils 07n employé toutes les Oli¬
ves qu-ils veulent confire , ^ cou¬
vrent les dernieres de cendres ,
aprè’f verfent par deffus d'eau de
fontaine qui fkrmonte deux travers
de doigts , Istifent toutes ces cho-
fes enfemble , tant que les Olives
ayent perdu entièrement leur amer¬
tume , ce qu’ils reconnoifent en mâ¬
chant une ; alors ils verfent leur
mélange dans un panier , & y jet¬
tent de l’eau par de fus , pour en fe-
parer les cendres ; cela fait ils font
tremper les Olives dans de l’eau
claire , & la changent une fois le
jour , reiterent cette operation jufi
ques a ce que Veau ne change plus
de couleur , ny de faveur en vingt-
quatre heures , & que les Olives
foient comme infipides : & en der¬
nier lieu les mettent dans un vaifeau
propre, & y jettent de fus une eau fel,
un peu plus que médiocre, & le même
jour on en peut manger. Cette forte
de confiture approche fort d’une au¬
tre qui fe fait au favon : mais celle-
cy efi beaucoup plus falutaire , &
de meilleur goût.
*I>e Cerajls.
P Renés deux livres de grollès
griottes, ou meriiès, bien meures,
dont les queues foient coupées parle
milieu , que vous mettrés dans une
baffine for le feu clair , & non fii-
meux i avec fort peu d'eau , ou avec
du foc d’autres griottes j qui voudra
qu’elles foient plus aigres (luai, la
couleur n’en fera pas fi belle j de ver¬
sés par deli’us une livre de fiicre fin
groHiereraent pilé , pour les cuire en-
lèmble julqiies à là perfedion-Durant
la cuitte , il faut ôter l’écume qui na¬
ge par delfos avec une cueillere d’ar¬
gent ou d’autre matière. Aprez on les
refièrrera toutes chaudes dans des pots
dé verre , 8c du firôp par defiiis , ce
qu’il en faudra pour les couvrir 5 3c
étant refroidies , feront couvertes de
■papier blanc > & gardées au befoin.
REM ARQVE.
L convient de prendre les griottes
un peu avant quelles foient entiè¬
rement meures , leur couper comme
on a dit la moitié de la queue , &
Jùr deux livres il faut mettre une
livre de fucre , & dans un poêlon
faire une couche de l’un Ô' une de
l’autre j & au fonds dudit poêlon
enuiron une once de fuc de griottes
des plus aigpres \ du commancement
on les cuira fur un petit feu lent ,
& pour le furplus il faut fuivre
Bauderon.
rDâ Oxydcmtha , Vuk
immaturk.
IE n’entens pas parler icy de l’O-
xyacantha des Grecs,amer au goût,
qui cft le fruit de notre aubelpin; mais
de celiiy des Arabes nommé BerberU,
d’une faveur aigre : lequel fe confit
de même façon que les aigras. Ainfi
prenés telle quantité qu’il vous plair-
*Des Condits. 15
ra , foit de Berberis ou des Aigras, _ _ .
avec autant pefànc de fucre fin , que “ ! " "*
vous fêtés cuire dans une baffine , fur •De Bitlfa jruêfmm in genere.
un feu d^r , avec une petite quanti¬
té d'eau j jtifqu a ce qu’ils foient cuits T A Pulpe ou chair des fruits
d’une confiftance convenable > com- JL/ confit diveiièment félon la volon-
me nous avons dit des griottes : car té d’un chacun j qui lèroit difficile à
qui fçaura bien confire l’un , fçaura décrire par le menu, & au long. Tou-
;^uiîî bien confire l’autre. tefois j’en donncray quelques exem¬
ples , qui pourront lèrvir aux autres :
R E M A R Q. V E. comme des Pofijîres,o\i gros Citrons,
ôc des Courges qu’on appelle Car-
PfOttr avoir des aigras confits, qui bajfat: nom dérivé de l’Efpagnol qui
[oient verts & de faveur fort appelle nos Courges , Carbajfes .*
agréable , vous choifirés des fins comme les plus ufitées , & fe confi-
gros grains , que- vous diviferés en ftnt de même façon. L’écorce du
deux , en ôterés les pépins , & les fruit (loit des (joiirges , ou Ponfîres)
mettrés dans un pot de terre vernie ôtée, la poulpe içra coupées en lar-
avec de l'eau , leur donnerés une geur de deux doigts feloii la lon-
legere ébullition, apreT^ vous ren- gueur du fruit, & de l’épeiîèur d’un
verferés le tout fur un linge blanc gros dos de couteau. Pour la rendre
pour les faire égouter : & fier une plus ferme vous l’infuferés en fau-
livre de fruit vous prendrés huit meure , ou eau falée (comme les Oli-
onces de fucre fin en poudre avec ves ) l’efpace de quelques jours , &
deux onces d’eâu de fontaine : le fu~ lors qu’on la voudra confire il la fau-
cre difibut fur un petit feu , vous y d!;a tremper en eau douce, un ou deux
jetterés vos aigras , & cuir és le tout- jours pour ôter la iàleurc. Aprez on
lentement en confifiance d'une petite lafera cuire en quantité fiffifanted’au-
gelée. tre eau , ju(q.ua ce qu’elle Ibit ten-
Pour le Berberis , votts prendrés dre , puis ( comme nous avons déjà
une livre fucre fin en poudre avec dît ) on la fèicheta avec des hnges
quatre onces d'eau, de fontaine , & blancs , puis on la recuira avec le ui-
vous procéder és comme dejfus pour crc cuit en firop , comme il a été dit
le firop , dans, lequel vous jetterés au rang des racines , ou bien on y
douiçe onces de Berberis qui fhit verfèça plufieurs fois du fucre cuit en
bien meur , & en petites grappes , firop, & à demi chaud, comme nous
& les cuirés enfimhle , comme nous avons dit cy-devant des noix : me-
avons dit cy-deffus. thodeque je ne puis approuver. Pour
les réduire en confiture fèiche , on fe¬
ra de même qu’il a été dit des écorces
& des tiges.
De
i6 Livre L
De Pulpa fruduum ia
fpecie.
De Pulpa Cyâoniorum.
La chair ou pulpe de Coings , fè
confit en quartiers , ou en Coti-
gnac , comme nous dirons.
Prenés de gros Coings qui ibient
meurs , que vous divifèrés en cinq ou
fix parties , que vous pelerés & nec-
toyerés de leur femence , membrane
interne ôc de tout ce qui apparoîtra
être graveleux , deux livres ; & une
livre 6c demie ou deux de fucre de
Madère , que vous ferés cuire en-
femble dans une baffine avec beau¬
coup d’eau for le feu clair , 8c non fu¬
meux jufqu’à ce que le fyrop foit cuit
en EleeStuaire mol, en ôtant toujours
l’ccume, qui nage delîùs avec une
cuillère. Puis on les ageancerafons les
rompre dans leurs pots : aprez on y
verfera du fyrop ce qu’il en faudra
pour les couvrir. Le tout refroidy
fera couvert de papier blanc & ferré
dans un lieu fec au befbin.
Le Cotignac fc fait de même, hor¬
mis que pour le faire plus beau, il faut
choilîr des Coings qui foient un peu
plus verds que pour les quartiers j
ôc durant la cuitte , il ne les faut gue-
rcs remuer : finon lors qu’ils feront
tendres , & qualî cuits , avec un pi¬
lon ou fpatulc de bois ( afin de ne
luy faire perdre fe couleur vermeillè,
& rouge ) pour les brifer. La cuitte
fe connoît quand le cotignac laiflè
la baffine nette au tour & au fonds -,
ou fi la pottion qu’on met for une afo
SeBion L
fiette , étant refroidie , demeure fer¬
me , & couchée doucement du doigt
n’adhere. Alors & promtement ôtée
de delfos le feu, elle fe doit mettre
dans des boëtes de fopin , difpofées
par rang for une banque ou table:
quelquès heures aprez on les peut
reilèrrer , comme nous avons dit des
quartiers. Ceux qui mettent deux
parties de coing 8c une de fitccrc ,
font leur Cotignac plus adftringent ;
mais moins beau 8c agréable au goût:
au contraire ceux qui y metuont une
portion égale de fuccre & de coings,
l’auront plus beau , plus agréable , 8c
moins adftringent.
REMARQVE.
CEux qui voudront avoir des
coings incomparablement mieux
confits que les precedent , & ahbre-
ger le tems quon y employé à l’or¬
dinaire pour les confire ',, choifiront
des coings des plus gros , qui fiaient
meurs , unis , odorant , cotonnesc au
dejfius , dr on les coupera comme cy-
dejfus y en quptre ou en fix pièces,
fiuivant la grojfeur , mondés dedans
& dehors , les pièces fieront rangées
dans un pot de terre à fieu vitré ,
une fiur V autre par couches , conti¬
nuant ainfi jufiques d ce que le pot
fiait plein , quon fermera d’un gros
papier , ou pour mieux faire , d’un
■ couvercle de terre , qui ferme jufie-
ment , & avec de lapafie on calera
les jointures pour empêcher l’éva¬
poration ; aprez. . on mettra le pot
dans un four , aprez en avoir tiré
le pain pendant toute une nuit , le
lendemain avant que d’ouvrir le
pot , il faut préparer un Jyrop film-
^es Condits, 17
■pie composé de fuccre , & de la de-
coSlion de la pelure des coings , &
fur ttn petit feu cuire le tout enfern-
hle en ele&uaire mol la hajfme ti¬
rée du feuy& la confiture a demy re¬
froidie , on la ferrera dans des pots
de terre , & de cepe façon on aura
une confiture fort excellente , qui
ne fe retirera point , comme il ar¬
rive bien fouvent en la façon pre¬
cedente.
De même pour le Cotignac en bo'ê-
te , on peut faire cuire les coings au
four , comme dejfus , & fur chaque
livre de chair , on y mettra une li¬
vre & quatre onces de belle Caf
fonnade , clarifiée & cuitte en Jy-
rop fimple , pour des deux enfem-
ble , en pourfuivre la cuitte com¬
me en feigne l’Autheur de la Pa-
raphrafe.
Diacyàonium pttrganSx
CÈux qai voudront faire un Coti¬
gnac laxatif, an precedent & lors
qu’il eft cuit , & la baffine ôtée de
delïùs le feu , fur deux livres de Coti¬
gnac de vingt- quatre onces , on y
mettra demy once de Scammonée
( pour les plus délicats ) ou fix dra¬
chmes J & deux fcrupules de Candie
fubtilement pulverifée : qui reviendra
à demy fcrupule de Scammonée pour
chacune once de Cotignac : quantité
lùfEfante pour purger la colère de
ceux qui font faciles à émouvoir , &
lî délicats qu’ils ne peuvent ufer de
pilules ny médecines purgatives , ou
qui n’en veulent ufer. Il faut trom¬
per cette ïbrtc de gens pour leur pro¬
fit. S’il eft queftion de purger le
phlegme , au liai de la Scammonée
on y mettra une once de fin Turbith,
& quatre fcrupules de Gingembre
pour deux livres de Cotignac , la baf¬
fine étant ôtée de delTus le feu. Ou
bien fi l’on veut purger la bile , &
le phlegme épais & vifqueux , on
prendra la moitié de l’un & de l’au¬
tre , qu’on mêlera comme nous avons
dit J ainfi on aura im remede familier
& agréable. Ces drogues ne chan¬
gent point le goût du Cotignac , &
la couleur n’eft guere moindre que
fans dles. La dofe doit être limitée
félon l’âge , le fexe , la fàifon & le
tempérament des malades , de pbs.
ou moins.
R E M A R dV E.
QPoy quil y ait de l'incompati-
bilité entre l^aêlion des medi-
carnens adilringens , & de ceux qui
font purgatifs , quand ils font mêlés
& donnez., enfemble , d caufe de
leurs effets directement contraires:
fi eSt-ce neanmoins que Vufage l'a
emporté parmy quelques-uns fur le
Cotignac , d'y ajouter de la Scam¬
monée & autres pour le rendre la¬
xatif , où il y aurait beaucoup de
chofes d relever de même que fur
la Cajfe confite , que ’fobmettray ,
cfr me reduiray , pour remplir cet¬
te Remarque , de dire qu’il con¬
vient! pour ce faire , de compofer
un Cotignac expref , d'une partie
de coings gros & bien meurs , qui ne
foient point aigres, avec deux parties
de fuccre , & entre autres chofes de
prendre garde avant que d’y mêler
la Scammonée , que les coings foient
bien cuits , & la pulpe fubtile ,com-
C me
1 8 Livre L
me fi elle était pafiée a travers un
tamis , four éviter les mauvais ac-
ciàens qui s’en fourraient enfiui-
vre J faute de n avoir fas égale¬
ment mêlé la Scammonée en toutes
les parties du Cotignac.
Diacynerhodon.
La pulpe du fruit de Cynorho-
don , ou Rofe canine , que nô¬
tre vulgaire appelle Eglantier , Sc
Gratecul , par antiphrafe , fe con¬
fît de même que nous avons dit
du Cotignac : en rellèrrant elle
brîfè le fable aux reins des graue-
leux.
rem ARQJ^E.
Le fiuit du Cynorhodon fie con¬
fit diverfement , lors qu’il s’a¬
git, de l’employer pour l’intemperie
chaude dujvye, ou par moitié aprez.
V avoir mondé , ou en confirve , ain-
fi que Bauderon enfeigne. pour la
même affeélion , ou bien four le
calcul.
Prenez, de ce fiuit le plus gros
& le mieux naurry , au mois de
Septembre , un peu avant qu’il fait
meur , mondé de fa graine , & d’un
petit poil qui l’environne ^ aprez.
vous le ferez cuire dans une deco-
Bion hépatique , & réfrigérante ,
ju/ques a ce qu’il fit tendre ,^alers
vous coulerez votre deicoétion , &
vous étendrez le fruit Jùr 'mmn-
ge blanc.
Pendant qu’il s’égoutera , vous
cuirez une livre de fuccre , avec
la decoélion en confiBence de jy-
Seâion L
rop , dans lequel vous jetterez pa.
reille quantité de fruit , & conti¬
nuerez la coBion fur un feu mo¬
déré , 'iufqu’en fa perfeBion , que
vous ferrerez dans des pots pour
le befoin.
Eour le calcul , le modus fa-
eiendi ne différé en rien , finoru
qu’au lieu de la decoBion hépati¬
que & refiigerante , il fe faut fer-
vir d'une decoBion faite avec les
femences de la grande Bardane , &
de Lingua Avis , qui eB celle du
Erefne.
On préparé de même ta Confer-
ve de Cynorhodon a mode de Coti¬
gnac J en cuifant la pulpe aprez
l’avoir pafiee par le tamis renver-
fé , avec pareille quantité de fuc¬
cre , ou un peu plus , pour la ren¬
dre plus agréable : aprez la faut-
loger dans des bo'étes de fapin.
On en peut faire de même , une
fort belle & agréable gelée en cui¬
fant long-tems le fi-uit mondé com¬
me deffus , & divifé en quatre ,
en fuffifante quantité d’eau , la cji-
lature & forte expreffion faitzj ,
fera clarifiée avec du fuccre cuits
enfemble , en une confifienee re-
quife.
La plus commune façon de le
confire a prefent , efi qu aprez avoir
bien exaBemen t mondé le fiuit , on
le met à la cave dans un ptat baf
fin , par-deux ou trois fois vingt-
quatre fieures , jufqu’a ce qu’il fait
moî, aprez on le paffe par un tamie
fubtil, & on y a]oute fur um partie^
autant pefant de fisccre en poudre^
ou un peu plus , fuivant le go^ des
perfonnes j mais je n’approuve point
cette nouvelle methaéte.
Jîe
Des Condits. 19
. 'De Foliemm 'mà 'itma.
Le s herbes qu’on veut confire,
ou elles font de leur nature hu¬
mides, oufeiches. Si elles font hu¬
mides , il en faut tirer le füc , & le
cuire avec deux fois autant de fuccre
en forme de fÿrop, ou un peu plus:
puis y ajoûterés le marc ou refi-
dence de ce fuc exadement pilé en
un mortier de marbre, avec un pi¬
lon de' bois , le fyrop étant encore
fiir le feu & chaud : aprez il les faut
ferrer & garder en leur pot.
Si elles font lèiches comme VAh-
finthe Pontic , CaŸilli Uenerü ôi Ce-
terach : il faut premièrement ôter les
branehetes & queues , puis les piler
au mortier de marbre fort exacte¬
ment, & y ajouter deiix fois autant
de foccre pulvérisé : Et derechef le
tout étant bien incorporé , fora tenu
au Soleil en fon pot quelques jours,
& remué par fois , & gardé au be-
foin.
Quelques-uns, & fort bien, font
une dccoélion à part de ces herbes
foiches pour fuppléer au defaut du fuc,
en laquelle ils font fondre leur fuccre
fin, & cuire en forme d’Electuaire
mol : puis y, ajoutent leur herbe triée
& curieufoment battue comme nous
avons dit : laquelle incorporée avec
le foccre & refroidie , ils gardent au
befoin. Cette méthode eft meilleure
que la première. .
R E M A R Q.V E.
LP-r fueilles , les fleurs & les
fruits , fe confifem bien [auvent
<tu vinaigre comme le fenouil ma¬
rin , les tiges de pourpier & au¬
tres , les mêmes fe peuvent attffl
confire en l'eau fel. Dans l'eau de
vie fe confifent de même les griot¬
tes , les abricots vers & autres , ^
les petits Concombres au vinaigre,
le ne diray rien en particulier
d'aucunes de ces confitures , a caufe
quelles font fort peu en ufage en la
Medecine.
•De Florum conàitma in genere.
QVoyque de toute fleur fo puiflê
faire de la Conforve : fi eft-ce
que fufoge en a retenu aucunes , 8c
non les autres. De celles qui font en
ufàge , les unes font humides de leur
nature , comme Violes , Buglojfe ,
Borraches , Cichorée , Nénuphar,
&c. Les antres font foiches, comme
de Tamaris, de Stœchas , de Sauge,
8c de Rofmarin , &c. Les autres
tiennent le milieu, comme de Ro-
fes, é& Betoine , 8cc. Aucuns 'font
d’avis que celles qui font humides ,
foient à demi foichées au Soleil , en¬
tre deux linges, afin de diminuer
une partie de leur humidité j puis
' étant pilées au mortier, y ajourer le
double de foccre fin, grolfierement pi¬
lé, & le tout bien incorporé ilslegar-.-
dent au Soleil dans vn pot de terre
vernilfé : & une fois le jour avec une
fpatule remuent leur Conforve , dé
bouchent fort bien leur pot d’un'
double papier ou parchemin mouil¬
lé , afin que la vertu aërée des fleurs
ne fe perde. Prefentement la pluf-
part des Cônfonies fo fait quafi de
même , hormis qu’on ne fait point
X O Liure L
feicher les flairs j pour humides
qu’elles foient de leur nature : mais
toutes récentes ( car fouvent en les
fèicliant j lair couleur naïve fè perd,
indice certain , ou que leur vertu eft
du tout perdue j ou une bonne partie,
ainfi que Mefué enfèigne dodement
Comme livre des /impies purgatifs cha-
on fait pitre de la Rofe ) on les pile , puis
lesCon- on y ajoute deux fois autant de fte-
ferves. ^ 5g jg tout incorporé , on les
garde dans des pots couverts , poul¬
ies railôns déduites , qu’on tient
vn mois au Soleil , ou quarante
jours , & on les remue deux ou
trois fois la fèmaine , afin que la
chaleur du Soleil les cuife de toutes
parts.
'Erreur Ceux-îa ne font pas bien , qui cou-
reproH- vrent leur pot d’un fimple papier,
qu’ils percent avec une grolfe épin¬
gle ; durant le temps qu’ils tiennent
leur pot au Soleil : au contraire , il
doit être bien couvert, de peur que la
va-tu de la fleur ne s’exhale.
remarqve.
Qmy bon expofer les Confer-
ves au Soleil par trente ou
epuarante ]ottrs } ce nejl à autre
intention que pour les faire fer¬
menter i a quoy bon cette fermen¬
tation ? ejl-ce pour leur augmen¬
ter leur vertu , ott faire que celle de
Vvn fe communique plus facilement
à l’autre ? non , car en pilant le
fuccre avec les Fleurs , celle-cy à
finjiant communique fa vertu à
l’autre fans autre artifice j fi c’efl
pour les mieux vnir , il n’y a qu’à
les piler plus long-tems en femblex
Ji cefi pour faire digérer & cuire
SeBion h
quelque humidité fup'erfiu'è qui fait
en la fleur, il n’y a qu’à la faire fei¬
cher auparauant.
De Florum Conditura in
fpecie.
Conferva Rofarum mollü.
CE que Mefiié difiinEl.e,. appelle
Zaccharum Rgfatum, Ndcolaus
en fon Antidotaire l’appelle Rhodo-
faccharum , & nous , Conferve de
Rofes , qui le fait ainfi. Prenés une
partie de rôles rouges , dont les on¬
gles loient coupées avec un couteau
ou cizeau. Nous appelions ongle
la partie blanche qui eft au bout des
fueïlles des fleurs de la Rofe , & non
ces petits grains jaunes qui' font au
milieu de la Rofe, lefquels feichés
font noirs , qu’aucuns ignorans ap¬
pellent Antheram , nom d’une com-
pofitio^dont fait mention Diolcori-
de , & Gahen Hure 6. des Médica¬
ments locaux , ufitée de leur temps,
& non pour le prefent : car la femen-
ce eft contenue au fruit , qui étant
meur eft rouge.
Donc les Rofes ainfi coupées feront
.curieufement pilées en un mortier 'de
marbre , avec un pilon de bois , puis
on y ajoutera une partie de fuccre
fin qu’on incorporera enfemble , &
gardera en fon pot , qui ne loit du
tout plein : puis on les mettra au So¬
leil bien couvert , comme nous auons
dit l’elpace de trente ou quarante
jours , en le remuant chaque jour
avec une fpatule , afin que la chaleur
pénétré par tout. Ainfi cette confer-
Dôi Condits,
i
ve fè garde deux ans j tres-belle j &
tres-agreable.
Quelques-vns font diflbudre le
fiiccre en eau Rofè 5 & le font cuire
en Eleduaire : puis y meflent leurs
Rôles curieuferaent inondées &c pi¬
lées au mortier j comme nous venons
de dire , & y ajoutent un peu de ver¬
jus d’Aigras , ou lue d’oranges , qui
luy donne une belle couleur , laquelle
il garde un an fans changer , pourveu
que la Conlcrve Ibit mile en fon pot
un peu chaude pour luy donner une
petite croûte par de/îiis j qui empêche
que l’air qui l’environne ne change
(a couleur.
REMARQ^VE.
méthode que Bauderon vient
de nom donner pour les Confer-
ves des fleurs , efl tirée de la Se-
Elion quatrième du Grabadin de
Jl-fefité , lequel veut,- que fur une
partie de fleurs , quon en mette trois
de fuccre , ce que Bauderon a ré¬
duit pour augmenter leur vertu,
fur vne partie de fleurs a deux par¬
ties de fuccre : de cette derniere
façon, les Conferves en feront moins
agréables au palais , df par con-
fequent beaucoup pltu vtiles , df
SJ faut tenir fans les expo fer au
Soleil.
' A cette façon de Conferve , jen
ajouteraj une qui n efl: posa mépri-
fer qui fe fait en prenant telle
fleur quon voudra , foit. de celles
qui abondent en humidité vifqueu-
fe , comme la Buglojfe , Borrache,
Nénuphar , & autres: ou bien de
celles qui font tes moins humides
comme de Tamaris , de Stcechas &
autres , qu’il faut ' faire feicher
promptement au Soleil, ou il l’om¬
bre fuiuant la nature de la fleur,
apres l’avoir mife en poudre mé¬
diocre , ou fubtile , confiderant
toujours fa durée , il la faut hume-
Ber d’une bonne déco B ion ou infu-
Jîon de la même fleur , jufqu’a ce
quelle foit en conflftance : que fi on
V avait pilée avec fon propre fuc,
& fur une once & demie de ladite
poudre avant qu être humeBée j on
y mêlera une livre de fuccre en
poudre fubtile , dans un mortier de
marbre , pour être ferrée dans un
pot bien couvert. Telle Conferve
fera plus agréable augoufl & à la
veu 'è , & aura plus grande ver¬
tu que les autres preferites cy-
Conferva Rofarum foUda.
P Renés une once de Rofes fâ¬
ches , auparavant mondées de
leurs ongles ^ comme les preceden¬
tes , que vous reduirés en poudre
fubtile , & l’arroLiferés de trois
drachmes , demy once de fixe
d’Aigras ou de Limons : puis vous
prendrés une livre de feccré fin que
vous ferés diiîbudre en eau Rolè , &
cuire en Eleétuaire folide i après la
baffine , ou calîètte étant tirée du
feu J vous y mêlerés la poudre de
Rôles arroLifé'e ou humeâée com¬
me nous avons dit. Le tour prclque
refroidy ( avec une Ipatule de bois
large fur le devant ) lèra mis par
morceaux , Inr un papier blanc > Sc
gardé dans des pots de verre bou¬
chés , ou boê'tes bien couvertes , pour
C 5 s’en
Lièvre
s'en fèrvir au bclôin.' Le üîic y eft
feulement mis pour lity donner la
couleur vérmeille , & non pour chan¬
ger ou augmenter fa vertu , laquelle
il garde lix mois , pourveii que 1 air
ne la touche. PaiTé fix mois , cette
couleur fe fl eftrit 3 peu à peu lors
ià vertu eft moindre que de la liqui¬
de J au contraire étant reeente elle a
pareille force : parce que demy livre
de rofes recentes mondées , & fei-
chées , ne revient au plus qu’à une
once J comme chacun peut expéri¬
menter,
REMARQVE.
’^utheur de la Paraphrafe nom
enfeigne le moyen de faire la
Conferve de Rofe folide , ou en ro¬
che avec addition fur une once de
Rofe, de trois ou quatre drachmes
de verjus ou fuc de limon ; cette mé¬
thode neft point receué ny approu¬
vée de beaucoup de Médecins , à
caufe de l’aigreur qu’ils difent être
ennemie de la poiürine. Mais il fe .
pre fente encore une autre difficulté,
qui eft , quavec une telle quantité
d’aigreur , on ne f attrait réduire
la conferve en morceaux , a caufe
que l’acidité en telle quantité dé¬
cuit le fuccre en façon qu’on ne le
peut recuire fans brûler la compo-
fition : mais puis que nôtre Autheur
veut quelle fait belle en couleur , &
qu’on en puijfe ufer fans apprehen-
Jîon, j’en propoferay une, qui efi tout
à fait belle , agréable , & falutaire,
qui fera bien receué.
w Prenés des boutons de Rofes rou-
Confer- mondées de leurs ongles quan-
ve de tiié Juffifante : tirés-en la teinture
h SeBion L
fuivant l’Art avec de bonne Pau T^ofefei.
Rofe &, quelques gouttes, d’efprit *
de Souphre ; coulés cette teinture.
^ r ■ r • I , vtmn,
GT faites promptement jetcher les
Rofes a l’ombre , & les pilez, fùbti-
lement ; pendant le temps de la
trituration , vom ferés cuire une
livre de. fuccre fin en Eleéiuaire '
folide , (fr y mèlerés une once deux
drachmes de poudre defdites Rofes,
& après vous jetterés vôtre Confer¬
ve en morceaux, de cette façon , elle
fera fort belle , & d’vn rouge fort
éclatant.
Nous faifons quantité de compo-
fitions , qui ont pris le nom de la
Rofe , parce quelle leur fert de
bafe , que Schrôderus a nombrées
jufques a trente fept , toutes diffe¬
rentes , fans que parmy ce lie s -la,
on y puijfe comprendre , les deux
deferiptions cy-deffus mentionnées ,
ny encore moins la fuivante , qui
n’efl pas moindre que les autres,
qui fe compofe du marc des Rofes
comme a été dit cy-deffus , après
l’avoir legerement exprimé , il le
faut piler dans un mortier de mar¬
bre , le paffer a travers un tamis
renverfé , & après il y faut mêler
autant pefant de fuccre que de
fleur , le tout exactement mélangé,
fera ferré dans des boittes de Sa¬
pin en façon de Cotignac. Elle efi
fort rafiaichiffante battue avec de '
l'eau , agréable au goufi , & qui
defaltere les malades , en la tenant
dans la bouche j fert auffi au vomif-
fement , & arrête la fluxion.
De
Des Condits. i x
Ve Confervis VioUmm ,
NywfhM , Cdthd , é Ulij
convnlly.
Le s Conferves de Violes , de
Buglojfe, de Borrache, de Blanc
d'Eau, nommé Nymfh&a , &c iVe-
nuphar, de Soucy , &c de B^guet , fè
font de même que la Conlèrve de
Rôles 5 fait liquide ou folide , hor¬
mis qu’au lieu des ongles des Rôles,
il faut ôter la partie herbue , qui eft
le pied des Fioit} , Nénuphar , Bu¬
glojfe , ôc Borrache , qu’on gardera
au beloin.
R E M A R QV E.
VOyês la Remarque de laCon-
ferve de Rofe liquide , fui-
vant laquelle on en pourra vfer
en celle-cy , de même qu'en cel¬
le-là.
Conferva Elorum Tamar 'tfci.
CE rte Conlèrue fe fait com¬
me nous avons dit des her¬
bes feiches , ou peu humides de
leur nature. Ainlî prenés telle quan¬
tité de fleurs de Tamaris recente
qu’il vous plairra , que vous forés
bouillir en eau. La colature fera cla¬
rifiée , avec aubins d’œuf »’ coulée,
& avec une livre de lîicere fin cuit-
te en Eleétuaire mol ; puis vous y
mêlerés demy livre d’autres fleurs
de Tamaris bien mondées de leurs
tiges & branchettes , & pilées au
mortier de marbre, & pilon de bois.
pour garder le tout en Ibn pot bien
couvert pour la necelîité. Les Con-
ferues de purs de Betoine , de Sau¬
ge, de Rofrnarin, de Stœchas, de Pri-
mula veris, &c. fe peuvent faire com¬
me la Conforve de Rofes , ou de Ta¬
maris.
R E M A R CLV E.
L faut prendre les purs de Ta¬
maris en boutons avant quelles
foient éclofes , & fans les piler,
après les avoir exaüement mon¬
dées , on en mêlera fix onces dans
une Hure de pccre clarip comme
enfeigne Bauderon , quon fera cui¬
re en confijlence de Conferve j étant
pûide , elle fera ferrée dans un
pot bien couvert ; ou bien après
avoir mondé cette même pur on
la fera foigneujèment feicher, après
on la mettra en poudre , & ayant été
hufneêtée , comme a été dit cy-de-
vant en la Conferve de Rofe liqui¬
de , on la rüêlera avec le pccre
en poudre , & feront pendant une
heure & demy battus enfimble dans
un mortier de marbre , avec un pi¬
lon de bois.
Confervft Mellis Rofarum.
GE que les Arabes appellent Gene-
liabin , les Grecs Rhodomel,
les Latins mel Rofatum , eft nôtre
miel Rofat. Du temps de Mefué la
Conforve de miel Rofat fo faifoit en
trois maniérés,
I . La première , avec une par¬
tie de Rofos recentes , non du tout
épanouies & contufos , & trois fois
mitanic
2-4 Lkjre I.
autant de miel deljpuraé j qu on cui-
ioit enfèmble.
2. La fécondé, avec égales por¬
tions de fie de Rofes rouges , &
lîiiel deipumé , & s’apelloit miel Ro~
fat coulé.
3 . La troifiéme avec Rofès & fuc
une partie & demie , & trois par¬
ties de miel , qu’ils cuiiôient & gar-
doient.
Pour le prefènt , la prémiere ma¬
niéré fe pratique , ainfi que Meiùé
enleigne en la diftinSlion quatriè¬
me , hormis qu on ne fait pas feicher
les -Rôles à demy , mais récentes &c
épanouies , & lèparées de leurs bou¬
tons & grains jaunes , on les con-
eaflé au mortier de marbre avec un
pilon de bois : puis miles en un
grand pot de terre vernilfé , étroit
d’emboucheure , on y verfe trois
fois autant pelant de mief éciimé
tout chaud : lequel étant bouché on
Texpofe au Soleil douze ou quinze
jours , ou vint-quatre heures liir les
cendres chaudes , lî la neceffité ne le
permet. Lors qu on s’en veut lèrvir,
ou un peu auparauant , on en prend
une portion , y ajoutant un peu d eau
Rolè qu’on fait bouillir : & on le
garde au befoin aprez l’avoir expri-
Aivit mé & cuit. Ce miel s’appelle miel
peur Rofat coulé- Au lieu de l’eau Rolè,
mhl ^ trouverois meilleur qu’on y mît
chaque livre de miel , trois
fort ex- ou quatre onces de fuc d’autres Ro-
ceüint. lès , & qu’au lieu d’une infulîon,
on en fît trois. Ainlî ce miel Rolàt
ièroit tres-exccUent , à ce que Mefué
promet.
Seâîon J.
REMARQUE.
IL eft a remarquer que Bauderon,
en la premier? Edition de fa
Pharmacopée & en toutes les au¬
tres a manqué en la troifiéme def-
cription quil nom rapporte dti miel
Rofat j en ce qu’il ne demande que
de Rofes , & de leur fuc une par-
- tie & demie , & trois parties de
miel , & encore . s’il en faut croire
un exemplaire in oélavo dé Atefué
imprimé à Venife en l’an 1513. il
n’y efi demandé que deux parties
de miel , fur la même quantité
d’une partie & demie de chacun
de Ro/e , & de fuc , c efi a quoy il
faut prendre garde.
Pour bien compofer le mtel Ro¬
fat , il ne faut point infufer les Re-
fes dans le miel , mais prendre le
double de Rofes que Mefué demande,
& les infufer en diverfes fois dans
d’eau de fontaine , & cuire fur un
feu lent ladite infufion avec la
quantité du Miel que l’Autheur y
demande. Faifant ainfi le miel
fera beaucoup pim excellent , & le
temps abrégé.
De melle Anthofato.
QVoj qiiAnthos lôit un nom
general , &c commun à toute
fleur , lî eft-ce que les Médecins par
excellence le prennent pour efpece &
fleur du Rojmarin , laquelle mê¬
lée avec trois fois autant de miel def-
pumé comme nous ayons dit du miel
Rofat, ils l’appellent mel Anthofa-
ttm> Sc les Arabes Alchichil, ou
Alkî
D ts Condits. Z
Alkikil- Quand on le voudra faire
bouillir , aü lieu de Teau ou du fiic,
il y faut mettre du vin , ou fembla-
ble quaontité de decoélion faite avec
d’autre fleur de Rofmarw. Ainfl il
fera excellent , à ce qu’il promet. Le
miel Violât fè fait de même que le
Rofat.
R E M A R QV E.
L efi très-important , fi on defire
de tonferver les principales ver¬
tus de Ik fieur du Rofinarin , dans
le miel Anthofat d’y procéder un
peu plus méthodiquement que défi-
fus , qtti doit être en prenant une
livre des fufdites fleurs bien con¬
ditionnées , & la divifer en trois
parties. La première, fera concafée
& mife dans vn pot de terre vernie^
étroit d’emboucheure , fur laquelle
on verfera huit onces d’eau chaude,
le pot exaBement fermé , & mis en
vne chaleur moderèe l’ejpace de
trois heures. La colature & ex-
preffion faite , fera remife dans le
même pot , avec la fécondé partie
des fleurs concajfees , & fermé com¬
me devant , fur une même chaleur,
l’ejpace de quatre à cinq heures, de¬
rechef fera coulée & exprimée ,
aprel^ faut procéder a la troifiéme
infufion , obfervant les precedentes,
excepté pour le iems , qui doit être
plus long , a caufe que l’infufion efi
plus empreinte de la vertu des
fleurs. Cependant on prendra deux
livres de miel blanc du plus vieux,
qui ne joit point aqueux , qu’on fera
éuapoAer fur une lente chaleur un-
peu defonphlegme : cela fait , on y
mêlera l’infufion pour les réduire
en me confifiance convenable fans
le/ faire bouillir. P'bila , comme je
croy, le plus méthodique moyen, pour
ne perdre point les qualiteX^ & ver¬
tus des fleurs de Rofinarin.
Les moins méthodiques de notre
Profefiion , remarqueront aujfi pour
les infufions ordinaires des autres
miels , quand ils les voudront cou¬
ler, de n’y ajouter point d’humidité
comme on pratique ; mais aprez.
leur avoir fait prendre me ebullfi-
tion , de les couler par un tamis,
& de prejfer les fleurs autant
qu’il fe pourra ; puis aprez, on let
fera cuire dans une petite quanti¬
té d’eau , pour en attirer par l’aide
de l’exprejfion les vertus que la
fubfiance crajfe du miel n’a peu
faire , puis on cuira derechef les
deux enfemble en confifiance peur
le garder au befoin.
De Melle Mercuriali.
Renez du fiic de Mercuriale,
appellée des Grecs Linoz.iHis , &
miel parties égales , qu’on purifiera
enfemble , & cuira en forme de Sy-
rop , qu’on gardera au befoin : oa
s’en fèrt auflî aux Clyfteres. L’Au-
theijr nous cft incertain.
REMARQUE.
IL faut laijfer purifier par refi-
dence le fuc de la Mercuriale,
avant que le mêler avec le miel
crud , & l’augmenter de quatre
onces pour livre de miel.
Ceux qui feront évaporer le fuc
de Mercuriale par moitié , & U
D cuirom
Livre 1.
cuiront avec parties égales de
miel , la compojition fera beaucoup
efficacieufe.
De Melle ScilUtko,
CE mielefi fort peu ufité, & fè fait
liniî ; Prenez une -partie de S cil¬
les préparées comme il fera dit en la
Seéion fuivante ^ en l’Oxymcl Scil-
litic > & trois parties de miel écumé^^^
le plus vieux ièra le. meilleirr : le
tout fera mis dans un pot de terre
vernifsé & tenu au Soleil , ou autre
lieu chaud , & par fois remué , afin
que la chaleur donne également de-
toutes parts. Les Scilles ne fc doi¬
vent ôter du miel comme nous di¬
rons en la préparation du Vin-aigrc
Scilhtic, finon lors qu on s'en vou¬
dra ièrvir. Alors en y ajoutant un
peu de vin , on les fera cuire auec
leur miel , & exprimera pour s’en
fer vit.,
REMARQ.VE.
POur rendre le miel Scillitic,.
plui puijfant , on prendra une
partie de lamines de Scilles [ei~
chées au four , comme, nom dirons;
cy-aprex. , en la remarque du Vin¬
aigre Scillitic , les ayant incijeef
fors menu , fur quatre parties de
miel defpumé , qui e fi une partie
pim que Bauderon n en demande,,
a caufe delà dejficcation des Scil¬
les \ parce quelles font pim mordi-
cantes de. cette façon , qu elles ne
fçaur oient être d lafapm de Diofeo-
ridc’i Les ayant meleL^ enfemble,
on lies fira infiiféf comme, en feigne.
Seüion L
Bauderon dans un pot de terre à
feu afin quon les y puijfe faire boilil-
lir quand on le voudra couler , ^
à la colature en y procédera ainfi
qu’il a été déclaré en la Remarque
■du miel Anthôfat , pour faire pajfer
toute la vertu des Scilles dans b.
miel.
De Melle Taffttlate..
SYlvius en fes doétes annotations^
for Mefoé appelle ce Miel Sapam
uvarum pajfarum ; pour Mel Pafiu-
latum , retenant la commune appella¬
tion , je l'ay rédigé en la prefonte Se¬
ction plutôt qu’en la foivante: & il
fo fait ainfi. Prenez une liure de rai-
fins gras & fecs. , foit d’Augibis,.
qu’on apporte d’E (pagne ou du Lan¬
guedoc , ou de ceux de Damas / ville,
principale de Syrie , dont les grains
îbient oftez que vous infuforez en
troisiivres d’eau chaude environ vint
quatre heures puis les cuirez fur le
feu, julques à la confomption de la
moitié > ou des deux tiers.' Apres on
les exprimera fortement, avec une toi¬
le neufve. La colature fera cuitte avec
une livre de miel écume , en forme de
SyropVqu’on gardera au befoin.. Au¬
cuns eftiment Matthieu des Degrez;
Italien , en avoir été l’inventeur au-,
confeil qu’il a écrit pour la Lepre..
REM ARQ^VE.
A. colature des Raifins faite, lai
. faut laijfer repofer quelques heu¬
res avant de la faire cuire avec lé
miel. Il fiait prendre du miel blanc
du. mois de May. Il faut: obferver
De^ Conâiîs. 17
étufft que U decoSlloff fait faite dans pour en ufer de chacun au befoin.
un fat de terre vernijfé.
•KK-Ê®- -s^- •E®^- ’m-m>
De Melle Anacardirto.
Ceux qui habitent aux lieux , où
naiilènt les Anacardes , ou qui
ont moyen d’en recouvrer de recens
peuvent faire le miel Anacardin, com¬
me enfeigne Alzarauius. A fçavoir
qu’il faut piler les Anacardes recens,
& les bouillir en eau , jufques à ce
qu’elle foie ceinte d’une couleur rouge
obfcure : puis avec une cuillère d’ar¬
gent amaller ce qui nage delTus , &c
le garder pour s’en forvir pour miel
Anacardin. Ou prendre la colamre
des Anacardes recens pilés , & cuits
(comme nous avons dit ) & la faut
faire cuire ayec miel defpumé, en for¬
te que le tout fo puiffo garder fans fe
corrompre, pour la neceffité.
Ceux qui n’auront pas la commo¬
dité de recouvrer des Anacardes re-
ceus , qu’ils prennent des focs , tels
qu’on les apporte des Indes , qu’ils
pileront groflierement ; &c feront
trempez fopt jours en petite quantité
de vin-aigre : le huitième jour les
feront bouillir en eau , julqu’à la
confomption de la moitié : puis les
faut exprimer. La colature fora bouil¬
lie avec miel defpumé , en confidence
qu'ils fo puilftnt garder au befoin ,
fans fo corrompre. Voilà tant en ge¬
neral qu’en particulier la - maniéré de
faire les Condits, & Conforves , tant
au miel qu’avec le foccre, & qui com¬
munément font vfitées. Suivant cette
méthode on en pourra confire d’au¬
tres non mentionnez , foit racines, ti-
gesj.écorces, fruits, pulpes, ou fleurs.
SECTION IL
Des Sucs.
De Sapis in genere.
QVoy que Chriftophorus & quel¬
ques autres mettent de la ^fFe-
rence entre Roh , & Robub , il n’y en
a pourtant point, comme on peut col¬
liger des écrits des Arabes , comme
de Serapion traîné feptiéme, chapi¬
tre "vint cinquiénte. Avicenne , livre
cinejuiéme , au commsnetment du
neufviéme traittJ. Rhafîs, & Mefué
au commencement de la ftxiéme di-
fiinBion ; hormis que par Rob ou
Robub lîmplement & fans addi¬
tion mis , ils ont entendu nôtre vin
cuit, appellé des Latins Sapa , Se-
ranum , &c Defrutum comme des
Grecs, to eépavov , OU ereîpavov ÔC
(Mt : car toutes & quantesfois qu’ils
ont voulu îîgnifier autre chofo , ils y
ont ajouté le nom de la plantc,comme
Rob Abfinthij, Eupatoriji^c. Donc
Rob ou Robub n’efl autre chofo qu’un
foc foui , confomé de fon humidité au
Soleil , ou fur le feu , de forte tp’il fo
pLiilïê longuement garder fins corrup¬
tion : comme Alo 'é , Acacia , Hypo-
ciflû,Suc. Glycyrrhiz.a,Fin cuit, &c.
Que s’il y a outre le foc de le plante,
quelque miel ou fuccre pour la con-
forver , il perd fon appellation de
Rob Jimple , & eft appellé compofé ;
comme Rob mororum, Nucum^ Piro-
rum , Berberù, Ceraforumi Ornpha-
cij, &c.
2.8
Livre L Se Si ion I /.
*I)e Supis fim^licihm in (paie.
LERob^t emphafcj & fîmplement
mis, que nous avons dit être nô¬
tre vin -cuit , fè fait en trois maniérés.
L une eft appellée du vulgaire , Rai-
finée , qui fe fait de grumes de Rai-
fins meurs , cuites dans un .grand
cliauderon , iàns liqueur , puis palfées
à travers un tamis renverfé , ou grot
iè toile neuve , & la pulpe reciiitte
julqu'à ce qu’elle s’épaiffillê comme
miel , qu’on garde. L’autre fc fait de
mouft gardé quelques jours , lequel
par le teras acquiert certaine acrimo¬
nie , qui empêche qu’on n’en Içauroit
faire de bon & de louable vin cuit.
Or cft-il que ny les anciens , ny les
modernes Médecins ne fe fervent ny
de l’vn ny de l’autre vin cuit men¬
tionné- cy-deffiis mais du fuivant.
La troifiéme, & très - excellente
maniéré fè fait de mouft tout recent,
de Raifins blancs bien meurs , de
bonne plante , & provenus en bon
terroir , cuit fur le feu clair , dans un
chaud'eron ju%r’i la confbmption
des deux tiers , en ôtant toujours l’é-
Giirae qui nage par deffiis , afin qu’il
foit plus clair, beau & agréable. Il
n’eft pas befoin de choifir des Rai-
fins noirs pour rendre le vin cuit rou¬
ge : car en bouillant il acquiert aC-
fez de couleur , & il en eû plus doux
& plus anodin que çeluy qpi eft fait
de Raifins noirs , il échauflfc & hu-
meéle, il nourrit & lâche le ventre.
Non feulement les Grecs , mais auflî
les Arabes en leurs compofitions,
{ comniFau fyrop à’ Epithyme, J)ia-
marmn , Üiacoàion) & les moder¬
nes en la curation de plufieurs mala¬
dies internes & externes , s’en font
' fèrvis , & fervent journellement. Les
cuiûniers auffi à faire des fàullès de
tres-bon goût. Quant aux autres ef-
peces de Roh ou Rohuh fimples , tous
prennent le firrnom de la plante dont
ils font faits , & fc préparent les uns
comme les autres , en cette maniéré :
Prenez dix livres de fiic quel qu’il commt
foit, que vous ferez bouillir fur le ü fam
feu clair , jufqu à la confomption de
la moitié : puis vous le coulerez , & fansai-
lailfcrez raflbir. Aprez ce qui fera ditiort
clair & net fera recuit , jufqu’à ce
qu’il s’épaie^ire à la confiftence d’un
vin cuit , ou d’un fÿrop , ou miel def-
pumé. Ces fucs ainfi confumez de
leur humidité aque^e , fe garderont
dedans des vaifléaux de verre , ou de
terre yernilfée quelques mois , fans fc
gâter. Si on y ajoute quelque peu
de fiiccrc , ou miel , ils fe garderont
davantage. Le meilleur eft de les pré¬
parer au tems de la neceffité ; comme
font les fiics à’^hfimhe , & à’Eupa-
toire , pour les pilules Aggregatives,
& ailleurs mentionnées par Mefué.
R E M A R Q.V E.
Le Sapa duquel nos ^utheurs
ont retenu Rufage , fe doit pré¬
parer un peu plut méthodiquement
que Bauderon ne nom rapporte. En
premier lieu ,.poHr l’extraSlion du
moufi des Rat fins blancs, U ne le
faut pas faire cuire (comme il dit)
dans un chaudron d caufe du long
fi jour quil y feroit , qui le rendrait
un peu acre , comme j'ay fiuvetjt
expérimenté , maie dans un grand
pot de terre plombé. , l ayant au¬
paravant
Des Rolf OH Sucs,
^9
m blmcbet- Se¬
condement apre"^ l’avoir fait éva¬
porer jnfqu’à ce qu’il ait acquis la
conjîfience médiocre d'une gelée ,
'VOUS le coulereX^ derechef ^ar une
manche d Hipocras pour en fepa-
rer entièrement les fèces j étant fioid
vous le ferrerej^ dans une bouteille
bien bouchée pour vous en fervir au
befoin. La différence qu’il y a de
cette préparation d la precedente,
.femble être fort petite ,mais au goût
& en fes effets , vous les trouverel^^
grandement differentes^
De Sapis compofîtts.
Lïamomm. D. N. Alexandrini.
ôcéj fans avoir égard au dire de Pla-
tearius à la fin du commentaire qu'il
a fait for le Diamqrum. Première¬
ment , parce que ce fyrop eft de l’in¬
vention des Grecs , qui ne font point
mention du vin cuit : ainfi qu’on
peut voir en Gai. livre 6. des Medi-
camens locaux. Paul Ægincte Uv. 7.
chap.iq, Æce liv.2. chap.^^.Tî:a.il-
lan liv. 4. Myrepfos JèÙion 5. Se¬
condement parce que l’adftriélion du
foc de Meures n’efb fi grande qu’il
ait befoin d’autre correébif , pour ré¬
primer fon âpreté , Sc fie cité 3 que du
miel même : car il refout afièz par
^ fa chaleur 3 & digéré la matière dé-
coiilée 3 fons l’aide du vin c-uit , & les
conlèrve. Davantage il fo peut tou¬
jours ajouter 3, s’il étoit befoin , ôü
non ôter»
Succimororum batinorum ,id eff,
Rubi humilis, Ub. unam.
Mororum Celfi,id eft, domefticorum
ex arbore pendentium.
Mellis optimi dejpumati , utriujque,
lib. dhnidiam.
Sapa, noftratis , une. très. ,
Coquantur fimul cum facilitate , do-
nec Syrupi crafftudinem nanc'if-
cantur , & ufui reponantur.
paraphrase.
De plnfieurs deferiptions du Dia-
rnorum, nous avons retenu cel-
le-cy 3 comme la plus ufitée r laquelle
Salernitanns a empruntée de la cin¬
quième diftinélion de Mefiié chan¬
geant feulement la dofe des medica-
mens ainfi qu’on peut voir 3 confé¬
rant les. deux deferiptions cnfomble.
le ferois d’avis que le vin cuit fût
LE MELANGE.
Pour operer méthodiquement
folon la dodrine des Grecs Sc des
Arabes j il faut choifir des Meures
tant fouvages que domeftiqnes 3 qui
ne foient du tout meures mais qui
participent quelque peu de l'a verdu¬
re 3 dont on prendra deux parties des
fauvages 3 & une des domeftiqnes :
d’où il fout tirer plus grande quantité
de firc qn’il n’eft requis , pource qu’il
le faut bouillir fiir le feu clair, jufo
qu’à ce que la tierce partie foit con-
fomée, & le laiftèr ralîbir : & dii plus
clair & net j en prendre une livre &
demie , qui eft la dolc icy requife des
deux fucs ; aufquels on ajoutera de-
my livre de miel blanc écumé 3 qu on
fera cuire enfemble en forme de fy-
rop : puis on y peut ajouter le vin
aiit la baffine étant hors du fen.
JO Livre 1.
f qiü ne voudra lîiivre mon opinion.
Le tout refroidy fera gardé au
foin,
LES FA CVL te Z.
Il fcrt aux vlceres corrofifs de la
touche & du palais , aux maux de
.dents , aux gencives gâtées , & à tou¬
tes les maladies de la bouche en gar-
garifine.
le plie les Apothicaires peu foi-
.tijfemët gueux dc leur honneur , & de leur
pour les devoir envers les malades j de ne
Apothi- pli^is brouillera & s’adonner du tout
tmes. V ^ qyj- gfj. jg igm- ^
ne prendre exculc qu’ils n’entendent
. la langue Latine , & qu’ils ndnt des
Doéleurs pour les inftrufre : car il y
en a d’aucuns qui pechent plus par
malice & cupidité delbrdonnée , que
par ignorance. Car quand ils com-
Erreurs pofent leur Diamorum , ils prennent
des A- leurs fites non purifiés , & le miel
criid qu’ils font cuire en fyrop j ou
€Aires, . O • , n. r
vin cuit : & puis c elt tout , le con-
tentans. qu’il Ibit fait mal ou bien :
qui eft caufe que les Médecins font
ffuftrés de leur intention, au préju¬
dice des malades. Au commencement
des inflammations de la bouche , le
liic feul dépuré eft meilleur que le
Diamorurn. Que fi l’inflammation eft
fi grande que l'adflxiétion ne lôit fiif-
filante pour empêcher la fluxion , on
pouri-a ufer du Dianucum luivant,
ou y ajouter une decoélion de medi-
camens adftringens. Au contraire en
l’accroilTemcnt , & état du mal , le
Diamorum eft meilleur que le fiic
Icul. Galien.
Seâion î L
REM ARQVE.
BAuderofi ne d étant poi' explique
''fi preciséme.A dans fin mélan¬
ge du Diamorum , pour le regard
des Meures fduvages quil convient
dy employer^ comme U a fait dans
la defcription , quand il a dit If.
fucci Moromm batinorum , id eft,
Rubi humilis : ceH ce qui a donné
lieu dans nos Officines , d'employer
les Meures du Riibus major , firu-
étu nigro, en la place de celles du
Ru bus minor , fruétu cæiuleo , qui
efi le Chaiiiæûatos des Grecs , & le
Rubus hunâlis des Latins. Cette
erreur n’efi pas petite , car ces der¬
nières étant de beaucoup plus ex¬
cellentes , comme plus médicinales
que les premières , pour les affie-
élions cy-dejfus dites par Sauvageon:
cejl d quoy l'artifie doit faire re-
fiexion , & fe corriger a l'avenir,
puis quil luy fera auffii facile de re¬
couvrer les Meures du petit Ronce,
qui vient en quantité dans les chams
cultes 0“ incultes qui font de couleur
perfe , ou bleue , & de faveur douce
& aigre.
Les Grecs & les Arabes ont aujfi
diverfement décrit le Diamorum,
quoy que ny le^s uns ny les autres,
ne demandent les Meures un peu
vertes , comme fait nôtre Paraphra-
éie , ny de faire confumer les fiscs
d’un tiers : en cela il s'efi avisé
d’ augmenter la vertu adfiringeante
Cr refiigerante de la compofition -,
mais pour obferver cela, U efi très-
important que le Pharmacien fça-
che les raifins pourquoy cela fie pra¬
tique ainfi , afin que par la connoif-
fiance
Des Küh ou Sucs, xi
fànce qnit en aura , il fait d’autànt
flui perfitadé a faire fin devoir ,
pour éviter l'erreur ou V ignoran¬
ce nout jette le plus fiuvent. La
premkre raifin comme je viens de
dire , efi que le fuc de Meures fiit
tiré avant leur entière maturité ^
c efi afin quil en fait plus adfirin-^
géant , & plus rafraichijfant. La
fécondé , quil fiit évaporé d'un tiers,
pour en feparer la partie plus aqueu--
fi r qpe nom appelions flegme , ma¬
tière entièrement inutile pour la
curation des ulcérés de la hotiche,
& cette évaporation fi doit faire
dans un vaijfeau de terre , ou de
verre , & non comme dit Nicolaus.
Alexandrinus ^ que le miel avec let
fiscs , foie nt cuits dans un vaiffiau
de cuivre efiamé j & lors qu'on fira
cette, évaporation & coSlion , ce fe¬
ra par un petit degre de feu , afin
que les ejprits les pim volatils ne
tnontent avec 1er flegme.
Et pour finir , je tiens avec Pla-
teatins , que le vin cuit n'en doit
point être rejette , puis que fin in¬
venteur l'y fait entrer ( quoy que
B'audèron tâche de faire voir que.
le Sapa n'a point été connu des an¬
ciens Grecs.) l'adjouteray de plus,
que la quantité de miel ne fu fit pas,
^ qu'iL le faut augmenter de trois
onces..
Dianncum fimplex D. Mef .
Skcci nucum iuglandium viri-
dium, lunio menfe' extraéli & de-
purati lib. quatuor.
Mellis dejpumati. lib. duos.
Goquantur i'n Syrupi craffitudinem,-
fit ujui repomnmr..
PARAPHRASE.
IE ne fois point d avis que les Apo¬
thicaires tiennent préparé en leurs
Boutiques j autre Dtanucum que le
foidit ; pource que les doéles & bien
expérimentés Médecins , foivant la-
doétrine de Gai. livre 6. des Me-
dicamens locaux , y fçauront bien
ajouter ce qu'ils connoîtront être
necelFaire folon les quatre tems du
mal. La méthode de le compofer eft
femblable à celle que nous avons dé¬
clarée au precedent Diamorum.
LES EACVLTEZ.
n eft plus puiiTant que le Eiamtr-
rum de plus efficace aux deflu--
xions acres 8c tenues , qui tombent
de la tête for la trachée artere , les-
poulinons la poitrine 5 qui mena¬
cent d'inflammation 3 de foj[Focation3J
& même de la^ mort. Jl eft propre aux-
enfans, aux femmes, & à ceux quiiôntt
d'un tempei'ament humide.
REMARaV E.
Rictus ,. & Gratian Rauderon
pere & fils , en toutes leurs édi¬
tions jufques â la première de Sau¬
vageon , attribuent la compofition'
du DianuCum fimplex â Méfié , qui:
n'a fait que la do fer tant feulement,,
qmy qu'en leur P'araphrafi ils nous,
donnent â connoitre que Galien en
eft l'inventeur , comn^e nous dirons
cy-aprez. Et Sauvageon en fis trois:
éditions , l'attribué a Nicolas ,fàns'
fi déterminer a quel- U efi< vray
que. Nicolaus Alèxandrinus ew donne:
mee
3 2. Livre L
une defcription au chap. iii. fous
le nom de Diacarcon , mais plus
compofé , ^ bien different de celuy-
cy , comme' fait aujf Nicolaiis Præ-
pofims ; qui me fait dire quil sefi
trompé , & que Galien en eft le vray
& légitimé inventeur , tant du fim-
ple que du composé, ainfi qu’on lit
en fon 6. livre preallegué de la com-
pofition des Mcdicamens , Cuvant
les lieux , chap. premier de Stomarico
medicamento ex juicibus , duquel
lieu Mefué a emprunté fa defcri-
ption & dofée , qui efi le fujet pour-
quoy on la luy attribué , comme je
■viens de dire , & à cette conf de-
ration , je nay point voulu changer
le nom de l’Autheur que Bauderon
luy a donné.
Bauderon & Jifefué ne s’ accor¬
dent point de la faifon qu’il faut ex¬
traire le fuc de l’écorce, des noix
vertes , non plus qUe de la métho¬
de dont il faut compofer le Dianu-
cum car Mefué veut qu’on receùil-
le les noix pendant la Canicule,
& Bauderon au mois de luin. Me¬
fué veut auffi qu’on faffe prendre
une ébullition au fuc , & en quatre
livres , qu’on y mêle deux livres
de miel crud , & qu’on les cuife
enfemble : au contraire Bauderon
veut qu’on prenne deux livres de
miel %ejpumé , & avec quatre livres
de ftc dépuré qu’on les cuife en
forme de Jyrop. Il eft aisé a un ar-
tifte de concilier ces deux Autheurs
fur l’ebuüition du fuc que l’un de¬
mande ,& de la dépuration de l’au¬
tre : mais quant^d la diéfroportion
qu’il y a de loft quantité du fuc à
celle du miel , il me femble n’être
point recevable , puis que l’expe-
SeBîon IL
rience nous fait voir a l’œil , que
pUif long-tems on fait cuire certains
miels , plus il s’en fepare d’écume,
par l’humidité furabondante qui la
détache de fon corps ou elle abonde,
& la fait nager au deffus j & qui le
voudrait cuire jufqu’d une entière
defpumation ,y entretenant toujours
d’humidité , il pafferoit enfin pref
que entièrement en écume , & n’en
refteroit que tres-peu dans la li¬
queur qu’on leftroit cuire : par ainfi
ie dis , qu’il y a du miel plus impur
& pim venteux l’un que l’autre ,
& qu’il faut prendre du meilleur.
Pour donc regler la dofe du fuc
avec celle du miel , ie voudrais pren¬
dre de ce premier feiz.e onces , & de
ce dernier douTje onces , & les faire
cuire enfemble , ayant premièrement
tiré le fuc des noix au tems pref
crit par Mefué , apre\^ être reposé
par l’ejpace de vingt-quatre heures.
Sapa Ribes , Berberis , & Om-
pbacii : D. Mef.
Of. Succi utriufvis ftuüus , libras
decern.
Coque igni lento ad tertio, partis con-
fumptionem.
Cola , & fubfidere permit te , donec
’• clarefcat.
Clarum deinde igni clementi perco-
que ad iuftam craffitudinem quo
fervari poffit .
Confulo , ut Sacchari albi lib. duo
addantur , & coquantur in Syru-
pum : fie iucundior évadé t , &
■ diutius durabit.
PARA
Des Koh OH Sucs.
PARAPHRASE.
Pour la grande affinité que nôtre
grofelier domcftique a avec le Ri~
décrit par Serapion chaf. x^i. du
livre des Simples .■ fon fruit rouge à
bon droit doit être fupposé pour le
Ribes. C'eft pourquoy , pour faire le
Rob de Ribes , on prendra dix livres
de fiic de nos Grofeles ronges que
Valeriole ebfervat.i. du livre fécond,
eltime être une cfpece de l’Oxyacan-
tha ( apporté des Indes ) qu’on fera
bouillir ', julqu’à tant que la troifiéme
partie loit confiimée. Aprez qu’il fera
coulé & raffis , le plus clair fera re¬
cuit, jufqu’à ce qu’il loit épais com-
tne vin cuit , & qu'il iè puiflè garder,
le lèrois d’avis que fiir telle quantité
de fiic, on y ajoutât deux livres de
fuccre : par ce moyen il fe garderoit
plus long-tems , & feroit plus agréa¬
ble au palais , ôc fa vertu ne feroit
moindre , étant cuit en confiftence de
fyrop. Le Rob de verjus , nommé
des Grecs Omphacium , 8c celuy de
Berberü , ( pris pour V Oxjacantha
des Grecs ) que nous appelions en
François, Ejpifie Vinette , ou Ber-
beris, fera fait ainfi que nousjavons
dit de celuy de Ribes.
LES FACVLTEZ.
Ces trois compofitions refrigerent
en general, adftreignent , fortifient le
cœur & l’eftomach , 8c arrêtent le
vomidenient. Elles different toutes-
fdis en cela , que le verjus réfrigéré
davantage : le Berberis eft plus ad-
ftringent : & le Ribes plus agréable
au palais.
55
REMARCLVE. .
BAuderon mus veut persuader ,
quil y a grande affinité enfre
.nôtre Ribes vulgaire , & celuy des
Arabes ; mais au contraire , )e trou¬
ve qu'il y a grande différence, tant
en leurs genres qu'en leurs effeces,
en ce que le nôtre efl un arbriffeau,
& celuy des Arabes , Jùivant Selon
& Ranvuolfius , qui le deferivent
tel qu'ils l'ont vu fur le mont Li¬
ban , & dans un 'lardin en la ville
d'Alep , efl fort diffemblable au
nôtre en toutes fes parties , excepté
en quelque rapport , que le fisc des
fiuits , ou Capreoles fuivant les in¬
terprètes des Arabes peuvent avoir
en leurs qualité z. & vertus. l'ay
voulu dire cela , avant que paffer au
modus faciendi , pour inciter le le-
6teur curieux de fin honneur , d'ap¬
prendre par la leSlure des bons Au-
theurs , la différence qu'il y a de l'un
a l'autre.
Bauderon veut aujfl fuivant Me-
fué , qu'on faffe évaporer les fucs de
Ribes , Berberis & Omphacii d'un
tiers , puis , qu’on les cotde , & que
derechef on les faffe evaporer , iuf
qu'a ce qu’un chacun en particulier
ait acquis l'êpaiffeur du vin cuit :
cela fe peut pratiquer pour le fuc
de Ribes , qui ne fe pourrait confer-
ver fans artifice ; mais que pour
ceux d' Epine vinette , & de ver 'jus,
on les brûlerait plutôt que de -leur
aquerir par voye de coétion la confi-
flence du Sapa, a eau fe de leur aci.-
dité & tenuité de juhfiance. Gjise fi on
y voulait ajouter le fuccre pour les
conferver, il n'en efl pas befiin, parce
E que
Livre L Seâtion //.
R E M A R Q^V E.
34
que comme un chacun f^ait, ils fi
confirment, d’euy-mêmes avec toute
leur humidité efiant bien dépuré^
& homhe\y autrement le fuccre y
étant y il n‘y auroit point de différen¬
ce entre le Sapa & le Syrop y Jî ce
n’efi qu’entant que ces premiers au-
roient acquis un très-mauvais goût
par l’évaporation de leur flegme, au
contraire de ces derniers qui l’ont
fort agréable.
Rob Ceraroruiû acidorum
iS'nXov,
Slff. Succi Cèrafirum acidorum de-
pur ati y tb. quatuor.
Sacchari albi , Ib. duos.
Coquantur fimul ad iuflam, crajjî-
tiem y & ufui reponantur,.
PARAPHRASE.
La gelée des Griottes Sc Meriiès
fè peut mettre au rang de Rob,
laquelle eft tres-belle , & plaifinte
au palais des fcbricitans. , étant faite
avec quatre livres de fue dépuré , &
deux livres de fiiccre fin , comme
nous avons dit cy-deffiis. Quelques-
uns de nos Apothicaires la font avec
k pulpe palTée ( & non avec le fuc )
deux parties , & une de fiiccre , êc
ils la gardent au befoin dans des pots
de terre verniflèz , ou de verre-
LES FA CELTE Z..
Elle appaili la grande chaleur
des fievres &; relifte à, la putrefa-
âion.- ' '
CE Rob y ou Celée de Griottes
doit être cuit dans un vaiffeau
de terre plombé , fur un petit feu
avec une partie & demie de fuc ,
& une partie de fuccre j parce que:
fi la quantité du fuc ex ce doit celle
du fuccre de la moitié, par la lon¬
gue coéiion , U acquerrait un goût
defagreable-
Miva Cydoniorum fimplexSc
compofîta,D. Met
y:. Succi Cydoniorum acidorum,.
Ub. viginti.
Coque ad médias., deinde infknde
Fini veteris optimi , Ub. decem,
JFLellis deflumati , vel facchari al¬
bi y Ut fit gratior , lih.fix.
Coquantur ad jufiam crajfitudinem,-
fi fimplicem compofiturus es.
Si compofitam , aromatifetur pul-
ver.e fequenti.
y. Cinnamomi fileEH.
Cardamomi , utriufque drach.. tres^.
Caryophillorum.
Crociy.
Trochif. Gallia mofehata , fingul..
drach. duos..
Zingiheris ,.
JHaBiches y
Xyloaloes , fiu ligni Aloes..
Macis , fingul. drach. unam & di-
mid.
Mofihi , firupul. unum..
Fiatpulvis findone ligatus , & inter-
caquendum flequenter expreffus..
Des Rob ou Sucs. 35
T>ARAP H RA SE.
CEtte gelée ou Mive j tant fimpic
que composée eft décdce par
Mefué en fin Grahadin , diftinStion
fixiéme : laquelle a été plus ufitée du
palTé que maintenant , encore qu’el¬
le jfoit fort excellente ; parce que
nous en faifons d’upe autre façon,
plus claire & plus agréable , & à
moins de frais.
Manie- Ainfi , prenez telle quantité de
7»ire la tout meurs , qu’il vous
g(Ue de plaitra, lelquds nettoyrez non de leur
Coing, pelure , mais de leurs (èraences &
membranes ( moins foigneulèment
que pour le Cotignac ) ^ue vous cou¬
perez en quartiers & ferez bouillir
en grande quantité d’eau , jufqu’à ce
qu’ils foient fort tendres. Aptez les
faut fort exprimer avec une toile neu¬
ve : puis prendre deux livres de la dé¬
coction , & une livre de fiiccre fin,
qu’on fera cuire fans aucune clarifi¬
cation lîir des charbons allumez , en
une baflîne bien nette Sc claire , en
ôtant toujours l’écume qui nage par
delliis avec une fpatule , ou -cueillere
d’argent , jufqu’à-ce qu’ils foient fof-
filàmment cuits , pour les jetter for
-des moules de bois , expreflement
gravez pour cela , & auparavant
içpüillez en eau , puis efRiyez avec
e^Boi éponge nette. Cela étant fait, &
ire lors refroidis , on les releve des mou-
la 1rs pour les mettre dans des boëtes
gelée fe. de lapin , & les garder au befoin.
racutte. La fe connoît lî une goutte
chaude mile for une affiette bien net¬
te , étant refroidie, le releve net : alors
foudainement faut ôter la balfine de
dclIiis le feu , afin que la gelée ne
fe noircilïc. Durant la cuitte ne la
faut remuer , ny couvrir , ny la cuire
à grand feu. Les faîîis s’en lcrvent à
la vohipté , & les malades pour le
recouvrement de leur lànté. Si avant
la cuitte on l’aromatifo feulement
de canelle , macis , on miifcade con-
calTez , ( & de chacun quantité con¬
venable ) & mis en un noüet l’expri¬
mant fouvent , elle foppléera au de¬
faut de celle de Mcfoé co|>.poséc, &
elle fora plus agréable au palais des
malades que la fienne.
LES FACVLTEZ.
Elle excite l’apetit, aide la coction,
corrobore l’eftomach & le foye , de¬
vant le repas , elle arrête le vomiilè-
ment j & aprez, elle appaife le flux
de ventre.
REMARQVE.
BAuderon nom dit avoir tiré la
defiriftion de la gelée de Coings,
de Mefué diftinéb. 6. de fon Grab. &
neanmoins je la trouve differente e»
t^uelquee endroits , ainfi que i’ay vé¬
rifié avec un vieux Mefiué lettre
Gothique de Van 1541. & avec un
nouveau de Vénife de Van 1623. la
première différence efi en la façon de
cuire le fitc des Coings le vin que
Mefué veut quils cuifent enfemble,
jufquà l'évaporation d'un tiers j
aprelf qu'on cuife les deux tiers re-
fians avec fix livres de miel -, &
Bauderon fait evaporer fin fuc de
coings, jufquà la moitié, aprez, , fait
recuire enfemble le vin , le fuc & le
miel ; j’approuve cette derniere
pratique comme pim méthodique.
Livre h
& four les dofes du fuc & du vin
elles excédent de la moitié , & au
lieu du miel dejpumê qui le l'y
voudrait mettre , jefiime que le crud
y conviendrait mieux , & en un mot
ny l‘un , ny l’autre , ny convierinent
foint , comme fait le fuccre. Si on
diminue la quantité des fucs, il fatit
femhlablement diminuer la quantité
des aromats chacun fuivant leur
' dolf. ^
, 'De lulepis ingenere.
IV'lef , ou luleb , eft un nom Peifi-
que qui lignifie potion plaifante,
que les derniers Grecsxoïnme Adua-
rius , & Simeon ont appelle
«srior & ^•éXamov. Par lequel ils ont
entendu un Syrop fimple, & moins
cuit Ibit qu^’il fut fait d'eaux diftillées,
comme de Rofes , de violes j &cc. ou
de decodèion fimplc , comme le fui¬
vant delujubes : onde quelque lîic
purifié au Soleil , ou lùr le feu^ avec
îîiccre , &c non avec le miel ; ainli
qu’on peut voir en la lîxiéme diftin-
âidn deMelué.
Pour le jourd’huy , & louvcnt par
les Mededns ( improprement par¬
lant ) il le prend pour un digeftif,
que les anciens Grecs appelloient
«jrpe^oT/a-jUa^ , id ejl , frapotiones,
ou avantcoureur des purgations vni-
verfelles. Le lulep pour être fort
Cm pie J & moins cuit que le Syropj
eft fort gracieux aux malades : aulfi
ne le garde-il fi long-temps , princi¬
palement s'il eft fait auec decoélion
comme celuy de lujubes ^qui cftl'oc-
cafion qu'on iie les préparé , finon au
befoin, & en petite quantité. Lopi-
Seâion IL
nion de Chriftophorus ne doit être
receué au commentaire qu'il a fait
fiir la fixiéme diftinétion de Mefiiéa
dilànt > que le lulep fe cuit d'avanta¬
ge que le Syrop. Peut-être que de
ion temps le lulep fe cuifoit plus:
pour aujourd'huy tout le contraire.
Voilà comme on le peut exeufer.
De lulepis in fpecie.
lulepm Rofarum é‘ 'violmm^
D. Mef.
Aqua Rofarum , vel Violarum
in alembico vitreo diSiillata, ,
lib. très.
Sacchari albi, lib. duos. Coque vten-
di temfore.
R ARA? HRASt.
QVoyque les eaux diftillées fe
puilTent garder- fèulês un an_j Sc
encore plus avec le fiiccre : fi eft- ce
que ces luleps ne le doivent prepa-
ttr, finon lors qu'on s'en veut fèrvir>
pource que leur qualité réfrigérante
le perd par la longueur de temps»
encore plus fôudainement par la cha¬
leur du fiiccre : auffi qu'il n'en eft fi
beau, ny fi plaifant. Les avares Apo¬
thicaires » qui font plus curieux- de
leur gain , que du profit des malades»
& contre l'intention des Autheurs,
font diiroudre leur fuccre en eau de
fontaine , ôc étant cuit , y ajoutent
deux ou trois onces d'eau rolè , ou
de viole , pour dire qu'il y en a , ôc
ne laiftênt de le vendre aufiî cher»
qu'un antre qui y aura mis la quan¬
tité requife d'eau diftillée.
On h
nomrm
lulep
Alexa-
dtin, &
Royal-
LES
Dei luleps.
17
LES F A Cr LTE Z.
Le lulep Rofàc éteint rardenr des
fièvres , de la poitrine , de l’efto-
mach , & appaife la foif. Le Violât
appaifè anflî la foif, & ardeur des
fievres j inflammations , pleurefie,
âpreté de gorge , & de la poitrine.
remarqve.
LEs Anciens avaient de coutu¬
me de mettre quantité de Jùc-
cre, ou de fyrop dans les juleps quils
preferivoient d leurs malades , qui
efi la caufe quen nous décrivant
ces Juleps , ils ont gardé les memes
dofes : ce que .nous ne pratiquons
point d prefent ; d caufe de la gran¬
de répugnance que les malades ont
pour la douceur des remedes par¬
ticulièrement pour les potions , ce
qui nom oblige en compofant les lu¬
lep s Alexandrins , fur huit ou dix
onces d’eau de n’y mettre qu’une once
& demie , ou pour le pUts deux on¬
ces de fuccre fin & leur faifons
prendre une legere ébullition.
r aurais fujet en ce rencontre de
dire mon fentiment Co77tre les qua-
litez. & vertm que Mejfieurs les
AJedecins donnent d l’eau Rofe di-
fiillée , fi je ne jugeais qu’à fera
pim d propos de le reCerver , au
traitté des eaux difidlées , qui
fuit ; ou J en ay dé'ja dit quel¬
que ehofe.
lulepus kijubarum , feu Zizy-
phorum, D. MeC
Zizypha feu lujubas magnas
& pingues , centum numéro.
Aqua fontü , lib. quatuor.
Coque ad médias, cum Sacchari albi.
. lihra una , in lulepum.
eakaphrase.
QVoyqué ce lulep fbit fônverain
à la toux 5 & fort agréable, &
peu vfité : je n’ay pourtant pas laiC-
fé de Tinfèrer icy pour fervir d’exem¬
ple aux jeunes M^eçins , & non en¬
core foUîfàmment verfez en la pra¬
tique ; ou de le préparer , ou à Tirai-
tation de Mefiié en compofèr d’au-
. très 5 pour s’en fervir iëlon que l’oc-
eafion le demandera.
LE MELANGE.
Renez cent Jujubes des plus
groflès & recentes qu’on aura,
lelquelles rompues , on fera bouillir
en quatre livres d’eau , jufqu’à la con-
fomption de la moitié. La colature
fera clarifiée avec blancs d’œuft , &
avec une livre de Calïbnnade blan¬
che de Madere, pour le tout cuire,
( aprez les avoir coulez ) en forme
de .Svrop , ou lulep fimple , du-
quel*on ufera prefentement feul, oi
avec de la ptifene durant la foif.
LES FACVLTEZ^
Il fert à râpreré 5e la gi>rge , Sc
1 la toux , & à faciliter If crachat,
E } d’au
38 Lime L
d’aucscnt qu’il l’incraffè : & partanc
il eft convenable à l’enroueure , &
à la pleurefie.
remarqve.
Efuê àemanàe la confomption
de la moitié de la decoBion-,
maii il faffit quelle fait confumée
d‘un tiers 5 & pour la quantité du
fuccre , de même elle efl trop gran¬
de , puis que ce nefi que pour fai¬
re un lulep , quon ne doit prépa¬
rer qu’au temps que la necejfité le
requiert.
De Sjrupîs'in genere.
L’Apothicaire doit être plus cu¬
rieux de bien fçavoir travailler
en fon Art 3 que de trop curieufe-
incnt rechercher l’etymoIogie des
noms : pour ce que cela tuy lèrt lèu-
lement à contenter fon elprit & rien
plus. Toutesfois pour contenter les
plus curieux, il faut qu’ils fçaehent
qii’Adtuarius livre cinquième , cha¬
pitre premier , dit que ce nom de
Syrop eft etranger & barbare , &
qu’il faut dire Serapium. Aucuns
l’ont dérivé de Syria & opoi , comme
qui diroit liqueur de Syrie , parce
que peut-être les Médecins de ce
pais ont été les premiers qui en ayent
tifë , & donné telle appellation. De
iioy j’eftime que ce nom lôitcom-
poH de (svftù , id efi, traho , & o'jsoc,
id ejl liquor ; parce que je voy nos
Syrops être compolèz, ou de lues
ou de decoétiÿis de racines , her¬
bes , ftiits, lemences , & fleurs,
qu’on tire pr expreffion forte des
Seéîion î I.
mains , & ( elles lôuvent ne fiiffilâns
pas ) avec les preflès.
De l'invention des Syreps.
LEs Syrops ont été inventez pour
daix raifons principales , à fça¬
voir pour la laveur , & la durée : car
les Médecins anciens voyant le nom¬
bre des maladies s’accroître de Jour
en jour , & en toute làilon, âge,
fexe & tempérament : & que leurs
fucs , liqueurs , infufions & deco-
étions faites de racines"* , herbes ,
fruits , femences & fleurs ( dont ils
fe lèrvoient ordinairement ) ne le
poLivoient garder toute l’année , fans
fe corrompre , ils fe font avifoz de
foicher , leurs focs au Soleil , puis
for le feu : afin de eonfomer l’humidi¬
té aqueufo ( caufo de leur prompte
corruption) & les ont appelles Roh 8c
Robuh : les autres Siraon : les autres
Sapa , delquels nous avons parlé
cy-devant. Davantage confiderans
leur faveur ingrate , & que nonob-
flrant cette exficcation , il ne foffifoit
pour l’un & l’autre , ils ont com¬
mencé d’y ajouter du foccrc : & tels
focs ainfi dulcifiez ils ont appellé ïu-
lep ou Syrop fimple : & ont trouvé
par expérience que tels remedes fe
gardoient plus long -temps ( &
étoient propres à digerer , ou pré¬
parer les humeurs avant leur purga¬
tion , au lieu d’Apozeme ) en leur
vertu , & étoient fort agréables aux
malades. Finalement comme les hom¬
mes fe font addonnés à la volupté,
8c fe font rendus mois & délicats,
& plus valétudinaires , on a été con¬
traint pour s’accommoder à leur
palais.
Des Imeps, 5^
palais , <ie compofer des remedes de
toute fkçon, & pour corriger laraer-
tume , ou autre fàusur ingrate > y
mêler non feulement du miel ou du
fuccre ; mais auffi Raifins , Figues,
Prunes , Reglilfc , & chofes fera-
blables pour rendre leur aêlion meil¬
leure , & plus falubte : ce qui a été
délors. oblèrvé de Siecle en Siè¬
cle julques à nous. Tel genre de
remede eft appeüé par Nicolas My-
reps. Apôâ'Si > nom à luy parti¬
culier, ôc de nul autre vfitéque je
fçaehe.
ife Vv- Leur vlàge fe prend des efièds
fageits qy'ils produilènt , leiquels le con-
noiflèntnonlèulement, tant par leurs
qualitez premières , que fécondés, &c
tierces : mais auffi par 1 affinité par¬
ticulière qifils ont avec certaines par¬
ties de nôtre corps , plûtôt qu’avec
les autres , & parleurs proprietez Ipe-
cifiqnes , & occultes.
Le premier effed fe prend des qua¬
tre qualitez premières par lelquelles
nous échaufons le corps humain re-
froidy de quelque matière froide,
quelle qu’elle loit, ainfi queleSyrop
de Calament , de Mente , de Stee~
cas ; &c. Au contraire nous refroi-
düTons celuy qui eft trop échaufé
de fievre,,ou autrement parle Syrop
de Nénuphar , àe Violes , à^e. Grena¬
des , &c. Ainfi. des autres deux qua¬
litez feiche & humide. Le fécond
effet, vient des qualitez fécondes , &
troifiémes par lefquelles nous ref-
ferrons les conduits pr trop ouvers
& laxcs comme par celuy de Myr-
thilles , àe-Càings de Rojes feiches,.
de Berberis , S>zc.. Au contraire nous'
ouvrons les conduits, bouchez &
lellerrez; par celuy des cinq: radness
aperitiites, à'Eupatoîre, à^Armoîfe,
&c.enincilànt, & atténuant les ma¬
tières, craffes & vifqueufês , qui opi-
lent fecilemeht les conduits étroits.
D’autres poia' incrafièr les matiè¬
res trop tenues & fiibtiles , comme
celuy de Pavot, de Violes , de T>ia-
codium, &c.
D’autres pour deterger ce qui eft
trop adhérant : commme le miel Ro-
fai , ôcc.
D’autres pour lenir 8c adoucir les
âpretez , comme de la trachée artere,
& poulmons : tel que celuy de /u-
jubes , de Pas à’ Afne , ou Tujfilago,
Capilli veneris. Violât.
Le troifiéme effet le prend de
ceux qui ont retenu l’appellation de
la partie à laquelle principalement
ils font deftinez comme Céphali¬
ques pour la tête , celuy de Betoi-
ne , de Stœchas , Oxymel Scillitiquey
miel Rofat , Anthofat.
Thoraciques , pour la poitrine:
comme celuy de Prajfio , de Tujjila-
gine , de lu]ubes , d’jpyjfope , ôcc.
Stomachiques 8c Gaîlriques •• pour
l’eftomaeh 8c ventricule : comme
celuy de Manthe , df Abfinthe , &c..
Cardiaque , pour le cœur, comme
de M.elijfe , de Buglojfe. Nephri-
tiques , pour les reins , comme de
Althaa , Betonica , de Raphano,
ôcc. Hépatiques , pour le foye :
comme celuy Endive , de Cicho-
rée , Ôcc. Splenitiques , pour la rate,
de Scolopendrio , de Chamœdrys,,
de Calament. Hyïieriques , pour
là matrice , comme celuy d’Armoip,-
ôcc. Arthritiques , pour les join-
mres ; V Oxymel S'cillitique.
Ceux du; quatrième efïet agiflènr
par leur, forme eirentiellé ,;ou feculté.'
ccle;
40 Livre 1.
celefte , ou iîmilitnde de fiibftance ,
c’efl: tout un : lefquels purgent avec
chois l’humeur qui leur eft propre
& familière , (largement parlant : car
purgation éft œuvre de nature , &
non des Medicamens : ) ou ils refi-
ftent aîix venins font dits Ale-
xitaires.
Des purgatifs , les uns purgent
la cholere comme celuy de Cichorée
compofée avec Rheubarbe : le J^io-
lat feit du Suc , ou de neuf infuilons:
les autres purgent les ferofitez j com¬
me celuy de Rofes , fait aulfi de plu-
fîeurs infulîons. D’autres purgent la
melancholie , comme celuy de Fume-
terre compofé , ou à’Epithyme , de
Femmes , «Scc. D’autres le Phlegme, .
comme le miel Mercurid. Le fang
le purge par la Phebotomic , & non
par medicamens avec elebtion : car
ceux qui purgent le làng , doivent
être mis plutôt au rang des venins,
que des medicamens purgatifs. Les
Syrops Alexitaires ou Amuletes font
en grand nombre : comme celuy
de Acetojitate Citrij , Limonum ,
Arantior,um , Omphacij , Granato-
rum , &c.
De la dijference des Syrops.
La différence qu’il y a des lyrops,
eft aulîî grande qu’il y en a de for¬
tes : qui fo peuvent neantmoins rap¬
porter à deux , à fçavoir , ou qu’ils
font fimples ou compofez. Nous
appelions un lyrop fimple ( non qu’il
foit tel J car tous font compoîèz)
celuy qui eft moins compofé , qu’un
autre de femblable nom : comme le
fyrop Aceteux lîmplc, au refpeêt de
celuy qui eft plus compofé , Oxymel
SeBion IL
fîmple & compofé. Les compoféz
fé peuvent derechef diuifér en trois:
car ils font ou alteratifs , ou purga¬
tifs , ou alexitaires. Les alteratifs &
alexitaires , où ils font chauds , froids,
fées ou humides -, les purgatifs ( en
tant qu’ils font tels ) ils font chauds,
moins toutesfois les uns que les au¬
tres ; dont les uns purgent la cho¬
lere , les autres la melancholie , les
autres le phlegme ou les ferofitez. Il
fiiut maintenant déclarer en parti¬
culier , qui font les fimples , & qui
lés compofez.
REM ARC^VE.
A vertu des Syrops ne peut hre
que de tres-petite confiderution,
fi l'Artifie qui les compofé ny em¬
ployé tout les foins que l’Art re¬
quiert , l’experience nous confirme
cette vérité , que fur dix drachmes
de jyrop fimple cuit en fa )ufie
confifience il ne s’y trouve que
deux drachmes de liqueur pour don¬
ner corps au Syrop , qui en contien¬
nent toute la vertu : il efi vray que
les Syrops compofe'if contiennent dor-
vantage de liqueur , les uns ^lus ,
les autres moins , & cela dépend
de la quantité de la decoSlion ou
des fucs, qui les compofent , comme
aujfi de leur vifeofité , c’efl la caufe
pourquoy nous ne voyons le plut
fouvent que de faibles effets en
leur operation , a raifon du peu de
vertu qu’ils poffedent : ce qui doit
perfuader V Artifie d 'être fort exact
en la compofition d’iceux & de
ponSluellement obfêrver les ordon¬
nances des Autheurs fans retran¬
cher aucun des ingrédient ny de
leur
Dùs Sjrops Jlmples, 41
leurs dofes, moyennant que les réglés
generales y foient bien obfervées,
autrement l‘Àpothicaire experimen^
té y doit pourvoir fi elles ont été né¬
gligées , comme il fera remarqué
cy-apreX^ en quelques et^droits de
cette Sellion.
De Sympis fîmplicibus in
fpecie.
SympMs Acetatus fmfl D. Mef.
Sacchari dlbi , lib. quinque.
Aqua fontü, lib. quatuor.
Coquantur in vafe vitreato ad di-
midias yfemper dejpumando, car-
bonibus accenfis , aut flamma
exigua , & fine fumo. Tune
adde
Aceti vini albi clari , lib. duos,
aut.
Si valentiorem requiris , Ub.tres.
Si valentijfmum > lib. quatuor : &
percoque in Syrupum vfui repo-
nendum,
PARAPHRASE.
CE fÿrop eft décrit par Mefiié
en la diBinSb. 6. lequel ne diffè¬
re de l'Oxyinel lîmple , décrie par
Galien au livre quatrième de la
fanté , finon du fuccrc pour le mïel,
& n’eft lî ancien : car du temps
de Gai. le fiiccre étoit fort rare. L'un
& l'autre incilènt , atténuent , de dé¬
tergent les matières craiïcs ^ & vit
queulès. Le Syrop Aceteux aux
hommes & maladies bilieufes eft
meilleur , plus beau Sc plus agréa¬
ble que l’Oxymel : au contraire ce-
Iiiy-cy aux complexions froides &
aux maladies caufées de phlegme eft
meilleur que l'autre, àcaulè du miel.
L'un & l'autre à caufe du Vinai¬
gre , font contraires à la matrice , à -
la poitrine, à ia melancholie , & alix
parties Ipermatiques , félon le divin
Hippocrate lib. Acutorum. La dofè Nota.
du Vinaigre doit être laiiîée au ju¬
gement du pmdent Apothicaire qui
le compofèra , félon l'ordonnan¬
ce du Médecin , & la force d'ice-
luy de plus ou moins. Toutes fois
il vaut mieux y en mettre moins
que plus , parce qu'il eft plus fa¬
cile d'y en ajoûter , que d'en di¬
minuer,
LE MELANGE.
Prenez cinq livres de fuccre fin,
de quatre livres d’eau de fontaine,
que vous ferez bouillir , comme dit
Mefiié fur les charbons allumez
(pour caufe de la fumée ) dans une
baffine étamée, ou dedans un pot
de terre vernie , jufqu’à la confomp-
tion de la moitié , en ôtant toujours
l’écume qui nage par delfus. Le Sy¬
rop étant quafi de non du tout cuit,
on y ajoutera peu à peu deux livres
de bon Vinaigre blanc , qu’on fera
cuire enfémble , jufqu'à ce qu'il
foit un peu moins cuit , qu'à l’ordir
dinaire, pour ce que le vinaigre re-
fifte à la corruption , & le confer-
vera. loint qu’il fé peut faire en
tout temps , de d'autant qu'il eft
recert , d’autant plus il eft agréa¬
ble : l'Apothicaire donc en fera moins
s’il veut. S’il eft queftion d’être plus
fort , au lieu de deux livres de
F yinai
4^ Livre 1.
vinaigre, on y en mettra trois : &
s'il ne fù/îit de trois , on y en met¬
tra .quatre, ainii que l’Autheiir veut,
à rimitation de Galien , au livre
frealleguê , qui compofe d’Oxy-
mel , foible , de fort Se de mé¬
diocre.
Ceux-là font dignes de grande
reprehenfion, qui pour faire leur Sy-
rop plus clair , le compofènt avec
vinaige diftillé , lequel par fon acri¬
monie corrode le ventricule des ma¬
lades , & tous les vifccres. Pour
la foule confideration de la couleur,
il ne faut caufer tant de maux. loint
que s’il eft fait avec du fùccre fin,
ou caiîbnnade de Madere clarifiée,
& vinaigre blanc , il fora allèz clair
& plaifant. De même errent ceux
qui le font fans eau , avec le foui
vinaigre, & foccre : car leau y eft
mifo pour reprimer l’acrimonie du
vinaigre. Ceux qui ne fç auront con-
noître la cuitte des fÿrops , qu’ils
iifent ce que Sylvius a dodement
recueilly , au livre Jècoud^,4e fa
Pharmacopée , chapitre de la co-
élian ; là ils treuveront dequoy fe
contenter. <
ZES FAcrZTEZ.
A caufo du vinaigre il eft plus pro-r
pre aux bilieux , qu’aux atrabilaires
& aiix^ hommes qu’aux femmes , par¬
ce qu’il eft contraire à la matrice au
dire d’Hippocrate lib.viB.acut. Il in-
cifo la pituite, ouvre les obftrudions,
provoque l’vrine j & refifte aux ve¬
nins a & à la pourriture.
Seâion IL
REMARQUE.
Auderon blâme ( fans raifi»
avec fon Paraphrafie) les Apo¬
thicaires (jui font le Syrop Aceteux
fans eau , ce n’efi pas pour exeufer
ceux-là qui le pratiquent , mais
pour tirer de l’erreur ceux qui le
croyent ; & voicy mes raifons que
je tire de l’experience. La fub-
fiance de l'eau avec celle du vinai¬
gre ne conviennent point enfemble
a rai fon de leur compofitien , qu'en
tant quelles font humides j car les
ayant mêlées enfemble , il efi tres-
aifé de les feparer l’une de l’aur
tre , par la diBillation en un petit
degré de feu , l'eau montera la pre¬
mière , comme la pim volatile fans
aucune acidité , & en fuite le
phtegme qui fait la quatrième par¬
tie du vinaigre , quand il efi du
pim fort , & ce qui refie dans la
Cucurbite efi de beaucoup pim ai¬
gre , le phlegme en étant feparé,.
& c'efi cette derniere partie qui
reîie dans le Syrop aprez. l'avoir
cuit en fa perfeBion. Si doneques
nom clarifions cinq livres de Caf-
fonnade de Madere avec quatre
livres d’eau ; quand il les faudra
pajfer par le blanehet , une partie
du Syrop reSlera dans le couloir
ou dejj'm pour ny avoir pas ajfez.
d’humidité , cela n'efi rien , on la
peut augmenter : mais pour le cui¬
re comme Méfié veut , & y ajou¬
ter peu à peu le vinaigre , je de¬
mande lequel des deux s’évapore -
:ta le premier j fins contredit ce
fera l’eau comme je viens de dire
qui fera place au vinaigre , & plut
m
Des Syrops fimples, 4^5
<m cuira le Sj/rop , phi il acquer¬
ra d’aigreur , parce quapres l’éva¬
poration de l'eau , le phlegme du
•vinaigre s’évapore comme plus at¬
taché que l’eau , & plus leger que
l’ejprit du Vinaigre , & ainfi i’ ai¬
greur du Syrop fera plus firte. Ét
partant le Paraphrafie n’a peu ju-
fiement blâmer ceux qui font ce
Syrop fans eau , puis que par V ébul¬
lition , tout ce qui efi purement
aqueux s’évapore le premier.
Pour abréger cette operation il
faut prendre cinq livres de fuccre
fin : le mettre en pièces , & dans
un vaijfeau de terre plombé ; & y
•verfer dejf^s deux livres de vinai¬
gre blanc , & huit onces d’eau de
fintaine , puis a la vapeur du bain
faut cuire le tout enferme de Syrop.
Ceux qui defireront de l’avoir plus
fort , retrancheront quatre onces
d’eau , & augmenteront le vinaigre
de demy livre j & ceux qui le de¬
fireront encores plus pmjfant , en
ôteront entièrement l’eau, & y met¬
tront trois livres de fort vinaigre
blanc: de cette façon, on aura un
Syrop beaucoup plus agréable que
le precedent , & qui le furpajfera
en vertu.
§luelques-uns pourront m’accu-
fer d'avoir emprunté le modiis fa-
ciendi du Syrop Aceteux de l’ani-
maduerfion que Zvvelfor Médecin
de l’Empereur a faite furjle meme
Syrop dans la Pharmacopée d’Aus-
bourg , ou bien de ce nouveau écri¬
vain, & reformateur de la Médeci¬
ne Galenique fin difiiple : mais ceux
qui me connoi fient témoigneront la
vérité en ma faveur.
Oxyfaccharum fimplcx D.Ni-
col. Myrepfi.
iLgl. Sacchari optimi , lib. unam.
Succi mali Punici depurati , vnc.
oElo.
Aceti vini albi , vnc. quatuor;.
Coque in Syrupum.
PARAPHRASE.
CEt Oxylacchar efl: décrie par
Nicolas Myreplùs Alexandrin
en la feélion trente-feptiéme , cha¬
pitre vint-uniéme du livre des An¬
tidotes : lequel a pris le nom de là
balè , le flic de grenades aigres. Sa
vertu réfrigérante eft augmentée par
le vinaigre , le fùccre modéré leur ai-
greutj les conferve 6c rend leur aftion
meilleure.
LE MELANGE.
Le fuccre fin fe doit icy fondre
au fie de grenades purifié au fo-
leil J & paiTé à travers un blanchet
ou chaulTe à Hipocras , & non en
l’eau ( comme avons dit au precc-*
dent Syrop ) pourcc que l’aigreur du
fuc de .grenades h’eft fi ennemie des
parties fpermatiques j comme le vi¬
naigre.
Il fera aiit dans un lèmblable
vaillcau qu’avons dit au Syrop Acc-
teux : & fiir la fin le vinaigre y fera
ajouté J pour aprez le garder au be-
Ibin. Son iilàge efl: beaucoup plus
afliiré en tout âge , fexe , fiiiion ,
& maladies biiieufes , pituiteulès,
& pai'des Iperraatiques , que le pre-
F 2 cedenv
44 Livre L SeSiion IL
cedent ; parce qu’il y a moins de
vinaigre-
LES FACFLTE Z.
IL a les mêmes vertus que le Syrop
Aceteiix lîmple , lefqiielles atté¬
nuent en partie ; partie temperent
& corroborent : & convient où
il y a mélange d’humeurs j Sc pour
cette occafion eft propre aux fievres
erratiques.
R E M A R QV E.
L fam éviter de faire cuire l'O-
xj/faccharum dans une bajfine
êtamée comme confeille le Para-
phrafie au Syrop Aceteux ; des
deux qu'il nomme , il faut Je fervir
du vaijfeau de terre vernijje. Et
pour le modus faciendi J on fera cui¬
re indifféremment les fucs & le
fuccre enfemble , ainfi que Nicol.
Myrepf enfeigne. Ou bien qui
prendra fei\e onces fuccre fin en
poudre fubtile y le mettra dans un
vai0au de terre vernie , & verfera
dejfm fix onces fuc de grenades ai¬
gres bien dépuré , & trois onces de
fort vinaigre blanc ,& ala vapeur
du B. M. les fera cuire enferme de
Syrop, ainfi, il fera pim agréable
qualafa^on cy -dejfm.
De Syrupis Acetojimis Citrij , Li-
momm , Omphac^ , Granato-
vum^ e fmco Oxaüdis, Oxyacan-
tha, Ribei, Armtiorum^ é‘ Cy-
doniorum , D. A4.
PARAPHRASE.
Tous ces Syrops fe font l’iiln
comme l’autre. Prenez fept li¬
vres de fuc de l’un des fîtes nom¬
mez qui foit purifié au Soleil , ou fi
la neceffité contraint d’attendre , ou
que la faifon ne le permette j fîir Le
feu avec aubins d’œufs , lequel vous
coulerez par un blanchet j ou chaullè
àhipocras ou par le feutre s’il eft vif-
queux : comme , celuy de Limons,
Acetofitatis Citrÿ,8cians expreffion:
afin que peu de jours aprez tcLSyrop
ne fe candiftè , dont la vifquôfité eft la
feule caufc^'Dans-teHîic ainfi purifiée
fera cuit fo fticcre, comme nous avons
dit de VOxyfaccharum,&c Syrop A-
ceteux fimple. Si prefentement on en
veut ufèijon y pourra laiftèr pour cha¬
que livre de fuccre quatre onces de li¬
queur : afin qu’il foit plus agréable, fi-
non trois onces fùffiront, & ne fe cor¬
rompra.
Mefîié aufÿrop de grenades donne
un bon confeil pour le rendre plus
cordial qui ne fe pratique point main¬
tenant i c’eft qu’au fuc il fait trem¬
per quelques heures & fur les cen¬
dres chaudes , de la fbye crue , teinte
auparavant au fiic de chermes , juf-
qu’à ce qu’il en foit rouge. Ceux qui
feront fur les lieux où la graine de
chermes croît , comme au Langue¬
doc & Provence , pourront tein¬
dre
Syrops fimples. '45
dre leur foye crue > avec fbri fnc
Sc faire ce que nous avons die. Ceux
qui n'ont telle commodité , prendront
de la foye crue & de la graine feche,
laquelle contufè feront bouillir avec
la foye au fuc de Grenades , julqu’à
tant qu'il en devienne rouge , qu'ils
exprimeront. Et la colature r affile Sc
coulée par le blanchet , fera cuitte
avec le lèiccre comme nous avons dit.
Il eft plus cordial & fortifie plus les
vilccres que celuy èf Oranges, Celuy
de Ver]m réfrigéré plus que nul autre.
Celuy de Coings eft plus adftringcnt.
Celuy à’Oz.eille pour delbpiler eft
meilleur. Celuy de Limons & de Ci¬
trons, , tant pour la vermine Sc cor¬
ruption des humeurs j que pour les
venins j poifon Sc pefte , font meil¬
leurs que tous les autres .
LES EACVLTEZ.
Dit [y- Le Sjrop de fuc de Citron , éteint
rop de l’ardeur de la bile flaye Sc des fièvres
Citron, chaudes Sc peftilentes , principale¬
ment en une conftitution d'Eté pe-
ftilent J Sc appailè puilîàmment la
foif Sc refifte à l’yvrongneric.
fy- Le Syrop de lÂmons réfrigéré Sc
^LitiMns puilTàmmenc que le pre¬
cedent : il rcfifbe à la pourrimre , & à
la pefte , fert contre les vers , Sc rabat
la chaleur vehenaente des fièvres : cor¬
rige la putréfaction Sc crudité des
humeurs.
fy- Le Syrop de Vêrjm profite au
rîr\w ’ arrête le vomiffiement , & le
flux de ventre bilieux : appaifolafoif,
tempere la chaleur des vifoercs , re¬
crée l’eftomach époinçonné des hu¬
meurs chaudes. Il eft convenable aux
fièvres büicufés, aux venins, & à la
pefte; - , :
Le Syrop de Grenades aigres eft Du Jÿ.
.excellent aux fièvres biliculès Sc en- rof de
cores aux pituiteulès , ou il y a grande
chaleur.
Le Syrop de fuc d’Oz.eille eft fort Du fy~
ufifé aux fièvres bilieufes & peftilen-
tes ; il éteint la chaleur enflammée du
cœur , du ventricule , Sc autres vit
ceres.
Le Syrop d’ Epine vinette , tout DuCy-
ainfi que le Syrop de Ribes de Mefoé rop I'e-
réfrigéré , aftreint , Sc partant il coiv vi.
robore.le cœur Sc l'cftomach échauf-
fez &^en appaife la ferveur , & la
foif J & les vomiiremens & flux de
ventre bilieux qu’il modéré.
Le Syrop de Coings fortifie l’efto- Dufy-
mach , arrête auffi le vomilfomcnt Sc rop de
flux de ventre J convient aux dyfon- Coings,
teries & affedions celiaques : comme
auffi à ceux qui crachent le fang , Sc
au flux immodéré des mois Sc des he-
morrhoïdes , & appaifo les fluxions
qui tombent de la tête for la poiuine,
Sc parties inferieures,
REMARQVE.
BAuderon en nous décrivant celr
Syrop s , s"efi fervy a peu pref^
de la méthode de Méfié , aujfi les
a-t-il tirex. en partie de fon Antido-
taire ; mais parce qu en faifant cuire
les fucs qui les compofent , jufqu à
la confomption d’un tiers , ou de la
moitié , comme ils preferivent , pour
puis apref^, comme dit Mefué , les
recuire derechef avec le fuccre, pour
leur donner la forme de Syrop , co
ferait leur acquérir un très-mauvais
goût , au lieu qu’ils doivent etre
agréables , qui efi une partie- du
fujetpo^r lequel ils ont été inventés
F 3 cc^
4 5 Livre L
comme a été cy-àevant dit par no¬
tre Paraphrafte. Pour empêcher que
cela n arrive , il faut procéder en-
ces Syropsde la même façon que nom
venons de dire en VOxyfacchar , oh-
fervant toujours que les fucs foient
des pim recens , & bien purifiez, , &
leur dofe avec celle du fuccre gar¬
dées , & de les faire cuire au B. M-
tels Syrops feront préférables en tout
à tom les autres qui font compo'fés
aîafaçon~ordiîiaire.
Syrnpus de Forais flmpl.
D. Mef.
OfL. Succorum pomorum acidorum, &
dulcium redolentium » utriufque
lib. quinque.
Coquantur ad dimidias : deinde bi-
duo refidere permitte , donec cla-
refcànt ;■ tune colentur , & cum
facchari , lib. tribm fiat Syrupm.
Gpfidam huic fucco nondum per refi-
dentiam purgato , immer gunt Se-
ricum crudum , Cocco baphica re-
centi tinElum , donec is rubéfiât,
Cocci ac Serici facultatem re-
ceperit : ficque efi prafiantior.
T -ARA P II RA SE.
ENcore que ce Syrop fbit moins
ufité que le compole que nous dé¬
crirons au rang des purgatifs , Ci eft-
ce qu’il eft fort fouyerain aux fynco-
pes , palpitations de cœur, au vomif-
îcment bilieux , à exciter l’apetit , ap-
paifèr la foif, & refîfter à la pourritu¬
re des humeui-s , notamment (i la foye
crue eft teinte au iîic de la graine d’é¬
carlate , ôc eft trempée ou infusée au
SeBîon 11,
fuc de pommes : ou qu’en iceluy on
falfe bouillir quelque peu de la graine
d’écarlate contufe , avec de la foys
cruë ( comme ayons dit au fyrop de
Grenades ) jufqu’à ce qu’il devienne
rouge. Puis étant raflîs, clair 8c coulé,
on y cuira le iiiccre en confiftence
convenable , à ce qu’il fè puiflè gar¬
der au belbin. Plus les pommes feront
odorantes, le fÿrop en fera d’autant
meilleur.
ZES FACFLTE Z.
Il fortifie le cœur , & guérit la
fyncope & palpitation du cœur, 8c
tempere l’huméur mclancholique.
R E M A R dV E.
'Autheur de ce Syrop & celuy
de la Paraphrafe demandent
que les fucs des pommes , tant des
aigres que des douces foient confu-
més de la moitié , & que derechef
foient cuits enfemble avec le fuccre,
& réduits en forme de jyrop. Il me
femble que cette pratique ne doit
point être reçue chés nom , quand ce
ne firoit qu’à caufe des deux diver-
fes coïtions qu’ils prefirivent défai¬
re , puis qu’une feule coltion y peut
fhffire.
En outre , à quoy faire cette gran¬
de confomption , à moins que l’Au-
theur eût prétendu faire évaporer
quelque humidité qu’il eût figée fu-
perfiuë , appréhendant quelle ne cau¬
sât de la corruption dans le Jyrop ;
ce qui nefi point à craindre ,Juivant
notre pratique ordinaire : ou bien
pour réduire toutes les vertus des
fucs des pommes , qui font éparfis
dans
T>es Syrofs Jïmples. 47
àms cette quantité de dix livres,
four les enferrer dans une beaucoup
plus petite quantité d'enuiron fei^
onces , qu‘il en peut refier apres^ les
deux confomptions , pour donner
corps de ]}rop à trente fix onces de
fuccre qu’il y demande. Mais en ou¬
tre il faut confiderer que devien¬
dront les parties les plus fubtiles
qui composent l’odeur flagrante des
pommes ? particulièrement des dou¬
ces , où refide en partie la vertu
quelles ont de réjouir & fortifier le
cœur , & de recréer le cerveau. Sans
nulle dijflculté elle fe difilperoit, &
de plus ce qui refieroit feroit altéré
par le feu ,particulierement les qua¬
lités & vertus du fuc de pommes ai¬
gres , comme nom venons de dire au
Rob de Berberis , & de Fêrjm.
fefiime donc la vraye méthode
de le compofer être telle , de prendre
du fuc de pommes doucés & odoran¬
tes , & du fuc de pommes aigres
bien meures & dépurées de chacun
une livre , fuccre fin trois livres ,
meles ces matières enfemble , dans
un baffin d’étain ,& kla vapeur du
bain faites-les cuire en conjîfience
de Jyrop , lequel ne cedera en rien
au precedent.
Syrupus Refis ficcis incerti
Auétoris.
Rofarum rubrarum ficcarum ,
. lib. unarn.
Jnfunde horis 14. in aqua lib. qua¬
tuor fuper cineres calidos.
aîltero die coque ad tertio, partis
confumptionem. Expreffum clari-
ficetur cura Sacchari albi lib.
duab. & percoquantur in Jyru-
pum. Si ex tribus Rofarum ficca¬
rum infufionibus fiat ad omnia
potentior erit.
A'RAP HRASE.
CE fÿrop eft de rinvention des
modernes , & non des anciens j
mais je n’ay encore pu fçavoir qui en
a été Tinventeur. S'il eft fait avec trois
infufîons de rofes feches , il fera
beaucoup meilleur qu'avec une feule :
tant à corroborer qu'à arrêter toute
évacuation demeftirée. Il lè doit un
peu plus cuire que les lÿrops aigres,
afin qu'il ne s'aigriflTe par la chaleur
de l'Eté , indice certain de fa corru¬
ption , qui le rend inutile aux mala¬
des. Pour éviter cela, il ne le faut
préparer finon lors qu’on s'en vou¬
dra lèrvir , & en petite quantité : car
nous gardons toute l’année des rofes
feches.
ZES FACVLTEZ.
Il eft fort recommandé pour toute
forte de flux de ventre, & pôur cor¬
roborer les parties internes , & dou¬
cement deterger les ulcérés , & les
agglutiner : il arrête le vomiirement,
provoque le fommeil , & arrête les
fluxions fobtiles»
REMARQVE.
BAuderon attribué ce Syrop
modernes , )e n’ay pu fçavoir juf-
ques à prefent de qui il efi ; mais
tout ce que fen puis dire d’afiûré ,
que la defeription efi tellement d/-
pravée qu’à peine ay-)e pu trouver
deux Pharmacopées qui h décri¬
vent
48 Livre L
-vent de même faç.on ; & de toutes je
nen ay point -vu me moins propor¬
tionnée en dofe que celle-cy,en ce quil
efi demandé me livre de rofes feches
infufées en quatre livres d’eau tiede
par 24. heures,& aprez il veut qu’on
fafe confumer l’infujîon d’un tiers,
& que Ji derechef on infufe (en tren¬
te onces ou environ de la colature )
une livre de rofes , comme dit efi , eéf
qu’on la répété par une troifiéme fois,
que le Jyrop en fera beaucoup meil¬
leur } cela ne fe peut , à caufe que
l’humidité y manquerait pour les in-
fufer & cuire, & ainfiil fe faut con¬
tenter d’une livre &- demy de rofes
qu’il faut divifer en trois infufions,
fans les faire bouillir ny confumer,
que les bien chauffer particulière¬
ment la fécondé & la derniere fur
les cendres chaudes par 24. heures
chacune , dans un vaiffeau bien clos,
& aprez. aveç deux livres de fuccre
en faire le Jyrop félon l’art.
Ou bien ceux qui defireront avoir
un Jyrop qui ne cedera en rien au
precedent , au contraire qui fera de
beaucoup plus agréable , tant en fa
couleur qu’en fa faveur , y procéde¬
ront ainfi , & prendront dix onces
de rofes rouges fiches, ils en mettront
la moitié dans, un vaijfeau de verre,
& verfiront dejfus trente onces d’eau
de fontaine : le vaijfeau clos fera tenu
en une chaleur de cendres l’ejpace de
fix heures, apre1(ony ajoutera tren¬
te gouttes pour le plus de bon -ejprit
de fiulphre, & on agitera un peu ces
matières pour le faire communiquer
également par tout , & deux heures
aprelj la colature & legere expref-
fion faite fera remife dans le vaif
fiau avec l’autre partie de rofes , &
SeBîon IL
fur une femblable chaleur que dejfus,
on les tiendra en digefiion pendant
, huit heures ou un peu plus : la cola¬
ture & exprejfion derechef faite , &
repofée pour en fiparer les fices par
inclination, on en prendra vingt on¬
ces & trente deux onces de fuccre fin
mis en poudre , & pour la coéiion on
y procédera comme a été cy-devarvt,
dit au Jyrop aceteux.
Infufio Rofamm Sc Violarum
D. MeC
Foliorum Jlorum Rofarum aut
Fiolarum recentium, lib.fex.
Horis oéto macerentur in lib. quin-
decim aquss calefaéia, in vafe ter-
reo vitre ato,firiB;i oris, opercula-
to , pofiea colentur. Eidem aqua
calefaélss , Rofarum aut Violarum
recentium tantunde/n rurfus im-
mittaiur, eaque per idem éfatium
macerentur , dein colentur 5 id Ji
velis firvare , oleo aff^ufi , & eo-
dem vafe bene operculato dies qua-
draginta in fila : vocatur id Mu-
charurn Rofarum aut Violarum.
Syrupus Rofatns fimplex, D. M.
Pr&diélsi infufionis Rofarum cla-
rificata,
Sacchari optimi , utriufque pares
portiones.
Coque in Jyrupum , ufui reponendum.
Syaipus Violatns fimplex , D. M.
'if. Infufionis pradiéta Violarum
clarificata ,
Sacchari optimi , utriufque pares porr
tiones.
Coque injyrupum, ufui reponendum.
PARA
PARAP HRASE.
MEfoé appelle Einfufion feiile>
foie de Kofes,, ou Violes Mii-
charum 3 de laquelle nous fàifons nos
Syrops jGmples de rôles & violes,
qui ne different d'icelle , que du liic-
cre que nous y avons ad jouté, tant
pour la durée que pour la làveur.Nous
trouvons par experiéce que les Sirops
lîmples l'urpallènt en vertu le lulep
violât & roîàt, fait avec fiiccre & eau
diftiltée , qu'Aétuarius appelle
Aeér/o)'. Il convient à tout âge, Icxe,
làifon , & tempérament , & même le
rolàt aux maladies delà poitrine: pour
caufe de fa legere adftrid;ion,au com¬
mencement des fluxions en icelle.
ZE MELANGE.
Prenés environ quinze livres d’eau
de fontaine chaude, & y verfés envi¬
ron fix livres de rofes pâles , ou vio¬
les recentes que vous infuferés dans
un pot de terre vernifle , étroit d’em-
boucheure , l’efpace de huit heures,
afin qu’étant bien bouché, la vertu ne
s’exhale. Aprez icelle eau réchauffée,
la faut couler & exprimer les rôles ou
violes, &c en la colature y mettre de¬
rechef , pareille quantité de rofes ou
violes , & au même pot , qu’on infu-
fera auflî pendant huit heures , & ex¬
primera non violemment, afin de n’a-
tirer par icelle certaine acrimonie , &
vifeofité fâcheufe , qui eft en la partie
herbue des violes. L’infufion fera
gardée dans des phioles ( y mettant
par defllis un peu d’huile d’olive ) au
Soleil quelques femaines ( ou comme
nous pratiquons ) la colature fera cla¬
rifiée avec aubins d’œufs'', coulée à
travers le blanchet , ou chaulleàhi-
JÜes Syrops Jtmfles, 4^
pocras , &c auec pareille quantité de
liicere fin de Madere , cuite en Syrop:
ainll long-tems par le Iticcre la vertu
eft gardée. Icy nous ne préparons le
Syrop rofat avec deux infufionsrmais
avec neuf & dix , que nous décrirons
au rang des Syrops purgatifs.
Quelques Apothicaires curiaix de
donner à leur Syrop violât, la couleur
même des violes fontles infuflons co¬
rne nous avons dit. En outre ils mon- Vour
dent les violes de leur partie herbue, /«'re
i comme s’ils vouloient feire de la con-
ferve,environ deux onces,qu’ils pilent
en un mortier de marbre, & mifes fur aye la
une étamine neufve , & le Syrop cuit, couleur
& Ibrtant de deflîis le feu le verlènt
par delTûs deux ou trois fois : ainfi il
retient la couleur,& odeur des violes,
pourveu qu’aprez on nclefaffe bouil¬
lir. Que fl l’humidité des violes de-
cuit le Syrop , le faut tenir en une
étuve , ou autre lieu chaud : afin que
peu à peu telle humidité s’évapore, &
fc puiflé longuement garder, ou au¬
paravant que le verltr lùr les violes
contufés , le cuire un peu plus. Les
autres , des violes triées ( comme dit
eftjen tirent du fuc environ deux on¬
ces , qu’ils adjoûtent au Syrop cuit à
perfcâion j la baffine ôtée de delkis
le feu. L’une & l’autre maniéré eft
louable &c plaifante Quelquefois l’af- '
fluence des malades eft fi grande, que
tel Syrop & les infuflons même gar¬
dées, défaillent avant que l'année loit
paffée , & qu’on en pniflê préparer
de nouveau, de forte que les Apothi¬
caires font contraints de taire des in-
fufions de violes feiches, comme nous
avons dit des recentes. En cas de ne-
cefîîté cela eft-tolerable autrement
non : pourveu que les violes , par cx-
G ficca
Liure L SeBion IL
ficcation mal gouvernée , ou par la
longueur du tems , n’ayent perdu leur
naïue couleur. Que fi cela étoit , el¬
les n auroient non plus de vertu que
de la paille. Qu’elles ibient net¬
toyées de toute ordure i qui fc trou¬
ve par dedans , la quantité de trois
onces pour chacune livre d’eau , &
qu’on les infufc en l’eau chaude un
jour, & qu’on leur donne une feule
ébullition , & non plus ,.y ajoutant
telle quantité de fuccre qu’il eft re¬
quis , on fera un Syrop duquel on
s’aidera en attendant mieux.
LJES FJCFLTEZ.
Le Syrop rofat tempère les hu¬
meurs trop chaudes , évacue les lè-
rofitez non feulement de la premiè¬
re région du^ corps , mais aulfi des
parties éloignées , fi on en prend eh
plus grande quantité. Le recent a la
faculté purgative plus grande que le
viel. On le peut donner avec alfeu-
rance aux enfans , aux vieillards , &
aux femmes greffes.
. Le Syrop violât rabat l’acrimo¬
nie de la bile , terapere la chaleur
des vifeeres , lâche le ventre en lé¬
nifiant , & profite aux maladies de
la poitrine , il eft propre au com¬
mencement aux inflammations de
côté & à l’âpreté de la trachée ar¬
tère, & en l’ardeur des fièvres aiguës,
& appaiiè la foi£ [
\
REMÀRCLVE.
L/ué veut gue les injvjîofis
de rofes , é^er violes fiiem
exposées par quarante jours au fo-^
leil , & Bauderon s'y accorde , &
veut quon prene cinq livres de
chacune de ces infujîons , & quon
les clarifie avec pareille quantité
de fuccre pour en faire un Syrop fe-
parément. Pour repondre au pre¬
mier il nefl pas necejfaire d’ex-
pofer ces infujîons au foleil parti- .
culierement celle de violes , puis
que V intention de BLefué na été
que pour les faire depurer par re-
fidence , pour les garder au be-
foin , & cela fe peut faire plus
utilement en un lieu frais qu'au
foleil. Pour un fécond , nôtre Pa-
raphrafte fiait bien que par la feu¬
le colature d travers la manche a
hipocras deux fois reiterée , que ce¬
la fuffit autant que fi on avait mis
un blanc d'œuf pour livre de fuc¬
cre. Et quant au troifiéme , qui
regarde la quantité du fuccre &
de Vinfufion , elle ne doit point
être égale , pour les raifons allé¬
guées en la remarque du Byrop
Aceteux ; cette derniere doit être
augmentée pour le moins d'un tiers,
fi on defire que les Syrops filent
pim efficacieux , autrement ils font
tres-foibles , dr en les cuifant il
faut ûbferver que ce fait fur un
petit feu , a quoy l'Artifie- doit
prendre garde comme très -impor¬
tant , ce que la pim grande par¬
tie pratique autrement^ , c' eft par¬
ce quils le commettent d leurs
apprentifs ou ferviteurs , qui ne
confiderent pas toujours ce qu'ile
font.
Et pour le Syrop violât il y
faut procéder tout autrement. Si¬
tôt apret^ avoir fait Vinfufion des
fleurs exaôiement mondées & ré¬
centes la plus belle qui fé pourra/.
T^es Sjrops Jimples. 5 2
fans addition aucune , il U faut
ferrer dans une bouteille , & la
laijfer r’ajfeoir trois heures durant,
^ cependant on triturera du fuc-
cre fin du plus blanc & du plus
fec : puis on prendra parties éga¬
les d'infufion & de fuccre , & dans
un vaijjeau d’étain , à la vapeur
de l’eau chaude on les fera cuire,
(remuant par fois du commence¬
ment avec une cueHlere d’argent)
ju/^ues en fa perfeHion , l’ayant
tiré du feu en l’écumera. le ne
m'expliqueray p(^ davantage , il
me fufiit de dire que de cette fa-
fo» le Syrop en fera tres-beau,fort
excellent , & qui tiendra long-tems
fa couleur.
Syrupus Adiantinus inceiti
Audoris.
“yi, Adianti albi , id efi , Capil-
li veneris d fordibus diligenter
mundati , & parum incif , quan¬
tum fujficitr
Infunde in aqua calente horis duo-
decim in vafe terreo vitrato,
oris ftrilili , operculato , dein-
de femel fervefac. Colatura in-
pce
Sacchari albijftmî , lib. quatuor,
Clarificentur , colentur & perco-
quantur in Syrupum ufui repo-
nendum,
P Ai. AP H RASE,
QVoy que l’Autheur de ce Sy¬
rop nous foit incertain : il a
pourtant été pris de celuy que Me-
flié décrit en fon Antidotaire di-
ftinlHon fixiéme , fait de deux on¬
ces de reglille , cinq i onces capil-
li Veneris trempé en quatre livres
d eau vingtr.quatre heures , cuit à la
moitié. La colature clarifiée avec eau
de capiU Veneris & fîiccre de cha¬
cun huit onces , cuits en Syrop qu'il
garde, ainfi que lavons décrit. licft
fort ufité en Languedoc , Proven¬
ce & ailleurs où fe trouve du vray
Capilli veneris , fort beau & plai-
fant. Alt lieu de celny-là nous en
ufons dun autre , compofé de plu-
fieurs Capillaires , tel que le dé¬
crirons au rang des Syrops alte-
ratifs compoles : moins beau & plai-
lànt , & moindre en vertu queTau-
tre.
LE MELANGE.
Prenez quantité lùffifànte du vray
Capilli veneris , nettoyé de toutes
racines , fouilles mortes , & ordu¬
res , qu’indforez & tremperez en
eau chaude , un jour entier dans
un pot de terre vernifTé , qui fe¬
ra bouché. Le jour fùivant il liiffira
luy donner un bouillon fer le fou; ■
pourïe que fe vertu eft feperficiel-
le & facile à refoudre. Aprez qu'il
fera exprimé , la colamre fera cla¬
rifiée avec aubins d'œufs & cou¬
lée : & fer cinq livres de deco-
élion , on mettra quatre livres de
foccre qu’on cuira en Syrop , qui
fera gardé au befoin.
LES FACVLTE Z.
Il eft propre aux intçmperatu-
res chaudes de la poitrine , ouvre
G i les -
Lièvre 1. Seâwn IL
•ks obftruébions > faeilke la relpira-
tion> & appaifc la toux.
REMARQVE.
CE Syrop ëfi le plus u^té en
cette ville qtt aucun autre , tant
par ceux qui font en fanté qui en
prennent par delice , que par les
malades qui s en fervent par ne-
cejfité outre la débité ■ que nous
en faifons pour en fournir tant en
beaucoup d'endroits de la France
qui font privez, de la vraye plan¬
te J que dans les pays étrangers.
Et cette grande débité efi caufe
que diverfes perfonnes qui font
hors de notre profijfton poujfez.
d'une avarice infatiable fe mêlent
de le compofer en cachette le plus
mal quils fçavent , fans y obfer-
ver les réglés de nôtre uirt qu’ils
ignorent, le diray' auffi à mon
grand regret j que quelques - uns
de notre profejfion non moins pouf
fef d’avarice que ceux qui n’ont
point le titre de le faire en abu-
fent grandement aux dépens de
leur confcience , que pour le ren¬
dre plus agréable ils y mettent le
moins de capillaire qu’ils peuvent
pour éviter que te Syrop ne fen¬
te point l’herbe. Cela ne doit pjtur-
tant pas empêcher l’.Artifie de ré¬
gler la quantité de l’herbe fiii-
vant les doéles préceptes de l’Art
avec celle de l’eau & du fuccre.
Parce que le capillaire na aucun
mauvais goût qui en puijfe rendre
le Syrop defagreable au palais des
flus délicats ; damant que nous
l’employons aux affections chaudes
de la poittine , pmx faciliter la.
respiration , & ouvrir les opila¬
tions. le nen diray pas davanta¬
ge fur ce fujet , fi le curieux d re¬
cours au Traité de l’Adianthon que
Monfieur Formy Médecin en a
fait , il y trouvera fans doute de-
quoy fatis faire fin offrit , il y ver¬
ra auffi un bon nombre de remedes
que nous tirons de cette plante.
Pour donc procéder methodiquè-
ment en fa compofition , il faut
prendre quatre poignées d’Adian-
thon magnura qui efi le vray Ca-
pilli veneris , ehoifi , incisé & .mon¬
dé comme deffus , & le )etter dans
une livre & demy d’eau de fontai¬
ne prefie a bouillir , & dans un
vaijfeau de terre on l’infufera au
chaud par un ]our entier , le len¬
demain fans le faire cuire , faut
couler l’ijjfufion & la clarifier avec
une livre de caffonnade blanche, &
procéder comme deffus.
Syruptis Nymphæx , incerti
Audoris.
Cf. Foliorum forum Nymph&a al-
' ba, lib.duas.
Semel fervefac in aqua , tib. tri¬
bus.
Colatura fi cadern florum quanti-
toi bis aut ter incoquatur , hic
Syrupus ad omnia erit effica-
cior. Colamra clarificata coqua-
tur cum
Sacchari albi , lih. duab. in Syru-
pum.
PA
Des Sjrops /impies, 5 3
lafoifj & des Sèvres , inCralFe lès Im-
^ARAPHRASE.
En quelques lieux ce Syrdp fe
préparé lèlon la prefènte defcri-
ption : en d’autres , félon celle que
François Piedmontois a composée,
que nous déclarerons au rang des
compolèz. Ceux qui fliivenc cette
defcription , compolènt leur Syrop
avec trois infufions , afin qu’il ait plus
de vertu comme s’enfuit.
LE MELANGE.
Prenez la fleur blanche feulement
du Nénuphar , appelle en François
blanc d’eau , parce qu’il croît dans
les* eaux, & rejcttez les fueilles vçr-
' tes qui l’enuelopent , & les grains
jaunes qui font au dedans , la quan¬
tité requife , que vous ferez trem¬
per une nuit fir les cendres chau¬
des en eau dans un pot de terre ver-
nilfé qui fbit bouché : le lendemain
vous leur ferez prendre un bouillon
fùc le feu , puis vous les expriraerczi
& derechef y mettez tremper autant
de fleurs comme devant : puis les
faire bouillir & exprimer : & pour la
troifiéme fois vous en ferez de même,
comme eft dit. La colature ièra cla¬
rifiée , & cuite avec deux livres
de fuccre fin de Madere à petit feu
en Syrop , qui fera gardé au be-
foin.
LES FACrLTEZ.
Il rafiraichit, appaife les fonges
veneriens , retient le flux immodéré
de laièmence, provoque le fbmmeil,
tempéré la chaleur des vi£:eres , de
meurs fiibtiles.
S’enfuit desSyrops fimples, qu’on
fait avec fuc d’herbes.
R E M A R Q^V E.
Auderon fans y p enfer eft tom~
hé dans une faute pim gran~
de que celle du Syrop de rofe fei-
che , en ce qu’il veut qu’on infu-
fe deux livres de fleurs de Nénu¬
phar dans trois livres d’eau , cp-
quon répété jufques a trois fois ta
même infufton : cette fratique ne
peut point être receué a caufe de la
difproportion qu’il y a entre la quan¬
tité de la fleur & celle- de l’eau , ^
du fuccre.
La modération doit être telle,
qu’on prendra huit ou dix onces
pour le pim de fleur de Nymphéa
mondée , comme dit eft , fùr laquel¬
le faut verfer trois livres d’eau de
fontaine bien chaude , le tout en¬
fermé dans un pot de terre' plom¬
bé fera tenu fur les cendres chau¬
des par vingt-quatre heures ; auant
la couler la faut faire chaufer juf-
qu’a ce quelle commencera de bo'ùil-
lir , 0“^ répéter l’infufion par trois
fois obfervant l’Ordre de. la pre¬
mière , apre1(^faut clarifier la ca-
lature avec deux blancs d’œufs &
deux livres de caftonnade blanche-,
& peur la cuite on procédera com¬
me deffm..
54
Livre
Syrupus Incybi fativijD.NicoI.
Præpofîci.
Sticci Endivis, fativa , a fdce
furgati , lib- o£lo,
Sacchari albi , lib. quinque & fem-
Coque.in fj/rupum,
PARAP HRASE.
CE Syrop ne fs doit faire avec
flic d'Endive vulgaire , qui n’eft
autre chofè que la laiduë fàuvage de
Diofcoride qui jette du laidt » & eft
amere : ains de l’Endive domeftique,
appellée Scatiole , nom dépravé de
Seriole , ou petite Serü , ou Cicho-.
rée domeftique , que les Latins nom¬
ment Intybum. Le fixe purifié au So¬
leil fera ebrifié avec aubins d’œufs,
& le fùccre s’il eft impur , com¬
me la caffônnade : puis étant à demy
\ froid , fera coulé par le blanchet,
ou chauflè à Hipocras , puis cuit en
Syrop.
"Enettr Ceux-là ne font ^icn , qui cou-
repou- lent incontinant que leur flic, deco-
élion , ou Syrop fortent de deflùs le
feu , & n’attendent qu’il fôit à demy
refroidyjpource que la chaleur aéluel-
le brûle le blanchet , & fait pallèr à
travers d’iceluy , la partie plus tenue
de la refidence, qui eft caufe qu’a-
prez ils ne font fi beaux. Cecy fè doit
obfèrver non feulement aux Syrops,
mais auffi aux Apozemes.
LES EACVLTEZ.
Il eft tres-propre pour adoucir la
ferveur du foye, 5c celle des fievres,
7. SeBîon IL
ôc pour rabatre la fiirie de la bile;
il convient auffi à la pleurefie.
REMARCLVE.
L‘Amheur de la Paraphrajè notu
a voulu faire naître une diffi¬
culté , que je ne connais point , quil
dit être, entre V Endive vulgaire
cultivée, que quelques-uns prennent
pour la laiéluê fauvage de Diofeori-
de,& 1‘ Endive dôme fiique, que quel¬
ques autres appellent Scanola : &
fi encor es il y. en a d’autres , qui
donnent le nom de Scariola a la
laiétué fauvage de Diofcoride , ^
ainfi ils confondent par leurs fyno-
nymes les plantes les unes avec les
autres , à raifon de quelque petit
rapport quelles peuvent avoir, com¬
me il fera remarqué plus precife-
mentfurle Syrop de Cichorée . Afais
quoy quil en fait , je nay jamais
veu prendre dans nos boutiques,
bien que Label die , que la Scario-
le efi l’Endive de nos officines, pour
I Endive domeflique , dautant que
celle-cy efi une plante , qui eji fami¬
lièrement connue de tous , tant de
ceux de notre profeffiion , que de
ceux du dehors , Ô‘ cultivée dans
nos jardins , de laquelle nous de¬
vons prendre le fuc dépuré fur le
feu & non au Soleil , pour la lon¬
gueur du tems quil y faudrait , qui
ferait que le fuc tendrait plutôt à
la corruption , qud la purification.
Syrupus
/
JD es Syrops /Impies.
Syrupus Fumariæ üraplex , in-
certi Audoris.
Succi FumariA depurati & cia-
rificati,
Sacchari albi utriufque pares por-
tiones.
Coque in Syrupum ufni necejfario.
PARAPHRASE.
CE Syrop fè préparé comme le
precedent. Nous y avons mis
areille quantité de fnccre que du
ic pour corriger ià grande amer¬
tume 3 & pour le rendre plus gra¬
cieux.
REMARQVE.
Le mélange n’eft point dilTemblable
an precedent.
T Ornes les comportions qui n ont
point d’Autheur certain font
pour e ordinaire diverfsment décri¬
tes & dosées. Bauderon nom donne
ce Syrop composé de parties égales'
defuc & de fuccre,& dit ta raifon
pourquoy • Joubert le décrit dans
fs oeuvres & le compofe de trois
livres de fuc & de cinq livres de
fuccre :■ les Afedecins d’AuJbourg
en Alemagne dans leur pharmaco¬
pée le compopnt de quatre livres
de fuc & de. deux livres & demy
de fuccre. Ces deux premiers n’ont
eu, autre vijee en le décrivant ain-
fi > que de rabatre l’amertume du
Juc de Fumet erre par la douceuv
du fuccre , furquoy nom ne devons:
avoir égard , veu que ce Syrop efi
pour un ufage necejfaire , & non
pour plaire au goût comme quel¬
ques autres qu’il y en a , en outre,
que de le préparer ainjî , particu¬
lièrement comme loubert le décrit,
il s’en perdrait une partie dedans
ou dejfm le couloir , ce qui me fait
dire que pour le rendre pim vers
tueux il faut fuivre les Médecins
d’ Aujbourg & on ne perdra rien.
Et ceux qui voudront fuivre Bau¬
deron & Joubert dr le compofer
comme ils le décrivent , prendront
le Juc de Fumet erre clarifié dr dé¬
puré Jur, le feu , filtré par la car¬
te , & avec du fuccre fin dans un
bajfin conuvenable au B.M. les cui¬
ront en forme de Syrop 5 & de cet¬
te façon on Jùivra la defeription de
celuy qu on - voudra.
Il efi encor es à obferver de quel¬
le ejpece de Fumeterre on doit pren¬
dre pour en tirer le fuc , des di-
verfes efieces que les Botaniques
nom décrivent ,& que nom r'encon-
trons d la campagne , parce qu’il
y en a qui ne conviennent point,
à raifon de leur qualité contraire
. a celles de ce Sirop , comme cette
ejpece que Myconim décrit, que quel¬
ques-uns nomment Fumaria tenui ■
folio , & celle que Eodonée appelle
Fumaria phragmites , & dî autres
Fumaria major urens , l’une & l’au¬
tre ont beaucoup de raport d la
vulgaire , qui leur doit être préfé¬
rée , d moins que ce foit par l’avis-
du doSle Médecin.
SyrupuS'
Livre L
Syrupus Bugloflî , vel Borragi-
nis fîmplex.
^ . Succi utrlufvü herbàt, clarifica-
ti & adhuc calidi , lib. oblo.
Florum ejufdem herba , lib. unam.
Semel ferve fiant , colentur , & cum
Sacchari albi , lib. quatuor.
Coque in Syrupum.
paraphrase.
SI TApothicaire tient en fa bou¬
tique le Syrop de pommes Amples,
ainfi que layons tcanlcrit de Mefîié,
il s’en pourra feryir au lieu de ceux-
cy de Bugloflè , ou Borraches : auffi
s’il confit les racines ainfi qu’ayons
dit au rang de condits, le Syrop d’icel¬
les pourra fcppléer le défaut de ceux-
ey , ou qui aura celuy de Borraches
fe pallèra de l’autrerpource qu’ils ont
tous lèmblables yertus.
Z£ MELANGE.
Ces Syrops fe doiyent préparer
au Prihtemsjlorfque les herbes abon¬
dent en humidité , & rendent quan¬
tité de fuc , & non l’Eté ; car alors
le fiic eft fi petit , & fi vifqueux, que
difficilement en peut-on tirer fans
addition d’eau , encore que l’hetbe
contufe fut tenue deux jours en une
cave , ou chauffée fur le feu. Donc ce
fiic doit être purifié au Soleil , &c cla¬
rifié ( pour ce que de fa nature il eft
vifqueux ) fur le feu , y ajoutant fur
la fin les fleurs de Buglollè , ou de
•Borraches , Sc leur donner une ébul¬
lition , ou les y lailîèr tremper quel-
SeBion 1 L
ques heures , la baffine étant couver¬
te d’une double toile, puis Icgerement
les exprimer , & paflèr deux ou trois
fois la colature à travers le bianchet,
pour la rendre plus claire. Cela fait,
on y mettra le fiiccre fin & non la cal-
fonnade,pour cuire le tout en Syrop.
LES FACFLTEZ.
Ces deux Syrops fortifient princi¬
palement le cœurôc leréjoùillènc,&
difeutent la palpitation & fyncope,
aident aux melancholiques» & ma¬
niaques j & auffi aux ratteleux.
REMARQUE.
Anderon fait difficulté d faire
ces Syrops en tout terns , & veut
quon les préparé au Printems, lors
que la Bugloffie \& la Borrache
abondent en humidité , cela e fi bon
eu égard aux fleurs pour les avoir
recent es } mais autrement on les peut
compofer fuivant le climat en toute
faifon & tirer le fuc des plantes
fans aucune addition d'eau , en y
procédant ainfi. Prene\ les fueilles
& tiges de l'une ou de l’autre Bor¬
rache la quantité convenable ; ne-
toyeT^les de toute faletê,& les ineb-
fez, menu & les pileT^ dans un mor¬
tier de marbre , & apreT^dans une
baffiine a fonds, large fur un feu mé¬
diocre , les remuereX^ continüelle-
ment -avec une Jpatule de bois lar¬
ge de quatre doigts, & qttand la
chaleur aura également pénétré tou¬
te la plante , il en faut tirer le
fuc d la preffie , qui en fortira dé¬
pouillé de fa mucofité avec gran¬
de facilité , lequel l'ayant clarifié
57
Des Syrop 's fimples.
fur le feu & non au Soleil , pour les
raifons dites au Jyrop d’ Endive, jt R E M A R Q^V E.
ferés infufer vos fleurs, ainfi quil efi
porté par la defcription. §^i naura E Sjrop fe doit cuire dans un-
point de fleurs recenses y en mettra \^pot ou vaijfeau de terre plombé
des feches de la même année , bien à caufe de l’acidité du Juc d’Ozeil-
conditionnées , la quantité de deux le , & fur un feu médiocre , comme
onces , & en ce rencontre la quanti- les autres qui font compoz-és de fem-
té du juc doit être modérée de deux blahle liqueur , pour les raifons ja
livres. dites à l’Oxyfaccharum. Et parce
Cette façon d’extraire le fuc des que l’aigreur de l’Ojeille ejl foible,
plantes vifqueufes aprez. les avoir je voudroü y mettre deux parties
pilées qu’on met à la cave ejl a re- de fuc fur une de juccre , pour faire
jetter , parce que les fies s’alterettt, un Jyrop plus ejfcacieux & plus
par la chaleur étrangère qui s’y en- agréable,
gendre, qui leur acquiert une mau-
vaife odeur & leur donne un mau-
vais goût.
h Syrupum âe fucco Acetofe.
De Syrupis compofitis
alterantibus.
Syrupm aeetatm compof. D.^M.
Radicum Apii,
Le fyrop du fiic d’GzeilIc ( félon
Mclùé ) fe fait avec trois livres de
fûc purifié au Soleil j ou fur le feu , & Fœniculi ,
deux livres de fuccre de Madere , lÿtybi , fîng. une. très,
comme les precedens , pour s'en fer- Semimim Apii ,
vir à la neceflîté. le lairray celuy de Fœniculi ,
Myrthillesj pource qu'en peu de lieux Aniji , Jîng. une. unam.
s'en trouve de récentes , pour en tirer Seminis Intybi feu Endivia fativa,
le fuc requis , &c me contenteray du une. femtji.
composé facile à faire : & qui a fèm- H&c omnia igni lento coquantur ad
blabfe vertu , ainfi qu'il fera décrit dimidias in aqua fontana , libris
cy-aprez. decenu.
le laillè auffi plnfieurs autres fy- Exprejfionç adde ,
rops , les uns pour n’être ufités , les Sacchari albi , lib. très.
autres pour n erre düîémblables en Clarificentur, colentur, & coquantur
vertus aux precedens ou fîiivans, dont in Jÿrupum. Sub finem addenda
on fe pourra fervir en leur lieu. Main- Aceti acris quantum libet pro
tenant s'enfuit des coropofes , & qui variü feopis , ut in Jyrupo acetata
font alteratifs , puis des purgatifs. fimplici diximus.
H
5»
Livre 1.
ARA P H RA SE.
CE fyropa pris le notti de ù bafe
le vinaigre : le flirnom pour mec-
tre différence d'avec le fimple , décrit ■
au commencement de cette Scélion.
Les racines d'Ache & Fenouil y lonr
mifes pour delbpiler les conduits
bouchez qui font au foye 3 ratte &
reins. Les femences 3 pour incizer &
atteniier le phlegme épais & gluanr,
& confumer les vents , & conduire
la partie plus tenue des humeurs , par
la voye de l'vrine. La racine & fe-
mence d’Endive y font mis pour
conduire la vertu de la bafè au foye.
Le Succre pourdeterger , rendre leur
action meilleure , & conlèrver leur
vertu.
LE ME L A IL GE.
Au commencement de la deco-
étion faut mettre les racines de Fe¬
nouil & d'Ache 3 mondées de leur
cœur 3 & contulès au mortier de mar¬
bre avec un pilon de bois , ou inci¬
sées : aprez celles d'Endive ou Sca-
riole 3 ( pource qu'elles n'endurent fi
longue decoétion ) auffi mondées &
contufes. Vn peu aprez on y met¬
tra les lèmences de Fenouil 3 d’Ache3
& Anis 3 & un peu avant la fin 3 -cel¬
les d'Endive3 en forte que l'eau re¬
vienne à la moitié. -La decoétion ti¬
rée hors du feu , fera couverte 3 &
icelle à demy refroidie 3 fera expri¬
mée. La colature fera clarifiée 3 cou¬
lée 3 & cuitte avec le fuccre fin en
fyrop 3 dans un pot de terre vernilîés
y ajoutant fur la fin la quantité du
vinaigre blanc requife 3 félon l'indi-
SeÛion I L
cation prife du mal 3 & de force
de plus ou moins 3 comme il a été
déclaré au lyrop aceteux fimple. Il
ne le faut cuire dans une baflinc de
cuivres afin qu'en bouillant 3 d'icel¬
le il n’attire certaine acrimonie nuifi-
ble aux malades,
LES EACVLTEZ.
Il incife & deterge la bile crafle &
difficile à arracher , & la pituite 3 ou¬
vre les obffiuétions du foye , de la
ratte & des reins.
REM ARdVE.
A vanité de certains Pfeudo-
çhirnifiei efi parvenué en un Ji
haut degré d! arrogance , qu’elle a
effacé & efface tous les iours de l’ef
prit de quelques-uns tous les plus
heauy traits des préceptes de la
Medecine Galenique, qu'ils s’étalent
acquis par une longue & pénible
étude. Ceux-là meme qui les avaient
fuccés comme on parle avec le laiét,
ne fe font pas rendus moins fufeepti-
bles de cette corruption , puis que
par la medifance de leurs langues,
& la calomnie de leurs écrits , ils
tâchent à détruire toute la gloire
que cette tres-ancienne Medecine
s’eft aquife depuis plufîeurs fiecles.
Mais lors quils veulent comme ils
difent , corriger l’abus de certaines
compofîtiens , le plus fouvent ils ne
fçavent où ils en font , & de quelle
façon ils s’y doivent prendre , ainfî
que Zvuelfer en fin Animadverfîon
fur le fyrop aceteux composé de
Mefué dans la Pharmacopée d'Aufi
bourg i & fin nouveau feélateur &
Des Syrops
copifte ) qtii veulent avec deux H-
vres de vinaigre dlfiillé enlever le
fel volatile des racines & des fe-
mences qui le compofent par la di~
fiiUation au B. M. jufques au fec ,
& en fuitte , cuire le marc de cette
difiillation dans trois livres d'eau
commune , a la confomption des
deux tiers , & avec une livré de
la colature de cette decoétion cla-
ri^ée cuire trots livres de Jùccre^
fin en fuccre refit , . & en aprez.
avec leur vinaigre difiillé empreint
de la vertu des fifdits ingrédient
dijjoudre derechef ce fuccre , pour
le faire recuire au B. Ai. en forme
de fyrop, Voilà une belle fa^on de
procéder > digne d'être admirée de
tous les bons Artifies de nêtn^
profeffton. ^e s’ils daignent pren¬
dre la peine de bien & exaéiement
confiderer , tout ce que ]’ay touché
de cette operation , que de ce que
jy obmets à dejfein , pour être plus
ficcint , ils y remarqueront prefque
autant de fautes qu'il y a de mots,
que je releverois fort à propos né-
tolt que ■ je ni éloigner ois jpar trop
de mon fi jet , renvoyant le’ fur-
plus , fi quelqu'un d’eux m'en fait
naître une nouvelle occafion.
Si je me retraéle de mon premier
modus faciendi , ce n’efi pas pour
adhérer à aucun des fifdits , parti¬
culièrement au dernier , mais pour
en donner un plus metljodique , di¬
gne d'être préféré à tous les au¬
tres.
Prenef^ les racines de Fenouil,
d‘.Ache , d' Endive , & non de la
Scariole , comme veut Bauderon-,
en fin mélange , mondées , incifées &
legerement concafées , mettes -les
cômpofezj, 5 9
dans un pot de terre vernie & par
dejjus trois livres d'eau chaude , le
pot bien couvert, fera tenu en mar
ceratien fur les cendres chaudes
fix heures durant, & en une pim
grande chaleur , on les fera cuirez
fifqu’à la confomption de la troi-
fiéme parais : apre\^ on y ajoutera
les fimences concajiées , le pot exa-
êlement firrné , on les fira infufir
par un même ejpace de tems , &
degré de chaleur que devant , dé
fur la fin les matières feront chauf¬
fées , jufquà ce quelles foient prê¬
tes à bouiUir , le pot tiré du fiu,
& à demy refioidy , la colature^
en fera faite par un linge denfLs,
& la liqueur reposée pendante
vingt-quatre heures , fera fiparée
de fis feces par inclination , &
cuitte à la vapeur de l'eau chau¬
de avec deux livres de fuccre fin,
& fur la fin on y adjoûtera cinq
onces du plus fort vinaigre blanc,
& bien clair , & ainfi on aura un
fyrop doué des véritables qualités
df vertus des ingrediens qui /o
compofent,.
Oxyraccharum compof D.
Nîcol. Præpof.
Radicum Fœniculi,
“Rufci ,
Affaragi &
^rarninis ,
Herbarum Capilliveneris ,
Lingua Cervina , feu Phyllitidis
Diofcorid.
Scolopendrii , fiu aijplenii, vulg»
Çeterach ,
Pa
H i
éo Livre L SeBion IL
Polytrkhi , feu Trichamanes
Viofc.
fiefaticA ,
Violarum:, fngul. lib.una,7n.
Radices 'mundatA , contuft , un a
. cum herbis incifis triduo ma-
cerentur in fucco granatorum
acidorum. G^^arto. die parum
buUiant , & cum forti expref
fione colentur. CoUtura clarifi-
eetur , coletur , & . cum Saccha-
ri albi quantitate fujfcienti per-
coquaiur in Syrupum ufui repo~
nendum.
PARAPHRASE.
PR&pofitus a retiré cét Oxyiàc-
char du chap.i. 4. & 9. du li¬
me 5 . d’ AÜuarim , en ôtant quel¬
ques medicaniens trop chauds, & en
y fiibftitiiant d autres plus temperez
& convenables à ce qu'il promet,
que ceux qu'il y d'écrit. La bafè cft
le fuc de grenades aigres ; dont il n’a
peu prendre le nom : pource que deux
autres en Mefcé en avoient pris lem:
appellation. La vertu refirigerante de
la baie eft augmentée par l'Hepati-
■que , & par icelle conduite au foye.
Les racines y font miles pour delo-
piler, & conduire là vertu aux reins &
vefcie. Les capiliàires à la ratte , les
violes pour corriger leur lîccité , ôf
le foccre pour rendre leur action
meilleure & les eonforver.
LE MELANGE..
Les racines foront premièrement
mondéet dehors & dedans , & cu-
lieui ment coacalïées , afin que leur
vertu fort plutôt transférée en la de-
coélion , lelquclles on infiifora deux
jours entiers fur les cendres chaudes
dans un pot de terre vemiffe , avec
grande quantité du fuc de grenades
aigles. Le troifiéme jour on y ajou¬
tera les herbes incifées. Le quatriè¬
me on les fera bouillir for le feu
clair au même pot : puis le tout à
dem'y refroidy , on l’exprimera bien
fort. La colature fora clarifiée avec
aubins d'œufs, & avec pareille quan¬
tité de lliccfe fin , fora cuitte au me¬
me pot en fyrop ,, un peu moins cuit
que les autres faits de foies , ou de-
coétions d’herbes , afin qu'il foie
plus beau & plus gracieux , & ne
lairra de fe garder : car le foc fons
foiccre fo garde encore mieux qu’a¬
vec iceluy ; c’eft un lÿrop autant
excellent qu’autre qu’on pourroit
trouver.
LES FACFLTEZ.
Pris en brcuuage il profite aux
corps échauffoz : aux fièvres lon¬
gues caufées du fang ou bile : à la
chaleur du foye & de la ratte t
aux obftruétions de ces deux vif-
ceres.
R E M A R Q.V E.
Vtre les qualitez. & 'vertm
contraires , que nous remar¬
quons aux fmples qui compofent
ce Syrop , je treuve y avoir beau¬
coup d’autres chofes à relever , com¬
me de ce que Nicolas Prevofl , ou
celuy duquel il a tiré fa defc? iption
a doje les racines &_ les herbes à'
une livre de chacune , qui revien¬
nent a dix livres en tout j fi bien
Des Syrops. compofez^.
lay tremi la defcription que
£aud. now rapporte conforme avec
celles de trois pifpenfaires de dif¬
ferentes éditions de Nicolas Prevofi
des années 15 3 5^. & ijSi.
Cela nefi pas croyable quil ait
été ainfi décrit à moins , que ce (y -
rop eut été d'un grandiffime ufage
du temps de fin inventeur , ou que
cette erreur fiit venue des pre¬
mières Imprejfions de fis oeuvres.
jMais encores quand toutes les do-
fes fer oient moindres , & mieux
proportionnées , les unes avec les
autres , qu elles ne font pas, fi eft-ce
neantmoins , quil y a beaucoup à
redire touchant le modus faciendi:
car il faut confiderer , que par l’in-
fufion & coélion prefiripte des fuf-
dits ingrediens , toute l'acidité
du fuc de grenade ferait tellement
dijfoute & divifée dans la quanti¬
té de l’humeur aqueufe & fuper-
flu'é des fimples , quelle y ferait com¬
me perdue quoy quelle ne s'évapo¬
re point par la chaleur comme nom
dirons de femblables acides cy-
apre\_, que pour la tirer de cette
grande humidité , il faudrait faire
cuire long-temps la colature de la
decoSlion avec le fuccre , qui féroit
un travail fuperflu , qui pourrait
même altérer la vertu du fyrop,
par la trop longue coElion. Pour
donc corriger tout ce que dejfus, &
regler la defiription de ce Jyrop
en toutes fis parties , & qu'il fiit
doué, des véritables qualitel^ (fr
vertus qu'on luy attribué , confide-
re que la plus grande partie d'icel¬
les confifient dans le fisc de grena¬
des aigres > c’efi pourquoy , onfira
diligemment fiicher les racines &
61
les herbes chacune^ à part , & au
lieu des fueJles de violettes , on
prendra demy once des fleurs -, &
on pefera de chacune des racines &
des fueilles fix drachmes le tout
incifé fort menu , fera mis dans un
matras , & par dejfus on verfera
deux liimes du fuc de grenades du
pim aigre , clair & bien purifié j
le vaijjéau bouché fera tenu en une
chaleur temperée par vint- quatre
heures 5 apre\^ on le coulera dt ex¬
primera legerernent le marc fera
remis dans le matras avec deux
livres de nouveau fuc de grenades
aigres , & par le même efpace de
temps , dr chaleur que defius feront
macerez., puis la colature dr exprejl-
fion derechef faite , la fdut laijfer
rajfeoir par une ejpace de temps
convenable , pour en pouvoir fepa-
rer les feces par inclination , &
la liqueur fira cuite en forme de
Jyrop avec pareil poids de fuccre
fin dans un vaijfeau de terre , com¬
me -nom avons dit en l'Oxyfac-
châr fimple , & Jûr la fin on y
a'joütera deux onces du Juc d'He-
patique dépuré , en la place de
l’herbe.
Vn de nos célébrés Chanceliers
& Profejfeur Royal , en médecine
de cette faculté , df les JiPedecins
d’uiusbourg en leurs Pharmaco¬
pées , ont changé quelque chofè en
la defcription de ce Jyrop ; ce pre¬
mier par conjeêlure’^omme il par¬
le , y a mis la racine de perfil
pour celle de Fenouil , la racine
d’Ache pour V Hépatique , &
l'Hdianton album pour les Jùeil-
les de violes : Et ces derniers ont
changé la dofi des ingrediens, &
H J l'onf
6% Livre 1.
l'ont réduite k me ■ once de cha¬
cun , au lieu d'une livre , & ré¬
glé le fuc de grenades a huit Hures
& demy , & le fuccre a quatre
livres j mais encores , la dispro¬
portion de ces deux derniers ejt
grande.
Des Syrops Thoraciques.
Syrupus de Glycyrrhizd ,
D. Me/.
Glycyrrhiza ra/a & çontuja,
une. duos.
-■Adianti alhi , feu Capilli veneris,
unc.unam.
Hyffopi ficca , une. dimid.
Macerentur Jîmul horis 14. itt
aqu& fluvia vel fontana , Ubris
quatuor.
Coque ad dimidiae exprejfum cla-
rificatum , cum Mellis optimi &
deéfumati , & Sacchari albijfi-
mi &
Penidiarum,/tngul, unc.oBo.
Aqua Rofarum,unc. fex.
Percoquantur in Syrupum.
paraphrase.
CE Syrop a pris le nom de fà
balè, lareglilîe, (à vertu atté¬
nuative & incifive eft augmentée
par l’Hylïbpe & Capilli veneris , la
deterfive , par le miel, penides, &
fuccre 3 qui auffi donnent la laveur,
& les confervent. L'eau rolè y cft
mile pour arrêter les fluxions trop
tenues , qui fluent en la poitrine*
par fa Icgere adftridion * & pour
SeBion IL
la corroborer : ainfi que doélement
Galien au 12. de fa méthode,
nous a lailfé par écrit. C cft poiir-
quoy ce lyrop au commencement
des fluxions , eft meilleur que les
fuivans.
LE MELANGE.
La Reglifle ratiflee & contulc
fera inflilée aucc le Capilli vene¬
ris , &c l'Hyflope nouveiiement lèi-
chée, dans qiiacre livres d'eau ,.1'et
pace de vint quatre heures fir les
cendres chaudes , en un pot de terre
verniflé. Le jour fuivant on leur fe¬
ra prendre deux ou trois bouillons
pour le plus , au meme pot liir les
charbons allumez ( pource qu’ils
n’endurent longue decoâion ) puis
on les exprimera. La colature fe¬
ra clarifiée avec les Penides , fuc-
cte , 8c miel blanc auparavant
écume , cuit , & pcfé , afin que
le lyrop en foit plus beau : puis
fera coulée par le blanchet , pour
le tout cuire en fyrop : flir la fin
duquel Peau rofe fera ajourée. Le
Syrop lufElàmment cuit , fera gar¬
dé en £bn pot , pour s’en fervir au
belbin.
LES PA cri TE Z.
Il arrefte les humeurs qui décou¬
lent du cerveau feir les poulmons
au commencement du mal , cuit
ceux qui font coulez : convient à
la toux * nettoyé la poitrine & le
poulmon.
RE
6^
Dej Sjrops compofezj.
R E M A R av E.
DAns ce Syrop de même qu'en
beaucoup d’autres les Au~
theurs rîont point obfervé les réglés
generales qu’ils ont prefcrites': aux
uns ils font entrer beaucoup de fim-
ples , comme en l'Oxyfacchar de
Nicolas Prevofi , & en d’autres
tres-peu , comme au prejent , dans
lequel entrent feulement trois onces
& demy de racines ou d’herbes in-
fufées & cuites dans quatre livres
d’eau de pluye , le tout de tres-pe-
tite coblion , neanmoins Mefué
veut qudpreX^ les avoir infufées,
on fajfe c on fumer la liqueur de la
moitié , ce qui nefe peut fans alté¬
rer la vertu de la decoBion , qui a
plus de befoin qu’on double ou tri¬
ple la dofe des fufdits ingrediens,
& qu’on les infufe fur les cendres
chaudes par vint quatre heures,
dans trois livres d’eau fans aug¬
menter le miel, le fuccre ny l'eau
Rofe.
Syrtipus Tuflîlaginis , incerti
Audtoris.
Tujfilaginis recentk ,■ manip^
fex.
Capilli veneris ( huius penuria fume
P olytricon , ) manip. duos.
^yjfopi,fuç&
, manip. unum
GlycyrrhiXy recentis raf&& contu-
f^ , une. duos.
Technicè coquantur in aqtsapluvîs,
‘velfontis
^^prejfo clarîficato , & colato inisce,
^cchari albi , lib.tr es.
Coquantur in Syrupum.
PARAPHRASE.
La bafè de ce Syrop, eft le Be-
chion des 'Grecs , nommé Tujji-
lago des LatinSa & Farfara des Ara¬
bes, mis au commencement & en plus
grande quantité qu’autre qui îbit,
dont il a pris le nom. Tous les au¬
tres y font mis pour fortifier fa ver¬
tu foible. Il a prefque femblablc
vertu que le precedent , hormis
qu’il ne participe point d’aftriétion,
& eft moins convenable au com¬
mencement des maladies de la poi¬
trine : au contraire meilleur en
l’accroiftèment du mal. Il eft fort
plaifant.
LE MELANGE.
Pour le compofer il fuffit de qua¬
tre liures d’eau : pour ce que ces
quatre ingrediens n’endlirent lon¬
gue dccoélion. La ccïlature fera cla¬
rifiée avec caftbnnade blanche, puis
le tout coulé fora cuit en fyrop , &
gardé.
LES FACFLTE Z.
Il eft propre à la pleurefoe , i
l’afthme , à l’âpreté de la trachée ar¬
tère, à cuire le crachat, à l’attirer &
cjcpulfer.
REM ARQVE.
BAuâeron veut qu on cuife neuf
manipules d’herbes & deux on¬
ces de reglijfe en quatre livres
d’eau de pluye , ce qui ne fe peut
faire
^4 Livre 1,
faire aînfi qu'ont tres-bien remarqué
loubert & du Renou tres-Doéles
perfonnages -, le premier en deman-^
de quantité fujffante ,& le dernier
apreX^ en avoir conféré avec les
vrais maîtres Artiétes dit , quil
en faut prendre fept livres , autre¬
ment , on ne f aurait tirer la vertu
des fimples comme, il faut , ny on
ne pourrait non plui pajfer lejyrop
par le hlanchet faute de liqueur
pour liquifier fuffifamment le fuc-
cre. Le moyen pour y procéder
fera tel , quon prendra la quan¬
tité cy - dejfui prefcripte de Tujfi-
lage bien nettoyée & incifée me¬
nu , on luy fera prendre une ébul¬
lition dans fix livres d'eau de fon¬
taine , & fur la fin , y faut jet-
ter l'Hyjfope incifé menu , & ren- •
verfer le tout dans un pot de
terre , dans lequel fera le Capil-
li veneris coupé menu , & la re-
gliffe raclée , contufée & inci¬
fée , pour le tout faire infufer
fur les cendres chaudes pendant
vint - quatre heures : apreic faut
augmenter le feu , & luy don-
der une fécondé & legere ébul¬
lition , & avec la colature faut
clarifier les trois livres de fuc-
cre , & les cuire en forme de
. Syrop.
Syrupus V. Gapilbrium, incerti
Audoris.
Tritm Adiantorumy^
albi,nigri & vulgarisi |
ScolopendrijfiuAJpleni], '^manipMn>
vulgo Ceterach, J
Sa Iv ta, vit a ,Jingul. J
SeBion IL
ClycyrrhiXjt rafa & contufg, , une.
duos. -
JiLacera horas ii. in aqua calida.
Deinde femel atque iterum fer-
vefac. Exprejfum clarificatum
cum
Sacchari albi , lib. quatuor , co-
quatur in Syrupum.
PARAPBRASE.
Combien que piofeoride & Gai.
n'ayent diviie les elpeces de ca¬
pillaires : pource peut-être qu'elles
ont prefqiie feniblables vertus , ou
que long - temps auparavant eux,
Theophrafte les avoit divifées,
au livre feptiéme chapitre treiz.e
de l'HiFioire des plantes. Les mo¬
dernes les ont diuifées en cinq dif¬
ferentes eipeces , difànt V Adian¬
tum album , ou Capilli veneris , être
le Callitricum de Diofeoride , Sc
l'Adiantum nigrum , être le Po- cinq
lytrichum , ou Trichomanes de
Diofeoride.- Que Polytrichum , & dijrânk
Callitrichum foient plantes diver-
fès , Galien le démontré au pre¬
mier livre des Medicamens lo¬
caux. La troifîéme efpece d'Adian-
tum a jufqu’aujoiird’huy retenu le
nom commun entre tous , lequel
pour avoir les flieillcs fcmblables
à la fiigiere , & naître au pied des
arbres , notamment des chefnes ,
eil appellé Dry opter is , & Fili-
cula. Quant au Salvia vit a, nom¬
mé d'aucuns Ruta muraria , & au
Ceterach , nommé Scolopendrium /
& Alflenium , ils font fî fre¬
quents en ce pays , qu’il n’y a
Apothicaire qui ne les connoilfe.
Ce Syrop a retenu l’appellation de
Des Syrops compofeZj,
la bafe , qui font les cinq elpeces
de Capillaires moyennement chauds,
&: apentits &c deterfift. Nous à l'i¬
mitation de Melîié y avons ajou¬
te la Keglille , tant pour augmenter
la vertu deterfiue de la balè , que
pour ienir de faciliter le crachat , &
la relj’iration. Le foccre y eft mis
pour corriger lapreté de la bafe,
rendre fon adlion meilleure , &
conlèrver fa vertu facile à fe re¬
foudre.
LE MELANGE.
Il faut foigneufeinent nettoyer
les herbes de toutes immondices
làns les laver , pource que leur ver-'
tu eft foperficielle , laquelle par la
lotion fe pourroit diminuer. Que
fi elles font terreufès , on les lave¬
ra fans les exprimer, puis les in-
cifer, & infufer avec la regliflè ra¬
clée & contuféc en eau chaude , les
cuire , & exprimer comme avons
dit aux deux precedents. La colacu-
re clarifiée , fera avec le fiiccre cuite
en Syrop.
LES FACFLTE Z.
Il temperc &c cuit la bile , in-
cifè la pituite , rend l'humeur me-
lanchohquc plus facile à la purga¬
tion, & par un long ufage les éva¬
cue doucement par les lêlles , pro¬
voque le crachat , incifo les hu¬
meurs contenues aux bronchies du
poulmon, les cuit & aide à les cra¬
cher.
R E M A R Q^y E.
L ‘Inégalité eft grande entre les
ingrédient qut compofent les Sy~.
rops, comme il a été cy-devant're-
marqué , aux uns on ny treuve pas
la quantité de liqueur qu'il y de-
vroit avoir pour cuire les ftmples
qui en compofent les vertus : aux
autres on y treuve tres-peu de ftrn-
ples , & quantité d'eau & de fuccre»
comme d celuy-cy , que fur cinq ma¬
nipules ' de Capillaires & deux on¬
ces de reglijfe eft demandé quatre
livres de Juccre , que pour les cla¬
rifier & cuire en Syrop , du moins
il faut prendre ftx livres d'eau pour
faire la decoQion ( quoy que la Pa-
raphrafe die , ) - jugez, je vous prie
quelle pourra être la vertu de ce
Syrop , ft celuy qui le compofe ne
diminué la quantité du fuccre ,pour
le moins de la moitié , ou s'il ne
double , ou triyle les Capillaires, au¬
trement ce fera un Syrop de nul'
effet , a quoy il eft tr&-important
de faire confideration , afin que les
pauvres malades ne J oient pas fru-
ftrez du foulagement en leurs maux
qu'ils eéperent de nos remedes i pour
le furplus , faut procéder ainfi que
Bauderon enfeigne.
Syrupus de Hyflbpo, D-M-
13^. Hyffopi snediocriter ftccfi,
Radicum Apq
Fœniculi,
Glycyrrhifa , fing. drach. decem.
Adianti albi ( hujus defebiu fume
Polytrichum ) drach. fex.
I Ber
66 Livre /.
Hordei mandat i 3 drach. quat.
Sermnum malu&
Cy doniorum,{
Tragacanthi ,fing. drach. très.
Ziz-yphorurn , id eji Ju)uharurn,
AUxarum , id eJi Sebefien, uriufque
num.xxx.
Pajfularum ab aeinis mundatar.vnc.
mam & femij?.
FicHum pinguium ficcaruni:,
DaStylorum pinguium, utrmfque x.
nmner.
Coquantur ex arte in aqua fufficien-
ti , & in ’iure percolato coque
Fenidiarum albarum , lib. duas > in
Syrupum.
PARAPHRASE.
A bafè eft THylIope, dont cc Sy-
rop a pris le nom. Sa vertu inci-
five , atténuative j & aperitive, eft au¬
gmenté par les racines , & Adian-
ton, la. deterfive» & incraflànte eft
augmentée par la reglilFe , orge mon¬
dé , fruits & lèmences , gomme Tra-
gacanth , qui auflî en lenilFant corri¬
gent la ficcité de la balè j Sc racines.
Les Penides y aident j conlèrvent le
tout, ôc rendent 1 aétion meilleure. -
Aucuns cotre l’intention de Ibn Au-
theur y ajoutent des racines de perûl,
our defbpiler,celles d’ache & fenouil
fuSifent. Exprez Melùé veut qu’on
prenne des penides ftites de beau
fuccre , 8c non de caftonnade groflie-
rc ; pource que pour la blanchir , on
y ajoute de l’araydon , qui eft caufe
que telles penides rendent le Syrop
trouble & ingrat ; ainfi qu’il, a été
annoté par Cnriftophorus, 6ç aprez
luy par Sylvius en leurs écrits Jùr
Mefue\
Seâion IL
LE MELANGE.
Premièrement en quantité fiiffi-
ûncc d’eau lèra boüilly quelque elpa-
ce de tems l’orge : puis on y met¬
tra le.s racines dedans & dehors mon¬
dées , concalfées , un peu aprez les
fruits , la femence de mauve & la
regliftè raclée Sc contulè. La grai¬
ne de coings , & gomme tragacanth
concafles , feront mis en un noüet
large , & fpacieux : ( pource que la
gomme s’enfle bien fort ) lequel
on fera bouillir avec les autres : &
non au Syrop, comme aucuns font:
finalement l’Hyflbpe & Capilli Vene~
w.La bafline ôtée de defliis le feu,lè-
ra couverte d’une toile., jufqu’à ce
que la dccodion foit à demy raftoi-
die , alors on l’exprimera. La colatu-
re feule fera clarifiée, & coulée à tra¬
vers le blanchet : puis avec! les peni¬
des blanches, faites fans amydon, fe¬
ront cuits en Syrop qu’on gardera.
Ceux qui n’auront point de felles pe¬
nides , plutôt que prendre de celles
qui font faites de caftonnade moyen¬
ne , qu’ils prennent du fuccre fin , &
miel. blanc defpumé,de chacun une
livre.Fernel. Ce Syrop tient le milieu
entre celuy de reglifte , & le fîiivanr,
aux maladies delà poiétrinc; pris avec,
une décoction peétorale, tant en l’an-
gment qu’en l’état du mal: pris avec
une decoélion aperitive , il fèrvira à
comminuer le fable retenu aux reins.
LES FACVLTEZ.
Il eft propre à l’afthme , à la toux,
aux douleurs de poitrine de caufe
froide : levé les obftruélions , provo-
que
Ties Syrops Compofez,. 6y
qwe !ês mois , & par ià force decer- cre y efl jette , on ne fçauroit à cat.~
fine chalïê le. huuieurs craaes des fe de La vifcojité de l'un , & de La
reins , & de la veiiie, Jîccké de l'atitre : de les malaxer
enfemble entre les mains on tie fçau~
R E M A R QV E. fitccre
ne donnerait fas le tems , & quand
BAuderon dans la Paraphraje de chaleur du fuccre le permettrait.
ce Syrop dtt , que Mefué veut ficcité de l'am.y don absorber oit
qu'on prenne des penides faites de entièrement cette humeur gluante
beau fuccre pour éviter celles qui ^ vifqueufe , qui donne le tems con-
fent faites avec de la cajfonnade 'Venable à ceux qui font diligent
moyenne , ou grojfiere , que pour les ^ entendus , en ce travail de tirer
blanchir on y met de l’amy don , ain- fuccre fur le crochet , qui e fi
fi qu’il a été annoté par Chrifiopho- feule caufe qu’il fe blanchit
rus , & Sylvius. Pour le regard de . merveille & fe rend poreux , & le~
Afefué il demande fimplement Peni- ger , marques infalUbles de fa bon-
diarum albaram,y^;?r s’expliquer da- ^é. Et quand on efi obligé de fai-
vantage. Et ChriBophorus dans fon penides avec du fuccre fin.
Commentaire n'en dit mot aujfi j il en y ajoute la decoBion d’orge pour
efi vray que Sylvius dtt , qu’il faut l' engraifer, autrement on ne lesfiau-
prendre de celles qui font faites de ^oit tirer fur le crochet , ny les
fuccre fin , parce qu’a celles qui font blanchir , encore moins les entrèlaf
faites de Cajfonnade on y ajoute de l’avoue bien , que ceux qui les
l’amydon. Si Bauderon Sylvius travaillent quand ils commencent
avaient conneu ce travail, fans dou- manier leur fuccre pour le met¬
te ils n auraient point parlé de la tre Jur le crochet, afin d'empêcher
forte , aujfi je ne les excujeroü point tqu'il n adhéré a leurs, mains , les
comme je fais , d'avoir dit qu’on frottent avec de l’amydon en potsm
mêle de l’amydon dans les penides dre fubtile , & a même-tems les fe-
qu’on fait avec de la cajfonnade , ce codent 5 afin de n’en prendre pas da-
qui ne s’ efi jamais pratiqué avec leun- vantage que ce qui fe peut atta-
fupport , & ne fe pourrait pratiquer cher à des mains friches , & quand
quand on le voudrait faire ; car pour la chaleur du fuccre commence a
y meler de l’amydon il faudrait que diminuer , on laijfe l’amydon pour
ce fut pendant la cuite du Syrop, ou fr fervir d’huile d’amandes douces,
bien quand le fuccre efi cuit avant eu de beurre frais, le diray encoj^ .
le jetter fur le marbre , ou bien qu’on fe, que quand il ferait inévitable
les malaxat entre les mains. Pour le de trouver des penides fans amydon^
premier cela ne fr peut .parce qu’il que par la feule clarification il fr
ne frrv irait en rien , au contraire fepareroit & reBeroit fur le couloir
lamydon empêcherait la cuite du avec l’écume du fuccre & les fe-
fuccre & le ferait brûler: de lernê- ces de la decoBion. C’efi pour qùoy
Ier, aujfi fur le marbre quand le fuc- il fasst fuivre Mefué , & prendre
l Z des
éB
Livre 1. Section 1 L
4es pltu blanches qui [oient po-
renfei , & legeres , non pas pour
crainte de l'amydon j mais parce
que les roujfes nom pas donné loi-
fir de les tirer_ , c'efi la caufe>pour-
qmy elles font pefantes & roujfes , &
moindres en vertu. La gomme tra-
giicanth J & la 'femence de coings
feront mifis en leur rang dans la
decoélion avec les autyes ingrediens
fans noùet. Et la quantité de l’eau
fera limitée a cinq livres & demy,
& les ingrédient augmentez, d’un
quart.
Ceux qui voudront diif enfer ce
Syrop fuivant loubert , prendront
garde aux dofes qui font defeélueu-
fes en deux endroits.
S ym pus de Pra{îio,D.M.
Prajfi] alhi & viridisitmc.duas.
Glycyrrhi\a rafa & contufa, une.
unam. .
Hyjfopi jîcca
Capilli Veneris , id ejl Adianti albi,
utriufque drach.fex.
Radicum Apq
Fœnictili,
Calaminthes montanA,
Seminis Aniji, Jîng. drach. quinq.
Radicis Ireos.
Se'minü maluâ.,&
Eœnugreci , fing. drach. très.
Semin. Uni , &
Rombacis mundat.vice Cydoniorum,
utriufque drach. duasf
Pafularum enucleatarum, unc.duast
Perperam quinque legit Sylu.
Eicuum pinguinm ,, numéro quin-
decim.
Coquantur in librts oSo aqua ad
médias. Expreffum clarijicatum
dr colatum coque cum
Penidiarum , & - ,
Mellis deéfumati, utriufque libÀua-
btu , in Syrupum.
PARAP H RAS E.
CE Syrop a pris le nom de là ba-
fe le mamibe blanc 3 appelle des
Grecs Prajfium : en vertu & en odeur
bien diffèrent du Ballote , appellé des
ignorans Marrubium, nigrum fort
puant. La vertu incifive de la bafe^
& atténuative des matières cralffes &
■ vilqueufes 3 eft augmentée par les ra¬
cines aperitives , Hyjfope,
& Adiaton ; la deterlîve & expe-
étorative , par le miel écume 3 figues,
raifins 3 femenees 3 racines d'iris &
reglilLe : celle-cy par fa legere adftri-
tion corrobore âflez fuffîlàmrncnt la
vertu expultrice des poulmohs 3 &
poiéliine , fans qu’il foit beloin de
l’aide de la femence de coings 3 au
lieu de laquelle nous avons mis cel¬
le de coron 3 comme fingulierc aux
cffèéls 3 qui par Méfié luy font at¬
tribuez. Les Semences de lin Sc de
fœnugrec y font mifes pour digerer3
ramollir 3 & reprimer las inflamma¬
tions des poulmons : l’anis pour con-
fumer les vents , que le lin 3 les fruits
& femenees douces engendrent au
corps 3 mêmement des pulmoniqueS3
& phlegmatiqucs. Les penides & miel
y font mis pour adoucir & corroborer
l’âpreté & fîccité de la trachée artere»
& rendre Faélion meilleure de la bafo,
ôc des autres , & les conforver. Il eft
fort fouverain à la declinaifon d’une
pleurefie , peripneumonie 3 & autres
maladies peélorales, en quelque ma¬
niéré qu’il foit pris.-
LE
Des Syrops compofeZi. 6^
LE, mélange.
En premier lieu , en huit Evres
d’eau , il faut cuire les racines de fe¬
nouil , & d’ache mondées de leur
cœur 3 & coneaifées , enfemble cel¬
le d’iris coupée en roiielles. Icel¬
les à demi cuites » on y mettra les
herbes de calament 3 & praiîlumj &
l’anis. Vn peu aprez les autres lêmen-
ces , les fruits & reglifle 3 finalement
l'Hyjfope & Capiili venerü. Quel¬
ques-uns font d’avis de mettre les lé-
mences de lin , de fenugrec , & de
Malve 3 dans un noüet à part 3 afin
'que la decoétion ne foit vi^ueulè.
Cela n’y fert ^-riEn 3 fcit qu’on le
faife ainfj- , ou comme nous auons
ditj la decoétion n’en eft pas plus vif-
qweufè : Pour ce je laiffc cela au ju¬
gement d’un chacun : car l’une &c
l’aiatre façon eft bonne. La deco¬
étion à demi froide , fera exprimée:
la colaturc fera clarifiée avec le miel
auparavant écumé 3 & les penides
blanches : puis le tout étant coulé
par le blanchet, fera cuit en Syrop3
qu’on gardera au beibin.
LES EACVLTE Z.
Il incife pniiEmment 3 atténué,
deterge , Sc nettoye la poitrine &
les jjoulmons , Sc eft merveilleux
aux maladies inveterées, tarifées d’u¬
ne pituite cralfe & lente , comme
font l’afthme , la toux , l’empyemc,
la péripneumonie 3 & à la pleiire-
fie en la declinai/bn , s’il n’y avoir
dànger de fiifibcation , d’autant
qu’il excede un peu en chaleur :
il eft convena,ble pour ce refpeét
aux vieillards & aux temperamens
froids.
R E M A R qj £.
La defeription du Syrop de Praf-
\fio n‘eft point conforme dam tous
les exemplaires de Mefué , qui fout
de differentes éditions : les vieux
en lettre gothique ne demandent
d’Hyffope , & d'Adianton , de cha¬
cun que fix drachmes , & les nou¬
veaux de Vinife apud luntas , em.
demandent de chacun fix onces.
Ces derniers fans doute ont tiré
leur defeription d’un petit exem¬
plaire inoüavo imprimé auffi d Vê-
nife en l'an 1 . 1 5 . qui dit Hy/lbpi,
Capiili vener. ana uncias fox. Baude-
ron y a ajouté du fien la femence de
coton au lieu de celle de coings.
APefué dans aucun de fes exemplai¬
res ne demande point de liqueur
pour- cuire les Jïmples , & Bander on
y a duffi ajouté huit livres d’eau, &
quon les faffe cuire Jufquà la eon-
fomptian de la moitié. Les JiPoines
en. leur Commentaire fur Aîefué ont
augmenté la dofe du Capiili veneris
de deux drachmes'& diminué' celte
des Penides d’une livre & ne de¬
mandent non plus que te texte de
liqueur pour la decoétion. louhert
ejt confirme à Baud.eron , excepté
que de deux livres de miel il en a
yetrançhé une livre. De tomes ces
contrariété^^, il' n’efi pas mal-aisé
de juger d’où procèdent telles fau¬
tes , les unes viennent du coté des
Imprimeurs quand ils mettent le
Caraéiere de l’once pour celuy de la
drachme , comme ils peuvent avoir
fait icy , & les mitres procèdent des
Interprètes des Arabes,ou des pre-
I 5 miers
ÿo Liure 1,
jmlers Copifies des Oeuvres de Me-
fué avant que nom eujfwns l’ufage
de V Imprimerie. quil en fait,
je fuivray volontiers fin Autheur
en la dofe de cinq onces de pafieril-
le qutl demande en quelques-uns de
fis exemplaires, veu la petite quan¬
tité qutl ya d'autres ingrédient (&
comme Jinguliere aux effets qu'on
luy attribué ) qui ne pefent qu envi¬
ron treize onces , fur quatre livres
de penides ou de miel , qui ne fint
pas capables de communiquer pim
de vertu a ce Syrop qu'ils en pope-
dent : & pour la confomption de la
moitié, il fuffit quelle fait d'un tiers
de la decoüton. Avant finir je diray
que Bauderon entend pour PralLj
albi & viridis de prendre le Praf-
fium blanc qui foit recent.
Syrupus Nymphææ , D. Fran-
cifci Pcdemontani.
y:. Foliorum fiorum Nymphaa al-
ba, une. duos.
Nymph&a lûtes, ( quam ungulam
caballinam aquaticam vocat Au-
Ilor,)
Seminum pjyllij integri , &
Acetofit,
Fadicum Fœniculi , fingul. unc^
unam.
Seminum 4. firigidorum maiorumt
omnium uncias duos , vel fingulo-
rum une. dimid. 4. firigidorum
minorum , omnium unciam dimt-
diam vel fiingulorum , drachm.
unam , qu& efi quarta pars.
Coquantur in aqua Horde uColatuta
•çlarifieatacum
SeBion IL
Sacchari albi , libret ma : coquatur
in Syrupum.
Sub finem addenda,
Acéti vini albi, &
Suc ci Granatorum acidorum ,utriufi
que uncias duos,
Aromatï\etur cum Spodq &
Santali albi,utriufque drach. una.
Nardi Indices, drach. fimiji.
TABAFHRASÉ.
CE Syrop eft nommé compofé»
au refpcéb de celuy que nous
avons décrit au rang des Syrops fim-
ples. Il a pris le nom de là bafe y les
Heurs de nénuphar blanches & jau¬
nes miles au commencement , qui
Ibnt froides au croifiéme degré y &
au fécond humides félon Serapion au
chap. 144. du livre des fimples, qui
ne répugné à i opinion des Grecs, qui
ladilènt froide & lèichej pource que
ceux-cy parlent des racines & femen-
ces j & Serapion & aprez luy les au¬
tres Arabes , & ceux qui les ont lui-,
vis J des fleurs : du nombre delquels,
eft Franc. Pederaontanus, qui décrit
ce Sy top au chap. z. delà curation
de l'intemperie chaude du fioye , en,
fies additions fur ta pratique de
Mefiuê.
La vertu refrigerative de la bafe,
eft augmentée par toutes les lèmen-,
CCS qui conduilènt la bile parla voye,
de l’urine. Les racines de fenouil y
font mifes pour delbpiler les veines;
meferaïques , & du foye , & y con-
duirela vertu delà bafe , qui de Iby.
n y pourroit parvenir : & pour corri¬
ger la vertu narcotique du Plÿllium.
Le Santal j Spodium &: Nard Indi¬
que y y Ibnt mis pour la defenlè du
JDei Syrops compofiz^. j i
foyej & des autres vifceres. Le vin¬
aigre & fac de grenades pour répri¬
mer Lacrimonie de la bile j & cha-
leur'demelùrée du foye , & des autres
vifceres , la decodion d orge , pour
corriger la lîccité des femences , &
racines de fenouil , le fiiccre pour la
faveur , & pour conferver la vertu.
Z£ MELANGE.
Premièrement en quantité fufEfan-
te d eau j & long-tems il faut cuire
l’orge entier trié : puis on y mettra
les racines de fenouil nertoyées de¬
hors & dedans de leur cœur. Quel¬
que tems aprez j pn y mettra les fe¬
mences , & pfyllium entier mis à
part en un noliet large & Ipacieux.
Finalement les fleurs de nénuphar,
ou blanc d eau feparées de leur par¬
tie verte & herbue , comme il a été
dit au Syrop de nénuphar Ample La
decôétion à demi refroidie , fera ex¬
primée : puis clarifiée & aromatizée
du Santal , Nard , & Sp.odium con-
caflez ; incontinent aprez il faut ôter
la baflîne de defliis le feu, & la cou¬
vrir : un peu aprez la couler : aprez
on y ajoutera le fiiccre , qu’on fera
cuire dans un pot de terre vernilfé,
ou dans une baflîne étamée en con-
fiftance de Syrop : puis on y mettra
le vin-aigre & fuc de grenades^qu’on
fera recuire , jufqu’à ce qu’il foit ré¬
duit en Syrop pour être gardée
Icy l’Auteur , peu verfé en la con-
noilîànce des Amples , pour unguia,
Caballina at^uatica , entend la fleur
de nénuphar jaune , & non la fleur
du Bechion ou Tuffilago , que le vul¬
gaire appelle ungulam CabalHnamy
hi nos, François Pas de Cheval , qui
auflî lait la fleur jaune : car le mot
d’aquatica par luy ajouté , montre
ouvertement qu’il n'entend la fleur
dudit TuJfilago._ Joint que le nénu¬
phar jaune convient mieux à ce que
le Syrop promet, que le pas de Che¬
val ou d’Afne.
LES EACVLTEZ.
Il efteint la ferveur de la bile fla-
ve, & partant allégé pnilïàmment les
fièvres ardentes & autres aiguës : il
provoque auffi le fommeil.
R E M A R CLV E.
Auderon & quelques autres, qui
décrivent le Sjrop de Nymphaa
compofé prennent pour unguia Ca-
balhna aquatica la fleur de nénuphar
jaune , dequoy je fuis étonné & en
peine de fçavoir fur quoy ils fe fon¬
dent , bien quen apparence il f ?m-
ble que fon inventeur s’en foit aJfeuL
expliqué en ajoutant le mot de aqua¬
tica i ceux de unguia Cabû\inâ,pour
donner à connaître la différence qui
efi entre le nénuphar jaune & la
Tûfftlage , qu’on appelle proprement
ungulam Caballinam : mais cela ne
fuffit point , pour me perfuader à le
croire, d’autant qu’aucun des plus fa¬
meux Botaniques de ma connoiffan-
ce, comme font Theophrajle,Diofcori-
de, Pline, Avicenne,Serapion,Mat-
thiole , Cordas , Clufius , Dodonaus,
Fabius, Columna , Lobelius, Camera-
n^^xen fbn Epithome, Matthiole , ou.
en fôn Hortus Medicus , Ehalius,
Gefnerus, Fuchfius,,J>alechamp , ou
l’hiftoire des plantes- de Lyqn, Gaff
Bauhin fur Matthiole, en fon Ihnax
72.
Liure L SeBion II,
& Phytopinax, Tragm,le grand her¬
bier Franjùis, V Herbolario de Fran-
cefco Smfovino , & Jean Bauhin
le plui recent qui a colligé fur tom
les autres , je veux dire qui ayent
fait femblant d’appeller le nénu¬
phar jaune unguia Caballina aquati-
ca J bien efl vray que ce dernier
dit au 3 j). livre chap. i . de ion hiitoi-
re des plantes , quun certain Mé¬
decin PiémontQÜ fait entrer dans
fan Syrop de Nyrnphaa les jicurs
des deux nénuphar blanc & jau¬
ne. Et Gajpard Bauhin fur Mat-
thiole és fynonymes de la Tujjilage,
écrit 3 que Cordus & Dodonaus dans
leurs hifloires des plantes. Ce der¬
nier dans fa Françoife , appellent la
Tufllage nénuphar terrcltre Ara-
bum } & au contraire lacobus de
Manlius Alexandrinus en fon Lu-
ininare majus , chap. iti. de l'Ete-
Jtuaire de Farfara , dit que les Mo¬
dernes appellent le Farfara unguia
les fleurs du nénuphar jaune, qu'il
aurait aufji-tot écrit , & beaucoup
plus correctement yL. Florum Nym-
phææ aliæ , Nyn.phaæ lutææ
ana Uncias duas , comme , Flo-
mm Nymphææ albæ , uncias duas,
unguîæ Cabaiiinæ aquaricæ unciam
imam , pmjqu elles font de même ef-
pece , & fort femblables en quali¬
tés. & vertus y qui ne different
que de tres-peu il les aurait mifes
fous une même dofe , & ne fe ferait
pas fervi d’un terme obfcur pour
rendre la préparation de ce Syrop
douteufe , parce que la coutume des
Autheurs efl, en décrivant les com-
pofltions des Dijperfaires d’éclair-
ctr les difficulttz. , quand il y en a,
P lut àt que d’en faire naître. Si bien
le Nymphaa blanc & le jaune ,
ayent rei^eu divers fynonymes , ils
ont êtes, décrits, & conneus a même
tems par les plus anciens Botani¬
ques Theophrafie , & Diofcoride
Caballina , & taxe d’ignorance auffi fous le même nom de Nymphaa, que
mal à propos ceux qui difent quil
croit dans les vignes , comme quand
il enflait deux effeces , l’une à fleur
blanche , & l’autre a fleur rouge
qu’il fait croître dans les eaux, qui
ne font autre chofe que les deux
grandes efleces de notre nénuphar.
De toutes ces contraires opinions,
Fuchfius au livre qu’il a fait de la
les connoiffons. Aprez. ces rai¬
forts j’en pourrois alléguer d'autres
en quantité , que j’obmettray d def-
fein de n'être plus long , pour me
ranger au fentiment de Fuchfius,
puifque fuivant Gai. au fixiéme
livre des fimples medtcamens , la
Tuffdage recente appliquée fur les
' r.flàrhmaaions leur donne grand
compofition des medicamens , prend foulagement , & en ce rencontre
ce Syrop unguia Caballina aqua- U faut prendre de la plus'aquati-
tica en fa propre fignification , pour
le pas d’Afne , ou Tuffdage j &
quant a moy, j’ay peine à croire que
fi l’intention de François Piedman-
tois l’Autheur de ce Syrop , fi peu
versé qu’il ait été en l’intelligence
que.
Bauderon non plus que l’inven¬
teur de ce Syrop dans fonmelange ne
dit rien touchant les femences froi¬
des grandes, s’ U les faut concaffer,ou
les faire cuire entières, ou bien s’il les
des fimples , fufi été d’y admettre faut monder de leurs\écorces] a
fon
75
Des Sjrops compofez^*
fin quelles font différantes en ver¬
tus , comme dit Fernel en fa Thé¬
rapeutique livre cinquième , chapi¬
tre quatrième , quêtant cuites en¬
tières, leur decoèlion deffeiche mé¬
diocrement , incife , nettoye & ôte
les lentilles du vifage &c. §l^e
fi on les nettoye de leur écorce ,
apre\^ on les pile , & faffe cuire
dans l'eau d’orge , elles ' adoudffent
les ardeurs du fang , & convien¬
nent en tout à l’intention de nôtre
Autheur.
Le Pjyllium fera mis avec les
autres femences fans l’enfermer
dans un linge.
Syrupus lujubiniis feu Zizy-
phorura , D. Mef
Ziz.ypha , feu jujubas , n.fexa-
ginta.
Hordei mundati , a cortice exte-
riore ,
Glycyrrhifa rafa , & contufe ,
Capilli Venerü , vel hujus loco Poly-
trichi ,fing. une. unam,
Violarum ,
Seminum Jlfalua , vtriufque drach.
quinq.
Cydoniorum ,
Papaveris albi,
Melonis ,
LaSluca j
Gummi Tragacanthi , finguL drach.
très , alij 4.
Coquantur ex arte in aqua fuffeien-
ti : Expreffum per fe clarificatum
& coîatum coquatur in Syru-
paraphrase.
La bafe de ce Syrop font les lu-
jubes , dont H a pris le nom :
leur vertu incraflânte eft augmentée
par la gomme Tragacanth, orge mon¬
de, les femences de coings , de Pavot
& laiéliiës ; la deterfîve par les vio¬
les, ôc reglilïc, & femence de melons,
de mauves , & de Capilli veneris ; le
fîiccre y ett mis pour adoucir, & con-
ferver leur vertu.
Ce Syrop, entre le violât, & celuy
de pavot , pour incralïèr les rhe umçs
par trop tenues , tient le milieu.
LE MELANGE.
Premièrement il faut cuire allèz
long-teras l’orge mondé , en quantité
fuffifante d’eau ; puis on y ajoutera
les jujubes , apres la reglilfe raclée,
& contufe , les femences de mauves,
& de pavot : & dans un nouët large
& fpacieux, od feront la gomme Tra-
gacanth , & graines de coings , ( la¬
quelle s’enfle bien fort ) finalement
le Capilli veneris , & femence de me¬
lons un peu concalfée. Apres il faut
ôter la bafline de defliis le feu , & la
couvrir : puis le tout étant à demy re-
froidy, fèrà exprimé. Aprez , la cola-
ture fera clarifiée feule , & fans fiiccrc
avec aubins d’œufs, afin que plus fa¬
cilement elle palfe à travers le blanchet
pour caufè de fa vifeolîté , qui feroit
encore plus grande fi le fuccre y étoit.
La colarure avec le fîiccre fin , ( 5c
non avec la calîbnnade ) fera cuïttc
en fÿrop qu’on gardera. Ceux qui
font bouillir leur nouct au fyrop
aprez la decoéèion clarifiée , èc
K non
74 Livre L Seâton 11.
non comme nous avons déclaré , &
le laillènt tremper , en icelny toute
Tannée , font un Syrop moins beau,
plus trouble , vi%.teux S>c delâ-
greable.
LES F ACVLTE Z.
Il arrête & incrallè les humeurs
iîibtiles, qui tombent hjr le ppulmon,
Sc eft propre à l’enroUeure , à la toux,
& à la pleurefie.
R E M A R QV E.
Fs exemplaires de JlFefué , tant
les manufcrits , que les impri¬
mez. different de beaucoup les uns
des autres en la defcriptiqn du Syrop
de ju]ubes j de cinq que fen ay en
main de differentes éditions , un de
Van 1513. & un autre de 1514.
difent )u]ubariim lib. x. comme fait
auffi un vieux manvifcrit que fay
en mon pouvoir , & ceux de Venîfe
apud Pumas de l’an 1615. juju-
barum fexaginta , violarum &
femin. rnalua , ana une. quinq. & le
manuferit dit violarum , &c. ana
drarh. quinq. VAutheur du Lumi-
nare ma\m , efi tombé dans la meme
erreur en difant y:. ]upibarum lib.x.
violarum , & femin. malua ana une.
quinque.
Voilà des fautes qui méritent d'é-
tre connues d’un chacun , afin de n’y
être p(is furpris , la première def
quelles efl arrivée de quelque Mé¬
fié manuferit par le defaut du copi-
fie qui ayant voulu mettre jujuba-
rum numéro Ix. il fepara d’un point
l de X. & du depuis on a pris cela
pour fc. X. &' celle de cinq onces.
pour cinq drachmes , l’Imprimeur
a changé le car aller e de V çnce
pour cfluy de la drachme. Ban¬
der on /étant . apperçeu de ce de-
fordre l’a évité fans dire mot. Et
d’une chûfe je ni étonne , que comme
il a été fort exaSl , & fin Commen¬
tateur qui eft venu long-tems apres^
luy , ayent laiffé confus en je ne
fiay combien de receptes huit drach¬
mes pour une once , ainfi qu’on
peut vérifier , je. ne diray pas en
un , mais en tous les exemplaires
de Mefné de quelle édition qu’ils
fiient , on trouve cela tellement
conforme , qu’il n’y a rien de plus
commun , je Vay vérifié en plus de
cent endroits , fans jamais y avoir
treuvé faute. Les üLoines même en
leur Commentaire l’ont fi bien obfer-
ve quils font conformes en toutes
les deferiptions. Il en eft de même
des demy onces , avec les quatre
drachmes ; en la defeription de ce
Syrop Méfié dit Capilli veneris,
Ih & un peu plus bas Liquiritia
Hordei mundati ana p,viij en ce-
luy de Eupatorio , on lit rad.
Apij, &c. ana ^ij. & immédiate¬
ment apreT^Liquiritia , &c. ana
& au Triphera Perfica Caffu-
tha fimunciam , & plus bas , Anifi,
■^iiij. par ainfi il faut entend) e, que
l’once eft cornpofée de neuf drach¬
mes & non de huit , comme nous
pratiquons tous les jours. Nico-
laus Saler?: itanus qu’on appelle , ^
autres Vont ainfi pratiqué , de fa¬
çon que nous errons e?i toutes nos
compojîtions qui fint dofées de la
forte. J’ay voulu faire cette pe¬
tite digrejfion en pafi'ant pour en
advertir les moins ftudieux , non
pas
75
Des Syrops compofez».
pas pour en vouloir corriger Vabtu,
mais pour le faire conno.tre. le
retourheray au Syrop pour en fai¬
re la decoüion avec cinq livres
d‘eau , on fera boitiller V orge mon¬
dé , qui ne dois pas cuire fi long¬
temps comme s’il était entier ,aprel^
on mettra chaque ingrédient fui-
vant l’ordre prefcrit par Baude-
ron , fans faire un nou 'ét ny de la
gomme ny des femences : le
tout fera cuit ]ufqu à la confomp-
tion d’un tiers , & de la cola-
ture on clarifiera avec un blanc
d’œuf deux livres de cajfonnade,
& pour le furplm procéder com¬
me deffus.
SyriipLis dePapauerc Rhæade
incerti Audoris.
yi. Infufionis foliorum Florum Pa-
paveris rubri bis aut ter itérât a,
lib. duos.
Sacchari albi , lih.unam & dimid.
Sacchari Rofati, une. quatuor
Coquantur in Syrupurn.
PARAPHRASE.
L’Autheiir de ce Syrop nous eft
incertain à ce qu on péiic rei-
cueillir, des commentaires de Mat-
thiole fur Diofeoride. Plufieurs Mé¬
decins pour le jourd'huy s'en fer¬
vent heureufement au commence¬
ment des pleurefies à caufè de fa lé¬
gère adftriâioh , & qu'il provoque
le lommeil , purge les poulmons , &
les fortifie.
LE MELANGE.
Ce Syrop fè fait comme le roAt
fimple J que nous avons décrit cy-de-
vant avec deux ou trois infufions. La
colaturé fera clarifiée , & cuitte en
Syrop J avec l'un & l'autrcj fuccre.
Ceux qui n'y voudront point mettre
de fuccre rofàt ^ y en mettront au¬
tant pelant d'autre > avec deux onces
' d'eau rofe 3 & ne feront pas m,al,
à caufe de fpt} adftiiâion requilè au
commencement des fluxions en la
poitrine.
LES ^ACFL TE Z.
Il convient à la pleurefie au com¬
mencement, prouoqiie le fômmeil par
fa vertu narcotique, épaiflît l’humeur
déliée , & modéré les ardeurs de tête,
& les inflammations des yeux , félon
Diofeoride.
RE M ARQ.V E.
Auderon en nom décrivant ce
Syrop ne réglé point la quan¬
tité de la fleur qu il faut pour fai¬
re les infufions j & au mélange
qu’il en donne , il dit qu’il y faut
procéder comme au Jyrop rofat fim¬
ple. Cette méthode eft fort receva¬
ble , mais pour le rendre plus ejflca-
ce , il faut prendre huit onces de
fleur mondée & recente , laquelle mi-
fé dans un pot de terre , faut verftf
dejfus deux livres & demy d’eau de
fvntainé prêté a hokillir , que ferez
infùfer fur les cendres chaudes pen¬
dant huit heures, & aprez- l’avoir
coulée , y faut rémettre pareille
K a quare
J 6 Livre L
quantité de fleurs , ‘ & réitérer cette
operation ptjquk une quatrième
flis , & ainfl il y aura trente deux
onces de fleurs : cela fait , avec deux
livres de fuccre rofat, dans une baf-
fine a la vapeur de l'eau les cuirez,
en Syrop ; que pour empêcher quil
ne fe candijfe dans le pot , y ajoute¬
rez. une once de miel blanc , étant
froid fera ferré pour le hefoin.
Syrupus de Papavere fioiplex,
D.Mef.
2^. Capitum Papaveris albi &
■ Nigri cum feminibus magnitudine
mediocrium ac recentium,vtriufq.
drach. fexaginta.
JiPacerentur horis is^.in aqua plu-
via, lib.quatuor , & coquantur,
donec tabefeant. Exprejfum cla-
rifiçatum cum
Sacchari albi , &
Penidiarum , Utriufq. une. qua¬
tuor > vel fex cum aliis ( quibus
lubens fubfcribo ) percoquantur
in Syrupum.
Si decoElo addiderü,
Seminum LaBuca , &
F'iolarum,vtriufq. une. unam,fup-
plebit vicem eim , qui a Mé¬
fié deferibitur in Eclegmate Pa-
paverino.
Syrupus de Papavere compoH
D. Mef.
Capitum PapauerU albi , &
. jNigri cum femine ,vtriufq. drach.
quinquaginta.
Seminis Laüuc&i drach.quadraginta
SeBion IL
Adianti ’atbi , feu Capilli veneris,
drach . quind&cim.
Ziz.ypha feu lujubas , num. tri-
ginta ,
Seminum Malua , &
Cydoniorum , vtriufque drachm.
GlycyrrhiXy. recentis rafa & con-
tufa , drach. qui'hq.
Coque in lib. quatuor aqua pluvia,
vel fontis ad médias. Colatum yla-
rificatum cum
Sacchari albi &
Penidiarum , vtriufq. une. oélo. Ca-
quanturin Syrupum.
PARA-PHRASE.
MEfiié a tranferit fon Syrop de
Pavot iîmple du Diacodinm
de Galien qui le décrit au livre fèp-
tiéme des Medicamens félon les
genres , chapitre deuxième ; lequel
'cA plus vficé que le compofé : pour-
ce qu’il a fémblable vertu que le
Diacodion , de maniéré que qtii
aura l’un , fè pourra paffer de
l’autre.
Quelques-vns à faute d’avoir des
têtes de Pavot , telles qu’il eft requis,
le font avec la fémencc feule, au lieu
duquel pour être de peu de vertu,
)e leur confeille de difpenfer le com¬
pofé , tel que l’avons tranferit de
îbn Autheur même Mefùé. La bafe,
font les têtes de Pavot , dont il a
pris le nom : les Penides & fuccre
y font mis , tant pour adoucir &
deterger , que pour incraflér & con-
forver leur vertu.
LE
77
D&5 Syrops
LE M E LA N QE.
P Renez des têtes de Payot blanc &
noir J de grollèur moyenne , ôc
qui entre vert & fcc tiennent le mi¬
lieu J non prilès en lieu humide &
marécageux ( pource que leur humi¬
dité eil trop crue j aqueule & inuti¬
le) la quantité requilè , qu'on infu-
fera, en quatre livres d’eau de pluye
ou de fontaine , l’efpace de vingt-
quatre heures hir les cendres chau¬
des. Le jour Itiivant on les fera bouil¬
lir jufqu’à ce que la quatrième par¬
tie Ibit environ conlommée , ou que
les têtes de Pavot foient molles &
flétries , & que facilement on en
puilfe tirer ( par forte expreflîon )
l’humidité fucculente. Aprez il faut
clarifier la colature j comme nous
avons dit aux précédons , & avec les
Penides j & le liiccre , le tout cuire
en fyrop i qu’on gardera au befoin.
Pour le regard du composé > jaçoit
que Mefué ne fpecifie pas les têtes
de Pavot comme au precedent , fî
eft-ce que fi on les prend , & choifit
comme il a été dit , le fyrop fera
beaucoup plus puiflànt , que s’il eft
fyit avec les lèmenccs lèules.
LES EACVEtEZ.
On s 'en fèrt aux toux Icches > aux
defluxions accompagnées de rêve¬
ries. Lors de l’ulàge il y faut mêler
quelques remedcs chauds , poiu: cor¬
riger cette vertu narcotique , pour
iuy lèrvir de véhiculé.
compofez»
REM ARQ_VE.
E treuve en ce Syrop , aujfi bien--
quen d’autres , beaucoup de con-
tradifiion , tant pour raifon des
dofes , que pour le modus faciendi.
En premier lieu Mefué ordonne^,
quatre onces de Penides & autant
de Jùcere , Jur dixhuit onces d’in-
fujton ou decoBion : loubert & au¬
tres , augmentent le fuccre & les
Penides de la moitié , & ne forvt,
pas çonfumer l’humidité que d’une
livre & demy , difant apreT^ Ga¬
lien , en la defcription du Diaco-
dium , que la falfant bouillir da¬
vantage J cela diminuëroit fa ver¬
tu réfrigérante. Avec le fùpport de
ces deux grands hommes , je diray
que. l’exjterience & la raifon m’ont
enfeigne depuis long-tems , que fai-
fant ce fyrop eyaBement fkivaivt-
Mefué , & augmentant la liqueur
de la decoBion de deux livres, que
de deux drachmes jufqud demy
once pour le plus qu’on en donne
dans un lulep , il fait des effets
merveilleux pour arrêter les flu¬
xions , provoquer le fommeil ,
Il n'efi donc pas à craindre que la-
vertu fomnifere s’évanoüiffe par une
longue coBion , puis quelle ne con-
f fie pas en des parties tenues eff
fubtiles ny aériennes , ains en des
crajfes & terrefires j au contraire
fa malignité canfifie en un fouphre
narcotic , crud , indigefi puant,
lequel par le moyen d’une longue co¬
Bion, fe difipe, & par ainfi il g faut
procéder fuivant Mefué. '
78
Livre L Seâion 11,
Des Syrops deflinés pour le
ventricule.
Syru^us de Abfmthio major, ■
D. Mef. “
Abfinthii Pontici fiu Romani,
Ub.femiji.
Rofarum rubrarum , une. duoi.
Nardi Indicut, , drach. très.
Kini albi , optimi & antiqui,
Succi Cydoniorum , utriufque Ub.
duos & femiji.
Macerentur fimul horis 24. fuper
> cineres calidos : deinde coquan..
tur ad médias ; colatum clarifica-
tum , cum facchari albi ( vicz^
mellis defjumati , ut fit jucun-
dior ) lib. duabus , coquatur iru
fyrupum.
TARAPHRASE.
CE fyrop eft nommé de fà bafè
l’Abfinthe Pontique , ôc grand,
pour mettre différence d'avec l’autre
moins:composé & ufité que le pref.
cric. L’aftridion de la bafè eft aug¬
mentée par le fiic de Coings & Ro-
fès : le Nard indique conduit fa ver¬
tu au foye. Le vin blanc aromatic
corrobore le cœur , & corrige la fîc-
cité de la baie. Le Succre deterge
moins que le Miel écumé , mais le
Syrop en eft plus plailànt , il rend l’a-
éliôn meilleure , & confèrve la ver¬
tu. Au contraire s’il eft fait avec le
Miel , il fera plus propre aux Chirur¬
giens qu’avec le fùccre pourcc qu’il
deterge plus.
LE MELANGE.
Prenez l’Abfinthe ou Aluinc bien
net & lèc,que vous inflifercz avec les
Rofes & le Nard Indique incifé, dans
un pot de terre vernillë , au fuc de
Coings , & vin blanc ftir les cendres
chaudes environ vingt-quatre heures.
Le jour fuivant on leur fera prendre
fur le feu clair & non fumeux , au
même pot deux ou trois bouillons,
puis étans à demy froids on les ex¬
primera : aprez la colature fera cla¬
rifiée avec le fuccre , ( ou miel au¬
paravant écumé & pefé ) la quantité
requife & coulée , & le tout fera
cuit en fyrop , qui fe puilTe garder
au befein. Pour les Chirurgiens, Pre¬
nez une livre d’Abfinthc vulgaire fec,
que vous ferez bouillir en trois livres
d’eau & une de vin , qui revienne au
tiers. La colamre fera cuitte en lyrop
avec une livre de miel écumé &c cuit
à parc qu’on gardera.
LES FACVLTE Z.
Il fortifie le ventricule, le foye , &
les autres organes dédiés à la nutri¬
tion : excite l 'appétit, aide à guérir la
jaunillè, difciite les vents , & difpofe
les humeurs à la voye des fellcs &
des urines , félon Diofeoride.
Diale ms de Ahfinthio.
IE ne m’étonne point fi les Apothi¬
caires ont été en grand doute au
pallë , de quel Abfinthc , ou Abfince
ils dévoient compofer le prefent iy-
rop , ou du nôtre vulgaire , fiirnom-
mé d'aucuns Ruftic , Ôc rejetté de plu-
fieurs
^es Sjrops campofeZj. 79
ficurs doctes Médecins : ou du ptit,
cultivé avec tant de foin en pliiueurs
jardins du Royaume de France , &
reconamandc de plufîeurs tant Méde¬
cins qu'Apothicaires. Attendu que
les mieux yerfèz en la connoiflànce
des plantes , jufques à prefênt ne fc
font pû accorder : & chacun étant
fondé d’authoritez & raifons départ
& d'autre, la qiieftion en eft demeu¬
rée indecife. laçoit que mon inten¬
tion ne foit pas de reprendre les au¬
tres , ny de troubler le repos des dé¬
funts par ma cenfore : mais de para-
phrafer tant foulement les compofi-
tions de nos majeurs , en faveur des
Apothicaires François moins verfoz.
Toucesfois avec l’honneur Sc reipeét
que nous devons aux uns & aux au¬
tres , il me femble qu’il ne fora hors
de propos , il fur telle diffiailté j’en
dis mon opinion pour la refoudre, la¬
quelle étant fondée for l’authorité
même de Diofooride , de Galien , 3c
des Arabes , pourra être reçue &
approuvée. Que s’il s’en trouve quel¬
que autre mieux fondé que moy, d’au-
thorité, raifons, & expérience, j’a-
bandonneray volontiers les miennes,
pour foivre les fîennes. Veu donc
que la difficulté coniîfte non au nom¬
bre & différence des Abfinces on Al-
vines , (nom dérivé d’Aloë à caufo de
fon amertume ) car Diofooride & Ga¬
lien n’en ont décrit que de trois dif¬
férences à foavoir , Santonic , Scri~
fhium ou Aiarin , & Pontic , que
Mefoé furnomme Romain.) Mais en
1 eleétion & chois de l’une de ces efo
peces , il faut fçavoir que des deux
premières l’on s’accorde , & non du
Pontic. Ceux qui tiennent que ce pe¬
tit foit le vray Pontic des Grecs 3c
Arabes , fo fondent principalement
fur le texte de Gai. en fonz.iéme livre
de la méthode curative, chap, 1 6 . qui
dit que , -Efi tum folio , tum fore Ion.,
gè , quam c&tera Abjînthia minore ;
odor quoque huic non modo , non in-
fuavis , verum etiam arcmaticum
quid praferens Tontzs Iclquelles mar¬
ques fo trouvent certainement en cét
Abfînthe petit Mais auffi ils ne con-
fiderent pas les autres marques autant
ou plus neceiïàires , décrites ailleurs
par les mêmes Diofe- Gai. & Arabes,
làns lefquelles il ne peut être tenu
pour le vray Abfinthe Pontic ou Ro¬
main de Mefoé. (C’eft tout un.) Qu’il
foit ainfi, nôtre Abfinthe vulgaire cÆ
branchn comme Arthemijîa pre¬
mière , décrite par Diofooride, li eft Marque
vrayement Barypicron ou Bathypi- du vray
cron, id efi, prôfunde amarum. Il eft
chaud au premier degré, & foc à la fin *
du focond. Son adftiiélion eft grande, .uuîgai-
par laquelle il fortifie les vifoeres af- rt.
fbiblis, Et outré fon amertume gran¬
de , il participe de nitrofité , qui eft
caufo qu’il purge par le fiege , & par
la voyede l’urine, la matière bilieufo
contenue an ventricule, & au foye. Il
eft aromatic & de bonne odeur , au
relpeét du Marin, & Santonic. H tuë
les vers , tant intérieurement pris
qu’exterieurement appliqué. Toutes
lefquelles marques fe trouvent en nô¬
tre Abfinthe vulgaire , & non au petit,
que pliificurs & mal , fiirnommenc
Pontic. Touchant la petitellè des
feuilles mentionnées par Gai. au lieu
preallegué : je répondray avec Ron¬
delet Sc Pena , qu’en ce lieu le texte
de Galien eft dépravé , Sc que où nous
liions , St (poAAa f^nepovipa. id eft , fo¬
lia minora ; il faut lire ipt/Ma pf.a-
upcTipa
8o Livre 1.
K-portp», id ejt folia majora. La faute a
été facile aux Imprimeurs , ou à ceux
<jui avoient écrit les livres de Galien
à la 'aiti de mettre un / pour un a, &
il ne iaut pas s'arrêter à une marque
fi frêle pour ailùrer une doétrine. Ce
texte ainfi corrigé , il fe trouvera que
nôtre Abfinthe vulgaire , fùrnom-
mé Ruftic > eft le vray Pontic des
Grec , ôc Romain de Mefué , ainfi
appellé par luy , pource qu’il croît de
foy Sc fans ariifice, en grande quanti¬
té parmy les mafiircs , & ruines de
l’antique Rome. Que celuy de Rome
foie fèmblable à nôtre vulgaire, &
non au nôtre petit, je m’en rapporte
à tous ceux qui l’ont vu & confideré
de prez , foient Médecins ou Apo¬
thicaires qui y ont été. Excepté que
fceluy de Rome, qui croît ez lieux
maigres , & non cultivez, a fà tige,
branches & feuilles un peu moindres
q^ue le nôtre qui croît ez jardins ar-
roufez , & meliorez. Quant à fa for¬
ce je confefleray toujours nôtre vul¬
gaire , & qui croît en France , être
moindre que celuy qui croît en Pon¬
te , en Cappadoce , Sc Cir le mont
Taiirus : ou que celuy qui croît à Ro¬
me , qui font régions beaucoup plus
chaudes que la France. le fçay auffi
par le témoignage d’Hippocrates Sc.
de Platon , que la nature communique
des forces Sc vertus aux plantes , ou¬
tre i’influance des AftreS , en certains
lieux , qu’elle dénié en d’autres. Pour
cela l’appellation ne fè change point.
Quelqu’un pourrait dire que plufieurs
doctes Médecins de nôtre tems ont
préféré ce petit Abfinthe , à nôtre
vulgaire, Sc en ont ufé avec heureux
fitccez. le le confclFe , & ne le re¬
jette pas de l’ufage de la Médecine,
Section IL
l’en ay ufe moy-mênae fôuvcnt pour
m’accommoder au palais des plus
délicats , aimant mieux leur aider i
en quelque chofe , que rien , pour
l’amertume grande de nôtre Ab¬
finthe vulgaire , odieufe à plu¬
fieurs. Car ce petit eft moins amer
& adftringent , & fi eft aromatic &
de bonne odeur. Voilà pourquoy
nous en avons ufe & ufons. Les
curieux répliquent, difàns : Si l’Ab- objefii
finthe vulgîiire & Ruftic eft le vray
Pontic des anciens, comme je l’af-"^ ’
fùre : ce petit tant recommandé ne
peut être le Santonic , ny le Marin ,
veu que Diofeoride & Galien n’en
décrivent que trois : que fera- ce ? le
faut-il rejetter du rang des Aluines,
ou en conftituer une quatrième ef-
pece ? le dis qù’il vaut mieux le
conftituer au rang des Aluines, que
de le rejetter : voire le furnommer
petit Pontic , Sc nôtre vulgaire grand
Pontic , à caufè de fes tiges , bran¬
ches , feuilles, fleurs, femences,&
vertus qui font plus grandes. Ainfi il y
aura de deux fortes d’Abfinthe Pon¬
tic , l’un grand , qui eft nôtre vul¬
gaire, & l’autre petit, à l’imitation de
Diofeoride , qui décrit de deux for¬
tes d’Arthemifia , l’une à grandes, &-
l’autre à petites feuilles. De ce que
deflùs je conclus que nôtre Abfin¬
the vulgaire , eft le vray Pontic des
Grecs & Romains , décrit par Mé¬
fié , qui different du nom feulement,
& non d’efpecc. Pource' je con-
feille aux Apothicaires de préparer
leur fÿrop avec nôtre Abfinthe vul¬
gaire , Sc qu’ils en ufènt en toutes
leurs compofîtions , & ordonnances
que les Médecins leur envoyèrent. Si
au contraire pour les confiderations
que
I)ù5 Syrops compofeZj, 8i
que delîlis> on ne leur commande de
prendre du périr ponric ; & afan qu’ils
at ibienr fruftrez de leur inrenrion,
& l'Apothicaire relevé de peine , ce
fera bien fair à eux de fpecifier , le¬
quel iis veulent qu’on prennCjy ajoû-
tanc magnum iêu ma]us > 011 parvum
(m minus.
.REMARQVE.
BAuderon & Mefué de Vênife
afud luntas,ne conviennent f oint
four la doje de L' Ahjinthe, parce que
fans doute ce premier a emprunté La
defcnption de fin Sj/rop d Abjînthe
des vieux exemplaires de JÜefué en
lettre Gothique , ou de Fâldegrifi,
avec lefqueis il efi conforme, & pour
ce dernier )e ne puis comprendre d"où
ejl-ce quil a tranferit la Jienne , oit
il fait entrer deux livres d’Abfinthe
Romain , qui font onces , au lieu
que les vieux nen demandent que 6.'
onces, & pour le furplm , ils ne diffe¬
rent en rien, tant pour les ingrédient
que pour les dofis.raurois volontiers
cru que cette difformité eufi procédé
‘les Imprimeurs , fans une annotation
<iui efi en la marge marquée par une
Tj qui renvoyé immédiatement avant
la dofe de 1‘AbJinthe , en laquelle on
y lit , vulgaris lib. fimifi. qui ne fi-
gtJifie pas comme quelques - uns fi
fourraient imaginer de prendre de¬
mi livre d’Abjinthe vulgaire j mais
elle veut dire quen laverfion vulgai¬
re de Alefké , U nefi demandé que
demi livre d'Ahfinthe , à laquelle
dofe il fefaut tenir , & aux vieux
exemplaires , ainfi que font les Moi¬
nes en leur Commentaire .
Maù quant au modm faciédiM efi
très a propos de le corriger , du delà
de ce qu'il en a été dit en la précédé te
édition , afin que le Sj/rop en fait pim
puijjant : Et four ce faire , on pren¬
dra de l'Abjinthe pontic fie qu’on
appelle che\^ nous , qui efi Abjin-
thmm tenm folio Dodonai, l’ayant
incisé fi menu qu’il fi pourra , les
rofes & ffina nard de même , feront
mis dans un matras avec du bon vin
blanc , & du fuc de coings, clairs &
bien depurez. de chacun une livre &
demie, l’ayant bouché , fera tenu par
Z 4. heures en une chaleur convena¬
ble : la colature & l’expreffion faite,
la liqueur fera mifi dans une phiolt
jufqu’a l’entiere défécation, puis avec
deux livres & demie de fuccre fin, on
les fera cuire dans une terrine corne
a été cy -devant dit en l’Oxyfacchar.
Et pour le Syrop d’AbJynthe fim-
ple qui n’a autre ernploy que pour
les play es, que Baud. rapporte dans
fin mélangé. Il faut prendre demi
livre d’Abfinthe vulgaire , ou com¬
mun de nos boutiques, l’infifer & le
cuire dans deux livres d'eau , la co¬
lature & repofition faite , avec une
Hure & demie de beau miel ,& un-
peu de vin qu’on y a joutera en tems
& lieu feront cuits en Syrops.
Syrupus Meothæ maior»
D. Mci:
y:. Succi Cydoniorum dulciut»,
Succi Cydoniorum muforum,^
Succi Granatorum dulcium,
Succi Granatorum acidorum,
Succi Granatorum muforurn,
Menthe, ficce,fing.lib.und & fimifi.-
Rofarum rubrarum, une. duos.
h M*
Livre L
JUfacerentur fimul horis 24. Dem-
de coquantur ad dimidioi in va-
fe terreo vitreato. Exprejfum cla-
rificetnr & aromatiz.etur cum
Trochifi.Gall. mofchata, drach.duab.
.Sacchari albi, lib. duab.
Coquanmr in Sytupum^
PARAPHRASE.
La bafe de ce Syrop eft la menthe,
dont il a pris le nom. Les fiics &
rofes y font rnis pour augmenter ladr
ftriction de la bafo , & corroborer le
ventricule contre les hoquets , & la
paffion cholérique , & empêcher les
vomiffemens , Diofcoridc. Les Tro-
chifques de Gallia mofchata y font
mis pour la defenfo du cœur, cerveau,
& matrice. Le foccrepour corriger
l'acrimonie des Lies & ficcité de la
bafo,& les conièrver. Ce mot de
forum fignifîe mediorum ou aigre-
doux en un mot : pour ce qu'il parti¬
cipe de doux , & aigre. Ceux qui
n'auront des coings & grenades ai-
gre-douces , qu'ils prennent égale
portion du foc aigre , &c doux , & les
mêlent : ainfi feront un moyen qui
fera tel que Mefoé requiert.
LE MELANGE.
Prenez fopt livres & demie des
focs icy requis , & en iceux trempez
k menthe lèiche, & non verte, à eau-
fo de fon Lumidité crue, & venteuft,
l'eipace de 24. heures, avec les rofos,
& for les cendres chaudes , dans un
pot de terre vernilTé , & non en une
baflînede cuivre. Le jour foivant ils
feront conliimez à la moitié dans le
Même pot, üir les charbons allumez.
S edi ton IL
La menthe foiche endure plus longue
depaélion que la verte : joint qu'elle
confome une partie des lues par fa lîc-
cité , de forte que pour venir à la moi¬
tié, elle ne cuira pas trop. La colature
fera clarifiée ( comme dit eftj avec la
calTonnade , & aromatizée avec le
Gallia mofchata groffierement pilé, le
pot étant hors du feu ( lequel il faut
couvrir , afin que la vertu ne s’exha¬
le : ) demi heure aprez le tout fera
coulé par le blanchet , & cuir à petit
feu en confiftence de Syrop , pour le
garder au befoin. Ceux qui ne le
voudront aromatizer f comme avons
dit ^ qu'ils mettent les Trochifques
pilez en un noüetque par fois ils ex¬
primeront au Syrop durant fa. cuitte,
'& le fofpendront au pot , ou le Syrop
fera gardé toute l'année.
LES F A CELTE Z.
Il corrobore l’eftomach par fa cha¬
leur modérée , ôc legere adftridion
aide à k co6rion,>,appaife les nauféesi,
le vomilfement , le hoquet & la lien-
terie.
REMARQVE.
'Advouë d’ avoir été furpris en la
defeription du Syrop de menthe,&
de ne inêtre point apérçeu de ma
Jùrprife , que lors que i'ayfait le re¬
cueil des fautes de Pimprejfion : &■
afin qud l’avenir ceux qui le pré¬
pareront ne tombent pas dans la mê¬
me faute , ou fi on le donnait en chef-
d’œuvre a un aéfirant a la maltrife
pour l’inquieter fur la diverfité der
fucs , i’ay feparé les fkes qui fem-
éloient comme confits en deux lignet
Des SyroPs compofeZj,
€gntinu'ès , & les ay 7nü en ordre
fort intelligible. Et parce que fept
livres & demine fufifent point, pour
infufer & cuire, comme l’auteur de¬
mande une livre & demi de menthe
feîthe , & deux onces de rofes , fans
les augmenter de heaucoup,par ainfi-
il y aurait une dijproportion fi gran¬
de, qutl ne s'en efi point veu prefque
de femhlable , en ce qu'il fie trouve¬
rait y avoir pim de huit livres de
liqueur pour cuire enSyrop deux li¬
vres de fuccre ou en fa place deux
livres de miel. Sur cette difficulté,
avant depaffier au vray mélangé , je
voudrais fiavoir de ces jeunes cen-
feurs , qui fi mêlent de vouloir re¬
prendre les écrits de ceux qui tra¬
vaillent pour les infiruire' fans les
avoir vem , fi on préparait ce Syrop
fuivant l’ordre de Méfié , que de¬
viendraient je vous prie , les parties
ffiiritueufis qui compofint en partie
les vertus de la menthe, fi elles ne fi
diffiperoient point en l’air par une
longue coétion , & s’il neft pasper-
mis en tels rencontres à un Artifire
de proportionner les liqueurs avec le
fuccre , pour mieux confirver les
qudlitez. & vertus de ce qu’il com-
pofe fans déroger rien en. à l'in¬
tention de l’Autheur. Pour procé¬
der donques avec toute la méthode
requifi au mélangé de ce Syrop , il
faut prendre quatre livres des fies
fismentionne'f bien dépuré'^ , fix
onces de menthe nouvellement fi¬
chée & incisée fort menu , avec cinq
drachmes de rofes.& mettre le tout
dans un pot de terre vernijfé,exa£ie-
ment couvert fur les cendres chau¬
des par 24. heures, aprez. on y aug¬
mentera le feu une heure durant .jufi
85
qu’à ce que la matière fait prefire à
bouillir, la colature faite , & le marc
fort exprimé , on procédera a une fé¬
condé , & jufqu'à une troifiéme infu-
fion , obfirvant en tout la première,
cela fait & l'infufion reposée dans
une phiole pendant it^.heures,le pim
clair fiparé avec 3 . livres de fuccre
feront cuits dans une terrine vernie
a la vapeur de l’eau chaude , & fir
la fin on y ajoutera la colature de
deux drachmes de Gallia mefehata
mifes en poudre, & infusées dans un
matroi bien bouché avec deux onces
d’un des fifdits fies , pour le tout
être réduit en confiftence de Syrop.
Syrupus Myrthinus compofî-
tus , D. Fernelij.
Ofi. Baccharum Myrthi,unc.duai &
fimifi.
Santali albi
Rhois cultnariq, vulgo Sumach,
Balaufiiorum,
Baccharum Oxyacantha , feu Bi¥-
herù.
Rofarum ruhrarum,fingul.unc.unaim
& fem. alii ‘^xv.
Meifilorum,lib.dimidiam:alii. 550.
Contufis omnibrn coquantur in lib.
oBo aqua ad ténias. Expreffie ad-
de Succorum Cydoniorum, &
Granatorurn, vel Pomorum a-
grejlium,utriufque lib.duas.
Sacchari albi, lib. quinque. Fiat Sy-
rupm.
P>ARAPHRASE.
CEnx qui n’auront pas la eomiuo-
dité de recouvrer des Myrtilles
La rç
8 4 Livre 1.
rccentes pour en tirer le fuc,5£ faire le
Syrop iîmple décrit par Mefùé pour¬
ront préparer le prefent composé,
comme ayant femblablc faculté que
le fimple , lequel avons tianfcrit de
Fernel livre feptiême de fa méthode.
La balè font les myrtilles dont il a
pris le nom. Les autres medicamens
y font mis pour augmenter l'adftri-
élion de la balè comme les liics pour
le faire penetrer , par leur tenuité
de parties : le Santal y eft mis pour
k défenfe du foye , contre leur nui-
lànce ; le fucccc pour corriger leur
fîccité , rendre leur aélion meilleure,
& les conferver.
LE MELANGE.
Le tout concafsé excepté le San¬
tal qui fera mis à part enlèmble fe¬
ra cuit en huit livres d’eau , tant que
les deux tiers foient confumez. La
colature avec les focs, & foccre re¬
quis , feront clarifiés comme a été
dit, & aromatizez avec le Santal con¬
cafsé , & puis coulez par le blan-
chet , étant â demy froids. Le tou-
fera cuit en un pot de terre vernif-
sé ( pour caulè de l’aigreur des focs,
qui de la baffine de cuivre attireroit
une acrimonie nuilîble à l’eftomach
des malades ) en forme de Syrop,
qui fera gardé au befoin.
LES FACVLTEZ.
H fortifie le ventricule & les vif-
«cres : arrête les flux de ventre in¬
vétérez , toute corruption de fang,
& toute forte de fluxions du cer.»
veau.
SeBion 1 1.
R E M A R CLV E
LEs ingrediens qui compofent ce
Syrop pefent en tout feiz,e on¬
ces 3 l’eau pour les cuire efi limi¬
tée par fin Autheur à huit livret:
cette quantité d’eau excede de beau¬
coup , & Jùffira d’y en mettre qua¬
tre livres, & au lieu de faire bouil¬
lir les /impies , il ne faut que les
faire infufer qui fera beaucoup meil¬
leur , aprez. les avoir concafsé, par
l’eéface de vingt-quatre heures dans
un pot bien couvert , en une cha¬
leur modérée. Avant de les couler
leur donner une ébullition , & à
iceux on pindra les Jucs bien dé¬
purez. j Bauderon en faveur de ceux
qui nont point de fuc de grenades
y fait entrer celuy de pommes fau-
vages , .& pour le furplus ,il y faut
procéder fuivant Fernel , & non
Bauderon , qui dit dans fin mélan¬
ge , qu’il faut aromatiT^r le Syrop
avec le fantal blanc.
Le Sumach eft appelle Rhm culi-
narium , parce qu anciennement on
fie fervoit dans 'les cuifines de la
femence pour mettre fur les vian¬
des, comme auftï pour les diftinguer
des autres efteces^
Syrupus Sympliyti,D.Ferneli}.
Radicum & Cymarum Symphy-
ti mapris , &
Symphyti minoré , utriufque
manip. très.
Rofarum rubarum,
Betonica,
Flantaginé,.
Des Sjrops comfofezt.
PimpinelU
Fotygoni , feu Cetitinoàis,,
Scahiofa,.
Tujfdaginü, fingul. manip. duos.
Ex his omnibus recentihm contujîs
exprime fuccum , qui coquatur
& exprimatur ad lih~ très , ad¬
denda:,
Sacchari albi, lib. duos & femij?.
Coquantur in Syrupum.
Tabidü , Phthificis , & Hmoptoi-
eù falutarem.
PARAPHRASE.
CE Syrop a pris le nom de fa
balè les racines & lommitez du
Symphytum grand & petit : leur ad-
liridion eft augmentée par le Poly-
gonum , ou Centinodia , & les rôles:
& icelle conduite à là poidtrine par
le Tufllago, & Scabieufe ; au foye
& reins J par le plantain, betoine,
& pimpinelle. Le lùccre y eft mis
Eut corriger leur riccité , rendre
ir adbion meilleure , & les coa-
ferver.
LE MELANGE.
gj
LES FACFLTEZ.
Il nettoye doucement la fanie &
le pus des ulcérés du poulmon, fans
danger aucun d’hemorrhagic , & cor¬
robore auffi les poulmons.
REMARQVE.
A quantité des racines , & des
herbes qui entrent dans ce Sy¬
rop ne fe montent qua vingt-qua¬
tre manipules, lefquelles ne peuvent
fujfre pour rendre environ fix li¬
vres de fuc qu il faut , parce que
le clarifiant feul , avant le mêler
avec deux livres ^ demy de fiuc-
cre four être derechef clarifiez, en-
femble , il déchet de beaucoup : cefi
pourquoy il les faut augmenter : &
celuy qui s'en voudra plus digne¬
ment acquitter , tirera chacun des
fucs feparément , & iceux éfure\^
en prendra quatre livres en tout,
ebfervant les dofes des quatre pre¬
miers, qui efi plus grande d'un tiers
que celle des autres fuivans.
Ce Syrop fe doit préparer au
mois de May , lorlque les rofes font
récentes , & les herbes en leur vi¬
gueur. Toutes enfemble , les ra¬
cines & Ibii mitez au mortier lè-
ront pilées , dont on tirera le liic r
& Cl c"eft en autre fàifon , dans le
fuc , on fera bouillir les rofes fei-
ches. Les lues , & lexpreffion d’i¬
celles feront clarifiez avec le fiiccre,
coulez & cuits en Syrop, qu’on gap.
dera au beform
S’enfuit des Syrops,qni font
pour le foye, & ratte.
Syrupm Bizantinm Jîmp. & ecmp.
E Mef.-
Of. Succorum Intybi ,id efi Endi-
via demeftica
Apij , utriufque lib. duos.
Lupuli, &
CEugloffi, vel Borragin. utriuf¬
que lib. unam.
L i
Suces
s 6 Livre 1.
Sitcci fimel fervefiant & purgentur,
in quihut coque,
Sacchari albi , lib'. duM & femij?.
Si Syrupurn fimplicem compofimrtu
es 5 fin mtem compofitum, fuccü
fie depuratis fiquentia coque.
5^. Rofarum rubrarum , une. duos.
Glpcyrrhisfi recentis & rafa , une.
dimid.
Seminùm jinifi,
Fœnieuli , ■&
:Apij , fing. drach. très.
SpicA Nardi , drach. duos.
Éxprejfo clarificato , & arematiaa-
to Nardo Indica inijce
Sacchari albi pohdm praferiptum,
. id efidib. duos & femijfem ; &
•» coque in fiyrupum.Sub finem fi ad-
diderù Aceti vint albi lib. duos,
& rurfm in fjrupi crajfitudi-
nem coquantur ; fupplebit vicem
Syriipi Acetati compofiti , ut eo
carere pojfts.
PARAPHRASE.
CE Syrop eft appelle par quel¬
ques-uns Dinarim , du nom
Arabe, qui lignifie diuretique,ou pur¬
geant les urereres , ou félon les au¬
tres du nom d’une monnoye d’argent,
nommée des anciens Grecs Denier,
qui. valoir de nôtre monnoye de Fran¬
ce trois lois & demy ; félon .la fiip-
pntanon de Budée au livre qu’il a
fait de Ajfe. Il eft aufli nommé Bi-
x.antinus, du nom de Bizance, pour
le.joiird’huy appellée Conftantinople
ville Capitale de Syrie, où il éroit
fort en ulàge : ou pource ( peut-être)
que les Médecins de Conftantinople
en ont été les inventeurs. La bafe
SeBion IL
font les fiics d’Endive, &d’Ache;
leur vertu incifive & atténuative des
matières crallés & vilqueufes , qui
opilenc le .foye, ratte ôi reins , eft
augmentée par le vinaigre : la deter-
five par la regliilé : les femences y
font miles pour conliimer les vents,
& corriger la froideur du vinaigre,
& les rôles pour la dcfenlè du vem
tricule contre l’injure du vinaigre,
&le Nard Indique , pour celle du
, foye : le fuc de bugloflè y eft, mis
pour la defenfe du coeur : celuy de
lupule pour conduire la vertu de la
balè à la ratte : le lùccre rend leur
adion meilleure , & les conferve.
LE MELANGE.
Prenez les lues j)urifiez au Soleil,
ou lîir le feu aulquels ferez en pre¬
mier lieu bouillir les femences ; puis
la reglilïè raclée , contufe , finale¬
ment les rofes. La colature fera cla¬
rifiée avec le fuccre , & aromatizée
avec le Nard Indique incisé menu,
puis à demy refroidie fera coulée par
le blanchet. Aprez dans un pot de
terre vernifsé ou baffine étannée , le
tout fera cuit en Syrop avec le vi¬
naigre blanc , qui eft beaucoup meil¬
leur que le rouge , tant pour la coii-
leur , que pour la pénétration .plus’
grande. Le composé, pource qu’il
a plus de force que le fimple , eft
plus ufité. Ceux qui auront ce Syro^
en leurs boutiques , fè pourront pal¬
ier du Syrop Aceteux composé.
LES FACFLTE Z.
Il incîfe , il atténué , il ouvre les
obftrudions du foye , de la ratte &
du
Des Syrofs Compofez^, ' %j
do mefçntère : il cft propre à la j aii^
tà&, provoque les mois, & guérit
les fièvres putrides, tant bilienfes que
phlegmatiques,difliciles &c rebelles.
REMARQJ/E.
yî defcriftion de ces deux Sy-
rofs pmfle & composé , efi fi-
dellement rapportée par Bauderon.
Les dofes fout conformes dans tous
les exemplaires de 2\4efué , au moins
dans les cinq de differentes éditions
que'fay en main. Le modmfacien-
di de Bauderon me femble devoir
être obfervê.
Syrupus Intybi compoEt.
D. Gentilis.
5^. Succorum Jntybi fativi , Jeu
Seriola domeftica , df
Hepatica depuratorum,utriuf-
que lib. très.
Hordei integri à fordibus mundati.
Adianti albi , feu Capilli Veneris,
Seminum fiigidorum majorum,
fing. une. unam.
Bofarum ruhrarum
Violarum,
Lentis paluffris,
Bolythrici , fing. une. dimidiam.
Technicè coquantur in fuccis. Ex.~
preffum clarificatum , & aroma~
tiz.atum ,
Santalorum albi, &
rubri, &
Vva Oxyacantha,feu Berberis,Jînff
drach. un a,
Cinnamoml , drach. dimid. eoletur
& cum
Sacchari albi , lib. quatuor , coqua-
tur in fyrupum. '
Delevi lignum Alo'és Corticem Ci-
trii , dr femen Cydoniorum : qu'od
ilia amara fint , hac vero fna mu~
cagine fyrupum vitient , & feo-
pis propojttis parum , aut nihil
conveniant.
BARAfHRASE. '
C'^E Syrop eft furnommé compo-
jsé , pat fon Authair Gentilis de
Fulgineo , commentateur d’Avicen¬
ne , à la différence du fimple , décrit
au rang des Syrops fimples. La bafè
eftlefuc d’Endive,-autrement appel¬
le Scariole , dont il a- pris le nom. Sa
faculté refrigeratiye eft augmentée
parlefuc d’Hepatique,& parla lentil¬
le d’eau. L’aperitive par l’orge entier.
Capillaires , & femences froides , qui
conduifènt la bille par la voye de
l’urine. Les fleurs de violes y font
mifos pour la defenfe du cœur : les
rofos pour celle du ventricule : les
fandanx , & berberis , du foye , ratte,
& reins : la canelle , des autres vifo
ceres , & pour refifter à la pourri¬
ture des humeurs , & modérer par fa
chaleur , la froideur de l’Heparique,
Sc lentille d’eau , & bafè : le foccre
pour la faveur & conforvation des.
efpeces.
LE MELANGE.
Premièrement dans les fîtes dépu¬
rez au Soleil, ou fur le feu, il fout
faire cuire l’orge l’efpace de quelque
temsrpuis on y mettra la lentille d’eau
& les Capillaires , aprez les fomen-
ces froides contufcs avec un pilon
de bois , finalement les rofés, & vio¬
les. Cette decoétion à demy refroi-
88 Livre /. SeBion 1 L
die fera exprimée > & clarifiée avec theur du Thefaurttt \AromataHt.
le J(ùccre,s'il eft impiir,& airomatizée rum : ce dernier attribué la defcri.
avec les fancaiix , berberis , & canel- ption à Centilü, & neanmoins U y
le concallez. Le tout ayant etc tire
hors du ieu , & couvert d un linge
environ demy heure j fera coulé par
le blanchct: puis cuit en Syrop, qui
fera gardé en Ion pot au beloin.
lay diftrait de la prefente de/cri-
ption le bois d’alocs Üc l’écorce de
citron pour être trop chauds : & la
graine de coings auili j à eaufe de la
vifeofité : le tout peur être jeu con¬
venable à ce qu'il promet.
LES FAC FETEZ.
Il refirigere & humede , leve les
obftrudions , corrige les' intemjge-
ties chaudes du foye ôc des rems,
rompt l’acrimonie delà bile : on l’or¬
donne utilement, la première région
du corps étant nettoyée , ou la madè¬
re étant cuitte.
REMARQUE.
E nay peu conférer la defeription
de ce Syrop avec celle de Ôenti~
lüipour ne l’avoir peu treuver dans
le Commentaire qu’il a fait fur Avi¬
cenne , mais tout ce que je puis di¬
re de véritable , c’efi qu’ayant vou •
lu confionter cette defeription avec
d’autres ,]e les ay treuvées fort dif.
ferentes en quelques endroits. Les
Médecins d’AuJbourg le décrivent,
l’Autheur du Luminare ma]m,ce-
luy du Lumen Apothecariorum, du
Thefaurus Aromatariorum \ & Fa-
lerius Cordus , lefquels font tous dif¬
férons en dofes & en nombre (tin-
grediens. Les pim conformes font
Bauderon & Paulm Suardm, l’Au^
fait entrer les fleurs de Nénuphar,
de laquelle les autres ne font point-
mention. Pour le modm faciendi il
s’en faut tenir a Bauderon.
Syrupus Cicliorii compofic. D.
Nicol. Florent.
Hordei integrl a fordibusrepur-
gati, une. quatuor
Radicum Apq,
FœnicuLi,
Afparagi , fing. une. duos.
Herbarum Intybt latifolÿ , feu En-
divia fativa , &
Intybi angufii folqfeu Seriolg,
Cichorij erratici tseri florem pur-
pureum gerentis,
Taraxaconis, feu dentis leonis,
fing. manip. duos.
Gcerbita , id efl Senchi levis , feu
laüucA leporis ,
LaStuca fativa,
LaStuca fylveftris , vulgo Endivia
dteitur , & fpinas in dorfo folto-
rum hahet
Lichenis , feu Hepatica,
Fumaria,
Lupuli, fing. manip. unum.
Adianti albi , feu Capilli Vèneris, &
Callitrichi Gai. idem.
Adianti nigri , feu Polytrichi , &
Trichomanes, idem
Adianti vulgaris , feu Dryepteris
vel Filictda, idem
AJplenij , feu fcolopendrij , vulgo Ce-
terach,
Clycyrrhi^a recentis rafe , & pa-
rum contufa,
Bacha
\ Des Syrpps
Baccarum HaUcacabi,hu]m,.ut hor-
dei, alij codices habent une. qua¬
tuor , qua quantitai ma'pr vide-
tur feopo ab authore propojito .• ob
id emendatiorem fequor feminis
CufcutA, Jtng. drach. fex.
Coquantilr ex ^arte in lib. duodecm
aqua , aut quantum fÆcit , ad
tertia partis confumptmiem. Co-
lato clarificatd dijfolue.
Sacchari albi, lib. fex , & coque in
Syrupum.
Addunt nonnuUi libris Jîngulis- Sac¬
chari, Rhabarbari feleSii , une.
dimid.
Nardi indica fcrupulos quatuor, at
duo. fuficiunt (id illius faculta-
tem intendendam, levis & potens
curn fit.
NonnuUi contra mentern Autho-
,ris Rhabarbarum duplicant : alij
triplicant imo quadruplicant ; quod
non prtibo ; fed potiits utendi tem-^
pore addendum , fi necefiitae côgat,
& medicus imperaverit : quoniam
hic Syrupui ad aperiendum meatm
reclufos, & roborandum vifeera , ejl
accommodatus , non ad purgandum.
tAd hac vis Rhabarbari purga-
trix cpolione , & dimina ajfervatio-
ne dh%i in auras.
T^ARAPHRASE. y
CE Syrop eft écrit par fon Au-
cheur Nicolas Florentin » au li¬
vre cinquième , chap. de l’opilation
du feye: il eft lùrnommé composé
au refpeét du fimple ( qui le fait de
huit livres de fuc de cichoréc puri-
fiéi & clarifié avec cinq livres de lîic-
cre.j 11 a pris le nom de là bafe les
quatre elpeces de cichorées * miles au
' compofeZj, 89
fécond ordre ^ ayant gardé celuy que
TApothicare doit oblèrver en déco»
élion:, en commençant par la pliis
grande dolè j venant toujours en di¬
minuant , à l’imitation d’Androma-
■ chc en Ibn Theriaque.
La vertu defopilative de la bafe,
eft augmentée par l’orge entier , &c
racines aperitiyes : la deterlive par les
Capillaires & regliflè : la refrigera-
tive par l’hepatique, laiétuë, & Ci-
cerbita ; la corroborative de tous les
vilceies j par l’adftriÆion du Rheur
barbe y 8c Nard Indique.
Leur vertu eft conduite à la ratte
par les Lupules, Fumeterre, Cetcrach,
8c Culcuta : aux reins par l’Alke-
Jeenge. De maniéré que qui voudra
confiderer de prez fa compofition , il
jugera ce fyrop être plus convenable
aux maladies compliquées , qu’aux
fimple». fièvres ardentes , tierces ou
peftilentes , .& autres lèmblàbles. Le
luccrc y eft mis pur le goût,^& pour
rendre Ion action meilleure , 8c eon-
ferver le tout.
LE MELANGE.
En dix ou douze livres d’eau , il
faut premièrement faire bouillir for¬
ge entier 8c non mondé de Ion écor¬
ce externe. Iceluy étant à demy cuit,
on y ajoutera les jracinès^môndées
de leur cœur , 8c incisées ou concaf-
sées. Aprez on y mettra les efpeces
de cichorée , 8c les femences 8c Ce-
terach : un peu aprez la-'regliflè ra¬
clée 8c çoneufè & les autres hér-
bes : finalement les elpecés d’Adian-
tum. La treizième partie de l’eau
étant confirmée , ou environ le tout
à demy refroidy fera exprimé. Il
M faut
Lhre h SeSiionIL
les FACrLTEZ.
90
^aut clarifier avec des aubins d'œufs
la colature & le fuccre , s'il cil im-
puf : puis couler le roue par le blan-
cheCj & finalement cuire en Syrop.
Durant la cuitte , on exprimera fou-
vent le Rheubarbe, & Nard Indi¬
que concallèz , & mis en un noHetj
qu'on gardera pour s'en fervir au be-
foin.
Quelques-uns infulcnt leur Rheu-
barbe avec le Nard Indique en une
partie de la deeoûion 'clarifiée, de
leur Syrop étant cuit à perfeâion , y
jettent l'expreffion , la baffine étant
hors du feu , afin qu'il loit plus pur¬
gatif, ne confiderans pas que ce Sy¬
rop n'cft pas tarit pour purger la bi¬
le & pituite, que pour corroborer
les vilceres ^par l'allriélion du Rheu¬
barbe & Nard indique, laquelle eft
au centre , comme la vertu purgati¬
ve en la furface'. Pource je ne fuis
as d'avis que les Apothicaires dou-
lent, triplent , quadruplent la doiè
du Rheubarbe ,& Nard Indique, li
exprez le Médecin doéte , & expert
en Ion Art , pour quelque confidera-
tion à luy inconnue , ne le comman¬
de. Ce qu'il fçatiroit bien faire en la
neceffité, & en telle quantité qu'il
connoîtra être expedient,lèlon la ma¬
ladie , le tems d’icelle , la fdlôn,l.’â-
gc & tempérament de fon malâde,
& fera : beaucoup meilleur que faire
ainfi qu'ils fiant.
En quelques exemplaires o;i lit Or¬
ge mendé, ôç Aikekenge de chacun
deux onces /en d'aunes plus correéls,
Jtx drachmes d’Alkekenge que j’ay
fjiuy : po! ree qu'il m’a kmblé que
cette dofe étoit fiu. fante à tout ce
que ce Syrop promet.
Il ouvre les gbllriiélions du foye,
de la ratte , des reins ; fortifie le cœur
■ & les vilceres , fi la dolè du Rheubar¬
be n'ell point augmentée. Mais fi elle
l'eft , coi^e on le fait d’ordinaire,
il purge Wlicement , & peut conve¬
nir à tout âge : il chafl'e la bifopar
les urines : reme'die à la pefté & au
charbon ; Ôc eft utile au commence-
luent des fièvres chaudes.
R E M Â R Oy E.
Onjiderant un jour ta diifen-
fation des fimples,qui compofent
le Syrop de ciçhorée, que favoisfait
faire dans ma boutique , & l’indu-
firie de fon inventeur , d’avoir af-
femblé tant de fimples , douez de
differentes qualité^. & vertus , afn
de remplir diverfes indications, potsr
furvenir aux affetlions du foye , de
la ratte , & des reins ; ]'e laiffe d
part les autres effets quilproduft,
pour concturre apre'^ cela : que -ce
■ n’efl pas fans caufe fi chaque Au-
theur des Differifaires en a inféré ta
defeription dans fon œuvre. 2\/[ais
defirant de fçavoir au vray , s’ils-
av oient tous obfervé la vraye deferi¬
ption de fon Autheur , par un exa¬
men particulier que )’en ay fait , d
peine en ay-,e treuvé trois,qm foient
CO? formes en leurs defertptions : dans,
les uns ’y ay remarqué , y avoir
faute de quelques fimples , aux unes
plus aux autres moins ,& en d’au¬
tres on y a changé certaines défis-,
comme dans la première & fécon¬
dé édition de Bauderon , la dofe
de
Des Syrops Compofez^. -9 1
àe l'Orge y n'efi que de deux oncee,
& depuis la troiüéme édition ]uf~
qu'a prefent , dans toutes les autres,
la dofe efl de quatre onces , ce qui
nous découure l'erreur manifefte-
ment : car la d'oje de l'orge ne doit
être fuivant PJicolaus Florentinus
fon inventeur ', Sermon cinquième,
traitté cinquième , Chapitre quin¬
ziéme de l’opilation du fo/e , que
d’une once , '& celle de VAlkeken-
ge de même , ainfi que ]ay véri¬
fié avec ■ une fidele coppie , d’une
defiription tirée de fies œuvres , qui
m'a été envoyée par un des fi^avans
& curieux Médecins de ce fieçle,
que ]e rapporteray cy-aprez mot a
mot , pour faire voir la différen¬
ce qu’il y a de celles- qui font alté¬
rées a celle^cy. Et la plus correBe
que nous trouvons dans nos Diipen-
fiaires , efl celie._ que le fiçavant
curieux Loïiis Oviedo boticario en
Madrid , rapporte dans fion libro
tercero de la methodo'ice qui me fait
dire que toutes les fautes qui fie font
glifsées par mégarde dans les au¬
tres , doivent être corrigées , & les
defcriptions rendues conformes à cel¬
le de Nicolaus Florentinus.
Outre ces erreurs j ceux de notre
profeffîon , qui ne font pçint verfe\^
en la connoiffance des fimples , y
treuvent une confuflon , qui ne leur
efl pas petite fur les plantes , que
le s Am heur s ■ nomme nt_ Inty hum an-
gufti fol. feu Scriolam, avec.Laêiu-
ca Sylveflri qua ’vulgo Endivia di-
citur , fpinas in dorfo foliorum ha-
^ens , que plufleurs prennent pour
deux- plantes differentes , comme
elles le font aufli & d’ahtres 'les
confondent en une feule plante , en
donnant le nom de l’une a l'autre»
^ fondeX^ fur la conftiflon des Syno¬
nymes, qu’on leur a donné. Maïs
p^ur les Jiflinguer fuccinUement,
fans m'arrêter a toutes les raifons
qui s’y pourroient dire, & pour ^gar¬
der la brièveté qui nous efl recom¬
mandée , je ne ■me ferviray que de
celles qu’on tire du fe ns commun,
qui feront juger a un chacun de.
cette sverité , en logeant chacune de
ces plantes fous leur vray 'genre ,
& ainfi on trouvera que Inty bunt
lati foin efl la Cichorée , ou En¬
dive cultivée d fueilles larges, ( qui
efl la Scariole de quelques-uns ) par
la reffemblance des parties quelles
ont les unes avec les autres .- efr
pour LaBuca Sylvefiris ,que dans
nos officines en appelle imp'ropre-
mett Scariola , il faut entendre cet¬
te- même plante , qu'on nomme La-
Buca ffiina ip, dorfo, qui efl du gen¬
re des. laiBuês par la même rej-
femblance quemous venons de dire-,
de laquelle il y a deux effeces,que le
doBe lean Baudoin décrit , èr ne
différent finon , qu'il y en a une qui
a les fueilles plus larges -fans in-
cifion, garnies de petites dents com¬
me une feie , ce qui a donné fujet
a quelques-uns de l'appeller Serrio-
la, & fient l’Opium, qui efl la vraye
laiBu 'é fauvage de Dalechamp ; &
l'autre qu’on' appelle laiBu'é fauva¬
ge de Matthiole , a les fueilles fort
découpées , ne' font- point l’O¬
pium. Gjuant au reBe elles font fem-
blables en tiges en fleurs , papos &
femences. . _
Et pour l’intelligence de It:tybum
angufli foin , que Bauderofi met en
la place de Endivia Sylvefiris, que
M 2 Ni
5)1
Livre 1. SeBion IL
Nicolas Florentin demande ; U faut
entendre auec Tragns & autres le
Sonchus aifer, quoy quil nait point
tout le rapport requis apec l’En4j’~
ve cultivée.
Et parce que nom mefurons pour
V ordinaire les herbes recentes par
manipules, & que nous ne pratiquons
peint de les pefer , comme Nicolaus
Florentinus fait des Capillaires,'fefti‘
me que nous en dettons prendre me
manipule de chacun , au lieu de fx
drachmes. Ét pour finir il faut cuire
les finiples duns la quatké prejcripte
d'eau defotaine,& obferver le rnodus
faciendi de Bauderon. Et pource que
Jùr chaque livre de fuccre il y faut
ajouter l'infufion de demy once de
Rheubarbe, & de quatre fcrupules de
Nard Indique, cela fe doit entendre
fur chaque livre de Syrop plus cuit
qu'a l’ordinaire , qui font dou^j on¬
ces , & non feiz.e , comme il arrive le
plus fouvent au préjudice des pau¬
vres malades’.
Vera dcfcripc. Sympus de Ci-
choreo D.N. Florent,
Endivia domefiica, &
Sylvefirk,
GichoreaJ/dr
Taraxaconis, an.manip. duos,
Cicerbita,
Epatica,
Scariola
LaBuca,
Fumiterra,
Eupulorum , an. manip. unum.
Hordei non excorticati,
.Alkekengi, an. me. mam.
JLiquiritia.
Capillorim vener.
^ Ceterach,
Polytrici,
uidianti^’ .
Cufcuta ,-Jn. drach.fex.
Radicum fœniculi,
.Apj,.&
oifparagi , an. une. duos.
Ferveant in aquà fufiîcienti & co-
lentur , & cum Saccharo albo fo-
lido fiat Syrupus pro cujus una-
quaque libra ponantur ad deco-
quendum drachmas quatuor Rha-
barbari eleiii fcrupulos quatuor
fiica ligata inpetiarara'qua fie-
pe exprimetur donec Syrupus fit
perfeïtè decoBus. Dofis fiq. cum
aqua Emulfionis feminum- com-
*muniurn fiigidorum.
Syrupus de Eupatorib,D.M.
If. Eupatorii Æefvel Gracorum,
feu Agrimonia noflratis,
Radicum Intybi fativi , feu Endi-
vitS fativa,
Fœniculi i&
Apii ; fing. une. duos.
Glycyrrhïl% recentis rafâ (ÿ*
contufa,
Schœnanthi , feu florü lunci odorati
& non paies. , qus pro flore ven-
ditur feminü eufeuta,
Abfinthii Pontici majorù feu vul-
garis , & ■
Rofarurn rubrarum , fing. -drach.
fix. ■
Capilli Véneriâ , vel ejus penurid
Polytrichi, <
Bedegaris., td efi , fins albs : fu¬
me Gard, bened. vel Chamsleon
album Diofe.
Sucha
Des Sjrops compofez^, 9 5
Snchahi id efi , Sfins, xdrabic. ( fu¬
me Jpongiam Cj/norrhodi eim fs-,
nuri'a) ■
Florum,.aut Radicum Buglofi,
Semifium FœniçuU, & .
Anifiifing. drach. quinq. i
Rhaharhari optimi,
Miiftiches, utfiufq.dr.uch . très.
Spici Nardir,
Afarl, ■ .
Fétu ludkiyfing: drach. duos.
Coquantur ex arte in aqua lib. oElo
ad tertiâ partis confumptionem,
, & cum. Sacchari albt , lih. tpua-
Sucçorum Apü, &
Endivia depuratorum , utriufq. lib.
duab. pércoquantur in Syru-
pum.
• PARAPHRASE.
VEii que le fondement d.e ce Sy-
rop efl: l’Eî^atoire , duquel il a
.pris le nomaSc iceluy mis par Meliié
au troifiéme ordre & en moindre
quantité qu’il h’eft requis pour-, Èon-
ftituqg une bafe : jei’ay mis au com¬
mencement 3 & en femblable quanti¬
té que les Racines. Sa vertu foible ins- '*
cifive 3 atténuative 3 & aperitive’i eft
.augmentée par le lue d’Açhe;3 &jira-
cines d’Afarum : la deteriîvc 3 par la.
regliflèj & les capillaires : la conlom-
ptive 3 & relblutive des vents par les
fernences efanis , & fcnopil. Le foc
d’endive , & les rofos y font mifes
pour modérer la chaleur démçforée
du foye : la buglolîè la ficcité de la
bafcj des racines fcmences.L’Ab-
tinthe3 & maftic y font mis pour la
def nfe du ventricule : le. Bedègar3 &
S^ichahasCelle du foye : le Schœnante,
& Ciifcute, de là ratte : le Folium de
la matrice. Le rheubarbe fortifié par
le Nard Indique, y eft mis pour con¬
duire les ferofitez parda voye de l’u¬
rine 3 & corroborer le foye par leur
aftriétion 3 comme le principal mem¬
bre 3 pour lequel ce Syrop à été com-
pofé avec l’a^é qu’il reçoit du Ca¬
baret ou Afonjm Lefoccrey'eftmis,
tant pour detei^er 3 que pour le goût,
l'adion &t conforvation des autres in-'
grediens.
LE MELANGE.
En huit.jjfees d’eau où environ,
il faut faire' bouillir quelque tems
les racines nettoyées dedans & de¬
hors 3 conc^flées 3 pu incifecs : puis
y fooûter l’Eupatoiré ,, les fomences,
AL:nim3& Bedegar & Suchaha3l'Ab-
finühe pontic vray3 qui eft nôtre vul¬
gaire 3 & ia reglille raclée &. contu-
le, Finalement le Çàpilli veneris,
Schœnante 3 & Folium :.forlafîn le
Maftic, & les fleurs. Si on, prénd les
raciifies''d5’ 'buglolîè , il les faudra met-^
tre auec les autres an premier i'âng.
La colature fora clarifiée avec les
focs depurez j '& foccre avec aubins
d’œufs puis coulée & cuite en Sy¬
rop, qui foràfeforré en fon, pot pour
le befoin.' Le rheubarbe fora ou in-
fiifé à part avec le Nard indic en
une partie des focs , & il faudra jet-
ter au Syrop cuit l’cxpreflion : ou
en un noüet, pour durant la cuite du
Syrop, fouvent l’exprimer , comme
il a été dit au precedent Syrop de ci-
chorée.
M 5
94
Lime 1, SeBion IL
LES FACFLTE Z.
Il corrobore le ventricule & le
foye , ouvre lés obftrudlions, digère
par fa ckaleur , 'qui le rend propre
contre Thydropi^e commençante &
contre la douleur des bypochondres,
& vieilles fièvres , qiii renycrlênt la
force du ventricule & du foye > diffi-
pe les vents , & combat fintempera-
ture froide.
Du Bedegar ^ Suchahu.
Quoy que lepiqc Jonche appel-
I lée des Grecs M.ÿ._cu^&a.x^v■M . &c des
Arabis , Bedcgai: , fcit coj^inué de peu
de gens j pour la diverficé desopi-^
nions des herboriftes écrivains , non
plus que le Suchaha des Arabes ou
épine Arabique j & que Tun & l’au¬
tre ibient eipece de chardon- : fi eft-
ce 3 qu’il ne faut pas eftimer i que l’é¬
pine Arabique foit même plante que
l’épine del’Egipte. Car celle-çy eft
un arbre ’Üuqijel fort la -gomme Ara-
- bique , & Acacia vraye : l’autre eft
une herbe qui approche en vertu au
Bedegar. Pour feniblables difficultez
il ne faut pas laillêr ce Syropen ar¬
riéré J mais plutôt ufor de uicccda-
nées 3 comme on a de coûmme en
plufieurs autreç compofitions : pôur
fes grandes & rares vertus > princi¬
palement à la Cachexie , & -Hydro-
pifie 3 en corroborant tous les vif-
ceres 3 ôc eninciiànt3 atténuant 3 &
ouvrant les conduits bouehés3&: con-
fiimant les vents qui s’engendrent au
corps.
Quels Donc pour l’épine blanche 3 on
Succe- pourra prendre les racines du Cha-
■mæleon blancs ou celles de Nénuphar
blanc, ou de chardon bénit ( comme pout'iç
convenables à la Cachexie, & à l’Hy- Bede.
dropifiej faciles à recouvrer- par tout. S”-
Et au lieu de Suchaha 3 on pourra
prendre l’éponge qui croît fiir le Cy-
norrhodon , ou rôle caryne 3 qui n’eft
de mauvaifo odeur3 & {àveur3 laquelle
par fon adftriétiô fortilîb merveilleu-^
lèment tous les vifeeres afïbiblisfprin-
cipalement le ventriculc3& foyejfour-
çcs de l’une & l’autre maladie 3 ou la
racine du chardon qui aies fueilles ta*
chetées de Idanc que Matthiole efti«-
me être l’épine blanche 3 & Dale-
champ l’épine Arabique. Ainfi fài-
lànt3ce Syrop n’aura pas moindre ver¬
tu 3 que fi les vrayes épines blanche,-
&c Arabique y étoient.
Ceux auflî qui n’auront ps l’Eu-
patoire de Mefué ( qui eft félon Mat¬
thiole ) r Agératum de Diofooride
pourront librement prendre celuy des
Grfcs 3 qui eft nôtre^Agrimoine vul¬
gaire. Pour le Folium Ind'um , ou
JHalabathrum des Grecs , & Scha-
nante,il n’eft pas befoin de chercher
des fuccedanées 3 pource qu’à Lyon
& ailleurs3 il s’en trouve de vraye.S3 &
en affez bonne quantité, &: à prix rai-
fonn'able.
R E M A R QJ/ £•
Donc ce Syrop non plut qu’en
beaucoup d’autres fon inven¬
teur na point obfervê les réglés que
l’Art preferit en une decoÜion-, car
en premier lieu ,il efi à remarquer,
quil-ny entre des racines , d’her¬
bes , fleurs , & femehees ou excroij-
fànees que ï<'. onces, & Mefué veut
qu’on' les cuife emhuit livres d’eau,
juf
Des Syrops comfojezS, 95
jufqu’à U confomption d‘un tiers , &
encore quon y a]oîtie les fitcs d’-d-
che & d' Endive quantité fuffifante
que Baûderon. & autres devant &
aprez. luy reduifent a quatre livres,
qui font _deux livres de chacun. Je
vousprie de amfiderer quelle vertu
peut attirer une Jî grande qtiantité
dP_eau,d'une fi petite quantité de fim-
pjes, qui font à raifon de deux onces
pour livre d'eau,& quatre livres de
fuccre fur neuf livres quatre onces
de decoBion évaporée d'un tiers ou
de fucs , qui eft une diéf roportion
tres-grande qui mérité modération,
de laquelle nom dirons un mot aprez.
avoir rapporté la différence qui eji
entre les dofes des trois exemplaires
de Mefué de differentes éditions que
fay en main i d'auec les Moines qui
Vont commenté , Vuiutheur du Lu-
minare Ma]m , celuy du Lumen
Apothecariorum. On Ut dans les
trois premières Glycyrrhiz.a recen-
tis, Schœnanti , feminis Cufeuta, Ab-
Ji^thij Pontici , & Rofarum rubra-
rum ana drachmas fex , & ces trois
derniers demandent de chacun de
ces ingrédient ana drachmas fexde-
cim. Ily a quantité d'autres Phar¬
macopées qui décrivent ce Syrop de
même que Eauderonice qui me ferait
■croire qu U y aurait erreUr du côté
des Imprimeurs , fi je n avais leu
dans un vieux Mefue manufcrit
Glycyrrhizià &c.ana^ drachmas fex-
decim. Pour donc remedier à la mo¬
dération de la decoSlion , je voudrais
augmenter d'un tiers la dofe des in-
gredi'enyquila compofent ,& en fix
livres d'eau les cuire a la confomp¬
tion d'un tiePs,&puis à la clarifica¬
tion y aputer une livre de fuc d'A-
che , & autant de celuy d’ Endive
bien depurez. & filtrez., pour au fur-
plus procéder, ainfi qu enfeigne Eaud-
Syrtipus Stœchadis fimplD.M.
Stœchadis Arabica , drach. tri-
ginta.
Thymi.
Calaminthes rnomana, &
Origani,fing. drach. decem.
Seminis Anifi, drach. feptem.
Paffularum enucleatarum,unc. qua-
Coquantur in libris decem aqu& ad
médias.
Expreffum clarificatum coque cum
Mellis optirni deffumati vel Saccha-
ri(fi vis délie atius,fed inefficacius)
lib. quinque, in Syrupum
Condiatur pulvere fequenti,
Calami aromatici , feu Acori.veri,
~perperam Calami' aromat. tîomi-
nati,
Cinnamomi
Zingiberis , in panno lineo ligato-
rum,fing. drach. unam & femifî.
Delevi Pyrethrum, Piper longum,&
' nigrum , Crocum , Spicam Hardi,
: quia calidiora : Zingiber , quia
bis repetitum .
‘PARAPHRASE.
rE Syrop a pris le nom de fa balè
les fleurs de Stœchas , qui n’eft
moins hépatique , & fpleniquc , que
eephalique, en tantqu'il defopile tous
les viïceres : au témoignage de Diof-
coride livre 3. chap. 17. &- de Gai.
livre 8. des fimples : comme le té¬
moigné auffi Serapion au chap.ty-du^
livre
aé Lime L SeBion IL
livre des Jtmples. Ce qui m'a induit
de retenir plutôt la première delcrip-
tion 5 que lautre plus compolce : qui
reçoit du Pyrethre,Poivre,& pluiîeurs
autres medicamens par trop chaudsj
pour, ne pas trop échauffer les viïce-
res : defquels il vaut mieux conlcrv’er
la chaleurjque tout à coup la détruire.
C^e fi on s'en veut fèridr aux mala¬
dies froides du cerveau J on le pourra
aifément faire avec une décoction ca¬
pitale tant chaude qu'on pourra - La
bafè participe de deux qualitez : l'une
ténue , fiibtile, & ignée, incifiyé, atte-
niiatiue , & defopilative : l'autre ter-
reftre, & aftringente, par laquelle elle
corrobore tous les vifccres afïôiblis.
Sa vertu aperitive efl: fortifiée par le
'Lhym , Origan, & Calament. La de-
terfive efl: augmentée par les raifins
gras , & miel , qui au (fi conlèrvc; là
vertu & donne la faveur. La refblu-
tive des vents , l’cfl par l'anis. La
Canne odorantes la Canelle , &:le
Gingembre y fondis pour corrobo¬
rer les vifeeres , & corriger leur in¬
tempérie froide.
LE MELA.NGE.
En huit ou dix livres d'eau , ofî
fera premièrement bouillir le Cala¬
ment , Origan; l'Anis , & Thym : un
peu aprez on y mettra les raifins gras
mondez de leurs grains , le Stœchas:
pource qu'il endure aflez longue dcr
côétion , au refpeét des autres fleurs,
jiifqu’àlaconfbmption environ delà
moitié de l'eau. La décoction étant à
demi refroidie , fera exprimée : puis
clarifiéedvecle miel auparavant & à
part écumé , cuit & pefé : ou an lieu
d'iceluy , du fîiccre peur les plus dé¬
licats', mais moins vigoureux ; puis à
demi refroidie , fera coulée à travers
le blanchet , pour cuire le tout en Sy-
rop qui fera gardé au befbin. Vn peu
auparavant qu’il foit du tout cuit , on
y trempera fou vent , & exprimera le
noüet attaché d'un long filet,compo-
fé avec la Canne odorante , ou au lieu
d'icelle d'Acorc vray, faulfêment ap-
pellé és boutiques Cdam\ts aromati-
cta, ou Came odorante, la Canelle &
Giiigembce , afin que fà vertu fbit
transférée au Syrop : puis on le pour-,
ra hardiment rejetter , plutôt que de
le laillêr tremper toute 1- année au Sy¬
rop , comme n'ayant point de verni.
LES FACFL TE Z.
Il foulage toutes les indifpofitions
froides du. ccrveaiî, &des nerfs com¬
me la paralyfic , l’épilepfie , la con-
vulfion, la convulfion canine, le trem¬
blement fortifie l'cflomach , leveles
obflruélions du foye & des autres
vifeeres , empêche la pourriture. *
REMARaVE.
Efué ne preferit point la quan¬
tité d’eau quil convient, pour
faire la decoBion des fmples -qui
compofent les vertus de ce Sjyrop,&
le Paraphrafie veut qu’on en pren¬
ne jùfqu a 10. livres pour cuire it. on¬
ces & demi de raifins fecs, ou d’her¬
bes qui ont leurs vertus en la fiuper-
ficie , comme étant' dduées de quali-
teX^ chaudes , & de Jubfiance tenue,
qu’a la moindre chaleur toute leur
principale vertu s^envolerot^ ; en
cela il excede de beaucoup , com¬
me aujfi quand il en demande la
• i , Æ'/i «
97
Des Syrops compofez>»
confomptîon de la moitié , toutes fiû
fans prétendre de choquer l'autho-
rité d‘un fi excellent perfonnage ,
je puis dire , quil ny faut pas pro¬
céder comme il enfeigne , fi on de-
fitre de conferver la vertu céphali¬
que des fufdits fimples ; mais quil
faut en quatre livres efi d.emy
d'eau de fontaine cuire les raifins
monde'i!^ , jufqua la confimption
d'un tiers , & mettre la colature
dans un matras , avec le Stœchas
jirabic , Thym, Calament de mon¬
tagne , Origan , & anis , incifez. &
eoncajfez. , le tout exaélement fer¬
mé , le matras fera mis en une cha-
fieur convenable l’ejpace de 24. heu¬
res ; Jur la fin on augmentera le
feu une heure durant , le vaiffeau
à demy froid en fera retiré , & la
matière coulée & fortement expri¬
mée : la colature repofee comme il
eft- cy-devant fréquemment dit , des
decoélions compofées d' aromats ,pour
en feparer les feces par inclination,
fera pinte avec deux livres de fuc-
cre fin en poudre & autant de
beau miel , & dans une terrine
commode par une lente chaleur , on
les cuira en forme de Syrop , & fur
la fin , on y apùtera l'infufion
qu'on aura faite feparement en pe¬
tite quantité de liqueur félon l'art,
des fimples , qui compofent le
nouét.
Bauderon a retranché de ce Jj/-
rop le Pyrethre ,le Poivre long , le
Gingembre , & autres que loubert
a retenus.
Syrupns Ciiamæcîryos , D- B. '
Bauderon.
yz.ChamsLdryos cum floribus,mc.oéio.
Scolopendrij, id efi,Alplenij, unc.tres.
Corticum Radic.Capparum, une. duos.
<iAcori veri(Calami aromat. falso in
ojficinis nuncupati )
Schœnanti ,feu lùnci odorOti ,
Nardi Indica ,
Seminum Petrofelinj , &
çAénifi, fing. drach.Jex.
Contufa biduo, in aqua , & vini albi,.
vtriufq. lib. trib. fuper cineres ca-
lidos macerentur. Deinde p arum
coquantur , & exprimantur. Se¬
cundo maceratione iterata parum
coque.] Exprejfum clarificetur , &
cum Sacchari albi , velmellis défi-
pumati, libris tribus, coque in Jy-
rupum ,condiendum.
Cinnamomi , drach. duahus.
PARAPHRASE.
CE Syrop prend le nom de fà bafê
le Chamædrys. Sa vertu incilîve,
atténuative , & desopilative , eft aug¬
mentée par l'écorce .de cappres, &
vin blanc : l’Acore vray, & Ceterach,
font mis pour remollir la dureté de
ratte. Diofeoride & Galien. Les fe-
mcnces pour conlumer les vents : le
miel ponr deterger les matières vif-
queufes & conferver I4 bafe : la cand¬
ie pour refifter à la pourriture des hu¬
meurs J & corroborer le ventricule: le
Nard Indique,le foye : ôc le jonc odo¬
rant , la ratte : l'eau pour corriger la
ficcité i tant de la bafe , que des autres
medicamens.
N
L£
Livre 1. SeSiion 1 1,
LE MELANGE.
Il font premièrement infufer les
racines , écorces , & femences con-
callées , avec les herbes , Schœman-
te, & Nard Indic incilé, deux jours
entiers fur les cendres chaudes , dans
un pot de terre vernilîe , étroit d'em-
boueheurc , au vin blanc j Si eau re-
quife 3 qui foit couvert. Le jour fui-
vant il faut qu’ils bouillent deux ou
trois bouillons fur le feu clair , & au
même pot : puis les exprimer. En
l’expreffion de nouveau on infufèra
fèmblable quantité de drogues pré¬
parées , comme dit eft , autres deux
jours 3 & au même pot qui foit cou¬
vert : lefquelles le troiliérae jour cui¬
ront comme delfus. ' La colature fe¬
ra clarifiée avec le foccre 'pour les
plus délicats : ou miel auparavant
éciimé 3 Si aromatizé de la canelle
contufe 3 aprez couverte 3 & étant à
demy refiroidie , fera coulée 3 pour
cuire le tout en Syrop 3 qui fera gardé
pour les ratelcux. La dofe fera de
deux ou trois cueillerées le matin feu¬
lement 3 avec du vin blanc.
De ce Syrop i’en ay ufé avec heu¬
reux fiiccez en la perfbnne d’un jeu¬
ne gentil- homme nommé le fleur de
Berins 3 l’an de fàlut 15-85. de¬
meurant pour lors au château de
Corfan en Breflê , à deux heux de
Mafeon.
LES FAcrLTEZ.
Il iricife & deterge les humeurs
«raffes & lentes : ouvre les obftru-
•éfions de l’inteftin duodénum & ües
autres vifeeres : provoque les urines,
& les mois.
R E M A R QJ E.
A méthode que VAutheur de
la Paraphrafe a obfèrve'e au
mélange du Syrop de Chamadrüi
nom donne a connottre quel était
fon genie en la compofition des Me-
dicamens , ^ comme qmy il multi~
pliait les êtres par un ordre fort
régulier pour conferver la -vertu
des Jîmples ; & cela nom parait en
la première infujton qu'il fait des
ingrediens qui le compofent pour
attirer fans précipitation la -vertu
d'iceux. Et apre'^par une fécondé
infufion de la colature verfée fur
des nouveaux ing-rediens , il renfor¬
çait les vertm de la première. Ce
procédé eft digne d’un homme judi¬
cieux que l'Artifte doit imiter pour
fe dignement acquiter , de fon de¬
voir. le vo-ddrois feulement faire
les infufions preferiptes fans les fai¬
re homllir , & cuire la colature
■avec le fuccre d la vapeur de
l’eau 3 comme il a été déjà fou-
vent répété.
Il eft d remarquer que la deferip-
tion de ce Syrop a été attribuée par
B.Baud. d BenediBm Textor jufques
en la quatrième édition de cette
Paraphrafe , & G. Bauderon en
revoyant le travail de fon pere &
le bel ordre quil avait obfervé en
fin mélange, le luy a attribué.
Syrupus Scolopendrij , D. Fer-
nclij.
jft,. Radicum Polypedq mundati ,
Buglojji , &
Bot
Des Sjrops compofeZj.
Borraginis,
Cortkum Rad. Caffarum, &
Tamarifchfing- une. duM.
■ Seolopendrij Jeu uS^lenij , manip.
• très
LupuU,
Capilli veneris.
Cufcuta,
Melijfa , fing. manip.dms. ■
Cequantur in aqua lihrü novem,
> dum ad quinque redeant. Cola-
to adde
Sac char i albi > lib. quatuor j perco-
■ qmntur in Syrupum expurga-
■ tum & clarum.
paraphrase.
CE Syrop eft difpofë félon l’ordre
g[ue l’Apothicaire doit garder
en la decodion des lîmples. Il a pris
le nom de fa bafe le Cetcrach j mis
au fécond ordre. Sa vertu incifiuej
atténuative & aperitive , eft augmen¬
tée par les écorces de Cappres &
Tamaris : la remollitive j par les
racines de Buglollè , Borrache , &
Lupule ; la deterfiue par la Meliflè,
& fùccre , qui en outre donne la
faveur , rend l’adtion meilleure ,
& conferve le tout : la Cufcute par
fonadftridtion corrobore la ratte : le
Polypode chaife benignemenc le
phlegme , & la melancholie qui
l’endurcillènt.
Ce Syrop eft plus foible que le
precedent de Chamædris , & plus
pnilfant que celuy de Tuffignana,
tranferit par loubert en fa Pharma¬
copée. Ceux qui auront le prefènt
fe pourront paflèr du precedent ; Ôc
au contraire : afin queT’Apothicai-
re ne foit trop chargé de fî grande
99
diuerfité de comportions j pour leur
fbulagement , je dclîrerois que les
Médecins qui font aux Villes , avi-
fàllènt quelles maladies y font plus
frequentes , ôc que félon icelles , ils
leur commandalfent feulement de
préparer les compofîtions principa¬
les ; ôc qu’on en tint feulement
une de plufieurs qui approchent en
vertu : ainfi ils feroient fort fbula-
gez , & tant de compofitions ne
fe gatteroient pas , à leur grand
préjudice , ôc au détriment des ma¬
lades.
ZE MELANGE.
En neuf livres d’eau 3 on fera
bouillir enfèmble le Polypode con-
calîe 3 les écorces 3 ôc racines : un
peu aprez on y ajoutera les her¬
bes 3 finalement le Cufcuta 3 que
le tout revienne à la moitié. La co-
lature fera clarifiée avec le fùccre,
■ôc coulée par le blanchet : puis
de tout 'fera cuit en Syrop 3 qu’on
gardera en fbn pot , pour la ne-
ceffité.
. LES FACFLTE^.
Il extenuë la melancholie grof
fîere ôc terreftre 3 l’amollit 3 rend
fluide : delivre la ratte d’obftrudion
& tumeur : & eft fort convenable à
la melancholie 3 aux fievres quartes.
ôc longues.
REMARQ_VE.
IE m’eflonne fort que Bauderon.
pour être entendu en la matière
medicale , comme il était , ait mis en
N a cette
loo Livre 1.
cette dejcription Capillorum cufm-
t.A , veljimihü ejuTdem au lieu de
dire Capilli veneris , cufcuta vel
ferninis e jufdem j par fa fa^on de
parler il entend qu'on prenne les
filaments qui portent la femence
de Cufcute & en leur defaut la
femence ; j’efiime ce premier de
très petite 'vertu d l’égal de la
femence , & de cette façon il re¬
jette le Capilli venerü , qui efi par
exprez. demandé par Fernel , ainfi
que fay vérifié par trois exemplai¬
res de diverfes éditions deux Lati¬
nes des années 1577. & 1604.&
l’autre Françaife de l’année i o.
lefquelles font confirmées^ par les
JHedecins d’uiujbourg , de Londres
en -Angleterre , & par ceux de
Lyon en leurs Pharmacopées , tout y
demandent le Capilli veneris. Et
Bauderon en toutes les éditions de
fa Pharmacopée a authorijé cette
faute que fay corrigée en la dejcrip¬
tion cy-dejfm.
Des Syrops deftinez pour
les Reins, veffie, &
matrice.
Syrtipm de q^uinopue Radicihus in-
certi Aurions.
Radicum Apij , feu Eleofelin'i
Cracorum ,
Fœniculi ,
Petrofelini ,
-Ajparagi &
Rufci, fingul. une. duos , alq
quatuor.
Se â ion JL
Coquantur in aqua , lib.fex. t(d ter-
tia partis confumptionem.
Exprtjfum clarificatum , &' cola¬
tum , coquitur -cum,
Sacchari albi , libris tribus in Sy-
rupum.
çyAdde fub finem Aceti acris, une.
oélo.
Si decoého addideris
Seminum Apij ,
Fœniculi ,&
Petrofelini, fing.unc.unamfup-
plebit vicem. Syrupi Acetofi
compofiti,vt eo carere pof-
fis : quoniam hic Syruput
efi ad omnia efiicacior ca-
terü ejufdem nominû.Syru-
pum de duabus radicibus
, conjulto pratermifimus.
PARAPHRASE.
L’Aiuheiir de ce Syrop nous élt
incertain lequel a pris le nom
de la bafe les cinq racines aperi-
tives. Leur vertu eft accélérée par
la tenuité du vinaigre : le fiiccre
corrige leur lîccité , donne le goût,
rend Tadion meilleure , & les con-
iprve. Ceux qui y voudront ajou¬
ter les lèmences de Fenoiiil , d'A-
che , & de Perlîl , fe pourront pal^
fer du Syrop Aceteux compofé , &
qui approchera bien fort en vertu
de celuy de Bizanee compofé > cy-
deyant décrit. ,
LE MELANGE.
Les racines mondées de leur
cœur , & concalTées feront bouil¬
lies en eau ou Hydromel aqueux,
afin qu’il Ibit plus deterfif , juC-
qu’a
DùS Syrops
qu’à la conlomption de la tsoi-
tié : la colature fera clarifiée avec
le fùccre s’il eft impur , ainfi qu’il
a été fôuvent dit ^ puis coulée. Le
tout fera cuit dans un pot de ter¬
re vernilfé en Syrop : £ir la fin
duquel on ajoutera peu à peu le
vinaigre blanc , pour le recuire en
forme convenable qu’il fe puiflè
garder làns cormption. Coidus ,
& Fernel mettent des racines de cha¬
cune quatre onces , qui font en
tout vingt onces , quantité fiffi-'
fante pour trois livres de ficcre.
Et ceux qui en mettront moins ,
leur Syrop en toutes choies fera
moindre.
Z£S FACrLTE Z.
Il deterge & extenuë la pituite
cralïè & lente, ôte les obftruélions
du foye & de tous les vilceres , &
leurs tumeurs : guérit les pâles cou¬
leurs des filles , provoque les urines,
diffipe les vents, guérit les fievres &
maladk-s rebelles , challé k fablon
des reins.
REMARQ.VE.
’Autheur de la Paraphrafe , dit
^ue ce Syrop na point d’An-
theur certain , neantrnoins je trou~
Ve que Chrifiephorm Georg. le dé~
crit en V annotation quil a faite
au Secaniahin de Radicibm, de Jide-
fué , avec la différence tant feule¬
ment de la quantité de l’eau pour
faire la decoSlion , du miel au lieu
de ficcre , & de la quantité du
Vinaigre , qu’il en met dou^e on-
ses pour huit. Il faut fuivre le
compofcK,. loi
modui faciendi de Bauderon pour
. la confamption du tiers de la de¬
coSlion & non de la moitié comme
il dit en fon Mélangé : Et pour la
dofe des racines il faut fuivre Cor-
dus & Fernel.
•Syrupus Althææ, D.Fcrnelij.
Radicum Althaa, une. duos.
Cicerum rubrorum, unc.unam-
Radicum Graminü
Afpkragi ,
Glycyrrht^a mundata,
Vkarum Paffarum enucleatarurn ,
fing. une. dimidiam,
Gymarum Althaa
Malua ,
A Helxines ,feU Parietaria,
PimpinelU
Plantaginis
Adianti albi , feu Capilli venerù,
feu Callitrichi Gai. &,
Nigri , feu Polytrichi , Jtng.
mantp.unum,
ffp^atuor feminum figidorum map-
rum , &
Minorum,fing. drach.treSj.
Coquantur ex arte in aqua libris
fex , dum quatuor fuperffnt , &
cum
Sacchari albi , libris quatuor , fiat
Syrupui.
PARAPHRASE.
CE Syrop a pris le nom de û
baft, la racine de Bifiuauve ap-
pellée des Grecs Althæa , nom déri¬
vé du verbe Grec àxd-aiv&v , id eflr
mederi : rai/è au commencement &
en plus grande quantité qu’autre qui
N i y
Livre I. .SeBîon IL
LES FACFLTE Z.
I ol
y, foit. Sa vertu relaxante & deter-
fîtie , efl: augmentée par les fommi-
tez des Mauves , Bifmaûves j Parié¬
taire, regliilè , & raifîns gras mon¬
dez de leurs pépins. Les racines de
gramen , d'Alperges , poix rou¬
ges , Pimpinelle , Capilli vene-
ris , &c Polythric , y font mis pour
conduire la matière purulente , &
pitLiiteufe , par la voye de l’uri¬
ne. Le plantain & ■ les feraences
froides y font miles pour brifer le
gros làble y retenu , & reprimer
l’acrimonie de l’urine. Le liiccre
pour tenir la laveur & conlèrver
leur vertu.
LE MELANGE.
Au premier rang de decodion,
les racines lcront mifes ; au lècond
les herbes , raifins , pois rouges , &
la reglilFe raclée & contulè ; au troi-
liéme les Capillaires , & femences
Êoides tant grandes que petites , qui
font huit , à foavoir pour les gran¬
des, celles de Concombre, de Me¬
lons, de citrouilles & de courges:
pour les petites , celles de laiétuè's,
de Pourpier, d’Endive, & de cicho-
rée. De lix livres d’eau , on fera en
force qu’il y en relie environ quatre:
aprez le tout fera coulé & exprimé:
la colarure fera clarifiée avec aubins
d’œufs : puis coulée & avec de luc-
cre fin cuite en Syrop , qui fora gardé
au befoin dans fon pot. Si là vertu
eft moindre que du foiivant de Betoi-
ne , auffifon ufage eft beaucoup plus
alfeuré , à caufe du vinaigre foillicic,
qui y entre.
Il nettoye doucement la pituite
craffe, qui bouche les reins , la lanie
purulente , & le làble d’iceiix , fans
évidente chaleur , & adoucit l’ardeur
de l’urine.
REMARQVE.
Ans ce Sjrop fi bien quen
beaucoup d’autres , il ny en¬
tre que fort peu de racines , d’her¬
bes , & de femences , & quantité
de fuccre a proportion d’icelles , de
façon qu’un Syrop ainfi compofé ne
fçauroit être doiié que de tres-pe-
tite "vertu , puis quelle doit pro¬
céder des fimples qui le compofent,
& non du fuccre ny de l'eau qui
n’y font employez. , l’un pour attirer
la vertu ,dés fimples par voye d’in-
fufion ou decoUion : dt l’autre pour
donner la firme au Syrop , & pour
conferver le tout , puis que la cho-
fe efi toute connue , & que la dofe
des fiyrops n’efi plus d prefent de
trois à quatre onces comme és fie-
cles derniers , df que le plus qu’on
en donne efi d’une once jufqu’à
deux pour le plus , & que fur dix
drachmes de Jyrop tel que celuy
d’Althea , ny fçauroit avoir envi¬
ron que deux drachmes de liqueur,
comme fay déjà dit cy-devant au
chapitre de la différence des (y-
rops , c’efi pourquoy je puis dire,
fans faire tort d la réputation du
doéle Fernel , qu’il faut doubler la
dofe de chaqtie ingrédient. & au
lieu de fix livres d’eau pour les cui¬
re on en mettra huit livres , quon
redui
Des Sjrops compofez^.
réduira à la confomption d'un tiers,
^ les quatre livres de fuccrè fe¬
ront clarifiées avec la colature.
Ceux qui voudront préparer ce Jy-
rop fuivant la dejcription de la
Thérapeutique Françoife de Fer-
nel , feront aduertis de prendre
garde à deux fautes confiderables
qu’il y a \ la première efi , que
l’ Imprimeur a omis les fueilles de
Mauves , & la fécondé efi , qu’au
lieu de trois drachmes de chacune
des quatre femences froides gran¬
des , & de chacune des quatre
petites que l’Autheur y demande,
il en a mis trois onces de cha-
Syrnpus Betonicæ , D. B,
Bauderon.
hfi. Radicum Affaragi , uncias
Althaa ,
Cichorij fativi,
Radicum Cichorij erratici , Jîng.unc.
unam & femifi.
GlyçyrrhisLa ,
Seminum Cucumeris , &
Milij Solis ,
Folytrichi feu Trichomanes ,
Diofc.
Carie arum , fin g. drach. fex.
Succi Betonica depurati , libras
fex.
Coquantur ex arte ad fucci tertia
partis confumptionem , & eo-
lentur.
Fxprejfo clarificaio iniiee
Mellü deffumati , lib.tres , & per-
coque in Syrupum. Addenda fub
finem.
105
Aceti Scillitici , lib. duos , qui cort"
diatur.
Cinnamomi feleSti panno lineo raro
excepti, unciam unam,’’ufuique re-
ponatur. ,
PARAPHRASE.
L’Autheur de ce livre avoir feic
irEprimer ce Syrop fous le nom
de maître Benoît Textor Médecin
( qui rioriflôit fous le régné des
Rois de France , François 11. Sc
Charles IX.) pour avoir veu au
croc dun Apothicaire parmy plu-
fîeurs autres remedes, quelque cho-
fe de femblable écrit de fa. main.
Mais confrontant l’une des deforip-
' tions avec l’autre , j’ay trenvé cel-
le-cy plus facile à düpenfer , plus
méthodique , & plus, correde en
' fes do 'e- , & ingrediens , & d’un
effet plus grand à ce qu’elle pro¬
met. Ce qui m’a donné occafion
de ne frauder maître Brice Bau¬
deron mon Pere de fon labeur 6c
expérience , qui i’a dérobé^ de l’ou-
bly J & tiré du milieu des cornets
des boutiques , pour en faire part
au public J & le premier la met¬
tre en lurâiere , joint que c’efl
luy , qui a baptiaé telle coinvofi-
tion du tiltre qu’elle porte , pour le
jourd'huy fur le front , & qui luy
fait tenir rang en cet œuvre. Il
luy a donc donné le nom de la .
bafo , qui eft le foc de Betoine dé¬
puré J mis en plus grande quan¬
tité qu’aucun autre ingrédient. Sa
vertu foible incifîve’ , ôc atténua¬
tive des matières cralfes & vifqueu-
fes , qui retiennent aux reins le
fable , d’où s’engendrent les picr-
reSi,
10 4 Livre L
res , eft fortifiée par le vinaigre
Scillitic : la vertu apericive eft aug¬
mentée > par les racines d'Aiper-
ges , & Polytric : la detcrfive,
par les racines d'Althæa , reglillê ,
& figues : les lêmences y font mi-
fes pour conduire leur vertu aux
reins , & velîîe , & comminuer
le (àble : les deux ciclioréeSj pour
corriger l’intempcrature chaude des
reins , & foye , par 1 aide qu'ils
reçoivent des lêmences froides : la
canelle y eft mile , en telle quanti¬
té pour corriger la nuilànce du vi¬
naigre icillitic J ennemy des parties
fpermaciques : le miel outre ce qu'il
aide la vertu deterfive , rend leur
aêtion meilleure , & conferve leur
vertu.
LE MELANGE.
^Au mois d'Avfil > Sc May, avant
que la Betoine produife fes tiges
& lès Heurs , il faut tirer du fuc,
la quantité requife , auquel étant
purifié auparavant lùr le feu , ou
au Soleil , on cuira premièrement
les racines : puis la cichorée, mi¬
lium Solis , la regliftê , & les figues:
aprez on y mettra le Polytric , &
femences froides , concaifées juf-
qu'à la conlomption de la tierce
partie du fuc. Xa decodion à de-
my refroidie fera exprimée. La co-
lature lèra clarifiée avec le miel
écumé , & coulée par le blanchet,
aprez le tout lèra cuit , dans un
pot de terre vernilîé avec le vinai¬
gre. Sûr la fin de la cuitte , on y
trempera la canelle concafl’ce , &
mile en un noüet , pour fouvent
exprimer , afin que là vertu y puiftc
SeBlon IL
. être transférée , & fa refidencc inu-
■ tile rcjettée , ou üans l’exprimer,
tremper le nodule dans le Syrop
chaud, & le liilpendre au pot , où fl
lèra relèrré, pour s’en fervir au beloin.
Il eft meilleur de louvent exprimer
le nodule & le rejetter, que feulement
le laiftèr tremper.
LES FACVL TE Z.
Il nettoyé puiflàmment les reins,
& la veffic de la pituite crallè , Sc
les libéré des obftruétions : brife les
pierres & en challè le fablon ôc gra¬
vier : aide ôc guérit la fuppreflîon
d'urine : profite à l’eftomach , aide là
CO dion s’il eft préparé làns le vinai¬
gre fcillitic.
R E M A R QV E.
E Sjrop fe trouvt décrit juf-
ques en la quatrième édition
de la Pharmacopée de Bauderon
de même que celuy de Chamedrys,
( ainji que jay peu vérifier ) fom le
nom de BenediSti Textorü j & Bau¬
deron fils, comme fi veux croire les a ■
attribue^ a Bricim Bauderon fion
pere , mais fi ne fçay en quelle Edi¬
tion ^a été , fans qu’il s’y trouve quoy
que ce foit d’ augmenté ny de dimi¬
nué , & dans fia Paraphrafe il dit
les raifions pourquoy il a changé le
nom de l’Autheur de celuy-cy. le
trouve fians luy faire tort , qu elles ne
font point recevables ; mais comme il
n importe en rien pour la bonté du Jy-
rop de qui qu’il foit , fi diray feule¬
ment, que fi on préparé ce jyrop ain-
fi qu’il efi décrit , qu’on le pourra
auffi bien appeller Oxymel fcillitic
Des Sjrops comfofez,. 105
eemposé que Syrop de Betoine , par
les raifons cy-devant alléguées au
Syrop Aceteux , que je repeteray
pour en rafraîchir la mémoire de
VArtifle.
En premier lieu, les racines , her~
bes, & femehces font cuites en fix li¬
vres du fuc de Betoine a la conforn-
ption d‘un tiers : en fécond lieu les
quatre livres reélans les faut clari¬
fier avec trois livres de miel de fu¬
mé &'les cuire en Syrop , & fur la
fin il y faut ajouter deux livres de
vinaigre fcillitic : par une longue co-
Bion qu’il convient faire, toute l’hu¬
midité la plus volatile s’évaporera,
& neflemeurera pour toute liqueur
que le vinaigre tellement deflegmé,
qui rendra le Syrop ' extrêmement
piquant & defagreahle .-pour éviter
cela, il faut diminuer la quantité du
vinaigre fcillitic, pour le moins de. la
moitié ; confideré que la longue co-
Stion, caufe une grande dejpumation,
& par ainfî les trois livres de miel
diminueroient de beaucoup ; de cette
fa^on la vertu des medicamens s’y
trouuera mieux proportionnée qu au¬
trement avec le miel, & le vinaigre
fcillitic & le Syrop ^ fera beaucoup
plus agréable & pim efficace.
Syrupus Raphani , D.
Fernelij.
y:. Radicum. Raphani fativi, &
Sylvefiris, utriufq.unc.unam.
Saxifagix,
Rufci, f
Radicum Levijlici,feu Ligufiicî,
Eryngij.
Anonidù,feu Refia Bovis,
Eetrofelini , &
Fœniculi,fing.unc,dimid.
Herbarum Betonica,
Pimpinella,
Pulegij
Cymarum unie a,
Nafiurtq.
Chrithmi , ( huim penuria La-
ueris.J)iofc.&
Callitrichi ,feu Capilli veneris,
fing.manip. unum.
FruÜuum Halicacabi,feu Alkehen-
gi,&
Iu]ubaru,utriufq. paria decem.
Serninum Ocymi , id efi, Bafiliconis,
Perfonata , vulgo Bardana
majoris.
Petrofelini JlPacedonici , vel
Apij, illud fi défit-,
Sefeleos Maffiilienfis,
Carvi,
Dmci Cretici,
Lithofpermi , id efi , Afilq,fi-
lis, &
Cortic. Radicis Lauri , vel Cappa-
rum,fing. drach. duos.
Vvarum Paffiarum ab acinis purga-
tarum, &
Glycyrrhiaa, utriufq.drach.fex.
Coquantur quo decet ordine in aqutt,
lib. decem , dum fex fuperfint , è
quibus cum
Eacchari , lib. quatuor, &
JlPellis deffiumati , lib.duah. fiat Sy¬
rupus clarm & conditm.
Ctnnamomi, uncia una, & -
Nucis .2ldofchata,uncia dimidia.
PARAPHRASE.
S’il eft queftion de compoler , &
garder un Syrop aux boutiques
pour comminuer le calcul de.vuider le
làblc des graveleux , je (crois d’avis
O . quç
jo6 Livre LSeBton IL
que le prelènt fiat préféré à tout autre,
pour être compofé de medicamcns
trcs-cxceIlens,approHvez de toute an¬
tiquité, faciles à recou vrèi', de peu de
frais , & difpofez d un gentil artifice,
ainfi que tout homme doâe pourra
juger en les examinant. Son u/àge fe¬
ra aprez les purgations univerfelles,
& les grandes douleurs ceffées : à ce
que par là chaleur il ne les augmente,
en conduifant les humeurs aux reins,
& qu’il nexcite la fièvre : & lors
qu on connoît celuy d’Althæa , & de
Betoine n’ccre pas fiifîifàns , ny aflèz
forts.
Il a pris le nom de fa bafe les ra¬
cines de refort domeftique & fàuva-
ge, mifès au commencement, comme
principales Sc fouveraines à*commi-
nuer le calcul & gravier tant des reins
que de la’ veffie. Les autres racines,
écorces , herbes femences & Alice-
Kcnge y font mifes , pour fortifier la
vertu de la bafe incifive , atténuative,
aperitive , & refolutive des vents, qui
s’engendrent en ceux qui font fùjets
àlagravelle. Les Jujubes , les raifins
gras. Si regliffe, y font mis pour de-
terger le phlegme des reins , qui com¬
me colle retient le gravier. Le miel y
aide beaucoup , lequel en outre avec
k fuccre, corrige la ficcité des racines,
&■ femences ôc les confèrve. La ca-
nelle & mufeade corroborent le ven¬
tricule , comme premier recevant , 5c
refiftenta la nuilance de la bafe : ainfî
ce Syrop eft très- excellent pourveu
qu’on s’en fçache fervir comme il
faut.
LÆ MELANGE.
Dans- dix livres d’eau , première¬
ment on fera bouillir les racines de
refort, coupées par roüellçs , & les
autres mondées de leur cœur,& con-
caflëes , par quelque tems : aprez oit
y mettra les éorces , les herbes & fe¬
mences concaffées : un peu aprez on
y mettra les fruits , la reglilïè, & Ca-
pilli venais, ou ('iceluy 'dcfaillant;),du
Polytric , que nous avons dit être
l’Adiantum noir , ou Trichomams
de Diofe. jufqu’à la confomption du
tiers. La colaturefcra clarifiée avec le
miel écume , 5c fuccre : puis coulée
par le blanchcf , pour cuire le tout en
Syrop , qui fera aromatizé avec la
canelle & inufoade concafîèz , 5c mis
en un noüet ,"Comme il a été dit cy-
deffiis au Syrop de.Betoine.
LES FACFLTE Z.
Il nettoye plus puilïàmment les
reins & la vcflîe, que le Syrop de Be¬
toine , brifè les pierres, chalfe le gra
vier. Si guérit la fuppreffion d’urine.
R E M A R CiV E.
Auderon rapporte mot à mot la
defeription de ce Syrop fkivant
Fernel , duquel il en efi comme de
beaucoup d’autres , qu’il y a plus de
fuccre & de miel qu’il ne faudrait,
chacun y advifera en le compofant
d’ augmenter la dofe des ingrédient,
afin qu’ils ayent pim de proportion
avec le fuccre & le miel. Ceux qui h
voudront dijpenfer fuivant la Thé¬
rapeutique Françoifè de^ Fernel, pren¬
dront garde a la dofe des femences,
qu’au lieu qu’il y a dans les vieux
exemplaires Semin. Ocymi ,Barda-
na, &c.ana drachntas duas,& dans
celle-là ,il y a , S'emin. Ocymi , Bar-
dan&.
Des Syrofs compofez»
dallât, &c. ottA HHC. duM. Telles fau¬
tes font conjiderables & importan¬
tes, en ce qu'il en peut ariverde me¬
me en quelqu autre rencontre qui
pourroit caufer de grand defordre,
ou même la mort.
107
Contufa rnacerentur horü 14. in Ub.
oCto Hydromellis,& coquantur ad
lihras quinque & cura
Sacchari, lib. quinque, percoquantur
in Syrupum conditum.
Cinnamomi, uncia uha, &
Spica JSfardi, drach. tribus.
Syrapiis Arthemifîæ , D.
Fernclij.
Arthemifia, Manip. duos.
Radicum Iridis nofiratis,
Helenq,feu Inula Campana,
Rubis, rnaprü.
Poeonis,
Libtftici , feu Liguftici , aut
Levifici,
Fœniculi,fing. unc.dimid.
Herbarum Pulegq,
Origant,
Calaminth. montans,
Nepiths, vulgo Cataria herba
dibta,
Melijfophylli ,feu Melijfs,
Sabina,.
Sampfuchi,
Hyjfopi,
Prajfi] albi.
Herbarum 'Charnsdryos,
Chamspitheos ,
Hyperici cum flore,
Parthenq cum flore , feu Ma-
tricaris , &
Betonics, fing, manip. unum.
Serninum Anijt,
Petrojfelini.
FœnïcuU,
Ocymi, id efi,Bafüiconis,
Dauci Cretici,
Gith , feu Melanthq ', vulgo
Nigella Romana, &
Buths,flng.drach.tres.
PARAPHRASE.
FErncl a compofe ce Syrop j fcr ce-
luy de Matthieu des Degrés cy-
aprez décrit , mais de medicamens fa¬
ciles à recouvrer , & exquis pour fà-
tisfaire aux effets qu’il promctaSc avec,
plus d’artifice:& jeferois d’avis qu’il
fuft fubrogé en fon lieu. Il a pris le
nom de la bafe l’Armoife mifè au
commencement. Les racines, herbes,
& femences , y font mifes pour aug¬
menter la vertu incifive , atténuative,
& defopilative ( des vifeeres opilez)-
de la baie, & pour rofoudre les vents
qui s’engendrent du flegme vifqueLix
par refolution : la canelle y efl; mife
pour la defencc du ventricule & ma¬
trice , & le Nard indique , pour celle
du foye , & ratte , le luccre deterge,
adoucit , donne la faveur , & conler-
ve leur vertu.
LE MELA JA GE.
Pourveu que les racines foient mon¬
dées dedans & dehors, & fort concaf-
fees,elles feront auffi-tôt cuites que les
herbes & lèmences. Pour ce , le tout
fera infufé dans huit livres d’I^dro-
mel , l’elpace de 14. heures , uir les
cendres chaudes , dans un pot de ter¬
re vernilïé,& couvert. Le jair fuivant
au même pot, le tout (èra cuir,jufqa’à
fa, confomption du tiers : la colatitre
fera clarifiée avec le fuccre , Sc coulée,
O ^ pour
io8 Liure L
pour cuire le tour en,Syrop, qu’il faut
aromatizer avec la canelle & Nard
indic concalFez , &c mis en un noüet
coraineil a été dit au SyropdcBetoi-
ne, lequel fera gardé pour la necelÏÏté.
LES EACVELEZ.
Il provoque puiflammcnt les mois
fupprimez, ou qui coulent lentement,
appaifeles fiiffbcarionsA' fubverfions
de matrice , dil'ciîteles vents , donne
air aux conduits reircrrez, & fortiMe
les nerfs.
REMARQUE.
E Sj/rop d‘Armoife de Fernel
na point toute la quantité de li~
queur qu il y cotivient pour pouvoir
attirer par la coStion. l" entière vertu
des racines , fueilles & femences ;
d’autant qu’on ne les pourroit bouil¬
lir chacune en leur rang le tems qu’il
faudrait pour y être cuites : en ou¬
tre , que de faire confumer la deco-
£lion de trois livres . il n’en referait
sque cinq livres , qui efi la même
quantité que du fuccre y avec laqnel- '
le on ne pourrait non pim , apre\^
avoir clarifié les deux enfemhle les
couler , qu’il nen demeure quantité
dans le couloir de drap, a caufe que
la decoéiion efi crajfe & vifqueufi,
pour y remedier , & a la conferua-
tien de lawertu des fimples, qui font
cotnpofez. d’une fubfiance tenue &
fuhtile.Dans les huit livres d’hydro¬
mel on fera cuire toutes les racines,
l’Armoife , le Marruhium , Cama-
drys , Camepytis , Hypericon & Be-
foine , chacune en fon rang ,fufqu’à
_ ia cpnfomption d’un tiers j la cola-
SeBion //.
ture & exprejfion faite, on la verfera
chaudetnent fur les autres fimples,
les ayant préalablement incifez. &
concaJfeTf. ces matières ainfi mêlées,
feront mifes dans un vaijfeau exa¬
ctement bouché , qu’on tiendra du¬
rant ly.heures fur les cendres chau¬
des , & fur la fin , le feu y fera aug¬
menté l’eiface d’une heure, le vaif
feau retiré ', & les matières a demi
refroidies front derechef coulées,
& exprimées , les feces feparées par
refidence, & la decoCtion vuidée par
inclination , il en faut prendre qua¬
tre Hures avec cinq livres de fuccre,
& les faire cuire enfemble a la va¬
peur de l’eau bouillante comme nom
avons déjà fouvent répété. La canel¬
le , & le Spica Nard , feront inftfez.
dans une petite quantité de liqueur,
& la colature ajoutée au Syrop en¬
viron la fin de la cuite.
Nota que ceux qui voudront com-
pofer ce Syrop, fuivant la Thérapeu¬
tique Erançoife de Fernel, prendront
garde à deux fautes qu’il y ada pre¬
mière efi, qu’on a obmis en la defcri-
ptionl’Hyfiope : la fécondé , qu’aux
femences qui font d’anü,deperfil,Û"c.
dans les . exemplaires Latins plus
corrêQs,on y lit ana drachmas très,
& dans la Françoife , on a écrit de
chacune trois onces.,
Syriipus Arthemifîæ, D. Maf»
thæi è Gradibus.
Arthemifia, manip.dms.
Fulegij.
Calaminthes,
Origani,
Melifét,
Perfi
Des Sjrops comfofez^\
109
I
1
ç Hu\ui nominis variiz
I jpecies. Non
mâculata ujurpan-
da, quia efi acris.
Aiaculata vero,Jri-
gida efi & adfirin-
gens, ciendü menfi-
hm inefta.
SahiriA,
Sampfuchi,
Folior. InuU Campana,
Cham&dryos, '
Cham&pity os .
Hyperici,
Matricaria cum flore.
Centaurn minoris
Ruta
Betonica,
f LaBuca efi afini te-
fie Avicenna li-
bro 2. cap. 1^. &
445>- quA efi An-
chufA fi’ecies.HAC
effebUhtts titulo e-
nunciatis apprimè
convenit tefiihm
Diofconde & A-
vicenna. Verunta-
AlbugelifiAA men videtur no-
men fuijfe detor-
tum d BuglojfoSyl-
vefiri^pro Echia
Diofcor. Alcibia-
co diblo , ah Au-
thore ufiûrpato. V-
tram fimr.asparum
refçrt,quia ambéo
fient ejujdem fa.,
cultatfs.
Radicum Fœniculi,
Apit ^ feu Eleofelini Grâce-
rum.
Fetrofelini^
AJparagi,
Rufci,
SaxifragiA.
Inula CampanA,
Diblamm,
Cyperi,
RubÎA tinÜorum,
Iridü nofiratù ,
PceontA , fiffgul. manip. unum.
Seminum luniperi,
Smyrnn , -vel Levifiici,
Petrofelini,
Apq,
Anifi,
Githfeu Melanthü,'vulgo Ni-
geÜA Romana,
Carpobalfami, vel e]m loco fè-
min. Terehinthi arborés
Coîii albi , ex Arabia allati,
Afaru
Pyrethri,
CajfiA lignAA aromaticA,,
Cardamorni,
Calarni aromatici officinarum loco
vert Calarni aromat. &
Phu,id efi , VklerianA major. fingul.
unc.femifi.
Gp^ajfata macerentur horis 24. irt
aqua fiuviali. Eeinde coque ad
médiat. Tune auferantur ab igne^
dumaqua tepuerit rfiieentur ma-
«ibtts omnia , & .colentur. Ex-
prejfum clarificatum & colatum
cum
Sacchari -, &
Meüis delfumati aquts partibutyto-
quantur in Syrupum qui cen-
diatur.
Gnnamorni feleBi , uncia dimidia.
Mardi IndicA , drothmis duabus.
Abfque Aceto debet prApararis
quia utero adverfatur , monenter
Hippocrate.
O J Paâ
Livre L Section IL
I lo
PARAP HRASE.
IE nauois pas délibéré d’inièrer
icy la prefente defcription,me con¬
tentant de celle de Fernelj cy-delîùs
décrite , n’eût été qu’elle eft receue j
& approuvée de plulîeurs, tant pour
fa vertu , & iorcc grand-c , que pour
le donner en chef-d’œuvre aux jeu¬
nes Apothicaires , pour la difliculté
qu’il y a au mélange i lelquels déli¬
rant gratifier , j ’enlèigneray deux ma¬
niérés , qui ne dérogeront en rien
aux préceptes, de Mefiié aprez que
j ’auray déclaré lomraairement ce qu’il
écrit à la fin du fécond Theoreme
Réglé du premier livre. A fçavoir que les
generale medicamens qui Ibnt d’une fubllan-
’ pelante , & malîive , endu-
Aion& inhifion , & decoftion.
infujio. contraire ceux qui font d’une
lubftance molle , legere j & rare 3 ou
qui ont leur vertu à la lurface , en¬
durent une legere infulîon & deco-
étion. Ceux qui tiennent le milieu
entre ces deux extremitez , endure¬
ront aufli une moyenne infulîon &
dccoéèion. Or eft-il que de toutes les
parties des plantes , il s’en creuve
qui participent de ces trois fubftan-
cesj félon lefquelles il faut garder
l’ordre en infulîon & decoétion, pour
en avoir la verm qu’on prétend. Ce
qui lé peut pratiquer au prelént Syrop,
qui eft décrit par fon Autheur Mat¬
thieu des Degrez au Commentaire
qu’il a composé fur le neuvième li¬
vre de Rhajîs , dédié au Roy Alman-
chapitre à provoquer le$ me n-
firues aux femmes.
LE MELANGE.
Supposé ce que ddlîis , il faut dit
polér tous les medicamens en trois
ordres lélon leurs lùbftances , & en
faire trois infulîons feparées , & di-
ftinctes. A fçavoir qu’il faut mettre
les racines mondées au dedans de
leur cœur ( celles qui en ont ) & de¬
hors de toute ordure , & concalsées
au mortier , dedans un pot de ter¬
re vernifsé 3 for les cendres chau¬
des 3 avec moyenne quantité d’eau
chaude3 l’elpace de vingt-quatre heu¬
res 3 qui foie couvert. Huit heures
aprez en un autre pot de terre ver¬
nifsé 3 on mettra les herbes & lé-
mences concalsées 3 aulfi avec eau
chaude , & for les cendres chaudes3
& qui foit couvert. Huit antres heu¬
res aprez en un autre pot à part on
infoléra avec eau chaude le Pyrethre3
Alàrum 3 Coftus3 Canne odorante.
Cardamome, & Carpobalfame , (ou
leurs foccedanées les Cubebes , ou
la lémence de Lentilque.ou de Tere-
binthe. Pena:)aulîî for les cendres
chaudes , & couvert. Le lendemain,
on fera premièrement bouillir for un
feu clair & non.fiimeux , les racines
dans une balîîne , & icelles à demy
cuites 3 on y ajoutera les herbes , ôc
femences qui font chaudes , & mifes
ait fécond pot , qui auront infusé
feize heures , & quand elles léront
qualî cuites 3 on y ajoutera ce qui fe¬
ra- au dernier pot auffi chaud , & qui
aura infusé huit heures léulement,
qui prendront deux , ou trois bouil¬
lons. Cela fait , on ôtera la baffine
de delfos le feu , laquelle couverte
d’une double toile, on lairraàdemy
refroi
Des Syrops CompofeZj.
rcfroiclir : pnisÆvec les iTiains on frot¬
tera le tout 5 qu"on exprimera fort,
& ferme. La colature fera clarifiée
avec blancs d’cenfs , avec miel écii-
mé, & fùccre , de chacun deux li¬
vres , puis coulée par le blanchet.
Aprez le tout fera cuit en Syrop,
& aromarizé de la Canelle , & Nard
Indique concallèz & mis en un noüet,
ainfi qu'il a été dit au Syrop de Be-
toinc pour le garder au belôin.
1* je- La féconde maniéré, de compofèr
cmie ce Syrop , moins laborieufè que la
munie- précédente, félon les préceptes des
anciens, & ne répugnant à l’inten¬
tion de l’Autheur , eft telle. Premiè¬
rement en dix livres d’eau , foit de
pluye ou de' fontaine , on fera bouil¬
lir les racines d’Enule Campane,Iris,
& Pivoine coupées en rouelles , &
celles de Fenouil concaflces , dont le
cœur fbit ôté. Vn peu aprez on y
ajoutera celles de Perfîl, & d’Achc,
mondées aulfide leur cœnrj& cel¬
les de Valériane, d’Afperges, Brufcus,
Rubia major,Cypere,& Saxifi.age cô-
caffées. Vn peu aprez on y mettra les
herbes qui endurent plus longue co-
étion , comme Sabine , Chamædrys,
Chamæpytis, Betoine,Enule Campa-
nefPerlîcaria non maculata,& les fe-
mences de Genevre, Leviftic , Pcr-
fîl , &c. concaflces : un peu apres le
Calament , Origan , Pulege , Armoi-
fè , Matricaire , Melillc , Marjolaine,
Rue, Hypericon, Centaurée petite,
l’Echion de Diofcoride vulgairement
appelle Bugloflè fàuvage ( differente
de la vraye Bugloffe , ou Borrache
fauvage J appcllée de l’Autheur peu
versé en la connoifïànce des fîmples
Albugeliffa. Aprez on y mettra le
Cabaret dit Afarum Pyrctbre , ôc
III
Coftus concalTez. Sur la finie Car¬
damome, le Carfobalfàmej la Can¬
ne odorante, la grolle Canelle, pour
la Caflë aromatique des Grecs , en
forte que le tout revienne à la moi¬
tié ou environ de l’eau prifc, Aprez
le tout fera versé dans un pot de ter¬
re vernifsé , &■ bouché , qu’on lairra
infxifèr vingt-quatre heures. Le jour
fiiivant on les fera réchauffer , pour
le tout frotter entre les mains , & ex¬
primer. La colature fera clarifiée, cou¬
lée, & aroraatizée, comme avons dit,
pour cuire le tout en Syrop , avec
le fuccre , & miel éeumé , pour le
garder au befôin. L’une & l’autre ma¬
niéré eft bonne. l’açoit quel’Autheur
confeille fur la fin d’y ajouter le vi¬
naigre pour incifèr , & atténuer le
flegme , qui opile les veines de la
matrice , & empêche le flux men-
ftrual, il n’y eft pourtant pas propre,
mais nuifîble , comme ennemy d’i¬
celle principalement , & des autres
parties fpermatiques. Hippocrate par¬
tie treizième, lib.'vijt.acut.
LES FACVLTEZ.
Il remedie aux maladies de la ma¬
trice, & provoque les mois, corro¬
bore les nerfs , -ouvre les pores , Hc
corrige le fàng.
REMARCLVE.
BAuàeron en beaucoup de com~
jpofitions , cy-àevant & apreXj^
s’ eft fervy de la [ouftraEtion pour
la quantité de certains ingrediens
aux compofttioins , quand il luy a:
Jimblé y avoir de l’excez,- en leurs
dofes , ^ de V addition en d‘autres^
quand
ni Livre 1
^mfid ils luy ont paru n'y être pat
en une dofe deuëment requife & pro¬
portionnée pour correffondre à cel¬
les des autres ingrédient-, maü en cel-
le-cy,qm avoit grand hefoin de luy
augmenter la liqueur , il a refiraint
VArtifle, contre l’intention de Mat¬
thieu des DegreT^, comme je diray
cy-aprez,. En fécond lieu , il efl à
remarquer deT^ l'entrée de cette def ■
cription , qu’il a laifsé dans la con-
fujion , tout ainji qu’il les a treu-
vées dans fon Autheur les dofes
des racines avec celles des herbes,
tant des jeiches que des humides,
mefurant les unes & les autres par
manipules , ce qui n’appartient tant
feulement qu’aux herbes-, car pour les
racines, fait qu elles foient feiches,ou
recenses , on les doit pefer , comme
ont pratiqué les Médecins de Lon¬
dres en Angleterre , en la defcri-
ption du prefent Syrop , en difant
Pulegii , Calamithes , êfc. ana M.j.
& Radie. Fœniculi , Apii , &c. ana
unciarn unam : il ejl vray , que des
racines recent es on en doit mettre
une once & derny , a caufe de leur
humidité , pour ne s’éloigner point
de l’intention de l’ Autheur , qui en
demande une manipule de chacu¬
ne , qui pefe plus d'une once ; &
pour celles de Cyperus , & de Pi~
'voine , il fuffira d’y en métré une
once de chacune ; En troiXjéme lieu,
Matthieu demande que les racines,
fueilles , fuit s , & femences foient
infusées , & cuittes en quantité fuf-
fifante d’eau de fleuve , que Baude-
ron_ en fon mélange réduit a dix
livres , quantité qui ne Juffit point,
à moins de laijfer la vertu des mé¬
dicaments dans leurs corps, parfau-
SeBion IL
te de menftru'é pour l’attirer i ce que
les Médecins d'Angleterre ayant
preveu , l’ont augmentée de deux li¬
vres , quantité qui n’efi pas enco-
res fuffifante , & il y en faudrait
mettre jufques d quatorze livres:
En quatrième lieu V Autheur de¬
mande quantité fuflifante de Juccre
& de miel,parties égalés, & Baude-
ron les réduit d deux livres de cha¬
cun , où i’eflime qu’il en faut mettre
jufques d fix livres poids de médeci¬
ne des deux. Pour donques corriger
& abréger tout ce defus,Jùivant mon
fentitnent , on prendra une once &
demy de chaque racine recente , &
une once de feiches , les ayant pré¬
parées comme en feigne nôtre Para-
phrafie , on les fera cuire dans neuf
livres d’eau avec les herbes non odo¬
rantes , chacune en leur rang , &
ordre , comme il efi cy-dejjùs pref-
crit , ]ufqud la confomption d’un
tiers , (f dans la celature tous les
aromats feront jnfùfez, & cuits de
même qu’il a été cy - devant dit
au Syrop precedent d’Armoife de
Fernel.
Zvvelfer en fon adnimaverjïon
fur le Syrop d’Armoife de Mat¬
thieu ,- & fon nouveau adhérant,
au premier tome de fon traitté de
la Chimie , font d’accord qu’on pro¬
cédé de même en ce Syrop , qu’au
Syrop Aceteux composé , qu’on en
diflile les ingrediens jufqu’au Jec,
aprez. avec de nouvelle liqueur qu’on
cuife le marc jufques à la confom¬
ption des deux tiers , comme nous
dirons plus particulièrement cy-
aprez., & de la colature clarifiée
en cuire le fuccre en eleéluaire foli-
de,pour puis aprez. le dijfoudre avec
la
Des Syrops Compofez^. i r 5
Itt liqueur jpiritueufe quon aura, H-'
rée par la diBillation , & au bain
marie réduire le tout en confiBan-
çe de Syrop. <iAveup.ement aujfi
grand quil en puijfe etre de s'ima¬
giner , qu’avec la décoction de qua¬
rante trois ingrédient, lefquels,quoy
qu’ils ayent fouffert la diflillation,
il y en a beaucoup qui ont confer-
vé leur vifcofité , & leur cole ( ce
qu’ils ne m’oÇeroient nier ) on puif-
jè cuire du Juccre enferme d’Ele-
Buaire folide fans le brûler avec une
telle liqueur , à caufe de la vifcofité
qui fe rencontre en la decoElion & au
fuecre , comme fiavent tres-bien les
moins éclairetz, en notre profejfion,
qu’il efi impofiible de pouvoir faire
autrement : fi celuy qui doit confer-
ver la vertu dei ingrédient , a per¬
du fa vertu confervatrice , & chan¬
gé de qualité avec celle de la dé¬
coction des ingrédient : quelle ad¬
dition qu’on y fajfe , la compofition
ne vaudra \amait celle qui fera mé¬
thodiquement faite a l’ancienne mo¬
de ( qu’ils appellent. ) Et )e m’éton¬
ne grandement du procédé de ces
deux hommes , le premier qui fe dit
en quelque endroit de fes œuvres
avoir été feElateur de la Pharmacie
l’eiface de fei^e années,& l’aure fils
d’un pere tres-exaCt réchercheur da
vrays préceptes de la Pharmacie,
quaprez. en avoir fuccé les mêmes
préceptes avec le laid, exercé lon¬
gues années la même profejfion , y
ayent fi peu profité pour o'Jer parler'
delà forte ]e le pardonneroü a un
apprentif de fix mois -, mais à leur
égard qui fe difent fçavans , nonj
c’ejt à dire , que s’ils ont manqué en
ces rencontres , je vous prie de croire.
qu'ils n en font pas moins dans leur
Chimie qu’ils exaltent fi fort.
Syrupus è Calaminchc, D-Me/?
Calaminthes domedica , &
Sy Ivefiris, utriujque une. duos.
Seminum Liguftici , feu Levidici
& Chefim Arabum,
Dauci Cretici , &
Sshœnanti, fing. drach. quin^.
Fvarum Pajfarum expurgatarum,
lib. femijl.
JiPellis optimi deéfumati , vel
Sacchari albi , lib. duos.
Coquantur in aqua , vt deeet , fiat
Syrupus.
PARAPHRASE.
PAr le Calament domeftique,Me-
fué entend la première efpece fur-,
nommée des montagnes & domefti-
ftiqiie , comme le plus ufité. Par le
fauvage, la fécondé efpece ,& moins
ufitée. Voyez Diofc. livre 3. chap.j 4. ^
car le Calament ne fe cultive point
^ans les jardins. La bafe eft le Ca¬
lament donc il a pris le nom : les
femenccs y font raifes pour confu-
mer les vents ■, & pour augmenter
la vertu incifiue > atténuative , &
aperitive de la bafe : la deterfiue Pcft
par les raifins gras , & le miel. Le
Schœnànte y eft mis pour fortifier
les vifeeres. Ceux qui n’aurOnt les
deux elpeces de Calament icy re-
quilès , qu’ils doublent la dolê de
celuy qu’ils auront , plutôt que pren¬
dre l'herbe au chat, qui n’eft la
troiziéme efpece de Calament» dé¬
crite par Dioicoride » que nos Apo-
P thicai
fi4 Livre 1.
thicaires , & n:al à propos appel¬
lent Nepeta.
LE MELANGE.
Le Calameht, les fen:iencesj& rai-
fins mondez de leurs pépins , feront
bouillis en quatre liyrés d eau juf-
qu a la moitié , y ajoutant for la fin
leSchœnante, qui fbufFre plus lon¬
gue coélion > que beaucoup d'autres.
La colature fep clarifiée avec le miel
écume, ou le foccrepour les plus dc-
ficats , puis coulée : pour le tout aii-
re en Syrop, qu’on gardera pour les
toux invétérées & afthmatiques , &
pour ceux qui ont le foye ou ratte
durs , & en teins d’Hy ver.
LES WACVLTEZ^
Il efl; propre à 1 afthme, aux toux
inveterées, aux intempéries froides
des vilceres^aux ratteleux & aux vieil¬
lards ; nettoyé la poiélrinej& le ven-
triciJe de la pituite.
REMARQVE.
La deferiftim de ce Syrop nous
efi ^delement rapportée par
Bauderofiy & fi treuve toute confir¬
me dans cinq exemplaires de diffe¬
rentes éditions de Meiué que 'fay en
main. Il y aurait a redire fur ' le Ca-
lament domeffique de Méfié y fi les
Autheurs ne convenaient pointyqu'il
faut prendre celuy-des montagnes,
pour le domeBique ; parce que nous
le treuvons plus fréquemment dans-
les jardins que le commun., quivient
icy & ailleurs en quantité fur le bord
des chemins, & lieux incultes. Le me
reduiray fiulemejit au. moJusfàcien-
SeBîon IJ,
■ diy q'ui doit être tel qui celuy du Sy¬
rop de Stœchade , excepté qu'il ne
faut prendre que trois livres d'eau
pour faire' la decoBion des raifins,
& l’infufion des autres fimples.
Syrupus Nkotianæ majoF.
D.Augcrii.
Succi Nicotianamajoris yfitpra
ignem depurati , &
Penidiarum , ana lib. fimifi.
Coque in Syrupum.
^ PARAPHRASE.
CE Syrop a pris le nom de la Ni-
cotiane , autrement appellé 7a-
bacum, Petum , -St herbe de la Reine:
parce que lean Nicotius,Ambaflàdair
pour le Roy de France en Portugal,
fut le premier qui l’envoya à la Reine,
pour fes rares vertus à piufieurs mala¬
dies internes , & externes,digne d’u¬
ne grande Princellè : convenable aux
afthmatics , aux cruditez d’eftomach,
aux gouttes , & opilations de la ratte,
& à mondificr les ulcérés, quels qu’ils
foient fans douleur.
LE MELANGE.
Le mélange n’eft autre que celuy
dés autres Syrops cy-devant décrits.
Traittons maintenant des cfpeces
d’Oxymel , qui tiennent heu de Sy¬
rops alteratifs.
LES FAGFLTEZ.
Il fert à l’allhme à la crudité d’e-
flomach, à la goutte, à l’obRruélion
de
Des Syrops
de la ratte , & à deterger fans dou¬
leur ks ulcérés.
R E M A R QJ E.
E Sjirop à ce qiue 'fay vérifié
peut avoir été tiré des œuvres
d’Augerius qui le décrit d peu pre"^
de la forte que Bauderon le rappor¬
te. Et Neander Médecin d Leyden
dans fa Tabacologie le décrit aujji
de même , & l'attribué audit Auge-
riui,qui efi le fujet de l'addition que
i’ay fait de fon nom au titre dudit
Syrop. Pour le compofer félon l'Art,
il convient de clarifier le fuc avec
un blanc d'œuf, & avec pareil poids
de Pehides dans un vaijfeau de ter¬
re d la vapeur de l'eau on les cui¬
ra en firme de Syrop.
De Oxymellis dÜFerentiis.
Oxymel fimplex , D. Gai.
y.. Aceti vini albi acerrimi , lib.
unam.
Mellis optimi, lib. duos.
<iAqua fontü , lib. quatuor. .
Mel cum aqua coquitur,jpuma inté¬
rim detra£ta,quam fi multum mel
egerat,malum efi:ob id diutius co-
quendum. Cptimurn vero ( quale
Gallia EJarbonenfis , & Provincia
nobis fuppeditant ) minimum fu¬
ma evomit, & brevijfimo tempo-
re coquitur. Si vis Oxymel valen-
tius,mifce tantum Aceti,quantum
mellis, aqua duplum. Sed citm una
omnibus menfura non placeat : &
hi ace fatum , illi mellitum rnagis
ament , pro cujufque palato , &
necejfitate mifeeatur. ^ugtmobrem
parandum erit , utendi tempore,
m in Syrupo Acetato fimplici
annotavimus.
1? AR AP UKASE.
CE que ks Grecs appelkncOxy-
meUles Latins Acetum mulfitm,.
ks Arabes Secaniabin •• lequel ablplu-
ment mis , le doit prendre pour l’O-
xymel fimpk ; ainfi furnomroé pour
mettre difference d’avec les autres de
kmblabk noni plus compokz. L’Au-
theur d’iccliiy eft Galr-<i« quatrième
livre de l'a famé, chapitre vingt-un.
Il différé du Syrop Acetux , décrit au
commencement de cetcé feétion , du
miel feulement qui eft mis au lieu du
fùccre : car Mefué compofè du Syrop
Aceteux foibkjmediocre:, & fort, âuf-
fi bien que Galie.nj d’Oxymel fimple.
Le fbibk fe fait avec une partie de
vinaigre,deux de'mielj&: quatre d’eau.
Le moyen , avec une partie, & demie
de vinaigre , deux de miel, & quatre
d’eau. Le fort avec égale portion de
vinaigre & de miel ; & deux fois au¬
tant d’eau. La bafe eft le vinaigre in-
cifif,attenuatif, & refblutif des madè¬
res craflès & vifqiieuks,, en quelque
part qu’elles foient, fil t-ce aux .jointu¬
res , U nous croyons à ce que Galien
nous en a laifsé par écrit au huit 'iéme
de fa méthode curative. Le miel y
eft mis pour deterger, pour la faveur,
pour rendre Con aétion meilleure , Sc
confèrver la vertu de la bafè. L'eau y
eft mifè pour trois railons déclarée*
pat Mefiié , afin que je ne fraude
perfônne de l’honneur qui luy apar-
tient. La première , afin que le jriicl
par une longue aiite, perde là fiatuo-
fité. La féconde, afin que pkis aisc-
P 1 ment
ïi6 Livre 1. Seâion IL
ment & mieux il foit écume. La troi-
ziéme , afin que la vertu de l'Oxy-
mel foit diftribuée plus aisément par
tout le corps , & pour reprimer l'a-
l^rreur crimonie du vinaigre. De quoy on
reprou- peut colliger combien font .crorapez
les maladesdes Medecins,& ceux qui
le compofont avec le foui vinaigre,
& le miel : non moins ceux qui le
font avec le vinaigre diftillé, du tout
corrofif, & nuifible au venuicule, &
à tous les vifoeres. La quantité du vi¬
naigre doit être limitée folon la for¬
ce i & comme le mal le requerra , &
> le palais du malade , folon le plus ou
i moins , ce que facilement par la fa-
veur fo connoltra. Pource l’Apothi¬
caire qui ne connoit pas les maladies,
ny leurs caufos,ny l’intention du Mé¬
decin qui l’ordonne , fo doit conten¬
ter de tenir dans fa, boutique un
Oxymel foible’, tel que nous l’avons
décrit : car il eft plus facile d’y ajou¬
ter du vinaigre , s’il eft befoin , que
d’en ôter.
LE MELANGE.
Prenez la quantité de l’eau èc du
miel requife , que vous ferez bouillir
for le feu clair , & non fumeux , dans
une balfine étannée , ou dans un pot
de terre vernifoé , en ôtant toûjours
l’écume qui nage defliis : puis peu à
peu y ajouterez le vinaigre blanc,
fort éc acre , pour le bouillir avec le
refte qu’il ne foit plus crud , & aye
confiftence de Syrop qui fo puilfe
garder au befoin. Encore qu’il foit un
peu moins cuit, pour être plus plai-
font , il ne lairra de^ fo garder , pour
caiifo du vinaigre, & du miel , qui
de foy s’épaiffit.
LES FACrLTEZ. '
Il incifo Sc deterge les humeurs
cralfos, lentes, &pitukeufes, ouvre
les obftruétions , facilite le crachat,
& la relpiration.
REMARQVE.
’Aurm heaucoMp plpu a dire fw
ces trois fortes d‘Oxjmel foible, mé¬
diocre , & fort fi \e ne m^en etoü
déjà expliqué en partie fur le Sj-
rop Aceteux fimple de Mefué: Et
parce que le fujet eji un peu diffe¬
rent ,] en diray encores un-mot, pour
de nouveau defkbufer l’eéfrit de
ceux qui n’y voyent pas clair en
plein rnidy , & commencer ay- par
rOxymel que Galien & Bauderon
appellent faible , qu’ils compofent de
deux livres de miel , de quatre livres
d’eau , & d’une livre de vinaigre
tres-fart. Il a femblé à ces deux
grands hommes , que la quantité de
quatre livres d’eau de fontaine de-
voit être capable de rahbatre & de
reprijpzer l’acrimonie du vinaigre,
c’efl en quoy ils fe font mépris j car
l’eau ne fert fimplement que pour li-
quifier le miel & en feparer V écume
par l’aide de la chaleur dufesp ,puis
qu’il n’y en doit refier que pour luy
donner la confifiance de Syrop , ce la
fait en y a)oùtant puis apre'^ une li¬
vre de vinaigre blanc ,firt & acre
pour en continuer la cuite , V expé¬
rience nous confirme cette vérité, que
l’eau qui a re fié dans le miel aprez.
la deffnmationai'vec la partie aqueu-
fi ou la moins noble ( que quelques-
uns appellent phlegme du vinaigre)
s’évaporent les premières en ho'ùil-
- Des Syrop:
tant , & encores de la partie la plus
faible de l'efjrit du vinaigre , de fa¬
çon que ce qui refie du vinaigre
dans le miel étant cuit en Syrop efi
environ de trois onces pour livre le¬
quel efi tré's acre pour être plus que
dephlegrné, & ainfi un tel Oxymel
ne pourra être appelle faible , quà
raifon de la crafiïcie du miel qui ra¬
bat avec fa douceur la pointe du
vinaigre & non d ràifon de la quan¬
tité de l’eau.
Si nous pafions plus avant èn l’e¬
xamen de l’ Oxymel médiocre , &
fort , fi bien le mélangé des matières
qui les compofent fait different pour
la dofe du vinaigre, nous trouverons
que neanmoins en leurs vertus ils
feront moindres & d’une faveur
bien defagreable d caufe d’une plus
grande évaporation du vinaigre-»
qu’il convient faire pour les rédui¬
re en une confifience convenable.
Et pour remedier d tout ce deffus,
il faut prendre deux livres de beau
miel vieux qui ne fait point aqueux,
comme de celuy de Narbonne & le
faire deéfmner , apres^Jùr un petit
feu le cuire & remettre en fa pre¬
mière confifience , & avec douoie on¬
ces de fort vinaigre on les cuira en
forme de Syrop d la vapeur de l’eau
chaude dans un vaiffeau de terre.
§ï^e fi on defire d’en faire un médio¬
cre , ep- un plus fort , il ne faut
qu augmenter le vinaigre de vtngt'-
a trente onces , & procéder comme
deffus, & de la forte, ils feront beau¬
coup plus agréables , & incompa-
rable?nent meilleurs que les prece¬
dents.
Oxymel Scilliticum , D. M.
Of. Aceti Scillitici , lib. duos.
Mollis optimi ex aqua defpumati
coSti lib. très.
Coquantur , ut in Oxymelle fimplici
diximus.
paraphrase.
POurveu que TApothicaire ayeen
ià boutique le vjnaigi'e Icillitic , il
lùffit : car céc Oxymel le peut faire en
tout tems , & tôCj & en telle quanti¬
té qu’il voudra ; il ne différé du pre^^
cedent, que du vinaigre fcillitic, d^nt
il eft furnommé. Le mélangé ferâ de
même que nous avons dit au prece¬
dent.
LES FACFLTE Z.
Il lêpare les humeurs crafTes &
lentes , & pourcc il eft propre aux
maladies du ventricule & des autres
vifeeres caufées de ces humeurs:gue-
rit les roots acides, & rincontinence
d’imne.
REMARQVE.
PI Our faire V Oxymel fcilUtie , iH
faut prendre trois livres de beau
miel vieux de Narbonne deéfumédr
cuit comme a été dit au precedent, &
avec la quantitépreferite de bon vi¬
naigre fcillitic tel que le décrirons^'
cy-aprez. , on les fera cuire enfemble
dans- un vaiffeau de terre d la va¬
peur de l’eau , ou fur une chaleur
modérée fans les faire boüllir..
P J Ack
Lime L SeBion IL
Acetàn Scttliticum ex Diofcoride,
^ Mefuao.
PRencz telle quantité qu’il vous
plairra des lamines de (cilles blan¬
ches , du milieu ( qui font entre l'é¬
corce, & le cœur ) pource que les ex-
terncs font fans fuc > & inutiles ; cel¬
les qui font fi proches du cœur, font
par trop humides. Icelles ainfi choi-
fies, feront eniilées l’une aprez l’autfe
avec un petit morceau de la tige de
fenouil recent , ou autre entre deux,
afin qu’elles ne fo touchent, & foient
plutôt feichées : aprez on les expofe-
ra à l’ombre , en lieu fort acré exempt
de pouffiere , & de toute autre vilai-
nie , l’elpace de quarante -jours , afin
de confiimer leur humidité fiipcrfluë,
& la rendre moins acre. Cela fait,
for une Hvre de S cilles fciches, & rai-
fes en une phiole , on verfora huit li¬
vres de bon vinaigre blanc , & fort
clair, laquelle bien bouchée , on tien¬
dra' au foieil chaud d’Eté , ou dans
une étuve l’elpace de quarante jours;
GU de fept ou huit jours for les cen¬
dres chaudes, fi la comihodité du fo¬
ieil , & le loifir ne le permet : aprez
la Seille fera éprainte & jettée;puis le
vinaigre étant raffis , ce qui fera de
purifié , ièra mis dans une phiole bien
bouchée qu’on gardera pour s’en ai¬
der au» befoin.
LES EACVLTEZ.
Le vinaigre fcillitic eft efh'cace'îon-
tre les indifpofitions fioides & rebel¬
les du cerveau contre l’épilepfi ,' , & le
vertigo : guérit les gencives lâches
& pourries , fortifie les dents , rend
la bouche de bonne odeur,& en chaf-
fe la puanteur ; foulage les organes de
la retiration , & les nctioye ; forti¬
fie les mufcles du lamix , & rend la
voix claire : nctcoyc l’eftomach de fos
humeurs putrides, excite i’appetit, ai¬
de à la coélion , nettoye aufli le foye,
& la ratte , & adoucit leurs douleurs:
fortifie la vertu retentrice des inte-
ftins , de de la veifie, aide à l'a foflbca-
tion de la matrice , & aux indifpofi-
tions des jointures : atténué les hu¬
meurs cralics , incile celles, qui font
lentes , & les rend pi us propres & fa¬
ciles à l’expulfion , & quelquefois la
bile noire : il affermit ies corps mois
& laxes , l,es maintient en ia vigueur
de la jeunellè , les preicrv&de pourri¬
ture , les rend de bon teint , fi ce n’é-
toit qu’il amaigrit par un long ulage.
R E iM A R QJ/ E.
Le nombre des excellentes vertus
que Diofcoride, Mefné & Jidat-
thiole attribuent au vinaigre fcilli¬
tic eft grandement conjiderable ,qu il
mérité bien , que ceux qui le prépa¬
rent ob fervent exactement une vrayt
& légitimé préparation : Et comme
elle confifte particulièrement en Va-
prejt des lamines, ou écailles des Scil-
les , qui eft à la vérité dificile ,fui-
vant que Difeoride & autres lepre-
ferivent , c‘ejt là àuffi où l’Artifie
doit infifter , & fuppléer à quelque
défaut , fi point H y en a : mais an
contraire , comwie c'eft une compofi-
tion des plus fimples, il y a beaucoup
d‘ Apothicaires qui croyer.t quelle
n’efi pas digne de leur attention &
par ainfi eUe eft négligée de même
que
Des Sjrops compofeZj. IÏ 9
■ ^ue bemcoup d’autres , & lè plus
fouvent conimife k des perfonnes qui
'ne [gavent ce qu ils font 5 car les uns
la compofent avec des Scilles récen¬
tes , & tes autres les font fèicher au¬
tant quils peuvent , ou qu’ils fça-
vent. Les premiers fint tres-mal, &
far leur préparation , ils privent le
vinaigre fcillitic de toute forte de
vertus , avec le fupport de Diofcori-
de , qui dit , quil^n efi plus incijif
Et les derniers ne fanaient faire
feicher a l’ombre en trois fiü quaran¬
te purs les écailles des Scilles , en
l’état qu’il faut qu elles foient , pour
les mettre en injùfion dans le vi¬
naigre. Et que pour abhreger le tems,
& amener cette operation au point
qu’il faut fuivant l’intention de fin
aiutheur il faut prendre des Scil¬
les blanches , ou rouges , & en fi-
parer les écailles , qu’on mettra fur
une aix , & dans un four , oit l’on
cuit le fkin blanç vingt-quatre heu¬
res aprez. l’en avoir tiré , & les y
■faut laijfer pendant quelques heu-
res, jufquk ce qu elles foien\ fiiehes,
les ayant tirées , & incisées on en
mettra douze onces dans une gran¬
de phiole avec huit livres de bon
vinaigre blanc y& pour le furplusan
pourra procéder fuivant Bauderon.
Ceux qui appréhenderont que les
Scilles fi brûlent en les fàifant fei¬
cher au four , fi mieux ils aiment,
apre"^ les avoir nettoyées en dehors,
les enveloper ont avec de la pâte, &
les feront cuire dans le four , aprez.
ils en diviferont les écailles , &fur
une table bien nette , en un Beu fie,
& aéré les feront feicher , de/quel¬
les en aprez compoferont leur vinai¬
gre comme de jfus..
Vajouteray que les Autheurs fe
fint grandement trompez de dire,
que la Scille étant feichée efi moins
acre que lorfqu’elle abonde en fin
humidité naturelle , puifque je fuis
. pleinement perfuadé de cette vérité,
fondé fier l’ expérience & fur la rai-
fin , que fin humidité efi toute fk-
perflué & excrementeufe, & que par
l’ ex fie cation fin acrimonie , qui était
diffoute dans fin humidité fe rnani-
fefie davantage.
Oxymcl compofitum feu dia-
recicum incerti Audoris.
Ofi. Radicum Apq , feu Eleofelini
Gracorum,
FœnicuU,
Petrofelini.
Rufici, &
AJparagi,fing. une. duos.
Serninum FœnicuU, &
Apij,fing. une. unam.
Coquantur indib.duod. Aqua ad mé¬
dias. Exprejfum clarificatum curm
Mellu quantitate idonea , Coquatur
in Syrupum.
Addenda fub finem Acetivini albi,
lib. unam ufui repenendum-
Si loco Aceti vulgarù , Scilliticum
fubfiituos
Oxymel Scylliticum compofitum ha-
bebis.
PARAPHRASE.
CEt compofé > à
eaulè des racines , & fèmenecs
qu’il reçoit de plnsqnelefîmplecy-
devant décrit t iteftaufli fùmomïoé;
diuretie* ou apéritif de la vertu qu’ü
leçoic
Ito
Livre L SeBion IL
reçoit des racines aperitives , qui y
font mifcs pour augmenter la vertu
incifive , atténuative , & aperitive de
la baie le vinaigrcjcomme les femen-
ces pour modérer la froideur d’ice-
luy , iSc pour confîimer les vents , le
^Tiiel pour deterger , donner la faveur,
& confèrver le tour.
LE MELANGE.
Les racines mondées de leur cœur
& concafîées feront bouillies dans
dix ou douze livres d'eau ; & icelles à
demi cuites, on y ajoutera les femen-
ces contufès jufqu'à la confomption
de la moitié. La eolaturc fera clari¬
fiée avec aubins d'œufs , & codée
par le blanchet , puis on y ajoutera
quantité fuffifànte de miel blanc de
Languedoc , ou de Provence dans un
pot de terre vernilfé , le tout fera cuit
avec le vinaigre en confidence con¬
venable , qu'il fè puifïe garder au
befoin. Durant la cuite , il faut tou¬
jours ôter l'écume qui nage delfus,
ainfi qu'il a été dit au precedent.
LES F A cr LTE Z,
Il ineifè & deterge les humeurs
craflès & lentes : ouvre les obftru-
étions du foye , de la ratte , & des
reins, chaffe les ordures de la vellîe,
provoque l'urine & les fùeurs,
R E M A R Q^V E.
Et Oxymel de même que le Sy^
rop de ^ifjque \Radtcibus cy~
devant décrit , ont été tirez, mot à
mot du Commentaire de Chrifiopho-
rus Georgitu quil a fait fur le Se^
caniabin de duabtu radicibtu de
Mefué, & ne different l'un de Vau¬
tre , que de fort feu par exemple
en ce premier eji demandé ftx livres
d'eau pour cuire tous les ingrediens
de la decoUion , & en ce dernier il
en eft demandé ju/ques a douz.e li¬
vres. Ce premier demande du fuC-
cre , & ce dernier du miel, a caufe
du nom de la compofition ; ce pre¬
mier ne demande que huit onces de
vinaigre y& ce dernier en- met une
livre , de plus, ce premier demande
la femence de Perfil , & ce dernier
avec Chrifiophorus n en font nulle
mention i&pour le furplus , toutes
les autres dofes font conformes avec
le nombre des ingrediens. Il y a des
petites raifons fur la diverfité def-
dites dofes que je pafferay.fans m’y
arrêter, pour dire, que quiconque au¬
ra une de ces compofitions ,fe pourra
aisément paffer de Vautre .-neanmoins
pour favorifer les moins verfez. en
notre Art> qui voudront preferer cét
Oxymel au Syrop de T.Radicibus,ils
prendront garde que Bauderon a re¬
tenu la dofe de IO.OU ■ 1. livres d’eau
pour cuire ii. onces de racines ou fe-
mences , & que la proportion quon
doit garder entre les fimples & la
liqueur pour les cuire nef point ob-
feruée & pour la quantité du miel,
il la laiffe a la direêlion de VArti-
fie. Pour donc abbreger cette longue
coElion,<& proportionner les uns avec
les autres , il faut prendre les raci¬
nes â’ache , de fenouil , de perfil,
apre7J.es auoir mondées dedans &
dehors & pefées , celles de Brüficus
& d’Afferges pelées & leur cœur ti¬
ré , feront aujji pefées & toutes inci¬
sées ou concafiées , dans 4 . ou 5 .
livres
iir
Des Syrops
livres d^em pour le plus , on leur
fera prendre deux ébullitions , puis
on y jettera les femences concajfées,
^ à même temps on renverfera le
tout dans un pot de terre bien cou¬
vert & fur les cendres chaudes
par vint quatre heures feront infu-
fées j avant les couler , on leur fera,
prendre derechef une ébullition , &
la colature fera clarifiée avec deux
livres & demy de beau miel vieux
& non aqueux fur la fin on y
ajoutera dou^J onces de bon vinai¬
gre blanc.
Fmhfius Hure i. chap. de la
compofition des Jifedicamens ne met
que deux livres de miel , & Jîx on¬
ces de Vinaigre.
De Oxjmelle Scilliûeo compojîto.
LOxymel Scillicic compofe > ou
diuretic , ne difF.'re point du fùf'
dit en nombre & quantité de Medi-
caraentr’, mais dii fèul vinaigre Seil-
litic J pour le vulgaire , ny auffi en
la méthode de le compofer. Mainte¬
nant fuivant nôtre première diviiîon,
aprez avoir traitté des Syrops fim-
ples , & compofe j tant Alexitaires
que chauds , & froids , qui digèrent
les humeurs : s’enfuit les purgatifs, en
commençant par les moins compolèz.
R E M A R QV E.
L faut procéder de même en cet
Oxymel Scillitic , quau precedent
compofé , excepté qu’il faut prendre
le vinaigre fcillitic au lieu du fimple,
le plus Vieux fera le meilleur & le
purgatifs.
De Syrupis purganribus.
Syràpus fionm Perficorum incerti
Aiithoris.
y:. Florum Perficorum in menfi
Martio colleHorum , ac recextium^
lib.duas.
Macerenturin aquatepida, lib.fex
horis I i.fuper cineres calidosva-
fe operculato : deinde femelferue-
fiant, & exprimantur. Tum récen¬
tes injiciuntur & infunduntur vt
fiupra : hisque abjeSü , aliis
tertio 4.^.6.-/.^. & fivisnono fub-
fiituuntur, dum liqmr , facultatif
eorum plurimum ebiberit. In qui
facchari albi lib. quatuor dijfolve,
& coque in fyrupum. Bilem &
aquas purgat , verrnefque ene-
cat , ideo pueris utilis'.
PARAPHRASE.
FOntanon décrit un autre Syrop
de femblable nom que cettuy-cy,
non uiîté que je fçache : toutesfois
fi quelqu’un s’en veut aider , il le
pourra faire comme il enfeigne en là
pratique , avec deux livres de fiic tiré
des Pefches avant leur maturité > &
iceluy cuit à la moitié , & raffis , il
prendra la portion plus claire , qu’il
clarifiera , & aromatizera de Santal
citrin , &c cuit en Syrop , avec quan¬
tité lùffilànte de Succre , & y ajoutera
lurla fin , trois onces de fiicde Gre¬
nades. L’Authçur de ce Syrop nous
eft incertain.
^112,
Liure 1.
LE MELANGE.
Prenez la quantité Ipecifiée des
fleurs de Pefchcr non eontulès , afin
qu'elles foient plus purgatives , que
vous ferez tremper avec l'eau chau¬
de dix ou douze heures- dans im pôt
de terre verniflé étroit d'emboucheu-
re , qu'on couvrira. Aprez on leur
fera prendre fer le feu un bouillon,
puis on les exprimera. Dans Ja cola-
turc nouvelles fleurs s'infiiferont &
cuiront au même pot, comme dit eft,
& IcEont ainfi changées - ^lufieurs
jours : car plus il y aura d'infiifions,
de tant plus en lèra-il vigoureux. La
colatiirc fera finalement clarifiée , &
coulée par le blanchet t puis avec
fùccre fin le tout fera cuit en Sy-
rop , qu'on gardera au befoin. Les
decoéiions , & infi.ifions laxati¬
ves non clarifiées , purgent plus
que celles qui font clarifiées fur
le feu.
LES F ACFLTE Z.
Il purge les eaux &. la bile, tuë
les vers , delivre les obftruétions
du Mefentere , ouvre les con-
diflfs , incilè & evacuë les humeurs
craflés.
REMARQ^V E.
IL efl inconcevable , & du tout
mpojjible 'jtiavec fix livra,
d’eau que Bauderon demande pour
infiifén fei.z.e ou dixhuit livres de
feurs de Eefcher quelles puijfent
j[uffre pour attirer ( quoy qu en di-
'Hejfa inf/ijîons ). toute la. vertu qui
Se B ton IL
efi contenue dans cette quantité-
de fleurs : car plue la fubBance d’un
fmple efl rare ou legere , comme
efl de celle-cy. , l’eau en attire, moins
la vertu a caufe quelle efl beau¬
coup divjfée , ce qui ne ferait pas
d’un autre flmple qui ferait d’une
fubflance denfe ou plus compacte, ou
elle efl plus unie , & ne fort en rien
de dire que l’eau a divers pores,
comme parlent les Philofophes , que
quand il y en a un qui efl fuffijàm-
ment imbu , ou empreigne de la
vertu d’un flmple , celuy - la fem-
ble boucher tous les autres pores,
& rend l’eau tout d fait incapa¬
ble de pouvoir attirer davantage
la vertu d un même flmple , par
exemple , il en efl icy de même,
comme de l’eau & du Sel , ce pre¬
mier ayant dijfout & ravy a foy
ce dernier jufques d la quatrième
partie , ou un peu plus, de fon poids,
laijfe comme on dit ajfes^ impropre¬
ment , regorger le furplus , & au
contraire ,fl on-luy donne d dsjfois—
dre un autre fubflance de nature
faline , elle agira de nouveau d la
diflolution d’icelle en pareil poids
que de la precedente , & enco-
res d’autres apre\ , en pareil
poids,. &c.
Or donc , puis- que c’efl un ar¬
rêt irrevocable , étahly en la na¬
ture , que l'art ne.flauroit furmon-
ter , & qu’il en arrive de même en
toutes fortes d’infuflons , & de dé¬
collions , par ainfl il fera pim d'
propos , tant pour ne travailler pas
en vain , que pour éviter le temps
perdu , les dépenfes inutiles , & Ju-
perflts'és & pour mietsx faciliter le
pajfage de la vertu d’un flmple:
dans
Des Syrop s purgatifs. • itj
■^am ii^dêur ou l'on infu fe , de
ptoportionner l'eau aU'CC les fleurs,
(ÿ- Us vertus d'icelles, & de con-
caffèr médiocrement ces dernieres
pour les mflufler ainfi que dejfltu , &
de renouveller l'influfion )ufqua une
quatrième flots tant feulement , &
de la forte il y aura huit livres de
fleurs fur fix livres d'eau , contre
tous les préceptes de nos réglés ge-~
nérales , & la raifon quitle veulent
point , que la liqueur dejlinée pour
être empreinte des qualiteT^df ver¬
tus des fîmples par infufion ou par
decoüion foit en moindre quantité
que les fimples qui la luy doivent
communiquer, le ne m’en exp tique-
ray p ai d’avantage , pour en avoir
ajfe'f dit des l’entrée de cette re¬
marque , il fliffira que les judicieux
en notre profeffion rn entendent.
' Meflieurs les Médecins de Lon¬
dres en Angleterre , & ceux d'Aus-
bourg en Allemagne dans leurs
Dijpenfaires ont bien jugé de cette
vérité , que la quantité des fleurs
excedoit celle de l’eau en cette in¬
fufion , puis qu’ils l’ont réduite a
la réitération de quatre d cinq fois
pour le pim j mais tout cela nefl
rien a mon égard. On dira comme
certains ont déjà dit , que j’entre-
prens beaucoup de contredire au
doêles écrits de tant de fameux &
célébrés Médecins , qui ont inven¬
te les compofltions , & de ceux qui
les ont approuvées depuis tant de
fiecles , à ceux - là je réponds , que
lés frequentes expériences que i’ay
faites avec plaifir depuis longues
années en ma profejfion , m’ont dé¬
couvert au vray ce que i'ofe bien
mettre fur le papier , fans toutes^
fois m’en glorifier an préjudice de
l'honneur de Mejfieurs les Méde¬
cins que j’honore.
Syrnpüs Rofatus folutiuus,
D.Mef.
Foliorum florum rofarum palli-
darum,vel Damafeenarum ,feu
' Mofchatellarum , ab odore Mdf-
chi ( quia purgantiores ) libras
fex , Macerentur horis o£lo inli..
bris quindecim Çqu& caléfafta , in
VAfe terreo vitrato , jiriéti oris,
esque operculato : Poflea colen-
tur. Eidem aqu& calefaüne Ro¬
farum recentium tantundem im-
mittitur , & tandiu macerentur,
colentur , jifque abjeCiis alia 3.
4- 5.^.7. B.^.Jubflituuntur. Pnir-
tio hujm ajfervari poteft in an-
num, in vafe vitreo , oleo afu-
fo , benè operculato. Altéra vero
p 'ortio ' , cum pari pondéré Saccha-
ri albi coquitur in Syrupum. No-
ftri Pharmacopaj in libris fîngu-
lis Sacchari , infufum Rhabarba-
rum , cum Nardo Indica, aut cin-
namorno unciarum duarum inji-
ciunt, ut fit magis cholagogm, vo-
cantque flyrop Rofat. folntiu. cum
Rhabarbaro. Poft rnenflem vera
Jextum parvarum efltvirium,quia
vis ejm purgatrix evanefeit. Con-
flultim ejfet , vtendi tempore mif-_
cere Rhabarbanim ptÿ> variis feo-
pis : neque profeBo ex contufis
rofis , neque ex earum fucco , per-
inde eflicax fluerit Syrupus.
0.^
PA
12-4 Livre /.
- P Ara P H RAS B-
CE Syrop fait de netjf ou dix in-
Rifions eft furnommé purgatif,
à la différence de celuy que nous
avons décrit au commencement de
cette Sedion , qui fe fait du Mu-
charum , ou de deux infufions de ro-
fès , beaucoup moins purgatif, que
cettiiy-cy, lequel neantmoins on ap¬
pelle fîmplc, à la différence de cèluy
qui reçoit de plus le Rheubarbe , ou
TAgaric , ou lê Senne. le treuverois
meilleur qu'ils y fii/Tent ajoü'tez ; lors
qu'on en veut ufèr , & non lors
qu’on prépare le Syrop pour le gar¬
der un an : pour ce que pailé fix
mois , la vertu purgative s'exhale,
& eft de peu de vigueur. Celuy
qu'op fait des Infùfions derofes in¬
carnates, pâles, & mufcatelles, eft plus
purgatif , que celuy qu'on fait du
fuc de Rôles , ou des Roiès con-.
tufes.
LE MELANGE.
TjRenez une partie de rôles pâles,
J. ou Damalcines fort odorantes,
que mettrez dans un pot de terre
vernifle étroit d’emboucheure , en¬
tières & non concalïées, auparavant
déflorées, & liir icelles verferez deux
parties & demie d’eau chaude , aprez
on couvrira le pot , & lairra-on infu-
fer environ huit heures , les rofes
fur les cendres chaudes , aprez on les
remettra avec le pot , ou dans une
bafline , fur le feu clair , & non fu¬
meux , julques à ce qu’elles loient
fort chaudes, & prêtes à bouillir, puis
on les exprimera avec une toile neuf-
SeBion l L
ve. La éolature fera derechef verlee
fur d’autres rofes auflî déflorées , en
pareille quantité que devant , aufli
raifes au même pot , qui fera couvert,
& s’infuferont comme deuant , aprez
on les rechauffera , & exprimera;
ainlî continuant neuf ou dix jours,
par chacun d’iceux changeant les
rofes comme. dit eft. Ceux qui vou¬
dront faire plus grande quantité din-
fufion,-le pourront facilement faire,
en doublant ou triplant les Rofes , &
l’eau. On peut garder telles ' iniài-
lions un an fauxS corruption dan- des
phioies qui loient pleines , en y met¬
tant un peu d’huile d'olive par def-
fus , & les bouchant bien de Gofc
ton avec double papier , afin que
l’odeur & ■ la vertu aérée , ne fe per¬
dent, Si on veut parachever le lyrop,
il faut laiflêr raffeoir l'infufion , jul-
q - ’à ce qu’elle ' foit claire au Soleil
lans la clarifier, aprez on y ajoutera
femblable poids de feica-e de Madere -
fin & net ou un peu moins pour cuire
le tout enfemble en lyrop, qu'on gar¬
dera au befoin.
Ceux qui infuferont deux onces- Pu»!’
de fin Rheubarbe pour chacune li- /'*"'*
vre de feccre , avec trois drachmes de ”
canelle, ou deux de Nard Indic avec
une portion de l’infufion à part,l’efpa- cW*-
ce d’une nuit, & au lyrop un peu plus ÿiyu,
cuit qu’a l’ordinaire , la bafline étant
hors du feu , y ajouteront la colature,
où expreflîon du Rheubarbe , feront
un fyrop Cholagogue. Ceux qui au Vùut
lieu du Rheubarbe , y infuferont au- /'**«
tant d' Agaric trochilqué & de fel
Gemme.dans l’inftifion , & au Syrop
cuit, &encores chaud, y ajouteront ,mi»’
l'expreflîon . d’iceluy , feront un ly- gn-
rop rofat Phlçgmagogue. Et ceux
qui
Des Sjrops purgatifs. i i 5
qui voudront avoir un Syrop roiàt
Vf, " laxatif & Menelagogue , infufe-
Mene- tout trois onces de Senne de Le-
hgogue. yant mondé » ôc demy once d’Anis
concairé > en une partie de Tinfii-
fiondes rofes , Cir les cendres chau¬
des fix . ou huit heures , puis leur
donneront un ou deux boüillonSj
Sc l'exprimeront , puis ajoilteront
au fyrop cuit la colature j qu'ils fe¬
ront recuire ■( s'il écoit trop décuit)
afin qu'il Ce puillè garder. Que s’ils
veulent qu’il Ipitj & Cholagogiie>
& Phlegmagogue , ils prendront une
once d’ Agaric trochifqué , & au¬
tant de Rlieubarbe , & une drach¬
me de Nard Indic , Sc autant de
fel Gemme , qu’ils infiiferont , expri-
. meront , & ajouteront au fyrop , ain-
fi qu’il a été dit, ôc ainfi auront ce
qu'ils défirent. Toutesfois je treu-
vc meilleur de les y ajoûter , lors
qu’on s’en vftit fèrvir , félon plus
ou moins que la necelîïté le requiert,
que de les y mettre lors qu’on le
préparé pour le garder long-temps:
car en cela le Médecin doit plû-
tcrî- regarder au profit du mala¬
de , qu'à la commodité de . l’Apo¬
thicaire , pour ce qu’il y va de fon
honneur.
ZÆS FACFLTE Z.
Ce Syrop , s'il eft fait de rôles
incarnates ou mufquées , purge les
humeurs fereulès : fi on y ajou¬
te le Rheubarbe,, avec le Nard In¬
dic , il purge la bile i comu e aulîi
la pituite , fi on y ajoute l'Aga¬
ric avec le fel fbffile ; & la mc-
lancholk , fi on y ajoute la Senné
avee la femence d’anis , & des ge-
rofles entiers : il corrobore par fa
legere adftriélion , l’eftomach & le«
autres vifeeres.
R E M A R dV E.
L y a encarts plui a corriger fur
les infufions du Syrop rofat , qu en
celles du Syrop de fleurs de Pef-
cher par ce quil efl moins pojfl-
ble d’attirer toute la vertu des
refis avec la quttntité de quinze
livres d’eau , par les raifins qu&
je viens de dire ; par ce que les
fleurs de chacune des infufions de
ce dernier ne font que la quatrié~
me partie de l'eau qui en doit ti~
rer les vertus , & en ce premier,
il n'y entre que deux parties & de- '
my d’eau fur uhe de rofis , & fi
encores notre Autheur a ajouté ert
fa Paraphrafe : ce Syrop fait de
neuf ou dix injufions , &c\ “Par
quelle addrejfe , je vous prie , ceux
qui feront huit , neuf , ou dix
infufions , pourront attirer avec
quin^ livres d'eau la vertu pur¬
gative de quarente huit ,■ cinquan¬
te quatre ou fixante livres de re¬
fis P les raifins cy - devant allé¬
guées en font voir clairement l’irn-
poffihilité. §l^e fi cela était , le Jy-
rop rofat feroit un puiffant purga¬
tif, par l'exemple des Pilules An¬
géliques fimples , tefquelles parmy
quelques Moines pafiènt pour un fi¬
er et particulier, & pour un excellent
purgatif, de quinz.e d vint grains
par dofie ; mais en cela , ils ravif-
fent la gloire qui en efl deuë au do-
lie Rofenberg fameux Medocin ,
qui les décrit dans fa Rhodologia
livre i. chap. iSf. qui ne font autre
Q i ch»
Livre L Seâion 1 1,
1x6
chofe que l' Aloës fuccotrin dirent
dans le fuc de rofes , & defeiché
au Sdeil pur diverfes fois : & au
contraire nous voyons que nôtre
Syrop Rofat , fi exaüement quil
fait compofê il ne purge que tres-
p£u ; ce qui fait voir k l'oeil, quune
partie des infafions font inutiles &
ny fervent de rien : voila pourquoy
par les raifons déjà dites au pre¬
cedent Syrop ■ , il efi de tres-
grande importance à ceux qui com-
pofent les Médicaments d’appor¬
ter toute l’attention pojfible de
leur ejprit aux dijfculteTi qui fe
prefentent quelques fois & bien fou-
vent dans les compofitions , pour évi¬
ter l'embarras que les Autheurs fans
y P enfer ont laiffé gliffer dans les
dejcriptions d’icelles, & bien fauvent
il ne faut fi étroiSiement s’attacher
à la lettre , comme il y en a qui
font inconfideramment , & quelque¬
fois rnalicieufement quand la chofe
nous efi bien' connue , eomtne celle-
cyi, qu’il ne nous fait permis , au con¬
traire , c’efi de nôtre devoir d'y ap¬
porter nôtre modération , apreTf en
auoir conféré avec les dobtes & en-
tendm Medeyins. Il efi vray que le
plus fouvent , beaucoup de fautes
arrivent aujft par l’avarice des
Imprimeurs , faute d’avoir de bons
CorreEleurs , qui entendent la Mé¬
decine.
Tour doncques modérer ces Ion-’
gués & fuperflu'es infufions , & en
tne retraçant de ce que ;’ay dit en
la première Edition , je prefcriray
deux formules qui me femblent des
plus correbles , (jf les mieux propor¬
tionnées , que ’je connoijfe , & fans
difficulté , les Syrops en feront
beaucoup meilleurs qua l’ordinaire.
Tour la première , on obfervera la
■ quantité de -l’eau qui doit être
très - pure comme de fontaine , &
celle des rofes cy-def[m prefcriptest
que l’on cueilhra en un terns ferain
& non pluvieux , avant quelles
foient entièrement efclofes , & que
le , Soleil les ait échaujjées , éplu¬
chées & concajfées quelles foient,
quoy que Bauderon deffende ce der¬
nier , on les jettera foudain daps un
grand pot de terre vernie , avec
l’eau chaude , iceluy exablement
couvert que rien ne refiire , &
fur un feu lent feront tenues l’elfa-
ce de huit heures , aprez. te. feu fe¬
ra augmenté une demy heure du¬
rant ,pui- l’infufion repofée hors du
feu , fera coulée & fort exprimée,
laqueüe remife dans le pot avec pa¬
reille quantité de rofes , on y pro¬
cédera de même , jufques a une qua¬
trième infufion tant feulement , & il
en faut faire deux par jour , & ainfi
il y aura vint quatre livres de rofes,
fur quinze livres d’eau, quantité fufii-
fante & au delà , pour faire un jyrop
rofat folutif , tel jju’on le fiauroit
fouhaitter.
Et ceux qui defireront avoir un
Syrop plus puijfant & plus métho¬
diquement compop fe ferviront de
cette fécondé formule , & pren¬
dront une telle quantité de rofes
cueillies df épluchées , comme dit
efi, le fuc diligemment tiré & ropefé
par vint quatre heures dans une
phiole qui fait pleine & bouchée,
on en feparera la fecule ou mucofité
par inclination , & par la colatu-
re à travers la chaujfe à hipocras,
& fur feize livres , on mettra en
infu
Sjrops purgatifs. ï 17
infufià'n deux livres de fueilles de
rofes cueillies comme dejfus dans un
vaijfeau de terre, vitrée exactement
bouchée fur une chaleur modérée
qu'on augmentera fur la fin, tant que
la liqueur fait frète d bouillir ; le
vaiffeau tiré du feu , & la ma¬
tière d demy refroidie , la cola-
ture & l’exfrefrioh en fera faite,
& l'infufion reiterée trois \ours de
fritte d deux infrfions far jour.-
cela fait , il en faut f rendre Jèi-
ze livres , & les mettre dans un
ailemhic de verre > les ]ointures ca¬
lées iavec fin récif ient ; fera pofi
dansde fihle & far un fetit de¬
gré.^ de feu , on en tirera la qua¬
trième fartie , les dou^e livres^ re¬
flans i, les feces fifarées , avec fareil
fpids de fuccre en foudre , &
deux onces de beau miel feront
cuits enfemble far fimfle evafo-
ration dans un vaiffeau de ter¬
re , en confiftence de frrof , quon
ferrera étant froid four le befoin.
Et comme le fîtes fiuvent a
Montfeliers Meffieurs les Méde¬
cins nous ordonnent le fyrof re¬
fit folutif comfosé arvec Senné , &
aigaric , & que nôtre Parafhra-
fte dit en fin mélange d’infrfer
ces deux derniers dans une far¬
tie de l'infufion de refis , cela
fi. devroit faire ainfi -, mais far
ce que l'infufion fi trouve beau-
couf chargée de fleur , je ferais
d'avis , fans avoir égard a la di-
verfitê des fores qui font contenus
en Veau , de mettre à infufer fur
les cendres chaudes far vint qua¬
tre heures , quatre once de Senné de
Eeuant mondé , avec deux drach¬
mes. de Coriandre concaffê , dans
deux livres d'eau de fontaine , &
fur . la fin leur donner une ébulli¬
tion ; la .colature & l'exfreffion
faite fy voudrois de nouveau
infufer fix heures dtvrant , fur une
chaleur lente & entretenue , qua¬
tre onces d' Agaric récemment tro-
chifqué ; la colature , & l'exfreffion
derechef faite , l'infrfion re^ofie
fendant un jour , & fefarée de
fis feces far la carte , ou fafier
gris , fera evaforée lentement ,. &
réduite en confiftence de Rob , fuü
afrez mélée avec quarante huit
onces de Syrof rofat folutif, four
s'en fervir au befoin. Et comme
je croy que ce travail ne fourroip
fas toujours bien reuffir , farticu-
lierernent entre les mains de ceux'
qui n'entendent foint ce qu'on y
doit obferver , je finiray cette for¬
mule en leur faveur , & diray
qu'au lieu de tenir ce frrof ainfi
frefaré dans leurs boutiques y,
quand il leur fera frefirit , dans
quelque remede magiftral qu'ils
fourrant augmenter ou ajouter
le Senné de la deçoÜion de deux;
firuf ules ,. & autant de l'Agaric,,
far once de frrof Rofàt folutif &'
de la forte ils accomf liront l'inten¬
tion du Médecin.
Outre ces trois formules de fr¬
rof Rofat furgatif , il y en a en-
cores d'autres , qui ne font foinP
connues de tous les Apothicaires ,,
& même des flus vfitez , & cela’,
frocede de leur négligence & ava¬
rice , ainfi que nous avons veu
de nôtre temfs a nôtre grand re¬
gret confondre le frrof Rofat fi-
lutif , avec le comfosé de Senné,.
.& Agaric : & ceux que; nous
liS Livre L
n avons point en ufage , font com¬
me celHj! de lidefué de deux in-
fufions appelle fyrupHS Muccha-
rnm rofarurn ; celuy de M.onta-
nm , fyrupus rofatm laxatiuus ,
feu Hellehoratm , autre du même
aiutheur jyrupm rofatm compofi-
ms fine Helleboro autre Jyrupm
rofatm compofitm Gt^ercetani , au¬
tre Jyrupm rofatm folutiuus cum
ityigarico. Voila tous les plus
ufitez, qui font décrits dans les
Pharmacopées -, IL y en a d'au¬
tres , qui font décrits dans les œu¬
vres des Autheurs , qui nous peu¬
vent être ordonnez. , quil eji ne-
cejfaire que l' Apothicaire fâche où
les trouver.
Syrupus Violatus foluciuus,,
D. Mcf.
Hic Syrupus etiam fit ex novem
infufionibus , ut Rofatus prafcrip-
tus , abfque Rhabarbaro aut
Agarico , nifi utendi tempore,
quod plnrimum laudo. Pur gan¬
tier efi eo qui' fit è fucco vio-
, larum. Bilem fine adfiriSHo-
ne purgat ; affeblibus calidü pe-
Borü, cordü , hepatü, lienû , &c.
fuccurrit.
paraphrase.
CE Syrop icy à Mafcon par nous
a été ufité avec heureux hiccez;
il le fait comme le precedent rofàt,
avec neuf inflifions de violes ré¬
centes J hormis qu"il ne les faut
pas beaucoup cxprinacr , afin de
n’attirer de la partie herbue » cer-
SeBion IL
taine vilcofité , & acrimonie , qui
eft des - agréable , & répugnante à
ce qu’on prétend. Il ne faut ( non
plus que les rofes ) les concafler:
ainfi ce fyrop eft plus purgatif, que
celuy qui eft fait du fuc des violes.
La quantité du liiccrc & mélange
ne diftèrerit point du rofat laxatif
lirtiple preferit.
LES FACFLTE Z.
Il eft propre à la poitrine & aux
poulmons mai dilpolèz : il facili¬
te le crachat > d’autant qu’il n’a
aucune adftriction : & évacue la
bile.
R E M A R Q.V E.
Auderon attribué ce Syrop à
/kfejùé & le compofe comme le
rofat. Par la confrontation des
deferiptions , on peut juger , que
c efi l'Autheur de la Paraphrafi,
qui l'a en partie iuventé apréf^fiyl-
vim , fur l' Annotation qu'il a faite
aux Syrops V'iolat, & Rofat de Me-
fué. Il efi encore pim mal-aifé d' em¬
pêcher la corruption de l’infufion
de celuy-cy , laquelle on ne f aurait
garder quatre jours , fans une fen-
fible alteration , à moins de faire
trois injùfions par jour , ainfi que
fay fouvent expérimenté , & cela
procédé d'une humeur vifqueufe
qui efi en la fleur , qui ne fie Jepare
point , comme celle qui efi en la
Rofe. ' -
Syru
Des Syrops purgatifs. 1 2. 9
Syrupus de Pomis Regis Sa¬
per, D. Mef.
y:. Succormn Pomorum fragran-
tium, lih. très.
Buglojft, &
Borraginis , depuratorum ,
urtiupj. lih. duos.
Polliculorum Senn& mtsndatorum ,
une. quatuor
Seminis Anifi , zinc, dimidiam
Croci,drach.duas.
Sacchari alhi, lib. très.
FoUiculi Senna parum contriti cum
Anifohoris iq.macerentur in fuc~
cû}deinde femel , aut hüferve-
fiant & colentur. E.xprejfum cla¬
rifie atum, & colatum cum Sac-
charo coquaturin Syrupum. Cro-
CHi autem panno hineo ligatus in¬
ter coquendum infiricetur.
PARAPHRASE.
CE Syrop eft nommé du nom de
Sapor , Roy des Medes & Perfes
qui fubj ligua Valenan Empereur de
Rome J 1 an aprez la nativité de nôtre
Seigneur le fus ~ Chiift , deux cens
fôixante , pour lequel il fît compofé.
De cecy on peur colliger ce Syrop
avoir été composé long tems avant
le régné de Godcfi'oy de Boüilfon,
qui conquêta la Paleftine, ludée &
Syrie l'an mil nonante-neuf , ''nvi-
ron lequel tems Mefiié florilîoit en
Damas ville de Syrie. Quelques-uns
tiennent qu’il vivoit au rems du Pa¬
pe Adrian qui fiiil: un peu aprez , cela
•P -ut être qu'il ait été du tems de l’un
& de l autre. Il le décrit en (à prati¬
que J au chap. de la Manie, & Me-
lancholie fianguine,8c non en Ion An-
ddotaire, La bafe eft le fiic de pom¬
mes odorantes rois au commenec-
menrjdontilaprisleftxrnom.Les fîtes
de Buglofle , & Borrache j y font mis
pour augmenter la vertu cardiaque de
la bafo 5 & corriger la iîccité de la
melancholic , le Lnné pour la béni¬
gnement purger : l’anis ^ pour forti¬
fier l’aclion tardive du fonné > pour
confumer les vents, & incifor les ma-
^ dores cralïès& terreftres , que le fon-
^^é purge , le faffran y eft nus , tant
'pour la génération des efprits vitaux
( que la melancholie éteint par là froi¬
deur ) que pour conduire la faculté
des fiscs julqu’au cœur , le fiiccre
pour la laveur , & pour la confierva-
tion des autres.
LE MELANGE.
Dans les fines purifiez an foleil , ou
fiur le feu , on mettra les gouftes ou
follicules de fienné,& l’anis concalTés,
qui tremperont environ ^ 1 heures en
un lieu chaud , dans un pot de terre
vernilîë. Ceux qui n’auront pas tant
, de goiilîès , qu’ils parachèvent le
poids , des fieilles de fonné foigneu-
fiement mondées de leurs bûches ,
rerre , pierres , & pouffiere qu’on y
trouve. Les fucilles pour être alfiez
tenues & brifiées , n’eft pas befoin de
les concadèr. Le jour fiuivant on leur
donnera deux ou trois bouillons fiir
le fou claii- au même Pot > puis on
les exprimera. La colature fora pallëe
à travers le blanehct deux ou trois
fois, afin qu’elle foit plus claire : puis
on y ajoutera le fiuccre de Madè¬
re , pour cuire le tout en Syrop,
R auquel
13 0 L'mre 1,
auquel un peu avant là cuite on trem¬
pera le noliet où le fafFran lèra mis,
pour lexprimer fouvent afin que fa
verni y foit transférée ; ainfl ce iyrop
fera gardé au befoin.
LES EACVLTE Z.
Ce Syrop eft non fêiilcment pro¬
pre à la manie, & a la mclancholie en¬
gendrée de la bile flave & adufte :
mais aulîî à la demangeaifon , à la
gale, à la lepre & aux autres maladies
du cuir , caufëcs par des humeurs
adultes.
remarque.
Auderon eft du nombre de ceux
qui aputent U [ernênce d'unis en
lu defeription de ce Syrop pour fer-
i/ir de correilif uux follicules de fen-
né cruignunt les trenchées du ven¬
tre, dequey JiEefué ( uvec ruifon) ne
fuit point mention , on pourrait pojfi-
ble dire que c’efi a cuufe qu'il uttri-
hué un peu plus de chuleur uux gouf-
fes qu uux fueilles de fenné^pur uinji
plufieurs Autheurs l'ont imité &
d’uutres non.
Pour promptement & méthodi¬
quement procéder .ù la compojîtion
du fufdit Syrop. Il faut incifer fort
menu & bien piler feparément labu-
glojfe & la borrache Jîtot les avoir
cueillie s, puis upreT^das une bajfine à
fonds large, on les mettra l'une upref^
l'autre fur le feu & avec une Jpatule
de bois on les remuera pfquà ce que
d’herbe foit également échauffée & fa
vifeofîté confumée ; aprez. dans un
fac de 'toile on en tirera le fuc a la
preffe,& de cette façon les fiscs for-
SeBion IL
tirent de leurs plantes dépuré z. fans
autre artifice a moins que les herbes
neuffent été fuffifamment chauffées
& leur vifeofîté bien digerée , en ce
cas par une legert ébullition & par
la colature ils feront rendus propres
avec le fuc de pommes dépuré pour
attirer la vertu purgative des gouf-
fes de fenné.
Et parce que tous les Syrops font
vifqueux & cettuy-cy encore plus
que d'autres a raifon de la quantité
des fiscs ou du fiuccre qui le cotnpo-
fient, qui efi la caufie qu'une partie de
la vertu du fiaffran refie dans le
noùet,que pour l’éviter je fuis d’avis
d'incifier le fiaffran & de l’infufier
chaudement dans deux onces des fiuf-
dits fines, la teinture fieparée par in¬
clination, on y en remettra deux on¬
ces de nouveau pour en extraire l’ en¬
tière vertu , laquelle teinture fiera
ajoutée au Syrop fur la fin de fia cuite
ou bien on y diffoudra deux ficrupu-
les d’extrait de fiaffran , & pour le
fiurplus on fuivra Bauderon.
Syrupus Fumariæ major, D-M.
Myrobalanor. citrearum, &
Cepularum, utriufiq. drach.
viginti.
Florum Borraginis , vel Buglofiî,
Violarum,
Abfinth^ pontici majoris , fieu vul-
- garis,&
Cuficuta,fing. une. unam.
ClycyrrhiXjii
Seminis Anifî,
Rofiarum,fing. une. dimid.
Epithymi, &
Polipodq mis dati,utriufiq. drach. fiept.
Des Syrops purgatifs, j 5 1
frmorum , numéro eentum , vel lib.
femijs- cum atiü
Pajfulartm exacinatarHm,Uh.femiji.
Tamarindorum, &
Pulpiü Cajfi£, fifiuU , utriufq. une.
duoi.
Coquantur in libris decem aqua fon-
tana ad tertioi
Colamra adde
Succi Fumaria depurati, &
Sacchari albi > utriufque lib. très,
fiat Syrup.
Dédit a opéra Anifium addidi ad fia~
tmm confumptionem , quod pra~
termifijfie videtur Auetor.
PARAPHRASE.
CE Syrop a pris le nom de fa bafe
le lue de Fumeterre , la faculté
purgative duquel eft augmentée par
les Myrobaknsjainlî qucMelïié cnlei-
gne au ch. de la Fumeterre, du livre
des fimples purgatifs. Il eft llirnom-
mé grand.pour mettre différence d’a¬
vec un autre de femblable nom moins
compofé i décrit aufsi par Mefué qui
n’eft point en ulàge. Au lieu de cet-
tuy-cy nous ufons du fimple tel que
nous l’auons décrit au rang des Sy¬
rops lîraples. Les fleurs y font mims
pour corriger la ficcité , & âpreté des
Myrobalans , & pour la defenfc du
cœur : le Polypode’, les Prunes , les
Tamarinds, la CalTe» & Epithymej y
font mis. pour purger doucement la
bile jaune & noire j & le phlegme de
la ratte & du foye : le Cufcuta con¬
duit leur vertu à la ratte & la fortifie:
commerAbfinthe & les rolcs,le ven¬
tricule & le foye : la reglillè & les rai-
fins gras y font mis pour deterger tel¬
les humeurs & les conduire aux reins#
L’anis y eft mis pour confumer les
vents , que le Polypode & les autres
medicamens doux engendrent , mê-
roement de ceux qui y font difpofez.
Mefoé au chap. du Polypode , & ail¬
leurs. Le fuccre rend leur aétion meil¬
leure , plus plailànte , &les conlèrve.
Ceux qui auront en leurs boutiques
ce Syrop » fo palîèront de ccluy d’E-
pithyme , & au contraire, j’ay voulu
neanmoins icy inférer l’un & l’autre,
afin qu’un chacun choifilfe celuy des
deux qu’il aimera le mieux.
LE MELANGE.
Il faut icy faire trois infufions di-
ftinétes avec le lire. L’une des My-
robolans mondez de leurs os , & con-
eaifez dans un petit pot de verre , ou
d’étain 5 ou de terre verniffé fur les
cendres chaudes , avec une partie du
foc de Fumeterre j la quantité qu’il
fora befoin. La focondc & troifiéme,
de la Gaffe & Tamarinds , chacun à
part , & pcfoz en plus grands poids
qu’il n’eft requis pour caufo du dé¬
chet, En ces deux , peu de fuc fuf-
fira , car ce qu’on y met eft afin qu’ils
palTênt plus facilement par le tamis
renuerfé : le refte du fuc fera gardé
pour l’adjouter à la decoétion faite
comme s’enfiiit.
Dans dix livres l’eau , on bouilli¬
ra premièrement le Polypode nettoyé
& concalfé , pour ce qu’il abonde en
humidité fupetfluë , laquelle il perd
par une alfez longue decoélion , &c
aprez la purgative fe manifefte , &C
non plutôt : contre l’opinion d’au¬
cuns , qui eftiment qu’elle foit en la
furface , & défendent qii’ôn ne le
falfc bouillir : mais qu’on l’infïifo
R. Z corn
Liure L SeBion IL
comme on feroic du rheubarbe , ou
autre femblable purgatif. Le Polypo-
de étant à demi cuit , on y ajoutera
les Prunes-fèparées de leurs os , cent
Prunes ainfi i'eparées de leurs os ne
pcfent gueres^plus ny moins que de
demi livre , qui eft le poids requis
par quelques-uns , les raifins mon¬
dez de leurs'pepins-j la femence de
Cufcute , l’Abiînthe & la regliffe
raclée & contufe ; finalement les rô¬
les , l’Epithyme , & fleurs de bugloC-
le 3 ou bourraches > & violes. Le tout
à demi refroidi lèra exprimé 3 la co-
latLirc avec, le refte du fuc feront
coulés par le blanchet 3 puis avec da
liiccre cuits en forme de Syrop. Lu-
rant la cuite d'iceluy 3 on paflera la
Caflè ( accommodée comme avons
dit^ fur le tamis avec une cueillere
d'argent ou fpatule jde bois : de mê¬
me les Tamarinds ( un peu aupara¬
vant pilez au mortier de marbre 3
avec un pilon de bois^ aprez 3 on ex¬
primera les Myrobalans bien chauf¬
fez llir les cendres 3 fans qu'ils bouil¬
lent. Le Syrop étant cuit 3 on y dé¬
trempera premièrement les Tama¬
rinds 3 la baffine étant encore lùr le
feu 3 avec un pilon de bois 3 pource
qu’ils endurent plus de decoétion que
les autres 3 puis la Cafre3 finalement
on y mettra la colature des Myro¬
balans 3 aiiifî failânt la vertu purga¬
tive de ces trois ne fera pas perdue.
Cette méthode eft conform.e à la do¬
ctrine des anciens 3 & le peut friivre
en chef-d'œuvre.
LES EACVLTEZ.
Il corrobore le ventricule & le
foye 3 ouvre les obftruélions , guérit
les maladies du cuir , qui naiiïêia
d'humeurs làlées ou brûlées , comme
le mai qu’on appelle de S, Main, la lea
pre, l'herpe & toute forte de galle.
REMARQ^VE.
La defeription du S/rop de Eu-
maria major , [efi tellement dé¬
pravée dans' les Antidotaires de
differentes éditions de Mefué quil
ferait trop long d’en vouloir rappor¬
ter par le menu &' en partitiulief
tputes les defeéluoftez. ,je pàffert^
feulement fuccinUement fur celles
qui me paroiffent les plus confdera-
bles , pour la Jktüfaébion des cu¬
rieux en notre profeffion , ^ peur
le foulagement de ceux qui y afpi~.
rent avec honneur , & diray en pre¬
mier , Heu 3 que le Mefué de Venife
apud luntas de l’an 1623. dofe les
Myrobalans par ana xx. & d’au¬
tres 3 efttmme celuy de Valgrifus par
ana ^xx. Et an lit dans ce pre¬
mier forum Eiolarum , Borraginu
vel Bugloffi Violarum^Abfinthij^&c.
Et en d'autres , forum Borraginis,
vel Bugloffa , Eiolarum vel Ab-
finthij , &c. Et encore en d’autres
forum Borraginis , Bugloffi , Eiola¬
rum & Abfinthij , <!rc. On lit auf-
fi dans ceux de- luntas & Ealgri-
fium Prunorum numéro centum ,
Evarum Paffarum enucleatarum li-
brarn dimidiam > & en d’autrès,
Prunorum enucleatorUm , Eaffu-
larum enucleatarum ana lib. fe-
mijff. Eoila une difcordance tres-
grande , qui caufe une confufon qui
nef petite , qu’on ne peut bonne¬
ment comprendre d’oit precedent tels
changemens , à moins que ce fait des
diver
Des Sjrops purgatifs, 1 3 3
diverges verjlons des œuvres de Me^
gué, & des diverges coppies manug-
erites,qHien avaient été faites avant
que V Imprimerie fut vfitêe ; mais
encor es , vient enjititte ce qu’on Ut
dans les cinq exemplaires dîjferens
en éditions , que fay en main , Co¬
que in libris decem aqua ad libr.
geptem' congumptie^nem , quelle ap¬
parence y a t’il d:e-faire cuire en¬
viron 57. onces d’ ingrédient idtms-
10. livres d’eau jugquà la confom-
ption de 7. livres , & les 3 . livres
re flans avec les ingrédient feraient
une pâte , qnon ne f aurait geparer
par la colature. Voila pour quoy il y
faut procéder comme nous dirons,
aprei^ avoir dit un mot en pafant
fur le Cajgia fiflula , pour éviter la
chicane qu’on pourrait faire naître,
fi on prenait les mots de Cajgta fi-
ftula en leur propre fignification, il
faudrait prendre deux onces de Gaf¬
fe en bâton , & les cuire avec les au¬
tres ingrediens ; mais ce n’efl pas
l’intention de l’Autheur , quoy qu’il
ne s’en explique peint , comme il
fait ailleurs : car ces deux onces ne
contiendraient qu’une demy once de
pulpe de Cajge , c’efi pourquoy il la
faut tirer de la canne , en feparer
le noyau & pefer avec fa filique
deux onces , & autant de Tarna-
rinds avec une livre de fuc de Fu¬
met erre dépuré dans un vaijfeau de
terre vernie , on fera prendre une
ébullition à ces deux derniers-, aprez.
on y mettra la Cage pour en con¬
tinuer l’infiifion l’eépace de fix heu¬
res fur une chaleur lente , qu’il fau¬
dra remuer fouvent avec une Jpatu-
le de bois , afin que les pulpes fe dé¬
tachent de leurs parties adhérantes,
& fur la fin on les chaufera jugques
a ce quelles commencent â bouillir-,
la colature , & l’expreffion forte¬
ment faite, on la clarifiera par la co¬
ta ture deux ou trois fois - reiterée à
travers une petite manche de toile.
Cependant en fix livres d’eau de
fontaine en fera cuire le Polypode,
& les autres ingrediens , chacun en
leur rang & ordre , jugques à la
-^ngàmption d’un tiers. La colatu¬
re avec le guccre feront clarifie'^
engemble , & pendant la cuite qui
ge doit faire fur un petit feu , en y
ajoutera peu 'â peu l’infufion de la
Cage & des Tamarinds. Voila le
modus faciendi , qui doit être pra¬
tiqué ; & la dofe des prunes rédui¬
tes â demy livre , & les fleurs de
bugloge y doivent être admifes.
Symptis de Epithymo, D. MeH -
Ofi. Epitfimi boni Cretenfis,drach,
viginti.
JHyrobalanorum Indarum,&
Citrearum , utriugque drach
quindecim.
Seminum Cufcuta , &
Fumaria, utriugque drach. de¬
cem.
Thymi,
Calaminthes.
Bugloffi,
Stœchadis,
GlycyrrhiXy,
Polypodii querni,
Agarici albi,
Myrobalanorum Emblicarum,&
Bellericarum, fing. drach. gex.
Seminum Fœniculi , &
Anifi,
R } Roga
Livre I, SeSiion IL
1 3 4
Rofarum rubrarmn^jtng.drach.duoi
& femiji.
Pruna , numéro viginti.
Tamarin dorum, me. tS-fimifî.
PaJJularum mundatar , me. qua¬
tuor.
Sacchari albi , lib. quatuor.
Rob , id efi Saj>a vint albi optimi,
lib. duos.
Coquantur ex arte in aqu& , lib. o6lo
ad médias.
Deinde remota ab igné , macerentur
noEle una ; recalefaüa expriman-
tur , expreffum cum Sapa & Sac-
charo coquanur in Syrupum.
paraphrase.
CE Syrop à pris le nom de ù.
bafe l’Epichyme mis au com¬
mencement 3 duquel la vertu purga¬
tive foible, eft augmentée par les
Myrobalans.Agaric3Polypode3& Ta-
marinds , la tardiveté delquels eft ac¬
célérée par la tenuité du ThyimCala-
ment & Stœchas^ en ouvrant les con¬
duits bouchez du foye, ratte, & reins
en incilànt , & atténuant les matières
crailès. Les Tamarinds,& Prunes y
font mifes pour refrener Pacrimonie
de la bile : le vin cuit3& Raifins gras
pour deterger & corriger la iîccité
des Myrobalans j l’Anis & Fenouil,
pour confumer les vents, Sc corri¬
ger la nuilànce du Polypode,& Aga¬
ric. Le Stœchas conduit leur vertu au
foye , comme les fèmences de Fume-
terre & de Culcute àla ratte : laRe-
glifte aux reins , aux poulmons &
poiétrine, le T.hym, & Calamcnc.
Les rôles y font mifes pour la de-
fenfe dit ventricule, les fleurs , ou ra¬
cines de Bugloflc du cœur contre la
nuilànce des purgatifs; le fuccre rend
leur aétion meilleure, donne la la¬
veur , & conlcrve la vertu de tous
cnlcmble. Ce Syrop eft en partie alv
teratif, & en partie purgatif du phler
gme làlé , & mclancholic , qu’il pur¬
ge par le liege , & par la voye de
Purine.
LE MELANGE.
Dans huit livres -d’eau allez long-
tems , on fera bouillir le Polypode
curieulèment mondé & concafsé,puis
on y mettra le Calament ,les Icmen-
ces, & les prunes incisées. Vn peu
aprez les raifins mondez de leurs pé¬
pins , & la reglifl'e raclée , & contu-
lè , le Stœchas , & le Thym , fina¬
lement PEpithyrne,les rofes & fleurs
de Buglolfe , aprez le tout fera expri¬
mé. En une partie de la colature,
on infufera les Myrobalans mondez
de leurs os , fur les cendres . chaudes,
comme nous avons dit au precedent
Syrop, A part , en une autre partie,
enfemble infiiferont PAgaric troebif
que ( pource qu’il eft moins nuifi-
bleà Peftomach) & Tamarinds aufli
en un autre pot à part , cominc dit
eft. Le refte de la decoclion fera cou¬
lé par le blanchet , & avec le fic-
cre, cuit en Syrop. Sur la fin de là
cuite, on y ajoutera le vin cuir, puis
Pexpreflion des deux infiifions chau¬
des , pour cuire le tout enlèmblc
derechef en confiftance convenable
qu’il le puilïè garder au belbin , fans
fe corrompre. Ce Syrop eft moins
delàgreable , & purgatif que le pre¬
cedent de Fumeterre.
LES
Des SyroPs purgatifs, 1 3 5
LES F A cr LTE Z.
. Il évacue la bile noire j & les au¬
tres humeurs brûlées -, 8c pour ce il
eftpropre aux maladies qui en font
engendrées , comme la leprcj le can¬
cer , les ulcérés malins fiftuleux , ôc
toute forte de galle rebelle Sc ma¬
ligne.
R E M A R QJ/ E.
A defcripHon du Syrop d‘Epi-
thyme nejt poi moins dépravée
& corrompue que la precedente , &
cette vérité eft confirmée par tou¬
tes les Pharmacopées qui ont été
drefsées avant l’imprejjïon des œu¬
vres de JlLefué à Vinife , apud lun-
toi anm 1 6 n . qui décrivent ce Sy¬
rop , nom donnent laivraye deficri-
ption d’iceluy , comme fon . inven¬
teur Va pratiquée , & au contraire,
ceux qui Vont tirée de luntas an-
no 1 6 r J obmettçnt de même que
luy les Myrohalans Citrins , & les
Indiens , & au lieu que la dofe de
I Epithy me doit être de lo. drach-
mes,elle nefi dans ce dernier que de
quin\e drachmes , 0“ dans V édition
tnoEavo de Venise, apud Gregorium
de Gregoriis anno 1513. on y Ut
Pàfiularum enucleatarum drachmas
quatuor , au lieu de lire Pajfula-
rum enucleatarum uncias quatuor,
& . dans tom les exemplaires de
Mefiué que fay veu s'efi glifisé une
autre faute , ou Von lit IJl,. Epithy-
mi boni hortenfis , au lieu de lire
Epithymi boni Cretenfis , pour
■faire la différence du meilleur ou
moindre ; car celuy de Crete efl de
beaucoup préférable à celuy de Sy-
Lie , fkivant Mefiué chap. ï6. des
medicamens bénins , qui efi le fiujet
que 'fay ajouté ces mots de boni
Cretenfis a celuy de Epithymi en la
deficription cy-deffm.
Et pour le modm faciendi , on y
procédera comme au Syrop de Stœ-
chade faifiant cuire le Polypode, 0
les autres ingrediens qui ne font point
aromatiques chacun en fon rang , 0
dans la colature fieparée de fies fè¬
ces, on infufiera dans un vaiffeauclos
0 bien couvert, V Epithyme de Cre¬
te , le Thym , le Calament de mon¬
tagne ( qui efl de beaucoup prefera-
■ble au /vulgaire par les raifons que
nom dirons cyaprez. en la remarque
de la Theriaque ) fleurs de Bugloffe,
Stœchas , Rofies , Agaric, 0 VAnü
concafsé , 0 les autres incifèX^fiort
menu, 0 le Sapa fera ajouté fur la
fin de la cuite du Syrop.
Syrupus Hydragogus , D. B.
Baud.
5^. Succi Baccarum Rhamni Ca-
thartici depurati,
Sacckari alhi , ana lib. femifi. co¬
que in Syrupum condiendum.
Cinnamomi , 0
Maflicü , ana drach. duah. in no-'
dulo ligatis , qui fiapius inter
eequendum exprimatur , deinde
reiieiendus.
PA RAP H RASE.
L'Aurheur de ce Syrop eft M. B.
Bauderon mon pere , lequel par-
my fos écrits qu’il a elabouré pour
mon (inftriiélion , fait grand cas du
foccez qu’il en a eu, depuis letems
1 5 6 Livre 1,
qu’il l’a réduit en iifage, aiiffi luy a
t']l donné le nom de ïbn effet ^ plu¬
tôt que de là balè j poiirc.e qu’il éva¬
cue les eaux des Hydropiques ^ la pi¬
tuite, & les lerofitez qui tombent fur
les pieds , & jambes des Caclieéti-
qiies , & mal habituez. La canelle y
cft mile pour corriger la nuilànce de
la balè , qui eft le fruit du Rham-
7im purgatif , appellé de nos François
Nerprun , le Maftich pour fortifier
reftomach , & le fiiccre pour le goût,
la cofervation , & rendre l’action
meilleure.
En Oétobre il faut amaffer le fruit
de ce Nerprun , qui eft noir , étant
meur , & le concailer , & laifl'er en¬
viron quatre jours dedans un pot de
terre vernilsé , en un lieu chaudjtpuis
l’exprimer , & le clarifier fiir le feu.
La quantité requife , avec femblable
dofe de fuccre blanc & net fera cui- ■
te en Syrop : durant la cuite on y
plongera ion vent le noüet , qui con¬
tiendra la canelle concafsée &,le Ma¬
ftich de même , pour l’exprimer à
divcrlès fois , afin que leur vertu y
lôit transférée , puis le rejetter , &
lira meilleur que l’y lailïer tempé¬
rer toute l’année.
LES FACFLTE Z.
Il évacué' les humeurs ferenfes des
Hydropiqiies , & la pituite par les uri¬
nes : il eft excellent à la cachexie.
■Voila pour les Syrops, parlons main¬
tenant des Eclegmes.
REMARQUE.
GRatianBauderondonne Vinven-
tien du Sjirop de Rhamnue Cu-
Seciion IL
tharticui ou Hydmgogm a Bricim
Bauderon [on pere , quoy quil n’en
fait ny l'Autheurny le correEleur,
& que dans fa pratique tl nenfaf
fe aucune mention , au préjudice de
JïLathiole , & de Dalechamp qui le
décrivent dans leurs œuvres long
tems avant Bauderon, & 'pour une
preuve plus claire de cette vérité,
c‘eji que ce Syrop ne. fût ajouté dans
fa Pharmacopée , quaprez. la qua¬
trième édition qui fut en 1‘ an 1607.
Et ce premier le décrit en fes Com¬
mentaires fifr Diofeoride , au livre
premier chap. 101. Et Dalechamp
en donne deux deferiptions dans fon
hiftoire des plantes , au livre deuTyé-
me chapitre onzième: La première
defeription efl la même de Matthio-
le, & la fécondé efi celle de nôtre
Paraphrjafle 5 les deux premières
font mieux proportionnées & plus
correBes à raifon du fie , & du fic-
cre que la dernier e de Dalechamp
avec celle de Bauderon , qui ne font
quune ; de là il ’nefi pas difficile de
juger d‘ou eft-ce quelle a été prife
mot a mot , fins y avoir rien de
changé , que le fuccre pour le miel-,
Venons maintenant au rnodus facien-
di , difons que pour y procéder
méthodiquement , il faut prendre
le fuiB du Rhamnus an tems de fa
parfaite maturité d'un arbre quif en
aura porté quantité , qui fera fii-
vant le climat ou terroir à la fin du
mois d'Aouft , de Septembre , d'O-
Bobre , ou de Novembre ;qu il faut
êcrafer dans une terrine fur une
lente chaleur , pour rompre la vif-
cofté du fie , comme nous avons dit
de la Bugloffie au Syrôp de Pomis
Sapor , duquel fie en prendrez deux
livres.
Des Loochs.
livret , & du fuccre , ou en fa fia- vant , que couché à la fcnverlè pour
ce du miel une livre & demy , & caufc de l’Epiglotte , qui inclinant à
^uant au furflut procéderez, fui- icelle parc , empêche le paflàge du
vant Matthiole , & vaut aurez, un Looch. Ea forme j ou conliftencc
Syrop tel qu'il faut. doit tenir le milieu entre Syrop , ôc
- Opiate , afin qu’il lèiournc à la bou-
che plus qu’iceluy , & moins que
SECTION III cettui-cy ; il fè peut adaptec à tout
âge, lcxe> &(àilons.
De Eclegmatis , feu Ijooch in — - -
De Eclegmatis in fpecie.
Es Grecs appellent iKxiïixATci, Sc
que les Latins nom-
ment LinSlum, 3c nous luivans les
Arabes Zool>, Sc Looch. C’eft un mé¬
dicament propre & particulier à la
trachée artere , poulmons , Sc poiétri-
ne , & non pour les autres "parties.
Il a été inventé des anciens pour di-
verfes intentions : quelquefois pour
incraffer & arrêter les humeurs par
trop tenues & fubriles , qui y décou¬
lent , & fe compolc de mecücamens
adfttingens , & gluans, ou vilqueux.
Par fois , pour incilèr & atténuer les
matières- par trop craifes , & vilqneu-
Ces , Sc fe compolc de medicameiis
aères & amers j mais en moindre
quantité. Par fois , pour deterger,
adoucir , Sc corriger l’âpreté & fic-
cité de l’artere âpre, poulmons, &
poiéfrine : Sc fc compofe de medi-
camens doux & gluans , ainfi que
nous verrons en parriculier par les
fuivans Sc plus ufitez, L’ufàge eft la
nuit & le jour , Sc loin du repas , en
le lailfant glillèr bellement , & ne l’a- ,
valer fôudainement , afin que la plus
grande portion tombe en la poiêtri-
nc & non au ventricule : le malade
étant droit ou courbé plutôt eu de-
Eclegma de Caulibus , D.Gordom.
Succi Caulium depurati , lib.
unam.
Sacchari albi , &
MeUU deffumati, utriufque para
portions , feu Ub. dimidiam.
Coquantur ad )uîiam crajfititm.
Deinde adde Croci tenuijfmè tri-
ti , drach. très.
Fiat Eclegma.
PARAPHRASE.
CE Looch eft décrit par Gor¬
don en fâ Ptatique, particule
quatre chapitre huit de la curation
de l'Afthme ; lequel à l’imitation
des Anciens , luy a imposé le nom
de là baie , le foc de choux. Sa ver¬
tu incifive , & atténuative des ma¬
tières craflês Sc vifqpeufos, eft au¬
gmentée par le faffran : la deterfi-
ve par le miel éeumé , Sc focfcre fin,
qui donnent corps au Looch , & con-
forvent fa vertu , attendant le tems
de s’en pouvoir fervir.
S LE
Livre L Seâion II L
LE MELANGE.
Faites purifier premièrement vô¬
tre fùc de choux domeftiques au
Soleil ou fur le feu ; puis avec le
miel écume , & le ficcre fera cuit
un peu plus qu’un Syrop , auquel
on détrempera le fàfFran fiibtilement
pulvérisé , la balline ôtée de deiTus
le feu J puis fera agité avec un pilon
de bois , jufqu’à ce qu’il foit froid,
pour le garder au beîbin.
LES EACVLTEZ.
11 eft propre à toutes les affeôlions
de la poiétrinc, de quelque part qu’el¬
les procèdent.
REMARQJE.
En cêt Eclegme Bauderon de..
mande amant de fuc que de
fuccre & de miel contre Vintention
de [on Autheur , qui met la dofe
dei deux derniers d la diferetien de
V Article : or donc pour tes propor¬
tionner félon fArt , faut prendre
une -livre du fuc de choux dépu¬
ré fur le feu & non au Soleil, &
trois quarterons de fuccre & de
miel , & les clarifier & cuire tous
enfemble , & le faffran y fera ajou¬
té en teinture ( & non en fub-
Jlance ) extraitte avec du fisc fort
dépuré , autrement' y étant en pou¬
dre , quoy que leger , étant imbu
du Syrop ny ayant point dé autres
poudres , il defeendroit au fonds du
pot.
Eclegma de Scilla Empl. D. M.
3^. Suc ci ScilU , &
Mellis defpumati , utriufque pares
portiones.
Coquantur fimul in Eclegmatis craf-
fitudinem , & ufui reponantur.
PARAPHRASE.
L’Autheur de ce Looch , eft Afcle-
piades , ainfi que Gai. livre fe-
ptiéme des medicamens locaux , en-
feigne , duquel M'efiié l’a tranferit
en fa diflinélion cinquième. La ba-
fe eft le fîic de S cilles , dont il a pris
le nom : fa vertu incifiive , atténua¬
tive des matières craftès & vifqueu-
fes eft fi grande qu’elle n’a befoin
d’aide. ; la deterfive eft aidée par le
miel écumé ; & par le même , fa fa¬
veur fâcheufe eft corrigée , & fa
vertu confèrvée. La dofe eft de deux
drachmes à jeun en Hyver , pour les
vieillards , & ceux qui font d’une
complexion froide , & qui font afth-
matiques , & qui ne .peuvent refpi-
rer qu’avec grande peine & diflS-
culté , & qui ne font point délicats.
Aux délicats le precedent fait de
choux leur fera plus facile , & gra¬
cieux.
LE MELANGE.
■ Pource qu’en ce pars , la chaleur M-anh-
du Soleil n’eft pas fuffifànte pour reAeù-
ex traire le fiic des S cilles, ( pour fûp- y"
pléer le defaut ) pour le jourd’huy
on le tire par la chaleur d’un four,
ou des cendres chaudes : ainfi prenez
des
Des Loochs.
des Scilles vrayes iî faire fc peut, ou
en leur lieu du Pancratium , que
vous monderez de leur écorce ex¬
terne J fîlamens , racines inutiles j &
cœur J pour les raifons déclarées au
vinaigre S cillitique, la quantité qu’il
vous plairra : il les faut couper avec
un couteau d’ivoire, ou d’os, ou de
bois & non de metail, & en rem¬
plir un pot de terre , & le couvrir
de fbn couvercle , puis l’enfèvelir
•dans les cendres chaudes quelque
teins , ou le mettre dans un four
chaud 5 aprez les exprimer toutes
chaudes. Ainfi faifànt, fbrtira aflèz
bonne quantité de fuc , lequel avec
fèinblable quantité de miel écumé,
fera cuit à l’épaiflèur du miel , qui
fera ainfi garde au befôin.
La S cille mâle différé de la femel-
mâle é le, en ce qu’elle eft un peu plus blan-
fmelle che en dedans , que la femelle , &
7iZîi Pancratium, & en tout
■ plus vigoureufe.
Le Looch de Scille composé , que
Mefiié décrit pour l’Afthme , n’eft
en ufàge pour caufe de Çan ingra¬
titude, & üvciu- ficheufè , joint auffi
que le fiifdit fimple , eft alfez fitf-
fifant à tout ce qu’il promet , fans
qu’il en faille rechercha: , & com-
pofer d’autres plus forts , bc plus
ingrats.
LES FACVLTEZ.
Il rend facile à l’cxpulfion la ma¬
tière craflè , lente & difficile à cui¬
re , contenue es organes de la refpi-
ration , & foulage la difficulté de
refpircr , & la douleur de côté qui
en font causées.
REMARQV E.
B Audenn nom a tronqué cet Ecle-
^gmCytant en la defcription,qu au
mélange quil en a donné , en met¬
tant pareille quantité de fuc que de
miel. Mefué demande de l’un & de
l'autre , lei partm qui font convena¬
bles pour le compofer : par cette fa¬
çon de parler, il faut entendre, que la
quantité du fuc doit être pim grande
que celle du miel , du moins de la
quatrième partie , autrement on rte
les fçauroit couler , fans en perdre
beaucoup, Ji le fuc nejl bien purifié,
comme aufii le miel, & peur le fur-
plm , on y peut procéder fuivant
Bauderon pour l'aprêt des Scilles , ou
bien on les fera cuire à t^emy toutes
entières dans de'J.a pâte, & le fisper-
fiu en étant feparé , du bon on en ti¬
rera le fuc.
E'cicgma ex Pulmonc vulpis,
D. Mef.
Pulmonis vulpis praparati &
ficcati
Succi Glycyrrhiléji,
Adianti albi, id efi Capilli Véneris,
Seminum Fœniculi , &
Anifi,fing. pares portiones.
Confies cum Saccêiaro,in aquaPimpi-
nella Joluto, & coélo : vel cum fuc-
co Myrtino, ut valentiîts roboret-
FARAPHRASE.
Efué décrit ce Looch en fâ Pra¬
tique , & non en fon Antido-
taire , au chapitre de la Phthifie,
lequel il a emprunté d’Avicenne li-
140 ^ Lhre 1,
vre 3. fin lo. traitté 5. chapitre 6.
ajoutant feulement: f Anis , & leRob
de Myrtilles. ' L’eau n’e/l pas Ipe-
cifice par Avicenne, & Mefùé j mais
par Sylvius. Il a pris le nom de fà
baie le Poulmon de Renard , mis an
commencement , comme le principal
agent.
LE MELANGE.
Il faut en premier lien pulverilèr
les feraences , le fùc de Regliflc , &
Poiilmons de Renard préparez enlèm-
ble , dans un mortier de bronze fort
lubtilement, puis le Capillus Vencris,
ou en Ion lieu de Polytric , qui eft
i’Adianthon noir , curieufement net¬
toyé , & pilé en un mortier de mar¬
bre , & pilon de bois. Aprez on y
ajoutera les poudresipuis avec un Sy-
rop feit avec le fiiccre & eau de Pim-
pinelle , ou de Scabieiilè , ou de pas
l’Aine , ou avec un Syrop de Capillus
Vencris, ou de Myrtilles, pour le Rob
Myrtin , s’il eftqueftion de corrobo¬
rer fort, ou d’autre de fèmblable fa-
Culté,on en fera un Looch de moyen¬
ne confiftence , qu’on gardera au be-
foia.
LES FACVLTEZ.
Il eft principalement propre à la
Phthi/îc , dautant qu’il confolidc les
vlceres de la poitrine Sc du poulmon.
Section 11 L
Four rdeBion , la préparation du
Poulmon de Renard , & les condi¬
tions qu'il doit avoir , voyez. Syl-
vim qui en traitte amplement au
livre qu'il a fait de la maniéré de
bien choifir & préparer les médi¬
cament fimples.
Eclegma de Papavere , D.Mef
Seminis Papaveris albi , drach..
vigintiquinque.
Amygdalarum dulc. excorticatar.
Nucleorum Pini,
Gummi Arabici , &
Tragacanthi,
Succi Glycyrrhi\a , Jlng. ' drach.
decem.
Amyli,
Seminum Portulaca,
LaStuca , &
Cydoniorum ,fing. drach. qua¬
tuor.
Croci, drach. unam.
Penidiarum albarum, une. quatuor.
Syrupi Papaueris albi & nigri cutn
fimine LaÜuc. & Violü fa£li
quantum fujfcit \ fiat Eclegma.
Syrupfu de Papavere fimplex D.M.
à nobis tranferiptus , hu'ius fiupple-
bit vicem : prafirtirn fi decoElo
addiderts fimin. laSluc. & vio-
larum.
R E M A R QV E.
CE loRch ne différé en rien dé
celuy de Mefiué, que de l’eau de
Pimpinede , ou de telle autre conve¬
nable d la maladie pour cuire le fuc-
cre , qui y en doit avoir trois parties
fut une des ingrédient triturables.
PARAPHRASE.
CE LooCh a pris le nom deiâbafè
le Syrop & la lèmencé de Pavot:
fa vertu incraftànte eft augmentée par
l’amydon,& les gommes Arabique,.
Tragacanth,& les fèmence-s de pour¬
pier , de laicluë, & de coings . la de-
terfive, par les amandes douces, les
pignons,.
Des Loochs, iai
pignons , les Peràdes , & fùc de re-
glilîe , qui aiiffi en adoucifîànt , cor¬
rigent la lîccité & âpreté de la tra¬
chée artere, & facilitent le fouffle. Le
Syrop de Pavot qu’on préparé aux
boutiques, pourra foppléer le defaut
de cettuy-cy , qui provoque le fôm-
meil , & donnera le corps à tout
le refte. Pource fi on fè veut fervir
de ce Looeh pour provoquer le fôm-
jmeil , ou pour incralîcr quelque hu¬
meur fîibtile , on en pourra uièr deux
heures aprez le fouper , environ de¬
mi once, ou une cueillerée deux heu¬
res aprez dîner. Pour les autres ma-
ladics,en moindre quantité &c loin du
repas,pour caufè du ventricule,qui en
reçoit toujours quelque portion, quoy
que le malade falfe.
LE MELANGE.
A part il faut premièrement piler
les gommes dans un mortier & pi¬
lon de bronze chaud , puis en peler ce
qu’il en faut, à caufe du dechet. L’a-
mydon fera pilé à part : les amandes
& Pignons mondez liir un papier
blanc avec un trancher , ou couteau
de Cordonnier feront incisés , puis
lùbtüisées au mortier avec l’amydon,
& les Fenides blanches bien feiches.
Enlèmble fe pulverifetont les lèmen-
ces , & le lïic de regliflè. Le faffran
fe pulverifera à part : aprez toutes
les poudres feront mêlées au mortier,
& détrempées avec le Syrop de Pa¬
vot , ce qu’il faudra pour Iny donner
la forme convenable , qu’on gardera
pour s’en fèrvir au befbin.
LES FACrLTE Z.
Il aide à la toux , & à l’âpreté du
gofîer née d’une Huxion fîibtile ( que
le crachat liquide dénoté : car elle le
cuit & incrafle.^ Il convient auffi aux
fièvres ardentes , à la douleur de poi-
étrine , & àla pleurefie.
R E M A R Q^V E.
LEs exemplaires de Mejué ne
font pas tom conformes en la de-
feription de l’Eclegme de Papave-
re , ceux des années 1513. 1^14.
1623. demandent 0,. onces
de Fenides ,& celuy de l’an 1541.
nen demande que quatre drachmes,
laubert en la Pharmacopée, qui ejl
dans fes œuvres , & en la Françot/è
feparée a fait la même faute ou l’ Im¬
primeur en fin abfence , d’avoir 'mü
4. drachmes de Fenides peur 4. on¬
ces 3 comme aujfi il a retenu la dofe
de trois drachmes d’amydon avec les
Moines qui ont commenté Méfié,
c’efi à quoy il faut prendre garde
exaélement. Et aux trois éditions
de Bauderonpar Sauvageon ^ on y a
obmis le fafran , que fay remis en la
defeription cy-dejfus-
Au lieu d’acher les Pignons, & les
amandes avec un couteauyin les peut
pajfer par un tamis renversé , en
les frottant dejfus , paieront facile¬
ment i pour le fiirplué faut précéder
comme Bauderon enfeigne.
Eclegma de Pineis, D.Mef.
If. Carnium DaBylorum Cheiron,id
eft,fulvgrHm,drach.trigintaqui>iq.
S 3 Nui
1 42- Livre L SeBton 1 IL
JSfucleorum Fini ,drach.trigwta.
^mygdalarnm àulcium excortica-
tarum,
Avdlmarum ajfatarum,
Gunimi Tragacanthi,
Arahici,
Glycyrrhi\£,
Suc ci Glycyrrhiz.&,
Amili,
Capilli veneris , vel Polytrichi ( fi
veriui défit,}
Radie. Ireos,fing. unc.femift.
Mellis Pafiulartm , feu Sapa Pajfu-
larum idem.
Biityri recentis] &
Sacchari albi,fixg.drach. quatuor
( nonuuUi mendosè legunt unciat
quatuor )
Atnygdalarum amararum , drachm.
treSi
Mellis optimi defpumati , quantum
fufficit ,fiat Looch.
rPARAPHRASE.
CE Looch J ou Eclegtne a pris le
nom de la bafe des Pignons^que
nous n’avons point mis au commen¬
cement J comme fait Mefiié , mais les
Dattes , pource que la dofè de ceux-
cy furpafle celle de ceux-là , ftivant
nôtre premier delTèin , à l’imitation
d’Andromache en fà Theriaque j &
de Damocrates. Les Dattes font icy
mifes en plus grande quantité qu’au¬
tre qui Ibit : pource qu'elles font tres-
excellentesà la poitrine , & que par
leur adftridion elles la fortifient , &
celle de la balè par trop foible , &
par ce moyen empêchent que les flu¬
xions 3 ou catarrhes n’y tombent. La
verm incralîànte eft augmentée par
les gommes , & aroydon ; la deterfo
vc , & lenitive , par le miel éeuméj
foccre, beurrej) miel Pafsulat ou Rob,
les amandes douces > & regliflè , qui
donnent aufli la laveur & confcrvent
le tout. La racine d’iris , le Capillus
veneris , & les amandes ameres , y
font mis pour incifer j & atténuer les
matières cralles & vilqueufos , rete¬
nues aux pouimons , & à la poitrine:
les Noifettes au Avellaines rôties que
les Grecs appellent MTrJoKitpjce, y font
mifes pourmeurir les catarrhes,à quoy
elles font bonnes. Diofe. Quelques-
uns ( èc mal j^fent de Rob ou miel
Palliilat , de beurre , & foccre de cha¬
cun 4. onces pour 4. drachmes eiti-
mans que la faute prouient des Impri¬
meurs , qui ont pris 5 , dragme, pour
J once, ce qui n’eft pas vray-lembla-
le : car telle dofe rendroit ce Looch
Calfez plaifent de foy) fâcheux & de-
iagreablc > & de moindre faculté j à
ce que luy attribue fon Autheur.
££ MELANGE.
Enfemble il faut pulverifer les ra¬
cines d’iris J & reglilfe raclée & cou¬
pée par petits morceaux , .&c fuc de
reglilfe , & Noifettes rôties , l’amy-
don à part- Les gommes feront pi¬
lées comme nous avons dit au pre¬
cedent Looch J puis on en pefera ce
qu’il fendra , & les Pignons recens
( Cl faire fe peut ) finon une nuit en
eau tiede ,, s’infuferont pour leur ôter
l’acrimonie acquife du tems , & fe¬
ront feichez d’un linge blanc. Iceux
ainfi accoutrez avec les amandes
douces , & ameres pelées de leurs
pellicules , for un papier blanc feront
curieufement incisées auec un tran-
chet de Cordonnier ( comme cy-def-
Des Loochs. 145
fus nous avons dit ) & gardées.
Aprez on pilera dans le mortier de
marbre le Capillus veneris bien net¬
toyé 3 puis on y ajoutera les Dattes
bien nettoyées j .dedans & dehors,
qu’on pilera exaétement enlèmble,
puis on y ajoutera le rob ou miel de
Pallliles , ou au lieu d’iceluy , de leur
pulpe autant qu’il eft requis, puis on y
mettra les Pignons , & amandes in-
cifées ( comme dit eft ) qu’on aura
relubtiliïees avec l’amydon & fuccre
pilverifèz , &'lcs poudres èc gom¬
mes, comme il a été dit au precedent
Looch Aprez le beurre , finalement
en y ajoutera du miel écumé à part,
& cuit autant qu’il fera necelîaire
pour luy donner forme convenable.
Il vaudroit mieux en faire moins &
Ibuvent , qu’une fi grande -quantité,
poLirce qu’aprez fix mois il fe rancit,
& acquiert une acrimonie fachenlè,&
nuifible aux malades , encor qu’on y
mette beaucoup de miel.
LES FACVLTEZ.
Il convient à la toux invétérée , à
la difficulté derefpirer, &àrafthme,
il incifè & atténué les Humeurs craf-
fes de la poitrine.
REMARQVE. '•
LEs amandes douces & ameres
avec les noifettes feront legere-
rnent pelées & pafsées par un tamis
renverfé,enfemhle les Lignons, com¬
me il a été dit au Looch de Papaue-
re ; Et quant aux Dattes aprea les
avoir mondez, dedans &■ dehors,
je les voudrois infufer & cuire dans
une decoélion de Capillaire , comme
on les fait infufer & cuire dans le
vin blanc pour le Diaphœnic , &
les réduire en confiflence convena¬
ble pour être mêlées avec les autres
ingrediens.
Bauderon dit que ceux qui lifent
Mellis Pafularum , Butyri recentjs
& Sacchari albi fngulorum uncios
quatuor, pour drachrnas quatuor li¬
fent mal , & que la faute provient
des Imprimeurs , qui ont pris 5,
drachme , pour once , ce qui nefi^
pas vray-femblable , car telles dofes
rendraient ce Looch plaifant qui de
foy efi fâcheux & defagreable , &
de moindre faculté. Au contraire
je dis que les remedes deflinezpour
la poitrine doivent être plaifans
agréables au palais ; Et pour lesfa-
cultez il efi fort ajfeuré , que le mieé
Pajfulat,le beurre , & le fuccre , en
communiqueront plus au Looch, fi on
y en met quatre onces de chacun, que
ne fiauroient faire une plus grande
quantité de miel defiumé qu’il y
faudrait mettre en leur place pour
donner la confiflence aux medica-
mens triturables,fi on n’y en mettait
qu’une demi once de chacun de ces
treis,par ainfi,il fufiira d’une moin¬
dre & plus petite quantité de miel
delfumé pour incorporer le tout-,
que fi on veut encores réduire les
quatre onces de fuccre en Syrop il
faudra moins de miel.
Eclegma Sanum experttim,.
D. Mei:
Vvarum Pajfarum ub arillis
purgatarum,
Ficmm recens ftccarum, _
144 Lime 1, SeBion 11 L
Daüylorum fînguium , fingul. me.
duos.
iujuharum, &
Sebefiem , utriufque numéro tri-
ginta,
Seminum Fœnugr&ci, drachm. quin^
que.
Lini,
Anifi,
Fœniculi, *
çHorum trinm non-
I nulli codices ha~
Hypfi fcc, I
. J femilfem & non
Cmnamomt, <
I V unctii, lemillem.
OyyrrU^, I
1 ego codicem un-
tiquurn.
Cal amin thés , &
Jreos,fing. unc.dimid.
Capilli veneris, manip. urntm.
Coquantur omnia in Ub. quatuor aqua
ad médias. Colatum coque cum
Penidiarum , lib. duabus , ad mellü
crajfitudinem ; tune adde fequent.
pulverata
Pineorum reeentium depellato-^
rum, drach. quinque:
Amygdalarum dulc. à cortice mun~
datarum ,
Glycyrrhil^a mandata
Gummi Tragacanthi, & ,
Arabici, &
Amyli,Jîng. drach. très,
RadicisAreos, drach. duastjiat Ecleg,
PARAPHRASE.
CE Looch a pris le nom de fa ver¬
tu , par l'experiencc que fon Au-
theiir Mefné , & depuis plu:fienrs en
ont faite. Il tient le milieu entre ce-
luy de Pignons & de Scille , car il in-
cilè, attenuëj & deterge plus que luy»
8c eft moins defagrcable que cettuy-
cy. Il eft nuifible aux bilieux en Etc,
'& à ceux qui ont la fièvre. La balè
eft triple : l’une incilîve & atténuative
des matières craftès & gluantes : l’au¬
tre eft deterfive : la troifiéme incirat
iànte des matières trop fubtiles.
LE MELANGE.
Premièrement faut faire la poudre
comme s’enfuie. Les racines d’Jris,
& de regliflè lèront pulverifées en-
fèmble , 8c tamilees fubtilement , l’a-
mydon à part, enlèmble les gommes,
avant qu’être pefées ( comme il a été
déclaré au Looch de Pavot ) les Pi¬
gnons , & amandes lèront auffi inci-
fées lîir le papier blanc avec le tran-
chet d’un Cordonnier , puis rclùbtili-
fées au mortier avec l’amydon , les
gommes 8c racines : ainfi feront gar¬
dées pour les mêler au lùivant Syrop,
fait comme s’enfuit.
En quatre livres d’eau il finit pre¬
mièrement cuire la racine d’iris cou¬
pée en roiielles , ou concalfée. Icelle
à demi cuite on y mettra les lèmen-
ces , 8c Calament ; un peu aprez tous
les fruits , & la regliffe raclçe & con-
tufe j un peu aprez l’HylIb^, & Ca-
pillus veneris , finalemenifla canelle,
(beaucoup meilleure que l’Efcaviflbn,
prilè d’aucuns pour la Cafte aromati¬
que ) pource qu’elle n’endure deco-
âion. Cela fait on lairra refroidir la
baflîne , étant couverte d’une double
toile. Etant à demi refroidie, parla
même toile le tout lèra exprimé, & la
colaturc clarifiée avec aubins d’œufs,
& coulée à travers le blanchet : icelle
^vec les Penides on cuira en Syrop,
ou
^es Loochs,
eu un peu plus 3 là bafline ôtée de
deflus le feu peu à peu on y dillôu-
dra les poudres préparées exprez
avec un pilon de bois 3 duquel di¬
ligemment le tout fera agité , jiifqul
ce qu'il foit bien blanc 3 il vaut mieux
en dilpenfer peu 3 & fôuvent 3 que
beaucoup 3 pour les raifons dites au
Looch precedent. Tous les prece¬
dents Loochs 3 ont été plus ufitez
pour le palfé 3 qu'ils ne font au-
jourd'huy.
L£S F ACFLTEZ.
Il foulage la toux 3 & l’afperité de
goficr caulëe de froid 3 & incilè auflî
les humeurs cralîês du thorax 3 & du
poulmon.
R E M A R Q.V E.
IÉ treuve grande dijference aux
dofef de la deferiftion de cet
Eclegme , entre les exemplaires de
Mefuê 3 des années 1 5 4 1 1613.
dans ceux-cy on lit Hyjfopi Sicca,
Cinnamomi & Uquiritia ana drach.
femifî. comme il a été cy - devant
dit 3 ^ dans ceux des années 1313.
^ 1514- E^jjfopi ficca , &c. ana
une. femifî. ces derniers font con~
firmex. par les Moines , loubert,
les Médecins d’ Ausbourg^ par ceux
f Angleterre , par le Luminare ma-
ius. & par nôtre Autheur , tous
lefquels ont obfervé la vraye def-
cription. Et quant au rmduifacien-
di , quatre livres d'eau ne fçauroient
fuffire pour faire cuire les ingre-
diens qui le compofent , quoy qu'ils
ue pefent qu environ de treiz.e on-
, non pas qu'ils foient
ï 45
de Imgue & de dijfcUe coÜion,mais
parer qu’il y en a qui abforbenit
quantité de liqueur , & d'autrei
qui rendent la decoEbion fort vif
queufe , confderé en atttre,qu'il nem
eji pas icy comme dé un Syrop , que la
decoUion en contient toutes les prin¬
cipales vertus : mais il y a des pou¬
dres qui fuppléent à la foiblejfe d’i¬
celle, & par cette raifon il faut cui¬
re en cinq livres d’eau chacun en fon
rang la racine d’iris , les fruits, les
femences , la reglijfe , le Capillaire,
à la confomption d’un tiers ; la colai-
ture faite , les fe ces feparées , fera
cuite en Syrop avec les Penides ,&
on y ajoutera fur la fin l’infufion de
l'Hyjfope exactement faite,enfemble
- de la cane lie, & du Calament de mon-
'■ tagne,dans laquelle on aura dijfout
les Pignons & les amandes pilées
fubtilement dans un mortier de mar¬
bre & pafsées par un linge , &. fina¬
lement le poudre.
■i^- -KK- -m- -m- -m- -m- -m-
SECTION IV.
De Pul-verihm Aromaticü
EleBuariomm ingenere.
N cette Seétion nous avons
délibéré de feulement traittec
des poudres aromatiques , dont les
Eleetnaires font compofez.. Pource
il faut que l'Apothicaire l'çache pour-
quoy elles ont été inventées3 & pour-
quoy plutôt de medicamens aro-
inatics , que d'autres 3 & d’où eft ve¬
nu le nom d’EleEtuaire.
Les Poudres fe font par trimra-
tion 3 qui n’eft autre choie qu'une
T co*
Selon
hs pttr-
tiesjliett
^ intt-
iion di-
verfe,
les pou¬
dres doi¬
ves é:re
plue ou.
moins
fubti-
Iss.
Livre 1. Seâton IV.
14^
convenable comminution des tnedi-
camens faite en friant , on en fra-
pant dans un mortier de fer ou de
bronze avec un pilon de même ma¬
tière ou de marbre ou de pierre , ou
de bois , ou iûr un porphyre j, avec
une petite meule , & c"tft pour (qua¬
tre railbns principales.
La première , afin que par nô¬
tre chaleur naturelle ils fôient plus
facilement réduits de puiiTance eii.
àêlion 5 foit chauds > froids fècsr
ou huiuides.
La féconde , afin de les mêler
plus commodément enfemble & que
mutuellement agillànt l’un contre
l’autre , en refulte une faculté con¬
venable à nos deilcins.
La troifîéme , afin de feparer la
vertu contraire , & retenir celle qui
convient à nôtre intention : com-
fne'^ le Cumin , Afarum , rheubar-
be &:c. grollkrement pulverifez lâ¬
chent le ventre , & fubtilement pro¬
voquent les urines , Gai. au e,. de la
La quatrième , afin de corriger
leur nuifance , tels font les acres :
car plus ils font, grollîers , dautant
plus font-, ils nuilîbles au ventricule,
inteftins, &c.
Or eA-il , que les poudres fui--
■ vantes , toutes ne fè doivent pas
pulverifer , & tamifèr de même : car
celles qui font deftinées pour le ven¬
tricule , ou pour les inteftins , ou
pour Gonfumer les vents , ou pour
boucher les conduits par tiop ou¬
verts , ou defquelles on craint que.
la vertu aérée & fùperficielle ne.
fè perde : ne doivent être fit fubti-
les , que fi c’étoit pour le foye,.
tatte ) reins , vcflîe , ôc mattrice : ou
qu’on voulut qu’elles fulTent tôt fer- '
mentées : ou pour ouvrir les con¬
duits bouchez & palier à travers
les étroits : ou que ce fut pour in-
eifer, atténuer , & deterger quelque
matière crafîè , Ôc vilqueufe. Enr
eore plus fubtdcs doivent être cel¬
les qui font deftinées pour les poul¬
inons , poitrine j trachée-artere, cœur
& jointures : car dautant plus que
les parties font éloignées du ven¬
tricule ( qui eft le premier recevant)
de tant plus doivent-elles être fub-
tiles : mêmement fi ce font pierre¬
ries , Corail , Perles , & les fembla-
bles , qui pour leur grauité demeu¬
rent au fonds du ventricule , ôc ne
fe diftribuent point , ou fort peu. le
laifte celles ^ui font pour les yeux,
qui doivent être tres-fubtiles , à cau-
fe du fentiment exquis .de la mem¬
brane adnate ou conjoniftive. Gai.
en plufîcurs lieux des livres des me-
dicamens locaux.
L’ordre que doit garder l’Apo¬
thicaire en la trituration eft enfei-
gné par Mefîié au dernier chapitre
du fécond Theorcme , ôc ample- ■
ment aprez luy par Sylvius , au li¬
vre 1. de fa pharmacopée chap. de
la Trituration , là il pourra recourir,
ôi apprendre tout ce qu’il en doit
fçavoir.
Ces Poudres font compofees de pour-
medicamens aromatics plutôt que f»";
d’autres , pource que letir bonne
odeur, eft perfeverante , & plus con-
venable pour corroborer les vifeeres
^ pour lefquels elles ont été principa- arome-
lement inventées , ôc pour la ge-
neratipn des efprits animaux , vi- ’
taux i 'Ôc naturels , que les au- dau-
très médicaments non aronCvi«. très »
Des Foudres Aromatiques. 1 47
Quels ils font Diofcoride Tenfeig-
ne au premier livre de la matière
médicinale , & aprez liry les Aucheurs
de ces poudres.
Elles font la matière des Eledtuai-
fes folides , & mois , alteratifs , &
alexitaircs, Quoy que le nom à‘E-
le^iuaire félon fa hgnifieation , ü
puillè adapter à tout médicament
interne , pource qu’ils font choifis
plus cnrieulèment , que pour les ex¬
ternes, Si eft-ce que par excellen¬
ce il convient , & fe prend feule¬
ment pour les poudres aromatiques,
alexicaires , alteratives , & purga-
tiuesjdont font compofoz les An¬
tidotes , ou Eleéluaircs folides &
mois j ainiî qu’amplement en la pre-
fènte , & foivantc Sedtion il fera dé¬
clare.
ejueUe Touchant la dofo des poudres
pour les Eleduaires qu’il faut ob-
ctnvtet Icrver en chacune livre de foccre , ou
Attique C au lieu duquel nous
livre de thons de ccluy qu’on apporte de Lan-
fucere guedoc , ou de Pîouence ) il faut
^ 7Ôh ^ faveur plaifonte
dres ingrate , Hc au palais des mala-
romati- des , ou que la necefljté grande le
quesaus requiert ( comme à la perte ou inor-
éleSu/ii fure piqueure des bêtes veni-
7rèmie- • ) Car il n’y a doute , que tant
refro- P^tis grande fera ladofede lapou-
prt'm dre , & moindre celle du fuccte , de
5«e l’en tant plus fera vigoureux l’Eleduaire.
der^Mx l’ufoge à retenu ùn moyen , à
fieâ/ai .^Ç^t^oir que celles qui de foy font
reî<ie/«'plaifantes au palaîs, comme les pou-
ffdre dres digeftives qu’on iife devant &'
repas , ou qu’on dilîbut en
quelque liqueur , ou bouillon des
malades , on y met une once & de¬
mie pour livre de fuccre, qui re¬
vient à une drachme de poudre,
pour chacune once de fuccre. Des
autres qui ne font fi plaifmtes , &
qui font dertinées aux parties princi¬
pales ,& vifoeres , il furtit d’une on¬
ce de poudre , qui revient à deux
fcmpules pour chacune once de fuc¬
cre. De celles qui font fort ingrat-
tes , ou quaild les malades /ont fort
délicats , il furtit de quatre , ou lîx
drachmes. De la quantité requife aux
Eleéluaires mois , alteratifs , purga¬
tifs , ou alexitaircs , nous le décla¬
rerons en leur lieu. De fçavoir l’u-
foge des Eleéhiaires , il appartient
au Médecin , & non à l’Apothicai¬
re. La forme ou figure foit oblon-
gue , ronde, ou quarrée , ou eh lo-
zenge , fera lafsée à la diferetion'
de celuy qui le compofe , attendu
que cela ne diminue ny augmente la
vertu de la compo/ition.
De Pulveribus aromaticis
Elecluariorum ia
fpecie.
Piilvis aromatic. Caryo^hyllatty
DMef.
Ceiryophyllomm , drachm.fe-
ftem.
Rafarum rubrarum, ah mguib. mm-
datar. mc.femifî.
Glycj/rrhiT^ raf<t , & mviuitim con-
ci/a,
Trochife. Gallia mofchata,umufque
drdch. duM.
Jtiacif,
Zedoaria,
Galanga minoris,
T ^ Sm
T a
1 4^ L SeBion 1 V.
Santdi citrinL
Trochifc. Diarhedaff.
Ci'naamomi,
Ligni Aloés,
Spictn Nardi,
Piperis longi.
Ambre, cineritie, &
Heyl id efi Cardamomi ma]ork, Jîn-
gul. drach. unam.
Folij Indi , feu Malabathri Greco^
Cubebarum , utriufq.fcrup. duos,
JlFofihi Orientalis , fcrup. dimi-
dium.
Fiat pulvü
Syrupi de Citreo quantum fujficit,fi
Elebïuarium molle compojîturtu es.
Si folidum , Sacchari aqua Rofarum
fiillatitia folmi quant, [ujf. fiat
■ EleÜuarium in Rhombos.
^ A RA P H RA SE.
L'Autheur de cette poudre eft Me-
fué par luy-décrite en la premiè¬
re partie , diftinétion première de
fbn Antidotaîre. Le nom provient
des drogues Aromatiques j dont el¬
le eft compofée 3 le liirnom de fa
bafe 3 les gerofles mis au commen¬
cement 3 & en plus grande quanti¬
té qu'autre qui y fçit. La chaleur d’i-
ceux eft modérée par lés rôles : leur
ftccité 3 par la reglifte ; leur tenuité
par 1 adftriéèion du Nard indique3
Santal 3 & Trochifc. Diarhoddn: la
canede y eft mife pour reiîfter à 'la
pourriture des humeurs qui lont au
ventricule : le poivre 3 ôc Cardamo¬
me 3 pour conliimer les vents qui y
(ont éç aux intcftins : leMaftich3 Ga-
langa & Macis 3 pour corroborer le
ventricule : les Tfocliilques de Gallia
mofchatajle Mufc & Ambre,Ie cœur»
cerveau ôc matrice : le Folium , Li~
gnum Alo'és , 6c Zedoaire y aident
beaucoup : le Santal 3 ôc Nard for¬
tifient le foye.
Le ^crofîe eft la fieiir ôc non le Lege,
fruit d un arbre defteiehé qui croît
aux Iles Moluques : qui en voudra ,
fjavoir davantage 3 qu'il lile Garcia
du lardin qui a pratiqué aux Indes fruiB
Orientales trente ans 3 au livre qu'il
a compofé drogues aromati-
ques.
c efi un
LE MELANGE.
éntn
Il faut piler enlèmble le Santal , le
bois d'Aldés 3 la Zeodoaire 3 & Ga- i,n(iui
langaj'à iceux tamilèz une fois , on mit
adjouteta le Nard indic incifé 3 la ttur d»
canelle , les gerofles 3 la reglillè ra-_^“
clée3& incifée menii3un peu aprez on ^
y adjoutera les rofcs,les Cubebes^
le Folium , le poivre 3 la graine de
Paradis , & le Macis 3 pour piler le
tout 3 ôc tamifer à travers le tamis,
àcedeftiné.
Aprez il faut piler les Trochif- ^
ques 3 l'Ambre , ôc Mufc avec quel-
que goutte d'eau ro(è3puis toute en- drequtl
(èmbie feront mêlées au mortierjpour pMt
les garder dans un pot de verre , cou-
vert d'un papier double, afin que leur
vertu a'érée, & fuperficielle né feper- fifccrt.
de , qu’on gardera au beloin. S 'il eft
queftion d'en compofer des tabletes,
pour chacune once de poudre on
prendra une livre de fïicrre fin dilfout
en eau ro(è : lequel cuit à perfeôion,
hors du feu ôc à demi froidjon y ajou¬
tera peu à peu la poudrèj^c icelle bien
mêlée, la pâte fera mife (ùr un papier
blanc frotté d’une amandejSc étendue
avec
Des Poudres Aromatiques, 149
avec un pilon de bois j auffi frotté de
la même amande , puis on la coupera,
en lozenges ou tablettes quarréçs
dont on le fervira.
Ceux qui en voudront faire un
Ecleéluaire mol , au lien du fuccre,
prendront du Syrop fait avec l’écorce
de citron J la quantité qu’il fera ne-
celïâke , pour la conlèrvation des
cfpeces 5 qui eft trois onces de pou¬
dres pour chacune de Syrop, foit qu'il
foie tait avec le fuccre.ou le miel écu-
iné, & cuit à perfeélion.
LES F. A CV LTE Z.
Cette poudre corrobore le coeur,
& tous les vifeeres du ventre infe¬
rieur J arrête les nausées & ie vo-
millement jdifljpe les vents , & em¬
pêche la putretaélion dés humeurs
dans l’eftomach.
REM ARQjy E.
QVicon'que j'i^endra la peine de
conférer les vieux avec les nou¬
veaux exemplaires des œuvres de
Mefué trouvera la différence quil
y a entre les uns & les autres en la deff
cription de V Aromaticum Caryo-
phyllatum, & jugera quelle procédé
desécrivains avant que V Imprimerie
fut en ufage , ou des Imprimeurs .
Dans les vieux , le mufe & l’am¬
bre gris y entrent , & dans les nou¬
veaux de Vénife apud luntasil nen
efifait aucune mention , comme dans
un que j'ay en main de l’an
Cefl: ce qui doit obliger les Phar-
m'acographes de foigneufeme-it con¬
férer les dtferiptions des uns & des
autres Dilfenpiires pour éviter de
telles fautes. Comme aujfi ceux qui
dijpenfent les compnptions doivent
rechercher les plus légitimés, & plus
corrells , & particulièrement quand
nous trouvons dans une defeription,
comme en cetle-cy , ou il e fi /impie-
ment écrit Trochifei Diarhodonis,
fçavoir de quels il faut prendre, ou
ceux qui font décrits par jMefué , ou
bien de ceux qui font décrits par Ni-
colaus Alexandrinus Médecin Grec-,
fans diffculté en ce rencontre il faut
prendre ceux que Mefué décrit , (ÿ*
quand il fe rencontrera qu’un Mé¬
decin Arabe , autre que Mefité dé¬
crira une compofition , ou les Tro-
chifques de Diarhodon y feront de¬
mandez. , fans s’expliquer de quels,
P arm on fentiment, je préférerais ceux
de celuy de la même nation aux
autres: Il en doit être de même des
compojitions que les Médecins Grecs
décrivent, pour lefquels on doit tou¬
jours prendre les Trochifques de
Diarhodon de JSIicolas Alexandrin,
a moins que par exprez. l’Autheur
en demandât d’autres , & ainfi des
autres Grecs.
Pulvis Aromarici Rofati^D.
Gabriëiis.
If. Rofarum rubrarum, drach. quin-
decim.
Glycyrrhiza rafa , drach. feptem,
Cinnamomi eptimi, drach. quinque,
Ligni Alo'és , &
S.intali citrini , utriufque drach.
■Gümmi Tragacanthi , &
Arabici, utriufque drach. duos
& fcrup.duos.
15 0 Livre L
Caryophyllorum , &
Macü', vtriufq.drach.duM & femiJS.
Spicéi Nardi,drach.duas.
Nucis Miffchat£,
Çardamomi mapris , &
Galanga minork ,fingul. drachm
unam. ^
ylmhr£, cineritia, ,fcrup. duos.
Afofchi Orient alis , fcrup. unum.
Fiat pulvis.
Sacchari aqua Rofarum foluti,quan~
tum fnfficit:fiat Ele6luarium.
PA KAP H RA’S E.
Ette poudre eft décrite par Me-
fiié au lieu preallegué, qui la ré¬
féré à fon Autheur , qui luy a donné
le nom d'Aromaticum , pour caiifè
des drogues aromatiques dont elle eft
composée , comme le lùrnom de R.o-
iat J à caulè des Rôles miles au com¬
mencement , qui tiennent lieu de ba-
fe. Tous les autres médicaments y
font mis , tant pour fortifier la balè
que le ventricule , cerveau , cœur , &
autres vÜceres.
EE MELANGE.
Il faut premièrement incilèr le San¬
tal & bois d’Aloës , par petites piè¬
ces J & les concalîèr fort au mor¬
tier , puis on y ajoutera la reglifie. ra¬
clée &c coupée par petits morceaux,
& le Nard Indique incisé avec les
cilèaux. Le tout à demy pulvérisé &
tamisé , on y ajoutera les Gerofles,
la Canelle , le Galanga , le Macis, la
Mufeade, & Cardamome : finalement
les Rofes ronges mondées de leurs
ongles.
Apart Si dans un mortier, & pilon
Sedtion IF.
chauds , il faut pulverilk les Gom¬
mes Tragacantli , 5c Arabique , puis
on en pelêra la quantité requile,l’am-
bre auifi & le mule à part facilement
fe pulverilcront au mortier, y ajou¬
tant une goutte d’eau rofe. Cela
fait toutes les poudres ièront mê¬
lées au mortier ôc foigneufement gar¬
dées, comme avons dit en la pre¬
cedente poudre , 'pour en compofer
Eletftuaire Iblide , ou mol , en gar¬
dant fcmblable proportion de la pou-'
dre au fiicçie ou, Syrop rofat fim-
ple , ou de citron , ' qui a été déclaré
au precedent.
L ES FACFLTE Z.
Par fa chaleur modérée elle for¬
tifie le cerveau , le cœur & l’efto-
mach & tons les autres vifeeres na--
wrels , excite l’appetit , aide la co-
élion , corrige l’humidité excremen-
teulè de l’eftomach', & auffi la pour¬
riture qui en peut être engendrée : &
partant eft mervcilleufement propre
à ceux qui relevent de maladie , &
aux foiblcs.
R E M A R Qjy £.
La defeription de cette poudré fe
trouve conforme dans les divers
exemplaires de Mefué que fay en
main , & différé feulement de quel¬
que petite dofe avec les Moines qui
ont commenté fon Antidotaire ; Bau-
âeron différé auffi de ce premier , en
ce qu'il a écrit Çardamomi mapris,
& dans ce premier eft fimplement
écrit , Çardamomi , pour lequel il
faut entendre le plus ufité qui eft le
minus. Pour le furplus, le modus fa-
ciendi
Des Poudres
ciendi de Bauderon doit être obfèr-
vé. a la referve de V Ambre grüiUjue
pour le le mettre en pour dre , afin
qu’il n adhéré au mortier ny au pi¬
lon , on pilera la quatrième partie,
d’une noix mufcade, qui engraijfera
par fin onEtuofité le fonds du mor¬
tier , avec l’ambre gris jufques a
me fubtilité convenable a la pou¬
dre ( on en fera de même du ?nufc)
avec laquelle ils feront mêleT^exa-
Qement.
Pulvis Eleétnarii Dianifî,
D. Mef:
Seminis Anifi , drach. viginti.
Glycyrrhiz-a raja, & incifa,
MaBiches , utriufque me. unam.
Seminum Carvi-, é"
Fmiculi,
Macis,
Qalanga tenuioris,.
Zingiberis , &
Cinnarnomi ,fing. drach. quinque..
Tr.ium Piperum,
Galaminthes montana,
Byrethri, &
Cajfa lignea aromatica, fing. drach..
duos.
SSeyl , id efl , Cardamomi majoris
(quia potentim minore , licet hoc
magis fit aromaticum.)
Garyophyllorum,.
Cubeharum,
Croci Orient alis,.
Spica Nardi , fing.. drach. mam
femifi.
Sacchari albi ,.unc. duos, fiat pulvis
melle' dejpumato excipiendm , fi
Eleètuarium molle compofiturtti-
es : fil ver 0 folidum , Saccharo,
Aromatiques. 151
PARAPHRASE. .
CEtte poudre eft décrite par Me-
fiié en ion Antidotaire ^ diftin-
étion première de la première partie.
La baie eft Eanis dont elle a pris
le nom , là vertu incifîve & atténua¬
tive du phlegme épais , & confum-
ptive des vents , eft augmentée par la
Caflè^aromatique , Canelle , Carda¬
mome, Pyrcthre, icmences, Zingem-
bre , Macis, Cubebes , Gerofle, Ga-
lange, &c.4cur ficcité eft modérée par
la reglidë : leur tenuité & laxité des
vifeeres eft reprimée par 1 adftriction.
du Nard indique : leiuccrey eft mis
tant pour leur confervation, que pour,
les rendre plus agréables.
LE MELANGE.
Premièrement lâut bien concaffer
les racines , puis on y ajoûtera les-
écorcesjfemences & fruits:finalement
le Calamenc, & Macis.. A part faut
piler le Maftic ( avec quelques gout¬
tes d'eau, ) & le fafthn , puis le tout
fera mêlé au mortier ,. comme a été
dit & gardé au befoin.
Le filcere y fera ajouté, lors qu on
s’en voudra fervir : car s’il y étoic.
mis au commencement , & qu’il fât.
befoin de garder la poudre plus d’un,
an , à caufe de fbn humidité , il s’y
engendra'oit de petits vers comme
auffi aux Trochife de Camphre , &
poudre Diarrhodon , indice certain de.
putrefaélion. Qui de cette poudre
voudra compofèr un Eleétuaire mol,
prendra le quadruple de miel écume
& cuit : fi un Eleétuaire fblide une
livre de fiiccre , pour chacune once de
poudre,.
Livre L SeBion IV.
1 ï 5 2,
poudre J comme a été dit en TAroma-
ticum Caryophyllatum.
LES FJcrLTEZ.
Elle guérit tonte intemperature
■froide du ventricule, causée dune
pituite crue , ou des vents , & la toux ,
invétérée entretenue d’une caufè
froide.
R E M A R QV E.
BAuderon au ' mélange de cette '
'poudre nom donne par avis de
' ne point mêler le fuccre dans icelle
i^ue lors quon s'en voudra fervir,
parce dit il que l'humidité qui fe
treuve dans ladite poudre^, fi onia
garde pim d'un am , fera caufe qu'il
s'y engendrera des vers. Cette pou¬
dre neft du tout point humide , fi-
bien il y entre quelques ingrediens,
qui naturellement fie vermouluent,
fi efi-ce neantmoins que cette femen-
ee qui les y engendre efi entièrement
détruite par la trituration ou fubti-
lifdtion de leurs parties, & au con¬
traire le fuccre quoy qu'en poudre il
peut cdnferver les autres ejpeces à
tout le moins il empêchera que les
aromats n'exhaleront pas fi facile¬
ment les pim fubtiles, & tenues par»
ties qui font en eux ,& que quand
même il y auroit quelque humidité.
Cela ne ferait pas la caufe ite la gé¬
nération des vers ( quoy que l'humi¬
de foit un des principes de la putré¬
faction ) ainfi que nom voyons au
Liatragacanth fioid & autres-, mais
elle ferait caufe que la poudre fe gru-
meleroit i fi on ne la ténoit pas bien
bouchée en tems humide , ce quon.
doit faire en tout tems & j^ifon
pour en conferver les vertus : cefi
pourquoy p fuis du fentiment qu'ort
mêle le fuccre dans cette poudre âu
moment de fa compofition , afin de
tpieux obferver les juBes proportions
de l’un avec l’autre.
Pulvis Diacalaminthes, D.Ni-
col. Alexand.
Calaminthes montana. ■'
Pulegii,
Piperis Nigri
Seminum Sifeleos Majflienfis, &
Petrofelini JlLacedonici, fing.drach,.
très & ferup, duos.
Libifiici , feu Levifiici , drach. duo*
& fer/tp. unUm. ■
Ameos Alexandrini,
Anifi,
Summitatum Thymi,
Cinnamomi ,&
Zingiberis ,fingul. ferup. duos.
Seminis Apq , ferup. unum.
Mellis dejpumati quantum fuficit,
fi molle EleBuarium , vel '
Sacchari , fi folidum requiris.
PARAPHRASE.
CEtte poudre , ainfi que l’avons
tilnicrite de Nicolaus Myrepfus
Alexandrinus , au i. des Antidotes,
chap.ioj. eft par tout approuvée, plu¬
tôt que celle de Gai. au livre de la
Santé,ny celle qu’Avicenne,& MefiSé
nousontlaifsée par écrit.SalernitanuS
y ajoute de plus i’Hyflbpe. & au lieu
de la ièmenec d'Anis il y met de celle
d’Anech,& de levifticiim quatre icru-
pules,pour deux drachmes un ferup. ils
lônt d’accord du refte.
Elle
Des Foudres jdromatiqueï. 1 5 5
Elle a pris le nom de fa bafe le
Calament , mis au eommencement :
fon ufàgc 3 dit Salernitanns , eft aprez
le repas 3 feule, avec un peu de viny
ou la groiïcur d’une ayelaine 3 étant
mêlee ayec le miel écume 3 lequel
pour être plus chaud que le üiccrc,
à caufe de fa tenuité de parties 3 y
convient mieux à chaifer les hu¬
meurs du dedans au dehors : Galien.
Pource la poudre doit être fort iub-
tile pour les raifons cy-devant dé¬
clarées.
Z£ MELANGE.
Le tout enferable fera pulverile
au mortier , & fubtilement tamiféi
& mellé avec le quadruple de miel
écLimé & cuit en eleétuaire mol 3 ou
avec le fuccre 3 pour les plus dé¬
licats.
Icy faut choifir & preferer le Ca¬
lament des Montagnes 3 aux autres
efpeces décrites par Diolcoride com¬
me le plus excellent en tout.
LES‘ FACFL TE Z.
Elle a la vertu de titer les eaux
& la bile ; de tuer les vers : elle li¬
béré les obftruélions du mc{èntere3
ouvre les conduits 3 & incife les hu¬
meurs cralles.
R E M A R QV E.
B Auderon ne pouvait pas de moins
^faire , que d'attribuer cette pou~
dre a Nkolaus Myrepfm Alexan-
drinui , parce qu'il avait fon An-
tidotaire en main , & nous donne a
connaître en beaucoup d’endroits de
fa Paraphrafe , quil était privé
des œuvres de Nieolaus Alexandri-
nus qui a décrit cette poudre long.-
temps avant luy dans fon livre de
la compofition des Médicaments
fuivant les lieux au chap. 17 y . fous
le nom de Diacalaminthes magnum.
Ce premier l'en ayant tirée , pour
l'inferer dans fon Antidotaire avec
beaucoup d’autres comme nous ferons
voir cy-aprez. , defquelles )'ay cor¬
rigé le nom de l'Autheur de même
qu’en celle-cy.
Bauderon contre fon ordinaire , &
je ne fay pourquoy , a omis dans
fon mélangé l’ordre de la tritura¬
tion i à quoy l’Artifie prendra
garde , & commencera fa poudre
par les fimples les plus durs, com¬
me par les racines & écorces \ étant
à demy pilées , U y ajoutera les
Jèmences , ^ finalement les her¬
bes , dr du tout en fera fait une pou¬
dre fubtile.
Pulvis Elcéluariura Diambræ,
D.Mef.
Ctnnamoni optimi vel CanelU
feleSta,
Doronici , vel fi rnavis Angelica,.
aut Helenij.
Macis.
Caryophyllorum ,
Nucis mofchata ,
Folij Indi , feu Malabathri Grâce-
rum 3 &
Galanga tenuioris , fingul. drachm.
très.
Santali citrini,
Ligni Alo'és , &
Piperis longi ,fing.drach.duas.
V l^ingi
1 54 Livre 1.
Zingiherü , drachmam mam &
femiJS.
Spic£. Nardi,
Cardarnomi maj'tirù^, &
minork, fing. drach. marn^
iAmbriz , Aureum unum , id efi,
fcrup. quatuor.
JHofchi , drach.. dirnidiam. Fiat
PARAPHRASE.
CEtte poudre à pris le nom de fk
bafc l'Ambre , comme du plus
excellent médicament aromatic qu'el¬
le contienne. Sa vcitn efl: augmentée
par le mule , & les autres aromati¬
ques y la chaleur & tenuité delqnels
cft modérée , par l'adftriétion du
Santal , bois d'Aloës » & Nard In¬
dique.
jSijloi- il me fèmble l'opiiiion de Platoif
re de enfa republique, & , être
iAm véritable , difant que l'opmion de
plufîeurs n'eft pas toujours la meil¬
leure : mais bien fouvent d’un lèul,
GU de deux , ce que nous experimenr
tons en l'hiftoïre de l'Ambre : car
Aéiuarius , & Simeon Grecs ; Sera-
pion, & Avicenne Arabes j & plu-
fieurs des modernes j qui les ont vou¬
lu fuivre en ont écrit fi diverferaent,
qu'on nefçauroit à quoy s'en rcÉbu-
dre J n’ét-oit Garcie du lardin j hom¬
me deéle J de grande h; drure , & fort
curieux de fçavoir la vérité > non
lofiemenc de l’Ambre j mais auffi
de plufieurs autres drogues aroma-
dques qui croilïènt aux Indes Orien¬
tales y lequel par lès diligences j en
l'cfpace de trente ans , qu'il a prati¬
qué en ces lieux là j ( comme ayant
■veu la plufpart de ce qu'ii-îious a
SeBîon JV»
lailïe.par écrit ) clE plus digne de
•croire que tous les autres enlèinbïéi,
qui en ont parlé pr ouïr dire'r'&
confufement. Par fes doéles écritiïj,'
nous apprenons que l’Ambre n’eft
pas le Sperme de la Baleine , ou cé'
quelepoillon Azel vomit au rivage
de la mer, mais plûtôt(ce qui eft vray
femblable en ce que nous en pou¬
vons juger de celuy qu'on nous ap¬
porte du Levant , & d’ailleurs )
une certaine terre rare , graflê , dé
là nature fongueulè. , làns odeùif
quand on l’amaire , ou qu'on la troit-^’
ve au rivage de la mer, pour cauld
de l'humidité marine & fuperfluëi!
de laquelle étant dépouillée , manife-
fte Ibn odeur plailànte , & tant de-
firée des Médecins, & Parfumeurs,
& eft de même_^ couleur que la terré
où il croift. Il s'en urouve grandê-
quantiré en Sofola , partie d'Ethiô-
■pie, habitée des Mores, jufqu’à Bra-'
va , auffi en Zeilan , & en Guienne'â
mais ce qui s’en trouve au rivage dW"
la mer d'Aquitaine , ou GuienneS
ne croit pas là , luais vient des lieuà^
fiildits' par la mer, qui flottant con*
tre le rivage de ces Illes , mintf
la terre &: agitée par les vents con¬
traires le poiiffie aux autres rivages!
comme naturellement elle fait tout:
aune excrement. L’Ambre noir ne'
vaut rien , le blanc eft falfifié , ainfi;
qu'on peut voir en Avicenne li¬
vre 2. chap. 65. & en Serapion aà'
chap.i'96, du livre des Simples lé?
gris eft bon.
LE MELANGE. ;
L’ordre en trituration , mélange , 5û
garde , que doit obfèrver l’Apothi-
caircj,;
Des Foudres Jrôman^ues. 1 5 5
cms', a' e& point diffi;tent à celuy
qpc nous avons déclaré en TAroma-
ticiiro Catyophyllatum, & R.ofatam
.^ecedencs j aiifqiiels il pourra recou¬
rir > fl bon luy îeinble.
L£S FACFLTEZ.
Elle échaufe , corrobore & rc-
joüic le cerveau , le cœur , le vencri-
aile , èc tout le ventre inferieur : aide
à".la codion : lèrt aux aiFedions
d'e la matrice : & ell: particulière¬
ment propre aux vieillards , & aux
feiijtnes.
REMARQJE.
BAuderon en décrivant cette
compojîtion , Ji bien qu'en beau-
coup d'autres , a mît par ordre les
i'Ogrediens , commentant par la pim
grande dofe , & continué en dimi¬
nuant , finijfdnt par la moindre :
& k expliqué les termes qu'il a
jugé ohfcurs & donné de fuhftituts
aux médicaments qu'il a creu être
necejfaire. Par exemple , au Diam-
bra de Mefué il efi demandé Fo¬
lium Indum , ou il a ajouté feu
Malahàthrum Gr&corum , de^uoy
je m étonne , qu'en une', compofition
des Arabes il vueille faire entper
le. Mal abathrum des Grecs ,■ puü
que fuivant Diofeoride livre pre-
tnier chapitre onz.e , c'eft une fueille
qui vient dans’ les maréts fans ra¬
cine comme les Lentilles , &c. que
tiout né connoijfons point , qtii efi
une marque qu'il précédé, de quel¬
que femence monfirueufe , qui ne
peut être qu'il n'ait des qualitef
contraires au notre , qui croit fur un
grand arbre ainfi que nom rappàrt^
Garde du lardin en fon hifioire de^
drogues aromatiques livre i .chap.i^-
qui efi d’odeur approchant au Spica
Nard, &c.
Et de l'Ambre gris , qu'il dit
être au rapport du fufdit Autheur
au premier chapitre de fon hifioire
une terre grajfe fans odeur quand
on l'amajfe , &c, §luoy qu'il ait de¬
meuré l'efface de trente ans dans le
Levantyil ne nom donne pa* une
vraye lumière de la nature de /’ Am¬
bre gris, c efi pour quoy il s’en faut
tenir a l'opinion la pim generale,
que ce fi un Bitume, Pour la tritu¬
ration d’iceluy , on y procédera com¬
me avons dit en V Arornaticum Ro-
. fatum.
L'Ambre gris me fournit une pe¬
tite di^rejfon que l'Artifie curieux
ne dédaignera point , attendu le
peu de connoiffance que prefque tom
ceux qui en ont écrit jufquau'jour-
d'huy en ont eu , qui efi ce que
nom appelions Sperma Ceti , que
quelques-uns prennent pour un
Ambre blanc , d'autres pour un
Bitume , & d'autres pour la fleur
de mer , & encor es d'autres difent
que c'efi la vraye femence que le
mafle de la Baleine qu’on appelle en
Latin Orca ejacule de fon membre
quand il s’accouple avec lafemellci
mais j'ofe ajfurer le contraire de
toutes ces opinions cy-dejfm , &■ dire
que cette matière grajfe, blanche &
écailleufe dite Sperma Ceti nefi au¬
tre chofe que le cerveau de la Ba¬
leine mâle préparé ainfi qu'il efi dé¬
crit fur la fin du chap. f i . de l'Am¬
bre gris du docle Commentaire fut
Diofeoride de Jacques & Paul, Cori-
V a tant
15$ ' Livre L
pmt pere & fils maîtres Apothi-
citirés à Poitiers. Pour preuve de
èette vérité fay encore le témoigna-
de monfieur Verdier , marchand
'iBroguifie a Bayonne qui le préparé
-fierettement ; & un morceau de la
firetniere rnatiere qui nia été donné
par un de mes amis.
Suivis Diacinnamomi, D.Mef.
Cinnamomi Jùbtilis & eleSti,
' drach. quindecim.
Cinnami , id efi , Cinnamomi crqfi- '
fiîoris ,
BnuU Campana , vtriufiq. drach.
quatuor.
Galanga, drach. feptem.
'Caryophyllorum ,
Piperis longi ,
Gardamomi majoris ,
'■ Aîinoris,
':>Zitigiyeris ,
Macis,
PSlucis Mofichata ,
■Mgni Aloés,fing. drach. très.
Grocii drach. unàrn.
Mofchi Oriental. Scrup. duos.
Zucchari thabar^et , drachm.quin-
que :
Confice cum Melle dejpurnato. Et
quandoque ponitur iu eo duplum
ponderis medicinarum de Zuc-
charo pulverifato , fine Melle , &
accipitur ficut fujfiufi.
PARAPHRASE.
SEmpion au livre des limpics , cha¬
pitre tèé. &c aprez luy Avicenne
livre i. chap.27.aprezDiofcoride,&
•^Galien 3 ont décrit le Cinnamomcs
Seâion JF.
ou Canelle , & fês elpeces. La meil¬
leure canelle par emphafe 3 & làns ad¬
dition les Arabes 1 ont appellée Dar-
cheni, qui fignifie en langue Perfique
bois de la Chine : avec addition ils
ont exprimé l’elpece qu’ils ont en¬
tendu 3 comme à fait Meliié en cet
Eledtuaire , qui appelle la bonne Ca¬
nelle JDarcheni, & la groffierc Ci;/-
nami. Pour ce celuy qui a traduit le
texte de Mehié 3 d’Arabe en Latin3 en
cet endroit s’eft trompé 3 traduilànt
Cinnami , ( qui étoit le lùrnom de
Darcheni) Cïm»» 3 contre l’intention
de fon Autheiir : ce qui m’aoccaiîon-
né aprez Fuchfius de i’ôteir comme
inutile à ce qu’il promet.
Garcia au livre qu’il a compofe
des drogues aromatiques Indiqucs3
dit que les Annales de la ville d’Or-
mus 3 on Taprobane 3 font mention
qu’au palîé arriva en leur port en
même tei'HpS3 quarante Navires char¬
gées d’elpiceries 3 conduites par les
Marchands de la Chine3qu’ils avoient
acheptées , tant en Zeilan 3 & Mala-
var3 qu’en lava 3 dont la plus grande
partie étoit de Canelle 3 qui n’étoit fi
bonne l’une que l’autre : car celle
qu’ils avoient acheptée en Zeilan
étoit beaucoup meilleure 3 que l’autre
acheptée en Malavar & lava. Cette
différence ne provenoit que de la
bonté & clcmcnce du terroir 3 où
namrelkment 3 & fans artifice croif-
fent.ces arbres 3 ce qui eft confirmé
par Platon en fon Tiraée3&parl’ex-
pericnce3 à fçavoir que la nature dé¬
part aux plantes quelque chofê de
particulier en certains lieux qu’elle
dénié ailleurs. Ceux d’Ormus éton¬
nez de voir en même temps arri¬
ver en leur port tant de vailfeaux.
Des Poudres Aromatiques, - 157
4Cj’fi grande quantité de Canelle>
& lune meilleure que l'autre, achep-
«nt une partie d’icelle , deman-
ïloient à ces Marchands de la Chi-
aie , d’où ils l'apportoient , ôc com-
,ine ils la nommoient. Eux répsn-
;ds»ient qu'elle naiilbit en leurs païs,
ëc en Ethiopie de certains arbres là-
xrez , dont une partie étoit pour fa-
aûnfier aux Dieux, l’autre pour le Roy,
,&,le reftc pour les Prêtres , & qu'ils
d’àvoient eue avec grande difiîculté:
■^fi pour mieux vendre leur ca-
,ndlc & autres efpiceries , ils leur
apoftoient ce menlonge pour la ve-
xké. Quant au nom , ceux d’Or-
mus appellerent Darchem , la ca¬
ndie que ces Marchands avoient
acheptée en Zeilan, comme étant
h plus excellente & meilleure qui
<y hift ( nom qui lignifie boü de
la Chine , comme avons dit : ) la¬
quelle appellation les Arabes com-
«nie voifins d’Ormus ont retenue ,
:ainfi qu'on peut voir en Serapion,
& Avicenne , au livre prealiegué.
jGes marchands ( ou plutoft im-
rpolleurs ) n’ayant peu débiter , 8c
..vendre là à Ormus -, toute leur
marchandilc , 8c voyans qu’on avoit
'fait plus d’eftime de celle de Zei-
ilan , que de l’autre acheptée en
- Malavar , & laua , ils conduilî-
rent en Alexandrie le relie , où les
'Grecs arrivèrent de toutes pars ,
:pour y achepter de toutes fortes de
-mârchandilè qui leur ell necelïài-
Ec. Ces impofteurs délibérez de
) tromper les Grecs auffi bien que
- Ceux d’Ormus , leur difaot une
chofe pour une autre , iînpofe-
rent divers noms à la canellc , fé¬
lon la bonté d'icelle. Ce qui leur
étoit facile , vendans ce qui aupa-
vant étoit inconnu aux Grecs : ain-
fî ils nommèrent la meilleure ca-
nelle Cinnamomum , qui fignifie
bois odorant , ou A morne , ap¬
porté de la Chine.. L’autre moin¬
dre Caifmanis noin vulgaire à la
region.de Malavar, & de, lava ou
laoa , où ils l'avoient acheptée,
qui fignifie bois doux. De ces deux
mots les Grecs en ont fait un , qu’ils
ont appellé CaJJÎam : ce qui a don¬
né occafîon & matière , tant à Diof-
coride , & Galien , qu’aux Arabes,
& autres qui font venus depuis eux,
-d’eflimer qu’il y avoit plufieurs
efpces de Cinnamome , ou canel-
le , & Callè , & d’errer les ayans
fuivis. Ainfi nous & la pofterité fo¬
rons redevables à Garcia, de nous
avoir alTèuré par fes diligences, de
la vérité de l’hifloire. Pource , foi-
vant ce que delliis , tant en cet Ele-
éluaire qu’aux Antidotes , pour le
Cinnamome , il ne faut pas pren¬
dre de canellc au double ( comme
Galien au premier livre des Antidotes
& ailleurs confeille ) veu que c’efl
même chofe , mais il faut choi-
fir de la meilleure qu’on pourra
trouver.
LE MELANGE.
Premièrement il faut concalfor le
bois d’Alocs & les racines 'd’Enule
Campane , Galanga 8c Gingembre,
puis on y ajoutera l’une & l’aume ca-
nelle, les gerofles , poivre , Carda¬
mome , mufoade & Macis : le tout
étant pulverifé > & tamifé on y ajou¬
tera le faffianà part pulverifé. De cet¬
te poudre avec le foccre , on feraim
V 5 Ele
I j s Livre h
Ele^uaire iàÜde , on un mol avec du
raiei écumé j comme dit Mellié pour
lèriiir. Pont le jourd’huy il eft
peu uilcé.
LES FACFLTEZ.
Elle aide à la codlion , & empê¬
che la pourxicure de la pituite : elle
facilite la diftribution de la nourriture
par lc.:Corps,
R E M A R QJ/ E.
DAns la defcription du Diacin-
namornurn de JHefué refie une
difficulté qui nefi poi bien refolué
pan Bauderon , ny far les autres
Atîitheurs des Antidotaires , ce qui
leur a' été un fujet de le décrire
dirnerfiement , fians doute a caufe
des diverfes éditions quon a fai¬
tes des oeuvres de JlEeJué 3 Le ma-
nufcrit que fay en main , & les di-
Vj^rs exemplaires imprime'^ que fay
veuâ , & fi fouvent citeT^font foy
de cette vérité > dans les uns on lit,
Darfeni, Cirnini, &c. dans d'autres
Cinnarnorni craffii , Cirnini , &c.
& encores en d’autres Darfeni Cin-
nami , &c. Le grand rapport
q^'il y a entre ces deux mots de
Csnnami , d“ Cirnini a furprù quel¬
ques Autheurs qui les o'nt confon-
' dus fans y pe'nfer , croyant poffii-
ble^ que les imprimeurs euffient fait
cette faute , ou pour ne les enten¬
dre pas : les vns ont retenu dans
leur defcriptiçn de mot de Cinna-
mi , & Les autres , celuy de Ci-
mfii grandement diffierens en leur
^Jignification. Fuchfius & V .-lu-
t^ur. de la ‘Faraphrajè difent
SeBion I V.
que Cinnami efi le furnorn de Dar^
cheni , ou Darfeni , & -aceufent
l'ïnterprete de Aiejué , d’avoir
mal traduit Cinnami pour Cirnini,
Si cela était André de Alpaga
interprété des Synonymes d' Avi¬
cenne ferait tombé dans la mê¬
me erreur , qui dit en propres
termes , Cherfe vel Kerfe apud
Arabes efi nomen commune ad
omnem corticem , fed abfolutè di-
^um accipiendo pro cortice Cin-
namomi maxime groffio. Darfeni
vero apud Arabes efi Cinnamo-
mum magis aromaticum. Cherfe igi-
tur diffiert d Darfeni , ficut cortex
magis aromatica & cortex minus
aromatica. Et per Cinnamum apud
Latinos intelligendum efi Cinnamo-
mum groffium non multum aroma¬
ticum , & per Cinnamomum , intel¬
ligendum efi corticem fubtilem Cin-
namomi magk aromaticam. Mat-
th&us Sylvaticus da:ns fes Pande-
éies l’explique dnffii de la forte,
mais plus fuceinÛement. FeSlime
qu’apres ces témoignages nous ne
devons pas croire que Cinnami fait
le furnorn de Darfeni , puis qu’ils
différent de beaucoup , & les de¬
vons feparer fans tout es fois préten¬
dre de choquer , ny Bauderon ny
Fuchfius , comme ont fait Nicolaus
Prapofitus, Cronenburgius , FAerius
Cor dus, laeob. de JUtanliis,^lsÿ.ric. de
Augufiis, Paulus Suaràus , le Ricet-
tario di Fieren\a, & beaucoup d’au¬
tres , qui admettent le Cumin en fa
place, & ceux qui le rejettent font les
Médecins d’ tufiourg, ceux d’ An¬
gleterre Condenberg, Fuchfius & au¬
tres , & d’une chofe je ni étonne que
ce dernier veuille , que pour le Cin¬
namum
Va Toudres Aromatiques. 1 5 9
nanutm on mette en cette comfojî-
tion de U Canelle de vil pris , ce qui
choque direÜement l’intention de
Mefué j car bien que le mot de Cin^
namurn fignifio de la Canelle qui
tiejt pas beaucoup aromatique : ce
nefi pas qutl faille entendre de
celle dont le temps a difipé la bon¬
ne odeur , ou a proprement par¬
ler fa légitimé faveur , au con¬
traire puis que le Darcheni y efi
déjà employé , qui efi la plus
fne Canelle , il faut prendre pour
le Cinnami , cette grojfe Canelle
qui efi d’une faveur piquante ,
un peu defagreable au ^oufi , rap¬
portant d celuy de notre JJpic ,
& cefi. cette eéfece qu’on appelle,
non beaucoup aromatique , par ce
quelle efi privée de la, fuavité du
Darcheni ; car autant vaudroit-il
y mettre du bois commun , que d'y
mettre de celle que Fuchfius appelle
de vil pris , & lacobus de Manliis
Scanijfon.
Bauderon différé auffi généra¬
lement en tomes fes éditions
d’avec Mefué , du fuccre qu’il a
ohmis d deffein ou autrement , de¬
puis fa premiers jufqu’d fa der¬
nière. T en puis parler ainfi pour
avoir en main , & vérifié fur
I. 2. 3. 4. (gr trois autres des
dernieres éditions de fa Pharma--
copée. Tous les cinq exemplaires
de Mefué cy- devant citez, difent
Zucchari Tabarz.eth vncias quin—
que Turenon , Valerius Cor dus ,
Gondenberg ,■ les Médecins d’Aus-
bourg , ceux d’ Angleterre , Fuch¬
fius , & autres n’en demandent que
cinq drachmes , d laquelle dofe je
me rangeray tres-vol entiers , par- ,
ce que le fuccre n’y efi mis que pour
rendre la poudre plus agréable,
moins il y aura de fuccre plus ,eUe
aura de vertu.
Pulvis Diagalangae, D.Mef
Galanga tenuioris , ex China
allata -, &
Ligni Alo'és , vtriufque drachnu
fex.
Caryophyllorum ,
Macis , &
Keifim, id efi , Seminù Levifitcl,
fin g. drach. duos. /■
Zingiberü
Macropiperis , id efi, Piperis tonèij,
Piperisalbi,
Cinnamorni ,
Calami aromatici , fin g. drach. unàrh'
& femifi.
Succi Calaminthes ,. '
Suc ci Mentha, '\'''
Heyl, id efi Cardamomi majoris , ex.
Serapione ,
Spica Nardi
Seminum Apij,. ■
Fœniculi , ■
Carui , ■ '-
oMnifi ifing-draeh. unam ,fikF
pulvis Sacchari albi\ f' fi-
EleEluarium folidum ) • aut'
Mellis defpumati ( fi moit ¬
ié re quiris) quantum fùffi-
cit , fiat Eleéluarium
repone.
PARAPHRASE,
La bafe eft le Galanga mis atf
commencement, dont cet Ek-'
âviaire a pris le nom. Sa vertu eft
COîl;
ïéo Livre 1, SeUion I V.
conduite au cerveau par les gero-
flesj Macis , & gingembre : aux
poulmons par le Calament : au
foye par le Nard Indic , & Canne
odorante : aux reins , veille ôc ma¬
trice j par les lèmences. Les autres y
four mis pour fortifier le ventricule,
ôc corriger fon intempérie trop froi¬
de, avec l’aide des autres , en incifont
& atténuant le phlegme qui y cil re¬
tenu , & refolvant les vents , ou va¬
peurs craifes. s
Nous avons de deux fortes de
Galanga , l’vn grand & moindre
en vertu , qui croît en grande quan'
tiré en lava", ou laoa , ôc Ma-
lavar. L’autre petit , qui eft fort
excellent , icy & ailleurs requis,
& qui croît en la Chine , qui eft
un grand ôc riche Royaume j de là
on l’apporte aux Indes &c en Por¬
tugal , ôc à nous. Quelques-uns
( & mal ) eftiment que c’eft le Cy-
pere Babylonic , pour ce qu’on l’ap¬
porte tant du grand Cairfc d’Egypte,
q^ de Syrie , à Venifo , & de la
à'Marfcille , & à Lyon : pour ce
auifi que d’odeur , & de figure ,
il rellèmble fort audit Cypere , h'orfo
mis qu’il eft plus acre au goût &
plus roux. On ne nous apporte pas
les racines entières , mais coupées.
Il a été inconnu aux anciens Grecs,
ôc non à Adbuarius ôc Serapion cha¬
pitre 332.
L£ MELANGE.
Au premier rang de trituration,
feront .mis le bois d’Aloës , les ra¬
cines , ôc écorces : au focond les
fomences ôc fruits : au dernier les
herbes , ôC macis. La poudre ne
doit être par trop fubtile , mais
médiocre : elle, fera gardée com¬
me il a été dit , pour au befoin
en faire Eleéluaire folidc avec le
fuccre , ou mol avec quantité luffi-
fante de miel defpumé & cuit ,’ s’il
eft requis.
LES FACULTE Z.
Elle guérit l’intemperature froi¬
de de l’eftomach ôc du foye , Ôc
pource aide à la coétion , appaife
les roéls acides , ôc dÜEpe puif-
fàmmcnt les vents , ôc les enfi cu¬
res qui en font catifées : rend l’ha-
leine agréable , & en empefehe la
puanteur.
R E M A R Q.V E.
Le s vieux & les nouveaux
examflaires de Mefué ne s'ac¬
cordent -point en la defeription du
Diagalanga , ceux des années 1313.
15 14. & 1541. /««r tom confor¬
mes , df ceux de Venife apud lun-^
tas des années \(>oz. & 162.^. font
defeSlueux de la Spica Nard , & de
la femenee d'anis : les Moines ^ui
ont commenté Mefué ne different
point des premiers non plus ejue
Bauderon , excepté que Sauva¬
geon en fes trois éditions qu’il a
veués & reveuès , a toujours ob-
mis la Mente , & dix onces de fuc¬
cre taharTjjth : ce dernier a étére fft-
té en toutes les éditions de Bauderon
& d'vn bon nombre d’autres Dijpen-
faires fans dire les raifons pour¬
quoi , & .ceux qui l’ont retenu,
font les Médecins de Florence dans
leur Ricettario , Cronenburgius ,
l’Au
T!>es Poudrer Aromatiques. i ê i
VJutheur du Luminure ma,]ti4),celuy
du Thefaurtu Aromuturiorum , &
celuy du Lumen Apothecariorum,
au lieu de dix oncee , ils en mettent
dix drachmes J' eBime que cette der¬
nière dofe luy convient mieux pour
garder la compojîtion en poudre,(t"
d’ailleurs ' f avoué bien que la dofe
de dix onces ny doit point être mê¬
lée, fi cenefipour en fairé un Ele-
Buaire liquide, autrement la quan¬
tité du fuccre i JurpaJferoit en poids
déplus de deux fo'is les autres efiéces
qui compofent ladite poudre , & la
r endroit par trop foible en fon ope¬
ration a moins d’en augmenter la
dofe'de beaucoup. Mefué pourtant
l’ayant voulu ainfi, a entendu quil
y fut mis en poudre , & qu’avec fitf-
fifante quantité de miel defiumé en
en formât un EleBuaire mol , pour
en donner par dofe depuis deux
drachmes pfqu’â trois , & quelques
grains fuivant le poids qu’on croît
etre de Salernitanus , â quoy l’Ar-
tifie prendra garde , & fur tout
s il en defire former un EleBuaire
folide. Il fe prefente encore icy une
autre difficulté , fiaveir quefi-ce
qu entend Mefué & notre Para-
phrafie par Mentha ficca , & Ca-
laminthes ficca , il femble que l’ad¬
dition de ces mots de ficca foit fit-
perflué en ce rencontre , puifque nous
ne pratiquons point de mettre en
poudre des herbes recentes avec des
médicaments fecs. A cela ]e répon-
dray que c’efi une faute de l’Impri¬
meur eu égard â Mefué , & que
Bauderon l’a authonsée par mêgar-
de , attendu quelle fe treuve dans
toutes fes Pharmacopées dépuis la
première jufquen fa derniere 3 car
au lieu de mettre fucci Mentha, &
fucci Calaminthes , il a changé les
mets de' fucci , pour celuy deficca,f
ainfi qu’il fe vérifié par le Z12.
chapitre des Antidotes de Nicolaut
My repfm Alexandrinus , d’où Me¬
fué a tiré cette compofition , par lef-:
quels fucs il faut entendre qu’ils-
foient épaiffis & deffieichelf pour la
pouvoir réduire en poudre avec les
autres eéfeces.
Pulvis Diarrliodonis Abbatis
D. Nicol. Salem ir.
Rofarum rubrar. ab unguibm
mundatar , &
Sacchari cryflallini , utriufque- uncsf.
unam, drach.tr ef
Santalorum albi , &
Rubri , utriufque drach. duos
& femifî.
Gummium Tragacanthi , &
Arabici,
Spodii , fing. fcrup. duos.
Afari,
Spica Hardi,
Mafiicha,
Cardarnomi,
Croci,
JÇylaleés , id ejl , ligni Alo 'éS,.
Caryophyllorum,
Trochifcorum Gallia mofchata,
Cinnamorni ,feu CanelU feleBa,
Succi Glycyrrhilji,
Rhabarbari,vel potius Rhapontid,
Seminum Anifi,
Fœniculi ‘
Ocimi id efi Bafiliconü,
Berberis,
Intybi,feu SerioU,
Portulaca,
papa
X
Livre 1. SeSHon IV.
\6-l
Papaveris albi , &
Se’min. 4. frigidorum major, mund.
fin g. fer up. mum.
OJfis è corde Cervi ^ &
Margaritarum , utriufque ferup.
femifi.
Caphura, Gra. feptem.fi vel haps
loco tantundem flerum violarum,
vel Jfienupharu , quia Caphura
ingrati efi faporis.)
Mofehi, Gra. tria. femifi. ex ’artt fiat
pulvis. ^
'Skcchari 4lbi aqua Rofarum foluti
' qoantum fujficit , fiat EleElua-
rium.
PARAPHRASE.
SAcernicanus a empmnté cette def-
cription de Nicolaus Myrepfiis
Alexandriniis au premier des Anti¬
dotes chapitre 54. lequel y a ajouté
de plusjdu Corail, du Cryftal, femen-
ces de Laiétuë & de Mandragore, ■
de chacun, un ïcriipiile , que Salerni-
tanus comme fiiperflus en a diftraip
L'Autheur eft un Abbé, ou Prefî-
dent , ou Chancelier de quelque Vni-
verfité , qui n’eft nomme , lequel luy
a imposé le nom de là bafe les Ro-
fes , appellées des Grecs Rhodos , &
Rhodon , par nous miles au commen¬
cement , &c par Nicolas à la fin. Sa
vertu gaftrique ou aidant les fon-
étions des vilceres naturels , -eft au¬
gmentée par le Maflichî , Candie, &
boisèd'AloésiPHepatique par k Nard
Indique, S podium , Berberis, Sca-
riole , ôc Santal : la Cardiaque , par
les Trochilques de Gallia molchata,
Gerofles , Ocimum , perles , os dé
cceur de cerf , & mufe 3 là vertu eft
conduite aux reins & relfie , par les
lèmences, & Cardamome ; par le lire
de regliire,& liiccre candit,âux poul-
mons ; bien que , quelques-uns ayent
eftimé , que le lîiccrc candit y eft
mis pour conferver les efpeces ; ce
qui eft viliblement fiiux. Qu’ainfi
ne foit , qu’en une prtic de la. pou¬
dre il y aie du lùccre candit , §: non
en l’autre , & que les deux loient mi¬
les en femblables pots , Sc» bouchez
l’un comme' l’autre , & gardez de
même : En moins d’un an on verra
celle , où le lîiccré aura été mis plei¬
ne d’Araignes , & petite vermine, in¬
dice certain de putrefadion : & en
l’autre pot nullement. Qui démon¬
tré le fuccre candit y avoir été mis
pour les potilmons , & non pour la
confervation des elpeees. le ferôis
d’avis qu’il y lut mis , lors qu’on s’en
voudroit fervir , & non plutôt pour
les railbn s ‘déduites : & qu’au lieu du
Rheubarbe, on prît le Rhapontic,
pource qu’il eft ici queftion de cor¬
roborer les vilceres & non de pur¬
ger : à quoy il eft meilleur que le
Rheubarbe. Ce qui eft conforme à
l’opinion d’Avicenne au livre qu’il a
feit des forces du cœur , traitté fé¬
cond , & chapitre lècond , où il dé¬
fend exprez de mêler des médica¬
ments cardiaques avec les purgatifs,
lî CC'' n’eft pour purger du foye , &
du cœur , la bile , & pituite ■ y con-
tei»ë , ainfi que le même Avicen¬
ne au livre 5. traitté z. chapitre 4.
traitant de la curation du tremble¬
ment & palpitation du cœur échauf¬
fé , enlèigne. : mais ce n’eft pas icy
de même. Ceux qui n’auront point
moyen de recouvrer du vray Rha¬
pontic , qu’ils prennent la refidence,
ou fece du^Rheubarbe. exprimée de
quelq
Des Poudres ^romatiéjitics. 565
quelque médecine j & deiîeichée j &
donc la faculté purgative ell: ôtée.
Les gommes , le fiic de reglilïè , &c
femences ie Pavot , y inis pour
concemperer la chaleur, & tenui¬
té des médicaments chauds , & fub-
tils. Le Camphre y eft mis pour par¬
la tenuité de parties faire penetrer
la vertu de la balê plus Ibudaine-
ment, àquoy luffiroit les autres mé¬
dicaments chauds qui y entrent. Au
lieu d’iceliiy ( pource que Ibn odeur,
& laveur eft mal plaifante à plu-
fieurs malades ) lî on y met autant
pelant de fleurs de Violes , ou de
Nénuphar, la compofition n’en lèra
de moindre -vertu, au contraire meil¬
leure.
LE MELANGE.
Il feut premièrement fort concaC-
fer au mortier de bronze , les San-
taux , & bois d’Aloè's , puis y ajou¬
ter l’Afarum , & Nard Indic incisé
avec les cilèaux , la canelle , les ge-
rofles , & les lèraences mondées de
leurs écorces , mêmement celles des
Melons, de Concombre^ de Courges,
Si de Citrouilles ; lefquelles par leur
• onélnollté empêcheront l’exhalation
da la poudre : aprez l’os du cœur
de cerf, limé ou incisé menu : fina¬
lement les. Rôles, Cardamome,. &
lire de reglifîè.
Il faut piler à parc les gommes
en un mortier , avec un pilon chaud
avant que les peler , à caufe' du dé¬
chet en les pilant: aiiflî le Spodium,
le Maftic, avec une goutte d’eau , le
faftran , les Trochifques de Gallia
molchata , le Rhapontic ou la re- .
^hd.ence ou fece du Rheubârbe,’lc llic-
cre candit , fi on s’en veut prelèn-
temenc fervir, le Camphre , le mule,
& les perles, dans un mortier de mar¬
bre , ou lùr un porphyre avec une
petite meule. Cela fait les poudres
peu à peu fe mêleront au mortier
enlèmble , Sc fe garderont dans un
pot de verre, bouché d’un papier dou¬
ble, ou d’un parchemin moüiüéjpour
en compofer des tablettes avec fiic-
cre de Madere diflôut en eau rolè,
quand il fera teins.
LES FACFLTE Z.
Elle corrobore le ventricule & le
flaye , aide à la coétion , provoque
l'appetit , difljpe les vents , appailè
les rods , rend l’haleine agréable,
tempere la chaleur des vilceres, Ôc
corrige l’impreflîon que la chaleur a
pu faire au cor^s.
REMARQVE.
*
BAuderon ne confeillé'^l^oint de
mettre le fuccre candit dans cet¬
te pendre non pim que dans celle
de Dianifi , cy-devant décrite que
lors quon s’en - voudra fervir , à
caufe dit'il , des^araignes , & pe¬
tites vermines que s’y engendrejtti
fans doute, il s’efi apperceu de ce¬
la cheT^quelque Apothicaire de vil¬
lage, aujft peu foigneux de fin hon¬
neur y que capable en fin Art j qui
ayant négligé de fermer le pof de
fa poudre comme il faut , l’air i’a-
voit pénétré &- hume blé d' caufe
des rofes du fuccre candit par¬
ticulièrement , qui le fuccent , &
, l’attirent comme f éponge , attire
Vèau i’y éïàtint éngéndref_que1-
X i qttes
1^4 Livre h
ques fctits vers & c.ragnes , qui
ne fenvent procéder du fuccre can¬
die , mais plutôt des rofes , à rai-
fon d'une femence monrireufe qu el¬
les ont en elles , qui ne s'en fe-
pare point , que le premier Eté de
leur cueillette ne foit pafsé , &
cela fe remarque aux Rofes de Pro¬
vins , & particulièrement en cel¬
les de ce pays icy qui. croijfent en
des lieux bas , ombrageux & a
l'abry , & Jur tout , fi on les cueil¬
le avant que le Soleil leur aye en¬
tièrement dijfipé l'kumidité de la
rosée , qui efi tombée dejfus , laquel¬
le les pénétré cfr s’imbibe dans les
fueilles , quoy quon les face exa¬
ctement feicher au Soleil' : elle s'y
infinué, &. s’y épaiffit fort étroitte-
ment , avec un certain glu qui efi
naturel a la rofe , lequel venant
derechef a s’humeSler par l’attra-
Ction de l’air humide, qui jympa-
tife beaucoup auec la rosée fe ra¬
mollit. : alors ces petits vers s’en-%
gendrent enfemble des petits fila-
mens comme ceux des aragnées ÿ
que fi on ne prenait un foin par¬
ticulier de les pajfer & repajfer
par un crible , & de les expo-
fer à même tems au Soleil le plus
ardent , dans peu de tems les ro¬
fes feraient entièrement mangées
de ces petits animaux. La même
produâion de vermine fe manife-
fie dans le , vinaigre rofat , du¬
rant une année ou deux aprez. y
avoir mis des rofes , df y vivent
fuivant que le vinaigre partici¬
pe du plus ou du moins de phleg-
me. l’aurois encore matière de di¬
re d’autres belles curiofiteT^ fur le
glu , qui efi contenu dans les ro-
Seâ 'ton IV^
fies , & fur la gelée qui s'en peut
faire fans feu & fans fuccre par
la feule teinture , ■ n’étoit la crain¬
te que fay. de groffir par trop ce
volume en m'éloignant de mon fu-
)et par de trop pequentes digref-
fions que je fuis contraint de fai-''
re. E>our y donques revenir , cha¬
cun jugera comme quoy l'Authettr
de la Paraphrafe s’ efi trompé , de
dire que le fucce candit engendre
de la vermine , & des aragnes
dans les ' poudres ^ puis qu'il efi
plus pur de beaucoup que les au¬
tres fuccre s , & qu’il conferve les
autres eéfeces. Et pour le Rheu-
barbe , il n'importe pas de beau¬
coup d'y ‘ fubfiituer le Rhapontic,
quoy qu Avicenne die, parce que
la vertu purgative d'un fcrupule '
de Rheubarbe nefi nullement con-
fiderahle fur quatre onces, & demy
de poudre , où il n'y a peint d'au¬
tre purgatif ainfi qu'un chacun peut
voir , qui ne revient environ qu'a
cinq grains de Rheubarbe par once
de poudre. !
Pulvis Xyîaloës^ D. Mef-
y:. Ligni Alo'és crudi , ex India
allati,
Rofarum rubrarum , utriufque unc-
unam.
CaryophyUorum,
Spica. Nardi,
Macis,
Nucis Mofehata, -
Trochifeor. Gallia tnofehata,
Cubebarum,
Cardamomi majorés , &
Mifio
Des Poudres j^romat^^ques . i ^5
JMinoriSi
Mafiiches.
Cinnamomi > fin Canelhz feUeta,
Çyperi,
Schœnanthi , id efi ,florü lunci odo^
Zodoarinii
Radicum Behen albi , vel huim pe-
mria Radie. BugloJJt,
Behen rubri , huim lo 'co fume
Radie. Borraginis
Foly Indi,feu Malabathri Gracoru,
Seriei erudi,
Margaritarum,
Coralli rubri,
Sueeini ,feu Eleilri Gracorum , feu
K arabe -Arabum,
Foliorum Citrÿ Jteeorum,
Corticum Citrÿ.
Alfelengemife , id efl,femin. Ocimi
Caryophyllati,
Sampfuchi, id efi, Ma\oranA, ,
Sijymbriy aquatiei , feu Ment a. a-
quaticA,
Ment a fieea,
Riperü longi, &.
Zkgiberü ,fing. une. dimidiam.
Ambra, drach. unarn & 'dimid.
Mofehi Orientalis ferjip.unum.
Fiat puhiâ ufui reponendM.
§lÿ,um Eleüuariurn molle eompofi-
turui erù , excipe melle eonferva-^
tionis Myrobalanor. Embliearum
& Mina Cydoniorum aromatiz.a-
ta. Si vero folidum in rhombos,
Saeeharo in aqua Rofarnm fiilla-
titia foluto exeipiatur.
B ARA P HRA SE. '
CEc Eîednaire a pris le nom de
là bafe le bois d" .Hoêij appelle
«les Grecs Agalloehum , & Xylaloe^
duquel la faculté cardiaque , & hé¬
patique eft augmentée par les autres
medicamens aromatics , en incifanc
5c atténuant le phlegme épais , qui
par fa Froideur réfrigéré trop tels yif-
ceres. Les rofes y font mifes pour mo¬
dérer leur chaleur , 5c les racines de
Buglollc 5c de Borrache ( au lieu de
Behen blanc & ronge, fuppofëes pour
le jourd'huy , pour les vrayes fans
odeur 5c vercu)pour corriger leur ficci-
té.Le Maftich, CoraiI,5c Carabé par
leuradftridion empêchent la tenuité
dhceux , 5c les retiennent au ventri¬
cule 5 afin qu’il foit fortifié , 5c que
leur vertu y fojourne plus long-tems.
LE MELANGE.
Premièrement il faut concallèr le
bois d’Alocs , puis on y ajoutera les
racines de Cypere, Zcdoaire,deBu-
glûlle , ,ôc Borraches ( au lieu de Be¬
hen blanc 5c rouge ) le Nard indi¬
que inciié , les écorces decanellcs de
citron, de Gingembre, Segerofles:
aprez les Cubebes, le Sclicenanthe,
Cardamomes , poivre, le Macis , la
mufeade , le folium , les fomences, 5c
herbes , finalement les rofes mondées
de leurs ongles , 5c defleichées. Le
tout pilé 5c taraifé fera gardé dans un
papier. Aprez on incifera fort mcmi ManU-
le Sericum crudum , lequel dans un
mortier de marbre , ( avec un pilon
de metail ) on pilera avec les Perles, sericumf
le Corail rouge , 5c Carabe fort ai- fans le
fément fans humidité : ainfi que Se- rttir,
rapion au chap. 1 8. du livre des fim-
ples ,’ noHsalaifîe par écrit, 5c«fans
qu’il foit befoin de le rodr , ou brû¬
ler pour le réduire en poudre : car
par ce moyen il perd ü vertu cardia-
X } «liTC
Lime l SeBion I V.
6ié
-que icy requife i & acquiert une
chaleur étrangère j nuifible aux vit
eeres."
Faut pulvérifèr à part les Trochit
que^'fle Gallia mofehata , le Matlic
f comme il a été cy - devant dit )
TAmbre gris 6c le Mufe. Cela fait,
peu à peu les poudres feront foutes
mêlées cnfemble au mortier de mar¬
bre J & gardées en leur pot de ver-'
re bien couvert pour s’en lèrvir au
beloin.
Qui voudra compolèr un Ele-
âuaire folide > le fuccre lèra dit
fout en eau rofe , & cuit en confi-
ftence convenable : auquel pour cha¬
cune livre on y mêlera une once de
poudre. Si un Electuaire mol, la pou¬
dre fera mêlée avec le quadruple de
miel où les Myrobalans Emblics ,
ou Cepules ont été confits , & ge¬
lée de coins aromatizée ( comme il a
été déclaré en la Scétion deuxième j
autant de l’un que de l’autre , ainfi
que Mefùé enfeigne. .
Pour l' Agallochum , ou Xylalo'é,
ou bois d’AJoës crud , Mefué entend
le plus exquis , tel qu’il croît aux In¬
des, , & eft dépouillé de fon humi¬
dité lîiperflué , fok pour avoir été
enterré un an ( coffune difènt Sera-
pion au livre des fimples , clïap. 197.
& Simeon Grec entre les derniers
qui ont écrit J ou non : pource que
fon odeur ne confifte en fon écor¬
ce , ny au bois , mais au cçeur ainfi
que dit Garcia. Audi crud te peut
entendre eeluy j qui n’a féjourné
aux torrens & rivières des Indes,
où iPeroît , qui venans à fe débor¬
der , emmenent quelques branches
au Gange , & lieux circonvoifins
qui font eaux chaudes ,• pour la gran-*
de chaleur du foleil qu’il fait en ce
païs-là , où fejournant , il acquiert
une cuite , & perd ton odeur ôc ver¬
tu. Le bon eft rare & cher pour le
jourd’huy, principalement âyant tou¬
tes les marques , que Diofeoridé li¬
vre premier chapitre ving-un, &,Se-
rapion luy attribuent. Du tems que
les Chrétiens tenoient Rhodes , les
Chevaliers avoient moyen d’en re¬
couvrer du vray , duquel ils fài-
foient faire des chapelets pour leur
bonne odeur qu’ils envoyoient à
leurs parehs. Maintenant qu’ils ont
perdu Rhodes , ils ont auffi perdu le
moyen de recouvrer du vray bois
d’Aloës.
Z£S FA cr LTE Z.
Elle guérit les maladies fioides
du cœur , du ventricule & du foye,
5c corrobore toutes ces parties : 5c
pour ce remedie à la palpitation du
coeur & à la fyncopc , réjouit , fa-
vorifè la coélion , 5c rend l’haleine
de bonne odeur.
REM-ARQ.VE.,
E mélange que Bauderôn a don¬
né en cette poudre , ne doit
point être ohfervé , pour le regard
du Sericum crudurn , Corail , Per¬
les y & Succinum.
La foye doit être incisée fùrt me¬
nu & mife au premier ordre dé la
trituration avec le bois d’Aloés &
baîus long-tems enfemhle , les ayans
au préalable hume liés avec de l’eau
rofe y & confecutivement il y faut
ajouter les autres matières chacune
en fon rang y pour le tout être pajfé
Dei Poudres Aromatiques. i éy
ftikilement en un tamis de, fine foje. •
Et pour le Corail ^ Perles , & Succi-
num, doivent être préparez, ehdcun k
part fur un Porphire tres-fubtile-
ment , ou comme quelques-uns difent
in Jlchool ,& non dans le mortier
de marbre avec un pilon de rnétail,
comme enfeigne Baud. après Serapion,
aw livre & chap.fus-alleguez. /pour
les raifins que je diray çy-apref^ au,
Eiamargaritum frigidnm. V Am¬
bre gris fe mettra facilement en pou¬
dre fans adhérer au mortier , fi ph y ,
prpcede. comme nptu avons cy-de-,
vant dit en l’Aromaticum,Gabrie-
lis. Bans le Mefué commenté par
Cofiius , imprimé en tan i&x^.k f^e-
nife.par luntas on y a oublié la mar-
jolaine..
Ptiîvls Diatrium Pipereoii,
" D. Galeni.
' Df. Trium Piperum , fing. drachm,
quinquaginta, "
Zingiberis,
Comarum Thimi cum flore, &
Seminis Anifi,fing. drachlodto.
Fiat pùlvis ufui reponendus , vel ex-
cipe mette dejpumato , fi EleBua-
. rium molle cemponere cupis.
. ^ARAFHRASEv
L’Anrheur eft Gai. au livre 4. de
la fanré , chap. 5. lequel rejette
les defcriptions de {èmblable nom,
pour être compolees de plus grand
nombre de medicamens qu^il n'efl:
belôin. La bafe font les trois efpe-
ces de poivres , miles au commen¬
cement , dont cette poudre a pris le
nom : leur vertu incifive , .atténuati¬
ve , & conlomptive eft augmentée
par les autres : fon ufage en fera , le
corps ayant été purgé.
Les 3, clpeccs de poivre necroif- Hifleirt
lent pas fur un lèul arbre ( comme
pour ouir dire nous ont écrit DioC-
coride livre z . chap. i f o. Galien li¬
vre S. des fimplcs , èc Pline liurjs 1 2.
chap. 7. ) mais de trois , ainlî que
Garcia du lardin , au livre prealle-
gué , témoigne. Il eft vray que les
arbres, qui produilènt le poivre blanc,
&noir, lonrlî femblables,quon ne
les peut diftinguer lun de Lautre , fi*
non lors que leur fruit eft meur , ou
par ceux du pais qui ont accoutumé
de cultiver tels arbres , comme la vi¬
gne qui produit le raifin blanc , d a-
vec celle qui produit le noir. Celüy
qui produit le poivre long, eft du tout
dilîèmblable aux autres , qui portent
le blanc, & le noir , & de région fort
diftante:car le blanc & le noir, croif-
fent en fort grande quantité en la ré¬
gion de Malavar, & aux Iles proche
de lava.Sunda, Cuda, & autres lieux
mariiimcs., & non au mont Caucafè
comme, écrit Pline. Combien cette
montagne eft diftante de ces régions,,
chacun le peut voir parla Topogra¬
phie. Le poivre long croît en Bcnga-
la , région diftante de Malavar, de-
5-00. lieues. Le vulgaire des lndes,&:
dTtalieeftime ( & mal ) le poivre re-
ftigerer, encore qu’il échauffé, & défi-
feiche au 3 .degré.Le poivre long n’eft
pas de fi longue durée que le blanc Sc
le noir,ponr caulè de quelque humidi¬
té fuperfluë,dontil abonde : le blanc
eft plus acre que le noir , le long eft
plus utile à l’eftomach Gai, au livre p.
des medicamens locaux.
Z£S
Liure L SeBion IV.
ié8
LES FACULTE Z.
Elle indlè la pituite ctalTe , & dit-
ciice les vents j aide à la coition de
l'eftomach , & aux ro6ts acides.
REMARqVE.
P\Ar expreX^ Galien demande le
poivre^ long j qui ne foit point ca¬
rié : lenàir quil ne fait pas petit , ri¬
dé , ny d’écorce grojfe ; qne le blanc
fait groS'& majjif: que le Thym fait
pris & cueilly en • un lien haut &
aride. Bauderon ayant ohmis toutes
ces marques qui Jont confiderables
pour l’éleélisn des poivres , je les ay
voulu rapporter en ce lieu , afin que
les burieux qui difienferont cette
poudre ne négligent point l’inten¬
tion de l’Autheur , Comme nom ne
voyons que trop fiouvent a notre
grand regret négliger l’éleEtion des
ingrediens en des compofitions mê¬
me di {pensées en public , comme cy-
apreX^ il en fera touché quelque
chofi aux compofitions que nom ap¬
pelions Cardinales.. Il ne dit pas
non pim que Galien fon inven¬
teur , en quel temps il convient de
compofer ladite poudre , pour l’a¬
voir en fa pim haute perfeSlion ,
à quoy je fuppléeray , en difant ,
que ee doit être au mois de May,
fi-tot quôn aura cueilly , & feiché
l<i fornmitê du Thym , entre deux
papiers , en temps fee , & à
l’ombre.
Pulvis Rofatæ Novellæ, D.
Nicol. Alexand.
Rofarum rubrar.
Glycyrrhix.es,
Sacchari ( cum Salernitano, ) fingul.
drach. novem,fcrup.duos & femif.
Cinnamomi, drach. duos, fcrup. duos,
& gr.duo, cum Salernitano,
Caryophyllorum,
Spices Nardi,
Galanges tenuioris , ex China ad nos
allâtes,
Zingiberisy
Zedoaries,
Nucis Mofchatet,
Styracis Calamites
Cardamomi, &
Seminis Apq ,fing. fcrup, unum , &
gran. oîio.
Sacchari aut Mellis Atttfi quan¬
tum fufficit, fiat EleSiuaritêht foli-
dum , aut molle , utendi tenfporcr
vel pulv. ufui reponatur.
taraphrase.
NIcolaus Myrepfl ^ Alcxandrinus
décrit cette poudre au premier
des Antidotes chap. 204. qui a rete¬
nu l'appellation Latine , qui aupara¬
vant luy avoir été impofép » nom
de fà bafe les rôles. Le furnomde
Novella , y a été ajouté ( à ce qu'écrit
Salernitanus ) pour montrer qu’elle
eft pofterieure à une autre , qui rece-
uoit du fouphre vif. On i?cut dire
auffi qu’elle eft ainlî lurnoraméej
pourcc que par là chaleur elle cor¬
rige l’intemperie froide des vïfceres,
comme des ppulmons , cœur , ven-
trieule.
Des Poudres Aromatiques, i
triaile, & foye, en incifànc, atténuant
& detergeanc le phlegme épais^qii'el-
ie conduit par la voye de 1 urine. Ain-
fi tels vilcercs renais en leur premier
état, les malades reprenent leur naïve
couleur, de façon qu'il fcmble qu’ils
foint renouveliez, & rajeunis. Le fuc«
cre , & regliflé , y font mis pour cor¬
riger la fcicherellê des medicamens
aroinatics, & conferver leur vertu.
LE MELANGE.
Au commencement de la tritura¬
tion , il faut mettfeles racines de Ga-
langa, Zedoaire, & la regliilè raclée,
& incifée , comme aû/Ii le Nard in¬
dique , & Gingembre : aprez on y
mettra la candie , les gerofles , muf-
cade, le Cardamome ,-i^ânis , & les
rc/ïès. A part il faut piler le fuccre
candit (" fi on s’en veut fervir prefèn-
temeht, ilnonfànsiceluy , s’il eft que-
ftion de long- teins garder la poudre^
& le Styrax calamite , avec quelques
gouttes d’eau : aprez toutes les pou¬
dres feront mêlées dans un mortier,
puis ferrées dans leur pot , pour s’en
îèrvir au •befoin.
LÉS FACFLTEZ.
Elle eft fort propre à la chaleur &
feicheréflède l’cftomach , du cœur,
du foye, &,du poulmon : appailèla
foifjSc le vomiflement : guérit la dé¬
bilité d’eftomach , ^ adftreint les
parties tropdaxes : le conforte en la
paflîon cardiàque : réprimé les. fueurs
diaphouetiques : & fortifie ceux qui
font débiles , à caufe de .quelque lon¬
gue maladie.
RE MARQJE.
La poudre de RofatA noue(ldi,e^
de Nicoloi Alexandrin , & non
de Nicolas Myrepf comme dit Ban¬
deront & Çe trouve décrite de mot à
mot (cila referve des dofes.qui font
un peu differentes ) dans fon livre
de la comptftion des medicamens
fus allégué chap. S6i. qui efi le fujet,
quefa)! corrigé le nom de VAutheur..
Four la compofition de cette pou¬
dre , il faut choijir un tems fec, com¬
me aujfi pour toute forte d'autre où
les rofes entrent & le fuccre candit,
& y mêler hardiment ce dernier
fans apprehenfion aucune , comme
avons dit au Diarhodon & ailleurs.'
le Styrax en larme, ou autre moyen-
ndt qu'il foit du rouge en petit grain-
fer a pilé avec les autres matières,^
pajfer le toM dans un tamis de foye
fubtil ,& la poudre fera exaUemerit
ferrée dans un vafe de verre étroit
d'emhoucheure.
Pulvis Eicéluar. Ducis , D-Ni-
col. Aiexand.
Seminis Anifi , drach. duos ,&
gra.fexdecim,
Clycyrrhila, recentis ,rafa & tninu-
tim concifa,
Maftiches , utriufq, ferup. duos &
gra. quin^.
Chamadryos^
Zingiberis,
Cinnamomi,
Galanga tenuioris , qualis ex China
adfirmr,
Seminum Fœniculi, &
Y
Cartii,
*7°
Livre L Se^ion JK
Carui,fing.fcrHp.unum3&gra.
Dauci Cretici,
Amomi > huiui defeEin Acori
veri,
X^locajfiA ,id, efi Cajfia lignes are-
matica,
Qtlaminthes mentam,
Pyrethri,
Piperis alhi, &
Longi,
Cyperi,
Schœtiamhes,
Ireos,
polij Indi , ÇeH Alaîabathri GrAco-
rumt&
Afari,fing- fcrup.unum.
Spica IndicAt
Crociy
Gummium Araiici,&
Tragacanthi,
Calami aromat, Officifiarum Jcilicet
loco veri deficientis.
Caryophyllorumy
Cubebarum,
Carpobalfami ( huius penuria fume
femen Lemifci PenA )■
Baccarum Imiperiy
Cardamomi,
Seminum Anethiy
Levifiici , '*feu Liguftki > vel
Lihyfiici,
Hippofelini Diofcorid^ vulgo
Alexandri dibliy
Sileris montmi
Afparugi,
Otrÿy
AmeoSy
Pi^icA,
Ocimi, id efi, BafiUconîs,.
folk , feu Zithoffermi
GrAcorumi
SaxifiagiA,
4. frigidarum 7m]6r. mndA.
tor- d cortice,
"SeriolA, '
Petrofelim,
Radicum Pextaphylli,
Acori veri , feu Calami anma-
tici Ojfcinar.'
Rhabarbari,
Rhapontici,
Behèn albi , hujtu loco fume ra¬
die. Bugloffh
Behen rubri , hujus loco fumf
radie. Borraginis.
Nucis MyrifiicA , id efi , Nucis
MofehatA, ■*
Zigni Aloësyér
Styrdeis calamit.fwg. gr.quindecm,
Penidiorum,drach.cptinqHe.
Fiat pulviî ufui reponendus : vel
melle .Mttico dejpumato excipién-
dus in EleStuarium molle : àut
Saccharo albo pro delicatiorihus
in FleQuarium folidum.
PARAPHRASE.
CEt Eleétuaire a été compofê
par un Abbé ou Chancelier d’p-
ne Vniveifité en Mèdecin'e j grand
Praticien en la faveur d un Rogier»
Duc de Fouille & Calabre fils de Ro¬
bert .Guifeard Roy de Cidle , qui re-
gnoit en I an .1088. étant lors P^pe
Vrbain fécond : & du tems que Go¬
defroy de Bouillon alla à la conquê-
Ntc de la Terre Sainte > où fut Tanare-
de fils dudit Rogicr , lequel étoit de-
tenu non d’une maladie 5 mais dcplu-
fîeurs : à fçavoir d’une indigeftiomSi
ventofîté d'eftomach & inteftins,d’u-
ne iliaque paffion, & calcul aux reins*
dont il fut guéri par le moyen de cét
Ekduaire , la caufe. antécédente ôtée.
Ce.
Dej Foudres Aromatiques,
Ce ^ occafionné Salernitanus
comme curieux du bien de la poftc-
rité d’en redÿer la delcription dans
fon Antidocaire, afin qu’il fut loifibic
à un chacun de s’cn pouvoir lcrvir en
cas lêmblable.
Z£ MELANGE.
Au- premier rang de trituration > il
faut mettre le bois d’Aloes , les raci¬
nes & écorces ; au a. les lèmences &
les fruits:au 5. les herbes & les fleurs/
A part il faut pulverifer les gommes au
mortier & pilon chauds , avant que
les peler : le Maftich, & Styrax cala- .
mite avec quelque goutte d’eau j le
faffian & les Penides defïèichées.
Aprez toutes lèront mêlées au mor¬
tier & gardées au befoih, ou d’iGclIes
avec le quadruple de miel écume > on
compoferaun Eleétuaire mol, dont on
le fervira.
LES FAcrLTEZ.
Il convient à i’indigeftionôc vents
de l’cftomach , des inteftins & de l’i-
leum ; & adoucit la douleur de la
pierre.
R E M A R QJ/ E.
Nlcolaks Alexandrinus ch. 308.
ne demande point que les ^.fe-
mences froides grandes [oient mon~
dees de leurs écorces : Bauderon , la
Pharmacopée d’ Ausbourg , & au¬
tres les demandent môndées, pour
lors elles ne [ont pas fi aperitives,
mais cela [e [ait , afin que leur 6n-
élüofitéfiit plus grande, pour mieux
temperer la chaleur & fiecité des
autres ingrediens qui [ont chauds &
*peritifs>Lf Stjras fera mêlé &bat¬
I7I
tu dans le mortier mec tout le corps
de la poudre, comme a été déjà dit au
Rofiita novella.
Pulvis contra Epilcplîam in-
certi Audoris.
’jfiL. Sacchari candi, une. duos,
Magifierij Cranq Humani, unc.fèm.
Vhgula Alcis, drach. duos.
Radicum Poeoniamarû decrejeente
Luna efiojfa,
Diétamni albi,
F^fci Gj^ercini , &
Seminis Pœonia, ana drach. très.
Sem. Atriplicù, drach. duos.
Margaritarum praparatar. j
Magifierij Coralli rubri, &
Rafitra Eborü , ana [crupul.
duos
Folisrum Auri , numéro viginti,
Mo[chi Orientais , gra. quatuor.
Mi[ce,fiat pulvü tenuiffmas.
. REMARQ^VE.
‘Ay infère la defcriptlon de la
poudre de Gouttette dans cette
Pharmacopée pour deux raifons, la
première , pour [atùfaire à ta pro-
mejfe que Cathelan un de nos Collè¬
gues Maître Apothicaire de cette
ville avoit faite k la fin de [on trai¬
té des eaux difiilées parlant du vi¬
naigre difiillé de l'y ajouter : la fé¬
condé , a raifon du grand employ
quon en [ait ordinairement en Lan¬
guedoc ejf en Provence pour toute
forte d’âge & de fixe : les nations
étrangères même , ayant reconnu [es
rares vertus en ufent beaucoup, qu’ils
envoyent quérir H' Montpelier, ouil
Y .Z y
172- Livre L SeBion IV,
y a quelques-uns àes Maîtres apo¬
thicaires qui la préparent fort fidè¬
lement J fuivant l'ancienne defcrip-
tion , qui -a été des pim approuvées
'■jufques à prefent ; mais afin qud l'a¬
venir ils fiaient incomp arahlement
mieux fidtüfiaits de l'honneur qu’ils
nom font de recourir a nos cornpofi-
tionspour adoucir leurs maux, je me
fuis licentié , aprez. en avoir conféré
avec Mejfieurs nos Médecins ,pour
en augmenter fies rares vertus de re¬
former la préparation du Crâne Hu¬
main , du Corail rouge.. de l’ongle
d’Hellend , & delà rafiure d’ivoire,
au Heu qu’on avoit de coutume d’y
mettre les deux premiers aprez. une
fimple & grejfiere préparation fur le
porphyre , & les deux derniers tom
entiers : en leur place , j’y faits en¬
tre leurs Magifieres j, qui contien¬
nent, comme les vrays Artifiys fiça-
venp t'^ejthien les principales ver-
tm d’m ils font extraits ( quoy que
quelques-uns- fiçaehent dire du con¬
traire )■ ce qui refie aprez. leur ex¬
traction dans le marc efi tout -a fait
hors d’ufiage „ comme inutile. Si on
dit que fay de beaucoup diminué la
dofie des Magifieres,à cela il efi aisé
de répondre,en âifiant,que dans cette
petite quantité il y a pim de t/ertu,
qu’il ny en a pas dans cette gran¬
de quantité de la dofie. du Cr-ane Hu¬
main, de l’Ongle d’Hellend , de la
rafiùre d’ivotre , & du Corail rouge,
qui entraient en. la precedente def-
cription.
Pour procéder méthodiquement à
ta diéf enfation de cette poudre , il
faut tirer de la terre la racine de
Pivoine mâle au décroit de la Lune,
-& la faire f icher fioigneufiement a
l’ombre : le Crâne Humain doit être
choifi , s’il efi pojfiible , d’un homme
fanfuin, de bonne confiitution , d’un
âge médiocre, & s’il fie peut qu’il ait
été d’un pendu , â tout le moins il ne
faut pas qu’il ait été en terre , & le
rajper fi délié qu’il fe pourra : de mê¬
me il faudra ralper l’ongle du pied,
ou de la corne que l’Hellend .mâle
perte fur la tête quand il efi tra¬
vaillé du haut mal , de la rafiure d’i¬
voire, on prendra la pim nette & ré¬
cente : & le corail rouge fubtilem'ent
pulvérisé , d’un chacun feparément
en faut extraire leur Magifiere avec
des menfirues convenables , & les
précipiter & laver de même avec
des liqueurs douées de facultez. con¬
tre l’Epilepfie ; le Guy deyhejhe fe¬
ra choifi du vray , & non du fuppo-
sé. ^La racine de Pivoine , & le Di-
élam blanc , chacune mondée ■& net¬
toyée front pilées enfmble , apre^
on y mettra la fernence d’ Arrache, &
fur la'fitt celle de Pivoine monàép
de fin écorce , pour le tout êtrepafié
fubtilement par le tamis de fiye. A
part , faut triturer le fuccre candit,
& le pajfer par le tamis -, le Muf
fera pulvérisé avec les Perles pré¬
parées , & peu â peu , on y ajomera
les Magifieres , en fuite le fuccre
candit , & en dernier lieu la poudre
des., végétaux , le tout exaSlement
mêlé., on y divifra les fueille s d’or,
pour puis aprez. ferrer la poudre
dans un vaijfieau de verre étroit
d’emboiicheure bien couvert , pour
empêcher que l’air humide ne la pé¬
nétré. Je ne diray rien de fis: vertus
ny de fa dofie , lai fiant cela au doÜe
& fiavant J\fiede,ein..
Piuvis
Des Poudres Aromatiques. 1 7 5
Pulvis Diaireos fimplex, incerti
Auétoris.
Iridü Illyricit , aut FlarentinAy
. .me. dimidiarn.
Pulvis ■ EleBuarii Diatragacar.thi
.frigidi ,&
Succhari crySiaUini,utriufque drach.
duos.
Fiat pulvis ufui repomndtis , vel
excipiendus cum Sacchari albif-
. fimi libra una , aqua, Tujfilagi-
nis , vel Seabiofe foluti , in Ele-
Pluarium [olidum.
PARAPHRASE^
L’Autheur de cet Eleckuaire nous
eft iriccrcain > la balè duquel eft
l’Iris d’Efclavonie , ou de Florence
( qui n’aura de celiiy d’Efclavonie)
fa chaleur eft modérée par la poudre
deDiatragacanthj'&fà ficcité par le
fucefe candie.
LE ME L ANGE.
Il faut fîibtileinenc pnlverifcr l’I¬
ris & le fuccre candir chacun à part,
puis feront mêlez avec la poudre de
Diatragscantli nouvellement prepa^
réc , & gardée au befoin. Sur cette
quantité de pondre , il faut prendre
une livre de fîiccre de Madere , fort
blanc qu’on fera fondre en eau de
Scabieulè , ou d’Vngula Caballina,
ou autre convenable en forme d’E-
Icduairc folide , lequel hors du feu
avec Un pilon de bois., en la baiïînc
agité & blanchi* avec le blanc
d un œuf : puis on' y ajoutera la pou¬
dre, pour d’icelle pâte étendue fur une
fiieille de papier blanc , avec le pi¬
lon , ou fpatule en former des tablet¬
tes quarrées du poids d’une drachme,
qu’on gardera en lieu fec, au tems
de la necelfité.
LES FACFLTEZ.
Elle atténué' benignement les hu-
meius du thorax & du poulmon , en
facilite l’expc^oration : & eft propre
aux maladies chaudes en l’augmenta¬
tion, & aux froides qui font legeres.
R E M A R QV E.
Ette poudre pour n avoir point
d’Amheur certavn , efi tou¬
jours conforme dans beaucoup de
dijpenfaires gu je Vay veu'ê , de quoy
je rnefbnne affez. -, car telles compa-
fitions pour V ordinaire font' toutes
dépravées. Les Medecins- de Lon¬
dres par dejfm beaucoup d'autres,
V attribuent d Nicolas Prapojîtm
qui la décrit , d l’opinion defquels
je donne mon fentiment , comme
étant le plus vieux Diéfenfaire, qui
la décrive , imprimé d Lyon par
Claude Tulpin en l’an 1 48^1 .Sj^and'
on voudra réduire cette poudre en.
Eleéluaire Jolide , & y ajouter le
blanc d’au f pour le faire plus blanc,
au lieu de le mettre avant la pou¬
dre i comme Rauderon l’enfiigne , il
ne le faut mettre qu’apre’^pour évi¬
ter qu’il ne Je cuife par la chaleur
du Jùccre , laquelle efi plus modérée
apre'Jjy avoir mêlé la poudre. Si om
n’efi pas prefsé pour faire lefdites
tablettes , il faut, prendre du fuc¬
cre fin blanc & bien fec fubtile-
Livre L SeBion IV,
*74
ment ptilverisé , & infufer me dra¬
chme de gomme Tragacarah de la
pim blanche & déliée, dans une fnjji-
fante quantité d'eau rofe, ou comme
dit Baud.dds d’eau d'f^ngula Caballi-
na , à laquelle il faut ajouter fur la
fin la poudre, & agiter le tout enfem-
hle fort long. lems dans Un mortier
de marbre avec un pilon de bois;
puis y mêler peu d peu le fuccre.
^yfu lieu de l'infufion de la gomjne
Tragacanth , qui prendra un blanc
dlœuf , & l’y mêlera comme a été
dit dans le mortier de marbre avec
la poudre , & les agitera long tems
enfcmble ,y mêleant le fuccre tres-
fubtil en la forme que dejfus , &
étendant cette pâte fur un papier
blanc, enfermera des tablettes qu’on
fera feichejr à l'ombre , qui feront
tres-belles,& de beaucoup plus agréa¬
bles , que celles qui font cuites fur
lefèu.
Pulvis Dîajrcos Salomonis,
D-Nicol.Alcxand.
Iridis Illyric SL ,aut Florentin a,
une. unam.
fulegii,
Byf]'opi,&
Glycyrrhiza , fîng. ârach.fex.
Caricarftm fine acinis, .
Carnis Palmularum , id e fl , Daily *
lorum , &
Paffularum enucleatarum , fing,
drach. très & femifi.
Gummi Tragacanthi,
u4myU , (h<ie prsitiermifit fialerni-
tanus,)
Cinnarnomi,
Zingiberis,
Piperis,
jimygdalarum dulc. &
Nucleorum Pineorum,fing. drachm.
très.
Styracis rubri , Calamites ad omnia
efficacior, drach. duas,fcrup.unum,
ff. pulvis qui înellis Attici , aut
Sacchari , quantltat. fuf^cient.
aptetur in EleEluarium ufui repo-
nendum.
PARAP H RAS E.
CEtte poudre a été premièrement
inventée par un Médecin nom¬
mé Salon. on , & par Nicolas My-
repfùs tranferite au premier 'des An¬
tidotes, chapitre 103. La baie eft
la racine d’iris, donc elle a pris le
nom. Sa vertu emolliente eft augmen¬
tée par le Styrax : la deterlîvc , par
les amandes , pignons, raifins gras,
& figues : les herbes , la canellc, le
Gingembre , & poivre , y ibnr mis
pour incifer , Sc atténuer les matiè¬
res crades , & viiquenfes contenues
en la poiétrine , & aux poulmons:
la ficcité de ceux-cy eft modérée par
la reghflê, Tragacanth ,<Si amydon:
leur tenuité grande , eft retenue par
l’adftrition des dattes : le iîiccre , ou
miel y font mis pour leur conferya-
tion , & pour donner la forme.
LE MELANGE.
L’iris étant concafsé , on y ajou¬
tera la reglide mondée Sc incisée,
puis le gingembre, & canell'e : aprez
les herbes , amandes , pignons &
poivre , pour le tout pulverÜèr , SC
tamilcr, fobtilement. Les dattes mon¬
dées, lt.5 figues grafles, & les rai-
Des Poudres Aromatiques. 1 7 5
fins mondez de leurs pépins feront
pilez au mortier de marbre, avec un
pilon de bois , & pallèz à travers le
tamis renversé avec une ipatule. Il
faut pulverifèr à part l’amydon , & Iç
Styrax calamite , plutôt que le rouge
qu'on treuve aux boutiques , indi¬
gne d’être mis aux compofitioas qui
^nt deftinées pour l'intérieur , & la
gomme Tragacanth , comme il a été
pluileurs fois déclaré. Cela fait peu
à peu les fruits feront deflèichez
arec la poudre en frottant , & non
en frappant à coups de pilon , pour
le tout garder au beioin : ou la mê¬
ler avec quantité fuffifançe de miel
blanc, ou Æiccre en eléctuaire mol,
ou iolide , ainiî qu’il fera preferit
pp le A^edecin , pour la commodi¬
té des malades , en gardant la dofe
convenable.
LES TACVLTE'Z.
H convient à ceux qui ont la toux,
& difficulté de rcfpiration : il foula¬
ge 1 enroiieure provenant de caulè
froide,
rem ARCLVE.
La poudre de Diajreos Sedomo-
nis doit être attribuée a Nico-
lauiAlexandrinusplutèt qjt d'êSficot.
■t^ytepf. q^ui bien quil nen fait pas
I inventeur, fi efi-ce néanmoins que
comme beaucoup pim ancien que ce
de/nier qui Va tirée de mot d mot
du chapitre i xç) .de fion livre de la
compofition des medicamens locaux
i^aüegué ,\luy doit plutôt appar-
Lfkolam Myrepfus de qui Eaui,
a emprunté fa defçriptien , demande
que les figues fiaient mondées de leurs
petits grains, & ce dernier nen fait
point de mention dans fion mélange, &
cela fie doit obfierver , a caufie de
leur vertu contraire ,pour cette rai-
fion J ay ajouté a la deficription aprei.
Cartcarum les mots fine acinis , qui
efi le propre terme de VAutheur ^
& pouf ce faire , il faut choifir
des figues des plus grajfes , & mieux
conditionnées , & Les pajfer fans les
piler , ny les faire cuire d travers
un tamis de crin renversé bien fiub-
til j les amandes de rnème ne font
point demandées par aucun de ces
Autheurs d‘être mondées , ce qu‘il
ne faut point négliger dé faire par
la même rajfion que des figues. Les
Afedetins d’ Aufibdurg , & ceux de
Londres en leurs' Pharmacopées de»
mandent dans cette poudre les aman¬
des ameres , d quoy nous ne pouvons
aquieficer peur deux raifions , la pre¬
mière que N.-Alexand. ny N. My-
repfi. n’en fient point de mention , eév
difient fimplement Amygdalarum,
par cette façon de parler , il faut
prendre des deux effeces la plus fa¬
milière qui font les douces , eu égard,
auffi d l’intention de VAutheur ^ la:
feconde,eft que Bauderon par exprez
les fpecifie. Ce dernier re ']ette le Sty¬
rax rouge , que VAutheur y deman¬
de , difiant ne valoir rien pour les
compofitions internes , il m’en excu-
fiera , s’il avoit exaêlement confide-
ré toutes les eéfeces de Styrax ,fians
difficulté il n aurait pas condamné
le rouge ,puis que la vérité efi telle
qu’il efi le fécond en bonté.
Ceux qui compofieront cette pou¬
dre d deffiew de la garder dans;
kufS:
17^ Li'vre L
leurs boutiques comme un remede
Officinal', apre-'^ avoir fait la pou¬
dre des matières triturables, dn paf-
sé les pulpes , pileront les amandes
& les pignons dans un mortier de
marbre blanc , aprezji mêleront les
pulpes & finalement la poudre , &
continueront de les battre un lodg
tems jufques a ce que le tout fiqit
■bien mêlé , cela fait on en formera
de petits Trochifques qui feront fei-
cheT^ à l'ombre , étans fecs les met¬
tront en poudre fubtile , quils gar¬
deront comme les autres dans un
pot de verre bien bouché -voilà la
vraje méthode d'y procéder.
Piilvis Diatragacanthi frigidi,
D. Nicol. Alexand.
éfil. Penidiarum, une. très.
Gummi Tragacanthi albiffimi, une.
duos.
Arabici, drach. decem.
.Amyli , une. dimid.
Seminum Papaveris albi,drach. très,
4. fiigidorum major munda-
tor. &
GlycyrrhiTjt, recentù rafz , & minu-
tim incifa,fing. drach. duos.
Caphura , ferup. dimidium.
Fiat pulvü ufui reponendm, vel fiat
EleBuari^tm cum
Saccharo albo, quod ufui reponetur.
PARAPHRASE.
C>Et Elc(3:uaire a pris le nom de
j{k baie la Gomme tragacanth.
Sa vertu incraflànte eft augmentée
par la gomme Arabique, l’amydon &
lêmence de Pavot. C^oy que Myte-
Se&ion IV.
plus faiïc mention de la lèmence d'or¬
tie J fort Ibuveraine pour purger la pi¬
tuite cralTè , & vilquetile des poui-
mons , félon' le témoignage de Gai.
au livre 6. des fimples : & de la fe-
mencede Pavot blanc , pour incraffer
la pituite tenue , qui découlé du cer¬
veau aux poulinons. Tay neantmoins
avec Salernitanus retrenché ladite
femence d ortie , parce qu’elle rend
toute la compolîtion fort defagrea-
ble , & de mauvailè couleur , &: rete¬
nu celle de Pavot, quoy que Salcrni-
tanus> ny les autres qui l’ont fiiivy
n’en faifé mention , pour la raifon
que dciTiis. Le Camphre eft icy rois
en petite quantité , pource qu’il eft
delagreable , & que fa tenuité, de pa¬
ries eft allez liiMànte, avec l’aide des
femences froides, de faire pénétrer
la froideur incraflànte de la bafe, qui
de foy ne le pourroit faire. La re-
glilïé y eft mife pour deterger les ma¬
tières contenues aux poulmons. Le
fùccre donne le goût, Sc conferve
leur vertu.
ZE MELANGE.
Il fiiut pulverifer cnlèmble la re-
glilfe rarifsée , & incisée , & les fe¬
mences de Pavot. A part l’amydon, le
Camphré, &Penides. Les gommes
Tragacanth ,& Arabique , chacune-à
part feront pulvérisées dans un mor¬
tier de bronze chaud , avant que les
pefer , à caufe du df cher, tes quatre
femences froides mondées de leurs
écorces , feront incisées , tant menu
que faire fè pourra,fur un papier blanc
avec un trancher de Cordonnier,
puis refïibtilisées au mortier arec les
Gommes , l’amydon Si Penides def^
feichées.
Des Poudrés
feichées., & le refte de là poudre,
pour le tout garder au belbin. Ceux
qui voudront -garder la poudre long¬
temps , n'y doivent ajouter 'les
quatre feraences froides , ny cel¬
le de Pavot blanc j mais lors qu'ils
s'en voudront aider : pource qu'en
moins de 'trois mois , apres elle fe
rancit-, & eft fi deiàgrcable , que
les malades n'en peuvent vfer. Ce
qui n'advient pas , fi elles y font
miles , lors qu'on s'en, veut lèrvir.
Toute_ la poudre contient fept on¬
ces , SS demy forupule.. Les femen-
ces froides & de Pavot reviennent
à onze drachmes , qui eft pour cha¬
cune once de poudre vingt grains
Sc demy , pour chaque femenc.e
froide , ou à huitante deux .grains
pour les quatre , conftituant la drach¬
me de feptante deux grains , ou de
vint quatre pour le fcrupule , ôc de
la femence de Pavot , à trente grains
' âc demy , pour chaque once de pou¬
dre. Les Tablettes feront laites de
même que nous avons dit au ,Diaj-
■reos fimple,
Z£S FACVLTEZ.
Elle eft propre à tous les vices
de la poitrine Sc, des poulmons, à
la peripneumofue , pleurefie , à la
phthifie, à la toux chaude avec fiè¬
vre & à l'âpreté du gofier, & de la
trachée artere.
R’EMARQVE.
L Equivoque qtte beaucoup d‘Au-
theurs om fait en donnant le
travail de Vun à l’autre , parait
tti beaucoup d’endroits de cette
j4romatiqueSr ijy
Pharmacopée , comme en la poudre
Diatragacanth , ' que Bauderon au
tribué,, à Nicolam Myrepfiu Ale-
xandrinm , &. neantmoins elle efi
décrite , long-temps avant ’luy par
Nicolaui Alexandrinm au chapi-
tre de fin livre fus allégué.
Et bien que ces deuk Autheurs ne
diferent que d’un mot en leur nom,
ce dernier a écrit long-temps avant
ce premier , comme )'ay cy-devant
dit , & cette conformité de noms,
avec la rareté des. œuvres de J!éi-
colam Alexandrinm , ont donné Ije»
a l’équivoque que j’ay corrigé au
titre de la compojîtion.
Bauderon a retranché la femence
d’ Ortie , & beaucoup d’autres dans
leurs Diéfenfaires du Diatraga-^
canth. loubert en a aufii retranché
la femence de Pavot , & n’a retenu
que les femences froides ; aprefint
nous n’y employons , ny celles qu’on
a retrenché , ny celle qu'-on a rete¬
nu , a caufe comme il a été dit par
Bauderon , quelles fer oient rancir
la poudre en peu de temps ^ le Cam¬
phre n’y efi pas non pim employé
à raifon de fin odeur facheufi , &
de fa faveur ingratte , en y fera-
toupurs a temps , pour les y mefier
quand on s’en voudra fervir.^and
on voudra former des Tablettes de
cette poudre , on y procédera de
meme , qu’il a été remarqué au
Djajreos.
Pulvis Diapenkîion, D. Nicol.
Alcxand.
y:. Penidhrurn, tmc. duas,drach.fem.
Nudeorum Pineorurn ,
Z Amyg
lyS Livre L
ty4my gàalamm àulcinm munda-
tar.
Seminis Paf/iverk al ht , Jing.drach.
tref , & fcrttp. unmn.
Cinnamomi ^ ^ ^
Zimihm V“
Succi Glycyrrhi\a ,
Cnmmium Tragacanthi , & „
ty^rahici\
Seminum qüatmr fiigidor , majoruih
mundator , &
' tAmyli , finguL drach. mam , &
Caphura, gra, oBo.
Fiat pulvû eycipiendus Saccharo
aqua Fiolarum ftillatitia foluto,
& coÜo in EleBuarium.
Si Cinnamomum Caryophyllorum y
& Zingiber addantur. Diape-
nidion cum jpeciebm nuncupabi-
tur. Si verb pr&termittantur ,
Diapenidion Jîne jpeciebm nomi-
nabitur.
PARAPHRASE.
SAlernitanus a emprunté cette
defcription dcMyrepCis au pre¬
mier des Antidotes , chapitre 517..
en' changeant fènlement la doic ,
& non les medicamcns. La balè
de cet Eleétiiaire , font les Peni-
des 5 dont il a pris le nom : leur
vertu incrallânte eft augmentée par
les gommes , l’Ainydon , & fe-
mences de Pavot ; la deterfîve par
les Pignons J Amandes douces , &
fcc de Reglilïè : les fcmences , &
Camphre y font mis , pour condui¬
re leur vertu julqu'aux poulraons,
par leur tenuité de parties : la canel-
le, gerofle, & gingembre, pour in-
SeBion J K
cifer , & atténuer le phicgmc épais
y contenu. Si ces trois derniers n’y
font , cet Eleduaire fera appelle Dia¬
penidion fine Ipeciebus : s’ils y font,'
on l’appellera Diapenidion cum Ipe¬
ciebus.
LE MELANGE. ■
Premièrement il font pulverilèr
enfomble , la canelle , le gerofle,
le gingembre , le fiic de reglilïè,
&; la femence de,pvot. Sur un
papier blanc il faut incifor l6s Pig¬
nons , les amandes pelées , & fomen-
ces’ froides ( mondées de leurs écor¬
ces , ) tant menu qu’il fe pourra ,
avec un couteau bu trancher de Cor¬
donnier : puis bn les relEibtililèra
avéc les Penides delTeichées , l’amy-
don , & ’ les gommes pulvërifées
(comme fouvent nous avons dit )
& les autres poudres : le camphré
fera piilverifé à part. Cela fait on
fera ce que l’un & l’autre Nicolas
enfoignent : c’eft qu’en une livre
d’eau on fera un peu boüilhr trois on¬
ces de violes recentes jufqu’à ceque
l’eau en Ibit teinte. Dans la colature
on cuira une livre de fiiccre fin à per-
fcélion : puis la baffine ôtée de dfef
fiis le feu , on y raellera peu à peu
les poudres , & finalement le C^n-
phre : le tout refroidy fera gardé au.
befoin.
LES FAcrLTEZ.
Elle convient à la toux , à la
pleurefie, à l’inflammation du poul-
mon , à râpreté du gofier , à l’en-
roiieure , &c contre toute indifî»-
ficion de poitrine : bref à la courte
Des Poudres Aromatiques.
haleine , aux , phchifiquçs , & em-
pyemadques.
REMARQVE.
CEtte foudre de Diupenidion ,
que Bauderon dit Avoir été
erfifrmtée par Salernitanm de
Myrepjîus à caufe de quelque pe¬
tit ehangement quil y a fait aux
dofes la luy attribué. La vérité
ejl telle , quelle nefi vy de Vun
ny de l’autre j car Nicolaui Ale-
. xandrinm en fon divre preallegué
la décrit au iç)t. chapitre , fom le
mm de Diapenidioti magnum , au¬
quel on le doit plutofi deferer qnd
aucun autre.
Cette poudre non pim que la
precedente , ne fe peut compofer^
avec les fiuits & fernences , pour
la garder a caufe de leur onSluo-
fité ( ny la former en Trochi/ques
pour la leur dejfeicher ( comme au
Biajréts Salomonis ) qu’au moment
qu'on la veut employer. le m’éton¬
ne encore une fois de ce que l’ Au-
theur de la Faraphrafe ne s’eft ex¬
pliqué qu’a demy , dans quelques
defcriptions , comme au Diatraga-
canth d’une chofe qu’il n’a pas
ignoré , puis qu’en fon traitté des
poids Cf mefsres , il' nom le donne
à connoifire , & quoy quelle fait
de petite importance , je repeteray
ce que fen ay cy-devant dit au
Syrop de luptbes , qui eft , que l’on¬
ce de l’inconneu Nicolam Salernita-
nui différé de la nôtre , en ce quel¬
le efi compofée de neuf drachmes
trente fix grains , ainjî que Bau¬
deron s’en explique en paffant au
Diapenidion en difant Caphura
I7P
fcrupul. unim tertiam partem feu
grana oélo , qui efi a raifon de
vint quatre grains le fcrupule ; &
dans tom les exemplaires de Ni¬
colam Salernitanm , on y lit Pe-
nidiàrum drachmas- fexdecim &
femifé. yéf dans ceux de Bauderon.
Penidiarum 'pncias duos & drachm.
femifi. voilà une grande contradi-
' Elion de ce dernier dans une mê¬
me compofition de faire en un en¬
droit le fcrupule de vint quatre -
grains , & en un autre prendre
feize drachmes & demy , de nôtre
poids ordinaire , pour deux onces
& demy drachme du poids de Sa¬
lernitanm , oit il y manque , cent
nonante huit grains qui font deux
drachmes cinquante quatre grains
pim que nôtre poids vulgaire. G^ue.
fi Salernitanm eufi entendu de
mettre deux onces Cf derrty drach¬
me de Penïdes , il auroit fait com¬
me nôtre aiutheur , & dit Penidia¬
rum f,ij Ce' que ]e releve pre-^
fentement , nefi pas de grande im¬
portance 5 c’efi plutofi pour en. ^ad-
vertir 'V Artifie qu autrement , puis
qu'il nimporte en rien de quelle
façon quon compofe les drachmes,
moyennant que les douze onces qui i
compofent la livre , ne fvient com-
pofées que. de huit drachmes , &
chaque drachrne de trois fcrupules,
& le fcrupule de vint grains -, que
fi les fcrupules de/quelles on fe fert
pour pefcr les ingrédient d’une com¬
pofition , font confiruites de vint
quatre grains , les drachmes le doi¬
vent être de feptante deux grains,
les onces de cinq cens feptante fix
grains , & par même raifon la li¬
vre de laquelle on fe feruira pour ,
Z a pe
Livre L Seâion IV,
180
fefer le fitccre > le miel , ou tel au¬
tre médicament , doit être compo-
fée de dou\e onces , & chaque
once , -Àe cinq cens feptante Jix
grains , & les drachmes , & les
fcrupules à proportion , qui efi le
poids du Grecs & du Latins.,
& ainji on évitera toute forte de
defordre.
Cette faute efi legere a l’égal
d’une autre qui efi à remarquer
dans lu Pharmacopées d’un de nos
illufiru profefieurs tant Latines que
Françoifu , où il efi écrit Penidia-
rum uncias fexdecim & femijfem,
au lieu de drachmat fexdecim &
femijfem, cette faute à dire la vé¬
rité na \amais procédé de la plume
de ce grand homme , mais bien de
l’ Imprimeur comme il efi aifé a
croire , qu’au lieu de mettre le cha-
raElere de la 5. il a mis celuy de
comme aujfi il efi arrivé dans la
même défcription , qu’au lieu d’écri¬
re Âmy li candidijfmi , on a écrit
uimyli , & au dejfous Candi , fupple
facchari , ce qui ne fe treuve en au¬
cun autre Dijpenfaire , & qui de¬
meure fort bien vérifié qu 'en cet en¬
droit, on doitlire .Amyli candidijfmi,
ainji qu’on voit dans toutes les Phar¬
macopées , qui- décrivent le Diape-
nidion ; de plus au lieu de la troi-
fiéme partie d’un fcrupule de Cam¬
phre , il ny en efi demandé que deux
grains. l’ay voulu advertir ceux
qui pourroient dijpenfer cette pou¬
dre félon loubert , afin d’ éviter telles
fautes.
Pulvis Diahyflbpi , D.Nicol.
Alexand.
ê^.HyJfopi ficcA ,
. Radicis Ireos ,
Alelanopiperis » id efi Piperis ni-
gri , &
Thymi , fingut. drachmas tri-
ginta.
Gliconq , id efi Pulegq ,
'Thymbra , id efi Satureja,
Pegahi , id efi Rut a ,
Cymini , fingul. drachmas vi-
ginti ,
Carnis DaHylorum ,
f H AC duo ad-
1 duntur a
Nieol.PrA-
pofito , quA
Ghmrdxf. i "" 'T-
y J K, ’ I riuntur in
icodice , Ni-
col. Salerni-
^ tani.
Caricarjam pinguium ,
Pajfularum enucleatarum , &
Seminurn ALarathri , id efi Foenicu-
li , fing. drach. decem ,
Anifi ,
Carui ,
Levifiici , feu Ligufiici , aut
Lybifiici,& '
Zingiberis , fing. drach. quinqUe.
Fiat pulvis ex arte , melle excipien-
dus in EleHuarium molle.
PARAPHRASE.
Le s quatre medicarnens mis au
commencement fervent de bafc,
neantmoins cette poudre a pris fon
> nom
Des Poudres Aromatiques. 1 8 1
nom de la feule Hylîbpe : four ce
que d’autres precedentes , tant de
l’Iris , que du Poivre en lont nom¬
mées. Leur vertu incifîve , & at¬
ténuative cfl; augmentée par les
herbes , & Gingembre : la deter-
five pr les figues , & raifins gras :
leur chaleur ^ âpreté 5 & ficcité » eft
modérée par la gomme & reglif-
fe ; les Daétes par leur aftriblion
legerc corroborent la poiurine 3 &
poulmons : les feraences eonfument
les vents qui font au ventricule , &
inteftins , & conduifent par la voye
de l’urine la matière incifée , ôc de-
tergée par la bafe : le miel y eft
adjouté 3 pour la confervation d’i¬
celle.
LE MELANGE.
Au commencement il faut con-
caflèr la racine d’iris : puis on y
ajoutera ,1a reglifte incifée , & le
gingembre , aprez on y mettra
les femences , & le Poivre , puis
les herbes. Il faut pulverifer à
part la gomme Tragacanth , & les
fruits gras , ainfi que nous avons
dit en la poudre Diajreos compo-
fée. Cette poudre fera gardée 3
pour la mefler avec, le miel écu-
mé 3 ou fiiccre , ainfi qu’il fera ne-
celîàire.
les eacvltez.
Elle profite à la douleur de te-
fte canfee d’humeur froide 3 elle
deffeiche la luette 3 nettoyé l’âpre
artere 3 appaife la joux 3 corrige
toutes les indifpofitions froides du
thorax 3 & de l’eftomach 3 aide à la
coéfion 3 eft aufïi fort propre à la
plcurefie& àl’empyeme.
REMARQJ/^E.
NIcolaus Alexandrinm en fin
livre de la comfofition des
médicaments fus allégué chafi~
tre i 09. defirit cette poudre fous
le nom de Diahyjfppi , ce qui
nous fait voir quelle luy appar¬
tient 3 & non au fuppofé Nico-
lausEalernitanus , duquel fay cor¬
rigé le nom , au titre de la com-
pofitien.
Bauderon veut qiion prenne
pour le Peganon la Rue domefti-
que au lieu quil faut prendre la
petite Rué fauvage. fl y en a
qui pour le Glechon ou Blechon,
mettent, le Mentafirum , ^ d’au¬
tres le Calament : mais j’efiime
quil s’en faut tenir d Bauderon qui
efi conforme d Nicol. Alexand. df
prendre le Pulegium regale. Cet¬
te pourdre fe pourra préparer en
un temps fie pour la garder au be-
fiin , moyennant qu’on malaxe la
poudre fubtile , avec la pulpe des
fruits 3 & qu’on en forme, des Tro-
chifques , comme a été cy-devant
dit au Diajreos Salomonû. Bauderon
dit que la Gomme Tragacanth , .&
la reglijfe ont été adjoutées en cette
poudre par Nicolaus Prapofitus ,
mais la defeription de NicohAle-
xandrinm qui eft de beaucoup plus
ancienne nam fait voir le contraircy
ou il efi fait mention de l’une & de
l’autre.
Pulvis
i8i Livre L S eâ ion IV,
Pulvis Diapraflij , D. Nicol.
Alexand.
Of. ^rajfii viridü , id eft recens
fie c an , drach. quinq. & femifs.
Gummi Tragacafahi ,
Jslucleorum Fini mundatorum ,
çyimygdalarum dulcium,
PtBacwrum ,
Carnis paStylorum ,
Pajfttlarum enucleatarum >
Ficuum pingumm , fin g. drach. très
& femiji.
Gnnamomi ,
Caryophyllorum ,
■Nucü mofehata.
Macis ,
Ligni Alo 'és ,
Galanga tenuiorU , qualis ex China
ad nos^defertur.
Zingiberü ,
Zedoria ,
Spica Nardi,
GlycyrrhiX^ , ^
Rhapontici vert ,
«M^acardij t
Styraeü calamita ,
MaSliches ,
Myrrha ,
Galbant ,
Terebinthina
Iridis,
ayfrifiolochia rotunda ,
Corticum radicum Capparis yfinguU
drach. duast
Gentiana y ■
Piperis nigri y
Seminum Anifi y
Fœniduli y
I yinethl y
Saxifiaghy
Sinoni
f Efi Apium monta-
J numyfcH Diofeor.
Oreofilinam : di-
verfitm a Petro-
fielino M^scedoni-
co Eftreatico , te-
jitbm^ Diofiorid,'
& Galeno. Et fi
Aiithor Pande-
biarum & Pla-
teariuty & e]us fe-
quaces , idem exi- '
I filment ejfe Pe-
trofelinum agre-
I fie, feu montanum
Macedonicum.
Apq vulgaris ,fingul. drachm.
duos.
HermodaHylorurn ,
CaFianea ,
Origani ,
FPeucedani y
Schœnanti y
Grâamomi ,
Piperis albi,
Semin. Carnabadij, id efi, Carui ,
LyhiFiici , feu LigufiiciyVulgo .
Levifiici ,
Vincetoxici , feu Afclepiadis herba,
fing.drach. unam & femifi.gr. i .6.
Balfami y & non Balfamita , etiam
cum Salernitano , vt videre efi
non in fimplicium enumeratio-
ne , fed in fine methodi compo-
nendi ,
DiStamni potius y quam Abrotani
cum Myrepfo • quoniam hoc fio-
macho adverfatur , Galch. lib.6.
fimp. medicam. Illud 'uèrb huic
Antidoto apprime eonvenit '.
Cofiiy
‘Pyrethri,
^ulegq.
Thym
DùJ Poudres Aromaîiiitdes. ^ 183
ThymhrA, id eft, Satureia ,
Seminum Pœonint, ,
Ocimi, id ejl, Bafiliconidy
^Iperü iongi, cum Salernitano.
Amomi , (Mt fuccedAnci Ac^ri ve-
Eruhfiff Orobi,Jtng. JExagium mum
gra. duo.
( Hoc fondm malè vertit Sulerni-
tanus drach.unam , eo ipfo Au-
thore J cum fit fexta unctApars)
Xylohalfumi , ( hujm loco fume fur-
culos Lentifci Pena )
Cajfu lignea aromatica,
Coralli rubri ,
RafurA Eboris,
Carpobalfami , hujtu loco fume fe-
mm Terebinthi , vel Lentif¬
ci , &
Lanci Cretici , fingul. drachm.
femifi.
Mofchi ,
Ambarü, &
Ojfis cor dis Cervini , fing.gra. qua-
tmrdecim.
Sacchari , vel mellis dejpumati , lib.
quatuor
Etat EleB^uarîum molle.
paraphrase.
CEtte pondre , ou Ele6tuaire eft
décrire par'JvliGolaus Myrepfius
Alcxand. au premier des Antidotes
chapitre 89. laquelle a pris le nom
de fa bafe le Marrube blanc appelle
des Grecs Praflîon , lequel convient
à tous les Vifeeres , & principale¬
ment aux poulinons , pour les mala¬
dies defquels , & poitrine , cet Ele-
ânaire^ a été compofé. Le Styrax,
les Châtaignes , le Maftich , les Dat¬
tes & la gomme Tragacanth , y font
mis pour incraflçr les rheumes fub-
tils , qui du cerveau tombent llir les
pouhnons : leur vertu eft conduite
au cerveau j par la Pivoine, Ocimum,
gerofle, macis , mulcade, & Ana¬
cardes. La vertu incilîve, & atté¬
nuative des matières craftès , &, vif-
queulès de la balè , eft augmentée
par le Pyrcthre', Zedoaire , poivre,
gingembre, Cardamome, Origan, &c
Pulege : leur chaleur eft modérée
par le Corail. La faculté deterfive
de la balè eft augmentée par 4 Téré¬
benthine , Gentiane , Ariftoloche ,
Hermodaéles , Cappres , Figues , Pi-
ftaches,Raifins , Amandes, Myrrhe,.
& Pignons. Les lèmences y font
mifes , pour coftduire par la voye
de 1 urine telles matières fubtilifées..
Le Galanga , le bois d’Aloës & Ca-
Belle y font miles pour la defence
du ventricule , contre la nuilànce
des Hermodaétes , Anacardes , Pyre-
thre , & Coftus ; le Nard Indic,.
Schœnanthe & Rhapontic , y lonc
mis à caufe du foye : le Galbanura-
èc Styrax , pour ramollir Ja dureté'
des vilceres : le Baume , & lès par¬
ties, la Gaffe aromatique , le Diétam,»
Cofte, Mule, Ambre pour caulè’
de la matrice : iTvoire & os de cœiur
de Cerf pour le cœur : la vertu dc;
la bafe eft conduite aux poulmons-
par le Thymbrc , Iris , reglillè , &.
Pucedane , qui guerilfent les njala-
dies d'iceux a.vec Laide, mutuel des^
autres,
LE MERLAN GE.
Au commencement il faut concaf-
fer le bois d’Aloè's , & Xyloballàme;
ou Ibn fiiccedanée le Santal citrin,.
î84 Livre L SeSiion IV,
ou les fejettons de Lentifc , ou de
Terebinthe » qui font faciles à recou¬
vrer , & qui ont quafî fcmblable
vci'cu 5 puis on y ajoutera les ra¬
cines de Gentiane, d’Ariftoloche ron¬
de, d'iris , Coftus , Peucedane Ze-
doaire , laregliilê raclée, &incilee,
le Gingembre , Rhapontic , Hermo-
dattes, Pyrechre, Pivoine , & l'os du
cœur de Cerf limé : à parler propre¬
ment c’eft plutoft un cartilage qu'un
os , au lieu duquel on peut prendre
celuy qu'on treuve dans le cœur d’un
bœuf.
' Au fécond rang le Galbanum
nettoyé de toute ordnre , les aman¬
des mondées de, leurs écorces , les
Pignons & Piftache’s aulfi mondéesj
ceux-cy en petite quantité avec beau¬
coup d’autres fecs facilement fe pul-
verilèront , & empêcheront l’exhala¬
tion de la poudre , les écorces de
Cappres, de Canelle, Calfc aroma¬
tique , le Nard Indic incifé, le Di-
étam , les GeroHes , la Mulcade , &
Macis , routes les femences , le Poi¬
vre , Carpobalfame ou fon fucceda-
née les Cubebes , ou la femence de
Lentifc ou de Tercbinthe, Anacardes,
l'écorce de Chaftaigne, Cardamome,
Hermodaétes Sc Peucedane.
Au troifiéme rang les herbes fèi-
ches , & fchœnanthe ; le tout fubti-
lesnent pulverifé & tamile fera gar¬
dé. Il faut pulvcrifer à part la gom¬
me Tragacanth ( ainfi qu'il a été dit)
le Styrax calamite , le Maftich avec
quelque goutte d’eau , pour empê¬
cher qu’il n’adhere au mortier , &:
s’exhale : la Myrrhe, le Corail , l’I¬
voire , le Mule , '& Ambre. Il faut
piler enfemble au mortier de mar¬
bre les Figues , les Dattes mondées
de leurs os , & pellicules , & les rai-
fins mondez de leurs pépins , & les
palfcr à travers le tamis renverfé
avec une cueillere d'argent , ou une
fpatulc : aprez on y ajoutera la Te-
rebinthine , & Baume de ludéc , ou
fbn fuccedanée l’huile de Mufeade,
ou de gerofles , ou le S taéfe , qui eft
la liqueur , que par expreflion on tire
de la Myrrhe recente , qu'il n’eft fa¬
cile à tous de recouvrer. A ces cinq
ingrediens ainfi meflez , peu à peu
on ajoutera dans un moptier fpa-
cieux les poudres fiifdites , s’il eft
queftion de les garder ainfi. Que s’il
eft queftion fiir le champ d’en-com-
pofer un Eleéiuaire mol, on prendra
quatre livres de miel blanc defpumé,
ic cuit auquel étant encore chaud , &
la badine hors du feu , on deftrem-
pera les figues , Dattes , & raifins
pilez , & paffêz par le tamis „ comme
auons dit, puis la Terebinthine , Sc
peu à peu les poudres ; finalement le
baume, ou fbn fuccedanée , pour gar¬
der le tout au befoin.
Le texte de Nicolaus Salernita-
nus eft dépravé en ce lieu , où l'on
lit Balfàraitæ ( qui eft la mente aqua¬
tique ) pour Balfamum , lequel lim-
plement mis , fè prend pour l’Opo-
balfeme des Grecs , qui eft le prin¬
cipal de la plante , lequel a été fuivy
par Nicolaus Præpofitüs , & de plu-
fieurs autres. Qu’ainfi ne fbit , le
même Salernitanus au mélange qu'il
enfeigne eft d’avis que le Baume ,
(ainfi l'a- il écrie ) l’Ambre & le Mufe
fbyent meflez au miel , apres tous les
autres : ce que confirme Platearius
à la fin du commentaire qu’il écrit
fiir le Diapraflium. D’où il appert,
que l’erreur n’eft pas provenue de
'Des Poudres Aromatiques.
luy } mais plutoll des Imprimeurs.
Quæ fj/Præpolîciis & les autres qui
ou: fait imprimer des Dilpeniàires,
culîênt pris la peine da lire tout ce
chapitre , & le conférer avec celuy
de 'Myrepliis , duquel il l'avoir de
mot à mot tcanfcric : ils eulïènt fa¬
cilement jugé qu'il entendoit le Bal-
famum » & non Ballàmitam j ideft>
Mentham aquaticam.
LES FACFLTE Z.
ELIc foulage les tabides , ceux qui
ont la toux 3 &i ceux qui font
lûbjets aux defluxions du cerveau.
Comme auffi à la débilité de la veuc,
aux vices du palais. , aux puanteurs
de la bouche , & en general à
toutes maladies accompagnées de
toux : brife les pierres & làciliré
l’urine 3 provoque les mois : & fait
changer & adoucit les fievres quoti¬
diennes & quartes.
REMARQJVE.
IE nay peu fçauoir d’où efi-ce
que Nicolaui Myrepfui Alexan-
drinui a tiré la defcription de
cette poudre , & pour quelle raifon
il y fait entrer les Chafiaignes , veu
que Nicolaui Alexandrinus la dé-
criuant fous le mm de Diaprajfium
Magnum au chapitre 164. de fin-
livre préallegué nen fait nulle men¬
tion 3 ny encores beaucoup d’au¬
tres Autheurs dans leurs Anti-
dotaires , que je nay point co'r-
, comme le nom de My-
yepfus.
Le nombre des médicaments Jîm-
ples qui compofent cette poudre fi
iSî
monte jufques a fiixante fipt fui~
vant Adyrepfus , elle me fimble plu¬
tôt une confnfion qu’un remede^..fi
donner ^fiulagement aux maladies
que. fin inventeur luy attribue ;
Jï on confidere les dofis on y re¬
marquera la meme, confufion d’a¬
voir dit Fincetoxici, fingul. dràch-
mam unam & dimidiam , ,& gra-
num 3 unum , & femis. Fefiime que
tous ces defirdres font eaufe que cet
Eleétuaire ne fi point en ufage ; de
plus il efi à remarquer , qués der¬
nières imprefiions de Bauderon des
années 1639.1648. 1650. impref-
fion de Paris 3 & 16$ i. imprefilon
de Ro'ùen3on y a obmis le Macis 3& le
bois d’ Alo 'és , que )’ay remis en cette
édition , fautes remarquables qui
ont procédé du Commentateur & de
l’Imprimeur , pour n’avoir pas exa¬
ctement corrigé les fautes.
Pulvis Diacymini, D. Nicol.
Salernit.
Cymini pridie in aceto infujî ,
& exficçati. drachm. oCto , &
firup.unum.
Clnnamomi ,
Caryophyllorum3 utriufq. drach. duos
■é-fimtfi
Zingiberù , & >
Piperis nigri 3 vtriufq. drach. duos,
& gra. quinq.
Galanga tenuioris ,
Thymbra3 id efi Saturtia , &
Calaminthes , fing. drachm. urarn,
firup. duoj.
Seminum Lybifiici , vulgo Levifii-
Ameos , utriufque drachm.
A a unani.
iî6 , Livre L Se Lit on IV*
unam -, & gra. oSlodeciTÿ. \
Piperü làngi , drach. unam.
Nardi Jndica,
Cardamomi , ( hujui non meminit
Mjrepfm ) '
Nucü mofchata yJîngul.fçrHp. duos
& femij?. , :
Fiat pulvù vfui reponendm , vel
excipie.ndM Mellü jlttici d'eJpUT
mati aut S^cchari aibi , quanti~
tate fiijficienti in EleÜuarinm.
Dofis erit drach. trium cum vina
poft paslum.
PARAPHRASE.
SAlerniranus' a empruncé cette
defciiption "de Myrepliis , au
premier des A ntidotes, chapitre i o,o.
lequel y ajoute de plus le Carda¬
mome i &c change feulement le
poids. Sa vertu indfive i &c atté¬
nuative eft augmentée par la tenui¬
té du vinaigre , poivre long , Sc
noir > C ardamome », & Gingembre:
la'confomptive des vents l'efl: par les
fenaences : le gerpfle & mulcade
conduifent fa vertu au cerveau : le
Thymbra ou Saturée» à la poiétrrne:
le Galanga , & candie y font mis
pour le'ventricule;& le Nard Indi¬
que» pour le foye : le Calamcnt» pour
la matrice : le Ciccre » ou miel blanc»
y eft mis pour le goût » & conferva-r
tipiî. des elpeces.
LE MELANGE.
Il faut premièrement concafler
le Galanga , & gingembre : puis on
y ajoutera la candie , le Nard In-
dic ineifé , le gerofle » poivre Sc
Cardamome ; aprez les femences ,
herbes, & la mulcade.'Le tout moyen¬
nement piilverifé » & tamifé fera gar¬
dé au beioin.
LES EACVLTEZ.
Elle corrige la froideur de la te¬
lle' » de la poitrine» & de 1 ellomacli:
difcute les,' vents : foulage les fievres,
quartes.
R E M A R Q.V E.
Icolatti ALexandrinm deferit
cette pondre, , & l'appelle Dia-
cyminum magnum au chap.tp i.fotu
le même nombre d'ingrediens » &
dofes que dejfm ,,excepté du Carda¬
mome , & d raifon de cela jen’ay.
point changé le nom de l'Auteur du
titre de la compofition » bien que je
foü tout perfuadé quelle appartient
a Nicol'. Alexand. preferableme-nt
à tout autre.
Puif que le dejfein de Nicolajti
Salernitanm { que certains ap¬
pellent ) étoit d' augmenter la ver¬
tu incifme » & atténuative de cet
EleStuaire , en y ajoutant le. Car¬
damome. Baùderon^peuvoit fans con¬
tredit ajouter à la femence d’Ameos
le furnom d' Alexandrin , parce que,
celle qui vient dl Alexandrie eji de
beaucoup plut vigoureufe que la no¬
tre dôme Bique , qui efiun z.ere- en
comparaifon j de pim que c'eji la
vraye femence d'Ameos qui vient
du pays du premier inventeur de
laxompofition Nicolam Alexandri-
nus, quelle luy étoit fi familière qu’il
nen connoijfoitpoÿnt d'autre, & par
cette raifon il l’appelloit fimplement
Ameos, Toutes & quantes fois qsie
nous
Dei Poudres Aromatiques. 1 87
mv.s trouvons ce met che"^ Nico-
laus Mjrepfus Alexandrinus &_
antres Grecs, il faut tan jours pren¬
dre la femence d'xirneos qui a l'o¬
deur de VOrigan comme vray Jile-
xandrin.
Piilvis Diathamaron, D-Nicol.
Myrepf. Alex.
Jnthophyllornm , id eft , Caryo-
phyllorum magnorum , (iicet no-
men hoc florem Caryophyllorum
fgnificet ) &
Zingiberii, utriufq.drach. quinque
-fcrup.nnum, & gran.fexdecim.
Cinnamomi , &
Caryophyllorum parvorum ,vtriufq.
drach. quatuor , ferup. unum , &
gran.fexdecim.
Carnium Datlylorum , tantundem,
Galanga tenuiorü , ex China al-
lata ,
Spicm Nardi ,
Zedoaria ,
Cofii,
Pyrethri ,
Gummi Tragacanthi albi ,
Coralli rubri ,
Rhapontici ,
Saliunca, id efi,Spica Celtica,
ylnacardij ,
Ojfmm DaSlylorum ,
Carpobalfami , vel fuccedanei ejus
Cubebarum, cUm Galeno.
eël feminù Terebinthi arborés ,
vel Lentifci,
Semi/7. Anifi &
luniperi ,
Trium Piperum , fing- drach. unam,
ferup. duos, & gran. oEio.
C>Jfs Cor dis Cervini.
Foliorum Auri puri , potius quam
limatura ejufdem ,
Argenti ,& non limaturA,fing.
ferup . duos, & dimidhtm,
Margaritarum'\ horum triurn non
integrarum,& ^ meminit Salerni-
perforatarum, tan.
Blatij BiXantij,fing.Exagium femij?.
hoc efi ferup. dues.
Rame'nti eboris , &
Ambaris , vtriufq. ferup. ûnum,
gran.feptem.
Afofchi,gran. tria. Hujus Salerni-
tan. habet Serupul. unum , &
grana feptem , & Ambaris ferup.
unum, in reliquis conveniunt. Fiat
pulvis ufui reponendus : vel cum
Saccharo , au melle Attico def-
pumato , aptetur in EleEluarium.
P A RAP HRASE.
"XyTYrepfiis dcfcric cette poudre
J.VJLfous le nom de Diacameron,
mot dépravé de Diacomeron qui
iîgnifie ( par antiphrafè ) contre la
mort , ou maladie , au premier des
Antidotes chap.39. Lq nom. Diatha-
maronViy convient mieux, que celuy
de Diacomeron ou Diacameron ,
comme Salernitanus , Præpofitus &
quelques autres aprez eux écrivent^
pour canfe de la chair, & os de Dat¬
tes , qui y entrent en allez bonne
quantité, que les Arabes appellent
Thamar , doii eft venu le npm de
Diathamaron , c’eftàdire,
tion de Dattes. Cette defeription eft
bien differente d une autre de fèmbla-
ble nom par Myrepfus décrite en la
même feébion ch^.zy.fort purgative
qui n’eft point vlîtsc. Le gerofle
■ -gros,& le petit, le poivre, Cofte, gin-
A a 2, gembre.
i88 Livre L
gembrcj Anacardes , Cinamome , &
Zedoaire , y font mis pour incifèr , &
atténuer les matières crallès , rete¬
nues aux bronchiés des poulraons,
ou ventricule, inteftins , & matrice:
leur lîccité eft corrigée parla gomme
Tragacantlî : leur faculté eft con¬
duite aux poulmons , par les Dattes:
à la matrice par le Galanga , Carpo-
baUamè, Mufc, & Ambre : aux reins
par les femehces ; Tos de cœur de
Cerf, Ivoire, Perles , Or, & Argent,
corroborent le cœur :, le Corail , &
os de Dattes par leur adftriction re¬
tiennent la tenuité des drogues aro¬
matiques : le Pyrethre , Cofte , Se
poivre fortifient le ventricule, comme
le Nard Indique, Rhapontic,& Nard
Celtique le foye. En l’Antidotaire de
Nicolaus Salernitanus defaut le poi¬
vre noir , les perles, Sc ongle odoran¬
te, lelquels pour être convenables en
cebte poudre à ce qu’elle promet , je
ne les ay pas voulu ôter.
LE MELANGE.
Enfemble il faut pulvcrilèr Sc ta-
milèrle Coftus,Pyrerhre, ongle odo¬
rante , Galanga , Zedoria, les os des
dattes , & l’os de cœur de Cerf li¬
mez , le gingembre , Rhapontic , le '
nard Indique , Sc Celtique incifez ,
le gerofle gros , Sc petit , la canelle.
Anacardes , les Cubebes , ou la fe-
mence de Lentifc ( pour le Carpo-
balfame ) les fèraences Sc poivre.
La pulpe des Dattes incifée fe peut
pulverifer avec les fùfdits. A part
il faut pulverifer la gomme Tra-
gacanth, comme cy- devant a été
déclaré : le corail , & les perles , en¬
tières , Sc percéesjou le double d’icel-
Seâwn IV,
les, qui n’aura de celles-ey , ffe pnlve»
riferont au mortier de marbre enfem¬
ble, ou fur un porphyre avec une petite
•meule, y ajoutant quelques gouttes
d’eait afin que ne s’exhalent : l’Ivoire,
l’Ambre, Sc mufc , feront pulverifez
au mortier de bronze. Cela fait tou¬
tes les poudres , l’une aprez l’autre,
feront doucement meflées au mor¬
tier, avec la quantité requife de l’or
Sc argent en fueilles , qui fera beau¬
coup meilleur, que l’un Sc l’autre li¬
mez : car encores qu’aprez ils loient
pulverifez au mortier j fi eft- ce que
par leur gravité , ils ne laiflént pas de
demeurer au fonds du ventricule , Sc
ne le diftribuent , Sc font de peu de
valeur. De cette poudre on fera un
Eleétuaire folidc avec le fuccre, ou
mol avec miel écume quand il fera
befoin. L’on s’en fert avec du vin
foir Sc matin.
LES EACVLTEZ.
Elle eft propre aux phthifiques , à
ceux qui ont la toux , aux douleurs
d’eflomach , Sc à toute imbécillité du
corps : elle foulage aulîi la débilité-
des reins : & reveille l’appetit venc-
rien endoimy.
R E M A R QJV E.
La foudre Eiathamaron doit
être attribuée d Nicolam Ale-
xandritim , plutôt qud Nicol. My-
repfm Alexandrinui, quoyque fçache
dire nôtre Paraphrafie , comme le
pitié ancien qui la décrit au cha¬
pitre I 6 1 . foin le nom de JDiacame-
ron magnum , dans fin livre preal-
legué. Elle y différé feulement
Des Poudres Aromatiques, 1
de l'ongle odorante , des perles,
du poivre noir , & au lieu de l’^mo-
me , qu Alexandrintu y demande,
JlSyrepfus y met la femence de Ge¬
névrier. Cette différence neantmoins,
efl caufe que je nay point changé le
nom de VAutheur.
Pour mettre l’ambre gris en pou¬
dre , & qui n adhéré point au mor¬
tier, il faut piler la quatrième par¬
tie À' une amande , & y jetter i'am-
bre gris , & le triturer legerement:
aprez y faut ajouter le rnufc , &
continuer la trituration , ]ufqud ce
qu'ils foient fubtils , aufquels join-
dreX^ le corail rouge & les perles
préparées fur un porphyre , & non
triturez dans un mortier de mar¬
bre , ny fur une pierre de même na¬
ture , { pour les raifons cyaprez al¬
léguées au Diamargaritum fiigi-
dum ) comme dit V Autheur du mé¬
lange : les aya'nt exaüement mê¬
lez , petit a petit on y mêlera le
corps de la poudre fubtilement ta¬
misée , & derechef pour les mêler
plus également , il la faut repajfer
par -le même tamis : apre'fla faut
etendre fur une fueille de grand pa¬
pier pour y mêler les fueilles d'or, &
d'argent , comme avons dit en la
poudre contre V epilepfie ,& /la ferrer
pour le befoin.
Pulvis Eleâ:uar. Anaieptid , feu
RefumpcivijD-Fcrndii.
Penidiorum , une. dimidiam.
Succi Glycyrrhiza,
Amp U,
Seminum Papaveris alhi,
Portulaca,
LaEiuca , &■
Seriola / fingul. drach. très.
Gummium Arabici,
Tragacanthi , utriufque drach.
duas,fcrup. duos.
Rofarum rubrarum , &
Glycyrrhiza , utriufque drach.duas,
& gran.quinque.
Seminum quatuor figidorum major,
mundator.
Cydoniorum,
Malva,
Bembacis,
Violarum,
Strobylorum , id efl , Nucleorum
Pini,
PiSîaeior. recentium ,vice Berberis,
Amygdalarum dulcium,
Pulpa SebeÜen ,fing. drach. duos.
Santalorum albi , dr
Rubri , utriufque ferup. q'ua-
Caryophyllorum,
Spodii,&
Cinnarnomi , fin g. drach. unam.
Croci-, grana quinque.
Fiat pulvis ufiii reponendus,
Vél excipiendds tripla Syrupi Fio-
lati , in fileéluarium molle , fie.
enim diu oonfervatur , nec ran-
cefeit.
FA RAPHRASE.
CEt Electnaire a pris le nom de
fort effet, pource qu’il remet les
forces des malades abatus de longue
maladie De plniîeurs delcriptions,
nous avons choifi cette-cy , décrite
par Fernel au fèptiéme de fa métho¬
de , laquelle il a composée lùr celle
que Nicolaus Præpofitus décrit , &
cettuy-cy la fîenne de Nicolaus Mj-
' A a J repuis
lO Lime 1, SeBion IV.
rcpius au premieî des Antidotes, cha¬
pitre » I J 7 . en changeant quelques
médicaments , & leur dofe , & en
•leur lieu, en fuppolànt d'autres plus
convenables à ce qu'il promet. l'ay
changé l'ordre feulement , & non les
medicamens , ny leurs dolès , lequel
j’ay difposé lèlon icelle , commen¬
çant par la plus grande i & finillànt
par la moindre. La bafe n'eft ^as
un lèul médicament, mais plufieürs
thoraciques... Les geroflës'& faifian
y lont mis pour corroborer le cer¬
veau ; la graine de coings , la poi-
étrine : les rofes le ventricule : les
Santaux , & Spodium le foye : la
candie, la matrice : les Icmences,
pour conduire par la voye de l'u¬
rine , les reftes des longues mala¬
dies , qui fouvent font caufos de re-
cheutes , & finalement de la mort :
poiircc qu’elles empicchent la dige-
ftioh & diftribution de l’aliment ne-
cellàire à la nourriture des parties;
les Penides , Amydon , & Gommes
corrigent l’àpreté tk. ficcité des San-
taiix , & gerofles ; le fyrop violât y
eft mis pour la laveur , k conferva-
tion de toutes les autres.
LE MELANGE.
Il faut premièrement concaflèr les
Santaux , ..puis on y ajoutera la re-
glilîè raclée & incisée , & fon foc,
ia candie gerofles ; un peu aprez
les femences de coings, de mau¬
ve , de violes , de pavot , pourpier,
laiâ:ué',& de cichorée domefl:ique,ou
Scariole. Finalement les rôles, pour
le tout pulverifer ^ & fobtilement ta-
rnisé pour mêler avec les autres pou¬
dres foivantes.
Apart , il faut pulverifer les gom¬
mes au mortier de bronze , & pi_
Ion chauds , avant que les peler, pour
caulè du déchetjl'Amydon, Spodium,
& Saffran. Les Penides feichées fe¬
ront aiuij pulvérisées à part. La pul¬
pe des Sebelles en fi petite quanti¬
té le peut facilement pulverifer, &
tamilèr avec les autres fucs : les
amandes, piftaches , & , pignons avec
la graine de coton , & les quatre fe¬
mences froides mondées de leurs
écorces feront incisées fur une ftieil-
le de papier blanc , avec un tranchet
de Cordonnier , tant menu que fai¬
re fe pourra , aprez ôn les fubtilife-
ra au mortier & pilon avec les Pe¬
nides , & amydon > gommes Spode,
& les autres poudres cy-devant dé¬
clarées ; d'icelle avec le triple , ou
quadruple du tout , de lyrop violât
cuit à perfedion , on fera un Ele-
étuaire mol , qui fe gardera long
tems , làns fe moifir. Que s'il eft
queftion d'en compofer un Eleduai-
re folide , on prendra du fiiccrc au
quadruple, ou fextuple, qui revien¬
dra à deux onces de poudre pour
chaque livre de liiccre,, & fuifira,
lequel fera dilfoût en eau diftilléc de
violes par alambic de verre , & ice-
luy aiit à perfedion peu à peu ,• la
baffine hors du feu , on y mêlera
les poudres dont on formera des ta¬
blettes, ou petits morceaux en forme
de conferve de rôle feiche,ou Figno¬
lât , dont on ufera au commence¬
ment, au milieu & à la fin des re¬
pas , & fouvent en telle quantité
qu'il plairra au malade. Si on veut
garder la poudre long tems , avant
que de l’employer , l'Apothicaire dif¬
férera d’y mettre lefoites amandes,
pifta
Tiei Fomres A romatiqtées.
piftachcs, pignonsj 8c femcnces olea-
gineufesj julqu'à ce qu’il s'en vou¬
dra fer vira pource qu'elles fe rancif-
fentjôc rendent toucê la poudre lidef-
agréable , que lus malades n'en fçau-
roient nier 3 de maniéré que c'ell per¬
dre le teins 8c leur argent.
LES EACVLTEZ.
Elle rellanre les forces abbatuces,
guérit la douleur d'cftomach , la Ij n-
cope 8c défaillance de cœur , refait
le corps extenué par quelque évacua¬
tion immodérée que ce loit : lou-
lage les tabides & atrophiez , en
les humectant, nourrilïânt , 8c cor¬
roborant.
R E M A R QJV E.
FErnel en décrivant cet EleSimi-
re ne demande point que les fe-
‘mencSfroides fôient mondées de leurs
écorces. Nicolam Myrepfm Alexan-
drinut d'en il a été tiré par Fer¬
mi nen fait aucune mention , ny
les Médecins de Londres qui le dé¬
crivent dans leur Pharmacopée. En
cela nous les devons imiter , aprez.
les avoir bien laveés & frottées dans
I eau avec les mains , & ejfuyées'
d‘un linge blanc , les ayant fait
feicher , on en, prendra le poids
requis pour être mifes toutes entiè¬
res avec les autres ingrediens- dans
le mortier , & cef fuivant Fernel,
ainfi que 'fay cy-devant dit au Sy-
rop de Nénuphar composé , livre
cinquième , chapitre., quatrième de
fa Fherapeutique , où il dit que
la decoSlion des femences foides. cui¬
tes toutes entières , dejfeiche médio¬
crement , incife , nettoye , de forte
qu'elle ête 'aujf- les lentilles du vt-
fage , & par confequent ' purge le
foye , & les reins ' , & provoque les
urines. iQue fi on les nettoye dé" leurs
écorces , & qu'on les pile.& dijfol-
ve dans de l'eau d'orge elles adou-
cijfent les ardeurs du fang & de
V urine , &. ne detergent pas tant 3
& par cette raifon elles conviennent
mieux a l'intention de. Fernel.
Dans l'édition de l'an i6oSf.de la
Thérapeutique de Fernel , imprejfon
de Geneve^autrement diète Aurelia-
na 3 on a omis dans cette compofi-
tion la femence Àe laièlu 'é. Il eft
à noter que les Penides, pifiacheSi
pigmns J tÎT amandes doivent être
contées pour Syrop, Qr non pour Pott-
dre comme tiu Diaphcenic.
Pulvis
Livre L SeSîion IV^-
i^z
Pulvis Diamargarici frigldi compofîti inccrci Audoris.
^.Trium Smtdorü,
Ilorum violarum,
Sem.Melo.excort.&
Troch. Diarrhodon.
Serici crudi,
OJfis cor dis Cermni,
Spodii,
J)oromct Romani,
B.ehen abi,
Behen rubri,
Spictt Nardi , &
Croci,
Raz.ur& Eboris,
jMargarit. integrar.
Jbîargarit. perfirat.
JLapidü Saphyrorü,
Hyacinthorum,
Smaragdorum,
lafpid. viridium,
Ligni uilo'és,
Berninis Intybi,
Oxalidis,
-jimbarit , &
Boliorum Aurii
Caphurx,
Jbfofihi,
Technicé fiat pulvis.
/mplo.
iuplo.
quadru.
plo.
fextupU.
oSuplo.
dsclplo.
duoiecu^
pu.
fing.
m-
3%‘
^VÜj.
^Xip.
IXVj.
^XX.
^xxiiij.
>
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düij.
dviij.
dxip.
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■ ;• 1
fing.
5^5.
3j.
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g.iiij.
35r.
g.viij.
1
m-
Bvj.
g.xij.
3%-
dvi^.
l-xvj.
5v.
3x.
g.xx.
3^i-
dxÿ-
g.xxiiij
PARA
Des Foudres Aromatiques. 1 9 5
q>ARAPHRASE. LE MELANGE.
CEtte poudre tant ufitéc > n'eft de
Nicolaç, mais de quelque autre à
nous incertain , çe qui a donné occa-
fion à plufieurs d y ajouter ou dimi¬
nuer quelque chofc. Elle a pris le nom
delà bafe les perles, appellées des
Grecs Margarita. Nous luy avons
donné le furnom de composé , à la
différence du fimple prefcrit , appellé
Tulgairement Manus Chrijii per la¬
ta. La vertu carcüaquc des perles eft
augmentée par 1 ambre gris i mule,
fueillesdoql’ivoire,pierres,precieufcs,
l’os de cœur de cerf , & la foye crue :
le bois d’aloéSjle camphre, & làffiran
y font mis, pour conduire par leur
tenuité de parties , la vertu de la bafè
&des autres terreftres jufqu’au cœur:
les fleurs de violes , femences & ra¬
cines de bugloflé , & borraches ("mi-
fes au lieu du Bchcn blanc & rouge,
de peu ou de nulle vertu, & fîipposées
pour les vrayes ) y font miles pour
corriger leur cpcireur , ou crafficie &
liccité : les Trochifcs de Diarrhodon,
& G.alanga ( mis au lieu du Doronic,
non cordial , mais efpece d’Aconite,
&c veneneux,felon Matthiole) y font
mis pour corroborer le ventricule :les
S; ntaiix, le Nard Indic , & Spode des
Arabes , le foye. Quelques uns foi-
vans l’opinion de Platearius,au Com¬
mentaire qu’il a écrit for le Diamar-
gariton, chaud de Nicolaus Salerni-
tanus y mettent de rofos fomblable-
poids que des Santaux, pour caufe du
ventricule , ce qui n’efi: de befoin, at¬
tendu que lesTrochilcs y entrent, &
font ce qu’ils défirent.
Premiércmentil faut incilèr la foye
crue avec cilcaux fort menu & lapul-
verifer au mortier de marbre avec un
pilon de bronze , avec les perles , co¬
rail , & pierres precieufes en frottant
ainfi que .Scrapion au livre des fim-
ples, chap.28.& âprez luy Abenzoar,
au traitté la. chap.z. de fon Thefir,
enfeignent, plutôt que la rôtir , com¬
me confeille Avicénne & ceux qui
l’ont fuivy : pource que par l’alîàtion
elle perd là vertu cordiale icy rcqui-
fe, & en acquiert une étrangère, con¬
traire aux.vifceres des malades, par
trop échauffez.
A part il faut pulverilèr lùbtilemcnt,
lesTrochilcs de Diarrhodon,le Spode,
le fafftan , l’ivoire, rambre,le mufo,&
Camphre. Enfomble il faut piler avec
les Santaux concaffez , le Nard Indi¬
que incisé , le Galanga ou Angélique,
la lemence de melons mondée de fon
écorce , l’os du cœur dé cerf limé ôc
incisé menu,ou ccluy d’un bœuf : les
racines de bugloflé , & bourraches
deffeichées , le bois d’aleës, & les Ic-
mences,' d’Endive, & d’Ozeille, &
fleurs. Ces matières ainfi pulvérisées,
&c fiibtilement tamisées, leront mê¬
lées enfomble au mortier : puis on y
ajoutera les fueilles d’or le poids re¬
quis , qui feront beaucoup meilleures
que l’or limé & pulvérisé, pour les
raifons. cy-devantdeclarées, aprez le
tout fera gardé au befoin.
LES FACVLTE Z.
Il fortifie les forces débiles, aide à
la ^ncope , à la toux ; recrée les afth-
matiques , tabides , ôc ceux qui font
B b exte
î ^ 4 ÎSi^fé L SeBîon ï F,
extenuez &abbatus de quelque lon¬
gue maladie de caulè chaude , & les
récablit en leur première vigueur.
REMARQVE.
B^uderon en fa Paraphrafi dit
qu'il faut triturer la foye crue
■avec let perla , pierres precteufes
le corail dans un mortier de marbre
avec un pilon de bronz.e. Son dire
eft fondé fur Serapion j & fur Ahen-
'x.oar^qtioy qu’ils ayent été des grands
hommes , nous ne devons pas les imi~
ter en ce rencontre , parce quen
premier lieu , la foye crue en la
f-ayant comme ils difent contre le
mortier , par fa legereté elle s'en-
'Voleroit comme des l^egers atomes;
pour un fécond, les perles , & les pier¬
res precieufes , à caufe de leur foli-
dité rongeroient le mortier , & ain-
Ji le poids defdites pierreries s’au¬
gmenterait de plus de trois quarts
avant qu'elles fujfent a demy fubtili-
sées , & faut toujours obferver , que
l'agent fait plus dur que le patient,
autrement on ne les f aurait jamais
bien Jkbtilifer ; pour un troïjiéme,
il dit de les triturer avec le corail,
or il ne fe trouve point en aucun
Diifenfaire de Bauderon , depuis la
première édition, 'jufqu’à la derniè¬
re , qu'il y ait été demandé du co¬
rail que dans le Diamargarit.fi-
gid. que Nicolaus Prapofitus décrit,
qui efi bien différent du nôtre , où
il fait entrer le corail rouge , & le
blanc , i'efiime qu'il a dit cela par
rnégarde. Pour donc corriger cette
'pratique , fen propoferay une plut
méthodique , & tout à fait utile, com¬
me a été cy-devant dit en la poudre
de Xyloalo 'ès j pour le regard de la
foye tru'é , on la doif incipr jvh
ptenUf ^ battre au commencement
avec les Santaux arroufe'^^ de boripe
eau rofe effencifiée,jufques a ce quf's
fient fubtils , &c. Et pour les fàf.
ments précieux , chacun a part doit
être préparé tres-fubtilement fur un
Porphyre & réduit en Alchool. ft
parce que cette compofition na point
d'Autheur certain , & que les Tro-
chifques de Diarrhodon y entrent, jl
efi neceffaire de f avoir de quels
nous y devons mettre , puifque nous
fimmes incertains , fie’ efi un Gre,ç,
un Latin , ou un Arabe, qui a inven¬
té le Diamargarit. figid. Sur cette
diffculté je donneray mon fentiment,
endifant que nom y devons employer
ceux de ALcfué , veu qu'il y entre
plus de rofes , qu’a ceux de Nicolam
Alexandrinus, & que dans le î)tk-
margarit. figid. décrit par Baude¬
ron nf entre point de rofes , comme
fait dans celuy de lùubert, auquel il
efi demandé par exprez, lès Trochif
ques de Nicolam Alexandrinm.
Et comme le Diamargarit. figid.
efi de fequent ufage en cette -ville
de Montpellier , & que bien fouvent
on nom l’ordonne ’jufques a une de-
my- once à la fois dans une Epithé-
me liquide , 'fay 'jugé a propos de
doubler la recepte diverfes fois , afin
que chacun choififfe la dofe qui luy
fera la pim convenable fuivant te
travail de fa boutique.
Pulvis Dianthos , D. Nicol.
Alexandrin!. -
Jf. Florum Rorifinarini,unc.unam.
Rofaruvt rubrarum.
Florum
Des Poudrer Aromathuef'. 15^ ^
J^ornm Vlolarum 3 &
'Gljfc^>'rhi\a , fin g. drach.fex.
Çaryophjllorum,
Spicm Nardi,
fifucis Mofehatity
. ÇalangA tenuioris qualü ex Chi¬
na adfertur,
Cinnamorni, vel canella feleBa>
Zingiberû,
Zedoaria , (hfi'jm non meminitMy-
:: repfiu,)
Maeù,
Èigni aloës yvel Santali citrei tan-
tundem,
Cardamomi,
Serninû Anifi , &
Anethi , fing. ferup. quatuor,
etiam cum .Aïîuario , licet
Myrepf. légat, fing. ferup.
unurn.
liât puhü qui faccharo(fi EleBua-
, rium foUdum ) aut Melle deëpu-
7nato(fi molle requirû) excipiatur.
paraphrase.
SAlernicanus a emprunte cette des¬
cription au premier des Antido¬
tes , chapitre 64. qui ne fait mention:
du Zedoaire proposé par Aiïiuariusj
& les autres, & met ftir la fin de chav
cun , un fcrupule pour quatre, le
croy qu’icy,auflî bien qu"en plufieurs
;autres lieux , le texte Grec de Myrc-
pÇis eft dépravé : car un Icnipulc de
chacun feroit trop peu , félon la pro^
portion de la bafe,,& des autres Sri-
vans-, pour làtisfaire à ce que Nica-
ïàTtr promet; Çette poudre a pris le
nom de fa bafe, la fleur du Romarin,
que les derniers Grecs ont appellé
j c’eft à dire fleur, prenant le
genre pour l'efpece , comme par ex¬
cellence : de forte que çenom eft tet
lement engravé , qu’il n y a Apothi¬
caire interrogé de ce qu'il entend par
Anthos , qu’il ne réponde Ibudaine-.-
ment la fleur du Rorharin, que Diof^
coride & Galien appellent Libanotin
coronariam. Sa vertu incilîve , atte-^
nuative,& aperitive, eft augmentée
par les lèmences & drogues aroma¬
tiques : la detei five, par la regliflè &
miel : les Violes y font mifos pour
contemperer leur chaleur : les Rofes
& Nard Indique, pour fortifier par
leur adftriélion les vifoeres affoiblis.-
LE MELANGE.
Au premier rang de trituration fe¬
ront mis le bois d’AlocSjOU fonfùc-
cedannée le Santal citrin , & les raci¬
nes. Au fécond les Gerofles,la Cand¬
ie , femences Cardamome, Macis,&
Mufeade. Au treizième les Rofès,
Rôinarin , & les Violes : le toutfub-
tilement pulvérisé , fera gardé en fon.
pot de verre couvert d^ùn papier
double, pour en compofèr des tablet¬
tes ,011 Eleéluairc mol avec le midi
écumé , ainfi qu’il a été déclaré.
LES: FACKLTEZ.
Elle recrée le cerveau débile, arrê¬
te fès defluxions,. adoucit la mdam-
cholie,qui naît fàns fojet : & remedie'
à la défaillance & lâcheté. de cœur..
R E M A R Q^V E.
BAudéron pour n‘avoir vete lets
œuvres de Nicolaus Alexandri-
nus a fouvent. équivoque au titre-
des compofitions de fit Pharmaco¬
pée ^en prenant un Nicolas pour
l’autre 5 comme en cette floudre de-
JDianthos,qfiil approprie a Nicolaùs
Bb Saler)'
' Livre L
Sdlernitanm , & neantmoins elle a
été prife mot à mot par Nicolam
Pr&pofittu , ( l’Autheur de l'Ami--
' dbtaire , que plujieurs attribuent a
Nicolam Salernitanm ) du chapi¬
tre 116. du livre de la compojition
d& medicamens locaux de Nicolam
Alexandrinm , en faveur duquel
jay corrigé le nom de Salernitanm
du titre de la compojition.
■ Cette poudre pour être douée des
véritables qualite\^& vertm que fin
Autheur luy attribué , fi doit corn-
pofir au mois de Mars, ou d' Avril,
afin d'y employer tes fleurs de ro¬
marin , & de violes nouvellement
' fiichées i.car lors quelles font gar¬
dées , dans peu de tems elles per¬
dent leur naïve couleur , & beau¬
coup de leur vertu ; le meilleur ejl
aujfl , fi-tot avoir composé la pou¬
dre d'en faire un Eleéluaire , a celle
fin que la vertu en fiit mieux confer-
vée. Platearim dit, que la Joudre
conferve fa vertu, deux années , ce
que je ne crois pas.
Pulvis Diaraofchi dnlcis.-D.M.
Mofchi ,fcrup. duos.
Behen albi , vel tantundem rad. Eu-
giofli,
Behen rubri , vel tantund. rad.Bor-
raginis.
Foin Indi , feu Malabathri Graco-
rum,
Spicsi Indic&,&
Caryophyllorum ,fing. drach. unam.
Z.it^giberis ,
Cubebarum , 0“
Piperislongi ,fing. drach. unam&
femif.
Seàion IV»
Croci,
Doronici : vel fi mauls tantundem
rad. Angelica , vel Galanga mi-
noris,
Zedoaria,
Xyloalo'és, (huius penuria fume tan¬
tundem Santali citrq , &
Maeis , fing. drach. duos.
Margaritarum Jplendidarum,
Serici crudi & non ufti , quoniam
uftione vis cardiaca hic expetita
arnitiitur
Succini , id efi Karabe,
Coralli rubri.
Gain a Mofihata , &
Seminis Ocimi citrati , fing. drach.
duits ,& femifl. .
Sacchari ftillatitio liquore Buglojfi
filuti quantum fujflcit : fiat El'e-
éluar. in Rhombos.
P ARAP HRASE.
L 'Autheur de cette poudre cftMc-
foéjdiftinition prernicrcde la pre¬
mière partie des Eleduaires, qui luy
a imposé le nom de là baie , le mufc
comme seluy qui tient le premier
rang entre les odeurs : le Hirnora de
doux y eft misjàla dilFrence de l’autre
de fbmblable nom , fiirnommé amer>
qui contient de plus d’Abfinthe , SC;
de rofes, de chacun nrois drachmes;'
d’aloës lavéjdemyonce;deCaftorj &
de Chefin , qui eft le Ligufticum des
Grecs , vulgairement dit Leviflicum,
de chacun une drachme, de caneile,
une drachme & demie , & d’alo'és
non lavé deux drachmes & demie. Ce
Diamofchum eft fi amer & ingrat,
que peu de malades en peuvent ufer,§e
le préparé peu louvent. Pource il fiif-
fit que l’Apothicaire tienne en la bou-
Des Poudres Aromatïques. 1 9 7
tiqué le doux : làuf d y ajouter 4cs
iifogues ameres fufdices , fi la necef’
ifité le requiert. La vertu cardiaque
de la balè eft fortifiée par les perles,
foye eruè' , les Trochiies, de Gdlia
.^ofihata , l'Ocimumcitratum , faf-
fran. de racines de buglolîè & bor-
raches, pour le Behen blanc & rouge:
,lcs autres conduifent leur vertu au
'•cerveau , & fortifient les vilcércs : la
n chaleur de ceux-cy eft temperée par
la froideur du Corail & Cârabé , ou
Ambre jaune.
LE MELANGE.
Enlèmble il faut pulverifer les
■■Perles, C-orail , Carabé , & la ibye
,cruë incifée fort menu dedans un
mortier de marbre, & pilon de bron¬
ze, pour les raifons déclarées en la
poudre de Diamarg. fiigid. Au mor¬
tier de bronze , il faut piler enfem-
■ble le bois d’Aloè's ou Santal citrin
- les racines de Zedoaire , de Galan-
ga , ou d' Angélique , pour le Doro-
nic , de buglolîè & de borraches,
pour le Behen blanc & rouge , gin¬
gembre , & le nard Indic incifé.
Aprez on y ajoutera les gerofles,
le Falium iniieum , les cubebes , le
poivre , de la graine à’Ocymum , ou
Bafilic citronné , ainfi nommé pour
fa bonne odeur , approchante à celle
du Citron , plutôt que de la Melilîè,
appelléc des Latins Citrago , diffe¬
rent de cet Ocymum , ainfi qu on
peut colliger des doétes écrits de
Serapion au livre des fimples , cha¬
pitre 1 5 6i I Ç7. & 1 J 8. & aprez de
Matthiole, fur le deuxième livre cha-
pitre r 3 5. de Diofcoridc. Finalement
on y mettra le Macis, A part d faut
pulverifer les Trochifes de CÆa
mofehata , le faffran & mufe : aprez
que le tout fera pubverife & ta-
mife fùbtilement , on les méfiera
peu à peu au mortier , & gardera au
befoin.
LES EACVLTEZ.
Elle eft propre aux maladies froides
du cerveau,ou il n’y apointdefievre,
à la melancholie & à la triftelîè qui
. l’accompagne fans caufè évidente : au
vertigo , à l’epilepfîè , à la paraly-
fie , à, la convulfîon de bouche , à
palpitation de cœur , aux maladies
de poulmon , ôc à la difficulté de
refpirer.
REM ARQ.V E.
Es cin<} exemplaires de divet-
fes imprejfions de Mefué que
nom avons cy - devant en quelques
endroits citeT^ font tom conformes
tant en dofes quen nombre d'ingre-
diens avec la defeription de Bau~
deron, excepté les Moines quau lieu
d'écrire Gallia , Ocimi citrati , ana
drachmas dued & femiji. ils difent
Gain a , Ocimi citrati , ana drach-
mam unam & fitniji. loubert aujjl
dijfere de beaucoup en la dofe du
Mufe , tant des exemplaires de
Mefué , que de beaucoup d'autres
Pharmacopées , ou il n'en efi de~
mandé que deux fcrupules, & nôtre
célébré Chancelier en met une drach¬
me , & deux fcrupules, c'efi à quoy
il faut prendre garde.
La bonne opinion que Bauderon
avait conceué de la doctrine de Se¬
rapion. a fait , qu'au mélange qu'il
1^8 Livre L
nom a donné de cette potidre , il
perjifié toujours de dire , ejue. les
perles , Çorail , Çarabé 0“ foyje
crue , feront fubtilifex. dans le
mortier de marbre & pilon de
bronz.e ce n’ejl pas pour taxer
ces deux grands hommes d‘igno~
rance , d'autant qu'ils nont point
exercé notre profejfion que, pour
oüirdire , ils n'en peuvent pas fça-
jvoir toutes les particularité;^ , c'efi
en quoy ils font excufables , puif-
que telles, préparations ne fe peu¬
vent faire ainfi , fans commettre
me faute des plus grojfieres par les
raifons cy -devant alléguées, par ti-
mlierement au Viarnarg. frigid.
Jl faut que les perles , le Corail ,
& Carabe , foient pefez. & prépa¬
rez. chacun à part fur le Porphy¬
re avec l’eau rofe , ou autre li¬
queur convenable ; les marques
d’une, vraye préparation confftent
premièrement ,, en ce que. ces ma¬
tières foient très- fubtiles , & quên
les frétant entre deux ongles , on
ne fente quoy que ce fiit de rude,,
ou en les mettant fur la. langue,
les frottant contre le palais , on
ne fente rien de grojfier ; fec,onde-
ment ,. aprez. les avoir jetîées far
da papier blanc , & quelles foient
bien feiches , il les faut repefer
'Jî elïes^ ont augmenté de poids ^
cette augmentation procédé de la
pierre, fùr laquelle ont été broyées,
eu de la moulette , alors les faut
rejet ter comme impures & de fort
petite valeur, La troifiéme mar¬
que ef ,. que chafque pierrerie ou
fragment rapporte a peu pre^fe
couleur , particulièrement les blan-.
tksa.. les l^phyrs , le Iltipü La*
Seaionir.
zul] , & autres. Et pour celles
qui nont qu’un petit atome de cou¬
leur comme on dit , & qui font
diaphanes contiennent beaucoup de
blancheur 5 cela fe void manife-
fiament , quand elles font préparées,,
changent entièrement de couleur,
& ne leur rejie plus qu’un petit
nuage , tellès. font les Emeraudes,
Topafes , Hyacinthes Orientales
& autres.
Gluand Mefîeurs lès Médecins
fe voudront garder de Jurprife tou¬
chant la préparation defdites pier*
reries j il ne faut fi ce n’èfi qu’ilsr
les confiderent , fi elles font blan¬
ches , comme les perles , ce qu’ils
ne: rencontreront que trop fouvent,.
ils pourront hardiment infer er de
là , que telles pierreries ne va-.
lent rien ,. & qu bn les a prépa¬
rées fsr une pierre molle , de la-
quefle elles, ont tiré.beautoup d’ aug¬
menta , qui s’en va quelquefois à-
plus de deux tiers, ou trois quarts
& celles quen aura préparé fur,
le marbre j afp é font diff elles de
juger par là couleur à caufe de¬
là variété des couleurs du mar¬
bre ,. à l’égal de celles qui font
préparées Jur. V écaille, de mer qui,
efi molle. La quatrième marque-
à’ Une louable préparation fe con¬
naît quand on les. met en pou¬
dre. dans le mortier , & pilon de
bronze -, . c’ efi quelles doivent être
douces fous le pilon ,. & ne faire -
non plus de. bruit, que fi c était de
la plus finCi Cerufi. Voilà peur lès
fragmens ,. reftè maintenant- la.
foye crue , qu’il faut mettre en-
poudre à coups dè pilon ,. comme-j
a été dit. OH JLiàmargarit.frigidumt
Deâ f mares Aromatiques, 1^ 9
r^ aillettrs ; qui voudra empêcher
qnelk ne s'exhale , la pourra pré¬
parer ainjî.
Prenez, de la foye crue êcharpie
feparêe de la filojee quinciferez. fi
délié qu’il fe pourra’ Jùr un tamis
de foye renverfé qui [oit bien fitb-
til : apre^la faut froter tout dou¬
cement jùr iceluy avec une carte,
elle pafera fans qu'il s'en perde que
tres-peu ,& de la forte fera fi fub-
tile qu’on fiauroit defirer , de la¬
quelle on prendra de poids requis
peur ajottter à la poudre , quand
elle fera achevée de tamifer , &
ainfi le poids fe trouvera entier de
la foye , & rty manquera point en
partie , comme quand on la' pile
dans le mortier avec les autres in-
grediens , car comme' elle efi de fib-
jl'ance rare , elle s'envole. Cette
m'ethoque efi' fort fin guliere , qui ne
fe pratique que fort rarement par
quelques curieux , neantmoins l'in¬
vention en efi belle, bonne & utile.
Pulvis Elcéluarij de Gemmis,
D.McC
Trochifeor. Diarrbod’onis,
Ligni Alo 'ès ( hujus loco fume San-
tali citrini) utriufqv^v.
Zedoaria ,
Doronici , vel Angelica ', vel He-
lenij ,
Corticis Citrii ficci ,
Jldacis ,
Alfeleniemifce , id efi', fem. Ocymi
caryophyllati
Ambra cineritia , ét
Margaritarum fplendidaruiû ,fing-
drach. duos.
Fragmenter . Saphyri >
Hy acinthi >
Sardij ,
Granatorum >
Smaragdi
Cinnamomi ,
Zerumbet , ( efi altéra ZedoOfta'
fiecies ) &
Galanga , fing. drach. unarri , &'
dirnid.
Radicum Behen albi , vel tantun-
dem rad. Buglojft ,
Behen rubri, vel taniund. rad.
Borragin.
Caryophyllorum ,
Zingiberü ,
Piperis longi ,
Spica Indica ,
Folij Indi , feu Mdabathri Gr'a-
corum.
Croci optimi,
Heyl , id efi, Cardamomi major.fihg.
drach. unam ,
Coralli rubri ,
Succini , vulgo Karahe , &
Rafura Eboris,
Folior. Auri , &
e>4rgenti,fing.fcrup. dups.
Mofehi Oriental, drach. femifik
Ex arte fiat pulvis ,
Sacchari aqua Buglojfi foluti, quan¬
tum fufiieit , fi EleÜuariuin foli-
dum compofiturus es. Si vero mol¬
le, pulvis excipiatur aquis parti-
bus MellisRofati , efi Sprupi con-
ferV'at. \Myrobadan. Émbliçf&.
ufùi repone.
Scfaolia in Smaragdum.
Contexm Mefi. Arabice feriptm
habet Peruz.egi, & non Feruzegi, ut
exemplaria nofira' Latitia, Facilù'
fuit
zoo
Livre L
fuit TjpographilapftUiF. fro P.re-
ponentis. NumFeruXtgiffi Authori
‘FandeSlarum credendum efi fian-
mm metallum fonat ; Peruaegi vero
efi lapis ErajîW , feu Turchefia no-
fira,& mn Smaragdui [ut per per am
vertit inter près Mefué ) qui uira-
bibus nmnüUis vocatur Zamarrut
& Zarnorat , aliis vers Zabarzet ,
& Tabarzet dicitur. Imerpres for-
fan Smaragdum Brana pr&tulit ,
quod- hic gemm^ non fit , d quibus
hoi Elebluarium nominatur , & nul-
lius' frè in medicina fit ufus , itle
vero inter gemmas principatum ob-
tineat , magnarumque fit virinmy
ad effeBus titulo enunciatos. Gp^a-
mobr.em his duBus forfan rationi-
bus interpres pro Peruzegi , feu
Erano , vel Turchefia nofira , Srna-
ragdum JùppoJuit^
PARAPHRASE.
CEtte poudre a pris le nom de ià
baie les pierres prccieufcs ap-
pellées des ' Latins Gemma , à la dif¬
férence de ZParmor,Saxum , Cos &
Silex t elles doivent étred-'ime fîib-
ftance fort vive Sc polie» d’une cou¬
leur naïfve, lèreinc & nette , qui
remplilfe La veuë de celuy qui les
co'ntemple : dures en leur attouche¬
ment 5, de forte que difficilement les
peut- on émier par la lime , au refpedt
deCditès Jkfarmor, Saxum, Cos,&
Silex. Ceux qui en voudront fçavoir
davantage , qu’ils lifent Plinej Albert
le Grand , &: quelques autres qui en
ont écrit des livres entiers : ou qu’ils
fréquentent les dodes , & expéri¬
mentez lapidaires , dcfqucls ils ap¬
prendront tout ce qu’il en faut fja-
SeSion IV.
voir. Comme le Diamant en dureté
& bonne grâce j tient le premier
rang entre les pierres precieufès : auffi
l’Emeraude en beauté : le Saphyr"
bleu en allegrcffe : le Carboucle , &
Rubis en fplendeur: l’Opale en va¬
riété de couleur : le Chryfblite en
netteté. Ceux qui pour Peruzegi
qui fignifie la Turquoifè , ainll que
nous avons déclaré, prendront l’Eme¬
raude pour être fort cordiale , &
couvenable 'en cette poudre, feront
bien : auffi ceux qui pour le Zurum-
prendront la fécondé efpece de
Zedoairc, ou au defaut d’icelle la ca¬
ndie , félon Poffidonius , feront bien
auffi. De même pour le Doronic ,
la racine d’Enule Campane , ou cel¬
le d’Angelique : & pour le Behen
blanc, & rouge, celles de buglolîè
& de bourraches delïcichéés. üinfi
faifànt , la poudre fera plus conve¬
nable à tout ce que Mefué promet,
l’ay difpofe les ingrediens chacun
en fon ordre , félon la doétrine
d’Andromache.
LE MELANGE.
Les Trochifes de Diarrhodon , le
Mufe, l’Ambre gris, l’Ivoire ,
Saffran , chacun à part feront fiib-
tilement pulveriféz. Les Perles, Co¬
rail , Carabe , & pierres prècieu-
fes feront pulverifées enfèmble fut
un Porphyre avec une petite meu¬
le , ou dans un mortier de mar¬
bre avec un pilon , & quelques
gouttes d’eau Rofe (afin que les
parties tenues ne s’exhalent ) fort
fî-ibtilement : autrement par leur
gravité elles demeureroient au fonds
du ventricule , ne fe diftribueroient
point
X)es Tomres Aromatiques» loi
point parmy les veines capillaires ,
& ne le pourroicnt réduire de piiif-
fance en adion -, Sc par confequent
feroienc inutiles. Enlcmble auffi , &
dans un mortier de bronze , il faut
premièrement piler le bois d’Aloës >
Sc racines de Zedoaire , les fîiccc-
danées du Zurumbec , Doronic ,
Behen blanc Sc rouge, l’écorce de
Citron , le Gingembre , Sc Nard
Indique incifé : à ceux - cy demy
piilverifez , on y ajoutera la canel-
îe , Gerofle , Folium Indum , Poi¬
vre, Cardamome, ôc Ocymum ci-
tratum , finalement le Macis. Le
tout liibrileraent pnluerifé & tami-
fé , fera peu à peu mêlé avec les
autres poudres pulyerifées à part &
icrreiies : aprez on ajoutera les
leillcs d’Or & d’Argent , la quan¬
tité requife , pour garder le tout
dans un pot de verre,, couvert d’un
ppier double , pour s'en lèrvir au
bdoin. Qtii de cette poudre vou¬
dra compofer un Eleétuaire mol en
forme d’Opiace , pour une once de
poudre il y faut mettre deux onces
de miel Rofac coulé , & autant de
Syrop , où les Myrobalans ErabÜ-
ques auront été confits , qui eft le
quadruple d’icclle ainfi que dit
Melïié, Si un Eleétuaire folide, com¬
me il le préparé pour le jonrd’huy,
poiir chaque once de poudre , il
Eut prendre une livre ou douze on¬
ces defuccrefin, & iceluy dillbudie
en eau de buglollè Sc cuire en Ele¬
étuaire folide. Il revient à deux foru-
pules de poudre pour chacune, once
de;,fuccrc.
LES FACFLTEZ.
Il fort contre les maladies froides
du cerveau , du coeur , du ventricule,
du foye , de la matrice. Il recrée
les melancholiques lans fiijet , &
les folitaires timides , & les incite
aux . bonnes mœurs , corrige la
lyncope Sc palpitation de cœur > for¬
tifie l’eftomach débilité de quel¬
que incemperature froide, & ayant
rendu là coétion Sc celle du fdye
meilleure , rcnd.aufli le teint meil¬
leur , & l'odeur du corps agréable
à caufe des chofes precieufos qui y
entrent, il eft plus ulîté des grands
que des autres.
REMARQVE.
E s Trochifques de Diarrhg-
don quon doit mettre dans cet¬
te poudre ou EleSluaire feront ceux
de Méfié , puü qu'il eft 1‘ A utheur
de la poudre de même que des Tro¬
chifques. Depuis les trois dernieres
éditions de Bauderon , par Sauva¬
geon,. l'Ir/iprimeur , par rnefgarde a
donné la gloire de cette compofi-
tion d Nicolas en mettant un N.
pour M. tcu titre d'icelle que fay
corrigé , l'Ivoire ne fera point tri¬
turé d part comme Bauderon en-
feigne en fin mélange, d moins qu'il
fufl préparé philofiphiquernent com¬
me difent lesChymiftes non vulgai¬
res ; les Perles , Corail , Pierreries,
& Carahé,ne. doivent être aujfi pre-
parel^que chacun d part fur un Por¬
phyre , comme venons de dire en la
precedente Remarque & ailleurs ;
l'Ambre gris fera trituré avec dix
C c grains
1.0 2. Livre J,
grains pefant de Macü , pour em¬
pêcher qu’il ne s’attache au mor¬
tier & au pilon. Entre Mefué , &
les JiEoines qui ont commenté fin
Grahadin , ne s’accordent point
pour la dofi des Perles , ce premier
demande Albarum Margaritarum
drachmoi duos , & ces derniers ^ di-
fent Albarum M.argaritarum ,
drachmoi très , les uns & les autres
font fidvis^ comme Mefué , des Mé¬
decins d’Aufiourg en Alemagne, ^
autres, & les Moines par les Mé¬
decins de Lyon en leur Pharmaco¬
pée , & de Condemberg , l’Autheur
du Guidon des Apothicaires ,-&c.
Et quant d moy fefiime que ces
derniers doivent être fuivù , puis
que cette poudre eji appellée par
quelques-uns Diamargarhum, ainfi
que nom dirons , au traitté des cause
difiillées de Cathelan , parlant de
l’eau de vie de Matthiole.
Pui'vis Lætitfæ, D. Nicol.
SaJérnit.
Seminis Ocimi caryophyllati,
Croci optimi ,
Zedoaria ,
Xylohalfami , vel furculor. Lentifii,
vel Terebinthi (Pena )
Caryophyllorum ,
Corticis Citrÿ mali ,
Galanga tenuioris , ex China de-
lata y
Mslcis y
Nucis mofehata , &
/Styracis calamites, fins, dracb, duos,
&fimijfem.
Seminis Anijt y
MafuraEborüy
Section IV,
. Thymi ,
Spithymi, &
ùhlargaritarum , fingtd. drachm.
unam.
z/imbaris cineritq ,
eJM ejehi Orientalis ,
Caphura, &
OJfis è corde Cerui , fingul. drach..
femifi.
Foliorum Auri , &
ArgentiyUtriufq.firup.fimifi.
Sacchari ■ aqua Borraginü filuti ,
quantum fuÿicit , fiat EleÜua-
rium in tabellas.- Si molle cupü,
Saccharum filvatur fuccorum Po-
morum redolentium, Cydoniorum,
& Borraginü', vini veteris optimi
aquis partibus ; hoc e fi quantum
defpumando, & coquendo Saccha-
ro faits erit iin Eleêluarium mol¬
le , & firvetur ufui.
PARAPHRASE.
CEt Eleduaire n’tft pas de Ga-
lierij comme eftirae Nicolaus Sa-
lernitanns ,'mais de quelque autre à
nous inconnu : car Galien ne conneut
jamais EAmbre gris, le mule, le cam¬
phre jny les Perles qui y entrent. lia
pris le nom de fbn effet , pource qu’il
donne une joye indicible à ceux qui
en ufent , pour être compofe de me-
dicamens cordiaux , & qui fortifient
tous les vifeeres affbiblis par longue
maladie, ainfi qifon peut voir exa¬
minant les ingrediens. Le meflange
fera facile , à celuy qui confiderera ce
que j’en ay auparavant déclaré , &
que nous en écrirons cy-aprez. Il fè
peut préparer en forme -Iblide , ÔC
molle , comme dit eft au texte.
LES
Des Poudres Aromatiques. 105
les eacfltez.
Il rend le cœuf alegre , & le
teint agréable , aide à la coélion,
retarde la yieillellè.
R E M A R Q_V E.
Velc^ues-uns tiennent àuecNi-
colam Salernit, (qm Bauderon
appelle ainfi ) & Cordta , que cette
compojîtion efl de Galien, ce qui nefi
pas croyable pour les raifons allé¬
guées par l’Autheur de la Paraphra-
fi : mais de qui quelle fait ,ilefi à
remarquer que la différence qu’il y a
entre l’Epithyme de Crete ou des
Grecs, avec celuy des Arabes efl
grande, qui me fait dire fans m’ar¬
rêter au premier tome des Icônes de
Label qui des deux nen fait qu’un,
que nous devons préférer ce premier
a ce dernier , tout autant qu’il nous
fera poffible,ainJi que Mefué qui efl
Arabe, l’a cy -devant pratiqué en fin
. Syrop d’Epithyme , quand il a dit
dans fis exemplaires plus correts ,
l^.Epithymi boni Cretenfls, &c. St
sifin que l’Epithyme des Grecs fiit
diflingué de nôtre vulgaire ,qui efl
celuy des Arabes , qu’un chacun con-
fiott, '-je rapporteray la defeription
que Diofeoride de la verflon de
Ruellius en donne auUvre ^.ch.171.
on ces mots. Epithymum flos efl è
’Ehytno durior Saturcia fimili, capi¬
tula habet tenuia , & levia , & in eis
caudiculas, quafi capillamenta, &e.
Et pour éviter de ne tomber pas dans
la confuflon , il ne faut point fuivre
Hefmoulins en fa verflon Françoifi
'de ce chapitre qui l’a tourné atnfl.
L'Spithyme goutte , ou teigne de
Thym, efl la fleur du Thym , &c.
car l’addition qu’il y a faite des
mots de goutte , ou teigne de Thym,
confond l’Epithyme des Grecs avec
celuy des Arabes.
Pulvis Eleduarii Lætificantis,
D. Rhafis.
yi.Meliffa,
Gorticis Citrq mali,
Caryaphyllorum ,
Trochifi. Gallia mofchâta,
JiLafliches ,
Croci Orientalis, vel potioris
Cinnamomi, feu CanelU feleüa,
Nucis Myriflica , id efl , Nucis
■ Mofehata ,
Cardamomi ,
N eheremifi. id efl, PaonU , feu Ro-
fle Aflnina,
Radicurn Behen albi , vel radicum
, Buglofli,
Behen rubri , vel Rad. Borra-
ginis.
Zedoaria ,
Dorenici , vel hujus loco fume Rad.
Helenij. . .
Seminis Ocimi majoris ,
Ocimi Caryophyllati,flngulor.
pares portiones.
Jlpofehi , denarij partem decimam,
feu grana oUo , fiat pulvis.
Sàcchari aqua Meliffa filuti quan¬
tum fuffeit , fiat EleUuarium in
tabellas. Si vero EleBuarium,
molle compofiturus es , Myroba-
lanorum Cepularum , n. viginti,
Myrob. Emblkorum .n.trigintUi
conterantur BLyrobalani pingui
Minerua,fiu craflè,& coquantur
Ce Z in
2.04 Livre L
in aqu£ libris tribus,^ ad reniai,
' '& ’ exfrimantur. Colamra, adds
Mellis defpmiari lib. unam. &
Jîmul coquanmr , qmufque uni-
verfa aqua abfumatur. T^oflrerno,
tribus hu'-jus deceüi Mellis par- ■
tibus, partent unam pulveris pra-
Jcripti ad'pcito : hoc efi une. qua¬
tuor in libroi Jinguloi mellis.
PARAPHRASE.
''Autheur de cet Eledtuaire eft
_Rhafis au neufviérae livre de
fbn Continent J qu"il dédie à Alman-
fbr Roy des Perfes, à la fin du cha¬
pitre de la rnelancholie. Il a pris le
nom de fon effet , comme le prece¬
dent, pour ce qu’il ceftaure les efprits,
&c la nâïfvc couleur debiffée par-
longues maladies , en forti filant le
ventrieiiic : de maniéré que les ma¬
lades joLiïirent long - temps de la
fànté , & fèmble qu’ils rajeuniflenr.
Sa vertu n’eft pas .moindre que du
pecedent , pnrquoy l’Apothicaire qui
aura l’iinjfe pourra paflèr del’autrè,y
ajoutant ce qui l;;y eft commandé par
ledod:c & expérimenté Médecin, en
temps & lieu.
LE MELANGE.
Secîion IV.
d’un denier , qui pelé un peu pins
qu’une drachme , pour ce que les
lèpt deniers font l’once. Quelques
exemplaires lilent en ce lieu drach¬
me & non denier , qui feroît un
peu moins que nous n’avons dit. Le
tout curieufement puiverifé & méfié
fera gardé dans un pot de verre bien
bouché J pour en faire un Electuaire
lolide OH mol. Si un mol en forme
d’Opiate , il fâut prendre la chair de
vingt Myrobalans Ccpulcs, Sc des
Embliques trente , lefqucls concat
lèz\ on fera bouillir en trois livres
d’eau, jufqu’à la confomption des
deux tiers qu’on exprimera. Eh la
colature on, fera bouillir une livre
de miel auparavant écumé , & cuit
j niques à ce que la colature loir con-
fumée ; apres la bafîine hors du feu,
&: le Syrop à demy refroidy on y
ajoutera peu à peu quatre onces de
la poudre , pour garder le tout au
befoin.
LES FACVLTE Z.
Il profite merveilleuflmcnr aiTx af-
feéfions du cœur , du ventricule ôc
du foye : à la palpitation du cœur qu’il
rejouyt puiflàmment : fortifie la co-
dfion , ôc embellir la couleur.
Au premier rang de trituration
il faut mettre les racines & écor-
eps de Citron : au fécond les lémen-
ceSj Canelle, MelifTe, Gerofles, &
Mufeade ; au tiers. & chacun à part,
les Troehilcs de Gallia Mofehata , le
Maftich , le Safïran , & mufe. La
quantité "de chacun peut-être de
.dçmy once, & du mule fruit grains,
qui eft environ la dixiéme partie
RE M ARdVE.
IE trouve la compojition du L&ti-
ficans de Rhajîs fort irreguliere,
fait aux ingrédient qui font do-
fez., ou en ceux qui ne le font pas, &
ne pourrais croire qu'il frft écha-
pé de la plume de . fon inventeur
d'y avoir inféré fèize ingrédient,
fins les avoir dofez , & quil fe
Des Foudres Aromatiques, 105
.fk conttmê de dire omnium mu
: fartes aqudes , &. immédiatement
afreX^quil eât dit Mojehi- quantum
eji décima fars drachm. unitts , &
derechef aujji qu’il eût dosé les M)-
robalans far nombre , l’eau four les
cuire , & le miel four donner corfs
à l’EleBuaire far foidsj’aurois vo¬
lontiers imfuté cette faute à l’Im-
frimeur , fans y avoir neanmoins
beafùcouf d’afparence a caufè de ces
mots de ana fares fortiones, que j’ay
leu dans les œuvres de Rhajîs , de
l’an i4t)7. & dans le Commentaire
que Sillanus a fait fur le ÿ . livre de
Rhafs y dédié au Roy Æmanforyde
l’an 1517. de loannes de Tornamira
de l’an 1521. de Matthaus de Gra-
di de l’an 1527. de Galeatitu de
l’an de Gérard de Solo d'e
l’an 1 504. & ^ue tous les fufdits
raf fartent la meme comfofition dans
l’ordre que dejfus , .ce qui fait dire,
que Rhafs en a usé comme les f re¬
ntiers Grecs , qui ont dans leurs
écrits dosé beaucoup de cempoftions
de la forte. Bauderon s’efi trompé
en fa deferiptien quand il a écrit,
Mofehi y denarii partem decimam,
au lieu d’écrire Jldofchi quantum efi
décima pars drachm. unius.
Les trois éditions de Sauvageon
font defeSlueufes en cette defeription,
non feulement de l’Ocimûm Caryo-
phyllatum y mais aufft du terme dont
I .Âutheur s’efi fervy pour dofer les
feize premiers ingrediens d’icelle,
qui efi y omnium ana fartes aquales,
iny remis l’un & l’autre.
Pulvis Ele3:Liarii liberantis,
D.VaLCordi.
Boli Armens, fr¶ta.
Terra figillata vera,utriufque drach.
très.
Radie. TormentilU,
Seminum Acetofa,
Endivia, *■
Coriandri praparatiy&
Corticis Citrii mali , fing. drachm.
unam & fem.
Santalorum omnium,
DiSlamni albi ,fing. drach. unam.
Penidiarum yCét
Sacchari cryfialliniy utriufque ferup.
duos.
Margaritar. filendidarum,
CoraÏÏorum albi , &
Rubri,
Carabe, feu Süccini, éf EléSlriyidem,
Rafura Eboris,
Spodii 'Arabum , fcilicet , & non
Gracorum,
Offis è corde Cerui , vel Bovis,
Radieum Behen albi , vel hu'ius loco
rad- Buglof
Behen rubri , vel hujm loctt
jad. Borrag.
Doronici , vel hujus loco rad. An¬
gel. vel Jnula Camp.
Cardamomiy
Aiaeü,
Ligni Aloés , vel hujus loco Santa-
It citrini,
Caffia lignea aromatica,
Croci,
Zedoaria,&
Cinnamomi ,fing. drach. femip.
Lafidum Smaragdi, loco ejm Hyei-
cinthi , au Granati,
Ce 5 Hyd!
zoô Livre L
Hyacinthi ,
Granati ,
Serici crudi minutim inciji,
Florum Nempharü»
Buglojfi , &
Rofarurn ruhrar. fing. fcrup.
unufn.
Caphurdi , gran. feptem.
Mofchi Orientais , &
Arnbarù , tttriufque gran. tria.
Technicè fiat pulvis ufai reponen-
dus , vel cum Sacchari albi aqua
B'ûglojfi. quantitate fufiicienti fo-
lutifiat Elebtuarium in tabellas.
paraphrase.
L’Autheur de cette excellente
poudre mcft incertain, décrite
neantmoins par Valerius Cordus, du¬
quel je l’ay tranlcrite. Elle a pris
le nom de fôn effet , pource qu'el¬
le delivre les hommes de pcfte , &
prcfervc les làins d'icelle.
Le mélange n’eft diiïëmblablc à
celuy qu'avons déclaré au Diamar-
garit. frigid. composé.
LES FACVLTEZ.
Il eft bon contre la pefte , pre-
ferve le corps de l'air peftiferé, & les
humeurs aulfi de corruption.
SeBion I V.
R E M A R QV E.
IE n'ay pat^-tot ' découvert une
faute confiderable dans la deficri-
ption d'une compofition de cette
Pharmacopée , quk même tems U
ne s'en prefiente d’autres , & cela ne
procédé bien fouvent que de l'ava¬
rice des imprimeurs , qui devraient
avoir des bons Correcteurs, entendus
fuivant les matières qu'ils impri¬
ment, particulièrement en ce qui con¬
cerne la Medecine & la compofi¬
tion des me die amen s , U faut être
deux en la correBion de chaque de-
feription de compofition, pour éviter
les omtjfions des ingrediens , le chan¬
gement de l’un en l'autre , & de
leurs dofes , comme il eft arrivé
dans cette poudre , ou Valer. Cor¬
dus fait entrer les Hyacinthes,cem-
me fait aujft Baud. en fies Pharma¬
copées indoutLe des années if88.
1596. & > 607. & en celle de Lon¬
dres infolio , elles y entrent auftl,
& dans les trois dernieres éditions
de Sauvageon , on les y a obmifes,
& on y a fait entrer deux fois le
DiCtam blanc , pour une fois que
Cordus l'y demande : en corrigeant
le tout , j’ay remis la defeription en
fin premier état.
Pulvis
Des Foudres Aromatiques.
xoj
Confe£tio de Hyacinthe , D. louberti.
%.LapidH Hyacm-
i»
in
in
in
I in
in
1 H*»
thor. ^
Jimplo.
duplo.
quadru¬
fextu-
I e^uplo.
décu¬
.\duode‘
Cordli rubri.
pla.
pla.
i
pla.
\cuph.
Boli Armend> &
1
l-
|.
Terra figillata.
ana.
3«îÿJ. %ix.
Vh-
l'^h
Granorum tinBorum
Radicum DiBamni,
3^9-
^.V.
zvj.
TormenîUla,
Seminis Citrii mun-
dati,
Croci oftimi.
Myrrha,
Rofarum rubrarum.
Smtalorum omnium»
OJfis è eorde Cerui»
Cornu Cerui ufti,
Seminum Acetofa » &
Tertulaca
Rafura Eborie,
ana.
Biiij.
Bviij.
^v.Bj.
11-
3^.
ii.S.
i*/-
j
9^.
Biiij.
Lapidum Saphyroru,
Smaraq^diy 1
Topulü,
Margaritarum,
Serici crudi, j
Foliorum Auri,& 1
Argenté,
dÿ.
Biiij.
Bviij.
Sv.Bj.
5^i-
lu
Caphura,
Mefchi Orientais, &
Bij.
Ambarü, ana.'
Syrupi de Limonibtu 1 il
g.v.
l.x.
%.XX.
‘g.xxx.
g.xl. I
Id-
gJx.
fine aqua parati.
!
1^.v.
lb.;e. •
tb.A:;c.
l.xxv.
Ibi
Fiat ConfeBio. A
i
Iviq.
iÿ- I
liiÿ.
i?. i
^Uij.- 1 3^-
xxxj.
TARA
O 8 L 'mre L SeBton IV.
paraphra^se.
L'Authciir de cette Confeétion
m'eft incertain, de laqiiclie long
tcms avant 1 avenement de M* lou-
bert ont usé & ufent les Médecins
de Moncpelier , au lieu de la con¬
fection Alkerines , fi le malade à
flux de ventre, pour caufe du La¬
pis Lazuli , qui y entre en alfez bon¬
ne quantité. Sa .vertu n’tft pas moin¬
dre que de laprecedence,de lotte que
qui aura l'une , le pourra palier de
l'autre. Elle a pris le nom de là ba-
fe les pierres de Hyacinthe , mifes
au’coramenceraent.
LE MELANGE.
Le mélange ell femblable à celuy
que nous avons décrit au Diamar-
garitum frigidum composé.
LES PACVLTEZ.
Cét Antidote lèrt à la précau¬
tion & à la cure de la pelle , & pour le
foutien des' forces : il dilcute la me-
lancholie, & a les mêmes vertus que
la confeétion Alkerines.
REMARQUE.
Our Us rdiÇans-çy -devant di¬
tes , 'fay exaStement doublé, juf-
ques à dou"^ fiés la defeription de
la Confeélion de Hyacinthe , en fa¬
veur de ceux qui en débitent^ beau¬
coup pour- les relever de la peine de
fupputer les dofes , & pour éviter, .
que les moins verfez. en la doublant
diyerfes fois ne cemrnijfent quelque
faute au poids , ainf que nous l'a^
vons cy -devant relevé en divers en¬
droits. Et en. cette compofition U
efi arrivé aux dernieres éditions
de cette Pharmacophée des années
i6}s>. 1648., & i6;o. que l’Au-
theur des faculté"^ , avec l'Impri¬
meur , & le Correéleur y ont obmis'
les Perles, ^e fi ceux qui difpen-
fent les compofitions ne prennent un
foin particulier telles omijfions,
elles ne peuvent que fe multiplier,
au grand regret des gens d'honneur
qui exercent notre profejfion , G" au.
notable préjudice .du public. Mais
fi d’un coté ces fautes deplaifent a
ceux ’cy , elles favoriferont dautant
plus ces faifeurs de compofitions
tronquées , & falfifiées , qui en re¬
tranchent les drogues de prix , &
en fubfiituent de rnattvaifes j ou bien
qui les fabriquent du débris de leurs
vieilles drogues , comme nous voyons
tous les jours , au grand mépris des
Ordonnances , & des Hrtêts des
Parlements , & de notre -tres-cele-
bre , dr illufire Fhiverfite de Mé¬
decine , ravaler nos plus célébrés
compofitions , que les plus~ grands
Roys ', les Princes les plus fa- .
meux Médecins de l’antiqip.te 3 ont
daigné., compofer de leurs' propres
mains : comme le Mithridat , la
T'heriaque , les Conf étions ..Alker-
mes, de Hyacinthe^& autres. Si ces >
compofitions qui partent des mains de
ces gens-là , ne font plus l'effet quel- r
les faifoient anciennement-, quand
elles partaient de • celles de ces
grands Monarques , & de ces fça-
vans Médecins , la caufi nen efi
pas 'inconnue : 1^ nombre des fuhfli-
tuts quon y admet , le donne affez
^es Poudres
à conmitre aux entendus de nôtre
profejfion ,& le vil fris quon les
donne aux moins oculeX^ , qui les
acheftent leur doit faire connoU
tre aujft quelles font grandement
falfifiées, les foires & les marcher
en fourmillent , & font toutes plei¬
nes de ces vilaines compofitions , qui
la plus grand partie, n ont pour tou¬
te vertu que le nom quon leur donne.
C’efi a mon grand regret , fi je
m'écarte de mon fu]et par des fre¬
quentes digrejftons ; le pim fou-
vent pour y être attiré par l'ava¬
rice infatiable de quelques-uns de
nôtre profejfion , ou il y aurait ma¬
tière ae groffr un volume , fi mon
dejfein nétoit de pajfer fuccinéle-
ment fur cette Pharmacopée la
plus accomplie qui ait encore pa¬
ru au jour ; mais comme mon de-
fir efl de découvrir les erreurs qui
me font connues , afin d'obliger
ceux qui les commettent de s‘en
corriger s'ils en font capables , je
ne puis éviter la prolixité en beau¬
coup de rencontres , & de nufer
fouvent de redites , & contre ceux-
là même qu'on eftime des pim inté¬
grés en leurs compofitions , que
pour rendre la couleur de leur Con-
feôlion “de Hyacinthe pim agréa¬
ble à la veu'é ; certains en re¬
tranchent le Santal rouge , les au¬
tres les Rofes , les autres les Sa-
phyrs , les autres la Myrrhe , les
autres le Camphre , les autres les
fueilles d'Or, les autres la Soye crue.
J-es uns difent pour leurs raifons,
que ces trois premiers noircijfent la
ConfeSHon,les autres que la Myrrhe
la rend amere & de mauvais goût,
hss autres que le Camphre y efi in-
Aromatiques.
fup or table par fon odeur , comme la
vérité efi telle, les autres que l’Or,
& l'Argent y font entièrement in¬
utiles , & qu’ils n'y fervent que
d'ornement , & en retranchent l’Cr,
a caufe qu'il efl le pim cher , & luy
fubBituent l'Argent , d' autres dt-
fent que la Soye crue n'a point de
vertu , & en outre quelle efl caufè
par fa legereté , que la Confection
s’élève & boïtilt. Apreit. avoir fait
la diéiraClion des médicaments , com¬
me bon leur femble , ils augmentent
la dofe du Saffran , pour en rehauf
fer la couleur , en façon que fon
odeur furmonte tout le rt^e. De tou--
tes les raifons ey - dejfus alléguées,
il n’y en a aucune qui puiffe être-
recevable , apreT^ celle du Camphre-,
au contraire, il ne faut rien innover
en cette Confection , foit pour le re¬
gard de la couleur , ou de la fa¬
veur ; car il nejl pas permis pour
fatisfaire à nos fens,de tromper nô¬
tre prochain au préjudice de nôtre
intérieur. Et combien que tom les
ingrediens y foient en leur légitimé
dofe , la couleur ne rejle pas d’en
être fort agréable & la faveur aujfi.
Gjue l’Or & l’Argent n’y foient mis,
comme parlent les avaricieux, pour-
la rendre pim éclatante j fi efi-ce
qu’il ne les en faut point tirer : &
fur ce qnon dit , que la Confection
s’élève, & fe fermente, cela ne prot-
cede point de la legereté de la Soye
crue , comme quelques-uns fe font
perfuadez.. Les moins oculeT^ en la
Chimie , difent que cette élévation
ou fermentation efl causée par l’aci¬
dité du fuc de limon , laquelle agif-
fknt contre les terres , & pierre¬
ries, fait que la compofition s’élève,
D d comme
:£ï6
'Livre L SeBïm IFi
comme <{Hanà on jette du mnaigre volume entier , four les di^culter,
fur de la terre feiche. le fçay bien qui s'y rencontrent^neantmoins par¬
que cette raifon ne fera point £im- ce que divers Autheurs en ont fait
prejfion dans l’ej^rit de ceux, qui du traitte^^ particuliers , & qu'ils
font confirmez, dans cette erreur, y ojn ohmis de relever l'erreur, que
puis qu'en d'autru compofitions , où quelquu- uns commettent en l’ele-
le fuc de ümon n'y entre point, Rion ^ préparation d'aucuns des
ny autre liqueur acide , elles ne ingrediens. le diray que ceux-là
laiffent pas neantmoins de hottil- font, mal , qui prennent les largons
lir i mais à cela il eji aisé de. ré- .du Puy enVelay ,pour les Hyacin-
pondre , que dans /?^ compofîtions thés Orientales ^ le verre que les
où les- pierreries : & les terfes fui/- faux loaliers ûrent des cailloux
tilement pulvérisées entrent , com- blancs , & du cryfial par l'àrt du
me matière feich& , & terreSlres, fia , & qu'ils: colorent comme Us
venant à être imbibées de Syrop, veulent pour les Topaz.es , & pour
quoy qu'il ne foit foint acide, les les émeraudes , les perles Occidenta-
Compofition's s'élèvent , & boitillent les , pour les Orientales , que pour
ou plutôt , ou pltts tard , fuivant éviter telles erreurs , ils fe doivent
quelles abondent en fels fixe ou vo- inéiruire avec les loaliers , ou avec
iatih: cr pour les compofîtions où les Orphevres expérimente^. Ve leur
il n'y entre point de pierreries , ny préparation , ou fubtilifation furie
des terres ,. que cette élévation , ou Porphyre ,■ je n'en diray rien , afin
firvefcence , ne fe fait que quelque dé nufir de redite : l'ArtiSle aura
eksdeUr da ingrediens & d'une hu- dre de Gemmés.
midité crue -& indigelte du Syrop, H n'y a pas moins à redire con-
par' l'entremife-de la chalet,,- tdé tre ceux qui pre-nnent U premier
l’air , & non de la legereté de la Pci qu'ils rencanîrent pt/ur le vray
fiye crue , ny d'aucun autre medi- Vol d' Arménie : à ceux-là llautho-
cament. Cela fujfira pour fatisfai- rité des Dr oguijle s leur fu fit , moi¬
re aux objeHions que ceux qui tra- y enflant qu'ils les. afieurent quand:.
vaillent de leur tête , me pourraient Ht le leur vendent , qu il efi du plus-
apporter. beau & du meilleur , au préjudice
Et comme la plus grand' partie de la connoifiance que la leSture des
des medicamens qui compofent cet- bons Autheurs leur en peut appren-
te célébré & tant renommée Gon- dre , & ainfi les compofitions font
féSlion (‘ les mtiveilltux effets de ‘ le plus fouvet.t hroüillées par der.
laquelle fen ay refienty en ma per- terres , qui n'ont pour toute vertu:
fonne ) font rares & précieux , dont q-'‘e celle d’être aâFlrii gentes &
la Vrajfi. connoifikncé cfi jvrt difi 'deficcatives ; au coniraire du vray:
ficile , ils ne mériteraient pas d'y Bol ü’ Arménie , que fiiivant Galien,.
-fitire une fintfile remarque , mais un Hvre neuvième , chapitre fiptiéme.
/
dess
Dej Poi^idr&s Âfomaîiques* m
■âts jîmples médicaments , emre les
mtres venus , il dit s^CÜ efi ex¬
cellent centre^ la pefie , fondé fur
les frequentes expériences quil en o-
veu : cette Autherité doit fuffire,
pour nom faire rechercher curieu-
fement le vray , les marques duquel
font, quil fait d'un rouge pâle,fria-
Ue , do 'X au manier , quand on le
divife n pièces , il parait en de¬
dans comrnf des petites écailles,
d’un rouge tirant fur le citrin, mé¬
diocrement pefant -, de toutes les ter¬
res adflrin^entes , elle efi la moins
adhérante a la langue en fon exté¬
rieur , il fe fend dans la bouche
comme beurre , & fe dijfout aisé¬
ment dans l’eau , fans donner au¬
cune refidenfe pierreujc ou fablon-
Pour Vos du cmir de cerf, que
plufieurs Autheurs luy fubfiituent
celuy du cœur de bœuf, a raiÇon
des vertm qu’ils luy attribuent fort
aprechantes a celles de ce premier;
f’Fiime qu’il y a quelque chofe de
vray femblable , d raifon de l’ex¬
cellence des parties qui les produi-
fent , & ceux qui ne pourront pas
recouvrer le premier , y pourront
fuhfiituer ce dernier , & au. défaut
des deux la corne de cerf
Mais quant a Vufiion de la cor¬
ne de cerf , je ne puis fouferire au
fentirnent de l’Autheur de cette-
Confeblion , par les raiforts que nô¬
tre- Autheur de la Paraphrafe a cy-
devant alléguées au mélange de la
poudre du Diamargarit-um figidum,
qui dit , que de rôtir la fiye crue ,
c efi luy emporter fa vertu cardia¬
que , & luy en acquérir une étran¬
gère. De mtrne il efi k remarquer,-
que la corne de cerf crus , qui a
la faculté de rejifier k la pourritu¬
re des humeurs , & d’en corriger la.
malignité , de provoquer la Jùeur,
de cor/oborer l’humide radical , &
de tuer les vers 5 toss» lefquels ef¬
fets ne peuvent procéder , que de
fon fel volatil , & de la mucofité,
qui s’en tire pxtr la decoVtion fai¬
te avec Veau commune , pour en ex¬
traire la gelée , df par le moyen de
VuUïon, l'un & Vautre font entier
rement détruits , & esnfumez. : ce
qui a été fort bien obfervé par les
fiavans & expérimentes^ Médecins
d’Anvers : quand ils on écrit en la
defeription de la ConfeBion de -Hya- .
cinthe de leur Pharmacopée de l'an
1 6 b O. Cor nu Cervi fine ighe calcina-
ti : & Petrus k CaSîro, en fon traitté
de la fièvre purpurine , au chapitre
de la ConfeBion de Hyacinthe, com¬
me on la diVfenfe k Florence , met.
Cornu Cerui philofophicè prapara-
ti. Et quoy que les Médecins rno-
dernes fâchent dire , que la corne-
de cerf brûlée- jufques k blancheur ^
refifie k la pourriture des humeurs,
arrête le flux de ventre , tué les
vers , é’ provoque la fueur : c’efi
ce qui nefi pas croyable , k moins
que la petite quantité de fel fixe,
qui s’en peut tirer , aprez. que la
corne de cerf a été ouverte par
l’art du feu , contienne en foy tous
ces divers efets , ce qui efi abfur-
de , & snoins croyable que le pre¬
cedent. le laijfe k part les vertus
que Diofeoride luy attribué au li¬
vre Z. chapitre 52. de fon hffi.bi-
re des animaux , quoy que plus
vray femblables. le puis dh e , que
comme Vin-virition de brûler la corne
Dd Z de
2,12. Livre L
de cerf éfi.«^enne depuis Biafc ari¬
de , que c’était en un tems , que la
Æedecine était grandement fierile,
^ la préparation des médicaments
fart defeétueufe,on croyait fans dou¬
te , que c’était le moyen de la pou¬
voir mettre en poudre que de la
brûler : mais , comme le feu dijftpe,
ainjî que je viens de dire ,fes prin¬
cipales qualitez. & vertus, U vaut
mieux l’employer crue ejue brûlée ; &
ceux qui la. voudront préparer phi-
lofophiquement y procéderont com¬
me s’enfuit , moyennant que cette
préparation fe fajfe adroitement, &
a la vapeur d’une decoéiion ,qui luy
communique quelque vertu conve¬
nable aux fiennes. Il faut cheifir
le bois d’un cerf qui ait été pris a
ta chajfe en fa plus grande vigueur,
qui eft environ le mois d’Aoufl , &
de Septembre , & le couper en peti¬
tes pièces de la longueur d’un doigt,
& les attacher avec un gros filet,
puis mettre des bâtons en travers du
haut d’une cucurbite à refrigera-
toire , qu’on aura garny de rofes
pour difiiller , ou de quelque autre,
plante convenable , & attacher lei
filets en forte que la corne de cerf
fait fujpenduë d’un pied au dejfus
de la liqueur ; aprez. il faut cou¬
vrir la courge de fin chapiteau , &
donner le fiu mediacre, qui fera con¬
tinué, jufques a ce que la corne fioit
fnfifàmment, & également pénétrée,
& cela arrivera , dans deux ou trois
jours tpour lors elle fera friable , &
s’amollira en état d’être mife fier le
Porphyre-, pour la fiubtilifer & for-
tmer en petits Trochifis.-dr ainfi cette,
préparation fira de beaucoup prefi-
rabk a. celle de L’ordinaire-
Se mon IV.
Il eft aujfi très - important d’or
vertir ceux qui négligent de s’in-
ftruire en la cannoijfance des mé¬
dicaments , qu’ils n’employent plus
un certain bois , qui eft de cou¬
leur d’un rouge pâle , de fubftan-
ce entre rare , & denfie , un peu
plus haut en couleur que. le Bre-
fil , au lieu du vray Santal rou¬
ge qu’on nous apporte des Indes
Orientales , de la contrée de Tona-
fiarin ou Târnajfery , deçà le fleuve
du Gange , qui doit être jans fa¬
veur , que les Latins appellent infi-
pide , & les Grecs apios , de fub-
ftance beaucoup plus compacte , den-
fie & dure ,. que ce premier , & de
couleur rouge fort obfcure , tirant
fur le noir, qui ne donne point de
teinture , â caufe de fa folidité , à
l’égal du Brefil , co'ntre ce quen a
écrit Garcia Abhorre , qui dit, qu’il
ne teint aucunement j de quoy je
l’exeufe , parce quil n’en parle que
pour o 'üir dire , & moy par expé¬
rience..
L’erreur n’eft pas moindre^ de
ceux , qui prennent pour Granatin-
éiorum , la pellicule ou écorce du
Kermes , pour fa vraye & precieu-
fe moelle quelle enferme de confi-
ftence liquide , qui fe réduit par fa
maturité fans artifice , en une pou¬
dre fort rouge , qui fort d’elle-mê¬
me par le trou de fin écorce ou en-
velope , du côté qu’elle adhérait au
bois , ou k la fiseitle eC un peut ar-
brijfeau appellé Ilex bacctfera , où
elle s’engendre. Que fi on cueille cet¬
te graine ou excroifance avant un
ce-nain degré de maturité, elle em¬
porte une petite membrane fort dé¬
liée , qui botuhe le trou , & la pulpe-
Ti es Voudres Aromatiques. i i |
efl humide , venant a fe depU
cher , fe divife en ptks grains
d'un chacun d’iceux s'engen¬
drent des petits vermillons de cou¬
leur fort rouge , lefquels ne trou¬
vant point d'ouverture, percent leur
coque ou envelope & s'attachent
aux environs d'icelle , que pour
les feparer , on les pap a travers
un crible. Si on ne les éteint avec
du fort vinaigre , ^Is fautelent , &
voletent , comme petits moucherons,
tant que leur hurnïdïté naturel¬
le fait dippée : alors ils devien¬
nent blancs , & meurent fans au¬
cune vertu , ce tjui efi à remar¬
quer. Ce fera donques cette pou¬
dre rouge quil faut éteindre ,pour
mettre dans nos eompof fions , fi-tSt
quelle commence de s'animer , &
qu'on la voit remuer , en Varrou-
fant avec du bon fuc de limon
deflegmé d'un quart , & la pahrir
entre les mains , & la faire fei-
cher en petits Trochijcs , ainjt pré¬
parée , la faut préférer d fon ecor-
ce eu coque , que quelques Autheurs
par mépris Vont faite appeller par
Pline Quifquilium , qui Jignifie
une chofe de néant en comparaifon
de la poudre j ce que Selon a fort
bien obfervé en fon premier livre,
chapitre dixfeptiéme de fes obferva-
tions , qu'elle vaut mieux pour tein¬
dre , ér coûte quatre fois plus que la
coque , que nous ne devons jamais
mette dans nos eompof fions , qu'au-
defaut de la foudre.
La brièveté icy requife , ou les
divers écrits , qui ont été faits
fitr cette Confeéiion , comme a été
cy-depus dit , me font omettre les
autres ingrediens ,& clarre ce dif
cours par la Terre fgillée le Sy-
rop de limon : cette première noue
efi inconnue d caufe de fa rare¬
té , & par un fatras de ceremo¬
nies que les Turcs obfervent pour
la tirer de fon fein , comme a re¬
marqué de fes propres yeux le do-
6le Selon au premier livre de fes
obfervations, chapitre vingt-neuviè¬
me , c'eft pourquoy il s'en faut te¬
nir d fon Jkbélitut , qui efi le vray
Sol Oriental , tel que nous l'avons
cy-devant décrit.
Le Syrop de limon qui doit don-
nerlla forme d cette Confeélion & en
conferver toutes les effeces , fera
composé de trois livres de fuccre, d*
de vingt onces de fuc de limon bien
dépuré & cuits enfemble dans un
vaipeau de terre vernie , d la va¬
peur de l'eau bouillante.
Pulvis contra peftem , D.Batrd.
Soli Armena ver a aqua Scabio-
fa praparatAj unciam unam,
Terra figillata vers, , fi fieri pote fi,
une. dimidiam.
Radicum Tormentills, , &
Angelica > utriufque drachm.
Corticis Citrii mali,
Seminum Citrii mundati,
Acetofs,
Portulaca,
Cardui benediVti,&
Radicum DiBamni yfing. draehm.
unam & femifi.
Enula Camp an a
Sugloph
Sorraginis,
Zedoari»,
E>sî J
Tuni
2,14 Liwe L
Tunlcii ) id èfi Be t onie a al-
tilis ,
Rafura Eborû ,
Ojjü è corde Cervi,vel Bovis ,
Cinnamomi ,
Nucis mofehata ,
Folior. Melijfz ficcorum ,
Lapidum Smaragde ,
Hyn,cinthi ,
Cranatorum ,
Saphyrorum y
Coratli rubri ,
Jliargaritarum Splendida-
rum ,&
Bofarum rubrarum , fingul. drach.
ünam.
Mofehi Orientais , &
uimbarû , utriufq.fcrup.femij?.
Fiat pulvis. Ex hoc pulvere va¬
ria concinnentur pràjidia pro cu-
jufque laborantü palato , tempe-
rie, atate , fexu , tempore , & re-
gione. Sufplebit vicem puLverü
de Bolo , & Bez.oardici , ut ca-
rere pojfis.
PARAPHRASE.
L^nferipcion de cetre pondre dé¬
claré îk veetn , bquelle pourra
fuppléer le defaut de la poudre Be-
zoardique , & de Bolo j qui fe prépa¬
ré communément aux ^boutiques ,
pour êu'e méthodiquement compo- .
fée de Médicaments cboiiîsj & ap¬
prouvez de- plufieurs fîecles , & par
nous Ipecialemcnt cette année i 586.
icy à Mafeon & lieux circonvoifins,
tant pour la précaution j que pour la
guerifon de plufieurs malades de pe-
lte.Sa bafe eft entièrement Alexitaire,
ainfi qu’on verra , examinant tous les
ingrediens.
SeBïon IV'.
LE MELANGE. .
Il faut pulveiifèr chacun à part,,
le Bol Oriental lavé plufieurs fois
avec eau de Scabienie , & fe;chéi
la Terre' fcellée , l’Ivoire , le Mule,
& l’Ambre. Sur un porphyre , on.
marbre , il faut pulveriler enfemble
les pierreries , & le (. oraif , arrou-.
fez de quelques gouttes d’eau rofe
(afin qii’elles n’exhalent ) tant fubtil
qu’il fera poflâble , afin que par la
nature , ils fe puiilënt réduire de
puilîànce en action , & le diftribuer
par les conduits étroits , ainfi qu’il a
été dit cj-devant. Au mortier & pi¬
lon de metail , il faut premièrement
pulveriler les racines, écorces , &c os
de cœur de Cerf limé , ou incifé fort
menu : puis on y- ajoutera les femen-
ces, la Noix ihulcade , la Melifle , ôc
finalement les rôles rouges lèichées,
& mondées de leurs ongles. Le tout
tamilé liibtilcment , fera peu à peu
méfié avec les poudres lufditcs,
pour le tout garder dans un pot de
verre, bouché d’un double papier,
pour s’en fervir au befoin.
LES F A cr LTE Z.
Cette pondre efl auffi excel¬
lente , tant ptour la cure , que pour-
la prefervation de la pelle , de
quelque canlè qu’elle nailfe : voi- ■
rc à toute forte d’âge , & en tout
temps.
RE'
D&s Foudres jtiromatiô^ues. 2. i j
R E M A R QV E.
Auderon pour rendre fa pou¬
dre plui recommandable , ordon¬
ne que le Bol Oriental fait lavé
diverfes fois en eau de Scabieufe ,
cela ne peut être que pour deux rai-
fons principales , la première pour
en feparer quelque matière étran¬
gère , comme fable ou petites pier¬
res , que par fois on trouve parmy
la mine 5 la fécondé , afin de . luy
augmenter fit . vertu Æexitaire j
l'omets a dejfein de parler des au¬
tres deux intentions peurquoy la
lotion dej médicaments fe fait , par
ce quelles ne conviennent k notre
fujet : f avoué bien pour la premiè¬
re .raifon que l'intention de Bau-
deroh à été bonne , mais je foûtiens
aufi,. que de laver phfieurs fois le
Bol , quoy que la lotion fe fajfe avec
une liqueur qui femble k plufieurs
avoir quelque vertu Jpecifique con-
' tre le venin , comme la plante de
la Scabieufe , d'ou elle efi extraite,
que neantmoins les frequentes lo¬
tions diminueroient incomparable-
vient pim la vertu cardiaque &
adflringente du Bol , que l'eau n'y
fiauroit communiquer les fiennes ,
parce que leseaués dif idées de tous les
fimples de cette nature font privées
des principales vertus de leur plan¬
te , en ce quelles refient dans le
marc de la difiillation , comme nous
dirons cy-apre\ au traitté des
eaux difiillées fimples ; de façon que
fi le Bol né fe trouve fdhlonneux,
eu pierreux , il ne le faut point la-
tser du tout , & que quand il le
fera, U fufiîra pour lors d'une feu¬
le lotion , qui doit être faite auec
le fiic dépuré de la Scabieufe mi~
neuve de Camerarius j que bien les
qualité"^ & vertus de Bol ne con-
Jifient pas en un fiel , n'y en un fisc,
mais comme^ une terre douce , graf
fe , & jpongieu fe , fe réduit toute
en limon dans l'eau , & s’y divife
en très -fubtiles parties , & par
ainfi les frequentes lotions luy em¬
portent facilement, de fin adfiri-
étion, comme il efi aifé de remarquer
en fin goût aprez. l’en avoir exabie-
ment fe parée.
Bauderon en abandonnant Sera-
pion pour la préparation des pier¬
reries , efi tombé par mégarde dans
un autre erreur en cette compofi-
tion -, difant que les pierreries & Le
Corail fieront préparez, enfemble Jur
le porphyre ou fur un marbre ^ il ne
faut jamais préparer divers fiag-
rnents enfemble , a caufe de la du¬
reté des uns -, & de la tendrejfe
des autres j mais chacun k part ,
non. fur un marbre , par ce qu'il
efi mol , mais- fur un porphyre ,
comme a été cy-devant dit y
faut aller fi exaEtement qu'il fe
pQurfa pour éviter qu'ils n'aug¬
mentent de poids , & ne diminuent
de leur vertu. Lé Ambre gris fera
trituré avec quatre ou cinq grains
de femence de Citron mondez. ..
Pulvis Pleres Arcontîcon , ici
efl:, implcns principale , D-
N. Salernit.
Gnnamomi y
Ckryophyüor'um r
Livre L Seâion IV,
%lé
f,igni Aloës,vel hujus penuria San~
tali citrini.
Calanga tenuioris , ex China aUata,
Spica Indica ,
Nucü mofehata,
Zingtberis ,
Spoaij ,
Schananthi
Cyperi ,
Hojarum ruhrarum, &
Vtolarum , fingul. drachm. unam,
& gran. xv.
Folij Indi , fiu Malabathri Grx-
corum.
Glycyrrhiz^A ,
Jldaftiches ,
Styraeü calamites ,
Sampfuchi , feu JÜajorana,
Balfami,(cum Myrepf. potins quant
Balfamita cum Salernit.quoniam
in virib. recolligendis efi effi¬
cacité )
Seminum Ocymi , &
Cardamomi ,
Afacrepiperù , id efi , Piperù longi,
Leucepiperü , id efi , Piperù albi,
(hujté non meminit JkCprepf.)
Gorticum , vel filiorurn Citrq ma-
Baccarum Myrtillorum,fing.fcrup.
duos, dr gran. quinq.
Margaritarum , ( has pratermifit
Myrepfiu.)
Radicum Behen albi , vel harum
loco rad. Buglofii ,
Behen ruhri , vel harum loco
Rad. Borraginis.
Coralli ruhri , &
Serici crudi, fing.fcrupul. unum, &
gran.duo& fimifi.
Mofehi , grana feptem & femiffi.
Caphura, grana quinque ,
Technice fiat pulvù : Sacçhari albi
quantum fufficit,fiat êleSluarium
Jolidum, vel rnelle cum Syrupo Ro.
fato fimplici.
PARAPHRASE.
CEt Eleduaire a pris le nom de
(bn cftec admirable , en reftau-
tant ou réparant les forces des mala¬
des, perdues parla vehemence, ou
longueur des maladies , pour ce qu'il
corrige le vice qui refte au vifeeres,
de forte que les malades recouvrent
par ion uiàge leur iânté , & par
ainfi font promptement refaits. Ni-
colaus Salcrnitanus à tranforit cet
Eledfuaire de Nicolaus Myrepfus du
premier des Antidotes,chap.i45>. de
mot à mot , hormis qu’il y a ajouté
du poivre blanc & des perles , plus
que Myrepfus, & met la Balfamitc
(qui eft nôtre Menthe aquaciquc)pour
le Bahàme des Grecs , lequel fimple-
ment & Êqs addition mis fe prend
toujours pour la principale partie du
Baume, qui eft l’Opobaliàme, lequel
eft plus convenable à reftaurer les
forces perdues des malades , que la
Baliàmite. Ceux qui n’auront du vray
Baume de ludée, pourront prendre
iàns difficulté, l’huile de Gerofle ou
de Mufeades , ou la liqueur de la
Myrrhe recente , qui eft le vray S ra¬
die, des anciens tiré par expreffion.
Pour le Behen blanc & rouge , on
prendra /les racines de bugloffe ôc
de borraches. Ceux qui craindront
le Camphre' pour fon ingratitude ,
pourront prendre autant pefant de
flieilles de Meliflc , ou femence de
chardon bénit, pour être convena¬
bles à ce que deiîîis.
LE
Dei Poudres Aromatiques.
tï7
LIS. MELANGE.
Le Sericum ou Soyc j ne fe
4oic pas brûler , comme Salerni-
tanus requiert : par ce qu’il perd.
fa. vertu cordiale , & acquiert un
en^pyreume nuifible aux vifcercs :
mais fe doit jacifer fort menu,
& pulverifêr avec les Perles 3c
Corail , comme il a été dit en la
poudre de Xylaloës & Diâmarga-
ritum fiigidum. A part il faut pi¬
ler le Spode, le Styrax, leMaftich,
Mufe , & Camphre. Au mortier
de bronze , il faut premièrement
pulverilèr le bois d’Aloës , les raci¬
nes , & écorces de Citron , un peu
aprez la Canelle , Gerofles , Gin¬
gembre, Sc Schœnanthe, le Folium
Indic., leBafîlic, Cardamome, Poi¬
vre , & Myrtylles j finalement la
Manuguette , Rôles & violes. Les
poudres curieulèment pulverifccs,&
tamilees , peu à peu feront meflées
avec le Baume , ou Ibn fuccedanée,
pour garder le tout au befoin dans
ion pot,
LES FACULTE Z.
Elle corrobore le cerveau } ai-
guilè les fens , reftituë la mé¬
moire perduë , aide aux Epilepti¬
ques : elle recrée les afthmati-
ques , les melancholiques » &
ceux qui ont l’humeur un peu fu-
jette à rever : 3c rellaure ceux qui
lônt extenuez , de quelque longue
maladie.
R E M A R QV E.
Le peu de connoijfance qtfe tee
Médecins recens ont eu des
etuvres de Nicotaus Alexandrins^
ejl caufe que plufieurs d'iceux ont
erré en leurs Pharmacopées , de
même que l'Autheur de notre Para~
phrafe en cette poudre de Pleres
Arconticon , quils attribuent d Ni-
colasts Salernitanns que félon quel¬
ques-uns il na]amaü été , au pré¬
judice de l'honneur qui en efi deu
% Nicolaus Alexandrinm , qui la
décrit mot d mot, à la rejfrve du
Poivre blanc , & du Muje , da,ns
fin livre de la compojîüon des Mé¬
dicaments locaux chap. r j o.
Si les Pharmacopées ne s'accor¬
dent point en la dejeription de cet¬
te poudre , il en faut rapporter la
caufe , aux additions que Nice-
latts Salernitansu y a faites , par
exemple , en l’exemplaire Grec , H
y efi demandé le ■ Balfamum , &
au Latin Balfimita , qui fine
deux Médicaments bien différents-,
le prethier efi la liqueur du Bau¬
me de Syrie , & le dernier efi la
Menthe aquatique ; en l'exemplai¬
re Grec , nefi point fait mentiote
du Poivre blanc , & au contraire
le Latin le demande ; l’exemplai¬
re Grec demande les fueilles de
Citron , & le Latin l'écorce : l'e¬
xemplaire Latin met les Perles
avant le Behen & les appelle Gem-
marum , le Grec n'en fait point men¬
tion , & en d'autres font appellées
Margaritarum , toutes ces esntra-
rietez. , ont donné lieu d la diverfite
des defiriptions que notes trouvons
E e dans
Livre 1. SeâionlV. /
t r8
dans les JDiJpetifaires , comme aajfi
les diverfes defcriptions quon nous
a fait du Behen hlanc & rouge,
efi caufe quon nemploye point
leurs racines , & quon fuhfiime en
leur place , celle de huglojfe. , & de
borraches.
Le mélange de la foye crue , des
Perles ^ du Corail , ne doit point
être obfervé, que comme avons dit au
Diamargaritum fiigidum.
Pulvis Dîatriaran'talijD- Nicol.
,, Alexaiid.
Trium Santal or um ,
Rofarum rubrarum, &
Zuccare vel Z-accharia , id efi,
Semin. Pjyllij ( Sic legendum cen-
fet potius quam Saccare vel Cuc-
• care,id efiyCicuU ) fing. folidos
duos , feu firup.oBo.
Rhabarbari , vel potius Rhapontici
veri,
Spodq ,
Succi Glycyrrhiz^a ,
Semihù Portulaca , fingul. folidum
unum & femi fi. feu drach. duos,
Amy li ,
Gummi .Arabici , &
Tragacanthi ,
Semin. quatuor fiigidor. rna'prum
' mandat. &
Jntybi , id efi, SerioU , fingul.
folidum unum ,feu fcrupul.
quatuor.
Caphura ,fcrup. unum , & femijfem,
ex arte fiat pulvû. Nonnulli qua-
druplicant pondus Rofarum, quod
non pro:bo.
P ARAP HRASE.
SAlernitaniis a tïanfcrit cette de^
cription de Nicol. Myrepf de mot
à mot du premier des Antidotes
chapitre 213. honnis qu"à la fin My-
repuis y met demy once de Violes,
& Salernitanus , aprez les Santaux,
lePfyllium froid au fécond degré,.
& temperé en fîccité , & humidité,
Galen. in fine hb. 8. fimplicium , &
non Ion écorce froide au troifiéme,
& fà mo'élle chaude au quatrième de¬
gré ; comme ont voulu Avicenne &
Mefué & ceux'qui les ont fîiivis. le
ne fuis d’avis que l’Apothicaire
prenne la graine de Ciguë , pour être
une plante veneneufe , au tefmoi-
gnage de toute l’antiquité , & de l’ex-
perience maîtrelfe des arts r mais le
Pfyllium, ouïes Violes fùivànt l’opi¬
nion de Myrepfts autheur Grec :
comme auffi de ne quadrupler les
Rofes , mais fe contenter de ce qui
eft , pour être fuffifantes avec le
Spode , Rhapontic- , & les San¬
taux , de corroborer par leur ad-
ftriétion , le ventricule , foye , &
antres vifeeres , & réprimer leur
chaleur immodérée. La bafe font
les trois Santaux , dont cette pou¬
dre a pris fon appellation , la fic-
cité , & âpreté defquels eft mo¬
dérée par la vifeofité du Pfyllium,
Gommes , & fuc de Regliiîe. Les
femences , & Camphre , par leur
tenuité de parties , conduilènt par
la voye de l’urine la bile , & fero-
fîté qui échauffent les vifeeres. Au
lieu de la Rheubarbe .je ferois d’a¬
vis qu’on prift le Rhapiontic , pour
ce qu’il corrobore le vifeeres , par
Des Poudres Aromatiques, 119
îôn adftri^ion*, & ne purge point dres fliÛites pour puiS' apres les
comme la Rheùbarbc , attendu que inefler. aveC; les fîiivantes. Il fauî
pour le jourd’huy 3 on en peut fa- premièrement incilèr , & concafler,
cilement recouvrer du vray. loint' les Santaux & les arroulèr d'eau
que Myreplùs 3 Salernitanus.& plu- Rofè 3 les pulverilcr 3 & tamifer,
fleurs autres qui les ont fuivis , ont fùbtilement , & puis on , y peut
cflimé lé Rheubarbe des Arabes, ajouter le Rhapontic 3 le-Piÿllium,
& le Rhapontic de Diolcoride , & & Scariole 3 finalement les Rolès.
de Galien être même plante 3 ce Aprez le tout fera meflé , & gardé
qui eft du tout faux. l’aymerois au befbin.
beaucoup mieux qu’on prifl: la refi-
dence du Rheubarbe exprimé 3 aprez LES F A C VL TE Z.
avoir infufé , s’il n’y a moyen de re¬
couvrer du vray Rhapontic 3 qui ne Elle corrige l’intemperature chau-
purge point. de du foye , de emporte ce qui ^luy
Solidum > ou Exagium 3 eft le rette d’obftmcHon 3 & guérit la jau-
ce^ut poids anciennement ufi- niflè : elle corrobore auffi le foye &
làtZ. contient la flxiéme partie ventricule,
d’une once 3 qui font quatre feru-
pules 3 & non une drachme & de* R E M A R O V E.
mie. ■ Qiii ne voudra- avec Salerni-
tanus 3 Saladin 3 Prepofitus., & n a -pat tant feulement ra-
quelques autres qui les ont voulu V^'Z7 la gloire a Vautheur de
fliivre mettre neuf drachmes en l’on- cette compofitienqui efi Nicolam
ce pour huit. Alexandrinm , pour la donner a
un autre 5 mais quelques autheurs
L E M E L A N G E. A'ntidotariographes ont changé le
mot de Saccharum , que fon Au-
Chaciin à part , il faut pulve- thenr demande en la defeription quil
rifer le Rhapontic , ou refidence nom en donne fom le nom de Dia~
du Rheubarbe exprimé 3 le Spode, triafantali alterum , au chapi¬
tre de Regliflè , l’Amydon > & tre ç> i z. de fon livre fm allégué.
Camphre : enfemble les gommes pour le met de Zucare vel Zac-
Arabique & Tragacanth 3 avant charia, qui font bien différons en
que les peler 3 pour ce qu’en les fignification -, le curieux aura re-
triturant une portion s’exhale , de cours au livre cinquième des Ept-
lôrte qu’enfin le poids requis ne très de Mathiole , & a la Phar-
lè trouve. Les quatre lèmences macopée de Luys de Oviedo Boti-
froides mondées de leur écorce 3 le- cario en Madrid, ou U trouvera de-
tout hachées fur un papier blanc quoy fe fatisfaire fur ces mots ,
avec Un trancher , ou couteau de pour lefquels les uns y mettent la
Cordonnier , puis refiibtilîfées au femence de Pfyllium , d'autres la
itiortier avec - les Gommes & pou- femence de Ciguë , d'autres fuivant
Es Z l'An
xï,o Livre L SeâionlV,
l’jiutheur , y metttnt le fuccre ,
& d'autres n'y mettent ny l'un , ny
l'autre : & equant d moy , je fuü
du fentiment de Nicolam Âle-
xandrinui d'y mettre le fuccre &
de rejetter taute forte d'autre in¬
terprétation , eu en imitant les
Pharmacopées de Uuremherg , par
Cor dm de l'an 1598. & de Vvol-
kramer , de l'an 1666. ejui mettent
le fuccre Candit violât , d" pour le
Spode la rafure d' Ivoire.
De tom ceux qui décrivent cette
poudre , je n’en ay point trouvé de
pim conforme d l’aiutheur que Ber¬
nard Dejfennio de Cronemheurg,
qui la décrit dans fon livre de la
compofition des Médicaments fans
femence de Scariole , & tom les
autres la l'y font entrer. Et pour
les femences froides , j'efiime qu'on
les y doit employer toutes entiè¬
res, apres les avoir bien choijies , la¬
vées , & feichées,comme nous dirons
cy-apres^ en nôtre addition , Jur la
decoSlion commune de ^ Médecin e
en l'.4ppendix livre fécond feélion
troifiéme , & e'eft parce que la pou¬
dre vaut contre l'iHerie , & quelle
fert pour emporter le refie des opi¬
lations , ou l'écorce defdites femen¬
ces aide beaucoup.
Diaîacca magna , D- MeH
y:. Eacca abluta ,
Rhavedfeni , utriufq. drach. duos.
Spica Nardi ,
Mafiiehes ,
Semin. -Apij ,
jimeos ,
Emisuliy.
Anifi r
Coliculorum Scheenanthi,
Abfinthij
Succi Supatorij ,
Sabine ,
Amygdalarum amararum,
Cofii,
Myrrhe »
Rubie tinHorum ,
Afari,
jirifiolochie rotunde ,
Gentiane >
Croci ,
Cinnamomi ,
Hyffopi ficce ,
Caffie lignée aromatiee,
Comarum Schœnanthi
Bdellij, fing. drach. unam & femifi’
Piperü nigri , &
Zingiberis , utriufq. drachm.unam
fiat pulvis ufui reponendm.
Vel Myrrham , & Bdellium vi-
no infunde : cetera tere , & em-
nia Melle deljumato excipey&
vfui repone.
PARAT HRASE.
CEt Eleftuaire eft décrit par Mo-
fué en la fécondé partie de la pre¬
mière diftinâion qui luy a impofe le
nom de fa balè la Gomme Lacccj
mife au commencement , laquelle par
la lotion acquiert une tenuité & ape-
rition plus grande. Sa verni incifive
atténuative j & deterlivc des matières,
craflès & vilqueulès , eft conduite
aux poulinons par l'Hyiïbpe , &
Amandes amercs J au foye par leftic
d’Abfinthe, & d’Eupatoire de Melùé
(qui eftlèlon Matthiolc fAgeratum-
de Diolcoride ) le Rhaponticj pour le
Rheiibarbc , ( pour les raifons cy-de-
Yantdeclarées)5c Nard Indique : à la
matà:
Des Foudres Aromathue s, iit
matrice, par k Sabine, Aiillolochc
& Gentiane : à la ratce , reins , &
veflie, parl’Afarum,' Rubia rindo-
nim, & femences d'Ache, d’Anis,
Ameos , Fuenoüil & Coftus , le Ma-
ftic. Poivre, Gingembre, SafFran:
laCanelle& Calïè aromatique, qui
different feulement de la namre &
bonté du lieu où elles croiflènt, com¬
me nous avons déclaré en la pou¬
dre Diacinnamomum , y font mis
tant pour confumer les vents, & au¬
gmenter la vertu incifîvc de la ba¬
ie , que pour fortifier le ventricule
premier lecevanc : la Myrrhe , &
Bdellium y font mis pour ramollir
la dureté des vifeeres : le miel pour
deterger & conferver le tout.
LES EACVLTEZ.
H fortifie le ventricule, & le foye,
libéré les obftrudions du foye : dif-
fout la dureté diccluy , & guérit la
cachexie & fhydropifîe qui en naif-
fent, provoque les urines , & brifè
la pierre des reins & de la veilic.
REMARQVE.
LEs diverfes verfions c^uon a fai¬
tes des exH'vres de jCiefué , eut
causé beaucoup de difficultés ejuc
nous rencontrons dans les deftri-
ptions de cet Autheur , qui brouil¬
lent bien fouvent ceux qui font cu¬
rieux de les foudre , par exemple,
dans le Dialacca magna nous lifons
aux exemplaires infilio de luntas
de l'an 1623. fucci Ahfir.thii, &
fitcci Eupatorii , &c. & dans deux
petits inoBavo que fay en main, le
premier de Venife apud Gregoriurn
de Gregoriis de l'an J i. & l'au¬
tre de Lyon apud Benediüum Bon-
nyn, de l'an 1540. on y lit fimple-
ment Abfnfhii , & en fuitte fucci
Eupatorii , &c. dans les mêmes
exemplaires on y lit aujf Gummi
Lacca abluta , & Rhavedfem ana
drachmoi duos ,& en d'autres Gum¬
mi Lacca abluta & Rhavedfeni ana
drachmas très. lie plus il s'y pre-
fente encore une autre difficulté qui
eft confiderable , & qui mérité d'ê¬
tre expliquée , en ce que Afefité a
fait entrer dans cette compoftion
le Scheenantum par deux foû, la pre¬
mière fous le nom de Squinanti ou
Schœnanti ,& la fécondé fous celuy-
de Cymarum Squinanti ou Schœ¬
nanti ; & quoy quen apparence ces
deux noms ne fgnifient qu'une mê¬
me chofe , fi eft-ce neanmoins qu’il
y a grande différence, bien que l’Au-
theur ou fes interprètes nayent
point exprimé qu’a demy les par¬
ties qu’il en faut prendre chaque
fois. Cette confufion a donné lieu d
l’Autheur de la Paraphrafe , #
a d’autres de ne le mettre qu'une
fois dans leur defeription , s’ima¬
ginant fans doute , qu'une des deux
étoit une addition faite par mégar-
de,& à l’aventure , d eaufe de la
reffemblance des noms & de leur fi-
gmfication. Qipe peur l'intelligence
du mot de Schœnanti fimplement,
que JHe filé employé dans fa deferi¬
ption , il faut entendre cette peti¬
te tige ronde qui croît au milieu
de la plante, qui eft nôtre lonc odo¬
rant , que pour le rendre plus in¬
telligible fay ajouté d nôtre deferi¬
ption le mot de Coliculorum d ce¬
luy de Schœnanti , d l'imitation de
£ e 3 Euch. .
Livre L Seëton I V*
Fuchfim-, du ùmdon des Apothir-,
caires , & des Médecins d'AuJbourg. .
Et en fuite fe pre fente le Cima-
rurn Schœri^nti avec une dtficulté
que je ne puis foudre, fa^s choquer
en apparence les propres termes de
Méfié , quon ne peut expliquer
que pour les fleurs du même lonc
odorant , que je foùtiens avec la
vérité , que fi on defire d’avoir les
deux parties les plus parfaites , &
qui ■ contiennent tomes les vertus
differentes qu'on att.tribué d la plan¬
te fuivant l’intention de Mefué ,
qu’il faut prendre le pied ou les
fleurs, font attachées , ou bien pour
fatis faire les errans ■ de notre pro-
fèjfiien , qui ne font qu’en trop grand
nombre , les pieds & les fleurs en-
femble & ne les feparer point l’un
d’avec l’autre , comme il fe prati¬
que pour l’ordinaire avec grand
foin , pour les employer dans les
cornpofitions , fans confiderer qu el¬
les font de beaucoup inferieures aux
pieds oit elles eroijfent -, qu’a les mâ¬
cher font d’une faveur aiguë , fub-
tile & pénétrante , accornpagnée de
quelque fuavité , au contraire des
fleurs , qui ne participent que fort
peu de ces qualité^.
Pour les raifons Jus alléguées,
fay remis le Shœnantum que Bau-
deron 'en avoit rejetté \ mais, on me
repartira fans doute , que c’ejl en
vain qu’on fait entrer deux fois un
ingrédient dans une même compo-
fition 3 d quoy je réponds qu’il ejl
vray , mais que ce font derx par¬
ties d’une plante qui pojfedent des
vertus differentes , & que quand
cela ne ferait point , on les y doit
mettre par la même raifon que nous
y mettons le Cinnamome & le Cafi
fia lignea', qui ne different pas de.
beaucoup , & le plus fouvent on
prend nôtre Canelle ordinaire pour
les deux , ne faifant confijler leur
différence , que de l’écorce épaiffe
d la plus déliée.
Laccæ præparatio.
Ariéîolochia longa , & j
Schœnanthi , utriufique uneiam fe-
miJS.
Coque in aqua libra una, ad quar-
ta partis confumptionem,
Colatura infferge , Lacca integra,
uncias quatuor , qua lento igni
coquatur , donec aqua fit coloris
fanguinei , aut quicquid in Lac“
ca boni fuerit , fit dijjolutum,
tune per pannum lineum , aut
filtrum cola : & rémanentes for-,
des reiic.e.Excolatam vero aquam
rubram , lentis prunis ad mellis
craffit.udinem coquito, & tepidam
majfam in Trochifeos Jèrmato , &
ujui reponito.
paraphrase.
La Lacque n’eft pas le Canca-
mum des Grecs , laquelle eft ar- lac^ui
tificielle, ou nacurelle. £cs Peintres î«V-
lè 1er vent , plus louvenr de celle-là
que les Médecins, dont nous n’en-
tendons icy parler. La naturelle n’eft
autre choie que la larme ou gom¬
me de certains grands arbres , com¬
me .Noyers , qui croilïènt en gran¬
de quantité en Pegu , 5c Martaban,
qui font Provinces des Indes Orien¬
tales., quafi lèmblables de fiieilles.
De^ Pomres Aromatiques,
au Prunier. Les fourmis de ces
pais- là > lelabourenr dune indii-
ftrie naturelle , '& artihce admira¬
ble : en iiicçant Phümeur des bran¬
ches les plus jeunes & tendres j k
Gomme demeure ■ congelée aufditès
branches , & ibuvent on y trouve
des ailes de fourmis. La meilleure
eft celle qui eft -la plus nette , la¬
quelle mâchée j teint la iàlive en rou¬
ge , & eft appellée des > habitans
du lieu Trec , & des Arabes > Per¬
les J & Turcs , Lot J Somutri , pour
Sainatra,aujourd’huy appellée Tapro-
bana. Non que Samàtra ibit Pro¬
vince de PegUj où croj.t la Laçque,
ou proche de là : mais pource qu'il
s’en apporte là fort grande quantité
des Indes' Orientales, comme au prin¬
cipal port des Indes , où les Arabes,
Pcrfes, & Turcs arrivent de toutes
parts , pour y acheter des drogues,
& autres marchandilès qui en vien¬
nent , qui eft l'occafron qu'ils l'ap¬
pellent Lot Somutri j de là le tranf.
porte en divers lieux d'Arabie, &
en Alep, ville de Syrie ; de là à Con-
ftantinople, Alexandrie, Venilè, Mar-
feille, Lyon & ailleurs.
LE MELANGE.
Au premier rang de trituration
il faut mettre les racines , au fécond
toutes les femences , écorces , &
Schœnanthe incisé fort menu, prin¬
cipalement fi c'eft la paille , qui en¬
dure longue trituration , que fi c'eft
k fleur il ne la faut point incilèr.
Encore que Mefué demande deux
fois, & en même ordre , du Schce-
nanthe, il fiiflîra d'une. Finalement
ks amandes ameres , & herbes’. Si
l’Apothicaire veut garder la poudre,
la Myrrhe, & Bdellium menu incisez,
avec les autres fecs , fe pulvcriicront
facilement. Il faut pulverifèr à parc
le Maftic 6c Saffran.
S'il eft queftion d'en compofèr
un Eleéluaire mol , il lâu^ infûfieJa
Myrrhe & Bdellium , comme dit
Mefué , en vin fur les cendies chau¬
des , puis les cuire,, en confiftence du
miel , qu'on ajoutera au quadruple
du tout de Mic-l blanc , auparavant
écumé & cuit, apiez on y mêlera
les poudres , pour le tout garder au
beloin. Si les lues d'Abfinthe , &
d’Iupatoire font fecs,, ils fe pulve-
riferont aisément avec les autres ,
s’ils font recens on les ajoutera au
miel encore chaud auparavant la Myr¬
rhe , Bdellium & poudres. Pour cha¬
cune livre. de miel écumé, faut trpis
onces de poudre.
REMARQ^VE.
DVRenou & autres nom veu¬
lent perfuader que la Gamme
Lacque Je pouvait dijfoudre dans
toute forte de liqueur aqueuje , ce
qui a fans doute donné lieu k cer¬
tains de ceux qui ont décrit fa pré¬
paration de croire qu elle fe dijfou-
droit facilement dans la decoBion.
cj> - dejjm prefcripte d’Arijfoloche
longue & le Schœnanthe. Lierre Cou-
demberg l’Autheur du Guidon des
Apothicaires , étant pleinement per-
Juadé que c était la vérité même,
prit de la occafion dé taxer d’igno¬
rance le premier inventeur de cet¬
te préparation , dijànt qu’il ne eon-
neijfoit point la nature de la Eac-
que , de ce qu’il la foifoit bouillir
dans
dans la fufdite decoüien , & qu’a-
frez. il jettoit Veau qui centemit
A^ec fa couleur rouge tout ce qui ejt
di pur & d'ejfcace en la Lacque,&
nè gardait que la fondraille , qui
n eft que la crajfe & hachette de
ladite Gomme pour en former cet
Troçhifques , & enfuite U dit , qu’il
enfeignera une meilleure façon de la
préparer , qui ejl la rnême que Bau~
dèron décrit cy-dejfut.
’ le puis hardiment répondre con¬
tre cette préparation que Couden-
berg dit etre la meilleure > & dire
de luy fans l'offencer ce quil a
dit du premier inventeur d'icelle,
qu’il n’a jamais luy-même conneu
eri aucune façon ny extérieurement
à la façon des DroguiBes , ny feien-
tifiquement a la façon des Méde¬
cins la nature de la Gomme Lacque,
& en (Qualité d’ Apothicaire , avant
que d’ écrire de La forte , il le devait
obferver , pour s’inBruire de la vé¬
rité , qui vaut incomparablement
mieux que d'en parler par ouyr di¬
re : car au contraire notre Gomme
Lacque ne fe dijfout point dans la
decoBion de la racine d’Arifioloche
longue dt" du Schœnanthos , fait par
voye d'.infufon , ou de coBion com¬
me il dit y & la raifon de cela efi,
quelle participe de la nature des
Gemma refina -, que pour une plus
claire intelligence . il fera à propos
de dire fuccinBement qu elle efi leur
compefition y afin que l’ArtiBe le
puijfe mieux comprendre. La Gomr
ma procèdent d’un fisc terreBreyCras
& aqueux y & la Refina d’un fuc
gras & Oléagineux, ca deux matiè¬
res de nature contraira jointa en-
femble forment un mixte, & font un
Livre L SeSiion IV»
ajfemblage naturel,que l'artifice d'u-»
ne telle decoBion ne fçauroit péné¬
trer eu l'ouvrir pour en tirer U
vraye teinture , & encore moins la
dijfoudre , non plu* que la liqueurs
Oleagineufa , quoy quelle participe
de l’un & de l’autre , dans la unes
& la autra de ca liqueurs, elle fait
quelque femhlant de s’y ramollir,
defeend au fonds du vaijfeau en
majfe , que fi on prejfe le feu elle
fe bruleroit plutôt que de fe dijfou-
dre , que fi on la veut dijfoudre
eu Uquifier d fec fans liqueur , elle
s’amollit , mais fi on la prejfe aujfi
elle fe brûle , & ne fe ramollit
plus. Il n'y a que je fçaehe , que
l’ejprit tartarisé de la grande Lu¬
naire , qui la dijfolue foudainement
fur une lente chaleur. La Lacque
étant donc de cette nature , comme
il nous efi confirmé par diverfa
experienca , que la liqueur ou de¬
coBion preferite ny peut nullement
convenir pour la préparer fuivant
l’intention de Condenberg n ayant
pas la force d’ouvrir & de péné¬
trer cette étroitte union de la na¬
ture , avec le fupport des Autheurs
Grecs , Arabes & Latins qui l’ont
fuggeré, je diray , que s’il paroU
quelque teinture , aprez. l’avoir fai-
tecuire dedans , elle procédé en par¬
tie de l’AriBoloche longue & du
Schœnanthum , qu’en ayant fait
bouillir demy once de chacun dans
douz.e onces d'eau de fontaine a la
confomption d’un quart , cette de¬
coBion ne rapportera - elle pas une
couleur rouge tirant Jkr le jau¬
ne ; puis jettant dans icelle quatre
onces de Gomme Lacque , recuifant
le tout jufques d ce , comme ils par¬
lent.
Dis Poudres Aromatiques, zt<
lent que la liqueur ait acquit la
couleur de fang * ce qui ne peut
être par les raifons déjà dites par
voys de la dijfolution de la Gom¬
me Lacque , parce quapre'^ l'a¬
voir faite cuire , comme il efl pref-
crit > on la tire de la décoction ,
au même poids qu'on l’y a mife
fins diminution de fin poids, l'a¬
voué bien que la couleur de la de-
eoSion s'augmente en deux façons,
la première , k raifin de la con-
fimption de l'humidité , la fécon¬
dé , de ce que quelque peu de bois
êu des ailes des fourmis , qui font
mêlel^ parmy luy communiquent,
ce qui me fait conclurre , que cet¬
te préparation efi abujîve fuivant
leur fins , & en domteray une au¬
tre de beaucàup pltes préférable-, ti¬
rée du chapitre 59. dudoSle Com¬
mentaire fur Diofeoride de Paul
& lacques Contant pere & fils,mai-
tres Apothicaires a Poitiers , telle
que s’enfuit.
Laccæ præparatio.
Of, Ariflolochia longs, , &
Schœnanthi , utriufque une. unam.
Aqua fontis , uncias decem.
Coquantur donec tertia pars con-
fumatur , & cola : in colatura
iniqce Laces a quifquilijs man¬
dat s , & pulverifats uncias qua¬
tuor , & dimitte madefiere per
diemintegrum : deinde Sole ,vel
cineribus tepide ficca & Trechifi
cos finge & mis utere.
l'ay augmenté la do/e' de l’eau
pour faire la decoüion jufques à
dix onces , dans laquelle on cuipa
i AriBolocht longue coupée à tran¬
ches , a la confimption d’un tiers,
la colature faite , la decoHion fera
versée fur la fleur du lonc odorant
avec fin pied , comme il a été dit
en la Remarque du Dialacca , dans
un pot de terre bien couvert , &
fur les cendres chaudes , aprez. 24,
heures d’infufion , la faut faire
confumer environ a la reduélion
de trois onces , & la. recouler ,&
de cette colature il en faut hume-
lier la Gomme Lacque dhoifie , fub-
tilement triturée , que tiendreï^ en-
lieu chaud par un jour naturel , le
lendemain ferez, lentement évapo¬
rer l’humidité fur les cendres chau¬
des ou au Soleil , & en formere^
des petits Trochifques que garderez,
au befiin.
Diacurcuma magna, D-MeH
yi. Croci optimi,
Afari,
Semimm Petrofelini,
Dauci Cretici,
Anifi , &
Apii yjîng. uneiam fimifi.
Rauedfeeni , id ej} Rhabarb. vel po-
tius Rhapontiei
Meu Athamantici,
Spies Indics ,/ing. drachmat fix.
Scordii
Scolopendrii , &
Succi Glycyrrhizs , Jing. drachm.
duos & femifi,
Cojli,
Cajfts lignes aromat.
Schœnanthi,
Carpobalfami , vel femin. Lentifci,
vel Terebinthi arboris.
Myrrhsf
F f Radk>
Livre 1.
Radie. Erythrodani, feu Rubia ti-
notorum,
Succor. ^bfnthii Pont. majoris,ve.l
ruflivi J & vulg. id efi,
Eupatorii Jbfef vel Agrimor-
nia noflratis
Olei Balfarni, vel Garyophyl. vel
IPucü JUfofihat.fngulorum,drach.
duae,
Calami aromatici vert ^vel effeina-
rum , &
Gnnarnomi , utriufque drach. unam
& femiji.
GummiTragacanthi , drach. unam.
■ Eiat pulvü perfe^ reponendm , vel
mette dejpumato excipiendui,
PARAPHRA SE.
MEfîié décrit cet Elêdtnaire au
lieu preallegué : fou infeription
eft un nom Arabe fignifianf diver-
{cs choies : car Serapion au chapi-
' tre 306. du livre des iîmples , dit que
‘Gnreuma, fignifie la Chelidoine. Or
"je ne vois point que Mefiié l’aye
■ainli entendu j veu qü'cn toute cette
Gompofition la Chelidoine n’y en¬
tre aucunement. Le même Serapion
& Avicenne en leurs Synonymes^ di-
fent que Curcuma fignifie la racine
‘dont les teinturiers le fervent , que
des Grecs ont appelle Erychrodanon,
mifè par Mefiié au troi2iéme rang,
& par nous au quatrième , ce qui fc-
roit plus vray fcmblable que la pre¬
mière opinion. Les uns efliment que
-Gurarma foit ce que nous appelions
vulgairement Terre mérité. D’autres
eftiment que ce vocable Curcuma,
•fôit dépravé de Diacrocon , c’eft à
dire compofition de SafFran, mis au
coimnencement Sc en grande quan-
Seaionir.
tiré tenant lieu de la bafe , laquelle
appellation jufques icy a été retenue.
De moy j’eftime que ce nom foit ge¬
neral, & par les Arabes pris pour
toute chofè , qui peut teindre en jau¬
ne , comme Cheudoine , Rubia ma¬
jor, Terre mérité, SaÉFran,&c. Ce
qui a donne occafion aux Interpré¬
tés, d’interpreter diverfement ce nom.
Ladftriélion legere du SafFran eft
augmentée èc conduite au foye par
les fncs , Rhapontic , Schœnanthe,
& Nard Indique.La Canne odorante,
la Myrrhe, Scordeum, Carpobalfe-
me , & Opobalfàme ou leurs fucce-
danées conduifent fà verni à la ma¬
trice : le Meom Athamàntic , le Co-
ftus , Afarum , Rubia tindorum , fe-
mences & le Ceterach , à la ratte,
reins &veffie:la Canelle , & Cafîè
aromatique , y font mis pour le ven¬
tricule i & pour refifter à la pour¬
riture des humeurs : le foc de Re-
■ gliflè & gomme de Tragacanth y
font mis pour corriger la chaleur,
& ficcité des precedents , le miel
pour deterger les matières cralFes, Sc
vifqueufos retenues aux vifoeres , &
conferver le tout.
LE MELANGE. .
L ordre doit être obfervé en la
trituration ainfi qu’il a été dit au
Dialacca. La poudre parachevée , il
faut que l’Apothicairé confidere,s’il
la veut garder long tera's , ou non,
eu s’il en veut faire un Eleduairc
folide , ou mol en forme d’Opiatc.
S’il veut garder la poudre long tems,
il n’y doit m.cler le fîiccedanée de
l’huile de baume, finon lors qu’il
en voudra ufor ,\utrement toute la
poudre.-
Des Poudres Aromatiques. 117
-poudre deuiendroit rance , ingratte
& moindre en peu de temS;. Que
s'il avoir du vray Baume de luaee,
il l’y pourroit mêler , pource qu'il
ne rancir point. S'il en veut ufer
prefcntemcnt , ou compofer Eledbuai-
re mol j il doit mêler ledit liicceda-
née de Baume peu à peu avec la
poudre au mortier » ou bien le diC-
foudre avec le miel écume & cuit
la badine ôtée de delîus le feu avec
un pilon de bois > puis il pourra y
ajouter peu à peu les poudres j en
remuant toujours , afin qu’il n'y ait
des grumeaux. Etant refroidy le tout
fera gardé dans fon pot bien cou¬
vert, pour s’en fervir au belbin,
ainfi il fe garde long tems. La dofe
de la poudre en Eleétuairc mol , eft
trois onces pour chaaine livre de miel
ccumé & cuit. Si en Eleéluaire fo~
lide il fitffit de lix draclimes , ou de-
my once pour chacune livre de lùc-
cre pour les plus délicats , à cau-
fe de Ion amertume , ainfi qu’il a
«té dit.
Z£S FACVLTEZ.
Elle guérit les maladies froides &
longues de l’eftomaçh, du foye, de la
ratte & les lÿmptomes qui en pro¬
viennent , les obftruélions , l’hydro-
pifie , la cachexie , la couleur du corps
viciée : empêche la corruption des
humeurs dans le ventricule, & qu’il
ne s’enfle point de vents groflîers:
appailè les douleurs des reins & de
la velcie provenans de caulè froi¬
de , ou d'obftruélion , & provoque
l’urine.
REMARCLVE.
LEs trois dermeres éditions de
'Bander on far lean lofi font de-
feUueufes en la defeription du Dia-
curcuma', en ce quil y manque la
JiSyrrhe , par la négligence du Cor¬
recteur & de 1‘ Imprimeur : ces fau¬
tes ainfi frequentes font dangereu-
fis , & importent beaucoup , par¬
ticulièrement s'il fe recontre qu'on
obmette un eu deux Jpecifiques qui
firent finis da-ns une compefitien,
qui la rendront toute à fait inha¬
bile & ne fera du tout rien contre
la maladie pour laquelle elle aura
été inventée j pour éviter ces incon-
veniens , il efi abfolument necefiki-
re de conférer les D ilfenfaires les
plus fideles & ceux qu'on croit les
plus correbls-, autrement on ne fçau-
roit éviter de tomber en faute,. au
grand préjudice du public. Il efifi
remarquer que les Moines en leur
defeription ne fi rapportent pg.jnt
avec quatre divers exemplaires d^
Mefué , fur lefquels je travaille,
en ce qu'ils difent Rauedfeni ,Phu,
Meu , cr Spica Hardi , ana draé-f.
fex. Les Médecins d’Aufbourg en
leur. Pharmacopée les ont imiter,
non autres , ainfi que fay peu
vérifier , & au contraire , en mes
quatre exemplaires de Mefué , ny
dans mon rnanuferit , il n'efi nul¬
lement fait mention de la Valéria¬
ne , elr difent fimplernent Rauedfi-
ni, Meu & Spica Jsfardi,ana drach-
mas fex , & cela procédé des diveiy-
fis éditions qui ont été faites fmr
divers rnanuferit s des œuvres ,dt
Mefué , parce que limpreffon né-
F f Z toit
2. 1 8 Livre L Seâion J V,
toit foi encore en ufage de fon tems,
nom nom en tiendrons à la defcri-
ption que Bauderon nom en a laif-
si i âpre X. y avoir a]oàté la Myrrhe
comme j’ay fait en la dejcription
ey-dejfm. le ne diray rien touchant
Vetymologie de cette compojition,
jeftime que l’Autheur de la Para-
phrafe y a 'amplement fatisfùt ,je
diray feulement fur fon mélange,
que bien quon ait a garder cette
compofition en poudre , il ne faut
pas laijfer d'y mêler l’ Opobalfame,
^ eu fon fubSlitut , qui ne font que
deux drachmes ,fur huit onces deux
drachmes de poudre , cette addition
fi doit faire dans ' un mortier , la
poudre fubtilement tamisée peu à
peu en triturant s’imbibera , & fi
mêlera fort exaÜement,
Pulvis Eledluarii luftini, D.
Nicol. Alexand.
Cinnamomi , feu CanelU fe-
leSla,
Cajfa lignea aromatica.
Foin Indi , feu Malabathri Gra-
corum,
Hyffpi ficca,
Pulegii,
Arthemifa,
Radicum Cofli,
Nardi JndicA
Arifiolochia longa, &
Rotunda,
Jjelenii,id efljnuhs, Campana,
Pentaphylli , id efi ^uinque
Piperis albi,
Erui , feu Orobi veri,
Seminum Petrofilini,
Olufatri,fiu NippofiUni ..cj
Leviéîici ,feu Liguftici,& Lk
bifiici, idem.
Vrtica, ..a
Milii Solü , feu Lithofpermi
Graeorum,
Saxifagia,
Aéfaragi,
Silerü montani,
Apii , feu Eleofelini Gr&coc
rum,
Anethi, il
Ruta, ‘iti
Gtrii mali,
Fœniculi,
Anifi,
Baccarum Iuniperi> &
Lauri , fingulor. drachmam
unam , & femijfem. ■ à»
Fiat pulvis quantitate fuficiend
Mellù defpumati excipiendm,tkl
fine Melle ufiti reponatur.
n
PARAPHRASE.
SAlernitanus dit que luftin Empe¬
reur des Romains a été l'inveip-
teur de cet Elcâuaire , liiy impofant
fon nom , comme compofition digne
de luy, & d'Empcreur pour là gran¬
de vertu. La bafè eft entièrement diu¬
rétique 5 & brife - pierre , horfinis
quelques ingrediens,quiy font mis
pour corroborer les vifecres , & renr
dre leur adion meilleure. ' j
LE MELANGE. J
Au premier rang de trimration ^l
faut mettre les racines , au fécond Ite
femences , Canelle & Gaffe , au der¬
nier les herbes feiches : le tout fiil>
tilcment pulvérisé & tamisé fera gar¬
dé en fon pot de verre bien bouché»
pour
Des Poudres Aromatiques.
pour arec fiiccre difibut en eau de
saxifrage, en faire Eledtuaire foli.-
de:ou avec miel blanc écumé & cuit,
un Eleâuaire mol, ou autre genre de
remede , tel. qu’il fera advisé.
LES FACFLTE Z.
Elle eft propre aux douleurs des
reins, brife les pierres , ehaiîe le gra¬
vier , diflbut la ftrangurie , principa¬
lement causée d’humeurs cralTes &
mucilagineufès.
R E M A R QV E.
QVby quil femhle que NiceUm
que certains furnomment Sa-
lernitanus ,ait ajouté en l’Eleéluai-
re de lufiin l‘Arifioloche longue,
& la femence d’Anù , je ne ravi-
ray point l'honneur qui en efi deu
à Nicolam Alexandrintü , qui efi
le premier des Nicolas qui le décrit
aprex. fon inventeur fous le nom de
luBinum au chapitre de fon li¬
vre fus allégué ,& en fa faveur j‘ay
corrigé le nom de Salernitanus.
Bauderon tant en fes vieilles édi¬
tions quen fis nouvelles , a mis le
Spica Nard au rang des racines,
c efi à dire qu'il l'appelle racine ,
comme U a fait aujfi en l’ertiplâtre
pro matrice de Textor , je ne fiay
pourquoy , cela peut donner occafien
à quelques-uns qui voudront exa-
ïiement diff enfer cet EleBuairede
prendre la^ partie ligneufe d'iceluy
qui efi fans vertu, au moins qu il en
pojfede peu a l'égal des filamens eu
cheveux qui l' environnent -, ou bien
certains fibres comme filets qui font
les vrayes racines, la vertu defquels
efi auffi tres-petite j en cela il fau^
imiter Nicolaus Alexandrinm qui
demande fimplement le Spica Nardt
pour lequel il faut entendre la par¬
tie la plus excellente, qui efi la plus
aromatique, feparée de la terre fable ^
poujfiere, racines, bois,& telles autres,
chofes étrangères ,^ou moins utiles.
Pulvis Eleâuarli Lithontri-,
pticon,D.N.Alcx.
"yf. Nardi Indica,
Zingiberü,
Xylobalfami , vel furculor. Lentifcf
vel Terebinthi,
Acori veri ,vulgo Calami aromatici
ofiieinar. nuneufati,
Cinnamomi,
Peucedani,
Meu Athamantici,
Trium Piperum,&
Saxifiagia , fing. drach. duos, &
fem^é.
Opobalfami, vel Olei Caryophill. vel
Nucis Mofehata,
Caryophyllorum,
CoSîi,
Rhaphontici , vel Rhabarb. ( quia
arenulas comminuit ) tenuijfime
pulverati
Glycyrrhifjt,
Cyperi,
Gummi Tragacanthi,
Seminum Olufatri , feu Hippofelini
vulgo Alexandri,
Apii
Ameos , cum. Nicol. Pr&pof. & non
Salernit.
Aéfaragi
Ocimi , id efi , Bafiliconis,
FrticA
Ff 5 Ctr'd
ajô Livre L
Citrijmdi , &
Ckamiidrjigs, fing. drachm.mam, &
gfm. XV.
Folij Indici , feu Jl^dahathri Gra-
corum.
Croci ,
Schœnanthi,
CàjfiA ligne a arematkei <
Bdellij ,
JFafiiches ,
’ . 1 H&c tria addit Prap.
LÎv^Zi /
folis ifeu Lithojfermi Graco-
P^etrofelini Macedonici , vel no-
flratù ,
Sileris montani ,
Sinoni , feu u4pij montani , feu Pe-
trofelini agreftü , vel Oreofelini
Diofcorid.
Cardamomi ,
dnethi ,
Suphorbij,
Lapidis Lyncis ,
Oleorum Nardini , &
Mofchelini , fngul.fcrup. unum, &
gran. quatuor.
Sacchari vel Mellîs deffumati
quantum fufficit : fiat Eleilua-
rium.
paraphrase.
L’Autheiir de cette pondre tant
excellente , nous eft incertain ,
décrite neantmoins par Salernitanus
en fon Anddotaire J à laquelle Nico-
laus PræpolîtLiSj a ajouté les fenien-
ces d'Ameos , Amomum & Ligufti-
cum» vulgairement dit Levifticumj
& la racine d’iris. Son appellation
(déclaré alTez fa vertu ; car Lithon-
SeBkn IV, ^
tripticon, lignifie brife-pierre , pour .
ce qu elle cbmminuë le gros fable,
& calcul retenu aux reins , & à la
velfie. Sa balè n’eft un médicament
léul, mais plufieurs enlcmble. Quel¬
ques-uns d’iceux y font mis , pour
corriger leur âpreté & ficcité , com¬
me les huiles , le Bdellium, Rcglilfc,
gomme Tragacanth : les autres pour
fortifier le ventricule , comme le
Maftich , la Canelle , Calfe aromati¬
que, gingembre, ûlFran , & gerofles ;
d’autres le foye , comme le Nard In-
dicj Rhapontic, Folium, & Schœ-
nanthe , d’autres la ratcc & matri-.
ce , comme le Chamedris , Iris,
Meon, Cypere , Xylobalfame, Opo-
ballàme, &c. Son ulàge fera aprez
les purgations uniuerfellcs , & Ic'
matin leulement , plus ou moins ,
félon 1 âge, foxe, faifon & région.
LE ME L AH GE.
Au commencement de la tritura-r
tion , il faut mettre le bois d’Alocs^
ou Santal citrin & les rejettons de
Lentiique , ou de Tcrebinthe foloni,
Pena, pour le Xilobalfàme, & les,
racines : au milieu les femences,
Canelle , Calïè , gerofles , gingem¬
bre, Schœnanthe, & Chamedrys:
puis on y ajoutera les huiles , &: le.;
ïîiccedanée du Baume , qui empêche-'
ront leur exhalation & qu’ils n’adhe-
rent au mortier.-
Il faut piler à part le faffran , Ma-
IHc, Lapis, Lyncis & le Bdellium
avec une partie de la femence de,^
Citron , afin qu’il n’adhere au mor-^
tier , & l’Euphorbe , avec le relie.;,
de laditte lèmence de Citron , afia,
qu’il n’exhale & ofïèncc celuy qn»
T) es Foudres Aromatiques. 1 3 1
le pulverilc : la gomme Tragacanth
au mortier & pilon chauds , avant
■qu'en peler ce qu'il en faut. Le tout
lubcilemenc pulverifé fera mellé en-
■lèmble , & gardé pour s’en lèrvir
au beloin. Qm voudra compolèr
üh Eleétuaire lolide , prendra une
once de la poudre pour chacune li¬
vre de liiccre : fi un mol en forme
d’Opiace, il faut prendre le triplcj ou
quadruple de fuccre pour les plus
délicats , ou autant de miel blanc
éatmé & cuit pour les autres moin¬
dres. Il fe conferve plus long-temps
en' cette forme , qu’autrement car
là poudre en peu de temps , à caulè
dés' huiles fe rancit : & en foane
Iblidc, l’air reloue f icilement la vertu,
ce que ne fera , ainlî qu'avons dit 6n
la poudre Inftine.
LES EACVLTEZ.
Elle appaife les douleurs des lom¬
bes , chalîè le fablon des reins &
dé la veflie foulage la douleur
néphrétique & la düficulté d'uri-
né , amenuilè la pierre , prilè avec
le liic de Pariétaire, ou la decoétion
de refbrt.
REMARQ.VE.
SI VinconneH SalernîtAnm avait
'parlé & dit l’Autheur d’oit il
a tranferit VEleEluaire Lithontrip,
il aurait fait éviter l‘dbm qui t’en
efi enfuivy en heaucoup de Phar^
rnacopées que par mégarde les Au~
theurs d'icelles ont privé ]ufques
icy Nicolaus Alexandrimu , de
I honneur qui luy efi deu prefe~
^dblement ^ux autres d'avoir
crit le premier cet EleÜttaire , fous
le nom de Lithontripon magnum
au chapitre 4 5 5. dt. fin livre fus
allégué , fous le même nombre , &
dofis des ingrédient que dejfus , ex¬
cepté en la derniere dofi de Bau-
deron qu'on y lit Oleorum Nar-
dini & Mufeelini , fingul. fcrupul.
unum , & gran. quatuor , au lieu
de lire , comme dans Ale'xandri-
nus , Olei JSIardini dr Jbfufielini
ana fcrupulos' duos , qui efi la hui¬
tième partie de la dofi des- ingré¬
dient que Bauderon a obferué de
toute la defeription de Nicol. Ale-
xandrinus. Et pour les femences
d'Ameos , de Levifiieum , d'Amo-
mum & la racine d'iris , ils n'y
ont point été ajoutez, par JSIico-
laus Prapofitus , comme il dit ,puis
que l'ancienne defeription en fait
mention. Certains exemplaires de
Nicolas qu'on appelle Salernita-
nus des années 1541. & lézj. de
luntcü font fautifs , au lieu d'y
lire' Opobalfami , on y lit Opopa-
naci , & dans celuy de 1623. au
lieu de lire J^lobalfami , on y lit
Xyloalo 'ès. La poudre doit être tres-
fubtile , afin que fa vertu fe pmffe
plus facilement porter aux parties
destinées.
Pnivis Diacydonicen fine Ipe—
ciebtis , à.S»\ov’
Rofarum rubrarum , mciam di-^
midiam.
Trium Santal or um , &
Coriandri prapa^ati, ana. drachm.
duos.
Seminum Acetofit ,
( ^orr
lii Livre L SeMton IV,
PortuUcA ,
Berberü ,
Cortic. grmorum Sumach,
Gummium Arabici ajfi , &
TragAcanthi , ana. drachm.
mam.
Mafiichety
SmgHinU Draconh in lachry-
mü ,
Succini , vulgo Carabe , &
Spedij Arabnm, ana drach. femiji-
Caphura, gran. duo, & femiJS.
Fmt pulvü ufui reponendus.
PARAPHRASE.
L’Authem- de cette poudre -m'efl:
incertain, & fi je ne voy point
pourquoy on la doive ainfi nommer,
par ce qu’il n y entre ny Coings ny
partie d’iceux , fi ce n’eft pour fupri-
mer la mémoire des autres poudres
de lèmblable nom , deferiptes par
Myrcpfiis , Mefiié & Salernicanus en
leurs Ancidotaires , où il entre des
coings , des elpicerics ôc mule ,• pour
rechaiifer & fortifier les vilceres re¬
froidis , qui ne fon^ plus en ufage , à
caille de leur ingratitude : au lieu def-
quels aucuns fe fervent du Mina
Cydoniorum , compole par Melùé &
cy-devant décrit , . qui a lèmblable
vertu , & n’eft ingrate au palais des
malades. l’ay emprunté cette deferip-
tion de la Pharmacopée de loubert.
Sa balè font les rofes miles au com¬
mencement, delquelles elle n'a peu
prendre Ibn appellation , à caulc de
la poudre Diarhodon , qui en ctoit
nommée. Leur verm réfrigérante eft
augmentée par les Santaux , Sc lè-
menccs d’Ozeille, Pourpier & autres.
Leuradfi:Liélionreft,parle Sang de
Dragon en larme , tel qu’on l’appor¬
te pour le jourd’huy , des Iflcs Cana¬
ries , qiie Ion appelle fortunées , & le
Carabe ou Ambre jaune. LeMaftieh
y eft mis tant pour fortifier le ventri¬
cule , que pour conferver fa chaleur
naturelle , & contemperer la froideur
des autres. Les gommes y lônt miles
pour incralfer les humeurs par trop
aqueufes , qui louvent découlent en
quantité du cerveau dedans le ventri¬
cule , d oü s’enlùivent des vomillè-
raents Sc flux du ventre, Sc auffi pour
y retenir plus long-temps leur vertu
en la partie malade : veu que 1 aétion
de nos remedes ne le peut faire en un
inftant, & encor pour corriger l’acri¬
monie de la bile , qui échauffe les
yifeeres. Le Camphre y eft mis en
petite quantité , àcaulè delôn ingra-
timde Sc pour lèrvir de véhiculé aux
adftringents. On pourra nier diver-
fement de perte poudre , ou avec un
œuf mollet , au poids de demy drach¬
me, ou une drachme entière, avec du
vin, plus ou moins , félon la facilité
du malade, ou Ibn âge , ou Ton tem¬
pérament, ou l’intention du Médecin:
ou en compolèrdes tablettes ou pou¬
dres digeftives , ou conflit , ou autre
forme de remede. Si des Tablettes
pour chacune once de fuccre » on y
mettra deux lcrupules , ou une drach¬
me de poudre. Si une poudre dige-
ftive, deux drachmes pour chacune
once de fijccre. Si un Conflit ou Opia-
te, trois drachmes , pour chacune on¬
ce de Conferves convenable au' mal:
dont on prendra loir Sc matin , ôc
aufli aprez le repas.
LE
D&5 Vouâres Aromatiques.
LE MELANGE.
Au premier rang de trituration g il
iàiit mettre les trois Santaux incifèz
menu : au fécond toutes les femences,
& au troifiéme les rofes mondées de
leurs ongles. A parc il faut pulverifer
le MalHch g avec quelques gouttes
d’eau J afin qu’il n’adfiere au mortier:
l’es gommes auffi avant que les peler,
à eaufe de leur dechet dedans un mor¬
tier & pilon chauds. L’Ambre jaune,
le Spode des Arabes , pris pour l’An-
ril^dc des Grecs g le lang de dragon,
Sc le Camphre avec demy goutte
d’tiuile. Cela fait toutes les poudres
feront mélées, &ç gardées au befoi^.
LES FA CFLTE Z.
■ Elle arrête les fluxions qui decou-
îént dans l’eftomaich , aide ôc fortifie
là coétion : & appailè le vomifièment
& flux de ventre.
REMARCtVE.
BAuderon dit avoir tiré cette pou¬
dre de U Pharmacopée de lou-
bert, comme il y a grande apparence,
a eaufe de la conformité il y a
d‘me defeription à l’autre , & il a
■ajoute tant feulement deux mots , le
premier efl au fang de Dragon, qu’il
dit de prendre celuy qui efi en lar-
we, le fécond au Spode , qui veut
■q» on prenne celuy des Arabes com-
tne plus convenable d fin intention.
Le Carabe ou Succinum fera préparé
fur le Porphyre, fi on defire qu’il fait
jubtil , autrement U elb toû 'ours
grojfier.
^51
Pulvis Eleduarij Cioci Marcis,
D. B. Bauder.
Ofi. Diélamni Cretenfis fixci , fub-
tiliter triti , vel ejm penuria,
Salvia fubtiliter pulverifata, ferup,
unum.
Cinnamomi interioris , drachm.
femifi.
Pul. Eleéluarq de Gemmés , defirip-
tionü Méfiai, ferup. duos.
Pul. Diarhodonis Abbatis , drachm.
unam.
Scobis , id efi , limsUura Chalybis,
aut
Ferri optimé praparata', une. femifi.
Fiat pulvis ufiii repotiendus , vel
cum
Sacchari tabarz.et , aqua Graminis,
aut Melijfa filuti unciis decem,
fiat EleSkuarium filidurn in
Rhombos pondérantes drachma*
■duos aut très.
paraphrase.
MAître Brice Bauderon mon pe-
re eft rAutheur de cette poudre,
lequel par fa longue expérience nous
rend certains de Ion effet, & s’en lèit
tous les jours , contre les pâles cou¬
leurs & obftruébions , tantôt en pou¬
dre avec quelque liqueur , tantôt en
tablettes , tantôt en opiacé, lèlon le
goiift des malades. Il luy a donné
le nom de Crocus Marcis , c’eft 1
dire làffran de Mars , à railôn de
la balè , qui tft la limeure de'fèr,
ou d’acier mife en plus grande do-
fe que tout autre ingrédient. Il là
lùrnomme de Mars , dautant que.
G g tels
SeBion IV.
W3 4 Livre h
tels métaux s’approprient à Mars,
comme étans iîijcts à fes inflnances,
& domination , ainfi que le Cuy-
vre à Venus ; le Plôrnb à Saturne:
rOr au Soleil : l’Argent à la Lune:
& ainü des autres , ( ce qui ne fait
rien à nôtre traitté. Il l'appelle Saf-
fran , pour caufc de fa couleur jaune
quelle a, peu diilemblable à celle du
SafFran en poudre. Sa verni foible à
dcibpiler les vifeeres eft augmentée
isar le Diétam : fa tardiveté eft acce-
crée par la Canelle , qui luy ièrt de
véhiculé , pour la conduire au me-
fentere , au foye , à la rattc & ma¬
trice. La poudre Diarhodon y eft
mife , tant pour la defence du ven¬
tricule , Sc foye , que pour les forti¬
fier, reprimer leur chaleur , aider la
coétion. , & cônfiimer les ventofî-
tez de 1 ’eftomach, La poudre dé
Gemmis y entre pour le cerveau ,
matrice , Sc pour le cœur , qu'il for¬
tifie , & preferve de iyncopes , Sc pal¬
pitations, & chaftè la trifteflè , & cha¬
grin des malades .
MELANGE.
Plufîeurs ont coutume de prépa¬
rer le fer , & acier pour le reduiré à
L’uiàge de Medecîbe : mais diverfe-
ment , fi bien qu’on peut dire que
Martcm fùo quifque marte parat :
ce qui fait la diflSailté en cette pou¬
dre. La meilleure façon que je
içache , eft ainfi que l’Aucheur le
pratique de calciner le fer ou acier
auparavant limez dans un creuiet
par reverbei-ation : cette limeure
étant fort rouge, la faut jetter dans
ifeau Roiè , Sc amaftèr ce qui na-
gp par delTus , Sc le plus grolîxet.
qui va au fonds , le pulverifer au
mortier de bronze, & de nouveau
le calciner comme devant , & le jet¬
ter en d'autre eau roiè , ou vihai-
gre rofàt , mettant toujours à part
ce qui nage par deflùs. Et ainfi
continuer de pulverifer , & calci¬
ner le refidu , au même creufet,
jufqucs à ce que le tout foie fi fub-
til , qu’à peine il fe puiflè pren¬
dre avec les doigrs. Autrement par
fà gravité & pefanteur , elle demeu-
reroit au fonds du ventricule , fens
fe diftribuer par le mefentere , Sc
vifocres , aufquels l'Autheur prétend
qu’elle foit portée , pour en voir
l’effet avec heureux fîiccez. A cet¬
te limeure ainfi préparée , on y
ajoutera les autres ingrediens pul-
verifez chacun à part , pour garder
le tout au befoin. De cette pou¬
dre , on en pourra compofer des
Tablettes, Opiate, Pilules , & autre
genre de remede , félon la necelfi-
té, par l’avis du dode & expert Mé¬
decin. La dofo pour chacune once
de Succre fora deux fcrupules , ou
une drachme pour le plus , & ce
aux moins délicats , & plus robuftes,
fi on en veut compofor des Tablet¬
tes. Deux drachmes , fi on la veut
réduire en forme d’Opiate , pour cha¬
cune once de conforve : fi des Pilu¬
les , fc pourra mêler avec Syrop de
Capillaire , ou autre que le Mcdecin
avifora , y ajoutant demy once d’A-
loës Socotrin tel qu'on nous l'app'or-
te des Iflcs Socotorines, lavéeneau
deMeliflèou de Gramen, pour incor¬
porer l'c tout enfomble , & faire une
maffe que l’on gardera au befoin.
LES
Des Foudres Aromatiques, 155
tlon de l'Autheur], je dis\qu'il fattt
LES F A CVLTE Z. fuhflituer a fon Crocus Munis le
Calybs fondu avec lefouphre, puis
Il cft eftimé propre à corroborer reverberé avec autant pefant de
le foye & la ratce , & à libérer les fouphre en poudre , comme enfeig-
yilceres de lairs obftm(5tions : par- ttent Davijfon en fa Pyrotechnie , &
tant il eft excellent arax pâles cou- Barlet en fa Teotechnie.
leurs des filles > & à provoquer - _ _ _
les mois.
R E M A R Q.V E.
La méthode de compofer , para-
phrafer , -é* de mefanger les
Médicaments de Gratian Bauderm
fils ne correjpond point a celle de
Brice Bauderon fon pere. Cette
■ diference paroit en. U defcription
’ de cet EleBuaire de Crocus Mar-
tis , qui fufi ajoutée dans cette
Pharmacopée , par ce premier en
revoyant le travail de fon pere
aprez. la quatrième édition , en
l’an 1607. Et ce nefl pas fans rai~
fon quil a dit dans fin rnélange ,
Martem fuo quifque Marte paraf,
car de la préparation de l’Acier
dépend tout l’effet de l’EleEluaire,
& ceüe-la même quil y prefirit n’y
convient point ,parce quen paffant
& repaffant le fer dans le feu , il
fi dépouille de fin vitriol, qui con¬
tient en fiy la vertu aperitive , &
ny demeure que la terrefire qui
eft opilative & adftringente. ^el-
ques autres pourroient encores re¬
lever , de ce quil éteint fon fer dans
l’eau rofi , qu’ils difent être ad-
firingente, mais comme 'je n’ appoint
de foy pour fin adflrîBton , jay vou¬
lu dire cela en paffant pour faire
l'oit que j’y ay pris garde ; & avant
finir , pour mieux accomplir l’inten-
Pulvis Hydragogus , D. B.
Bauderoni.
Radicis latap, une, dimidiam.
Rad. Mechoacan ver a , & non Bryo-
nia , drach. duos.
Rhabarbari eleBi, &
Cinnamomi, ana.fcrup. quatuor.
Serninum Ebuli , &
Anifi ,
Foliorum Braffîca marina , Diofeo-
rid. id eft, Soldanella , an. drach.
unam.
Fiat pulvis fubtilis, ufui fer-
vandus.
PARAPHRASE.
Le s hydropifies font fi frequen¬
tes au climat où M. B. Bauderon
mon pere , exerce la Medecine ,
qu’il a été contraint de compofèr la
prefènte poudre , de laquelle ;e fais
part au public pour fubvenir , & re¬
médier à icelles > veu que dans les
boutiques des Apothicaires , on n’y
trouvoit aucun re-mede préparé pour
cet effet. De cette poudre on en pour¬
ra donner fcurement avec du vin
blanc 5 ou autre liqueur convenable,
le poids djime drachme jufques à
deux pour les plus robuftes , ou en
Compofer Tablettes , Opiates , &c aû-
•tres formes de remedes,îelon.le goût
' Gg Z des
Livre L
'4es malades j & induft'rie du Méde¬
cin; Elle a été furnommée de fon
Autheiu- Hydragogue , pour eaulè de
.fon eftct. Sa baie eft la - racine de
lalap mifo au commencement. Sa
vertu foible eft augmentée par la
racine de Mechoacan , par la fe-
menee d’Hieble , Soldaneile > Sc
Rheiibarbe s afin d’évacuer les
eaux par le fiege > avec facilité
■parlavoye des. urines.. La Canelle y
eft mifo pour la defenfo du ventri¬
cule , & autres vifoeres , contre la
nuifànce des hydragogues , & forti¬
fier iccux vifoeres : & 1 ’anis pour
confiimer les vents qui fouvent les
accompagnent.
£E MELANGE.
Le tout'fe peut pulverifor enfom-
ble, &c foibtilement tamifor , horfi-
mis le Rlieubarbe qui fo doit pulve¬
rifor à parc , le plus foibtil que faire
fo pourra ^ ce qui ne- fo feroit com¬
modément avec les autres, ingre-
diens. Telle poudre mélangée fora
gardée, au befoin..
LES FA CTL TE Z..
Elle éyacuë les eaux des hydropi-
qnes fans ennuy » enleve les obftru-
àit)ns des vifoeres & les corro¬
bore 3. prife en quelque liqueur
convenable.
REMARQJE.
GRatian Bmderon décriuant
cette poudre demande le
'i/ray Mechoacan & non la Bryo-
ma J qui ejl la racine quon y, mêle
Seoîion IV^
four nouifurprendre,fourraififtd'e
la grande rejfemklance quelles ont,
& ne nous donne pas les marques ny
le moyen pour Les fçavoir difiin.
guer y ce que je feray en fin dé¬
faut , en difant, qu'elles different en
deux façons principales, la première
eft qUe les tranches du Mechoacan
font unies en leur fuperficie , douces
au manier; & en leur intérieur font
^ égalés^ & par confiquent denfes, é-
la Bryonia eft rahoteufe , ridée'
en dehors & en de dans, qui la rend
un peu plus rare que le Mechoacan,
en outre la Bryonia eft amere , (ÿ*
le--Mechoacan eft infipide : voi¬
la les marques effentielles pour les
pouvoir bien diftinguer -, par le
moyen defquelles nul ne fourra
être furprü d moins qu'on y
apporte plus grand artifice. Four
bien préparer cette poudre , faut
choifir du lalaf qui fait reft-
neux , comp alite , blanc 3 & uni:
que la Soldaneile , ait été cueillie
en fleur , & promptement feichée ;
& la femence d'HiebU , cueillie en
fa maturité ,. diligemment feichée,
dr quelle ne fait que d'une année.
Cette poudre différé de celle que
B. Bauderon décrit dans fa prati¬
que au chapitre 6^. de la curation:
de l'hydropifte Aftites.
Pulvis ad’ Puerperarum tormi-
na 5 D. B. Baud.
Seminis Satureia, drag.duas.
Radie. Sy.mphyti majorés , drach.
unam.
Nûcleerum Perficorum mundato-
rumifr
Des Pomres Aromatimes. % 3 7
^ueU ASt>fihat£ , an.fcrup. duos.
Sncciiii, drach.fem'iji.
Jmbaris cineritii , fcruf.^ mum fi
dives faerit , vel fcrupul. femif-
fem ,fi rninm dives : fiat pulvü
ufm fiervandm.
’Jhfis ejl très aut firupul. qttatmr
cum vino albo, fiefi expers fe-
brü y am cum jure pulli fi febris
adefi.
TARAPHKASE.
CEtte pondre a pris le nom de
fon effet. Sa balè eft la fèmen-
ce de Satureja , virlgairement ap-
pellée Sarriette ; Sa vertu deterfive
,eft augmentée par le Symphytum
grand j & noyaux de Pêches : elle eft
conduite à la matrice par la Noix
mulcade. Ambre gris : le Carabe,
,011 Ambre jaune y eft mis pour jla
fortifier par fbn adftridion. Sa do-
fe fera une drachme ou quatre fcrit-
pules avec vin blanc, n'y ayant point
de fievre , ou avec le bouillon d un
poulet , s'il y a fievre. Quant au mé¬
lange, chaque ingrédient le doitpul-
verifer à part fans autre artifice, puis
les mêler, & garder pour la neceffité.
LES F AcVLTE Z.
Cette poudre difeute les vents de
la matrice & des inteftins ^ & net¬
toyé la matrice de fes ordures & la
fortifie.
REMARQVE
Aud.eron ti dyant point defignê
de quelle e^ece de Saturée il
fallait prendre la Jemence , des trois
efieces que les Autheurs nous en dé¬
crivent pour la compofition de fis
poudre. Par mon fentisnent , feBi-
me quil faut prendre de celle que
Clufius appelle Fhymbra légitima^
& Bauhin Satureja Gretica , d'au¬
tres Satureja femper virent , qui efi
la plus ligneufe & la plus rare de
toutes : elle fleurit en OElobre , au
Printems & en Eté ,& efi plus car-
minative que les autres ejpeces.
La racine de Symphytum , la
Noix nmfcade, les tiôyaux de Pechesy
& la femence de Saturée, Je mettront
en poudre tom enfemble , & l'Am¬
bre gris a part fera pulvérisé avec
la moitié d'un noyau de Pêche ,&
mêlé avec le reBant : le Car abé pré¬
paré Jhr le Porphyre , fera rnis
aujfi en poudre feparément , pour
puis aprez. joindre & mêler le tous
enfemble pour garder au bejôin.
Pulyis adPuerorum Entcioce-
len 5 D. B. Band.
Radie. Symphyti majeris, &
Herniaria y ana drach. duas.
Rad. Sigilli Beats, Pdari&yid efi, Gy -
claminis , Ciffanthemen , feu Cijfo-
phyllon diBi , & non radie, vitis
nigra, &
Radie. Sigilli Salomonis , feu Poli-
gonati Diofcor.^an. drach. unam,.
& femifi.
Cineris Lymacum rubrorum. drach.-
unam.
Fiat pulvis , de quo initio pafiusdfi
fiolvetur drachm. fernijs. in parva
quantitate pultis , dando reli-
qnum pultis , in quo nullus pul- <
vis inerit,fie per multos dies cens-
tinuando,
PAi
G g 3
AjS hivre /. SeBion V,
PARAPHRASE.
IE ne tiens l'invention de cette pou¬
dre , que de M- Brice Bauderon
mon peic pour l’en avoir veu ufer
heureuièmcnt en divers lieux. Il | a
liirnommée de lôn efFet , dans les
écrits non encor imprimez , & d oij
je l’ay tranrcrite. S.a bafe eft la ra¬
cine du grand Syrnphytum , vulgai¬
rement appelle Confire , mife au com¬
mencement : donc la vertu adftrin-
gente ( icy feulement requife ) eft
augmentée & forcitiée par l'Hernia-
ria ( appellée petite Rcnquée ) & le
Polygonaton , ou Genouillet , nom¬
mée aux boutiques Sigillum Salo-
monis. Les cendres des Limaçons,
& la lèconde elpece de pain de Pour¬
ceau appellée Cilfanthemon , aux
boutiques Sigillum Beatæ Mariæ , y
font mifes pour par leur ficcité ablbr-
ber , & confiimer l’humidité fiiper-
fluc qui abonde aux enfans , & ac¬
compagne ordinairement la defcen-
te des inteftinsî dans le fcrotum:
joint auffi que pat leur propriété
occulte elles fervent à l'intention de
l’Autheuc.
LE MELANGE.
Les Limaces rouges fè doivent
calciner dans un pot de terre , &
pulverifcr : les racines defléichées fe¬
ront auffi réduites en poudre , puis
mêlées enfemble , & gardçes pour
I ufage fu0t.
nies des petits enfans , fàns ulèr «le
bandage.
REMARQUE.
Eux qui voudront préparer cet¬
te poudre fuivant la defcri-
ption de l'édition infolio de Lon¬
dres , prendront garde a^une faute
conjiderable , qui procédé de la né¬
gligence du Correcteur en la dofe
du Sigillumi Beata Maria , & du
Sigillum Salomonis , au lieu de lire
ana drachmam unam & femiffem,
qui efl la vraye dofe , on y lit ana
drachmam femiffem.
Bauderon ne s'explique pas affez.
uand il dit Cineris Limacum ru-
rarum , a raifon des diverfis ejpe-
ces de Lymaces , & de Lyma^ons
que nous avons. Ces premières naif-
fent nues fans coquille , & ces der¬
nières portent coquilles j les unes
& les autres font propres pour l'her-
nie > particulièrement les Lymaces
qui font de couleur roujfes fans co¬
quille i elle s'engendrent dans les
lieux humides , comme dans les ca¬
ves , dans les puys , & autres lieux
has & humides , & font de la grof-
feur du petit doigt , lefquelles Bau¬
deron veut & entend qu’on préféré
aux autres.
-m- •««‘J- m
SECTION V*
Des Opiates.
De Opiatis in généré.
LES FACVL TE Z.
Cette poudre par fà vertu empla-
ârique & adftringehte guérit les hcr-
I^PiATE eft un 'genre d’Anti-
dote , ou Elcéluairc mol » ainfi
nommé pour caufe de l’Opium quf y
Des optâtes. % ^ ^
entre , ou iiutre médicament narço-
tic J Clji ftnpefîanc , qui lùpplée fon
defaut. Les anciens ôc modernes
en u.'ènt, ou pour concilier le fom-
Hieil J ou pour appaifer quelque gran¬
de douleur que les Anodins n ont
peu faire , ou incraller , & appaifer
quelque vehemente fluxion 3 qui du
cerveau tombe en la poidbeine, poul-
mons, ventricule , &c. ou pour arrê¬
ter quelque hemorrhagié,
Tacoic que leur ufàge ne foit dan¬
gereux , s’ils ne font pris en quan¬
tité J comme témoigne Gai. au livre
des Amples, chapitre 18. & 19.
fl eft-ce qu"on n’en doit ufèr que
lîx mois aprez qu’ils auront été com-
pofez , durant lelqucls ils fc fermen¬
tent , & le maintiennent pour la
plus part julques à fix ans : aprez
ils font de peu ou de nulle vertu,
pource que leur faculté narcotique
eû évanoiiie : félon Avicenne livrer,
fen 4. chapitre 50. Il y en a quel¬
ques autres qui fè maintiennent plus
long teins en leur force : comme
l’Aiirce Alexandrine , la Theriaque,
Mitridat , à caufè de la grande quan¬
tité d’Opinm qu’elles reçoivent. Pour
provoquer le fommeilj nous en ufons
l’aprez - fouper environ l’heure que
le malade fc fbuloit coucher en fan-
té ; pour les grandes douleurs , 8c
arrêter l’hemorrhagie , le matin le.
ventricule étant vuidé d’alimcns : &
quatre heures avant fouper , & aprez
fouper pour incralfcr les fluxions.
REM ARQVE.
BAuderen dit qn'il ne faut faim
ufer des Optâtes de fix mois
apre\jUur mélange, a caufe du.dan^
ger qu’il y a , pour rai fen de l’O¬
pium ou autre médicament .narco-
tic , ou fiupefiant qui entrent dans
leur compofition ; il faut difiinguer
des optâtes , fi c’efi du Mithridat,
de la Theriaque & tels autres qui
ne font point deflinez, pour pro¬
voquer le fommeil , de ceux-là on
en peut ufer fi-tôt que le mélange
en efi exactement jpait pendant les
fix premiers mois , à raifon de leuri
effets, qui font fuivant quelques-
uns d’appaifer les douleurs , d'in-
eraffer les fluxions fubtiles , d’ar¬
rêter le flux de ventre , de rabat¬
tre & adoucir l’acrimonie des hu¬
meurs, Du Laudanum , des Pilules
de Cynogleffe & autres , de ceux-cy
à la vérité , il y en a beaucoup qui
s’abfiiennent fans beaucoup de rai-
fons d’en ufer que les fix mois de
la fermentation ne foient faffez,
que fi par quelque neceffité ils y
font contrains , ils nen donnent que
la demy dofe , ou le quart , peur
éviter les fâcheux accidens qui ac¬
compagnent d’ordinaire leur opera¬
tion , (qui font , un fommeil grave,
pendant lequel les malades font
travaille K. de fanges fâcheux & im¬
portuns y & qu’à leur reveil ils ne
fe trouvent peint foulagef, leur re¬
fiant une pefanteur de tête , cela
arrive nen pas à raifon d’une ex¬
trême froideur qui fait en l’Opium,
comme aucuns croyent , car il efi.
chaud , mais par une vapeur grof-
fiere qui part d’un fouphre puant,
crud & indigefi , fiupefiant & ed-
yvrant qui efi en luy.
l’ay remarqué ces accidens ar¬
river fouventefois , particulièrement
fi U corps efi impur , & qui finit
painti
2.4 O Livre 7.
foint été évacué par purgatian &
faignée, comme aujfi cela peut ar~
river fi on négligé la préparation
de 1‘ Opium ; que fi on donnoit par
exemple quatre grains de Lauda¬
num nouvellement composé pour
provoquer le fommeil tant feule¬
ment, les accidens feraient encor es
plus fâcheux , & plus dangereux,
& la mort s'en pourroit enfuivre,
comme fay veu arriver quelque
fois -, & au contraire quand lesnar-
cotics font d'un âge médiocre , alors
ils opèrent fans aucun des accidens
fufdits ,fi on garde les précautions
requifes. Du Mithridat & de la
Theriaqtie , il ferait a fouhaiter
qu'on en usât point pour Antidote
quaprez. la fermentation de fix
mois ; car alors ils font un effet
beaucoup plus vigoureux , par l'u¬
nion étroite des qualitez. & vertus
des medicamens qui les compofent,
que plufieurs rapportent au feul
Opium , difant que fa froideur pré¬
dominé par deffus la chaleur des au¬
tres ; mais ils fe trompent grande¬
ment.
De Opiatis in fpecie.
1^. Capita decem Papaveris magni-
tudine mediocri , in aqua fex-
tario uno, vel quantitate fuffcien-
ti, macéra horas ce,. ( fi humi-
diora , vel hiduo ,fi ficciora, ) fu-
per cineres calidos. Coquantur
dum jiaccida fuerint , ad Jucci
extraUionem. Expreffo liquori
SeBïon V.
diffolue medium pondus Sapa , vel
Penidiarum & Sacchari non mol¬
lis , quia acrius & calidius quam
par fit } & coque ad juBam craf
fitiem , ut fervari pojft. Si com-
pofitum defideras , ex Mefusti
prafcripto , unicuique libra Dia~
coda fimplicis pulvis fequens
inijciatur.
Acacia ver a , vel noélratis,
Hypociftidos,
Myrrha,
■ Croci optimi , &
Balauftii , fing. drach. unam,
Trochifcorum Ramich , une. dimi-
diam.
Fiat pulvis utendi. tempore mif-
cendus.
PAR AP H RASE.
Açoit qite rOpiiim n'entre en cet¬
te compofition, fi eft-cc que les
têtes de Pavot , dont il fe fait , fup-
pléent fdn defaut , & merire par con-
lequent d'être mis au rang des Optâ¬
tes , & non ailleurs. Galien en eft
l'Autheur , au livre 7. des medica¬
mens locaux , chapitre deux duquel
l’avons tranferit. Au lieu du miel,
pour ce qu'il eft chaud & acre,
avec Meftié lommes d'avis d'y met¬
tre du Succre & de Penides , fem-
'blable poids que du vin cuit. La bafe
font les têtes de Pavot, appellées
des Grecs KaiTe/tq dont il a pris le
nom. La poudre ne s'y doit mettre,
linon au tems qu'il fera befoin de
plus grande adftridion : le vin cuit,
Penides , ou fuccre y font mis pour
corriger la liccité , &c âpreté tant de
la bafe , que des poudres , deterger
& rendre leur atftion meilleure , &
conferyer leur vertu.
Diacoàium fimplex, (ff compsjitum
D. Gai.
le
Des Optâtes. 2,41
Rome dix d'eau , ou de vin , demo-
LIE MELANGE. yennc fiibftance. L'huile eft plus lé¬
ger que l’eau , ou le vin d’une ncu-
Prenez des têtes de Pavot blanc viéme partie ^ le miel d’un tiers plus
Si noir, de moyenne grolïèur , qui ne pelant. Exemple , fi le Sextier pelc
foient humides ny lèichcs , mais qui vingt onces d’eau ou de vin , il pe-
participenc des deux , car les fei- fera dix-huit onces d’huile , & de
ches ont peu de fiic , les humides en miel trente onces. Au traitté des
ont trop , & iceluy crud , ôc aqueux poids & mclùres , nous en parlerons
efl: debile j ainfi choifies , il les famr'-^lus amplement , Dieu aidant à k
infulêr plus ou moins, lèlon quel- fin'd^ ce livre, en faveur des Apo-
les participent plus ou moins d’hu- tbicairès moins verlèz.
midité , Si ficcité , que ferez un peu
boiiillir en quantité liiffilànte d’eau LES F A CFLTEZ.
de pluye , ou de fontaine , fur les
cendres chaudes , fi elles font reeen- Le Diacedium efl; convenable aux
tes , & molles : pource dit Galien catharres fiibtüs , qui tombent du
que leur vertu réfrigérante , icy rc- cerveau lîir les poulmons , ôc à la.
quife fe perd par la cuite : au con- toux Sc rêveries qui lès fi vent.
REMARQJE.
IL vaut quafi autant ne faire
point le Diacodium que 'de le
traire fi elles font un peu lèiches,
il les faut cuire un peu plus julques
à ce qu’elles foient flétries , & mol¬
les , lùivant l’opinion d’Oribalc, li¬
vre 5 . chapitre 1 8. de fes Collcéta-
nées, en forte que par forte expref' faire , fi on nobferve ponUueUement
fion , on en puiflè tirer le fuc , & 1‘ Autheur : cette compofition ejl
non les cuire julqu’à la conlbmption comme nous avons dit au Latifi-
de la moitié , ou des deux tiers de cans de Rhafis fans dofe , ce qui efi
l’eau, comme quelques-uns font d’a- grandement prejudiciable , au tems
vis. Sur douze onces de fiic , on où nous fommes , où l'avarice &
mettra trois onces de vin cuit , ou l’ignorance tiennent le haut bout en.
autant de Penides , ôc fuccre , qui toutes les proftjfions , & particu-
fera la moitié de douze, qu’on fera lierement dans la notre , qui font
cuire à petit feu clair , & non fii- mêprifer les remedes qui nous font
«leux en confiflence d’un Looch, qui ^cs plus chers , chacun les compo-
tienne le milieu entre Syrop &Opia- fi ù fa mode, jamais tant de Pharr
te, qu’on gardera pour s’en forvir macopées pour les y drejfer , jamais
a la neceflitÿ. ta-at d’ Apothicaires comme il y a,(^
Sextarius eft le nom d’une me- jamais moins de vraysPharmaciens,
fore ancienne, qui fignifie la fizié- & c’efi merveille le plus fiuvent
me partie d’une autre plus grande, quand ils rencontrent.
nommée Congius,& Oms, qnipe- le m'étonne que ce grand genie
foit en Athènes neuf livres , Sc à de la Mcd,ecine Galien, duquel la
H h repu
X42. Lhre 1.
reputatim retentit par tout Vf^ni~
vers s‘en efi pafsé fi legerement,
veu que V expérience, luy donnait
à connaître toutes chofes en exer¬
çant les trois partie d’icelle , fans
doute il ne croyait pas que fa ré¬
putation pafsat par tant de fiecles
Or puis quelle efi venue )ufques
au notre , il efi tres-juBe que nous
la confiderions , tant a raifon'de fes
doBes écrits que de fen antiquité,
& que s’il a laifsé quelque cho-
fe a dire , nous devons accorte-
ment y fuppléer , & confiderer
que les premiers qui ont exercé la
Jldedecine n’ont peu la perjèéiion-
ner. Sans choquer fin AutHôrité que
je revere beaucoup , je diray , que
pour compofer le Diacodium , U
faut prendre vingt-quatre grojfis
têtes de Pavot blanc , lors quelles
font en leur parfaite maturité , &
plus abondantes en humidité , les
faut incifer fort menu , & Aes in-
fufer dans un pot de terre avec
quatre ou cinq livres d’eau de pluy e
ou de fontaine par vingt -quatre
heures fur les cendres chaudes , le
pot découvert , aprez. les faut fai¬
re houillir jufques a la confirnption
de la moitié , le pot tiré du feu,
& d demy refroidy , la matière fe¬
ra coulée & fortement exprimée a
la prejfe , de cette colature on en
clarifiera avec un blanc d’œuf dou-
ze onces, de Penides & Succre Can-
dit , fix onces de chacun , pour l&
cuire en confiiBehce convenable, pour
y ajouter les poudres , fi la necejfité
le. requiert.
Seüton FI
Requies, D.Nicolai Myrepfi.
SlJL. Rofarum rubrarum,&
Violarum , utriufque drachm. très
( hoc pondus Myrepfus pr&ter-
mifit } addit Saler nit anus,)
Opii, vel Meconii,
Serninum Hyofcyami,
Papaveris albi,
Intybi,feu SerioU fativi,.
LaBuctz,
Portulaca,
Pfyllii,
Cortic. radie. JlAandr agora,
Nucis Mofehata,
Cinnamomi, ,
Zingiberis , fing. drachm. unami&
femifi, ( hujm non meminit Sa-
lernitanus.)
Sacchari Cryfiallini , feu Candi,
drachm. unam (' Salernitanus ut
alior. habet drachm. unam, &
femifi.)
Trium Santalor.. ( cum Salernitam,
nam Citrini meminit Myrepfi)
Spodii , &
Tragacanthi,.fing. ferup. duos, gran.
quinque.
Technice fiat pulvis ufui reponen-
dus , vel cum lulepo Rofato pa-
retur Opiata ufui. Mel quoniam
calidius , & acrius efi , minus
convenit , ob id reijciendum cen-
ferem.
PARAP HRmASE.
"KTlcolaus Myrepfiis Alexandri-
mis au premier, des Antidotes,
chapitre io J. décrit cette Ofiate,
145
Des Optâtes,
pource qu’en provoquant le fommcil
elle donne repos , & forces aux ma¬
lades affoiblis par la düliparion des
cfprits 3 & confomption de l’humi¬
dité radicale, qui fe fait par la
chaleur deme&rée des fievres con¬
tinués , qui defleiche les membra-
•ncs du cerveau , & tout le corps.
La bafe font les Rofes , & les Vio¬
les mifes au commencement. Leur
vertu réfrigérante eft augmentée par
l’Opium , lufquiamc , Mandragore,
& Pavot. La Mufoade, Canelle, &
GingembrCjCor'rigent la nuiiance des
Narcotics par leur chaleur, & les
font pénétrer par leur tenuité de par¬
ties, & fortifient le ventricule, com¬
me celuy qui en reçoit l’impreflion
le premier. Les Santaux & S podium
y font mis pour la defence du foye,
fource des veinés & du fàng où gît
la matière de la fievre. Les fèmen-
cens d’Endive, de Laiéhié, & de
Pourpier , pour conduire la bile &c
ferofitez par la voye de l’urine. Le
Succre Candit & Gomme Traga-
canth , y font mis avec le fomen
Plyllii , pour deterger la matière craf-
fe , lenir , & corriger lapretc, & fic-
cité de toute la compofirion. Le Sy-
mp Rofat fait avec le Succre Sc
l’eau Rofo ( entant qu’il réfrigéré)
eft plus convenable aux délires , &
fievres continués , que le miel ( qui
eft chaud ) où il faudroit diminuer
la dofe de la Mufeade j de la Ca-
nelle , & du Gingembre , lequel y
eft mis pour deterger , le tout con-
ferver , & rendre l’action meil¬
leure.
le me LAN GE.
Premièrement il faut curieiifement
concaflèr les Santaux avec quelques
gouttes d’eau Rofe , puis on y met¬
tra l’écorce de Mandragore, Cand¬
ie , Noix Mufeade , Gingembre ; un
peuaprez on y mettra l’Opium , ( ou
en fon defaut le Méconium , au dou¬
ble, qu’on vend pour le jourd’hny
pour l’Opium vray , & mal ) & tou¬
tes les feraences : finalement les Ro¬
fes & Violes. Il faut pulverifor à
part le Succre , le Spode , & Traga-
canth avec les autres , qui feront mê¬
lés enfemble au mortier. La poii-
diè fera gardée à part dans fon pot:
ou avec le triple de lulep Rofat cuit
à perfeétion de Syrop mêlez, & gar¬
dé au befoin.
LES EACVLTEZ.
Cette Opiate convient aux fie¬
vres continués & ardentes , Sc ap¬
pliquée aux temples, & aux artè¬
res des mains, elle appaife la dou¬
leur de cœur, & provoque le fom-
meil , Sc prifo intérieurement fait
doucement repofer.
REMARQVE.
Ç'Auvageon en tout a jet éditions
\^dans la defeription du Requies
Nicolai, en fon mélange , & an Mi-
thridatfait parler Baud. autrement
ejuil na fait en aucune de fes edi~
tions precedentes , & contre l’inten¬
tion des inventeurs de ces compo-
fitions , en difant Opü vel Meconii
ad duplum quia imhecillius Opio,au
lieu que Baud. dit Jîmplement Opih
velMeconii. Dans aucun autre Dif-
Hh 2 pe-nfai
z44 Livre 1.
f enfaire que je connoijfe, én n'y trott-
vera jamais, qu’au defaut du vray
Opium , fait demandé le double du
Méconium , non pas même en la
defiription du Laudanum. IL efi vé¬
ritable que fi on fuivoit fon inten¬
tion, les remedes magiîtraux que
nous cornpofons dans lefquels ceux-
ey entrevoient , feroient beaucoup
pernicieux , & au lieu que nous
avons de coutume d'employer pen¬
dant les fix premiers mois de la
fermentation de la Theriaque & du
Mithridat pour arrêter les fuper-
purgations causées par des medi-
eamens violans , & autres telles
affeélions , on n’oferait s’en fervir,
fans en avoir quelque finiUre dan¬
ger , fi on ne moderoit la dofe de La
compofition de la moitié , d caufe
de la double dofe du Méconium,
flui bien qu'il fait plus foible que
le vray Opium,il ne laijfepas quand
il efi préparé comme il faut au
Laudanum d fimple dofe & en d’au¬
tres compofitions , qu'il ne fajfe de
merveilleux effets , foit pour pro¬
voquer le fommeil , arrêter les flu¬
xions, appaifer les douleurs , incrafi
fer les humeurs , ^ femblables cy-
devant alléguez, en la première
remarque de cette Seélion , & com¬
me nous alléguerons encores an pre-
. mier âge de la Theriaque , que les
doBes en la Médecine luy ont attri¬
bué , c'efi pourquoy , tous ceux qui
auront ta crainte de Dieu , efr qui
feront verses en leur proféjfion ne
doubleront jamais ta dofe du Me-
conjum dans teurs compofitions o fr¬
einâtes , ny magiBrales.
Mais pour ne reprouver pas en¬
tièrement l’intention, de l'Autheur
SeBion K
des facultez. des compofitions de:
nôtre Pharmacopée , ]e diray que.
le fujet qu'il a eu de parler de la
forte efi double •, fans neanmoins
qu'il s’en foit expliqué qu'en par¬
tie , en difant que le Méconium,
efi plus imbecille en fis vertus que.
l’Opium : la raifin de cela efi, qu'on
extraiB le Méconium indifférem¬
ment par expreffion du fite de tou¬
te la plante du Pavot , fuivant le
fentiment de quelques-uns , & l’O¬
pium fi tire par incifion des feules
têtes dudit Pavot , comme rappor¬
te fidèlement le doBe Selon au troi-
z.iéme livre de fis obfervations,
chapitre fii^f » qtii efi un fuc gras,
laiBeux , qui contient un fiuphre
beaucoup plus fiupefaBifque le refit
de la plante qui rend un fuc verd,
fluide & aqueux : la féconde regarde
les impur etez. qu'm y mêle pour en
augmenter le poids , qui font quel¬
ques fueille s de la planté ,& quan¬
tité de feces qui fartent d’icelle
par La forte expreffion qu’on en
fait , qui fait plus de la moitié
de la majfe , & ainfi la vertu du
Méconium efi plus imbecille. pi¬
ques autres tiennent fuivant le rap¬
port qui leur en a été fait par
gens du pais qti'on fofiBique l’O¬
pium avec du fiye de bœuf, que
pour éviter l'une &. l'amre.,& que.
nos compofitions ne foient defè-
Bueufes de la vertu narcotique de
POpium , il en faut feparer les
impur etez. par voye de dijfolutien,
colature & évaporation , l’ayant
préalablement coupé kpetites tran¬
ches, avec un couteau un peu chaud,,
aprez. le faut étendre fur une pU-
tine de fer chaude ou autre, que
murm
Des Optâtes.
tournerez, de fois h autre four évi¬
ter quil ne fe dejfeiche trop fou-
dain , ou quil ne fe brhle : étant
Jec & depoiii/lé de fa mauvaife
odeur ou conjîéîe en partie fa mau-
vaife & pernicieufe operation, le
mettrez, en poudre , & le dijfou-
dre'^dans une petite quantité d‘ eau
chaude , aiguisée de quelques gout¬
tes d’eéfrit de feuphre , ou de vi¬
triol , le tout mis dans un pot de
terre vitré , le tiendrez, fur une
chaleur modérée par trois ou qua¬
tre heures , efe le coulerez chaude¬
ment à travers un linge denfe ou
ferré , l‘expreJfion legerement faite
dans un autre vaijfeau de terre ver¬
nie à fonds large , la ferez évapo¬
rer à la vapeur de l'eau chaude,,
jufques a ce quil fe pourra mettre
en poudre avec les autres ingré¬
dient , duquel en faut prendre le
poids requis par l'Autheur.
Nicolaus Myrepfus Alexandri-
nus , & loub'ert demandent la fe-
mence de la Mandragore , au lieu
d'icelle Bauderon tes Médecins
d' Aufhourg^eux de Londres & plu-
fieurs autres en leurs Pharmacopées
demandent l’écarce de la racine,
fans doute a raifon que c’efl ta par¬
tie la plus froide de’ toute la plan¬
te , fuivant Galien , livre feptiéme
des femples medicamens..
Antidotum Afyncritum , D.
AeluariL
Of. Opq t draeh. fex,
Myrrha, drachm.quinque & ferup.
duos.
Piperü nigri , &
145
Semin. Petrofelini, uriufque drach.
quinque.
Api}, &
Sinapeos , utriufque drachm.
quatuor.
lunci odorati,feu Schœnant. drach-
mas très.
Amomi, aut fuccedanei e]us Cube-
barum, &
Styracis calamites , utriufque drach.
, duos.
Magmatü Hedycroi , drach. unam,
& fcrupul. duos.
Cajfea lignea aromatica,
Piperit albi ,&
Semin. Sifeleos , fin gui. ferup. qua¬
tuor.
Fiat pulvis cum omnium tripler
Mellù deéfumati excipiendm &
ufui ajfervandus. Opium, Sapa
dulci macerandum , donec ti¬
que feat. Styracem Mette dedu-
étum , vel didutfum ufurpa , &
retiqua Uvigata jnfeerge in Opia-
ta crajfitudinem.
paraphrase..
CEt Antidote , ou Opiate , eft dé¬
crit par Aétuarius au livre cin¬
quième , chapitre fiziéme de fà Mé¬
thode curative, lequel a pris le nüm.
de fon effet nomparcil , poiirce qu'â*
ne cede point en vertu aux aunes..
La baie cft TOpium mis au com¬
mencement : ià nuifànce eft corri¬
gée par la Myrrhe , Poivre , de Caf-
lé aromatique , lefquels en outre for¬
tifient le ventricule , incifent les ma¬
tières craflès , & luy fervent de vé¬
hiculé : le Schœnanthe par fon ad-
ftriétion corrobore le fcye:.les lè-
mencea conduifent la vertu' de 'læ
Hir J. bafc
bafe aux reins & veflîe , & conft-
ment les vents ; comme l'Amome
& l’Hedychroon , 8c le Styrax à la
matrice , & detergent les mucofitcz
<jui y font j avec l'aide du vin cuit,
8c miel qu’ils y reçoivent & qui don¬
nent corps à la compoiîrion , rendent
fon adion meilleure , 8c confervent
les elpeces.
Z£ MÉLANGE.
Premièrement il faut infufer l’O¬
pium en du vin cuit, for les cendres
chaudes , coupé en petits morceaux,
afin qu’il foit plutôt fondu : aprez il
faut pulverifer les femenccs , Poivre,
Sçhœnanthe , 8c canelle dans un
mortier de bronze , 8c les tamifer.
A part il faut piler la Myrrhe , les
Trochifos , 8c Styrax. Cela fait , on
prendra le triple du tout , de miel
blanc écumé , & cuit , auquel étant
encore chaud on y dillôudra le Sty¬
rax : aprez on y mettra l’Opium
dilibut avec le vin cuit , la bafline
ôtée de delfos le feu , on y ajou¬
tera peu à peu les poudres , pour,
le tout étant refroidi , le garder au
befoin.
LES FACVLTEZ.
Il appaife les vieilles douleurs de
tête : adoucit 'les affections vertigi-
neuiès 8c epileptiques : affoupit les
grandes veilles , ,8c reprime la fu¬
reur 8c alienation d’efprit : tempere
les grandes douleurs des yeux : re¬
médie aux defluxions , douleurs de
dents , diJfficulté de reipirer : g.uerit
la toux inveterée , les inflammations
humides 8c foiches de la poiélrine 8c
)ulmon, lequel il épuife de tou-'',
te force d’humidité : épailîit les cra¬
chats fobtils , & les rend plus faciles
à l’excretion. Il n’eft pas moins pro¬
pre à l’eftomach , car il abforbe fa
trop grande humidité , diminue fes
naufées, chaflele hoquet, appaife le
vomiflèment , refout en roàs toute
forte d’inflation d’eftomach , & de
ventre : profite à la jannilfe , à lame-
lancholic, à la fievre quarte & aux
affeétions accompagnées de chagrin;
enlevé la dureté de la ratte : rend le
teint meilleur : ôte les obftruclions,
provoque l’urine , chalfe le gravier.
Il eft aulîî fingulier aux fymptomes
de la matrice , à la colique , bref à
plufieurs autres indilpolitions , félon
Aétuarius.
R E M A R QV E.
I'Ay changé la f réparation ou
purification de l’Opium ou Mé¬
conium en la remarque du Requies
Nicolai , comme ayant jugé y con¬
venir mieux quen cet Antidote ,
dans lequel on employera le Méco¬
nium purifié , comme il y efi pref-
^rit , qui Je mettra en poudre (fans
l’infufer en du vin cuit , comme en-
feigne l’Autheur du mélange ) avec
les autres ingrediens , enfemhle la
Myrrhe , les Trochifques d’Hedy-
chroi , le Styrax, & pour le Jonc
odorant , on prendra la partie la
plsss excellente de la plante , qui eft
le pied ou bout du Jonc qui porte ^
la fleur J comme nom avons dit cy-
devant en la remarque du Dialacca
magna.
Philo
Livre /. SeBion V.
du
Des Optâtes. . 147
Philonium magnum , feu Ro-
manum, D.N.Âlex.
Piperk albi ,
Hyofcyarni alhi, utriufq. drachm.
qutfiq.
Opij,drach. duos , & dimid.
CaJJia ligne& aromatics, , &
Cinnamomi, utriufq. drachm. unam
& ferniji.
Seminis ^pij i
Euphorbq , &
Cofti ,fingul. drach.unam, {Jîhujta
loco tântundem Myrrhe vel Ca-
fiorei fumpferù hâfis erit emen-
datior. )
Seminum ‘Petrofeliui
Fœniculi , &
, Dauci Cretici,fing.fcrup.duos,
& gr an. quinq.
Nardi Indice ,
Pyrethri , &
Zedoarie , Jîngul. grana quin-
decim.
Croci , fcrup. dimidinm.
Mellts optimi def^umati, omnium
triplex pondm : ex une paretur
Opiata ufeii ajferuanda.
Hoc Philonium fimiles obtinet •vî¬
tes , quas habet Laudanum Spa-
gyricorum ab eis celebratum ; ut
eo carere pojfis.
paraphrase.
CEtte Opiate a pris le nom de
Ion inventeur, nommé Philon
excellent Médecin & Philolôphe
Grec natif de Tharfè , pays de ïàint
Paul l’Apôtre , lequel pratiqnoit à
Rome lors qu’il le compoli en yers
Elegiaques. ( Galien livre neuviè¬
me des Medicamens locaux, chapi¬
tre quatrième.) Du depuis les Méde¬
cins y ont ajouté, & l’ont furnommè
grand, pour mettre différence des au¬
tres , de fèmblai le Jiom , moindres
en vertu ; & Roraanum , pour ce
qvi’il a ètè premièrement vfitè par
l’Autheur même, & des autres Mé¬
decins à Rome. La bafè eft l’Opium:
fa. vertu narcotique eft augmentée
par la lufquiame , leur niiiwnce eft
corrigée par l’Euphorbe , fafFrany ôc
Caftor mis pour par leur tenuité de
parties , incifer & atténuer les ma¬
tières crallès , &c vifqueufès , eonfîi-
mer les vents , & faire pénétrer la
vertu narcotique de la bafe plus pro¬
fondément, & corroborer les vilce-
res : le Miel pour deterger , rendre
l’aéliqn meilleure , & confèrver leur,
vertu.
LE MELANGE.
A, parc il faut pulyerifèr le fàffran,
& l’Euphorbe : le refte fc pulverife-
ra facilement enfèmble, & taraifera,.
puis le tout fera mêlé. Cela fait , on.
prendra du miel blanc écumé, Sc cuit.
le triple de la poudre , laquelle la.
baffine ôtée de dellus le feu, Sc le
miel encore chaud fera mêlé pai k
peu,‘&le tout gardé au befbin. On.
ne doit ufèr de cette Opiate de fix
mois aprez pour la quantité de Inf^
quiame, & Opium qui y encrent. Dix
ans aprez, leur froideur eft furmon--
tée par les autres medicamens chauds,
&par confèquent eft de peu, ou de.
nulle valeur.
La dofe pour les robuftes , eft la:
grolïèiir dmne avellaine 5, pour les
debii
X4S Livre L
dcbiles , d’une fere : pour les enfans,
d’un pois chiche , avec une deco-
6tion convenable. Galen. 12. Me-
thodi.
LES FACFLTEZ.
On le donne en la plcurefie , co¬
lique & en toute douleur interne : il
provoque le Ibmmeil , arrête le fang
qui fluë des parties internes : il eft
excellent aux naulées. Il appaife les
douleurs du ventre , du foye , de la
latte, des reins caiifées d’intempera-
qire froide , de vents & d’humeurs
crues, & faitpaiTcr le hoquet.
REMARQ.VE.
CEtte Opiate a été tranferite du
chapitre 771. du livre de Ni-
colam Alexmdrinm & différé feu¬
lement de L’Opium , & de la dofe
du faffran que Salernitanm nen
met que detny fcrupule , pour demy
drachme , nonobfiant ce \‘ay corrigé
le nom de l’Autheur d’où Baudersn
l'a tranferite , par ce que jeflime
que l’ Imprimeur a omit l’Opium,
comme auffi changé la dofe du
faffran.
Il faut icy exallement préparer
le Méconium, comme V avons décrit
au Requies Nicolai , & l’Euphorbe
auffi doit être préparée avant que
l’employer en cette compofition , &
en toute autre defiinée intérieure¬
ment , pour modérer fon acri¬
monie,
le m’étonne de ce que Bauderon
qui étoit fort prudent ait voulu
preferire la dofe du Philonium Ro-
manum , à lagroffeur d’une avellai-
SeBion V,
ne pour les plus robufies , &c. En
cela il n’a point fuivy Nicolaus Sa-
lernitanus qu’il appelle , duquel il a^
emprunté la defeription cy-deffus,
ny Nicotatu Alexandrinut , qui di-
fent, Datur in modum faba «Ægyp-
tiaca. le ne diéfuteray point icy de
la groffeur de la feve d’Egypte,
avec celle de l'avellaine -, mais je
diray qu’il y peut avoir du dan¬
ger de le donner ainfi , parce qu’il
y entre deux grains d' Opium par
drachme , & que nous avons des
neifettes ouavellaines que d’en don¬
ner de leur groffeur , on en donne-
roit jufqu’a trois drachmes , qui
contiendroiant fx grains d’ Opium:
qui fans difficulté cauferoient quel¬
que finifire accident. C’efi pour-
quoy toute précaution obfervée , j'e-
fiime qu’on doit regler la dofe , com¬
me celle du Philonium Perficum dé¬
puis demy drachme jufques à une
drachme. Et pour le Poivre blanc,
de même qu’au fuivant , il faut lire
feminis Papaveris albi.
Philonium Pcrficiim , D. MeÜ
TyL. Seminum Papaveris albi, &
Hyofcyamhalbi,utriufq.drach.
viginti ,
Opi] ,&
Terra Sigillata , utriufque drach.
decem.
Sedenegi, id efl, Lapidis Hamatitis,
CrocijUtriufq. drach. quinque.
Caftorei ,
Spica Indica,
Euphorbq ,
Pyrethri ,
Margaritarum integrarum ,
Kara
D&t Opiates. 149
fCnrAhe, feu Succini ,
ZedoariA ,
' Doronki vel tantmdem Snuiœ Cam-
pan£, &
TrachiÇcormn Rarnkh , fin g. drach.
moim.
Caphura rfcrup. unnm.
Mellis Rgftti omnium triplex pon¬
dus, fiat Opiata. Défis erit à
drachm. femfi. ad drachmam
unam cum fucco Arnoglojfi, aut
aqua Rofarum , cum pauco vini
riihri puri.
PARAP H RASE.
CEtteOpiate ne fe trouve point
en l’Antidotaire de Meiùé ; mais
à la fin du chapitre du flux de fan g
par la boiiche,de fa Pratique, lequel
il a emprunté d’Avicenne Canon 5 .
lômme r . traitté i . qui met au com¬
mencement le Poivre blanc & non le
Pavot : qui demonftre que nos exem¬
plaires en ce lieu font dépravez, joint
que j’ay leu en un exemplaire fort
vieux de Mefué Piperis albi,& nonPa-
paveris albi,auffi qu’en nulle deferip-
tion nous ne lifons Papaveris , mais
Piperis , lequel a grande vertu de re¬
primer la mauvaife qualité du luC-
quiame, & Opium , & non le Pavot,
duquel il eft la liqueur qui fort des
tetes de ce dernier. La bafe eft IX)-
pium 8c lufquiame, leur nuiiànce eft
corrigée par le Caftor, Euphorbe 8c
faffran : leur vertu incraflante eft aug¬
mentée par laTelre fcellée, ou Bol
de Levant , Pierre Hematice,& Tro-
chife de Ramich. Les autres y font
iras pour , par leur tenuité de parties
incifer , atténuer , & deterger les
matières erafles & viiqueufes, & pour
les faire penctrer jufques aux parties
les plus éloignées , & corroborer le
ventricule, foye, cœur, ratte , reins,
veffie, & matrice. Le miel deterge
donne corps , conforve les efpeces, 8c
rend leur aétien meilleure.
LE MELANGE.
Il faut piler chacim à part la Terre
foellée ou le Bol d’ Arménie qui n’aura
de la vraye, la pierre Hématite , le faf¬
fran, l’Euphorbe, les Perles , le Kara-
bé , le Camphre , 8c les Trochifes de
Ramich : les autres fe peuvent pulvc-
rifor enfemble 8c tamifer fi fubtilc-
ment qu’on voudra , puis on Les mêle¬
ra avec les fusnommez. Le miel rofàc
coulé cuit 8c pefé au triple des pou¬
dres, la baffine ôtée de delliis le feu,
& à demy froid, on la l’y mêlera peu
à peu, pour le tout étant froid , le fer¬
rer au befoin.
LES FACFLTEZ.
Cette Opiatc arrête le fàng de
quelque part qu’il fluë, comme celuy
des purgations immodérées , des he-
morrhoides & de toute excrétion
d’iccluy , foit par le fiege ; retient le
fœtus, 8c empêche l’avortement.
REMARQJ/E.
LS s quatre different exemplaires
en éditions que fay fouvent ci¬
tez. de Mefué , & le manuferk , dé¬
crivent le PMonium Perficum au
lieu fus allégué par l'Autheurde la
Paraphrafe,en propres terme6,1tfi.Pa-
paveris albt, &c. & au contraire en
quantité dé autres Autheurs nom
li lifons
ijô Lhre J.
Ufons dans leurs Diffenfaires Pipe-
ris albi & dans ceux de Bruxelles,
de Luys Oviedo Boticario en Bda-
drid , de J^aterim Cordm , du The-
Jjiurus xiromatariorum & Lumen
, Âpothecariorum , nous y liforis aujft
Papaver, albi, ainjt que fay vérifié,
dequoy je demeure fiurpris , & fi ce
nefi pas un erreur de V Interprète
d’Avicenne ou des premiers Im¬
primeurs de ces œuvres , comme il
ny à que trop d'apparence , je vou¬
drais bien fiçavoir de ceux qui y ad¬
mettent le poivre , fur quoy ils fie fon¬
dent, à moins que ce fait fur l'autha-
rité d’ Avicenne qui le décrit ainfi-,
mais cela étant on le luy devait at¬
tribuer plutôt qu’à Me fié , comme
fiant tous ceux qui le décrivent. le
doute aujfi ,fi vingt drachmes de fie-
mence de Pavot blanc fiéroient capa¬
bles d'avoir fiait quelque imprejfiion
dans leur ejprit , pour leur faire ap¬
préhender quelque mauvais fiuccez
veu la quantité de Narcotiques qui
entrent dans la compofition, & qu'en
fiaplace on y ait mis le poivre , pour
les corriger , c efi en quey il n'y a,
rien à craindre, car cette fmence n'a
rien qui approche des qualitez &
vertui de l’ Opium non plus que là fie-
mence de la lufquiame blanche qui
rafi'aichijfient firnplemét fit elles parti¬
cipaient de quelque mauvaifie qualité
étant recent es , ce qui n'efi pas croya¬
ble, en perdant leur humidité elle fie
perdrait de même que la vertu nar¬
cotique des têtes de Pavot fie perd,
par la deficcation de leur humidité.
Il y aurait de jolies chofies à dire fur
ce fiu-et, que j'omettray , étant fiatis-
fdit de la vetité par l’experience
qfie f en ay faite en beaucoup de ren-
Seâion V,
contres.. gifeft-il donc a craindre ?
fiera-ce l’Opium,à caufie que certains
difient qu'il efi froid au quatrième
degré, quand cela fierait , qu’il en efi
bien éloigné , âpre fient nous mus fier-
vons intérieurement de fion extrait
tout pur, il y a en cor es dans la corn,
pofition d'ingrediens chauds qui k
furmontent de beaucoup en poids qui
corrigeroient fiafioideur : de pim la
fiupputation faite, ellepefie huit oûces
cinq drachmes , fans y comprendre
l'Opium & trente onces de miel Ro-
fint coulé pour incorporer la poudré,
de là on peut juger qu’il n’y d d’O-
pium en fiubftance qu environ fii-
^ grains , par once d’Eleêtuaire ,
revenant à deux grains par dràkh-
me, & la dofie efi de demy jufiqùehà.
une drachme , c’eft pour quoy , en me
rangeant du côté de Mefiué &■ de
ceux qui admettent la fiemence de
Pavot blanc dans cette Opiate , fay
remis la deficription fiuivdnt [on
Autheur.
Vhe autre difficulté fie pre fiente fr
le Scedenegi j ou Sedenegi , que l’in-
terprete des Synonymes de Mefé ex¬
plique pour Blatta Biz.antia : &■ ee-
luy_ d'Avicenne luy donne diverfis
explications, une fois l'explique pour
Hématites, une autrefois pour Àn^-
lon, & autrefois pour Seminis GrarM-
torum ; & en Serapion pour Lapis
H&matites. Ceux qui n'auront pas
l'un, fie pourront fiervir de l’autre, en
prenant toîtjours le plus adftring^t.
L’Opium , fiera purifié comme itefi
cy- devant dit en la Remarque du
Requies Nicolai -, l’Euphorbe de me¬
me doit être corrigé par une prépa¬
ration qui luy rabate fion acrimonie-
Mafâ:
Des Optâtes, 151
mis au triple donne la forme Sc con-
ferve le tout.
Mufa Ænea five Zazenea , feu
Egetea. ^ ^ E L ^ N G E.
Cafiorei,
Myrrhét, ,
Opij,
Piperü longi , &
... Nigri,
Calbani ,
CiruMmomi ,
Radicum Ehu, id efi, Vhleriamt ma-
]orü,
Meu vel fuccedami ejm femi-
nis Sifeleos.
Bauci Cretici ,
J.fari, &
Croci,J(fig. unciam femip.
Fiat pulvis Melle delpumato , , vel
Sapa excipiendus in Opiatam.
paraphrase.
MVfa , eft le nom de rAutheur
de cette Opiate , grand Phi-
lofophe , Sc Médecin : le furnom
d’Ænea vient de fa couleur j appro¬
chante à l'Airain, La bafe eft le Ca-
ftoreum mis au commencement :
fa veftuinciiîvej atténuative j deter-
five & conlbmptive , eft augmentée
par les autres ingrediens , qui aulE
conduifent û vertu -en divers vifee-
res ; l’Opium y eft mis pour repri¬
mer leur grande chaleur , ôc empê¬
cher leur exhalation foudaine , Sc
les rendre de plus longue durée,
& aprez à fe fermenter. On n’en
doit ufer que le corps auparavant
n’ayt été purgé , 3c non de¬
vant fjx mois ; le Miel ou vin cuit
L’Opium &: Galbanum avec les
autres facilement fe pulveriferont , Sc
à part la Myrrhe & fafttan : le
Miel écumé & cuit , ou le vin cuit
mis au triple' , fera mêlé avec lés
poudres peu à peu étant encores
chaud , puis le tout fera gardé au
belbin. C’eft un excellent remede
(quoy qu’il fbit peu ufité ) pour appi-
fer lesgrandes douleurs procedées
de la pituite vitrée.
ZES FACFLTE Z.
Elle corrige l’intemperie froide,
diffipe les vents,, 3c appaife les dou¬
leurs d’eftomach , du colon , de la
ihacrice & des vents qui en procè¬
dent. Remédié à la difficulté d’uri¬
ne : rend les femmes fécondés pris
iiiterieurement , & en peflâire avec
laine & huile de lis mis au col de
la matricel
REM ARQ.V E.
Auvageon en voyant & revoyant
cette Pharmacopée , an lieu d’en
corriger les fautes, comme il dit avoir
fait en fin avis au leüeur, il efi tres-
veritiéle qu’il les a plutôt multi¬
pliées que corrigées , ainfi qu’il pa¬
rait, que de fix defiriptiens de com-
pofition ,, il en a laijfé une d’impar¬
faite , c’efi d dire quil a faute ou
ot/iis quelque ingrédient , dépravé
quelque dofe, ou autrement , comme
en celle-cy,oH il a oublié le Cinnamo-
I i Z mum-
Livre L
mum. Ces ^utes font fi frequentes
qu'il eft diffcile de fie pouvoir fervir
d'aucune de ces trois éditions fans
tomber »n ces erreurs , à caufe qu el¬
les font également fautives ; qui
prendra la peine de le. vérifier ,
me fiaura gré du foin que fay.
pris de travailler fur Bauderon
pour reparer les breches que les
f-equentes éditions qui s'en font fai¬
tes y ont laijfé glijfer en très-grand
■nombre qui la rnena^oient d'une en¬
tière ruine^
En pafant outre pour continuer
mon defiein » fay remarqué que
Bauderon dit Seminis vel radie.
Meu ( vel fuccedanei ejus femi-
nis Sifeleos ) Au premier , Âfefaé
en tous mes exemplaires avec les
Moines demande le Meu , qui
ejé la racine comme la partie la
plus excellente de la plante & non
la femence : Au fécond il met pour
' fuccedanêe la femence du Sefeli ,
au lieu que Méfié demande pour
fubfiitut du Meu le Pfy Ilium , le¬
quel fentiment il faut Jkivre plu¬
tôt qu’aucun autre , par ce qu'on
luy attribue la compofition. L'O¬
pium doit être purifié , comme
avons dit & dirons encores en
la Theriaque , pour rafiaichir la
mémoire de l’Artifie. l'ay remis
• le Cinnarnomum en la defeription
cy-deffus.
Aurea Alexandrina, D. Nicol.
Alexand..
Afari ,
Carpobalfami , vel hujùs loco fume
femen Terebinthi , vel Lentifci,
SeSlion V,
vel Cubebas ex Galeno. ,,v
Seminis Hyofeyami albi , finguL
drach. duos & femifi. ■
Caryophyllorum ,
Opij Thebaici tanquam optimiy
Myrrha , &
Cyperiyfing. drach.duas,
Balfami vel fuccedanei Olei Caryo¬
phyllorum, vel Nue. Mofehate,
Cinnamomi optimi , vel Canella fe-
leBa ,
Folij Indici , feu Malabat hri ,
Zedoaria ,
Zingiberis ,
Coin ,
Coralli rubri ,
Cajfia ligne a aromatica ,
Euphorbq,
Tragacanthi,
Ehuris ,
Styracis calamites
Salvia , cum Myrepf potius quam
Saliunca cum Salernit.
Meu Athamantici ,
Cardamomi , cum Salernit. & non.
cum Myrepfa.
Seminis Sefeleos ,
Sinapi, cum Myrepfo potius quant
Napi cum Salernit.
Saxifiagia
Anethi , & ,
Anifi yfitig. drach. unam.
Xjtloaloes , hujus penuria fume San-
talum citrinum.
Rhapontici , cum Myrepfo potius
quam Rhaharb. cum Salem.
- Trochifeor. Alipta mofehata,
Caftorei ,
Spica Nardi ,
Galanga ex China ad nos allata >
Opopanacis ,
Anacardij ,
Mafiiehes
Des Opium. 255
SHlfhurii ■•vivl , feu crudi > Ô' ignem
experth
F«oni£,
Eryngii,
Rofarum ruhrarum.
Thymi,
Acori •veri , feu Calami (H'omatici
officinarum.
Pulegii
AriJlolochiiii longit)
Gentiane,
Corticis radicum JlSandragore,
Cham&dryos
Phu , id efi , Valériane ma]orü,
' Baccarum Lauri,
Semin. Ameos , (ÿ"
Dauci cnm Salernit. & mn
cum Afyrepfo.
Piperii longi , &
Albi , ( hujus penuria Jùm,
nigri tantundem.)
'ACylohalfami , vel furculorum Len-
tifci , vel Terebinthi
^min. Amemi , vel fuccedanei ejus
Va Acori veri cnm Galeno.
Carnabadii , id efi , Carvi,
Petrefelini Jidacedonici , vel ejus
penuria nofiratk ,
Lybtfiici, vulgo Levifiici,
Buthe ,
Sinoni , feu Apii montani , fin cul .
dracLfemiji ^
'Poliorum Auri purij&
Argenti,
BSar garitarum fitendidarum,-
Blatte Bisianne,^
OJJis cordis Gemini ,fingul.fcrHpul.
unurn gran. xiij.
Pamenti Eboris
Calami aromatici veri , fin autem
Acori veri , &
Pyrethri , fing.gr an. novern , & non-
Myrepfo,.
JlSellü Attici , vel Sacchari albi
quantum fuffcit.
Technicè paretur Opiata , ufiti re-
ponenda .
Scholia.
Si hec defcriptio conferatur cum
ea Nicolai Myrepfi SeBione i . An-
tidotorum , cap. i. feptem defide-
rantur , nempe Garnis Palmularum
feu EaByli , Rad. Behen albi , &
rubri , fingul. drachm. femiji. La-
pidis Saphyri, Smaragdi ,& laifi-
dis , fingulorum drachm. i . Nucis
Avellane , drach. q. Contra in ea
Myrepfi Cardamomum defidera~
tur. In reliquis canfentiunt.
T ARA P H RA SE.
CEtte Opiacé ( comme les fui-
vantesj eilvrayement Antido¬
te , laquelle a pris le nom de l’Or
qui y entre , bien qu'en petite quan--
tité , & le lîirnom d'un grand Mé¬
decin & Philolophe, nommé Ale-
xandte J qui l'a inventée , & le pre¬
mier mis en ulàge, & Salernicanus
l'a . empruntée de Myrepfus au licit
prèallegi'é. La bafe cft l'Opium , la.
vertu réfrigérante & flupefaclivejdu-
quel eft augmentée par le lufquia-
mc blanc > & écorce de Mandrago¬
re ; leur nui/ànce eft corrigée par la.
Myrrhe , Euphorbe Caftor & Ana¬
cardes, Leur vertu eft conduite an
cerveau par les Gerolies , Sauge , Pi¬
voine j bois d'Aloes Caftor & En¬
cens : aux poulinons 5c poiébrine
par le Souphre vif j Thym , Pulegej.
ôc Gomme Tragacanth : au cœur par.
les Marguerites ou Perles j.Blatta Bi-
li 3 zan.
2,^4 Livre L
zanria , Or j Argent > os de cœur de
Cerf, & Ivoire : au ventricule par
le Maftich , Canelle , Callè aroma¬
tique , Gingembre, Poivre , Galan-
ga , Rôles , & Corail qui le forti¬
fient : à la ratte , reins , vcffie , ma¬
trice , & foye , toutes les fèmences.
Cardamome , Acore , Canne odo¬
rante , Gentiane, Ari'ftoloclie , Cha-
mædrys, le Baume & les parties, la
Valeriane,lesTrDdi.ilGS d’Alipta moC-
ehata , le Rliapontic , bois d’Aloës,
Meori, Folium Indum , Zedoaire,&c.
tous lelquels incifent, atténuent, dé¬
tergent , & confument les vents,
defbpilent les conduits bouchez par
le pblegme cras , épais & vifqueuy,
&c font pénétrer la vertu de la ba¬
ie, jufques aux parties les plus éloi¬
gnées. Le Styrax , & Opopanax , y
font mis pour ramollir la dureté du
foye & de la ratte , qui y pourroit
être, & nettoyer la matière y re¬
tenue. Le miel eft icy meilleur que
le foccre , lequel rend leur aérion
meilleure , donne la laveur , confer-
ve longuement leur vertu. De ma¬
niéré qu on peut dire que cet An¬
tidote eft une boutique d’Apothi-
cairc enclofc en un pot , à toute for¬
te de maladies froides du cerveau,
poulinons, ventricule, inteftins, foye,
ratte, reins , vcflje , matrice , & join¬
tures , & vrayement A urée , & di¬
gne d’être préférée à baucoup d’au¬
tres,
LE MELANGE.
Au premier rang de trituration
on metra les bois , racines , écor¬
ces , os de cœur de cer-f limé &
l*0Hgle odorante. Au fécond oh
Seâion V.
mettra toutes les Icmences fruits,
Opopanax , Caftor , l’Opium inci¬
sé , l’huile de Gerofle ou Mulcadc,
pour le Baume de ludée , qui em¬
pêchera que rien n’adhere au mor¬
tier , ou pilon , &■ n’exhale. Au trei¬
ziéme rang on mettra les herbes , le
Thym , & les Rofes.
À part il faut pulverifer la Myr¬
rhe , l’Euphorbe , le Corail , & Per¬
les J la Gomme Tragacanth, l’En¬
cens , le Styrax , les Trochifos d’A¬
lipta Mofehata , le Maftich , le Sou-
phre vif, & l’Ivoire. Cela fait, tou¬
tes ces matières lèront mêlées au
mortier , piiis on y ajoutera les
fueilles d’Or , & d’Argent : aprez
on prendra trois fois autant pe-
fant de miel blanc écumé & cuit,
en iccluy encore chaud , la baflîne
ôtée de deffus le feu on dilibudra,
ou mêlera la poudre peu à peu , pour
le tout refroidy conferver dans un
. pot au befoin. L’on ne doit ufer
de cet Antidote, ou Opiate, dqftx
mois aprez là compofition , pour-
ce que la vertu de l’Opium domi-
nç , que la fermentation n’eft
pas encore faite , fi ce n’eft pour
quelque douleur procedée de matiè¬
re chaude. Vn an aprez elle coiti^
mence d’entrer en fa force jnfques à
quatre , de là julqu’à huit ou dix fe
maintient , puis commence peu à peu
à diminuer.
LES FACVLTE Z.
Cette Opiate eft excellente aux
fluxions du cerveau causées de ffoîdj
dont elle appaife foudain la dou--
leur , arrête les larmes des yeux,
gueflt les douleurs -des -dents ,,pri-
Des Opiatts,
fe en breuvage, & appliquée : foa-
lage entièrement les cpilcpfies Ibu-
daines : appaife les mouvemens ex-
ceflifs & déréglez des furiaix , &
toute lorte dd douleurs de tête, en
general. Elle aide aulE aux phthi-
liqueSià ceux qui onrdes toux in¬
vétérées , iSc qui ne crachent qu'à
peine; aux affections cardiaques, &
à, ceux qui crachent le fang. Elle
eft encores propre à la déclination
des maladies de côté & des vifee-
res : brife les pierres , guérit la dif¬
ficulté d'urine, & difcute tous les
vents de la matrice. Prife devant l ac-
cez , elle foulage les fievres quo-
tidienes, tierces, & quartes. Bret qui
ufêra fÔLivent de cet Antidote , ne
fera point flijet ny à l'apoplexie,ny à
la colique.
REMARQyE.
TOus les quatre Nicolas les pins
connem qui ont écrit de la com-
pejîtien des medicamens ^fça-voir Ni-
colaus Aléxandrinus,Nicolam Jlsfj/-
repfus AlexandrinuSi Nicolaus Pra-
pojitus, & celuy qu on appelle Ni-
eolaus Salernitanus ^ décrivent dez..
l'entrée de leurs x4(itidotaires l‘Au-
ree Alexandrine : ces quatre Au-
theurs devaient mettre en peine Bau-
deron , feus le nom do qui il la de-
"voit rapporter , fans contredit , s'il
eut veu les oeuvres de ce premier,
comme le plus ancien des quatre, ■
il la luy aurait' attribuée , plutôt
qu'a Salernitanus , tant pour l'a¬
voir décrite le premier , que pour
luy avoir donné le furnorn quelle
porte , fuivant quelques - uns. _ Et
quoy que dans le livre qu’il a coms-
^55
posé des medicamens locaux , U
ait emprunté de divers Autheurs,
pour fatisfaire , ainfi qu’il dit en-
fin Ep/tre. au. Leüeur , à la per-
fuafion d'aucuns de fis amü , U y
a inféré beaucoup de compofitions
qui ne font pas de fin invention,
Celle-cy s'y trouve , comme je viens
de dire au premier chapitre plpu
correétement décrite que chez, les
autres Nicolas , .je ne ni arrêt eray.
point a relever les defeéiuofitez. des
unes & des autres , non pim que
de celle qui efi décrite en l’Anno¬
tation quAgricola a faite fur la
même compofition de Nicolam Ale¬
xandrins i mais la vérité efi,qu’ en¬
tre les Autheurs qui la décrivent»
il s’en trouve peu qui en donnent
une vraye defeription , qu’il fl’y
ait faute de quelque ingrédient,
ou en leurs dofes. Bander on en fa
première édition de l'an 1588. en
fa fécondé de l’an 1 ^ troi'jjéme
de l’an 1603. & quatrième de l'an
160 J. en ceü.e qui efiimpriméé in-
folio en Angleterre , l’an 1035».
Antidot air es de Nicolam Myre--
P fus Alexanârinus , de Nicolaus-
Pr&votius , & de Nicolaus Saler--
nitanus , on y lit Fol. Auri purî,
Argenti , Margaritarum aïbarum, .
Blatta BiXantia , & Offis cordis ^
Ceruini , fingul. gran. xiiij. au lieu
que dans Nicelaus Alexandrinus,
on y lit Folior. Auri puri , Ar.gem-
ti , &c. ana fcrupul. unum & gran.
xtij. qui eft la légitimé dofi que '
nous devons retenir avec Bernard
Dejfennio de Crunenburg. Et dans
toutes les éditions de le an loft, com¬
mentées par Sauvageon , &. dans -
celles qu'on a imprimées du depuis, .
l’errcurr
Livre h
l’erreur efi incomparablement plus
grande en ce qu’en y lit Foliorum
Auri , Argenti , &c. fingulorum
drachmoi quatuordeeim, C’efi ce qui
doit faire rejetter^ de nos boutiques
toutes ces Pharmacopées fautives
qui courent , puifque l’authorité de
ceux fous lefquels elles s’impriment
tous les jours en authorifent les
fautes , qui s’y glijfent par leur né¬
gligence. En cela Mejfieurs les Mé¬
decins , les Apothicaires peu foi-
neux de leur honneur , & le pu-
lic particulièrement ' ny peuvent
être que trompez.. l'efiime en avoir
affe"^ dit , pour avertir un chacun
Se&ion V.
fur les fautes de cette compojîtion,
pour pajfer au mélange de Baude-
ron, qui veut que le Baume ou fort
fuhéîitut foit mêlé avec les ingre-
diens , pendant qu’on les pilera,
pour empêcher que rien n adhéré
au mortier , & n’exhale j au con¬
traire j’efiime que la poudre faite
& pafsée il le faut mettre dans
un mortier , & y '\gnêler peu d peu
en triturant la poudre , & ainji
fa vertu ne fe dijfipera point , com-
elle feroit en partie , fi on le hat-
toit avec les autres ingred'iens. L’O¬
pium fera préparé comme a été cy-
devant dit.
Michtidatium Damocratis ex Galeno.
Myrrha optima,
Croci Corycii,
Agarici probati,
Zingiberis,
Cinnamomi,
Nardi indica,
Thuris Mafculi,&
Semin. Thlafeos,
Sifeleos Majfilienf.
Opobalfami,
Schœnanthi,
Stœchad. Arab.
CoFii Candidi,
Galbant,
Terebinthina,
Piperü longi,
CaSlorei,
Succi Hypocifiidos ,
Styracis calamita,
Opopanacis , er
Foliq Indi,
fing.
in
in 1 in
•in
in ( in I in ''
fimpU.
Auplo. \qtMdm-
^plo.
fextu-
plo.
oHuplo. decu- Uuoâe^
\ >plo. \cttplt.
Iv.
lvij&.
Iq. ^iiij. Iv]. Iviij.
Ix. .^xijS.
Ixv.
M- U-
Cajfn nigrA aremat.
•J^oliimontani,
Piperü albi,
Scordii Crete»p,
Sem. D^uci Creticî,
Carpohalfami,
Tmhifcor. Cypheos, &
^iij.ù.
i^-39-
Ivii-
Iviij.
3-»-/.
Bdellif,
fing.
3W9.
ix.
&B.
JSfardi CelHca,
Gm.Arxbici vermic.
Petrefilini Maeedo-
niciy
Opii Thebaici,
Qtrdamomi minor.
Smin. Fœniculi,
Rad. Gentiane,
Rofarum rubrarum , &
Diüamni Cretici,
fmg.
3^'
3^-
Vh-
^vij»
^vj.
39-
B.
Smin. Anijî,
Rttdic.Acori veri.
Ari,
Ph}i,&
Sagapeni,
r>'»g-
3%-
ii.&.
Im-
liij.
liiij.B.
Mm Athamdntici,
Acacia vera.
Fentrii Scinci , &
Smin. Hypericï,
fing.
3^-
3^-
5XV.
1^.(5.
Fini optimi,
MelliiAttici de^f uma-
5®/-
l
q-fi
f-y:
^.fi
ti.triplum.
feu.
m.ix.
1^.xix. 1k.xxx
fe.
ft.
fb.
fb.
\viiA.
m.G.^
viij.
Iviij.
Ixxvij.
! xcv].
cxvj.
m-
^lix.
li.S.
Ivj.
\ lx.6.
!«/• .
Kk para
^ 5 8 Livre h
TAKAPHRASE.
CEt Antidote ou Opiàte a pris
le nom de fon inventeur , ce
grand Mithridates Roy de Pont , &
Bithynie : je dis grand , non ièulc-
raent pour avoir polFedé pluficurs
Royaumes & Provinces , mais de
fçavoir & expérience , qui parloir
fans truchement de vingt-deux for¬
tes de langues , & s'étoit acquis
qiialî rentière connoiflànce des Mcdi-
cames Alexitaires^lefqiielsil éprou-
voic fiir ceux qui par leur méfaits
avoient mérité la mort, par poifons,
Sc qui avoient etc mordus , ou pi¬
quez de quelque bête veneneufo,
ou enragée. Galien raconte que de
fon tems , Attalus Roy de Pergame
en fàifoit de même. Ce Roy Mi¬
thridates craignant d’être empoifon-
né par ics ennemis ou envieux, com-
pofà cet Antidote, des plus exquis,
& approtrvez Medicamens qu’il eon-
noiflbit , afin qu’eiï tout événement
il eut un rernede iîngulier , & afleu-
rë pour s’en fervir au hefoin , le¬
quel il portoit ordinairement , & en
afoit chacun jour à jeun , & s’y ac¬
coutuma en forte que fè voyant ré¬
duit à l’extremité , préférant la mort
à îa vie, & foachant que tombant
ei;itre les mains de Pompée , il fè-
lüit înenë captif à Rome , il tenta
pluileurs poifons , & animaux vé¬
néneux , pour accélérer l’heure de fa
mort, ce qu’il ne peut , tant il avoir
auparavant continué l’ufiige de cet
Ahtjdofe. Ce conhderé , il fè fit
îueri par un fien cfclave qu’il aimoit
î.iqiiement. Qui en voudra fçavoir
- y.wtage 3 qifïl lifc Vaiere ^Plutar-
SeUion V,
que, Appian Alexandrin , & les au¬
tres Hiftoriographes , qui ont écrit
de luy des livres entiers. Il florifloit
environ cent ans avant la Mort &
Palîîon de nôtre Sauveur Iesus-
Christ. La recepte fut trouvée
par Pompée même , écrite de fa
main dans les coffies d’iceliiy , la¬
quelle il porta à Rome , & long
tems aprez fut mifè en carmes He-
xaimetres , par un excellent Medecii;i,
nommé Damocrate, & depuis tranC-
crite par Galien , au livre deuziéme
des Antidotes , ainfi pour le jour-
d’huy nous la pratiquons, comme
la plus ailéurce de toutes les autres.
La bafe-|eft entièrement Alexicaire,
& cardiaque, pource que la natu¬
re des poifons , & venins qui pro¬
viennent de la piqueure des bétes
veneneufès,eft de détruire nôtre na¬
ture, & nôtre vie, qui confifte au
cœur. Tels font les Ijrochics de Cy-
phi dont parlerons en la Seâion
diziéme des Trochifos , l’Aron , le
Diëtam , Gentiane , l’Anis , le Per-
fîl Macedonic , le Cardamome , le
Daiiciis , le Scordeuna , le Poliiim,
le Poivre , le Cailor , le Coftiis,
l’Opobalfàme , & fôn ftuit, laCaC
fè. Candie, le Sagapenum, l’Aga¬
ric , le Galbanum Hypericon , les
reins du Crocodille du Nil > nom¬
mé Seine , &c. Les autres, medica¬
mens aromatics , y font mis pour
conduire leur vertu au cerveau , en
la poiétrine , ventriaile ,. foye , rat-
te, reins , veflïc ,, matrice, & joini-
ëtures , & les corroborer par leur
légère adftriéfion : tels font la Va¬
lériane le Meon , l’Acore , Hyperi-
eon, Colîiis , Stœchas , Agaric,Nard
Indique , & Celtique , le Folium
Des Optâtes, t
Schœnanthe, Thiaipi , Sefeli > Gin¬
gembre > SafFran , Myrrhcj&c.
Les autres , comjjïc le foc d’Hy-
pciftis , Acacia , Rofcs , &c. y font
mis pur corriger la tenuité des fofo
dits medicamens incififs , atténua¬
tifs & conforaptifs des matières
cralTes, & vifqueufos , qui font con¬
tenues aux vilceres , & empecher
leur exhalaifon foudaine ; comme
l’Opium pur corriger leur grande
chaleur , conforver longuement leur
verni , attendant que leur fermen¬
tation ou coéFion foit faite : comme
aiilïi la Gomme Arabique pour cor¬
riger leur ficcité. Le Galbaniim,Sa-
gapemira > Oppanax > Styrax , Te-
rebinthinej Bdellium » Myrihe, En¬
cens, y font mis, tant pur deter-
ger les matières crallês Ôc viiqneu-
iès que pour ramollir la dureté des
vifeeres , fi aucune y en a. ■ Le miel,
& le vin y aident beaucoup , don¬
nent la faveur , rendent leur adion
meilleure , &c conforvent le tout. De
forte que cet Antidote pour la cu¬
ration des maladies froides, Sepoi-
fons, ne cede au Theriaque, ny à
l’Auréc Alexandrine, vray eft que
pour la piqueure , & morfure des bê¬
tes veneneufos , il eft moindre, com¬
me nous dirons cy-aprez.Galenus.
LE MELANGE.
Au vin de Falcrnc , Malvoifie , ou
autre tres-excellent, & vieil , il faut
infulèr chacqn à part, l’Opium cou¬
pé par petites pièces , le Galbanum,
îiagapeniun , Opopanax , Bdellium,
ïdypociftis , Acacia , la Gomme Ara¬
bique, & Myrrhe , mêmement s lis
font fort recens, de le Styrax s’il eft
recent, ou tel à peu prez qn’on l’ap-
portoit de Pamphilie dans des can¬
nes , dp tems de Galien , le tout for
les cendres chaudes : durant les in-
fufions , la pudre fe Fera, comme
s’enfoit. L'Agaric rappé , avec le vin»
fora premièrement formé en Trochifo,
& feiché , puis à part pulvérisé. Au
premier rang de triturahon , foront
mifos les racines de Gentiane fnci-
sées, Meôn, A cote , Phu , ou Va-
ferianc. Gingembre , Goftus^,'& le
Nard Indique incisé : mv lecond le
Naéd Celtique , le Caftor , Folium,
Cimelle , Cafle arptmtique , Stœ-
chas , & toutes les femences , âc
Trochifos de Cypri : au troisième les
herbes , & Rofos.
A part il faut pulverifèc l’Encens,
le SafFran , & Gomme Arabique , fi
elle eft feiche. Les poudres fiibtiles,
Sc mêlées , feront gardées pur les
mêler avec les autres : aprez il faut
couler les liqueurs , Gommes & focs,
& les cuire jufqu’à la confomption,
ou à pu prez du vin qu’on y aura
mis : puis on prendra du miel blanc,
de Languedoc , ou de Provence , qur
ne c^de à ccluy d’Attique, pourveu
qu’il foit bien choifî, le triple du tout,
étant aupravant écume , &cuit, au¬
quel on mêlera peu à pu les Gom¬
mes , liqueurs , Sc fucs , puis on y
ajoutera les poudres , la balfine ôtés
de delfus le feu , & ta Therebinthine.
On continuera de rem'iicr le tout
avec un pilon de bois, jufqu’à ce
qu’il foit froid : aprez le tout fera
gardé dans un pot de terre vernifsé,
qui ne foit du tout plein, afin qii’ea
bouillant il ne verfo par dellus. Le
premier mois par chacun jour , foir
& matin les faut rcmüér avec une
K k Z longue
Livre 1. Seâion V»
%6o
longue Sc forte Ipatule, on pilon de
,boisj environ dcmy heure. ; le deuzic-
me mois de quatre en quatre jours
.une fois ; le- treizième une fois la lè-
^^naine : le quatrième trois fois le
pnois : le cinquième , deux fois ; le fi-
zième , une fois. Cela fait j faut cu-
iieufement couvrir le pot d un par¬
chemin moiiillè » & le tenir en lieu
chaud J, fi hair n'eft pas tel , afin que
la concoètion (bit plutôt faite : avant
fix mois on n"en dc« point ufer.
Jeeux pallèz pour les maladies chau¬
des pour appaifer les grandes dou¬
leurs , ou pour inerallêr les humeurs
que la vertu de hOpium domine,
on en pourra feurement ulèr en pe-
,titc quantité , icelle fiirmontèe parla
chaleur des autres medicamens : cet
Antidote eft tres-lbuverain aux ma¬
ladies froides du cerveauqointures &
de tous les vifeeres, , aux poilbns,
morfiires & piqueures des bêtes ve-
neneul!ès,3«: à la pefte. Sa vertu croît
.depuis quatre ans julqucs à douze,&
fe maintient jufques à vingt : içeux
pafièz, fa vertu peu à peu diminue.
Lors qu elle eft en fa force, pour la
curation des maladies chaudes, elle
ne convient nÿ aux bilieux , ny en
£tè , aux régions chaudes , aux en-
fans , ny à ceux qui Ibnt de rare tex¬
ture. A la précaution, la quantité doit
être moindre qujà la curatioB, & pour
les venins non feulement le matin,
mais aulfi le loir , au triple pour Te-
minant danger , fans avoir égard à
ia région , iaifon , âge , tempéra¬
ment , & fexe , horfmis qu'aux en-
iàns il enfant moins, que pour ceux
qui ont pris leur entier accroifle-
memt.
Z£S FACFLTEZ.
Il approche des vertus duThenâ-
que , & eft plus efficace contre beai-
coup d alimens & medicamens' dan¬
gereux, quoy qu'inferieur' en vertu au
Theriaque pour la cure de la mor-
Itire du vipere. Il eft particulièrement
propre aux fluxions invétérées du
• ventricule, & du thorax , & à tous les
vieux vlceres & ablcez des parties in-
ternes : foulage les tabides , & les en-
fleures de ventre : corrige & remet
l'appetir, & donne au corps une vive
couleur : brife les pierres , & guérît
la difficulté d'urine. Aiguife la veiic
dé ceux qui en iifènt fôuvent. Challè
l'enfant mort au ventre de la mere.
Convient à toutes les maladies froi¬
des des femmes , même à celles qui .
ne conçoivent point , & à la melan-
çholie.Commc anffi à toutes fortes de
douleurs froides de tête , des oreilles,
des dents, aux yeux larmoyans , aux
maux de bouche, du palais, des oreil¬
les , appliqué en forme d'emplâtre, il
n'eft pas moins excellent à la paraly-
fie-, à l'apoplexie, à l'epilcplie , à la
Gonvnlfion, à la céphalée ou douleur
de tête invaerée , à la migraine, à la
manie , à la dureté d'ouye , à la fqui-
nance , à l'afthme , au crachement de
fang,àlalienterie & dylTcntcrie, mnt
pris qu'appliqué,à la fievre quotidien¬
ne & quarte , au commencement des
accez , la matiere étant cuite à la grof-
feur d'une Avcllaine dans du vin , ou
decoétion de Sauge , ou de menthe,
diminué le froid & frilîbn , au com¬
mencement de ces fievres , fi on en
frotte l'épine du dos avec, de l’eau
Deâ Optâtes.
R E M A R dV E-
NOus avons grande obligation a
Démocrate & Galien , de nom
"avoir par leurs foins confervé la pu¬
reté de la defcription du Adithridat,
au lieu que nom voyons un nombre
infini d'autres compofitions , qui en
moins de trois ou quatre fiecles ', ont
été entièrement renverfées , & cel-
le-cy qui a fin origine depuis pim
de feize fiecles , elle s’efi toujours
maintenue. Sans doute il en faut
donner la plmgrandegloireal'-Au-
thorité de ce grand geni.e de la mé¬
decine Galien , & quoy que l'excel¬
lence de cet Antidote eh ait émeu
beaucoup d'y ajouter des ingrédient
& d'en retrancher d'autres j comme
nous voyons , en la defcription de
Paul tÆginete rapportée par lou-
bert , celle de Manard ^ de Nicolas
Prévôt , d' Andromachm par l'En-
chiridium Dijpenfarium : toutes ces
defcriptions ont été augmentées , ou
diminuées j par exemple , en celle de
Nicolas Prévôt, il y ontre \o%.ingre-
diens , i^ui furpajfi en nombre toutes
les autres defcriptions de Afithridat.
Notre Bauderon d’entre toutes ces
defcriptions d voulu orner fa Phar¬
macopée de la pim légitimé , comme
}a pim approuvée, qui efi toute con-
. forme a ce lie de Galien ; c'efi pour-
quoy i il s'en faut tenir à fa prépara¬
tion , é" n'efl permis en confcience
'denabufir -, comme plufieurs Apo¬
thicaires font d la honte & confufion
des gens d'honneur, je n'en diray pas
davantage renvoyant la refit d la
Thériaque..
réi
Sauvageon a fait doubler en fis
additions fur Bauderon là défi de
l’Opium au Mithridat , & au Re-
quies Nicolai ( cornrhe a été cy-de-
vant dit) es^es Editions des années
I G 3 p.r64f ^ 1 6 50 . <■» difant dans
cette defiripdion Opij Thebaici, (hu-
jus penuria fime Méconium ad du-
plum)qui efi le contraire de ce que ce
dernier d écrit en fis Editions des
années i6oy\&'en-
cores en l'Edition de Londres en
Angleterre in folio , de l'an i6}S>.où
l’on lit fimplement Opij Thebaici, hu-
jm penuria fumn Méconium , il fait
mention du Méconium , pour le met¬
tre au defifaut duvray Ôp,ium,fansy
augmenter la dofi, & la préparation
en fera faite comme avons dit au Re-
quies Nicolai. Et pour les gommes,,
larmes , ^ autres fucs ' étant bien
choifis , chacun fera mis èn fin rang
dans le mortier avec les autres in-
gredien's pour le tout être réduit en
poudre , & pajfé par un tamis media--
crement fubtil, d la referve de la Te-
rebinthine & Baume de ludée ou fin .
fuccedanée, qui feront mêlez les pre¬
miers avec quelques livres de miel
chaud dans la bajfihe, '& en fuitie on
y mêler apeu d peu la poudre.
Et par ce que cette compofition
efi de grand débité d Montpelier,
j'enay doublé la defcription plufieurs'
fois,cornme de quelques autres , &
moyenant qu'on y mette de bons
ingrédient bien choifis & mondez
au poids requis,on verra que le Mi-
thridat n'efi en rien inferieur d la
Theriaque : qui prendra la peine de
bien examiuer les deux defcriptions^
jugera de cette vérité.
Kk 3: Th&.-
I
Livre LSeBkn Fi
Thetiaca Andromachi Senioris.
Trechifcor. ScilU
fimplo.
duplo.
f quadru
>ph.
in
■ fextu-
plo.
1 t^api
’o.\d!^X.
’ph.
\duiidi.
'cuph.
Hcor.
Vifern,
Magmat. Heây-
croj
Ivi.
Ixij.
^xxiiij.
^xxxv]
. ^xlviif
1
Piperis longi ,
Opij Thebaici ,
Iriiis Illyric* ,
Florum Rofartm ru-
brarum ,
Succi Glycyrrhi^ji ,
Seminü Buniadü,
Scordÿ Cretici ,
Opobalfami ,
Cimantomi , &
fîng
Ixij.
Ixviij
. ^xxiiif.
■ î
Agarici albi,
Cofii Candidi ,
Nardi IndicA ,
ComA DiElamni Cretici,
Rhapontici ,
Radie. Pentaphytti,
Zingiberis non
cariafi ,
VènieiUor.Prajfii albi,
Stachadü Arabica ,
Schœnanthi
Semin. Petrofelini Ma-
cedonici ,
Calaminthes montana,
CaJfiA ligne A ver a,
Craci Corycij
Piperis albi,
Nigri,
Afyrrha Trogloditidis,
Thurü mafiuli , &
li.5.
In
^ix.
Pii‘
^XV.
Ixviij.
Therehinthina Chia , Jîtig. ;
i
\i.ù.
liij. ;
i
lvjj.6.
f/..;
Radt
K4dicm GentUnt
Acori vert,
Meu Athamatici,
J>hu, id efi , me-
riana ,
Nardi Ce hic a,
Amomi ,
Ùim&fytheos,
Comt, Hyperici ,
Sem. Ameos Alexandr.
Thlajpeos.
Anifi ,
Fœnicult ,
Sifeleos Maffi-
lienjis.
Ciirdamomi
noris.
Mulahathri ,
ComtPolÿCretenJts
Cam&dryos ,
Carpohalfami ,
Succi Bypocifiidos >
Acacia ver a ,
GummiArahiciVermi-
culati ,
Styracü calamita ,
'^orra Lemnia,
(Sialcitidü, ^
Sagapeni,
^^dic. Ârifi-olochia te^
mû
^^àntauriintimrü,
dJauct Cretici ^ ,
^fopanacii ,
Galbatii puri ,
^J^fninisIuLici, & '
f^fiorei, - I
eptmi
fis
"PARA
zé4 Lhre l
P ARAP HRASE.
L a Theriaque fût pireimiereiTicnt
compolée par Andromache de
Candie, premier Médecin en dodri-
ne & expérience de ce cruel Néron,
fixiéme Empereur des Romains , qui
fit mourir Saint Pierre & S.Paul Apô¬
tres , fon maître Seneque ôc fs. propre
mere , outre pliifieurs autres cruau-
tez. qu’il exerça durant douze ans
qu’il régna. Andromache luy im-
pofa le nom de Galene , qui figni-
fie tranquille , pour ce que ceux
qui étoient atteins de pefte , ou
avoient été empoifonnez , ou mor¬
dus de quelque bête veneiieufc,
étoient guéris par fon viàge , &
faits tranquilles. Long-temps aprez
les Médecins la nommèrent Thé¬
riaque à l’imitation de Nicandre
Poète Grec, & Médecin fort expert,
qui vivoit du temps d’Attalus , qui
uibjugUa les Gallogrecs', qui appel¬
le Theriaque tout médicament ale-
xitaire , ainfî qu’on peut voir par
le livre qu’il en a compofé , comme
auffi par les ingrediens de cet Anti- ’
dotej laquelle appellation jufqu’à pre-
fent a été retenue : ainfi a fait Ga¬
lien qui appelle les Auls Theriaque
des pauvres. Aucuns dérivent ce
nôin , «TTo T« id eft, à fera fe-
viffima > hoc eft, viperajquafi
vivipara , quod vivos piariac catulos,
tefte Ariftotele cap. vltimo hiftor.
Animalium lib.y. Elle fût compose
par Andromache. en carmes Elegia-
ques 8c tirée du Mitbridat en chan¬
geant quelques Medicamens ; au
lieu deîquels il en mit d’autres
plus convenables à la morfiire , &:
, SeBion V,
piqueure des bêtes veneneufes, eh-’
viron cent quarante ans aprezi De¬
puis fon fils , nommé aullî Andro-
machc , & Damocrate y ont ajou¬
té , de plus la Canelle , l’Agaric , &
Acore , & en quelques endroits
changé la dofe des Medicamens : &
où le pere met au deuxième rang le
poivre long , Damocrates met le poi¬
vre noir : au contraire le long où An¬
dromache met le noir. Ils font d’ac¬
cord pour tout le refte. Nous avons
foivy la defeription du pere qui a
cait en vers Elegiaqucs , plutôt que
celle du fils qui a écrit en profe, pour
ce qu’elle eft plus facile à dépraver
que la poèfie.
Quelques-uns demandent pour-
quoy Andromache a plutôt pris de
la chair de vipere , que d’autre for¬
te de Serpens plus fréquentez., &
faciles à recouvrer. Il y a deux rai-
fons. La première , pour ce que
les autres forpens ont leur venin non
feulement à la tête , queue , graillé,
& entrailles , mais aulfi en leur,
chair , & non la vipere qui l’a à
la tête , queue , graillé , & entrail¬
les, qu’on rejette. Et pour corriger
ce peu qui y pourroit refter , on la
fait cuire en eau , avec un peu de
•fel , 8c beaucoup d’Anech , qui
refifte aullî aux venins. Ainfi elle
eft rendue fort falubre. L’autre
raifon eft que là chair eft moins
tabifique que des autres forpens :
Galien en plufieurs lieux de fos
œuures. La bafo eft la chair de
Vipere , ©u les Trochifos qui en
font faits : fa verm Alcxitaire eft
augmentée , par les Trochifos de
Scille , 8c d’Hedychroon. Le
Poivre , Scordeum , Caftor , &■
Des Optâtes, ±6$
Agaric qui n’eft pas icy mis com¬
me purgatif J mais comme Alcxi-
taire. ( Diofcoride & Galien ) Pen-
taphyllum , Gentiane , Ariftolo-
ehe > Didam , la Canelie , Sc
Calïè aromatique » le Colins , Car¬
damome J femence de Navanx , de
Thlafpi J & la Terre ligillée. Les
autres Mcdicanaens aromatics y font
mis pour incilèr , Sc atténuer les
matières crades , & pour corro¬
borer les vifoeres , par leur légè¬
re adftridion : tels font le Nard
Indique , & Celtique , le Gingem¬
bre , Schœnanthe ^ le Folium In-
dum J le Mcon , l'Acore j iTris ,
Styrax , Sc Stoechas , le Rhapon-
tic J Praflium , l’Opoballàme , ou
fon Iticccdanée l'huile de Gerofle ,
où de Mufeade , la Valériane j Scc.
Les autres pour deterger , Sc ra¬
mollir la dureté des vifoeres fi au¬
cune y en a : tels font la Myr¬
rhe J l'Encens , le Galbanum , Sa-
gapenum , Opopanax , Styrax cala¬
mite , Terebinthine , &c. Les au¬
tres pou# réprimer leur tenuité Sc
ficcité : telles font les Rofos , le
foc de Reglid'e , la gomme Ara¬
bique, l’Acacia , Hypociftis , Scc.
L’Opium y eft mis pour corriger
leur chaleur , & empêcher leur
exhalation foudaine , afin que de
plufieurs qualitez contraires , mu¬
tuellement agifoant l'une contre l’au¬
tre, en refiilte une Alexitaire, c’eft
a dire , convenable aux venins Sc
poifons. Sa vertu narcotique , Sc
ntiifonte ell corrigée par le Caftor,
latfran , 5c Myrrhe : les femen-
■cés y font njifos pour confuraer les
matières flatulçntes , rcfiiler aux ve-
mns 5 qu’ils condiufont par la v.oye
de l’urine : le vin , pour conduire
la vertu de ,1a bafe , Sc des au¬
tres Alexitaires jufqiics au cœur,
que les venins combattent directe¬
ment , par une puidance focictte,
plutôt qu’autre partie qui foit.
Le Miel y ell mis pour deter¬
ger > Sc rendre leur aélion meil¬
leure , donner la forme , Sc conferver
le tout.
Si l’Apoticaire ell verfo com¬
me il doit être en la matière Mé¬
dicinale , & ne veut épargner la
dépenfo , Sc fraix qu’il convient
icy foire , il pourra facilement re¬
couvrer du vray Cfonamome , 8c
Calfe noire aromatique qu’Andro-
mache requiert , du vray Folium
Indique, de la fleur du lonc odo¬
rant , du Collus , du Rhapontic ,
du Poivre blanc , & non du noir
écorché , du Meon , du vray Per-
fil de Macedoine, du vray Opium,
du Callor , fons ^qu'il foit con¬
traint d’ufer d’Antibalomene , ou
fuccedanée , dautant que les, Por¬
tugais , Sc Elpagnols , qui fou-
'uent navigant aux Indes Orien¬
tales , Sc Occidentales , nous en
apportent des vrais. Pour le re¬
gard du vray Airome , jufqu’àpre-
îent on ne nous en a apporté , qui
ait toutes les marques que Diofoo-
ridc luy attribue , au lieu duquel
par l’advis de Galien , nous pren¬
drons de l’Acore vray , appellé
aux boutiques Canne odorante, Sc
pour le fruit du Baume , nous
prendrons les Cubebes , ou la fe-
mence de Lentifo , ou de Tere-
binthe alTez frequens en plufieurs
lieux de France , pour l’Opobal-
fome l’huile de Gerofle , ou de
L 1 Mufoa
Livre L SeBton VI
id6
Mufcade J qui ne pourra avoir le
Stafte > qui eft la liqueur de la.
Myrrhe recente tirée par expref-
Hon : pour l’Alpalathe , qui entre,
aux Trochifcs Hedychroon , on
prendra le Santal citrin : car du
bois d’Aloës il s'en trouve peu du
vray. Nous avons auffi de la vraye
gomme Arabique & du vray Aca¬
cia. Ainfi. nous aurons une The--
riaque , Mithridat &, Aurée Ale-
xandrine , tres-excellentes , & entiè¬
rement neceiraireS'5,pour leurs rares
vertus.
AyaAt)4/; âe Chalcilîâe. .
gjuatre Cordus Fuchfius , Fernel, Plan-
raifons ^ ^ quelques autres font d’advis
d Oter de la Theriaque le Chalcite
%)uUnt pour quatre raifons. Ce quejç ne
Oter U puis bonnement approuver, étant
Chalci- contraire à l'intention de l’Autheur
^TherU compofition. Leur premie-
que. raifon eft qu'elle y eft feulement
mifè pour la noircir. La fécondé
qu’elle eft, d'une faveur defagrea-
ble. La troifîéme qu'elle eft écha-
rotique , & que par fon acrimo¬
nie , elle blelïè les vifeeres. La
quatrième , qu'aucun des anciens-
n'en a ufe intérieurement.
népenfe' La première fèmble frivolé , pour
èlapre gçj-e fondée fur l’Opinion commu-
ne du peuple , qui vivoit à Ro-
pour U' temps de Galien , à ce
chahi- qu'il en écrit au premier livre des
1»- Antidotes , qui n'eftimoit une The¬
riaque être bonne j ü elle eût été
d'autre couleur que noire. Cou¬
leur . à la vérité qui provient d’i¬
celle Chalcite , quoy qu’elle y foit
nÿfe en petite quantité.. Pe telle
opinion J avec jufte fojet j Al n’en
fmt état fçaehant très -bien que
l’intention de fon Autheur étoit
bien autre , & . que telle couleur
n'augmente ny diminue la ver¬
tu J auffi Andromache n’y penfa-
il jamais.
A la fécondé nous répondons , ,
que maintenant que la Chalcite
en feroit oftee , la Theriaque
n'en fèroit pas plus plaifknte, pour mi/w.
le grand nombre d’autres medi-,
camens fort defàgreables qui y en¬
trent , comme le Bitume , le Ca-
ftor , les Liqueurs de Galbanuin,
Sagapenum j, Opopanax ^ les ra¬
cines de Gentiane , d’Ariftolo-
che J &. plufîeurs autres. Les
autres deux raifons , quoy que
plus conftderables. , ne font tou¬
tes fois allez fuffifàntes , pour nous
induire à fùivre leur opinion.
Aia troifîéme qu'elle eft écha-
rôti que J & qu'elle bleflè les vit-fiitU
ceres par fon acrimonie. Cette rai- mifii-
fon pourrait avoir lieu , fi on en
donnoit quantité feule , & ,cruë>
non calcinée. , 3c accompagnée
de cqrrcétifs , comme icy. l’y
ajoute l’autorité de Diofeoride , &
des autres Grecs ^ qui difent
qu'elle eft moyennement corrolî-
ve au refpeét du Calcanthinn , ou
Vitriol. Le bien qu’Andromache.
efperoit d'en tirer , eft. que par
la calcination , . il en diniinuoit tel¬
lement fon acrimonie , qu’elle
ne pou voit blelTer les vifeeres >
comme ils allèguent : & fî pat
icelle il augmentoit fa ficcitéj pour
abforber le virus des belfes ve-
neneufes , qui étoit fà principale
int^ention , ayec l’aide qu’elle re-
cevoit.
ceVoic des antres medicamens , ten-
' dans à même fin : & par fa teniii-
té de parties faire pénétrer la craf'
fitie des terreftres > & adftrin-
gents 5 comme les Rofès , Acacia,
Hypocillis , &c. Et pour corri¬
ger fon âpreté reliante aprez iu-
. ftion , il y a mis le fuc de reglille,
la gomme Arabique , l’Opobalfa-
' ; mum , &c. Ainfi par tel artifice
' elle eft rendue tellement falubre,
qu’elle ne peut offenfèr le ventricule
ny autre partie interne. — .
Rdÿwjé ^ quatrième nous répondons
' à l» que leur conlcquence n eft pas bon-
fmrié. ne, car fi les plus anciens qu’An-
dromache n"en ont ufé intérieure¬
ment , donc luy ny la pofterité.n’en
dévoient ufer. Il eft vray lêmbla-
ble qu’il l’avoit expérimenté ailleurs
& en avoir éprouvé des admirables
effets, inconnus à fes devanciers,
• & fort utiles à ce qu’il pretendoit,
dont il a voulu faire part à la po-
fterité , laquelle luy en fera tenue
à jamais. Et pour plus grande
preuve de mon dire , je produiray
les mêmes Autheurs fiis - mention¬
nez, & tous les autres modernes,
qui advouëront librement avec l’ex-
perience , que tous ceux qui ont
ufé de la Thériaque fiiite avec la
Chalcite, n’en ont receu domma¬
ge , au contraire du profit & du
contentement , pourveu qu’on en
■aye ule en temps & lieu , & à
propos , comme fit jadis Galien
qui par l’ulàge d'icelle , guérît le
Philolophe Eudeme , d’une triple
quarte. La même expérience nous
a appris , que l’huile de vitriol tiré
a la Chymique ( qui eft beaucoup
plus corrofif qije la Ch'àlcitè cmè)
±6y
pris en petite quantité , eft utile
aux Afthmatics 3c graveleux. Da¬
vantage les plus anciens qu’An-
dromache nous ont enlèigné , que
le vitriol calciné étoit l’Antidote
des Champignons , de toute leur na¬
ture veneneux , intérieurement prins
le poids d’une drachme , avec une
once de fuc de Citron , & quel¬
que eau cordiale , foit de Buglof'
iè ou de Chardon bénit. Que s’ils
en ont ule intérieurement avec heu¬
reux fiiccez ; pourquoy n’en ufè-
rons - nous à leur imitation étant
calcinée , accoispgnée de corre-
étif jaour rendre fon aélion meilleu¬
re , en petite quantité , & moins
corrofive que le Vitriol. Il n’y a
point de doute s’il me fèmble en
cela. Partant je concluds des fiifdi-
tes Authoritez , raifons , & expe-
riences , que la Chalcite eft tres-utii
le & necellâire à la Theriaque &
qu’on ne la pertt ,- ny doit fejetter,
fans faire tort au public , & à fon
Autheur même.
LE MELANGE.
Le mélange , conforvation &
ulàge n’eft dillèmblable à celuy
qu’avons déclaré au Mithridat pre¬
cedent , auquel on aura recours,
que je lailfepour ne redire plufieurs
fois une même choie. Car qui
fçaura faire l’un, il fçaura bicniài»
te l’autre.
L1 2
'Des Optâtes,
LES
Livre L SeBion V,
lU
LES FACVLTEZ.
La Theriaqiie eft cfEcacc contre
le venin du Pavot, de la Ciguë,
lurquiame, & Aconit:contre les Can¬
tharides , la morfure du vipere , &
du chien. eiu'agé..r~ElIe ne l'cft pas
moins contre la piqueure du Icor-
pion , & autres animaux féroces , ôc
contre la potion de toutes fortes de
venins , & beaucoup de maladies
tant chaudes que froides , félon le
tems qu'il y a qu'elle eft faite, com¬
me, aux grandes intempéries chau¬
des de l'orifice de l'eftomach , aux
'^ntofitez d'iceliiy , à la colique
causée de vents , à la phthyfie dans
fon commencement, à l'afthme,pîeu-
refie , empyeme , jaunilîè , hydropi-
fîe , à toutes les elpeces de convul-
fi(5n,à l’ulcere de la velîîe, à la dif¬
ficulté d'urine , à la fàtyriafè, à la
douleur des reins , à la pefte , & à
beaucoup d'autres maladies prelque
innombrables , qui Ibnt décrites au
livre des facilitez de la Theriaque
par Galien, Qi^nt à la cure d'un
venin qu'on aura pris , il en faut
prendre deux fois tous les jours,
quatre ou cinq fois plus que la dofe
iimple. Aux maux cy-dcHûs propofez,
elle doit être d'un âge mediocte : car
la recente y feroit fort contraire, la
force de l'Opium n, étant pas encore
rabbatuë : & cette-ey prifc en petite
quantité ftupefie, provoque le fbm-
meil, & incrallç les humeurs ftibriles.
le conclurray lès vertus avec Galien,
qui dit que la Theriaque ( celle qui a
pafsé deux ou trois ans ) confrime
les humeurs vitieux,ne plus ne moins
qu’un feu purgatif.
Difeours Apologétique fm la wme
Chalcite,fm par M.Gratim ■
Sauàeron DM. *
Ayant déduit ce que deflus pour
la defenfe d'A ndromache , l’occafion
fè prefente maintenant commode de -tr.
defendre la caufè de mon pere , Au- >(«
theur de cette Paraphrafe , & ré- ” -,1
pondre à monficur Fontaine ( le-
quel de prefent exerce l’Art de Me-
decine à Aix en Provence fur ce -ikini
qu’il dit , dans un petit traitté fur la ar
Theriaque mis par luy en lumière
l’année léoa. imprimé en Avignon
infeize,page i j r. & i ? 3. lequel par¬
lant de la Chalcite , dit , (^’on la f'/i-
peut ordonner contre le Fungus ou
Champignon, fans qu’elle y foit emf-
ployée pour faire pénétrer , ny deter-
ger , comme quelques-uns ont ima¬
giné. Cette Thefe s’adreiîànt dire-
dement à mon dit pere , Autheufr
de ce volume , quoy qu'il taife fon
nom ; je n’ay peu moins pour fa
defenfe , & pour mon honneur , qui ■; ^
releve du fîen , que de faire voir au-
dit fieur Fontaine , & à la pofterité
que les conceptions de l’Authenr
qu’il a voulu qualifier imaginaires font
raifonnables , & trop mieux fondées
que les fiennes. Mais dautant que
la flifdite Thefe contient deux par¬
ties , l'une affirmative , & l’autre né¬
gative , laiflànt à part toute Philo-
nicie, & modérant toute pafl.ondc
mots , je divifèray ce prefent difeours
auffi en deux parties , & répondray
à chacune d’icelles , pour faire voir
à l’œil , & toucher au doigt, que la
Chalcite ne fe peut utilement , ny
feurenjent ordonner au Fungus , ai
Cham.
Des Optâtes, 1 6^
Champignon de toute fa nature ve-
neneux , & fuffit de dire qu on la
peut ordonner an Fnngus , parce
qu’on en pourroit dire de même
d’une autre drogue , mais il faut
rendre raifon de fbn dire, & pour-
quoy
g««/re Les chemins que je dçjare tenir
mojen! ' pour méthodiquement arriver , &
fm re- peine", à telle connoilïànce , &
conclufion , font quatre. Le premier
ilfteur traiccera de la différence des Cham-
riniai- pignons. Le fécond de leur tempe-
»t. rament. Le treizième de leurs fym-
pcomes. Finalement j’expoforay le
lieu de Galien , for lequel j’eftime
que ledit ficur Fontaine a fonde la
première partie de fo l'hefo. De là
je paffèray à la féconde partie , puis
je concliutay for l’une &c for l’autre.
Les Champignons fo peuvent ré¬
duire en deux différences, félon les
Grecs , & Serapion chapitre 3 5 2. du
livre des lîmples medicamens , fça-
voir en bons , ou fàlubres , & mau¬
vais, ou infàlubres.
Be U En ce difoours je ne pretens point
différé- parier des bons, ou fàlubres , pour
qu’ils ne nuifént point , s’ils
P‘m»s pris en trop grande quan-
Cite, ou qu’ils ayent éiè mal allài-
fonnez par les Cuifiniers. Qi^e s’il
en anive quelque accident , le peu¬
ple ayant appris de ficelé en fieçle,
ffue le feul vomilîément y fîiffilbit,
pour Je jourd’huy n’envoye pas qué¬
rir les Médecins. Au j’ay fr bon¬
ne opinion du ficur Fontaine, qu’en
tel accident il ne voudioit ordon¬
ner la Chalcite, foit cmé , foit cal¬
cinée. Ce fera donc des malins , ou
infàlubres, defquels luy , Sc moy en¬
tendons parler en ce 'difeours.
Ceux-cy font fi malins Ôc vene-
neux , qu’ils peuvent tuer une per-
fonne en moins de deux jours , s’il
n’y eft promptement poUrveu , par
quelque doâe , & expert Médecin,
qui fçache ordonner à propos le con-
trepoifon necelîaire, tel que cy-de-
vant a été décrit par mon pere , ou
quelque autre de ceux que le Po'cte
Nicandre enféigne, au livre qu’il a
composé en vers hexamètres des
Alexitaires , au chapitre des Cham¬
pignons , & aprez luy Diofooiidc,
livre ô.chaptrre 2 3. Galien au livre 2.
des Antidotes, Paul Æginete,livre 5.
chapitre j4. A'étius, livre j 3. chapi¬
tre 73. Avicenne, livre 2, chapitre
275. & au hvre 4. fen 6. for la fin
du premier traitté , chapitre 10. Se-
rapion apres Galien, chap.386.
De dire que les Champignons ve- Du terni
neneux , froids' & humides au troi- peramët
ziéme degré, félon Avicenne tuent
les hommes par un tel tempérament,
il n’y a apparence de le croire r car dicamh
il faudroit alïèoir un pareil jugement chauds^
for les Laiclués , & autres plantes
fïoides & humides en femblablc de-
gré , qui ne le font, mais au contrai-
te, nourrifiènt, & refirigerent l’ex- ftët aux-
cez de la grande chaleur des. febri- wnins
citans, en quelque âge, & faifon,
ou climat- qu on foit , & avec heu- chum-
reux fuccez : tant s’en faut qu’elles pignons
tuent, comme font les Champignons mentiS-
d’un tel tempérament. Maintenant "H^he-
ibfaut fçavoir. fi la Chalcite cham
de , & feiche au troiziéme degré,.
peut par fon tempérament fhrmon-- dreamis-
ter la vertu des Champignons froids
& huroides.au troizién e degré, ou
par fa forme fpecifiqne , on fimili-
tude de fobffance. ’D.e moy je a-oy ckns JSp
L l I qu’elle.
Jont fet’
vis au
des
Cham-
.pignons.
170 Livre 1.
. qu elle ne le fait ny par l*un ny par
l’autre. Si elle les corabattoit par fes
qualitez premières , nous avons plu-
iîeurs medicamens chauds, & fecs,
en pareil degré , qui ne le font point,
comme le Mufc , rAraomnm , l’A-
.farum,le Cyclamen , le Gerofle,le
Diétam , le Thym , i’Ellebore noir,
l’Anis , le Fœnoüil , l’Hyfbpe , le
■vray Acore , la Sarriette , le Scor-
dium,les Ails , Oignons, & autres
qui ne le font , jaçoit que la plus
part d’iceux refiftent aux venins , &
non aux Champignons. Bien confef-
feray-je, que les Aucheurs ey-dc-
vant alléguez iè lontfervis au venin
ides Champignons , de medicamens
froids , dhauds , & fecs au troiziéme
& quatrième dep é,commc du Chal-
canthum calane , des cendres faites
de Cleraatis ou Volubilis, de farinent
de vigne , & poirier làuyage , de lie
de vin brûlée , de fien de Geline,
de Nitre , Sel Indique, de Pyre-
thre,de Moutarde, de Nafturcium
fauvage, ou Ibciis, des fies de Re¬
fort, ou de Calament , & de Citron,
& de vinaigre , & des Syrops faits
d’Abûnthe , de Melillè , racine d’A-
riftoloche , de Panax , de Rué , les
uns chauds & les autres froids. Let
quels à la vérité f outre le vomilfe-
ment , & le bon vin pour la defen-
fe du cœur, que les venins attaquent
direélement ) refiftent à celuy des
Champignons , non par leurs pre¬
mières qualitez , comme dit eft, mais
par leur lîmilitudé de lùbftance , qui
ne fe connoît que par leurs e&ts,
& de laquelle on ne peut rendre
raifon valable , parce que cela liir-
palfe l’entendement humain.
■Que la Chalcite le paille com-
SeBion V.
batre par cette forme fpccifice , coiii- ’
me pourroit alléguer ledit finir Fon- '
taine ou autre pour luy , cela ne
fe peut ; car ou il tiendroit telle ex¬
périence des anciens , ou des moder¬
nes, ou de luy-même. S’il la tient
des anciens , quelqu’un l’auroit te- ■ V
marqué d’eux au (fi bien que luy , &
nous en eût été donné avis pour
les imiter , pour naoy jè n’en trou- '
ve rien par leurs dodes écrits. Si
des modernes , il ne doit pas fup-
primer leurs noms, pour s’attribuer
ce qui ne luy appartenoit point. n
Si c’eft de Ibn expcrience : puis
qu’il en traittoit , & venoit à pro-,,
pos , il fe devoir déclarer , & nous ;
enfeigner la façon de la donner,
cnié , ou calcinée , la quantité ,
avec quelle liqueur , félon la région
chaude où il habite , la faiibn, l’âge,
le fexe , & on luy en eût fçeu gré,
ou bien du tout s’en taire , s’il le te-
noit pour fecret. Ce que n’ayant pas .-.îii
fait il fe donne légitimé fijct de
blâme, & croît, que s’il eût fuivy
le confeil d’Horace, il le fût retenu,
fans taxer l’Autheur de cette Para-
phralè
Les fymptomes qui accompagnent^ j, M
ceux qui ont mangé des Chainpi- ïpi'^
gnons font fi grands , qu’ils donnent.
une erreur non petite au malade , i,s
aux alfiftans , à fçavoir, douleur d’e- chim-
ftomach infupportable , vomilfement fip»
cholérique, inflation de ventre, fueurs
froides , fyncopes frequentes, avec
une difficulté de refpirer fi grande,
qu’il fomble au malade quon l’é¬
trangle , notamment fi tels Champi¬
gnons ont été pris au pied de quelT
que arbre pourry , ou en lieu ou
quelque bête Veneneufè aye fejour^-
Dts Optâtes, 171
né, coitime crapjiut , vipère , ferpent,
ou autre, ou qull y aye quelque vieil
haillon de drap de quelque payfant
là poiUTy,: ou quelque clou ou fer en-
roüülé au pied d'iceux , qui peuvent
augmenter leur venin.
D»f»tr- à montier fiir quelle autho-
dvmt rité ledit fu'ur Fontaine a peu fon-
ii lif der fon opinion i, pour aiiéurer la
(remu- poftedré qu’on pouvoir ordonner la
’tJdè'la Chalcite contre le venin des Cham-
xhefe pignons : car il efl vray femblable,
die fleur qu'un homme doébe comme luy ne
Fob/u;. vbudroit pas expofer en public une
telle Thelc , iàns fondement. En
attendant fa déclaration > ou d’autre
pour luy, j’eftime que ce foit fîir
cè que Galien en a écrit au livre 9.
dès fîmples medicamens , chapitre du
Vitriol, où il dit, qu’au voyage qu’il
fit en Cypre , il vid une montagne
percée de nature rare , qu’à l’entrée
d^ièelle il y avoir une naine qui conte-
Hijloke noit en ioy le Sory , la Chalcite,
cS- ^ l’Ærain : de laquelle de-
te,Mi- couloir ordinairement tant de jour
é ùe nuit , une eau de pluye ( qui
(JE- l’abbreuvoit j d’un certain lac, di-
«'*• fiant d’icelle d’une fiade, ou 1 2 5 . pas
■ géométriques , laquelle retenoit la
couleur, l’odeur, & la faveur defdits
quatre minéraux, & étoit icelle eau
portée par des éclaves , dans certai¬
nes Pifeines quarrées faites de Plomb
. ( P^'^ce que le Vitriol confîime les-
■ vaiflèaux faits d’autre matière ) ou
telle eau fe congeloit en Vitriol,
qù il appellè Caleanthum , fans au¬
tre artifice , que celuy. de la provi-
dente nature , non autrement que le
Verdet à Moncpelier, fur les lamines
de Cuivre : & que de tel lieu il en
apporta une groiïè pièce, qu’il gar-
doit foigneufement , & que^ vingt
ans aprez il auoit remarqué qu’une
partie dïcelie degéneroit en Chal¬
cite. Si le dire de Galien contenoit
vérité , le fîeur. Fontaine fèroit bien
fondé, le contraire apparoillant très-
mal. .Cette opinion le trouve, avoir
été fuivie par Paul Æginete , Sera-
pion , Sylvius , & quelques autres,-
qui fans plus curieufe recherche, ont;
ajoûté foy à fès écrits comme à un
oracle. A ce fondement j’ajoûteray
pour le fîeur Fontaine l’authoiité
d’un tel perfonnage, receuë parmy
les écholes de Medecine, & com¬
me d’un témoin oculaire , auquel on
doit ajouter plus de foy , qu'à dix
autres , qui parlent par oUir dire, fc- -
Ion Plaute inTruculehto, àétc deux,
feene fix. Voilà,s’il me femble le fon- -
dement dudit Fontaine. Maintenant
il fàut montrer que tel ' fondement :
ne peut fùbfîfter , par les raifbns-
fuivantes , même par l’authorité de
Galien & l’experience,'
Si la montagne eut feulement con- B-aifens -
tenu la Chalcite , & que le Calcan- contre-
thum ou Vitriol , & la Chalcite fuf. fi»-’
fent une même chofè , il y auroit
eu apparence que' l’eau qui en pro- ^ontai^
venoit,eût peu retourner à fon princi- ne.
pc,quoy que tres-difficilement;le con^
traire apparoilfant par fes écrits mê¬
mes , on jugera que cela ne fc peut
faire, ny croire, puis que' la monta¬
gne contenoit les quatre mineraux,&
que l’eau qui en diftilloir,, en retenoit
la couleur , l’odeur & faueur : quelle,
apparence y a-il, dc croire quelle puif
fe plutôt dégénérer en l’iin qu’en
l’autre ; étans le Sory , la ' Chalcite, .
& Mifÿ , n , contigus l’un à l’au¬
tre , qu’à peine les pouvoit-il difiin-
2,yz, Livre L
guet J ainfî que Galien confeiTe.’ Il
eft beaucoup plus vray-fèmblable,
ce qu'il écrit au chapitre precedent
du Mify , que du même voyage il
en apporta une groilè piece j qui
contenoit ces trois minéraux , Sory,
Chalcite , &c Miiÿ , & que vingt
ans aprez il avoir remarqué , que
le Sory commençoit à degenerer en
Chalcite , & cette cy en Mifÿ : ce
que la nature peut faire , dautant
qu'ils ne font differens que de grof-
feur & tenuité de parties. Mais de
vouloir nous aileurer qu’une eau de
pluye qui abbreuve une montagne,
laquelle contient quatre minéraux,
deîqüels elle attire î'odcur , la cou¬
leur & faveur , pnillè plutôt dégé¬
nérer en l’un qu'en l'autre minerai,
il eft impoffiblc à la nature par laps
de tems de le faire. Bien eft il vray,
que tout Vitriol de quelque climat
qu'il provienne , tant foit-ü exaéte-
ment envelopé & gardé qu'on vou¬
dra par fiicceffion de tems , perd une
partie de fon luftre en la fùrfacc , &
de fà force , ainfî que l'experience
nous en rend maîtres. Mais qu'il
change de namre , & qu’il quitte fa
forme par l’impreffion ou introdu¬
ction d’une autre, c’eft un abus de
le croire.
Quant à Paul Æginete, Serapion,
Sylvius , & autres qui ont fuivy l’o¬
pinion de Galien , pour doCtes qu'ils
ayent étez , ils ne font du tout ex-
cufables , pour avoir trop légère¬
ment creu à fes écrits. Nous pou¬
vons dire de luy qu’il a été homme
comme nous , & par confèquent
fautif, & ce que fbuvent il difoit
d'Hippocrate , auquel il ne vouloit
croire, fi la raifon & l'experience ne
SeBion V,
le contraignoient à ce faire, qui fo«
les deux poinéts pour prouver quel. '
que chofe , ainfi qu'il le déclaré au
premier commentaire qu’il a fait fur
le livre d’Hippocrate , des humeurs
en la partie fèptiéme.
Que 1^ Chalcite, & Calcanthum, u u
ou Vitriol foit une même chofè, ôc'fenZ \
qu’ils ayent même tvertu l'une que \
l'autre, je ne fçaehe homme de fain "i
entendement > pour peu qu il foie
versé en la connoifîànce des dro- »vieli
gués , qui le confeiîè. L'un eft mi- Chdci.
ncral & naturel , l’autre non , mais
une eau congelée fans artifice dans
une pifeine : auffi comme diflcmbla-
bles , Diofeoride, Galien, Avicenne
Sc autres les ont diftinguez par cha¬
pitres particuliers. S'il eft queftiort
de recouvir à' l’experience , on ne
trouvera qu’aucun des Grecs , ny
des Arabes, ny des Latins fe fbient
jamais fervis delà Chalcite auFun-
gus , mais tous ont approuvé le Vi¬
triol. Et pour montrer que Galien
a choppé non feulement en ce lieu,
mais auffi ailleurs , je me conten-
teray d’entre plufieurs palïàges de
rapporter le fiiivant, pour ne fôrtir
hors de nôtre Theriaque , qui fer-
vira d’avis à nos Apothicaires Fran¬
çois.
Au premier des Antidotes , cha- edi»
pitre 1 5. & au livre de la Theriaque
à Pifbn , chapitre i o. il dit que la
bonne Canelle, qu’il appelle Calfe,
dégénéré en Cinnamome , & que le
moindre Cinnamome eft meilleur,
que la meilleure Canelle,qu'onpour-
roitchoifir, lequel mâché fént la Rué,
ce qui eft faux. Car le bon Cinna¬
mome duquel il fait tant d’état , &
tel qu'on l'avoit apporté à Rome,
ait
Des Optâtes.
^71
au tems des Empereurs Ti'ajanj&:
Adrian , venoit de Zeilan , Provin¬
ce fort éloignée des 1-ndes Orien¬
tales > où les armes d'Alexandre
le Grand , ny celles des Romains
ne font parvenués , & pour lors
non Cl frequentes qu'elles font pour
le jourd'huy. Et la moindre Ca-
nelle dont il fait fi peu d'état,
écoit apportée des Provinces de
Malavar & lava , où naturellement
tels arbres croilicnt en grande quan¬
tité & fans artifice , du tout fom-
blables les uns aux autres. La di-
ftance des liaix ne peut changer
l'elpece 5 car la différence qu'on y
remarque de la nature & bonté du
terroir, & de la clemence de l'air
de Zeilan plus propre à l'être de
la Canellc , que celuy de Mala¬
var , & lava , félon l'authorité des
Anciens , & l'expericnce maîtref-
Cs des Arts én font foy. L'autho¬
rité Ce peut tirer d'Hippocrate , du
livre 4. des maladies , parlant du
Sylphiuimou Lafer, & au livre de
l’Air , des lieux , & des Eaux , &
aprez luy de Platon eii fon Tiraée,
& du Poète Virgile , au deuziéme des
Georgiques , qui nous en alfeurent.
L'ppenience fe void en ce païs d'un
meme plan de vigne , lequel planté
en certain lieu, produira du vin beau¬
coup mcflleur qu'en d’autre.
Pour reftituer ce paflagC' de Ga¬
lien , & l'cxculèr plutôt que de l'ac-
eufer & s’approcher de plus prez
â la vérité de l’hiftoire , j'cftime
que, où nous lifons Tnyavi^eiv, il fâu-
droit lire 0piyun^&v , parce» que la
bonne Carrelle , ou Cinnamome ap¬
proche plus de l'odeur & faveur de
LOrigan , que de la Rué. De cette
ôpinion je rir'cn rapporteray toûjout^
au jugement des plus doftes , & pafo
foray fous filence , ce qui ett' écrit
force firjet cy-devattt, for la pou*-
dre de Diacinnamomum , aprez Gar¬
de du lardin. le m'en remets enco-
res à ce que les Efpagnols qrri voya¬
gent fouvent en ces régions loing-
taines nous en allèurent , qui nous
en apportent grande quantité de tres-
bonne , laquelle mâchée ne fent
point la Rué. Partant fi je fois creu,
il foffira à l’Apothicaire de choi-
fir de la meilleure Canelle qu'il pour¬
ra recouvrer pour le bon ôc vray
Cinnamome, lors qïi’il voudra com-
pofer fon Theriaque , ou autre An¬
tidote , fans doubler fo dofc , com¬
me Galien confoille , attendu que
c’eft même chofe. La différence en
bonté , que les Grecs y avoient re¬
marqué , leur a donné fiijet d’eftis;,
mer qu’il y en avoit plufieurs efpe-
ces , comme des plantes en nombre
de fix , quoy qu’il.n’y en aye que
d’une forte.
Retournant au propos de la Chal-
citc , attendu qu’elle ne peut rc-
fifter an venin des Champignons
par fon tempérament , & n’cft pas
leur Alexitaire , par l’authorité des
Autheurs fus alléguez , ny julques
à prefont expérimentée d’aucun des
Médecins modernes , qui aye écrit
eu égard au danger eminant qu’i-
ceux Champignons apportent à
ceux qui en ont mangé , je fiiis
d’avis que quand l’occafion lè pre-
Icntera d’y remédier qu’on làiflê
la Chalcite , ( làns s’arrêter au di- ceux
re du fieur Fontaine ) pour fo fervir qui ont
du Vitriol Calciné , qui eft aflèmé,
facile à trouver,qui ne le falfific point, P
Mm ôc
?<74 Livre L
5c eft cîe vil prix ^ Sc conncu de
çous. Au contraire la Chalcite elî
jrarca conneuë de pcU de gens , qui
çft chere qui vient de loing , non
encore expcrùnentée. Ma raiion eft
que lors que le médecin y eft ap-
, pelle , fouvent le venin a déjà gai-
gné le cœur, Sc les forces du ma-
Ude font tellement abbatuës , qu'il
n’en peut venir à bouc par le reme^
de Alexitaire qu’il ordonne , pour
puiftânt quil Ibit, comment le fera-
ü .par un moindre ? Qui lèroit tant
dépouveu de dodrine , de jugement,
& d’expcrience , qui voudroit laiC-
£èr le certain pour l’incertain, ex¬
périmenter un nouveau rcmede , au
péril de la vie de Ibn prochain , le¬
quel il ne voudroit ièulemenc voir,
s’il étoic tombé en tel inconve-
niantjchercher au loing ce qu’il a à la
porte , & achepter Wen cher , ce
qu’il peut avoir à vil prix ? Nous ne
fomnies plus au teins des Roys Mi-
thridates, Attalus, qui faifbient leurs
expériences fur des criminels & non
fur d’autres.Serons-nous pires qu’eux,
fnfu
^®"cl>-irre,que la Chalcite ne fc put
U far- utilement , ny Êurement donner con-
tie de la cre le venin des Champignons , com-
Thefe i^e l’alîciire ledit fieur Fontaine , &
tmrlu fondement eft mal allèurc,
ne. 4Poy P'i^ «le Galien , interprété
de ce grand Hippocrate.
Contre^ Maintenant rtfte à voir, fi lafè-
^ ficj- eonde partie de fa Tlrefe fera mieux
Je de t'a que la première ,, que par
Thefe . icelle il nie que la Chalcite foit mi-
dnidit û au Theriaque pour la faire pene-
Vea.'at. trer , & deterger, comme l’Autheur
1 ’a écrit en cette Paraphrafè , pour
l’inftrudiondes Apothicaires moins
Se&ion V*
verfez , Sc non pour les dodes. Oj
pour donner coup à l’opinion d^i
fieur Fontaine , .& le renverfer , ou¬
tre les raifons & expériences , je
me ferviray tant de l’authoritc des j
anciens Grecs , Diolcoride , Galien,
& Paul Ægincte , que des Arabes
Avicenne, & modernes , en divers
lieux de leurs écrits ( la cotte def-
qnels attiediroit le Ledeiir pour être
trop longue ) qui la detruifet. Cet¬
te lèule railbn me iervira d’Achit
le & de bouclier , fçavoir que tous
medicamens agiflènt ou de leur for¬
me cftentielle, ou par leurs quali-
tez premières , ou fécondes. Cy-de- ,
vant nous avons montré , que la
Chalcite ne pouvoir combattre Je
venin des Champignons, par fa for¬
me s ny par fès qualitez première).
Il refte donc à voir , fi elle le pour¬
ra faire par les fécondés , ou non}
ce que l’Autheur mon pere en a
écrit, par quelques- unes de fès qiia-
litez premières &: fécondes , qui fogt
en nombre de cinq , à f^voir cha- niiài\
leur, ficcité, tenuité de parties, de-
terfion , & adftridion, defquell?s
en peut tirer des confequenccs tvqn
moins afléurées, que celle qui 6*^
dire être jour , lors que le blond Sç-
leil gallope fà carrieic , fur l’orizon
de nôtre hemifphere.. ^
Par fà clialeur manifefte au goipj '• **■
avec l’aide mutuelle de plufieurs au-
très drogues chaudes qui entrent au
Theriaque , elle potma modercrf'a
froideur de l’Opium ,' icy mis p
quantité.. Par la ficcité . apruc par ^
l’uftion elle pourra delléicher ab- J®'
forher l’humeur virulent des bêtèp^U"
neneufés , qui étoit l’intention prie,?**
pale d’Andromachc,. & pour refij^cf
à ia pouttiturc des hiutaenrs , fonr-
cede plufîeurs iiialadies, aitfqiielles
le Theriaque s’adapte heureufement.
V R*i- par fa tenuité de parties auflî ai-
dce d'auffes ingrediens elle fait pct-
netrer la crâflitie des medicaraens
freids & adltringens , comme l’O-
piiuâ , Acacia , Hypociftis , Ter-
4. R*/- re figillée , Rofes , 8c autres. Par
/«». fa vertu deterfive, elle peut deter-
■i ger les matières de la plus grand’
partie des maladies froides , tant
du cerveau que des joinâures , fé¬
lon Diolcoride , Galien » Avicenne
ç. Rai- & autres. Par fon adftriétion non
/»». petite , elle pourra empccher la fou-
daine exhalation de pluiieurs me-
dicamens de facile refolution > qui
entrent en grand nombre audit The¬
riaque , & fervira encore à la fer-
inentatioru.y necciîàire , avec l’ai¬
de de l’Opium» & des autres ter-
ïeftres.
Des fofoites raifons non pro¬
blématiques mais certaines , les do¬
ctes jugeront s’il leur plait, lequel
des deux eft mieux fonde » ou luy
d’avoir nié que la Chalçite foit mi-
fe au Theriaque pour decerger ». 8c
la faire pénétrer : çù l’Autheur l’a-
voit écrit au difeours qu’il en a fait,
attendu qu’elle n’eft Alexitaire au
venin des Champignons , ainfî qu’il
i’aflèure en la première partie de fz
Thefe.
De révoquer en doute que le
Theriaque de moyen âge , ne puiC-
fe fervir au venin des Champi¬
gnons de toute leur nature véné¬
neux , tel que cy- devant ont été
dépeints , ce foroit pr trop montrer
fon ignorance. Non pas pource
qu’il jj entre de la Chaicite , mais
pour le relped de plufieurs Ale-
xitaires au Fungus cy - devant dé¬
clarez : comme le Calainent , la
racine d’AriftoIoche, l’Origan » &c.
qui entrent au Theriaque , & qui
pr une mutuelle aélion» en font
refolter une commune » & conve¬
nable , non feulement à la morfii-
re ôc piqueure des bêtes veneneu-
fos » & à tous venins 8c poifons :
mais anffi à la guerifon de plur-
fleurs maladies chaudes lors qu’el¬
le eft encore recente , & que la
froideur de l’Opium domine la cha¬
leur des autres ingrediens : & en¬
cor au maladies froides » lors que la
froideur de l’Opinm eft furmontée
par la chaleur , tant de la Chaicite,
que des autres médicaments chauds,
ez années foivantes.
Des raifons » authoritez &
riences fus-dcclarées , on peut coh-
dure » que la Thefè du fieur Fon¬
taine » foie en fa partie affinuati-
ve , foit négative , foie en fon fon¬
dement pris des écrits de Galien,
demeure entièrement détruite , par
confèquent non recevable. Toutes- ,
fois s’il a d’autres raifons qui foient
meilleures que les miennes , fon- ■
dées fur l’authorité ,& l’cxpericn-
ce , il me fera plaifir de les pro¬
duire au jour , pour le bien de
la pofterité , avec promellè auffi-
tôt qu’elles feront parvenues à ma
connoiiIance»d’abandonner les mien¬
nes , & non autrement. Au con¬
traire , fx je les vois fàtyriques , 6c
inciviles » je ne luy feray pas l’hoiV
neur de hiy répondre ; mais je te
lairray en fon opinion.
M sa i RE
2.76 Livre IL SeBion IL
REMARQJ/E.
LEs admirables effets ^uon a re¬
marqué en la Theriaque fidè¬
lement diéfensée Vont rendue fi re¬
commandable & d'un fi frequent
ufage que 'jufiques aux moindres &
fhesi Its plus éloignées de toutes les
nations on la met en pratique , les
uns pour avoir o'ùi publier fis ver¬
tus les autres fondett, fittr diverfies
fpcperiences qu ils en ont fait ,fans
néanmoins que pour la plus grand
part de ceux qui s’en fervent' , fafi-
fient différences, de la bonne avec
la mauvaifie non plus que des Ân-
tftdns & Orviétans compofie"^ par
des perfionnes fans adveu , auffi ne
joùiffent-ils pas de fies véritables ef¬
fets. .Autrefois il nétoit permis
qu’aux Médecins des Empereurs de
l’ancienne Rome de compofier la
Theriaque de laquelle ils fiaifioie-nt
des prefiens a leur plus itimes amy.s,
^ a'infi l’ufage n’en éteit que par-
my les grands. Mais comme l'Au-
theur de la nature a créé toutes
efiofies indifféremment pour fiervir à
momme , il a voulu nous faire jouir
également des fruits incomparables
de ce grand Antidote , qui fem-
bloit n’avoir été inventé que pour
défendre la vie de ces anciens Em¬
pereurs des invafions clandestines
de ta mort ,i^e qui a fait que l’u-
ffige en efi venu jufiques k nous : tout
ce^qu’il y a de plus a regretter ejt^
de ce quelle s’efl rendue fi com¬
mune , particulièrement dans les
pays QU nom fiommes depuis que
l’ avarice , l’ignorance & la méchan¬
ceté ont poufisé i’ homme par un ex¬
trême defir de gaigner , k foiiiStr
fies mains pleines de rapine , pour la
compofier d’ingrediens vils & ab-
jets , que fi elle étoit également
bien diSfensée , & qu’on la repur-
geat de tous les fiubSlituts mal aàa-
ptéX^, que plufieurs y font- entrer,
fis rares vertm reluiraient de tous
cotez. , & nôtre profeffion en fe¬
rait plus honorée. Les anciens l’ont
eue en une fi haut eSi'ime , qu’ils
l’ont diverfiement confiderée fui-
vant V âge , comme Avicenne au li¬
vre cinquième , traitté premier des
Thériaques , luy attribué tous âges,
même la vie & la mort. En la
Theriaque ( dit-il ) fie trouvent
l’enfance , la puberté , l’adolefcen-
ce , la vuilleffe & la mort j elle \
parvient k fon enfance aprez, fiix
mois , apreX^ elle entre en fia pu¬
berté & accroiffement , auquel elle
perfiSie dix ans aux régions chau¬
des , & vingt ans en celles qui
font froides , enfuite de fa puber¬
té , elle demeure dix ou vingt an¬
nées en état de confiéîance , de là
elle vient k décliner apréX^ tren¬
te ou quarante ans , enfin elle efi
entièrement dépo'ûillée de la .ver¬
tu de Theriaque d'ans cinquante
OH fixante ans , fiuivant le/quels
elle produit divers effets diffe-
rens les uns des autris , ou je
ne m’arréterdy point k prepint,
pour n’adherer au fientiment des
Anciens , ce que 'fen dis ce n’efi
qtte pour faire voir le foin qu’ils
ont apporté k la cempofition d’un
fi excellent Antidote, & l’exaBe
recherche qu’ils ont fait de fis
âges, & des vertus qu’ils luy ont
attribué , en comparaifon de ces
dvarickuii qui far leur mauvaife
confcieuee , Le compofént le moins
bien qu’ils peuvent , dans cette vil¬
le même , qui efi comme le lieu na¬
tal de la Médecine , d’ou les com-
pofitions devraient fortir aujfi pu¬
res que l’eau qui découle des fiur~
ces du fleuve Teare , qui fuivant
Bariut font les meilleures &^les
plui belles du monde , & au dire
de ceux du pais , elles font des plus
falutaires pour la Medecine , je
veux donc dire que par la feujlra-
>üion qu’ils y font de fa hafe & des
principaux ingrediens , ou par le
mélange d’autres m,auvaifes dro¬
gues , qui feraient horreur d tou¬
te la terre de le dire par le menu,
ils le privent entièrement du nom
de Theriaque , & en un moment ils
font par maniéré de dire ce que le
tems ne peut faire , fuivant les An¬
ciens , qu’en cinquante ou foixan-
te ans , pour lors ils n’y épargnent
point entre autres fimples la Va¬
lériane , la Gentiane , le Meu , les
plus vieilles gommes avec leurs im-
puretez. , leur font les meilleures,
pour relever l’odeur des herbes &
fleurs Theriacales , qui quoy qu’el¬
les croijfent en abondance dans le
pais , bien fonvent ne fuffifent point
pour ajfouvir leur dete fiable avari¬
ce fans faire conflderation , que pour
I ordinaire elles valent très -peu,
comme pour n avoir pas obfervê le
tems de la colleflion , celuy de la
défécation, ou pour avoir négligé
le lieu de leur repofition. Enfin c’eji
un creve-eœur aux gens d'honneur
de notre profeffion, de voir nos plus
célébrés compojïtions profanées au
point que nom les voyons , nom en
Des Opium.
entendons des plaintes de tom üotex,,
nous nous en J 'aifijfons , leur faifons
faire le proce‘^& condamner au feu,
mais tout cela nefl pas capable
d’arrêter l’avarice d’aucuns , qui
eft cette ancienne mere de toute for¬
te de fourberies & de malices , qui
leur fait oublier, que de foufîrai-
re les principaux ingrediens d’une
compofltion , c’eji dérober la famé
de fin prochain , de quoy ils ren¬
dront compte devant Dieu.
le pajferay outre & dir-ay encore
qu’il y en a quelques-uns de ceux
qui apre\jn avoir fait la dijpenfa-
tion publique avec toute la pompe
& filemnité qu’on peut apporter
au pim fameux Antidote que nous
ayons en toute la Medecine Gale-
nique, qui a autrefois furmonté les
plus cruels venins , tant des végé¬
taux des animaux , que des miné¬
raux. Le témoignage de Galien efi
digne de foy , de ce qu’il dit , que
plufieuïs Empereurs de Rome &
Princes , ont été garantis du poi-
fin par fin ufage : le veux dire
donc de quelques-uns de ceux qui
aprez, en avoir fait la poudre & le
mélange filon les réglés de l’Art,
dans cette filemnité publique,en leur
particulier &en cachette, ils y fine
un autre mplange d’une fécondé
Eheriaque, composé du rebut & des
‘ triailles des drogues de la première,
le pim fiuvent fans y ebferver ny
poids ,ny mefure ,& la débitent au
moment que tout efi mélangé ,fans
attendre que cette fermentation , &
les divers âges qui leur fint fi ex-
prejfement recommandez par les An¬
ciens fiient accomplis, de fquels dé¬
pend, comme ils difent) la ferfiSiosn-
M m 3 dt¥
lyS Lhre h
de V Antidote & ^ divers Effets
qu'ils luy attribuent comme en fort
premier âge , quand elle eft^exaEie-
ment compofêe queUe pronjoque le
fsmmeil, appaife les douleurs, arrête
la fluxion épaijfit la fuhtilité des
humeurs '& rabat leur acrimonie
Juivant le feritiment d'aucuns , &
faivant quelques autres , elle ejl nui-
fible a ceux qui en ufint contre les
maladies malignes j car au lieu de
ehajfer le venin en dehors, au con~
traire en incràfant la humeurs , le
retient en dedans , & le concentre
& c’e'fi pour ne fçavoir , ou ne vou-^
loir pas faire cette différence d’àga,
ce qui efl pernicieux a leur égard-.
Son âge médiocre félon Galien , du¬
re jufqua k douze ans , & partici¬
pe du premier & du fécond âge i
mais en fa vieilleffe qui s'étend juf¬
qua a vingt ou vingt cinq ans,
étant alors parfaitement mêlée , &
fermentée , elle déployé yâ vertus
avec plus de vigueur ; car elle pre-
ferve le cœur de toute forte de ve¬
nins & fert d' Antidote contre la
pefie , & contre la morfure des bêtes
venimeufa.
Encore diray-je que je refle fort
étonné de, ce que dépuis fi long¬
temps que la Médecine fleurit
dans Montpelier qu'aucun de ceux
qui ont eu en partage la dtreEiion
de la compofition des Medicamens,
n'aye daigné d'entreprendre de cor¬
riger l'abus qui fe commet ordinai¬
rement , en fubftituant pour la
compofition de cet Antidote & dm
Trochifqua d'Hedyeroi- environ a
la quatrième partie des ingrédient
de' plus importans des autres lef-
qjids nont point de rapport , pour
SeBion F,
la plut grand partie , avec les qua^
litez & vertus , de ceux que les
Inventeurs de ces compofitions y
ont fait entrer , comme a la Scille
quelques-uns y fubfiituent le Nar-
ciffe Oriental de Svvertius , au
Baume de ludée , l'huile de Muf-
cade , ■©" ceux qui veulent enché¬
rir par diffus ceux-la y fubjlituent
l'huile de Gerofle , au Coftus Ara¬
bicas, le Zedoaria au Rhapontic â
la Rheubarbe a la Gaffe ligneufe ,
la Canelle au Calament de montag¬
ne , le vulgaire a la Terehinthinè
de Chie la commune , a l'Amomum^
l'Acorus verus a la fueille d'Inde,
le gerofle au fruit du Baume , les
Cubebes a l'Jicacia vera , l’Acacia
nofiras , au Calamus aromaticui
l'Acorus verus , au bois du Baume
le Santal citrin , a la terre Lem-
nienne la terre Sigillée commune r
a l'Aéfalath le Santal citrin , &
au Marum la Matrioaire. En ce
rencontre , il ri a de rien fervy k un-
fameux Chancelier de l'école , qu’il
ait dit en fa Pharmacopée , qu’il
n’efl ja befoin de fubfiituer aucuns
fimples , pour le Malobathron , Co¬
ftus Rhapontic , &c. fi feulement
on veut être foigneux & diligent a
s'en enquérir. Si ces paroles nont
fait aucune impreffion en leurs
ejprits , pour ces trois fimples non-
plus que pour les autres fus nom¬
mez ; p'efi qu'ils fe flattent en di-
fant que tels Medicamens ne font
plus en cours de marchandife , ou
bien que s'il s’en trouve quelques-
uns qu'ils n'ont pas les marques ,
que les Anciens leur on donne,
& ainfi il vaut mieux d’y en fub¬
fiituer d'autres], que \nou3 connoif-
Des Optâtes.
foNs que les Autheurs nom ont
frefcrits , que de recevoir ceux-là.
Cette réponfe ne peut être rappor¬
tée qu’à nôtre nonchalance , d'avoir
négligé jufques-icp une connoijfan-
ce fi requife à nôtre honneur & fi
utile au public , à laquelle les Apo¬
thicaires des moindres villes dû
Royaume font fort oppofea:. , &'
nous font honte , fur ce qûils s'é-
forcent de tout leur pouvoir d’ad¬
mettre le moins de Jubfiituts qu’ils
peuvent en leur Theriaque. §l^e fi
autrefois il y a eu des ASaîtres
apothicaires à Lyon , qui par
leur curieufe recherche l’ayent
compefée avec deux fuhfiituts tant
feulement ; pourquoy ne la ferons
nous pas fi nom avons de L amour
pour nom même , en nom dépar¬
tant de ce detefiable defir de
gagner , & en imitant non feule¬
ment de tout nôtre pouvoir ceux
qui font bien , mais nous devons
tacher de furmonter leur vertu j Si
nous voulons iouyr un jour du fruit
de nos labeurs.
^ Si en un temps que la navigation
net oit point connue Galien & fis
devanciers ont décrit & employé
tous les ingrediens de la Theria¬
que : pourquoy ne conneifirons &
employerons-nous pas de même , les
ttns , que les autres , attendu que
par lart de la navigation nous
avons aujourd’huy la connoijfance
de diverfes terres , régions , &
Royaumes que ceux des fieclerpaf-
fil^ne eonnoijfoient point, d’où les
drogues les plus rares & preeieu-
fet de cet Antidote viennent. Gjy^e
fi les Grecs les Latins & les Jr a-
hes, ne conviennent point de toutes
les parties de la defiripiien , des,
’fufdits ingrediens , il n’efi pas diffié
cile de les concilier enfimble ,
de faire voir qne le plus fiuvent
ceux qui ont traduit les oeuvres,
des Grecs , des Latins , é" des-
Arahes ne les ont point tournées
d'une langue en une autre , en leur
vray fins , à moins que ce fioit été
l’Autheur même qui ait fait la tra-
duôlion de fis oeuvres , & ainfi on 4.
dépravé & altéré les meilleures,
penfées des premiers écrivains ,
comme il fera remarqué , en quelr
que endroit cy-aprez. , qui efl la
raifon qu’on ne doit pas trouver
étrange , fi non feulement les fuf-
dits ingrediens , mais un nombre
infiny d’autres nont point 'toutes
les marques que les Autheurs leur
ont donné , par ee que chaque in¬
terprété a fuivy fin propre finsj.
pour n’avoir fieu pénétrer celuy de
qui ils traduifoient les œuvres ^
p^irticulierernent au rencontre des
mots qui reçoivent diverfes explU
cations , mais pour toute réponfi y
& pour preuve de cette vérité , il
nous doit fuffire d’examiner exaEle-
ment , fila ScilLe rouge , que nom
employons dans nôtre Theriaque
n^'efi la même que celle des An¬
ciens en vertu ^ ou s’il ejt abfiolu-
ment necefiaire d’y employer la
blanche , fi le Coftus Arabicus, le
Rhapontic , la Cajfia lignea , le
Calaminta mont an a , le Terehin-
thine de Chie , l’Amomum , lu Fo¬
lium Indum , le Carpobalfamum i
l’Acacia , le Xylobalfamum , le Cas,
lamus aromaticus , le Chalcitis,.
l’AIfalath, & le Mururn ne font
les rnêmü fimpUt qpf f>os Anciens
Livre L SeBion V,
iSo
ent dêcritt & employez, dans cet
Antidote , & s‘U ne tient qu'à
nom de les y employer , pour une
plui grande perfeSlion de la com-
pojition. Voilà ce qui nia émeu ,
en cette fécondé édition , de di¬
re mon fentiment fur chacun d’i-
ceux , enfemhle fur quelques au¬
tres fimples , le tout en faveur
des vrays dijpenfateurs de cet An¬
tidote , & commenceray par la
Scille.
De la Scille.
Cet Oignon , fuivant quelques
Botaniques efi divifé en deux
eéfeces , f avoir en male & fe¬
melle -, iun efi blanc & l'autre rou¬
ge , celuy-là efi le mâle , & cet-
tuy-cy la femelle. Anguillara en
fait une troiftéme efiece , qui efi
l' Epimenidium de 'Theophrafie ,
quii. appelle Scilla vera & légi¬
tima ; mais parce quelle efi co¬
rne fiihle , & de faveur agréable,
je nen parler ay pas davantage ,
à raifon que nous ne nous en fer-
vons point en Afedecine , la rou¬
ge efi décrite & depeinte prefque
dans toutes les Hiftoires des plan¬
tes , & Clujms qui efi le premier
de ma connoijfance , qui a donné
la figure de la blancîoe , la décrit
dans fin fécond livre des plan¬
tes curieufes , fous le nom de Scil¬
la Hifianica , pour en avoir vêts
quantité en divers endroits de
l’Eéfagne , Diofeoride & Clufius
appellent cette première Pancra-
tium , d'où vient qu'il y a des
JlPaifires Apothicaires pour parot-
tre pim fideles difpenfitteurs des
Trochifques de Scille , qui la rejet- ■
tent , & prennent à ce qu'ils di-
fint la blanche. Si ceux la fai-
fiient réflexion fur le mot de Pan-
cratium qui fignifie fuivant l'inter-
pretation de Dalechamp , un reme-
de qui chajfe & furmonte toutes
maladies , fans difficulté , ils la
prefereroient à toute autre efieee
au lieu de la rejetter. Mais enco¬
re quelques - uns de ceux - cy ne
prennent pas garde à une plus
grande erreur , qu'ils commettent
qui efi au lieu de prendre la Scil¬
le blanche , comme ils difent , ils
prennent le^Narciffie Oriental de
Svvertius qui efi une grojfe bulbe
blanche ronde comme une boule de
neuf à dix livres pefant , cotnpofée
de tuniques, ou écailles , comme les
autres JSlarciJfes , qui porte fes
fueilles longues , crajfes & rondes ,
à l’extremité , laquelle a des ver¬
tus bien differentes à celles de la
Scille blanche , qui efi un autre
Oignon beaucoup plus moindre du
poids , d’environ deux à trois li¬
vres , fis fueïUes font un petit pim
larges , moins craffes , & plus poin¬
tues. En voila affelj^ pour faire
voir en quoy ces deux Oignons
different , afin d'éviter à l'adve¬
nir qu'on ne prenne pas l'un pour
l'autre.
Diofeoride au lieu de nous dé¬
crire la vraye Scille , s'efl con¬
tenté de noM décrire feulement
fis qualitez. , vertus , & prépara¬
tions , ce qui me fait croire , qu'il
ne la connoiffoit point. Et en fuite
par un chapitre particulier , U dé¬
crit la Scille rouge , fous le nom de
Pancratium , difant être une greffe
Des Optâtes. i 8 i
lulhe qui porte des fueilles [em-
blMes A celles du Lis , mais un
■peu plus longues , t "efi ce qui a
donné lieu a Clufius de l’appeller
aujfi Pancratium ; mais en ce ren¬
contre fefiime qu'ils fe font troni-
■peT^ 5 car ceft hors de difpute que
la Scille rouge avec la blanche ,
qu'ils difent être la vraye, ne [oient
deux e/peces d'un même genre , qui
ont été bien divifées en mâle &
femelle , tant par l’affinité & ref-
femblance , quelles ont en leurs ra¬
cines ou bulbes , fueilles , fleurs ,fe-
mences , quen leurs qmliteü &
vertus , outre^ quelles eroiffient &
viennent enfemble , en un terroir
■humide & marécageux ; elles com¬
mencent égallement de pouffer la
tige de leurs fueilles en Décem¬
bre & les fueilles durent vertes
jufques en May & luin , aprex.
elles fe feichent fans qu'il paroiffe
aucune tige. Ceux-là s’abufent
auffi , qui difent que l’une fait la
fueille noire , & que l'autre la
fait blanche ; car toutes deux la
font verte , avec la diftin&ion du
plus ou du moins. De même ^ue
ceux qui ont écrit que la vraye
Scille fleuriffoit trois fois l’an : du
raifonnement des uns , é" des au¬
tres , nom pouvons inferer quils en
parlent par ouyr dire, parce quil¬
les ne fleuriffent qu'une feule fois
I ^n , qui eft environ l’equinoxe de
I Automne , alors leur tige com¬
mence de pouffer , & monte toute
nue fans aucune fueille ( fuivant
que les bulbes font plus ou moins
greffes ) jufques à la hauteur , de
fipt a huit pans , la fleur efl blan-
fl^> firt petite , en forme d’étoi¬
le , & commence de s'éclorre par
le bas de la tige , & dure plus
qu'aucune autre fleur , de manié¬
ré que la femence des premières
fleurs ejl à demy meure avant que
la fleur de la fommité , fait paf-
sée.
-Aprex. avoir dit en quoy ces
deux bulbes fe reffemblent j il efl
bien raifinnable auffi de dire en
quoy elles different , dautant plus
qu'il y a quantité de perfonnes,
qui en fint mention dans leurs
écrits •• neantmoins je nen ay veu
aucun que ceux qui peuvent l'a¬
voir appris de Clufius , qui en
rapportent 1‘ entière vérité , parti¬
culièrement de la blanche , que
quoy que nous fioyons au pays , oit
mus en pouvons facilement recou¬
vrer , aucun de ceux avec qui )’en
ay conféré , ne m'ont fçeu dire ,
ce quelle efi pour me rafraifichir
la mémoire de ce que fen vis,
U y a environ trente cinq ans -,
qu'un marinier qui vernit des cô¬
tes de Barbarie , rnen fift prefent
àéune bonne quantité des deux
eéfeces , oit je remarquay tant feu¬
lement trois chofes , qui les difiitt-
guent , fi bien qu'un enfant en
fçauroit faire la différence , la pre¬
mière par la couleur , la fécondé,
par la groffeur , & la troifiéme,
par la faveur. La couleur , comme
mus avons déjà dit dumafle , efi
toujours blanche , de la femelle
rouge , le mâle efi: fort petit , à
l'égal de la femelle , le mâle efé
de beaucoup plus acre , que la
femelle. Il nef pas difficile d'en
donner la raifon -, car qui que ce
fait, qui fora reflexion fur la grof
iSi Livre L
feur de ees d'eux Oignons , le com>-
prendvA (kffez; , fans que ]e m’en
explique davantage , d’àù vient,
qu’il efi plus malin ce qui le.
de.vroit fairje rejetter plutôt , que
de l’admettre dans les çampofi-
tions 5 il efi vray que . de la fa¬
çon que les ylpothicaires^ campe-
fent les Trochifques de. Scille- pour
l’ordinaire j il n’importe pas quel¬
le des Scille s,, qu’ils y . employant
par ce que lestr qualité -j ' pour fi
acre quelle fait , fe trouve entiè¬
rement émoujfée, par. la coélion , ou
par, la trop grande quantité de
farine d’Orobe qu’ils méfient , avec
la pulpe d’icelle. Et la verttL d’in-
cifer à’ atténuer- , & de deter-
ger les matières erafiès , efi. anéan¬
tie, comme nous dirons plus am¬
plement en fon lieu -, c’efi pour-
quey ,. il convient d’en corri¬
ger la méthode j .ain fi .qu’il fe¬
ra remarqué, au me fine endroit,
^ de prendre la Scille rouge ,
par les raifans , cyr devant dé¬
clarées..
Des Troclîifques de Vipères,
En ce rencontre je. me fuis pro-
pofé de pajfer fuccinBement fur les
Trochifques des Vtperes , des din-
eiens , quoyque ce foit un des prin¬
cipaux le plus confiderable in¬
grédient de la Theriaque , oit nom
paroit mapififiement l’erreur de la
compofitiqn , que pour ne changer
point l’ordre que j’ày cy - devant
obfervé , en la première édition , eu
pour n’ufer de. vaines redites , je
ranvoye le furplm en fon lieu , oh
l’.on verra, les raifons que j’y ay
SeÛion V,
ajoutées . fondées fur les diverfii
abjections, qui m’.ont été faites , en
ma. precedente Remarque , ou le
Le.Beur desinterejfé de l’opinion
des .Anciens ; trouvera fans diff-
culte quelque fathfaCtion ; Mais
quant a .ceux .qui font pleinement
abre.uve\^ de la vieille erreur , par¬
ce quelle leur efi Authorifée de¬
puis plufieurs fiecles , par de. grands
perfonnages ; c’efi pour cela qu’il
efi très -difficile d’effacer de leurs
eéfrits , l’imprejfion qu’une trop
facile croyance y a fait dautant
qu’ils appuyent. leur foy , fans
s’informer de la vérité , fur le
dire d’autruy , & donnent tout à
la lettre^ Les raifons ny les ex¬
périences , ne font ^oint capables
de perfuader ceux-là à fe déter¬
miner à quelque chofe de meilleur,
Voilà pourquoy , je ne me promets
pas beaucoup d’eux ,. quoy qu’ils
ayent des yeux - pour y , voir , &
des oreilles pour ouyr , il me fuf-
fit que j’en vois venir beaucoup
d’autres en foule , les uns qui
embraffent fans hefiter la véri¬
té , & les autres fe diéfofent à
renoncer entiereruent à l’erreur
étans feulement retenus , par quel¬
que legere -confideration qui efi
la caufe que je me dépars , encore
de ces. timides , & les laijfe en
cét état pour me tourner du
cofié de ceux qui rejettent les-
Trochifques de Vipères des An¬
ciens , ,& qui admettent en leur
Theriaque les Vipères fiches ,fans:
les réduire en Trochifques.
Si je ne me trompe nous avons^
deux raifons principales , qui nous
perfuadent à réduire les
feh
Des Optâtes.
feiches , en foudre fuhtile , four
en former des Trochif^ues -, la fre-
miere efi , quil J a beaucouf de
ferfonnes , qui ont grande^ adver-
fion four les Serfetts , & même
fuivant quelques Autheurs , quil
y a eu des femmes enceintes , qui
fe font blefées à leur veu'é , quoy-
que la Vifere ait de grandes
vertus , comme Serfent , elle efi
en erand horreur , farmy quel¬
ques ms , tant à raifin des fune-
fies'accidens quelle caufe far fa
morfure ; que de ce que Satan
frifl la forme 'd’un Serfent, four
feduire notre fremiere rnere , à
defein de la f ordre à ]amaû , &
toute fa fojhrité , ■ &■ ainfi cette
excellente compoption de la Thé¬
riaque -, qui a été autrefois les
déliées de VS^fnftreur Antonin ,
ayant la Vif ère four hafe‘, four-
roit être abhorrée -, ■& décriée de
tous ceux fui font touchez, d’un
fi fufie réjfehfiment. La fécondé
raifih , efi très - importante en ce
que fés' rif ères ftichés font difii-
les à être mifes en foudre d çaa-
fé ' qu elles ont U chair fibreufe ,
de fubBdbce rare & jpongieufe ,
que leurs vertèbres font d'une
fùbftance dure , denfe & corn-
faite , que de les filer avec tes
autres ingrédient de la comfofi-
iion , ils refieroient tous les der¬
niers en la pulverifation^ Et com¬
me four l’ordinaire on commet
la refidenCe de cette foudre , pour
la- fat achever de- fubtilifer , duv
Serviteurs , eu- aux Afprentifs
des boutiques , lefquels ennuyeT^ de
la foUdité de' fis hs , ne lès fou-
vant mettre' en poudre qu’avec
grand peine nen connoijfam 'pas
la valeur , four avoir flùtot fait
ils la jettent imprudemment , en
affés bonue quantité , fans fia-^
voir ce qu'ils font , & ainfi' une
grande partie de la principale
vertu des Tiferes , manque 'en la
Theriaque , au lieu que quand
on en firme des Trochifques ( com¬
me nom dirons plus amplement
en fin lieu ) avec le mucildge
de la gomme Arabique -, toute la
vertu entière de la dofe des Vi¬
pères , que l’Autheur y demande,
s'y trouve fans diminution d’Un
grain. Voilà les raifons pourquoy
tant pour confirver le nom de
Trochifque , que V entière vertu
des Viper es , mon fient iment efi de
les réduire en poudre fubtile , puis
aprez en Trochifques. l’entends
encore une fois , quelques-uns de
Ceux qui ne connoiffint pas ou gifi
la grande vertu de U vipere , qui
me répondront que les Os en font
entièrement privez , lefquels pour
toute réponfe , je renvoyé à l’ex-
perience , que fuivant Averrho'ét
une feule vaut plus que » plu-
fieurs raifons , c efi d’elle auffi que
nous apprenons tous les purs , les
chofes que ceux des fiecles paffez
ont ignoré.
On 'verra auff en fin lieu met
raifons-, fhr la quantité de Trochif-
ques- qui entré dans le Theriaque,
fçavoir s’il en faut prendre le mê¬
me poids , que de ceux des Anciens
ok .s’il' le faut diminuer , parce quil
h’y- entre point de pain.
Nn i Des
184 Livre J,
Des Tiocliirques d’He-
dychroon, '
L' Heàychroon nefi pa6: un des
moindres rnedicarnens. de ceux qui
compofent les. excellentes vertus de
nôtre Theriaque 5 car. fa cornpofition
feule fert d‘ Antidote à la pefie &.
convient aux maladies ou il y a du
venin- Mais ce qui me choque le.
plus, efl de voir ,■ que de dix neufin^
grediens, qui y entrent par la négli¬
gence d” aucuns , ou par un pur dejtr
de gagner , des-autres ils y fuhjii-
tuent jufques à neuf ou dix ingré¬
dient. , comme nous, déduirons en
fuite chacun en fin rang,, fuivant
l’ordre de la defcription, qui'eflunè
des plus grandes erreurs qu on fâ¬
che commettre parce quils ren-
verfent ou. changent par leurs quà-
litez.. & vertus contraires , quils
ont avec ceux à qui on les fubfii-
tue les principalis vertus du com-
pofé, comme a été dit. Far exemple
au Marum , quelques-uns y fuffii-
tuent la Matricaire , &. d'autres la.
Mas-plaine. Gpui efi celuy de la pro-
feffion, pour P eu intelligent qu'il fait,
en la connoijfance. des plantes, qu'il
ne juge de la grande différence de
ces deux plantes , fçavoir du Ma¬
rum df de la Matricaire , tant par
le lieu de leur naiffance , que. prin¬
cipalement par leurs qualitex.. &
vertus > car le. Marum eft une
plante vivace , qui croifi fur les
montagnes , és pays chauds ,' &
la Matricaire efi une plante an¬
nuelle , qui vient parmy les che¬
mins emWageux des jardins , le
Marum efi d'une odeur & faveur
SeBion V.
fi forte & fi pénétrante , qu’on ne
la peut fouffrir ,. & néanmoins fua-.
v.e, marque que c’efi un ingrédient
digne de la cornpofition de ces Tro-
chifques ; dr au contraire la Ma¬
tricaire n'efi rien en comparaifon,.
& fon principal employ nefl- autre
que pour les affeétiens hyfieri-
ques , qui efi un ufitge bien diffe¬
rent de l’intention de celuy qui
inventa cette cornpofition , pour
fervir de parfum tant feulement,,
le n’en diray pas davantage, puis¬
que le moindre Apprentif de la
Botanique , efi capable de pouvoir
juger du refie. C’efi pourquoy , il
faut non feulement rejetter la Ma¬
tricaire & la Marjolaine 5 mais
toute autre efpece qu'on luy pour¬
rait fisbfiituer de Marum , puif-
qu'il ne dépend que de nous de
recouvrer , fans beaucoup de pei¬
ne , & à peu de frais le vray qui efi
celuy qui nous efi reprefenté , par
la figure que Matthiole en donne,
au troifiéme livre chap.^-z./ùr JDiof
coride qui fait la fleur , comme le
Càiament, & à fon defaut, on y four¬
ra fubfiituer le Marum Mafiichen
redolens , qui efi plus commun.
De rAfpalath.
Peur l’Affialath quelques-uns
luy fnbftituent le bois d’Aloés, &.
d’autres le Santal citrin. Ces pre¬
miers (ont fondef^ en raifon , & les
autres non , à caufe du grand rap¬
port que le bois d’Alo 'és a, avec l’Af-
palath , duquel le Santal citrin , fi
trouve de beaucoup inferieur en
fes qualités dr vertus. C’efi, . pour¬
quoy de fept eéfeces d’Ajfialath que
Des Optâtes, 1 8 5
Ga^fard Bauhin en donne dans
fin Pinax ,fi on ne peut recouvrer
le premier qui a fin écorce de cou¬
leur cendrée, le hoü fort majfifde
couleur purpurine tirant fur l'ohfi
cur, & d’odeur agréable j il y faut
fubfiituer celuy qu’on appelle ÂJpa-
lathui rofem , qui efi facile a re^
couvrer , d’Holande , ou de Vénife,.
lequel, pour [es rares ver tut luy con¬
vient mieux qy aucune autre eéfe-
tesfans s’arrêter à Diofioride , qui
dit, que l’yîjpalath efi un petit ar-
brijfeau épineux, d’ou vient fans
doute , que certains aiutheurs ont
pris oçcafion de donner le nom d’aî-
fialathué fecundui Monfpellienfis,aH
GeniSia Spartium Jpinofùmmajut La¬
bel, Mais quoy qu’il en foit, cette
plante n’a aucun rapport avec la
defcription de celuy des Anciens,
qu’en ce quelle efi un petit arbrifi
fixu garny d’épines recourbées. '
Du ScliGenanthos.
-Sekoenanthos efi un nom Grec,
qui fignifie fleur de lonc , que pour
la difcerner des.autres, on y a ajou¬
té le furnom d’odorant , laquelle
pur par le fentiment des Anciens-
& des modernes, efi receué en la-
Medecine , pour la pltu excettente
partie de tout le refie de la- plan¬
te-, mais apre\.l’ avoir bien exami¬
née en toutes fis parties , je diray
4vec. tout le reSpeB que je dois à
nos majeurs , que la fleur que mus
appelions Sekoenanthos , efi de beau¬
coup inferieure en vertu au pied
qui la porte, & cette vérité fi dé¬
couvre par le fentiment de la lan-
ainfi j’efiime que . cette par¬
tie du pied de la fleur , doit être
preferée a la fleur en toutes les
compofitiont , aprez. l’avoir exaéte-
ment feparée de tout ce qui s’y
peut trouver n’être pas de la qua¬
lité requifi.
Du Calamus aromadcus.
Pour le Calamus aromaticus qui-
efi un petit rofiau , ou canne aro¬
matique , qui croit en divers en¬
droits des Indes , particulièrement
en Egypte -, on y fubftitué la raci¬
ne â’Acorus ver us , fans beaucoup
de raifon , & cette fubHitution efi
généralement receué de toutes les
nations , ainfi que nous apprenons
de leurs Pharmacopées jufques-là,
que fi on demandait à certains de
ceux qui l’approuvent , la différen¬
ce qu’il y a entre le Calamus aro- ■
maticus , & l’Acorus verus , il-
ne. sien trouverait pojflble pas de
cent. un. qui les fient bien difcer¬
ner l’un de l’autre , tant cét er¬
reur a receu d’authorité parmy-
nous , mais neantmoins comme er¬
reur , il n’y a rien de plus facile
que de l’abandonner , d’autant plus
que VAcorus verus , ne correéfond
point en fis vertus , à celles du Ca¬
lamus aromaticus , qui nous efi
aufii facile que le Spica Nard à ■
recouvrer, ^ue s’il ne nous efi pas
aufii fiequent dans le cours des mar-
chflndifes , cela ne procédé que du
peu d’employ que nous en faifens,
fondez, fur ce qu aucuns difent qu’il
ne s’en treuve point du véritable,
& que ce petit rofeau qu’on dit
être le Calamus aromaticus, efi pri-
véUes légitimés marques que les^-
M». An-
Livre I. Se^ion V.
t.%6
Anciens luy ont donné » & ainjî
flufieurs le rejettent. Encore une
autre raifon , qui fa^vorife beaucoup
ceux qui le connoijfent , & qui ne
l'employent point , dans leurs com-
pofitions^ efi .que pour l'ordinaire
on le <vend jufques à dix francs la
livre , & pource qui efi de l‘A~
corus verus de plus cher que je l’aye
veu U na jamais excedé feisie fols
la livre » quelle rareté qu'il y en
ait, eu., & ainjî. le prétexté efi. beau,
à ceux-cy d'y fubBitMer l’Acerus
verus , afin d'épargner leur bour^
fie ,c efi en quoy . ils en .ufent mal,
eér ne fiauroient exeufer leur ava¬
rice fur les paroles du doBe Co¬
lin, Apothicaire de Lyon, en fes.
Annotations qu il a-fait Jur Garde
:du lardin, oh il dit, que nous n'a¬
vons point de Calamus odoratus, que
ce petit Rofeau que Les Epiciers
de Lyon nous vendent fi amer &
point aromatique > ny odorant , ne
l'efi point. A cela je. réponds , que
le mot d'aromatique n’efi' pas tou¬
jours pris pour odorant , ce fi à dire
pour une bonne odeur , mais an le
prend communément pour drogue,
qui participe de quelque odeur ,foit
bonne eu m.auvaife , &. pour le fur-
plus., CO qui favorife de .beaucoup
mon fentiment efi, l' Annotation que
Palludanus dolîeur en Afedfcine a
fait fur rinfeoth , chapitre 8 de
fon livre des drogues & herbes des
Indes , dont voicy fes propres ter¬
mes , le vray. & pur Rofeau aro¬
matique efi décrit par le fieur Char¬
les de VEfelufe , en fis doBes An¬
notations fur Gardas ab Horto , je
luy on avois fait prefent de quel¬
ques pièces que j'aveis apportées
d’Egypte, la ou il abonde , &yefr
d’un 'grand ufage : ils le nomment
Cajfab Eldelreira , c'eft un menu
Rofeau, qui- étant encore frais efr de
couleur d'or pâle, difiingué en beau-
coup de neuds aisé à rompre en
pièces , jpon^ieux par le dedans , tjr
femblable a de toiles d'araignée,
de .couleur blanche , ayant quelque
lenteur , revêche au palais- quand
OH le mange car il efr aigre &
amer : plufieurs on font venir d’E¬
gypte, qu’ils mêlent avec leur Thé¬
riaque , & en ufent pour faire ve¬
nir &. aider les mois des femmes,
- Et Tcoicy encore ce que nous ap¬
prenons du .fécond livre , chapitre
35 des ohfervations de Selon, étant
au. .Caire-. , cherchant diligemment
plufieurs. drogues , defquellesles Au-
thèuKs om. écrit , j'ay reconneu qu’il
y en a beaucoup en ufage , que les
Marchands ne mm apportent point,
comme le Nitre , l’Acacia , le Ca¬
lamus oderatm , l'Amomurn : le Co-
fiué,le Ben album, & plufieurs au¬
tres femblables.
Rroifer Alpînus , qui a écrit de
lu Mededne des Egyptiens , dit
en fin livre cinquième, chapitre 10.
que le Calamus aromaticus qui vient
en Egypte -, efr celuy des Anciens,
& qu'ils- s’en fervent dans la Thé¬
riaque y & dans toutes les .autres '
compofitions ois il efi requis.
Garcia -ab Horto qui a demeu¬
ré. dans les Indes Orientales l’efra- ■
ce. de trente ans , en qualité de
Médecin du JGce-Roy de Portugal,
ayant fait fon principal fe'pur. en
Guz,arate, Belaguate,& â Goa,dit
qu'on plante le Calamui aromaticus ■
dans les jardins ; je pourrois encore
alléguer
Des 0 fiâtes, %%j
«Uegaer à'mtres uSuthenrs ^tù ont
veu cette plante dans le pais ou
elle croit) fi le témoignage oculai¬
re de ces quatre célébrés ptrjônna-
ges qui ont faitjong fie jour dans
le pais fufnommé & eb/er-vé , par¬
ticulièrement ce qui concerne les
drogues rares qui y nàijfent , ne
prevaloit de beaucoup par dejfw
tout ce que les Anciens en ont pu
écrire , parce qu’ils, n’ont parlé
que par o 'uir dire ■ , eit ainfi il
faut conclurre que nous avons le
vray Calamm aromaticui qu’ils
nous ont décrit , & que c’efi de no~
tre devoir de l’employer dans nos
Thériaques -, & d’en rejetter VA-
corus verusjpour fatisfaire à l’inten¬
tion de VAutheur , fans faire con~
fiàeratkn qu’il coûte dix francs la
livre , & fan JubBitut n’en coûte
que dix à douz,e fols la livre j com¬
me a été dit.
Du Coftns.
La diverfité d’opinions des Au-
theurs modernes fur le Coftm, a cau¬
sé de la confufionparmy nous, les uns
en ont fait diverfes efpeces ,& les
autres ont dit qu’il n’y eU avoit;
qu'une feule, le fentiment. de ceux-
cy ne. s’ accorde point- avec celuy de
Biojcoride , qui. en fait trois eéfeces,.
encore moins avec GaVf ard Bauhin
qui en marque huit en fin Thea-
thre Botanic , livre premier , fi-
élion 6. chapitre, iq. mais de tou¬
tes ces effeces je. ne- prétend parler
que de celtes de Diofioride , parce
que de fin tems les autres n’ étaient
ny conneués , ny en ufage , Ô’ voi-
cy. comme Démoulins & Dupinet,
fis interprétés François , expliquent
fin texte ; le premier & le plus
exquis Cofius efi l’Arabie blanc,
leger d’une fort fuave odeur, le fé¬
cond aprest. efitceluy d’Indie, plein,
leger , noir àomme la Ferüle , celuy
de Syrie tient le fiers ra^ng , lequel
efi pefiant , de couleur de buis , fin
odeur blejfe le nez, &c. De ces trois
efpeces il faut employer dans cet¬
te compofitien , & par tout ailleurs
la première ) comme la plus excel¬
lente , qui efh le CoBus Arabicus,
lequel a caufi du grand rapport
qu’il a avec le Gingembre , tant en
fa forme externe qu’interne , exce¬
pté en fa faveur , cela a donné
lieu a quelques-uns de l’appeller
Coflus Arabicus , Zingiberis effigie,,
& a fin defaut on luy fubfUtuera-
le Cofius Indiens, qui fint la Vio¬
lette , facile. a recouvrer de Jblar-
fiille , que Diofioride nous a dé¬
claré être le fécond en bonté. ,■ ce
qui nous êfi confirmé par le doEle
Colin en fin An fiotatioh. , fur le-
chapitre du premier livre fus-
allegué de Garcia ab Horto , -plutôt'
que d’y fubJlituer le- Zedoaria lon-
ga ,‘avec lequel il Ve Convient pas
fi bien y qUoy que quelques-uns-
veuillent- dire, être une effiece de
Cofius , que les Anciens Grecs n’ont-
point conneu.
le relie fort' étonné de ce que
Laurent Catalan , jadis notre Col¬
lègue, nous fait lire in fin trait té de,
la Theriaque, que Diofioride a écrit -
qu’il y a trois fortes de Cofius , l’un
Arabique de couleur de buis , . l’au¬
tre Indique noir & pefànt , & le
rneilleur , le Syriaque , lequeli efi
amer , & de couleur blanche : lé. ne.
ppisi
2,88 Livre L
fuü mimaginer de quel interprè¬
te de Diojcoride il a pris ces paro¬
les , fi direSlement opposées k cel-
le-cy dejfus par nous alléguées, au¬
tant capables de brouiller Vefirit
de ceux qui s'y arrêteront , quel¬
les font contraires au véritable
texte de l'Autheur qu'il nous allé¬
gué , qui efi un vray moyen pour
attirer dans - l'erreur ceux qui n'y
font pas , d'y confirmer ceux qui y
font déjà, & d'augmenter le nom¬
bre des fubélituts au lieu de les
.retrancher.
Du Cinnamome.
Tefiime que celuy-la employer oit
mal fin tems , qtii voudrait entre¬
prendre de recueillir du fentiment
de ceux qui ont écrit du Cinnamo-
.mum,la véritable connoijfance d'ice-
lay , d'autant qu'ils nous l'ont ren¬
du fi rare par les écrits qu'ils nous
en ont laifsé , qu’il nous ferait du
tout hors d'eéferance d'en recou¬
vrer du véritable , s'il ne nous étoit
fi familier comme il efi ^ mais fans
■nous arrêter davantage aux diver-
fes opinions que nous rencontrons
fi fouvent fur cette matière , fans
beaucoup de fondement , nous pou¬
vons dire , l'honneur fauve de nos
majeurs , que ce que les Anciens
Hébreux, comme Moife au ; o. cha¬
pitre de l'Exode , a appellé Chinna-
snom , ou Gnnamomom, les Grecs &
les Latins , Cinnamomum , les Per-
fes & les Arabes,I)archeni ou Dar-
feni , nous l'appelions CaneJle , qui
efi le vray Cinnamomum des An¬
ciens , qui doit être d'une odeur
fuqve , de faveur douce & piquan-
SeBïon V.
te , qui n échauffe pas beaucoup U
langue , de couleur rouge , ou fauve,
d'écorce greffe ou déliée, qui fi cou¬
pe net. Voila en peu de mots le
moyen de choifir le vray Cinna¬
mome que nous devons employer
dans cet Antidote, moyennant qu'il
excelle en toutes les fufdites mar¬
ques , autrement il vaut mieux n'y
en mettre du tout point , partieu-
Aierement s'il en faut croire à Ga¬
lien en fin livre des Antidotes,
& ailleurs qui dit, que la Théria¬
que efi bonne ou mauvaife ,fuivant
la quantité du Cinnamome qu'on
y a mû.
Du Xilobalfamum.
Si les Autheurs des fiecles plus
éloignés n'ont point convenu entre
eux de la pla-nte du Baume , U ne
faut pas s'étonner fi aujourd'huy^
nous avons fujet de douter de tout
ce qu'ils nous en ont laifsé par leurs
écrits de même que du Cinnamo¬
mum : en ce que les uns on dit, que
la plante du Baume efi de la hau¬
teur du Violier blanc , & fis fueil-
les font femblables a celles de la
Rué , ou du Pyracantha , les autres
ont dit, être femblable en hauteur au
Grenadier, d'autres a la Mirrhe,
d'autres qu'il avoit la fueille com¬
me celle du Pin , d'autres que la
fueille a du rapport avec celle de
la. Vigne , & encore d'autres la
font femblable k celle de l’Ortie.
Toutes ces diverfes opinions ont per-
fuadé aux plus crédules de la pro-
feffion , que la plante du Baume de
ludée n étoit plus , eu bien quelle
étoit grandement rare , puis qu'un
chacun
Des Optâtes,
chacm de ceux qui en ont écrit
tn avaient forgé me de leur tête\:
neantrnoins je ne Jkü pas de leur
fentiment , parce que je fçaj quil
y a diverfes plantes, qui rendent
chacune en fon eéfece une excellente
liqueur Balfamique , comme Parbre
qui rend le Baume de Tolu , qm efi
une ejpece de Pin , d'ou vient que
fa liqueur fs concret en forme de re-
ftne ; un autre qui rend celujf du
Peru en la nouvelle Ejpagne , qui efi
de deux fartes , un blanc & l’autre
rouge ebfcur , qui porte l'a feuille
approchante a celle du Grenadier:
la troix.iéTne , eft celuy des a4nciens
tant renommé , que plufeurs tien¬
nent être entièrement perdu , parce
qu’ils ne ^ trouvent point de liqueur
qui réponde h la fuave odeur ima¬
ginaire , que ceux qui ne Pont ja¬
mais veu luy attribuent, de laquelle
nous parlerons cy-aprez. en fon lieu.
De la plante de ce dernier nous ne
devons nullement douter , puifque
nous avons pour témoins oculaires
de cette vérité deux illuBres perfon-
nages, Prolfer Alpinus & Belon, qui
ont obfervé en divers tems dans le
lardin de la Materée en Egypte, oit
cette plante efi foigneufernent cul¬
tivée , tout autant que fa dignité re¬
quérait , qui efi celle de laqueUe nom
entendons de parler prefentement :
fuivant Belon, livre i. chapitre jç). .
des obfervations : elle a fon bois vê¬
tu de deux écorces , la première efi
rougeâtre par le dehors, (jr couvre
comme un parchemin l’autre de défi-
fous qui efi verte , qui touche le bois:
cette écorce goûtée., baille une fa-
toeur entre l’Encens , & la fueille. de
“éerebinthe, approchant de la faveur .
de Sariete fauvage , qui efi une fa¬
veur fort plaifante , laquelle frottée
entre les doigts tient de l’odeur du
Cardamome , le bois efi blanc , & na
non plus de faveur 'ny d'odeur qu’un
autre bois inutile. Il dit encores quil
eût moyen d’avoir un rameau de la
plante du Baume de la Materée,
lequel^ayant fait feicher , & confe-,
ré avec le Xilobalfamum,qui fe vend
ez. boutiques des Marchands, je l’ay
trouvé convenir en toutes marques.
Les opinions des Amheurs qui
ont écrit du Baume , font fi diver¬
fes ( dit ce grand perfonnage ) que
fi je ne Peujfe veu moy-même , 'je n'en
euffe aTj écrire un feul mot aprez,
eux : Or pource que ]'en ay veu Par-
briffeau & bien eonfideré , il m'a
femblé ben d'en parler ainfi : j'ay
trouvé par expérience , que le bois
nommé vulgairement Xytobalfamum,
qui efi. vendu par les Marchands,,
apporté de l'Arabie heureufe , con¬
vient avec celuy d'Egypte , qui e^
cultivé à la Materée , & faut de
deux chofes Pune , ou bien que le
bois nommé Xylobalfamum , & le
fruit nommé Carpobalfamum , tels
que nous les avons en cours de Mar-
chandife foient faux , au bien que
celujc qui efi cultivé en Egypte au
jardin de la Materée , qu’on efiime
être vray Baume , fait faux j car les
voyant convenir en toutes chofes , fa-
chant bien que c' efi tout un , je veux
maintenir & canclurre , que celuy
qu'on vend fout le nom du bois de
Baume , efi celuy qui de tout tems
a été en ujage.
ApreX, un témoignage de cette
derniere force & celuy de Prolfer
Alpinus , que pour être plus bref,
O O je
z^o Livre IL Seéîion IL
je: ne rapponeraji point , 'il nota
efi grandement honteux de faire
entrer dans les Trochifques d‘He-
dychroi far deux feü , le Santal
citrin four fublîituer une fois d la
place de l‘Âjpalath, & une autre
fois, a celle du Xylohalfa?nurn , veu
ejuil ne tient qua nous de recou¬
vrer. lu vrays: fmfles que^ Vu4û-
theur y demande , comme a été dé¬
jà allégué , d’autant plus que nous
fomrnu fuffifàmment certifiez, que
nous lu pouvons facilement recou¬
vrer tels que lu Anciens lu y ont.
employez , d'ailleurs la confcience
nous oblige , de ne rien négliger
ny épargner four la perfeélion de
nos compofitions, & ainfi il faut re-
jetter tous lu fubliituts. mal apro-
priez comme cettuy cy , four y ad¬
mettre le Xylobalfamam , le vray
& légitimé ingrédient , /que l'inven¬
teur de cuTrochififuu'd'Hedychroi
y demande.
De rOpobalfamum.
Lu Anciens Autheurs qui ont
traitté de la plante du Paume , ont
etc fi confus à l'égal de quelquu-
yjts. du derniers fi'èclu , en la de-
, fcription d'icelle , comme il a, été
déjà remarqué , tant four la gran¬
deur de la plante que pour la for¬
me des fueillu , qu’ils en ont con¬
fondu tellement- lu eéfecu , comme
de celle qui porte le Paume de Tolu,
celle du Paume de la nouvelle Eéfa-
gne , avec celle qui porte le vray
Paume icy requis , qu'au lieu de
leur en donner quelque lumière,,
cela leur a entièrement, obfcur-
cy , ce. que Diofcoride & autru en
ont écrit de véritable , en telle ma.
niere , que ce qu'ils en ont dit de
plus fincere , a pafsé dans leurs
efprits pour faible. Apref^il en efi.
venu d'autru qui ont dit , que la
liqueur de la plante qui rend le
vray Paume, fur pajfe en bonne odeur
celle de l'Ambre gris , du Adufi,
& de la Civette , ce qui contre,
bue beaucoup pour intimider quel,
qsies-uns de ceux qui compofent'la
Theriaque publiquement ( d qui
l'honneur & la curiofité nont rien
fait épargner pour en recouvrer)
qui nofent l'fi mettre crainte defàil.
liratimant mieux y fubélituer l'hui¬
le de JÜufcade , qui na point les
conditions d'un véritable fubliim,
& en cela ils fe trompent grande¬
ment, car comment veulent-ils qu'u¬
ne liqueur qui participe de l'odeur
& de la faveur de l'Encens, &
des fueilles de Terebinthe , rende
une odeur plus excellente que\cella
du JlLufc, de l'Ambre gris ,& delà
Civette ; Projper Alpinm , homme:
de grand fiavoir , témoin digne de
creance, pour l'avoir veu defesyeux
au chapitre cinquième de fin Dia¬
logue , ou il traittc des vray es mar¬
ques du Paume , dit que cette li¬
queur au firtir de la plante, efi de
couleur blanche ou de couleur ver¬
te , ou de couleur d'huile trouble,
fort femblable de * fa fubBance &
de fa couleur audit huile , ou bien
d'une couleur dorée reluifante, d'u¬
ne fubflance fort tenue & firt clai¬
re : celuy qui fera d'une des fifdi-
tes marques, aura une odeur vebe-
mente , & tant plus il fera recent,
tant plus vehemente fera fin odeur,,
qui je rapporte à celle de Terebin-
D&i Optâtes. 191
the. , avec une fenteur fuave,
pim deUBable a notre odorat:
Il a un goût un peu arner ad-
firingent , avec une médiocre mor-
dicàtion , fort leger & fubtil , fort
facile d fe dijfoudre : J^e fi on en
jette, une goutte dans un plein ver¬
re d'eau , il defcend à fonds &
remonte foudain , s'étend fur toute
la fuperficie de l'eau , fans y pa-
rohre non pim que s'il y étoit dif-
JoHt , & avec une paille on le ra-
majfe entièrement pim folide qu'il
n étoit quand on l'y a jetté. 'Foi-
là dei marques fort ejfentielles de
cette tant renommée liqueur , que
Profper Alpinm a obfirvés par di-
verfes fois dans le jardin de la Ma-
terée , qui s'accordent -en partie
avec celles de Diofcorlde , & autres
Anciens, fe laijfe beaucoup d'au¬
tres raifons confiderables pour abré¬
ger , ou le curieux pourra avoir
recours pour s'en inîlruire , eu il
trouvera le tout divisé en fept cha¬
pitres , le premier contient un dif-
cours en forme de Dialogue , de la
plante du Baume , de fa liqueur, de
fin fuit & dp fes verges ; le fécond,
file Baume & fis autres parties font
en nature , & en quel lieu ils font
produits,- le troisième, décrit le Bau¬
me tér psn fuit J le quatrième , d'oît
Ion peut tirer lavraye connoijfan-
ce du Baume , dt ceux des Anciens
qui l'ont décrit au vray : le cin¬
quième , le moyen de difcerner le
vray^ Baume d'avec le falfifié : le
fitjeme , la vraye connoijfance du
“Vray fruit du Baume ,&defis ver-
gesjé" le feptiéme , contient le tren-
ueuf-vieme chapitre du. fécond li-
'^re des obfirvattens du dofîè Se¬
lon , cy- devant cité , touchant la
plante du Baume , avec les raifons
pourquoy il l'y a ajouté, \iprez,
cela je ne doute point qu'à L'ave>-
nir , le Leiteur curieux ne tache de
recouvrer de Fénife cette liqueur,
pour n'employer pim l'huile de
APufcade , lequel comme a été dit,
n'approche en rien des vertm at¬
tribuées à cet excellent médicament,
eu bien s'il faut avoir recours à
quelque fubftitut , il vaut mieux
prendre le Baume blanc du Peru,
& A fin defaut le rouge , l'un dr
l'autre font doués de pim grandes
& pim fitngulieres vertm que l'hui¬
le de Jldufiade , lequel outre cela
a caufe qu’on le tire par forte ex-
prefiîon il efi impur. On me pour-
roit faire la même objeBion Jur le
Baume noir du Peru, en difant fui-
vant quelques-uns, quon le tire par
voye de coBion , que cela fait ou
non , il différé beaucoup des vertm
de l'huile de Mufiade , & on le
doit préférer.
Du Carpobalfamum.
Pour le Carpobalfamum on a de
coutume depuis que lès Arabes ont
écrit de la Médecine , de fubBituer
en fa place les Cubebes, qui vien¬
nent de l'Jfie. de laoa , parce qu'ils
croyaient que le fiuit que nom
avons du Baume ne fut pas le vray ,
& que les Cubebes correjpondoient,
tant en leurs qualitef^ qu’en leurs
vertm , à iceluy , fondez. , fans dou¬
te fur l'authorité de Diofioride,
qui dit , que l'on choifijfe le fiuit du
Baume , plein , grand , pefdnt , d'un
goût moràicant , brûlant quelque
O O 2 peu
Livre 1.
f€tt en la bouche , ayant aucune¬
ment l'odeUr du Baume. Et les Cu-
bebes, fuivant JHatthicle font chau¬
des & feiches au commencement du
troisième degré , decjuoy )e ne m'é¬
tonne -pas , car l'imprejjion que leur
chaleur fait en les mâchant fur
la langue , pendant deux heures,
certifie cette vérité ; voilà la rai-
fon pourquoy elles ne conviennent
point pour être fubfiituées en la
-place du Carpobalfame , qui eft
plus tempéré , outre la vertu par¬
ticulière qu'il a de refifier con¬
tre la morfure des ferpens , ce que
ne font les Cubehes , & ainfi on ne
tes doit point admettre en aucu¬
ne compofition , â moins de vou-
loiy^y^rendre les paroles de JDiof
eeride au fens de la lettre , & de
preferer Id , qualités des Cubehes
â celles du Carpobalfitme , quand il
dit , que le Carpobalfame efi de fa¬
veur mordicanth & brûlante , mais
tes mots qui fuivent immédiate¬
ment aprez. , rabattent beaucoup de
ta force des premiers , qui difent
que ce fi-uit nefi que quelque peu
brûlant en ta bouche , - comme a été
dit cy-dejfus .* La raifon & L'ex-
ferience nous font voir d'ailleurs,
que fi le Carpobalfame étoit mor-
dicant & brûlant , il s’enfuivroit,
que fon bois appellé XHobalfame,
qui efi- comme infipide , participe¬
rait en quelque façon de cette qua¬
lité mordicante brûlante , ^
fin écorce ferait plus aromatique
qu'elle nefi pas >. & quand les Cu-
bebes canviendr oient direüement
en tout avec le Carpobalfame , il
y aurait toujours beaucoup â re-
4ire , fuivant Le récit que. Gar-
Seâion
cia nb Horte nom fait , d’avoir
appris par des Portuguais dignes
de foy , qui avaient demeuré lor.a
terns en l’Ifle de laoa , que les
habitant font bouillir ce fruit avant
que le laijfer tranéforter, hors de
leurs pais, craignant qu'il ne fit
femé en autre part : Cela étant
ce fruit reçoit de l'alteration en
tontes fes parties ; mais on me
pourra repartir , que le fruit du
Baume n a point les marques qm
Diofeoride luy donne , comme d'ê¬
tre jaune , plein , grand & pe-
fant : â cela je réponds , que pour
la couleur jaune , il faut enten¬
dre cela pendant que le fuit efi
meur & recent : car aprez l’avoir
fait feicher l’écorce vient d’un rou¬
ge obfcur , comme les Noix qui font
vertes en leur écorce, tant en de-
dans qu’en dehors ,. étant feiches
deviennent noires & ridées par la
privation de l’humidité , & ainfi
des autres fruits qui perdent leur
couleur naturelle par l’exficcation.
Pource qui efi des autres marques
qu’il doit être plein , grand & pe-
fant , il les faut rapporter de mê¬
me â l’humidité naturelle, contenué
■ en fon écorce charnue , laquelle
étant dijfipée le fruit en devient
plus menu , leger & ridé. Il arri¬
ve la même chofe au noyau qu'on-
trouve enfermé dans une autre écor¬
ce ligneufe , , lequel participe de
deux humidités , une qui efr aqueu-
fi & l’autre oleagineufe , l'une &
l'autre avec le tems fie diffipent , le
noyé au fie retrefft , devient plus le¬
ger & moins plein. Quant â U fa¬
veur, qui efl de -tous les fens le plus
affuré pour l'eleilion des medka-
mtMs.
Des Optâtes. 195
ftients , parce qu’il nous dêcouvie le en Eté par la grande chaleur du So~
degré de la température , ou deXin- leil , on brûle la terre avec le boü
température d’iceluy ,par fin moyén^^ecfui y efi, que fi on ne faifiit cela,
nous apprenons qu’en mâchant le le JÜalabathron ny renahroit plus.
Carpohalfame , l’imprejfion qu’il fait De ces paroles il faut inferer , que
fur la langue nefi point a compa- Diofioride n’a point eu la vraye
rer â celle que les Cubebes y font, connoijfance de la Fueille d’Inde
qui eji de beaucoup plus forte & de ainfi que nous l’avons, & que la dé¬
plus longue durée , comme a été fiription qu’il en donne,efi caufi que
déjà dit. Abdachin répondant â plufieurs le rejettent mal â propos
Alpin en fin dialogue fur la plan- de leur Theriaque,& y fubfiituent
te du Baume , dit , que le Carpobal- fans raifon le Gerojie , avec lequel
famé a quelque pointe quand on le il ne convient nullement r il ferait
mâche : par cette pointe il faut beaucoup plus â propos d’y fublii-
entendre ce que Diofioride appelle tuer, fuivant Galien, le Nard Indic-,
unpeumordicant & brûlant. Apresj^ maüparce qu’il coûteplus delamoi-
toutes les raifins fus-alleguées , tant tié que la Fueille d’Inde,ceux-lâ pre-
fur le XUobalfame , Opobalfame que ferent l’avantage de leur bourfe â
Carpohalfame, nous devons employer celuy de leur honneur , & jt’ofiroient
les parties de cette plante les plus fi dejfendre fur ce qu’il ne faut ja-
recentes qu’on les pourra recouvrer, mais fubélituer un fimple pour un
& rejetter toute forte de fuhfiituts.. . autre qui entre déjà une fois en une
„ . , , , , compofition , farce que ceux-là me»
Dl. Malabathron. ^ fubfiituent pour l’ordinaire le
Si les Anciens Grecs qui nnt écrit Santal citrin à l’Aéfalath , eés au
de la Botanique , n’ont point été fi- bois de Baume ils n’ofiroient aujfi
déliés en la de fiription de beaucoup m’attegucr que prefenternent le Gero-
de plantes ,nous les devons verita- fie coûte autant que le Spica Nard,
bletnent excufer , dautant qu’ils ont & ainfi ils ne gaignent rien, cela efi
plutôt écrit par o'ùir dire que par véritable -, mais toute leur plus in-
fiience , en un tems ou toutes chofes genieufi adreffi , ne fiauroit me défi
gifoient dans les tenebres, d’oû' vient avouer, qu’ils ernployent prefque
que leurs fuccefeurs. , par l’aide de le Gerofle fins monder , & que le
la navigation , ayant porté leur eu- Spica Nard decheoit de la moitié
tiofité plus avant , nous ont décou- pour en fiparer le mauvais, & eom-
vert la vérité de beaucoup de chofes me cela il coûte toujours au dou-
que nous aurions ignoré , comme du ble. Sans nous arrêter au prix des
Felium Indum , de qui Diofeoride médicaments , ny a la rareté d’i-
dit , aucuns croyent que le Mal ah a- ceux , la curiofité de celuy qui com-
thron croit dans les paluns des In- pofi la Theriaque , le' doit- porter'
des , nageant fur l’eau fans racine â ne rien oublier , pour s’infiruire'
comme les dentilles des marets ,& fur toutes les difiicultez. qui- fi'
cneorcs on dit , que les eaux taries, prefentent en beaucoup de fimptes,’.
O O j pom---
Livre L
four n admettre fai tant de fuhjfi-
tuts , comme on le fratique & de
bien examiner ceux qu’il ne feut
éviter d’y mettre, afin de ne commet¬
tre foint de fautes an defavan-
tage de fin frochain , qu’il doit
aimer comme luy thème. Rejettons
donc tout ces fubftituts mal adap¬
tés, & admettons icy & far tout, ou
il eft requis te vray Folium Indum
qu’il faut choifir du' fins recent,
du fins beau , & du flus entier,
fans avoir égard , qu’il ne crdifi
foint dans les f aluns ; mais que
c’efi la véritable fueille d’un grand
arbre qui vient loing des eaux.
Gyue quant a fis autres mar¬
ques , il nefi pas beaucoup éloig¬
né de celles que Diofioride donne
au Jien.
Du Spica Nard.
que le Spica Nard , ne
fait pas du nombre des ingrediens,
a la place duquel on en fubîlitué
di autres , neantmoins je l’ay voulu
loger icy , parmy les fubfiitués dé
la Theriaque , pour advertir en
pàjfant les fideles difienfateurs d’i¬
celle , qu’il ne fuffit pas de choifir
du plus beau , du plus relent , & du
plus odorant ; mais encore aprex.
l'avoir bien nettoyé , & fiparé de
toutes fortes d’impureté , qu’il im¬
porte beaucoup de rie le point mê¬
ler avec les autres ingrediens,
poitr le mettre en poudre , qu’on ne
l’aye préalablement inciféfort menu,
par ce qu autrement la plus grand
partie d’iceluy paffiroit a travers
le tamis a mode de petits poils quel
foin qu’on en fiache prendre.
Seâion F,
De la Caffia lignea.
Si le Cinnamome a re^eu diver-
fis appellations par les Nations
étrangères ou par les Marchands,
qui l’ont tranjporté d’un Royaume
en un autrç. La Cajfia lignea qui
en eft une véritable eftece , n’a pas
eu un meilleur fort , en ce qu’il y
a des jiutheurs , qui difent que
le Cinnamome , la Cajfia lignea, &
la Canette ne diffèrent point que
du plus , ou du moins de bonté , &
parlent fi confufement de ces ma¬
tières , qu’on ne peut prefque rien
comprendre de tout leur difiours:
car tantôt ils difent comme Garcia
ab Horto , par un raifonnement fon¬
dé fur un ouyr dire , qu’il n’y a
perfinne qui puiffe dire , avoir veu
de la Caffia lignea differente de la
Canelle , & d’autres difent comme
Galien, au premier des Antidotes
que la bonne Canelle fi convertit
en Cinnamome , ce qui n’eft pas
poffible , puis que ces deux ne font
qu’un , comme nous l’avons cy-de-
vant dit. Peur la defiription de la
Cajfia lignea des Anciens , j’avoue
quelle eft defeéhueuft -, fi les Mo¬
dernes fi fuffent pris garde , d’y
ajouter ce que ces premiers y ont
oublié , je rriaffeure qu’ils en aù-
roient eu uné entiers connoiffance,
telle que nous l’avons riujourd’huy,
mais au contraire ils ont obfiurcy
par leurs divers fintiments , toute
la lumière que les Anciens nous
en ont laiffé. Et quoy qu’il en foit,
ils ne peuvent rien conclurre en
leur faveur , puifque cette différen¬
ce eft connue , par des marques fort
Des Opiates, 1^5
fenfîhles , qne nom dirons en fmtte.
D'Ailleurs ce ferait Accufer la fain-
te Scriture d'erreur , qui nom ap¬
prend au trentième chapitre , de
l'Exode verfet 1 3 . ^à,.que Dieu
commanda d Moyfe , de prendre de
la Myrrhe choifie du Cinnamome,
du Kofeau aromatique, & de Cajfa,
pour compo fer l'huile fainte , pour
l'onüion du Tabernacle. Ce pajfage
efi authentique & releve de beau¬
coup' , ce que les Anciens en ont
écrit plufieurs fiecles aprex. , &
noM fait voir , que fi le faint SJprit
fait différence entre le Cinnamo-
mum &-la Caffia lignea , que nom
ne devons point confondre l’un
avec l'autre , ny douter de cette
vérité , qui nom efi encore confir¬
mée par cet excellent ingrédient
que nom employons tom les jours
dans nos compofitions , qui efi bien
different de toutes les autres ejpe-
ces de Cinnamomum , que je puis
divifer en deux a raifon de la
couleur , & de la groffeur j car pour
leurs qualités,. & v.ertm , elles ne
different- en rien. La première efi
de couleur rouge obfcur , tirée d'un
■boü affez. gros , & la fécondé efi
de couleur rouffe , tirée de branches
pim déliées , les -deux font d’une
fub fiance pim denfe , & pim
compaUe , que le Cinnamomum,
& fe coupent net. fans aucun
éclat de faveur douce & piquan¬
te , firt mucilagineufe , quand on
la mafche.
fjwlques - ms ont voulu dire
que la mucofité de la Cajfia lignea,
procédait de corruption , par le
long fe'jour quelle faifoit fur la
^er.,,dans. les vaiffeaux & que
la Canelle y efi de même fort fu-
jette , ce que je^ ne puis me perfua-
der , dautant qtte la Canelle , non
pim que la Ct^fff* lignea, ne par¬
ticipe d’aucune humidité excre-
menteufe y ny fuperflué , de laquel¬
le cette prétendue corruption , .
puiffe dépendre , ny en tout , ny
en partie.
Si la mucofité de la Çafiia lig¬
nea procedoit de corruption il s’en-
fuivreit que fa faveur douce , &
picquante fe perdrait d. même-
temps , au contraire la mucofité efi
une marque effentielle de la bonté
de la Caffia lignea , qui efi natu¬
rellement liée avec fa faveur dou¬
ce & picquante, que l’une ne peur
p(û périr fans l’autre , & toutes:
periffent enfemble , lors quelle pert
fa vertu , doncques ce ne fera
pas le féjour quelle fait fur la
mer , qui luy acquiert cette mu¬
cofité.
De dire que cette prétendue'
corruption efi caufe que nom voyons
pim de Caffia lignea & de Canelle
qui ne valent rien , que de bonnes -,
c’efi ce qu’il ne faut pas aujfi croire,
par ce que les Aîedicamens de
cette nature ne font nullement fu-
jets d corruption , comme a été '
déjà dit -, au contraire y refifient
beaucoup.
Il y auroit pim d’apparence s'il
m’efi permis de croire ce qu’un ’
de mes bons amis m’a dit avoir
veu pratiquer d un Marchand
Droguifie d’Amfierdam qui pre¬
nait quantité de bonne Canelle en¬
tière , & la mettait toute droite
dans une grande vejfie de cuivre, .
avec de l’eau , pour en tirer par -
met
2.9^ Livre L
me léger e difiiUatien l'huile , aprem
il retirait fil Orne lie , & la faifoit
fekher en diligence au Soleil , étant
fieiche , il la mêlait parmj/ d’autre
benne , quoyque ie ne trouve rien
de plut aifié à faire ; neatitrnoins
eu égard h cette ■ forte de fourbe¬
rie ; fay bien de la peine à me le
perfuader , je croirais plutôt que la
bonté de la CaneUe & de la Cajfta
lignea fie perdrait , ou par la col-
leblion- , lors quoh tire ces écorces
de leur arbre an peu avant , ou
aprez. la vraye faifon , ou pour
l’exficcation le temps n étant pas
propre , ou pour les avoir laijfé de¬
meurer trop a l’air.
Gluant au furplm la Cajfia lig¬
nea nous donne une autre marque
fort ajfeurée de fa bonté, lors quelle
ejl mefiée dans la Theriaque , &
autres compojîtions liquides t fit mu-
^ojité y parait manifefiement , en
ce quelle rend les compojîtions fort
gluantes , & Jî elle n’ejl pas bonne,
favifcojîté ny parait du tout point
comme dujfi fi on la pile & qu’on
la mette dans l’eau de fontaine
froide , foudain en les remuant , Je
fait une gelée d’une faveur & cou¬
leur admirable ; c’efi pourquoy , il
faut toujours choifir de la meilleu¬
re , pour rendre cet Antidote plus
efficace.
De l’Amomum.
La négligence de certains de nos
devanciers a été fi grande par le
paffié , que je puis dire fans les of-
fencer , quelle ejî parvenue jufques
à nous en un fi haut degré , qu’cde^fi
caufe que quantité de perfonnesde
Seüion V*
nôtre profejfion , fe feraient infiruitt
en la connoijfance du vray Amo-
mum , damant plus que la defirip.
tion que Diofeoride en donne , y
convient fort bien , particulière¬
ment , quand il parle du Pontic.
Mais que disje la négligence ,j’ap.
perçois encore l'avarice noire qui en
augmente fis progrès. , fout prétex¬
te de ce que les Grecs , les Latins
& les Arabes ne font point d’ac¬
cord en la defiription d’iceluy. Les
uns difint comme Diofeoride que
l’Amomum ejl fait en forme d’une
petite grappe de raifin. Les Ara-
- bes L'appeUent en leur langue Ha-
mama , ou Hamemis , qui fignifie
pied de pigeon , que quelques-uns
prennent mal a propos , pour le Gé¬
ranium alterum Diofeoridis , au
lieu qu’il faut entendre la plante
qu’on nomme Amomum , ou Jmo-
mis , de laquelle les Médecins de
Niz.amoxa Roy du Royaume de
Decan , firent pre fient d’un petit
rameau , d Garcia ab Horto , qui
s’accordoit fort bien avec la deferip-
tion de Diofeoride -, & neantmoitis
Colin qui a commenté fin hijloire,
nous donne le fourtrait , de celuy
qui fut envoyé de la farneufe ville
d’Ormu\^ en Arabie , d Falerand-
Douvre qui n avait ny odeur , ny
faveur remarquable.
Cordus Lonicerus , & autres fiù-
tiennent que l’Amomum efi la Ro-
fe de Hierico , fondez, fans dame, de
ce que fa graine ejl entajfée en for¬
me de grappe de raifin. De toutes
ces differentes opinions , l’avarice
qui ne dort jamais , & qui travaille
fans ceffe d trouver des moyens,
pour mettre fa bourfe d couvert.
Des Opîafes, \ .: 2:97
iep rangée du coté de Galien , qui
Jùlfiitue à VAmomum racemofum ,
r Accrus vertu j parce quil ne
coke que de huit à doutée fols la
livre , & VAmomum racemofum ,
qû ejé le véritable , que nous de¬
vons employer dans cet Antidote,
^ par tout ou il efi requis , coûte
pour l'ordinaire de neuf, à dix , &
doute francs la livre , & apre-
fent qu’il efi un peu rare , il en
vaut dix huit la livre. Voila d’où
procédé le grand nombre des fub-
fiituts de la Theriaque , a raifon
que tous les ingrédient qui font un
peu rares defquels les Autheurs
ne conviennent point en leurs def-
criptions , & qui font chers , de
là ceux qui méprifent leur hon¬
neur g ne defirant pat s’infiruire
de la véritable cmneifiance defdits
ingrédient , au préjudice de leur
propre confcience , recourent a
un fuccedanée , fans l'examiner,
s'il efi de la même force que l’ingre-
dient , pour lequel on le fubfiitue , il
leur fujft peur calmer quelque pe¬
tite dijfculté ', qui pourrait refier
dans leur ejprit , de ravaler le pris
de la compofition , & ainfi ils trou¬
vent une double fatüfaVlion , "en dé¬
robant la fanté du public , mais
ceux-là ne doivent être imitet en
aucune façon.
De l’Opium.
Apret avoir parcouru tous les
fuccedanées que quelques-uns ont
de coufiume de faire entrer dans la
eompofiûon des Trochifques- d’ He-
dycbrei, je reviens fur mes pas,
pour reprendre ceux de la Théria¬
que , d’eù je ni étais un pÊu écarté^
& diray , quoy que les fiecles pajfet
ayent reçeu le fiiec onium , 'dans les
plus célébrés cornpofiti0ns,fans avoir
égard qu'il différait beaucoup d’a-r
vec l'Opium des Anciens ,, qui était
la. pure & véritable larme , qunn
tirait par incifion de la tête du
pavot , qu Andromachus a employé
en celle-cy , de la pureté de laquelle
nom femmes entièrement privez.
qu’il faut pour les imiter de plus
prefi que nous pourrons ,feparer de
notre Aïeconium' par art , ce que
l’avarice , ennemie mortelle de la
vertu, y a méfié , pour le purifier,,
à celle fin de rendre notie Anti¬
dote pim conforme en toutes fis
vertm , à celuy des Anciens non pas
que ce fait un moyen , pour luy aug¬
menter fa froideur , comme quelques-
uns fe pourraient imaginer , notam¬
ment ceux qtii refient encore dans
cette croyance , quil efi froid au-
quatriéme degré , puis que fa faveur
acre & amere , nom prouve manife-
fiernent fa chaleur , cè qui nom efi
confirme par Afatthiole, en fon Com¬
mentaire fur Diofcoride , livre 4.
chap.60. où il dit que l’Opium efi
amer , & acre , & qu’il vlce-
re la bouche. Ce nefi pas qui
cetjte qualité ulcerative , procédé
du mélange qu'on y fait , qui nefi
a autre intention , que pour len
augmenter le poids , au contrai¬
re , cela procédé de la nature de
la larme des te fies du pavot. Be-
lon aujfi nous le certifie en fis
ebfervations , Hure & ■ chapitre
cy - devant alléguez au Requies
Nicolaj , où. il dit que le meilleur
Opium efi fort amer , chaud au goût
Pp tant
2,98 Livre /.
tant quil enfiamme 'La bouche, car le
fuc quon exprime des fueilles, & des
tiges du pavot , ne participe point
d'amertume , ny d’acrimonie , com¬
me fait le pur Opium, d’où nous
inférons .que le fisc en ejl plus
temperé & que le Méconium efi
beaucoup plus faible en fin opera¬
tion que l’Opium , a caufi du mé¬
lange qu’on y fait du jfuc du refle
de la plante de pavot. Outre ce
mélange une perfinne digne de foy,
m’a afieuré d’avoir appris , d’un
efçiave Titre , que les Marchands
du pays mêlent avec l’Opium ,
avant qu’il fait diflribué par les
T’rovinces du foy e de boeuf dejfeiché,
mis en poudre ; comme a été cy-
devant dit J, nous y trouvons aujfi
par fois du gravier & des fueilles
de la plante parmy. Toutes ces im-
puretez. , bien conjîderées en doivent
etre exaUement feparées , ainfi que
nous nettoyons tous les autres ingre-
diens en leur fuperficie. Le moyen
d'y procéder méthodiquement eft de
choijir d’ Opium, qui fait dur &
compare , de 'couleur roufe , luifant
en dedans , d'une odeur facheufe ,
& quant au furplrn , en y pro¬
cédera ainfi qu’il eft preferit en
notre Remarque , fur le Requies
Nicolai.
le fitis tout perfuadé que cette
purification d’Opium n’agpréera
point à \eux qui n'en connoiffent pat
la nature , s'imaginant poffible
qu elle eft p‘àndéme?,t prejudicia¬
ble , & quelle doit deftruire fit
. vertu , fans confiderer que tout ce
' quon.sen fipare eft étranger de la
larme & fans vertu , & qu’il y a
été ajp.ûté malicieufirnent , comme
Seâhn V.
nous ve.nons fie, dire , & que la ml.
me neceftlté qui nous oblige de fe-
parer la terre , & les autres par-
ties inutiles du Nard Celtique , é"
autres de cette compofition , nous
oblige aufti de feparer de l Opium,
tout ce qui s’y trouve d’étranger, pour
le rendre plus puijfqnt. Si cette rai-
fin avait lieu, en vain nous^ le purs-
fierons pour le Laudanum. Mais
fans nom arrêter davantage en fi
beau chemin , pajfons outre & fans
en diminuer la do fe de l’Opium pu-
rifié , il en faut prendre le même
poids que l’Autheur y en demande,
pour ne déroger en rien d fin in¬
tention.
Du fuc de Rcgliflc.
Nom n’avons prefque aucun in¬
grédient pim familier- que le fue
de Reglijfe , dautant que qui que
ce foi‘t, le travaille du bien , ou mal,
d’où vient aujfi que nom n'avons
point d’ingredient plus brouillé ,
& altéré tant en fis qualité^ &
vertus quen fa propre fuhfiance
que celuy-cy ; car plufieurs ■ pour
décevoir le palais de la bouche des
plus délicats , & le rendre plus
agréable au gouft y a'pùtent lefuc-
ere en poudre , en ajfez. bonne quan¬
tité. Et d’autres , parce qu’il refie
gluant apreX^ l’avoir dejfekhé ^ &
qu’il fi ramollit , particulièrement
en un temps humide , ceux-là y
ajoutent de gomme Tragacamh ou
d’ Arabique , d’autres d’ Acacia ne-
ftras & telles autres matières , pour
le tenir en une con fi fiance ferme,
mais toutes ces préparations., font
rejettables ,.puis que. fans aucun
Des Optâtes,
mjpÇf , par ie moyen de la feu-
lefecHle de la. .RègUjfe , "le fuc
s'entreilerii fendant ' un temps en
me énnfifiance mille fans s’éten¬
dre ny adhérer aucutiement , &
qui en outre , efi d'un goût fort
agreahle.
Autrefois on nous èn apportait
d’E^agne qui était ajfe^^ bon j
mais aprefent le meilleur ne vaut
rien, d caufe quil efi amer & cet¬
te 'amertume froce'de du feu , qui
luy a confume & brufié en partie
fin humidité gluante , dé ou dépend
l’extreme douceur de la Regliffi ,
& rend le fuc de mauvais geufi.
Mais tous ceux qui defireront de
fi fatisfaire , prendront la peine de
le préparer , fur laquelle prépara¬
tion, ]e ne diray que deux mots,
d'autant quelle efi fort fimple , &
connue de tous ceux qui Vont veu
préparer une feule fois , moyennant
qu'on ny a]oute rien d'étranger , &
que l’on faffe evaporer fur un feu
lent l’humidité en remuant fou'vent
avec une Jpatule de bois , principa¬
lement fur la fin , & que la fecule
n’en fait point feparée , le fuc fera
tel qu’il faut & furpajfera toüs les
autres fucs en bonté pour la-
forte.
S’il n'y avait parmy nous , que
de gens d’honneur , que nous
fujfwns pay e'^ de nos fiins extraor¬
dinaires ; je ferois du fentiment de
h préparer fans feu , comme quel¬
ques-uns fçavent très - bien faire,
'dors ce fuc efi d’une faveur agrea-
, qui ne fent point lamedecine,
de couleur roujfe , clair, &iranf-
parent.
*■59
Du Bunias.
Ce n' efi pas fans caufe , fi la ma¬
tière medicale efi brouillée , &
confufe , eh ce qui concerne les ch'o-
fes rares & precieufes , qtii vien¬
nent de join, & des contrées moins
connues , veu que celles qui nous
font les plus- familières , . & con¬
nues d’un chacun font , confufes &
broüillées , à rai fin de leurs 'noms
ou des eéfeces , comme nous voyons
au naveau domefiique , qui nous
donne fa racine pour aliment ,
dr fa femenee pour médicament j
Neantrnoins , par ce qu’il y en a
de deux eépeces , l'une domefiique
& Vautre fauvage ; cela a donne
lieu a quelques-uns mal verfez. en
la connoijfance des fimples , d'ap-
peller la domefiique Bunias , & U
fauvage Bunion. Et d'autres au
contraire , ont appefié laAornéfii-
que Bunion , & la fauvage Bunias
fans confiderer , que ces deux noms,
fignifient deux plantes > bien diffe¬
rentes en effeces. Car lé nom de
Bunias efi donné par les Grecs, au
Naveau , a raifin de fit figure. , oip
a caufe du lieu ou il craifi j c’efi à-
fiçavoir un lieu pierreux & élevé,
appellé par les memes Âutheurs
Bunoi. Et Bunion efi le fiom d’une
plante , nommée de qtielque s-uns
Bulhocafianum , qui porte dombel-
les bien differente du Bunias , ou
Naveau. Cette co-nfufion de noms,
peut dériver en 'partie de. Vaffinit'é^
eu re'jfemblance de ces ’sleux mots.
Mais fans nous y arrêter d’ avanta¬
ge C non plus que fur une troïfiéme
'‘tVf ecé*' décrite par Gafiard Bauhi»
P P 2 en
3 00 Livre L Se B ton V,
en fin Troàrome , fins le nom de
NapMS Sylueftris Cretica ) difins
laquelle de! deux femences doit
être preferée pour cet Antidote,
de ladomeflique , ou de, la fauva-
ge. Vansladefiription delà Thé¬
riaque , que Galien nom rapporte
écrite en vers Elegiaques ,par An-
dromachm , quil dédie à Pifin , il
dit en propres termes. Et dulcù
tantum Serninis inde Napi. Et au
- livre de ufu ad Parnphihum, Seminis
JVapi,id efi, Rapi agrefiü. Et Lacu-
na en fin Epitome de Galien, dit
Seminis Napi Sylvefiris quem Bu-
niada appeUant.
Andromachm fimble nous vou¬
loir faire naifire une diffculté,
quand U demande la fimence de
Naveau , douce pour laquelle il
faudroit entendre , fi on voulait
prendre fis paroles au fins de la
lettre , celle du Jslaveau domefiique:
qui nefi pas fi forte en fa faveur,
que celle du Naveau fauvage j mais
la difficulté ceffie , en ce que du
temps dé Andromachm, il nefi point
fait mention du Naveau domefiique',
de là il faut conclurre , quil j a
grande apparence , ■ que l’intention
d’ Andromachm par le mot de dul-
cis à voulit faire différence feule¬
ment entre la fimence de la Mou¬
tarde , & celle du Naveau , d’au¬
tant que quelques-uns confondent
lefiplanties , qui les portent l’une
avec l'antre , & fit raifon a été
par ce que la fimence de la Mou¬
tarde efi beaucoup plus acre que
ce lit du Nave'au. Et pour conci¬
lier toutes ces opinions , par mon
fintiment , il faut employer dans
çet Antidote la fiemence du Na¬
veau fauvage de Crete , décrit com¬
me a été déjà allégué par Gaff.Bau-
hin , comme la plus excellente de
toutes ; ce qui fie rapporte altffi au
fientiment de Galien , en l’eXamen
qu’il fait , des ingrediens de ta
Thériaque.
Du Scoidium.
Je ne trouve rien qui fioit digne
de relever fur la plante du So¬
dium , à raifon quelle efi connue
de tous , & facile à recouvrer. Je
diray feulement que de cinq efpe-
ces dont Gaffiard Bauhin fait men¬
tion , dans fin Pinax , qu’il faut
prendre la fécondé , qu’il nomme
Scordium Creticum lanuginofum j
par ce quelle a plus de rapport,
avec celuy de Crete , tant en fa
forme extérieure , qu’en fis qua-
litez. & vertus , qui le voudra
faire venir de Crete , il en fera
encore mieux.
Du Nard Celtîc.
La neglicence d’aucuns nous pa¬
rait bien fouvent en la difie'nfa-
tign des ingrediens de la Théria¬
que , particulièrement , à ceux qui
montrent au deffm de leur ho 'éte,pour
pim grande parade les fueilles du
Nard Celtie au deffus des racines'^
pour la fleur , & quand cette freille
ferait la fleur du Nard Celtie , ainfi
qu’ils eroyent la compofition en fereit
moindre , par ce que la vertu de
l'une vaut autant que celle de l’ autre','
N toutes deux font de beaucoup in¬
ferieures à la racine ; c’efi pourquoy
ils nom convient apre'^ auoir choifi
Des Optâtes, \ o r
Sh flm recent , Au plus grès & Au
mieux conditionné^ ,■ qui ne foit point
gâté en AeAans , à saufe que ceux
qui le cueillent le mettent en petits
paquets h me fur e qu ils l’ont tiré Ae
la terre, de bien exaéiement feparer
la racine avec fes petits flamens,
de toute fuperfiuite , & d’une autre
petite plante qui fe trouve parmy,
appellée Hirculu» , bien différente
en odeur & en vertu Au NarA
Celtic.
Da Rjhiapomic.
Ce qui a Aonné lieu a nospreAe-
ceffeurs Ae fiibBituer la Rheubar-
be au Rhapentic , ça été quelque
reffemblance qu’ils ont remarqué
,entre cet deux racines , comme Ver-
giliué fur Diofeoride,, qui a vou¬
lu dire , que le Rhapontic & la
Rheubarhe ne different feulement
quen l'odeur : je ne m’ arréteray
point aux raifons contraires , par¬
ce que la chafe parle d’elle -ntê-
me , dr fe vérifié clairement , en
conférant les Autheurs qui en ont
écrit , une racine avec l’au¬
tre j mais comme fans doute , les
paroles fufdites, de Vergilius, ont fait
grande impreffion dans l’eéfrit Ae
ceux qui donnent tout au premier
Autheur quils lifent , foit qu’il
foit approuvé ou nom , fanss’snfor.
mer plus avant de la vérité, leur
négligence les endort profondément
dans l'erreur , de telle fapbn quils
font incapables de goûter les rai¬
fons de ceux qui en ont fineere-
ment écrit : ou bien de ce quils
peuvent s’imaginer que nom na-
"vons pim le vray Rhapontic, d cau-
fe de fa rareté : néanmoins je n’e.
fiirne rien de fi facile à recou¬
vrer ; & de le rendre attffi com¬
mun que la Rheuharbe ,puifique cet¬
te rareté ne dépend que du peu
d'employ que nom en faifions : car
fi tom ceux qui cempofient cet. An¬
tidote étoient curieux d’en recou¬
vrer , on nom en apperteroit de
tom les endroits ou il croit. Vn exem¬
ple de cette vérité , efi que dutems
que la Rheuharbe valait en ce pais
foixante francs la livre , pour lors
il nom vint du Rhapontic en Jt
grande abondance , qu’il ne valloit
k Marfeille que quarante a cin¬
quante fols la livre du pim beau,
& k mefiure que la Rheuharbe eût
fion cours pim libre , il rahaiffa de
prix , & celuy du Rhapontic' com¬
mença d’augmenter , & d’être plus
rare dans le commerce. Aprez. tou¬
tes ces raifions , il efi de notre de¬
voir de ne rien négliger en une
cornpofition fi importante & d'en
bannir les fubfiituts , princ' paiement
ceux qui ne participent point de
la vertu principale , pour raifon
de laquelle Andromachus les y a
mis, comme la Rheuharbe qui efi
privée de celle de refifier a la mor-
fure des bêtes venimeufies , ainfi que
fait le Rhapontic , & il fierait plus
a propos d’y fiibBituer la racine
de la grande Centaurée de Mat-
thiole , qui efi- le Rhapintic de Ira-
gus ,k caufe de fin adBriBion , ou¬
tre que fuivant Matthiole , fin fisc
pris intérieurement ,& appliqué ex¬
térieurement , convient, à la r^orfu-
re des ferpens.
Pp 3
Du
3 oi Lhre L
DuCalameiît de montagne.
Ceux qui ne conneijfent point l’e-
jpece 10, pim efficace de Calantent,
de' troù que Diofeoride en décrit,
'& qui n entendent point les Syno¬
nymes que les j^utheurs' leur ont
donné , employent pour l'ordinaire
dans la comp'ofition de cet Antido~
te , la fécondé, effiece qui efl de beau¬
coup inferieure à la première. Du
ténts de Diofeoride , quelques-uns
Vappelloient Pulegium Jylvefére , a
caufe de fin odeur , nom que Dodon
d retenu en fin hifioire des Plan¬
tes. Andromache le jeune , avec les
Latins, l'ont app'ellée JVepeta. Brafi
fand^ prend pour la fécondé ejpece
de Calament , la plante qu'aucuns
nomment Herba Gattaria. Cette di-
verfité d'opinions , embarraffie tom
ceux qui négligent de s'appliquer
a la connoiffiance des fimples , qui
efl la -'cdufe qu'ils confondent les
effieces ,-& prennent le plus fouvent
la moindre-' pour la plus excellen¬
te-, comme nous^ voyons en cette
celebry compofltion , qu'ils en ex¬
cluent ICi Calamintha montana , que
pour fis rares vertm , on doit pre-
fefer aux autres effieces : Vbyés Diof
coride , Galien , & l'experience. Ce¬
la doit non feulement inciter les
vrdys Diffienfateurs d'icelle ; mais
encores ceux qui la négligent , de
n'fl employer point d'autre ejpece
que la première, que nos plus voi-
fines montaghes portent en quan¬
tité pour fournir fuffifamment d nos
compofitions. le paffie fim Jîlen-
ce une antre ejpece que ]e n'ay.
encore point veu'é , décrite par Lo-
Seâwn V,
bel, fous le nom de Calamintha mon¬
tana praflantior.
De la Tetebinthine.
Nom avons divers arbres qui
produifent la 'Refine liquide , quon
appelle communément Terebinthine,
de toutes lefquelles effieces , je ne
prétends point de parler en par¬
ticulier non pim que de leur li¬
queur- le diray feulement un mot
en paffiant fur cinq effieces de ces
Refînes liquides , qui font les plus
en ufage , & le nom des arbres qui
les portent : le premier efl , le Te-
rebinthus , qui a donné le nom de
Terebinthine d la liqueur qui en dé¬
coulé : le fécond efl , le Lentifque;
le troiXiéme , la J[delez.e : le qua¬
trième , le Sapin : & le cinquième,
le Pin , l'humeur qui flue de ces
quatre derniers arbres , efl auffii ap-
pellée Terebinthine , d raifon du
rapport que leur liqueur a avec
celle du Terebinthus : les deux pre¬
mières Refines font blanches , flui¬
des , tranffiarantes comme le ver¬
re , on les diBingue par l'odeur,
en ce qu'une fent le Terebinthus,
& l'autre le Lentifque ; les derme-
res font de couleur roujfi , ou de
jaune pale , moins transparentes que
les premières , retenant chacune
l'odeur de l'arbre d'ou elles ont
été tirées , & participent un peu
de celle du Terebinthm. G^uyint d
l' ejpece que nom devons préférer
pour la compofition de cet Antido¬
te , c efl fans diffiute celle qui pro¬
vient du Terebinthm , comme la plus
excellente , &• d fin defaut on y
pourra fubéiituer celle du Lent'if-
" que,
303
Dej Optatej,
que } qni':efi U fecoi^de en honte, h
ne me.rrêteray feint icy à dire d’ou
on nota apporte la 'vraye Terebin-
thine , dautant que ceux qui ont
écrit de cette matière , Vont fi fou-
vent répété , que ce feroit mal em¬
ployer le tems d‘en parler davan¬
tage. Tout ce qu'il yak ohferver,
éjl de choifir la plus recente de ces
deux premières , parce qu'avec le
tems la partie plus fubtile d’icel-
lès fe dijfpe infenfihlem'ent en Vair,
ainfi que la folidité , quelles acquiè¬
rent 3 & la' diminution de leurs
poids nous fait remarquer ; Pour les
qualités & vertus des autres trois
efeces de Terebinthine , elles ont
grand' analogie enfemble , & ne font
point difficiles k recouvrer , parce
que les arbres d'ou elles découlent ne
fe trouvent pas éloignés de nous.
Da Polium montanum.
Gaffard Bauhin en fon Pinax,
fait quatre efpeces de Polium mon¬
tanum , & fix de Maritimum , &
Diefeoride n'en décrit que deux
efpeces ,& donne les principale ver¬
tus aceluy qui porte la fleur blan-
the , (fr au contraire > d'autre pré¬
fèrent celuy qui a le fueille &
fleurs ]aune l'ay fouvent conféré
l'un avec l'antre , & trouvé l'o¬
deur de celuy-cy moindre que cel¬
le du precedent , fuivant donc An-
dromachus , & fon devancier , qui
n'ont point conneu d'autre efpece
que celles de Dio floride, il faut pren¬
dre du blanc le plus odorant , qui
vient fur les montagnes , en un pais
chaud , & laiffer les autre comme
'inferieurs ..
Du Styi'.ax çalan^^c, ou en
larnicV
Ceux qui préfèrent VintereB de
la bourfe k l'honneur de nôtre pro-
ftfflon trouvent en ce rencontre quel¬
que douceur , quand ils employent
dans cet Antidote le Styrax, en
balote , qui contient en foy autant
de feieure du bois de. V arbre qui le
porte , qu'on en peut malaxer avec
du Styrax liquide , quand il flu'é de
l'arbre , au lieu d'imiter ms An¬
ciens qui y ont iouflurs employé la
pure & vraye larme que l'arbre
qui luy a donné le, nom, produit-,
une once de laquelle coûte autant
ou pdus qu'une livre de Styrax com¬
mun -, & ainfi ils épargnent beau¬
coup. le puis dire fans dejfein de
fâcher perfonne , que '{en cannois de
ceux même qui difpenfent^ la Thé¬
riaque en public , que s'ils y o fient
mettre le Styrax liquide , qu’ils le
feraient , parce que fon prix efl tout
k fait vil y au lieu que celuy qu'on
vend en -balote:, coûte environ un
écu la livre : le ne doute peu aujfi
qu'ils ne foient capables de faire
encore pis, quand ils travaillent a
huù-chs ,fous certaine croyance qu'en
donnant leur cempofitien k un bas
prix de mettre leur confcience k
couvert, comme a été déjà dit j mais
ces pauvres abandonnés , quel repos
peuvent-ils trouver en leur ame,
de dérober fi atrocement la fanté de
leur prochain , qui leur doit etre
aujfi chere.que la leur propre, l'en ^
pourrpis dire davantage , fi {et ois
perfuadé de leur toucher Ve cœur,
^ de pouvoir adoficir la.voracité de
eettsî
304 Livre IL SeBion IL
cette monBrneufe avarice qui lef gou¬
verne , comme il na été que trop fou-
vent allégué en quelques autres ren¬
contres : le me dépars donc de ceux-
là pour reprendre la véritable lar¬
me du Styrax , qui doit etre em¬
ployée dans cette excellente com-
pofition , que la cupidité de cer¬
tains Miareharids , fait quils la
hroùillent & la fophifiiquent , fe fer-
vans pour ce fujet de diverfes ma¬
tières pour faire le corps ; les plus
grojfiers fe fervent du vieux Gal-
hanum en larme , de V Amoniac , ou
de telle autre larme : & les plus
adroits y employent les larmes du
Benjoin : /&' uns & les autres cou¬
vrent adroitement ces larmes étran¬
gères de celle du Styrax, quils amol¬
lirent , puis le font feicher 5 mats
toute ieur fourberie fe découvre par
le moyen du feu : Et pour cet effet,
il faut ouvrir quelqu’une des lar¬
mes de celuy quon craint être fal-
Jîfié , & tirer de la ?natiere du mi¬
lieu avec l^ pointe d'un couteau,
& la i ester fur un charbon allumé,
la fumée qui s'en enlevera donne¬
ra à connoitre par fin odeur la pu¬
reté ou l'irnpureté de la larme. Ces
brouillons feroient non feulement ex-
cufables j mais grandement loua¬
bles ,Ji au lieu de s'occuper à con¬
trefaire le Styrax en larme , ils
s'occupoient à ■ tirer & feparer tout
ce qu'il y a de pur dans le Sty¬
rax en balote , qui efi anjfi aisé à
ftire , que de contrefaire la vraye
larme, & il leur en reviendroit au¬
tant de profit ,fans blejfer leur c»n-
fcience. Aprez. avoir bien exami¬
né cette forte de Styrax , il faut
choifir du plus pur pour notre fiu-
verain Antidote, & en rejetter tou.
te forte d'autres efpeces , comme ne
convenant peint à l'intention de
l'Autheur.
DuPerfilde Macedoine.
Le Perfil de Macedoine efi une
des quinfe efpeces d’Apium, dont
G- Bauhin fait mention dans fin Pi-
nax , la femence duquel ne reçoit
point de fubéîitut d'aucun de ceux
qui aiment leur honneur , d'autant
quelle leur efi familièrement con-
nue , & facile à recouvrer , il n'y
a que le prix qui en rebute plu-
fieurs , leur faifant fubBituer en fa
place la femence du Perfil vulgai¬
re , parce qu’il ne coûte que trois
ou quatre fols la livre , & le Ma¬
cédonien vaut par fois jufques à
douze francs la livre. Nous avons
encore une autre forte de perfonna-
ges ignorant la connoiffance d'ice-
luy , qui mettent en fa place la fe¬
mence du Sefeli de montagne : cehx-
là fe doivent infiruire en la con¬
noiffance ■ des médicaments firnples,
préalablement que d'en entrepren¬
dre la compofition ; car celuy qui
efi capable d'une telle faute , efi bien
capable d'autres : oe nefi pas fans
caufe,fi anciennement il n était per¬
mis { comme a été déjà dit ) qu'aux.
Médecins des Empereurs de l'an- •
cienne Rome , de compofer la Thé¬
riaque , & c était par deux raifonsj ’
la I . damant quils avaient la con¬
noiffance de toutes les parties de la
eompefition:& la t. qu'il ne leur nû-
quoit ny argent, ny crédit, pour faire
venir des regi&ns les plus éloignées,
les véritables ingrediens d'icelle.
Des optâtes,^ 305
De la Terre Lemuiene.
L'eftime quon a eu mtrefok de
la terre Lemniene , l'a fait paf-
fer four un, fouverain remede , ca-
pahle de dompter toute forte de ve¬
nins , qui fîit le fujet que Galien
fe porta en l’Ifle de Lemnos ,pour
ebferver toutes chofes dignes de fa
curiofité , tant pour découvrir la
fourberie des affronteurs qui la fo~
phiîliquoient de fon tems , que pour
en recouvrer de la vraye pour fon
ufage : '-je laijfe a part tout ce
qu'il y remarqua , pour dire que
fen ay fouvent veu de couleur &
d'odeur bien differentes, marquée de
divers caraBeres , que neantmoins
chacun de ceux qui les avaient , di-
foient icelles être véritables -, ce
qui ne fe peut connaître par aucu¬
ne marque extérieure , que par leur
operation : j' avoué d'en avoir une
fois employé à Chalon fur Saône,
chek. monfeur Betaud , maître ,Apo-
thicaire , dont un Commandeur de
Malthe de fes amis luy en avait
fait prefent , difant l’avoir ap¬
portée de l'Ife de Lemnos , laquelle
mefembloit être de fubfiance plus
rare dr pl^s Jpongieufe qu aucu¬
ne autre que j'en aye depuis veu,
■qui exhalait en la triturant une
odeur fort douce & agréable , reti¬
rant à celle du Müfc. Mais de tou¬
tes ces différences de couleurs , d'o-
deurs^ ^ diver fes marques &
caraüeres , U faut conclurre , que
tout cela procédé de fourberie , plu¬
tôt que 4e la nature de la terre,
attendu que le doEle & curieux
Selon qui a fait long fejotir dans
l'Ife de Lemnos , ou il s’éfi exa-
üement enquis, jujques à la moindre
circenSiance , concernant ladite ter¬
re , & l’a veué tirer de fon fsin,
avec toute la ceremonie requife,
fans qu'tl nous faffe mention de fon
odeur ny faveur , non pim que Ga¬
lien , comme il a fait ey^devant , de
quelqu'une de fes effeces qu'il avait
ramafsées à Confiantinople , & ain-
ft feftime que nous devons rejet-
ter toutes ces differentes effeces de
terre , comme fupposées & brouil¬
lées , a m,oins d'en- recouvrer qui
fut authentiquement certifiée , autre¬
ment il faut prendre en fa place le
vray Bol d' Arménie , tel que nom
l'avons brièvement décrit cy - de¬
vant en la remarque de la Confe-
Bim de Hyacinthe,
Du Chalcitis.
le ne connais point de tom les
fubftitnts qu'on fait entrer dans la
Theriaque , aucun qui ait fes qua¬
lités:. & vertus mieux proportion-
nées,& pim conformes l'un avec l’au¬
tre , que le Chalcitis artificiel a les
fiennes avec celles du Chalcitis na¬
turel , & ce nefir pas auffi fans rai-
fin , parce qu'ils procèdent tom
deux d'un même principe ,.ne diffe¬
rent que du degré de coBien & de
l’Artifie qui les travaille ; néant-
moins quelques-uns condamnent
Chalcitis artifieiel,& le rejettent ; ce
d quoy je ne puis confentir jufques d ce
que leurs raifins me le perfuaderent
plus fort. Cependant quand je ne
trouver ay point de Chalcitis natu¬
rel y je ne feray point de façon de me
fervir de l'artificiel , qui ne fait pat
entie
3 0^ Livre 1.
tntkremët rubifiéje plui approchant
jjuil fe pourra de la ' 'faveur , &
couleur du naturel. le rn étonne auf-
Jt de ce c^ùe des f avant hommes,
comme Coxdus , Fuchfus , Fernel,
Flantius & autr^es , fient d'avis
e^uon otè le Chatcitis de la Théria¬
que, pour lesraifons fus-alleguées pàr
F Autheur- ke la Paraphrafe , dau-
tant qu'il y efi .Jt necejfaire , & en
fort petite quantité , qui efi demy
once fur quaforz.e livres , poids de
table de compofition , qui revient a
1 J. . grains cÉf f. pour livre .•■''ju¬
ger. je vous prie quel defirdre peut
coûter une fi petite quantité de Chal-
çitis , dans un corps , qui efi d'en¬
viron — . de grain pour dragme de
Theriaque , qui efi la dofe ordinai¬
re , que quand il y en "auroit deux
grains pour dragme elle en ferait
meilleure.
Le plus feuvent les grands hom¬
mes eu Medec'tne parlent par o ’üir
dire , plutôt que par expérience,
d'où vient que beaucoup d'ahfiur-
dités fe pajfent d'une ^lume en une
autre , par l' amhor'ité & approba¬
tion que les derniers écrivains don¬
nent aux premiers. Ces mêmes Au-
theurs auraient été bien fiirpris , fi
dans mte feule dofe de quatre on¬
ces de potion pour prendre en une
feule fois , ils, y eujfent trouvé
demy once d'eéfrit de Tartre , tiré
par la cornue , avec un fgrup'ule d'e-
Jprit de F'itriol bien àefiegmé , que
f ay f auvent exhibé par l'avis d'un
des habiles JiLedecins de ce fie-
cle , fans apprehenfion d'aucune cor-
rofion , ny que 'fen ’aye jamais veu
aucun mauvais fiuccez. , au contrai¬
re des effets admirables pour l'hyr
Seükn V»
dropifie : je nen diray pas davan.
tage , puifque Bauderon leur a fuf.
fifamment répondu.
Des femences d’Anis &dè
Fœnoüil.
'Comme ces deux femences fint
pour l'ordinaire ordonnées enfer/u
ble , particulièrement quand il s'f
git de difeuter les vents , je les aj
comprifes toutes deux dans cettêr,eç
marque , fans tout es fois qu'il y ait
guere de chofe a relever .■ je dtrky
feulement , que pour une plus gr^.
de perféSlion de nôtre Antidote, qu‘}l
faut choifir l'ejpece de chacune, d'i¬
celles la plus parfaite, en vertu, pf
exemple de l'Anis de deux '^eifecjs
que nous en avons , ' il faut préférer
celuy qui vient d'Effagne a eel^
qu'on apporte de Malte , la rkifip
de cela efi, qu'il efi plus gros, mienne
nourry , eîr qui rend par la difiij-
Ivtion & par l'exprejfion, beaucoup
plus d'huile , que celuy de l’TJle de
Malte ; Et pour la femence de Fce-
no’ûil , il faut prendre du fauvage
& laiffer le doux , qui n'a peint été.
conneu des Anciens. Ces deux f-
mences doivent être mondées grain
a grain, & en couper là queue , [dns
les frotter entre les mains , les plus
vertes & les plus recentes font lis
meilleures. '■
De l’Acacia. ■'
Ceux qui ont plus grand defir de
gagner, font ceux-là même qui sft-
tachent le plus aux fubftituts de la
Theriaque , comme nous avons déjà
remarqué; particulièrement quand
le fubfiitutefi de vil prix , & ainfj
Dej Optâtes, 507
H leur importe peu ' que les chofes
foknt faites dans L'ordre , comme
now voyons en l'Acacia notlrasyvel
Germanie, qu'ils fuhSiitueni .a l'A¬
cacia ver a , qu’au lieu d'extraire le
fuc liquide des petites prunes fau-
vages un peu avant leur maturité,
afin qu’étant dejfeiché qu’il appro¬
che plut par fon aigreur des quali-
tez & vertus de l'Acacia ver a , ils
attendent que ce petit fruit fait meur,
■le font hoüillir dans l’eau , & paf-
fent la pulpe a travers un tamis
de crin renversé , puis font épaif-
fir cette matière en forme folide,
apreX^ cela, elle ne participe point
pour l’ordinaire de l’aigreur , ny
de la fiipticité , comme fait le fuc
ipaijfy : voilà ■ pourquoy il faut re-
jetter de cette compofition cette for¬
te d’ Acacia noéiras , particulière¬
ment celle qui e fi faite de la pul¬
pe , & prendre 1‘ étrangère qui vient
du Levant,
De rAtiftoloche tenue;
Il n'y a rien qui ait tant contri¬
bué aux erreurs de la'Theriaeftie,que
les differentes efpeces que nous avons
■d un meme ingrédient , principale¬
ment quand totites les eéfeces d'ice-
luy , n'ont pas été connues & décri¬
tes toutes à la fois : ]oînt a cela la né¬
gligence que nos devanciers df nous
y avons apporté, au lieu de nous in-
flruire en leur vraye connoiffance:
exemple de cette vérité nous pa-
roit en l’AriHoloche clématite ou
tenue, que l'Autheury demande, au
lieu de laquelle quelques-uns y font
fiiccederla Pifiolocl^ia,ou Polyrrhy-
fin^ de Pline ; afiufànt'du mot de te-
fiais , duquel Andrornach'm' pere èX
fils ,fe font fervis pour defigner la
troifiéme eéfece d’AriBoloche , qui
était décrite de leur tems, qu'ils mê-
loient dans leur Theriaque , en l'at¬
tribuant à la tendreffe des filamens
de la Pifioîochia : car de neufejpeces
que Daléchamp èn décrit, lean Bau-
hin huit , Clujîus fx , Gaffard Bau-
hin fur Matthiole , Lohel & Came-
rarius quatre chacun , celle-là , & la
Pifioîochia altéra fempervirens Clu-
fj , ont leurs racines plus déliées , &
tenues qu'aucune des 'autres efpeces,
c’efi ce qui a donné lieu à 'cet er¬
reur que ]e dis être triple ; la pre¬
mière procédé de ce que tous les Bo¬
taniques l’appellent PiUolochia , &
aucun ne l'appelle AriBolochia te¬
nais : la deuXféme efi , que ceux qui
l'y emplpyent de deux efpeces qu’il
y en a , y devr oient préférer la Pi-
fiolochia femper virens, comme plan¬
te vivace , fans difficulté, elle pbffede
plus d’humidité radicale , qui efi le
principe de vie, que l’annuelle qui
demeure plus de fix mois cachée
dans le fein de la terre : la troisiè¬
me , que TheophraHe ny Viofeori-
de, n’ont ny connue , ny décrite , &
par confequent Andromachm pere
& fils , n’ont jamais eu la pensée
d'employer dans leur Theriaque,
autre efpeee d’Arifioloché que la
Clématite , qu’ils appellent tenue , eu
égard à la groffeur des raeines de la
ronde & de la longue , qui étaient
feulement décrites {jr connues de
leurs tems ; Car le premier qui a dé¬
crit l’annuelle quelques fecles apres
eux, ça été Pli'ae, Galien même, qui efi
venu au fécond fiecle apres la mort
de nètre Seigneur ^lefu-Chrifi, h’ en
'fait point 'mention dans fin livre des
Qjj 1 medi
o'8 Livre L
medicamésis fmple6.' Ma.it fur ce
quon me pourrait repartir , que let
qualités & vertm de là Piflolochia
conviennent ^mieux a la Theriaque,
que_ celle de r Arifiolochia tenuü
d’Andromd'chm , fondef fur l'au-
thorité de Galien , 'qui dit , quelle
eft plut propre pour les Onguents,
qu aucune autre ejpece , a caufe de
fon aromaticitéi ce que 'f avoue j ?nait
U faut distinguer d‘ Onguents , &
f avoir de Galien, & des Anciens fes
devanciers , quefi-ce quils ont en-
'iendu ^àr le mot £ Onguent. le ne
m' arreteray point à particularifer
tout ce qui en dépend, pour pajfer le
plus fuceinSlement que mon fujet le
requiert , fur ce que je ne puis évi¬
ter de dire , que les Anciens compo-
foient leurs Onguents pour quatre
fins ou ufages : les uns en forme liqui¬
de ,& les autres en forme folide : les
premiers étaient deBinés pour le lu¬
xe , & pour la volupté , composés
d’huiles & des plus exquis aromats,
dont les Perfes & autres peuples
Orientaux fe fervoient en leurs fie-
fiins , non pour les manger ; mais ils
s’en oignaient la barbe , les cheveux,
& en frottaient leurs linges : les fé¬
conds, étaient deitinés pour la necef-
fité des Athlettes, qui s’en oignaient
le corps avant que de fe prefenter à
la lutte : les troisièmes , étaient pour
la famé , composés d’huiles ,graijfes,
' cire , poudres , & autres qui font
' nos officinaux : & les qtiatriémes,
' éteient folides comme l’ Hedy chroon,
les Trochifques de Cypheos , & au-
‘ très ; l’ufitge de ces derniers était
intérieurement pour la fantê, & ex¬
térieurement pour' les parfums ', çÿ
■ embaumement des corps rnorts.Celuy-
SeBton V,
cy avec les premiers , furent appelles
par les Anciens Grecs Myra ou My-
ron , & Archilochm put le premier
qui leur donna le nom d’Onguent,
d’ou vient qu’on appelloit ancienne-,
m'es du nom de Vhguentarii, ceux qui
des compofoient.De ces quatre fortes
d’ Onguents, Galien & ceux qui l’ont
précédé , n’entendent parler que des
premiers liquides , & des derniers
folides , qui font composés d’ aromats
exquis , comme il efi dit en l’Exode,
chap.^o. verfii- & is,. & zÿ. que
■Moife appelle L’huile de l’onüion
fiainte , & en S.Marc ch. 14. verfi.
nôtre Seigneur lefus-Chrifl 'étant à
table chez. Simon le Lepreux , il
vint une femme qui avait une boite
d’Onguent d’Afpic liquide précieux,
& elle rompit la boite & épandit
l’Onguent fur la tête d’iceluy .• & au
chap.\ 6 . que Marie Magdelene , &
Marie mere de Jacques achetèrent
des Onguents aromatiques , pour ve¬
nir embaumer le précieux corps de
N. Seigneur lefus-Chrift. le veux
dan que s dire que fi dans lacompofi-
tion de femblables Onguents aroma¬
tiques, l’Arifioloche clématite ou te¬
nue, y tenait fon rang , fans difficul¬
té nous l’y devons faire tenir dans
nos Thériaques , preferablement à
toute autre ejpece d’AriBoloche : &
ne fert en rien quon allégué , que U
Piflolochia a été receu'é dans des
Thériaques i publiques , difpensées
dans les meilleures villes de France,
ainfi qu’on peut colliger de divers
écrits , parce que c’efl une erreur de
prendre une eflece pour une autre,
que l’inventeur de la compofitien,ny
les Anciens qui l’ont devancé n’ont
'point connue.
D»
Des Optâtes, 3 09
Du Caftor.
Ce nout appelions en Méde¬
cine Cajlor , font deux bourfes na¬
turellement jointes enfemble , plei¬
nes d’une fubfiance , aqueufe la¬
quelle efiant feiche , fe met facile¬
ment en poudre. Et d coté de cha¬
que bourfe , il s’j en trouve une au¬
tre plus petite ,pleine d’un fuc gras
&. huileux, de c on fi fi an ce de Bau¬
me , qui s’épaijft & fie concret plu¬
tôt , ou pim tard ,fuivant la natu¬
re de l’animal ; & le fuc contenu
dans les bources , de nature &
fubfiance aqueufe , épais, concret ,
& qui fe met facilement en poudre,
comme nom venons de dire , efi de '
couleur tantôt brune , tirant fur le
noir, & quelques fois de couleur gri-
■fafire , d’une odeur fœtide , tant
l’un que l’autre : le meilleur nom
: efi apporté du Royaume du Eont,
ce que Damocrates n’a point ig¬
noré , en ordonnant dans fon Mi-
. thridat de la Cafiorée , qui vient
de cette région ; & ceux-là fe
trompent grandetnent , qui luy pré¬
fèrent celuy qu’on apporte du long
du Rhin en Allemagne , qui efi
pim infirmé , comme dit Cardan,
en fon livre dixiéme de la fubti-
lité , fondant leur opinion fur Xyl-
lander en la traduôlion de Stra-
bon , qui a tourné le mot Grec de .
pharmacodes , pour veneneux.. , .au
lieu de dire plus médicamenteux,
ou pljfs utile en Medecine bien
que le mot de pharmacodes , fig-
nifie l'un & l’autre. Et en fé¬
cond lieu , ceux-là errent & font
mal infiruits , qui mêlent dans leurs
Antidotes Aa fubfiance oleagineufe
du Cafior , au lieu de celle qui efi
aqueufe j Jtar ce que cette première
efi defiineé pour les Huiles , Bau¬
mes & Onguents , ( comme il fera
obfervê en U Remarque de l’huile
de Cafior fimple , & au Baume de
Guidon ) &, cette-cy , doit être em¬
ployée dans les Antidotes , comme
en la Theriaque & autres.
Du vin.
Il n. efi pas tant feulement necef
faire de fubfiituer du pim excellent
vin du pays à celuy de Falerne,
pour mêler, dans cet Antidote , qu’il
ne foit aufii très-important de fia-
voir comme quoy nom le l'y devons
utilement employer , & en quelle
quantité. Les uns comme fon inven¬
teur preferit , en veulent di.jfoudre
les fiscs épaijfis , les Gommes , & le
Chalcitü , les autres tiennent
que cette dijfolution efi autant inu¬
tile. & dommageable que fuperfiu'è,
& fe reduifent à le faire cuiry , &
bouillir avec le miel. Mais la pra¬
tique des uns &■ des autres^ efi éga¬
lement condamnable , par 'cette
raifon , qui ne reçoit point de ré¬
pliqué , qui efi, que la partie la pim
noble du vin efi toute eterée, ou ful-
phurée , comme on le voudra enten¬
dre , ou efi contenue la principale
vertu d’iceluy , qui s’évapore & fe
dijfipe foudain en ‘cuifant. Et quand
on en dijfout les gommes , qui parti¬
cipent de beaucoup de chaleur com¬
me le Sagapenum , le Galbanum, la
Myrrhe, le St/rax & l’Opopanax,
leurs parties les pim tenues & fubti-
les fe dijfipent en l'air, lors qu on fait
Q_c[ 3 éva
O Livre L SeSiion V.
évaporer le 'vitt-r^our les réduire
en une conjifiance convenable a les
pouvoir mêler dans la Theriaque,
à quojrpiire do'ne je vous prie cette
dijfolution , puis que . les gommes
que nous y employa-^ , font en lar¬
me les, plus pures qu’on les peut
recouvrer , & qu’elles fe mettent
facilement en poudre f avec les au¬
tres ingrédient , ce que les An¬
ciens nont pas fans doute creu.
Apre!- ces deux raifons , qui font
tres-importan^es , il s’en prefente en¬
core une troifiéme , qui fait voir
que le poids* de l’Opium , du fuc
de Reglijfe, de l’hypociftis, de l’Aca¬
cia , du C 'alcitis ,, ^ des gommes
fus - nommées , /augmente de beau¬
coup par leur dijfolution dans le
vin : ■ par ce qu’il faut de toute ne-
ceffité , qu’il leur refie d’humidité
k fujffanee , pour les tenir en une
confifiance plus molle que ces ma¬
tières nétoient avant les difioudre,
a^n de les .pouvoir plus utilement
mêler auec le miel chaud , comme
a été déjà dit & l’humidité fu-
perfiue du menfirue , qui leur refie
efi de nulle valeur ; - nèantmoins , U
en faut tripler le miel de fin poids,
qui affaiblit encord toute la compo-
Jîtion. On me pourra . fans doute
répondre , que pour les Jùcs & les
gommes , ainfi diffoutes avec^ le vin,
on ne les conte point comme in¬
grédient triturables y mais qü’on
les paffe comme yniel & qinfi il
en revient un pim grand avanta¬
ge a ta. compofition de ce quelles
tiennent lieu de miel. A quoy je
répons & dis , que *de quelle façon
qu’on employé lefdits fu’cs & gom¬
més dans la Theriaque , qu’il y Va
toujours du defehet de la compofi-
tion : par ce que les parties tenues
& fubtiles d'es gommes, & du vin
( comme nous avons déjà dit ) fi
font dijfipées en cuifant , lefquelles
rehaujjiroieht pim les effets de U
Theriaque , fi elles s’y trouvaient
entières , que la quantité du miel,
qu’on en. diminuerait pour le poids
des fuc s , des gommes & du vin.
Toutes ces raiforts bien confiderées,
feront voir que c efi la véritable
méthode qu’il faut garder pour fi
dignement acquiter de jon de¬
voir , en la compofition de cet An¬
tidote.
Andromachus le vieux , & An-
dremachus le jeune , limitent la
quantité du miel pour incorporer
ij)m les ingrediens de leur defirip-
tion, a dix livres , le vieux de¬
mande quantité fufffante de^vin,
& le jeune , le réglé a trois livres,
quatre onces , quantité qui excede
damant que nous n’avons ny fiscs,
ny. gommes a diffoudre , & par¬
tant , la pouvons régler fans déro¬
ger a fin Authorité , a une livre-
fix onces , poids de table , ou pour
le plus a deux livres ', & de cette
quantité , il en faut prendre une-
partie , plus ou moins , pour hff
meéler les ingrediens , pe'ndant
qu’on les mettra en poudre , fui-
vant te temps fec ou humide , pour
. empêcher que rien ne s’exhale , &
le refiant fera mêle avec le triple
poids .de miel dejjumé , un peu plus
cuii qu’a l’ordinaire , afin qu^ fans
le' remettre fur le feu , U fiit en
une confifiance convenable de Jy-,
rop , à pouvoir eonfirver toutes les
effeeet , ë’ leur donne/ uri' corps
Des Optâtes,
d’eleStuaire mol. Voila la vra^e
pour employer utilement
lé vin dans ta Theriaque. , fans
diminution aucune de fa vertu. .
Apre'f avoir examiné tous les
fubflituts que je connoü de la Thé¬
riaque -, enfemble quelques autres
ingrediens ou \ay creu devoir dire
mon fentiment , il efi maintenant
de mon devoir de dire le plus Juc-
cintement quil fe pourra , de la
maniéré quon doit procéder a les
mettre en poudre , avec les autres
fmples j afin que toutes chofes con¬
courent , pour rendre la compojï-
' tion plus excellente. G^uelques-uns
gardent l'ordre de la trituration
prefcripte , fuivant les réglés de
l’Art & commencent leur poudre
par les bois , racines , écorces , fe-
mences , fueitles & fleurs. Gpt^elques
autres divifent les ingrédient par
clajfes , & font mieux que nous ( a
la referve , de ce qu’ils difolvent
les' fucs & les gommes dans du vin)
qui gardons l’ordre de la deferip-
tion , & mettons les ingré^iens,
chacun d fin rang dans le mortier y
pour les concajfer en prefence de
Mèjfieurs les Médecins , & mai-
fires Apothicaires , qui font dépu¬
tez. pour ajflfter au poids. Mais
de quelle fa^on quon y ppcede , il y
faut prendre un foin tres-particu-
lier , pour bien , & exaÜement mê¬
ler tous les fufdits ingrediens , &
les pajfer premièrement , par un ta¬
mis couvert de crin greffier , aprez
les avoir entièrement pajfef, il faut
uepajfer cette poudre grojfiere , par
un autre tamis de foy e plus fuhti{y
^ commencer par là, ou l'on a finy
^ première poudre , & repiler le
grojfier jiffques a la fin., Varrou-
ftnt par fois , avec d’excellent vin,
comme a -été dit quand on s’apper-
çoit quelle s’exhalé.. Tout cela fait,
damant que la partie la plus dure
des ingrediens refle. toujours la
derniere , comme il paroit , par la
couleur de la poudre ; il la faut
meler peu d peu , dans un grand
chauderon , ou bajftne d "dragée ,
jufques à ce que la couleur fait
égalé en toutes fes^ parties , autre¬
ment le mélange avec le miel , né
fiauroit jamais être égal. ' , ' quelle
agitation quon y fient faire.
Les Autheurs font en diff uie ,
de la faifin la plus propre quon
doit obferver , pour faire le 'mélan~
ge delà Theriaqüe , les' uns veu¬
lent que ce foit celle dû Printemps,
les autres celle de l’Eté , & les
atttres ceUe de l’Automne & tous
rejettent la faifin de l’Hyver , que
je neflkne pas être la 'moindre de
toutes. La principale- raifion des
uns & des autres , ' ejl fondée fur
la fermentation , qjsi efi la caufe
pourquoy Us fe fervent 'Â^nne fai¬
fin chaude , ou temperée , pour imi¬
ter de plus prez les Anciens , qui
expofiient le. vafe de leur T heria-^
que au fiéleil , pour ddvancer Pa-
Bion d.é la fermentation , & dîr
'fient que la faifin _ de THyver , luy
efi dire Bernent contraire , d caufe ■
de fa froideur -, qui concentre , sf
endort les ejpritp fermentatifs. A
quoy je pourrais répondre , finnon
defiein étojt d’adherer d cette opi-,
nion , que la fermentation ne Je '
doit point faire , par l’entremifé
de la chaleur du Soleil en echduf-
fitnt le vafi , la raifin eji que la
chaleun
3 1 i. Livre I,
chaleur Solaire dijftperoit la vertu
de la Theriaque , plutôt que de
l’exalter , au contraire le fioid re¬
pouffe la chaleur des ingrediens
au dedans de la compojîtion , alors
elle efi plus unie , & plus vigoureu-
fe , pour agir naturellement d’elle
même , plus utilement , ' ne dif-
Jtpant pas tant d’elfrit , comme U
s’en dijfipe , par l'aide de la
chaleur du Soleil , cela fait dit en
paffant.
le répond au premier , & dis
que la faifin la plus propre qu’il
faut 0 b fe rv er , pour faire le mélan¬
ge de la Theriaque , efi celle de
la fin de l'Automne : par ce que
dépuü le commencement du Prin¬
temps , on a _ tout te loifir qu’il
faut pour préparer les Trochifques
de Scille , de Viper es , d'Hedy-
ehro) , '& d'ajfembler les racines,
herbes , fleurs , & femences , de
nettoyer & d'ajufier tous les autres
ingrediens qui y entrent , & ainfi
il n’y en a pas un de furannê , de
tous ceux qui dépendent de nous,
au lieu que fi on compofe la The¬
riaque , a la faifon du Printemps,
les herbes , & les fleurs fie ternif-
fent , & perdent de leur naive
couleur , d’une faifon d l'autre , &
par confequent , diminuent beau--
coup de leur iPertu. Ceux qui veu¬
lent la faifon de L’Eté , Us y ern-
ployent de même la plus 'grande
partie des herbes., & fleurs fur an¬
nées. Et ceux de l’Automne , ap¬
prochent plus de la vraye faifon :
mais encorrn font ils privez, de la
femence de Sefeli , qui efi de toutes
les femences , la plus fujette d fe
carier , car fouvent je l’ay cueillie
Seâîon V,
cariée Jefius la plante.
Pour ce qui regarde la fermen¬
tation, je l’efiime plus dommagea¬
ble que necejfaire , quoy que les'
Autheurs demeurent d’ accord, qu’il
ne fe faut point fervir de la The¬
riaque J qu’en certain cas comme a
été cy-devant allégué que la fer¬
mentation n’en fait faite, laquelle'
s’accomplit en fix mois. Et c'efi
afin fuivant quelques-uns , que la
fioideur de l'Opium , foit furmon- '
tée parla chaleur des autres ingre-’
diens : mais nous ne femmes plus
au temps de parler de la forte,
d’autant que l’Opium n’efi main¬
tenant plus fi'oid au quatrième de¬
gré , comme en la voulu faire croi¬
re par le pafié. Et quoy qu’en ma
precedente Edition , faye voulu
cenjurer ceux qui expofent en ven¬
te leur Theriaque , fi tôt l’avoir
mélangée & reprefenté les divers
effets qu’on luy attribue fuivant
fis divers âges , en ce rencontre
fay fait femblant de tenir l’opinion
des Anciens , pour tâche f de rame¬
ner ceux qui abufent de fa compo-
fition depuis long-temps ; piais à
prefent que je vois comme l’o'â dit,
que la rnefure efi comble , je ne
Jfaurois plus dijfimuler une vérité
fi importante ,, aprez. ni être enga¬
gé d l’examen des fubfiituts , qu’on
fait entrer dans un fi feuverain
Antidote i qui me contraint ^ de di¬
re qu’une Theriaque , fi têt être
mélangée , comme nous venons de
dire , quelle a plus de vertu , que
celle qu’il y aura dix ans , que le
mélange en aura été fait. Cette
nouvelle opinion , me .fera pajfer
dans l’elfrit de plufieUrs , pour
ridi
Des 0 fiat es, 5 1 5
vUkde , il n'y mm que ceux qui
feront refexion fur mon mifonne^
ment avec un e^rit libre & dejin-
terejfé qui l'uppuyent. La raifon
eft que lu vertu des ingrédient en
particulier ne s’augmente point par
le temps , étant mêlés avec le miel,
U ny a que la communication , &
l'union qui fe fait de la vertu d’nn
médicament à l’autre, ^ du total, il
en refaite divers effets 3 c’efi a dire
que les qualitez. & vertus des médi¬
caments , qui font de femblables de¬
gré z, de rareté & denfitéfe joignent
& s’uniffent enfemble , & alors ils
produifent un plus grand effet : mais
que dy-je un plus grand effet ; la pou¬
dre de la Theriaque donnée feule, ne
fera-elle pas le même effet que la
vieille Theriaque un moment après
l’avoir faite & exaétement mélée,
comme a été déjà dit , & bien uny
toutes les parties des ingrediens en~
femble,fans attendre aucune fermen~
tation , ouy & avec plus de force,
ayant été bien fubtilifés , la commu¬
nication de la vertu des ingrediens
fimblablesffe fait plus foudain , l’une
avec l’autrè,que fi chaque ingreÀient
avoit été mis en poudre feparement,
puis joins enfemble avec le miel, qui
rebouche leur vertu.
Fne des principales raifons,de trois
qu’il y en a que les Autheurs ont eu
de mêler les medicamens en poudre
avec le miel-,n’a été que pour confer-
ver plus long-temps la vertu des efie-
ces-, car pour la deuxième raifon qui
tfi d caufe qu’il effort mondificatif
ny pour la troifiéme, que par fa dou-
t^eur, il adoucit l’âpreté & l’amertu-,
me des ejpeces, tout cela ne contribué
aux excellentes venus des in¬
grediens fimples de ta Theriaque,
non plus que l’âge, ny le temps qui les
détrTiifint.
Ce qui nous trompe particulière¬
ment en ce rencontre efi le fentiment
de l’odorat qui nous fait juger que la
Theriaque de deux ou trois ans efi
meilleure que la recente,par la feule
odeur que les ingrediens exhalent,
au contraire de la nouv'elle ou récen¬
te , de laquelle l’odeur des ingrediens
demeure envelepêe,& comme concen¬
trée dans le triple poids du miel , qui
par fa craffité empêche d’exhaler leur
odeur, & dans la Theriaque de deux
ou trois ans toute l’odeur des ingre¬
diens qui avoit demeuré concentrée,
pendant quelque temps s’efi commu¬
niquée en toutes les parties du miel,
& en la fuperficie : ce qui fait que
l’odeur en efi plus forte, & alors cèt-
te Theriaque femble â quelques-uns
être meilleure que la recente ; mais
ceux-lâ fe trompent grandement en
ce que l’odeur qui nous frappe le
nez. procédé de la vertu ignée des
ingrediens , que plus il s’en 'exhale
plus la vertu de la compofition dé¬
chet & finalement , c’efi ce qui don¬
ne la mort à la Theriaque. A quey le
fentiment du Chevalier Dygby An-
glois ne s’accorde point peur la du¬
rée des odeurs en la page jo'.&ji.
de jon difcours in oUave de la poudre
de Sympathie, ou il dit que l’ambre
gris , & les peaux d’Æffagne , en¬
voyé nt hors d’eux leur odeur , cent
ans durant fans fe diminuer , ny en
quantité ny en odeur. Si cela était
la Theriaque ne mourroit jamais.
Mais noM apprenons de l’expe-
rience, que fi on expofeâ l'air un peu
de. bonne Theriaque , au fonds d’un
' Rr pot
}i4
Livre 1. SeBion V,
pot cptien moins d’un an on aura de pHtrefaBhnt en ce que par fin moyen
la peine de cenncifire ce que ÿ’à il fi fait , comme une tranjmutatién
été. Ceft pourquoy , il ne faut pim de fubfiance dans toute la matière,
tenir ce langage : quoy qrie ce fait fermentée. Puis que le grand chan:-
unfintiment general , que la The- gement , qui fi fait dans nos contpé.
riaque vieille efi la meilleure , puis fitions efi avoué de nom tom j c'éf
que l’expérience nom fait voir le a dire entre les Galenifles , et lés
*Paracelfiftes , que devons-nous at¬
tendre de ben , de cet enlevertiem
ou efervefcence , qui fi fait en k
Theriaque , quon appelle commispe-
rnent fermentation , que pour IW-
celerer , Galien veut quon expofe
que l'expérience
contraire.
■ Vhe autre preuve qui fortifie de
beaucoup mon raifinnemeut efi
quon prenne une pareille quantité
de Theriaque , de la pim recense,
& d’une autre de tel âge quon
voudra également bien dijpenfées ; fi par fois au Soleil pendant deux
on les goûte on trouvera la recense mois , la compofition dans le meme
pim forte en fa faveur que la vieil- vaifieau , qui a firvy pour enfdifi
le. Ou bien fi en les amodie fur le le mélange , & quon la reméi
revers de la mfin , on verra des fortement , afin que par la chahitr
deux laquelle rendra l’odeur plus des rayons du Soleil , toute la mdfi
forte , f avoué que la faveur & l’o- fi en fut mieux pénétrée , & fdPs
deur de la vieille frappera pim fou- doute aufii afin que l’extreme foi-
dain les fins, que la recense , par les deur qu’il croy ait être en l’Opiuèt,
raifins cy-devant alléguées , par ce fi cuijît , & fe digérât avec lespé-i
que l'odeur des ingrediens fe trouve ties chaudes des autres ingredièii?.
égale en toute la majfi , tant en dé- Mais aujourd’huy , que l’OpiM
hors qu’en dedans , & celle de la re- efi mieux examiné , & connu qûHl
censé efi toute concentrée dans la n’a été par le paffé , & qu’on re-
majfe, comme a été déjà dit. connoifi quil participe d’une fà-
l’ay cy-devant au ffi allégué , que veur amere , & acre , tout tnfiirii
la fermentation de la Theriaque , ble , qui. efi une faveur que les
est oit pim prejudiciable qu’utile .• ciens ont toujours dit , que les
voicy comme \e le prouve , j’avoue caments purgatifs , qui en parneU
que les matières liquides, qui fi fer- pent, font des pim malins , eu égard
mentent far leur propre chaleur âleurchaleur&acrimonie,délâ-
naturelle , artificielle , ou étrangère nom devons conclurre que l'Oplttïn
que les unes font exaltées , comme le efi chaud , puis qu’il efi amer , &
vin quand il boiiilt dans le tonneam acre , comme nom avons déjà ditj
& lés autres font grandement alte- £t ne firt de rien qu’en nom allé-;
rées par l’exemple du même vin , qui gue qu’il y a deux fortes de favçùé-
efi en fa perfèéHon,quand il fi tourne amere ; la première , qui a la cha-
en vinaigre , d’où vient que nom leur , pour fa caufi efficiente , & là
fimrnes d’accord avec les Chimifies,. féconde la froideur, & que la caufé^
que la ferment Atien approche de la. materielle du. deux, dépend toûfttrf
Des Optâtes,
^ terrefire^
fur. laquelle le chaud & le froid agif-
fint diverfement fuivant leurs qua~
liiez. '& font diverfet amertumes,
que Galien réduit a deux , Vnne
defquelles eft chaude , comme celle
de. la Colocynthe , & l’autre froide,
comme celle qui eft en l’Opium j mais
puis que cette matière efr au de la de
ma portée -, je laijfe la decifron du
furplus à Mefrieurs les Médecins,
pour venir aux effets, que la fermen¬
tation produit en nos compofitions.
ffn premier lieu, il efr a remarquer
àl’ouverture d’unvaiffeau de "Thé¬
riaque, fi elle hoïïilt l’alteration ma-
nifrfle parait en la remuant , par
le moyen d’une vapeur aigre furpafr
fant celle des aromats, qui s’élève, &
frappe l’odorat. On me répondra
que cette vapeur aigre procédé de
l’ejprit fermentatif provenant du
choc & du combat des parties de la
compofition, les unes contre les autres
aidées toutes fois du Chalcitis de l’A¬
cacia & de l’ Hypocifiis.
. , Si c était un ejprit fermentatif qui
en fût la caufe l’odeur en ferait pref-
que imperceptible , & il s’enfuivroit,
quepaffé les premiers fix mois , qui
efr le terme complet ( comme parlent
les Anciens ) de la première coélion
de la Theriaque , que cette aigreur
fe perdrait entièrement , au contrai¬
re nous voyons en beaucoup de ren¬
contres quelle paffe outre , & dure
^affi long-temps que la compofition
tfi en nature , qui e fi une marquyain-
faillihle , que cette fermentation a
paffe de l’alteration, -à la corruption,
^fans diffculté , fiiivant nôtre défi¬
nition a changé en quelque façon ,
K^Mion du médicament.
5 'î
Le levain qt^and on le détrempe
avec de l'eau chaude , & qu’on y
mêle un peu de farine , du foir att
lendemain , l’aigreur que le levain
a communiqué à ce mélange , efl de
beaucoup augmentée , & quand de¬
rechef on y mêle quantité de fari¬
ne avec de l’eau chaude pour faire
du pain , cette première matière fer¬
mentée, perd entièrement fin aigreur
en fermentant toute la pâte , que fi
on laiffe cette pâte une heure plus,
ou moins, fuivant la faifin , fans la
faire cuire au fiur , il fe fàh une
troifiême fermentation , qui dégé¬
néré en corruption , qui aigrit la
pâte de telle maniéré , que la cha¬
leur du four en cuifant le pain , ne
la peut dijfiper , fi fort elle efi em¬
preinte dans la fubflance de ladite
pâte qu’on n'en fiauroit manger le
pain,, fans en recevoir de l’incom¬
modité , qui efi une vraye marque de
corruption caufie par la fermenta¬
tion. Il fe fait encore au pain cuit une
cinquième fermentation , qui parait
lors qu’il fe moifit, laquelle fermenta¬
tion dépend de diverfes caufisfuivam
la couleur de la moififfure , que je
laiffe a part pour reprendre celle
qui regarde nos compofitions.
En fécond lieu ce que nous voyons
arriver â la Theriaque, arrive plus
fiequemment , aux Eleltuaires liqui¬
des qui font de moindre compofition,
comme aujfi aux Confirves , ^-
rops fimples , & compofés , â ces
derniers particulièrement , quoy
qu’ils ayent été cuits en bonne
confifrance , ferrés froids & bien
bouchés, peu de temps après, il fe fait
une fermentation imperceptible , qui
décuit lefdits Syrops , & â même
Rr Z temps
5 té Livre L
'té^nps eti voit m deffus une petite
ep aration a mode d’écume autour
des bouteilles , qui dépend à peu
prés de la couleur du Sjrop , & fe
moijijfent fouvent au dejfus , quand
découvre les bouteilles , il en fort
“ une vapeur , qui font par fais l’ai-
’gre , & par fois le chanfi ournoyfi.
'' Jiprés ce changement de canfifiance
d’odeur & de faveur , il ne faut
point révoquer en doute , que les
' S^taps ne foyent altérez, en leurs
qualite\^ & vertus.
lepajfe fans m’arrêter fur ce que
' la fermentation caufe aux EleBuai-
res mois & conferves pour garder
' la brièveté icy requife & pour évi¬
ter les redites attendu que le fuc-
eés ne différé guere de celuy de la
Theriaque & finiray par l’exemple
de la cqrruptian , qui procédé de la
fermentation aux eaux diflillées ,
quoy quelles ne regardent pas dire-
Uement notre Jujet , cet exemple
pourra faire quelque imprefion
dans l’eéf rit de ceux qui creyent
aveuglement , a tout ce que les An¬
ciens ont écrit , comme à des Ora¬
cles & fortifiera toujours mon opi¬
nion fur la Theriaque. La fermen¬
tation qui fe fait en quelques-unes
des eaux diftillées , fimples , procédé
en partie du peu de vertu , quelles
contiennent de laplante , d’où elles
ont été tirées, de quelle maniéré qu’on
les fâche difiiUer', comme nous dirons
plpu amplement en fn lieu, elle nous
eft fi cachée que celle des Syreps,
fans quons’apperçoive d’aucun mou¬
vement , qui en fepare neanmoins
une mucofité qu’on void nager dans
' l’eau i que avant que s’en feparer
toute la vertu d’icelle j était conte-
Seüion V,
nue, & ceux-là fe trempent gran¬
dement qui croyent que cette muea-
fité efi une défécation ou purifica¬
tion defdites Eaux : au contraire
c’efila defiruBion totale du peu de
vertu quelles pojfedent , qui altéré à
l’infiant l'odeur , & la faveur ; ce
qui fait dire aux moins ocules^, que
telles eaux fentent l’empyreume , ou
bien la fumée , mais ils n’approchent
point du but , puis que cela procédé
d’une vraye corruption caufée par
la fermentation.
Les Baux compofées font moins
fis jettes à cette fermentation ou cor¬
ruption, que les fimples, à raifon des
aromats, qui entrent en leur compofi-
tion ,plm ou moins elles en font com-
pofees , aujf elles fe fermentent ou
plutôt ou plsss tard : neanmoins Us
mieux compofées & les mieux difiil-
' lées , fit elles participent de quelque
flegme nous voyons qu'avec le temfs
elles y viennent. Les intelligens en
favent la raifon, que je n’explique-
ray pas davantage.
De toutes les raifons cy-dejfu al¬
léguées , nous devons conclurre ,
que la fermentation de la Theria¬
que , qu'on croifi être abfolumént.
necejfaire efi hiutile ,, & même en
beaucoup de rencontres prejudicia¬
ble i c’ef pourquoyil la faut éviter
tout autant qu’on la juge necejfaire',
& n appréhender point l'ufage de
la Theriaque nouvellement mélan¬
gée , pour quelle maladie que
ce [oit , ou elle convient , à raifon
de rOpium,ny autrement : car fi
elle provoque le fimmeil pendant
qu’elle efi recente , l’ expérience m’a
fait voir qu elle produit le meme
effet dans un âge déjà avance.
Dei optâtes. 517
(jr feU ne fera p ai àifictle a croi¬
re à ceux qui favent que l'Opium
efi chaud, & qu’il n’agit point com¬
me froid.
, . Ceux qui voudront diffenfer la
] fheriaque ,fuivant la defcripHon
qui eft dans le traitté que Laurent
Cathelan en a fait , prendront gar¬
de à une notable faute qui s’ efi glif
. fie en la quatrième dofe des ingre-
^}diens, ou l’on lit Iridü Jllyrica, &c.
Jfifques à Terebinthina ana uncioi
fex ( qui efi la fin de la cinquième
. dofe ) au lieu que dans l'original,
par tout ailleurs dans les defcri-
ptions correèles de la Theriaque,
on lit Iridis Illyrica , Rofarum ru-
.. brarum , Succi Glycyrrhi^a , Semi-
,y,Tiii Buniadis , Scerdei Cretici , Opo-
■ybalfami Syriact , Cinnamomi , &
■ \Agarici , ana unciai duodecim : &
.ainfi on avait confondu la dofe des
premiers huit ingrediens qui efi de
,ydouz.e onces chacun , avec celle des
. • dix-huit fuivans , qui n'efi que de
fix onces chacun.
Therîaca DiatcfTaroiîjD.Mef.
y,. Radicnm Gentiana,
Ariètolochia rotunda,
Baccarum Lauri , &
Myrrha , fingul. uneias duos,
Ornnia curiosè trita mette deèfu-
mato excipiantur. Nonnulli tri-
plum , alii quadruplum mellis
inijciendum cenfnt. ^i tri-
plum , efiicaciorern & minus pa-
lato gratam, Gfû veto quadru¬
plum , minus inejfrcaciôrem , &
gratiorem palato conficiunt. At
veteres non tara palati quam
morborum curandorum fuerunt
fiudiofi.
PARAPHRASE.
CEt Antidote , quoy qu’il ne re¬
çoive pas l’Opium , pour être
mis en cette-Sedion J fi m’a-il fcm-
blé bon de l’y mettre pourlbn ap¬
pellation & vertu , encores qu’il foit
moindre que le precedent » il eft
fort convenable pour les pauvres.
Mefué le décrit au commencement
de la fécondé partie , de la premiè¬
re diftinélion. Son nom Diateflà-
ron 3 fignifie quatre , qui eft le nom¬
bre des medicamens qui le compo-
lènt. Le miel n’eft pas du nombre,
mais y eft mis feulement pour cor¬
riger leur laveur ingratte , rendre
leur adion meilleure , êc conlèrvcr
leur vertu.
LE MELANGE.
Il feut pulverilèr enfèmble les ra¬
cines &: bayes de Laurier fort lùb-
tilcment , & la Myrrhe à part, aprez
on ajeûtera la poudre au triple de
miel blanc écume., cuit & encore
chaud, puis le tout fera gardé au
befoin.
LES P ACVLTEZ.
Elle profite aux affedipns froi¬
des , tant du cerveau , comme à l’e-
pil eplie, paraly fie , con vulfion canine,
que du vcntricr-le , comme à l’inila-
tion & douleur qui en procédé à la
codion tardive, & aulli du foye,.
comme à l'hydropifie, cachexie, ob-
ftrudions, à la piqueure dit Scorpion,
& venin avalé.
KE
Rr 5
Livre IL Seéîion 1 L
518
remarqve.
Pour compofer méthodiquement
U Theriaque Diaeejfaron, U faut
prendre les bayes de laurier Jîx
mois aprez. les avoir cueillies bien
meures , & en feparer les écorces
du noyau , pour de ces premières
en pefer le poids requis ', comme lu
partie la plus excellente , qui con¬
tient auec l’huile les principales
vertus de ce fruit , ainfi qua tres-
b'^en reconnu Diofcoride en fon pre¬
mier livre , chapitre, de l’hui¬
le Laurin. L’ expérience aujji nous
le confirme , par le témoignage de
ceux qui en tirent la graijfe ou
l’huile , comme je diray plus ample¬
ment en fon lieu. Et aux autres in-
grediens , on ne doit point négliger
ny l’eleElion , ny le poids ( comme
il n arrive que trop fouvent d ceux
qui la compofent ) fi en defire que
fis effets répondent aux vertus que
jdîefué luy attribué.
Triphera magna, D. Nicol.
Alex.
Opii Thebaici , drach. duos.
Cinnamomi, vel Canella feleéla,
Coryophillorum,
Galanga , ex China tranflata,
Spica Indica,
Zedoaria,
Zingiberü,
CoSii candidi ex Arabia,
Styracis Calamites , ( Codex Saler-
nit. mendosè habet Calamenti )
Calami aromatici , vel e jus defiséln
offcinarum.
Cyperi ( hujus non meminit Saltr-
nit. habet Myrepfus)
Iridis Illirica, aut Florentina,
Radicum Peucedani,
Acoriveri, {Calami aromatici
falso nominati )
Corticis radie. Mandragora,
Spica Celtica,
Rofiarum ruhrarum,
Piperis nigri,
Semin> Anifi,
‘Petrofelini Afaeedonici , vel
noéiratû,
Sinoni , feu Apii montan. quod efi
. diverfum à Petrofelin. Maee-
donic.
Diojcorid. hujus loco Salernitan. Cy-
minum habet. Verum utrum fu¬
mas par um refert : quoniam am-
bo fient ejufdem facultatis
Apii ,feu Eleofelini Gracorum
Fmniculi,
Dauci Cretici,
Hyofeyami albi , &
Ocymi,id efi Bafiliconü,fing.drach%
unam
Hyffopum ficcam d Myrepf. feri-
ptam relinquo, quod ejus non me-
minerit Saler nit. ne que aliij quip-
pe quod alia juffeiant ad effeélus
titulo enunciatos. Mellis optimi
deéfumati omnium triplex pon¬
dus fiat Opiata ufui reponenda.
TA RAPHRASE. '
CEtte Opiate par Antiphralè eft
appellée Tryphera ^ id efl: j de-
licaca, parce qu'elle donne joye5&
repos à ceux, & celles qui en ufent:
car de là laveur elle eft fort defagrea-
ble. Ce liirnom luy a été impsé
pour mettre différence d'ayeç rautre
de
Des Optâtes.
de femblable nom , non moindre en
nombre de medicamens , & faculcé.
Elle eft décrite par Nicolaiis Myre-
pfus Alexandriniis , au premier des
Antidotes , chapitre z i o. La bafè eft
r©pium , la vertu incraflânte & rc-
frigerative j duquel eft augmentée
par réeorce de Mandragore , fè-
mencc de lufquiame 3 leur nuifance
eft corrigée par les Gerofles , Gin¬
gembre & Poivre noir , leur vertu
eft conduite à la poiiftrînc par ll-
ris & Styrax , au foyc & ratte par
le Nard Indique , Celtique & Can¬
ne odorante : à la matrice par l’Aco-
re , Coftus , Cypere , Pcucedane , &
Zedoaire. Le Galanga, Canelle, &
Rolès , y l©nt mis pour la defence
du ventricule , contre la nuilànce des
narcotics ; les femcnces y font miles
pour incilèr & atténuer les matières
cralTcs & confùmer les vents , qu’el¬
les conduilèîlt par les urines &c men-
ftriiës. H n’eft befbin de diljDenlèr
cette Opiate fans Opium , comme
quelques-uns eftiment , pour la Mart-
dragore, & lulquiame qui y entrent,
& que tous les autres ingrediens y
font rais pour fbn relped : auffi que
pafsé deux ou trois ans , ^ vertu nar¬
cotique eft furmontée par les au¬
tres medicamens chauds , & conve¬
nables aux maladies froides du ven¬
tricule & matrice : attendant cela,
eemc qui la craindront , pourront fèu-
rement ufer de la Benedi(fte , s’il
eft queftion de purger.
LE MELANGE.
Au premier rang de trituration , il
faut mettre les racines de Galanga,
Cypere, Gingembre, Zedoaire , Co-
M9
ftus , l’Iris de Florence ( pour celuy
de Sclavonie J l’Acore, le Pucedan,
& les écorces de Mandragore , la
Canelle, Gerofles , Nard Indique-în-
çisé , & Canne odorante. Au fécond
rand l’Opium incisé par petits mor¬
ceaux , le Spica Celtica , le Poivré,
toutes les femcnces , & Rofés. A part
il faut pulverifer le Styrax calamite
avec quelque amande , ou gouttes
d’huile, afin qu’il n’adhere au mor¬
tier , puis le tout fera mêlé & gardé
au befoin. Qui voudra compofer’uri
Eleéluaire folide , on y mettra une
once de poudre , pour chacune livre
deSuGCire, ou fix drachmes, oude-
my once pour les plus delicaps. Si
un mol, & vray Opiate, on pren¬
dra le triple de miel blanc de Lan¬
guedoc, éclimé, cuit & encore chaud,
la bafline ôtée de defliis le feu , au¬
quel peu à peu on ajoutera les pou¬
dres , qu’on gardera au befoin dans
fbn pot bien couvert.
, LES FACVLTEZ.
Elle eft propre contre toutes les
maladies de la matrice , proyenanS'
de froidure , avec une decoélion con¬
venable. On l’applique en forme de
pefléire avec la poudre d'Armoifé,
& l’huile de Mufeade : & aux mala¬
dies d’eftomach ('dont elle corrobo¬
re la débilité ) avec du vin à jeun.
Elle arrête le flux immodéré du ven¬
tre , & des hemorrhoides : guérit la
cachexie , cuit les humeurs crues , &
fortifie la velîic.
, S’enfiiit des Conférions , on Eler-
étuaires moIs,tant alteratifs,que pur¬
gatifs.
BLE-
EUIIk-
sireque
• Vivifia
des Ele-
Suaires
l%o Livre L
REMARQUE.
SI Bauderon avait tant fait peu
ouy parler des œuvres de Nice-
laus Alexandrimis , fefiirne quil
ne ferait jamais tombé dans L’erreur
de luy preferer Nicolaus Myre~
pfus Alexandrinus , comme il a fait
en beaucoup de compofitions , ainfi
que i’ay cy-devant dit , en cel-
le-cy qu’il luy a ràvy la gloire de
la defcription qu’il en donne au
chap.^0%. de fin livre preallegué.
La petite quantité de narcotiques
qui entrent dans cette Opiate , ne
doit pas faire négliger la prépara¬
tion de l’Opion , par ce moyen l'o-
peration en fera plus feure y&pour
le Styrax on le mettra en poudre
avec les autres ingrédient , cfi non
à part.
SECTION VI.
De Elecluarijs in genere.
Y-devant nous avons traitté des
Poudres Aromatiques , comme
étant la matière des Opiates , Anti¬
dotes J Eleduaires mois , & Iblides.
Maintenant il faut traitter des Con¬
fections J ou Elecluaires alteratifs Sc
purgatifs : aprez avoir montré que
c’eft J & leur ulàge.' EleCluaire c’eft
un genre de remede , composé de
pluueurs medicamens, curieufemenc
choilîs, vulgairement appellé Con¬
fection. Les EleCluaires font mois,
ou fondes , alteratifs , ou purgatifs.
Nous traitterons premièrement de
SeBion VL
ceux-là , pource qu’ils nuifent moins
à nôtre nature que ceux-cy , & qu’il
faut fuivant les loix de la méthode
curative , premièrement digérer &
altérer les humeurs peccantes en qua¬
lité avant que purger. De ceux-cy, îùm-
les uns font plus plaLlàns,& cordiaux, n ih
les autres moins , & plus fâcheux.
Les Anciens les ont inventez , pour
avoir moyen en tout tems , lài-
fon , ôc âge de furvenir prompte¬
ment aux maladies , qui fouvent ne.
donnent pas le loilîr au Médecin
d'en pouvoir compofor d’autres, &
attendre que leur fermentation, ou
coClion nccelï’aire en plufieurs foie
faite.
La quantité des poudres , pour
chacune livre de luccre , ou miel U
écumé , communément eft trois on-
ces , làns y comprendre les Tama-
tinds,Caire, Manne, Penides,&:
Fraits, comme Dattes, Amandes, Pi- /»««.
gnons, Piftaches, Figues, Raifins,&c.
qu’il faut plutôt nombrer au rang
du miel , ou foccre , que des poudres.
Davantage , c’eft choie bien alfeurée,
que plus il y aura de poudres & moins
de fu.ccre , ou miel > l’EleCtuaire de
tant plus aura de force , aulfi fera-il
plus ingrat. Au contraire celuy qui
en aura moins fora plus foible , &
plus plailânt au palais. Des folides
ôc mois , qui recevront autant de
poudres les uns que les autres , le
mol gardera plus long tems là vertu,
ôc aura plus de force que le folide, .
principalement s’il y eft requis une
formentation , lînon pour l’heure
prefonte , le folide fo diftribuë plus
facilement par tout ,. ôc attire les hu¬
meurs épars en divers lieux, qui luy
font propres , ôc familiers. La raift^
Des EleSluairts mois, x 2, i
«ftj que le lôlide par fa rareté f l'air y
pénétrant , ) refont plus facilement
fa vertu purgative que le mol , à
caulè de 1 humidité qui empêche la
tranlpiration. Les poudres, plus elles
feront fibtiles , de tant plutôt fera
fermenté l'Elecluaire, & là diftribu-
tion plus facile par les conduits
étroits. L'ulàge eît principalement
le matin , trois ou quatre heures
ayant dîner, plus ou moins, félon
le tempérament du malade , & fes
forces , Ibn âge , fexe , làifori & tems
des maladies.
DeEleduarijsin fpecie.
ConfeBio Alkeme$,D.Mef.
IJé. Sucei Pemorum odoriferorum, &
AcjUA Rofarum , utriufque Ub. mam
& femiji.
Serici crudi fucca Granorum Tin-
^.omm recenter tmBi , Ub-
mam.
Infmdantur fîmul horù 14. deinde
paulüper coquamur , donee ti¬
quons ifii rubeam. J^os ( ex-
pnjfa , & abjeBo Serica, ) éoque
Succhari optimî , drachm. 1 5 o. vel
libra um dimidia , & drach.fex
ud mellis crajfuudinem.
■^b igné depofitü , & adhuc caleit-
tibus, tuijèc
Amhr s, cruda minutim conciÇ& , un-
ciam dimidiam : qua liquaîa,imi-
cepulvenm fequentem.
T- Ligni Aloes crudi optimi , vel
Santals citrini , &
J^urchenijd efi , Cinnamomi feleBi,
utriufque drach.fçx.
Lapidis Cianei , id efi , Laz.ûli,uBi
& loti,
ASargaritarurn albarum , utriufque
drach . duos.
Toliorum Auri optimi, drach. unam.
Mofehi Orientalis optimi , ferup. ,
unum.
Fiat EleBuarium , in vafe vitrât»
diligenter obturato reponendum.
TARAPHRASE.
CEt Eleétuaire, pour fà grande'
vertu cordiale , merire d’être
mis au commencemenr de tous les
Eleébuaires mois, lequel a pris Ion
nom de là ba/è la Soye teinte au lire
qu’on tire de la graine , dont on ceint
en efearlace, que les Arabes appel¬
lent Kermes , comme les Grecs Coc-
con Baphicon , & les Latins Granum
tin6torium,& inferStorium. C’eft une
certaine graine qui croît au pied &
au milieu des fueilles d’un arbrilîèau
appcUé llex glandifera , & æquifo-
lia , à foliorum fimilitudine , de la .
grolTeur d’un poids blanc , qui
cueille au mois de May, & de Juin,
non plutôt, ny plus tard pleine d’un
(ùc rouge , dont on teint la Soye crue
pour cet Eleétuaire. Iceluy à mefij-
re qu’il fe deflèiche , tombe en pouf-
lîere, & fè convertit en petits ver-
milïèaux , qui aprez volenc comme
mouches, d’où eft venu le nom de
vermillon. Si elle eft foudain lèi-
chécau Soleil ardent ou fur une cha¬
leur médiocre, cela n’avient point,
Q^e s’il arrive la feule afperfion du
vinaigre les tue. L’on en amalfe gran¬
de quantité en Provence , & au Lan¬
guedoc , prez de Montpclier. C’eft
une manne pour les pauvres , quand
5 2. 2. Livre 1.
il y en a quantiré. La vertu de la
bafe eft augmentée par les Çerles,
Ambrcj Mule, & Oiv La pierre d'A-
2ur J par l’uftion ; &c lotion j perd là
vertu vomitive, & |)urgative , & fon
acrimonie ( & non cordiale, icy re-
quife ) laquelle en petite quantité,
ne peut émouvoir les humeurs , ny
fe convertir en leur namre , mais
rabaiflér les vapeurs melancholiques,
qui de la ratte montent au cœur,&
cerveau : voyez Avicenne au livre
qu'il a composé des forces du cœur,
traitté lècond , chapitre deuziéme.
Le bois d’Aloés , Cinnaqjome &
eau Rôle y font mis pour corrobo¬
rer les viteeres par leur legere ad-
ftriétion , comme le fuc de Pommes
pour corriger 1 âpreté , & ûccité d'i-
cenx : le Succre pour rendre leur
aétion & faveur meilleure, & le tout
conferver au befoin.
Pluiîeurs doctes Médecins confe-
S#ns cette defoription avec celle que
Mefoé décrit au livre des fimples
medicaihens purgatifs. , chapitre de la
pierre^ étoilée , ont eftimé que la fau¬
té qu on remarque és dofes , prove-
noit des premiers Ecrivains , ou Im- ‘
primeurs. Quelques auttes plus idiots
en ont rejette la faute for fon Au-
theur même, & en parlent félon leur
paffion , fondée for des raifons telles
quelles , làns conhderer les diverfes
indications airatives, qu’on peut col¬
liger de fes écrits mêmes , qui font
doubles.
En celle qu’il fornomme de fa ba¬
fe la pierre étoillée, fa première in¬
dication étoit de purger par le fiege
au moyen d’icelie,', les humeurs adu-
-ftes & melancholiques , qui cau-
foisnc fouveat epilephe , manie , roc-
SeBion VL
iancholie hypochondriaqae. C’efi
pourqiioy il ie contentoit de la co-
étion pour toute préparation , &
pour luy ôter fa vertu vomitive , 8c
retenir la purgative qui y eft necef-
faire.
La foconde indication , étoit de
corriger fa nuifonce brûlante des vif-
ceres , étant un médicament indica¬
tif , abfteriîf , putrefaélif & ulceratif,
par le mélange des autres ingrediens,
qui fortifient le cœur , le cerveau, la
matrice, ôc de régénérer les efprits,
en chalfant au loing toute caufe de
triftcllè , & fuivant l’experience’ de
lès devanciers , pour chacune livre
de Sucere , y a rais une once de ladi¬
te picire étoillée.
Touchant celle qu’il furnomme
Alkermes,- écrite en fon Gra^jadin
GU Antidotaire , fon intention étoit
bien autre qu’en ;la precedente. Car
il ne pretendoit purger telles hu¬
meurs terreftres , mais rabailfer feu¬
lement & doucement les vapeurs me¬
lancholiques , qui montoient de la
ratte au cœur & au cerveau , qui cau-
foient triftclfe , p^rovenant de caufe
non manifefte , fondé for l’authorité.
d’Avicenne, au liyre fus cotté. C’eft
pourquoy il s’eft qontenté de deux'
drachmes de ladite pierre , quantité
fufolànte pour rabattre telles vapeurs.
Et pour la rendre daiitant plus falu-
bre,ilne s’eft pas contenté de ,1a
lotion , comme en la première -, mais
a voulu qu’elle fût clarifiée , peut
luy ôter telle vertu purgative, vomi¬
tive , & fon acrimonie , & retenir
la cardiaque y necclîàire. Son autre
intention &c principale étoit de re-
ftaiircr les efprits & forces des ma¬
lades abbamès par les , 'grandes &
malignes-
Des EleBuaircs mois, zi
malignes maladies , en fortifiant le
cœur prémicr vivant, & dernier mou¬
rant , le cerveau , matrice , & autres
vifeeres , par le mélange de TAm-
bre gris , du Mufe Oriental, de fOr,
du bois l’Aloés , des Perles & de la
Canelle.
La dolè de la pierre d’A2ur icy
fpecifice,cft aifez grande pour faire ce
qu’il defiroic. Que fi elle eût été lèm-
blable à l’autre lus mentionnée , elle
eût fait le contraire au préjudice des
malades , quelque lotion ôc uftion
qu’on y eût peu apporter. La quanti¬
té Viflî d’Ambrc gris , & Mule fuffi-
fent : cettuy-cy étant leger 5c delà—
greablc , eut rendu cette Confeétion
lidefagreâblc qui l’eft afièz de {&y)
qu’on n’en eût peu ufer.
’fencc lieu le Sexquialtere de I. du
Gard Apothicaire d’Avignon , n’eft
çonfidcrabIe,ainfi qu’il a voulu intro¬
duire dans fa fueille de papier pliée
en 8. imprimée à Aix en Provence,
par.Iean Thololàn , l’an i 609.
Par Ion difeours , je n’y connois
qu’un babil animé de l’aveugle paffion
de ccluy qui luy a fiiggeré les raifons,
pour contrecarrer Meilleurs les Pro-
leiTeurs Royaux de l’Vniverfité de
Montpelier mes maîtres, qui ont l’et
prit.plus vif, & fubtil, qu’il n’a la dé¬
marché pefante , & fuis contraint de
diredelny aprez Theocrire, que le
H One A3-nyala.v tp;|/ »pt<ri , SuS COntra
Mincryam certare fufeepit , que je
trouve auflî froides que de l’eau de
fontaine, lors que le Soleil monté en
fon Pyroiis , échauffe le Lion, pour ac¬
croître la foif de la Canicule. Et l’Im¬
primeur qui luy a fervy de lumière,
fout faire éclatter fon indiferette
ignorance, n’eût pas eu débit de ce
petit avorton , làns l’expedient de
Martial , epigrame 3 . livre f.
Et mgram cko raptus in culi-
Cordyloi madid^ tegat papyro,^
Vèl Thnrü piperifque fit cuiullus.
Partant je fuis d’avis qu’on fë tienne
à cette delcription fidellemcnt tran-
ferite de fbn Aiitheur, làns augmenter
ny diminuer les dolcs qui y lbnt,pour
les raifons que deffûs , &ne faire tort
à Mefué , & à ceux qui depuis luy en
ont usé heureulèment , & encore le
pratique & fe pratiquera par tout,
quoy qu’il gazoiiille.
LE MELANGE.
Dans la colatureon fera cuire le fiic-
cre un peu plus que Syrop , auquel
étant encore chaud, & hors du feu,on
jettera l’Ambre gris & le Mufe puU
verilèz, & détrempez au mortier avec
un peu d’eau Rofe , qu’on remuera
jufqu’à ce qu’ils foient bien fondus, &
qu’il n’y aye plus de grumaux. Puis
on y ajoûtera les poudres avec l’Or
mêlé. Le tout étant froid , fera dans
Ibn pot bien couvert gardé au belôin.
Quelques-uns teignent la foyé
crue bien charpie au fiic de Kermes
tant lèulement , puis la font tremper
au fiic de Pommes & eau Rofè 24.
heures : puis la font un peu bouillir,
l’expriment 5c cuifènt la colature avec
le Siiccre , dey ajoutent l’Ambre , 5c
Poudres, ainfi que Mefué enlèigne
icy, & au Syrop de Pomme fimple,
diftinétioh 6. Toutesfois la premiè¬
re manière eft meilleure, à caulèdu
fuc de Kermes , qui y entre en quan¬
tité , que nous fommes d’avis d’y
iirettre , pour donner plus de force à
S s Z l’Ele
52,4 Livre 1. Se&ion VI.
r£leétn^ire. Quelqnes-uns & mal à
faute du fiic , prennent de la graine
qu'ils infulènt avec la Soye crue au
fiic de Pommes , & eau Rolè , & la
font bouillir , l'expriment & ciii-
Icntjcomme dit eft Mais tel Elebtuai-
re n'a pas telle energie qu étant fait
av«c le fuc de Kerraes recent.
LES FACFLTEZ.
La Confedlion Alkermes eft un
excellent remede à la palpitation de
cœur* à la fyneope* à la trifteflè na¬
turelle* c'ctt à dire qui n'a aucune
caufe évidente : & foulage ceux qui
font langoureux * & ceux qui font
abbatus de longues maladies * & qui
commencent à fe remettre, enrefai-
fànt les forces.
- REMARQYE.
DA)7s la defcriftion de la Con-
feliioa Alkjnnes de JlLefué Jè
frefentent quatre difficultés confi-
derables * que prefque tous les Au-
theurs des Dijpeujaires ont laipé
fajfer fans dire mot ; la première re¬
garde la quantité de la Soye eru'é,
qui parçlt a quelques-uns être trop
grande à raifon de celle du ptc de
Eommes & de l'eau Rop pour l'in-
ftifer &, la cuire : la fécondé * la pré¬
paration du Lapis Lasuli ; la troi-
^ siéme, la dofe d'iceluy : & la qua¬
trième , la quantité d’ Ambre gris
quon. y doit mettre^
Tour répondre a la première , je
diray que Adefié n'a ffimais entendu
de prendre une livre de Soye crue
pour la faire teindre dans du fie de
Kermes, comme il y en a beaucoup
qui s'imaginent, & en fuite l'infufer
& cuire dans trois livres d'eau Ro-
fe,& du fuc de Pommes, afin de ti¬
rer la teinture de l'un , & la vertu
de l'autre , puis quil eft dit en pro¬
pres termes dans la vieille verfion
de fies œuvres , yé,. Setam tinBam
ex Kermes cireiter libram. mam,&
dans la nouvelle, y,. Serici fucci gra-
norum tinBorum recenter tinüi li¬
bram unam ; mais fin intention a
été de prendre une quantité fuffi-
fante qui peut être environ de. trois
à quatre onces de Soye crue , bien
écharpie , fiparée de fa filosêe , ephi
eft la partie la plus grojfiere , (com¬
me il fera plus arnplement décla¬
ré cy-apre\^ ) quon la fajfe imbi¬
ber & teindre dans du fuc de Ker¬
mes récemment extrait , & aprei.
l'avoir retirée , qu'on en pefie me
livre toute imbué & mouillée du
fuc , & non comme dit Sylvius en
fan Commentaire fiir Mefué , aprez.
l'avoir fait feicher pendant trois
jours , & qu'on la mette en infu-
fion avec les trois livres du fuc de '
Pommes & d'eau Rofe par un jour
naturel fur les cendres chaudes , &
fur la fin , leur faut faire prendre
une legere ébullition , les couler.^
& l'exprejfion faite , cuire la cola-
ture avec le fuccre.
Mais cela ne fuffit pas fi l’Ar- .
tiéie curieux n'eft precifement in-
ftruit de la juBe quantité de Sop
crue , qu'il faut prendre pour en
avoir une livre , lors quelle fera
imbué & teinte du fuc de Kermes
quand il s'agira d'un effay de mai-
trife : pour ce faire , il faut pren¬
dre un foin particulier de faire fi¬
cher la Soye qui luy aura fervy en
Des Eleâualres mois, % ^
rinfiipo» precedente , de laquelle
il aura tiré la teinture de celuy-
Ik, & l^ vertu de celle-cy , par
l'entremife du fuc de Pommes , &
de l'eau rofe 5 puis il l'a pefera , &
ainfi il f^aura au vray , la jufie
quantité qu'il luy en faudra : &
pour refaire la meme operation , il
naura qu'a obferver la confijiance
du fuc de Kermes , afin de mettre un
peu plus , ou un peu moins de foye,
fuivant qu'il fera plus eu moins
aqueux.
Et ceux qui defirerent avoir une
Cenfeélion plus excellente , & abré¬
ger le travail du Syrop de Kermes,
feront infufer leur quantité de foye
crue dans celle du fisc de Pommes,
& de l’eau rofe , comme il efi pref-
crit en la confiélion Alk^rmes de
Montpelier , & dans la colatu-
re y feront cuire le fuccre , un
peu plus qu'en confijiance d'Ele-
üuaire mol , puis y méfieront don¬
ne onces de pulpe de graine de
Kermes bien fubtile , & de bonne
confijiance , & par cette métho¬
de toute la Confeélion en fera
meilleure.
La fécondé difficulté regarde
la préparation du Lapis lanuli ,
fur laquelle il faut confîderer
quelle a été l’intention de Mé¬
fié , quand il a dit Lapidis la-
K.uli loti & praparati. Les diver-
fes qualités ^ vertus qu'on a don¬
né a cette pierre ^ a fait fembler
a quelques - uns , que la prépa¬
ration. de Mefué était defcéiueu-
f , & a quelques autres ambi¬
guë ; qui efi le fujet des diverfes
explications , qu'on a voulu don¬
ner a ces mots de loti,. & praparatL
Les premiers interprétés de ta pa¬
role non écrite ont été les Moines
en leur commentaire fur l'Antido-
taire de Mefué , qui foîitiennent,
que pour le mot de loti , comme
c'efi la vérité , il faut entendre ‘la
lotion qu'on pratique au Lapis
lajuli , par trente fois réitérée
avec l’eau commune : qui fe fait
a deffein de luy diminuer fin acri¬
monie fuperficielle , qui paroit ma-
nifeffement au fentiment de l'odo¬
rat , & de la langue après avoir
divifé une greffe piece en des pe¬
tits morceaux : & peur celuy de
praparati , qu’il faut entendre la
lotion par dix fois reiterée avec
.l'eau rofe ; ce qui efi directement
contraire a l'intention de fAutheur,
qui a été de luy augmenter par cet¬
te fécondé lotion , fa vertu cardia¬
que. Les autres comme Pafehat
Apothicaire de Beaiers , en fa de- '
monfiration des abus ( comme il
parle ) fur la Confection Alkey-
me's en la page ii 2 , dit , que M^-
fué par le mot de praparati , en¬
tend, que Le Lapis laz.uli fait brû¬
le avant le laver ; mais ceux qui
ont figé ta préparation du Lapis
lafuli defeEtueufi , & qui y ont
ajouté le mot de ujli , comme lou-
bert en fa Confection Alkermes ,
& r dutheur de la Paraphrafe ,
ont bien creu que le mot de prapa-
rati ne fignifie pas qu'il fût brû¬
lé , ce qui me fait dire que ces
premiers , avec ce dernier tru¬
chement de Méfié , ont entière¬
ment ignoré fin intention t car fi
ce qu’ils mettent en avant était
vray , la langue Arabique fe¬
rait bien fierile , fi elle, newoit pas
Sf ÿ un.
31^ Livre I.
m mot propre, qui en langue Latine
nom eut peu exprimer , que la fé¬
condé lotion du Lapis laz.uli , faite
avec l’eau rofe, eut été une prépara¬
tion differente de ta première ; fi elle
différé en l’intention , qui efi de lujt
augmenter feulement fa vertu car¬
diaque , comme il a été dit , a tout Le
moins , elle ne différé point delà pre¬
mière , quant au nom de lotion i ou
bien pour répondre à Pafchal , fi la
même langue Arabique n’eut pas eu
un avare mot , pour fignifier fon
ufiion pretendu 'é , elle ferait encores
pim re freinte , & le contraire de
tout ce deffm fie vérifié par les dalles
préceptes que Mefué novu en a laijfé
au fécond de fes Theoremes , tr au¬
tant de la préparation des medica-
mens , tant en general qu’en parti¬
culier , quand il parle de l'affatien
d'iceux , & dans fon Antidotaire
en l'Onguent de Cerufe, où il a écrit,
Plumbi adufti ,&c. & dans ces Pi¬
lules de Lapide Armeno, quand il a
écrit Lapidés Arment loti & pra-
parati , d’où s’enfuit que le mot de
praparati , ne pourra être interprété
ou entendu pour la lotion des APoi-
nej^^ non pim que pour l’ufiion de
Pafchal ; mais pour la fubtilifation
quAnom en faifons fur le Porphyre
après la lotion ; car de brûler la
pierre Arménienne ,ce ferait luy em¬
porter fa vertu purgative ( fuivant
le fentiment d’aucuns ,) icy requife.
Sans difficulté on me répondra , que
fi la.vertu purgative de celle-cy, eft
abfalument neceffaire dans ces Pi¬
lules , que la vertu, purgative du
Lapis lalluli , nefi pas moins con¬
traire aux vertus quon attribue à La
Confeétion Alkermes, ce que je pour-
SeBion VL
rois concéder , s'il y entrait en uni
quantité à pouvoir purger & chan¬
ger fies principales vertm ; mais
quant il y en entrerait douze drach¬
mes , comme veulent quelques-uns,
cela n’eft pas concluant qu'il le fait-
le brûler , pour luy difftper fa ver¬
tu purgative , puis qu’il n’en re¬
viendrait qu environ de deux grains
& un tiers par drachme de Con-
feSlion , & la dofe du Lapis lazu-
li , fuivant les interprétés de Me¬
fué , efi depuis une drachme,
iufques a deux & demy , &
d’Averroes depuis demy drachme
jufques à une.
La troifiéme difficulté regarde la
quantité du Lapis lazuli, fur la¬
quelle les Moines i & Pafchal fe
font beaucoup eferimez , pour per-
fuader un chacun d’y en mettre dou¬
ze drachmes : la pim forte raifon
que ces premiers allèguent , eft que
dans tom les exernplaires tnanuf-
crits , qu’ils ont veu des oeuvres de
Mefué , il en eft demandé douze
drachmes , & qu’il efi évident , que
fi cet Autheur eût entendu de n’y
en mettre que deux drachmes , il
aurait écrit Lapidis lazuli loti &
praparati , & Margaritarum , ana
drachmas duos ; mais il a écrit La¬
pidis lazuli loti & praparati drach¬
mas duodecim , Margaritarum al-
barum drachmas duos ; & par ain-
fi c’efi une faute des premiers écri¬
vains , ou des premiers Imprimeurs
des œuvres de Mefué , non feule¬
ment en cette compofition ; mais
dans toute' autre , où il fe rencon¬
trera deux ingrédient immédiate¬
ment & feparement dofés de meme
poids , s’ils ne font joints enfemble
par
Des EleBuatres mois, x%j
par les mots de ma. , oh f ar arn-
horm mais fi cette raifort avait
lien , quantité de cemfofitions de
Mefué feroient corrernfkés en ieurs
dofes , particulièrement dans les
éditions Gothiques , par ce quil en
a fouvent ufe de la forte , de mettre
deux ou trois ingrédient de fuite,
&à chacun une même dofe fepa-
ïée, Galien en a ufé aujfi de même
dans fin livre de la Theriaque .a
Pifin & dans celuy des Antidotes,
le pourrais alléguer quantité d'Au-
theurs anciens , modernes , & mê¬
me des plus recens , qui ront de
même pratiqué , & le pratiquent
encores. le ne refuteray point leurs
autres raifons comme ne le mé¬
ritant pas , cetles-cy fuffifent pour
faire connaître leur erreur , de dire
que dans tous les exemplaires ma-
nufirits qu’ils ont veu , il eji de¬
mandé douze drachmes de Lapis
lazuli , ce que )e leur concédé pour
la ConfeBion de Lapide Stellato ,
'mais pour la ConfeBion Alkermes,
je le nie. De leur temps les exem¬
plaires rnanufcrits des œuvres de
Mefué nétoient pas fi communs
pour en avoir veu divers , au con¬
traire fen ay un fort ancien , dans
lequel la dofe du Lapis lazuli n'efi
que de deux drachmes , comme des
Perles. ""
La quatrième difficulté , quoy
qu’elle ne fait fi connue que les au¬
tres , je ne l’ay voulu omettre ,pour
fiavoir s’il faut prendre fix drach¬
mes d' Ambre gris , comme Pafchal
s'efl imaginé, fondé fur ce que dans
la defiription de la ConfeBion de
Lapide Stellato , Mefué y en de-
ttuinde fix drachmes , & de la il
inféré , que la defiription de ta
ConfeBion Alkermes^ de fin Antido-
taire , doit être conforme a. la pre-
' cedente , . & les Moines difint le
contraire , que les Imprimeurs ont
tranfpofé la dofe de l’Ambre gris,
a celle du bois d’Aloés ,& du Dar-
feni , & quil faut lire Ambre gri-
fa , unciarn fimiffiem , Ligni Aloés,
& Darfini , ana drachmas fix , par
ce que les deux doivent être confir¬
mes : en cela les uns & les 'autres
s’enfilent dans, des erreurs contrai¬
res én des endroits , & en d’autres
font d’accord t comme auffit de di-
né que Mefué na décrit aucune
autre •aornpofition , dans fin livre
des fimples , quil rapporte puis,
apres dans fin Antidotaire , que
celle de Lapide Stellato mais le
contraire de cela , fi vérifié par le
chapitre quatrième de la Colocyn-
the , par le feptiéme de l’Iris fau-
vage , & par le vingt - deuxième
du Melereon , je n allegueray point
les autres chapitres du même livre,
où il en décrit d’autres compofi-
tions quil rapporte de même dans-
fin Antidotaire , que f omets à-
deffiein , pour nôtre pas de fin in¬
vention , comme les fus alléguées,
le diray feulement , que générale¬
ment dans tous les exemplaires de
differentes' éditions que fay veu de
Mefué l'fy ay trouvé deux diffe¬
rentes deferiptions de ConfeBion'
Alkermes , fous deux noms diffé¬
rons , qui different en quelques do¬
fes & non au nombre des ingre-
diens ,. neantmo'ms chacune d’icel¬
les en leur particulier font confor¬
mes , tant en la dofe des medica-
mens, qu’au nombre d’iceux •, comme"
danss
5^8 Livre 1,
dans le manufcrit que )'ay en main,
^ és éditions de f^incentius de For-
tonanü , de l'an 1 5 zj. de Grego-
rita de Gregoriis , ï J } }. de Bene-
didits Bonyn^ i^^^.de . >5 4i-
de Vincentim Vklgrifim , 1572. de
luntas i6ij. ok toujours eft de¬
mandé dans la ConfeSiion de Lapi¬
de Stellato , tant dans la nouvelle
^ue dans la vieille verjion , Ambra
grïfa drachmae fex , Ligni Alo 'és,
■& Darfeni , ana mciam fimij?.
Lapidü la^uli loti & praparati,
drachmas duodecim , &€. & au
contraire dans la ConfeSlisn ^l-
kermes efi femblablement toujours
demandé fur la même dofe de Sy-
rop de là precedente , jimbra grijfk,
mciam femif. Ligni Aloes , &
Darfeni ana drachmat fex- , La-
fidü la^^uli loti & prafaratidrach-
SeBion VL
mas duos , &c. De la conformité
des dofes de chacune de ces Confé¬
rions en particulier , il faut de
toute neceffité conclurre , qu'il n’efi
pas ^ojfible , que fi Mefué les avait
dofées de même fa^on , & que les
deux n'eujfent été qu'une , que
dans quelqu'un des exemplaires
cy-dejfus citez. , & dans un nom¬
bre d’autres que fay veu, les deux
defi riptions en quelque endroit fe¬
raient conformes ; de maniéré, que
pour n errer avec les errans , pour
la Conferion Alkermes, il s’en faut
tenir a la deficription de l'Antido-
taire de Mefiué fans xhanger au¬
cune des défis , ny rien ajouter d la
préparation du Lapis laTjuli , d
moins que par exprès , -cela fut
prefirit par le doêle & expert^
Médecin-
Con
Des EleBuaires mois.
31^
Confcâiio Alkcrmcs Monfpelicnfium.
^.Smci Pofnorum dul-
.
in
•
in,
in 1
in
cium, & Aqtrn Ro~
fimflo.
duflo.
qnadric-lfextu-
oBupîo, \decuplo.
duode-
ftmm ( in quihus
flo. I
plo. 1
cuplo.
Set& Ub. ma périt
fer diem naturalem
ib./.
Vb.ij.
lib.iïÿ.
lib.-y;.
ib.wjf.
Iib.A;. ■
&.xq.
infufa ex-
1
|.
frejfa.)
ana.
Mh.vj. '
\ih.ix.
lib. xij.
lib.;vvj
fis.
Sucd Granornm Ker-
1 , 1
xviiq.
Saccharifolidi,
tb./.
lib.^.
Vb.üij.
lib.«ÿ. lib.z/;.
tb.Wÿ. ph.xij!.
^.vii].\
l^.xvj.
lïb.;»:.
tbnVJf.
&.XÛ.
Ib.
Coque ad mellü ptjfau-
xxiiif.
dinem -, reniotü ab
igné , ■& etiamnum
- ..^calid, adde.
Ambra cruda minutim
!
incife.
Sine ut liquefcat , dein~
Sÿ-
3^9-
m-
^xvj.
^XX.
^xxiiq}
de admifce fequeti-
tia fulverata , vide-
1
licet.
1
Ligni Aloës crudi , vel
S^ntali citrini, & '
Darfeni , id efi. Cinna-
momi eléüijfmi,
Lafidü Lazuli loti &
ana.
^xxHÿ,
^xxxvy
^xlviij.
Zlx.
^{xxif.
fraparati
Margaritarum alharu,
Auri boni , (ÿ*
ana.
3?-
3«5f*
^xvfi
Sxx.
1 ^xxiii/.
Mofchi Orientalü ,
Confiée fecundum ar-
ana.
3/*
3^-
3«9- 1
3^/-
5X‘
! ^xif.
ttm.
1
1
Tt REMAR
îjo Livre 1. Seûmn VL
R E M A R Q,V E.
En farcourant la Pharmaeopee
de Bauderon , il me tomba entre
les mains celle d’jiujbourg en Alle¬
magne corrigée par Jean, Zvvelfer
JlPedecin de V Empereur , ( comme
celle de Bauderon a été corrigée par
Sauvageon ) imprimé à Roterdam en
l’an i 5 . où je remarquaj en l’A-
nimadiierjîon , _qu ïl a faite fur la
ConfeSion Alkermes , de Montpe-
lier, comme il a voulu donner a con-
nôttre y & faire voir à un chacun
par cette defcriptien , que toute la
compoftien ou Cenfeéiien de ceux
de Montpelier , étant préparée , ou
faite contient en tout trois livres,
deux ou trois onces : mais que cel¬
le de Mefuê cy-de fus décrite , n’a
plus d’une livre deux onces , ^
partant qu’elle furpajfe en poids,,
celle de Mefué de plus de deux li¬
vres , bien que néanmoins , pour
la dofe des 'drogues precieufes qui
y entrent , elle- n’ait de plus que
trois drachmes de Canelle , & au¬
tant de bois d’rJloés , ou en la
place d’keluy le Santal citrin ,
de rnufc deux fcrupules , ér de-
viy drachme de fueitlps d’or, d’où
appert que ceux de Montpelier ex¬
cédent de beauaoup au poids du
fuccre , eu égard aux autres dro¬
gues qui y entrent , avec la quan¬
tité defqueües. la dofe du fuccre n’a
aucune proportion ,(jr par confe-
quent, que la defcriptien faîte par
Mefué étant plus exaRe en la dofe
& poids du fuccre , & des drogues, a
aujfi des qualités & des vertus plus
efcacieujes, c’efi pour qmy U ne fe
peut ajfés étonner , de-te que les Au.
theurs rejettent fi inconfiderement
& fi imprudemrnent la compofition
de Mefué -, mais qu’au contraire ih
fuivent feulement celle de Montpe-
lier & de Lyon,
Il y ferait allé du mien , me trou¬
vant la plume a la main de pafer
fins filence les inveBives du fiem
Zvvelfer , particulièrement fi je ne
faifids voir que mal a. propos , fans,
fondement ny raifon , il ./en efi
voulu prendre contre notre Confi-
Bion Alkermes de Montpelier ,
dés l'entrée de fon difcours , il y a
trois fautes remarquables à confi-
derer . , qui me font dire qu'il efi
ignorant ou malicieux. La premiè¬
re fe juflifie d’elle même , & peut
être reconnue d’un chapun a l'ou¬
verture du livre, fur ce qu’il dit, que
nôtre Confeélion efi de beaucoup
augmentée de fuccre ; par fon rai-
fomement je puis dire qu’il s’en efi
pajfé à la legere en fa prétendue
correRion de laEharmacopée d’Aus-
b0urg\, n’y ayant ggy .que de fa tête,
fans fueilleter les bons Aut heurs,
principalement fon inventeur Me-
fùé j car fi cela n était , fans dou¬
te tout préoccupé qu’il efi contre
la Medecine Galenique , il fe feroit
qpperceu , que la dejeriptien de la
ConfeRion Alkermes de Mefué,
& ceUe que nous compofons tous les
'jours dans nos. boutiques , font fek-
blahles en nombre d’ingrediens , »
la 7-eferve d’une, petite differente en
lor dofe d’iceux , comme il fera dit
plus amplement en fon lieu ; é' cel¬
le que Meffieurs- les Mcdeeins
d’ Aujbourg , décrivent dans leur
Bharmaeopée fousle.ti.txe.de Mcfa^r
Des Ele^uaires mois.
Uy appArtient HeritAblejnentj, niAis
eUe ne contient qtte la moitié de la
dofe de toas les ingrediem de, , cel¬
le de Mefité , dlhfi qu'un chacun
peut voir. Et que fi Zvvelfer
eujl rnis le ne^ eksns le Grababin
de ce premier, pojfible fe fer oit-il
apperceu de cette vérité , & ne
nom aurait jamais imputé le blâ¬
me d'une faute , de laquelle il
en efl lup rriême l'Autheur , & ce¬
la ejl arrivé , lors qü'il a confé¬
ré la defcription de nôtre' Confe-
üion .avec celle de l' Antïdotaire
d' Au four g , qui h'cakfe'' ou de
la rareté quils ont' , des ' princi¬
paux medicaméns q'ui la eompo-
fent , eu du petit ufage qu’iîi en
avaient pour lors lès fiekrs Mé¬
decins en drejfant leur Pharmaco¬
pée ne prirent que la moitié de la
dofe , de la' defcription de celle de
Mefué.
La fécondé faute quel y d â^e-
marquer , nefipas de moindre im¬
portance que la première , en ce
qu’il dit Lapidis Cyànei loti &
praparati , margaritarum alba-
rum , ana drachmas duos. G^ue s'il
eut de même daigné dignement
- s’acquitter de fan dejfein , il nau-
roit non plus négligé de Voir la
defcription de Mefùé , qui lup
aurait appris en tous fes exemplai¬
res , que pour faire la moitié de
la defcription de fa CdrfeStion Al-
kermes , U faillok écrire , Lapi¬
dis Cyanei loti & praparati , Mar¬
garitarum albarum , ana drach-
mam unam , &' non drachmas
duos, f^oilà comme quoy le fleur
Zvvelfer s'efi enlajfé en -ce s deux
fautes par fa négligence , pour avoir
n*
voulu fttivre la Pharmacopée dei
Médecins d' Aujbourg des années
^S97- 1613.(^1646. qui ont par
leur faute , ou de celle des Impri¬
meurs , ou il y a le plus d'apparence^
mis deux drachmes dé ' chacun de
pierre d‘Az.ur , de Marguerites^
pour une drachme de chacune. Luy
qui fe dit être le correSleur de cette
Pharmacopée y devoii prendre gar¬
de , plutôt que d'en aùthorifer les
fautes par fa negligénce.
Sa troifiéme faute dépend de la
première , quand U dit qué nôtre
Confe^ion Alkermes efi augmen¬
tée de 'béaûcoup de fuccrè , (fi le
preuve ainfi j la CohfeElion Al¬
kermes de Mefué ne pefe en' tout
qu’une livre deux onces , '& celle de
Montpelier en pefe trois livres deux
OH trois onces , 'qui furpajfe celle de
Mefué de plus de deux livres ; ea
eela il Confie du côntraire , car tout
bien fùpputé efLArtifie ,on trouvera
que lentiére'dofe de Mefué pefe de
nôtre poids de Médecine environ
trois livres .- voila comme il fait
connoitre fon aveuglement f ou bien
fa malice de nous impofer dé la for¬
te , & fait un bruit extreme fans au¬
tre fondement que 'celuy de fon ima¬
gination contre Mefiieurs les Méde¬
cins de Montpelier , & de Lyon , (fi
de tant d’autres âoSles perfonnages
quiles ontfuivis&'les fuiventtout
les purs.
Et par ce qu'il efl raifonnahle
qu’on fait infiruit d’où vient que
dans nôtre Gonfeffion Alkermes ,
H y a quelques dofes des ingrediens
changées , & quelle pefe plus,
que ceie de Mefué environ de fix
onces , & que e'efl ic'y le Ueu pro-
1 3 1 Lièvre 1.
mis OH il s’en faut fuccinB: entent
expliquer j je dira/ que-cette ad¬
dition fe fijl lors que l'a defcrip-
tion de cette ConfeBian fut corrigée
par les fleurs le an- Falco', Guillau¬
me Rondelet , & feglée far les
peurs loubert , & Dortofnan , tous
quatre fameux & célébrés Pro-
fejfeurs Royaux de VVinverfitê de
Aïedecine à Monipelier.' La dtf-
criptian de laquelle fe trouve dans
les œuvres in folio de ce premier,
& en fa Pharmacopée in oSlavo,
& in douice : comme aujfi dans
le grand Diffenfaire de ce der¬
nier , ainfi qu elle fut par eux -dref-
fée , oit le curieux pourra ‘avoir
recours , s’il dipr'e de fe fatis-
faire. • , -
Zvvelfer continuant a detra-
éler de notre • ConfeShion Æker-
me , dit que les François , & les
autres ■ nations étrangères fe moé-
quem d’eux , ' de - ce qu’ils ont du
fuc , ou Syrop de Kérrnes , qu’ils
pourr oient faire une meilleure Con-
feSlion Ækérmes , que. celle que
nous leur envoyons : 'à cela il efi
aifé de répondre, & de dire que
nôtre adverfaire- veut perfiiader
les moins oèulez. , & leur fippofe
le rnenfonge pour la vérité. Les
François , & toutes les. nations étran¬
gères fans en excepter une , con-
noijfent trop bien, dépuù environ
un fiecle quelle efi la valeur de
nôtre ConfeBion Zlkefmes ( quand
elle efi conipofée d’une’ bonne main,
f entends parler de ceux'' qui font
intégrés en leurs confidences ) par
les merveilleux effets qu’ils en ont
reffenty , & qu’ils en reffentent
teui les jours par fin ufage. Len-
Se&ion VL
voy frequent que nous en faifint
che\^ toutes les nations étrange^
res certifie cette vérité en nôtre,
faveur. — ■
' N’ efi -ce point impofer d la veri-
té , quand il dit de pouvoir faire en
fin pays auffi commodément que nous
une auffi effeacieufi ConfeBion
d’ jilkermes ,■ ou les chofis princi¬
pales , comme la bafi & autres y
manquent, le veux bien quUl aye
du Syrop de Kermes , mais il ne
fiait pas quelle efi- fa compofition,
le plus fouvent ou pour l’ordinaire
compofé avec la pulpe de Kemes
de la première cueillette ; par ce
qu’il efi d beaucoup meilleur mar¬
ché , d caufi qu’il furabonde en
humidité fuperflu 'é , & par confie-
quent , il efi de moindre vertu , au
lieu de prendre du pim meur , & qui
efi moins aqueux , & fur- une partie
de pulpe , ils y en mêlent 'trais , ou
quatre parties de fuccre & quelque¬
fois du fuccre rouge au lieu du blanc,
& même du Miel, pour deux parties
du fuccre blanc en poudre , fans fuc
de Pommes , ean rofe , ny foyecruê,
comme l’Autheur y demande , &
il arrive que quelques-uns de ceux
qui le compofint , pour couvrir leur
impofiure& pafièr pour des gens de
probité , qu ils y introduifent par
leur artifice une amertume étrangè¬
re, je ne diray- pas avec quoy s •<./>/■
comment pour ne le donner pas deen-
noître , je me contentera mon grand
regret), d’en avoir découvert quelque
chofi, & cela fe fait afm de décevoir
les plus entendm. S^^efi on defirefia-
voir ceux qui le pratiquent de la for¬
te, ce font certains broùillons d’ Apo¬
thicaires OH Lroguifies de eette ville
Des EleéJuaires mois.
même & des environs , qui le pim
fouvent le vendent fous le nom
des maîtres Apothkaires qui ont la
réputation de bien & fidellernent
compofer leurs médicaments. Ayant
donc composé leur Syrop de Ker~
mes le moins bien quils ont pû,/ui-
vant que leur deteBable avarice
les a fuggerés i ils l’envoient aux
pais étrangers , & ainfi ils cher¬
chent à s’enrichir fous l’apparence
d'un moindre gain. ' Si la bafe &,
le fondement: de la compofition de
Monfieur Zvvelfer ne vaut rien,
il efi. à croire que de quelle bonté
que les autres effeces qui la cempo-
fent puijfsnt être, que la Confeéiion
fera toujours 4e beaucoup inferieure
à la notre,
■ En ,troiz.iéme lieu, je rne ftns
obligé de relever contre luy , de ce
qu’il dit. que la foye eru 'é ne con¬
tribué point de vertu à cet Ele-
iluaire , ou Confe&ion , parce que
fi elle a quelque vertu avant que
d’être mifie en œuvre ,, quelle l’a
perdue il y a long tems , à caufe des
lotions yCoBions , & diverfes prépa¬
rations qu elle repsit, comme il a feu-
vent veu de fes propres yeux.
Si notre Adverfaire avoit été
clair- voyant dans le pais ois il dit
avoir veu préparer la foye , & qu’il
eut été curieux d’en écrire la vé¬
rité, il aurait remarqué que la foye
que nous employons en notre Con-
feUion , eir par tout ailleurs dans
les autres cempofitions , efi la foye
eru'é, ainfi appellée parce quelle n’a
fouffert ny lotion , ny coSlion , ny
pafsé fous aucun autre degré de
préparation 5 mais fans doute il fon¬
de. fin raifonnement fur loubert.
H 5
qui demande fimplement dans la.
defeription de cette ConfeSlien Seta,
fans s’expliquer comme fait Mefué,
qui dit Serici crudi par la., plume
de., fes interprètes, cefi donc dans la
foye eru'é que nous employons , qui
n’a jamais été mo 'ùillée , lavée An-
fusée , ny çu 'itte , comme il dit mal
à propos , qui' a confervé toutes les
belles qualités ejr vertus qu Avicen¬
ne luy attribué , au livre qu’il a
fait des forces du cœur , traitté deu-
siiéme. Sericum ex fortibus Jatifi-
cantibm efi. : excellentius tamçn efi
crudum. Sed quandoque eadit in
ufurn coBum., potiffmè fi non fuerit
tinBum. Efi autern calidum & fic-
cum in, primo &,infunt ei fifbti-
litas , & raritas , & parvitas , atque
fulgor , & proprietas .Utificandi , &
confortandi cor , ad qued 'pivatur
pradiBis , un de dilatât fiiritum dr
folidat ,abBergit , df clarificat , &
iUuminat : nec tarnen e'jiss conforta-
tio tantum, uni appropriatur fiirir
tui , fed efi potius cohveniens fuh-
fiantia Jpiritus cu'jujlibet , itaque
confort fpir'itui animato ; quod pa~
tet ex eo quod vifurn confortât ., fi
oculi ex ipfo, collyriT^ntur. ■: patet
etiam propterea quiai confert me-
moria , & quod Jpiritum. praterea
confortât , qui exifiit in hepate quoi-
impinguatio manifeBat : phtaum efi
autem quod non impinguat ,propte.-
rea quod tempérât corpus ; relinqui-
tur ergo , quod .facit hoc , quia con¬
fortât jpiritum naturalem ad r,u-
triendi aBionem perfeBius caufan- .
dam. Viimur etiam eo fine expref-
fione.. Aprez,. le témoignage d’Avi¬
cenne il ne faut plus douter des ex-
céHentes qualités & vertus de la foy e
Te i cru'i..
Livre 1 L SeBion VL
M4
crue. Seraphn au livre det fimpla»
chapitre z8. nom rapporte le fen-
timent . de quelques autres Mede~
cins fur les vertm d’icelle ^qui n’y
dérobent point ce que la nature
luy a libéralement départy ,[ que j’o-
mettray pour n’ufer point de redi¬
te , ou le curieux pourra avoir re¬
cours. '
Pafhns a la fécondé rt^fon que
Zvvelfer allégué pour re'fett'er la
foye de notre tant .renommée Coà-
feélion Alkerrnes , parce ( dit-il )
qu’il y d une qualité maligne à
caufe des vers oU' papillons , qui
font pourris dedans , ce que dé¬
couvre la mauvaife fenteur de la
fiye, quand on la Cuit , & qu’on la
préparé , ainfi qu’il a diligemment
remarqué.
Notre Adverfaire a tiré ces pa¬
roles en partie du traitté de ia
Confeélion Alkerrnes de Laurens
Cathelan , & non d’ailleurs qui ne
P ajferont jamais pour texte d’ Evan¬
gile , que parmy les parejfeux de
nôtre Art , & l’autre partie il l’a
forgée dans fin imagination. Pen¬
dant qu’il, a voyage il a tres-mal
employ é fan tems , & n’a point ob-
fervé avec tranquillité d’eéfrit , ce
qu’il vient de’ dire , oit bien on ne
luy a point fiurny de' légitimés mé¬
moires , puis qu’il efi fort certain,
que la fiye des Coccons c'Cuds a la
façon que nous les employons efi la
vraye fiye crué,(& non le byjfus des
Anciens , comme quelques-uns fi
font perfuadês , ) que Mefué veut
& entend qu’on employé dans fis
ConfeSlions de Lapide Stellato, &
à’ Alkerrnes , & pour toutes les au-
res tompof tiens décrites par les
■Arabes,fuivant l’Annotation deCa-
fiaus au Commentaire qu’il a fait fir
la GnfeSlion Alkerrnes de Mefué
en ces mots , Hoc fumendum in Mt-
dicinà, ufum. Neque aùtem Sèrka
fila qua interdum fumi vidlinm
oppertuna fient , fed ipfimet fèllicu-
U deligendiprobatijfmi, nullumfaf-
fi artificium, detraèta externa & in¬
terna veluti aranea.
Et fur ce quel dit que lés vers
meurent dans les Coccons , & les
corrompent , avec fottfupport il im-
pofe a la vérité , & c'efi une mau-
vaife obfirvatioH qu’il a faite, s'il
av oit leu le vingt-huitième chapi¬
tre fus-allegué de Serapion , & le
trentëfiaiéme du troiz.iéme livre de
la matière medicale de Renou,pof-
fible aur oit-il changé d’opinioh ; vsi-
cy ce_que ce premier dit : Quandt
vermiculus texit Setam fuper fe , &
finit coopèrturam e]us quando di-
mittitur donéc perforât telam il-
lam '^& egreditur , inde deVenit ex
hoc 'habrifem & ‘Ken-, & quan¬
do dimittitur in Sole donec moritur
Vernis devenir inde Seta. Et ce
dernier dit aprez la même chofe,
quoy qu’il fait entaché dë l'er¬
reur de nôtre Adverfaire- que la.
fiye crue n’a point de vertu. Ceux
qui habitent les pais oit l’âft nour¬
rit' dès Vers 'à fiye , confirment ces
deux authorités depuis les plus
grands fufqkes auX pim petits cha¬
cun en ferait une véritable hifioi-
re , en mon particulier 'je l’ay ob-
fervê diverfis fois en ce pais qu’en
moins de neuf a dix jours aprez
que les^vers ont parachevé leurs-
Coccons , du même corps & de In
même fubflance du ver a fiye,fans
changer
Des EleBuaires mois.
chafiger de nature , fort un papil¬
lon divisé en mâle & femelle , qui
perce le fourreau , ou le Coccon dans
lequel il s‘ était enfermé, fins quil
sert enfuiv.e aucune mort ny pour¬
riture ; apreT^ fur un drap noir on
parie le mâle avec la femelle pour
les faire acoup Ier pour la produBien
de leur fimence & la confervatien
de leur effece , fans que pendant
le fejeur que le ver a foye fait
dans fin étuy ou Coccon U y laijfi
aucune tache de fis excremens ,ny
puanteur , qu’une fimple & déliée
dépoiiille , fius laquelle ilefi â re¬
marquer , fi on ouvre le Coccon
avant que le papillon fiit éclos,
on le . voit remuer comme à travers
un verre ., & l’en distingue par¬
faitement toutes les parties exté¬
rieures de fa derniere forme , & le
plus foHVent en fartant de fon Coc¬
con , il .emporte fa dépouille , bien
loin d'y .laiffir . aucune mauvaife
qualité, comme prefupofe nôtre .Ad-
verfaire , au contraire il leur refie
une. odeur agréable , qui a même la
faculté de corroborer le cerveau;
que s’il arrive , mais bien rare¬
ment , que par quelque infirmité
du ver , ou de quelque, caufe exter¬
ne quil meure dedans , fi le Cec-
ton eft taché, on le rejette , quil fiit
taché 0.U non , il na point de mau¬
vaife odeur.
Et fur ce que Zvvelfir dit de la
mauvaife qualité de la foye quand
on la fait chaufer dans l’eau , qui
ofi lorfque des Ceccons on la devui-
33 5
odeur-, fi ce fi ou des Coccons , ou
dss vers qui font dedans étoufés
par la chaleur de l’eau. Sans répli¬
qué , il ny a ml de ceux quifia-
vent comment cela fe fait , qui ne
dit que cette puanteur , ou quafité
maligne qu’il appelle, ne procédé que
des vers, parce qu’aprez. que les Coc¬
cons fin devuidés, les vers qui font
humides par leur pefanteur defeen-
dent au fonds de la chaudière , &
s’y corrompent , alors cette eau rend
une mauvaife odeur -, & ce qui en¬
core contribué â cela ,. . efi que les
ouvriers aprex. les .avoir tirés de
la chaudière les jettent contre leur
fourneau : Cette odeur efi a la vé¬
rité defagreable k ceux qui ne l’ont
point accoutumée & les autres la
fouffrent fans incommodité ; mais
quoy qu’il en fait cela ne fait rien
contre nôtre foye cru'é, parce que
nom n employons point celle qui a
été devuidée, comme il a été cy-de-
vant diti
En fuitte nôtre Adverjàire fait
voir l'extreme defir quil a d’ê¬
tre Juivy en fon opinion , pour fai¬
re rejetter la fiye\ ente de nôtre
ConfiBion Alkçrtnes, en difant qu’il
ne croit pas que l’opinion de Me-
fué ait été d’admettre en la Con-
feBion de cet EleBuaire fi exaBe-
rnent la fiye , Jî elle n’efi premiè¬
rement irnbué & teinte du\fuc des
grains du Kermes ; parce que fi
elle avait quelque vertu , elle l’ au¬
rait entièrement perdue en fis co-
Bions , lettons , & autres diverfis
de en échaveau, j’avouë que dans préparations ■; mais feulement que
^<s lieux oit l’on la tire il y fent peut - être -, il -fi firt de la fiye
peu mauvais , mais il faut fia-, lors quelle efi imbu 'é du fuc de Ker-
vùï d-’où procédé cette mmvaifi mes , peur puis âpre z. tirer la tem-
tura
3 Livre L
mre du Kermes de ladite foye , &
cela efi fi vrayfemblable , farce
que fans doute dans le -pays d'A¬
rabie ou il vivoit ,il navoit alors
point tout à fait de ce fuc , ny des
grains , ny du fruit de Kertnu , ou
bien pour le rnoins quil ne l'avàit
pas en fuffifante quantité ; mais nom
( dit-il.) avons afrea de ce fuc , &
beaucoup pim encores des grains du
Kermes , avec lefquels en tout pays
en teint la foye.
Four répondre au premier poinü
je diray que l'intention de Mefué
a été double en mettant la foye
crue dans ces Confebiions , & la
faifant imbiber dans le fuc du Ker¬
mes , pour puis apreK. l'infrifer par
vingt-quatre heures t & la cuire
dans le fuc de Pommes , &- l'eau
Rofe pour fa première intention , il
a voulu tirer par voye d'infufion
toute la fubfiance vertu du fuc
du Kermes avec le fuc de Pom¬
mes & l'eau Rofe : & fa féconde
intention a été à celle fin d’attirer
la vertu de la foye crue, tant par
l’aide de l’infufion , que principa¬
lement par celle - de la cobiion , &
puis par l'expreffion en feparer , &
entièrement attirer tout ce qui s’en
peut extraire par cette voye : Koi-
la l’intention brièvement expliquée
de Aîejué. JlPais encores diray-je
que je ne puis m'imaginer fur quoy
Zvvelfer fonde fon foible raifon-
nement pour une fécondé fois , que
fi la foye avait quelque vertu, elle
i’auroit entièrement perdue en ces
lotions , câblions , &c. ^sy qu’il
me femble y avoir cy-devant fufr-
fifamment répondu-, dr prouvé le
contraire par des bonnes authorités.
Seêiion VL
parce qu'il ufe de répétition , je
l'accompareray à certains eifrits
que lors qu'ils ont conceu quelque
fantaifie , bien quelle frit direble-
ment contraire à la vérité , il leur
efi impoffible de s'en defabufer,&
de s’empêcher de faire voir leur
erreur par écrit , tel efi notre Ad-
verfaire , qui pourra avoir leu ou
o 'ûir dire a quelqu'un que la foye
crue navoit aucune vertu en -mé¬
decine , fans confiderer que la na¬
ture n'a rien créé qui n'ait des qua¬
lités & vertus pour foulager l’hom¬
me dans fis langueurs , dr fans au¬
cune expérience , la force de fk con¬
ception le luy a fait repeter , oit U
auroh'été beaucoup plus avantageux
pour luy de fe taire que d'en par¬
ler fi fhuvent.
Par cette fécondé réponce je croy
de luy fermer la bouche , au moyen
de quelques exemples tirés des plut
vieux haillons du linge ,■ qui a les
bien confiderer dépuis leur origi¬
ne , on trouvera quils on pafsé par
un nombre infiny de lexives , &
autant de lotions , lefquels fuivant
le dire de notre Adverfaire , de-
vroient avoir entièrement perdu
toutes les vertus que le linge a ap¬
porté de fa plante ; mais au con¬
traire nous voyons le vieux linge
brûlé qu'il arrête le fang , q»t
la charpie deterge & confume lu
chairs fuperfLues des play es, & l‘(-
fprit qu’on tire du papier être ex¬
cellent pour les dertes. Apre'fees
trois exemples qui font fans répli¬
qué , confirmés par une longue fri¬
te d’experiences , dépuis plufiieiffs
fiecles, que notre Adverfaire efn-
ce de fin imagination , que lu na-
Des Eiedtu^es mois. 357
iHYt na point été rnaratre h U autrement , fi ce n‘efi,que fi Me-
foye crue & qtielle. ne Va pat re-
vêtu 'é de moins nobles qualités &
vertus pour la Médecine , quel¬
le Iny a donné de V éclat , & du
prix parmy les grands, entre les
chofes qui fervent pour l'ornement
du corps humain. Q^e quand mê¬
me elle auroit pafsé par les lotions,
■ collions , & autres préparations
imaginaires de Zvvelfer » qu’elle
n. auroit pas moins, cenfervé les bel¬
les qualités '& vertus quelle pofi-
fede de même que le linge. Mais
on me pourroit icy foutenir le men-
fonge par fon femblable , & di¬
re que h linge a emprunté tous
les effets fus-alkgués du fiel qui luy
a été communiqué des frequentes
lexives qu’il a fouffertes , fi les lo¬
tions qui ont fuivy apre^ na-
V oient emporté toute la faleure , &
.quand cela ne Juffiroit pas pour les
fatisfaire , je dis qu’il y a quanti¬
té de linge qui n’eft jamais pafi
sé par aucune lexive , comme le
■fin & délié , qui fait les mêmes ef¬
fets. l'en pourrois dire davanta¬
ge fur la faéture du papier pour
fatisfaire les hommes qui font rai-
fonnables j car pour les autres,
plus- on raifonne moins on les fia-
tisfait.
Et pour le fécond point , qui re¬
garde le peut être , qud dit que
Mefué a tâché de tirer la tein¬
ture de la Joye imbué du fuc du
Kermes , qu'il a ordonné de l’ex¬
traire ainfi , parce que fans dou¬
te , dans le pais d’ .Arabie oit il vi-
"^oit il n'avoit alors point tout â
fittt de ce fuc , ny des grains , &c.
tela'''ne mérité point "de , réponce.
fué neut eu à commandement le
fuc recent du Kermes , qu’il ne V au¬
roit jamais ordonné en ces termes
If. Seriei cr^ài fucco granorurntin-
élorum recenser tindsi tb/. U paroit
bien par cette fa^on de parler,
que Mefué n’étoit pas privé du fuc
de. Kermes recent , cfi qu’il Valait
en abondance.
Quant- au troix.iéme point il dit,
qu’il a aJfeX^ du fuc & beaucoup
plus de grains de Kermes avec,
lefquels on teint la fioye en tout
pais , voulant dire qu’il peut com¬
modément avec iceux faire un Sy-
rop , puis qu'on en teinêl la fioye,
fa confequenee efi mauvaife & tres-
pernicieufe -, fi fa curiofité l’eât per-
fiuadé à s’inBruire exaBement des
teinêluriers à foye il auroit appris
que la foye teinBe en cramoifi , fie
teinB avec la Cochenille , la ter¬
re Mérité, V Ar finie, & autres d,ro-
gues , &. les autres rouges fi font
avec le bois de Brefil , & autres.
Or ce ne fera pas ny de fon fuc
fec , non pim que de fa graine de
Kermes feiche , qu’on pourra fai¬
re un Syrop en tout pais, ny en¬
core moins d’en teindre la foye
fans emprunter l’aide de quelques
autres dro.gues , ainfi que les tei»-
Buriers pratiquent : & qu’il ap¬
prenne que le Kermes avec fon fuc
■defiiehés ne font employés que pour
teindre les draps de laines , com¬
me a remarqué fort a propos &
écrit de fa main le doBe & fia-
vant en Medecine P.Langier pe-
re , un des grands botaniques de fon
tems , dans le premier Lvre du
plantes rares de Clufitu que j’ay
V V en
3 38
e?2 n on fouvoir , au chapitre fit-
'jiiéme de Vllex coccigera en ces ter¬
mes , Graine d'efcarlate , & Cra-
rnoijy , ne different finon ^que celle-
là •va fur les laines feulement , &'^
cettuy-cy fur la foye : il' me ré¬
pondra fans doute, que fi on en teinEl
les draps les laines, quon en
pourra bien tirer la teinSlure pour
en faire un Syrop , ce que pavoiie
à la fa^oiî des teinüur'iers , en y
_ ajoutant des drogues étrangères de
notre Confeflion , qui ont des qua¬
lités. & vertui grandement contrai¬
res a 'icelle 5 comme il enfeigne
luy-meme en fin " prétendu magi-
Jtere , qu il veut tirer de la pelicu-
le du Kermes fiichée.par le moyen,
de.. l'equ, commune aiguisée de quel¬
ques gouttes de ' liqueur de Tartre,
& puis précipité la te'müure avec
l’eau d’Æum , pour fervir de ba-
fi'à fa nobilijfime Confié Elion Æ^er-
mes quil appelle dans fa Pharma¬
copée B-oyale mais que ne dirions-
nous point contre cette' doElrine,
fi:' le deffein que nous avons fiait
d’écrire fucçinElement ne notes dif-
penfoit de montrer au doigt tous
les defauts qui font en fa dite Con-
JvSion y que ’fobmets pour réfuter
fo'n magiEiere du EEermes, qui regar¬
de de pim prez. nôtre fujet. En
premier lieu ", il employé la partie
la moins noble du Kermes , comme
il a éfé cy-devant remarqué en la
ConfeElion de Hyacinthe -, fin pro¬
cédé nous fait conriottre iey fibien
qu ailleurs qu'il écrit indifféremment
des •chqfis tout ce qu’il s’imagine,
fans aucune expérience , comme d’a-
■voir la graine de Kermes fin
fisc en fin pouvoir , ainfi qu’il dit.
comme l’on parle
corps , c’efi à dire de-
prendre celle-là, au lieu de celuys
cy -, mais encor es que ne dirons-
nous pas d’entendre difiourir .ce
grand ChymiEie avec fin Latin em¬
prunté, on dirait qu’il poffe de tou-'
tes les plus belles lumières de la -
Chymie , fi les fautes quon décou'-
vr.e dans fin travail ne faifiient
voirie contraire. Quia 'jamais -00%
ny o 'ùi dire , de tirer un magi-
fiere d’une excreiffance vegetables
qui nefi ny gommeufi , ny mucila-i
gineufe , ny refineufe , telle que U
pelicule du Kermes. le veux bien
qu’il s’en tire une teinElure , mais
quen la précipitant comme il en-
fiigne , il s’en fepare me matiè¬
re en fort petite quantité , qu’a-
pres l’avoir fait fiieher , elle n’au¬
ra ny la couleur , ny l’odeur, ny
la faveur de la pelicule du Ker¬
mes , non pim que le magiEleri.
qu’on tire de fin fuc deffeiché de
la façon fufdite 5 l’un & l’autre
ainfi préparés font auffi infipideS .
qu’une terre morte , & entièrement
dèpo 'ùillés de leurs qualités G" ver^
tm : & au contraire leurs quaîi^
tés & vertus demeurent dans la
liqueur aprez. la précipitation faitfi
avec celles de la liqpeur de Tat-
tre & de l'Alum 3 de façon que 'je
puis hardiment conclurre , que^^ -
que Zvvelfer appelle MagiEiere,
efi d ipropreme-nt parler wne déféca¬
tion , ou feparation des impuretés
de la teinElure de la graine du
Kermes. Arriéré donques U'n tel
Médecin qui pour fatisfaire et' fa
pajfion veut pér.fuader les plus cre^
dules de compofir- un ^rop per-
Livre /; SeBion VL
&-.de préférer
l'ombre au
Des- EleBuaires mob, 5 3 9
mUitx de la forte , four en fai-
re me îneilleure Confe5iion en foh
pays &‘ ailleurs , ou la drogua la
pim excellenta d'icelle j manquent,
que celle que nom leur envoyons
de Montpe lier, qui efi la terre com¬
me natale de la JUedecine où tout
y abonde , notamment la bafe de cet
£le£luaire.
Zvvelfir aprez. s' être inutile¬
ment lafsé fans fondement ny rai-
fen , comme nom avons, cy-devant
dit , pour bannir la .foye crue de
la ConfeBion Alkermes ; de quel¬
les raifons qu.il. ait feu. fe fervir,
fay droit non pas. de dire de luy\
ce qu'il a dit de Laurens Cathei-
Un , que fin difiours n'efi. que Mai-
ferie, mais que fin autherité ne fau-
roit prévaloir fur celles de Mefiiê,
d'. Avicenne, de Nicoiam Myrepfiu,
de Valeriui Cor dus , ^ autres que
la poTlerité honorera à jamais-, qui
font entrer la fiye crue dans leurs
plus célébrés compofitions cordiales.
Plus Zvvelfer s'attache a nô¬
tre ConfeBion , plus U s'y embar-
rajfe ,Ü dit , que pour fondre i' Am¬
bre gris on : y petit ajouter quel¬
ques gouttes d’huile de Canelle ,
Rofat , ou tel autre. Il efi fort
peu prévoyant pour un homme qui
a exercé la Pharmacie d'elf ace de
feize années entières , ainfi qu'il
dit en l'epitre de fin Appendix:
de plus encores , aprez. avoir en-
fiigné la Chymie en Italie , de ne
eonfderer pas , que de mettre fur
quel degré de feu que ce fui , Vhui-
le , de Canelle . avec l'Ambre gris
pour le liquéfier , que les pim jpiri-
fueufes parties de lun & de l’au-
^^e s' évanouir oient en l'air , & la
ÇonfeBiqn en ferait moindre : li¬
quéfier . l’Ambre gris hvee l’huile
Rojat ", ne ferait pas moins ridicu¬
le & inouy , de fie fervir. d’un hui¬
le. qui ne convient, point pour pren¬
dre intérieurement ; hormis qu'il
■voulut entendre , comme \e> veux
croire , de celuy qu'on extrait des
Rofes par l'art du feu , qui efi.
beadcoup plus rare que l'Ambre
grisjmême , & .lie ..convient non
plus .à cette liquefiâBion. que ..les
precedents pour être d'une ..fub-
ftance. trop tenujè & ^fubtile qui
s'envolerait de même avec lesiplus
Jpiritueufes parties- de l'Ambre gris-,
que. s'il a tant de paffion pour le
le liquéfier , qu'il fuive l’intention
de-Mefué., &■ qu'il le fa fi fon¬
dre dans le Syrop , comme quel¬
ques-uns pratiquent : il . le firoit
fans doute , fi Cathelan ne l'avoit
intimidé , quand il a dit dans fin
traitté de la ConfeBion - Alkermes,
qu'il ny a que Iny qui le fâche bien
fondre , & qu’Ü ejt extrêmement
difficile a le fçavoir mêler , atifi
efi-il d ceux qui ne connqifint pas
la nature de l’Ambre gris &' cel¬
le du Syrop , n’en ■ déplaife d Cathe¬
lan , il a eu des Collègues qui l’en-
tendoient pour le. moinss au£i bien
que luy . fans ofincer fa' mémoire •
fi ces paroles ont fait quelque im-
prejfion dans l’eîprit de- Zvvel¬
fer , & quelles luy ayent donné
de Happreherifion , il n'a qu’a le
mettre en poudre , ce qu'il fera, fa¬
cilement ,&fe divifera en des-.par-
ties- beaucoup-plus fubtiles , qu'on
ne fçauKoit , jamais faire , de quel¬
le façon qu’on le liquéfié dans-, le
Syrop , fans craindre qu’il fe gru-
V r Z méle-p
540 Livre î.
■mêle ; & de la forte il eonferve-
ra fans comfaraifon mieux fes ver¬
tus quen le liqtiefant la di-
firihution s'en fera dans nos corps
par l'aide de ■ la chaleur naturel¬
le plus effcacement j car cette par¬
tie la plus fuhtUe qui embaume
Vaiv en le liquefia-rit , celle-là mê¬
me reBamera toutes les facultés,
tant animales , vitales , que natu¬
relles , comme les plus aériennes el¬
les s'évaporent les premières , &
n'y refîe puis aprez,- que les par¬
ties crajfes & pefantes. De dire
quen foudre il neft pas fi péné¬
trant à l'odorat , & que partant
la ConfeQion en fera moindre , l'ex-
perience fait voir le contraire ; fi
on fait chauffer la Confeéiion Al-
kermes diffoute dans quelque liqueur,
elle rendra pour lors une odeur in-,
comparablement plus fuave , par¬
ce que l'ambre gris contient tous
SeBïon VL
fes eéfrits , au contraire de celle ou
il aura été liquifié. le n'ay rien dit
qui ne foit aujfi véritable , qu'il , .
efi aisé de le vérifier -, l' expérience
rendra un chacun fçavant qui en
voudra prendre la peine.
l'ay laifsé d'autres petites cho-
fes à relever fur l'Animadverfion
de Zvvelfer , comme je fsray en- ■
cor es fur fon Appendix , parce que
fan premier période efi un abbregéy
de redites ,ou il a été fuffifamment
répondu : & quant au fécond &
dernier période , quoy que fes rai-
fons foient paffablement bonnes , la
réponfe que j'y pourrais faire ferait
fant difficulté foùtenable , tant par
l'experience que par l'authorité , fi
mon déffein n'étoit de finir cette
réponfe qui n'a été que trop longue,
pour reprendre la fùitte des com-
pofitions de ^Autheur de cette Ba-
raphrafe.
Des EleBuaires mois.
Eleduarium fcn Opiata Salomonis , D. louberti.
Corticts- Citri Sac-
tu
i»
in
in
in
; in
charo cond.
l'pmplo.
dttplo.
quddrH-
fextu-
oHuplo.
■■ decuplo.
1 duode-
Saechari folidi fulve-
1
Ipk.
plo.
1
Kuplo.
rifati ,
Confervd Rofarum ru-
ana.
1'^%-
Ixvj.
'^xxxij.
^xlviij
llxiii}.
Ixcv).
trarm.
i
Jcetofü ,
ConfcrvA Buglojft, &
ma.
liiij.
Iviij.
fxij.
Ixvj.
i*-
’^xxiiij.
Helenij,
ma.
!/•
liiq.
Iviij.
%xij.
Mithridatij veteris,
ConfervA fiarum Rorif-
3^i-
^xÿ.
mmm ,
ana.
^xxiiÿ.
^xxxvj.
“^xlvitj.
L.
Zlx.
^Ixxij.
Seminum contra Ver-
Or
met CT
Citri mmdati
Cinnmomi, &
ana.
§«•
y-
14
Inq.
14-
Oirytfhyllorum,
Radie. DiBamni albi
ana.
3î/'
5»ÿ-
^Viij.
^xij.
^xvj.
'zxx^
^XXiii/.
Seminis Cardui benedi-
m y& j
Corticii G tri Jiecï ,
Ligné Alo 'és ,
Grdamomi minoris.
ana.
3»f?.
5*V-
3î/j.
lix.
^xq.
'^xv.
^XViij,
Macii y
Radie. Gentian&y &
Rafura Grnu Cerui , j
Grana Jmiperi in Ace-
ana.
3i-
5h’
^iiq. j
34'
m j
ZX.
Zxq-
to Scillitico per m-
Lteminfufa,
n.
XXV.
n.k..
na. .
n.el. .
fl. cc.
n.ccl.
n.ccc.
Ryrup Acetojitatü Ci-
j
j
tri y vel Limonum
1
. j
^Hantum fuffeit.
louant.
quant. ' quant. '*
•quant, quant.
quant.
quant-
fhffic..
Fiat Opiata.
J
Cuffic. fuffic. fitffc. fuÆc, fuffic. Jfuffic.
Tu 3
3 42- -Livre l
PARAPHRASE.
CEt Eleduaire ou 0.piace , a
pris le nom de fon inventeur , à
nous incertain 3 ainfl nommé excel¬
lent Médecin , à ce qu on peut col¬
liger de cette dèfciiption , méthodi¬
quement coitipofée iî c’eft celuy
qui a compoféla poudre DiajreoSj ou
un autre, je ne- le puis alEeurer. le
Tay empruntée de la Pharmacopée
de M. loub'ert , pour' ce qu'en nul
autre Aucheur elle ne le trouve. La
b'alè eft l’écorce de citron confite,
& feiche, & la lèmence ; fà vertu
alexifaire eft: augmentée par le Mi-
rhridat , conferve d’Enule Gampa-
ne /& deBuglofiè, os 'de cœur de
Cerf, Gentiane , Cardamome , Di-
dfâm ," femence contre les vers , &c
de Chardon bénit. Le Macis , Ca-
ncllé , Gerofles, & bois d’Aloës y
font mis pour 'fortifier les vilceres,
&incifer, atténuer , &deterger les
matierès'craffés, & vifqueufès, que
la graine de genevre conduit par la
voye de l’urine. La Cônferye de ro-
fès', fortifie le ventricule par fà lé¬
gère adftriétiod. Laconlèrved’ozeil-
le , & Syrop de limons ou de ci¬
trons ,' avec le fùccrè ■ eorrigent leur
chaleur j -réiident leur aélion meilleu¬
re , donnent la forme & confèrvenfc
leur vertu.
LE MELANGE.
L’os de cœur de Cerfiimé, fepul-
verifera facilement avec le bois d’A¬
loës concallé , les racines de Gen¬
tiane , Diétam , de chardon bénit , la
Cànelle , écorce de citron , gerofle.
SeBion V L
femences de genevre ; de Citron, '
contre les vers , Cardamome & Ma¬
cis , le tout fùbtilement pulverifé,
& tamifé fera ajouté aux confetves
d’Enule Campane , & écorces de
Citron confites & battues en un
mortier de marbre à part : puis on y
ajoutera le Mithridat , les autres
confier ves , & fuccre pulverifé à
part. Aprez on y ajoutera. du Sy¬
rop ,. telle quantité qu’on verr»
être neceflàirc pour luy donner
corps , & çonferver le tout , pour
s’en fèrvir en temps de pefte, & con¬
tre les, vers & pourriture des
humeurs. -ÿ;,
LES FAcrLTEZ:^
Elle convient aux maladies pefti-^.
lentes &c contagieulès , conoborë
les parties nobles , chafre lapourrK
ture , tuë les vers , allégé les nau-
fées & envies de vomir , & fortifié
ceux qui font foibles de quelque cau-
fe que ce foie. "
REMARQ.VE.
C'^Omme i'Op^ate Salomonù efi'
^ort ujitée a Montpelier,& qM
sy en débité beaucoup pour envoyer
dehors , 'fay doublé jufques a doute
fois la defeription , mur les raifi'nf
cy-devant dites : ér parce qu il rna‘
femblé y avoir quelque chofe à redi¬
re fur les dofes de certains infre-^
diens, quil f avoitplui'd'appare^'
ce quelles avoient été dépravées. f
que réglées de la forte pdrfon inven¬
teur , je les ayajuftées mife^'
en meilleur ordre , fans neantmmy
avoir en rien dérogé aux qualitit.'
Des Ele Suaire s mois, 343
vertus de ladite comfofition , &
enfajfant , l‘Artifie fera adverty
quilnen pretende canfe.d'ig-
neranee pefera les ingre-
diens de ne faire la livre que. de
dûuz.e onces, & non de feiz.e, com¬
me, laplui grand partie ont accou¬
tumé de faire , la demy livre , le
quart, & le demy quart à proportion',
cefl ainfi qu’il le faut pratiquer , en
qtte compofition & en toute autre,
à moins que. par exprez. l‘Autheur
s’enfut expliqué. Vay voulu donner
cét avis fçachant de la fa^on que
beaucoup s’en acquirent , les uns
feignent de fçavoir quel efi nôtre
poids de Médecine , les autres l’ig¬
norent. tout à fait , J & voila de la
forte , comme le public efi trompé,
particulièrement en cette compofi-
tion , ainfi que ’fay remarqué che^
quelques avares & cupides , &
en . d’autres rencontres plus im-
pPKtans.
Bauderon & DurenoU difenf
avoir emprunté cette defcription de
la Pharmacopée de loubert , & pro¬
ie fient ne V 'avoir trouvée ailleurs,^!'
fi bien ils ayent obfervé les defes des
ingrédient pour la moitié de la dite
defcription, ils ont pourtant omis à
defein ou autrement la préparation
du Semencontra , que loubert de¬
mande en propres termes , Seminis
contra praparati , fans neanmoins
expliquer la préparation d’iceluy.
Amatus Lufitanus le préparé de
la forte : aprez l’avoir bien mondé &
netfoye de toute forte d’ordures-, il:.
deu.Y ou trois heures durant .
dans du fort vinaigre , aprez le
"ncrfe, par inclination , & fait fei- .
f er la fernence.: yefiime que, quand
on le préparera de la forte, qu’il nen
fera que mieux , ou bien au lieu du
■ vinaigre , qu'on le fera infufer dans
du fuc de limon'depuré , qu’il fera
deuément préparé.
Ceux-là font à réprendre qui au
lieu de mettre le fuccŸe dans, la pou¬
dre ignorent l’intention de l’Au-
theur , augmentent la dofe- de beau¬
coup , & le cuifent avec l'eau com¬
mune en Syrop , pour en incorporer
la poudre , & cr’oyent 'que le Syrop
de Limon y efi mis tant feulement
pour en humeSler l’écorce de Citron
afin quelle fe puijfe mieux piler &
pajfer par le tamis renverfé avec les
Conferves , puis mêlent le tout en-
fiemble. ^ ' •
Ceux-cy doivent être tresfièvere-
ment repris, qui au lieu de l’écorce
de Citron confite au fitccre & au
fec ., y fubfiituent par une avarice
detefiable les écorces de Lirnon con¬
fites au liquide le plus fouuent au
miel ; Et que dirons'- noufi' ie ceux-
là' que la même avarice les porte
aüffi , au lieufie la dite écorce de
Citron, d’y mettre des Noix c on fi-, ^
tes au miel : à la vérité & les uns
& les autres devr oient être punis &
fequefirez delafocieté des hommes,
comme on a veu autrefois pour-: de
femblables Jujets , ainfi que rappor¬
tent Saladin, & Nppolaifs.Prapofitm
au premier chapitre (des conditions
que l'Apothicaire doit avoir ) dans
foh Dïfienfaire,
Le modus faciendi de Bauderon
doit être obfervé. . '
Ele
144
Livre 1. SeBion VL
Elcduarium de Baccis Lauri,
D. Rhafis.
y:,. FoUorum Rut et Jîccorum, drach.
decem.
Sagapeni, drach. quatuor.
Opopànacü, drach. trcs.
Caflorei ,
Baccarum Lauri ,
Acori vert,
Seminum Ameos.
Cymini,
Leviflici , '
NigelU Romana , ’
Carui ,
Alexandrini ,
Dauci Cretici ,
Piperii'mgri , &
Longi ,
Arftygdalarum amararum.
Orïgani ,
JiLeuïaflri ,fing. drach. duae.
BFeéis deffumati & coSti omnium
par pondue j fiat ex arte EleStua-
rium. Dofis erit Nucis Avella-
net infiar , cum deco6io conve-
nienti.
P ARAPHRASE.
CEt Eleânaire a pris le nom des ,
Bayes de Laurier , lequel eft dé¬
crit par fôn Autheur Rhafis auneuf-
viéme livre', qu il a dédié au Roy des
Perfes Almanîor Ion Mecenas , cha¬
pitre 7i. La baie les fueilles de Rue
îèiches miles au commencement.
Leur faculté incifive , attenuatiye , &
confbmptive des vents , qui s'engen¬
drent en nos corps , par relolution du
phiegme yifqueux retenu'au ventricu¬
le, & inteftins , eft augmentée par le
Caftor, femences. Bayes de Laurierj&
herbes : les gommes & amandes
amercs y font mifes pour detergcr tel
phiegme : le Poiyre , & Acore , forti¬
fient le ventricule , & tous les vifoc-
res : le miel deterge , donne la faveur,
rend l'aéfion meilleure , conferve le
tout. Ceux qui contre l’intentionde
Ibn autheur doubleront ou tripleront
la dolè du miel , feront un Eleéliiaire
plus foiblc : car la force ne provient
pas du miel , mais des autres ingre-
diens.
LE MELANGE.
Les Gommes, & le Caftor icy mis.
en petite quantité incifées par petits
morceaux , facilement fe pulverife-
ront avec tons les autres ingrediens
coneallèz enfcmble. Icy n’ett befoin
de tant fubtilifer les poudres, que pour
plufieurs autres Eleétuaires , pour les
raifbns déclarées au cqmmencement
de la quatrième Sedion. Au miel écu-
mé, & cuit, pefé, & encore chaud (la
balîîne ôtée de delfus le feu)' on y mê¬
lera peu à peu les poudres : puis le
tout fera gardé au befoin. La dofe eft
de la groflèur d’une avellaine,avcc une
once de vin vieil & tiède , on une dc-
codion incifive, atténuative du phieg¬
me & confomptive des vents.
LES FACVLTEZ.
Il eft profitable à la colique & ü*
liaque palIîon,aux douleurs des in¬
teftins procedans de crudité , Sc de
vent , aux borborigmes & murmures
du ventre, & à ceux qui font des rods
Des Elecîùaires mols> 545-
remarqve.
CEt EleBuaire- efi décrit par
Rhafis au chap.j 2 . de colica &
illiaca pajfioae , iiu neufviéme livre
fm allégué de la pratique de loan-
nes de Tornamira ]adù célébré Chan¬
celier en'l'Vhiverfité de Medecine
de Montpelier, & non au-.j i . comme
Bauderon le cite.
Il efi aujfi à remarquer que dans
la defcription de l'Authettr de
la Paraphrafe , il s'jt trouve une
faute confiderable , fur ce quil
mue fait lire Carui avec cette ad¬
dition Alexandrini , quil prend
pour m feul fimple , & neantmoins
en ce rencontre , ils en fignifient
deux & en fritte Petrofelini. laco-
buiManlim en fon Luminare md]m,
& quelques autres nous font voir
l'erreur être double , parce ejuen li-
fant fmplement Alexandri ouAle-
xandrini , U vaut autant que fi
nom lifions avec les Interprétés de
Rhafis Serninis Alexandrini , qui efi
lafemence de l’herbe d'Alexandre
que JlSatthiole appelle Smyrnion,
a caufe que la femence a la faveur
de la Myrrhe , d'autres Apium
Macedonicum , dfc. Et Cari ou
Carui , comme chacun fait , efi la
femence non pas des Carotes , cern-
difent les Moines en leur
Commentaire fur Mefué j mais
dune plante qui rejfemble au Pa-
ftinaca fylvefiris. La meilleure
"Vient de La région de Carie , d'où
quelques-uns efiiment quelle a pris
ff dénomination & Bauderon ne
étant point apperceu de ce Syno-
ttme a creu que le mot d' Alexandri
ou Alexandrini , avoit été ajoûtf
par excellence , a celuy de Carui, &
ainfi il a retenu deux noms dans fa
defcription qui fignifient le Carui
d' Alexand'rie , & a été frivy de
quantité d'autres^ utheurs Phar-
rnacographes , d quoy l'Arti^e doit
prendre garde, l’ay remis la defcrip¬
tion en fon entier frivant Rhafis.
Des Bayes de Laurier , il nen
faut prendre que l'écyrce , comme
notu avons cy-devant dit en la, Re¬
marque de la Thériaque Diataf-
faron. ,
Dans cette compofition & généra¬
lement en toute autre , tant interne,
qu'externe, il faut mettre les gemmes
en poudre avec les autres ingre-,
diens, parce qu'en les diffolvant danr
le vin les parties les plus frbtiles d'i¬
celles s'évaporent , & diminuent
beaucoup de leur vertu.
Cy-devatit p ne m'étois point ap,-
perceu que Rhafis ne demande qu au¬
tant pefant de miel qu'il y a de pou¬
dres pour donner la forme d cet Ele-
Ituaire j )e dis qu’on ne le f aurait
garder en forme liquide ., comme les
autres \ fi on ne triple le miel,çfi pour
lors , il faudra augmenter la dofe fui-
vant que le mal le requerra.
Confedio Anacardinaj D.McC
y:. Tiperis pigri , &
Longi ,
Myrobalanor. Cepulartm^
Embliçarum , -
Bellericarum ,
Jnddntm ,
lunde bedufier, id efi,Cafiorei ,fing.
drach. duos ,
Cy
XX
3 4^ L
Cyperi., drAch. quatuor. ,
■Cofii Qindidi ex Arabia y
■^At}acardij , ■
Zuchari , fin Sac'chari %tbqrzet ,
id efiyoptimi ,
Burungi , vel Berungi cum Avi-
cennu , -
Baccarum- Lâuri , finguL. drachm.
Butyri vaceini , &
Mellii defiumati, utriufij. pares por-
tiones, vel mriufque uncias quin-
que & fimijfem.
Scholia fuper Burungi,
Ber Burungi , vel Berungi , qnid
intelligat Me filé non efi' faci¬
le judicare ; quandoquidem non
conveniunt Authores. Alij Cu-
bebas : alij femen Eruca : alij
Melanthiij ; alij Melijfa ejfe
'■■■■ autumant r utrurn borum fumât
Pharmacopaus y partim refert,
quod fingula caleant tertio ordi-
ne , & titulo affeUibsfi enunciatis
quàdrent.
BARAPHRASE.
MEfîié décrit eecte Confe(3:ion>
ou Elediiairc Anacardine ». à
la fin de la lèconde partie j de la pre¬
mière diftindion , laquelle il a em¬
pruntée de mot à mot d'Avicenne li¬
vre .£im. i. traitré i. hormis qu'il
ne fait mention des Myrobalans Ce-
pnles. La bafe font les Anacardes ,
dont cet Eleduaire a pris Ibn appel¬
lation : leur vertu incifive & atténua¬
tive du phlegme cras , épais retenu au
cerveau» ventricule & inteftins ^eft
augmentée par le Cofliis » Caftor »
SeBion VL
Burungi , ou la femence de Melan-
thium , ou de Melillè : la ednfomp-
tive de la matière flatulente, eft aug¬
mentée par le Poivre , & Bayes Je
Laurier : la deterfive par le fccere,
& miel : le Cypere & Myrobalans
y font mis pour corroborer les vifee-
res par leur aftridion , & reprimer
la tenuité de la bafe , & des autres
mcdicaraens chauds : le Beurre pour
addoucir, & corriger l’âprété & ficci^é
de toute la compofition. Ainll donc
bien accompagnée de corredifon ne
doit pas craindre qu’elle caufe, fiè¬
vres ephemeres , ou hediques, ou pu¬
trides : pourveu qu'on n'excede trois
drachmes pour chacune prife.
LE MELANGE.
Il faut premièrement eoncaircr le
Cypere , & Coftus : puis on y ajou¬
tera le Caftor,leslèmences,& Myro¬
balans qu'on pulverilêra enfemble.
A part il feut piler les Anacardes
mondez de leur écorce, & le fuccre,
puis mêler le tout, cela fait , on pren¬
dra la quantité requilè de miel blanc
& écume, auquel on ajoutera fenibla-
ble poids de beurre frais , & non falc,
& bien purifié : puis la bailine otee
de defliis le feu , on y ajoutera peu a
peu les poudres. Les Anacardes ont
pris leur nom de la fîmilitude qu'ils
ont au cœur d’vn oyfcau , fort fecs
pour être apportez de loing , comme
de Cananor,CaleciiC,Carobaya,& Dç"
cam, pays des Indes Orientales, parla
navigation des Portugais , & Elpag"
trois. On nous en apporte auffi de la
Poüille, & Sicile. La partie principa¬
le d'iceux confifte en une liqueur Re-
fineufe, qui eû entre les deux écorces.
^ ■ Ceux
Eïeâuairej Tfi'ols, 3.47
Ceux qui auront moyen de recouvrei;
des Anacardes reçens , ou voudronc
prendre la peine de les concafler ,
tremper en eau , les boiiillir, & amaf-
fer eequi nage par defliis , & y met¬
tre telle liqueur^ leur Confcdlion'aura
plus de force, qu'étant faite avec les
noyaux, qui ne iont chauds au fécond
degré complet. L’Antidote des Ana¬
cardes , c eft le laid de Vache , du
l’huile de noix, beu aprez, fi on trou-
voit par expérience qu’ils fuifent vé¬
néneux, comme quelques-uns l’alFeu-
rent : de moy j’en doute.
LES F ACVLTE Z.
Il eft propre aux indifpofitions
froides de tout le ventre inferieur , ôc
du cerveau , purifie le fàng, & par ce
moyen l’efprit animal en 'étant plus
pur & fiibtil , rend tous les fins, l’i¬
magination, l’intelled, &c la mémoi¬
re plus vifs , fortifie ôc donne un bon
teint à tout le corps.
on leur donne diverfes interpréta¬
tions que .je pajferajt fans m'y arrê¬
ter que fur celuy_ de Berungi , pour
lequel il faut entendre l'Ocymura
aquaticum & rejetter toutes les au¬
tres expliquations quon leur donne,
comme contraires a l'intention d'A¬
vicenne , inventeur de cette com-
pofîtion , qui en décrit les vertus en
fon livre i. chap. lo y. fout le mm
de Bedarungi qui efi la plante quon
appelle Irinut , ou Ocymum aquati¬
cum Matthioli.
Mefué & autres défendent l'ufa-
ge de la CenfeHion Anacardine
avant fix mois , d caufe de l'acrimo¬
nie & malignité des; Anacardes,
quils y employent fans préparation:
peur abbreger ce temps ^ éviter
tels inconveniens , il efi d propos de
les préparer , comme pratiquent
Mejfieurs les Médecins d' Au fiqur g
en leur Pharmacopée , & par ce
moyen l'ufage en fera plutôt permis
fans aucun danger.
REMARQ.VE.
LEs Interprètes des Arabes ne
font pas toujours conformes in
la traduHion de certains mots, com¬
me nous voyons bien fouvent dans
quelques deferiptions des compofi-
tions qui leur appartiennent , par
exemple dans la ConfeHion Anacar¬
dine le mot de Burungi, vel Berungi,
que^ nôtre Paraphrase a retenu fe
trouve altéré ou changé' dans d'au¬
tres Pharmacopées en Bederugi , Be-
derongi, Buderongi , Bederingi , Be-
nngi , Berongi , & Bodaringi , tous
lefquels mots ne devraient fignifîer
qnün même fimple , & neanmoins^
Micleta, D. NicoI.Alcxand.
Myrobalanor. pitre arum,
Indarum , &
Cepularum ,
Séminis Cardami , id efi , Nafiurcq,
fing.drach.duai'&femijé.
Myrobalanor. B'ellericarum,&
Emblicarum,vtriufq. drachm.
duos.
Semînum Cyrnini ,
Anifi,'
' Ameos ,
Carui ,&
F&ntculi ,fîng.drach. unam
feniffi.
Xx 2 My
Xx 2
348 Livre L
MyrobàUni ab ojjjbus purgat^ Jh-
'■ pertegulam’/hjel batiHum ckndens
ajfentur , & Jimul pulverifentur.
Reliqua ajpergantur Aceto & hu-
meStentur per ni)£hem : mane ex-
ficcentur , &. ajfenUir^ donec vi-
deantur denigrdri , mod,o non
urantur. Tandem pulverifentur,
& mifceàntur Myrebalanis &
pulveri fequenti,
^.Spodij,
Balaufiiornm ,
Smmch ,
Maftiches ( hu‘]m meminit Myrep-
fm)&
Gimmi uirahici , fing. drach, matn
& gran: xv.
Fricentur omnia Oleo Rofato , &
excipiantnr Syrupo jÇfyrthino ,
ujhi reponantur.
F ARAP HRASE.
SAlerniranus a empranté cette
defcription de '■ 'N icolaus Myrep-
fiis Altxanddnns au premier des
Antidotes chapitre aco. laquelle
pour être dépravée , nous ne l’a¬
vons pas voulu Itiivre- Micleta lig¬
nifie lèlon Salernitanus meme > ex¬
périmentée au flux démefiiré du
flege , &c Hemorrhoides , la cau-
fe auparavant- ôtée. La bafe font
les* Myrobalans i la vertu purgati¬
ve delqtiels eft ôtée par l’allàtion
ou torrefiiétion : ' leur adftriétion
icy requife , effc augmentée par le
Spode a Sumach i Bàlauftes , Ma-
ftich , & gomme Arabique. Les
ièmenccs y font mifes pour inci-
fer , atténuer le phlegmc épais ,
qui aux inteftins retient la bile , &
la conduit par la voye de hirine.
Seüion VL
& pour confiimer les vents. loint
qu’elles acquièrent une tenuité
plus grande ,, par leur infurion
au vinaigre , & torrefaftion , afin
de faire penetrer la craiîitie des
Myrobalans , &c medicamens ad-
ftringents. L’huile rolàt y eft itds
pour corriger l’àpreté, ficcité, &
l’empyreume , tant de la bafe , que
fèmences , acquilè par l’alfadon:
le Syrop Myrthin mis au triple du
tout donne la forme i rend l’aétion
meilleure- , augmente l’aftriébion
des autres , & conlèrve le tout au
belbin,
LE MELANGE.
Il faut premièrement infufer toutes
les lèmences , une nuiét entière avec
peu de vinaigre ; puis le lendemain
les torrifier mifes en forme de pâte
fiir une tuile , ou pelle à feu cliaudej
en les remuant avec une Ipatule
jufqu’à ce qu’elles commencent à
noircir, aprez on les pilera, les Myrb-
balans fèparezde leurs os, foontde
même torrifiez , pulverilèz , &c mê¬
lez avec les fèmences , & poudres de
Sumach , & de Balauftes enfemble
Eilvcrifez : comme à part le feront
Sjpode, Maftich, & gomme Arabi¬
que. Cela fait, étant mifes au mor¬
tier , on y ajoutera l’huile rolàt , pour
les frotter long' temps, avec le pilon,
ou entre les deux mains : apres on pe-
fèra trois fois autant de Syrop Myr¬
thin, qu’on chauffera , pour peu àpeu
y ajouter les poudres , & le tout gar¬
der en fon pot , au temps de la ne-
ceffité.
LES
D&s Tablettes oti EleBuair&s folidùs. 349
les eacvltez.
Elle convient 3 à caufe de ion ad-
ftridion > à toute forte de flux de
ventre & des heraorrhoydes , & aux
inflammations des inteflins.
remarque.
compojïtion de Micleta
jefi de NicoLans Alexandrinus,
chapitre 62,6. & non de Salernita-
nus , ny de JlLyrepJus ; fi elle efi
diverfement décrite dans les Difi-
penfaires , cette différence procédé
de ce que les ms l’ont tirée de
Nicolaus Myrepfus , & les autres
de Nicolaus Salernitanus.
Avant terrifier les Myrobalans,
il les faut piler greffier ement &
prendre garde en les terrifiant quils
ne brûlent : les fiemences fieront tant
fiulentent arreusées & non infu¬
sées avec du fart vinaigre & Jeu-
vent remuées afin quelles [oient pé¬
nétrées de tous cotés , & pendant
qu elles feront fur le feu , il faut te¬
nir l’œil que la couleur ne fe chan¬
ge point 3 car fi ellefe change , c’efi
une marque certaine que le feu les
altéré. Faut auffi tres-exaâenient
ohferver avant que fiotter les in-
grediens avec l’huile Rofat quils
[oient en poudre groffiere , & de
n’y mettre pas beaucoup d’huile ; il
faut qu’il y feulement
pour humcBer tant [oit peu leur
grande ficcité pour ernpecher qu’ils
n‘ adhèrent^ point ny d l’eftomachy
ny aux inieSiinsy que fi on y en met
pus qu’il fig lEleBuaire ne
fira pas tout l’effet qu an luy (Utri.
hué 3 au contraire au lieu de re-
ftreindre , il lubrifiera & maintien¬
dra, le, flux de ventre. ■
•'■m- ’î^- 4- -ss-j-
SECTION VII.
De Tahellis in genere.
I bien il fomble que rAutheiir
Wi.i de la Paraphrafo n’ait rien obmis
pour rornement de fa Pharmaco¬
pée 3 afin de la rendre plus iiniver-
ièlle par 1 aflèmblage qu’il y a fait
d’un grand, npmbre de compofitiohs,
qui excede preique toutes les au¬
tres , &c que parmy icelles il y err
ait beaucoup qui font inutiles à nô¬
tre égard , il l’a laiisée neantmoins
defedbueufe de quelques autres com-
poiîtions 3 lefquelles fans doute de'
fon teins n’étoient pas d’ufàge iî fre¬
quent qu’à prefent 3 ce qui rri’a obli¬
gé de les y ajouter 3 comme font le
luccre Rofat » le foccrc d’Alchæa 3 les
Tablettes d’Alkermes3avec lelquellcs
j’ay joint les foivantes que'j’ay ti¬
rées de l’endroit ou Baiideron les
avoit placées pour en faire une Se-
élion particulière qui font le Manus
Chrifti perlata ; & bien que kde foc-
coRofarum, le,Diacarthami3Ôc le de
Citro folutif 3 foient d’un ufage3 &
de vertus 3 bien differentes des au¬
tres 3 à raifon de leurs effets 3 je les
ay mis en la meme Seélion , & logé
entre les Eleétuaires mois ,& les pur¬
gatifs, comme l’endroit qui m’afem-
bïé le plus propre..
Xx 5
Saedu
350
Livre L Se^ion VH.
Saccharutn Rofatum.
Sacchari albijjîmi , une. fex-
decim.
Aqus Rofarum 'eptim& , une. fex.
Quantité d'Autheurs ont négligé
d'inferer dans leurs Pharmacopées
notre .fuccre Rofat,pokr nétrt com¬
posé que de deux ingrediens , qui
efi. la cAufe , comme je crôy en par¬
tie , que certains de parmy nous,
portés de peu de çharité pour leur
prochain , en ont grandement abu¬
sé , eé}" en abufent tous les purs en
le. compofant , ce qui m"a émeu
avec fin ufage , qui efi fort fre¬
quent d'ajouter cette formule dans
ce Diéfenfaire ,'pour tâcher de ra¬
mener les dévoyés , bien que de
quelle fa^on qu’on y procédé , ce fe¬
ra toupurs un remede de petite ver¬
tu, dont le mélange fera tel j Qu’on
prendra fiizx onces de fuccre fin
dr bien fie en poudre , avec fix ou
Sept onces pour le plus de bonne eau
Rofe effincifiée , p' n’entend point
de celle qui efi tirée des Rofes fer¬
mentées , mais de celle qui efi ar-
tiSie'ment tirée avec l’ejfence par
le refigeratoire , aprez, on les fera
cuire enfimble fur un petit feu, fufi
ques à. la première cuite de fuccre
Rofat ic’efi â dire que de feiz.e on¬
ces de fitecre , il y en- doit avoir
dix-huit onces en tablettes , & dans
ces deux onces d’augmçnt , c’efi là
où gtt toute la vertu de l’edu Rofe,
qui efi quelque fois le fujet qu’on
le donne en chef-d’œuvre. Le fuccre
Rofat n’efi., ny adïirigent, ny incraf-
fant } comme L’on s’imagine.
Diamargaricum fîmplex , feu
Manus Chriftijcum Perlis:
inceiti Audoris. ' '
JMéargaritarum fuper ptrphy-
rium fubtilijfmè tritar. une. di-
mid.
Sacchari optimi aqua Rofarum, vel
Bugtofii foluti & coéH,lib.'unam:
fiant rotula parvi digiti figprà,
vel tahella ufui necefiarim.
PARAPHRASE. ;
CEt Elcdiiaire eft de l’invention
des modernes , qui luy ont im¬
posé le nom des Mains de Chriffi,
pour fa grande vertu , Epitliete mal
adapté : poiirce que la proportiop
& fimilitude d’une chofe finie à une
infinie eft nulle , ëc fèroit mieux fait
de l’appeller Eleduaire de Perles
fimple qu’autrement j ou Diainarga-
ritum lîmplex. Pourveu que l’Apo¬
thicaire tienne ordinairement en h
boutique des Perles pulvérisées fur
un porphyre avec une petite meulcj
& un peu d’eau Rolè, afin d’empe-
cher leur exhalation , ou dans un
mortier de marbre il fiffit , car en
tout tems , & au beloin > & tôt il Ce
peut faire , en prenant deray once cls
Perles pour chacune livre de dou¬
ze onces de fuccre fin, dilfouc ep
eau Rofe on de Bugloffe , ou autre
,eaù éordiale. La forme ou figuré fe*
ra oblongue ou autre telle qu’il
ra au malade,ou au Médecin ou à l’A¬
pothicaire. Les Perles naturellement
ne font point percées , mais par l’àtf
& induftrie des artifans : elles font
appéllées
Dei Tablettes ou EleBuaires foîides, ? 5 i
appellées des Grecs Margaritæ , &
'des Latins Vniones. Les meilleures
,(onc les plus grollès , claires , ron¬
des j & unies : les moindres font les
petites, telles dont on ufe en médeci¬
ne. Elles s’engendrent en la chair de
certaines çoquilles peu diflemblables
des huitres, le long du promontoire
Comorin , juiques en Zeilan des In¬
des, Orientales. Il s’en trouve auffi
, aux Indes Occidentales , mais moin-
^djtes en tqntes choies. Celles qu’on
pêche aprez la pleine Lune , fo di¬
minuent & fletriirent par focceffion
de teins , & non celles qui font pri-
fes auparavant. Les grollès Perles fo
, trouvent aux coquilles qui Ce nour-
lillcnt en la furface de l’eau : les
petites en celles qui fo nourrilFent
au fonds. Le nombre eft incertain,
aux unes plus , aux autres moins , fé¬
lon la grolfour de la coquille, Gar¬
cia ab Horto.
Z£S FACVLTEZ.
Il foulage les forces abbatuës,
les fièvres ardentes & autres mala¬
dies de la forte.
REMARQ^VE.
CEs Tablettes pour n avoir point
d'Autheur certain yfe trouvent
prefque en tous les DiCfenJkires dé¬
crites de même façon , en cela il
paroit CapprobatioH quun chacun
leur a donné. jUejfieurs les Mede-
cipis d' Au fbour g y ajoutent quel-
<^ues go tftt es d’huile de Canelie,pour
les rendre plus excellentes : ceux de
Londres , neuf a dix fueilles d’Or^
cens- de Bruxelles au pais bas en
leur Pharmacopée de l’an 1641.
n’y mettent que deux dragmes de
Perles fur une livre de fuccre , fe-
fiime qu’il y en faut pottr le moins
demy once. Ceux- qui y voudront
mettre deux drachmes du Magifie-
re de Perles, arti élément fait , ^
deux grains d’ Ambre gris fur une
livre de fuccre de doùfe . onces , les
Tablettes en feront de beaucoup meil¬
leures , au lieu des Perles en fiih-
ftance. Ceux qui fe voudront fer-
vir du blanc d’ œuf pour -.les blan¬
chir , comme a été cy-devqnt dit au
Eiajrcos , les auront tres-b elles.
Sacchatuni Altbææ incerti
Audoris.
Pulpa Radicum Aithaa in la- 7^
Ehe dulci ad mollitiem eeaéiarum,
’^iij. vel ’^Uiç. , ,
Sacchari albijfirni ^ ^xvf
Si le fuccre ou Tablettes d’Althaa
ont, receu de l’approbation parrny
quelques-uns dfi ngus, c’ejf fans dou¬
te , qu’ils n’en cennoifènt que le
nom ; car la verifé efl'f quelles ont
fort peu de vertu , con^deré la pe- \
tite quantité de pulpe d’Althaa 'qui
y eptre laquelle étant^Jeichée dans
lé; corps du fuccre , & fin '{humi¬
dité fuperüuë confumée , fe [réduit
prefque en un rien,.& par ainfi-ceux
qui en ufint, sHls en reçoivent quel¬
que fiulagement,.c’efi plutôt du fuc¬
cre, eu par opinion-, que par aucun
ejfet finfible qui procédé de V Al-
thaa. Mais puis .qu’il conyient de
rernçplir cette Seïlipn de quelques-
cçmpof fions ufitées, fy ay a]oû.ré cd-
It-cy qui fera dofthle enfin mélange..
Pour
3 5 ^ Livre L
Pour procéder m premier j il faut
prendre les racines d'Althaa r^ecen-
tes , apre\^ les avoir bien lavées , &
fuperficiellement raclées > en les cou¬
pera par trenches fort déliées i &
avec ^qnantUé fufffante de laiSt de
Chevre récemment tire , on les fera
cuire , la colature faite les racines,
feront un^_p eu exprimées , & pilées
dsans un mortier de marbre , paf-
sées par an tamù de crin fubtil.
part, le Jù.ecre. fera mis en pou¬
dre fisbtile,, pour, être mêlé avec la
pulpe . que ficelle ne fuffijeit point,
pour incorporer tout le fuccre , il y
en faudroit ajouter JkJfJamment, ou
bien y mêler un peu de mucilage
de Gomme Tragacanth. La maffe
étendue fur- une fueille de papier
blanc fera coupée en tablettes ,
quon fera feicher a l'ombre.
Pour le fécond mélange , il faut
prendre la racine d’Althaa récem¬
ment & diligemment feichée , pilée,
& pafsée par un tamis fubtil deux
onces -, fùcfire fin , dijfout en eau Ro-
Jef^& cuit en Eleétuaire folide fei-
z.e onces j les ayant exaêlement
mêlés enfemhle p le fuccre encores
chaud fi on defire de le blanchir,
on y a]outera la moitié d'un blanc
d’oeuf, & le tout fera diligemment
agité tant que la chaletir le per¬
mettra , après la majfe fera éten¬
due fur du papier , roulée & cou¬
pée comme dejfus. Ce mélange efi
pim laborieux que le precedent-,
mais auffi les Tablettes font de
beaucoup préférables aux prece¬
dentes.
Seâîon VIL
Tabcllæ vivificances , feu AI- ^
kermesjMonrpelieufes. ’ *
Sacchari albijfimi , Ub. duos
Aquarum Rofarum , &
Napha , ana une. quatuor
Confeêiionis Alarmes defeript. Me-
fuai , une. unam. \
Ambra grifa , drach. mam,
MagiSîerii Margaritarum , drach.
femifi.
Mofehi Orientais boni, fcrup.unum,
Fiant Tabella.
l'appelle les Tablettes d’ Alarmes .
vivificantes , à raifon de leurs ra¬
res effets que l' Art iéte.. curieux /»-
géra furpaffer ceux de la Confisüm
Alkermes , lefquelles nous cowpo-
fons fiequemment en cette ville pour
des perfonnes de haute condition:
& parce quelles ne fe trouvent
point décrites ailleurs dans nos Pif
penfaires -, pen ay voulu faire part
au public ,y ayant été perfuadé far
de mes intimes d’en inferer. la de-
feription parrny mes Remarques teh
le quelles fe doivent compofer pour
être douées des vertus qui corre-
Jpondent à leur titre. Et parce que
du mélange des compofitions bien
fouvent leurs effets en dépendent,
j’en prefenray un,qui étant bien oh-
fervé, je l’eHime fort probable , qui
ejl de mettre en poudre, chacun a
part l’ Ambre gris , fie Mufe , à' le
MagiBere de Perles, les deux pre¬
miers avec un feu de fuccre auff
fubtils qu’ils fe. pourront , pour etre
mêlés avec la ConfeBion Alker-
Des Dahleltes ou EleéJuaires foliâes.
femM^ /i'Z'raj de fuccre fin
bien fee , qui font vingt-quatre on-
ca avec les eaux de Naphe , & de
Rofe ,fiir m petit feu en confifien^
ce un peu pim quen fuccre Ro~
fat ; le poilon tiré du feu , lé fiiccre
un peu moins quà demy fi-oid,ony
mêlera exaUement & diligemment
la ConfeBion Alkertnes , & la maf-
fe fera jettée fur une fueille de pa¬
pier blanc, pour la rouler & couper
en Tablettes , l’ayant prealahletnent
que la couper couverte de fueilles
d'Or. Si bien que ce mélange fait le
plus méthodique que je connoifie , on
ne laijfera peut-être pas d’y trouver
à redire, de ce que je ne fais point li¬
quéfier l’Ambre gris dans le fuccre,
comme plufieurs pratiquent ; mais
j’eBime aujfi que quand ceux-là fe¬
ront reflexion fur la fubtilité de
l’Ambre gris mis en poudre , que
la chaleur du fuccre le dijfoudra
foudain , comme il a été cy-devant
dit en la Confection Alkermes de
Montpelier changeront d’opinion ;
& encores veux-je dire qu’iP fe
divifera en des parties impercepti¬
bles , ce qu’il ne pourroit faire en
le diffolvant feparément dans le fitc-
tre chaud.
Eleduarium de Succo Rofa-
riim, D. Nicol. Alex.
3^. Succi Rofarum rubrar. dépura¬
it , &
Sacchari albi ,. utriufque lib.ttnam,
une. quatuor,
Diaerydii , une. unam fernij?.
Tnurn Santalorum,fing. drach.fex.
Spodii, drach. très.
353
Caphtsra , fcrupul. unum.
Fiat EleCiuarium.
<FARAPBRASE.
SAlernicanns a composé eet EÏe-
étuaire iîtr le Rolat purgatif dé¬
crit par Myreplùs au premier des
Antidotes, chapitre i & duquel
il a ôté le Rheubarbe , & le Tr.rbith,
fur le precedent en fiippolànt les
Santaux, le Spode, Sc le Camphre
pour la Manne,les Trochilcs de Spo-
dio , d'Oxyacantha & SafFtan. La ba-
fe eft le fuc de Rofes , la vertu pur¬
gative duquel eft augmentée par le
Diagredc : les Santaux y font mis
pour la defence du foye , contre l’in¬
jure du Diagrede, comme le Spode
du ventricule. Le Camphre icy mis
en petite quantité , par fa tenuité de
parties , les fait penetrer jufqucs aux
parties les plus éloignées du centre.
Quelques-uns pour ion ingratitude,
font d’avis d’y mettre en ,fon lieu
la Gomme Tragacanth , ou Maftich,
tant pour le ventricule, que pour ren¬
dre lubrique le Diagrede , Sc empê¬
cher qù’ii n’offcnce les vifeeres. L’A¬
pothicaire peut fuivre çet avis , s’il
prend de la Scammonée au lieu de
Diagrede, fmon il neft beloin d’y
ajouter autre çhofe. Le fuccre don¬
ne la faveur plaifante „ rend leur
aétiori meilleure , & conlèrve le tout.
Pour le jourd’hiiy on le Æduit en
forme folide.
LE MELANGE.
Il faut premièrement pulverifër
les Santaux au mortier de bronze
de -les arroLilèr d’un peu d’eau Rofe,
Y|y; afin
3 54 Livre I.
afin que la partie plus tenue ne s’ex¬
hale J & les palier par un tamis fort
fubtiL II faut pulverifer à part le
Diagrede , le Spode , & Gomme
Tfagacanth » ou Maftich poiir le
Camphre j. cela fait , on cuira non
lentement le luccrc fin 3 & non de
la' Calîonnade pour caufè de la vil^
cofité du foc de Rofos rouges dé¬
puré au Soleil. Car plus il fojourne
Îiîr le feu , de tant plus il le rend
vilqnaix -, de maniéré qu’on ne le
peut réduire en forme folide : puis
ôté de deilùs le feu, & un peu re-
fioidy 3 on y ajoutera les Santanx,
Spode j & Maftich , ou Gomme
Tragacanrh ; finalement le Diagre¬
de, aprez la pâte fora étendue foir
une fiieille de papier blanc frottée
d’une Amande pelée , qui fora beau¬
coup mieux que d’afperger de la
poudre par delIus & delîbus ( com¬
me font quelques-uns ) pour en for¬
mer des Tablettes du poids envi¬
ron de demy once , qu’on gardera au
befoin.
LES FACFLTEZ.
n pmrge. la bile fl ave fans ennuy :
& eft propre aux douleurs des join¬
tures nées d’humeurs chaudes, &
aux fievres tierces.
REMARQVE.
BAuàtron dit ^ue Salernitanuia
composé le de Succo RoJarum,Jur
l'Eleüuaire Rvfat purgatif de My~
repfm , & neantmoins il nom pa¬
rait du contraire par la defeription
que Nicolam Alexandrinm en don-
ns. mot _Æ mot en fin livre de Isk
Secîîon VIL
compoftion des medkamens locaux
chapitre 309. ce qui m‘a donné fu.
jet de corriger le nom de l’Autheur.
Le Modm faciendi de Bamleron
doit être obfirvê , excepté qu'il ne
faut feint prejfer le feu pour cuire
le fitccre avec le fuc : car par ce
moyen en nauroit pas le tems de
bien cenfiderer leur cuitte lors qu'on
en met fur une ajfiette , & on y
peurreit être furprû, & la manquer,
parce quelle efi un^ peu difficile à
la bien rencontrer. Le fuc de Ro-
fis doit être de fx mois , bien
feparé de fa refdence , & de l'hui¬
le quon met deffim pour le con-
firver.
Eleétuarium Diacarthami , D.
Amaldi V illanovani. .
5-^. Zingiherü albi, &
Jidanna granuloft , utriufque draek
duos,
Liadacrydii , drach. très,
JlLedulU fiminü Garthami,
Pul. Jpecierum Liatragacanthi fri-
gidi
Hermodaéiylorum , fngul. unc.di-
mid.
Turbith eleéli , drach, fex. x
Mellis Rnfati, colati, .
Garnis Cydoniorum , &,
Sacchari cryéiaUini , fngul. une.
unam,
Sacchari albi aqua filuti & te-
êli , triplum , hôc eft uncias no-
Fiat Eleêluarium in Tabellas 3 fon¬
da uncia fimifi.
Be^ TaMetteâ ou EleBuaires follâes, 355
PARAP H RASE,
L'Autheuc de cet Elcâiiaire , cft
Arnaud de Villeneuve , excel¬
lent Médecin > qui Hoiilloic du tenis
d'Erafae , Martin Lu cher , & Pe-
trus Aponenfisj'dic Ganciliacocj l’an
de falut lyio. décrit au traitté a.
fomme 2. diftinéiion 7. de la cu¬
ration de la fievre' hemitritée. Le¬
quel n’a pris le nom de fa bafè le
Turbith 3 pource que quatre autres
deferipcions eh a voient pris leur
appellation : mais de la moelle du
Carthame 3 que les Grecs appellent
Cnicum. La faculté foible du Tur-
iitli » & Cartharae eft fortifiée par
le Gingembre , en incifànt & atté¬
nuant le phle^me épais & vifqueux:
fa faculté tardive ,cft accélérée par
le Diagrede ( fi cet Eleâuairc cft
fait avec la Scammonée j il en fe¬
ra plus purgatif. ) Sa vertu eft con¬
duite aux jointures par les Hermo-
daétes : leur nuifance eft corrigée
pr le Cotignac , qui par fon ad-
ftriélion fortifie le ventricule , Sc
autres vifeeres , & cmpcche que la
Seammonée ( oû le Diagrede ) ne
fort portée foudainement en l’habi¬
tude de tout le corps ; Ij); pou¬
dre de Diatragacanch y eft mife pour
modérer la chaleur & fiecité des
purgatifs : le Miel Rofàt , la Man-
5 & Succre y font mis- pour de-
terger le phlegme , rendre l’aélion
meilleure 3 donner la formes & con-
ferver le tout au befoin.
LE MELANGE,
Il faut ciirieufcment monder le
Carthame de fon écorce 3 lequel pilé
avec le Turbith 3 Gingembre, Sc
Hermodaéles empechera leur exha¬
lation. Il faut pulverifor à part k
Seammonée ( ou le Diagrede ) &
fuccre candie, aufquels on ajoute¬
ra la poudre de Diatragacanrh , nou¬
vellement préparée pour caufe des
fèmences froides , qui en peu de
tems la rancillent, aprez il faut pi¬
ler au mortier de marbre avec un
pilon de bois le Cotignac , auquel
aprez on ajoûtera le Miel Rofat &
Manne nettoyée, & on les paflèra
for un tamis avec une fpatule. Cela
(ait 3- on fera cuire neuf onces de
foccrefin pour le plus avec eau com^
mune, en forme convenable, au¬
quel de encore chaud , on mêlera le
Cotignac, Miel Rofat , & Manne :
puis on y ajoûtera la poudre. L’E-
leduaire étant à demy froid , on en
formera des Tablettes d’environ de¬
my' once piece , qu’on gardera à k
neceflité.
LES FACrLTEZ.
Il eft merveillcufoment propre à.
purger k pituite , & la bile , & pour
ce il convient aux fièvres pkuitcu-
fos & com|)liquées.
R E M A R QV E.
CEtte compojirion ma. donné
tant de peine & pltu inutile¬
ment qu aucune autre de ce Dijpen-
faire pour la recherche de l’origi¬
nal de fa defeription dans les eeu-
ntres- dé fon inventeur , qu’on dit
être Arnaud de Villeneuve , quels
f)ins que je me fois donnéstvec quel¬
ques-uns de ânes arnu qui ont dai-
Yy Z
3 5 é Livre I.
gné d'en prendre la peine , nom ny
avons rien peu trouver , particu¬
lièrement au chapitre de la fievre
hemitritée de fes œuvres eh notre
ParaphrâHe la citeàl ny en eft fait
mention d'un feul mot, tant dans des
exemplaires en vieille lettre des an¬
nées 1514. & 15 i O. cpue dans ce-
luy qui ejir en lettre ■ nouvelle d'im-
prejfion de Baie avec le Commen¬
taire de Nicolas Taurei , de l'an
1585. Ce qui me fait dire que Bau-
deron s'efi méconté en ce rencontre
de meme que quand il a dit en fa
Paraphrafe qu Arnaud de Ville-
neuve forijfoit en l’an jjio. du
tems de Martin Luther ,’ d’Eraf
me , & dé Petrm Aponenfis , dit
Conc liator. Il efl bien vray - que ces
deux premiers vivaient & florif-
foient en ce tems-la , mais que pour
Arnaud de Villeneuve , Campegnis
nous fait lire le contraire dans fa
vie , qui efi à l'entrée de fis œu¬
vres imprimées à Lyon par Guil¬
laume Huyon en l'an 1520. en ces
ternies , Nafcitur igitur in Pro-
vincia Narhonenfl in oppido quo-
dam Villanova d Chriéii nativitate
M. CCC. eo ferme tempare quo Pe¬
trm Aponenfis diélus Conciliator ac
Raymundm Lullius clarebant , c'efl
contre toute forte d'apparéee qu Ar¬
naud de VtUeneuve ait fieury en
l'âge de Z Z O. ans , comme Bauderon
nous veut faire accroire , ou bien il
faut qu'il entende parler de quel¬
que autre Arnaud de Villeneuve,
ou que celuy-cy eut fait quelques
pièces qui fiaient détachées de fis
œuvres , & que nous n'avons point;
Ce qui me fait dire qué fi Baude¬
ron a manqué au premier qu'il a
Se B ion VIL
manqué aujjî en ce dernier. Et la dif
ficulté qu’Jl y ' a de trouver la vraye
defiription de cet • EleEtuaire efi
eaufe de la variété des recepteà
dans nos Diéfenfaires , eu bien s'il
en faut croire François Alexander,
qui dit qu' Arnaud de Villeneuve a
diverfirnent décrit le JDiacartha-
mi' en quelques endroits de fes œu¬
vres ce qui m’efi entièrement in-
eonneu . :
Elcâ:uarium de Citro roliui-
vum, D.B.Baud. ' ■
yi. Zingiberis albi , &
Seminis Anifi , utriufque drachm:
unam,
Pul, Diatragacanthi figidi ré¬
centes,
Corticù Citri Saccharo conditâ.,'
Conferva florum Violarum ,&
Borraginis vel Rad. Bugkjf
cond.
Eiadacrydii , fing. une. dimidian.
Turhith cleEti , drach. quinque^
Senne, mundate , drach -fex.
Sacchari albi , aqua Buglofi , vel^
Borraginis foluti & coEti , uneias
decem.
Fiat EleEluarium in Tabellas pon-
do une. femis , quod ufui repo-,
natur.
paraphrase.
L'Authenr de cet Eleûuaire eft
M.B.Bauderon mon perc , &fi
je fçay qu^il a été premièrement ufttc
par les Médecins de Montpelicr,ain-
lî qu on peut colliger des écrits de
Nicolaus Præpofîtus , & de Guy de
Caiilia<^
Des tablettes ou EleBuaires folides, 357
Cauliacaiitraitcé?- dodtiine i. cha¬
pitre Z . de fa Chirurgie : mais non
pas en cec ordre , ny avec telle pro¬
portion de fes dofes : il le fait prépa¬
rer à 'Mafcon > où il pratique depuis
quarante ans en ça, ainfi qu'il efticy
décrit, & s'enefl: louvent fervy , &
moy à fon imitation m’en fers tous
les jours avec heureux fucccz. Il luy
adonné le nom de l'écorce de Ci¬
tron , qui y entre , comme du princi¬
pal cortedif , contre la nuifance du
Diagte4e, Turbith, & Senne. La bafè
lont ces crois purgatifs , qui le don¬
nent aide l'un à l'autre , ^ fçavoir le
Diagredc accéléré la tardivetc du
Turbith , & Senné , au contraire la
tardiveté de ceux-cy reprime la célé¬
rité d'iceluy : le Gingembre & anis,
y font mis tant pour inciler , atté¬
nuer le phlegme , & confirmer les
vents , que pour fortifier la vertu
foible du Turbith , & du Senné.
La Conferve de violes y eft mile
pour modérer leur chaleur , & lîc-
cité ; ce'le de Borrache , ou de Bu-
glollè , pour la defence du cœur,
contre la nuifance du Diagrede , l'é¬
corce de Citron pour le ventricule,
contre la nuilàncc du Turbith , Sen¬
né , & Diagrede : la poudre de Dia-
tragacanth , pour les poulmons , &
avec le fnccre.pour deterger , adou¬
cir, donner la forme , & eonferver les
efpeces : bref, c’eft un Catholicon
femilrer , qui purge làns nuilànce , les
trois humeurs,
LE MELANGE.
Au mortier de bronze , il faut
piler le Turbith, Gingembre , l'anis
& Senné' , & à part le Diagrede,
qu'on mêlera avet la poudre de Dia-
tragacanth , nouvellement faite. Au
mortier de inarbre il faut piler l'écor¬
ce de Citron , puis on y ajoutera les
Conferves : aprez on prendra dix
onces de fiiccre fin , dilibut en eau de
Buglolfc ou de Bourrache, qu'on ciü-
ra en forme convenable , pour y mê¬
ler les conlèrves ,. la baffine, étant
encores fiir le feu. Le tout étant un
peu refroidy , on y ajoutera peu à
pieu la poudre , finalement le Dia¬
grede , & Diacragacanth. De telle
pâte encore chaude on formera des
Tablettes du poids de demy once,
comme nous avons dit en TEle-
éluaire Rofat de Nicolaiis Alexan^
drinus. Ceux-là font à reprendre,
qui gardent une pc^rtion de la pou¬
dre , pour mettre fur le papier , Sc
par delîhs la pâte , afin qu'elle n'a-
dhere au biftortier , qu’on la roule
& qu’elle s’étende plus facilement.
Pourveu que le papier.ôc le biftortier
foient frottez d’une amande pelée, &
que T'Eleétuaire fbit fufElàmraent
cuir, & non trop, ü s’étendra faci¬
lement & n'adherera point au biftor¬
tier , ny au papier : car ainfi qu'ils
fonti ils diminuent la vertu defEle-
étuaire la poudre n’étant pas par tou¬
te la fiibftance mêlée , & fenrentée'
comme il faut. ,
LES FACFLTE Z.
Il purgelàns nuilànce l’une &-l’aH-
tre bile, &Ia pituite des jointures t
fortifie le ventricule & les antres vif-
ceres , & difeute les vents.
Yy } KE
558 Livre 1. SeBion VI IL
R E M A R Q^V E.
BRietHi Bauderon pifques en la
quatrième édition de fa Pharma-
copée, & en la Paraphrafe fur VEle-
üuaire de Citro , dit que 1‘Autheur
de cette cornpofitien nous efi incer¬
tain- , & quil a été premièrement
ufté par les fldedecins de Afontpe-
lier, &c. E t Gratian Bauderon fis y
revoyant le travail de fin pere la
luy attribué , comme s’il en était
l’Aütheur , ce quil ne peut a bon
droit dire : puis que la defiription
a paru long-temps avant la Phar¬
macopée de fin pere , ainfi quil
avoué luy-même. loubert l’attribué
d Guy de Cauliac qui le décrit , &
la première édition de fis œuvres
fut imprimée d Vénife en l'an 1 499,
long-temps avant la première édi¬
tion de Bauderon, & par canfequent
eUe doit être plutôt attribuée a ce
premier, quk ce dernier , veu que la
première édition de fa Pharmacopée
na paru que l’an 1^ 6$. que s'il a
changé la Confirve de la racine de
Bugloffe ypour l’Anis , & quelques
dofis, il Je peut vanter de l’avoir
corrigée,& non inventée , comme nom
voyons que Mèjfiekrs les Médecins
de Lyon , ceux d’Aujbourg en leurs
Pharmacopées Vont pratiqué , ces
premiers aux Pilules Cocchées mi¬
neures, & ces derniers enl’EleVbuai^
re Alkerrnes de Noftradamm , &
fin pere en la fécondé defcription de
la Confection Hamecb quil donne en
la Seêlion finvante-
SECTION VIII.
Des EleBudres purga¬
tifs mois.
Auderon a caufe du grand rap¬
port quil y a entre les ELe-
Ctuaires mois ou alteratifs , & les
Laxatifs , tant d raifin de leur coti-
fftence , que pour la quantité du
miel ou du fuccre , que pour celle
des poudres qui y entrent en leur
compofition , nen a fait qu'une Se¬
ction. Il rna femblé bon de la divi-
fer en deux , & de loger entre icel¬
les la SeCiion des Tablettes & Ele-
Cluaires filides , comme a été cy-
devant dit , au commencement de
leur SeCiion.
Eleduarinm Diacatholicoo, D.
Nicol. Salernic.
yi. Polypodij querni contuf , lib.
unam.
Seminü Fœniculi , une. très { cum
lacobo de Manliis , & aliù)
& coque diu in aqua fuffeienti,
& cola. In duabtts partibm cola-
tura , coque ,
Sacchari albi , lib.oClo, ad Syrupi
crajfitiem : deinde dijfilve.
çH&cduohu-
j meCtétur ex
Pulpa Cajfia , & î parte altéra
Tamarin dorum,, colature,,at
1 facilius cer-
V. nantun
Pul
T^es EleBuaires purgatifs. 359-
‘ThI. Senn& mundatâ, , Jîngul. me. Luminare majus , Cordus , & qiieU
gff;o. ques autres Dodeurs. E-e -4e cekiy
J^haharhari feleEli , quieft en la poudre j & Senne, par
Smin.Violarùm , ( quia fotentius lanis, lequel i'ncifê, & atténué le
furgat flere ) phlegme , & conlitme les vents ^ qui
Polyfodjj querni mmdati , & d’iceluy s’engendrent aux inteftins,
Semin. Anifi,Jtng. une. quatuor. & ventricule , &c appaife leurs tran-
Semin. quatuor frigidorummundater. chées qui proviennent du phlegme,
unc.mam. & non du Polypode , & Senné. La
Glycjrrhi^a rafa, reglülè, & fèraences froides , y font
Penidiarum, & mifos pour ôter les oppilations , qui
Sacchari Cryftallini , fingul. une. pourroient empêcher l’attradion des
femifi. purgatifs > èc pour conduire les fo-
Fiat EleÜuarium. rofitez,par la voye de l’urine : le foc-
cre rend leur adion meilleure &c con-
PARAPHRASE. le tout.
MYrepfos au premier des Anti- LE MELANGE.
dotes chapin-e yoi. & J05. '
décrit deux Eleduaires de fombla- pour ce que la vertu purgative du Ohfer-
ble nom ; mais diilèmblables en ver- Polypode n’eft pas en la forface, "^atioa. ]
tu, & nombre de medicamens , qui comme de plufîeurs autres ; mais au
ne font aujourd’huy ufitez. Nous centre, & que par fon humidité ex- h
avons difpofë les medicamens , félon cremeniaifo il provoque la naufée, cuire.
l’ordre qu’il faut garder au mélange, il ell befoin de le cuire allez long-
Le nom lignifie vniuerfel , pouree temps, avec le Fœqpüil en quantité
qu’il purge univerfollement de tout foffilàntc d’eau comme Meluécnfeig-
fe corps la cholere , le phlegme , & ne , & ne fc contenter d’une fimple
la mclancholie, làns aucune nuilàn- infufion , comme aucuns font. Deux
ee du malade. La première bafo qui parties delà colature d’iccluy , forone
purge la cholere, eft la Galle, & avec le foecre blanc &• net , cuites pn
Rheubarbe. Les Tanrarinds, & la confiftance d’un Syrop parfaitement
lèmence des violes , qui y font mis cuit. L’autre partie d’icelle forvira
pour augmenter leur vertu purgati- pourhumeéterlacalfo, & Tamarinds,
ve, & réfréner l’acrimonie de la bile, s’ils font focs , afin qu’ils palïènt plus
& la chaleur du Rheubarbe : comme facilement à travers le tamis renverfé:
lesPenides , & fuccre candit, fa fie- de il fendra pefor chacun à part, &r
cité. La foconde bafo eft le Polypo- l’humidité qu’on y aura mifo , pour
de, & Senné qui purgent lephleg- foa voir le déchet , & fi le poids requis
me , & la melancholie : la nuifance y fora. Durant ce , la poudre fo fera
d iceluy eft corrigée par la coéfion, comme il s’enfuit;
& femence de fœnoüil , qui avons II faut premièrement concalTer le
mis avec Manlius Autheurdu grand Polypode mondé : puis on y ajoutera
i6o Livre I, SeBton VI I L
la regliflè raclée > &:incifée. Vn peu
aprez on y mettra I anis, & la fèmen-
ce de Violes , pour ce qu elle purge
plus que les fieursjfinalement le Sen-
né nettoyé de toutes pierres, pouflie-
re,buches, &c fueiiles mortes. Et pour
cmpelcher leur exhalation , on y met¬
tra une partie des femences froides
mondées de leurs écorces ( fi le Poli-
pode eft fort rccent ) ou toutes s’il eft
fort lèc. li faut piilverilèr à part le
Rheubarbe,Ies Penides,&: fûccre can¬
die, puis le tout lcra curieufemenc mé-
ié au mortier. Cela fait au Syrop cuit,
comme dit eft, on détrempera fiir le
feu , & peu à peu ( avec un pilon de
bois)les Tamarinds,& la callè, pliez
comme dit eft. Puis la baffineôtée
de delliisle feu , on y ajoutera les pou¬
dres peu à peu , pour le tout refroidy
relèrrer au befoin.
LES FACFLTEZ.
Il purge toutes les humeurs avec
choix. Il convient mêmes aux mala¬
dies aigues : car il ramollit , atténué,
& corrobore. Il foulage les affections
du foye, de la ratte, la podagre , & au¬
tres douleurs articulaires : les fievres
tierces , quartes , & quotidiennes , &
douleurs de tête.
R E M A R av E.
NIcolam Alexandrinns décrit le
CathvUeon en fon livre fm allé¬
gué au chap.4fj^i. fous le même nom
que deffiu un peu different de celuy-
cy , quant aux dojh & au nombre
dei ingrediens & non de la femence
de fœnoüii quil y fait entrer pour
correêHfdu Pelypodeffur quoy Bafi-
deron s’efi trompé d’avoir dit qat
Aianlim , Cordut & autres l‘y
avoient apùté , ce qui ne peut être-,
par ce que celuy-lk a écrit long-tems '
avant ceux-cy.
le ne fçache point de cempofum
plus familièrement ujîtée que le Ca-
tholic0n,& ce frequent ufage fait
quelle efi connu'é de tous , onia com-
pofe par toute la France , & chez
toutes les nations étrangères : mais
je puis auffi affeurer n'avoir trouvé
que la première édition de Bauderon
avec le Dijpenfaire de Lyon , qui
nous la décrivent fidèlement fui-
vant Nicolaus Salernitanus ( que
certains appellent) car depuis la fé¬
condé editio-n de Bauderon , qui ef •
de Van 1 5 55. loubert , les
ALedecins de Tholoze , les Au-
theurs du Luminare majus, du Lu¬
men Apothecariorum, du Thefaùrus
Aromatariorum , les Médecins de
Londres, ceux d’AuJbourg , de Bru¬
xelles , d' Anvers , Luy s de Oviedo
Bothicario en Madrid,Cordus,Fuch-
fitis, Sylvius , Nicolaus Pr&pofitüs,
Durenou , & autres en leurs Phar¬
macopées qui ferait plus ennuyeux
qu’utile de les reciter , ont tous una¬
nimement equivoqué en la dofe des
quatre femences froides grandes au
lieu de deux dragmes de chacune
qui font une once , ils en ont nu
dans leurs deferiptions , une ortee
de chacune , comme nous avons exa-
élément obfervé avec Nicolaus Ale-
xandrinus & les quatre exemplaires
de differentes éditions cy -devant ci¬
tez. de Nicolaus Sqlernitanus , dou
Bauderon a emprunté fa defeription,
dans tous lefquels on lit , Seminurn
quatuor frigidorum majorum unciam
Des EleBuaires purgatifs mois. y6i
mm > ^ première édition
de l'Âittheur de la Paraphrafe pour
Ji miéttx ' faire entendre eft écrit,
Stminum quatuor figidorum rtia-
joritm mmdatorum unciam unam,
ntl fingulorum drachmae duos,
mais en fa fécondé édition l‘er-
teur s y glijfa y & on a toujours
écrit jufques' en nos Rentarques
Seminum quatuor fiigid: rnajorum
fngulorum'.^j, qui ejl -une faute
maniftflement connue , de prendre
quatre onces de ces femences , pour
une once , il ne refie plus finon
que de la corriger à Vàdvenir
comme fay fait en la defcriptiori
cy-dejfus , & de né mettre qu une
once defdites quatre femences froi¬
des grandes que VAutheur y de¬
mande en fa vraye defcription ,fur
huit livres de fuccre. Cette faute
tfi confiderahle , & s’efi ainfi Au-
thorifée & communiquée d‘un écri¬
vain à l’autre par mégarde quand
ils oht drejfé leurs Pharmacopées,
&.quoy quelle ne- foit peint capa¬
ble d’autre mal que d’ afoihlir ■ la
vertu purgative de la compofition
comme l’experience nom a fait, voir
de puis long-tems , je n-ày pas lai fié
do la relever pour la faire connoi-
tre a un chacun , parce que nom
ne fcaurions être dfiez. exats peur
conferver en leur entier les deferip-
tions des compofitions avec leurs
qualitef^ 'vertus, quand elles font
approuvées par une longue fuitte
d’experiances , comme ceUe-cy,
Aujsiurd’huy certains compofent
le Catholicon double de Senné , & de
Sheubarhe,& mettent une-partie du
éenné, jfi^de la Rheuharbe en poudre,
l’autre en infufion dans une par¬
tie de la decoéhion dû Polypede,
ainfi que l’ont écrit Durenou & les
Médecins de 'la faculté de Paris,
dans leur Confebbion univerfede l’ef-
quels 'ne doivent point être imite'fi,
quoy que l’eau ait dùverspores, com¬
me a - été dit au Sy rop de- fleur de
Pêcher , quand elle efi' ‘empreinte
fufijamment de lamucofiïé d’un in¬
grédient telle^que celle, que le Poly-
pode rend par une hngue coêlion
elle bouche en quelque façon l’orifice
des autres pores qui font vuides -, Cr
empêche qu’ils ne font pas l’entiere
attraction de la vertu des autres fim-
ples , comme du Senné, de la Rheubar-
be,& de leurs correctifs, & ainfi leur
vertu refie en partie dans leurs
corps. De pim s’il en faut croire cer¬
tains Galenifies & Paracelfifles , qui
difent que la vertu purgative de la.
Rheuharbe confifie en un fel volatil,
qui fe difiipe facilement par la cha¬
leur , cela étant il vaut doncques
mieux de les mettre en poudre avec les
autres fimples qu’en infufion, puis que
fans augmenter la quantité du fuccre
il y en ad fuffifance pour faire le mé¬
lange & pour conferver la compçfi-
tion : car huit livres de psccr-e s fiiXp
onces de Pulpe , de Çafie & d.e Tama-
rinds , tout cela fait avec-l’augment
que le fuccre donne étant- cuit en Jy-
rop onsLC livres & quelques onces, l'a
poudre peji } .livres z .onces sr demy,
defaço qu'il y. aura cnviro ^divrey.de
jyrop,pour livre de poudre : outre que
pour l’ordinaire , on yn^ do.uble que la
Rheuharbe, & non le^^^^.LAjeùtez. d
cela, que Platearimgn fon chnentai-
re fiir le Cathoticon,dit que fi on veut
de plus fort purger la melancholie,
eu'purifiérl efang,quil y faut ajouter
Z Z l’Ejé
l6% Livre L Seâion VI IL
t'Epichyaie j fi la dtolere la BLhen-
barbe, &c. lin'entend point qu’ils
fbyenc infufcz mais qu’on les rnec-
tre en poudre >, voilà pourquoy nous
devons pulverifer le Senne & la.
Rheubarbe , pour les doubler en cet
Eleduaire.
CatlioIIcon fimplex, D. Fernel.
Radicum Helenij ,
Bugloffi ‘
Cichorij ,
jiltllAA,
Polypody tjuerni ,
Serninü Cnici , feu Carthami contuf.
fing. une. duos.
Stcechadü ,
Hyjfopi,
Melifophylli ,
Eupatorij veri
udfplenÿ ,
Betenica ,
.yirthemifie. , Jing. m.ÿi
ïïvarum Pajfarum expurgatarum »
une. très.
Semin. quatuor jrigidor. majorum,
^nifi , &
Glyccyrrhiz.£ , .fingul. dràch. très.
Goquantur omnia ex arte in likrü
decem Hydromellù , dumfeptem
fuperfim. pn colato jure macéra
horü xy.
Polior. Sènna mundatorumjib.unam
&femifi.
Agarici alhi,lib. femi^.
Zingiberü^ mc.unam .
Aliqmnt'um bulHant , & in exprefo
liquore dijfolve, Pulpa Mixario-
rum, lih.femifl'.
talior. Senna mundator. tenuijfime
uitor.um.iiiji
Syrupi Infufionis Rofar. pallidar.
lib. mam.
BPellis optimi expumati , lib. duos.
Percoquantur igné lento in Mellù
temperaturam infj^ergenào fub
finem.
Rh'abarbari elebti, &
Cinnamomi eleiti, Mriufq.mc.mam.
Santali çitrini , unc.femif.
Nucis Mofehata , drach. duos.
Fiat EleSluarium ufui reponendm^
LES FACVLTEZ.
H tire & purge benignement tou¬
tes fortes d’humeurs de quelque partie
du corps que ce foit, qu’il y. ait fievre
ou non. On le peut même donner
fourement aux enfâns , aux vieillards*
& aux femmes grolfes.
REMARQ.VE.
IE demeure étonné de deux fautes^
remarquables , que Sauvageon »
laijfé glijfer, en inférant la àeferif
tion du Catholicon fimple de Fernel
dans la Pharmacopée de Bauderon.
La première efi,que Fernel y deman-
Syrupi Infufionis Refarum Pallida-
rum lib. unam , & dans Sauva¬
geon on lit.yinfitfionû Rofarum patli-
darum ^.unam, Vomijfion du mot de
Syrupi n’efi pas de petite importan¬
ce : car fi on mêlait dans cet Ele-
Huaire de Finfitfion de Rofes , pour
du Syrep Rvfat , U s'enfuivreit, quil
la faudrait faire bouillir & cuire,
avec le miel en confiftance d Ele-
üuaire , & elle fe confiumeroit , & If
compefition n aurait pas de Jyrep a
Jùjfifânce pour la conferver , au lieu
que le fyrop y efi mis , pour deux
^es Eleâuaires purgatifs mois, 5^5
raifotfi') la première comme purga¬
tif, & fécondé avec le miel , pour
donner corps à l’ EleEluaire , &
conferver toutes les efpeces , cette
vérité fe trouve confirmée parle di-
re^ de Fernel , Do fis g/, tota comp.o-
fitio exifiit lib. quatuor , dofes funt
circiter quinquaginta. Ge qui ne
pourroit être autrement , fi on p
mettoit l'infufion des Rofes pâles,
au lieu du firop Rofat ; par ce
quelle fie con fumer oit cuifant
avec le miel, comme dit efl , & le
poids d’environ quatre livres , que
pefe toute la cornpofition fuivant
Fernel ne s’y trouverait point. La
fécondé faute , regarde les quatre
femences froides grandes , que l’Au-
theur demande fimplement en ces
termes. Seminum quatuor frigidorum
majorum , & Sauvageon y a ajou¬
te du fien le met de mundatorum,
contre l’intention de Fernel , ^ue
t^il eût voulu quelles eujfent été
mondées , U s’en ferait auffi bien
expliqué icy , comme il a fait im¬
médiatement aprez. en fon grand
Catholicon , & en d’autres en¬
droits , quand il a écrit Seminum
quatuor frigidorum mundatorum.
De dire que le mot de mundato¬
rum fait une omijfion de l’Impri¬
meur , cela rîefi point i par l’exa-
tnen que ’fen ay fait , avec les
exemplaires de differentes éditions,
que j’ay trouvez, tons conformes ;
^ ce qui prouve encores que c’efi
I intention de l’Autheur, de les y
employer entières avec leurs écor-
ees ; c’efl afin qu elles fiaient plus
aperitives & deterfives , ainfi qu’il
a écrit au cinquième livre chap. 4.
de fa Terapentique. S'.fnini praci<‘
pua vis efl ; epuod integrum fi coqui-
tur, jufeulo refi-igerato , modice fic-
cat , incidit , & abflergit , vt etiam
lentes in fade deleat , ac propterea
jecur ac renes expurgat , urinafque
ciet. ^upd vero expurgatum fuerit
tritum aquaque hordei exceptumi
Sanguin ts & urina ar dores lenit
minmque ficcat. Aprezeeta j’efii-
me qu’il ne faut point hefiter de les
y mettre toutes entières ,c efl adiré
concaffées avec leurs écorces & en
toute antre cornpofition ,fi on ne veut
dire Bernent contrevenir â l’inten¬
tion des Autheurs d'icelles.
Refie maintenant aprez. la corre-
Bion de ces deux fautes d’examiner
le modus faciendi du doéte Fernel,&
de dire qu’aprez. avoir cuit plus de
vingt fix onces 5 tàntracinesffueilles,
fleurs, fruits, que femences, dans dix
livres d’Hydromel,& derechef d’in-
fufer & cuire dans fept livres de la
colature dix huit onces de Senné,fix
onces d’ Agaric , & une once de Gin¬
gembre , que cela ne fe peut faire
fans qu’il refie une grande partis de
la vertu des fimples , de la derniers
infufion & decoBion dans leur marc,
comme auffi de diffoudre dans la cl-
lature de cette derniers decoBion la
pulpe des Sebefies , la poudre & les
Syrops. Four y procéder plus métho¬
diquement , il fiant prendre doul^e li¬
vres d’Hydromel, & y faire boùillir
les racines, les unes concaffées ■& les
autres incifées menu, gardant l’ordre
de la decoBion , de mettre les plus
dures les premières : apreX^on y met¬
tra les autres iugrediéns en.leurrang
& ordre , & la decoBion .con fumée
d’environ trois livres , on couvrira
exaBement le pot, qui fera tenu ireit
Z Z 1 - ose
3^4 Livre L
9U quatre heures , fur. les cendres
ehaudes , la colature & l’expreffwn
legerement faite , & repofée pendant
quelques heures. pour la feparerde
fesfecesfera refnife dan, s le même pot
avec le Senne mondé, couvert comme
dejfus & fur une chaleur proportion¬
née a la matière qu on infufe ^elpace
de douXj heur es. Ceux qui y voudront
mettre ' une drachme de fel de Tartre,
ou deux drachme de liqueur de
Tartre tireront mieux la vertu du
S,enhé qu’on ne fauroit faire autre¬
ment-,. âpre Z. on y mettra dans un
no 'uet l’ ^ga-ric trochifqué , bien que
l’Autheur ne le demande paiainji,
cajnme nom voyons quilyfait entrer
le Gingembre pour le corriger ,
nom le faifons afin que l’ Jlgaric no-
cupe pas tant de place , & que fa
vertu fit pim unie', & que la deco-
Eliqn le puïjfe mieux pénétrer , &
l’attirer. L’infujton fera continuée
fur une chaleur un peu pim modérée
par la même ejpace que dejfm , ’&fur
lasfin augmentée , coulée ,e xprirnée , re¬
pofée, & bien, defecée , quelle fait par
rejide.nce,la faut faire évaporer com¬
me il a été cy- devant dit , au fyrop
Rofat compofé avec S.df A. jufquesà
une confiftence convenable, qu’on la
puiffe mêler avec le Jyrop. Rofat, .&
le niiel cuit & defiumé , pour incor¬
porer avecia poudre & la pulpe des
Sebèfies fpr. réduire le tout en bonne
& deu'é forme l’Eleétuaire.
, Ti yphera Perfïca., D. MefI
y:. Skccorum Solani ,
Intybi , feu En divin fa-
tîvn.
SeB'ion VI IL
■dpij depuraterum , fing. Uh.
duos.
Lupuli , etiam depurati , Uh.
unam.
In his technice coque
Tiolarum ficcar. ( recentium potim
cenferem) lib . unam.
Folliculorurn Sennâ,,unc.dueu. ■
Jlgarici trochifeati fcilicet , me-
unam.
Trunorum 'Damafeenorum, n. quü-
quaginta.
Seminis Cafuthn id ef , Cufcuts,
unc.femip.
Myrobalanorum. Citreorum,
Cepularum ,&
Tndarum , oleo violar. m
oimygdalar. dulcium con~
firicatarum , finguL me.
duos.
JSéonulli mendofe legunt fing.drack
nas.
Spica Hardi , drach. très.
Coque pruna igné lento , donec likra
Kna aut dua fuperftnt : cui in]ue.
Spithymi , drach. quadraginta,. .
& Jldyrebolanos oleo confiricatas
vt dixi , (êr bulliant fimul unka
ebullitiene , & exprimante. In
parte una colaturn dijfolve,
Cajfia filiularis , une. quatuor.
Tamarin dorum, une. très.
Manna , une. unam. & femij^.
Sacchariviolati ,feu Conferva vith- ’
lar. lib. unam.
In parte reliqua colati , &
Aceti , libra una , coque igni.
lento
Sacchari albiffimi , lib. très , in
fyrupi crajfitiem , deinde difolve.
]\4ànna , Cajfiam , & Tamarin-
dos : poftremo pulverem feqnen-
t.em. adjicies.
'Of.Rh-A
jD^i Eleé^uaires purgatifs mois, /
Oj. - Rhaharhari eptimJ , me. dttas,
ji^jirohaUnortm Citrearurn , une
nnam & fem.
' Ceptdarum , &
Indanm, utriufque. une. unam.
Belkricarum,
Ernblicarum , &
Smimm Anijî ,fing. une. fimij?.
Fumarid,
Trochifeorum Diarhodonü,
Maeü,
Maftichei,
Cnbebarjm,
Spodii,.
Santali citrini , &
Seminum quatuor figidorum maj$-
rum tnundator. fingulorum,draeh.
dntu & femijt.
Spic£ Indien , drach. duoi.
Fiat pulvü guttis aliquot olei vio-
lati alfergendus , & eonjrican-
dus , priufquam confsEtioni mif-
ceatur , & vajî reponatur.
T'ARAP H RA SE.
La diSEculcé qu’il y a- en la com-
pofîtion de cet EleeStuaire don¬
ne occafion aux vieux Apothicaires
de le donner en chef-d’œuvre aux
jeunes , qui le veulent paffer maî¬
tres. La première eft en la dofè des
médicaments qui femble être dépra¬
vée en divers endroits , {bit par l’er¬
reur des Imprimeurs , ou non , car
les uns lifent des quatre fucs puri-'
fiez 3 de chacun deux livres 3 aufquels
je n’acquielcerois volontiers ; les au¬
tres lifent des trois premiers de cha¬
cun deux livres , & de celuy de Lu-
puleunc tant feulement que j’ay fui-
''y- ’La fécondé eft aux Violes ^qui
entrent en la decoêtiorrj car.Ies uns
lifent trois drachmes , les autres une
livre. Il me femble que trois drach¬
mes de Violes feiches ne fuffifent
pas quoy, qu’elles foient legeres 8c
qu’un peu aprez il demande dou¬
ze onces ( qui valent une livre ) de
fuccre violât , qui n’eft autre cho¬
ie que nôtre Conferve. Ceux qui
auront la commodité d’y mettre des
Violes recentes , ils y en mettront
le poids requis , qui eft - une livre,
finon trois onces de feiches , qui
pourront venir à la livre recente.
Telle eft mon opinion pour ne dé¬
roger à l’Autheur,ny aux exemplai¬
res que j’ay eu en main & n’y ajou¬
ter du mien. La troiziéme eft aux My-
robalans : car aucuns- lifent Citrins,
Cepules3& Indes de chacun deux on¬
ces , les autres deux drachmes : la
faute a été facile à l’Imprimeur po-
lànt le charaélere de drachme pour-
once. La dofe des precedents , &
fuivants démontré que Mefué a en¬
tendu deux onces plutôt que deux
drachmes. Quelques-uns y ajoiitènt'
trois drachmes de Rofes , comme
des Violes , & Nard Indique , ce
qui n’eft pas necelfaire pour caufe
des -Trochifes de Diarhodon qui y
entrent , & que Meftié n’en fait’
mention. Le nom de Tryphera li¬
gnifie Pelicate , pour les raiforis dé¬
clarées au precedent. Le lurnom de
Perfica y eft mis , pour montrer que
les 'Médecins des Pèrfes l’ont in¬
ventée 3 ôc mife premièrement en ufà-
ge. Sa vertu eft univerlèllc, pourcc
qu’elle purge avec choix l’une & l’au¬
tre bile 3, ôc la pimite.
Zz 5
LE
5^^
Livre L SeÛton Vîlh
LE MELANGE.
au mortier de marbre avec un pi%
de bois, & palFera fur le tamis ren¬
versé. La Caflè rcçente ferapafsée
Il faut premièrement purifier les au triple , finon au quadruple, fi
' fiics au Soleil , ou fur le feu : puis elle eft. moins recente , & pesée
les pefer & en iceux cuire premie- comme les Tamarinds, fans l’imme-
rement les pruneaux , & le Cufcuta éter. L’autre partie de la colacurc
concalsé ; un peu aprez on y mettra' avec le vinaigre, Sc fuccre fera cui-
le Seriné nettoyé , comme dit eft, te un peu plus que Syrop , dans un
qu’il n eft befoin de concalfcr , car pot de terre vernifsé , ou dans une
il n’en purge davantage , de s’il en baflîne de cuivre étannée , pour cau-
rend la decoétion plus vifqueufe, fe du vinaigre , qui acquerroit acri-
principaleiricnc fi on prend les fiieil- monie , à catife du cuivre , auquel
les. Au contraire, fi on prend les on détrempera les Tamarinds, Man-
folliculés , comme Mefué demande ne , Cafte , & la Conlèrve de Violes,
( parce qu’elles purgent plus que les puis la baftine ôtée de dclfus le feu,
fueilles ) il les faudroit un peu con- on y ajoûtera peu à peu la poudre
calfer ; aprez on y mettra l’Agaric faite comme s’enfuit,
tiochifqué concafsé, & IcsMyroba- Au Santal duément concafsé on
ïans concaftez, & confriquez d’hui- ajoûtera le Nard Indique incisé, les
le violât , ou d’Amandes douces, femences de Fumeterre , Si d’Anis,
iceux ayans pris un bouillon, on y les Myrobalans, Cubebes , femen-
mettra les Violes , l’Epithyme , & ces froides mondées de leurs écot-
Nard Indique incisé. Cela fait, ces, le Rlieubarbe, Macis, & Tro¬
ie tout fera mis dans une terrine chife de Diarrhodon, qui feront pilez
vernifsée, ou plat d’étain creux , & enfèmble. Il faut pulverifèrà part le
couvert, où il fèjournera jufqu’à ce Maftie, & Spodium ,pour toutes les
que le tout foit à demy refroidy : poudres mêlées , ' confriquer avec
apr^z on l’exprimera diligemment, huile Violât , afin de corriger l’âprc-
& dans la colature remifè fiir le feu, té , & ficcité des Myrobalans , qui
on jettera la Conlèrve de Violes, & fans cela offenlèroient Teftomach des
étant prête à bouillir , on l’exprime- malades ( Mefué au chapitre des My-
ra. Si les Violes de la Conferve robalans.) Ainfi le tout bien mêlan-
fônt curieufement nettoyées de la gé , fera gardé au befoin.
partie herbacée, & diligemment pi¬
lées , on la pourra dilToudre avec la LES FA CF'L TE Z-
Callè, & Tamarinds , le Syrop étant
cuit. D’une partie, de la colature il L’on fe fert de cet Eleétuaice aux
faut humeéber les Tamarinds mon- fievres aiguës , interaperawrè chau-
dez de leurs os ( & pelè^ d’un tiers de du ventricule & du foye , lots
plus qu’il n’eft requis , pour canfè qu’elles régnent en un Eté peftif^to,
du dechet ) qu’on tienchra fur les & en Autonne : 8c en toutes les •
de foyc ^
commode la veuë , à caille des hu¬
meurs bilieufes.
D&î Eleâuatra purgatifs mois. 3^7
iccs. Il appaifè la Ibif, guérit la. jau- point de Lupuls en quantité pottr
nilTe chaude j qui vient d oblhuëtion en tirer le Juc quil faut , ny enco-
difcute la hifïlifion qui in- re moins du Solanurn , & en la fai-
fin des Lupuls & du Solanurn , on
ne trouve point non plus des Vio¬
les recentes. Et pour une ficondoy
R E M A R Q_y E. ^ recentes mon¬
dées comme il efi requis , nen don-
E\Auderon a épluché quelques dif- neront ]amais plus haut d'une on-
fcultés qui fi trouvent en la ce & demy de fiiches. le ue pre-
defcription du Tryphera Perjîca qui tend point icy de blâmer Mefue
ont procédé, non pus des Imprimeurs, de ce quil demande dans cet Ele-
mais bien des divers manufirits étuaire des-firnples hors leur faifin
qui jurent faits des œuvres de ÎMIe- a nôtre égard , attendu qu'il pou-
fié avant que l’ujàge de l’Impri- voit être fous uti clymat beaucoup
merie fût , ou bien des diverfes ver- différent du nôtre , comme auffi fis
fions qui en ont été faites 3 mais il premiers inventeurs , les Médecins
me femhle quil y en relie encores de Per fis pouvaient avoir en même
quelques-unes. La première me pa- fàifin les Lupuls, le Solanurn . V En-
roît aux Violes recentes , que Bau- dive , efi L'Ache pour en tirer les
deron aprez. quelques exemplaires fitcs , & les Violes recentes pour
de Mefué , comme ceux de . Venife mettre dans la ’ deceSlion. Aprez.
par Vincent Valdegrife de l'an if6i. ces difficultés s'en pre fente une atir
tre qui ejl fort importante, pour rai-
fin de la chicane quon apporte à:
ceux qui afpirent d la maurifi des
Apothicaires , c'efi d fpaVoir, com¬
me quoy pouvoir cuire 3 2, encer
d’ingrediens , les uns qui fiuffrent
une coHion confiderable , comme les
Pruneaux , & les Myrobalans , ler
autres qui font d'une fubftance ra-
comme les Violes recentes , en-
& de Imtes de l'an 1623. veut
quon y en mette de recentes une li¬
vre , d qui en aura la commodité,
& en leur deffaut trois onces de fii¬
ches , au lieu que Mefué que fay
en manufirit , & les Moines qui
l’ont commenté , n'en demandent de
feiches ou recentes que trois drach-
tnes , quantité qui me fimble devoir
fuffire pour la quantité de l'Ele-
duaire , veu qu’il y entre encohes cores plus les fiiches, les follicules de
une livre de fuccre Violât , par Senne. , l'Agaric , & en dernier lieu
lequel H faut entendre la Canfirve quarante drachmes d'Epithyme,qui
de Violes liquide , comme dit le P a- eft encores de fiebSlance plus rare que
taphraFle , ou bien filon d'autres le les autres , tous lefquels ingrédient'
Syrop Violât nouvellement dilfen- font capables d'abflrber les fept U-
se de diverfes infufons ; pour la vres des fiscs prefcrits que l'Au-
premiere il ejl impoffible d'y pots- theur y demande pour les cuire, ce
'‘fer fatisfaire, puis qu'en, la faifin . qui me perfuade.de croire qu'il y
des Violes.rec.ent6s , il ne fi trouvée d'autres faufes en la defiription
de:-
i6î : Livre L SeBion Vl IL
de Bemàeron , Ainji qu’on peut ve^
rifier far lei trois exeiaplaires des
oeuvres de Mefué cy-dejfus citést &
far les .Moines en la dofe des My-
robolans qui entrent en la decoüion,
au lieu qu'on lit dans ic eux :My~
robalanorum Citrearurn, Cepularum,
& Indarum , ana drachrnas duos,
dans Bauderon \Myrobalanorum
Cit 'fearum , &c. ana uncias duos , les
P^iôles déduites , & les Myrobalans,
il y aurbif des fucs à fuffifâncé
pour cuire & infufer le' reflam des
tn'gredièns: l'ay voulu donner cet
avis' d VArtisle , avant pajfer au
modus facien'di fuivant la defcri-
ption de Bauderon. En premier lieu
i( faut prendre le poids requis de
chacun -des fucs , bien exaUemem
& feparément purifiés , & en ieeux
dans un pot de terre plombé cuire
les Pruneaux mondés , & la fe-
mence de Cufcute cohcafsée , un peu
aprez. les fotUeules. de Senne inci¬
sées & legerement concafsées , ■ les
JlPytob'alans mondés , voncafsés df
confriqués avec l'huile requisse tout
ayant cuit chacun en fan rang fi¬
xa infusé par ' vingt-quatre heures
en lieu chaud , aprez. fizuP augmen¬
ter le feu, & luy donner'tine ébul¬
lition , & les . . 'àouler 'h demy foid
& bien exprimer' le .tosit , derechef
dans la même cotature & au mê¬
me pot , faut- jetter les p^ieles , l'A¬
garic , le Spica Nard , & l'Epithy-
me , les derniers feront incifi'ifauf-
fimenu qu'il fi pourra, & les faut
faire chauffer jufqu’d ce qu'ils com¬
menceront k bouillir , le pot étant
bien couvert , demeurera en infu-
fion comme defftssy & pour le fur-
pltts on procédera fuivant Baude¬
ron : cette façon il y aura de
liqueur k fuffifance , & les infufions
& eoElions ne diminueront "'en rien
de leur vertu , au contraire ell'èfe-
ra pim grande.
Tryphera Sarraccnica, D.Ni-
co I Alexand.
'ffL. Sacchari, une. très , ( hujmnon
meminit Myrepf) '
Corticum Myrohalanorum Citrsa-
rum , "
O-vyphœnici , id efi , Tamàr'tndo-
rum ,&
MedulU Cajfia fiftuU , fingul. une.
ptnam & femijt
Manne ,&■:
Myr-obàlanôrum Cepularuni , urinf
que drach. fix. fcrüpul. duos , Sh
taria,id efi,gran. frumèmt quin-
que, ' ' ’ ^
' B'ellericarum , &
Emblicarum , utriufiue une.,
■femifi. gran. quatuor , mtn-
: ' défi Codex Myrepf hdet..
'^û. gran. quatuor.
Rhaharbari Indi , &
Vielarum recentium , vel feminù,
utriufque unciam fimiff'
Seminis Anifi ,-&
Fœniculi , utriufque ârachm.
duos & gran. quinâecim.'^
Spica Indiea , ( cum Myrepf<a>4
Maliiches cum SalernitÀno,)&
Macis , utriufque drachmàm unaMs
gran. fiptemdgr femifi' ■
In libris duabm aqua tealida, irif
ce , E'iolarum recentium, { fi'-tet'
num fit tempm ) une. tres! fin
autem confirvà i^iolarum fej'étl*
mcias noVern. BnlUant paMi^-
aqM
Des EleBuaires purgatifs mois, 5 6"^
Ac^UA furpureo colore tingatur.
ColatnrA coque , Sacchari uncÎAt
viginti ,fi violai recentes injece-
rü ; Jî Coyifervam , quatuordecim
fufficient : quoniam in uncijs ne-
vern Conferva funt Sacchari une.
[ex , qu& quatuordecim junSla
viginti efficiunt ( quAntitoi hic ex-
petita J PercoEto Syrupo dijfol-
ve Manna , Tamarindos , eè' Caf-
fiam. Denique pulveretn teimijji-
mè l&vigatum.
PAS.APH rase.
SAIemitanus a emprunté cette de-
feription de mot à mot de Nicol.
Myrepîiis au premier des Antidotes,
chapitre zoc;. hormis que des der¬
niers Myrobalans ^ il lit demy drach¬
me, pour demy once. L'erreur eft
facile à un Imprimeur mal versé de
pofer 3. pour l’ay retenu le Nard
Indic mentionné par Myrepfîis au
lieu du Maftich fpecifié par Saler-
nitanus , pour les raifons que nous
dirons maintenant. Son nom par
Antiphrafte fignifie delictite & plai-
fànte. Le furnom vient des Méde¬
cins Sarralïns , qui lont inventée &
mis en ufage. Mefué diftinétion deu-
ziéme, en décrit une de femblable
l'om , difFerente en nombre de mé¬
dicaments & vertu , qui n'cft ulî-
tee : mais cette-cy décrite par Ni-
colaus Salcrnitanus. La bafe chola-
gogue font les Myrobalans Citrins,
Thamarinds , & Callè : leur vertu
eft augmentée par le Rheubarbe , &
Violes qui auffi corrigent l'âpreté
& liccité des Myrobalans & Rheu¬
barbe. Le Macis fortifie le ventri¬
cule contre leur nuifànce,& le Nard
Indique le foye : les’ lèmences y
font mifes pour confumer les vents,
incifèr & atténuer les matières craC-
CS , & icdles conduire par la voye
de i’urine , & delbpiler : la Manne
& Succre detergent, & confèrvent
le tout.
LE MELANGE.
le ferois d’avis qu’en pulverifânc
les Myrobalans on y ajoutât un peu
d'huile d'Amandes douces, tant pour
empêcher leur exhalation , que pour
corriger leur nuifànce. Le Nard In¬
dique , le Macis , & les femences
feront pulverifez enfembde , & le
Rheubarbe à part , pour mêler le
tout & le garder. Cela fait , on pren¬
dra deux livres d'eau bouillante , à
laquelle on jettera trois onces de
Violes récentes , & mondées ( fi c’eft
le mois de Mars ) aufquellcs on
donnera un feul bouillon , afin de
colorer l'èau : aprez on les expri¬
mera Icgerement. D'une partie de
la colature lèront humeétez les Tha¬
marinds mondez , chauffez , pilez &
pafTez comme la Cafïè , fur le tamis,
avec une Ipatule , comme il a été dit;
au refte de la colature il faut met¬
tre vingt onces de fuccre blanc , &
net , fi on a pris des Violes recen¬
tes : finon quatorze onces fi on prend
de la Conferve , pource qu’en neuf
onces de Conferve y a fix onces
de Succre & trois de Violes , qui
revient tant de l’un que de l'autre
au poids requis , qu’on fera cuire
un peu plus que Syrop, auquel la
baffîne étant encore fur le feu o»
détrempera la Manne , la Confer¬
ve, lesTaraarinds , & la Caflè : puis
Aaa ,ic
37^ /.
ie tout à demj' refroidy , peu à peu
on y ajoûtera les poudres. Cet Ele-
diuaire fera gardé dans un pot de ter¬
re vernifsécj attendant la neceffitc
pour s'en fovir.
LES EACFLTEZ.
Elle eft efficace pour ceux qui
ont la jaunilfe , pour les hépatiques
&c melancholiques , & contre tous
les maux de tête , & d’eftomach,-
& des hypochondres J qui naiflène
de melancholie , ou de bile fl ave brû¬
lée. Comme audi contre la fievre
•double tierce. Elle fortifie la veuéj.
&c refait lé tcinéE
R E M A R QJ E.
A Trichera Ssirracenica efi dé¬
crite par Nicolam Alexandri-
nm en fon livre preallegué , chapi¬
tre Et quoy que la defeription
cy-dejfpts différé un peu en quelque
dofe de ceÜe-cy ,& non des ingre-
diens , je n ay pas laifsé de corri¬
ger le nom de VAutheur a quiBau-
deron V avait attribuée ; car ces fau¬
tes precedent des Imprimeurs , &
de Nicolam Myrepfm Alexandrin.
& de Salernitanm quon appelle.
Bauderon obferve exactement le
rnodm faciendi .de fon Autheurj
mais quant à la dofe du fuccre il
na point fuivy Vedition de Grego-
ry de Gregorÿs de Vénife de Van
151?. ny de BenediCi Bonnyn
de Lyon de Van i s Ao . qui deman¬
dent quatre onces de fuccre , , au
lieu que luntas de Vénife de Van
}6z}. n’en demande que trois on¬
ces , qu’il a Jùivy, auquel il s’en
SeBion VI IL
faut tenir , y ayant affe^. du fuc.
cre d’ailleurs pour conferver la
elfe ces.
Caffia cum Saccharo pro Cly-
fteribuSjD.Nicol. Præp.
Foliorum Malva,
Mercurialü,
^Beta,,
Parietaria,
Violaria , dr
Elorum ejufdem > fingul. manipul
unurn.
Abfinthii Pontici ma]oris,feu vul-
gar. manip. femiJS.
Coquantur in aqua Jùffcienti.Colatk-
ra laventur Canna Caffia, & cum
Sacchari libra una & dimidid, co¬
quantur 'ad me lits crajfitudinem:
deinde diffolve.
Medulla Caffia diligenter purgatt,
lib- unam & repone.
Si vice Sacchari, mel defumatum
fubÿciatur, Caffia cum molle mm-
cupabitur.
P ARAP HRASE.
De la pulpe de Calîè quelques-
uns font divers Eieâuaircs,
aufqucs ils ajoutent le ffirnom de la
bafe, foit M'anne, Senne 3 S'earamb-
' née 5 Rheubarbe , &c. qui les confti-
tuent , qu'il n'eft pas befoin de tenir
aux boutiques , pource qu’en- tout
tems les Médecins y ajouteront ce
qu'ils verront être nccelfaircj joint
que la Caflè s'enaigrit facilement du
loir au matin , encores plus 3 fl elle eft.
gardée longuement feule.
LE
Des EleBuaires purgatifs mois, 571
LE MELANGE.
Le irêlange éft facile : car il ne
faut que aiire les herbes en quatre
livres d’eau^ qui reviennent à la moi-
ricj & de la colacure en laver les
cannes de lîi Caflè , Sx. avec 'le fùc-
cre la 'bouillir &: cuire en Eleétuai-
re mol j puis là balïine encore fur
le ici! i y dilfoudfe une livre de pul¬
pe de Caflè receimnent extraite, Sc¬
ie tout garder. Quelques -uns au lieu
du fliccre y mettent du miel écume
& cuit femblable" pdids , & le nom¬
ment Caflîa cum mellc.
LES F ACF LTE Z.
Çette Opiate fâche doucement le
ventre, tempéré 1 ardeur des fïevres,
& l'inflammation des vllceres.
REMARQJv^E.
NIcolaus Pr&pojitui ne met que
demy livre de miel fur une li-
"vre de pulpe de Cajfe, & Baude-
ron prévoyant le danger quil y
avoit , il a mis en fa place une U~
Wf & demy de fuccre , atttrement
^ EleSiuaire ne fe confèrveroit pas
qthnx.e purs fitns s’aigrir , & fe
perdrait entièrement , fi on ny au¬
gmentait le fuccre : ceux qui le vou¬
dront compofer avec le miel y en
mettront deux livres de dejpumé &
cuit en EleHuaire.
Elci^uanum Lenitivum ,incer-
,ti Anéboris.
3^- Senna mandat a.
Poîypodii quercini , &
Pajfularum mandat arutn , fing, une.
duos,
Mercurialii manipul. unum & fe-
rniji.
Hordei. mundati,
Adianthi nigri,feu Pdlytrichi,&
Seminis Fiolarum , vel forum re-
centium , fng. manip. unum,
lujuharum , &
Seheiien , utriufque num. viginti,
Prunorum enucleatorum , &
Tamartndorum , uriufque drachm,
fex.
Glycyrrhiza , unc. femif.
Coquantur ex artis praferipto , in
aqua fufficienti. Colatura diffolve
Pulparum Càjfia fiSluUi
Tamarindorum , &
Prunorum dulcium,
Sacchari eptimi , &
Sacchari Fiolati , fingul. une. fex.
femper mbvendo Jpatula , donec
refcixerint. Demum in libras fn-
"‘gulas EleSluarii adde pulveris
Senna mandata , une. unam & Ce-
mifî.
Seminis Anifi , drachm. duos, ( hoe
addidi ad fatuum difcujfonem,
quos dulcia prbereant, , & ad
Senna câBtgationem ) & ufui
reponantur.
PARAPHRASE.
L’Autheur de cet Electuaire nous
efl: incertain, lequel a pris le nom
de fon effet, & non de la balè, qui
eft Cholagogue , & Phlegmagogue.
La Cholagogue eft la Caflè ; l-v ver-
m purgative eft augmentée par les
Tamarinds, Primes, ôc Violes. La
Phlegmagogue eft le Senné : {a vertu
Aaa 2 eft
Livre 1. Se0ïon VI IL
LES FACVLTEZ.
37^
cft augmentée par le Polipode ; les
fruits, & Orge conduiient leur ver¬
tu à la poidrine , & au foye,. les
Tamarinds & Prunes' à la raue, la
Mercuriale , & Violes'i aux reins,: la
Reglillè , Polytric , & Anis , qui
delopile,. intilè le phlegmc , coniu-
me les vents & corrige le Polypo-
de, & Senne , le fiiccie violât & fin,
corrigent la lîccité du Senné ,adGU-
cilicnt , .detcrgeiît , ■donnent la la¬
veur , Si. ciÿnfèéivent-le, tout»
LE MELA ^V.E.
Il faut premièrement bouillir le
Polypode cbncafsé & l'Orge en eau,
puis on y ajoutera les Pruneaux , un
peu aprez les Railîns , Sébeftes , &
lujubes ,aprez'les Tamarinds, Mer¬
curiale, Reglillè i & Senné, finale-
mènt le Polytric Violes, puis le
tout à demy refroidy , fera exprimé.
D’une partie de la colature feront bu-
mcdèz les Tamarinds’ mondez &
palîèz à rr^Y^rs tamis comme la
Caire,& Pruneaux. L’autre parue fera
cuite en Syràj3„ a.veç;le fiïçcre , auquel .
étant encore bif le feu ' on ' détrem¬
pera les Tamarinds , Prunes ,^C'allc,
& Succre Violât j qui éft nôtre Con-
ferve. - Aprez iîir toute la compo-
fition à deipy refroidie , on ajoute¬
ra trois oni^s & lîx drachmes de
Senne bien nettoyé , Sicinc^ drach¬
mes d’ Anis en poudre, qui revient
juftement à une once & deinie de
Senné , & deux drachmes d’Anis
pour chacune livre d’Eléduaire. Ain-
fi le tout fera mis en un pot vernit
sé & gardé au beloin.
Il eû propre aux fievres engen¬
drées' de pourriture d’humêùrs, &
à la pleurefie : rend le. ventre flui-
de , & purge innocciumenc l’imc &
l’autre bile.
ÏIEMARQVE.
Et EleSuaire efi décrit par
rAutheur du L^tninArc ma-
, lequel met au lieu du Sen¬
né les ^Eollicules , tant en infufiejç
quen fubftance.-les Médecins dAu-
Jhourg attfibuent cet EleSuaire a
Florenzéola i je ne fpay quel Au-
thi^ur cejt : ceux de Londres^ y,
mettent deux livres de fuccre au
lieu de Jîx onces , j’eBime qu'ils,
ont eu raifin dj ce faire , j?arce
quon ne ppauroii^ garder de cor¬
ruption cette compoftion un an fans-
qu'elle ne fe gâtât , à caufe de' la.
grande qttantité de pulpes. & du,
peu de Juccre. jQjsaiii k moy je,
fuù du fentirnent qu'il faut au¬
gmenter le fuccre pour la confer-
vation du total , mais qu'il file¬
ra feulement, d'j én ajouter une II- 1
vre,& dou1(e mees qu’il y en a dé¬
jà J compris le fitccre jfiolat ( pour
lequel j’entends noire Syrop Vio¬
lât artiSlement fait de diverfesin-
fufions & non la Conferve ) ils fe¬
ront deux livres f quantité, raifon-
nable pour conferver rEleHùdire,.
moyennant que les pulpesl foient
bien ' dejfeichées ^ & ainfi il y aura-
quelques onces pim de fuccre que
des autres efeces.
^es EleBmires purgkîtfsmols. 375
Elccfluarium Dia Scbcften, D.
Barth. IWpncagnanæ,
Pulpar. Sehefter? ,
Prmorüm , &
Tamarin dorttm ( ex aqua vie-
larum^ Lihra una extraHa-
yam ) fin g. une', qui'nque.
Succorum Ireos , & .
.Auguria, id efi, ‘Melonû mag-
ni Tndiçi ,, utriufque une.
fex.
Sudei Mercurialû, uni. quatuor.
Penidiarum, une. oSto Coque ad )h-
fiamùrafitudinern : deinde dif-
folve pulpai ereta's , ^
3iaprmi fmplïeü , . Ub. unam &
dimidP
Pulv. femin. violarum ( quia po-
" tentiué purgeât flore )■■ &
quatuor fiigidorum major anun-
da'ter.fing. une. unam.
Diadacry iij , draeh.tr es & femîfi.
Fiât Sleiluarium uflui re'ponendum. ‘
PARAP HRASE.
CEt El'tdnaire .a çris le nom des^
Sebeftes mife's’âu coinmence-
meht/décrit par Montagnana, au dix
neufiéme chapftre de foa Àntidotaire
page’468. La bafe cft le Edaprunum -
firaple, fa vertu eft augmentée par les
F>aîies, TamarinSj& SebefteSjqui ne
purgent mopjs que les Prunes! Ægi-
aée ■ livre feptiéme, leur tardiveté
cft accelcréè par le Diagfcdc.Les fucs„
eau de violes , & femences y font mi ? ,
pour deterger le phlegrac , delopilc
& purger par la voye dé-l’urine les
Coûtez J Si éteindre la chaleur de-
meliirée des vifeeres : les Penides
pour corriger la ficcité du Diagrede»,
rendre leur adion meilleure , & aider
à la confervation du tout.
z'k MELANGE..
. L’Autheur même ehfeigne le mé¬
lange J lequel aprez avoir infufé les
Sebeftes en Peau de violes , les fait
boiiillir en icelle, & les Sucs avec
les Prunes, Tamarinds , & femences,
jufqu’à la confumption de la moitié,
puis il ks exprime. En la colature
il cuit les Penides eii Elednairc,
puis y dillbiit le*Diaprunum , & fur
la ^n , la baffine à demy refroidie le
Diagredepulverifé, & garde le tout
aû befoin.' Cette méthode eft facile,
& louable, ’
Les Mitres pour d'ortner plus de
vertu à cet Éledtuaire , ^nt d'avis
d’inftiféïles Sebeftes en l'eau de vio¬
les’, & Prufes ^ afin de plus facile¬
ment feparcr leur pulpe des os , la
quantité rcquik : puis les font bouil¬
lir * avec Içs iûcs , & eau , les pi-
lént-ay. mortier de marbre , les paC-
fent ’a travers le tamis & les gar¬
dent, ■D'une p a; tie de la colature , ils
Eymfdent les Tamarinds , les, pilent
.■&^:i^ent comme k s Prunes , & Se-
• IbeKeè- : L’autre partie ils, la cuifènt
avedlcs Penides en Elcduaire, pins
y a^^ûté'nt leldites piilpes,Tamarinds,,
Diapruiiiim , & les femences mon-
•déeS , .& pulvcrifees ; finaj^nent le
Diagrede puluerife , & relferrent k
tout J méthode fort bonne.
A 3'a 3
LES
-374 Livre L Se^ion VJ 1 L
LES FA CFLTE Z.
C’eft un purgatif propre pour les
fièvres tierces intermittentes, & con¬
tinues exquiles , dont il modéré l’a-
crimonic , appailè la loif & les veil¬
les., & chaüé les humeur^ acres par
les -urines.
ÎIEMARQVE. .
Auderon rapporte fidellement
cet EleStuaire ainfi que faj pu
•vérifier, avec l‘Antidotaire de M.oh-
tagnana , imprimé a V~ehtfe , apud
Gajparem Bindonum , arme 1-56^.
maü je doute fi ^intention de ce
dernier a été d’y faire entrer qua¬
tre onces des quatre femences fioi-
des , grandes fur environ quatre li¬
vres d’Eleüuaire ,fans y compren¬
dre celles qui font déjà entrées dans
le Diaprunum : je ne puis de moins
croire que cela ne foit une faute de
l’ Imprimeur , au lieu d’écrire femin.
natuor fiigid. majorum mundator.
j. il n'ait écrit ana |j. & au furplus
il fe prefente une autre faute confi-
derable, qui efl que huit onces de Pe-
nides ne fiauroient conferver vingt
onces de pulpe , ou de poudre qui
y entre , de dire que la pulpe doive
tenir lieu de fuccre , cette raifon
n’a point de lieu, il faut difîinguer,
& dire que cela fe pourroit en un
autre Eleptuaire ou le fuccre. y fi- *
roit en .une dofe & quantité fujfi-
fante pour pouvoir incorporer &
conferver toutes les ejpeces qui le
compofent par fa vifiofîté , étant cui¬
te & digerée , & que la pulpe y fut
eh petite quantité , alors on la peut
pajfer pour fuccre ; mais quand
c'efi dans un EleBuaire , comipe ce-
luy de Cajfia cum Saccharo , du Le-
nitivum , ■& en cettuy-cy , que la
quantité de la pulpe excede du dou¬
ble le fuccre , elle caufiroit ( comme
a été cy-devant dit ) l’entier. e per¬
te de tels EleBuaires ; à raifon que
fin humiditéyefi purement & firh-
plement aqueufi, grandement Jitjet-'
te d corruption, qui commêhce par
l’aigreur ; ou bien fi on dejfeichoit
par trop ladite pulpes la ficcité d'i¬
celle attireroit en peu de tems tou¬
te...^ l’humidité vifqueufe du fuccre
ne s'y trouvant pas en une quantité
proportionnée, l’un feroit périr l’au¬
tre. C’pfi peurquoy en cet EleBuai-
re comme ' aux fus - nommés , il jt
faut augmenter la dofe du fuccre,
fi on àefire le garder comme un re-,
mede Officinal .pour le morfi juf
ques A deux livres y compris . les 8.
onces de Penides , & fi ençeres. on
ne le fiauroit garder long tems.
Le Modlu faciendi de Monta-
gnana ne doit point être fitivy,
mais celuy de Bauderon , excepfi
qu’il faut bien& exaBement piler
les fimencès fioifies mondé^^ dans
un mortier de marbre & pilon fie
bois avec le fuc d’/reos dépuré, en
forte que le tout puijfe paffier a tra¬
vers une ^ étamine fine ,. ou bien a.
travers un tamts fubttl renverse,
aprez. à la vapeur du bain dans
un vaiffieau de terre vernifiée éva¬
porer l’humidité fuperfiu 'é , jufques
à la confiBence des autres pulpes,
& la femence de F'ioles fera mfie
en poudre fubtile ,pour le tout être
mêlé avec le fuccre.
Diap«
Des EleBualres furgatifs mois.
Fiat EleEluarium ufui necejfa
37f
Diaprunum fimpl. D. Nicol. Diaprunum compofitum ejtif-
Alexand. deai N.Alcxand.
y:. Frunorwm Damafcen. dulc. ac
maturorum , n. centum.
Qquantur in parva quantîtate
' aqnt, 3 donec dijfolvi videantur:
deinde fuper cribrum inverfum
vaji impofitum trajkiantur cor-
ticês, & ojfd repciantHr , & pulpa
reponatur. In percolato jure prti-
norum coque ,
Fiolarum recenter ficcarum, unciam
dimidiam ( Salernitan. habet fef-
■ quimciam ) & exprimantur.
CoUtura coque in Syrupi crajfttudi-
nem, Sacchari albi, lib,duas.
Deinde dijfolve -
Pulpa Prunorur» perfe inipijfata,
lih. unam.
Tamarindorum , &
Medulh CaJftafiftuU, utriujq, une,
unam.
Pdverem Santalormn Albi é"
Ruhri.
Spodij, dr . ■
Rhabarbarioptimi , fin g. drach.tres.
( Huic Salernit.fubjungit Cinnamo-
mum 3 quod pratermittendum du-
Rofarum rubrarum ,
Fiolarum , .
^minum Portulaca ,
Ditybi,feH Seriola , &
Oxyacantha , vulgo Ber-
berü 3
Sùcci Glycyrrhiza , &
Gummi Tragacanthi , fing. dràch.
duoi.
Sttninum quatuor frigidor. major,
tnundator. fing.drach. unam.
Ofi. Diaprmi fimplicis praferipti &
adhuc calidi lih. unam , Scammo-
nif pr¶ti une. dimidiam , &
non draeh. feptem cum Salernit.
vt fit ferupuiui mue Diacrydij
in une. fingul. Diapruni , quan-
titM idonea in purgando corpo-
re : fiat Eleüuarium nfui re-
ponendum.
paraphrase:
Nous appelions Diaprunum fim-
ple, ccluy qui ne reçoit le Dia-
grede : compofe3 ccluy.où il entre.
La bafe eft Ja pulpe des Prunes dou¬
ces, dont il a pris le nom: û vertu
purgative ell augmentée par la Galle,
Violes T Tamarinds , & Rheubarbe:
leur tardiveté eft accélérée par le Dia-
grede : la chalsur de cettuy-cy, & du
Rheubarbe eft modérée par les
Violes , 8c leur ftccité par le ftie
de Reglillè ,• & Tragacanth. Lés
Rofès y 'font mifès pour la defenfè
du ventricule , contre la nuilàncc
des Prunes, Galïè', & Tamarinds:
les Santaux , & Spodium , forti¬
fient le foye par leur legere adftri-
étion : les femences y font mifos,
pour dcfopiler les conduits bouchez,
& conduire la bile par la voye de
l’urine : fe foccre , pour leur confer-
vation, ôc rendre leur aéèion meil¬
leure.
37<^ Livre L SeBion VI î L
LE MELANGE.
Premièrement il faut bouillir les
Prunes de Damas recentes , meures
& douces , en moyenne quantité
d“eau , jufqu’à la confompcion en¬
viron de la tierce partie : darîs la co-
llature on fera boiiillir demy once de
femence de Violes , pource quelle
eft plus purgative que les Seurs,
auflî qu/cn toute laifon j il s'en trou¬
ve facilement , & ell en fa vigueur ,
& fou vent les Heurs ,pour avoir été
mal conditionnées en les foiehant,
ont perdu leur naïfve couleur > & yer-
tu. Sinon on prendra vneonce 3c de¬
my de cônlèrve de violes fine ( où
il y a demy once de violes mondées,
&une once de fuccre , laquelle on
diminuera des deux livres qui y en¬
trent) qu’on jettera àlacolature , 3ç
ieelle prête à boü(^lir , fera exprimée.
Cela fait on fera cuire le foccre, avec
la colature des violes , en confiftcnce
de fyrop , ou un peu |tIus, Les Prunes
feront palfées fur un tamis renvcrfé
(fous leq'tiel y aye un plat creux) avec
une cueillere , ou la main même , en
forte qu’il n’y refte que les os, &
peau qu’on jettera. La pulpe palïee,
fora à part dans le plat même , ou
caflette feichée de fon humidité fu-
perfluë ( qui caufcroit une facile cor¬
ruption de l’Eleétuaire ) fiir un petit
feu , puis fora paifée derechef par le
tamis , & diflbute au fyrop , avec la ,
Callè , & Tamarinds humeétez, avec
une partie .de l’eau de Prunes , & paf-
foz fou- le tamis , comme pluficurs
fois il a été déclaré : finalement la
poudre ( la baffine ôtée de delîiis
le feu , & à demy refroidie ) la¬
quelle fe fera ainfi. Il fontpremie-
rement Concafler les Santaux': puis
on y ajoutera le Rheubarb'e , le foc
de Reglilfe , la gomme Tragacantli,
3c toutes, les femences ; les qiia-
tre froides mondées en petite quan¬
tité empêcheront l’exhalation des
autres , 3c qu’ils n’adherent au mor¬
tier, pour caufo du foc dè reglilfe: for
la fin on y ajoutera les rofes , &
violes.
A part il faut pulverifor le Spo;
diura , & Diagrede ( qui fora jtus à
part pour le Diaprunum compofé)
Myrepfiis au premier des Antidotes,
chap. 88. ne Ipecifie point la dofodu
Diagrede. Salerniranns y. en met
fept drachmes pour chacune livre
de Diapninum , quantité trop gran¬
de. Il fufht de demy once , qui re¬
vient à UH forupuie de Diagre^cte,
pour chacune once d’Electuaire,
quantité fufSfanfe pour purger fans ■
nuifonce. l’ay ôté la candie , .pour
ce que Myrepfos n’en fait niep-
tion , mais Salcrnitanus , & qu’elle
eft trop chaude pour les fievres ar¬
dentes.
LES FACFLTEZ.
Le Diaprunum fimpie convient
aux fievres continués & intermitten¬
tes caufecs de bile , & auffi aux ma¬
ladies de caufo chaude , & à celles
du poulmon , du thorax , des rdnSj^e
lavefîie, en lâchant le ventre. Le
compofé a les mêmes vertus , mais.u
purge plus puifïâmment la bile*
RE
Des EleBmires purgatifs mois.
377
REMARQ.V E.
N Icolaui AlcKandrinm au cha¬
pitre ii7. de feu Hure de la
cmpofition du médicaments beaux
décrit le Diaprunü , mot à mot de
même que Bauderon., quiefl le fujet
que fay rayé le nom de Myrepftu.
Il fe rencontre fort peu de comfo-
f lions dans cette Pharmacopée qui
foient fi exaliément décrites dans
les autres Dijpenfaires que celle-ey:
fay vérifié cette vérité avec beau¬
coup d’autres, & nay trouvé aucuns
qui foient différent quen feu de
chtfe, comme en quelques-uns , eu la
femence de melon n y entre point,
fefiime que cela procédé -, ou par
omijfion, OH de ce que Nicolatu Âle-
xandrinus n employé dans fa deferip-
tkn que trots femences froidei gran¬
des ,fiavoir celles de citrouilles , me¬
lons, & Cucurbites , & a laijfé celles
de concombres , fi l’ Imprimeur ne les
aMlfis. Nicolaus Myrepfus Ale-
xandrinm apud Balthazarem Ar-
noletum Lugduni anno 1550. de¬
mande des quatre femences fioides
grandes mondées de chacune deux .
drachmes. Les Dijpenfaires de Lyon,
& d’Arnfierdam & autres Vont fui-
vy , mais le nombre efi de beaucoup
plus grand de ceux que fay conféré
qui nen demandent avec l’Aùtheur
qu’une drachme de chacune avec lefe
quels il fefaut tenir. Pour la canelle,
il y en a quantité qui Vont tetenué,
& d’autres qui Vont rayée avec Bau¬
deron , par ce que A/yrepfus nen fait
point mention , comme fait Nic.Ale-
nandrinm,nonob fiant qu’il efi le plus
ancien des Nicolas qui le décrit.
Eleduanum de ,
D.Mef,
Succorum Buglojfi,
Borraginü , ^
Intybi , id efi , Endivia fa-
tiva , '&
Apij depuratorum . finguL Hb.
duos.
Eumaria dépurât, une, très.
In his infunde horü viginti qua-,
Semin. Cajfutha , id efi , Cufcu-
ta,&
Anifi ,
Folliculorum Senna mundatorum ,
Afari , firigul. me. femifi. ( hu-
jus mendosé legitür- , une. qua¬
tuor pro drachm. quatuor , cuve
Myrepfo qui P 0 fier ior fitit Mé¬
fié 'capite zi^^ ‘lib.1. Antido-
torum.) ,
Adianti albi ^ feu Capilli Vénérés,
manip. unum.
Spica Nardi , drach. duos , femel
fervefiant.
Praterea adde.
Violarum viridinm , vel ficcarum,
une. très.
Epithymi , une. duos , femel quoque
fervefiant.
Cola & exprime. Colato macéra
horis viginti quatuor,
Seminis Pfÿllq integri , me. très,
quavis hora agitando. Pofi ex¬
prime totam mucilaginem in cu-
jus libris quatuor coque igni lente
ad Syrupi crajfitiem,
Sacchari, libras très, cum Myrepfo,
potius quam libras duos , & fé-
miffem , cum Mefue. Tune inijee
B b b ptuve
378 Livre I, Seüion V l IL
fulveretn fequentem.
Diacrydij , une. très, cum Myrep/o,
& nm une. très, , & femijf.
cfim Mefite Troehifeorum de
Spodio ,
Diarhodonts , &
De Rhabarbaro , Jîngul. une.
unam.
De Berberis , une. dimidiam,
Vechnicè paretur EleBuarium.
PARAPHRASE.
Le texte de Nicolaus Myrepïiis:
Alexandrimis , qui a tranfcrit de
mot à mot cet Eleduaire de Mefiié
demonftrc nos exemplaires en. ce lieu
avoir été dépravez ; car Mefué de¬
mande d'Alarura quatre onces » pour
quatre drachmes : lerreur çft faci¬
le, à. rimpriroeur pofanc pur 5.
Sc du fuccre deux livres & demy,
pour trois : ^.trois onces & de-
my de Diagrede , pour crois onces
feulement J qui revient à deux faii-
piiles de ^ammonée pour, chacune,
once de ftecre quantité plus que
fiffifoite : car la commune dofe eft
douze grains , ainfi que luy meme
enfeigne au^ chapitre de laScammo-
née. Quanta fAiàrum, ilny apoint
diappaience que. quatre pnees , puif-
fent avoir lieu , attendu qu'il til fort-
deiàgreable au gouft ^ plein d une
amertume infLiportable : qu'if .eft
chaud fec au troifiéme degré » &
moins convenable à la bile, qui d§,
(à nature étant fort chaude , cayfe
ftevre continué' , iélerie , & inflam¬
mation de foye , aufquelks mala¬
dies .il 1 adapte : auffi qu'il oftènee
l'eftomach. Cet Eletftuaire a pris lé
.nom. dju. Pallium j qui y entre en.
alfez bonne quantité , & non defa
baie la Scammonée , la chaleut &
acrimonie de laquelle, eft modérée par
le Pfyllium,qui.par fa len.teur>Qu vif-
cofîcé la rend lubrique la ficcité de
la bafe eft corrigée par les fuesde
Borraches, &Buglofle: lefued’En-
dive y eft mis pour conduire fa ver¬
tu au foye , Çjurce des fievres conti¬
nués , éc. de la bile , qu'il refiigerc:
les Trochifcs de Rheubarbe , & le
nard Indique par leur adfttiftion le
corroborent , comme ceux de Dh-
rhodon , le ventricule : & ceux de.
Spode , le cœur , contre la nuifance
de la bafe : le Senné , & Epithy-
me, aidez des lèmences d'Anis, &
Cufcute y font mis pour purger la
melancholie terreftre , qui caulè in¬
flammation à la Vatee & l'ifterie
noire par le fiegq. Les .fucs d’Ache,
& de Fumeterre , le CapiUns Vene-
ris , êc Cabaret y font mis tant
pour defoppiler , que polir conduire
par la voye de l'urine , l'une ôc l’au¬
tre bile 6c ferofleez : les Troçhif#de
Berberis pour fortifier les reins, à tra¬
vers defquels relies humeurs acres paf-
Icnt : le üicçi'e donne la faveur, SC.
confèrve le tout,
£E MELANGE-
Premièrement dans les fucs puri¬
fiez fur le feu, ou au Soleil, infuferont
lè Cabaret ; & femences contufe^ le
Capillus vendis incifé,,leSetmé bien
nettoyé, & nard Indique incile vingt
quatre heures fur ies cendres chaude*
avec les- violes, .& Epithym,e: lejottï
lùivant ,- on leur donnera nn ou deux
bo'uillons pour le plus,aprez on les ex-
primera.En une partiede la colawreoa
Des Eleâtumres purgatifs mois. 579
iéra infiifêr par vingt-quatre heu¬
res J le Piÿlliüm entier éc non con-
cafsé J auflî fitr les cendres ' chaii-
des., ou en -ancre lien chaud > foie
à l'ahry du Sôleil ardent , ou de¬
dans line ctuve. Le lendemain on
l’exprimera , &• le mucilage fera gar¬
dé à parc, pour l’ajoâter au Syrop,
fait avec le" rèfte de la colatiire,
& lùccre rcqbïs , puis on y ajou¬
tera les Trochifos pulVerifez cha¬
cun à parc. Finalement le Diagrede
ulveiifez , pour garde'r le tout au
efoin.
LES F A cr LTE Z.
Cet Eleétuaire eft excellent aux
fievres îebelles , aiguës 8c ' arden^
teSj à la céphalagie , &. vertige' pro¬
cédant' d’une vapeur biliedë , à la
jaunilfe , à l’intemperatüre chau¬
de du foyè : §c purge dune 8c l'au¬
tre bile. '
R E M A R Q^V E.
C>Ef EUEuaîre ^ diverfemnt
jdecrit four raifon des dofes de
sjUei<}u& ingrediens , comme de l’A-
Tous mes quatre exemplai¬
res de Mefué , comme aujfi le ma-
tiuferit que j’ay en main , en de¬
mandent quatre onces , & beaucoup
d’autres Ditfenfaires , comme ce-
luy de loubert Je Guidon des Apo¬
thicaires , Fuchjifu , # autres , qui
U en demandent qu'une demy once,
LAutheur du Luminare. maqm ,
eduy du Lumen Apethecariorum,
^ le Thefaurm Asotnatariérum^ont
puivy Mefui en la dofe de quatre
onçei . croire qûe Me¬
fué a entendu d'y en mettre quatrse
onces , & non quatre drachmes,con-
Jîderé qu'il n’y entre quen deco-
Bion , ou toute la vertu des ingre¬
diens n'en efi ymais attirée. LFe
même la quantité de deux livres
& demy de fuccre eft fort bien ob-
fervée dans tes cinq exemplaires cy-
devant citez, de differentes éditions,
& dans le Commentaire des Moi¬
nes fur Mefué, La dofe aujfi de la
Scammonée préparée de trois on¬
ces & demye s'y trouve rttenu'épat
quelques-uns & de beaucoup d'an¬
tres Autheurs diminuée de demy
once ; quoy qu'il en fait f efime qu'il
s’en faut tenir d la deferiptian de
Bauderon. Four le modm facitndi
de l'infufion en le pourra fuivre -,
mais non pas en la façon d’extrai¬
re le mucilage de la femence de
P fy Ilium, & voicy la méthode, qu’il
faut tenir. Prenez, le poids requis
de femence'- de P fy Ilium , bien mon¬
dée , que ]etterés , dans huit onces
de fuc de Borrache Buglojfe , &
d' Endive , bien dépurés & filtrés
par la carte , le tout dans un vaif-
feau de terre vitré par vingt- qua¬
tre heures au ftoid , & non fur au¬
cune chaleur , pour les raiftns que
dirons cy-aprez. , le lendemain avec
une Jpatule de bois faut agiter la ma¬
tière jufqu'à, ce quelle fait en con¬
fidence fort épaiffe , & la paffer
par un tamis renversé fubtil , fur
■ lequel mucilage petit à petit y ajoâ-
terés le Syrop un peu plus cuit
qu'à l’ordinaire & fi la confiden¬
ce du Syrop n'eft pas affè'{^ ferme,
il en faut faire evaporer fur une
lente chaleur l'humidité fùperfluc,
& in dernier lieu y mêlerés les
B bb a pou
3 Livre 1. SeBion V 1 1 1.
poudres Atnfi que Bauderon l’en-
feigne.
La raifon pourquoy ]e ne, me fers
point des fucs d’Ache , & de Fu-
meterre pour tirer la mucofité du
Pjy Ilium , eji leur chaleur , & ver¬
tu incifive & aperitive quils ont,.,
que i’eBime directement contraires
pour l'extraClion des mucilages j ^
pour une même raifon. qui eft fort
approchante , je dis quil ne faut
point fe fervir d’aucune chaleur
pour avancer ladite extrâClion , a
raifon que cette vifcofitê fe trouve
en la fuperficie de la femence , que
la chaleur raréfié plutôt que de l’é-
paijfir en faifant penetr.er l’humidi¬
té dans l’écorce.
Eleûuariunn Rofatuni , D.M.
êifi. Suc ci Ro/arum rubrar. comple-
tarurn , lib. quatuor.
Sacchari albi , lib. ttnam df’ dimi-
diam ,
Mann a recentü , une. fex-
Scammanii Antiocheni , une. unam
& femij^.
Coque fiamma lenta, ad mellis craf
fitudinem. Tune adde pulverem
fequentem >
Trochi/coriim de Spodio , une. unam.
Oxyacantha, feu Berberüsunc.
femiji.
GaUia Mofehata , &
CrSci , utriufque drach. duos..
Fiat EleCkuarium.
paraphrase.
CEt Eleânaire a pris le nom de
& baie le iùc de R.olês rouges
n.is au commencement : fa vertu
purgative eft accelerée-par la Sca®-
monée, raaimonie . de laquelle çft
corrigée par l’ebullirion , 6c par
Manne eft rendue' lubrique : là nui-
lance du cœur eft corrigée par les
Trochifes de Gallia Mofchat|,, &
des autres vil'ceres,par les Trodhifes
deSpode, de Ber beris, 6c Saffran.
LE MELANGE.
Il faut premièrement cuire le fuc
de Rofes purifié avec le fiiccre un
peu plus que Syrop : puis on y ajpû-
tera du Diagrede pulvérisé au lieu, de
Scammonéé^ Les Trochifes 6c Saf¬
fran, feront piilverifez chacun à part
6c mis à la baffine hors du fcu,.ôc
à demy refroidie , pour le tout gar¬
der en Eleétuaire fort moi : pour-
ce que d'iceluy on en malaxe les Pi¬
lules aggregatives : comme nous'di-
rons cy-aprez.,
LES FACVLTEZ:
Il purge benignement la bile,
poiirce il eft làlubre aux affeâions
bilieufès , comme à h goutte chau¬
de , à la douleur de tête 6c vertige
engendrez de bile » â la douleur 'des
yeux , 6c à la jauniflè.
REMARQVE-
MEfué nom fait lire dans fin
EleBuaire Rofat fucci Refi~
rum ruhrarum complet arUm , Beu-
deron ny les autres Aatheurs qui
le déerivent dans leurs Pharmaco¬
pées n’expliquent point le mot de
completarum qu’en partie, quoy q^^
l'imper
B&s Eleâuaired purgatifs mois. jSx
'l’importance du [upt en demande
me entière explication que pour
y fatisfaire , il faut entendre avec
les Autheurs du Lumen Apothe-
cariorum , & du Thefaurm Aroma-
tariorurn , un fuc extraiéi de Ro-
fes incarnates qui fiient en leur
parfaite maturité , car alors les qua¬
tre fuhéîances qui compofent leurs
differentes qualités & vertus fe trou¬
vent en leur degré de perfeSion,
particulièrement l'ignée icy requi-
fe , de laquelle dépend la faveur
amere , la couleur incarnate ou rou¬
ge ,& la vertu purgative des Re¬
fis ; mais cela ne fuffit pas , puis
quils ne donnent point les marques
de leur parfaite maturité , ny le
tems de les cueillir , qui doit être
le matin lors que les boutons des
Refis font a demy envers, un peu
après le levé du Soleil , avant qu'el¬
les ayent été échauffées par fes
rayons , & en un tems ferain , com¬
me a été cy- devant dit en la Re¬
marque du Syrep Rofat folutif
Ajoutés à cela que JlLeJùé pour les
mieux difeerner de celles qui font
devenues pâles pour y avoir plus, de
tems quelles font éclofes ,par l'ex¬
cellence de leur couleur vermeille,
a voulu écrire après les mots de
fucci Rofarum eeluy de ruhrarum.
il efl auffi â remarquer , que phu
cette couleur naturelle les domine
quelles font plus ameres , & que fi
on dijfere de les cueillir après qu'el-
ies feront entièrement eclofes , &
Çlue le Soleil les aura échauffées,
pour lors elles auront perdu avec
leur naïve couleur vne partie de
leur amertume , & par cenfequent
de leur vertu purgative. Ce qui efi
autant remarquable que les raiforfi
qu'on en peut donner font curieu
fes , qu’il convient taire afin d'ab-
hreger -, pour dire que dans toutes
les compôfitions purgatives , oit le
fuc de Rojes rouges y efi demandé,
qu’il faut prendre le fuc des Rofes
incarnates qui font purgatives , &
non le fuc des Rofes vrayement rou¬
ges qui font adHringentes , comme
pratiquent pour l’ordinaire certains
Apothicaires , qui s’attachent plu¬
tôt au fens de la lettre qu'à l’in¬
tention des Autheurs.
Cet exemple doit fervir à l’Ar-
tiBe qui a fon honneur en recom¬
mandation , & de la charité pour
fon prochain , en la colleEHon des
autres fleurs qui font de femblable
ou approchante nature que les Ro¬
fes , fait pour les employer récen¬
tes , ou pour les garder feiches dans
fa boutique , peur n'employer pas a
l'avenir des rtmedes morts privés
de toute fortes de vertus , comme il
n'arrive que trop fouvent au préju¬
dice des pauvres malades.
Il ne fervir oit prefque en rien
d’avoir cy-dejfus donné l’explication
du mot de completarum , & preferit
le tems de la colletlion des Rofes,
fi je ne difoü encores , qu’il efi de
la même importance immédiatement
après les avoir cueillies de les éplu¬
cher , piler & d'en tirer le fuc ,&
à même tems le ^ferrer dans une
phiele qui foit pleine, bien bouchée,
& la tenir en lieu fiais ( & non
au Soleil ) deux fois vingt- quatre
heures ; la défécation faite on le
filtrera , & quant au fiirplus on pro-
' codera comme Bauderon enfiigne..
Et ceux qui voudront fuivre & fai-
B b b 3 re
381 Livre L
re cuire la Scammonnêe dans le Sy-
rop, peur la corriger en prendront
une once fix drachmes qui foit bien
choifie & la mettront .■ en poudre
Jùbtile , & avec cinq onces de fisc
de Rofes filtré feront mis dans • un
matras , & en digeSiion péndant
vingt-quatre heures à la vapeur du
bain , le lendemainfiuy feront pren¬
dre une legere ébullition , après on
pajfera le tout a travers un litige
^ & l’exprimeront fortement. Cepen¬
dant on fera cuire lentement l’au¬
tre partie du fisc avec Te' fiuccre &
la Jlïame en confiSîance d’ Eleüuai-
re liquide , l’ayant coulé par un lin¬
ge , les deux colatures pintes enfem-
ble feront mifes derechef fisr un feu
lent pour en faire évaporer l’humi¬
dité fitperfiu 'é, cela fait le Syrop a
demyfioid, on y ntêlera les poudres.
Ceux qui voudront préparer cet
EleUuaire fuivant loubert , feront
avertis de prendre garde , que dans
fis Pharmacopées tant Latines que
Erançoifes , s’efi glifsê une notable
faute , qui procédé par mon fenti-
ment des Imprimeurs , qui au lieu
de dire Scammonii unciam unam &
femijfem, ils ont dit Scammonii un¬
ciam fimijfem.
Il efi aujfi à remarquer que Pau-
deron a ajouté en cette compofition
très- a propos au mot de Ga Ilia , que
Jliefué y démànde fimplement en
tous fis exemplaires le fiirnom de
J[iofchata,dequoy p m étonne néant-
moins puis qu'en ! Emplâtre Dia-
pheenicum calidum , il a adhéré au
fintiment de Thomas de Garbo > qui
a changé le même mot de Ga/iia,
qui efi le Gallia JlLofchata pour Gal-
lam quercus.
SeBion VllL
Eleâ-uarium DiaphœnicLim,
D.MeC;
StJL, ^DaElyloruni Chcyron,id efifiuU
uorûmfeu immdturorùm triduo in
aceto maceratornm , drachm. cen-
tum, feu une. duodecim. & femifi
Penidiorum hordeatorum drachm.
quinquagîhta, feu unc‘. fex.&^
Turbith optimi , drachm. triginta
quinque.
Amygdalarum dulcium a cortice
purgatar. drach. triginta
Scammonii f drach. duodecim,
Z ingiberis,
Piperis Idn'gi,
Fhliorum Rhtst ficcorum
Cinnamomi , feu CanelU fileSta, -
MacU
LigM Alo 'és , -
Sernlnum Anifi ,
Fceniculi ,
Dauci Cretici,
Calanga i'enuioris ,fing. drach. duM
& ptiifi.
Probè omnia trita , melle delfürHà-
to excipiantur in Eleüuanum..
Scholia.
In hoc Eleltuario pulveris flm
uncia novem Daily li , Penidia ,&
Amygdala , conllituunt uncias vi-
ginti duos & fimijfem , qua junéii
uneqs tredechti & femijfimellis de-
JpUmati & coEli , effciun’t uricidstri-^
ginta fix , feu libras très que, efi
quantitas hic cApetita , ut fint uncii
très pulveris in libras Jingulas, cum
DaSlyl. Penid. & amygdal. tum
meîlis.
PAR-d
DeJ EleÛèiairej purgatifs mots. 381
PARAPHRASE.
CEt Eleduaire a pris le nom des
Pattes non du tout meures mi-
fes au çonimencement , & en plus
grande quantité qu'autre qui foit : tant
pont corriger racrimonic , chaleurj &
bçcité de la Scammonée , que pour
retarder fôn aétion effrenée > & foï-
tifier par Idp adftriétion les vif-
ceres qu’elle bleffe- La bafe eft le
Turbith 3 duquel il n’a pu être nom¬
mé f {source qu’un autre décrit par
Mefoé au livre des fîmples en avoit
pris ion appellation , qui pour le
jpurd’huy n’eft ufitc. La tardiveté
de la bafe eft aceekrée par la prom¬
ptitude de la Sçammonée , fa nui-
lànce eft corrigée par le Gingertjbre,
lequel avec le Poivre long , Canelle,
Macis, bois d’Alo’és, & Galapga, in-
eifent & atténuent le phlegme épais»
que la bafe purge , à quoy le vinai¬
gre aide beaucoup. Les fueilles de
lluë feiches , & femences y ipnt
miiès pour confirmer les vents , qui
ï’engendrent du phlegme : les Aman-;
des douces , Penides »;& Mfel écu¬
me, pour deterger Içs matières craf-
lès viiqueules , çonferver le tout,
& empêcher que la baie n’extenuë &
p’amaigriftê par trop. Mefiié.
LE MELANGE.
ïl faut preir.ierem.ent nettoyer les
Dattes dehors, de toute ordure , 5c
dedans des os, & pellicules., puis,
ks infuicr avec petite quÆutij® .de
'dn.aigre trois jours, é iî. elles îhflt
dures , & fèiches ) ou vingt-quatre
ferres ( lî elles font .molles & , ter
centes J dans up poç de verre bien,
couvert. Airçirns font d’avis de les
infirfer au bain blanc , & d’autres
en Hydromel , pource que le vinai¬
gre eft ennemy d.es parties fperiTra-
tiques j ce qui eft, vray , lî fêii' .. &
en quantité h mais peu Si bien ap-
compagné de correctif , comme içy,
non : au contraire fins iceiiiy , céc
Eleéluaire lcroic de moindre vertu,
tant pour réfréner la bile , que pour
incifer le phlegme épais, caufe des
coliques , & fievres chroniques.
Aprez il les faut piler au mortier de
marbre avec un pilon de bois , &
les palîèr fur un tamis- renverse
avec une aieillere d’argent un plat
creùx deflous. La poudre fera fai¬
te ainfi.
Du commencement il faut piler an
mortier de bronze , le bois dVJops,,
Turbith , Gâlanga, Gingembre avec
quelques Amandes mondées , afp.
d’empêcher leur exhalation: étant à
demy pilez on y ajoutera la Canelle
Poivre, femfnçes. Macis , &Ruë:;
le refte des .Amandes mondées fte
leurs pelliçules , fora incisé fort me-
nju fiir une fueille de p<3pier blanc,,
avec un couteau de Cordonnier, lef-
quelles on refiibtililèra au mortie.c.
avec les Penides , tant fiibçikment;
que faire fe ppurra : la SGammpnée.
aiiffi fora pulverisçe à parc , & mife-
à part : les autres poudres feront,
mêlées avec les Amandes & Peni-
d.es. Cela faip , on prendra treize
onces demie de miel éeume, &
ctiit, lefijuelles jointes avec la dofe
des Datt.es , Penides , & Amandes,
feront trente fix onces , qui valent
trois livres de Medecine , ■ qui .rc-^
viendra i crois onces de poudre pour
chacune;
Livre 1. Se&ion VIII.
}S4
chacune livre , quantité iuffifante
pour doucement purger. Au Miel
encore chaud , & la balîine encor
deflùs le feu, on détrempera les Dat¬
tes. Icelle ôtée & à demy refroidie,
on y ajoutera peu à peu les poudres:
finalement la Scammonée , pour gar¬
der le tout.
LES FACFLTE Z.
Il purge bcnignement la bile &
la pituite , & pour ce il eft fîngiilier
aux fièvres compliquées & longues:
à la douleur du ventricule, à la co¬
lique ôc aux intemperatures froides
de ces parties.
R E M A R QJ/ £.
IL eft prefque impojftble de con-
ferver un tems raifonnuble le
Diaphœnic fans quil fe dejfeiche,
& le flm foHvent quil ne fe per¬
de ,fi on ne met fur cette defe d'E-
leHuaire que treize onces & demie
de miel delfumé & cuit ainjî que
Bauderon enfeigne , parce quil ne
ftauroit avoir une vraye confiden¬
ce , attendu que douz.e onces & de¬
mie de pulpe de dattes, avec les
treize onces & demie de miel ne
peuvent incorporer, & emhrajfer neuf
onces de poudre d'un côté , fix on¬
ces deux drachmes de Pe.mdes de
l'autre qu'on met en poudre , &
trois onces Jtx drachmes d' Aman¬
des , le tout compris avec les Dat¬
tes pe font trente une once & demy,
le moyen qu'une fi petite quantité
de miel puijfe donner corps & con-
ferver tant d'ingrediens ? la raifon
veut & l’experience nous apprend.
que celuy qui doit etnferver les au.,
très fioit en plus grand poids pour
le moins du triple , & icy il en. eft-
du cont’càire , & c'eft mal à pro,
pofs que l'Autheur de la Paraphra-
fe conte en cet Eleüuaire les Dat.^
tes , les Penides , & les Amandes
pour miel , ny l'un.ny l'autre à la
façon qu'ils y font employés nefjf
peuvent pas conferver eux mêmes,
bien loin de pouvoir aider à con¬
ferver toute la compofition ; c'efi
pourquoy .pour y remédier ; en pre¬
mier lieu , il faut imiter Fernel en
fion Diaphœnic pour les Dattes quil
veut qu'on les; pefe après les avoir,
infusés , cuits & pafsés avec l'Hy¬
dromel ^ qu'on en prenne la.jujie-
quantité de douze onces él. demie;
car de les pefer avant les meftre
en infufion avec le vinaigre ils au-
gme'ntent beaucoup de. poids. Les
Amandes pelées feront pafsées par
un tamis renversé fi fubtiles qui ft
pourra , & a rnéme tems mêlées
avec la pulpe de Dattes. Les Pe¬
nides aujfi feront mifes en poudre,
& le miel étant coulé., dejpumé &
non entièrement cuit on les jette¬
ra dedans. pour, en continuer lacuit.r.
te , & de cete façon U y aura
plus de Syrop a raifon des Perti-
des qu'en aura cuit avec le miel,
comme aujfi moins de pulpe , pour
l'avoir pesée après être dejftichee,
& moins de poudre pour en avoir
tiré les Penides. Et ainfi fans cho¬
quer l'intention de fen Autheurla
compofition fe confervera beaucoup.,
mieux. Nonobflant toutes ces rai-
fons pour être plus ajfeuré , fi fuis
de l'avis de Joubert d'augmenter
.le miel de, fix onces , & ne faut
pas
Des EleBuatres purgatifs mois. 3 8 5
craindre que l’EleBuaire ne
fait encores bien purgatif , puü
qu’il y aura environ JeiK.e grains
de Scammonée par once d’EleSiuai-
re , & une drachme fi x grains de
Turbith, quantité qui eft ajfez. gran¬
de pour purger fans augmenter la
dofe, pour raifon de l’addition ' du
miel.
Ceux qui compofe'ront le Dia-
phœnic fuivant le Di^fenfaire de
loubert feront avertis de prendre
garde aux exemplaires François,
qu’on y a obmis les Amandes^, &
changé la dofe des Penides , au
lieu de cinquante drachmes que
Mefué y en demande , on ny en a
mis que trente drachmes, & aux
exemplaires Latins in folio, imprefi-
fan de Francfort , Apud Her 'edes
Andrea VEecheli , Les Amandes
y manquent aujf, & la dofe des
Penides de ’ Mefué s’y trouve com-
flette.
Le Diaphonie de Fernei efi aufiî
dtfeêlueux en qttelques dofes , l’Ar-
tiUe en fera de même averti, pour
y prendre garde';
Noués qu’il ne faut pas que le
mieibo 'ûille long tems pour lés Ele-
duaires purgatifs , & du contraire,
pour nourrir ou peur corroborer , il
faut qu’il cuifi long tems.
Eleduarium Indum majüs,
D.Mef.
Turbith optimi , drachm. qttin-
quaginta.
^^cchari cryïlallini; &
fenidiarum , àtriufqtte drach. vi-
ginti , éér non une. viginti.
Diadacrydii,f^^‘*’”»‘'>^*'*
drach duo.\ n^rem.qmaejue
decm 1 McoCydo-'
l. ntorum emedatur.
Cinnamomi , feu CanellafeleSia,
Caryophyllorum,
Nardi Indica,
Refarum rubrarum,
Cafiia lignea aromatic. & non pur-
gatricis.
Macis, &
Cyperi, fing, drach. quat.
Santali citrini , drachm. dttas &
femifi.
Ligni Aloës , &
Nucis Mofehata, , utriufque drach,
duos,
Galaganga tenuioris, ex China ad
nos allata,
Hicyl, id efi , Cardamomi ma\or. ex
Serapione ,
Cardamomi minoris ,
Afari , &
MaBiches , fing. drachm, ünam &
dimid.
Ex arte fiat pulvis,oleo Amyg-.
dàlarum dulc. conficandus,
& fequenti Syrupo exci-
piendus.
êfié. Succorum Cydoniorum.
Granatorum.
Apii ,&
Fœniculi, depuratorum, utriuf¬
que lib.fiemif.
Meliis optimi deéfumati & coSti,
triplum hoc efi une. i<é. feu lib.
Qmniam pulvis efi une. iredicim,
ünciàvero , qua librarn fuperat,
Saccharo cryîlallino , & Fenidijs
penfatur, qua in genere pul. èen-
fenda haud veniunt.
Cçc
FA
5 86 Livre /. Seaton^yll L
PARAPHRASE.
CEt Eleduaire eft nommé Indum,
pource qu’il a été inventé,;, &
premictcment mis en ùlàge par 'les
Médecins des Indes Orientales , &
furnommé majus , à la di&refice du
fuivant moindre en nombre de mé¬
dicaments & non de vertu. La bafe
eft le Turbith, la .tturdiveté duquel
eft accélérée par le Diagrede ( qui
n’eft autre cHofc que la Scammonéc
préparée dans un coing ) au lieu du¬
quel je ferois d’avis qu’on prit de
la Scammonée : la puülânce de la¬
quelle eft corrigée par le llic de
Coings , de là lîccicé > & âpreté par
les Penides , & lùccre Candit. La
nuifance du Turbith clt double , à
fçavoir à l’eftpmach , & qu’il amai¬
grit le corps. La première eft'^eor-
rigée par le Maftich , Macis, & Ma-
nuguétte ; la fécondé par l’huile d’A-
maqdes doiiç.es. Les autres, médica¬
ments aromatics y font rois , pour
par leur bonne odeur fortifier le ven,-
tricule, cœur & autres vilcéres , in-
cifer &c atténuer le phlegme , & con¬
duire la faculté de la baie au cer¬
veau, poiélrine , & jointures , où fou-
vent telle humeur eft contenue: leur
chaleur eft modérée par le fîic de
Grenades , & Rofès , qui corrobo-
^renc le ventricule : le Nard Indic,
& Santal citrin , le foye : le bois d’A-
loés le cœur : le Galanga , Cypere,
& Cardamome, la ratte, reins , &
matrice: l’Alàrum, & fucs d’Aéhe,
& de Fœnoüil , y font mis pour
delèpiler les conduits , & conduire
par la voye des urines , & mèhftrues,
k portion plus tenue tle MEiel,, Pe¬
nides , & fuca-e Candit , pour cor¬
riger l’âpreté &■ ficcité des pou-
dres , & pour deterger le phlegme,
dôMier la faveur , rendre leuraafôn
meilleiire , coriferver le touté^i
befôin. '
LE MELANGE.
Il faut curienfement coticaffer le
bois d’Alo'és & Santal citrin avec
quelques gouttes d’eau Rofe : . puis
on y ajoutera le Turbith , Ic Cype-
re, Galanga, Nard Indique indsé,
la Canellè , Callè aromati<ÿae , 'l’A-
fàruin , & le Gerôfle ; le tt)uc à de-
my pulvérisé & tamisé i on y ajoùt-
tera le grand & petit CardaindftBe,
le Macis , & Müfêade ; finalement
les Rôles mondées. Il faut pilveri-
fèr le Maftich à part , la Scammo-
née op le Diagrede , le fuecre Çan-
dit & Penides , puiis le tout fera mê¬
lé. Àprezon prendra les fues' dépa¬
rez au Soleil , ou fur le feu qu'em
ftra bouillir , avec trois livrçs de
miel blanc à part, écn'roé &c cuit en
forme dTléétuaire mol : puis le tout
à demy refroidy , on y ajoûttera peu
à peu les poudres,, pour le tout ref-
fèrrer étant froid dans fon pop^
LES FACFLTEZ.
H purge tout le ventre inferieur,
& les jointures , & auffi les excre-
ments des humeurs pituiteufes , &
putrides ; & eft propre au ventricu¬
le de aux affedions qui en procèdent,
& à la douleur de la coliqu e j & né¬
phrétique , Sc dilîipe les vents.
RR
Des BleBmires purgatifs mois. 587
REMARQVE.
EJSl cet EleEitmre en four-
ra mêler, avec la fsudra , les
PenUes & le fuccre Candit après
la avoir fubtilisés. Et au lieu de
flotter la foudre avec l’h-uife d" A-
mandes douca comme dit 'Mefué,
il fera beaucoup meilleur & plus
mile pour la fanté d'en arrou-
fer les -ingrediens de ^ueltjiues goû¬
ta lors qu'ils feront tous concafsés
dans U mortier : cela fait on conti¬
nuerai de la battre durant un tems,
& de la forte l'huile fe mêlera é"
fei communiquera, également jufqua
aux. moindra partia chacune, en
recevra fa potion , ce qui ne fe
fourrait faire autrement. La quan¬
tité de > l'huile ne fi point limitée,
ài.quof l'Artiéfe prendra foigneufi-
ment garde, nfi^çn mettra pas
plus haut d'une drachme. La Scam-
monée fera triturée a part avec dou-
Xf gouttes d'huile d' Amandes dou¬
ta.- Les, fiscs feront dépurés fiepa-
rément i& pour le . furpltts on fisi-
vra Bauderon.
Eleduarium Indnm minus,
D. Mcf.
V,. Turbith optmi,&
■Bacchari, utriufque drach. centum,
Scammonii Antiocheni , drach. duo-
décim.
Macis ,
Piperis ,
Zingiberis ,
Caryophyllerum,
Cinnamomi,reii Canella fieleéla .
Heyl, id efi, Cardamomi tnajorü, d*
PPucü Mofchata,fing.draeh.feptem.
Fiat pulvis cum
Mellis deffumati & coüi tripla, feu
lib. quatuor : fiât Eleéluarium
ufiii reponendum.
FARAPHRAS E.
CEt EleÆmire ne cede point au
precedent en yertii , lequel a pris
leno'm & bafè du Turbith', comme
l’autre : fa. vertu tardive eft accélérée
par la promptitude de laScammonée.
Les médicaments arrbmatics y font
mis tant ^ur la defenlc du cœur*
& des ^fccresj.quc pour incifer &
atténuer le phlegme , & confiimer les
vents. Le fiiccre & le miel y font mis
pour dëtergèr , Ôc rendre leur ad:ioii
meilleure , conforver le tout, & cor¬
riger leur âpreté Sc ficcité.
LE MELANGE.
Le foccre, & Seammonée foronc
pulyerifoz chacun à part : tous les
autres ‘ le foront cnfemble. A part
on prendra quatre livres de miel
blanc écumé , cuit & encore chaud,
auquel peu à peu on diflbudra les
poudres, foccre, Scammonée , la bat
fine, & le miel à demy froids : puis le
tout fora refervé au befoin. Icy fc
trouve 161^ drachmes de poudre
{ fans le foccre ) qui valent i o. on¬
ces, le triple eft 6o. onces de miel. Si
fuccre' qui valent f. livres qu’il faut
prendre : ainfi n’y aura que 4. livres
de iniel & une de foccre y mention¬
née. La demy once dcfo.ccrc qui refte
eft pour la drachme de poudre , qu’il
y a de plus. .
Ccc X LES
388 Livre l
LES FAÇfLTEZ-
Il a les mêm.es vertus que le pre¬
cedent j finon'iqu’il purge plus püif-
ftmment la pituite.^ ,
REMARQJ/E.
‘Autheur de la Paraphrafe na
point obfirvé^. en cet Eleblt^^ire
non pltü quan precedent la quanti¬
té de poudre pour liv^e de miel qu'il
a prejerit en la reigle generale qu’il
a donné d l’entrée de la Seétion 6.
Benèdida. laxativa, D.Nicol-
Salernit,
IZ- Turhith optimî y
Corticis Radicis Efitla Aceto pra-
parut. &■
Sacchari ,fingul. drach^ decem.
Diacrydîi y feu Scamrhonii prap^-
rati y
HermodaBylorum ,& , .
Rofarum rubrarumyjingul. drachm .
quinque y
Caryophyllorum ,
Spica Nardi ,,
Zingiberisy,
Croci y
Seminum Saxifragia , ,
Amami , aut f^cced. ejpts Ace-
ri veri,
Setini , id efi yApii feu Eleo-
felini Gracorum 3
Petrofelini fativi ,,
Carvi Cretici ,
Fœniculi y
Afparagi,
Rufei, vnlgo Erufci.„
Seâion VIII.
Mitlii jolis, fest Lhhojpemi
•. . firacorunt y
JiPacropipèris , id efi, Piperis
Iqngi y y
Cafdyimorni maprliy . ,
Salis Ge'mmeiy
Galanga tenuioris J ex Chi^iaj Zujt-
,, tamrurn ^pavigatione alUta^.,]
Macis', fingul. drach,unaip,;
Mellis dejpumati & épBi^^i omnim
^^jpiplexpondui : fiat EleBuaHm
mode y ufui repanenduni^ ,, ^
PARAPHRASE.
La Benediéte, eft ainfî nQranjée^
pource que ben^nement üm
violence elle- purge ,1e pliiegme ea
que,lque parc , qu'il lôijt j mêmpides
joinâijEes. La bafè cft le Turbitlj,
la vertu fbiblenduquel cft fortifiée
p^r le Sel Gemmei,,& augmentée par
l’Efiîle , & là tardiveté, eft accclci;-
rce par le Diagrcde , & conduite aux
jointures par les Hermodaéfes. Les
medicajpents arqpiacicSj & le bafttan
y font mis 3 tant pour incilcr3 .& at¬
ténuer le phlegmc épais jSç lenç>iqi‘ie
pour la defence du cœur 3 ventricule
& autres vilceres 3 contre la nuifance
des purg^tif^s la chaleur delquelseft
modérée par les Rolès. Les.lèracns^*
diüredqucs y font mÜès , tant pour
conlùmer les ventSj que pour delbppi-
1er 3 & conduire par la voye de l'uri¬
ne, & menftruës , la portion du phle-
gme 3 eft atténuée prar les. aromati¬
ques : le lùccr&3 ôç miel yilènt-niis
pour deçerger & corriger râpreré,&
ficcité de toute la compofition, ^
conlèrycr les elpeces en leur vigueur^
LP
^es Eleâuéres purgatifs mois.
le MELANGE.
remarque.
Il faut premièrement infufèr l’é¬
corce d'Efuleÿ'cn fore vinaigre, l’efpa-
ce, de vingt quatre hèWes , puis la
fèicher & pntverilèr avec le Tur-
bich’, N*d Indique incife gingem-
bre5Galànga, & Hcrmodades. Cetfx-
cy à demy pulverifez', on y ajoutera
les féraencès v & Acorc vray { pour
rAmgme, ) gerofles ,- Poivre , &
Cardamome : finalement le Macis
& .rofes . feuges. Il faut pulverilèr
à part le fel Gemme , le fàffran,
Diagrede , & füeeré : 'puis le" tout
fera diligemment mêlé, au mortier:
csla'fiii'é-on prendra, du miél'^blanc
écuiflé & cuit,' le triple de la pou¬
dre , qui revient à 'cinquantb trois
drachmes' làns y comprendre le fiic-
cre ) qui valent onces cinq drach¬
mes : le triple eft dix huit onces , &c
ciHqdrach'ffles de miel , & dix drach-
rads de'fuccre'qu’il y a , font dix neuf
onces , fept draèhrnes , qui eft le tri¬
ple de 'la poudre.' ' Auquel encore
chaud, & non du tout-froid, on dé-
tiBrâperapeu à^eu la poudre', en for¬
te qu’il ny. aye aucuns grumeàux ,
pour rellèrrer le tolit en fon pot _ de
terre verni(ll',’& bien couvert, at¬
tendant l’occafion pour s’en Icrvir.
LES FA CVLTE Z.
Ellc^'tire les humeurs . pituiteufès,
principalement' celles qui tombent
lut les jointures , & au'lîî aux reins,
& de la velfîCi
NIcàtAfU Alexandrinus décrit
U 'BenediSla laxativa feus h
mm de Ben Pontica au chap. lo ^.de
fon livre fus allégué , mais parce que
la defeription différé un peu d'avec
c,elle-cji ,tant en quelques dofes, qu'au
nombre des ' ingrediens , qui efl le
fu]et que je n ky point changé le
furnom de l' Autheur.
En là defeription de cet Ele.
élkaire' fé prefentent cinq dffcul.
te Z. La première regarde la ra~
eipe d'Efula qu'il convient pren¬
dre de fept eéfeces que Diofeori-
de , ^ autres anciens en décri¬
vent. La fécondé -regarde fa pré¬
paration. La troifiéme , la dofe
d'icelle. La quatrième , fçavoir
quelle partie nous devons prendre
des fuits du Brufeus , & des
Aife^ges, La cinquième , la quan¬
tité du miel pour incorporer &
conferver toutes les jSfeces. A la Répence-
première, je réponds fu'ivant GaJ. U- ùlupre-
vre huitième de la faculté des fim-
pies médicaments , que de toutes les
ejpeces d'Efula celle quon appel¬
le Characias qui efi le male . de
Liefeoride , ( que quelques-uns
appellent Amygdaloides )■ ejl la:
plus vertuettfe en medecine , que
nous devo'ns preferer aux' autres'
eéfeces. Pour fa préparation qui ^
efi la féconde difficulté , Baude- féconda.
ron dit , qffiî fautl'ir.fufer dans du
fort vinaigre par vingt qHatr.e heu¬
res , ^ aprez le faire feicher. Cette
préparation rne femble un peu brié-
ve , pour un médicament que Mefué
en fin livre des fiinples purgatifs,.
Ccc % chsti
39°
chapitre zj. dit être chaud & fec
att commencetnent du trdifiéme de¬
gré , compofé d’une fubftmce ignée,
aigue, fubtile, e^uil ouvre i'oripçe
des veines ; & Gal.etf. Jpn livre hui¬
tième fui allégué , dit le fùc être
chaud au quatrième -degré. Il me
femble que tout fes effets requièrent
une pim exaSle .préparation , telle
que Mefué la déérîf dans le même
livre ?êr chapitre fus- allégué fuivapt
ludam J qui dit , . qutl faut infufir
V écorce de la racine d'Ejula dans
du Latél doux ou du vînaigre , 'cér
changer fouvent de lailt , & 'apres
la faire feicher : mais fé voudroü en
la place du laiél , l’infufer dans le
Sérum par troif fois , l’ayant préala¬
blement irffùfée dans le vinaigre,
par vingt quatre heures. "
jl Iti ' La regarde la dofe qui tfefi
troifié- point conforme dans tous les Di ff en-
faires : les uns, comme Salernttdnm,
Durenou , Bauderon & autres , en
mettent dix drachmes, Cordm,Fuch-
Jius, & autres n’en mettent que cinq
drachmes, d’autres l’ont eptierément
retranchée , comme ‘ Nicolam Ale-
xandrinus, fuiv'ant l’annotation que
loannes Agr icola a fait fur fa def-
cription. Tous ces deford^'es font ve¬
nus des premiers écrivains , qui en
redôutoient fans doute l’ufàge , d
quoy nous ne devons point nom ar¬
rêter , aprez. l’avoir deü’ém 'eni pré¬
parée , fans en rien retrancher de la
dofe de dix drachmes , pour crainte
''d’aucun mauvais fuccét.
Al» La quatrième difficulté mérité
quatrié. d’être un peu examinée attendu les
divers fentim 'ent des Autheurs ,
'pour f avoir au vray quelle partie
mm devons employer du fuit du
Livre 1. Seâion VI 11,
Érufcus , & des Affierges : les uns
tiennent qu’il les y faut mettre tous
entiers : le's autres comme Cou'dem-
berg,,l‘ Autheur duGutdon des' ’Afa-
thicaires , les Médecins d’ Anvers
dans leurs Phàrmacopées;& autres,
quU faut prendre la pulpe defei-
chée; les autres difent qu’il faut re-
jetter cette partie comme inuiilê ; ' ne
contenknt que bien peu de vériù ,&
prendre cettê fubftahcc' dure où
noyau ', qui fe trouve au dedàhs du
fuit qui coritient toüdè la vertu ape-
ritive requifé en cet EleBuaire,ainfi
qu’ont tres'-bien obfervé Meffiêuü les-
Médecins de Parts dans leur Dif-
penfàire auDiaphœnicpn béhediüm
qu ilF -'appellent , quand ils ont édit
Acinorum Brüfvi,& 'AÏforagi'é&c:
Car l'écorce, & la pulpe parficulii-
remeht.décéluy-cy , quinfe jotirs oit
unrttpü aprez. les avoir fait' ficher
fe'-virmouluent 'é' ou fe dejfeithent
d’une façon 'qu’il n’en faut éfferèt
que la' feulé peati externe ': .éotnrne
une partie rare, quand elle' Auroit
beaucoup de vertu , ne fatifoit la
cohferver plus ■ long-temps qü’ita
été dit- ; mais' les grains qui fini- de¬
dans d’unè fibftdnce- com'paBé''&
folide , qui cbnèi'énn’ént avèéie ^-
me là vertu de preduirè leur fembla-
ble étàns jetiez.' en terre, ’ee< que"he
fçauroient faire , ny leurs ccorcésijy
leurs pulpes. >.:s\
Peur une plus grande preuve, que
ce neflny l’écorce, ny' la'âh'avidu-oit
doit employer dans Jes éompôf tiens,
c’efi que quand Gérd'on ' dernSdt
dans ces Jrochifquesffemihis' Gite-
neorum , nom ne pratiqiéons peint
d’y mèttre l’écorce ny'4a chair'dcs
Coings, mais bien les petits grains
qui
Des Eleâuaires purgatifs . mois. 5 9 r
am font au,4t^ans ; de .même au
DUfrfinis fmfle , ^Haad NicoUm
/il^xandrintu dotnande Seminis Ber-
hèfù., 'noMS. rie. fr^no^s pae mon plus
la, pm qui. contient le fuc çk, ’los
pepiiisl maûmùs., prenons les pépins
quiscfil^.^rpyefemence.^-,fembUble-
taent. epûanÀ Mejfieurs l es Médecin^
nous pjtfiriperit d^ns quelque reme-
de mApJl/èd h-fenror^ce de Paliurus
naus.np, , prenons pas non.plus cette'
en.ve.lppe externp , ny. moins la coque
dure qui contynt le noyau.y dp tou^
te ïâ.verm aperitive. pn voila af-
[fx, pour . faire voir, quil faut prefe-
re'( dapçet Ele^uaire , & en toute
Oÿtre compofitiop ,'..ou dp s fiuits du
itpfcup & .des .JIfer§es entrent ,
losfeuls rifiyaux ou femerices qui font
contenus .dans ces fiuits, dp non tous
infiers , ny^ fe parement leurs pulpes,
que nous devons femblablement re~
ietter de toute forte fi autre fruit,
à moins que ce foit pour quelque
vtps.ufarticuliere quelles ayent.
jl PPour la çinquiérne difficulté qui
einjitit. foncerm.la quantité .du miel , je di-
ray que cette compofition efi fujette
a fi dojfikher, de meme. que le Dia-
fhcenic à caufe. de la petite^quantité
de. miel , de. celle des ingrédient
chauds (fi fiées qui la compofent qui
abfopi/ent l"" humidité du Jyrop que
Bauderon a réduit au triple de la
poudre, au contraire de ce qu'il a dit
ou commencement de la SePlion des
Elebluaires mois de mettre, trots on¬
ces de poudre pour chacune livre
de miel cuit fi defiumé , aufquolle^
dofes Bonifie fe doit regler (fms
toutes fiie^en abufer ) i celle fn de
puvoir mieux conferver cet. Ele-
Huaire, Et pour fuppléer aces qua¬
tre parties ^e miel ,po.ur une de pou¬
dre^, venanfd l'Ufage de cette comfie-
fitton ., il en fant aiegmefiéer la dofe
d'uiféquatriéme partie fi fi finfi les
forces ' fi les vertus fiïcelle feront
toujours égales. '
Caryocoftinum Iiicerti Au-
étofis.
Caryophyllorum j ,
Cofii Candidi, (vel e]us penuria ra-
dicis tnula Campana)
Zingiberù ,fi.
Cy mini,fag. drach. unam-
HermodaBydorum , d. coriïce mun-
■datorum .
Diadaprydij, utriufq. drach. duos.
JHellis optimi ex vino albh dejpumati
fi coBi, triplum , feu uncias très ,
fiqt ÈleBuarium firthriticü affe-
. Bibpts a bile falutare.
P xiRai.P HRaiSE,
CEt Elediiaire a pris le nom des-
Gei:ofles^.& Coftus mis au com-
menceœent , comme des principaux
agents, tant. pour fortifier les yjfcercs,
contrô la nuifance de là bafè les Her-
moda6tes,,que pour.eoodiure les" fè-
rofitez bilieufes ,.par favpy,e desuri-
nes,menftruës & fiege, félon Avicen¬
ne au chapitre du Coftu.s, La vertu;
fpible & tardive de la bafe eft aug¬
mentée & accélérée par le Diagrede..
Au contraire., .la.eelerité dc cettuy-cy
eft retardée par la tardiveté des Hcr-
modaékes. Leur yertu eft conduite aux
jointure;S,.p ar le C oftii s, & au cerveau
pir les gerofles," & ces d,c.ux enfemble,
a.vecJfi gingembre, J. jpcifcnt fi .atte-
çuent
Livre L Section VI IL
nuent les matières craflcs, & gluantes.
Le Cumin y eft mis , pour confumer
les vents , & le miel pour dçterger
telles matières ainlî dilpofces •, &
pour la laveur, Sc conferver longue¬
ment leur vertu.
LE MELANGE. '
Il faut fubciiemcht piulveçifcr ?n-
femble les racines,geroHes & Cumin,
pour ce que cetEleduaire eft dcftiné
pour les jointures. LeDiagrede ou la
Scammonée fera piilverilëc à part.
Le miel foie d'Elpagne, on de Candie,
onde Provence , lera écume avec du
bon vin blanc , & non avec eau (pour
ce qii’il y eft mis pour fortifier les
jointures) puis cuit enïyrop , & pelé
au triple de la poudre , laquelle on y
mêlera avec un biftortier , la bafline
hors du feu ; finalement la Scammo¬
née. Le tout étant froid , fera gardé
dans fon pot bien couvert au belbin.
Les Médecins de Lyon s’en fervent
plus qu’autres que je fçaehe, tant
pour la précaution , qu’à la guerilbn
des gouttes bilieufes.
LES FACULTE Z.
Il purgé la bile & les humeurs fe-
reufès par les urines &c les mois , &
corrobore les vilccres.
Brief Difeours âtt Coflm.
Ce nom eft emprunté des Arabes,
qui l’appellent en leur langue Coft, &
Gaft, non qu’il croiflê en leur pays,
mais en Guzarate , & Malaca , de la
on le tranfporte au Royaume de la
Chine,dé la en Ormus,ou Taprobane,
principal ^port des Indes Orientales,
où arrivent les Turcs déroutes parts,
les Arabes , & les Perfes , pour y
achepter des cfpiceries & autres dro¬
gues pour leur commodité , qu'ils
tranfportent en l’ A fie mineur, en Alep,
Tripoly, Alexandrie : de la àVenife,
Marfcille , Lyon & autres lieux de
l’Europe : lequel nom les Grecs ont
retenu, & nous avec les Latins. Les
anciens Grecs , comme Diofcoridc,
Galien,lcs Arabes Avicenne, & Sera-
pion , les Latins & Pline ne s’accor¬
dent pas avec les modernes . Garcic
du lardin & aut.es: parce que ceux
là en conftituent de trois fortes. L’un
Arabie , l’autre Indic , & l’autre Syr
riac. Ceux-cy ( du nombre dcfquets
principalement eft Garcia.,)s,n’en f9nc
qu’une forte tant feulement , quieft
l’Indic, lequel recent n’eft fi amer,ny
fi acre que le fcc & vieil : ce qui a
tromper les Arabes,qui ont dit qu il y
en avoir de deux fortes, l’un doux, &
l’autre amer,blanc, leger, & fort odo¬
rant. Celuy que les Efpiciers de Lyon
vendent , eft plutôt le Zerumbcrtdes
Arabes , feconde efpece de Zedpake,
que le Coftus Arabie, ou Indique, ou
Syriaque,pour n’avoir toutes les mar¬
ques que les Grecs* & Arabes luy at-
tribuent. Plutôt que de prendre une
chofe incertaine, & inconnue' , en at¬
tendant qu’on nous en apporte du
vray des Indes , je ferois d’avis que
les Apothicaires priflênt autant pelant
de la racine d’Inule Campane fre¬
quente en nôtre Europe , & connue
de tous, pour avoir ferablable veitu
que le Coftus.
RE
J) ts EleBuaire s purgatifs mois, 395
REMARQ.VE.
QVùy-que B^uderon ait étk incer¬
tain de l’Autheur dü Çaryo-
. tofiinum , U nom a neanmoins don¬
né dans- fà Pharmacopée la vraye
deferiptiotf de Bayria à qui Mef-
fenrs les -Médecins de Lyon P at¬
tribuent -fort a propos , ainfi que j'ay
'Vérifié' avec la pratique manufcrite
i'keluy toute la différence qu’il y
a , efi que ce premier ne décrit que
■la huitième partie de la defcripiion
de ce dernier j l’nfi & l’autre di-
fint , de cuire le miel avec le vin
blanc mais j’ejlime qu’il efi pim
it propos , de' le àuiri ■& deffuriter
avec l'eau de fontaine ( quoyque
l'Âutheur du mélange l'è deffende
par exprez, ) &''dy ajouter aprez.
l’avoir un peu pim cuit qu’en Ele-
duarre mal , comme a été cy-devant
dit en la Theriaqué, une- once de bon
vin blanc , pour en mieux confiVver
les efirits. Si on le mettait au com¬
mencement , ils fie diffiperoient en
bouillant , & la compofifîon ferait
fruftré'e de la vertu qu’elle-a de cor¬
roborer les ■ jointures , fuivant Vin- .
tention de l’Autheur,
Diafenna , D. Nicol. Ale-
xandrini.
Sacchari cryflaHini , unc.fex.
Avellanarum tofiarum , nurn. qùin-
quagintâ'.
Senne mundata , une. très.
Gnnamorni , une. unam.
Vapidis Laljuli loti & non ufii;,
drach.tres.
Serici tantillum torrefaéli, & minu-
tim incifi ,
Cary ophy llorum ,
'Galanga tenuioris , ex China ad nos
àllata ,
Piperis nigri , .
Spica Nardi,
Seminis Ocimi , id efi , Bafili-
conis.
Fol. Cary ophy llorum feu Malahathri
Gracorum ( ab odore , & fapore
Carj'ophyl.fic nominatorum, )
Cardamomi ,
Croci,
Zingiberü ,
Zedo'aria ,
Florûrh Rdrifmarini , &
Ma'cropiperis , drach. duos.
Lapidés' Arment loti vel . Cyanei,
quia dmbo funt ejufdem faculta-
As i drach. unam.
Mellis defiumati triplum hoc efi,
librOs duos & femifi.
Fiat FlèSluarium^
PARAPHRASE.
■\ TYrepfiis au premier des Aati-
J.VJLdotes chap. 46J. décrit un Elc-
étuaire de femblable nom j plus pré¬
cieux qui n'eft pas ufité. La bafè eft
le Senné dont il a pris le nom : ià
vertu purgative foible , eft augmen¬
tée par les pierres d’Azur & Armé¬
nienne. La vertu menelagogue de
ces trois , efl: Conduite au cerveau
par rOcimum , & Rofinarin , aux
poulmons pat ieb'ucCre : le Sericum,
Sc fafFran y font mis pour la deFenfê
ducœur,contre leur nuifànce : le nard
Indique , & Folium Indura .lequel
pour 1 odeur & faveur du Gerode»
eft appelle par l’Autheur , folium
Ddd Ca -
394 Livre L SeBionVllL
Carypphyllorum , jaçoit que ce
fbicnt des plantes differentes pour le
foye. Les autres medicam,ens aroma-
tiçs y font mis , tant pour le ventri¬
cule , & autres vifoeres , que pour in-
effer, & atténuer les matières froides,
& terreftres , & confomer les vents,
dont les melancholiques abondenn
les avellaines y font miles en quantité
afin d’empécher l'élevatipn des va¬
peurs melapefioliques au cerveau, &
au cœur par leur adftrûftion : le miel,
y eft mis , pour deterger les matières
crall’es, donner la forme, & confoïyer
les elpeces-
LE MELANGE.
Au prcjîjiçr rang, de triuiration il
feue mettre le Galanga , Zedoaire,
gingembre, nard Indique inçifé me¬
nu , le Serieimiide meme incile & Ic-
gerement torrifié, & gerofles : au
deuxieme 'rang Ic^ avellaines torri-
fiées , la- canelle, poivre, -Folium , lè-
mences & , Senne : finalement les
fleurs de rofinarin. Chacun à part
il faut pulveiifer le lîiccre candie,
foffean, pierres d' A zur,& Arménien¬
ne , qtfil faut laver àpart avec plu-
fieurs eaux , afin de corriger leur
nuilànce q^ui e ft leur vertu vomitive
contraire à nos delîèins. Cela fait,,
©n prendra deux livres & demy de
miel blanc , écumé , cuit & pcle,
& encore chaud , & fix onces de
foccre. qu’il y a , font trois livres,
auquel peu à peu on dilfoudra les
poudres mélées , pour garder- le tout
au befoin>.
LES F A cr LTE Z.
Elle allégé les mclancholiques,
maniaques , quartenaires , ratteleux
elephantiques : bref toutes les zi
ferions procédantes de la bile noire
& brûlée.
RE M ARQ^V E.
A deferiptien du Diafefim,e^
tente de NicoUm AlexandrU
& n appartient en rien à Salerni-
tanm eu a L' Antidotarium parum.
Nicelai Prapofiti , non pim que
N icol.Myrepf Alexand. a qulBam
deron l’aÀédiê, Ce premier le décru
dans fin livre de la compojitio/i
des medicamens fus allegue\^ cha¬
pitre i^o. d’ou i’ay pris occafwn
de corriger le nom de lAntheur.
d qui celuy. de la ParaphrafeJ’avek
attribué. • ,
Pauderon veut. que, le Lapk^La-
muli , & le Lapii Armenim foim
lavez, avant que d’être employez
en cette cempojition. Nicql. Alexan-
drinus , MyrepfuSj, ny Salernitmm
ne font peint mention de cette h-
tion.-fefiime neantmoins que pour fa-
tkfaire aux efirits plus crédules de
nôtre profifilon , & n encourir, point
de blâme de me ranger du côté- de
Bauderon puis que Mefiié en une
do fi plus moindre qui e fi dans fi
ConfiSiion Alkermes le pratique
ainjî, cela rendra l’ufage de ce lle-cy
moins fujpeêle quoy qu’à dire. Xa vé¬
rité fi on fait confideration de la
quantité qu'il y entre de . ces deux
pierres par défi de cet EleUuairCy
m jugera la lotion y être comme
Des E le B Hair es purgatifs mois, 59^
Jkperflu'é , mmltflant ce je diray un Pour Vùflion ou legere ’tdrrefu-
mst fur icelle, fuis que le Paraphra- Clion que Nicoioi Alexmdrinus' dé¬
fié la taifee eu la àonpÜ:ion Âlkpr- mande de lafoye crue, fe crop quelle
mes, le tout afin que lArtifie qui efl nejt guère d propos de faire , puis
privé des oeuvres de Méfité en un cas que ce nefi à autre intention qUe
plus urgent irbuve icy en abbregé poub la mèttre plus facilement en
celles qu’il y enféigdè 'qui ne diff'e- poudre , en outre quelle pourrait re^
rent point l’une & l’autre.
Prenez, du Lapis Laz.uli qui fait
pur & net ) tfi beau en couleur, pul-
verifez-le fubtilement pour en fia-
ciliter l’operàtion , jetiez. '- le dans
une phiole d demy pleine' d’eau de
fontaine & non de puits , fi elle nefi
de là meillèHre-agitez,-lcs ehfedible
l'efiace d’un ''demy quart d’heure,
laîJfeXj 'ritJfeoi'b'ia fioudr'e par' uWe
petite 'efiace'lle temps' qu'on pourra
contebljufqùes' d cent j vérfez. toute
l’eoK par mclination' pour y en re¬
mettre de' nouvelle , êb faire la mê¬
me operation qui fera' reiterêé par
douif fois ebfervdnt la difiance de
cinq d fix heures d’une lotion d l’au¬
tre,' & ainfi on e'myertera toute l’a¬
crimonie fuperficielle , & même ta
fepàrdtiori fefsra de toute autre im-
pureié 'üt corps étranger du Lapis
Laftli qui refiera au fonds duvaifi
feau très beau en couleur, Aprelfil
le faut laver derechef trois ou quatre
fois pour cet EleSimire avec l’eau
deborrache , ou de bugiojfe , & pour
la Confeüion Alkermes avec de bon-
fit eau Rofe.
N. que fl on fait cette lotion en
byver il faut faire tiédir l’eau de
tbaqui ' lotion L’ opération achevée
on mettra la poudre fur m porphy¬
re pour ’ia refubtilifer en'' poudre
mpal^tihle & de la forte on aura
fiùvant les Galenifies une prépara¬
tion complette.
cevoir de V alteration en fes quali¬
tés & vertus ; les moyens que n'ouf
avons cy - devant donnes particu-
liereinent au Diâmofchi dulcis fujfi-
fent pour cela où l’Artifié aura
recouŸs s’il veut être exaêl en fiés
corhpofitions .
Les Noifettes , non plus né 'doi¬
vent être torréfiées puis que ce nefit
d autre intention que pour èn fepa-
rer la pmu , & pour plus facilement
les 'mettre en poudre ; peur la pre¬
mière intention d'ans l'eau> chaude
layeaà s'en feparera aifemenfou bien
avtc un couteau on les peut peler le-
fehfnehf: '& pour la fécondé elles fe
puîvérifiront avec les autres ingre-
diens qui forit fecs,& que quand il en
refleroif ^elquune on les pajfera
par un tamis renverfé comme a été
cy -devant dit des" amandes a»
Diaphmic-
Gonfedio Haniecli major,
D.Mcf
lib-
lib.
Succi Fumarix depurati
unam, '■
’Fajfularum enucleatarum ,
dimid.
Frunorum dulcium , nùm. fiexa-
ginta.
Myrobalanor. Citrearum , unc.qua-
tuor,
Cepularum ,
Ddd 2 In
^q6 Livre L SeBion VI IL
Indarum ,
Rhabarbari optimi , &
Epithymi ,fing- une. duoi.
Agarici albi & rupati ,
Colocynthidis mmutim incifn ,
Rolypedif quirni, jîng. drach. obla-
decim.
Semin^'vel florumviolamm , drach..
quindecim.
Abfinthij Pontici feu Romani vul^
garis idem.
Summitatum Thymi, &
Senn& mundata,fing.mc. mam, alq
drach.'fex. \
Vermtamen prier dofis magis pro-
batur ,
Seminum Jniji , CT
Fœniculi,
Rofarum rubrarum , fingul. drach.
fe.x.
Macéra dies quinque .in Sera laBis
Caprini , aut. Afinini in ,vafe vi-
.. treo , firiEti orificq , & obfiruEli.
Deinde femel fervefiant , mani-
■ bm.fi'icentur & colentur. In par-
. te una colatura dijfelve
'Tamarindorurn , me. quinque.
Cajfia fifiuU purgatricii , unc.quar
Manna , une. duM.
Reliqtiium decpEli eolati coque ,
cum
Sacchari albi , lib.una & dimidia,
ad mellü crajjltudinem , addenda
fub finem
Seammonij crajfe triti, unc.mam', &
, feoniji.
Myrobalanor. Citrearum , .
Cepu-larurn , &
Jndarurn , finguh une. dimi-
diam.
Bellericarum , &
Smklicarum ,
Rhabarbari optimi, .iji.,
Seminum Fumaria , Jing. drachm
Anifi , &
Spica Nardi , utriufque drachm,
duos. ,vy
Fiat pulvù in SleBuario mif
cendus.
PARAPHRASE.
L'Aucheur de cet Eleâuaite ou
Confection eft Hamech , Méde¬
cin Arabe fort ancien que quelques
uns interprètent Mahomet , lequel eft
diverfement nommé par lean fils de
Mefiié : car il l’appelle en l’onguent
de Lino J Heben Zezar 5 auDiaphœ-
nicon fils de Zezar , &c en la diftifi-
«Stion des Emplâtres , il l’appell^fils
de Zacharie , qui fût pere de Rhafîs
(qui a dédié fes œuvres à Alnianlèt
Roy desPerfeSi;& Medes) grand pra¬
ticien, pour montrer à mon opinion
que c’étoit un antre que fon pere-
grand nommé Hamech J qui fût fils
de Haly , & cetcuy- cy fât fils
d’AbdelaRoy de Damas-, principale
ville de Syrie. Il eft fur nommé grand,
à la diflfercnce du fùivant de fembla-
ble nom , moins corapofé , & labo¬
rieux-. Il y a auffi trois bafes , l’une
Cholagoguc , comme les Myrobalans
Citrins, & Rheubarbe. Leur vertu
purgative , & tardive eft accéléré
par la Scammonée , l’acrimonie dP
laquelle eft corrigée prav ; les Pru¬
nes , & -Tamarinds ; au conOtairc‘h
célérité eft retardée par l’adftiidiu"
'des Myrobalans. L’autre bafe eft Me*
nelagogue : comme les Myrob^-
lans , Indes , Polypode , Senne^
& Epithyrae. Leur vertu purgative
D&f EleBuaires purgatifs mois. 397
eft angmentée par le fuc de Fuine-
terrc, & Sérum j particulièrement
le Thym, l’Epithyme, & les l'emen-
ces , le Senné , Polypode , en i'n-
cifant , atténuant & confumant les
vents, & defopilant. La troiziéme
bafe elt phlcgmagogue comme les
MyrobalansCepules,& Agaiic. Leur
vertu tardive efi augmentée , & ac¬
célérée par la Colocynthe : & au con¬
traire l'Abfmthe, & Rofes y font mi-
fes , pour la defence du ventricule,
contre la nuifaheedes baies, comme
le Nard Indique pour le foye ; la
CalTe, Manne , Pallûles., Sérum &
fiiccre , y font mis pour corriger leur
ficcité, & chaleur, deterger les ma¬
tières mires corroborer les au¬
tres vifeeres par l’adftriâion légè¬
re des PalIuIes , qui aufli refiftent à
"•la pourriture des humeurs ( Gai. li¬
vre huitième des medicamens lo¬
caux ) 8i pour donner la forme,
& conferver le tout. Si les Myro-
bajans qui j entrent en tla poudre ,
font confriquez au mortier , ou ar-
roufèz d'huile d’Amande douces,leur
âpreté & ficcité lèra corrigée, ôc tou¬
te la confeétion rendue teancoup plus
falubre.
LE MELANGE.
Le mélange preferit ferable répu¬
gner aux, préceptes de Galien & de
Mefuémême en lès Canons, & ail¬
leurs ■, poup ce que d une lèule ébul¬
lition on ne peut avoir la vertu re-
quife du Tolypode Prunes , feraen-
ces , & Ablînthe, & les -bouillant
davantage , on ditninueroit beau¬
coup la vertu des bafes , comme My-
lofcalans. Agaric, Rheubarbe, Co^
locynthe, Epithyme, Violes, Rolès,&
Nard Indique. L'antre raifon eft que
le Sérum en Pefpace de cinq jours
s enaigrit , indice certain de putre-
faétion , qui corrompt la vertu te-
quife de tout l’Eleéluaire. Ce- con-
lideré , plufieurs doéles Médecins
ont été d'avis de preferçr la lùivan-
te defeription à la prefente pour être
facile à préparer , & non moindre
en vertu. Toucesfois veu (que pour
le jourd'huy les vieux Apothicaires
le donnent en chef-dosuvre aux jeu¬
nes qui veulent paftèr maîtres , pour
aufquels gratifier, & lins dérober
aux préceptes de Galien, Méfié ôc
autres, j’enlcigneray le moyen pour
y pouvoir parvenir. Premièrement il
faut recouvler du Sérum , ou laictéfe
de laiét de Chevre ou de celuy d'A-
hellè , qui foie recent , 6c duquel ou¬
tre le homage , la recoéte , félon les
Italiens , ou Serat , felon les Pied-
montois , Dauphinois ,. & Proven-:
ccaux , foit feparée , car telle laiétée
ne s'enaigrit facilement, quantité ftif-
fifànte. Dans icelle il faut un peii-
faire. boiiillir le Polypode concafsé,.
puis .on y ajoutera les Prunes, femen-
ces, Abfinthe &c PaOnles mondées
de leurs .pépins , puis le tout viiidé
dans un pot de. terre vernifséjqui foit
étroit d'emboLicheurc , & couvert,,
qu on tiendra fiir les cendres chau¬
des : le jour fiivanc on y aujoutera:
les Myrobalans concaftèz la Co-
locynthe incisée : le troiziéme jour
le Senné , Agaric , Si Thym : le qua¬
trième le Rhaibarbe incisé , ou râ¬
pé > ou groffierement concafsé ; le*
cinquième l’Epithyme, Rofès , Vio¬
lés, & ftc de Fumeterre : le fiizié-
irife jourf le tout ainfi infusé ) on leur
Ddd. } fêta.
3^8 Livre L
fera prendre un bouillon , 8c non
plus , comme dit Mefiié > puis le
tout à demy refroidy ,fera frotté en¬
tre les deux mains , & fort expri¬
mé. Dune partie de la colature fe¬
ront kumeétez’ les Tamarinds , pour
pallêï plus facilement for le tamis,
& les canons de laCaflè lavez. L aü-
tre pardc d'icelle, fora avec le foc-
cre'regnis cuire en forme convena¬
ble^ aprez ôn y détrempera la pulr
pe de Tamarinds , , & Manne:
finalement le tout étant à demy re-
froidy on y ajoutera peu à peu la
potidre , faite comme s'enfoiit. ,
Les MyrobalanS mondez de leurs
os,'& arroii fez d’un petî -d'huiled'A-
mandes' douces, facilement fo ptilve-
riforontàvec le Rheubarbe,Nard In¬
dique incisé , Sc fomences. le fo-
rois bieÀ d'avis qu'on prît du Dia-
grede , qui n’éft autre chofe' que la
Scamraonée corrigée par fo euitc
dans un coing : car qui voudroit
prendre de la Scammonée cOncafo
sée, &, Ta bouillir au Syrop pour
la corriger , comme 'veut Mcfoié , elle
ne -fo fond point , & fi elle cft da¬
vantage pulveriséo par la chaleur du
feu , elle fo grumcle , & donhe mau-
vaifo forme à l’Elèétuaire , & fo
vermen efl moindre; -Ainfi faifont
on ne derôge à l'interidofi de l'Au-
theur , ny à fes préceptes. Si on
prend du Dîagrcde , qü’on le pul-
verifo , §c mêle avec les poudres,
& qu'on ne le fàce bouillir. Ainfi
faifont TEleOtuaire en fora pliis pur¬
gatif. -^i dé la Scammonéc il en faut
aire de même.
Seâ/o/i VI II.
LES EACFLTEZ.
Cette Confé(5tion purge l uné &
l'autre bile, & la pituite làléc : pouf
ce rcfpeél: elle eft propre à toutes
les maladies qni'èh nailfent àla gale,
au cancer exnlceré, & a\ix, comble.-
xions grbffieres. ='
r:e m ær ^ 'i
BA^tideron en 'aucune ’/ft eâi~ ‘
tiens ne nom a limité la quan¬
tité dn Sérum laûü , non plus que
fin inventeur Mefué en fin \Anti- '
dotaire , qui eft lé fuf et qiie kad-
coujnd’autres Authet&s des Dilfen-
fiairès lei ont: imités' fans doute pour
deux ràifins. La première .eu égard
aux ingrèdieûs de la dééoélm'fii
pefetii 'fularante onces ou davanta¬
ge, la pim grand partié de fubftarf-
ee fort rare qui' dintan'dent' quan¬
tité' de iiqiteur pour' les imbiber,
parce quils occupent beaucoup de
place , ou pour l'es infufer. Et la fé¬
condé a raifin de la quantité du fuc-
cre qui eft petite , en compàraifori
des autres ingrediens , & par ain¬
fi 'ils on mû en p'éin'e ceux qui afti-^
rem eh -ta niaitTifi' quand 'ofi leur
donne cette compofition pour éjfdy
de leur travail ;■ mais les Méde¬
cins d’Aufiourg qui ont été plus di-^
ligens a éplucher bepttoup de parti¬
cularités en leur Pharmacopée , que ^
les autres en leur- édition pliée en^
long de l’an iyi)7. fis ont limite
la quantité du Sérum a doufe li¬
vres , que nous devons fuivre plu¬
tôt que Sylvim a,u livre troisième ^
de fa Pharmacopée qui n’en dernari-
Dej EleBuair&s
de que Jix Hures , & Bernard de
Sennio au livre quatrième de la
comfofition des'medicaments qui en
depande vingt livres. A tout le
moins fi treiz.e livres de Sérum la-
Üis poids de medecine , qui font
neuf livres onz.e onces,poids de Mar¬
chand, y compris le fuc de Fume-
terre ne fuffifent , on fera toujours
receu d’y en ajoâter un peu davan¬
tage , puis que l’Autheur le per¬
met , fans qu’un afptrant à la mal-
trife en puijfe être repris. Et pour ce
qui regarde l’ordre qu’il convient
teftr en la decoBion , & en l'infu-
fon des ingrediens Bauderen dans
fin mélangé a explique, celuy de
l’ÀHtheur de. la ConfeBion À . qui
U voudra ohfirver , fînon fen pro-
fofiray un autre non moins métho¬
dique qu utile. En premier Heu Mrês
avoir éleu & exaBement difpensé
tous les fimples de la decoBion , il
faut avoir du laiB récemment tire
de Chevres noires bien faines, nour¬
ries fur la montagne , d’un âge jeu-
tie , quarante jours après le part , en¬
viron lemilieu du Printems^, appro¬
chant plutôt de l’Etè que de l’Hy-
ver , dr le faire cailler, avec la fleur
du Char flon .nôtre. Dame , & enfui-
te le lafjfir refondre en eau ,& la
clarifier pour en feparer entière¬
ment la partie Cafeûfe , & la Bu-
tyreufe , er dans neuf livres on fe¬
ra outre (ÿ- prendre une ébullition
“tt Polypede, incisé & concafsèfort
menu, enfuite on y jettera les Fru-
neaux mondés de leurs os les
aifins fecs de leurs pépins. , les fl- ^
mences à' Anis, & de Fcenouil , après
« Myrohalans mondés , l’Abfln-
^ ‘ vulgaire , CF en dernier lieu U
purgatifs mois. 59^
Senne , & la fommité de Fhym, tous
ces ingrediens chacun en leur rang
feront médiocrement cuits dans un
pot de terre vernie couvert , étreir
d’emboucheure , l’ayant, tiré du
feu on le mettra -fur y les cendres
chaudes l’efface de vingt - quatre
heures , pendant ce tems-lâ on re¬
muera fouvent les matières. Inconr
tinant après avoir diffosé cette in-
fujion dans les trois livres qui re-
ftent du petit laiB ,& la livre du
fuc de Fumetery e.-depuréimettrês fe-
parément en infufion la Rheubar-
be coupée à trenches , l’Agaric tro-.
chifqué , la Colocynthe mondée de
fies grains ^ incisée menu , les Ro-
fes , (F lés Violeé- . dans.yjsn pot de
terre convenable , fur une cha¬
leur de cendres entretenué par le
rnéme ejface que.dejfiu. Le deux.ié.j
me jour faut augmenter la chaleur
a la première infuflo^ luy fai¬
re pr.en.4re derechef une. petite ébul¬
lition , remuant, fouvent ‘‘la matiè¬
re pour .empêcher, quelle nq} s’atta¬
che. au poh-^fayant tfirée du feu , &
â demy refi.eidie La coulerés & ex-
primerés flr't les ingrediens , ce¬
pendant, qu on travaillera ,â la der¬
nière ^huÙition de[ la prèyniere in-
fufion .,ferés chauffer la fecende,\uf-
quâ ce quelle.y.foit prêter a bouil¬
lir , la remuant, fouvent, comme dit
efl , & les mêlerés enfemble ,c’efl à
dire la colature de la première fi- '
ra versée dans le pot de. la dernie-
t'e J .çF continuerés la même chaleur
une. ou^ deux, heures , le tout bien-
couvert fans qu ils bouillent, cela
fait la coulerês & exprimerés com¬
me deffus 1 ainfi vom aurés une
quantité fufflfante de liqueur peur
•1
4^0 ' Livre I.
faire ves coBions ^ infufions , lef-
quelles doivent être dehevées dans
deux jours complets , & 'r^on en fix,
qui eft un terme a pourHr les in-
grediens dans le petit laiB : veu
même qu'ils font tout d'une fubfian-
ce petite ou moyenne, excepté le Po-
lypode d^fmjfrir une forte coBion,
ayant prefque tous leurs vertus en
la fttperficie ne demandent que la
feule infufion pour communiquer
toute leur vertu à la liqueur , les
autres comme l'es faits avec deux
ébullitions feront entièrement ramol¬
lis , il ny a que le Polypode qui-
demande une langue coBion ; fui-
.vant quelques-W^s i mais quand il
eft bi^n concafsé cela doit dimi¬
nuer cette longue coBion , a caitfe
que fon centre ou loge fa vertu pur¬
gative de même que fa fuperficie
eft divisé en menues parties -, de
maniéré quon peut dire pour lors
fa vertu purgative être en la fu¬
perficie.
le feroü d’avis de laijfer raf
feoir durant quelques heures la co-
lature pour en feparer le plus clair
far inclination , & que le reBant
fut filtré par la carte •, & fi la
quantité de la liqueur excede de
beaucoup celle du fuccre , comme il
ne peut être autrement de la fai¬
re évaporer au B. M- jufqu’à pa¬
reil poids , & par après avec une
livre & demie de fuccre fin & non
de la cajfonnade les faire cuire en
Syrop pour un EleBuaire a la va¬
peur de l'eau boiüllante , comme d
été cy-devant dit en quelques en¬
droits d’une confiBance convenable
a pouvoir conferver le tout. Et que
la Manne fût pilée dans un mortier
Seûion Vin.
de marbre avec un peu de Syro»
pour la pajfer d travers un tamis
comme la pulpe de Cafte , & celle
de Tdmarinds , & que la Scamme.
née ou Diagrede foit mêlée avec les
autres ingrediens de la poudre, eom- ■
me dit l’Autheur du mélange ,piiHr
le tout être - mêlé enfemble.
Confeclio Hamech à Baude-
rono caftigaca , & dirpofita, ,
pro Vibanis ôc naturis dé-
licatoiibus.
%. Sert laBis Caprilli , vei Jadis
.Afin'ini , lib. duos ,
Succi Fumaria , lib. unam , & fe-
miji
Pajfularum Damafcenanmrmnda<‘
tar.lib.femifi.
Prunorum dulcium , num. Ix.
Polypodii qiterni contufi , une. qm-
Fol. Senna mandat, une. duos,
Rhabarbari feleBi fcalpro futorio
incifi, &
Agarici trochifeati , utriufque une.
unam & femif. ,
Myrobalanorum Citrearum , v,nc.
unam ,
Ce P ul arum &
Indarum oleo Amygdalaram
dulc. confiicatar.
Seminum Violarum,
Caftut£y&-
Anifi,
Abfinthii Pontici majoris ficcati
Rofarum rubrarumi
Epithymi , &
Flerum Thymi ,fing. drach.fex-
Manna Cdlabrin. une. duos.
Des El e Bu air es purgatifs mois, 40 1
fiJedulU Cajfu , une quatuor. la négligence des CorreBeurs de
Tamarindorum , unc.quinque.
Sacchari albi, lib. unam & femij?.
Fui. Scammonii , une. unam &
. Çemiji.
Shabarhari optimi, une. unam.
te Paraphrafe , qui ont fait dire a
Bauderon en quelques éditions , &
même en la fiiiéme revifion , qui efi
celle en laquelle Baud. pere ajouta
cette Confeilion Hamech en fa Phar-
Qwnque Mfrobalanorum ol.Amyg* macopée , qui fut l’an 1 6ti. If. Sert
Ml. dulc. cenfricat, fingul. une. laüis , vel AJini lib. duos. Il efi
fort ajfeuré que Bauderon na jarnaù
dit. yi. Seri laBis , fans nommer l’a-
femifi.
Seminum Fumaria , &
Anifi, utriufque dràch. duos.
Hardi Indiea , ferup. quatuor.
Fiat EleBuarium ut fequitur. In
fiBili vitreatOi mediocriter in la¬
ite & fucco bulliant Pruna exof
nimal duquel il voulait qu’on prit
le laiB pour en extraire le Sérum,
ce qui m’a occafionné d’y ajouter
le furnom de Caprilli , comme du
plus ufité ,& le meilleur pardejfus
fata , UU& Damafcena mundat. la autres , tant pour la Medecine
Polypod. contufum } Semina, Ab- que pour s’en alimenter. Cette fau-
finthium , & Serina. Deinde ex- te ne s’y trouve pas feule , il en efi
traigneminijce Rhaharhar. Aga- échapé une autre ,dqui je ne fçay
ric.lllyrobalan. Rofas , Epithy- l'attribuer , qui efi pourtant confi-
’ derable , de vouloir qu’on cuife &
qu’on infufe environ trente onces de
divers ingrédient dans quarante-
deux onces de petit laiEt , ou de fuc
bulliant. Semirefigeratis , fiieen- de Fume terre ,ce qui efi impojjible,
turmantbus, & in torculari ex- a moins de l’augmenter comme nous
primantur. Ex parte una colatu- venons de dire en la ConfeBion Ha¬
ro, bumeBentur Tarnarindi , & mech grande , jufques k neuf livres
Caffia & fuper cribrum inverfum^ poids de Médecine , le fuc de Fu-
cernantur. Alteraverbpars cola- meterre y compris, & puis procéder
tur& coquatur in Syrupum cum a la decoBion & infufion des ingre-
Saccharo & Manna , in quo ca- diens fuivant l'Art,
lente diffblue Tamarindos cretos
& Cajfiam. PoBremo extra ignem ' ' '
inijce pulverem & Scamrnon. ne
, & florem Thymi. Cooper-
to fiBili macéré ntur fimul ho-
ris viginti quatuor. Deinde cum
reliquis unica tantum ebullitione
catore tgnts coéat in grumes , ^
formam EleBuarii vitiet : & re-
ponatur ufui.
REMARQJ/E.
Confedtio Hamcch minor,
DMef.
. Pajfularum mundatarum , . lib.
Myrobalanorum Indarum , feu ni-
- grarum idem,
l’entrée de cette de feription Cepularum,&
XJ on reconnaît afsés quelle a été Epithymi,fng.drach.qmnquaginta,
E e c Pruno
40L Livre L Seâian Vl IL Des EleB, Çfc.
Prunorum,
fujubarum, &
SebeBea ,Jing. num.feptuaginta.
Sernin. Fumaris, , vel fucci ejufdetK
depurati ,
Abfirnthii Pontici , tit.riufque. drach.
■ 'uiginti y.
Hafce , id efi , Thymi ,
Calaminthet montant, ,
Polypodii epuerni contnjî ^
Agarici ,
GlycyrrhiXf , &
Rad. JBugloJft , Jîng- dràch. decem,
Stâichadü Arabica.,
Cham&dryos ,
Charnapityos , f
Bedegarüyid efi , Spipa alba, ( hu-
jud penuria fume fpongiam Cy-
mrhedi,<vel Cardui henedibH)&
Seminis Amfi,fifig- drachm. quin-
qpe.
Coquantur in aqua fùjfciehti ad ter-
tias. Golatura dijfolve
Sapa ex optirno muBo parata , lib.
duoi. ■ ,
Meilia optimi defiumatiylib. unam.
Scammonii, une. duat.
Mx. arte fiat EleBuarium ufui ne-
cejfàrio.
paraphrase.
CEc Eleftuaire a pris le nom &
farnom , comme le precedent.
Sa balè font les Myrobalans ; leur
âpreté eft corrigée par les firLiks, Re-
glilïc:, & Buglolïè, leur chaleur par
les Prunes J leur vertu foible eftau-
gmencéet par le fuc de Fumeterre,,
Polypode, Epithymej & Agaricjleur
tardiveté eft accélérée par la Scam-
monée J-Thym, & Anis , les herbes,
& Stœchas y £bnc mis ,poiir conduire
leur vertu en diversTifeeres & pour
incifer-& atténuer le p|rlegrne, &
delbpiler. Les fruits , le vin cuit, &
miel, éciimé , y font mis pour de-
terger;, & rendre leur aétion, meiU
leure ,, & le tout conlerver ; l’Abfin'-
the y eft mis pour la defence du
ventricule , contre la nuifanee des
purgatifs ., comme le Bedegar , pour
celle du jfoye j au lieu duquel on
pourra preridre le Cliardon bénit, on
1 épongé , qui croit fur le Cynorrho-
don des Anciens , qui par fen adfttir
ûion le corrobore luftifamment.
LE MELANGE.
Au premier rang de deco’ftion,
on mettra le Polypode concalsé, &
racines de Bugloftè incisées , l’épi¬
ne blanche , ou fon lùccedanée ; au
fécond rang , les herbes, l’Anis, Sc
fruits : au troiziéme la Regliflê, l’Ab-
finthe Stœchas, Ôc Myrobalans t
finalement l’Agaric , & Epithyrac,
que le tout revienne au tiers. Le
tout vuidé dans un grand plat creux
d’étain , ou de terre vernifsé , fera
couvert d’une double toile, jufques
à ce qu’ils foient à demy refroidis,
pour les exprimer. Le mkl blanc
& écumé fera cuit avec la colatu-
re, en forme d’Eleéfiiaire , puis on,
y ajoutera le vin cuit pour le recui¬
re cnfcmble,,& finalement on y ajou¬
tera la Scammonée fribtilement pul¬
vérisée , la baffine ôtée de dcflîis le
feu , ôc plus qu’à demy refroidie,,
afin que la chaleur ne la faüè gni-
meler & donne mauvaife fr>™e a
l’Eletftiiaire. Quelques-uns font in-
fufèr à part l’Agaric, i’Epithyme , &
Thym , dans une partie de la cola-
'Seaion IX.
ture > puis luy donnent un boüillonj
& l'expriment , eftimans qu'il en
foit plus laxatif. L une & l'autre ma¬
nière eft bonne, non qu'il en loit
plus purgatif.
LES FACrLTEZ.
Il purge la melancholie , & les
huràeiirs' brûlées.' Pourceil convient
à k itoanie, à la melancholie , au
vettige j au defaut de mémoire , Sc
aux vices du’ cuir, tels que font la
gale’ , la lepre , la morphée , le can¬
cer , & daftes.
REAlARQyE.
ILny a P oinf d‘ EU Sindire en cet¬
te Pharmacopée^ , du U decoSlioh
fùit chargée d'ingrediens , comme èjt
celle-cy : car il y en a environ cin-
gmnte-fix onces qui la compofent,
four lés cuire il y convient une
grande quantité d'eau , Ô' de quelle
fafon 'qu'on les cuife & qu’on fajfe
confumer la deceStion , il n y peut
que reHer quantité de liqueur , qui
furpafera extraordinairement celle
du mtel & du Sapa , a moins de
divifer les ingrediens en deux, com¬
me a été dit en la ConfeEtion Ha-
mech grande. De ceux-qui font les
plue longs a cuire , ou de fubfian-
ee plus dure , 'on en pourra faire
une decoEtion , & ^des autres qui
n endurent pas longue coElion on
les infufera dans la colature de la
djeoEtion par vingt-quatre heures
dans un pot de terre couvert fur
les cendres chaudes , & ainfi on en
confervera mieux la vertu d’un cha-
<ifffimple , par l'ordre de la coElion
Des Hier es. 403
& infufion , pour ce faire l' Ar¬
tiste aura recours aux ‘precedentes
ConfeEtions, & avec la colature il fe¬
ra fin Syrop, ainfi qu'il efi dit cy-de-
vant.
l'eSlimeroü que cette ConfeEtion
devroit plutôt tenir rang parrny
les Syrops purgatifs qu'entre les
EleEtuaires , à raifin qu'il n'y en¬
tre point de poudre pour faire le
corps autre que la Scammonée , de
quojl je m'étonne fort & que Me-
Jué qui étôit fiavant en la com-
pofition des médicaments l’y aye
mife , comme aujfi qu’il ne fe foit
apperceu que de quelle façon qu'on
y mêlera la Se'ammanée elle ne s’y
trouvera jamais également mêlée i
fi on la fait cuiri , elle fe feparera
& defeendra en partie au fonds du
pot , fi on l’y met! en poudre , elle
nagera dejfui ou defeendra a fonds,
& cela dépendra particulièrement
de la confiftence du Syrop , & par
ainfi l’ufage n’en peut être que fu-
jpeB , à moins qu'elle y foit dijfou-
te fuivant Us préceptes de la Chy-
mie, aujfi voyons-nous que cette Con¬
feEtion n'ejt point Ufitée.
-m- -m- -m-
> SECTION IX.
Des Hieres.
fiera JïmpleXyD.Galem.
"If. Cinnamomi aut Canella fiUEta,
Xylobalfami ( hu]m leco fume tan-
' tundem furculor. Lentifci , vel
Macis, vel Terebinthi arboris.}
Afari,
E eo A Spict
Rtmar-
qae de
f Altëi.
404 Livre 1.
Spicit Indicei ,
Croci, &
Ji^afiiches fing. drach.fex.
Alo'és non lot& , drachm. centum feu
tincioi duodecim , & femijfem.
Metlis deipumati , triplurn , hoc efi
Ub, quatuor & une. très.
paraphrase:
HIere eft un nom Grec > qui fi-
gnific làcrée , & grande. Pi-
cre lignifie amere, noms qui lujc c©n-
vienent fore bien, tant pour fes gran¬
des , lacrées & rares vertus à plu-
lieurs maladies , que pour la laveur
amere , pour caufe de l’Aloè's qui
y entre en grande quantité. Galien
au lèptiéme de (à méthode i & au
liziéme des livres qu’il a composé
de la lânté^, & au deuziéme deJuji-
ticme des Médicaments locaux la
décrit , non qu’elle loit de Ibn in¬
vention : car long tems auparavant
luy elle étoit pradiquée à Rome,
& ailleurs , ain£ qu’on peut colliger
de fes écrits même. Vray eft que
félonies occurrences qui te prefen-
toient il diminuoit.la dofe du Saffran,
ou changeoit l’Alàrum, peur le Car-
pelînm, qui a qnafi.femblables ver¬
tus que nôtre Valériane grande. On
la failbic préparer avec Alo'és lavé.
Quand il étoit queftion de pUis cor¬
roborer que purger , on augmen-
toic, ou diminuoit la dofè de i’A-
loés , la bafe eft l’Alocs , la tardi-
veté duquel eft accélérée par les Mé¬
dicaments aromatics , lefquels re-
fiftent à la pourriture des humeurs,
les digèrent , & corroborent les vif-
ceres , incifént, & atténuent les ma¬
tières craiïês & vifqueufès. Le Ma-.
Seâim IXe
ftich y eft mis pour le ventricule*
& corriger l’acrimonie de la bafe,
pour ce qu’elle ouvre l’oi;ifice des
veines de la matrice & du fi€ge,&
mêmement de ceux qui font fujets
aux hemorrho'ides : l'Afarum y eft
mis pour defappiler les conduits bou¬
chez , & conduire par la voye de
L’urine une partie des humeurs cer-
rompuës ; le miel, pour deterger,ren'
dre toute la compofition plaifame,
de plus longue durée, & plus put¬
ative qu’elle ne feroit.
LE MELANGE.
Enfemble il faut pulverifer&ta-
mifér le bois d’Alocs ( ou Santal
citrin , ou Les branchettes du Len-
tife, ou celles du Térebiiîthe, pour
le Xylobalfàme ), la Candie, l'Afa-
rum 3 & Nard Indique incisé. Il
faut pulvcrifér. à part le Saffian^ Ma-
ftich , & Aloês arrousé de quelques
gouttes d’huile, afin qivil n’exhale,
& n’adhere au mortier: puis le tout
fera mêlé , & dilibiit en quatre li¬
vres trois onces de miel écuméi &
cuit féulement en Syrop à demy
chaud t- la baffine ôtçe de dellus le
feu : car la quantité , & ficcité de la
poudre , defièiche & épailîit affez b
miel, encore qu’il foit moins cuit que
pour un autre Ekduaire.
LES FACFLTEZ.
C’eft un ftngulier purgatif à l’i-
leofe,aux humeurs putrides, &q«i
font adhérantes aux tuniques du
ventricule , & au teinéb dépravé, On
l’ordonne auffi utilement aux fufw-
fions & autres fÿmptomes qui pro¬
cèdent du vice <de l’eftoraach j & *
ceuS'
Des Hier es, 405
ceux qui font conftipcz , & aux
femmes qui n'ont pas., bien lents
mois. Sa vertu s’étend jufques
au foye > & aide fort 'à l’ello-
macL
RE MARQ.V E.
Alien au livre fécond des
Medicamens . locaux , décri-
yant la Hiera fiera Jîmfle ^ de¬
mande VAlo 'és pmflement , qui efi
la caûfe c^ue Bauderon dit par
exprez. Aloés non Iota. GjU/slques-
uns veulent que les foudres des
Hier es foient fubtijes , & quel¬
ques autres grojfieres .• mais four
concilier ces deux opinions il faut
difiinguer , quand on s'en veut fer-
pir contre les obftrullions , alors il
faut qfte. les poudres foient fub-
tHes & AU contraire pour les
afedions de lefiomach & du cer¬
veau refi-oidü , il faut que les
poudres foient grojfieres , 'feftime
qu'en les compofant il faut faire la
poudre moyenne.
Hiera Fiera cum Agarico.
^pecierum Hiera fimplicis,fne
^loé , ^
Agarici trochifeati, utriufq.drach.
fisc.
Aloes non iota , une. unam , &
ferniji.
Mellû dejpum,ati , une. nouent , mif-
ee.& ferva ufui.
PARAPHRASE.
CEtte Hiere a pris le fûtnom de
l’Agaric , qui la fait différer de
la precedente & y a été mis pour
augmenter la vertu purgative de l’A-
loës : les poudres > & miel y font
mis, pour les raifons cy-dellus dé¬
clarées.
LE MELANGE.
Il faut prendre une drachme de
chacun des médicaments Ipecifiez
en la precedente Hiere , qui font en
nombre de fîx j puis y ajouter au¬
tant pefànt d’Agaric trochifqué j &C
pulverifè : aprez on y mettra une
once & demy d’Aloës non lavé,
& pulverifè , puis le triple du
tout , de miel écumé & cuit qui
revient à neuf onces. Auquel en¬
core tiède , on détrempera les pou¬
dres , pour garder le. tout dans fon'
pot au .befoin-
REM ARCtVE'.
BAuderon en fa Paraphrafe dit
que l'Agaric fait différer cette-
Hiere de la precedente , & qu'il
AuqmenH la. vertu- purgative de
l’rile’és , quelle aide peut-il donner
A- l'Alo'és pour luy augmenter fa
vertu purgative ? puis qu'on mo¬
déré la do fi de ce dernier de plus dé
la moitié \ il me fimhle qu'on la luy
devait laijfer toute entière four êtres
un peu plus purgative..
E e-e j;
Hicrai
40 6 Livre L SeBiort IX.
te , moins compofee , & piirgati.
ve. La bafe eft l'Aloës ; ;a varm
Hicra compofita , D. Nicol. foible de laquelle cft fortifiée par
Alexand. Médicaments aromatics , qui in.
Client, atténuent , & digèrent les hit-
Cinnamomi , feu CanelU feleSie, mettrs froides, confument les vents
SpicA Indicé , & defopilent les conduits étroits , &
€roci , bouchez : fa. tardiveté eft aecelerée
Schoenanthi , id eji , foris lunci par la Colocynthe : au contraire la
odorati, ' célérité de celle- cy eft réprimée par la
JfaH, Tardiveté de rAloës , qui a une parti-
Cajfi£ ligne a aromat. & non purga- ailiere vertft de la corriger, & ren-
tricü , ■ dre Ibn aétion meilleure j Authenr
Xjilohalfami ( vel fuccedan. Surcu-
lorurn Lentifci , )■
Carpobalfami (vel fucced'.ejmfemin
Lentifci , vel Terebinthi )
Seminii vel foruni violarum ,
jibjtnthij Pontici major ù , feu vul-
garis nofiratü ,
Epithymi ,
Agarici alhi ,
Rofarum rubrarum , '
Turbith optimi ,
Mafiiehes , &
Pulpa Colocynthidis , Jing. drachm.
dimidiam.
Aloes quantum omnium aliaram
cierum, hoc efi, une. unam.
JMellû delpurnati , triplum vel quan¬
tum fafficit , fiat Elebluarum.
paraphrase.
SAlernitanus , & Myrepfiis réfè¬
rent cette Hiere à Galien , ce qui
n’eft pas vraÿ lèmblable ; pour ce
qu'il n’a connu le Turbith , qui y
entre. Elle eftdeicripteparNicolaus
Myreplùs en la lèélion vingt troilié-
me chapidre feptiéme des Antidotes.
Le fùrnom de compolee y eft mis
pour faire différence de la prcccden-
Melîié au chapitre de l’Alocs : 1’
gafic y eft mis , pour conduire la ver-
tu de la* bafè au cerveau , pul-
mons , matrice : le Turbith- aux
joinétures, & l’Epithÿme à la ratte:
le Saf&an y eft mis pour la deferife
du cœur , contre' la nuifance des pur¬
gatifs : le nard 'ndic cellé du foyer
l'Abfintîie, Rôles , & Maftieh , celle
du ventricule : la Canellc , Xylobal-
fame & Carpoballàme , celle de la
matrice : l’Alàrum conduit les fero-
fîtez par la voye de l’urine : les vio¬
les y Ibnt miles pour corriger k'cha-
leur, & lîccité de l’Aloës-, & Colo¬
cynthe : le miél pour deterger, & con«
lèrver les elpèeès.
LE mélangé:
Au premier rang de trituration,
il faut mettre le' Xylobaliàme '( 'où;
Ion luccedanée le bois d’dloës,
Santal citrin , ou le bois de Len-
tilc ) le Turbith , nard Indique in-
cifé , l’Alàrum , Cafte aromati¬
que , & Canellc : au lêcond rang,
le Carpoballàme , ou les Cubebes
Ibn lîiccedanée ( ou la femence de
Lentifc ) PAbfmthe , & Schœnan-
Des Hieres, 407
the :• au troifiéme les Rofes , Vio-
ks , & Epithynie. Chacun à part
faut piler le Maftich , faftran ,
Aloës 5 & Colocynthe : TAgaric
fera râpé avec une ferre , & mêlé
avec les autres poudres , qui fe¬
ront- détrempées ail triple du tout
de miel écumé & cuit en Syrap à
demy. froid , ainfi- qu'il a été dit,
pour le garder au belbin. Si l'A¬
garic étoit trochifqué, toutelaeom-
poiition en feroit meilleure.
' LES FACFLTEZ.
Elle convient aux crudîtez , in-
difpofirion & renverfement d’elfo-
maçh, ' aux douleurs de telle , &
migraine , aux ratteleux , aux vi¬
ces du foye & de l'eftomach , &
à>ceux qui vomiffent la nourriture,
comme aulfi à la fquinance , à l’épi-
leplîc , & aux cacharres.
REMARQVE.
CEtte Hiere compofée deit être
\plufiot attrihuje a Nicolam
Mexandrinni quà Nicelaut
repfm , comme le pltu ancien des
deux qui la décrit , fonâ le nom
de Hier a fiera , au ehapit.^o^.
de fon livre des médicaments /o»
eaux , qui efi le fujet de la cer-
reilion que fay faite du fitrnom de
« dernier.
En cette Hiere & autres^comme
*ajfi en toutes les compojïtions ou
la Colocynthe efi fmplement deman¬
dée fans correQion, U y faut fubfii-
tuer en fa place les Trochifques A-
Ihandal, ainfi que nôtre maître Mé¬
fie dit dans fon Antidotaîre aucha^
pitre des Trochifques Alhandal ,
Trochifei Colocynthidos in Hier am
Hermetû, & compofitiones alioi inji-
ciendi loco Colocynthidos.
HLcra Lôgadij , D. Nieoi
Alcxand.
iLf.PulpA Colocynthidos, éf
fpolypodij querni , vtriufq. drach.
duoi. .
Euphorbij ,
Polij rnontani , &
Cocci Gnidq , fing.drachm. unam,-.
femifi. & gran.fex.
Abfinthij Eontici majoris feu vuH
garü ,
Myrrha , utriufq. drach. unam , &
gran. duodecim.
Centaurii minoris ,
Agaricï albi faminini.
Ammoniaci Thymiamatis , feu op-
timi ,
Fdij Indi , feu Malabatri (3ra-
cormn , \
ScilU,
Spica Indica , &
JDiacrydÿ , fiing, drach. unam.
Aloës Socotorina , id efi, ex Socoto-
ra Infula ,allata & perlucida'
vitri infiar.
Summitatum -Thymi,
Cajfia lignes, aromatics,
Chamsdryos ,
EdeJUj Thebaici, &
Prafii) albi, fing. ferup. unum , &'
gran. quatùordecim.
Cinnamomv , feu Canells feleêla ,
Opopanacis ,
Cafiorei ,.
.drifiolochis longs,
Trium Piperum ,
Graci^,
4o8 Ltme L
Croci ,
Sagapeni, &
Semift. Petrofelini M^ccdonici,fing.
drach.femiji.
EUebori albi , &
Nigri , vtriùfque gran.fex.
Mellis optimi dejpumati «mnium
triplex pondui ,~feu me- decem,
fiat Hiera nfui necejfario repa-
nenda.
PARAPHRASE. '
yTYrepfiis décrit cette Hiere en
XVXla vingt troifiéme fcétion des
Antidotes chapitre deiixiétpe, laquel¬
le a pris le nom de fon inventeur
Logadius , natif d’une bourgade
nommée Memphis. La bafe eft la
Colocynthe , üà vertu purgative eft
augmentée par la gr.aine de Thy-
raelca que les Grecs appellent Coe-
con Gnidium , Diagrede , Ellébo¬
re blanc , & noir j & Euphorbe.
Leur nuilânee & acrimonie eft mo¬
dérée par les Gommes , & leur ce-
lerité eft reprimée par l’Aloës : leur
renin eft corrigé par le Caftor , &
Myrrhe. Leur vertu purgative eft
conduite au cerveau par l’Agaric:
à la poitrine par le Thym , & Prat
jfîum : à la 'ratte par le PoJypode,
Ellébore , & Chamedrys : à la ma¬
trice par la Centaurée , Ariftolochej
& Polium : aux jointures par les
Scilles. Et pour ce que tels purga¬
tifs violents d’une vertu fecrette ,
blellèntles parties principales, il a été
befbin dé les accompagner d’autres,
qui aulfi d’une vertu fecrette , &
manifefte les fortifialfent : comme
le Caftor , lequel fortifie aulfi le
cerveau : le làffran , Calfe , Sc ca-
Seükn IX*
nelle le cœur : le nard Indique k
foye : le folium Indiim , la matrice;
l’Abfinthe, & poivre, le ventricule,
& inteftins : la graine dePerfil, les
reins , & veffie. Le miel y eft mis
pour deterger , addoucir , donner la
forme , rendre leur aélion meilkire,
& les conferver.
LE MELANGE.'
Au premier rang de trituration &
enfemble feront mis les racines , &
écorces. Au fécond les herbes, fruits,
lèmences dePerfil,Caftor,& Bdel-
Iium, fi ces deux font fccs. A parc cha¬
cun il fout pulverifèr l’Euphorbe , A-
loè'Sj myrrhe,lâffian,& Diagrede, avec
quelques gouttes d’huile , afin qu’ils
n’exhalent & offencent celuy quiles
pulverifo, & n’adherent au mortiet:-
de même la Colocyntheinciféc, l’A¬
garic fora râpé. & trochifqué, quoy
qu’il ne foie ipecifié : les gommes fe- ,
ront dilToutes avec du vin , ou hydre-
mel, plutôt qu’avec du vinaigre, poM
ce qu’il eft ennemy des parties exan-
gucs & fpermatiques , puis les cou¬
ler à caufo des ordures , & cuire jgf-
' qu’à ce qu’elles commencent à s’h--
pailfir comme miel, aprez on les mê¬
lera avec du miel blanc écumé , cuit,
& pefé au triple du tout ( revenant à
dix onces ) encore chaud , puis peu à
peu les poudres, pour le tout referrer
dans fon pot au befoin.
LES FA CVL TE Z.
Elle change les maladies longues
engendrées de melancholie, & h*
chaffe: excite l’appetic , & redonne
de la force aux corps , & rend les
malades joyeux. Elle aide fort au mal
caduc,
Dci Hier es. 40^
ttdnc , au vertigô , & à ceux qui
tombentinopiuement, qui écumeur,
qui [e mordent la langue , tellement
vexez de convulfion , qu'ils femblent
à quelques-uns être obfedez du
Piable. Elle convient aux biljeux,
& à la lepre des Arabes , ( qui
éft l’elepharitic des Grecs ) dans le
commencement. Comme aulîî à
ceux qui ont de gale maligne,
aux léthargiques , à ceux qui
rendent involontairement leurs ex-
crements , principalement à ceux
qui ont avalé quelque poiiôn : 6c
eft propre aux ratteleiix. On la
donne auffi aux pleuredques , &
aux maux du péricarde. Elle ex-
pulfe les humeurs vitieuiès , & pro¬
voque les moisi On tient aulfi '
quelle vaut beaucoup à la feiatique,
& aux douleurs des reins , <k à tou¬
tes fortes de maladies longues , pri-
fe trois fois chaque mois , le poids
de trois drachmes avec quatre ou
cinq onces d'hydromJ , Sc cueille-
rce de fel.
REMARQ.VE.
CEtte Hlere Logadÿ , de même
‘jue la precedente efi décrite
mot^a mot par Nicel. /tlexandrinm
fin livre preallegué chap. ■^ lo.
fitts le nom de Hiera-îtogodion Em-
podifion J ce qui ma donné oc cafion
de corriger le nom de l'Autheur^ à
pit uBauderon l'avoit attribuée en
fiv.eur de Nicol.Alexand.quoy qu’il
” tffifoit pas l’inventeur, mau le plus
tgedes deux, & mêmes des autres
/i« décrivent.
de. ne diray rien flA cette deferip-
* en de Hiera Logodij le refervant
à la fuïvante , ou toutes chofes fe¬
ront déduites en detail , lefquelles il
faudra rapporter à un cloacun des
ingrédient malins de cette ~cy,
comme étant fort peu differentes
l’une de l'autre,
RaiTons' pour prouver îa pré¬
paration de toute forte de
médicaments, S>c particuliè¬
rement la corredion de
ceux qui font purgatifs ma¬
lins &; deictaires.
La préparation efi fi neceffaire
en toutes les chofes qui font crées
par la nature fi fimples quelles
puiffent être , & pour quel ufage
que ce fait , quon ne fiauroit em¬
ployer la moindre d’icelles pour l’u-
fage de l’homme , fans y avoir appor¬
té quelque apprêt , aux uns plus,
aux autres moins , tant fiour. ceux
que noùs employons à notre.' firvt-
ct extérieur , que pour nos ali-
ments même : quoy qu’ils ayent
mains de diffroportion avec notre
nature , ils ne font point pourtant
propres pour nous nourrir -& nous
alimenter , quils ne fient con¬
venablement préparez, ; à plus
forte raifon le médicament fm-
ple qui a la faculté d' altérer no¬
tre nature par fa première , fé¬
condé , troifiéme , & quatrième qua-
lite'^felon Galien , au premier livre
des fimples.
Et parce qu’entre les Medica-
mens fimples , celuy qu’on appelle
purgatif efi le plus contraire d notre
nature , d raifon de quelque ma¬
lignité qu’il poffede plus ou moins
F ff fui
410 Livre /.
fuivatit la divifidn (jtie Mefaé en
fait ( laquelle notu’- eft confirmée
far l’experience ) fopu deux genres,
f^avoir bénins , & violans , & far
cette divifion il efi • necejfiaire de
diflinguer entre f réparation & car-
reélion.
La préparation convient ( com¬
me a été dit ) généralement a toutes
chofes créées avant les rnettre en
ufagb ; pour ce qui regarde l’hom¬
me , & pour les animaux il en efi
du contraire , à caufe du péché de
nôtre premier per e -, & laeorreBion
appartient tant feulmient a tom la
médicaments qui ont des qualités^
nuifibla à quelque partie de nôtre
corps , ou- qui' fient doués de quel¬
que qualité maligne-
Or nous appelions préparation
pharmaceutique • généralement pri-
fie Vaélion par laquelle nous rendons
le médicament propre pour être mis
en ufiage.
Cette préparation fie fait en ge¬
neral en deux fa^ns , comme dit
JUfefiué au chapitre premier du fé¬
cond Lheoreme , en ajoutant à- un
médicament purgatif une autre dro-
^e qui aye une faculté contraire
a cet excez. ; ou bien far artifice
en luy acquérant indufirieufement
quelque venu falutaire pour le ren¬
dre meilleur.
- Cette carre élion par addition fi
fait toujours par fin contraire , &
fort rarement par des drogues qui
aider t d leur operation fans con¬
trariété , comme quand nous ajoutons
le Zingembre au Tisrbith, & à Bul¬
garie le fil Gemme.
La préparation par artifice , ou
honte acquifi , fi fait comme dit Sar
Seâion / X
ladin parlant de Befiice de l’A¬
pothicaire , en triturant , lavant
cuifant , & infufant les médica¬
ments.
^ Par la fubtile trituration la ver¬
tu purgative de VAfarum efi de
beaucoup ajfoiblie , & i’aperitive au¬
gmentée -, & par la même tritura¬
tion , la vertu aperitive du Crifial
de Tartre efi diminuée ,& la pur¬
gative manifeéiée aprfs Bavoir imbu
de Befl>rit univerfel.
J^àr la lotion la vertu vomiti¬
ve du Lapis Laztuli , fuivant le fen-
timent commun, efi emportée on cor-
rigée , qui efi maligne , & la pur¬
gative demeure ; comme aufii par la
lotion le Cancamum efi rendu moins
laxatif.
Par la coBHon dans le Coing, la
malignité de la Scammonée fie trou¬
ve corrigée.
Et par Binfufion la qualité ma¬
ligne des médicaments purgatifs efi
reprimée , par exemple le granum
Gnidium , & BEfiula infusés dam
le vinaigre , ou dans Beau fiel fie
dépouillent de leur acrimonie, &
merdication.
Chacune de ces préparations ont
diverfies confiderations ,fiur lefiquel-
les je ne m‘ arrêt ery point ,pour vt--^
nir au fiujet qui m’a occafionné d'in-
fierer en cette Paraphrafie ces rai-
fions , <ér la deficription de la Bée¬
ra Logodii qui fuit , & de la- bail¬
ler en chef d’œuvre a un de nos
Zfiirans à la mattrifie , qui efi a
l’imitation da maîtres .Apothicaire,
de la ville d’ Ai.x en Provence',
pour lefiquels j’ay beaucoup d’tBitne,
de ce qu’ils préfèrent Bhonneuf ée
leur profejjïon a l’intarefi de leur
bourct
Des Hieres, 41 1
hoHrce :pour preuve de 'cette véri¬
té , cejl ^uau moü de luillet de
l’aniôj^. uymtun nouveau maî¬
tre A recevoir luy donnèrent pour
m des effays de fa maitrife la mê¬
me cempofition de'' la Hiera Lo-
pdii que fay fait faire a nôtre
A^iram , ^ui efi la première de
Cinq difirentes deferiptiops que Ni-
eolm Alexandrinm atf/ibue k Lo-
pdiui , qui nefi point en -ufage
pour les raifons^ qùe je déduiray
cji-aprez.. , "
Dépuis ce‘tems-la,les maitres Jîpo-
thicaires d'Aix furent en des gran¬
des contentions touchant l’Agaric,
ta Scammonée , l' Euphorbe , l' Ellé¬
bore noir , la .'Colècynthe , l’Elate-
rinm &■ la femence de Thymèlêe
tous médicaments violents malins
& venimeux que l’inventeur de la
compofition y fait entrer , fans en
demander la correbH'on d’aucun en
farticulier ; mais par les paroles
qu'il a ajoutées au pied de fin or¬
donnance , qui font, & probe eonfe-
dam , il donne a conneître fin in¬
tention , & entend par icelles , que
ces ingrediens fiaient corrigés com¬
me nous dirons cy-apres , cefl à
quoy l’aifirant ne prit pas garde,
& ne fit point la refleEtion qu’il
devait faire fur des paroles^ fi im¬
portantes } mais procéda à fon chef-
d’oeuvre, & y èmploya les fufdits
ingrediens fimplement ainfi qu’il les
trouva décrits dans l’Autheur : Et
quoy qu’il travaillât en prefence
de perfinnes qui n’ignorent rien e»
dur art ; neantmoins quelques-uns
par tolérance approuvèrent fon tra-
vail , il fiy detsx ou trois
maîtres Apothicaires qui relevè¬
rent dans la juBice » que l’Agàrie,
l’Euphorbe , la Scammonée , l’ Ellé¬
bore noir , la Coloeynthe , l’Elate-
riimi.& la femence de Thymelée
ne doivent point être employés inté¬
rieurement fans être corrigés jé" fu¬
rent feulement fiutenus par monfieur
Jofiph Mignard, DoEleur Médecin,
aggregé en la célébré Vhiverfité
d’Aix , & non par mefieurs les
Profejfeurs royaux , comme fay dit
en ma precedente édition , pour na-
voir pas été bien instruit de cette
vérité , qui parait par le Paradoxe
que ledit fieur Mignard fit im¬
primer fur cette matière en l'an
1655. ou il fait voir par plufieurs
raifons-, qu’il eft deda derniere im¬
portance de corriger tous les fufdits
fimples.. purgatifs qui y entrent en
nombre & '.en une ■ quantité confi-
derable , comme l’on verra par la
defiription mi fi cf- après. Tou-,
tes ces raifons quoy que fondées
fur l’Authorité des plus prudents
Médecins des fiecles pafsés, & fur
l’experience firent grandement con¬
testées par le pin* grand nombre
des maîtres Apothicaires , & de
mefieurs les Profefeurs royaux , qui
fiütenoient qu'il ne les fallait point
corriger , ee^^fnt fans doute a défi
feih de favorifier le prefientê , plu¬
tôt que de luy vouloir nuire. Après
beaucoup de raifins d’un côté & d'au¬
tre , le petit notnbre qui tenait pour
la correétion defdits médicaments,
voyant que leur voix ne pouvait pré¬
valoir par defus celle de leurs con-
tretenans , & demeurer d'accord du
fait , quelques particuliers en écri-,
virent en divers endroits k leurs
amis pour ffitvoir leur fient iment,
F f f i comme
Livre L
comme ils firent aujfi \.noui , far.
deux àiv'erfies foii. Nôtre compag¬
nie donc s" étant ajfemhlée pour
ce fujet ,la quefiion fut ptopofee
fur laquelle fut opiné par deux
foii > ou pour n avoir poi été bien
coneeué de quelques-uns -, ou trou¬
vée difficile par les^autres a re¬
foudre fur le champ,, de manière
qu'il fût conclud que dans huit
jours aprez. il fè firoit une autre
affiemblée , & chacun aurait loi-
fir de fie préparer : la fécondé af-
femblée fe fijk j mais d'en rappor¬
ter le détail cela fer oit trop
long,, outre qu’il ne me feroit pas
feant , & ainfi nom. ne fifmes
point de réponfe à ces Jldeffieurs
qui effieroient quelque chofe de
nom. U efl vray aufft que l’em¬
barras que nom avions pour lors
dans nôtre corps y contribua en
partie. '
Et par ce que la même difficulté
qui efl encore entre Jrfeffiteurs les
Médecins & les. maiflres apothi¬
caires d'Æx fe trouve aujourd’huy
parmy. nom. , cela me perfuada
damant pim de travailler fur ces
Remarques que de donner pour
effiay de mattrife la même Hiera
Eogodij a' nôtre -flfpir.ant , com¬
me a été déjà dit afin de fsûte-
tenir avec luy qu'on ne peut arti-
fiement , & méthodiquement pro¬
céder a la faElion de cette compo-
fitièn , & qu'il efl neceffiaire apre^
avoir obfervé toutes les réglés,
tant generales que particulières,
de l'eleélion d'un chacun des fim-
ples qui la compofent , de préparer
ou pour mieux, dire de corriger tom
Isj ingredi.ens , qui font doue.z,. de
SeBion IX*
quaütez. malignes , comme la Ci-
locynthe , l’ Ellébore noir , la Scm^
menée , l'Jgaric , l' Euphorbe , 1‘ E-
laterium , & la femence de Thyme,
lée , & avant preuver la necejfui
qu’il y a de les corriger , U faut
flavoir cannottre quelles font leurs
qualités & vertm malignes , .é
en quoy elles confiftent j. comme
aufft quelle efl la defeription de l'a
Hiera Logodij , qui efl le fu]et- .de
nôtre contention de cinq differen¬
tes deferiptions que Nicel. Âlir.
xandrinm , & Nicol. Myrepfw,
font porter le furnorn de Logodim
dans leurs œuvres , avec les raifm
pour quoy les Autheurs des autres.
Diffienfaires l'ont rejettée ; .é.-èn
fuitte de l'examen de leurs qualite^^
& vertm malignes , je me flrviray
d'un nombre eonflderahle d'Authh
ritez. pour convaincre d'erreur ceux
qui fans fçavoir l'importance de la
queflion , difent qu'il ne fautny f. re¬
parer , ny corriger la malignité d^r
ceux , puis que l’Autheur par eXr
prez. n'en dit mot en particulier , &
la defeription efl telle que s'enfuit.' ..
Hiera Logodij prima deferip^
tio Nicolai Myrepfî^
Aîexand. ^
y:. Agarici ,
Elaterij ,
Salis Ammoniaci , ''‘l
-ribfinthi]
Ammoniaci ,
Folior. Indicorum, ,
Ellebori nigri,
Scills, tofla..
D&s Hierùs.
Scmmanü ,
Myrrhir&
Zmgiberü , ft>ig- drach.Jèx.
Âlo 'és fiava ,
Bttfhorbii, Htri'ufque drach. cBo:
Polit herbi ■>
C4u, ■
Chm&dr'yos ,
Centmrii min or y."
Hyftrid ,
Bdcllii, &’
Marmbü , jîng. drach. qmnque^
Piperii âlbi ,
Ctnnamomi ,
Opopasacü,
Sagapeni, ■
Ptferis 4ongi ,
Croci , &
Petrofelini Macedonichfing. drach^
quatuor
Caftorei ,
Piperii nigri,
AriBolochiü rotund.: fing. drachm-^
tru & femiji
Colocynthidos '
Polypodii , utriufque drach. oElth.-
Spica Nardi , df
Crani GnidüyUtriufque drach. fex.
H&c trita in pollinem madefacito
cum melle ^ttico def^umato fuf-
ficienti.
Opopanacem , Sagapenum y folue in
mortario cum melle-, probe cori-
feÜam recondein ‘vafe,& utere.
Par la defcription de la Hiera
Logodii cy jointe-, il efl aisé, de ju-
gir quon ne la peut cornpofer fans
corriger les ingrediens purgatifs ma¬
lins qui y entrent au. nombre de
fipt , bien que t’Autheur d'icelle
n en die 'rien en particulier ; fi efi-
neanmoins qu'il doit fuffire à
415
l'ArtiPie que l'inventeur de cette
compofition aye ajouté au pied de
la defcription , probe ceÿfiéiam, qui
vaut autant a dire quelle fait fai¬
te fuivant l'Art j or l'Art veut
qu’il fait écrit ou non, de prépa¬
rer tous les médicaments fait fimplei
ou composés, qui participent de quel¬
que qualité nutfible a notre natu¬
re , comme a été cy-devant dit,
que ne devons-nous pas faire d ceux
qui en pojfedent de mortifères, com¬
me quelques-uns des fm-nemmés,
ainfi que nous verrons par l'exa¬
men qui en fera fait des uns ' apres
les autres, & commenceray par le
moindre , qui efi
L’Agaric.
'.Quoyque Mefité aye logé l'Aga¬
ric au rang des purgatifs violents,.
il n'efi pas tel , qu'à raifan de l'a
violence avec laquelle il agit quel¬
quefois en caufant le vorniffement,
lors qu'il n'efi pas corrigé comme il
faut de. cettè. humeur baveufe qui
abonde aux fongus, ou en prenant le
mâle pour la femelle , puis que Me-
fué ne le fait chaud qu'au premier^
degré, & fec au fécond, & dit néant-
moins, que 's'il n'efi préparé comme il
faut avec le vin blanc & Gingembre
par trois foisyquil ne purge que fort,
lentement , & provoque le vomijfe-
mk'nt ,& qu’au contraire étant cor¬
rigé ainfi qu’il ordonne , il purge les-
humeurs grojfieres fans nuifance yqui
efi le fufet pour lequel tous les Méde¬
cins le demandent pour lesmedecines
en ces propres termes , Agarici recen-
ter trochifcati,afin que la tenuité du'
vin blanc , jointe, avec celle du Gin-
Fff 3 gernbxt:
414 Livre 1.
^embre fuijfent incifer la mucefitè
de l'Agaric , & porter fa vertu
jufyues aux parties les plsu éloignées
de notre corps.
De rElacerium.
Matthiole fur Diofcoride au li¬
vre fiz.iéme, chapitre tremetroix.iê-
me des venins , dit que le fuc de
Concombres fauvages que nous ap¬
pelions Elaterium pris en breuva¬
ge caufe fiux de ventre , vomijfe-
ment dangereux , trenchées de ven¬
tre , étouffement , difficulté d'halei¬
ne , & en fomme débilité tant les
vertus principales de la perfonne,
que les pauvres patiens tombent en
défaillance de cœur fans pouvoir
avoir leur haleine , & jettent une
futur fioide. Finalement , qui ny
donnerait ordre , les patiens tombe¬
raient en un Jdnglot continu , qui
les firoit pâmer & les étrangle¬
rait.
De l’Ellebore noir.
Au même livre & chapitre fus-
allegué , Matthiole après Avicenne,
dit que l' Ellébore noir caufe de ter¬
ribles accidents, comme flux de ven¬
tre intolérable , étouffement , jpafl
mes , deffaillance , & petitement de
cœur , item qu'il rend la langue
feiche, tient les dents ferrées , fait
rotter inceffamment , & met tout le
corps en feu , & s'il n'y ejl remé¬
dié promptement , les patients tom¬
bent en un tremblement univerfel
qui les emrneneroit.
l'ajoute par expérience ; qu'un
jour ayant goûté un petit filament
Se&ion IX.
d'Etebore noir , il me fembla me
heure durant , on davantage , qu'on
m'eût perce le bout de la langue
bien avant avec une aiguille tres-
fubtile & ardente.
De la Scaminonée.
Le même livre ', & chapitre des
venins de Matthiole , dit que la
Scammonée échauffe , la gorge & le
gofier J & enflâme generalement tout
le corps rongeant l'eétomach &les
hoyaux, & caufant des fanglots,&
des flux de ventre fort fâcheux par
fon acrimonie , qui ejl en abhregé ^
ce que Mefué en a dit en fon livre
des fimples.
De l’EiipIiorbe.
Quant â l'Euphorbe qui ejl ehau-
de & feiche au quatrième degré-,
& fuivant Matthiole au livre &
chapitre deffus allégué , il brûle la
gorge & le gofier , & enflâme ge¬
neralement tout le corps , rongeant
avec pim grande célérité , & l'e-
Jlomach , & les boyaux que ne fait
la Scammonée , & caufant des fan-
glots , & des flux de ventre fort
fâcheux.
De la fenacnce de Thynaclea.
Cette femenee fuivant Diofçori-
de, livre quatrième , chapitre \(>7.
dit être appellée par les Grecs Gra-
num Guidium. Matthiole en fon
Commentaire fur le même livre, &
chapitre ftu-allegué , dit que cette
plante ejl Jî violente & furieufe en
fit purgation , que“plufieurs en font
De4 Hieres. 411
morts i pttrce que racUm les in-
teWitis & les hoymx , & ouvrant
intérieurement 1‘orifice des veines,,
les de fiitu'e de toutes forces ,& fi¬
nalement les emmeneroit s'il ny
était ■pourveu } ce qui a accafion-
né les airabes avec grandes rai-
fins de VappeMer Lyon de terre, &
herbe fiaifiant mourir les hommes..
De la Colocynrhc.
La Colecynthe par fion extremt
amertume au livre & chapitre der¬
nier allégué , caufie les memes^ acci¬
dents que la Scammonée , & mê¬
me avec beaucoup plus -de violen¬
ce , à caufie des parties terreïlres
qui y dominent i & félon Mefiué,
l’amer dejfieiche , confiume , vlcere,
ouvre l'orifice des veines , excite
hémorragie , eu flux de fiang : outre
ce la Colocynthe appliquée au bas
“ventre des femmes enceintes , tué
l’é'^fant dans la matrice,
fi Après avoir rapporté les authe-
rites ey-dejfus alléguées de Mat-
thiole fur Diojcoride , de Diofcoride,
d Avicenne , cfi de Mefué touchant
la violence & malignité d’un cha¬
cun des ingrediens cy-dejfut fieci-
fics , que Logodius fait entrer dans
la Hiera cy-derniere écrite. le rap¬
porter ay enfuite celles d’Hippocra-
de fis commentateurs , pour
faire voir le danger qu’il y a d'u-
fir de tels purgatifs malins (jr vio¬
lents fans eorreélion.
Au difcours de l'Aphorifine treï-
ttaeme d Hippocrate , livre quatrié-
m , commentées par le Long, il dit
parlant des Ellébores,^- particulie-
nment du noir, le propre defquels
> ejt de purger par voye de vomifi
fement ; mais avec telle violence,
qu’en échange des utilités quelles
apportent en évacuant les fuper-
fiuités du corps , ils laijfent long
tems après au ventricule des irn-
preffions de leur malice & neneno-
fité^, rendent les autres parties fi
débités par les efforts qu elles en fouf-
fient, qu’une maladie femblable eff
moins importante qu’une fiant é re¬
couvrée avec . tant de travail ce
qui arrive notamment quand les:
préparations deués & convenables,
ont été négligées , ou mal foignés.
Hipocrates au livre quatrième,
Aphorifme feix.iéme , dit que l’ El¬
lébore efi dangereux a ceux qui onts
les chairs faines , parce qu'il fait:
convulfion.
Galien au livre de ceux qu'il
convient purger , chapitre JlTféme,.
rapporte d'Hippocrates en propres^
termes : que le médicament purga¬
tif teint petit foit-il , faut qu'il défi
cende au fonds du ventricule , &
en defcendant il infeBe , & blefffi.
grandement l'eSîemach , & tout ce
qui efi aux environs du ventricu¬
le , non feulement par fa qualité,,
mais aufft par fa fuh fiance englou¬
tie. Davantage au livre deuTfiéme,.
& chapitre enz^iéme -, ce qui ejf
d'effencè fubtile, exerce plus firndaim
fan aBion propre que ce qui efi.
eraffe , ainfi que témoigne Galien,,
qui au premier livre des fimples-
medicamens , dit que les chofes dont
ta quantité corporelle efi petite,
agijfent davantage que. celles dont
elle efi grande.
Hippocrates en la SeBion cin¬
quième ,Aphorifme premier, dit : la:
cjenvuti
41^ Livre L
■con^ulfioft après U prife de l’Elle-
iore efi mortelle.
/Totu les accidents cy-dejftu qui
Jànt ^causés par l' Ellébore , i’Ela-
terium , l'Euphorbe , la Scammonée,
la- Colecynthe , la femence de Thy-
melea , & l’Agaric ne -procèdent,
comme chacun -f^ait que de Fexcés
de la chaleur qui fe trouve en
chacun de ces médicaments , exce¬
pté l’Agaric ( comme il fera dit
cy-aprés ) ce qui a été fort bien
reconnu par les plus dotles qui ont
écrit de la faculté des Jlmples mé¬
dicaments purgatifs, .en difant qu’ils
ne doivent point être employés dans
aucune . compofttion fans une légi¬
timé préparation qui leur abbate
l’excès de leur chaleur , comme il
fera cy-aprés preuvé par bonnes au-
thorités ; que Jî anciennement on
les a employés faps correélion qui
nous apparoiffe , il faut répondre à
cela , ou que les corps étaient plui
robuéîes , & d’un tempérament plus
humide , pour refifier a leur cha¬
leur , ou qu’ils n étaient pas fi vio¬
lent que les notre, à raifon du cli-
jnat.
Asfejfteurs les Médecins qui pra¬
tiquent parmy les Septentrionnaux,
comme ceux d' Allemagne fe fer¬
vent en toute leur pratique des
médicaments les plus chauds que
mm ayons , tant alteratifs que la¬
xatifs , a raifon du tempérament
du leurs pays ; fi eji-ce neap.tmoins
que quand ils veulent fi fervir
des fm-nommés dans les compofi-
tions des Ancien^ , ils en deman¬
dent la préparation , ce qui nous
doit inciter davantage de ne les
employer autrement j & que les.re-
Se^ïon /X
cens mêmes ne les ordonnent peint
dans des compofitions fans être préa¬
lablement corrigés.
Meffieurs lès Médecins d’Au-
Jhourg en AUemagne en leurs Phar¬
macopées des années 1615,
& 1655. dre fiées par ordre de
leur- Sénat , & authorisées par m
nombre de plus de vingt- celehref-
& fameux Médecins , difent en la
Seilion fiizdéme des Pilules , & en
l’Annontation qu’ils on faite fur les
Pilules de Agarieo , qu'au lieu que
Mefué demande l’Agaric fmple--
ment , qu’il y faut mettre le prépa¬
ré jdf au lieu de la Colosymhe, quHl
y faut fubiiituer' les Trochifquet
Alhandal, non ^feulement en ces Pi¬
lules , mais-en toutes autres;
Voila une Annotation generale,
qui regarde toutes les Pilules ou
l’Agaric & la Colecynthe entrent
fans être corrigés, qui s’obferve dans
l’Allemagne , qui ef un pays foid,
& ou tous les hommes font pour k
plus part fanguins.
Les mêmes Médecins d’Auf
bourg en la SeBion fus-alleguees au
modus faciendi des Pilules à Eu-
phorbio de Mefué , dans lefqueUef
entrent l’Euphorbe, la Colecynthe, &
l’Agaric , fans . correBion , Us di-
fent , qu’il faut fiigneufernent tri¬
turer l’ Euphorbe , l’Agaric trochtf
qué , df les Trochifques AlhandA,
&■ les malaxer avec les Gommes- .
dijfoutes en du vin dans le mor¬
tier chaud , &c. La prudence de ■
ces meffieurs -efi d remarquer de ce
qu’ils répètent ce quils-^viennent de
dire , qui devrait fuffire pour-c^’f"
tes fortes de Pilules j mais c efi- afin
d’imprimer ces paroles- plus avant-
Des Hiercs.
^ans l'elfrtt de VArüTle peur les
y faire obferver en tomes autres
compofitions.
Dans les memes Pharmacopées &
en la même Seüsion des Pilules en
l'ohfervation quils ont faite en cel¬
les de Nitre,ils difent derechefqiten
tentes les compojitions , ou il efi de¬
mandé la Colocynthe , quil y faut
mettre les Trochifques Alhandal, cjp
au lieu de la Scammonée , le Dia-
ÿrede , & femblablement au lieu de
1‘ Ellébore ,& de P Euphorbe fimple-
ment demandés , ils veulent quon les
y employé corrigés. Et aux Pilules
de Colocynthe de Pldefué , deman¬
dent aujfi en 1‘ Annotation quils y
ont faite , au lieu de la Colocynthe
fimplement demandée , quon y fub-
fijtuë les Trochifques Alhandal
en toute autre compofition.
Les mêmes Médecins en la Se-
Sion 4. des Hieres, & en l’Annota¬
tion quils ont faite fur la fécondé
defcription de la Hiera Logodii,qui
diffère beaucoup en nombre & en do-
fe des fmples purgatifs malins de
la première defcription de l’Antido-
taire de Nicolaui Myrepfu ey-der-
nier mentionnée , difent aujf qu’au
lieu de là Colocynthe , non feulement
en cette compofition , mais en toute
■ ^f re , qu’il faut fubBituer les Tro-
çhifques Alhandal.
Quercetan qui a tant excellé par
fis doües écrits en l’une & en l’autre
tnedecine, nous donne une prepara-
don de l Elmerium> en la page 8 8 .
de fa Pharmacopée Dogmatique ,
dans un petitit traitté de remedes
Jpagyriques qu’il a joint fur la fin,
laquelle préparation efi digne d’être
e firvee,a caufe des rares effets qui en
4 17
refultent , parce qu’en icelle l’inten¬
tion d’un vray Médecin rationeffe
trouve accomplie en la curation de
l’ hydropif e , qui efi qu’au moment
qu’ils évacuent les fcrofités par les
hydragogues , il s fortifient les vifice-
' res par des Jpecifiques , & cela fie re¬
marque après l’évacuation que l’E-
laterium fait par l’addition de l‘e-
fprit du vin du Diamargaritum fit-
gidum , & autres que Quercetan y
ajoute.
VVecker dans fort grand Diéf en--
faire colomne 994. baille la même
préparation fur l’ EUterium. Quer¬
cetan , & T'^Fecker difent que e’efir
le vray moyen de rendre fon aélioK
loiiable & fans danger.
Quercetan en la page de la
préparation des remedes Chimiques,
a bien reconneu la violence & la ma¬
lignité de la femence de Thymelea,
lors quil dit qu après l’avoir deuè-
ment préparée elle fi peut donner
pour évacuer lés excreikents fereux
jufques à une fcrupule avec une on¬
ce d'huile d’ Amandes douces, qu’il
ajoute pardeffus la préparation , ap¬
préhendant qu’elle ne s’attachât à
l’eftomach ou aux inteSiins.
Par dejfus les témoignages cy-def-
fus allégués , qui font fans répliqué
comme procedans de la plume de
gens doües cF expérimentés en la
pratique j’apporteray les raifons des
Moines qui ont commenté TAriti-
dotaire de Mefué, au chapitre de la
Hiera Herrnetis & autres fembla-
bles, & généralement en toutes fortes
de compofitions ; au lieu de la Colo¬
cynthe, ils difent qu’il y faut fiihfii-
tuer tes Trochifques Aihandal.
Les mêmes Moines au chap.j^.
Ggg dt
41 8 LivrçJ».
de r EleStuarium IndtimÀif^tJf que
toutes & quante^^ ^oü que nom trou¬
verons la Scammcinée entre/ dan^^
une çompofition^f qu’il J> faut fuhfii-
tuer le Diacre de.
Et en la page 242. les fufdits
J^doines, difent quil ne faut poiqt'
bailler le Turfith , la Colocjnphe^
la Scammonée & femblables fans
préparation. ,
J/agq 444. les derniers nommés,
difen t quîl ne faut point' donner la
Cohcynthe fans être préparée.
Et au chapitre ,19} .des Eilules
d’ Euphorbe , les mêmes difent que
de, toutes les Gommes l'Euphorbe
efi la pim chaude ,& la pim acre,
(ér qu‘'il ne la faut pcà employer fans
préparation.
Fernel en fa Terapeutique in oBa-
Vo-,pagt çn la Hiera J^iaco-
locymidos demande la Scarnrnonée,
V Ellébore poir , f Euphorbe & la
Coloçÿntheprepares , & apres quil^
foient triturés & arrousés avec hui¬
le d’^ma.ndes douces, é' qu’on, le^
fijfe.imbiber-^reéf,a^ce de^deux jours
dans le mucilage de Gomme Ara¬
bique ,e^\ de Tragacanih tiré avec
eau Rofp , &c. Cçtte façqn d’agir
vaut autant qu'une triple prépa¬
ration ou. correBion , pour aba-
tre l’acrimonie de ces médicaments,
& nom donne bien a connottre le
danger eminant qu’il y a de s’en fer-
vir fans corriger leur malignité.
Après toutes ces authoritês cy-
deffm alléguées en détail, je puis di¬
re que nom ne vityms point de
Pharmacopées modernes ny récen¬
tes , qui foient drefsées du cenfen-
ternent de plufeurs JHe de cin s, com¬
me celle de Londres en Angleter-
SeBion IX.
re, de. Bruxelles , d‘Anv.ers, au pa^
bas , de Lyon', d‘AuJbeurg in AlU-
magne en fin Manttjfaje livre de
Servit or is, & un grand nombre d’au-
très que je po'urrois alléguer , ' fi fi
brièveté icy réqutfi ne me la fat-
foie obmettre , qu’on ny "rimafqlbe
comme de tems en tems ceux qui
fe font donnés la peiné de les dref-
fer , ont toujours fait une SeBion
particulière ' de ta corréBion , &
préparation de certains médica¬
ments ,& entre autres dés fàs-nom-
mês : le tout nd été fuit 'quepourfi
rendre propres d être mis en ufàge,
comme font les pierres, me taux, os
tels autres de nature filidé &.çompié,
Béj & des autres comme de la Sem-''
mqpée, de P Euphorbe, de la Cotocyn-
the, de la femence de ’ThyrneUèj de
l’Elaterium de l’ Agaric , des Élkr
bores & autres pour en corriger leur
malice , avant de les employêr dans'
les compoftions , foient m 'agtBfàr
les , ou. officinales , fans que meme
les Authey^rs an demandent 'ta pré¬
paration -, comme nous voyons
la 'ConfeBion tde Hyacinthe , au,^
Diamargariturn fiigidum ., & au¬
tres, que les Autheurs qui les ont. '
décrites ne demandent 'point que les
fragments ny les Coraux qui les
compofent foient .préparés ■/ eej^efi.
pas d dire quii' s’en. failLe''finir ats^
pied de la lettre , il nous' ffr&
beau voir de les piler avec, les
très i'hgredienfyfans preparatiey.Jl \
en doit être-, dé même dp tm les.
médicaments purgatif mdtins , lef
quels bien qutll foient demanaes^
fans correBiop lors que nous com-^
pofins un médicament feit magt-.
final ou officinal , l’Arti fie ne Icf J-
Des f{ ter es, 419
àoit jamais employer fans les avoir
leptimemnt corrigés.
Il ne fi faut pas 'étonner fi dans
les comfojttiens que nom trouvons
décrites par les anciens- Grecs , "il
n’y eft^^^fait menuéi de la cprre-.
üign oii préparation des' medica-
m'ents^'firnples ^p\rgaiifsj màlinsl
parce que de leur tems la' médeci¬
ne était ^granfiém^ntf dèfeflueufe ,
poHt'n'avoir pas encor, es r'eceu le lu-
Jlre d‘m grand nornhre de compo-
fitions , que les odrahes qui fânt'^e-
nus après les Grecs ', ' & Tes Latins
ont augmentée , & de plufieurs ra¬
res' & falutaires préparations , atn-
Ji que li'hvre des fimples médi¬
caments purgatifs de JlSefué fait
mention de chapitre ' en chapitre fur
un chacun d'içeùx , & cefi de Id^
oh les prudents Médecins ' ont^ pui¬
se les raifons qui Us ont induits d
demander la correUion des médi¬
caments malins.
le prévois que heaâcoup dé'per-
fcnsMis qui exercent la Pharmacie
hhl sUtre peinés de fiavojr quel-
^eft f importance de la correSiion
des médicaments '' mali'ny , s’élève¬
ront contre moy , & rn allégueront,
que Logodius en Ja Pliera a fufii-
fpmment pouveu d la correction de
I Agaric , de l'Elqper'mm , de V El¬
lébore i de la Scammonée , de la Co-
loc^hthé, de f Euphorbe , & de ia
femence de fk'ym'elea , en y fÆant
entrer d'autres fimples q'ui 'Teur
fervent de correEUf: & a l’ihfiant
rdaUegueront lès ^raifons d'é’ notre
^A^n^ralie^aufquellès je puis fans
'"ne ■mprendre , répondre 'que je n'dy
P'>ênt leu. Autheur 'qui con-
firrnê mieux les ignoràns opiniâtré^
dans leur erreur que luy ,'en la Pa-
raphrdfe qu’il a donné fur la Hie-
ra Logodii ; q'jùant d moy 'favbu'c
luy être grandement redevable, de
ce qu’il nom a drefsé avec tant de
foins fa pharmacopée faPleiPa-
raphraféS,0‘ Mélanges i^u’il a a'joû-
tés d chacune' des cofnpofitlèms , if a-
vail d la vérité digne de grande
louange ; mais fur la cornpofitioii
de la Hier a 'hogodii , je ne puis
me rét'éMir fans forcer mon incli¬
nation , de dire ' avec tout le fe-
JpeCi ^ue je dois d une perfonne de
fin meripé, qu’il a manqué d exa¬
miner les fimples qui la compofent,
avant que de paraphrafir f ur icel¬
le , Pn ce qu’il veut que la vertu
purgative de la Colecynthe , qui n’eft
que trop violente & maligne , foit
augmentée par la femépee de Thy-
melea , Diagred'e , Ellébore blanc,
& noir , &^l’ Euphorbe 's &' qui' la
nuifiance & acrimonie de\ ceux-cy
fôit modérée par lès Gommes , qui
fàht'''toutes de 'qu'alité' chaude'^, 'Ô'
font des ejfets pernicieux , par les
autlforités cf-aprés alléguées.
Pour la première , Galien dit au
fizàéme livre dé'S' médicaments fini-
pies , que le Bdellium étant vieux,
il efi fort amer au goût , & efi
aigu & fie.
Pour la fécondé , Jifèfué au li¬
vré des fimples médicaments pur¬
gatifs , 'chapitre dix-heufviéme, dit
que le Sagape.num purge & évacué
les 'Humeurs grofiferes & vifq'ueu-
fes , l’eau qtii caufe l’hy drop ifie J&
fin naturel efi de purger le - cer¬
veau & les nerfs , & de faire mou¬
rir l’enfant dans lé ventre de la me-
fi', le prenant'par la bouche-, jts^s
Ggg ^ s’il
Livre L SeBion IX.
4 2- O
s’il peut ferviy^ de ^cerreSiif à. des
mediçaments delet^^vres ,pms que fé¬
lon Galien ,Jjvrei hftiiiéme ^es mé¬
dicaments Jiniples, c’efi une fub fian¬
ce tenue , fufitile , & ignée,.
Pour la traiz.iéine Galien, au lir
vre dernier allégué des^ médicaments
Jimples^, dit que l'Opqpanax efi
chaud au troisième degré,. & fec au
fécond , efi qu’il a la façulté de
tuer l’enfant dans le] ventre, ,, de ^:a
mere -^il purge le filegme greffier &
vifqueux , &^,p,articujieremen,t ce-
luy des jointures ; fie là U faut in¬
férer dé toute neceffité , qu’il doit
,^êtKe corrigé , & msn employé pour
, corre^f , ,,\.-
Pofir la quatrième da Jfiyrrhefui-
vant Galien au fiuitiéme Itrurefins-
allegué , efi. chaud^.& fiche aufe.
cond degré que par fon amertu¬
me elle tu'è, les vers , ?fi„ fait mourir
l’infant au.ysentre de lacrnere : tous
les me die agents dfiüés d&t elles, qua¬
lités ,.pe pe^venfi être fessés- pour
correSlifs des médicaments qui font
raalins & deleaaires.
Et pour fia cinquième , Diojcori-
4e au lipre troisième , chapitre 82.
fiit que l’xisnoniac efi ^^remeUitif,
attraéif , & chaud- , & qu’il .efi
bon , a refoudye toutes, -tumeurs &
duretes 5 pris en breuvage , qu’il
lâche ie ventre fait fortir l’en-
fknt hors du, pentre de' la mere,
fr partant l’Amoniac a caufe des
effets fufdits f pe peut être receu
pour correctif 3 a des médicaments
q.ui fini acres .& violans , d moins
de leur augmenter leur aUion vio-
fiente.
.Après avoir examiné les cinq
.fùfdites Gommes 3 & trouvé quelles
pejfedent des qualités tenues é'fuj,.
tile/^ & en outre quelles purgent, fi
nefiay comme quoy exeuftr IA„.
theur de la Paraphrafe fitrfia, Hie-
ra Logodii -, de. dire q.ue l’àcrm-
nie , ^ malignité desf Ellébore ss-it
l’Euphorbe fia.,,Colofiyrifhe , ÿ-
de la Scammonée ypuiffi itré Corri¬
gée par des Gommes qui font doiiées
de qualités que je puis dire ,mli-
gŸies ,. approchantes de . celles. .quil
veuf , qu elles corrigent., . ,,,
"Et. quant ffee qail dit. que tels
médicaments violens ,parlar>îMe U
Coleçynthf, de l’Euphorbe , de la fs-
mence de Thyntelée que d’u^e
vertu fecr.ette . bleffent ter parties
.principales , qu’il efike.fom de les
. accompagne^ d’antres >q.m a.ujjl dk-
^ne vertu fectrette & manifefi'ejes jôr-
tifiajfent. ÿ en cela fl fait voir. que fon
opinioft ne peut être receué, en,.à-
fant qae la Olocy nthe, les Ellébores,
l’Euphorbe , & autres de même na¬
ture , qui fontechauds par excès , ^
violents , par utfe vertu fecrette,
bleffent les parties principales é le
. moindre efi capable de jUger fiii co^
traire. I) autant que félon Mc fié en
fon premier TheoY,eme , tous les mé¬
dicaments acres, par leur grande &
excejfive chaleur , ils mordent , pi-
„ quenj , pénétrent, brâlent , vlcerent,
amaigriffent les -corps ,&c. !. . '
Et les med'icamenp amers fe-
.lon^ Mefuê au même Theereme -,
la faculté de fiichèr , corfumer , ul¬
cérer , .plfts puiffamment qm
acres 3 & à raifon^ df’ leur fubBan-
ce craffe , ouvrent lynifiee des vei¬
nes ,& caufent flux de fangK^e-tte-
nusnt, dejfe'ichent &c.
Et les médicaments qui fitittom-
foses
Des Hier es. 4^I
ŸOiés de faveur atpi'é & amere
tout epfemlle font très-mauvais ,fm-
vant Mefué , comme iW^Scammo-
née -y je vous laiffe à penfér fi tous
■lee^efeis fiifdits qui procèdent de
l’dcreMe l’amer, '& de l’aigtü & de
l’amer , qui -fonf- lei^qukltités fécon¬
dés , precedentes comme l’acre d’ùne
caufe effcient.e chaude , ûfii'gnée , &
d’une m'aterieRe , fuhtile , & aigue,
comme aujfi-- la caufe efficiente des
médicaments purement amers efl' la
chaleur ,s' & la materielle , efi une
■ fuhHdnee derrèïire , & par confe-
que'nt fiiche & comme la caufe effi¬
ciente^ materielle de ceux quijont
■Mgus\, & amers prdcéd"ént du mé¬
lange d’une fubiîance fubtile & ai-
gu'é’i & d’une fubSîancé 'terreiîre
& fiiche ; la caufe efficiente étant
toujours la chaleur , jugés je-vous '
prie avec foute l’attention que le fu-
jet le requiert' , fi ta férocité de
tels '•'■médicaments purgatifs ' "peut
procéder de quelque vertu, fêtret-
te,ainfi que l’Autheur de la Para-
phrafi dit.
En outre fin fientiment ifl , que
le Cafior fortifie k ' cerveast , le Saf-
fran , la ’>GajJë', Canelle ■ le cœur; le
Nard Indic le-fofe : le Folium la
matrice , l’Abfinthe, & le Poivre,
le ventricule , & inteBin's la fi-
mence de Perfil - les reiûs & la ‘ûef-
cie : tout cela neji nullement con-
cjuant , pouf avoir la moindre pen-
d’employer la' Colocinthe , l’Eh-
phorhe , ejrc. médicaments malins
dans la Hiera Logodii fans côrre-
üion , veu que tous les autres qui
y entrent font chauds , qu’au lieu
de Corriger leur malice leur augmen¬
tent leurrsnusrimome,'
En la continuation des preuves
de la correlH'on dêh fiifdits médica¬
ments ^mp les malins & deletaires,
l'exdmen fait de leurs qualités ^
vertus ,enfernble de celles def Gom¬
mes que Baudei'on veut qu’eRes fer¬
vent pour refiener l’opetation de
ceux-là , &. bien que les Authori-
■fés- cy- devant citées doivent fùffire
& au delà pour con’tfain'cre les plus
opiniâtres ^ui pourraient être de
fon party ,fi efl- ce neantmoins afin
qu’ils paffe'nt condamnation contre
eux-même après avoir o 'ùi fon fer¬
ment q'ùe je rapporteray fur diver-
fes'* compofitions les unes après les
autres , que je n ay voulu obmettre
contme beaucoup' plus favorable -, fur
ce qu’il vient de dire, que les medi-
'e'aments 'acres & niordicans fervent
pour- augmenter l'a vertu purgdti-
ve des médicaments amers ,'\e que
je concédé dvec Jldefité , pour l'è re¬
gard dO ceux qui font bénins j mais
non pas qu’il faiRe croire que l’Eù-
■phorbe , les Ellébores , 'fa femençè de
Thymelée , la Cotocf héhe , la Scafn-
monée , & autres qu’ils puiffint être
employés en aucwae compUfitidn fans
étre-‘ corrigés , puis^-hise Bauderon
au livre premier, SctHon neuvième,,
en^ la Paraphrafe 'des Trochifques
Alhandal , dit que de la Colocyntke
ainfi préparée & corrigée fe doi¬
vent fervir les MédeHns , & les
ApothicAres‘'en toutes les compofi¬
tions qu’on adapte ikhrieurement,
comme font les Hieres , & Pilules,
hors qu’il ne fitt expreffiement ffieci-
fiê par l’Autheur : voilà une con¬
tradiction manifcBe , & • fans ré¬
pliqué.
-'•En fecérid lieu ,■ parlant' des fa-
Ggg 3 cultes
42.î< Livre l
chIuz. defdits Trochifquet Alhan.
dal', il difji on fulverife fubtile-
ment la. Çolocynthe , & qupn. la
malaxe.xiroû fois avecjes mucil/^ges
des gommes , e Ile eji^ pim utile poUr
la m.êlen d^ns toujes les compofi-
lionsdntprnes qst autrement ; car fa
nuifance étant ainfi corrigée , elle
pmge fans,, ennuyi Ja pituite des
jointures. ;
Pour un troffiémé.f'iî dit en la
Seélion fixiéme Paraphrafe de la
Çonfeêiion Hamech que Vacrimonie
de U Scarfimonée efi corrigée par les
"prunes Tamarinds , ce qui ef^
vray femflahle , non contraire^
tel que celuy quil a , fait en la Pa¬
raphrafe fui alléguée de la Hier a
Logodij , ou iLveut que. la chaleur^
de plufeurs mediçamonis corrigent
Vacrimonie & la violence de heau-
coup d'autres. ■
Pour un quatrième, Bauderon^ dit
en la même Cef^âion.f^amech , que
fi les Myrobalans qu^ .purent, en la
poudre étoien^yçonfiiquez. au mor^
tier , ou arroufezi; avec huile d’A-
mandes,^ douces , leur âpreté &,^fic-
cité ferait âorrigée.., & toute la com-
pofition rend^ pim ftlubre 5 puis
que nôtre Paraphrafe i a fait confi-
derafion de Vâpreté de ficcité des
JHyrobalans qui entrent en fubfan^
ce dany ladite ÇonfeSiion , qui pefent
deux onees deux dragmes , fur qua¬
rante onces de composition , que. ne
demit-il pas faire en la Hiera Lo-
godij, olf il entre pim de medicamens
malins & violens, , defquels V opera¬
tion ef tout à fait fufeéle & dange-
reufe. 'Etau mélange il ajoute dn
fien , .qu il ferait d'avis qu'on p.rli
du Diagrede qui nef autre chofe
Seâion IX,
que la Scammonée corrigée.
Voyez. MeJJieurs, qui paroifii
étroitement attache'^, â l'efmon
de Bauderon fur U Hjer^a Lo.god^,
fans vms donneif la pitne dgv0-
infrufie ailleurs , ou bien de^par-
courirfa Paraphrâfe , peut: favojr
s'il obfervpit en toutes fa comfofi.
tiens , oitil. y entre des fiiaplep mé¬
dicaments violens & znalins ; ce.
quil a négligé en. ladite Hiere Lo-
godij , & vous y aurie\tromé ces.^
manifefes éontradifiops , enfe^ace
de neuf ou dix p âge s'âe papier ,
Vnfi .çinquiéme contradiUiop pa¬
rait ep la même Seéliop.^d’ auUvre
fm alleguf "ku mélange du DiaprUf
nis , ou À dit avoir ôté trois drach¬
mes de Canelle qui entraient dans U-,
dite compoffion.^r trois livres d'ë-'
lefuatre , par qp quelle efi-trop
chaude pour la fie.vre s ardentes : qui .
que cffpitpiui fajfe rcfiexipn là def- .
fm fins contredit jugera de la ne-
cefîie qutl y a de corriger Us Me-,
dicamens acres^& malins..', que fi-
Bauderon veut qu'on obferve xs.
qu'il- vient de dire 'touçhant la Q-
locy nthe pour les Hieres , & PUit-
les , qu'il veut qu 'on y ftbfitué Uf
Trochifq ues.^. Alhandal , & pf' fi-,
Confeélipn Hamech, que là Scammoq.
né^,^it ' corrigée par les Pj^snes ^
Tamarinds j & que les Myraba-
lans qtti entrent dans la 'poudre,
fient confiquez , ou
d’huile d’ Amandes douces.pourcf^,
riger leur ficcité 5 & quiL efi a avis ,
qu’on y mette la Scammonée' corn-. ,
gée , qui efi le Diagrede ; & au
Diaprunis fur trois livres dtpt‘V
Sleétuaire , quil en ait re.pranche
tràis drachmes de Canelle"-, â kaùft
de
Dô^ Hieres. 41?
dept chaleur ‘Jugez je voM prie à
quqy ne ferohs'-hbui pM oïlMf.^ de
faire en la Hiera Logodij , dans
quelle il y entre , comme aftéff-
dévant 'dit ingrédient des
plus-‘ rh'alins violéns , & deletaires
quo'h tire dey vegetyiHx' fkns aucu¬
ne preparaf hn ny corrediion , qued
la Scille qui èh" fait un huitième ,
que iÂutheur demande quelle foit
terrifiée , ou'dejfeichée , & cefi fui-
vant Mef^é en fin fécond Theore-
me^pour luy augn?e.nter fit', vertu
purgative , de maniéré que toutes
ces confiderdèiôks qui font tres-gr un¬
ies , lé devaient perfmder de don-
neFfon fentiih'ent d corriger un cha¬
cun defdit's ingrediens, comme je fe-
ray encores 'voir enfiiitte en la con¬
fection deyPilkles , eu il a obfervé
ce que je viens de dire , quey que tù
nécejfité ny fuft pas Jî grande j dau-
tant plùî qu il dit , aprelfi.NicP-
latfs Myrepfm , que la 'Hiera
Lo^dij Convient aux bilieux , & d'
lalLepre. ^
Non-content des raifons Jus allé¬
guées dît Paràphrajte qui veut que
Ici Medicamens Jîmples qui font
malins , qtton employé dans les
Pleftuaires cy-deffus fpe'cifieljfqïent
corrigé z^fay ''été curieux de par¬
courir plus avant fa Phdrmacopée^
^ notamment la 'Seéiion huitième
des Pilules, oitfay trouvé en termes
expre\^ ès ytfajlîchines, qu’il efid’a-
qu'au lieu de V ^'garic, on prenne
troqhifquê , par Ce quilefi plus
purgatif, & . mains nùifîble au ven¬
tricule. " ;
Et aux Pilules OBomera' d la
fin de la Paraphrafi il éfi d'avü
P en prenne auffi ENgark t'raçhifi
que , & de la Cqlocÿff^he corri¬
gée , quoy que Nicol. Myrepfus les
demande fans cerreUien.
Comme aujfi aux PilUles de 5 .
Myr'obalanorum qui font du më-
rnè' 'Àutheur. , il veut fembl^ble-
ment , qu'au lieu^de la Colocyn-
the , '^on y mette les Trochijques
Æhandal.
Es Pilules Aggregatives dé¬
crites par Mefué U dit qu'd
part il faut' pulverifer' les Iro-
chifqués Alhandal pour la Càlo-
cynthe. ' ; '
De même aux Pilules de'jdgari-
eà , Jldefué y demande l'Agaric ô'
la Colocy nthe f & Bauderon vePit
qu'on y fubfijtuë l’Agaric troc%ifi
qué i; & fes'‘lrochifques Alhandal
pouir la Colocynthe. Cofieus fur Jtie-
fué, dit fur les rnèmes Pilules , que
fi on corhge le 'Turbïïh, l- Agaric, &'
la Colocynthe , quelles ne feront pas
tant nuifibles. ■ ' '
Et fernblablement au mélange des '
Pilules Aurées 'qu'il attribué d P^i-
cofdus Jldyrtpjhs Alcxand’rihiës'',
il dit que la Colocynthe corrigée
fiera pilée d part , laqéglle ejl
becBcûup plus ajfeurée "éfifi la non
préparée , que l' jiutheur ' y de~
mande.
Il dtPdùJfi au mélange des Pi¬
lules , fine qiiibus' dé Plicolaus Sa-
lernitanus , yjuil y faut employer
l' Agaric trochifiué , 'qui, efi plus
vigoureux , filus affeuré & moins
nuifiible.'' '
Et aux pilules Lucis muforis de
Mefué , Bauderon dit au mélange,,
qu'il faut trkurér V Agaric , & la
Coiocynthe troehtfquex, a pdtt , &
l’Autheur les demande fans prépa¬
ration.
42- 4 Livre L
ration. Il efi a remarquer que fur
trente cinq onces que la poudre qui
campofe la majfe defdites Pilules
pefe fans y comprendre le fac de
Fœnoml , que M.efué demande pour
la malaxer , &^il.p.y entre fur tou¬
te cf/te quantité qu’une derny once
de Colocynthe , & cinq dn^chmes
d' jdgaric ^ & .f neantmoins Baude-
ron efi d’avis de des préparer afin
qu’ils foiept corrige'^
Aux Pilules de Rhabarharo de
JHefuéjBaHderm dans fa Paraphra-
fe, dit, ces Pilules non pim que nelles
de Rhafis livre 9. chap. 69. ne font
point ufitées d caufe du Mcz.ereon
qui y entre, qui efi le Th^melea , ou
Chamalea que les Arabes confon¬
dent, comme dit JHatthiole livre 4.
chap. [67. fur Diofcoride , cette re-
marque'n efi pas de petite confidera-
tion : car fur neuf onces deux drach¬
mes de poudre fans y comprendre le
Sérum laSlis pour la malaxer , n’y
entre que quatre* drachmes de Me-
K.ereon , qui ont fait entièrement
abandonner l’ufage defdites Pilules,
luge K. fans préoccupation ce qu’on
ne doit pas faire de la Hiera Lo-
godij , ou il entre cinq onces & demy
de fimples médicaments purgatifs
des pim malins que nom ayons , qui
font encore s accompagnez, d’un bon
nombre, d’autres qui font chauds
jufqu’au troifiéme degré , fans y
comprendre d’autres purgatifs qui
font au nombre de. prois ou quatre,
qui relevent de beaucoup la malig¬
nité des premiers.
Et pour clorre les raifons qui
font voir la necejfité qu'il y a de pré¬
parer ou de corriger les Jlledica-
ments malins , je finiray par les pro-
Seüion IX*
près termes dqnt VAutheur deUpa.
raphrafe s’efifervy aux Troehifques
Alhândal. De la Colocynthe airfi
préparée & corrigée , fe doivent
fervir les Médecins , é' -npathi.
caires en toutes les compofitions
qu’on adapte intérieurement rVomme
font les Hieres-, & PiluleT,quoy qu'il
ne fut exprejfement fpeàfié pa
l’Autheur.
Voila beaucoup de témaignagss
que je viens de recueillir de U
pharmacopée, de Bauderon , qui
fervir-ont pour fortifier tant de et-
lebres authoritez. cy - devant ak-
guées des Autheurs , que d'un fic¬
elé à l’autre , tom les plut doUes de
la Médecine ont réitéré, & tout
enfemble fermeront la bouche aux
parefieux qui arrefient leur veujé &
la bornent au premier objet qui
frappe leur fins comme nom avons
veu au jugement de ‘la Hiera Lo-
godij que s’ils eujfent détourné
leur veué tant fiait peu dans cette
Pharmacopée , fans difficulté ils
euffent été d’opinion contraire,
puis qu'en des compofitions de moin¬
dre confequence , - je veux dire
dans lefquelles n’entre pas une fi
grande quantité de purgatifi^t-
lins -, neantmoins il en confiille &
ordonne la correétion , imitant en
cela tom les pim recens , qui re-
connoijfans la faute que les An-^
ciens ont faite ; fi ce n'a pp ete a
leur égard-, qui pouvaient être des^
hommes pim robuftes &puiffans , a
tout le moins ce feroit. aujour^uy
à nôtre gritnd préjudice , défaire en¬
trer dans nos compofitions des médi¬
caments fimples, tels que les anciens
les décrivent ,fans corriger leur me-
De^ H ter es, 4x5
îUe que par le mélange de cer¬
tains autres médicaments chauds,
fans être douez, de qualité"^ con¬
traires , qui efi le vray moyen pour
refrener celles qui contrarient a nô¬
tre nature : le froid ou le ternperé &
l'aigre corrigent l'acre ,l'amer , & le
filé de même ; le falé , l'amer ou l'a¬
cre, corrigent le froid , & l'humide,
far ce moyen nom rendons les médi¬
caments fimples qui font de leur na¬
ture deletairés ,falutair&s & propres
àâtremùen ufrige.
Il efl d remarquer que les compo-
fttions que les Autheurs qui font
ncnui entre les modernes & les re¬
cens ont 'luge être fernicieufes , ils
les ont deiaiffées , pour être compo-
fées de quantité de fimples trop vio-
ients , comme il nom eft aifê d'en ju¬
ger par celle de la Hiera Logodij
dont efl queflion , qu’on a confideré
fon ufage pernicieux j & cettt'verité
paroit évidemment , de ce que tomles
Médecins qui ont dre fié des. Phar¬
macopées fioit en particulier , ou par
.deliberation des Vniverfitef,ils l’ont
tous rejettée.
Nicolam Prapofitm nom donne
■la fécondé defcription , Fvecker en
baiMe deux ,. fravoir la cinquième
'& la fécondé , Mefiué dans fon An-
tidotaire nous baille la féconde ,
Paulus Suardus dans , fon Thefau-
rus Aromatariortim décrit la troi-
fiéme , Vdlerus Cor dus donne .la fé¬
condé , les Médecins d'AuJhourg,
ceux de Londres ; nôtre célébré
Chancelier avec Bauderon nous dé¬
crivent la fécondé , & - quantité
d autres Pharmacopées ne fant peint
fienfton d'aucurie des cinet dif¬
ferentes defcriptions des Hieres
que Nicotaus Alexandrihus , avec
Nicbl. Myrepfus attribuent a Logo-
dius pour les avoir jugées perniciéu-
P ou fufiebtes en leurs ufage.
le vous conjure tous , qui mépri-
fe^ l'a préparation ou correêtion
des Médicaments fimples purga¬
tifs violents & malins , de confide-
rer pourquoy tant de célébrés (^fa¬
meux penfionnages , que je viens de
citer ont delaifié & rejetté , cette
première defcription 'de Hiera Lo¬
godij : je finis pefinadé qu'on ne fiau-
roit alléguer autre raifion plus pro¬
bable, que celle du danger qui s'en
pourrait enfiuivré de fon ufage , à
caufe de la quantité des' fimples
medicamens purgatifs violents qui
y entrent , au poids de cinq onces
deux "drachmes , comme a été cy-
devant dit , fur cinq livres douze
onces , que pefie toute la dite cem-
pofition , & vous faits jugez du
danger qu'il y peut avoir de com-
pofier cette première defcription de
Hiera Logodij fans corriger la iier-
tu caufli'que & brûlante de l'Eu¬
phorbe , de l‘£llebore , de la Scani-
monée , de la Colocynthe du Mezè-
reon & la violence de l’ ElateHum,
comme aufii les fâcheux accidiSnts du
vomifiement qui font caufiez par
PAgaric ; puis qu'il ne^ nous efi pas
loifible d’employer le Senné fans
correEiif, la Rheubarbe aufii qui efi
bénigne en infufion nous l'accom¬
pagnons toujours d'un de fies'corre-
tip , & un nombre infini d'autrèsi
de femblable nature ; Et partant
je conclus'' avec tous les fiages &
prudens Médecins, que la Colocyn¬
the , i' Euphorbe' , la Bcammonée,
LeMezereon, oHThymelia,l' Elle--
H h h bore
42- 6 Livre J.
bore noir , VElaterion , & l’ J garic
doivent être exajdement préparé'^
& corrigez en toutes les cernpoji-
tians de Hier a, Logodij , & parti-
culierement en oeUe dont efi que-
Jtion , & non feulement icy , mais en
toutes les autres comp options.
Hicra picra fimplex D.
Rhaf.,
'y:. Rofarum ruhrarurn ,
Spica Hardi ,
Mafiiches , .
Xylobalfami ^
Carpobalfami .
Cinnarnomi ,
Xj/lecaJfifi^
uojdri ,f ng,. drach. un&m.-
dlo 'ès Socotorina ,wnc. dttas.
Xerantur exaBifimè & per crihrum
décujfa in ufum reponantur.
R E M A R QV E.
QVoy que la defcription de la
Hiera fmple de Rhafs cy-
jointe différé de peu de celle de Ga¬
lien cy-devant décrite , je n’ay .pas
laiffé de l’ajouter parmy mes Remar-r
ques y par ce que fans icelle , on ne
pourrait légitimement compofer les
Rilules Cocchées de Rhafis , çfr y
fiihfiittier en faplace celle de Galien,
que nous tenons ordinairement dans
nos boutiques , dr que nom em¬
ployons indifféremment dans tou¬
tes les compoftions , & pour éviter
a l'avenir yareil manquement 'fen
ay tiré la defcription met à met,
du livre neufviéme de Rhafis , dé¬
dié au Roy xilrnanfor du chap.tr oi-
SeLlion IX»
fiérne de la douleur & apofieme d»
l’efiemach, cette Hiére fe trouve
rarement dans les Fharmacopéej.
entre ceux qui la déçriventfont và-
lerius Cordus, que Bauderon en'fa
Raraphrafe fur les Pilples Çecchéet
de Rhafis accufe de l'avoir fûppo.
fée des Médecins d'Jufiourg 'en leur
édition pliée en long , dans laquelle
s’ efi gliffé une faute par mégarde,.
qu'on y a ajouté les Cubehes , j'efii-
me que cela a procédé de d’impri¬
meur, puis que dans trois autres édi¬
tions que j'en ay in fçlio ,il n’en efi
point fait de mention. 'Ceux" qui
voudront réduire cette Hiere infor¬
me d' jEleéluaire , le pourront facile¬
ment en mêlant la poudre qui doit
être fort fubtile , fuivant fin du-
theur avec une quantité convenable
de miel defiùmé.
Hiera Dlacolocyntliidos Pa-
chi} D. Scribon. Largi.
’ijL. Stçechadis Arabie ss
Marrubij feu Praffij albi,
Chamadryos ,■
yigarici fœmininil&
Golocynthidis ,fng. drach. decem-
Opopanacis ,
Sagapeni ,
Seminis P etrofilini
Arifiolochiss rotunda ,
Piperis albi , fi/gul. drachm-
quinq.
Onnamomi ,feu Ganella feleéte,
Spica Hardi,
Myrrha ,
Folij, ( Mef . & My repf lcgunt Po-
Iq facilis fuit Typographi lapfiu,
pro F. reponéntis) &
Cratt„
Deé Hkres. 417
Cmi ,ftrig. irttch. quatuor.
Mcllù optmi , & deffumati tri-
plum : hoc çfi lib.'tra.
PARAP HRASE.
CEtte Hiere eft nopimée du,fiom
de fà bafe la ColQcynthe & re-
feri^ à , Pacchius natif et' - ntioche
aiitliteur de Catinenfe, çorniTie de ce-
liiyiqui avdit éprouvé fes ^grandes
& rares vertus à fort honneur , &
profit 'des malades. Non qu'il en.
altéré l’inventeur, car long-temps ,
auparavant .'elle avoir; été q,fitée.
Paul Æginete , au livre 7 . , chapi¬
tre 8. &: Mefûé la referent à Ar-
chigene. My^repfùs en la Seétion
vingt trois des , Antidotes chapi¬
tre Z 2. la nomme Hiere de Marru-
be Ce Pacchius fut fi accorc ( à
ce qu'écrit Scribonius Largus , au
chapitre 5)7. du livre qu'il a écrit de
la ’compofition *des médicaments ).
que luy vivant ne voulut 'donner
cette defeription , ny montrer de
quels médicaments il l'a compofoit,
le contentant "du profit, qu'^en ti¬
roir , & de rédiger en un Æn livr'e
par écrit les diverlès & difiSciles ma¬
ladies, que par fon uüge il en avoir
gueries. Luÿ mort, le proconfiil ,
qni pour lors prefidoit en Antio¬
che, trouva ce livre en fi Biblio¬
thèque , parmy d'autres : lequel’
ayant leu & trouvé en iceluy cho¬
ies rares & dignes d’un Empereur
amateur des lettres l'cnvbya à l'Em¬
pereur Tibere Celàr ( fous le rég¬
né duquel nôtre Sauveur , & Ré¬
dempteur lefus-Chrifl: foulirit mort
& paffion ) qui le commupiqua in-
continant à fon Médecin Scribonius,
qui a tranfork en fon livre fos allé¬
gué , tout ce qu'il trouva d’cxeel-
lent au livre de Pacchius, Sc ce qu'il
en avoit depuis expérimenté. Du de¬
puis on l’a nommée de fa bafe , la
Colocynthe , comme 'nous avons
dit. Cette defoription mérité d’être
préférée à toute autre de femblable
nome foit de Ruffus ou autre. Les
gommes ou liqueurs , de Sagap>e-
num , & Op’opanax , y font mis
pour corriger l’acrimonie exulcera-
tive des membranes du ventricule ôc
inteftins dé la bafe , & la rendre lu¬
brique, ^ pour deterger le phleg-
me : le foffran y eft mis pour la de-
fence du cœur , contre la nuilànce de
la bafe, le Nard Indique pour celle
du foye :.la Canelle, Folium, Poivre,
Myrrhe, & fomence de perfil , y font
rnis pour incifer& attenuer le phleg-
me, confirmer les vents, & refifter
à la pourriture des humeurs , & cor¬
roborer k ventricule. L'Agaric con¬
duit là vertu au cerveau , & jointu¬
res ; le Praflium à la poitrine, le Stœ-
cas au foyé & à la ratte , l'Arifto-
loche à la matrice , le miel conlèrve
les e^eces , rend leur aétion meilleu¬
re 3 & donne la forme.
Z£ MELANGE.
Le mélange n’eft point dilTem-
blable à celuy que nous avoni
déclaré' en l'Hiere de Logodiiis, fi
on veut faire un Elecluaire mol :
Horfinis que Paul Æginete confeille
de fondre les liqueurs, avec Hydro¬
mel , & non au vinaigre , pour les
raifons cy-delTus déclarées. Qiie fi
on veut garder la poudre peur en
compofer Pilules , Opiates , ou autre
Livre L SeBion /X Des Hieres.
genre de remede , il fendra nettoyer
les liqueurs, & les pülverifer avec
les autres fecs , pour garder fe ront à
la necelfité. ' Pourveu qp'un Apoti-
caire tienne en. fa boutique , ces cinq
différences dé Hiere , il fiffit pour
toute antre qu’on fçauroit defirer, fbit
de Ruffus, Hernies, Galien, Archi-
gene , ou des Arabes , defeuclles on
ie fèrvira lelon les faifbns, âges, com-
plexions, caufes, 5c temps des ma¬
ladies diverfes.
Z£S FA'CVLTEZ. \
On l’ordonne heureufement con¬
tre plnfieurs maladies , dit Spribo-
nius. -Car elle guérit les epilepfîes,
manies , tournoyetueijs ,ik. yonleurs
de tête , les afthincs , & difficultcz
de refeircr ,. les affeéhi.ons foporife-
res , î’cphialtes , de plufieurs autres
maladies,, tant des yeux & aureilles,.
que de la têm. Elle piirgç âuffi tres-
bien reftomaçh , &. corrige fes yices
du foye. Nettoye la ratte , & dimi¬
nué là dureté , foulage les maux des
inteûins , & difeute. lés tumeurs de
toutes ces parties , ou les fbit bien-tôt
pafoître , & provoque les purgations
retenués.
REMARQ^VE.
Ette Hiere efi diverfement dé¬
crite datts les Dijpenfaires :
Bauderon, Falerim CordH6,le's Mé¬
decins de Lyon, avec du Renou font
conformes ; Mefué , le Luminare
ma]ui , les Moines , & autres diffe¬
rent grandement [de ces premiers en.
leurs dejeriptions 3 tant au nombre
des Jtmphs qui la compofent, quen.
leurs dofes ; ceux-cy mettent le fo¬
lium au Heu du Folium , pe Us
premiers entretenu, ^elle àéffrip.
tion quon dijpenfe . iï fe faut, toi
jours fouvenir de fubfiituerà U Ce-
locynthe les Trochifques Alhandal,
dr enja place de l'Agaric , l' Aga¬
ric nouvellement trdchifqué , quoy
quil ffoit. dit derechef par Baude-
ron que le Sagapenum , & l'Opop»-
nax y, .font mis pour corriger- ta-
crimonip exulcerative de, lu Colo-
cynthé.
Hiera picra, D-Mef.
Alo'és Soccotorina 3 drach.quinr
decim. ,
Epithymi ,&■
Cofii 3 ana drach.quinque.
Euphorby 3. -
Croci 3
Spica Mardi ,
Chamadryos 3 ana drach.fex:
Agarici
Caffia lignea ,
Maftiches 3 cÈt
Calami aromatici , ana drachm.
feptem.
Xylobalfami 3 drach. quatuor.
Cary ophy lier um , &
Scammonijpraparati, ana drachm-
duos.
Tiperis alhi , çér
N.igri 3
Centiana ,
Amomi , ana, drach. unam..
Mellis deffumati quantum fiiffid(~
fiat Eleèluarium. :
RE,
Livre'!. SeBion X. De^Tilules. 419
. R E M A R QJ E.
Pour lej^raifom cy-devknt dites
en la Hiere de Rkajîs\ 'fay in¬
féré la defcriptien cfy-dejfm de la
Hiera fiera de Mefué ,'^'afin que
l'ArtiHe ne fiit pas en peine a l'a¬
venir de récourir ailleurs qüdnd
U voudra compofer les Pilules de
Agarico de Âdefué , & telles au¬
tres compojïtions du meme Au-
theur.
Pour le modus faciendi , il ny a
non plus de difficulté) qu’a celle de
Nicolaùi Alexandrinm: l’ Euphorbe
doit être exaêlement corrigée , com¬
me enfeigne Mefué 'au livre des
fmples médicaments purgatifs , en
fin propre chapitre. ' '
SECTION X.
Des Pilules.
De Piltilù in généré.
I L VL A eft le diminutif de Pi-
la J ainiî dite pour caufe de fa
figure fpherique & ronde : les Grecs
les nomment Catapotia , nom dérivé
du Grée Kcira.vtiva> , id eft , devdroj
^ pource qu’on les avalle fans mâcher.
viLT figure ronde a été inven¬
tée par les Anciens , afin que de fes
parties inégales , le ventricule qui
premier les reçoit , n’en fût blefséj
& qu’il les embrafle plus facile-
nient & les reduife de puilTance en.
aftion.
L’autre raiibn eft pour s’accona-
moder aux malades , qui ne peuvent-
lifer de potions purgatives , & ufent
facilement de chofes folides.
La troiziéme donnée par Chrîfto- Trotté.
phorus" Florentin' ftir Meftié J eft afin
d’ïttirer plus commodément des par¬
ties éloignées les humeurs froides,
& vifqueufes, qui ne cederoiènt aux
médecines liquides , qui séjournent
moins au ventricule.
La quatrième eft pource que la -
plus part font composées de medî- iriémey
caraents malins^ violents , & ingrats
au palais», qui s’inlînueroient facile¬
ment aux membranes du ventricule
& inteftins , & rongeroient par leur
acrimonie les veines Capillaires du
mefontere, & veine porte , dont s’en-’
foiyroient grandes douleurs, hyperca-
tharfes , &c. Deiquels neantmoins^
étant bien corrigés de leur nuifon-
ce , & accompagnez / nous en ufons-
avec heureux foccez à guérir les
grandes maladies , qui ne le peuvent
guérir par médicaments bénins &-
gracieux.
Des Pilules, les unes font Anodi- Difer^^
nés & incraftàntés, comme celles de
BdelIio, &dc Cynogloife. Les au¬
tres font alteratives , comme celles
qu’on attribue à Ruffus , les autres^
Alcphangines , de Maftich , & d’A-
lôes lavé , qui purgent peu , & cor¬
roborent beaucoup. Les autres font
purgatives , ou de la première ré¬
gion, comme celle de Hiere fimple,.
de Benediéle , & Affajeret : oiv de¬
là féconde région » comme celles-
des cinq efpeces de Myrobalans , &C..
ou de la troizicme liabitude de tout
le corps , comme celles de la pier--
re d’Azur , & Arménienne, Arthri--
tiqiics, de Colocynthe , &c qui avec:
H h-h. } force.'
430
forc;c purgent des parties loingtai-
nes..Les autres différences qui fe pren¬
nent de la nature , & difpofîtions des
maladies , & de leurs efets , le peu¬
vent rapporter à ce que deflïis.
rfttsin- Nous Lifons des incraflàntes 'en
erajftin- £q^.j petite quantité > à caulè de leur
*tgrân narcotique j envitônd'lienre du
tium. lômmeil : c^es alteratives ie matin' à
jeun trois ou quatre heures avant le
repas fans garde ; ou plus où moins
félon les âges , iexe» failbns , com-
plexions des malades.
VargA- Lgs purgatives, de le première re-
tium^ gion fe doiveac prendre loing du
repas , leftomach étant vuide; celles
regtonu. feconde , &.,^i-
ziéme regiori, iê prendront plusloihg
du repas , ou aprez le premier fopi-
meiIj ..ou quand le malade s'en^va
coucher , s'il n a foupé , puis dor¬
mir aprez : & délors qu'elles com¬
mencent d'operer > il faut veil¬
ler, & ne. Ibrtir à l'air de ce jour,
pour les dângers qui en pourroient
Sot», avenir. On n'en doit ulèr au com¬
mencement des fievres , &c lors que
les humeurs font fixés dans les corps
&C crues , poLirce qu’elles les ébran-
leroient, & ne les évacueroient, d’où
s’enfoivroienc plufiieurs fyinptomesî
autant ou plus fâcheux que le mal
même. Les maigres & qui ont l'e-
ftoraach fort foible , n’en doivent
ufer , pource qu’ils ne les peuvent
réduire de puilîànce en aétion fans,
dommage. »
Modtcs. La manière de les prendre ., cft
diverfè , félon la nature dès malades,
& leur coutume : les unes facile¬
ment foules, ou dorées : les autres
avec quelque liqueur plaifante , foit
via-j Syrop > bouillon , œuf mollet.
Livre h Seâion X.
vin cuit, Raifînée, po'ûlpe de Pom¬
mes cuites , de Prunes , de. Raifms
( non avec leurs écorces , qui fou-
vent empêchent qu’elles ne fe peu-
vent dilîoudre dans l’eftomach ) on
pain à chanter, mublies ypain cuit, ou
autre, femblable matière. La pou¬
dre de^ Pilules Anodines, &,ineraC-
fantés , & qui font deftihées pour la
première région, ne doiç^être fifob-
dlc que pour la deuxième & ,trpi-'
ziéme région :ny de celle's-cy, tant
fubtiles que pour les Eleétuaires'
mois , ou folides , alteratifs , ou pur¬
gatifs : afin qu'elles foient 4e plus
longue durée , & fojournenc plus au
ventricule , & que leur ateraebon
en foit plus grande , aullà^ qu’étant
fort fubtile, elle s’infi^nueroic làcile-
ment aux membranes inferieures du
ventriciilp, & inteftins & dans les
veines meferaiqiies , & cauferoic par
fon acrimonie,dbuleurs hypercathar-
fos, &c. Celles qu'on veut tôt pren¬
dre , fe peuvent malaxer avec eau
diftillée, via, fuc , ou decoétfon con¬
venable à la bafe : celles qufon veut
garder long teras , feront malaxées
avec miel Rofat , Oxymcl , Syrop»
ou liqueur , ôc Gommés , ou autre
femblable corps gluant, & vilqueux,
afin que l’air ambiant ne les dellei-i
che , ayant qu’elles foi.cnc fcrràen*
tées. ,
La malfe fo doit former les mains,
oinétes de quelque huile doux,& l’eu-
veloper de peau blanche, non tein¬
te, ou parchemin blanc au lî engraif
sé , afin de fi bien boucher les potes,
d’icelle, que l'air ambiant nedilCffi
fa vertu.
Des Pilules. 4-^1;
De Pilalis in fpecie.
PiluU de Cjnogliffo , D. ASef.
Myrrhe optimx. idrachm. [ex.
Thurü maris , drach. qmncjue.
Radie. Cynoglejfi , d^ach. quatuor,
Seminü Éyofeiami alhi , & .
Opii , utriufque drach. quat'uor.
Croci,-'& ■
Caftorei ( cum Fernelio ) utriufque
" drach. unam & femij^.
Cum aqua Rofarum fliUatitia , vel
SyrupB Ftolato forma majfam ufui
reponeudam. '
PharmacopsLM , qui haï P Uni ai in
ojficina parafas hahuerit , Lau-
dano Chimiatrorum carere po-
terit.
paraphrase.
L’Aiitheur de ces Pilules eft Me-
lué & non Nicolas Myrepfus
qui les déciit en fon Antidotaire, di-
ûinâion ro. Ions le nom de leur
effet 3 ad omnes morbos Catarrhi.
Leur Baie eft l'Opium j & lufquia-
me : lem- Vertu incsaffante èft au¬
gmentée par la racine de langue de
chien 3 que les Grecs appellent Cy-
noglolPum C dont elles ont pris leur
nom ) & Encens. Le Saffran, & Ca-
ftot y font mis, pour corriger la hui-
fance de la bafe. La Myrrhe pour
deterger ce qui auroit coulé aux poul-
mons , & fortifier le ventricule,com-
céluy qui ' eh reçoit le premier
•unpreffion à bien ou à mal. Qucl-
'l*^ts-uns ne font dmyis de dilpen-
ièr ces Pilules, pouree que nôtre Cy-
nogloll'c produit tige , fleur , & fe-
men’ce , & non le vraÿ décrit par
Diofeoride , au livre quatrième, cha¬
pitre l'a 3. ne produit ny l’une ny
l’autre. Toutesfëis pax la faveur on
connoîtra que nôtre Cynoglofle re¬
froidit , deflêiche , &aclfti'aint, qui
font des qualitez propres pour in-
crallcr les iheumes , à quoy ces Pi¬
lules font adaptées par leur inven¬
teur. Nous avons delaifsé le Gero-
fle, Canelle & Jityrax rouge, men¬
tionnez par Nicolaus Salernitanus,
commenté par Platearius, comme inu¬
tiles , & non mentionnées par Mé¬
fié , ^duquel il les a tranferites. Au
lieu d’iccu.x nous avons mis' le Caftor
pour corriger là' huifànce de l’Opium',
& iulquiame , & ce par l’avis de
Fernel-hou me autant doéte , & cx-
perMenté .que nôtre fiance en ayé
pioduiç.'
ZE MELANGE.
La racine de Cylioglo'flc', femen-
ce de lufquiame , & Caftor , fe pul-
verifè. ont enfeinble : la My n he , Saf-
fran , &' encens à part. L’Opium
fera incisé menu , & dilîoüt avec
l’eau Rofe,. puis: on y ajoûtera les
poudres , aprez 6n formera ■ la maf. -
fè , comme dit eft. La dofe eft de-
my fcrupule pour le plus ( fi elles
font recentes ,) ou deux fcrupules,.
( fl elles font vieilles J pource que
par ficceffon de tems, la vertu froi--
de de la bafe eft furmontée par la.
chaleur des autres.
LES
Livre L Seâton X,
452.
LES FAC FL TE Z.
Ces Pilules {ont propres aux ca-
îharrhes j à la toux , & autres, afte-
(ftions qui en piocedent, & provo¬
quent le lommeil.
R E M A R Q^V E.
La defeription que Bauderon
noHi donne , différé de celle de
nôtre célébré Chancelier. Celuy-ld
demande quatre drachmes & de¬
mie de racine de Cj/nogloffe , & une
drachme & demie de CaHor , &
cettuy-cy , quatre drachmes de raci¬
ne de Cynogloffe , & point de Ca-
ftor, & peur le furplut , ils font con¬
formes avec Mefué , excepté duCa-
ftor, que ce premier y a ajouté, com¬
me il a cy-devant dit en fa Para-
phrafe. Pour le modus faciendi , il
le faut fuivre , hormis qu'il ne faut
point diffoudre l’Opium avec l'eau
Lofe, pour en malaxer les poudres, au
contraire il le faut exaéiement pré¬
parer comme il a été dit cy-devant
au Reqmes Nicolai , & malaxer
le tout avec du Syrop Ftolat , ou
de Papavere , & ce fera un moyen
pour empecher que la maffe ne fi
deffeiche , comme il aviendroit fi on
les malaxoit , comme en feigne Bau-
deron qui a fuivy a peu prés le
fi'ntiment de Nicolaus Alexandri-
nus qui les décrit au chap.j^ç). de
fin livre fus-allegué.
Pilules de Bdellio majores,
D.Mef
%. Bdellii optimi , drachm. dm-
dectrm
Seminis Ameos , drach. très,
Myrobalanor. Cepularum ,
Indarum ,
Bellericarum , &
Emblicarum ,
Concharum Fenerearum,id efi,Por-
cellanar. ufiarum > &
Succini , vulgo Karabe ,fing. drach.
duos & femifî.
Liffolue Bdellium fucco Porri fe-
finis , id' efi , non tranfflantati,
& forma maffam.
TARAPHRASE.
CEs Pilules ont pris- le nom de
lair baie le Bdellium , & le fur-
nom de grandes, a la diflference d’au¬
tres de fèmblablc nom , décrites par
Méfué , & Rhafis au livre neuviè¬
me, chapitre 80. à AlmanfoiS qui
aiîjourd’huy ne font point ufitees.
La vertu incralPante du Bdelliuraselt
augmentée ^ar les Myrobalans , Ka¬
rabe , ou Ambre jaune , & les Por-
cellaines brûlées , que Mefué appel¬
le Ve nerearumj de Venus, pourçe que
les femmes de bas lieu s’en ier-
vent pour ornement. Ce font des
petites coquilles blanches 5 d’alfez vil
prix , de connues d’un chacun.^
contraire la bafe corrige leilr apie-
té & ficcité , & rend lubriques les
Myrobalans , la fèmence d’Ameos
par fa vertu aperitive , & atténua¬
tive du phlegrae , empêche que 1^*
T)es Pilules, 43 5
Myrobalans n opiicnt : le lue de
jeunes Poiirreaiix , & /îicculents dè-
terge le phiegme , qu'il conduic
par le fiege , veiîîe & matrice , don¬
ne corps à la maflè, & conferve le
tout.
LE MELANGE.
Les Myrobalans feparés de leurs
os , fe pulverilèront avec la femen-
ce d'Ameôs , y ajoutant quelques
gouttes d'iiuyle d'Amandes ;.les au¬
tres le pulvcriferont. chacun à part,
cela fait J il faut dillôudre au mor¬
tier le Bdellium > avec quantité fuf-
filànte de fuc fufdit : puis on y ajou¬
tera les poudres , dont on forme¬
ra une raalTe , ayant les mains oin-
étes d'huile , .laquelle par quelques
jours fera exposée à l'air, & gar¬
dée comme dit elt.. La dofe eft
d'une drachme à deux. Veu que
pour le jourd'huy on nous appor¬
te de ludée » & d'ailleurs le vray
Bdellium , ayant les marques que
Diofeoride luy attribué , nos Apo-
tliicaires n'uleront de quid pro quo,
s'ils me croyent , mais ils tâche¬
ront de le connoître pour le fça-
voir bien choi&.en l'achetant , &
s’en fervir.
LES EACVLTE Z.
Ces Pilules font propres aux ca¬
tarrhes , à la toux , & autres affe-
ûions qui en procèdent , & provo¬
quent le fommeil.
REMARQUE.
LE^ mots de venarum oh vene-
rearum ufiarum employés par
les interpreteS^e Mefué , dans les
diverfes éditions de [es œuvres me
font naitre une difficulté ,ffavoir ce
quil faut prendre pour né contfe-
venir point à l'intention de l‘Ju~
theur dé ces Pilules. Ces mots chés
les Autheurs font diverfement ex~
pliqués , car les uns difent venerea-
rum id eft radicum Acori, les autres
venearum id eft , radicum Chœlidon.
major, les autres venarum, id eft ra¬
dicum Rubia tinéiorum v & d'autres
difent qu il faut dire avec le texte
Arabe de Mefué Avellanarum ufta-
rum , au lieu de venerearum ufta-
rum. Ceux qui employent la racine
drAcorus verui dans ces Pilules, font
lesAutheurs du Lumen Apothecarie-
rum,& celuy du Thefaurus Aroma-
tariorum , qui enfeigne aujft la ma¬
niéré de le brûler ou terrifier. Bau-
deren explique ces mots autrement,
& dit , Concharum venerearum , id
eft Porcellanarum uftarum.
Le traduBeur des Synonymes de
Serapien l'explique encore d'une au¬
tre fa^n en ces mots , Vénéra id eft
Cochlear quod defsrunt peregrini d
JanBa Iacobo:maüje trouue que cet¬
te interprétation ne convient point
avec celle de Baud. veu la grande
différence que nom remarquons entre
les coquilles que les Pèlerins Appor¬
tent de faint Jacques fur leurs ha¬
bits , avec les petites Porcelaines
qui font uniformes: de ces premières
au contraire , les unes feint gran¬
des , les autres petites ,-les unes ca^
lii neleés.
434 Livre L
tielées , & les mitres mies , les mes
plattes,les autres creufes, comme nom
‘Voyons tous les jours ; & ainfi que le
rapporte Rondelet en la i. partie
de fon hifloire des Poijfons , livre i.
chap. 11. & iz. & Baud. veut quon
prenne ces petites coquilles blanches,
qu’il appelle Concharum venerea-
rum, id efi, Porcellanarum, dont les
femmes de bas lieu fe fervent pour
des brafelets : en les préparé di-
verfement , pour les mettre dans des
eaux & autres embellijfements defii-
nés pour la face. Rondelet en la par¬
tie fm-alleguée, livre z . chap.18 . z p.
3 O. d" 3 1 . de la même hiBoire , dé¬
crit quatre eéfeces de coquilles de
Venus bien differentes de celles que
Baud. y employé , defquelles quatre
eépeces , il n’y a que la derniere qui
ait quelque rapport avec celle de ce
premier ;qui font fart petites de cou¬
leur de laiil, dedans eîl' dehors, & cel¬
les de ce dernier font beaucoup plus
groffes , blanches en déhors,& bleues
en dedans avec un petit ceKçle doré.
PeBime que s'il s’en fallait tenir
a l’interprete des Synonymes de Se-
rapion, & à ceux des autres Arabes,
que nous devrions prefirer les co¬
quilles qui viennent de S.Iacques,Ji
elles étaient douées de quelque ver¬
tu particulière pardeffus celle* que
nous trouvons fur les rochers & aux
plages des mers ; mais comme il n’y
a. point de différence non plus en
leurs formes qu’en leurs vertus, nous
devons preferer à toutes autres les
.petites Porcellaines dont Baud. fait
mention , & au deffaut d’icelles , la
quatrième ejpece que Rondelet dé¬
crit , comme étant d’Én genre fort
approchant de cédés de Baud.
SeBion X.
Vne fécondé difficulté me parait
en l’uBion de ces Coquilles, que j’efe.
ray dire n’être prefcrite que pour
les réduire plus facilement en pou-
dre: or quand on les diffoudra avec
une liqueur convenable , qui nayt
point de qualités contraires d leurs
vertus adSlringentes & incraffan-
tes , comme f on les paffoit par le
feu qui leur change leur qualité
froide en chaude, il en fera beau¬
coup mieux , comme il fera un peu
plus exaéiement cy-aprés remarqué
aux Trochifques de Karabé.
Le Bdellium fait une troitiéme
dijfrculté , de ce que l’Autheur du
mélange veut qu’il fait diffout dans
le mortier avec le fuc de Bourreau,
cela ne fe peut pas bien faire de la
forte ; il le faut mettre en poudre,
& l’imbiber d’un peu de fuc de Bour¬
reau , dépuré par vingt -quatre heu¬
res au froid ', après on y mêlera un
peu du miel Rofat coulé, afin de con-
ferver la maffe des Bilules en une
bonne confiBence , autrement elle fe
deffeicheroit comme du bois , & pour
le furpjus on y procédera comme.
Bauderon enfeigne.
Piluîæ 3e Aloë Joca > încerti
Authoris.
5^. Aloës fucco Rofarum lots, , «w.
unam.
Agariei trochifcati , drach.tres.
MaBiches , drach. duos.
Bulveris EleBuarii Viamofchi dnlc.
drach. dimid.
Cum vino Malvatico , vel Apisino,,
aut Jîmili ,fiat maffa.
BARÂ
D&s Pilules 455
taraphrase.
L’Autheur de ces Pilules nous cft
incertain , Iclquelles ont pris le
nom de leur bafe PAloê's lavé. Sa
vertu purgative foible eft augmen¬
tée par l'Agaric , Sc conduite au cer¬
veau par la poudre de Diamofchum:
le Maftich augmente la vertu corro¬
borative de la baie : le vin y eît mis
pbiic le cœur , ventricule Sc vifceres,
Sc pour donner la forme.
LE MELANGE.
Il faut pulverifèr PAloés , & le
laver pliifieurs fois avec le fïic de
Rofes rouges , puis le Icicher, Sc
derechef le pulverifèr , aprez on le
malaxera avec l'Agaric trochifquéj
Sc Maftich pulvérisé chacun à part,
& la poudre de Diamofchum , avec
quantité fùffilante de Malvoifie , ou
^ufeat , ou autre excellent vin , dont'
on formera une mafic , qui fera gar¬
dée au befbin comme nous avons dit.
LES FACVLTEZ.
Elles purgent le cerveau , le ven-
trichle & les autres vifceres : les yeux
&|la matrice, de leurs humeurs pu¬
trides , & les corroborent.
REMARQVE.
Our avoir de bon Alo'ès lavé
ainjl quon l’ appelle impropre-
tnent , il faut prendre du Succotrin
tjui fait tranlparant , le mettre en
poudre fuhtile , le dijjbudre avec du
de Rofa dépuré , filtré par
la carte , versés la dijfolution dans
un matroi, & à la vapeur du B-M.
les tiendrés l’eéfacè de quelques heu¬
res jufques à"ce que V Alo'ès foit en¬
tièrement dijfout, que filtrer és chau¬
dement par une nouvelle carte y & le
ferés fieicher au Soleil dans un vaif-
feau de terre vernie , on de ver¬
re , ou bien a une douce vapeur du
B.M. derechef le dijjoudrés en pa¬
reille quantité du fine de Rofes que
dejfus , & le ferés évaporer fans le
filtrer. Ceux qui defireront un Alo 'és
plus excellent , ils répéteront la
même dijfolution , & évaporation
diverfes fois en la même quantité
de fuc de Rofes que dejfus extrait
des Rofes pâles i comme il a été cy-
devant remarqué en l'Eleétuaire
Rofat.
Il ejf necejfaire d’ajouter un peu
de miel deifumé pour çonferver la
confidence, de la màffe.
Pilulæ Maftichinæ , D. Pétri
de Ebano.
Agarici trochifeati , drachm.
très.
Madiches Chia , drach. quatuor.
Alo'és optima ex Socotora allata,
drachm. decem ,■ forma majfam
cum Altili , id e fi , v'ino dulci
coda. Nam Altil Arabihus , dul-
ce fonat.
PARAPHRASE.
PEtrus Ebanus , furnommé Con-
ciliator, décrit ces Pilules à la
fin du 19" chapitre de fes additions
fur la pratique de Méfié, ou il traicte
lii Z de?
43 6 Livre 1. Seal ton X,
des remedes convenables à l'appe-
tit dépravé. U leur a imposé le nom
du Maftich , non de (a baie l’Aloés,
pource que les precedentes en avoient
déjà pris leur appellation : la tardi-
vecé de l’Alocs j cft accélérée & au¬
gmentée par rAgacic trochilqué : fà
nuiiànce eft corrigée par le Maftich,
qui par fon adftriéèion fortifie le
ventricule , le' vin cuit corrige leur
ficcité > adoucit , dccerge , donne la
forme, &eonferve les elpeces. Dau-
tant que ces Pilules ont prelque
femblable vertu que les preceden¬
tes : ceux qui les auront en leurs
boutiques , s'en pourront paffer, &
au contraire.
LE MELANGE.
Quoy que l’Authenr ne commande
exprez lAgaric trochilqué, fi lùis-
je d'avis que Ion le prenne , pource
qu'il eft plus purgatif, & moins nui-
fible au ventricule , que le non tro¬
chilqué { pour lequel ces Pilules font
deftinées ) & la bafe mieux fortifiée.
Chaque médicament fera pulv'eri-
sé à part , puis le tout fera malaxé
avec le vin cuit,5<: la pâte longuement
battue , afin d'àccelcrer leur fermen¬
tation , réglé generale pour toutes
fortes de Pilules qu'on gardera au
befoih. La dolè eft d'une drach¬
me à deux , long tems aprez le
fouper,
LES FACVLTEZ.
Elles prelèrvcnt l'eftomach de tou¬
tes maladies , le’ purgent bénigne¬
ment , & le corroborent : empê¬
chent ia putrefeâion des humeurs.
& guarentiflent ceujt qui enufentdes
douleurs d'eftoma'ch, de tête, de ven¬
tre , de matrice. Elles font propres
à la triftelfe & melancholie , & aux
vices de la matrice.,
REMARQV'E.
IL neft pM croyable qtton fe pmf-
fe appercevoir , Jî m n exami¬
ne exaétement le dejhrdre que eau-
fe la dépravation , ou le change¬
ment d'm mot en m autre dans la
defeription d'une compoftion , qui
me fait dire ^qu il ne faut pas trouver
étrange , fi les Pilules MaHichi-
font ordonnées d'être malaxées
avec differentes liqueurs, par ceux
qui les décrivent dans leurs Di-
jpenfaires. La caufe ne nous eft pas
inconnue : la proximité quil y a
entre les mots Altillia & Ttlk , nom
le donne affez. à connohre , en ce
quils fignifient deux liqueurs bien
differentes , & tout a fait contrai¬
res' , tant en leurs origines ,‘qu en
leurs qualités & vertus. Si les pri-
vtiers qui ont corrompu le mot de
AltiJlia , en luy Jùppofant celuy de
Tilla , pour n entendre pas ce qu'il
fignifioit , euffent tant fait peu fait
réflexion fur les vertus que Con-
ciliator , qui eft Petrus de Ebano
donne à ces Pilules , entre autres
quelles font propres contre fo 'vi¬
ces de la matrice j effets qui d la vé¬
rité precedent particulièrement du
fuc de l'Armoife , qui eft fort hfi
fteric , Ô' pour cette raifon , certains
ont appeUé la plante Mater pkn-
tarum > je veux dire qu ils nau-
r oient )amais changé le mot de Al-
tillia pour celuy de Tilk , dautaat
Des Tilules, 4J7
e^M ce f renier fignifie le fisc à‘Ar-
moife , & ce dernier le Rob o» Sa-
fa qui efl nôtre vin cuit , flut pro¬
pre far fa douceur d'émouvoir la
matrice , que de la foulager. La
corruption de ce mot fie vérifié clai¬
rement par les divers exemplaires
de differentes éditions des œuvres
de Mefiié ; deux petits que j'en ay
inoBavo des années 1 5 1 3 . 1 340.
difent , conficiantur cum Tilla , id
. efl , vinum coBurn , ut dicit Simon,
lanuenfits , & dans d’autres exem-
, flaires infolio pim correBs des an¬
nées 4 5 4 1 . 1 5-6 2 . \ 6 2.7^. ces deux
derniers cornmentés par CoBam ,
Manardm , &c. on y lit chacun
en particulier , conficiantur cum fuc-
eo Altillia , qui efl le fuc de l’Ar-
V moife , comme a été dit- Avicen-
, ne au livre cinquième , fomme pre¬
mière , Tome premier de la Thé¬
riaque à Efdra , dit que ce fuc Al¬
tillia efl Alfel'engefif , qu on appel¬
le Ahrotonum fylveflre i.qui efi une
eifece d’Armoife.' Plempim en la
traduBion d’ Avicenne l’appelle Be-
tengiafif, & dit que ce nom figni-
fie l’Armoife , & que cette plan¬
te a été àppellée par les vieux in¬
terprètes d’Avicenne Ahrotonum,
^ par Bellunenfis fuivant les Co¬
des de Conéîantinople ,0“ de Leyde
AlhJpiBun , d’où le mot de Altilli
femhle dériver. Les Eéfagnels ap¬
pellent l’Armoife Altiliam ,feu Al-
timilian.
Entre les Autheurs qui mala¬
xent ces Pilules avec le fuc d'Ar- .
^oifefont lacohm de Manliqs ,.. Pau-
lusSuardm, & qui ont retenu les
^'’ts de fucco Altillia , & les ex¬
pliquent pour le. fuc d’Armoife,
Fuchfius, Nicolaus Prapofitut , Cou-
denberg , les Médecins d’Amfter-
dam , en leurs Pharmacopées.
Après toutes ces raifons & au-
thorités , nous ne devons point fai¬
re de difficulté d’employer le fuc
d’Armeife a demy évaporé avec
un peu de miel , le premier pour
malaxer les ingrediens mis en pou.-
dre , & le dernier pour donner
corps d la majfe , & rejetter le vin
cuit.
Pilulæ Stomachicæj D-Mef,
5^. Myrobalanorum Citrearum ,
'Aloés feleBa , &
Turbith optimi , fin gui. drachm.de-
cem.
Rofarum rubrarum ,
Spica Indica,
MaBiches , fing. drachm. duos ^
femifi.
Seminis Anijï > drathm. unam #
femifL
Salis Gemmei^ ( quia vero Sale Indo
earemus ,) &
Croci , utriufque drach.unam.
Cum fucco Ab finthii forma maffam..
paraphrase.
De ïix defoiptioiK de Pilules
itomachiques, données par Me-
£ié diftinclion dixiéme de fon An-
tidotaire, j’ay retenu la derniere avec
Nicolaus Præpofitus , Cordus &
quelques autres , pource qu elles cor-
.roborenc fiilElàmmcnt le ventricule,
& purgent benigneinent les humeurs
y contenues. Elles ont pris le nom
de leur effet. La bafe font les My—
lii 3 robai
4 58 Livre L
robalans, l’Aloes, & Turbith mis
au commencement : la vertu tardive
de l'Aloè's eft accélérée par le Tur-
bich, Seau contraire J le ièl. gemme
fortifie le Turbith , lequel 'avec l'anis,
fàffi:an& nard Indique, incilènt, at¬
ténuent le' phlegme épais confir¬
ment les vents , fortifient le cœur
& foye , &c donnent aide à la bafe,
à purger le phlegme , la bile j & les
lèrofitez : le maftich corrige leur
nuilànce , & fortifie le ventricule:"
les rofcs modèrent leur chaleur, lef-
quelles avec les Myrobalans , par leur
adftridion , empêchent Télevation
des vapeiirs au cerveau. Ceux qui
voudront examiner de prez les au¬
tres deferiptions de femblablc nom,
trouveront les unes trop violentes,
les autres foibles , les autres non
fufEfamment accompagnées de cor-
reélifs , ou leurs dofes mal propor¬
tionnées , félon la bafe conftituée:
que s'il eft queftion'de purger de la
féconde ou troifiéme région , il y en a
d'aucr s plus convenables.
LE MELANGE.
Au Turbith àdemy pulvenfé,on
y ajoutera le Nard Indique incifé,
l’anis , les Myrobalans , & roiès. Il
faut piler à part, l’Aloè's, le Maftich,
fol Gemme , & faffiran , puis on les
mêlera , oC malaxera avec le foie
d’Abfinthe ( fi tôt aprez on en veut
ufor,) finon au foie , on y ajoutera
un peu de miel, pour le cuire en^Sy-
rop , & d'iceluy former la mallè,
( laquelle à deray feichée à l'air ) fo¬
ra gardée au befoin. La dofe eft
d’une drachme , à une & demy : car
ceux qui habitent des régions tempe-
Seâion X.
rées , ou froides , ou humides , font
lus faciles à émouvoir, que ceux qui
abitent en région chaude , comme
l'Ethiopie, Egypte, A rgie, Provence,
Candie , Se l’italic.
LES FACFLTEZ.
Elles évacuent les humeurs bi-
lieufos , & pitniteufes , principa¬
lement celles qui attaquent la tê¬
te , le foye , & le ventricule.
Elles corroborent auflî l'cftomac,
aident à fa. coétion , & excitent
l’appetit.
R E M A R Q,V E.
LEs fï-equentes fautes que mm
avions aocoufthmé de trouver
dans les cornpojîtions cy~devant ,
nom . avaient donné quelque petit
relâche , qui nous faifoit croire que
le Correcteur avait été pim exaB
à la correction d'icelles ; mais en
voicy une qui me fait dire , que
1‘ Antheur des Facultez.,& le cor¬
recteur n'ont pas moins négligé cette
compojîtion que beaucoup d'autres,
puis quelle procédé par omijfwn
dans les trois éditions de Sauva¬
geon imprejfion de lean lof , qui
efi d'une drachme , & demy d unis,
la correClion.de ces fautes ne fe peut
jamais bien faire , s'il n'y . ^ deux
correcteurs , un qui life l'original,
& l'autre la copie , pour exatie-
ment vérifier , fi le Cempofiteur a
omis quelque ingrédient , ois chan¬
gé les dofes , quand il aura, fait l un
eu l'autre , ou tom les deux enfetn-
hle ; cela ne paroit point , a moins
quon aye feeu tous les ingrédient
439
Des Pilules.
par cmr <\ni entrent en une co?npo-
fttion ) & Its dofes d’iceux , par ce
cjue bien quon en omette quelqu’un,
cela ne change point le fens , comme
tnm difcours lié. Fay donc remU
la defcription en fon premier étap,&
pourie farplui , il faut fuivre Bau-
deron, tant pour la trituration que
pour le mélange, r
Pilulæ aliæ Stomachicæ , feu
ante cibuni, D. Mef.
'^.Aloes optima , ex Socotora infu-
la allata, drach.fex.
Mafiiches Chia , &
Rofarum' rubrarum , utriufq.drach.
duM.
Coi^pone majfam cum fucco Solani
vel Syrupo Ahfinthites.
' ,?ARAP HRASE.
CEs Pilules décrites par Mefoéj
au lieu preallegué , font fore ufi-
tées & oAt pris le nom de leur effet;
La bafe efl: l'Aloës : le Maftich for¬
tifie le ventricule, & lés rofès modè¬
rent leur chaleur : & le lire de Sola-
' num ( ou le fyrop d'Abfinthe ) meil¬
leur que le dit fiie , fortifie le' foye>
donne la forme ôc conferve le tout.
LE MELANGE.
Chaque médicament à part fera
pulverifé , puis feront malaxez avec
le lue de inorelie , ou fyrop d’Ab-
finthe, pour garderie tout au befbin.
- LES FACVLTE Z.
Elles purgent , & corroborent le
ventricule, & font utiles pour tempe-
rer l'ardeur d’iceluy.
REMAR.Q.V E.
CEtte defcription' efi conforme
avec celle de fon inventeur
Mefué , excepté du Jyrep d‘AbJin~
the , quil n’en fait point de men¬
tion pour malaxer lee poudrée. Ceux
qui les voudront malaxer avec le
jÿrop d’Ahfinthe , comme Baude-
ron dit être plue propre pour le
foye , au lieu du fuc de Solanum li¬
quide., ils y en pourront mettre
une drachme & demy ex afîement
deffeiché a la vapeur de l’eau , en
ce faifant , ils accompliront Finten-
tion de Mefué , qui veut aprez.
Diofeoride , que ce fuc foit utile
pour rabattre l’ardeur de la bile ,
& modérer l’ intempérie chaude de
l’ejlemach.
Pilulæ Alephanginæ , feu de
Aromatibüs, D.Mcf.
2L. Cinnamomi , feu Canella fe-
leEla,
Cuhebarum ,
Ligni Aloes ( hu]m pennria fume
tantundem Santali citrinî.)
Calami aromatici veri , vel ejtta
gfficinarum fie nominati.
Macis ,
Nucis Mofehafa,
Cardamomi ,
Garyophyllorum ,
Afari',.
440 Livre!, SeBion X,
Afari ,
Majtiches ,
Schœnanti ,id eji , fiorü Imd odo-
rati ,
Carpobalfami , vd fuccedan. ejm
remi?7Ü LentiÇci , vel Tereb'm-
thi , &
Spicm IndicA , fin g. une. unam.
Âbfitithij Pontici mA]QTÜ , feu vul-
garis ftcci,- &
Refarum rubrarum .Htriufi}. draeh.
cjuinque.
Terantur ■ crajfmfcule , & parum
eoquantur in acjUA lib.fex ( ut
ipfemet Mefué tefiatur lib. fimpl.
cap. de Aidés ) ^ non duodecim.
Deinde fiieenmr manibus ,
exprimantur ; Tmn
'dfi.. Aloës optirHiH pulvenfata , lib.
unam.
Lava in parte una decoEti colati.
Deinde ficcetur , & puherifetur
Ô" ipfi ajfmde reliquum decoEti,
ficca ad Salem , fi afioi fiierit:
vel in Stupha , fi hyems , df cum
Afyrrha eleEta pulverifata , &
Majliches , utriufque drach. quin-
que.
Croci, drach. tribus, forma majfam.
PARAPHRASE. '
MEfué dit que ces Pilules {ont
de {on invention , qu’il appelle
Alephangines , du nom Arabe Ale-
phangia , qui lignifie Odorant &
Aromatic : tels que font les Medi-
camens qui encrent en la decodion.
La bafe eft PAloès lavé en la deco-
élion > & non en eau de pluye , ou
de fontaine ; car fi l’Aloës eft pre-
iflierement lavé plufieurs fois , cora-
tne iidit , il fprtifiefa lé ventriciilcj
mais il ne purgera pas du ccfveau,
& ventricule la pituite craflè, & k-
meurs conrompuës , qui eft le pre¬
mier point qu’il touche : au contrai-
re, s’il eft lavé en une partie delà
déco dion , comme je fuis d’avis, par
icelle , fa vertu corroborative des
vifeeres , & purgative fera augmen-
tée , ainfi on aura l’un & l’autre , &
l’Apothicaire fera relevé de beaucoup
de peine : le Maftich', &-nîyrrhey
{ont mis pour refifter à la poiirtitâte
des humeurs , corriger la ficcité
de l’Aloës , & le rendre lubrique;
le {àftran y eft mis pour la defence
du cœur.
LE MELAEPGE.
Le mélange icy enlcigné par Me¬
fué répugné diredemeVit aux pré¬
ceptes par luy écrits au i-. Theoreme,
chapitre de la déco dion & ailleuts,
où il enfeigne qùe les Medicaraths
Aromatics n’endurent point dé cn-
dion /ou fort petite , il comman¬
de icy qu’on les fallè bouillir en dou¬
ze livres d’eau , jiifqu’à la confomp-
tion des deux tiers , de lotte que
par une telle ébullition , leur vertu
requife {ans douce fe perdroit. Da¬
vantage la dolè de l’eau qu’il Spé¬
cifié au chapitre de l’Aloës , qui eft
• fix fois autant, qui revient environ
dé fix livres , à fix livres & demie,
{ùffira pour les railbns que deffiis :
auflî que la i ficcité & quantité des
medicamens en boivent fine partie,
de maniéré qu’avec légère ébullition
elle reviendra à quatre livres de deco-
dion coulée , qui eft la jufte quantité
qu’il requiert icy. il faudra donc pre¬
mièrement concalld les medicamens
Des Pilules, 441
AroiiiMics , puis leur donner une
ou deux ébullitions avec l’eau j &
Donplus, dans un pot de verre j ou
de terre vernilîé couvert, ou baffine
étannée lûr le feu clair , & non fii-
meiix ny violent. Apres on l’ôterade
delfiis le feu , & on le couvrira d’une
double toile, jufqu’à ce qu’ils fôientà
dcmy fi-oids,puis entre les deux mains
le tout fera frotté , &: 'bien. exprime.
Cela fait d’une {partie de k coîatnre,
l’Aloès pulv.erifé fera lavé , puis dcG-
feiché au Soleil ardent , ou dans une
étuve, ou fur les cendres chaudes,
& pulverifé , auquel on ajoutera la
Myrrhe, Maftich , ôc ûffian pulve-
rifez chacun à part , pour diflbudre
le tout enlcmble dans un grand plat
de terre verniffé , avec le relie de la
deebâion coulée. Puis il la fort def-
feicher ( non du tout ) comme avoos
dit , dont on formera une malle , les
mains oinéles d’huile d’amandes ,
qu'on envelopera de peau blan¬
che , ou parchemin aulîî oinéfc
d’huile , afin qu’elle ,fe puilîè
plus longuement garder. La dolè
eft d’une drachme à deux , la plus
grande , deux Aurées qui valent huit
lérupules.
Z£S FACFLTEZ.
CEs Pilules purgent le cetveau, le
ventricule & les organes des lèns
de leurs humeurs cralïes , purriaes&
pituitciifes , & dilî pent les douleurs
qui en proviennent , fortifient l’eûo-
mach & la coélion.
R E M A R Q^V E.
MEfué , eu les premiers copifiesi
de fes œuvres en la defeription
des Pilules Alephangines ont fort
exeedé en U quantité de l'eau ; car
pour cuire quatorii.e onces & deux
drachmes d’ingrediens , ils en ont
mis douae livres. Bauderon a réduit
cette quantité d fix livres , ou pour
le plus d fix livres & demie , qui efi
tres-fufiifante pour infufer par vingt
quatre heures, les fus nommez, ingre-
diens dans un vaiffeau de terre
bien couvert , aprez. les avoir préa¬
lablement incifez. & concajfe'^ , &
fur la fin leur donner une legere
ébullition ; cef de la forte quil
faut procéder en cette decoéiion,
quoy que ce ne fait pas fuivre l'Au-
theur de la cempofition , ny ce-
luy de la Paraphrafe : la vertu de
chaque fimple fe confervera mieux
& ne Je dijfipera point , comme
fi on les cuifoit jufquà la confomp-
tion des deux tiers , comme parle
le premier, & d'un tiers fuivant le
dernier.
Au lieu de fuivre Bauderon en
la première lotion de l‘.:iloës, je
voudrais fuivre Mefué , parce quil
prétend par le moyen de l'eau ele
pluye feparer quelque qualité étran¬
gère de l'Alo 'és , qu'on ne pourrait
feparer par la deceSien , par ce
quelle efi dé, a empreinte de la
vertu des fimples , bien loin de l'at¬
tirer , la decoSion communiquerait
les fiennes d l'Alo 'és ; aprez. l'avoir
lavé avec l'eau de pluye & defi'ei- '
ché comme a fté cy-deuant dit , fera
derechef dijjout avec la fufdne
Kkk deçà
I
44^ Livre l.; S eâltm X
decoSlion & filtré chaudement (s’il
fie peut ) par la -carte pour mieux
purifier l’une & l’autre , & en fiui-
te fieront expofiefi^ au Soleil , &
quand ils fieront d’une confifiance
•moyenne , on y ajoutera la Myrrhe,^
le Aïajiich le fiajfiran en poudre,
#■ a mefiure que ces matières s’ épaifi-
firent , il convient de lej remuer
fiouvent , afin que le mélange fieit
égal , & fittr la fiai fy veudreûs
ajouter environ une once de miel
dejpurne , pour les raifions ja dit-
tes , & au fiurplus y procéder com¬
me defiits.
Pilulæ R.ufïî , feu communes.
Jlloés eleSla , feu Secotorina»
une. duos.
Myrrha optima , unc. unam.
£roci optimi , une, dimidiam : for¬
ma majfiam cum vino rubrù op-
RE M ARQJE.
CEs Pilules doivent être ma¬
laxées , non avec le vin rou¬
ge , maü avec Oinomel , comme
pratique du Renou , en la SeStion
quatrième , chapitre deuxième , &
e’efi afin que la mafie fie confierve
en une confiiftence convenable , ce
quelle ne pourroit faire , fi les
poudres étaient malaxées avec
du vin..
Pilulæ contra Peftem, D. Bau-
deroni.
1^. Aloes Socetorina, une. duos.
Myrrha optima,&
BoLi Armena ver a optma^utriufique
une. unam.
Croci Corycq:,fieu potiorû,
Theriaca veterU & probata, ntriuf-
que une. dimidiam.
Cum Syrupo Limonum ( fit fiit ejlas)
vel vino rubro optimo ( fi hyems
juerit :) forma mafam ufiui repa-
nendam.
PARAPHRASE.
QVelques-uns doutent que ces
Pilules fôicnt de RufRis Ephe-
fien J veu qu on ne les trouve point
au livre qu'il- a compofe desmedi-
camens ( qui eft feulement un frag¬
ment échapc de Tinjure du temps)
mais par luy empruntées de Rhafis
au- livre quatrième , chapitre de la
précaution contre la peflej auflî qu’en
celles que Paul EginetCj Avicenneli-
vre4. Fen.i. Traitté 4. chap. y. dé¬
crit au livre x chap. 3-6. n’entre le
felFran , mais l’Aloés & Ammoniac
de chacun deux portions , & une de
Myrrhe, qu’il donnoic en potion avec
demy verre de vin excellent chacun
jour. Telle opinion cft allez mal fon¬
dée , pour ce que Ruffus eft plus an¬
cien que Rhafis ny Galien auflî : car
il .florillbità Rome du temps des Em¬
pereurs Trajan & Adrian: & Galien
au temps de Marc-Aurele, Commo-
dus Antoninusjquiontété long¬
temps aprez. Aulîî que la pluspai't
Des Pilnles,
de tes écrits totit perdus , & non
parvenus juicju’à nous. Pour le re¬
gard du fâffian , ii fe peut faire que
ceux qui ont été dépis Paul Egi-
netcj comme Avicenne Fen. I. trai¬
té 4. chapitre 5. Payent lùppofé au
lieu de l’Ammoniac , & réduit en Pi¬
lules , plutôt qu’en potion ^ pour le
degouft de l’Aloës / 3c Myrrhe , ôc
pour être plus convenable en temps
de, pefte qu’iceluy. Il faut la moitié
moins de- faffran que de Myrrhe^
pour ce que il grande quantité peut
caufer aux malades, douleur de tête,
fpafme, ou convulfion canine. De
celles-cy, j’ay compofé les miennes
contre la pelle, qui fut grande en L’an¬
née 1586. y ajoutant de plus le Bol
Oriental, Sc la vieille Thériaque. La
bàlè eft l’Abës ; fà vertu deterlîve
eft augmentée par la Myrrhe en l’a-
doLicilIànt , laquelle avec icelle refifte
à la pourriture des huineurs ( mere
nourrice de la pelle : ) le faffran 3c
vin excellent , y font mis pour cor¬
roborer le cœur, contre lequel les ve¬
nins agiffent principalement : le Bol
d'Armenis , 5c la Theriaque vieille,
& bonne félon la defeription d’An-
dromache y font mis pour combattre
le venin d’une forme elfentielle, Sc
non de leur qualité manifelle.
MELANGE.
Il faut pulverifer chaque médica¬
ment à part , lelqucls mêlez au mor¬
tier feront malaxez avec du meilleur
vin qu’on pourra trouver , pour gar¬
der le tout au befoin. Il ne faut pas
aver l’Aloës , pour ce qu’il ne faf-
t de corroborer le ventricule : mais
ariili benignement, 5c fans , violeft-i^
445
ce , purger les humeurs corrompues,
qui y pourroient être. La dofe eft tfnc
drachme le matin à jeun, trois ou
quatre heures avant dilner ,fans gar¬
der la chambre : en temps de pc lie.
On pourra boire apres deux doï^s
de vin pur, fi c’eft en hyver , ou en
jemps pluvieux , & le malade vieux
ôc phlegmatique : fi c’eft en été , &
que la région foit chaude , ou. le ma¬
lade jeune, ou cholérique , on boira
aprez un peu d’eau de Scabieufe ou
de Buglolfe , ou de Chardon bénit,
ou d’autre de femblable vertu.
LES EACVLTEZ.
Elles prefetvent de la pefte , dau-
tant qu’elles nettoyent & purgent
l’eftomach de toutes les humeurs
corrorapuès.
REMARQVE.
CEs Pilules doivent être maU-
xêes de même que la preceden¬
tes avec Oinomel, fi c’eft en hyver,
& en été avec le fiyrop de Limon,
ou bien en hyver avec le.même Jy.^
rep fait au miel.
De beaucoup de compofitions que
Bauderon décrit dans fa L’harma-
copée foui fin nom , je. nen ay trou¬
vé que cinq ou fix, qui foient décri¬
tes dans fa pratique : ce neft pas
que je vueille dire quelles ne puif-
fent être fiennes , & même les au¬
tres peuvent être décrites dans fon
Snchiridion , que )e nay feeu re¬
couvrer.
K k k a Piiu
444- Livre L Seüion X»
Pilulæ HIeræ fimplids, D.
Galeni.
Cinnamomi , feu Canelle. fi-
leSta ,
Xjlobalfami , am fuccedan. ejtu fur^
culorum Lemifii P cria.
Afari umCarpefij , cum Calen.i.
ficundum loco,s.
Spica Indice ,
Croci &
Mafiiches , fing. drach. très.
Aloes optime , drachm. quinqua-
ginta.
Cum melle Rofito paretur majfa ,
vjui reponenda.
LES F ACFLTEZ.
Elles font propres aux maux d e-
ftomach caufoz d’humeurs bilieufos
& picuiteufes , & à ceux qui ibnt
vexez de fufFufions, & autres îympto-
mes procedans du vice du ventricu^
le : comme auffi à ceux qui ont le
ventre referré > & aux femmes qui
n’ont pas bien leurs purgations.
R E M A R CLV E.
Es Pilules font diverfiment dé¬
crites par les Autheurs des Di-
fpenfaires ; les plus conformes à leur
inventeur , font ceux qui les décri¬
vent comme Bauderon , & fi la def-
cription nefi pas conforme a celle de
Gai. qui demande de chaque ingré¬
dient une once , & au lieu du Xylo-
balfamum j il y fait entrer le Carpo-
balfamum &.centdrachmes d’Aloës,
il efi vray que dans l'Epitome de
Lacuna la defcription efi ctnfrme
avec celle-cy dejfus,excepté feulement
quelle éfi doublé du poids. Galien
veut. que la poudre fait fubtile.
Pilulæ Hieræ cum Agarico.
Specierum Hier a fimplic. k Go-
len. prafcript. &
Agariei trochifcati , utriufq. une,
femifi:
Aloes optima , une. unam.
Cum Melle Rofato fiat mafia.
LES FACFLTEZ.
Elles foulagent les maux qui pro¬
cèdent d’humeurs craflès & pituiteu-
fes J principalement de l’eftomach &
de la poitrine.
R E M A R Q.V E-
IE nay peu trouver l'Autheur de
ces Pilules , qui efi la caufe que
je ne diray rien fur icelles , fi ce nefi
que les deferiptions que nous en trou-
• vons dans les Difienfaires different
fort peu les unes des autres. Outre
VAlo 'és qui entre dans la Hierefm-
pie de. Galien , l’Autheur de ces Pi¬
lules entend quony en mette la dofe
ey-defius preferipte ; afn quelles
fiient plus efficaces pour Veftomach.
Pilulæ Hieræ compofit. D.Nic.
Alexand.
yi. Caneïïa fileüta , feu Cinna¬
momi,
Spiest Nardi ,
Crect
Des Filuleé.
441
Cnd vptmi,
Schananthi , feu florii lumi odg~
Jfiri!
Xylob/tlfami , ( aut Succéda», ejm
furculor.LentifciyVel Terebimhi)
XilocaJfta,U ejl , Cajfia lignea are--
matica >
Carpohaljami y aut fuccedan. e]m fi-
rninü Lentifci , vél Terebinthi,
Semin. vel floruiH Fiai arum ,
Ahfinthii Pontici majorü , feu vul-
garis,
Epithymi, _
Agarici alhi faminirii,
Rofarum rubrarum,
Turbith eptimi,
ùlecynthidü , &
MaHiches y fingul. drach. femifi.
Alo 'és Socotorina , une. unam.
Cura melle Rofato fiat majfa.
LES FACFLTEZ.
Elles ‘conviennent aux indiipofi-
tions de la tête, des nerfs, & à la cru¬
dité du ventricule.
REMARQVE.
C'^Eux-là s’abufent grandement,
jqui dans leurs Diifenjaires at¬
tribuent les Pilules de cam¬
pe fit a à Nicolam Myrepfia .dle-
xmdrinui , eîr ceux aujfi qui les
attribuent d Nicelaus fimplement
»e font pas moins exempts de cet
^ui 5 parce que s’il faut entendre,
tomme il y a apparence , que ce der¬
nier fait Nicelaus Alexandrinus ,
tes f Unies ne luy doivent apparte¬
nir, non plus qua ce premier , en
te qu ils ne les décrivent ny fous le
mm ny fous la forme de Pilules. Il
eft bien vray ,que tous les deux dé¬
crivent cette compefiiion dans leurs
.Antidotaires en la Seblion des Hie-
res , ce dernier fous le nom de Plie¬
ra fiera, chapitre 40; . d'où ce pre¬
mier l'a empruntée , & la rapporte
met d met en la SePlion 1 j . chapi¬
tre feptiéme des Antidotes , feus le
nom de Hiera Galeni , auquel elle
ne peut être non plus attribuée par
la raifon que l'Autheur de la Pa-
raphrafe en donne en la Seltion des
Hieres que Galien na peint conneu
le Turbith qui y entre , qu on ne
laijfera pas fans réponfe , en difant
que Galien décrit dans fes oeuvres
un Eleüuaire fous le nom du Tur¬
bith a & par cenfequent il en a eu
la conneijfance , ce que j avoué , &
répond d même tems en faveur de
la vérité, que la defeription de cet¬
te compofition efi comprife dans les
livres qui ont été ajoùtés d ceux de
Galien qu'on appeUe Spurii, qui n'ont
point d'authorité , & par toutes ces
raifons , j'ay corrigé le nom de My-
repfits , & mû en fa place celuy
d' Alexandrinus , non pas comme
ayant inventé ces Pilules, mais com¬
me le premier des deux Nicolas
qui décrivent cette compofition fous
le nom de Hiera , comme a été cy-
devant dit.
La raifon pourquoy Bauderon na
point Paraphrasé ny enfeigné le mé¬
lange de ces Pilules , non plus que
de celles de Hiera cum Agartco,
a été pour nufer de redite fur un
même fujet , puis que l'une & l'ait-
tre font toutes conformes en nom¬
bre y dofes y dr memes ingrediens que
les Hieres cy - devant décrites en
Kkk J la
44^ /.
la SeUion neuvième, quiportent mê¬
mes noms , du mélange desquels on
Je pourra fei'vir pour ces Pilules,
excepté ÿour U confidence de eel-
les-cy qui doivent être foUdes.L’ Ar-
tijle fe fouviendra toujours au lieu
de l’Agaric Jimpk , dy mettre du
trochifqué , & en la place, dé la Co-
locjnthe,les “Irochifques Alhandal.
Il efi a remarquer , qu’aux trois
dernier es éditions des additions de
Sauvageon , on y aohmisle JÇj/locaf-
fia , e^i efi une faute digne de cor-
reliisn , laquelle j’y ay remife.
Pilulæ Bencdi^tæ , D.NicoI.
Sal'ernit.
Specierum Benediêl'a laxativa,
drach.fex.
MeüU Rofati, quantum fufficit, com-
pone majfam.
PARAT HRASE.
VEu que ces quatre fortes de Pi¬
lules font compofécs de fèmbla-
bles médicaments que leurs Antido¬
tes , & ne different que du miel Ro-
fatj pour le blanc ccumé» & en moin¬
dre quantité , on pourra voir ce que
nous en avons déclaré en la Seétion
precedente. Si les Apothicaires tien¬
nent en leurs boutiques les pou¬
dres , il ne fera befoin d’avoir la
malfe en Pilules. , pource que fur
le champ , avec miel Rofàt , ils for¬
meront telle quantité de Pilule? qu’ils
voudront.
SeÜion X
LES FAcrLTEZ.
Elles attirent les humeurs pitui-
teufes qui tombent fur les joinéhi-
res , elles purgent aufli les reins &
la veffie.
REMARQ^VE.
IL y a dans ce Diéfenfaire &
ailleurs peu de Pilules fans AUes
comme celles-cy , cela doit être cau-
fe puis quelles ne different que' de
la quantité du miel aVec la Bene-
dida laxativa qu’on fe doit pajfer
de les compofer ( comme a été. cy-
dejfus dit ) qu’au befoin , puis que
l’ Eleduaire peut fuffire en tout tems
a leur deffaut ,fans le garder même
en poudre.
Pilulæ-AfTajeretjD.Aviiirefinx.
3^. Maftkhes chia ,& v v
Myrobalanor sCitrearum , utrmfque
une. femifi.
Pulveris Hier a fimpl-Gal.unc.unam,
Aloés Socotorina , une. duos.
Cum Syrupo Stœchadis forma msf
fam ufui reponendam. '
PAR AP H RASE, i
L’Autheur de ces Pilules eft Avi¬
cenne 3 livre 3. Fen. I. Traitté 5-
chapitre 19. la bafe eft l’Aloës 3 dont
la tordiveté eft accelereé par la pon¬
dre d’Hicre 3 pour caufe des médi¬
caments aromatics qui y encrent. Les
Myrobalans y font mis poutremjje-^
cher par leur -adftfididn îM&vation '
T>es Pilules. 447
jjs vapeurs bilieufcs au cerveau,
qui y caufent des douleurs : leMa-
^ y eft mis pour corroborer le
ventricule, & corriger la nuifance de
l’Aloës & Myrobalans : le Syrop
de Stuechas y eft mis pour deterger
le phlegme , que la poudre d’Hicre
a incisé, & atténué , & poui\ don¬
ner corps à la niaflè , & conlèrver
long tetns la vertu.
LE MELANGE.
Il faut pulvctifèr chacun à part,
le Maftich ( avec quelques gouttes
d’eau ) & les Myrobalans , & Aisés
(avec quelques gouttes d’huile ) auf-
quds oii ajoutera la poüdre d'Hic-
re, pour malaxer le tout avec le Sy-
rep de Stœchas, en fearme convena¬
ble : ayant les mains oinétes d’hui¬
le, on formera la maflè , qui fera
refferree au belôin,ainfi que plufieurs
fois nous ayons déclaré.
Z £5 EACVLTEZ.
Elles évacuent fans ennuy la bi¬
le flave & la pituite , principalement
du ventricule , partant elles font pro¬
pres ai>x douleurs de tête par fympa-
tbic du ventricule.
R E M A R C^y E.
La corruption efi Jî grmtU dans
‘pielques exemplaires dje Bau-
dfw ^ue depuis fa quatrième edi-
> qui fit en. Lan 160-7. fiu--
fi»irpcittnt ces Pilules au livre y.
I. Train è i. chapitre .2.9. d’A~
"^ioenne 5 U y 4 an lùvre , &
‘da procédé des Imprimeurs &
faut lire livre treiziéme , &e. Ces
Pilules pour n’avoir pas été dofées
par fon Autheur , ne laijfent poi
d’être bien correctes dans beau¬
coup de Dif>enfaires ; je n’.ay peu
trouver, jufques à prefent celuy qui
les a dosées, qu’au rapport de \Man-
lius , qui dit , que ceft Gentilü a»
Commentaire qu’il a fait fur Avi¬
cenne.
Pilulæ Oâomeræ , feu de oélo
rebusjD.NicolMyrepf
5^. Aloés optima , qualis ex Soco-
tora Infula adfertur , &
Diaerydii , utriufque drach. duos. .
Intexioris pulpa Colocynthidè ,
Epithymi Cretici > tanquam pr&-
fiantioris,
Agarici albi ,
MaSiiehes Chia,
Dauci Cretici ,
Aîyrobalanor. Ceputarum , &
ulbfinthii Pontici majorés , finguf
drach. unam.
Cum fie CO Solani , forma majfam
ufui reponendam.
PARAPHRASE.
Nlcokus Myrepfos en la Sfétion
îi, chapitre 3. des.. Antidotes^
& aprez luy Salernitanus décrit ces
Pilules , aulquclles ils ont imposé le
nom du nombre des médicaments
quiles conftituent ( exceptant la ba-,
fe, & fire de Solanum.j Elles ont
quafi femblables vertus que les foi-
vantes , & Pilules Aggn gatives. La
bafe eft PAlo'és , dont la vertu cho-
lagoque eft augmentée par ■ le Dia-
Livre L SeBion X.
448
grede , & la phlegmagogue j par la
Colocjrnthe qui accéléré la vertu tar¬
dive : le Maftich y eft mis pour cor¬
riger leur nuilance , & fortifier le
ventricule : l'Ablînthe , le foye -, les
Myrobalans, par leur adftriction,eni-
pecbent que la Colocynthe ne pé¬
nétré trop lôudainemcnt aux parties
les plus éloignées , afin qu’elle pur¬
ge le phlegme de la première & fé¬
conde région; le Daucus incile j at¬
ténué le phlegme j & confîime les
vents : l’Agaric conduit la vertu de
la baie au cerveau : l’Epithyme à la
ratte : le fuc corrige la chaleur des
purgatifs, & du foye, & defôppi-
Ic les conduits bouchez , & donne
forme à la malle. Pour plus gran¬
de feureté , je fèrois d’avis qu’on
prît de l’Agaric trochifqué , èc de
la Colocynthe préparée , comme il
fera dit aux Trochifes Alhandal cy-
aprez.
LE MELAIS GE.
Il fent pulverifer enfemble le Dau¬
cus , l’Ablînthe , les Myrobalans
& Epithyme. Chacun à part l’Aga¬
ric , Colocynthe , Diagrede & Ma¬
ftich : puis le tout malaxer enfem¬
ble avec le fiic de Morelle , aupa¬
ravant cuit en Syrop avec un peu
de miel écumé , pour en former une
malîè , qu’on gardera au beïbin. La
defe eft d’une drachme à une &
demie quand on fe voudra cou¬
cher , les humeurs préparées , com¬
me dit Hippocrate en l’Aphorifene
neuvième a du Uvre, fécond.
LES FACFLTEZ.
Elles purgent les humeurs craC
fes de la tête, aiguifent la veuc,&
dilîipent les fùfïùiîons.
R E M ARQVE.
CEs Pilules font décrites far
Nicolms Alexandrinus en fort
livre de la eomfejîtion des medi-
caments locaux , fous le nom de
Heptamera, chapitre j^^.mais far¬
ce quelles different un peu de la
prefente defertption du Daucus de
Crete , & des Jifyrobalans Chebuls,
quoy que des autres ingredtens, é
des defes fient confirmes y je n'y
ay rien voulu changer pour le nom
de l’Autheur.
Bauderon a exaüement ebfervé
tout ce quil yak faire : & pour la
Colocynthe dans fa Paraphrafe , il
dit etre d'avis d'y mettre de la pré¬
parée y & pour l" Agar-ic fmfk du
, trochifqué.
Pilulæ 5. getieribus Myrobîfc-
lanornm , D. Nicolai
Myrepfî.
^Quinque ffecierum Myrobala-
nerum ,
Agarici albiffmî,
Diadacrydii, id ejl, Scarnmond P*’’
parati ,
Colocynthidis , &
Senne, mudata , fingul. drach. du«s>
& femifi.
Rhabarhari optimi,fcrup (quatuor-
Epithymi Creticiy
Des Pilules.
Anift , ,
Turbith optimi
Zingiberis (ex Nicolai Pr&pojîti in-
ftimo)
Lapidés La'^uli loti tantum, & non
ufti,&
JlLaBiches , fin gui. drach. unam, tfi
Gran. fèxdecim.
Alo'és optima , une., fiemifi. compone
majfam cum fucco Foeniculi, vel
Abfinthii Pontici , feu Roma¬
ni, idem.
. PARAPHRASE.
■XyfYrepfus. déclic ces Pilules au
IVllivre preallegué chapitre 9. lel^
quelles ont pris leur .npm de la ba-
fe les cinq efpeces de My-robalans,
qui avec choix en csorroborant , ou
refTerrant purgent 1 une & Taucre
bile, & le phlegme. La vertu cho-
lagogue des Myrobaîaiis cirrins, elt
augmentée par le Rheubabe non
mentionné au -texte de Salernita-
nus : leur , tardiveté eft accélérée
par le Diagrede. La vertu ^.mene-
lagogue foible des Myrbbalans In¬
diens eft.-angmentée par -le Senné,
& Epithyme : leur tardiveté eft ae-
celerée par la pierre d’Azim. La
vertu phlegmagogue des Myroba-
lans Cepules , Bcilerics , & Emblics,
eft augmentée par l'Agaric , & Tur¬
bith : leur tardiveté eft accclerée par
la Colocynthe. Au contraire la cé¬
lérité du Diagrede , pierre d’Azur
& Colocynthe , eft retardée par la
craftitie des Myrobalans , & Rheu-
barbe. L'Alocs y eft mis , pour ren¬
dre falubre l'aétion des purgatifs vio¬
lents. L'Anis pour incilcrle phleg-
^«confiimer les vents , -donner bon-
449
ne odeur, & corroborer la vertu foi¬
ble du Senné, & Epichyme ; de me¬
me le Gingembre, à l’Agaric & Tur¬
bith : le Maftich y eft mis pour for-
tilier le ventricule contre l’injure
des purgatifs , & empêcher que l'A-
loés n’ouvre l’orifice des veines du
fiegé : le fîte d’Abfinthe fortifie le
foye deterge les matières crallêsi
donne corps à la malfe , & conferve
les efpeces.
Ceux , qui formeront la maftè aveç
le flic d’Abfînthe, & non de Fœ-r
noüil , y pourront ajouter à la pour
dre, de la fètnence autant que d’anis. i
LE MELANGE. i
Enfemble il faut pmlverifcr le Tur¬
bith , Gingembre, Anis, Senné , &
Epithyme. Les Myrobalans mondez
de leurs os , fè pulvcrifèronc enfèm-
ble avec quelques gouttes d’huylCe
tant pour les rendre lubriques, cor¬
riger leur âpreté , que pour empê*.
cher qu’ils n’exhalent , &.fèpulve-
riferont avec le Gingembre > & Tur¬
bith. A part chacun , il faut curieu-
femeht pulverifèr le Diagrede , &
les Trochifes Alhandal,pour la Cq-'
locynthe , le Rheubarbe, Maftich,
èc la pierre d’Azur lavée ( comme
dirons aux Pilules qui en ont pris
leur appellation, j l’Al©ës, & l’Aga¬
ric , avec lïne rappe -on ferre. Cela
fait on cuira le fuc avec du miel écuirjé
en Syrop , dont on formera ( des
poudres mêlées au mortier ) la màt
fc les mains oinétes d’huile , laquel¬
le fera gardée au befbin. Ladpfe cft
d’une drachme , à une & demie.
LU
LES
450 Livre I.
LES F A cr LTE Z.
Elles {ont propres aux maux dk-
ftomach , à la melancholie » & aux
raceleux » à 1 endeure : & purifient
le fang.
REM ARQVE.
Auderon demande que le Lapù
LaXjtli fait lavé , & Mjirepfm
nen fait point mention , fans doute
c’efi k raifon de la petite quantité
qu’il y en entre , 'felîime auffi de
quelle fa^on qu’on l’y mette lavé
eu non , qu’il ny aura nul danger,
puisqu’il n’y entre pas deux grains
par drachme de Pilule , d’ailleurs
la lotion cy-aprés prefcripte efi de
petite efficace ,Ji l’ Article ne confi-
dere meurément les paroles de l’Au~
theur de la Paraphrafe , lefquelles
jointes avec nos raifons cy-devant
alléguées en la Confiélion Alkermes
de Mefué , il reujjira bien , & ain-
fi faquiefce tres-volontiers k cette
lotion J afin que l’Artiéîe fait dili¬
gent k ehferver toutes les prépara¬
tions de fi petite importance qu’el¬
les foient : pour le jfùrplus , il faut
fuivre l’Autheur du mélange.
Pilulæ Po!ychrefl:æ,fen Aggre-
gativæj D. MeE
Alo'és Socotorina ,tanquampra-
ftantiorü , &
Turbith optimi , utriufque drachm.
fex.
Liacrydii , drachm. quinque vel fex
eum alqs.
SeBion X.
Myrobalanorum Citrearum , ejr
Rhabarbari optimi, utriufque drach. ■'
quatuor.
Succorum Eupatorii Mefae , vel
Agrimonia noSiratû , &
Abfinthii Pontici md]aru,
utriufque drach. très.
Myrobalanorum Cepularum , &
Indarum ,
Agarici albijfimi,
Colecynthidü , &
Polypodii querni , fing. drachm.
duos.
Maéliches Chia ,
Rofarum rubrarum ,
Salis Gemmei ,
Epithymi Creténfs
Seminis Aniji , é"
Zingiberis, fing. drach. unam.
Curn EleSluano Rofato cholagogo.
D. Me f forma mafam,
TARAPHRASE.
CEs Pilules font de rinvention
de Mefué , à ce qu il écrit en la
diftinélion diziérae de fon Graba-
din J & fort ufitées , parce qu’el¬
les font univerfèiles. Elles font nom¬
mées Polychrefces , pource qu’avec
choix elles purgent les trois hu¬
meurs , & conviennent à plufieufS
ufages : & aggi cgatiyesjpource qu’el¬
les amafïènt de toutes parts les hu¬
meurs corrompues , afin que la natu¬
re plus aisément les jette hors. La
bafè Cholaguogue font les Myroba-
lans Citrins , Alo'és & Rheubar-
bedeiir tardiveté eft accélérée par le
Dkgrede. La bafe phlegraagoguc»
font les Myrobalans, Cepules, Aga¬
ric, & Turbith leur tardiveté eft ac¬
célérée par la Colocynthc. La inenc-
lagogue
Des "pilules, 451
lagogue eft le Polypode , Epichy-
me J & Myirobalans noirs defquels
latardivecé > comme des autres baies,
eft accélérés par le Diagredc & Co-
locynthe. Le fei Gemme corrige te
vice du Turbith ,te Gingembre celuy
derAgaric,l'Anis celuy du Polypode.
Lc 'Maitich y eft mis pour la de-
fénce du vencricule, contre la nni-
fance des purgatifs : tes Rotes pour
celle du foye : les fucs poiu: inciter
&attenuer les matières craltes& vif-
(jueufcs, & deteppilcr tes conduits
bouchez , tant du foye que des vei¬
nes meteraiqacs : l’Llectuaire Ro-
fat Cholagoguc de Meiïié y eft mis
pour augmenter la vertu des bâtes,
donner forme à la mafle longue¬
ment la conter ver au befoin. Ceux
qui auront ces Pilules te pourront
palier des deux precedentes deteri-
pdons , & des Impériales, La do-
fe eft d’une drachme à une èc de¬
mie. Elles ne font utiles en Eté,
ny au commencement des maladies,
ny ^ ceux qui font oppilez , pour
caufe de la cralîitie des Myroba-
lans : au contraire utiles au Prin-
tems. Automne, & Hyver, &' aux
maladies compliquées , les humeurs
étans digérées.
LE MELANGE.
Il faut premièrement pulveriter
le Turbith , Polypode , & Gingem-
bte, Anis Myrobalans , & Rheu-
hatbe , puis on y ajoûtera les focs
d'Abftnthe & d’Eupatoire deiteichez
au Prînrems , ainfî que nous avons
déclaré eiKla Seélion deiiziéme, pa¬
ge vingtième de cette Paraphrate,afin
PW leur lîccité ils te puilicnt
aiféraent ptdveriter : finalement , on
y ajoûtera les Rotes & Epithyme.
Il faut pulveriter chacun à part,
TAloés , te Diagrcde les Trochites
Alhandal ( pour la Colocynthe ) le
Maftich, & le tel Gemme, l’Aga¬
ric fera rappé avec une ferre , ou
l’on prendra du. trochilqué , qui te
pulvcrifera facilement : aprez le tout
("mêlé au mortier^ fera malaxé avec '
l’Eleéluaire Rolàt, de la defetiption
de Mefué ,qui eft un peu plus épais
que Syrop , & moins qu’Opiate. La
malle fera long rems battue au mor¬
tier , afin qu’elle foit plutôt fermen¬
tée ( les mains oinétes d’huile d’a¬
mandes douces , & quelques jours
exposée à l’air ) fera referrée dans
de la peau blanche , ou parchemin
auffi oinét dans un pot de verre ou
de terre vernifsée , & non pas dans
une boitte.
LES FACFLTEZ.
Elles font fort propres à divertes
incommoditez de la tête , du ventri¬
cule, du foye ( pourveu qu’il n’y ait
point d’obftruàions : ) car elles pur¬
ent de ces parties , & des organes
CS fens , la pituite , & Tune & l’au¬
tre bile. Partant on les peut ordon¬
ner avec heureux foccez, aux fievres
longues & compliquées , aux vi¬
ces de la tête, du ventricule , &
du foye.
REMARQ^VE.
En la defeription de tes Pilu¬
les , 'fay trouvé dans trois di¬
vers exemplaires de Mefué de dif¬
ferentes éditions la dofe des fucs
LU Z d'Jlt
452. Livre L
d'Abfinthe & d’Eufaioire de deux
drachmes de chacun. Les J\doines
y font conformes , Mefué de ï'^eni-
fe apud luntas en met trois drach¬
mes de chacun ; comme fait Bau-
deron & quelques autres. Et les
Bdoines mettent cinq onces de Rheu-
harbe au lieu de .cinq drachmes:
toutes ces variétés viennent par
fois & bien fouvent des Imprimeurs,
comme celle des JlLoines , & d'au¬
tres fois de la vieille & de la vul-
guaire verfion des œuvres de Me¬
fué : V Agaric doit être récem¬
ment trochifqué , & pour la Colo-
cynthe , faut prendre les Trochifques .
AlhandaL
Piluîæ de Agarico , D. Mcf.
'IL. lurbith optimi, drach. quinque.
Ëulveris Hiers. Fiers fimpl.D.Gal.
drach. quatuor.
Agarici albijfmi , drach. très.
Colocynthidis &
Sarcocolls, utriufque drach. duos.
Radicis Ire os
Prajfii albi , &
Myrrhs , fin g. drach. unam.
Cum Sapa compone maffam ufui re-
^ARAPHRASE.
CE s Pilules ne font pas de Me-
lîié mais d'Avicenne qui les dé¬
crit au Fen i o. livre troiziémej Trait-
té premier, chapitre 40. de la cura¬
tion del’Aftme, duquel il les a em¬
pruntées. Il y a ajouté la Myrrhe :
car les exemplaires d'Avicenne, que
j'ay .eu en main * ne font mention
SeÛïon X.
de la Myrrhe; ouÿ B'ellnneiifis,&
Mefué , qui peutêtte ont eu d’autres
exemplaires, plus ou moins correéts,
que les miens , imprimez à Venife,
& à Lyon. Elles ont pris le nom
de la baie, l’Agaric, la vertu foible
duquel eft augmentéepar le Turbith:
leur tardiveté eft accélérée par la
Colocynthe , corrigée comme di¬
rons en la Seé^ion fuivante. La pou-
dre de Hiera complété ( làns miel )
y eft mile pour fortifier le ventricu¬
le , contre leur nuifance , & rendre
leur'aélion meilleure ; notamment la
Sarcocolle , celle de la Colocyn¬
the empêchant par fa lenteur , que
par Ion acrimonie elle n’écorche les
veines melèraiques, & n’enfiâmeles
vilceres : la vertu de la baie eft con¬
duite aux. poulinons par- l’Iris &
Pralîium. Mefué y a ajouté la Myr¬
rhe , tant pour deterger la pituite y
contenue, & des autres vifeeres, que
pour refifter à la pourriture des hu¬
meurs : le vin cuit corrige la liccite
des purgatifs , adoucit & deterge,
donne corps à la malle , & conferve
le tout. La dofe eft de deux drach¬
mes pour le plus.
LE MELANGE.
Aux racines d’îris, Turbith à
demy pulverifez , on ajoutera le
Praflîum blanc fêiché ,'qu’on pulve-
rifera enfemble. Chacun à part, «
faut.piler TAgaric trochilqué'f meil¬
leur que le non préparé ) aiiffi
Trochifcs Alhandal ( pour la Colo-
cynthe) avec quelques gouttes d hiu-
le Violât ou d’Amandes. La Myrrhe,
& Sarcocolle , fe pulveriferont racle
lement làns addition : puis on y
Des Pilules, 455
ajoutera la poudre d’Hiere j pour ma¬
laxer le tout enlêmblc , avec le vin
cuit &c en foimer une maffe , cora-
tne a été plufieurs fois dit , qu'on
gardera au beibin. On n'en doit don¬
ner aux enfans , vieillards femmes
enceintes , ny à ceux qui font par
trop debiles.
Z£S FACKLTEZ.
Elles nèttoyent le thorax de la pi¬
tuite craffe putride : pour ce elles
conviennent à la toux , & à l'afthme
invétérée.
REMARQJ/E.
E trouve la defeription de ces
Pilules , un peu dijfemblables
dans /es exemplaires de APeJué,
en vieille lettre d’avec, ceux de Ve¬
nise en lettre ronde : les vieux de¬
mandent trois drachmes de la pou¬
dre de, Hiera Fiera , & ceux de
Fenife en bonne lettre quatre drach¬
mes. Bauderen & quelques autres
demandent la Poudre. de Hiera Fi¬
era Jimpl. Galeni , de quoy je méton-
’ne , puis que la coutume efi telle , ou
à tout le moins la doit être, quand
un /intheur a décrit une compojition,
& lors qu’il en décrit quelque au-
tte , ou il fait entrer une compoji¬
tion qu’il aura déjà inventée , &
qu’un autre Autheur en auroit décrit
une qui portera le même nom , il efi
tres-ajfeuré, qu’il faut toujours pré¬
férer atome autre celle de fin Au-
theur quoy qu’il ne s’en explique
point ; par exemple Jidefue' a dé¬
crit un EleSluaire de Hiera Pi-
tra ■ qu’il dit être de fin invention.
pourquoy prendre celle de Galien,
poffible me repartira-on que les Pi¬
lules de Agarico que Mefué décrit
ne font pas fiennes , & qu’il lésa pri-
fes mot à mot du lieu fus allégué d’A¬
vicenne par Bauderon 5 a cela je ré¬
pons qu’il n’importe, puis quelles luy
ont été attribuées & que l’inventeur
d’icelles , demande fimplement avec
Mefué, Hiera Fiera, c’ efi pourquoy
j’efiime luy devoir rendre cette de-
ference , comme s'il en était le vray
iniienteur, outre que mon fintiment
efi que celle de Mefué efi plus ejfca-
cieufe , qui efi la caufe que fen qy
inféré la defeription d la fin de la
SeUion des Hieres de cette Fharma-
copéé, afin que ceux qui s’en voudront
firvir fiient relevesj^ de la peine de
les chercher ailleurs. La Myrrhe n’a
point eté^ajoutée en ces Filules par
Mefué , puis quelle s’y trouve en
certains exemplaires d’Avicenne ,
comme il efi marqué en la marge de
l’Edition de Vincentius Vdlgrifius
de Venife , de l’an 1 5 64.
Pilulæ Aurcæ-, D. NicoL
Alexand.
'Pf. Alo'és Socoterîna , feu eptima, &
Diadacrydiq , utriufque drachrn.
quinq.
Rofarum rubrarum , &
Seminum Apij, utriufq. drach, duos,
& fernifi.
^nijî, &
Fœniculi, utriufq. drdch.unam,
& fimifi.
Fulvis Hiera Fiera , ( hujus lo-
co Salernitan. habet Mafiiehes
tantumdern )
Cro
LU 3
454 Livre L SeBion X,
Craci i &
Colocynthidis drach. umm,
Mucaginii Gunrni Tragacanthi f
quant, fuj^cit .‘formetur ma fa.
PARAPHRASE.
De l'infcription de ces Pilules
comme de plufieurs autres lieux,
il appert q^ue Nicolaus Myrepllis
Alexandrinüs a été peu versé en la
langue Latine , les appellant Aorias
pour Anreas : tel nom leur eft im¬
posé par les Latins , tant pour cau-
le de leur couleur jaune comme l'or,
( à caille du Saffran ) que pour leur
excellence entre les autres Pilules,
comme l’or entre les métaux.
La balè eft l’Alo'é , la vertu cho-
lagogue duquel eft augmentée par le
Diagrede : la phlegmagogue par la
Colocynthe : le Saffran y eft mis
pour la defence du cœur contre la
nuifance de la Colocynthe, & Dia¬
grede : la poudre d’Hiere , ou Ma-
ftich 3 l’un de l’autre lônt bons pour
le ventricule : les Rôles, pour le foye:
les lémences incilênt & atténuent
le phlegme, diiüpent les vents, ôc
conduifent les ferofitez bilieufes par
la voye des vrines : le mucilage de
Tragacanth detcrge,addoucit,d<. rend
lubrique la Colocynthe, donne corps
à la malle , & conlèrve les efpeces:
la célérité du Diagrede , Colocyn¬
the , eft reprimée par la tardiveré
de l’Alo'és , & au contraire quel¬
ques-uns font d’avis de mettre Icu-
lement la moitié du poids requis du
Diagrede , pource que pour cha¬
cun^ prife il .y a environ une feru-
' pille , qui lèroit trop, attendu que
la corî^mune dofe, lèlon Melùé, eft
de douze grains , telles raifons font
foibk's.
Premièrement Nicolaus requiert
du Diagrede , qui n’eft autre cho-
le' que. la Scammpnée dépouillée de
fon acrimonie'', Sc malignité à de-
my rabatué par la coction dans un
Coing.
Secondement ces Pilules font pour
purger le cerveau , & parties de la
troiziéme région, les humeurs y con¬
tenues , où des mediçamentS' bénins
ne peuvent parvenir : mais les vio¬
lents. Davantage les médicaments
violents pris en petite quantité font
foibles : que s’il y en a trop d’tine
drachme , on fe contentera de de¬
mie drachme ; que h l’Apothicaire
n’a point du Diagrede , au lieu de
cinq drachmes , qu’il fe contente de
deux drachmes & demie de Scam-
monée J qui reviendra à deniy feru-
pulc, pour chacune drachme , quan¬
tité fuftifente pour purger un corps
délicat.
LE MELANGE.
On piilera cnfemble les femcnccs
& les Rofes , chacun à part la Co¬
locynthe corrigée , que les Arabes
appellent Alhandal , qui eft beaucoup
plus affeurée que la non préparée,
tant feibrilespuiflê-clle-êrre, le Dh-
grede , l’Alocs , le Maftich , & Saf-
fran ; aprez toutes les poudres fe¬
ront mêlées enfemble au mortier , &
malaxées avec quantité feflifente de
mucilages de Gomme Tragacanth,
tirée avec eau Rofe , & 11 on a pris
de la Colocynthe la maflè lera gatpi
dée . comme nous gvons , déclaré.;.
Quelques-uns font d’avis d’ajouter 1
De^ Pilules. , 45 c
lapitdre demy dractime de gomme
Tragacaiicli , pour caufè de' la Colo-
cynthe > Sc former la malîè avec
miel tolàc , -pour ce q^ue rhumidité
èi mucilage au dedans. , la fait mol¬
lir , & peu de temps aprez fs feiche
fl fort J qu’une partie de la verm pur¬
gative fe perd : ce- qui n’avicnt "pas
étant formée avec miel rolàt, ce
qui eft bien vray, Pôur^ee , fi l’on
prend femblable poids de Trochilc
Alliandal que de Colocyntbe , il ne
fera pas befoin d’y ajouter la gom¬
me Tragacarith en poudre , ôc ce
lcra auffi bien ■ fait de former la
maife aveclemièl rofàt. Au contrai¬
re , fl on prend la Colocyntbe , on y
mettra demy drachme de gomme
Tragacan'th Sc on malaxera la poudre
avec miel rofat , & non avec les mu¬
cilages.
L£S FACFLTE Z.
Elles purgent le cerveau j aigui-
fént la veuë , difcutent les vents
du ventricule & des inteftins , &
lâchent le vennre fans aucune nui-
lânce,
R E M A R dV E.
BAuderon s’efi oublié de dire que
Nicolaus Myrepfiu Alexandri-
m n était point verfé en la langue
Latine , d'avoir appelle ces Pilules
■dorioi , pour Aureoi. Cette faute
devrait être plutôt imputée à Fuch-
fus qui a tourné fes œuvres de Grec
w Latin , s'il n'y avait pim d'ap-
f<irence qu'elle procédé de l’Impri-
qui amis a. & i. pour u.& e.
damant plus que Nicolaus Ale-
xandrinm efi plus ancien que Ni¬
colaus Myrep fus , qui les décrit en
fen livre fis allégué de la compojî-
tïon des medicamens chapitre S07,
fous le nom de Pilula Aurea qui ne
different en rien de la defcription
cy-deffits que de la poudre de Plie¬
ra, qui efi le fujet de la correÉlion
(pue fay faite du nom de My-
repfits.
Il efi encores d remarquer que
Bauderon attribué mal à propos,
ces Pilules d Nicolaus Myrepfus
ALexandrinus , damant que celles
qu'il décrit enla SeUion ^i.ch. 1 1 7.
fint beaucop differentes de celle-cy,
car il y entre au nombre de i 7. in-
grediens d" dans celle-cy qui! a
empruntées de Nicol.Prappfitus (&
non de Jilyrepfus ,) il n'y en entre
que dix ce dernier demande le Ma-
fiich, comme Nicol.Salernitanus , &
ce premier a mis en fa place la pou-
dte de la Hier a Picra , c'efi en quoy
elles different tant feulement. Et fur
ce que Bauderon dit qu'il faut former
la maffe avec le miel rofat , je trouve
qu'il a eu grande raifon , entre que
par ce moyenâl diminuera la quan¬
tité du Diagrede , qui fe monte au¬
trement jufiqu'd dix neuf grains par
drachme, par ce que l'e miel ne fe def-
feiche point dans les Pilules , comme
font les fies & les mtteilages, il con-
frvera beaucoup mieux la maffe &
la vertu des ingrediens qui la com-
pofent par fa vifeofité , que ne font
ceux qui fe deffeichent d'eux mêmes
n ayant point d'humeur propre pour .
refifier d l’air. loubert a amoindry
la dof du Diagrede de la moitié a
cauf de lagrande quantité qu’il y
en entre.
Pila
45^ Livre 1, SeÜlon X,
Pilulæ Coccîæ majores , D.
Rhafis.
Pdveris Hier& PicrA defcript.
Rhafii , drach. unam.
Turbith optimi , &
Stœchadü Arabie a , utriufq.draeh.
quïnq.
Colocynthidü , drachm. très , ferup.
unum.
Scammonq , drachmas duos , &
femiji.
Cum Syrnpo Stœchadü , vel fucco
Abjïnt-hij ex MeÇuAi praferipto
in fua praxi ; forma maJfam,,Hfui
necejfario.
paraphrase.
CEs Pilules font de l’invention de
Rhafis , à ce qu’il dit au premier
chapitre du livre neufviéme qu’il dé¬
dié à Almanfor, Roy des Perfes. Elles
ont pris leur nom de Coccos quifig-
nifie grain : pour ce qu’on les forme
rondes comme des pois. Qiielques-
uns aprez Gentilis , & Matthieu des
Degrez, pour deux raifons font d’a¬
vis d’y mettre deux fcrnpules & de-
my de Scammonée , plutôt que deux
drachmes & demy : SI eftiraent que
la faute provient des Imprimems.
Leur autre raifon eft qu’elles feroient
trop forte, pour en donner Ja dixiéme
partie en une fois , comnSe veut l’Au-
theur. Ces raifons ne font pas fùtfi-
fantes : car Mefué qui étoit Arabe, &
qui les a tranferites de Rhafis en fà
pratique au chapitre de Soda , que
les Grecs appellent Cephalaeam , &
nous douleur de tête invétérée de
mot à mot , horfinis que par tout
il double la dofe des médicaments
& aprez luy Nicolaus Myrepfûs, au
chap.i. dclaSeffion 32; tous lifent
deux drachmes & demy, & nçn deux
fcrupules & demy. Leur fécondé rai¬
fon eft auffi mal fondée , pour ce que
l’Autheur fuppofe une maladie inve-
terée & grande , à laquelle les re¬
mèdes bénins n’ont point profité &
les forces être falubres félon Hippo¬
crates Aplmrifme fixiéme de la pre¬
mière Seéïion. Pour le regard de la
dixiéme partie, qui eft la dofcfuppo-
fée par Rhaffs , ,il eft facile d’endon-
der moins. Quant à la Hicraqe croy
que Rhafis n’a entendu autre que
celle que Galien décrit au feptiemede
fà méthode , & ailleurs , dont avons
athplement parlé en la Seélion pre¬
cedente, plutôt qu’une fùppoféepar
Cordus.
La bafe eft la poudre d’Hiere
fiqiple mifè au commencement &
en plus grande quantité qu’autre
qui foir , de laquelle elles n’ont peu
prendre leur appellation , p’our cau-
fe des fïis-; mentionnées. Sa vertu
cholagogue eft ^augmentée par la
Scammonée , & la phlegmagogue
par la Colocynthe , & Turbith : &
leur .célérité , eft retardée par la" ba¬
fe : le Syrop de Stœchas,& faflruf
y font mis tant pour fortifier le cer¬
veau, que les autres vifeeres , contre
la nuifance du Turbith , Colocynthe,
& Diagrede, ôc pourincifer, atténuer,
detcrger le phlegrn^, & defopiler , SC
donner corps à la maife.Ccux qW^ti"
ront ces Pilules , s’en pourront lervit
au lieu de celles de Sarcocolle , pont
être compofées de femblables inedi-
c aments , horfmi s le Diagrede.
Dej Pilules.
le MELANGE.
Il faut piler enfemble le Tiubith
& Stœchas, A part la Colocynthe &
Scamraonéc , puis on les mêlera avec
la poudre de Hiera fimpie , pour les
malaxer avec le lÿrop , donc on for¬
mera une malFe > ayant les mains
ointes d'huile , laquelle on relFer-.
rera au befoin, quelques jours aprez
qu’elle aura demeuré à l’air. La do-
le eft de deux fcrupules , ou d’une
drachme '& demie pour les robu-
lles, & aux grandes & invétérées
maladies.
LES FACFL TE Z.
On les peut appcllcr, céphali¬
ques , par ce qu’elles puisent le
cerveau fort heureufement , & dé¬
chargent les nerfs des humeurs craf-
fes& lentes.
R E M A R Q.V E.
BAuàeron^en décrivant ces Pi-
lules afait tort à Rhafis de pré¬
férer la Hiera Fiera Jîmple de Ga¬
lien à celle quil décrit dans fin
Antidotaire , comme attjfi d’aceufir
Valerius Cordus d‘ en avoir fitppofé
une defiription pour compofer lef-
dites Pilules : mais pour la jufitfi-
cation de ce dernier, je diray , quelle
apparence y a-il que cela fait ainfi,
veu que Rhafis a écrit long-temps
avant Cordus , & que la defiription
de la Hiera que Bauderon aceufie ce
dernier d'avoir fiuppofé, il ne la tirée
d ailleurs que des œuures de ce pre¬
mier , comme on vérifié par la pre-
457
miere édition du Dijpenfaire de Cor¬
dus , qui fut imprimée un peu aupa¬
ravant celle quon imprima in fidlo
a Noremberg par ordre du Sénat, en
l'an 1548. & les œuvres de Rhafis
tournées d'Arabe en Latin furent
premièrement imprimées , en l'an
15x5. beaucoup de temps avant la
première Tharrnacopée de Cordus.
fans y comprendre le temps qu'il y
avoit qu’elles étoient écrites ou im¬
primées en Arabe , & de là je puis
conclurre que cette Hiere fuppgfie
fera de Rhafis & non de Cordus , qui
l’a tranferite feulement pour en illu-
firer fa pharmacopée : cette vérité
paroit par la conformité des deux
deferiptions, tant au nombre des fim-
ples médicaments qui les compofent,
de leurs noms, que des dofis d'iceux.
le m'étonne que notre Paraphrafie,
dans la recherche curieufe qu'il a
faite pour rendre fa Paraphrafi
plus accomplie qu'un grand nombre
d'autres Pharmacopées qui à propre- ,
ment parler, ne font que des lifies de
fimples medicamens qui n'expliquent
quoy que ce fait , ne fi fait apperceu
de la Hiera Picra de Rhafis , qui
efi le fiijet que je l’ay ajoutée parmy
mes Remarques.
Pour la Colocynthe , il faut pren¬
dre les Trochifques Alhandal. Pou-
bert en fa Pharmacopée a fuivy la
correElion de Matthieu de Gradi,
fur le commentaire de Rhafis pour
la dofe de la Scammonée, que j'eflirne
ne devoir être imité, par ce que tout
bien fupputé , il n'y entre pas huit
grains de Diagrede par drachme de
Pilule , à raifon que le Syrap aug¬
mente le poids de la majfe.
Mmin Piîu
45 ^ Livre L
Pilulæ Cocciæ minores, D.Ga-
len iemendatæ.
Tulverù Hier a Fiera fimflick
Galeni.
Diagredij , &
Trochifeorum Alhandal.
Omnium a^ualiter terantur & cri-
hellentur , & cura Syrupe de Stœ-
èhade fiat mafia.
REMARQVE.
N O tu n avons jamais eu fiit pour
le pafie ou pour le prefent des
Pilules , dont Vufiage ait été fi fie-
quent que des Cocchées mineures ; car
tous les Apothicaires en font munis fi
rnal foient-ils fournis , & d'une ch o fie
je m'étonne , qu'ils ayent autant ig¬
noré fon inventeur & le lieu de leur
defieription , que le frequent ufiage de¬
vait poufi'er leur curiofiité a. en faire
me exacte recherche, le puisajfeurer
cette vérité, qu’aucun que je connoif.
fie ne m'a feeu dire fiuivant quel Bif-
penfiaire il les compofioit , ny le lieu
où elles étoieni décrites : chacun les
diffienfie défia tête , ou fiuivant quel¬
ques mémoires qu‘ils fie fient commu¬
niqués les uns aux autres en forme
de fie crêt, qui efr la caufie,que les uns
y font entrer l'Aloês , comme fion in¬
venteur , les autres en fia place y
rmttent la poudre de Hiera picra
jémpl. Gai. les uns malaxent les in-
grediens en poudre avec le Syrop
rofiat ;■ les autres avec le fiyrop de
Stœchade : mais afin qu'a l’avenir, fn
les compofié de même façon & qu’on
mfioit plus en. cerne peine comme cer-
Secîion X.
tains ont été pour le pafifié, eu en trou-
vei la defieription, quand on les don¬
nera pour ejfay de mahrifie \à ceux
qui fié voudront faire recevoir rna\.
très Apothicaires ; le diray en leur
faveur, & de ceux qui les compofient
dans leur boutiques , que Galien en
efi l'inventeur , & qu'il les décrit en
divers endroits de fies œuvres ,parti.
culierement au premier livre ,chapu
îre dernier de la compofition des mé¬
dicaments frelon les lieux, & les com-
pofie avec l’Aloês , Colocynthe ,
Scammonée , & les malaxe avec le
fiuc de choux. Serapion en donne aufr
une defieription fous le nom de Kokja
Gai. qui fiant un peu plus compojees.
La defieription que fen ay cy-defus
inférée , efi tirée de la Pharmacopée
de Lyon , qui efi U feule de plus de
quarante, que fen ay de differents
Autheurs qui les décrivent.
Pllulæ Catliolicæ, feu Impéria¬
les , D. Fernelii.
Aloes Socotorina , une. duos.
Ehabarbari optimi, une. unam , &
fiemijê.
Agarici tra.chificati , & ,,
$enn& mandata, ana une. unam. . i
Cinnamomi, drach. très. . ,
Zingiberis, drach.duas.. ;; j
Hueü Mofichata , ■;
CaryophyUorum ,
. Spica Nardi , &
Àf affiches , ana drach. unam. '
Cum Syrupo violato fubaBa cogm-
tur in mafijdm , ufiisL
pA
Des Pilules.
459
paraphrase.
I’Ay impfé le nom- de Catholiques
à ces Pilules, décrites par Ferncl
{ au livre 7. de fa méthode fous le
nom d’imperiales ) par ce que l'ap¬
pellation m’en a femblé meilleure, &
plus proprejpour mieux exprimer leur
vertu vniverfelle , à purger de tout le
corps l’une & l’autre bile , & lapitui-
• twque celle d’Imperiales. Toutesfois
mi chofe 11 peu’ifnporEante , je lairray
îcs volontez d’un chacun libres , foie
de les dénommer Catholiques,ou Im¬
périales , veu qu’il n’importe beau-
coupj meyennaiit qu’on s’entende les
uns les autres , & qu’on ne commette
desfautesjauprejudice^es malades.La
bafe de la bile ell la Rheubarbeda ver¬
tu foible de laquelle eft augmentée par
l’Aloës, & Canelle. 'La'bafe de la me-
lancholie eft le Senné, fa vertu 'foible,
eft accreuë par les gerofles, & Mufea-
des. La pituite a pour bafe l’AgariCj
la vertu foible d’icelle eft augmentée
par le Gimgembre & Aloë, Autheur
Mefuc. Le Maftic y eft mis pour la
defenfe du ventricule , contre la nui-
fancedes bafes , comme le Nard In¬
dique du foye contre la nuifence de
l’Aloës. Si toute la maflê eft malaxée
avec le Syrop violât , feit de neuf in-
lufionSjelle fera plus purgative , qu’a¬
vec celuy qui eft fait d’une ou deux
feulement : lequel y eft mis tant pour
contemperer l’acrimonie de la bile, &
fiecité des bafes , que pour donner
corps à la malle, & pour conferver leur
vcrtu,rendre leur aétion meilleure, &
fiupcfeher leur exhalation.
LE MELANGE.
Il faut pulverifer à part l’Aloës
avec quelques gouttes d’huile , afin
qu’il n’adhere aiimorticr.Le Maftich
avec quelques gouttes d’eau , pour
même confideration. Le Rheubarbe,
& l’Agaric trochilqué , le feront
fans humidité. Enfemble fe pour¬
ront pulverifer le Gingembre , le
Nard Indique incifé menu , la Ca-
nellc , les Gerofles , la Mufeade &
le Senné curieufement mondez de
toutes ordures. Puis toutes les pou¬
dres mêlées au mortier feront ma¬
laxées avec le fyrop violât de neuf
infufions ( aihfi qu’il eft décrit cy-
devant ) la malTe en fera gardée au
befoin.
LES EACVLTEZ.
Ces Pilules purgent benignement
& avec chois routes fortes d’humeurs
des vifeeres : elles corroborent, Sc
libèrent les obftruéiions , & aident
la coélion de toutes les parties du
corps, & pour ce relpeét méritent,
d’être appellées catholiques ou uni-
verfelles.
R E M A R Q^V E.
C Es pilules ne fe trouvent point
également dofées dans Les exem¬
plaires de differentes éditions de
fin inventeur , dans ceux de Tier-
re de la Roaviere de l’an 1604.- U
my entre qu’une drachme & demie
de Rheubarbe, au lieu qu’il y en doit
■entrer une once & demie, comme aux
exemplaires plus correSls. Céüx
M m m Z qui
4^0 Livre /.
^ui maUxeroat ces Pilules avec du
Sjrop violât fait au miel , la majfe
s’entretiendra mieux , que s’il eft
fait au fuccre à caufe de la vifcejîtê
qui refifie mieux à l’air & conferve
plus long-temps la vertu de la corn-
ipofition.
Pilulæ fine qnibus eflc nolo, D.
Nicol. Salernic.
Aloes oftima iota., drach.qua-
tuordecim.
Scammonij probe triti , drach. fex,
& dimid.
§luinque générant Myrobalanorum
mundatarum .
Rhabarbari feleSti,
/biafiiches ,
Abfinthij- Pontici majoris feu vul-
Rojarum rubrarum ,
Seminii vel forum violarum»
Senna mandata ,
Agarici trochifcati i &
Seminis Cuféuta , fingul. drachm.
unam.
Dijfolve Scammonium fucco Fœnicu-
li i & forma majfam.
P ARA P H RAS M.
CEs Pilules font ainfi nommées,
pour ce qu’un perc de famille
ne doit pas être fans icelles , pour
leurs grandes vertus à purger avec
choix les trois humeurs , & à
bon droit fe dévoient auflî nom¬
mer catholiques. La bafc font les
Myrobalans , qui purgent la bile
jaune , & noire , & le phleg-
me. La vertu des Citrins eft aug-
Seâion X
mentéc par le Rheubarbe , & A-
loës : celle des Çepules , Bellerics,
& Emblics , par l’Agaric crochif-
qué , & Aloës , celle des noirs par le
Senne, leur tardiveté eft accélérée par
la'Scammonée : & au contraire fa
célérité eft reprimée par les Myroba¬
lans, Aloës,& Rheubarbe: le Maftich
y eft mis pour la defenfc du ventricu¬
le , contre l’injure des purgatifs : &
les Rofes & Abfinthe, dufoye: les
Violes pour corriger l’âpreté , & Cicr^
cité delà bafè : fe Cufcuta , & fuc He '
Fœnoüii, pour ouvrir , decerger, fof-
tifier lé Senné & donner corps à la
malle.
Ceux qui auront ces Pilules, fe
pourront paffer des Pilules Arabi¬
ques , Sc de celles qui ont pris
leur appellation des cinq efpeces
de Myrobalans fus écrites : pour ce
qu’elles purgent plus benignement,
& font compofées qualî de fembla-
bles médicaments. Si l’Alocs n’eft
lavé, les Pilules en feront plus''pur-
gatives , & plus convenables aux
effets qu’on leur attribué’ , & cor¬
roboreront allez ftilElàmment les
vifeeres par l’adftriébion des My¬
robalans , Maftich , Rofes , & Ab¬
finthe.
ZF MELANGE,
Les Myrobalans , rheubarbe,
Abfinthe , Ctilcute fè doivent pul-
verifér enfèmble. A part chacun
r Aloës , la Scammonéc , le Ma-
ftic , & Agaric trochifqué , quj
eft plus vigoureux , plus alTeurc
& moins nuifible que le non prep^'
ré. Cela fait il faut dillbudrc la
Scammonéc en quantité fiiffifante
Des F Utiles.
de flic de’ Fœnouil ^ puis an y ajoû-
teia les poudres , pour du tout en for¬
mer une malle (' aprez 1 avoir longue-
anent battue ) qu'on gardera : frnon
au lue dépuré > on ajoutera du miel
écumé 5 pour en faire un Syrop j du¬
quel la malrefera formée ainli qull
a été dit. La dolê eft d'une drachmcj
à une ôc demie.
Z£S FACVLTEZ.
Elles tirent du cerveau la bile &
la melancliolie , & lont fort pro¬
pres à éclarcir la v'euë , & à la con-
lèrver : à la fufFulîon , aux douleurs
& tintement d’oreilles. On les don¬
ne aulîi heureufement en l’ileolè.
R E M A R dy E.
C£s Pilules ne fe trouvent point
également dosées dans les exem¬
plaires de differentes éditions de
lAntidotariumparvum JSFicol. Pra-
pffui que l’Autheur de la Para-
phrafe & autres Aifent être de Ni-
ctlausSalernit anus, mais ils Je trem¬
pent grandement : dans ceux de l’an
if4’. n’ejl demandé que quatre
drachmes d’Aloés , & les autres en
demandent comme ceux de l’an 1 540.
1555. &c. quatarz.e drachmes , qui
efl la dofe que prefque tous les Au-
theurs des Dilfenfaires ont gardée,
ee que nous devons faire aujfi. Il
efl icy d obferver après avoir dif
faut une once de Scammonée bien
'cheifie dans le fuc de Fœno'ùtl exa-
Hement dépuré & fltré , & aiguisé
de quelques gouttes de bon offrit de
‘^in , de le mettre en digefîion au
£‘M.au fur les cendres chaudes par
vingt-quatre heures , & furflja fin
luy donner une legere ébullition,
le couler chaudement par un linge
denfe , & ajouter d la colature de-
my once de miel blanc , puis a la
vapeur du bain évaporer l’humidi¬
té en remuant doucement , jufqnà
ce qu’il ny refie plus d’humidité
que ce qu’il en faut pour incorpo¬
rer & malaxer toutes les poudres,
l’ay ajouté deux drachmes de Scam¬
monée pour le dechet qu’il y a en
la préparation, fuivant mon fenti-
ment.
Pilulæ Opticæ , feu lucis ma¬
jores , D. Mef
5^. Rofarum Rubrarum ,
Semin. Ftolarum ( quia potenîim
purgat flore )
Abfinthii Pontici feu Romani,
idem ,
Colocynthidis ,
Turbith optimi ,
Cubebarum ,
Calami Aromatici veri , vel ejus
qui in offeinis fie nominatur.
Nucis Mofehata ,
SpicA Nardi,
Epithymi Cretenfis J
Carpohalfami , vel fuccedanei ejus,
femin. Lentifçf , vel Terebinth.
vel Cubebarum , cum Galeno ,
Xflohalfami , vel fuccedanei ejus
furculorum Lentifci ( Pena ) vei
Santali citrini ,
Seminum Sifeleos ,
Rut a,
Anifi,
Fœnicnli , &
Apii ,
M m ra 3 Schee
Livre 1
Schœnanthi , id efi[fiorii Imci edo-
rati)
jtfari ,
Mafîieha ChU ,
XlaryofhyUorum ,
Cinnamemi , vel Canelld, Jèleêia ,
Cajfia Ugneit, Aromatic<t& non pur-
■gatrtcü,
Croci; &
‘J\4acü ifing. drifch. duM.
^iyÿn([tte genemm Jidyroh’alanorU,&
Rhabarbari optimi , Jingul. me. fe-
miji.
Agarici albijfmi , &
Senna mundatA , utriufque drachm.
qttinque
-Euphrafia , drach. fex.
A lois Secetorina , ad pondui om¬
nium.
Çompone majfam cum fucce Fœ-
niculi depurato.
PARAPHRASE.
CEs Pilules ont pris le nom de
IcLUS effets J pour ce qu elles cla¬
rifient la veuë 5 en purgeant le cer¬
veau des matières crafics & vifqueu-
fes J qui lofFulquent » & le corro¬
borent. L,e furnom de grandes y eft
mis , pour mettre différence aux au¬
tres de fèmblable nom , qui font
moindres en vertu j &c nombre de
médicaments , & moins ufîtées. Elles
approchent aux precedentcSjfîne qui-
bus , horfmis qu’elles purgent ^us
la pimite 3 & celles-cy la bile. La
baie font les Myrobalans ^ delquels
elles n’ont pris l’appellation , pour-
ce que d’autres en avoient été nom¬
mées. La verm cholagogue des My¬
robalans Citrins eft augmentée par
l’Aioés 3 & Rheubarbe j la melana-
SeStion X
gogue des Myrobalans Indes , ou
noirs 3 eft augmentée par l’Epithy.
J Senne t la phlegmagogue
des Myrobalans Cepules , Belltries,
& Emblics , eft augmentée pat l’A-
loës. Agaric & Turbith. La Colo-
cynthe par fo célérité fert de véhi¬
culé 3 tant à la bafe qu’aux autres
purgatifs : au contraire la craffitie
des Myrobalans reprime fa violence,
& célérité. Leur vertu purgative eft
conduite au cerveau par les Cube-
bes 3 Macis 3 & Gerofle : aux yeux
par l’£uphraife3 & fuc de Fœnoüil.
Les autres médicaments aromatics,
& fomences y font mis , tant pour
incifer 3'& attenuer-le phlegme épais,
& conlîimer les vents, defoppilerles
conduits bouchez,, que pour refifter
à la nuifance de la bafe de l’Aga¬
ric 3 Senné , & Celocynthe , & for¬
tifier l’Aioés 3 Turbith , Senne , Epi-
thyme, & Agaric. Le Maflichyeft
mis pour la fauve-garde du ventri-
cule-3 contre la nuifance des purga¬
tifs : le Saftfan du cœur , le Nard
Indique -, & Schœnanthe du foye :
les Rofes , & violes pour corriger
leur chaleur, & ficcité : le fuc de
Fœnoüil 3 & l’Abfinthe , détergent le
phlegme, ôc l’Afarum le conduitavcc
la-bile, piar la voye de l’urine, aidé
dés Telricnces aperitives.
EE MELANGE.
Il fàiit côneaflèr le Xylobalfarot^
ou fon foccedanée le bois d’Aloës,
ou Santal citrin , ou le bois de Len-
tife, ou de Terebinthe, puis on y
ajoutera le Turbith, un peu aprez
on y mettra l’Afàrum , le Nard In-
die incisé, les écorces, la Canne odo¬
rante,
D&s PHulci. 4^t
rante, la Canelle. Ceux-cy à demy,
piilverifez , on y ajoûtçia les Gero-
fics, Schœnanthe C pource qu’il en-
• dure longue trituration ) les fruits
& femences, finalement l’Ablinthe»
l’Euphraife , Rôles & Violes , Sen-r
né , Mufcade j, Macis , Sc Epichyme*
Il faut pulverifer à part les Myra-
balans avec quelques gouttes d’hui¬
le, tant pour corriger leur âpreté,
& fiecité, que, pour empêcher que le
plusJfubtil ne s’exhale : le Rheu bar¬
be , le Maftich, le SafFran , la Colo-
cynthe, l’Agaric trochifqué > & l’A-
locs. Cela fait, on les mêlera au
mortier, puis avec Syrop fait avec
du fuc de FœnoUil & miel depurez,
on les malaxera & battra long tems
au mortier , afin qu’ils loient plutôt
firmentez , dont on formera une
malfc , les mains 8^ peau blanche
oinétes d’huile , pour les ferrer au
belbin. La dolè eft d’une drachme, à
une drachme & demie.
les facfltez.
Elles aiguifènt la veuë & la- for-
tifîent , évacuent les excremcnts,
uaintiennent le corps en fànté. Ü
U eft befoin de s’abftcnir de man¬
ger aprez les avoir prilès.
remarqve
IL ffut obferver en la compojî-
tion de ces Pilules , de JubBituer
tomme VAutheur du mélange à. la
fnlpe de Celocynthe les Trochifques
<dlhandal ^ & d, l’Agaric. Jîmple,
It trochifqué. Et avant malaxer les
pudres avec le fuc de Feemüil , eu
^ fait avec le miel 5 je. vmr
droit évaporer lentement le fuc par
moitié , & fur cette- quantité de Pi-r
Iules mêler avec ieeluy quatre on¬
ces de miel, deifumé pour former la
maffe ,afin quelle fait de plus lon¬
gue durée.
Pilulx de Fumaria , D. Avi-
cennæ.
1^. Myrohalanorum Citrearmn ,
Cepularum , &
Indarum ,
Scammoïiii Antioche ni , fing. drach,
quinque.
Aloés Socotorina , drach. feptem.
Cum fucco Fumaria , bis fermetur
majfa , & tertio cum Syrupe Fuma¬
ria , & reponatur ufuL
PARAPHRASE.
CEs Pilules ont pris leur nom
du fnc de Fnmcterre dépuré,,
lefquelles font décrites par leur inj--
vcntcur Avicenne au Fcn 7. du li¬
vre 4. Traittc 5. chapitre 7. trait*
tant de la cutation du prurit , &c
de la rongne. Leur balè À la Scam-
monée , la célérité &c tenuité de la¬
quelle eft reprimée par les
balans & Alods, qui par leur ad-
ftriétion fortifient les vifteres , 8c
iceux font corrigez de. leur nuilàu-
ce. par le fiic de Fumeterre , én Tle*
fbpilant les veines du fbye qu’ils
opiicttt. Qm eft l’occafion poiirquoyr
Avicenne veut que la ,malîè {bit pat:
trois, fois (. avec, ieeluy ) malaxée.:-
nous nous coptenterons de deux iSc
la, treiziéme avec le Syrop qu-’om
fait du. {ùe de Fumeterre , afin que
4^4 Livre 1.
la raaflê ne fe deflreiche,& fc con-
ferve longuement.
le MELANGE.
Il faut pulverifer enfèmble les My-
robalans , & les arroufer d'un peu
d’huile Violât , ou d’Amandes , tant
pour corriger leur âpreté & ficcitéj
que pour les rendre plus lubriques,
&c empêcher qu’ils ne s’exhalent. A
part chacun on pilera la Scammo-
née & l’Aloës aulli avec quelques
gouttes d’huile : puis la maire fera
par deux fois malaxée avec le fîic
de Fumeterre dépuré au Soleil , ou
fur le feu. Finalement pour la der¬
nière fois avec le Syrop qu’on fera
avec d’autre lue , & miel éciimé,
fera malaxé , dont on formera une
mallç, qui fera gardée au befoim
LES FACFLTEZ.
Elles tirent & purgent les hu¬
meurs bilieufes , acres & falées , &
partant elles conviennent à la gra-
telle, galle &c autres maladies du
cuir.
REMARQUE.
CEs pilules font mal citées en
queleiues éditions de Bauderon,,
particulièrement dans celles de
Sauvageon , qui difent être décri¬
tes par Avicenne au Fen 7. livre 1.
Trait té 5. chapitre 7. au contraire
elles font décrites au quatrième, li¬
vre Fen 7. trait té 3. chapitre 7.
traittant de la curation du prurit.
Pour procéder plus méthodique¬
ment au mélange de ces Pilules , il
SeBîon X
faut fnalaxer la poudre avec te
fuc de Fumeterre dépuré par l'ejpa.
ce de deux heures , puis en former
des petits trochifes , quon ferafei-
cher d V ombre , étant fecs il Us Lut
mettre en poudre, & derechef re¬
malaxer cette poudre avec du fuc
de Fumeterre, & former de nou¬
veaux Trochifes comme devant , é
reiterer la même operation jufquu
à une troiz.iéme fois, & à la quatrié:.
me & derniere fois la poudre fera
malaxée avec du Syrop de Fumeterre
/impie nouvellement composé (
efi pojfible ) & on y procédera fuL
vant fin inventeur. Qjfi voudra,
abréger le tems & les operations,
& avoir des Pilules douées déplus
grande vertu que les fus-écrites na>
qu a malaxer les poudres avec du
fuc de Fumeterre bien fipuré &
évoporé jufques à confiftence de miel
liquide , & y ajouter un tiers de
Syrop de Fumeterre , de cette fa-i
çon la majfe fera fufffamment tna-,
laxée en une feule fois , & l'in¬
tention de FAutheur plus qeiaccomr
plie.
Pilulæ de Eupatorio majores, >
D.Mefuæi.
Tfi. Alo’és optima, drach. quinque.
Rhabarbari feleüi , drachm. .très &
femiji.
Myrobalanor. Citrearum ,
Succor. Eupatorii Mefu&i , vel hu-
jsss defeélu Gracorum , &
Abjîhthii P ont ici, fin g. drach-
très.
Mafiiehes Chia , drach. unam-
Croci , drach. dimidiam.
Cm
Des Vtluled. 4^5
C««2 Çhcco Intyhi > (id efl , Endivia
Jaiiv<e)depHrat0 compone metjfam.
paraphrase.
CEs pilules n ont pris le nom du
Rheubarbeleiir bafè, pour cau-
fe des fuivantcs , qui en ont pris leur
appellation ) mais du liic d'Eupatoire»
ou Hepatoire, comme de celuy qui de
toute fa nature convient au foye, pour
lequel elles ont été composées, il
eft vray que f Eupatoire décrit par
Mefu^é eft dilferablable à celuy des
Grecs , vulgairement appelle Àgri-
moine. Ceux qui n auront celuy de
Mefuc ( qui eft rAgeraron de Diof^
coridc , fi nous croyons à Matthio-
le ) pourront fans difficulté pren¬
dre l’Agrimoinc vulgaire , pouree
qu'elle convient fort bien aux ma¬
ladies froides du foye , foie hydro-
pifie 5 ou autre. La vertu foiblc du
Rhaibarbe j eft augmentée par l'A-
loes 5 Sc Myrobalans : les fiics d'Eu-
patoire & d'Abfinthe ( delfeichés de
leur humidité fiiperflu'é , ainfi que
nous avons déclaré en la Seétion a.
cy-devanc ) y font mis , tant pour
conduire le vertu des purgatifs au
foye J que pour la corroborer : le Saf-
ftan pour le cœur , & digerer les hu¬
meurs à l'expulfion : le Maftich pour
la deffence du ventricule & corriger
la nuifance de l'Aloés, le lue d’En-
dive , pour corriger la chaleur du
foye & des purgatifs, & donner corps
a la malle.
MELANGE.
Myrobalans & Rheubarbe con-
«aflez on ajoutera les fuçs d'Abfin¬
the & d’Eupatoirc delTeichez pouf
les pulverifer enfemblc. Il faut pui-
vcrilcr l’Aloës , le Maftich, & Saffian
àpart, pLxis on les mêlera enlcra-
ble pour en former la malle avec
duSyropfait avec beaucoup de fiic
d'Endive , & peu de miel écumé,
qu’on gardera au beloin. La dofe eft
d’une drachme à deux.
LES EACVLTEZ.
Elles libèrent les obftruaions du
foye , & gueriffent la jaunilTe qui
en procède & les douleurs, & les
fièvres périodiques , ou qui retour¬
nent en ' certain tems,
R E M A R Q^V E.
CEs Pilules , comme il a été
JoMvem répété, tant par l‘Au-
theur de la Paraphrafe que de
nom , feront malaxées ( pour en-
mieux conferver les vertus & la
confiftence ) avec un Sy rop fait de
miel & du fuc d' Endive , évaporé de
la moitié , pour en feparer par¬
tie de l'humeur aqueufe ou fu-
perflu'é.
Pilulæ de Rhabarbaro,
D.Mef.
Pul\‘eris Hiera picra frnpl.
D.Galeni , drach. decem.
Myrobalanornm Citrearum ,
Trochifeorum Diarhodonû,utriuJque
drach. très, & femiji.
Ravedfeni , id eft , Rhabarbari,
drach. très.
Succorum Glycfrrhiz.a , &
N n n Ab
a66 Livre L SeBïon X.
Abfinthii P ont ici major ü fe»
vulgarû ,
Maftiches Chia , Jlngul. drachm.
unam.
Seminum Apii , &
Fœniculi , utriufque drachm.
femiJL
Çum fiicco Fœniculi dépurât o forma
majfam.
PARAPHRASE.
tenuatives , & confcmpcives jgj
vents , & leur fîccité , par le fcc
de Regliflè : leur tardiveté eft ac¬
célérée par les lîics d'Abfinthe, &
Fœnoliil qui defoppilent ( avec l'aie
de des femences ) le foye ; les Trtf.
chifques Diarrhodon le fortifientic
le Maltich le, ventricule. La dofe eft
d une drachme à deux. G^ux qM
auront les prefentes , fe pourrofit
palier de celles d’Eupatoirc , & au
contraire.
QVoy que le. Rhenbarbe & le
Ravedieni , foit même chofe;
Il elt-ce que Mefué. en la diftinétion
diziéme > donne deux deferiptions
de Pilules : l’une lùrnemmée du
Rhenbarbe , qui eft cette-cy : l’autre
de Ravedfeni , fort dilfemblable en
nombre de médicaments , & de pur-
■gatifs. Celles-cy non plus que cel¬
les de Rhafis , livre neuvième cha¬
pitre 69. traittant la cure de l’hy-
dropiiîej ne font point ufitées à cau-
fe du Mezereon , qui eft le Thy-
mælea de Diofooride qui y entre
en quantité » lequel pour là vene-
nofité gâte le foye , fource de l’hy-
dropifie. Celles qui ont pris le nom
du Rhenbarbe font foit ufitées, pour-
ce qu’elles font composées de mé¬
dicaments bénins , & convenables
a ce que Mefoé propolè , & ne
peuvent gâter les vilceres : mais
les remettre en leur premier état',
fouf d y ajouter ce qui fora avisé
par le do6te & expérimenté Mé¬
decin. Leur bafo eft le Rheubar-
be , dont elles ont pris leur nom :
là vertu foible eft augmentée par
la poudre d’Hiere , & Myrobalans,.
leur craiï.tie eft corrigée par les fe¬
mences aperitives, incilives , & àt-
LE MELANGE.'-^
Les focs foichez , comme dit
eft , fo pourront aisément pnlve-
rifor avec le Rheubarbe , femeà-
ces & Myrobalans. Les Trochif-
ques , & Maftich. fe pulveriferont
à part ; après feront mêlez avec
la poudre d’Hiere,pour les mala-
xer avec le Syrop fait avec quan¬
tité de foc de Fœnoüil dépuré)
& peu de miel écumé, pour en
former une maftè , ainlî qu’il a
été déclaré , qu on gardera au be-
foin.
LES FAcrLTEZ.
Ces Pilules purgent les humeurs
erafles, lentes, & accompagnées d’is-
fignes putrefaélions : & font pro¬
pres aux fievres longues &c rebelles),
qui precedent de cette forte d'hu¬
meurs &c d’autres : coimme aiiffi 1
la douleur du foye & à l’hydropt-
fie qui commence.
ble
4^7
Deif pilules.
REMAROJ/E.
B Auderm fait injure à Mefué
de fuppofer dans ces Pilules la
poudre de Hiera picra Galeni à la
fmne> puis que Mefué eft l'inven¬
teur de cette compofition ,il ne peut
jamais avoir entendu quil y fût
mis autre Hiera picra que celle quil
décrit : c’efi pourquoy il y faut
mettre celle de Mefué ( la defcri-
ftion de laquelle fay ajoutée à la
SeBion precedente des Hieres ) pre-
ferahlement à toute autre , ce qui
fmble avoir été entendu par l‘Au-
,theur de la Paraphrafe en fa pre~
miere édition , quand il a écrit,
Puheris Hiera picra fimplic.
il efi vray que depuis fa féconde
.édition jufqnes d prefènt le mot de
,Galeni y a été ajouté de même que
, cdny de fimplicis en la première,
^ quoy l’Artifte ne fe doit arrêter,
^non plus que pour les Trochifques
^de Diarhodon , qu il faut .aujfpren-
.)^re ceux de Mefué ; de quatre de^
feriptions quil en donne , la premiè¬
re doit être preferée aux autres
que Bauderon décrit en la SeÛion
fuivante. Les poudres feront rka-
■ Uxées comme M efi en feigne au mé¬
lange cy-defus.
Püulæ IndæHaly, D. Mef.
Caryophyllorumfdrach. unam-
Succi Eupatorii . injfijfati , &
Spicd. fndica, utriufque drach.duas.
Agarici albijfmi , -
Lapidù Cyanei , id efi Laz,uli loti
tantum , & non ufii.
Colocynthidis , &
Salis Indi ( vel in ejus penuria)
Gemrnei , fing. une. dimidiam.
Myrohalanor. Indarum feu nigra-
EUehori nigri veri , & non adul-
terini ,
Pelypodii querni, fingul. drachm.
quinque.
Epithymi Cretenfis , &
Stœchadü Ar abic a, utriufque drach.
fisc.
Pulveris Hiera picra fimpl. D. Ga¬
leni , drachm. duodecim.
Cum fucco ylpii depurato eempone
rnajfam.
PARAP HRASE.
MEfnc referc ces Pilules à
mais quel eft céc Haly , je ne
le puis deviner, j"ay cherché l'efpa-
ce de quelques jours en mon Haly,
fils d'Abbas cecte defeription , la¬
quelle il ne m'a pas été poffible d'y
trouver. Elles font nommées Indes
pour caufe du fol Indique , au lieu
duquel nous prenons du fol Gemme,
pource que pour le jourd'huy que
je fçache, on ne nous apporte du
vray, qui foit noir tirant lur le roux,
& des Myrobalans noirs , ou Indi- a
ques qui y entrent en allez bonne
quantité, Mefué au chapitre de l’El-
lebore' les décrit un peu autrement.
Leur bafo eft l’Ellebore noir & vray
( 6c non le feux alTèz frequét. jLa ver¬
tu menelagogne eft augmentée par
la pierre d'Azur lavée, ôc non brû¬
lée ( afin que fo faculté vomitive foit
corrigée , & que la purgative icy re-
qiiife y demeure ) l'Epithyme, & Po-
lypode. La vertu foible de ceux-cyy
N n n Z eft
4^8 Lwre L
eft fortifiée par le fel Gemme. La
Colocynthe y eft mifc pour au¬
gmenter la vertu phlegmagogue de
la bafè , & la conduire en la troir
ziéme région j comme 1" Agaric en
la première & féconde. La poudre
d'Hiere eft icy mile en quantité pour
refifter à la puiftànce de la bafe &
des purgatifs violents , & fortifier le
yeptricuie,& rendre leur action meil¬
leure. Leur célérité eft reprimée par
les Myrobalans. Les Gerofles pour
fortifier le cœur & cerveau. Le
Nard Indique le foye. Le Stoechas
conduit la vertu de la bafe> & pur¬
gatifs au cerveau » & au vifeeres auC.
quels il eft fort excellent. Les fucs
y font mis pour defbppiler , incifer,
atténuer , & deterger les humeurs
crallès & terreftres ( qui le plus fou-
vent refîdent à la ratte ) & en con¬
duire une partie par la yoye de l'u¬
rine, & donner corps à la rnaife, &
pour conlèrver les efpeces La dofè
eft d'une drachme à quatre fcrupules
pour les plus robuftes.
LE MELANGE.
Le fùc d'Eupatoirc delïèiché de
fon humidité fùperflu'c , Ce pnlyerife-
ra fi-îcilement avec les racines inci¬
sées , Gerofles, Stœchas, Myroba¬
lans & Epirhyroe. Il faut pulveri-
fêr’à part le fel Gemme, l'Aga¬
ric , & la Colocynthe trochifqués,
Sf la pierre d’Azur lavée , Sc non
calcinée, puis on y ajoruera la pou¬
dre d’Hiere , pour malaxer le tout
au , mortier , avec le Syrop fait du
liiç d'Ache dépuré, & miel écume,
&, cn former une raallè , ayant de¬
meuré quelques jours à l'ombre
Se Bien JT.
fera gardée ( comme dit eft ) au
befoin.
LES EACVLTEZ.
On s'en fert aux affeétions me-
• lanchoiiques, comme au cancer, le-
pre morphée : à la melancholie ma¬
ladie , & à la crainte & triftellè qui
l'accompagnent : à la fièvre quarte, à
la jaunillc venant de la ratte , ôc àla
douleur de ratte.
R E M A R QV E.
IL faut fubHkuer ( avec lAutheur
du mélange ) a l'Agaric fmple
le trochifqué , pour la Colocynthe les
Trochifqués Alhandal , & t‘ Ellébo¬
re noir , par mon fentiment, doit
être corrigé ainfi que Mefué le re¬
commande en fon livre des fimfles
médicaments purgatifs.
Si tous les Apothicaires étoient
curieux de voir les bons Autheurs
modernes , qui ont par leur f avoir
illuSlré la medecinepardejftu les An¬
ciens , tant en y augmentant le nom¬
bre des compofitions , qu’en inven¬
tant des falutaires correBions , &
préparations par les fimples médi¬
caments purgatifs malins , ils tron-
veroient que Mejué entre les Ara¬
bes a fin excellé en l’un '& en l’au¬
tre , & na donné aucun chapitre
en fon livre des fimples , ou U n’ait
décrit la prepÀranon des uns pour
leur augmenter, lettr vertu foible,
& la correElion de ceux qu’il a
jugé malins , ce qui eft -ignoré au-
jourd’huy de la plus part de nous>
d’où vient quen la dtéfenfation de
leurs compofitions , ils ne ftpaveutet
jûes Filmes. ' 4^9
,jn‘ils font, & ne s’inftrmfent point
de la qualité faluhre , ou infaln-
ye des medicamens , les employant
fans préparation ny correélion au¬
cune , fi l’/lutheur nen fait ex-,
prep mention en qmy ils s'abu-
fent grandement & font grand
tort au public ; qu'il fait écrit ou
non , tl ne faut pas laijfer d'imi¬
ter nôtre grand Mefué , que tout
tyaét qu'il ait été a nous donner
& décrire de fi beaux & fi utiles
préceptes ; neantmoins il s'efi con¬
tenté de le dire une fois pour tou¬
tes en chaque ^chapitre de fon li¬
me des fimples preallegué , & n en-
dit prefqué pim mot en décrivant
les compofitions en fon Grabadin,
c'efi pourquoy il convient d l'Apo¬
thicaire d’avoir fes œuvres , dans
lefquejles il trouvera dequoy fe
pouvoir dignement acquit er de
fa profejfton , en homme d'hon¬
neur.
Il faut auffi de même qu'aux
autres Tilules , au heu de la Hiera
picra Galeni, mettre la Hiera picra
Mefu&i , .é' malaxer les poudres.
Comme en feigne Bauderon.
Pilulæ è Lapide Lazuli ,
' D, Mef.
V-Scammonij ^ntiocheni ,
JEllebori nigri veri , & non ad.ul-
terini.
Salis In di , aut Gernmei, fing. drach^
• duos & fèmifi.
Caryophyllorum , &
Seminü Anifi , mriufque- une-, di-
' midiam.
Smptdà (yanei , feu Lazjsli loti &
non ufii , drachm.fex,
Spithymi Cretenfis ,
Polypodij querni , &
Agarici albijfimi , fingul. une.
nnam.
Pulveris Hiera picra fimpl. D. Ga¬
leni , drach.quindecim.
Cum fucco Intybt ,id efi , Endivia
depurato , vel cum Syrupo Sapo-
ris de P omis , forma majfam. Do-
fis erit d drach. una ad drach. un-
& fiemifi.
PARAPHRASE-
CEs Pilules ont pris le nom de
leur balè la pierre d'Aznr. On en
trouve quelques pièces en une fon¬
taine du Vigan^ pays des Cevenes»
ayant les vrayes marques que Diofeo-
rideluy attribue ) Sa vertu melenago-
gue eft augmentée par PEllebore noir
ôc la Scammonée. Leur célérité eft
modérée par la tardiveté du Polypodej
& Epithyme > qui les conduifent à la
ratte, liege de lamelancholie, comme
P.ngaric âu cerveaujlequel eft corrigé
& fortifié par le fel Gcmme.L’anis eft
pour incifer , atténuer les humeurs
terrettresjconfnmer les vents^ôc don¬
ner bonne odeur. La poudre d’Hie-
re pour fortifier le ventricule con¬
tre la nuifance des purgatifs vio¬
lents Le gerolle y eft rnis pour le
cœur , & le fjc d'Endive pour le
foye , & donner corps à la maire y-'tZ-
conlêrvcr les efpcees en Lur vi¬
gueur : on au lieu d'iceluy j les pou¬
dres lèront malaxées avec le lyrop
de pommes de Sabor cy -devanc
décrit. La. dofe eft quatre ferupu-
les. Ceux qui auront ks Piiules Indes>
fe poufrtmt facilement, paffer de
Nnn 3, eek
Livre L SeBion X.
470
celles-cy. Et au contraire ceux <jui
auront celles-cy fepalTeront des pre¬
cedentes, & de celles qui ont pris
leur nom de la pierre Arménien¬
ne i pour ne différer pu fort peu en
vertu.
LE MELANGE.
chée.Que s’il Mit de dix fois,qu‘eft^
il^ èefom de cinquante : fi c ’eft l'E.
té, on la pourra chique jour lav«
une ou deux fois , & le même jour la
fcicher , & ainfi continuer les jours
fuivans, ju%r'à ce qu’il fuffife, Par
tel moyen fon^ ufage fera aireuié&
non autrement.
‘Le mélange eft fèmblable au pre¬
cedent déclaré aux Pilules Indes.
Pour ce je me contenteray de dire
iey’ quelque chofè delà préparation
dd ia.- pierre d’Azur.
~ Nous préparons la pierre d’Azur,
IZy on Arménienne , pour ôter ce qui eft
frepure côïitraire à nos deffèins. La vertu
Upkr. ieyftéquife eft la purgative, & cor-
re à,' A- Pdljorative : la contraire eft la vomiti-
vé , laquelle fè perd par la lotion :
& les autres deux demeurent , que
•fi la vomitive & purgative étoient
contraires , comme en la Confeétion
Alkermes , il la faudroit calciner,
'fuis-da laver , ainfi la corroborative
dëPjeuretoit , ainfi que le veut Trail-
lan, à la fin du premier livre, & Me-
feé. Puis donc que la feule verm vo¬
mitive nous eft contraire par l’avis
de nôtre Autheur , il la faut laver,
&c non brûler , ainfi que s’enfuit.
Comme Prenez telle quantité de pierre
il fnut d’Azur qu’il vous plairra , laquelle
laver pilerez dans un mortier de marbre,
& pilon de bronze , ou autre mctail:
^ ‘ piiis avec eau claire l’agiterez lon¬
guement en broyant du même pilon.
Aiprez vous la laiilèrez r’aficoir , &c
‘•épancherez l’eau : puis avec d’autre
'“«an l’agiterez , & ferez comme dit
eft. Continuant ainfi autant de fois
que l’eau en forte claire , & qu’elle
ait perdu fon acrimonie étant fei-
LES FAcrLTEZ.
Elles conviennent aux affeftions
melanchoiiques , engendrées de bile
adufte , comme eft le cancer , la le-
pre , & la fievre quarte.
REMARQVE.
En ces Pilules on prendra, com¬
me a été dit fouventefois , a U
place deda Scammonée le Dia^rer
de : la Hier a picra de Mefiié,poiir
celle de Galien , V Agaric trochif-
que pour le Jîmple. La lotion de
la pierre d‘A'i(jir fe fera comme
l’avons décrite au Eiafenna : &
les poudres feront plutôt malaxées
avec le Sjrop de Régis Sa h or , fie
non pas avec le fuc d’Endive.
Bauderon dans les Pilules de Ha-
ly , & dans celles cy dit > Elkkori
nigri veri , & non adulterini ,fans
donnersle moyen de difeerner cet¬
te racine d’avec celles du Napel-
lus, qui fe rejfemblent fort, que quel¬
ques fois les herherisles confondent
par mégarde ou autrement. Or on
les difeerne en ce que le Nafel-
1ms a une petite racine longuetteen
forme d’tin petit naveau , uutonr
de laquelle font attacheT^ les fk^‘
mens , & ceux de l’ Ellébore , font at¬
tachez. a une petite racine noueife.
Deé Pûmes, 47 1
qui A diverfes formes ; ^uant an refie
des fe rejfernblent fort.
Pilulæ Fætidæ maiores ,
D.Mef:
y:. Serapini , vulgo Sagapeni >
Jmmoniaci ,
Opopanaeü ,
Bdellij ,
Colocynthidü ,
Seminü Tegmi ^îd efi , Rut si agre-
ftis, & H arme l .nrabum ,
, Aloés Socotorins,, tanquam prafian-
tijfma , &
Epithymi Cretenjls , fing. drachm.
quinque.
Tarbith optimi , drach. quatuor.
Scammonij uintiochem , drachru.
très.
Alfcebram , id efi , Efula praparata
in Aceto , &
Hermodaüylorum , tttriujq. drach.
duos.
Zingiberü , drachm. unam 0"
femifi.
Cinnamomi , feu CaneUa felebla ,
Spici Indice, ,
Croei, & •
Cafiorei , fin g. drach. unam.
Euphorbij ,fcrup. duos.
Dsjfolve Gummi Jùcco Porri, &
compene maffam.
paraphrase.
Cmbien gue Rhafis au ncufvic-
e livre chapicre fcptiéme , Se-
rapion, Haly, & Mefué en fbn An-
àdotaire j & en la curation univec-
fclle des maladies nerveufes , nous
ayent laillë par éaic plufieurs def-
criptions des Pilules Fœtîdes : Pulà-
ge feulement a approuvé celles-cy,
lefquelles ont pris leur nofti des gom¬
mes fœtides, qui y entrent : ou pour-
ce qu'elles chaflTent du corps les hu¬
meurs puantes, & corrompues ( line,
& l'autre opinion eft vraye. ) Le fur-
nom y eft mis pour faire différence
des autres qui font moindres en ver¬
tu , & nombre de Medicamcns. La
bafe eft la Colocynthe, fa célérité eft
augmentée pat l'Euphorbe, & Scani'*
monée , & icelle reprimée par la tar-
diveté , & craffitie de l'Alcè’s , Epi-
thyme & Turbith. Les Hermoda-
<ftes , & Efule , conduifent leurs
vertus aux jointures. Les gommes y
font mifos en quantité pour cor.dger
la violence , & malignité des pur¬
gatifs violents, & empêcher ( par
leur lenteur ) qu’ils n’excorient les
membranes internes du ventricules
& inteftins , & n’ouvrent les orifices
des veines , n’excitent hypcrcatharfcs
& doiilears extremes , & qu'elles n^
parviennent trop foudain aux partjés
éloignées du centre , & pour rendre
leur aétion meilleure. Et pour ce
que tels purgatifs violents offenfent
le cœur , ventricule , foye, & les au¬
tres vilceres : le faffian y eft mis,
pour là defenfè_du cœur, le Nard
Indic du ventricule , la canelle pour
refifter à la pourriture des humeurs:
Galien au livre huitième des Médi¬
caments locaux. Le Caftor refifte à
leur qualité veneneufe , & fortifi&^le
cerveau origine, des nerfs. La fcin^-
cede rue fàuvage , le Gingembre &
foc de Porreaux , incifont & ,afa:e-
nuent.le phlegmc épais & vifquéux,
Gon&ment les vents , détergent. &
donnent corps à lamaiïè,&_cpnit;r-
v-enf
472^ L
vent le tout. La dofè eft d’une drach¬
me à quatre Icnipules , le corps
étant dué'ment préparé > & non au¬
trement. Ceux qui auront ces Pilu¬
les , le pourront pallèr de celles qui
ont pris le nom de la Colocyntiie,
& de celles de l’Opopanax , & du
Sagapeoumou Serapinumj en y ajou¬
tant les Myrobalans , pour être preC-
que compofées de lèmblablcs medi-
camens. Leur mélange n’eft point
dillemblablc de celuy des Pilules
fuivantes.
LES FACVLTE Z.
Elles évacuent la pituite cralîe &
crue J & pour ce elles conviennent
aux maladies qui en, naillènt » à la
goutns; podagre , gonagre , à la dou¬
leur de l’épine du dos & des au¬
tres joidtures , & du ventricule : à la
colique , à la morphée & à la lepre
des Arabes.
REMARQJE. '
IL faut toujours prendre pour la
campojîtion de ces Pilules le JDia-
grede , & les Trochifes Jlhandal,
en la place de- la Scammoriée ,
de la Colocynthe ; 1‘ Euphorbe doit
. être corrigée f mblahlement fuivant
VAuthorité de Mefué livre des fim-
ples chap. 17.
Bauderon a confondu dans fa
defcriptiifn le “peganon de Lobel,
avec V Harmala des Arabes , efr
quoy que ce foiem deux ejpeces de
Eue fauvage -, neanmoins il les faut
difiinguer afin que l' Artifte ait
connoiffance de fon travail par
leurs différentes. Le Peganon efi
SeBîon X.
Ruta Sylvefirü miner , & Harme^
la, Ruta Sylvefirü major Matthit-
li -y & cefi de celle-cy que Mt-
fué entend quen prenne pour U
cornpofition d» ces Pilules , par et
quelle efi d'un frequent ufage dans
le pays d'Arabie.
Les gommes étant en larme, net¬
tes, & bienehoifies , fi elles font re^.
centes , feront pilées dans un mof
fier de bronz.e'chaud, aufquelles faut
ajouter peu a peu un Syrop fait
avec miel & fue de Fourreau , &
petit a petit on y mêlera la poudre,
pour le tout être malaxé trois ou
quatre ^heures durant ou davanta¬
ge s'il efi neceffaire.
Pilulæ de Hcrmodaélylis ma-
ipres , D. MeC
tlfi. HermodaSbylorum ,
Aloes Socotorina , tanquam prajlan-
tijfima.
JiLyrobalanor. Citreanm ,
Turbith optimi-,
Colocynthidü ,
Bdellij Thebaiei) feu optimi , &
Sagafeni , vulgo Serapini , fingul.
drach.fex.
Cafiorei , '
Sarcocolla ,
Euphorbij,
Opopanaeü ,
Seminü Ruta agrefiü, feu domefiica,
vel Harrnel , &
Apij , fin g. drach. très.
Croci optimi , drachm. tinam ét
femifi.
Cum fucco Braffica depurato forma
maffam ufui reponendam-
PA
Des Pilules,
475
PARAP HRASn.
CE s Pilules ont pris le nom
de leur baie les Hetmoda-
ûes , miles au commencement :
le liirnom de grandes , pour met¬
tre différence aux autres de lèmbla-
blc nom , moindres en nombre de
Médicaments , qui ne font pas uli-
tées. Leur vertu purgative eft re¬
tenue en la première région , par
l’Aloes & les Myrobalans , & con¬
duite en la fécondé par le Turbith,
& en la troifiéme par la Colocyn-
the , Euphorbe & Sagapenum.
La celericé de ces trois eft répri¬
mée par la tardiveté des Myroba¬
lans , Aloè's , & Turbith , &
au contraire l’Opopanax > & Bdel-
lium y font mis pour les conlî-
derations déclarées aux preceden¬
tes, comme auffi le Caftoreum : les
Myrobalans y font mis contre l’in¬
jure de l’Alods & pour fortifier par
leur adftriction le. ventricule , & le
fcye: le làffran, le cœur, contre la
nuifance des. purgatifs violents : la
Sarcocolle , celle de l’Eupliorbe ; les
feraences pour incifor & atténuer le
phlegme , & confumer les vents,
fie conduire les ferofitez bilieufes,
avec 1 aide du foc de choux , par la
voyc de l’urine. Ceux qui auront ces
Pilules en leurs boutiques , fe pallè-
r®nt, de .celles qui ont pris leur nom
dd l’Euphorbe décrites par Mefué:
pour ce qu’elles ont prefque fembla-
blts vertus. La ddfe forad’unÇ drach-
>00 J à quatre fcrupules.
LE MELANGE.
Au Turbith à demy pulverifc on
ajoutera les Hermodattes , femen-
ces 5 Myrobalans , & Bdellium s’il
eft foc , finon il fora fondu avec
les liqueurs & le Caftor. Il faut
pulverifer l’Aloës , le faffran , Sar¬
cocolle , Colocynthe , & Euphorbe
chacun à part , avec une amande
pour empefoher qu’ils n’offenfont
eeluy qui les pulverifo. L’Euphorbe
ne doit pas être fi fiibtil que les au¬
tres, pour les raifons que Mefiié écrit
en fon propre chapitre , du livre
des fimples médicaments purgatifs,
puis on les mêlera. Il faut , fondre
au foc de choux l’Opopanax , &
Bdellium , s’il eft mol & recent , &
le Sagapenum, puis les couler, & cui¬
re en moyenne confiftence , puis on
y ajoutera toutes les poudres , pour
battre le tout long-temps au mortier à
coups de pilon , & en former une
mallê, ayant les mains ointes d’huile,
laquelle foichée , fera forrée pour
s’en forvir au befbin.
LES EACVLTEZ.
Elles font propres à la podagre, 5c
autres douleiurs froides des jointures.
R E M A R dV E.
L faut de même ohferver en la
compofition de eu Pilules , ce que
nom venons de dire aux Fœtides ma¬
jeures dt ailleurs, tant pour la Colo¬
cynthe , que pour l’ Euphorbe : fi je
répété fouvent ces fiibfiitutions ,
ou préparations , ce nefi pas fans
474 Livre 1,
eauje , fçach/tm trop bien à mon
grand' regret , ^ue la plus grand
partie des oipothicaires ne travail¬
lent par autre intereft , que ce-
luy de leur hourfe , qui leur fait
ignorer & rnéprifer le plus beau
& le plus falutaire de leur profef-
Jîon. Et pour le fuc de choux dé¬
puré , avec un peu de miel , il en
fera fait un fyrop pour malaxer
les poudres.
l’eflime aujfi être beaucoup meil¬
leur en toute forte de compofition,
s’il fe peut de mettre les gommes en
poudre que de les- dijfoudre peur les
raifans cy -devant alléguées en nôtre
Remarque de la Theriaque.
Pilulæ Arthriticæ , D. Nicol.
Salernitæ.
y:. HermadaElylorum ,
Turbith optimi, &
Agarici, albijjimi , fing. unc.dmid.
Cafia lignea aromatica & non pur-
gatricù,
S pie a Nardi,
Carybphyllorum ,
Carpohalfarni , aut fuccedanei ejut
feminü Lentifci aut Terebinthi,
Xylobalfami , aut fuccedanei ejus
fitrculerum Lentifci > aut Tere¬
binthi ,
Macis ,
Galanga tenuioris qualis ex Ùoina
adfertur ^
Zinz.iberis ,
Mafiiches ,
Ajfa foetida ,
Seminurn Fanicuti
Anifi ,
Saxifragia »
SeSlion X
Jéfaragi»
Rufci, vulgo Brufii , &
Lithospermi , id efi . Milii
folie,
Rofarum rubrarum , &
Salis Gemmei, fing.drach.duas.
Scammonq Antiocheni, une. unam.
Alo 'és Socoterina feu optima ad pon¬
dus omnium.
Confiée majfam cum fucce Feenkuli
vel lut, Arthetica ,feu Chamepi-
tyos depurate & repont ufisi.
PARAPHRASE.
CEs Pilules font de Salemitanus,
& non de Myrepfus , lefquelles
ont pris le nom des joinuiresque les
Grecs appellent «fTpaç > aulquelles, el¬
les font adaptées. Leur balè font les
Hermodaéles : leur verni foiblc eft
'^augmentée par le Turbith & Agaric:
& celle de ceux-eyjparlefel Gpnrae
& Gingembre , qui avec les autres
medicamens aromatics corroborent
tous les vifeeres , contre la nuifancc
de la bafe , de PAgaric & Turbith»
& rendent leur aékion meilleiuej&
particulierernent, le Maftich y eft
pour le ventricule » & le nard Indique
pour le foye., La Scammonée eft icy
mife , pour fèrvir de véhiculé aux
purgatifs & Aloé, & bafe : les femen-
ces pour incifer, &: atténuer le phlcg-
me» confiimer les vents , & conduire
par la voye de Purine les fciofitex
qui fervent aux humeurs gluantes vif
queulcs .Sr terreftres de véhiculé 5C
caufent les douleurs. L’Affa fœtid*
eft icy mifo pour deterger le phlcg-
m;:, & refifter par fà lenteur à la nui^
fonce de la Scammonée, & Aloe, qui
par fon aerimonic ouvre les veines du
* mpien
Des Pilules, 475
iBcfentere & fiege, & excorie ;k ven¬
tricule, &inteftins. Les rofcs y. font
mifes pour conccmperer la chaleur de
toute la compofition : le fuc de Ca-
mæpitys ( de fa forme efTentielle )
conduit la vertu de la bafo , & des
autres purgatifs- aux jointures, donne
corps à la maife , & confèrvc leur
vertu. La dôfc cft d unedrachmei, à
«ne & demie pour le plus.
LE MELANGE.
Premièrement il faut concalTer le
Xylobalfame, ou fon fuecedanée le
bois d'Aloës, ou Santal 'Citrin , ou ïe
Lentifc ou de Therebinthe : puis on y
ajoutera le Turbith, & Galanga : un
peu aprez le Gingembre, le Nard In-
dic incifé , le.geroHe, lacanelleT &
l’AlIè fœtide curieufement mondée,
laquelle le pnlverifera facilement en
Il petite quantité , .av^c les autres,
Ceux-cy à demy pulverifez & tami-
fez on y mettra les femenecs & fruits,
les Hermodactes, le Macis , & les ro-
fes. Il faut pulverilèr à part l’Agaric
(avec une râpe ) le Maftich ., le fel
Gemrne,ia Scammonée, & Aloqs.Cc-
la fait les poudres Icront mêléfes au
mortier , & malaxées long- temps à
coups de pilon avec le Syrop, qu’on
fera exprez avec du focdefœnoüil,
ou de Chamæpitys , & miel écume.
Aprez on formera la malîc comme il
â etc dit , qui fera refecrée au belbin.
Ceux qiü auront en leurs boutiques
CCS Pilules , s’en pourront forvir au
utu des Benediétes, pour être compo-
fets quafi de mêmes medicamens , ,&
femblables en vertu.
Voilà plufieurs fortes de Pilules,
tant poui- incrafler les ïbeiimes , &
appifor les douleurs , que pour pur¬
ger benignement , modérément , &
avec violence les humeurs , qui poiir-
roient être en la première, fécondé, &
troilléme région.
LES FA CVL TE Z.
Elles font fingulieres à la podagre,
& aux douleurs des jointures de
caufo chaude.
REM AR.dV E.
Our clorre cette SeÜ:ion,je dimy
quen la compejïtion de ces Pi*
lul'es , il faut prendre panr les fe-
mences , ou fruits d’Ajperges & de
Brufem les noyaux qu'on trouve
d.ans leurs peaux-, foit qu ils foient
fecs ou recens ,■ ainfi qu’il a été dit
en la Remarque de la Benediéla
laxativa.
Si bien Nicolaus Salernitanm ( à
moy inconnu.-, & s’il y a quelqu'un
qui le connoijfe p^jfjfes œuvres , je le
Jupplie tres-ajfeHueufement de m’en
donner la connoijfance ) & V A u~
theur de la Paraphafe , ne difent
rien fur l’Agaric, il y faut preferer
Le trochifqué -, & fuffit de f avoir en
general qu’il purge mieux, & n’efi
pas fi nuifible. De même pour la
Scammonée , le Diagrede doit être
préféré , a raifon des fâcheux acci~
■dens qu’on remarque en la purga¬
tion quand elle efi feule dans une
poudre , par des fâcheux bondijfe-
mens d’efiomach, & de trenchéelde
ventre qui s’en enfuivent.
S.E
Oo o i .
47^ Livre L
SECTION XI.
Des Trochifques,
De Trochifcis in genere.
E nom de Trochifqnc vient du
Grec Tpi3;t's'«®' > id eft j Rotula.
Il eft auffi quelque fois appelle des
Grecs kukAjV«^ id eft , paruus cir-
culus lèu orbiculiis : d’autres fois
•'^pTiffic®- , ■ id eft J paruus pa¬
ris , icu Paftillus On a toû jours
jufques icy retenu l’appellation Grec¬
que de Trochifque , plutôt que la
Latine.
C’eft un médicament corapofé
de plufieurs lîmples lècs , pulverifezj
compris & liez cnièmble de quel¬
que liqueur convenable j comme
vin J eau diftil^e , fùc , mucilage,
gomme ou liçp^|r , fondue : défor¬
mé folide , afin que là vertu foit
de plus longue durée : de figure
ronde dont il a pris le nom : du poids
d’une drachme pour le plus fou-
vent , ou moins , au Jugement Sc
difcrction de l’Apothicaire : delîèi-
ché le plus fouvent à l’ombre , en un
lieu aëréj chaud & foc, exempt de
pouffi -re , QU autre immondice. On
les garde dedans des pots de verre,
on de terre vernidèz , plutôt que d’é¬
tain , à caufe du plomb que les Po¬
tiers y mêlent , bien bouchez , afin
que leur vertu ne s’exhale , atten¬
dant la necelîité. Leur différence
eif telle que des Pilules : car les uns
iacrairenï les huraeürs ,, les autres
Seâion X L
font alteratifs , les autres purgatifs,
les autres alexitairesj ainfî que nous dé¬
clarerons particulièrement.
De Trochifcis incraflanti-
bus in fpecie.
Trochifei Bechici nigri , D.Mef
Succi Glyeyr'rhiXa , &
Sacehari albi, utriuf^ne aureas [ex,
feu une. unam.
./^myti ,
Tragacanthi , &
yJmygdalar. dulc. mundat. fingul.
drach. quatuor.
Muccaginisfemin. Pjylîij,,vel Coto-
neorurn , aqua Rofarum extrade,
quantum fuficit , fiant pafiilli
figillati.
I ARAP HRASE.
MEfoé en là pratique, & chapitre
de la toux provenant de matiè¬
re chaude, &foiche, décrit cesTro-
chilques, qu’il appelle Pilules fiiblin-
gues , parce qu’en les tenant à la bou¬
che làns les mâcher, on les laifîé fon¬
dre tout bellement. Ils ont pris leur
nom de leur effet , comme le furnom
de leur couleur noire,caufée du foc de
reglifle,leur bafe. Leur adftriétion efl
augmentée par les mucilages de coings
ou de Plyllium. Leur vertu ineralîan- .
te eft augmentée par l’Amydon &
gomme Tragacanth : la deterfive , &
lenitive par les Amandes douces &
fuccrc fin. Quelques -uns y aïoûtent
de Styrax Calamite , ou autre cho-
fo qu’ils connôiflûnt être, ncceflaire
félonies occurrences. qui fc prele°-
tent
Des Trochifques. 477
tent , ce qui n’eft point permis à
l’Apothicaire , fans l’avis des Mé¬
decins mais fe doit conrencer des
prefentes , qui font agréables an pa¬
lais, & excellentes pour incrallèrles
rhftiraes , qui tombent .en la poidlri-
ne,&: à deterger ce quiyeft décou¬
lé. le les ay plutôt inférés en cet¬
te Seétion qu’en la precedente, pour-
cc que pour le jourd’huy on les for¬
me iü figille de marques faites à plai-
£r , en figure de rotules , ou petits
pains que nous appelions Trochifes^
plutôt qu’en figure de Pilules.
LE MELANGE.
Les Amandes ièront mondées de
leurs pellicules : puis incisées avec
un tranchée ou couteau de Cordon¬
nier, iur une fueille de papier blanc,
tant fubtil qu’il fera poffible , aprez
on les reilubtililèra au mortier de
marbre avec l’Amydon , & fuccre
. fin. Il faut pulverifèr le fuc de Re-
glifle , & la Gomme Tragacanth
au mortier & pilon de bronze ch.^uds,
chacun à part ; laquelle Gomme fera
aprez pesée & non aupDaravant , à
caulè du dechet : puis le tout fera
mêlé , & malaxé avec le mucilage
( fait d s f mences de Coings , ou de
PfylliuiTj , ou des deu x cnfcmblc ,en
eau Rofe) en forme de pâte, la¬
quelle étendue fur du papier blanc,
fera coupée par petites pièces , arron¬
die, i. arquée, & iéichée à l’ombre.,
& gardée au beloin..
les facvltez.
^ Ils conviennent à la toux invete-
fee» procédant de caufè chaude &
feiche, incraflent les humeurs fùb-
fils qui chéent du cerveau fur le
poulmon , qu’ils detergent , corro¬
borent , & facilitent le crachat &
fon expedoration.
REMARQVE.
Arce quil efi- mal-aisé de met¬
tre en foudre fefarément le fuc
de Reglijfe noir , a moins quil ait
été hrùlé en évaporant l'humidité,
& four lors il ne vaut rien, draù-
fon qu'il a ferdu fa douceur far
le feu , & acquis une amertume,
& far confequent une qualité &
vertu contraire ; U le faut donc fi¬
ler le mieux qu'on fourra ,& l’hu-
meSler un feu avec de l'eau Rofe,
& le fijler long tems dans un mor¬
tier de marbre , & y ajouter peu
d peu du mucilage de la femence
de FJyllium , jufqu'à ce quil n'y
fareijfe aucun petit grain , & qu'ils
foient de confiSlence unie , & éga¬
lement mêlés , aufquels faudra join¬
dre les Amandes pajfées par un ta¬
mis renversé y comme a été dit au
Ltaphœnic , & ailleurs , & four les
fubtilifer davantage, il les faut tri¬
turer avec le fuccre dans un mor¬
tier de marbre ,fi fubtilement qu'il
fe fourra avec l'Amydon_lavé, qu'on
aura auparavant & k fart mis en
poudre fubtile : cela fait , faut ma,-
laxer le tout comme dit Bauderon.
Ceux qui fe ferviront du Juc de
Regliffe blanc tiré fans feu , comme
nom avons cy-devant dit en la re¬
marque de la Eheriaque , auront un
Bechique incomparablement flm ex¬
cellent en toutes fes parties , qu-'a-
vec le noir.
Tcq;
Ooo J
47*
Livre /. Seâion X /.
ïerois icy & ailleurs , que nos
Trochifci BechicI albi , incerti
Au(5toris.
Fui. Iridii Florentin di
Idmyli ; mriufque une. unam &
dimid.
Sacchari cryflallim , &
Fenidiarum , utriujfue une. qua¬
tuor.
Sacchari alhi ,ltb.unam.
Cum muccagine Gurnmi Tragacan-
thi , aqua Rofarum extrada , for¬
ma paHillos figillo aliquo ,Ji vis,
ebjîgnatos , qui Jiccati ujùi re-
fonantur.
FARAF H RASE.
L'Authetir de ces Trochi'q.ues»
ou Pilules fiiblingucs ( qui ont
pris leur nom , & fornom de leurs
effets } & couleur comme les prece¬
dentes ) nous cft incertain, lelquelles
neantmoins font fort ufitées & ap¬
prouvées. Leur bafe eft l'Iris d'£f-
clavonie , ou en lôn lieu celuy de
Florence : incifif, atténuatif, & de-
terfif des matières craflès & vilqueu-
fes contenues és poulinons , & poi-
étrine. Sa vertu deterfive cft augmen¬
tée par le fticcre Penides. L'A-
mydon & Tragacanth y font mis,
tant pour incraftèj: les rheumes fob-
tils , que pour corriger lapreté &
ficcité de la trachée artere , causée
d'iceux , & pour donner corps à la
malfe.
LE MELANGE.
Le mélange & repofition n’eft difo
fèanblable aux precedents. le defi-
thicaires fiiffent plus curieux de br
honneur , & profit des malades, me
de leur gain propre, & qu'ils cora-
pofaffent ces foblingucs ('comme il
eft dit cy-deffus ) plutôt qu'avec li
grande quantité d'Araydon , & le
Succre fin, fans l'Iris , & Sucere can¬
die comme ils font,
LES FACVLTEZ.
Ils foulagenc mervcilleulèment
ceux qui font fojets à la toux, & à la
difficulté de refpiration.
R E M A R QV E.
BAuderon baille le mélange de
ces Troehifques femblable à ce¬
luy des precedents : mais il me [em-
ble quel doit être different ,& four
y procéder plus méthodiquement; il
faut prendre chacun des ingrédient
feparément en poudre fubtile; le mu¬
cilage de la Gomme Adraganth
doit être extraiêi de la plus blan¬
che & déliée avec de l’eau Rofe,
d’une confîffence épaiffe & pajfé a
travers un tamis fubtil , mêlé avec
un blanc d’œuf frais , puis faut mê¬
ler le tout dans un mortier de mar¬
bre & les malaxer un long tems,
'& en apreT^ en former des petits
Troehifques , eu petits bâtons qu on
fera feicher en un lieu fee i & ist
préparation s’en doit faire en tems
fec & non humide.
Formiite
Deâ Trochifqiies.
A79
Formulæ Bechicæ inccrti
Au<Sloris.
Fui. Diaireos Jimfl. &
Diatragacanthi jHgidi recens
prsparati , utrinfyue drach,
très.
Ful.rad.Glpcirrhifa per denfum fe-
cernkulurn tra eSha , drach. fex.
Sacchari cryBaUini tenuijjimè triti,
lih.femiÿ.
Sacchari albi pulverifati, lib.unam.
Cm mmcagine Gummi Tr gacan-
thi aqua Rofanm extraSba , for-
mentur orhiculi , qui ficcati ujui
repenatitur.
7ARAP HRA SE.
G Es formules font plus plaifàn-
tes que les precedentes , tant
Eur incraficr les rheuines decou-
; d’ans la poidtrine, que pQijr dg-
terger la matière y contenue.
REMAROVE.
CEtte formule a été ajoutée dans
la Paraphrafe par Bauderon
pere , en la fiK.iéme édition de fa
Pharmacopée , laquelle n’eft point
améprifer. Pour le mélange, il
fàm garder le modm faciendi des
precedents Trochifs , que fi on y
djoute deux grains de Alufc , &
autant d' Ambre gris , on rendra
« remede beaucoup pins agréa-
oie, dr recherché des perfonnes dé¬
liâtes.
Trochifci Ramlcli , D. Mef!
Succorum Rumicis, id efi , Ace-
tofa , vel ejus loco fitcci Cydonio-
rum mmat:urorim,unc. fedecim.
Succi Baccarurn Jbfyrthi , ttnc. qua¬
tuor.
Omphacii , id efi , Agrefta , drach.
feptem.
In hti juccü parum bulliant.
Gallarum Cyprejjl recentium , curio-
sè tritarum , une. très.
BaccharumMyrthi contufarum,mc.
duoi.
Rofarum rubrarum , une. unam.
Colatura immitte fequentem pul-
verem.
Santali citrini , drach. decem.
Gummi Arabici , une. unam & f-
mifi.
Rofarum rubrarum ,
Garnis Rhoü ,id efi , Sumach ,
Spodii ifing. une. unam ,
Ltgni Alo'és ,
Caryophyllorum ,
Macis , &
Nucü Mofehata , fin gui. une. di-
mid.
Deinde in fcutella lapidea , vet
terrea uitrata foli exponantur^
dum ficcentur , pofi tere minutim
& cum
Caphura , aureo uno , id efi , feru-
pul. quatuor & aqua rofatum,
fac Trochifeos , in umbra fic-
candos.
jNonnulli arotnatiXant Mofehi drac h,
mius epuarta parte , hoc efi ,
granü i 8, & non ly. & repo-
nunt ufiti.
PARA
480 Livre l
PARAPHRASE.
RAmich efl: un nom Arabe dépra¬
vé ( félon quelques-uns) de Ru-
mex, Rumicis, qui eft le Lapathum de
Diofcoridcjdont il conftitué plufieurs
efpeces i du nombre defquelles eft
nôtre Ozeille'-, diôle Oxalis & Ace-
tofa , icy inife, au commencementj
& en plus grande quantité qu’au¬
tre qui foit tenant lieu de bafe. D’au^
tres-eftiraéc qu’il fignifie Galles,pour-
ce qu’il y en entre allez bonne quan¬
tité , fe fondant fur l’authorité de
Serapion , au livre des fimples , cha¬
pitre i4o. dépravé icy comme ail-
laus. Cette opinion efl: allez légè¬
re: car qui lira foigncufèment les écrits
de Sarapion & de Meftié même, il
fera contraint de confeffer , que ce
nom fe prend , non feulement pour
un médicament adftringcnt , mais
pour tout autre. Que s’il eûtfigni-
fié le foc d’Ozeille , il eût dit en
vain que quelques-uns prennent eh
fbn lieu du fiic de Coings non
meurs , pour fbn adftridion requi-
fc. La bafe fera l’un ou l’autre de
ces focs , i’adftriétion defqucls efl:
augmentée par les focs de Myrtil¬
les , & d’Aigras, Sumach ,& Galles
de Cyprez , communément appellées
noix , qu’on doit prendre pour les
remedes internes , plutôt què celles
de Chêne , dont fe fervent les tein¬
turiers , ainfi que dodement Nicol.
Præpofitus nous a laillé par écrit. La
vertu réfrigérante de la bafe , eft au¬
gmentée par les Rofes , & foc d’Ai-
gras. Leur vertu terreftre & adftrin-
gente eft conduite au cerveau par
les Getofles, Sc bois d’Alo'ês : au
SeBion XL
foye par le Santal citrin , & Spode.
Le Macis , & Mufeade y font mis
pour la defenfe du ventricule , con¬
tre la nuifance de la bafe. Le Mufe
du cœur , & matrice. Le Camphre
y eft mis pour par fà tenuité de par¬
ties , faire penetrer & fetvir de vehi-
aile aux adftringens. La Gomme
Arabique y eft mife pour corriger
l’àpreté , & ficcité de toute la corâ-
pofition.
L E . MELANGE.
Le bois, de Santal & d’Alocs à
demy pulverifez on y ajoutera les
Gerofles , & Sumach jj uis la Muf¬
eade , & Macis ; finalement les Ro¬
fes feiches. Il faut piilverifer à part
la Gomme Arabique , le^ Spode , le
Camphre , & le Mufe, puis on les
mêlera avec les autres , horfinis le
Camphre , & le Mufe. Cela-fait on
fera premièrement bouillir les Ijloix,
ou Galles de Cyprez fort concalïées,
& Myrtilles dans les focs d’Ozeiliej
ou de Coings,& de Myrtilles, & d’Ai¬
gras , afin que leurs vertus y foient
plutôt transférées, finalement les Ro-
fês. En la colature dans un plat df
terre vernifsé, on détrempera les pou¬
dres , lequel fera tenu au Soleil
chaud, ou dedans uneTtfluve , ou
for les cendres chaudes , en remuant
quelquefois , jufques à ce que Tlui-
midité fbit évaporée Puis derechef
on refobtilifera la poudre' , à laquelle
on ajoutera le Camphre & le Mufc;
Aprez avec eau Rofe on fera une
pâte, dont on formera les Trochif-
ques, qu’on feichera & gardera com¬
me dit eft. Il foffira à l’Apothicaire
d’en dilîîper la quatrième ou huitie-
Des Ü’rochifques. 481
jTK patrie , pource qu’ils font fort
peu uncez, horfinis aux compofitions
des Anciens J comme auDiacodium,
Gallia Alephangina, Emplaftrcs Dia-
phœnicon de Mcfiiéj aux Trochif
qiies de Terre figillée , & quelques
' autres.
LES EACVLTEZ.
Ils fortiiîenc le ventriculcjle cœiu'j
le foye debiles , les yifoeres , & in-
teflins trop lâches : appailent le cho¬
iera morbus , & rendent l’eüprit tran¬
quille : arrêtent toute éruption de
(angjen le mêlant avec d’autres mé¬
dicaments qu’on fouffle dans les nar-
rincsj s’il découle p'ar là.
REMARQVE.
MEÇué efl confirme en tout fies
Antidotairei , & demande de
faire deux decoEiions , la prerme-
re eji celle de la fernence , ou bayes
de Myrtilles avec les Rofes , la fé¬
condé veut quelle fait faite de Gal¬
les vertes dans la colamre de la
frontière , & quelles y demeurent
en fuhiîance avec les ingrediens
de U poudre. UAutheiir du mèlan-
Ifen reformant le modm faciendi
de cette compofition , a réduit les
deux décollions en une , & efl con¬
traire a Mefu'e qui veut que les
Galles entrent en fubîîance dans
‘a compofltion , & luy les met dans
‘a decoSiion , & après la celature
ee jette , ce qui me fait dire apres
oubert, l' Autheur du Luminaire
taajus, ceux du Lumen Apotheca-
riorum , du Thefaurm Aromatario-
aum , (jr le Guidon des Apothicai¬
res , que nom de-Vons fuivre la mé¬
thode de Méfié , & laijfer celle de
Bauderon.
■ Il efl auffl a remarquer qu’au lieu
des Galles recenses on y a mis les
noix de Cyprès , ce changement a été
fait après la quatrième édition de
Baud. j’eiiime qu’on ne le doit pas
fuivre , k moins que les Galles nous
manquent , c efl pourquoy il faut
dijpenfer ces Trochifques fuivant
Méfié, ou de quelques dif^enjaire
qui luy foit confirme.
Trochifci de Karabe,D.Mef.
yè. Succini, id efl, K arabe , Au-
reos fex , hoc efl,unc.unam.
Cornu Cerui ufli,
Gummium Arabici ulii,
Tragacanthi ,
Acacia vers, , vel ejus penuria no-
firatis,
Hypociflidis ,
BalauSiiorum ,
Mafliches ,
Coralli rubri ufli,
Laces. , &
Seminis Papaveris nigri affl, fingul.
Aurebs duos , feu ferup. oito.
Thuris,
Croci , &
Opii, fingul. Aur.unum ,& dimi-
dium,feu drach. duas cummuc-
cagin. femin. Pfyllii , forma Tro-
chifeos , & repone ufiei.
PARAPHRASE. -
PAul Eginete, Aduarius » Oiiba-
fius , Marcellus , & Rhafis décri¬
vent des Trochifques de fcrablable
P PP noiHj
§2- Livre L SeBton X 1.
nom J qui ne font point ufités ; mais
ceux-cy décrits par Mefué en k di-
ftinétion huitième des Trochiiqucs,
lefqnels ont pris le nom de leur ba¬
ie le K arabe , mot Perlique & non
Arabe. AYiccnne livre r. traitcé 2.
chapitre .371. qiiæft. 9 1 . qui cft l'E-
leétmm des Grecs j ou SiiCcinum des
Latins 1 ou Ambre jaune, donc^pn
fait des chappelets pour les femmes.
L'Aftriélion de la baie eft augmen¬
tée par l'Acacia , Hypociftis , &c.^
l'incrallànte par les Gommes , &
Opium : le Saffian. y eft mis , pour
la defèncc du cœur , contre l'injure
dudit Opium : Sc le Maftich du ven¬
tricule : la Laque du foye : le muci¬
lage du Pfyllium , pour'adoiicir , ôc
corriger l’âpreré & liccité de la baie».
Sc donner corps aux Trochifques, &
conferver leur vertu.
Z£ MELANGE.
Il faut premièrement calciner ou
brûler la corne de Cerf & le Co¬
rail , & torrifier la Gomme Arabi¬
que, & la femence de Pavot noir
fur une pelle de fer chaude , puis les
pulyeriier chacun à part , comme
auffi l'Ambre jaune, le Tragacanjth,
le Maftich , l'Encens , le Safiran,
rl'Opium , & la Gomme Laque, l'A¬
cacia , & Hypociftis incifez fort me¬
nu , iè pulveriièront aisément avec
les Balaiittes concaiiéts , ( auiquel-
les pour empêcher qu'elles n'adhe-
rent au mortier ) on ajoutera une
OU deux Amandes amtres , cela fait
©n les mêlera toutes enfemble, pour
ks mala.'.er avec le mucilage de Plÿl-
hum , tiré avec eau Roiè, ou de Pian-
tain, dont ôn formera des Trochif¬
ques du poids d'une drachme, qu’on
feichera à l'ombre , & gardera au
befoin. Aureus eft le nom d’un poids,
qui vaut la fiziéme partie -d’une
once , qui font quatre fcnipulcs,
ou une drachme & demie , fe-
Ion Salernitanus , qui conflituë ,( &
mal ) fon once de 9. dragmes
pour 8.
LES EACVLTEZ:
Ils arrêtent par leur adftridion
l'éruption du làng , de quelque part
qu'il vienne , loit des narrincs , bou¬
che ou matrice , &c.
R E M A R QV E.
IE ne fuit comprendre peurijmy ■
efl- ce que Mefré preferit de bru- \
1er en ces Trochifques la corne de ,
Cerf, la Comme Arabique , le Co¬
rail rouge , & la femence de Pavot
noir : car par le moyen de l'uBion
toute ^ cette humeur gluante ,feiche
& terrefire qui lie & ferre fi étroi¬
tement les diverfes parties qui corn-
pofent un mixte froid & adSirin-
gent fe c on fume , & de fioid quil
étoit auparavant , il devient chaud
& acre , ainfi que nous voyons ar¬
river aux cailloux , & etux co¬
quilles qui fe reduifent en chaux,
& d’infipides deviennent fales, acres
& mordicans ; ce qui me fait dire,
que fl les ingrediens fm-nommes,
acquièrent ainf de la chaleur, &
que la corne de Cerf perde entière¬
ment fa vertu , comme a été cy-àe’
vant dit , que tels rnedicamens M
conviendront point à ce que Mejf^
les ^defiine. Ce que fen dis ce n ej
485
Des Droch 'tfqucs.
m pour glojfer fur la doBrine de
ce grand genie de la Medecine,
„stu pour en pajfant dire mon fen-
timent > comme je fais en tout autre
rencontre.
L’Jmbre jaune doit être prépa¬
ré fur m porphyré,& réduit en fub-
tiles parties avec l'eau de plantain.
Il ne faut point ajouter d'jAmandes
ameres pour empêcher que les Ba-
laufies n adhèrent au mortier. ,
Trochifci de Terra Sigillata,
D.Mef.
IL. Gttmmi Arahici ajfi,
Trochifeorum Ramich ,
Fotior.flor-um Rofarum rubranm,
f Gummi efl ar-
1 bonis Draco
nominata, in
j infulis Cana-
1 rijs luxurid-
SanguinkDraconis'^ tis : quod k
I colore sdguis
j Draconu in
. lachrymkho-
I die nomina-
'v. tur.
Semink Rofar-um,
Amyli affi,
Spodii J
aicacia ver a , vel ejm defeêlu tan-
tundem nofiratü ,
Hypoeiflidii ,
EupHidis, id efl , fucci folior. Ci-
ftidü, in hujus penuria dofis Hy-
pocifi. duplicetur ,quoniam Jîmi-
les -vires oh'tinet ex Avicenna
hb.i.fimpl. cap. 3,^0,.
Eapidie H&matitis ,
EaUuïiiorum ,
Boli Armena,
Terra Sigillata ,
Sedenagi , id efl, Acinorum Jldali
Granati qui magis his compe-
tunt quam femen Fumaria , aut
Cannabis ex Avicenna ,in Syno-
nymis ,
Coralli rubri ,
Succini vulgo Karabe ,
Seminis Portulaca ajfa ,
Jdornu Cerui ufii,
Thuris mafculi,
Gallarum Cup reflî,
Croci , fîng. drach. duos.
Jldargaritarnm ,
Gummi Tragacanthi , &
Sern. Papaveris nigri , fing. drach.
unam & femiji.
Cujn aqna ( vel fucco tanquam. po-
tiori ) Plantaginü , forma Tro-
■chifeos in umbra Jiceandos , &
ufui reponendos.
T ARAPH RASE.
CEs Trochifqiics ont beaucoii^
plus de force que les precedents
de K arabe, foit intérieurement pris
ou extérieurement appliquez , pour
arrêter le fàng-dc quelque part qu'il
provienne, pourveu qu'ils foient dif-
îbus avec liqueur convenable. Me-
faé. Ils ont pris le nom de leur
bafe , la Terre figillée , qui non feu¬
lement de fa propriété de fubftan-
ce, refifte aux venins , mais auffi de
là qualité manifefte arrête tonte forte
de flux.
,ZE MELANGE.
Il faut premièrement calciner , ou
brûler la corne de Cerf , & torrifîer
Ppp a for
484 Livre L
fur une pèle de fer chaude j la Gom¬
me Arabique , l’Amydon & la fe-
mence de Pourpier : puis feront fub-
tilement pulverifez chacun à part:
de même le l^ng de Dragon hn en
larmCj tel qu on l'apporte des Ifles
Canaries & non du brouillé. Les
Trochifques de Ramich , le Spodey
la pierre Hématite le Bol de Levant»
la Terre figillée , le Corail » l'Encens,
le Karabe , le Saffi-an , les Perles , &
Gomme Tragacanth, comme a été
ailleurs déclaré.
Il faut pulverifer enlèmble les Gal¬
les ou Noix de Cyprez , la lèmence
de Pavot, les Pépins de Grenades,
les Balauftes , les lues d'-'.cacia, &
Hypociftis , les Rôles & leur Icmen-
cc contenue au ftiiiét , lequel étant
meut eft rouge , & non ces petits
grains jaunes qui loilt au milieu de
k Rofe , lefquels feichez font noirs,
& fauflément appeliez de quelques-
uns Athera , qui eft le noin d'une
compofition anciennement ufitée, &c
non CCS petits grains-là. La poudre
parachevée , lèra malaxée avec leCic
de plantain dépuré. Puis de la pâte,
on formera des Trochilqucs , lef¬
quels feichez à l'ombre feront gar-
,d^és au befoin.
LES FACFLTEZ:
Ils conviennent au crachement
de fang , beus avec eau de Plan¬
tain, à l'hemorrhagie du nez, en
liniment au f ont , & aux purga¬
tions immodérées des femmes , en
injeétion. dans la‘ matrice , ou en U-
niment aux parties honteules , en
injeétion à la veflie lors qu'on pif-
fe le kng, & aux autres hemorrha-
Seciion X L
gies appliquez fur la parlàe d'où le
kng coule.
REM4RQJ/E.
MEfué fe fert dans ca Trochif.
durnoE de SedenagiJ^
quel mot eft diverftment imrpre-
té par ceux qui ont tourné /«
vres da Médecins Arabes en La¬
tin, fuivant Mefué , Sedenegi figbi.
fie Blatta Biz.antia, fuivant Sèra-
pion & Rhafis Sedenigi fignifie Lap.
cÆmatitss fuivant Avicenne Sede-
aegi eft expliqué comme nous avons
cy -devant dit en la Remarque du
Bhylonium Perficum en trois diver-
fies façons , pour Hamatites, Amy-
ftum , & pour Seminis Granatorm.
Voila les interprétés de trois célé¬
bra doileurs Arabes differens fur
ce met j il eft vray, que parce qu’il
y a quelque lettre plus ou moins
en un met quen l’autre, ils peu¬
vent fuivant ce changement figni-
fier diverfies> chofes , neantmoins il
me femble que nous ferions tort À
Méfié, puis que la compofition ef
fienne , de préférer une. autre ex¬
plication a celle de fin interprété,
à moins que le Blatta Bit-antia
nous manquât , on y pourrait fùh-
ftituer les pépins de Grenada , &
ceux qui feront privés de Lun &
de l’autre , fe trouve qu’il fera a
propos d'y fibBituer le Lapis Hé¬
matites.
'Nonob.Bant que Baud^ron fi foit
fisjfifamment expliqué, quelle. eft. &
oMrefide la vraye femence de la Ro¬
fe , je diray que beaucoup par fau¬
te de leHure s’imaginent que les pe¬
tits grains quon trouve, parmy lu
T>es Trochifque^. 485
fiieiHes h Réfesfeiches ; ^ui rejfem-
hltnth la fmence du Pourpier,Joient
U vraye : mais au contraire c'efi
l'excrement des petits vers qui s'en¬
gendrent parmy les fueilles des Ro-
fes quelques jours aprez. les avoir
frites feicher d'une hutnidité étran¬
gère qui procédé de l'air qui fi
joint avec une humeur crue indi-
gefie que la Rofi porte de fa naif-
frnce , ainfi qu'il a été cy- devant
dit , en la poudre de Diarhodonis
Ahhatis. Ce ne feront pas non
fine ces petits grains jaunes qu'on
appelle pfcules , qui font atta¬
chez au milieu de la rofi , comme
quelques-autres croyent ; mais elle
eji contenue dans le petit bouton
que. les Latins appellent Caput Ro-
frrum , & les François pied des ro-
fes , & c'efi celle qu'il faut employer
en cette compofition & en toute au¬
tre. Il faut fiavoir que de tous les
Rofiers , il n'y a que ceux qui font
les Rofes fmples qui portent de fi-
menee , èf il efi fort rare que les
doubles en portent.
Pour la terre Sigillée , il faut fub-
flituerle Bol de Levant far ce que
toute la terre Sigillée , qui efi en
cours de marchandife efi faujfe &
JÙppofée.
Collyrium , feu Trochifci aibi
Rhafis.
Cerufi aqua Rofarum Iota,
drach decem
Sdrcocolla crajfioris in laite mace-
rata, drach. très.
Amyli, drach. duos, ( hu] m non memi-
ait Rhafs , habet Matthans de.
Gradi comment, in Rhafm.)
Gummi Arabici , ( ex D- Anthonij
Saporta Dollor. Àfonfielienf. pra-
ceptoris noflri confilio ) &
Tragacanthi , utriufque drachrn-
unam.
Caphura,drach.femifi. ( cum Sylvioy
& funt -albiores quam cum Opio,
ut annotât Rhafs.)
Singula per fi pulverâta & mixta
excipiantur aqua Rofarum, vel
lailè muliebri cum Rhafi , & for-
mentur Trechifriparui, qui ficcati
reponantur ufui. Opium utendi
ternpore addi poteft , fi necejfitas
eogat..
PARA? HRASE.
CE que les Arabes appellent SieR
nous avec les Grecs l’appelions
Collyre, remedc propre', & paicicu-
lier pour les yeiix,comrne les Peflàires
à la i-natrice,lcs clyfteres pour le lîege.
Il efl; appelle blanc par Ibn inventeur
Rhafis au ÿ .livre à Alnianlor , ch. i y.
pour faire différence des autres de
lèmblablenom’, qui font d’autre cou¬
leur. Nous y avons ajouré l’ Amydon,.
par l’avis de Matthieu des Degrez, au:
commentaire qu’il a écrit fiu ce chap.
& la gomme Arabique, par l’avis &
confeil de feu M. Anthoine Sapor-
te , l’un de nos maîtres , pour lors
Chancelier, & Proftllèur Royal , en
l’V nivcrfité de Montpelief , homme
très - docte , & grand praticien.
Sylvins au commentaire qu’il a
écrit fur ces Trochifques , au lieu,
de l’Opium , il y met du Cam¬
phre , par ce moyen ils ^en font
plus blancs , & fort convenables
pour conlèrver la veue : mais moins
P ,p P 3 ano'
4^^ Livre L
anodins pour les grandes ophthal-
mies. Que s’il avient, on l’y pourra
ajouteri & en telle q^uantité qu’il fe¬
ra necelîàire. Avicenne Fen tertii
traétac. i. cap, 9. pouree on prendra
le Camphre , afin qu’ils foient plus
blancs , & non l’Opium qui les rend
noirs.
LE MELANGE.
Il faut pliifîeurs fois laver premiè¬
rement la Cerufè avec eau Rolè, puis
la feicher au Soleil , dans une écuel-
le & la couvrir d’un linge blanc,
pourcaufè de la poulhere. On choi-
lira de la plus groll'e Sarcocolle , qui
fbit entière & nette, auparavant nour¬
rie au iaiét de femme pour corri¬
ger fon acrimonie. Le Coll/re en
fera plus an'odyn , qu’on pulveri-
fera tres-fubtilement , comme toute
autre forte de drogue deftinée pour
la veuë , pour caufe du fèntimé^nt
exquis de la conjonëlive , ou mem¬
brane adnace, de même l’Amydon,
Gomme, & Camphre fèmblable poids
que d’Opium chacun à part. Cela
fait, on les mêlera, avec un peu d’eau
Rofè on en fera une pâte , de la¬
quelle on formera des Trochifques,
de telle, figure qu’on voudra , les¬
quels fcichez à l’ombre , feront gar¬
dez au befoin.
LES F AerLTEZ.
Ils conviennent à plufieurs mala¬
dies des yeux : temperent leurs dou¬
leurs &: inflammations, arrêtent les'
fluxions , detergent la matière, deS-
fèichent & corroborent.
SeBion X h
remarque.
Pour procéder méthodiquement
A la lotion de U Cerufi après
lavoir choifie & paj]'ée par le ta-
rnii renversé , U en faut prendre
une livre , la mettre dans une bou¬
teille de verre , & verfer pardef
fus environ dix livres d'eau de fon¬
taine , eu de telle autre qui fait pu¬
re & de la meilleure , puis lu agi¬
ter long-tems enfemble , cela fait lu
faut laijfer raffoir l’efface de vingt-
quatre heuru , & vuider l’eau par
inclination , & y en remettre in-
confinant d’autre que faut agiter
comme dejftu , continuant la meme
operation par cinq à fix fois , &
pour la derniere , après en avoir
exaBement feparé l’eau commune,
qui voudra y jetter une livre de
bonne eau Rofè ( non qu’elle luy
communique autre qualité , comme
je croy, que fon odeur) obfervant l’a¬
gitation que dejfus, on en pourra puis
après former des petits Trochifques,
& ainfl elle fera bien lavée & pré¬
parée. Il efi aujfi a propos de la¬
ver l’Amydon, pour en feparer quel¬
que mauvaife qualité , qui pourrait
procéder du mélange qst’on y fait
comme de la chatix vive.
DeTrochirds alcerantibus,
& aperientibus.
Trochifei de Caphura ^ V.Mif
y. Caphura,
Amyli ,
Cardamomi ,
Dej Trochifaties. 4S7
# Uitti Jloës, fing. fcrup. duos.
Sminum quatuor frigidor. nia]or.
mandat.
Cummium Jrahki, &
Tragacanthi
Croci &
» Spk<t Nardt , fingul. ârachm.
unam.
Clycyrrhiz.it recentù raft & inci-
fa, &
Spodij , utriufq. drachJuas.
iantdi eitrini , drachm. duas &
femij?.
^ Smhari alhi ( cryftallini fo-
ÜHi,) &
* Manna, uriufq. drach.tret.
Rofarum . ruhrarum , une. dimi-
diam.
Cm mucjcag.. femin. Pjyllij aqua
vei fucco Rofarum extrada
compone faÛillos ufui repo~
nendos.
PARAPHRASE.
LEs Tiochifques de fêinblable
nom J décries par Avicenne au
livre cinquième traiccé ü. par Sera-
pion au traitte 7. chapitre i 8. par
Rhafis au 9. livre à Almanfor cha¬
pitre 68. ne font pas pour le jour-
d’hjy uficez -, mais ceux-cy décrits
par Mefùé en la huitiéme'diftinétion
de fon Anridotaire. le ièrois de Ea-
vis de Sylvius , que le Nard Indi¬
que , le bois d'Aloës , & le Carda¬
mome fuirent oftez , pource qu’ils
mnt trop chauds pour les fievres ar¬
dentes J & inflammations du foyej
J^entricule , & poitrine. De même le
luccre Sc Manne , pource qu’ils font
en bref pourrir cts Trocliifques ,,
^nû que bexperience montre : ce
qui n’advient pas à ceux , où l’on
n’en met point. Myreplus. en dé¬
crit en la Scétion 4 1 . chap. 6 1 . qui
ne font à rejetter , & qui ne cèdent
à ceux-cy. La bafè Ibnt les rofes
mifes au commencement par Mefué
delquelles ils n’ont peu prendre leur
appellation J pour ce que deux autres
que nous décrirons cy - aprez , en
font nommez : mais du Camphre
que nous avons mis au commence¬
ment , commençant par moindre
dolè J & finillànt par la plus gran¬
de , & dilpolànt chaque médica¬
ment en fon ordre. Il eft icy mis
pour par là tenuité de parties , fai¬
re penetrer la vertu des rofes ^
Gommes, Spode , Amycion , lefquels
incraflent les fluxions qui tombent,
à la poitrine. Lai Reglilfe , & lùccre
Candit y conduilènt leur vertu, com¬
me le Santal, & Spode, au foye. Les.
lemences conduifent par la voyc de
rurinc la bile & les lèrcjfltez. Le mu¬
cilage de'Plÿllium y eft mis pour
réfréner leur acrimonie, adoucir, de-
teiger , & corriger la ficcité & âpre¬
té des adftringents , &: de la tra¬
chée artere , donner corps aux
Trochifques , & conferver leur
vertu.
LE MELANGE.
Au Santal à demy pulverifé on:
ajoutera la regliffè ratiflée , & inci-
lée , fur la fin les rôles. Les gom¬
mes feront pulverilees chacune à.
part dans un mortier , & pilon
chauds , & aprez pelées ce qu’il en
faut. Les lemences froides mGndecS:^,
feront hachées lùr un pa}ier blanc,
avec un tranchet dé Cordonnier
&:
488 Livre h
& reHibtilifëes avec les^autres pou¬
dres dans le mortier. Il faut auflî
pulverilèr à part l'Amydon , le Spo-
dej & Camphre. Cela fait toutes les
poudres feront mêléeSj puis malaxées
avec le mucilage de PfÿHium > tiré
avec eau ou fuc de rofes j dont on
formera des Trochifques , qui feront
gardez. Àinli faits fans les cinq in-
grediens fus mentionnez marquez
par une * ils feront très- excellents,
à ce que Mefùc promet , fàuf d'y
ajouter le fiiccre candit , & man¬
ne au temps de la necelîité. Si¬
non qu’on préparé les liûvans de
Myrepfus.
LES F AcrLTE Z.
L’iuagc de ces Trochifqiies eft
fort frequent , aux fieyres ardentes,
pour temperer l’ardeur de la bile &C
du fang , l’intemperature chaude du
ventricule & du foye , & la foif
excellîve qui en procède : comme auffi
à la jaunillc , à la phtliifîe & fievre
hectique.
R E M A R Q.V E.
CEux qui ont traduit les oeu¬
vres de Mefué , oufes comrnen-
tateurs femblent avoir ignoré la
différence qui efl entre le' Têre-
mabin & la Manne, de ce quen
beaucoup de compofitions , ils ont
pris un mot pour l’autre , & quoy
qu’ils [oient tous deux produits des
Affres & qu’ils tombent de l’air en
forme de rojee , fi efi - ce néant-
moins , que la différence en efi gran¬
dement confiderablp pour l'ufage
de la Médecine : ce. qui a été fort
Seéîîon X L
bien obfervé par Avicenne , & par
Serapion , qui en ont traité diverfe-
ment en deux chapitres fiparez,. Car
en premier lieu U Manne fort peu
de temps aprezi qjée'Ue efi tombée
fur les plantes ou fur les pierres,
elle s’y endurcit , & on l’amajfe en
grains, & en greffes larmes , ^ h
Tereniabin au contraire demeure lu
quide comme le miel , tel qu’on le
recueille fur les plantes , fans que
la concrétion de l’un , & la fluidi.
té de l’autre procédé , comme Mat-
thiole s’ efi voulu perfuader, delà
qualité & vertu des diverfes plan¬
tes ou ils tombent. De pim la
Manne efi purgative , & le Tere¬
niabin ne l’efi prefque point , par
ce que fa vertu purgative fe trou¬
ve diffufe dans une humidité fu-
perflu’é d’on vient qu’ils different
en leur température de même
quen leur vertu. Ce qui nom doit
faire obferver dans cette confu-
fion , lors que la Manne nom efl
preferipte dans une compofition,
telle que les Trochifques de Ga-
phura , de Berheris ,& d'Eupatoi-
re , d’y mettre en fa place le Te¬
reniabin, & dans une compofition.
purgative comme la ConfeÜion Ha-
mech', l’ Eleébuaire rofit de Me¬
fué & autres , il y faut mettre la
Manne. Mais on me dira que
nous forâmes entièrement prive^da
Thereniabin , & de la vraye con-^
noiffance d’iceluy , a cela il efl aifi
de répondre, en difant que c’eft plu¬
tôt notre négligence qui nom fait i^-^
norer tous les deux, que la difficHlte
qu’il y peut avoir d’en recouvrer du
Comté de Geritie , es terres de Friu-
li prés de Henife , ou Matthiole en
Des Irochifques. 489
Çes Commentaires fur Diofcoride li¬
vre f rentier chapitre 7 5 . delà Suye
à' Encens , dit avoir veu en l'an
ij4(î. de deux fortes de JiSanne
liquide & grainée , ou du grand
Cuire d'Egypte , où il s" en ^orte,
^fen débité grande quantité, pour
U conférer avec cette rofée qui tom¬
be es environs du S. ejprit. en Lan-
^uedoc , comtne je diray plut parti¬
culièrement cy-aprez. aux Trochif
tjues de Berberis , & que fi elles fe'
trouvent conformes en toutes leurs
f unies , comme je rten doute nulle¬
ment, nous ne ferons pas obligez, k
l'avenir d'emprunter des étrangers-,
ce que nous pouvons facilement re¬
cueillir dans nôtre pays -, finon il
nous fera aujfi facile d'en faire venir
de loin, ou bien de pre"^, comme il en
efi des autres drogues.
Il faut en ces Trochifques laver
ÏAmydon , aprez. l’avoir mis en
poudre & fubtilement pafié par un
tamis pour en feparer quelques im¬
mondices comme de l'écorce de Fro¬
ment, & autres petites faletez ; ou¬
tre que par la lotion on errsportera
Iqfaleure cU4a chaux fi on y en a
mêlé , comme quelques-uns pra¬
tiquent.
Trocliifci alij de Capliura , D.
N. Myrepf.
Caphura , drach. femifi.
Croci , drach. duos,
jimyli , drach. très.
Kofarum ruhrarum ,
Gummi Arahici , & ■
Traga’canthi ,
^podq ,fing. une. femifi.
Seminum Cucumeris mundati, &
Portulaca ,
Glycyrrhiza rafe , fingul.unc.unam.
Cum muccagine femin. Pjyllq , ex
aqua Rofarum extraôia , fiant
pafiilli , qui in umhra ficcati,
U fui reponantur.
PARAPHRASE.
CEs Trochifques font décrits par
Myrepfis an livre preallegué»
dclquels le nom , balè , & mélange,
cft tel que des precedents , & leur
ulàge beaucoup plus allcuré que d’i-
■ ceux , en tout ce que Mclùc promet.
Pource je ferois d'avis que les Apo¬
thicaires les preparalfent plutôt que
les autres : s'ils n’aiment mieux re¬
trancher les cinq ingrediens y men¬
tionnez marquez d'une étoile , coiTl-
mc nous avons dit cy-devant.
LES FA-eVLTEZ,
Ces Trochifques ont les mêmes
' vertus, que ceux de Mefùé. Mais
leur ufage en efl: beaucoup plus feur,
d’autant qu’il n’y entre point de cho-
• fes chaudes : & partant font fort pro¬
pres à la chaleur du foye.
REMARQ.VE.
En ces dernier es éditions de la
Paraphrafe de Bander on , qui
ont été veués & reveu 'és par Sau¬
vageon , s'eft glijfé une faute confi-
derahle j au lieu que dans toutes
les precedentes éditions , comme au fi
' dans l'Antidôtairede N icolatss jMy^
repjùs , on y lit Croci drachm. duos,
& dans celle-cy on y Ut Croci drach-
t^q q mam
4^ Livre L
mam femijftm , qui efi la caufe que
fay remU la defcription cy-dejfus en
fin premier état , qUoy que pojfible
cet Autheur^l’avoit fait expreti., corn-
meily a beaucoup d'apparence.
T^ociiifci de Spodio cum femi-
iic Acecolæ , D- Mef.
y:. Rofarum rubrarum , draehm.
duodecim.
Spodij , drach. decem.
Semitmm Acetofa , drach^fix.
Portulaca &
Coriandri ex Aceto praparatty
& torrefabti ,
.Pulpa Sumach ,Jîng. drach. duos &
fimifi.
Amyli afjî ,
Florurn Balaufiiorum , &
Bascarum Berberù , fing. draebm.
duos.
Gummi Arabici afii, drach. mam &
femifi.
Omphacq, id efi , fùcci Fvarum im-
rnaturarum , quantum fujfcit,
' forma pafiillos , quibut uteru cum
fucco aliquo adfiringente.
PARAPHRASE.
CE s Trochifques ont pris le nom
de leur bafe le Spode : le liir-
nôm pour la différence des autres de
fèmblablc nom , où n'entre la fèmenT-
ce d ozeille , qui ne Ibnc ufîtez , non
plus que ceux qu' Avicenne décrit
au livre j. traicté i^.Serapion traitcé 7.
chap. 1 8. Rhafis livre 9. chap. 72.
Myrepfus Se(ftion 4 1 . chapitre j 2.
Les autres médicaments y font mis,
tant pour augmenter là vertu refri-
SeSiion XL
gérante, & deficcative , que pour in-
eralfer , & arrêter toute forte de flux
accompagnez de fievre.
„ LE MELANGE.
Il faut pulverifcrà part le Spode,
l’Amydon , & la Gomme Arabique
torréfiée r les autres fè pourront
pulverifer enlèmble , & mêler avec
les fiifdits : puis malaxer le tout
avec verjus d’aigras , & en former
Trochifques du poids d'une drach¬
me , qu'on feichera à l'ombre , &
gardera au befoin.
LES EACVLTEZ.
Ils conviennent aux fièvres bi-
lieufès , où il y a flux de ventre ;
& appaifent l’inflammation du ven¬
tricule & du foye , & la foif im¬
modérée.
R E M A R QV E.
BAuderon apre'^ Méfié demm-
de le Coriandre préparé dans
le vinaigre , .& n en feigne point
comme il y faut procéder , fre-
fippofant que l’Artifte doit
voir ce que c'efi , ou bien qu U h
peut apprendre <P ailleurs , & per
ce que la variété de cette prépara¬
tion efi grande , j’en ay voulu dire
un mot , & commencer par ceux
qui le font infufer vingt quatre
heures dans du fort vinaigre ^ Itu
ayant tiré le font feieber fur un
huile chaud , & le remuent
vent :■ les autres le préparent ,
le font tremper trois foù vingt qu<f^
tre heures en fort vinaigre , »
■’ aprez.
Des Trochijqtics, 49 1
4tfnz. le mettent feicher ; Us Au¬
tres le lAuent Avec de l'eau com¬
mune pour en ôter la poujfiere qui
fe trouve parmy , & apres l'avoir
fait feicher , l'infufent pendant
neuf jours dans du vinaigre , &
le remuent deux ou trois fois le
jour, aprez. l’avoir tiré du vinai¬
gre le font doucement terrifier , ou
feicher au Soleil i d'autres aprez.
l’avoir lavé dans l'eau commune,
le mettent tremper pendant trois
jours dans l’eau de fontaine , &
changent d'eau tous les jours : le
quatrième l'infufent dans du vi¬
naigre par trois jours & le remuent
fouvent fans le changer , puis fepa-
rent le vinaigre par inclination-, &
font feicher le Coriandre. Il faut
pendre garde , que de quelle fa-
qu’on le préparé , qu'il fait bien
fec avant de le ferrer , particuliè¬
rement en fes longues infufions ,
pour aucune defquelles je ne me de-
termineray point laiffant le chois à
lArtifle d’aggréer celle qui luy
plairra le plus : il obfervera feu¬
lement , fait en infufant le Co¬
riandre dans l’eau , ou dans le
"Vinaigre , que la liqueur couvre
&-qu'ellene nage point
Pour le Berberis , U faut prendre
os grains qui font au dedans du
fuit feparement de leur peau, corn¬
et il a été cy devant remarqué en
f Stnediéla laxativa , & ail¬
leurs.
Trochifci de Berberis »
D, Mef.
Ifi. Baccarum Oxyacantha aut
fucci earum ,
Succi Glycyrrhifji ,
Seminü Portulaca , &
Spodij ifing. drach. très.
Seminü Citruli mundati, drach. très
& femijé.
Rofarum rubrarum , drachmat
fex.
Spica Nardi,
Croci,
Gummi Tragacamhi , &
.Amyli, fing. drach. unam.-.
Caphura, drach. femiJS.
Cum Manna Calabrina uncia uud
fucco alio Oxyacantha foluta ,
fac Trochifios : quoniam drac-
ma très fucci non /ufficereut
ad formandum Trochifeos.
PARAPHRASE.
La diverficé des opinions , de
ceux qui ont fait imprimer des
Diipenfaires , & les indications di-
verlès avec la diverfité des deferip-
tions qu’on trouve en Avicenne ,
Serapion , Rhafîs , Myrepfus aux
lieux prealleguez , & de Melué
même > fait balancer , & douter
les Apothicaires j quelle deferip-
tion de Trochifques de Berberis ,
ils doivent choifir , pour la com-
pofition de l’Eledtuaire rofat , donc
les Pilules Aggregatives font for¬
mées. le confeille à ceux qui n’onc
pas la commodité d’en conGilrcr
quelque doéte & expert Médecin,
Q_qq î de
492' Livre 1. Seaton XL
de fuivre la prefènce, de MeCié,
comme celle qui a plus d'energie ,
aux effets qu^^n en prétend» & mieux
compofée » qu'aucune des autres de
fèmblablc nom , & facile à difpen-'
(èr , & digne d’un tel Eledbuaire.
La baie efl: le fùc de Berberis qui
a beaucoup plus de force » que la
ièmence dont ces Trochifqncs ont
pris leur appellation, b a vertu réfrigé¬
rante efl: augmentée par les lèmen-
ces de Pourpier , & de Citrouilles»
la deficcative par le Spode, & Amy-
don. Le fùc de Reglilîe & Gomme
Tragncanth , y font mis pour con¬
duire la vertu de la bafe à la poi-
dtrinc » & modérer fôn âpreté » &
ficcité : les Rôles pour la dcfence
du ventricule : le Saffran pour le foye.
Le Camphre fèrt de véhiculé à la
bafe , à l’Amydon , au Tragacanth»
& au Sp'Gde. La Manne y eft mi-
fè pour deterger , adoucir » & con-
ferver le tout.
LE MELANGE.
Il faut pulverifer enfemble le Nard
Indic incisé » le fuc de Reglilîe in¬
cisé > les fèraences & les Rofès. Il
faut piler à^part le Spode , l’Amy-
,don , le Camphre , le Saffran» &c
.Gomme Tragacanth. La Manne fera
diffoute avec le fïic de Berberis» deC-
quels la poudre fera malaxée. Ceux
qui n'auront pas moyen de recou¬
vrer du flic de Berberis» qu'ils pren¬
nent les Bayes nouvcllemcnt.feichées,
qu'ils piilveriferont avec les autres
ingrediens » & feront diflbudre leur
Manne » avec eau Rofè , dont ils for¬
meront leurs Trochi'^ues qu'ils fèi-
cheront à l'ombre & garderont au
befôin. Aucuns doutent de la qiian'
tiré de la Manne, qu'il y convicn-
droit, dautant que Mefué ne la fpe-
cifie point. le réponds qu'une once
fuffit fîir la quantité de la poudre •
car qui en mettroit davantage » elle
feroit pourrir les TroehifqueS » peu
de tems aprez » comme nous avons
dit de ceux de Camphre » & ne fe-
roient de fi longue durée.
LES FACFLTEZ.
Ils tempèrent l'ardeur de la foif
des fièvres ardentes.
REMARQJE.
SI Mefué n'a point limité U
quantité du Tereniahin en [et,
Trochifques de Berherù,ça été fans
doute pour deux raifons : la pre¬
mière pour ne f avoir precifement
combien il en falloit pour maUxer
les ingrediens qui les compofent ;
la fécondé efi que fi on y mettoit
le fuc de Berberis , comme il l!y de¬
mande pour fubliitut du fiait -, il
y faudrait moins de Tereniahin
mais comme prudent , il l’a laiffé
au jugement de l'ArtiBe , pour y
en mettre la juBe quantité quil en
faudrait pour les incorporer , fait
avec le fuc de Berberis , ou avec
la femence. Et l'Autheur de la Pa-
raphrafe defirant de porter cette
compofition au pltts haut point de
fa perfeBion ,il y a fait des addi¬
tions en divérs tems , qui me fim-
blent ( fans tout es fois prétendre de
choquer fit mémoire que f honore)
qui ny conviennent point. La pre¬
mière parait fur ce quon lit dans
Bei Trochifquej. 4(35
U vrny texte de Mefué , conficUn-
tur cum Tereniabin , & dans la pre¬
mière’ édition de la Pharmacopée
de Bauderon en y Ut , cum Man-
nafrc Tr.ochifcos , à limitation des
exemplaires de Mefué, imprimés en
bonne lettre , qui difent de même,
>cm Mannafac Trochifcos. G^ue fi
' Baudcron eût tant fait peu donné
'•d’attention à ces paroles , je puis
dire que la belle connoiffance quil
’àvoit- des qualités & vertus des
■medicarnens , lauroit détourné, &
fis fuccejfeurs de lerreur de ceux
qu'l' 1‘ avaient précédé, de mêler par-
■ my les adftringents , & des incraf-
fans , un purgatif folide pour leur
, donner corps. Et en fa fécondé edi-'
t’m , on y lit , cum Manna fuceo
Ox/acantha foluto fac Trochifcos.
■Et quoniàrn drachme très fucci non
fuffcerent ad formandum Trochif¬
cos. Et aux trois dernieres éditions
de Sauvageon lerreur fe trouve in¬
comparablement plies grande , en ce
qu'on y lit , cum Manna Calahri-
na uncia ■ ma fuvco alio Oxya-
cantha foluto fac Trochifcos , çfrc.
Ce changement de la Manne pour
le Tereniabin , les diverfes additions
de la dofé de la Manne & dti fuc
de Berberü choquent lintention de
Mefué : car le Tereniabin efi ce
Hippocrate appelle Miel Cedrin
^u Hure des ulcérés , & Galien asi
livre de la faculté des Aliments
Rofée du mont- Liban , parce qu’el-
ly recueilkit de leur tems en
•abondance , comme fe fait kprefent
fr les Cedres , laquelle ’fefiime ne
«ifferer quk raifon du climat , avec
Rosée gluante , de faveur dou-
& de confifiance d‘un fyrop fim-
ple , qui tombe en un tems calme
& ferain , env’iron le mois de May,
en certains endroits du Languedoc,
comme ^ été cy- devant dit , que les
habitans du pais nomment en leur
vulgaire la Melade , à raifon de fa
couleur , faveur, & confiïianee , la¬
quelle Rosée n a po'int de rapport
avec la Manne qui en doit être
re’iettée , tant a raifon de fa folidi-
tê , que de fa vertu purgative , qui
ne com/ient point avec les quali¬
tés ^ vertus des fufdits Trochif
ques , comme fait le Tereniabin fans
l’aide du fus de Berberü , qui n’y
entre que pour fubéîitut de la fe-
mence , comme a été dit^-En outre
fa derniere addition de la Manne
choque ce qu’il a cy-devant dit en
la Paraphrafe , & au mélange dès
Trochifques de Caphura , oit il fait
confideration de troü drachrnes de
Manne , & d’autant de Sucer e can-
dit fur pareille quantité de Trochif¬
ques , difant que de les y mettre
en bref ils les feraient carier , ainfi
que l’ expérience le confirme , è*
qu’il les y faut ajouter au tems de
la neceffité. Il avait plus de raifim
de fe corriger icy où il fait entrer
deux drachmes plus de Manne qu’a
ceux de Caphura le Succre candit
y comprü. Et pour fin in, je diray
quil faut tirer la Manne de cés
Trochifques ,& en ' la place du Te¬
reniabin, lequel [oit pour le peu d’u-
fage quil reçoit en la Médecine,
fait pour fon vil prix , fait qu’on
ne daigne pas de nous l’apporter du
grand Caire , & autres lieux du
_ Levant où il efi fort conneu , &
s'y en recueille grande quantité, que
les Marchands du pats gardent
Qjj q J dans
494 Livre L
dans des pots de terre & le ven¬
dent dans leurs boutiques , fuivant
Selon livre i. chapitre 65. de fes
Obferv ations . le dis dont quen la
place du Tereniabin , il faut con-
cajfer la Gomme Tragacanth , &
Vinfufer par vingt-quatre heures
au froid dans une once, & demye
de bonne eau Rofe : & fi on efr obli¬
gé d‘ y mettre le fisc de Berberè,au
defaut de la femence » qui l’y con¬
vient mieux , il fuffira d’une once
d’eau Rofe avec le fuc de Berherü ÿ
puis après U en faut malaxer la
poudre dans un mortier pendant
une heure ou deux , pour en former
de petits Tr.ochifques , & les faire
feicher en lieu convenable , pour les
ferrer & garder au befoin. Voilà
tout ce que j’ay peu dire le plus
fuccinStement qu'il m’a été pojfible
JÙr le Tereniabin , avec ce que j’en
ay dit cy-devant aux Trochifques
de Caphura , ayant à dejfain obmis
d’autres chofes confiderables , pour
garder la brièveté icy requife.
Tfochifci Diarhodonis,
D. Mcf:
Rofarum rubrarum , Aur. fex
feu une. unam.
Clycyrrhina , Aur. très , id efr une.'
dimid.
Spiea Indice, j &
Ligni Alo 'és , utriufqùe Aur. duos,
feu ferup, o£to.
JHaiîiches , drach. duos.
Spodii , Aur. unum ,feu feruptd.
quat.
Croei , Aur. femifr. feu fcrupul.
dues.
Seâion X L
Cum vi'no albo , compene paiîiUst
ufui reponendos.
LES FACFLTEZ.
ILs font fort propres aux fievres pi,
tuiteufes , invétérées & compli¬
quées, qui renverfent les farces du
ventricule , & en appaifent les dou¬
leurs , & détergent les humeurs, qui
y font adhérantes.
R E M A R QV E.
CEs Trochifques doivent être
employés dans toutes Les compo-
fitions inventées par Mefué quand
ils font demandés , & n’y faut point
fubfUtuer ceux de Nicolas Alexan¬
drin , comme pratiquent pour l’or¬
dinaire les ignorant & pare feux de
notre An.
Trochifei DiarhodonisjD Ni-
col. Alexandrin!.
yL. Rofarum rubrarum v iridium,
drachm. très. Salerait, habet une.
femifr.
Spodii , drach. duos.
Santali rubri, drach. unam & fentifr.
& gran.feptem.
Santali alhi , drach. unam & gtan.
duodecim.
Croei , ferup. duos , & gr an. vginti.
Salernit. habet ferup. duos gran.
feptem.
Caphura , ferup. femifr. fru gt*”-
duodecim.
Cum aqua Rofarum , forma pafiil-
los.
para
D&f Trochifquei. 455
<^ARA P H RA SE.
T One ainiî que les Gi'tes met¬
tent différence entre Chalcan-
tiim, & Chalcnm Anthos, entre Leu-
ca cantha , & Acantka Leuce , entre
Aphronitrum & Aphrofnitiim. Auffi
les Arabes font différence entre les
Tiochifqiies Diarhodon & de Ro-
fîs. Avicenne 5 ierapion , & Rhafis
en décrivent de fèmblable nom 5 qui
ne iont point ufitez : mais ceux de
Mefiié aux compofltions qui font de
fon invention , comme ceux de Ni¬
colas en celles qui font de la fîen-
ne J lefquels ( 1 un fe conformant à
l’autre ) nous avons décrits , afin que
les Apothicaires en voient la difie-
rence , Si ne prennent les uns pour
les autres aux compofitions qu’ils
feront de Mcftié , ou de Nicolas.
La différence qu’on trouve en Sa-
Icrnitanus touchant les poids eft pe¬
tite, & ne mérité pas de s’y arrê¬
ter. Ces.Trochiftjues ont pris le nom
de leur bafe , les Rofes , mifes au
commencement.
Le mélange félon Mefue.
Il fout pulverifèr enfèmble le bois
dAlocs, la Regiiffè ratifsée & inci¬
sée, & le Nard Indic auffi incisé fort
Rienu, puis fur la fin on y ajoute¬
ra les Rofes. Il faudra pulvcrilèr à
part le Maftich , .le Spode, & Saf¬
ran, £Liis malaxer le tout avec du
vin blanc , dont on formera des Tro-
diifques du poids d’une drachme,
Stt’on, feichera à l’ombre, pour les
garder au befoin.
Le Mélange félon Nicolas Ale-
xanirin.
Il faut pulverifer enfcmbleles San-
taux , & les autres chacun à part :
puis on prendra la quantité de Rô¬
les rouges recentes rcquifes , qu'on
pilera curieufement au mortier de
marbre , puis on y ajoûtera peu à peu
les poudres, & fi befoin eft , un peu
d’eau Rofe , & fiir la fin le Cam¬
phre pour du tout en former des
Trochifques , du poids d’une drach¬
me qu’on feichcra à l’ombre, & gar¬
dera au befoin.
LES EACVLTEZ.
Ces Trochifques ont les mêmes
vertus , que ceux de piarhodon de
Mefué.
R E M A R QV E.
Es Trochifques font décrits par
Nicol. Alexandrinm ( plutôt
que par Nicolans Myrepfus Ale-
x-andrinui') au chapitre 160. de fon
livre fm- allégué , & ne-différent en
rien de la defeription cy-deffm ,Jî-
non que eeüe-cy ne contient que la
ffTféme partie de Vautre , qui efi la
caufe que fay corrigé le nom de VAu-
theur. Lefquels Trochifques comme
Bauderon dit en fa Paraphrafe , ^
cofnme nom avons dit ailleurs. > doi¬
vent être employés dans les compo-
fitiens de Nicolam Alexandrinm,
& de Myrepfm, & non dans celles
\les Arabes, a moins que par exprès
il enfla demandé d’autres par leur
inventeur.
Pour
Livre 1,
Pour bien former ces Trochifques,
il y faut ajouter un fcrupule de
Comme Tragacanth en poudre fub-
tile pour fervir de colle à lamaffe,
& pour en mieux confirver les ver¬
tus , puis malaxer le tout l'efface .
d’une heure , avec la quantité re-
quife de bonne eau Roje.
SeBîon XL
mifes, tant pour confumer les vents,
que pour indfer, atténuer, & deter-
ger le phlegme, qui oppile les con-'
doits étroits , & iceiuy conduire avec
les fèrofitez biliculès par la voyc de
1 urine , & menftnies : les Rôles y
font mifes pour modérer la chaleur
des autres.
Ttocliifci de Rhabarbaro,
D.Mef.
Rhabarbari eptimi , drachm.
decem.
Succi Eupatorii Mef vel Gr&co-
rum,&
Amygdalarum amararum,utriufque
une. dimid.
Rofarum rubrarum ,drach. très.
SpicA Nardi,
Rubia tinflorum , feu Erythrodani
Gr&corum ,
Seminum Apii,&
Anifi,
Abjînthii Pontici majoris, feu Ro¬
mani, idem ,&
Afari , fin g . drach . unam.
Forma Trochifeos cum fucco Eupato¬
rii praferipto ,& repone ufui.
PAR AP H RASE.
C Es Troeliilques ont pris le nom
de leur bafe , la Rheubarbe, mis
au commencement , la faculté du¬
quel efl: conduite au foyepar le Nard,
& iceiuy eft fortifié par Ibn adftri-
étion, comme le ventricule par l'Ab-
finthc. Le foc d'Eupatoire , ou d’A-
grimonie , ou d’Ageratum , avec les
Amandes ameres , l'Alàrum , Rubia
tindorura , & les femences y font
LE MELANGE.
Le Rheubarbe, & Afarum doi¬
vent être fobtilement pulverifez,poiir-
ce qu’il eft queftion , non de piir-
g'er par le fiege , mais de provo¬
quer les urines , ouvrir les conduits,
& corroborer le foye. Les autres
médicaments fo pulveriferont enlem-
ble , puis avec d autre lue d’Eupa-
toire dépuré , & non feiché , fe¬
ront malaxez & réduits en Trochif-,
ques , qu’on Icichera & gardera
comme dit eft.
LES FACFLTEZ.
Ils conviennent aux obftrudions,
douleur, & tumeur contre nature
. du foye , & aux difpofitiqns invété¬
rées à l’hydropifie , jaunillc & cor¬
ruption d’iceluy.
REMARdVE.
Our malaxer plus méthodiques^
ment les Trochifques de Rhabar¬
baro qu'il nefi icy dejfus preferit
par l’Autheur du mélange , & Ifi
rendre plus efficaces contre les tfi-
diffiofitions deflinées -, il fautliqui-
fier le fiuc d’Eupatoire de Méfiés
deffieiché avec d'autre fie d'Eupa-,
toire liquide , dépuré , & lesredui-
Des Drochifquts. 497
it tn me mft^ance convenable,
tour ]H^ement 'embrajfer toute la
foudre , & de la majfe en former
des petits Trochifques , après les
avoir battues deux heures durant
dans le mortier.
Trochifci de Abfinthio, D.M.
Jhfinthii Pontki veri. Jèu ne-
Jlratis vulgarü ,
Rofarum rubrarum , &
Semini) Anifi , fing. drach. duos.
Rhabarbari feleSli ,
Sncci Eupatorii Mef. vel Graco-
rum { funt arnho ejufdem facul-
tatü)
Radie. Âfari ,
Seminii Âpii ,
Amygdalarnm amararum ,
Spice Indica ,
MaÜkhes , &
Folij Indici , feu Malabathri , fing.
drach. unam.
Forma Trochifeos cum fucco Inty-
bi , feu Endivia fativa.
paraphrase. .
Es Trochifquës ont .pris le nom
Vj de leur bafe l'Abffnthe vulgaire,
qui eft le vray Pontique de Diofeori-
de ou Romain de Mefiié , que nous
ayons furnommé grand au Syrop
d'Abfînthe & ailleurs , comme l’autre
petit, qui croît en nos jardins, fort
aromatic, mais amer, & agréable,
que nous avons auffi appelle petit
Ponde , pource qu’en toutes choies il
fft moindre que l’antre. Les autres
médicaments y lônt mis pour fem-
olables confiderations qu’avons dé¬
claré aux precedents. Mefoé eft d’a¬
vis de les donner avec une déco¬
ction d’Ablînthe, d’Eupatoire , d’A-
che,&ç.
LE MELANGE.
La trituration" & mélange des mé¬
dicaments , doit être tel qu’avons dé¬
claré aux precedents, horfmis que le
lîic d’Eupatoire doit être dépouillé
de fon humidité luperfluë , comme il
a été dit cy-devant , & pulvérisé
avec les autres médicaments fees.
L’autre fuc dépuré fervira pour leur
donner corps , & les conlèrvcr.
LES FACFLTEZ.
Ils remédient aux obftruétions du
ventricule & du foye , & aux dou¬
leurs des fièvres longues qui en pro¬
cèdent , fortifient ces parties , & tou¬
tes les autres dediées à la nutrition,
& provoquent l’appetit.
R E M A R QV€.
Es amandes ameres, parce queU
les font icy en petite quantité,
fe mettront en poudre facilement
avec les autres ingrediens , & avec
le fuc d' Endive dépuré , faut liqué¬
fier celuy d'Eupatoire ,pour en ma¬
laxer les poudres , comme a été dit
aux Trochifquës precedents de Rha-
barbaro.
Trochifci de Eupatorio,D-M. '
yi. Sueci Eupatorii inSfiJfati , &
Manne, , utriufque une. unam.
Rrr Eofa
49 s J^t'vre 1.
Rafarum ruhrarum, une. dimid^
Spodii , drach. très & femiÿ.
Spicm Nardi, drach. très.
Rhabarhari optimi
u4fari,&
Semin-. uiniji , Jing. drach. duiu.
Cum alto Jucco Eupatorii , formen-
tur Trochtfii.
PARAPHRASE.
CEs Trochifques ont pris le nom
de leur bafè j le fiic d'Eupatoire
de Mefùé qui cû EAgeratum de Diofc
lèlon Matchiole , ceux' qui ne ràuront
pas, pourront prendre TEupacoire des
Grecs, qui cft nôtre Agrimoine. Sa
vertu incifrve>& atténuative des ma¬
tières craflès , & conlîimptive des
vcnts,& defoppilative, eft augmentée
par rArarum,Anis,& Rhenbai'be, qui
n’eft pas icy mis comme purgatif,
mais comme apéritif , & pour con¬
duire la- bile par la voyede i'urine>&
pour corroborer par fon adftriétion
le foye , avec Eaide qu’il reçoit du
Nard Indique, &: Spode. LesRoiès
y, Ibnt mifès pour fortifier le ventri¬
cule , & modérer leur chaleur : la
Manne pour ad 'oucir,.& corriger leur
ficcité , rendre lem- aélion meilleure*
& les.conlerver.
LE MELANGE.
Il finir pulverifcr enfemble le Nard
mené , l’Anis , &. les Rofes.. A part le
Spode,,l’Afàrum, & Rheubarbe fort
lùbtilemenr,pGurles raiibns déclarées
auxTrochifques deRheubarbe. Si le
fced‘Eupatoire eft fec , il fe pourra^
pulveiiièr avec les autres , comme le
NaidiJi’ADis*.Aj(àiuœ,& Rôles. Cela
SeBion XL
feit on prendra d’autre fiic d’Eupa-
toire dépuré, qu’on cuira en Syrop li-
quide ( ou peu cuit ) avec la Manne,
duquel les poudres feront malaxées,
dont on formera des Trochifques,du
poids d’une drachme , qu’on feicheia
à l’ombre , & gardera au belbin.
LES EACVLTEZ.
Ils guerillènt l’obftrudion & tu¬
meur contre nature du foye & de la
ratte : comme aufll. les fièvres rebelles
qui les fiiivent & la jaunilTe, & l’hy-
dropifie dans leur commencement,
R E M A R QJV E.
BAuderon dis l’entrée de cettt
defeription pour mieux faire en~
tendre l’intention de Me fui fur les
mots de fucci Eupatorii , y. a ajeû-
té celuy de iriijijfati, & fur la fin il
a écrit cum alio fucco Eupatorii,.
formenéur Trochifei j mais fi notre
Paraphrafte a bien re 'ùjfi en fa pre¬
mière additionyil a aujfi mal rencon¬
tré én fil dernier e explication : car
Mefité dit fimplement fac Erorhif-
cos, cum fucco herbarum. Or pour le
mot de herbarum -, Baud. a entendu
e[ue c’étoit l’Eupatorium j qui eft-
une contrariété manifeéle , ainfique.
nom lifbns dans le Luminare ma-
jm , Lumen Apothecariorurn , Ehe-
fiaurus Aromatariorum , loubert,.
Luys de Oviedo Bothicario en Ma¬
drid , & autres qui expliquent
fucco herbarum ,pour les fines d’ En¬
dive , d’Oublon , & de Borrache,
ou Buglojfe , à l’imitation de Me-
fiué en la Seétion feptiéme de fon
Grabadin , quand'il parle, du moyen
Des ^rochifques, 4^0
k faire Les infufîàns des fiscs. .Que
fi Mefisé eût entendu de former
lefdits Trochifqm avec le fine d'Eu-
fatoire , il s'en fieroit expliqué au¬
trement.
Pour procéder au mélange fui-
vm l'intention de Mefisé, H faut
piler comme à été dit le fisc d’Eu-
pmire dejfeiché avec le Terehiabin,
dr non la Manne , pour les raifons
cy-àevant déclarées aux Trochif
qms de Caphura ,& fi hefoin eji, on
y ajekera le fisc des herbes fisfdites
pour malaxer les poudres.
Notés que l'Autheur de la Para-
phrafe dit que la Manne efi icy
mife pour conferver les eéfeces.
Trochifei de Lacca , D-Mef
Lacca mandata & Iota ut
dixi fiupra ,
Suceorum Glj/cj/rrhiza,
Eupatorii
Abfinthii Pontici majorés ,feu
ruBici diéti
Oxyacantha , vulgo Berberis.
Rhabarbari optimi, ( vel potitts Pha-
pontici )
■driBolochia lonoa,
Cofii,
Jfiri,
■dmygdalarum amararum,
Ruhia. tinSlarum , feu Erythrù-
dani ,
Rchmanthi, id efi, forés Itmci odo-
rati,
Seminum Anifi , &
Apii , fing. drach. Unam.
Forma pafiUlas cum fiscco Eupatorii
pondo drachm.nnim.
PARAP H RA S E.
PLufieurs defetiptions de fèmbla-
ble nom fbnc déduites par My-
rcpfus, Avicenne , Serapion, & Haly
en leur Antidotaire , & par Rhafis,
qui ne font pas en ulàge : mais la
prefente de Melùé en la diftinétion
‘ huitième de fon Grabadin ou Anti¬
dotaire. La bafe eft la Gomme Lac-
que dont ces Trochifques ont pris
leur appellation , laquelle lî elle eft
lavée comme nous avons déclaré en
la poudre Dialacca , Scétion quatriè¬
me i acquierra plus de tenuité, &
de force que celle qui n eft point
lavée. Sa. vertu ineifive & atténua¬
tive , deterfive , & delbppilative , eft
augmentée par le lue d’Eupatoire,
( ou Agératum deDiofeoride , au lieu
duquel on peut prendre nôtre Agri-
moine, ) les Amandes amercs,l'A-
riftoloche , Coftus , Afarum , Rheu-
barbe , 8c Schœnanthe. Les femen-
ces y font mifos pour confumer les
vents , & avec l’aide du Rubia tin-
(ftorum , conduire par la vOye de l’u¬
rine , & menftrues les ferofitez ôc
pimite incisée : l’Abfinthe ou Alvi-
ne , y eft mis pour fortifier le ven¬
tricule, & le Berberis le foyc ; le fuc
de Regliife , pour corriger leur âpre¬
té & ficcité. Au lieu du Rheubarbe,
qui'prendroit du Rhapontic vray, ces
Trochifques en feroient plus effica¬
ces à tout ce que Mefoé promet,
pource qu’il n’eft pas icy queftion
de piu-ger , mais d’ouvrir & dof-
roborer les vifcercs, 8c provoquer
les urines & menftrues. Pour ce l'A¬
pothicaire doit fort fubtilifer le Rheu¬
barbe 8c l’Afariim : car pulverifèi:
Rr r 1 ^roffic
oo Ltnjre 1. Seaton X 1.
groiîieretnenr ils lâchent le ven¬
ue J & ne provoquent point les uri¬
nes , ou fort peu.
LE MELANGE.
Il faut curieuléinent concalfer les
racines , puis on y ajoutera le fie de
Reglillè * Schœnantiic j & Abfinthe
ineilez, le Berbeiis j & amandes ame-
res , nettoyées dé leurs pellicules , &
les femences.
Il faut pulverifèr à part la Gom¬
me Lacque , nettoyée &c lavée avec-
la decoétion d'Ariftoloche, & Sch’œ-
nanthe, com'me nous avons dit au
Dialacca , & f Alàrum , & Rheubar-
be fort fubtilement , puis on mêlera
les poudres au mortier pour les ma¬
laxer avec le fuc d’Eupatoirc dépuré
au Soleil j ou fiir le feu , dont on
formera des Trochilques du poids
d’une drachme , lefquels feichez à
l’ombre , feront gardez au beloin.
LES EACVLTEZ.
Ils font propres aux ofallructions
du foye & de la ratte , & à plufieurs
fievres longues, & qui en procèdent:
comme auili à l’alcites , efpcces d’hy-
dropifie, & provoquent les urines.
REM'ARQVE.
L faut ramollir les fucs de Re-
glijfe & d’Eupatoire avec quel¬
que liqueur convenable comme- la
decoblion du Ruhia tin El or um , pour
en incorporer les poudres , & pro¬
céder comme a été cy-devant dit.
On pourra relever contre moy , de
se que je contredis à Bauderon , qui
veut que ces Trochifques foient ma¬
laxés avec le fuc d'Eupatoire liqui¬
de , il ejl vray que telle eft [on in¬
tention & non de Mefué j maù par¬
ce que le fuc d'Eupatoire dejfeiché
y entre déjà une foü , & qu'il ctn.
tient beaucoup plut de vertu que l'a¬
queux , pour furvenir k l'intention
de ce dernier , )'ay creu que pour
fortifier la vertu, du Rubia tinEle-
rum , que ce changement pourvoit
être biert receu-
L’Autheur de la Paraphrafe en
toutes fies éditions demande le fuc
d' Abfinthe, & l'Autheur de la com-
pofition au contraire demande fm-
plement l’ Abfinthe.
Trochifei de Capparibus»
D.Mef.
Ofi. Cortieum Radieum Capparis,&
Seminis Agni caEti,feu viticü,utriuf-
que drach. fex.
Ammoniaci, une. dmidiam,ex Mtf
pneferipto.
Seminis Melanthii , vulge Gith , &
Nigella Roman & ,
Calaminthes montana ,
Acoriveri,falfo Calami aromatki
in ofiieinis diEli,
Amygdalarum amararum,
Seminis NaEîureii ,
Eoliorum Rut a,
Zriftolochia rotunda, vel tennis cum
Rhafi, &
Succi Eupatorii ,fi'ng.drach. duos.
Cyperi , &
ScolopendriiyUtriufque drach. mam.
Pulvis loarum omnium excipiatur
-/Immoniaco, Aceto fioluto, & fit-
ma paflillos , ufui neceffano.
Des l^rochifques, 501
PARAPHRASE.
CEtte defcription eft prefciéc à
bon droit à celles que décrivent
Rhafis chap, 70' «iu livre 9. Avi¬
cenne livre 5. traicté 8. Serapion
au traitté 7. chapitre j8. pour ce
qu’elle eft compoféc de médica¬
ments plus convenables , & mieux
proportionnez que les autres , à tout
ce que Mefué promet. Ces Tro-
chilqiies ont pris le nom de leur ba¬
ie, l’écorce de Cappres, mife au couif
mencement. Sa vertu incifîve , atté¬
nuative, & aperitive des conduits
étroits bouchez , eft augmentée par
les racines d’Ariftoloche , Cypere,
Amandes ameres , fùc d’Eupatoire,
Calamentj & Scolopendre , ou Cete-
rach. La Rue , ik, lèmcnces , y font
mifes pour confùmer les vents , Sc
l’Ammoniac pour ramollir la dureté
delaratte, Sefoye. La dolè fera du
poids de quaac lcrupules , avec une
decoétion d’écorces de Cappres , de
Frefne, & Tamaris.
LE MELANGE.
Les racines & écorces dc^ Cap¬
pres feront mis au premier, rang de
trituration. Au fécond le ftic d’Eu-
patoire delïèiché de Ion humiditéi
ainfi qn’il a été dit en. la Setftion fé¬
condé des Robs. Au trorfiéme les.
Amandes ameres pelées , & tou¬
tes les lèmences. Au quatrième les
herbes. L’Ammoniac f>ra diflôut
au vinaigre , & cuit en confiftence
de miel , & d’iceluy on en mala¬
xera les poudrées , pour en former
s Trocliifques du poids de quatre
fcrupules , qui feront lèichez &
gardez comme nous avons dit des
autres.
LES FACFLTEZ.
Ils conviennent à la dureté de la
tatte , & en diffipent les vents.
REM ARQ.VE.
’Autheur de la SParaphrafi
s'efi trempé d'avoir pris L'Ari-
fioloche longue que Rhajîs deman¬
de en la defeription de ces Tro-
chifques pour la tenue qui efi la
Clématite.
La Gomme Ammoniac fera dif¬
fame dans du vinaigre , & cou¬
lée comme dit Bauderon , ou bien
fi elle efi pure & nette , il fiera
mieux de la mettre en poudre aufi
fiuhtile qui fi pourra , comme aujji
le Jhc d'Eupatoire apres on les
humeSlera & malaxera enfimble
iufques a ce qu'ils fiaient égale¬
ment mêlés avec' de la decoSlion
de Scolopendre , cela fait, on y mê¬
lera ta poudre , dt on continuera
de malaxer le tout , l’efiace d’une-
bonne heure.
Trochifei de Bdelîio , D.
Avicennæ.
y:. Rofarum' ruhrarum , drachm,
decem.
Bdellij , drach. très.
Nardi Indice , drach. duos. •
Amygdalarum amararum , &
Cofii ,, utriufq. drachm. unam , &
fimifi.
Rrr 3 Myr
502. Livre /.
Myrrhdt, , &
Maftkhes , utriufque draehm,
mam.
Diffelve Bdell'mm cum vino , &
finge ŸafiiUos fonda drachm.
dnarum.
T ARAP HRASE.
L’AutheiirdecesTrochifques eft
Avicenne au livre 3. fen. 14.
traitcé 3. chap. 1^. qui ont pris le
nom de la bafe , leBdellium j propre
pour ramollir la dureté des vifceres.
Sa vertu eft augmentée par la Myr¬
rhe: Le'Coftus & amandes ameres
font mis pour incifèr Sc atténuer
pituite crallè & vifqueufe ( qui le
plus fouvent eft cauic de la dureté
d’icenx vifceres ) & pour ouvrir les
conduits bouchez. La vertu de la
bafc eft conduite au foye , & ratte
par le Nard Indic, qui les corrobore
par fon adftridion. Le Maftich y eft
mis pour la defcnfè du ventricule,
contre l’injure du Coftus , Sc les
rofes en quantité , popr modérer fa
chaleur.
LE MELANGE.
On pulveriièra enfcmblc le Co¬
ftus & Nard Indique incile, les aman¬
des ameres mondées de leurs pelli¬
cules , Sc les Rôles. Il faut piler à
part la Myrrhe , Sc Maftich , puis
on les mêlera avec les autres. Le
Bdellium indle ou concalTé puis dit-
fout avec du vin blanc , pource
qu’il Sft'plus àperitif que le clairet,
Sc cuit en confiftence de miel liqui¬
de duquel les poudres feront mala¬
xées , pour en former des Trochif-
SeBîon XL
quesdu poids d’une drachme qu’on
gardera au befoin. ^
LES FA CVL TE Z.
Ils libèrent le foye de fes obftru-
étions , Sc endifeutent la dureté, en
diftblvant l’un d’iceux dans l’Hydro¬
mel , ou quelque decoétion conve¬
nable.
R E M A R QV E.
IL faut filer grojfiertment k
Bdellium , & l'infufer far vinp
quatre heures au foid dans du vtn
blanc , afreT^faut fajfer ce Muci¬
lage a travers un tamis , & en mala¬
xer les foudres four en former des
fetits Trochifques.
Trochifei de Myrrha»D.
Rhafis. '
y:. Lufinorum ad amuffim âontri-
torum, drach-quinque.
Mjrrha oftima , drach. très.
Foliorum Rutha ,
Mentaftri , &
Pulegij Ceruini,
Radie. Rubia tinHoru m ,
Ajfa fœtidét ,
Sagafeni , &
Ofof anacü , fing. drach. duos.
Osm decoEio Baccharum Juniperi,vel
fucco Arthemifia, vel Suih<t,fir-
rnentur Pajlilli. Dofis efi drach:
âuarum .
PA
Des Trochifques.
505
" PJRJPHRASE.
RHafis décrit ces Trocliîfques
au livre chapitré 8j. qui
leur a impofé le nom de la Myr¬
rhe, leur bafe. Sa vertu inciiîve,
atténuative , ^ aperitive eft aug¬
mentée par les Lupins , herbes , &c
racine , & la deterfive par les
Gommes.
LE MELANGE.
Il faut concaffer la racine des
Teinturiers puis y ajouter le Cu¬
min , les Lupins , & les herbes,
qu’on pulverifera enfemble. Il fauc
pulrerifer à part la Myrrhe. Les
Gommes feront fondues en la de-
coûion , faite des Bayes de Ge-
nevre , fuivant l’opinion même de
R-hafis , ou fur d’Armoife , ou de
Rue , félon les autres , qui auffi
lont propres à provoquer les mois
fupprimez. Apres on les fera cui¬
re ( étant coulées à caufe des or-
dures 'qui y font ) en confi-
ftence de miel liquide , pour en
malaxer ' les poudres , pour du
tout en former des Trochiiques,
du poids d’une drachme , qu’on
lcichcra,& gardera comme dit eft.
■LES F A Cr LTE Z.
Ils provoquent les mois fîip-
primez , & facilitent l’accouche¬
nt J & l’cxpulfion de l’arriére.,
R E M A R Ctv E.
A deferiptio» des Trochifqttes
de Myrrhe que Buuderon nous
communique dans fa Paraphrafe
différé en deux façons de celle de
Rhaffs fon in venteur d’où il l’a im..
pruntée. Premièrement , en ce que
dans l’original correB on y lit Pule~
gi] Cervini , & dans la coppie de
Bauderon Pulegij cum flore. Secon¬
dement , efique Bauderon nous flair
lire dans la fienne Gymini, & Rhafls
ne fait point mention du Cumin. Ces
deux fautes font confliderahles ,, &
m’ont donné lieu de conférer plus
de trente pharmacopées toutes dif¬
ferentes en Autheurs , & en Edi¬
tions ( dont les noms feroient en-
nuyans des les reciter ) pour dé¬
couvrir cet erreur fi bien 'faye
trouvé prefque en toutes les fitf-
dites Pharmacopées que leurs . iu-
theurs font entrer le Cumin en ces:
Trochifques aprez. avoir exaBe-
ment examiné les dofes difeordan-
tes de cette defeription , tant par¬
le nombre des fimples , qm de leurs
noms & vertus ÿ fay creu la devoir
corriger pour la rendre conforme^
à la plus légitimé de fin inventeur,
en retrènehant les mots de , cum
flore , que Bauderon avoir ajouté à:
Pulegij , & celuy de Cymini, & en'
re filmant a- Pulegij le furnom de-
Ceruini. Et quoy que cette erreur
vienne de loin,& qu ’elle fiit authori-
fée d’un grand nombre de Diéf enflai—
re s députe plies d'un fie de & demy,.
fi efl-ce qu’il ne m’a point été par-
trop diffeile à reconnaître.
Lobelius en fis correBtons Jùr-
lài
504 Livre!,
la ‘Pharmacopée de Rondelet mm
veut perfuader que Cordm , Flo-
rentinm , & Bauderon , ont _ ajouté
le Cumin en ces Trochifques , ce qui
eft difficile a croire j il efi bien vray
quun chacun d’eux l'a retenu dans
fa defcription,& Cordm a retenu les
deux enfemble f avoir le Pulegium
Cervinum, & Gyminum , mais de la
on ne f aurait conclurre seuils foient
les premiers qui l'y ayent mis ,
ny moins qu'ils en ayent délibéré
entreux , par ce quils ne fe font ja¬
mais entrevem , & quils ont écrit
long-temps l'un avant l'autre , par
exemple Florentinm a écrit en l'an
ï 407. Cordm en l'an Bau¬
deron en l'an j j 88. de tout ce qu'on
les peut accufer , c'ef d'avoir autho-
rifé l'erreur, qui a donné lieu a ceux
qui font venm aprel^eux de les imi¬
ter. l'ajoute encores quefi quelqu'un
des fm-nommes^ avait fait cette ad¬
dition, comme dit Label , il en aurait
dit quelque chofe particulièrement
Bauderon.
.Mais quant a la fource de la dé¬
pravation du mot de Ceruini, elle
procédé de quelque écrivain mal
verfé en la connoiffiance des plantes a
eaufe de la proximité qui efi entre
les mots de Ceruini, & de Cumini,ou
Cimini , s'imaginant que celuy de
Ceruini , qui efi le furnom ( comme a
été dit cy-deffim.) de Pulegium an-
gu fi if olium,five Pulegium Ceruinum
Monffielienfium odoratim , fih un
mot dépravé par l'Imprimeur de
Cuminum ou Ciminum, cela fe jufiifie
par trois exemplaires de Nicol.Pra-
■ pofitus que fay en main le premier
de Bolongne de l'an 1488. le fécond
de Lyon de l'an 6. dans lefquels
Seâion XL
on Ut Pulegij Geruini,é dans U tni.
fiéme de Paris de 1 5 8 2. PuUeù
Cimini.
Le premier qui efi tombé dans cet
erreur, a fervyde planche a tous les
-Autheurs des Pharmacopées qui n'oiit
pas daigné de voir les originaux pim
correSts des inventeurs des compofi.
tions pour les conférer les uns avec les
autres , comme nous avons remarejui
en plufiéurs endroits de cette ‘Para'-
phrafe , & ainfi la dépravation de et
met efi venue jufques a nom.
Mais pouffiant ma curiofité plus
avant, je ne trouve point que les ver-
tus du Cumin conviennent avec celles
qu'on attribué d ces Trochifques tant
fuivant Diofeoride livre y chap.^y.
qui dit que le Cumin re ferre l'abqn-
dance du flux ^enflrual , que de ce
que nous lifens au premier des Anti¬
dates, ch. iQO.de Nic.MyrepfAle-
xandrinus , Antidotus è Cumino con-
fert fiigiditati : fiomachi inflatis,eo-
licis , feb'ri quartana laborantihtfs,
ventriculique concoÜionem juvat. Ce
qui fut jugé de m.ême n'y convenir
point par Meffieurs les Medecins.de
Paris en leur Codex Medicarnenta-
rius qui ont retranché de la dejerip-
tion defdits Trochifques le Cumin, &
ont mis en fa place, le Perfil de
cedoine.
On me pourroit objeller ce que Cal-
dit au livre 7. des fimples medica-
mens,que le Cumin provoque l'urine,
mais cet effiet différé un peu du pre¬
cedent. ^e fi en vouloit afembler
dans une compofition tous les fimples
qui ont des vertus femblables, eu ap*
yrochantes pour combatre les rnala-
dies aufquelles elles font defiinées,on
n' aurait jamais achevé , mais enfi>f
Des Trochifques. 505
thù des plus jpecifiques & plus ap.
prouvez., fait en leurs ejpeces , ou en
leurs genres, comme nous devons em¬
ployer en ces Trochifques le Pule-
gimn Ceruinum ainfi que Rhufis de¬
mande dans fis exemplaires correüs,
comme le plus excellent d’entre toutes
les autres ejpeces par l’approbation
de Mejpieurs nos Profejfeurs royaux,
&Dodeurs en la faculté de Mé¬
decine de cette Ville , pour être
plus efficace tant en fes qualitez.. ,
qu'en fes vertus. Voyez. Label
in fin jidverfaria pag. z 1 5 . (ÿ*
I.Bauhinen fin hifioire des plantes
tonte 3. livre z8. chap. 5 1 . Ceux qui
en feront privez. ', “& ne le pourront
recouvrer , luy fubftituerdnt le Di-
liam de Crete , qui efi d’ejfence fubti-
le, & au demeurant il luy efi fembla-
ble, Gai. livre 6. des fimples Médi¬
cament.
Pt.pour le mélange , il faut mon¬
der les Lupins de leurs écorces & les
piler avec la racine des Teinturiers,
enfemble les herbes,la Myrrhe,l’a4f
fafœtida, &paffierle tout par un ta'
mùfubtil. Le Sagapenum, & l’Opo-
panax choifis en larme, grofiîerement
pilez & peu a peu humeéiez. jufques
a entière diffiolution feront malaxez.
*fiec un des fies ou decoEiion d’un
dit fimples cy-dejfus JpecifieX, , &
teduits en une pfie confifience , fans
?» il en demeure de refie que ce qu’il
infant P eur incorporer & malaxer
* pondre dans le mortier , deux eu
itois heures durant, & du tout en fir-
tner des Trochifques. La longue ma-
nxation , aux Trochifques , & aux
dules , efi comme la fermentation
*nx compofitions liquides.
Trochifei Alkekcngi ,
D.Mef.
Baccarum - Halicacabi ,feu Al-
■ kekengi , drach. très.
Seminum Citruli ,
Albatheca , idefi , Melonis
Indici , &
Cucurbita , fing.drach. très &
femifi.
Boli Armena,
Gummi Arabici ,
Thuris ,
C Gummi efi ar¬
borés Draco
nominata , in
Infulis Cana-
riis luxurian-
tés , quod à
colore , San-
guis Draco -
nés namina-
^tur.
Seminis Papaver. albi ,
Amygdalarum amararum ,
Succi Glycyrrhifjt ,
Gummi Tragaeanthi ,
Amyli ,
Nucleorum Pineorum , fing. drach.
fex.
Seminum Apq , &
■ Hyofeyami albi , &
Succini , vulgo Karabe ,
Boli Armena , vel nofiratis , vel Si-
nopidés,
Dpij, fing. drach. duos.
Compone Pafiillos cum Succo Hali¬
cacabi, pondo drach. unius, ^ re-
pone ufii.
Sanguinis Draconis,d
Sff PA
Livre L SeBhn X L
506
PARAPHRASE.
De toutes les delcriptions de
femblable noiHi qu’on trouve
en Avicenne Serapion , Rhafis &
Myrepfus , aucune n’eft ulîtée , mais
feulement cette-cy , décrite par Me-
iué à la fin de la huitième diftin-
étion. La bafe de ces Trochifques
eft l’Halicacabura , appelle des
Grecs (pve^a.xiS'u) , &: des Arabes
Alkekengi , qui eft une e^ecc de
Solanura , convenable aux grandes
douleurs des reins , & pour les vl-
ceres » qui fouvent y adviennent*
& à la difficulté d’urine. Sa vertu
réfrigérante eft augmentée par le
Hyofeyame , Pavot s & Opium >
de forte que l’ardeur > de l’urine
cauféc de bile , bu pituite falée eft
modérée. Son adftridion cft aug¬
mentée par le Karabé, fang de Dra¬
gon en larme , tel qu’on l’apporte
des. (fles Canaries , Bol "fin , ou
Terre figilléc j ou de Blois & com-
mun : de forte que les vlceres des
reins avec le temps fe peuvent ei-
catrifor. Les fomences froides y
font mifes , pour challcr la bile,
par la voye de l’urine , ôc modérer
foa acrimonie , comme aiilîî les
Amandes ameres & Apnim le fleg¬
me falé. L’encens , la gomme Ara¬
bique , & Tragacantli , l’Amydon,
les Pignons > Sc fuc de Regliftê y
font mis poirr deterger les vlcc-
res , Sc erapefoher que l’urine par
fon acrimonie en paflant, ne les ac-
«roilfo.
ZE MELANGE.
^ Les femenccs d’Alkekejige ,
d’ApiUm de Hyofcyame , de Pa-
vot , fo pulveriferont facilement,
avec le fuc de Regliffe : les autres
femences froides mondées , & les
Amandes & Pignons feront ha-
chez tant menu que faire fé pour-
ta , fur unefueille de papier blanc,
avec un couteau de Cordonnier:
lefquelles aprez feront liibcilifées
au mortier avec les , autres pou¬
dres. Les Gommes Arabique &
Tragacanth , feront pulverilées au
mortier , Sc pilon chauds enfemble,
puis pefees à caufo du dechet.
Les autres feront pilez chaam
à part. L’Opium fora dilfout avec
le fuc d’Alkekcnge , -.auquel on ad-
joûtera les poudres , pour mala¬
xer le tout enfomble , & en for¬
mer des Trochifques du poids du¬
ne drachme,, qu’on ffichera àlbm-
bre , & gardera au befoin dans
un pot de verre , ou de terre ver-
nilié. Leur ufage fera avec Hy¬
dromel , ou lulep violât , ou de
lujubes , cy-devant décrits , en la
Seélion deuxième.
LES FACFLTEZ.
On s’en fort hcureufemrnt aux
vlceres des reins Sc de la veffie,&
à la dyfurie , & piflement de fâng
qui en procèdent
Des Trochifques.
remarqje.
AVrés avoir bkn examiné &
confideré la defcription des
trechipjHes d'Mkekenge de Mefué,
jy ay trouvé une faute qui efi de
U même nature , & non de moin¬
dre confequence que la precedente
des Trochifques de Myrrhe , autho-
risée d’un grand nombre de Dijpen-
foires , laquelle faute confiéle de ce
qn’on lit pour cinquième ingrédient
de la defcription Boli Amena , &
fur la fn , l'erreur nous fait lire
immédiatement après Charabe Bo¬
li fimpletnent. Les Autheurs des
Biéfenfaires fur ce dernier mot de
ïïoli ne font point d’accord , con-
fiderant qu’il entrait deux fois dans
cette eompojîtion , luy ont donné di-
'oerfes explications , croyans fans
doute que Mefué ou fes interprè¬
tes avaient oublié de s’exprimer :
les uns comme celuy de la Para-
pbrafe a écrit Boli Armena , vel
noHratis , vel Sinopidis : les autres
Terra fgUlata , ^ d’autres Terra
Lemnia , ef tout cela n’a été qu’un
travail en vain , contraire à l’in¬
tention de Mefué j car fi le defiein
de Mefue avait été d’ admettre une
autre forte de Bol eu de Terre dans
ces Trochifques , que le Bol Orien¬
tal , qu’il y demande au commen¬
cement , il s’en ferait expliqué, puis
qn il^ n’ignoroit point la connoijfan-
ce du Bol commun, non plus que
celle des Terres Lemniene figillée,
^ du Sinople. Et quoy qu'on life
prefque dans toutes les œuvres de
Mefue de differentes éditions , j’ en¬
tend parler des moins correéis , deux
507
fois le Bol, il efi d remarquer , que
cette faute efi venue de ce que dans
les exemplaires les plus corrects de
cet Autheur imprimés à fiénife,
apud ]untat , anno i6iy. on y Ut
Succini boni , Ô' dans les dépravés
fuccini Boli, ou Charabe Boli ; de
maniéré que par la rejfemblance
qu’il y a entre ces mots de boni à
boli , cette faute s’y efi glifsé in-
fenfiblement en changeant l. pour n.
par inadvertance des premiers Cor
piétés , ou des Imprimeurs des œu¬
vres de Mefué. Voila paurquoy nom
devons corriger cet erreur à l’exem¬
ple du doUe & fiavant Rondelet
en fon Officine Pharmaceutique , qui
a retranché de la defiription de ces
Trochifques ce dernier Bol , & y
a ajouté fur la fin, Aliqui addunt
Terrain figillatam , fed in optimis
exemplaribus Mefu&i non legitur.
MeJJieurs les Médecins d’Améier-
dam Tont de meme retranché en
leur Pharmacopée in quarte de l’an
iS)6.
Pour le mélange , TOpium fera
préparé comme il a été cy-devant
dit, au Requies ITicolai,& on le met¬
tra en poudre avec les autres in-
grediens. Des Bayes d’ Alkekenge,
il n’en faut prendre que les petits
grains jaunes qui font dedans. La
Gomme Tragacanh fera grojfiere-
ment pilée , & réduite en pâte avec
la decoBion d’ Alkekenge ,puü avec
icelle mélerés & malaxerés toutes
les poudres dans un mortier , &
peur la fin en formerés des petits
Trochifques.
Sss i Tro
5o8 Livre L
Trochifci Gordonij.
"yL. Seminum 4. jrigidor. major,
mundat.
T^apapaveris alH ,
Jldaluarum ,
Gojfipij , vulgo Bornhacis.
Tortulaca ,
Cetoneorum , &
Myrthillorum ,
Çummium Arabici ,
Tragacamhi ,
JSIucleorum Pineormn mundator.
‘Pifiaciorum ,
Sacchari cryflallini , &
Penidiorum ,
Glycyrrhiz.a mundat a ,
Hordei mundati ,
JMucaginis feminis PJjllt] ,&
Amy^alarum dulc. fing. drachm.
idaot.
Eoli ArmeriA , feu Orientalis,
Sanguinis Vracenis , ( efi Uquor
arboris Draco diBa. )
Spodij Arabum fcilicet ,nam Graco-
rum intro non fumendum,
Rofarurn rubrarum , &
Myrrha ,fing. unc.femiJS.
Sxcipiantur Hy drame lie & fingan-
tur Paftiüi , pondo drach. dua-
rum & reponantur ufui.
paraphrase.
GOrdon eftl’Antheur de ces Tro-
chifqiieSj qui les décrit en la par¬
ticule 6. chap. 1 0, de fa Pratique 3 où
il traitte de la cure des ulcérés des
féiris, La baie eft double & non dùin
mcdicamentj mais de plufieurs. L une
aperitive 3 & deterfive : l’autre delï-
SeBion X L
cative 3 & agglutinative. Les aperi-
tifs 3 & deterfifs 3 font les fcmences *
froides, de Mauves,de Coins, les Pig¬
nons, les Piftaches, amandes, la rcglif.
fe, l’orge, les Penides , le fuccre can-
dit, & l’Hydromel. Les agglutinatift,
& deiîccatifs,fbnt le mucilage dePfyl-
lium, les femences de pourpier, coings
& de Myrthilles,la Myrrhe, les gom¬
mes , le Spode , les rofes , Icfang de
Dragon, & l’un ou l’autre Bol.,. Ceux
qui auront ces Trochifques, fe pour¬
ront palfer des autres que le même
Gordon décrit au chapitre fuivant du
lieu prealleguéjfauf d’y ajoûter(quand
la neceflité le requerra ) des Trochif¬
ques de Terre Sigillée, à la.^ertudef-
quels,ils approchent bien fort,^:oiii-
me ceux-cy,aux precedents d’Allft-
kenge.
LE MELANGE.
La Reglillè ratilfée , & incifée, fe¬
ra pulveriféc avec l’orge , SC femencc
de Mauves, de Myrrhilles , de Pavot
de Pourpier , de Coton,, de Coings,
& les rofes. Les femence’s froides,
les Amandes , Pignons^, Piftaches,
& gommes feront pulverifées , com¬
me nous avons dit aux precedents. Il,
faut pulverifèr le Spode , la Myrrhe,
le fang de Dragon en larme , Sc non
du brouillé, le Bol fin du Levantjdia-
cunàpart. Lê mucilage detPfyllium
fera extrait avec Hydromel pour
en malaxer toutes les poudres mê¬
lées, & en former des Trochifques
du poids d’une drachme, qu’on gar¬
dera au befôin.
LES
Des Drochifcjues .
les fa CTL te Z.
• Ils font propres aux ulcérés des
•teins & autres parties internes j
d’autant qu’ils lénifient, détergent,
lémperent l’aciiinonie des humeurs,
& cpiroborent : pris par la bou¬
che avec du laid, au poids d’une
drachme. On s’en fert aulîi aux inje-
âions.
R E M A R QJ/ E.
J les Treckifcjues de Gordon font
àiverfement décrits par Bande-
ton & îbnhert , qmy qu'ils ayent
tiré leurs deferiptions d’un même
-Juthetir -, la raifon de cela eft ,
que Bauderon a pris la fienne de
la particule finiéme , chapitre i o .
des ifeuvres de Gordon , 6»' il trai¬
te de ta cure des vlceres des reins,
& louhert à ce qu’il dit d’un exem¬
plaire écrit k.la main , qui efi en
la Bibliothèque du College du Pa¬
pe Frbain k Montpelier de la mê-
Vie particule 6 . chapitre 1 1 . où il
traitte de ceux qui pijfent le fang,
é‘ ainfi U n’efi pas incompatible
que ces deux deferiptions fient
beaucoup differentes , puis quelles
font employés pour deux maladies
qui different auffi de beaucoup , voUk
pourquoy c’eft fans ju'.et que Dure-
nou au livre chapitre i^.de fin
Antidotaire au Commentaire qu’il
^ fait fur lefdits Trochifques blâ-
tne louhert en difant , qu’il a gran¬
dement dépravé cette defeription,
fonfeulement pour avoir voulu chan¬
ger la dofe des fimples qui y entrent'-,
auffi pour y avoir voulu ajott-
509
ter plufieurs autres chofis autant
precieufes que^peu neceffaires. l’ay
voulu donner xét advis k l’Artifie,
afin que quand il fera obligé de
les compofir , qu’il ne prenne pat
comme l’on dit Marte pour Renard.
Les deux deferiptions fi trouvent
conformes en dofes & en médica¬
ments aux lieux cy-deffut cités : U
efi k remarquer que celle de lou-
bert efi incomparablement plus cor-
reéle qu’une que )’ay troïkiée dans
Gordon , en une édition de Guil¬
laume Rouile , k Lyon de l’an 1559.
qui dit , % . quatuor feminum , fii-
gid. maprum mundaterum , feminis
Papaveris albi , Tragacanthi , U-
quiritia mandat. Maïtiches, Thu-
ris , Myrrha , Ambra grifa , ana
une. unam ;■ & louhert dit , 'éfiL. Se-
minum quatuor frigidorum majorum
mundaterum , &c. ana drachmas
duos , cette faute vient de l’Imprir-
meur , d’autant plus efi-elle proba¬
ble , de ce que louhert a emprun¬
té la fienne d’un manuferit de l’Au-
theur , lequel n’auroit pas mis une
once d’ Ambre gris fur quatorze on¬
ces de matière telle que celle de ces
Trochifques. La compofition de ceux
de louhert fi peut faire en tout
tems , er ceux dé Bander on au tems
que la neceffité le requiert , car de
les garder ils fe ranciraient , k rai-
fin de la quantité des fémences hui-
S^eufis qui y entrent, fl faut extrai¬
re le tnucilage de la Gomme Tra-
gacanth , comme celuy de Pfyl-
lium , mais feparement , & les mê¬
ler enfemhle pour malaxer la pou¬
dre , puis en former des Trochif¬
ques.
S s s. I De
510
Livre 1.
De Trochifds purgantibus.
Agarnus Trochifcatm , I>.M.
Agarici alhifmi ferra rapati
quantum voluerü. lacera vi-
no albo infufionis Zingiberis , &
fac paliam , & ex eu Trochif-
cos. Rejiccati pulverifentur , &
denuo ex eadem infufiene for~
mentur TrechJfiL Idque tertio
fiat.
^ ARAP HRASE.
QVoy que TAgaric foie un mé¬
dicament de famille, félon De-
moente , fîeft-ce qu'il a befoin
d'aide , à caufe de fa vertu foible,
^ de Gorredtif, pour caufe de fes
qualitez contraires , nuifibles au ven¬
tricule : tels font les médicaments
incifîfs, atténuatifs , & deterfifs, com¬
me le Daucus, le Liguftic, le Gin¬
gembre , le fel Gemme , miel Ro-
lat , Oxymel. Pour le jourd'huy les
Médecins fuivans Melîté au liyre
des fimplcs , & chapitre propre , le
préparent ainfi. Ils inEiIènt du Gin¬
gembre ( incisé ou concafsé ) au vin
blanc l'elpace de vingt-quatre heu¬
res dans une phiole bien bouchée :
uis râpent leur Agaric blanc , ôc
ien choifi, qu’ils malaxent avecicc-
luy vin blanc , dont ils forment des
Trochifqixes , qu’ils font fcicher à
l’ombre , & gardent au befoin. le
ne puis paflèr fous filence l’erreur
que commettent ceux qui étant plus
curieux de la couleur que de la ver¬
tu des médicaments , ne malaxent
SeBion XL
lair Agaric ; mais l’arroufent feule,
ment de vin blanc , en forte qu'il
fe puilfe former en Trochifques &
le font feicher. De maniéré que n’é¬
tant corrigé comme il faut , il nefe
faut pas étonner s'il provoque le
vomill'ement à ceux qui en ufeDt,&
ne purge les matières craffes, com¬
me il feroit au préjudice des mala¬
des , & du deshonneur des Méde¬
cins qui l’endurent. Pource je les
prie qu’à l’avenir ils ne fe conten¬
tent de le malaxer une , mais dx-m,
trois & quatre fois. Ainlî faifantles
malades feront purgez fins nuifan-
ce,à leur contentement de à l’hon¬
neur des Médecins , ôc-qu’ils ne
s’arrêtent pas tant à la couleur blan¬
che comme ils font : mais '^à leur
devoir &- au foulagement des mala¬
des. S’il efl; préparé arec eau de vie
il aura plus de vigueur, quayecle
vin blanc , & ne -fera pas moiiis blanc
qu’avec iccluy.
LES FACFLTE Z.
Ils purgent la pituite crafle & len¬
te de la tête , de la poictrine , &
des autres parties fans nuifançe , h
on les malaxe deux ou trois foh
avec du vin blanc de l’infofion de
Gingembre,ou avec l’Oxymel fimple-
REMARQVE.
POur faire que l’Agaric Eiochif-
qué fait toujours blanc , U
choifir de celuy qu'on rmti appor¬
te du .côté de Fenife en grops pi‘‘
ces , blanc , leger , & fiiable &
de celuy de Briançon , qu’on sipp^f
te en petites pièces, lequel quoy qu u
Des Trochifques.
tit Us autres marques de hoHté ,
pur l’ordinaire il fi noircit de
luy-même apres l’avoir malaxé une
fi)is i & ttela procédé de ce que
fon humidité fingeufi , gluante &
fuperfluë ne fi pas bien cuite &
dgerée , neantmoins il purge , mais
plus lentement , & avec plus d’in¬
commodités.
Tiochirci Alhandal, D.Mcf.
Pulpa Colocymthidis alha &
levis a granis purgat&,unc, decem
& non drach. decem.
Imdatur fircipe , ut decet j pofieet
eum.unciauna olei Rofati fiicetur,
& forma Trochtfios cum rnuc-
cagine ex Gummi Tragacanthi:,
aîrahici , & Bdellii ftngulorum
drachmas fix, aqua Rofarum die-
hui quatuor macerat.
Sicca in umhra : tere iterum curio-
se J cum eadem muccagine
forma rurfus Trochifios , qui fic-
cati reponantur ufui.
R ARA R H RASE.
CEs Trochifîjiies ont pris le nom
de la Colocynthe jque les Ara¬
bes appellent Handal, & Handaals
nom qui juiques aujonrd'’hay ell de-
®£uré. L'huile Rofaty eft niis,pour
la rendre lubrique , & afin quel¬
le n adhéré aux membranes inté¬
rieures du ventricule > & inteftins.
Eoiirce il ell beiomqu elle lôit fub-
olemenc pulvérisée. Les Gommes
y Ibnt niifes , non feulement pour
luy donner corps , mais prindpa-
‘«flient pour réprimer là chaleur &.
51 1
acrimonie, Scattraélion demeforée-
De la Colocynthe ainfi préparée,
& corrigée fe doivent fervir les Mé¬
decins , & Apothicaires en toutes
les compofitions qu on adapte inté¬
rieurement, comme Ibntles Hieres,
& Pilules, quoy qu’il ne fûtexpref-
lèmcnt fprecifié pat l’Autheur.
Z£ MELANGE.
Il faut infefer les Gommes en^
eau Roiè l’clr^acc de trois ou qua¬
tre jours. DuraiiC ce ou piurgera la
Colocynthe de les grains , 6c au¬
tre ordure, s’il y en a , laquelle on
incilèra & puiverilera avec quel¬
ques gouttes d’huile Rolai ; puis avec
une partie des mucilages on en for¬
mera des petits Trodnlquc-s , afin
qu’ils loient plutôt C es. Iceux fei-
chez feront derechef longuement
pulverifez au mortier, & pour la
fécondé fois avec le refte des mu¬
cilages malaxez , & réduits en Tro-
cfailques , qui feront ferrez au be-
foin. Le texte de Mef ^é efticy de*-
pravé : car au lieu de dix drachmes»
de Colocynthe , il faut lire dix onces,,
k faute vient des Imprimeurs , qui
ont pris 5. pour
LES F A CELTE Z.
Si. on pulverifè fort Cibdlemcnt
la Colocynthe, Si qu'on la malaxé'
trois fois avec les mucilages , ellé'
fera plus utile pour mêler dans tou¬
tes les compofitions internes, qu’ati-
trement : car fa nuifànce étant ainfî»
corrigée, elle purgera fans enriuy,'
la pituite des joinétures.
RLE
512,
Lime L SeB'ion X L
RE M 4RCiyE
I'Ay veu dans mes quatre exem¬
plaires des œuvres de JÜefué dif-
ferens en édition, le premier in oüa-
vo d’IrnpreJJion de Finife , de l'an
ijij. deux in folio , lettre Gothi¬
que , imprejfion de Lyon , le pre¬
mier de l'an i ; 14. le fécond de l'an
1 )-4 1 . le quatrième aujfi in folio de
Venife , de^ l'an 1615. tout lefquels
exemplaires décrivent les Trochif-
qttes Alhandal de la forte , IJL. Pul-
pa Colocynthidu alha & Unis mun-
da àgranis drachm. decem , &c. au
lieu de dire Pulpa Colocynthid. une-
decem, comme fait le vieux manuf-
crit que j'ay en main ; cette fau¬
te peut procéder des Imprimeurs
( comme a dit le Paraphrafte , )
eu des coppiéies de Mefué -, d'où
quelle vienne divers Dilpen/àires
ont retenu mal a propos la dofe de
dix drachmes , parce qu'il n'y a
point d'apparence que les correctifs
foient en plus grande quantité que
le médicament qu’on doit corriger,
le ne m'arrêteray point k citer ceux
qui les décrivent diverfement , il
fuffit que l'erreur foit bien connu.
Mefué par exprès , dit qu'tl faut
fubîlituer en la Hiera Herrnetis
les Trochifques Alhandal pour la
Colocynthe ,& en toutes autres Con¬
férions , comme avons cy-devant
dit en la Hiera Logodii. Micha'él
Capella excellent Médecin en fes
additions fur l'Antidotaire de Me¬
fué , dit, & fi gener aliter faciunt do-
£li Aromatarii. loubert en fa Phar¬
macopée dit la même chofe en au¬
tres termes , & quand il s'agira de
la mettre en infufion , ou en déco.
non,faut prendre la pulpe mon¬
dée fimplement , & Bauderon k U
fin de fa Paraphrafe en dit de ml-
mé , après cela nous devons être
deuément avertis de n employer point
la Colocynthe intérieurement fans
l'avoir corrigée , & lors qu'il en
faudra cuire en deceCtion pour les
cly Itérés , on la peut- aujfi prendre
fans être corrigée , & en donner
jufques k demyonce.
Ti'ocliifci Diaiai/.id. eft, de Vio-
lis, D. N. Al.
Florum Violarum recentium
mundatar. drach. quinque.
Amyli , drach. très.
Seminis Papaveris alhi, drach. duos
Cèr ferup. unum..
Plantaginü , drach. unarn.
Rhabarbari optirni , &
Balfami , vel fuccedanei e]m ,elei
Caryophyllorum,vel Nucis /Idof
chata utriufque fcrup.umm.
Aqua Refarum- quantum fiffidt-'
fiant paliilli ufui. His raro uti-
mur , ni fi in nonnullù compoft-
tionibus.
PARAP HRASE.
CEs Trochifques ont pris le nom
de leur balè , les Violes nii-
fès au commencement. Leur ve^
tu purgative eft augmentée par le
Rheubarbe , & la refrigerativc j pat
la fèmencc de Pavot blanc. Leur
vertu eft conduite aux poulinons,
par l’Amydon : au foye par la tt-
mence de Plantain : aux reins &
matnee
Des ^rôchifquts. 5 1 1
mawice par le Baume ( m Con fiic-
cedanée l'huile de Geroflcs , ou de iSS FA CVLTEZ.
Mulcadc.jPource ils conviennent aux
grandes inflammations de ces, par¬
ties, & pour lâcher le ventre en ra-
flioilidànt.
LE MELANGE.
Il faut piler les Icmences, & le
Rheiibarbe enlèmble , & l’Amy-
don à part. Aprez on mondera les
fleurs de Violes purpcirées de leur
patrie herbacçc , qu'on pilera cu-
rieufement au morder de marbre’,
puis on y ajoutera les poudres , &
le Baume pour du tout en former
des Trochifques , qu’on fera Icichcr
â l'ombre, & gardera au befoin. S'il
ne fuffit de l'humidité des Violes
pour malaxer la quantiùé des pou¬
dres, on y ajoutera un peu d’eau Rô¬
le, ou de Violes.
Les Violes blanches peu ôdoran-
Ks,,& purgatives , ne conviennent
icy. Le Cheyri des Arabes qui eft
nôtre Violier jaune fort odôrant eft
meilleur, encores plus font les pur-
purées, qbon appelle Violettes de
Mars , ptiacipalement fi l'Apothicaire
prend des premières ( qui n'ont été
hveee de la pluye ) & non des der-
nieres: ,pource que les premières font
plus odorantes & .plus purgadves. Si
non qu’on prenne des fleurs de Cliey-
ri fort odorantes , & purgadves. Ces
Trochiiques font peu ufitez , horfo
ons en certaines compofitidns- des
Anciens.
Ils adoucifiènt les inflammations
des vifoeres , amollillènt le ventre,
& purgent benignèment.
K E M A R Q^V E.
CÉs Trochifques font de Nice-
latu Alexandrifim , & non du
furnommé par quelques-uns Saler-
nitanUi : ce premier les décrit en
fen livre preallegué , chapitre 1 6o.
' feus le nom de Trochifisu JDiani , vel
JDiaui , & ne fait point mention
des fleurs de Fïolettes blanches re¬
censes , comme le prétendu Saler-
nitanus tflii dit Trochifei Diani di-
cüntur a Vielis albü : & loannes
Agricola Ammonitu en l' Annotation
.quil a faite fur les œuvres de Ni-
colaus Alexandrinui , & fur lefdits ,
Trochifques dit Leucoion , efi fGala
alba / ex albis autem Violü Tro-
chifeos conficere oportet , de qnibus
lib-i . cap.i il. Diofeorid. conjtde-
rat. Mais icy fe prefente me diffi¬
culté qui femble nétre pas petite,
fçavoir de quelles fleurs de f’iolier
il faut prendre pour compojèr ces
Trochifques , ou de celuy de Théo-
phrafie , qui efi le Leucoion bulbo-
fum, que Fuchflus appelle la fleur
F'iolette y parce quelle a l'odeur
de la Violette , ou de celuy de Diof-
coride ,qui efi le Violier jaune, im¬
proprement appeUé Leucoion, duquel
il y a quelques efieces , & encores
des Violettes de Mars blanches.
Gluant a moy j’e élimé qu'il faut Jùi-
vre Bauderon , & y mettre des pur¬
purines récemment feichées & non
T te Aveç
J14 Livre L
4tvec leur humidité , non foi pour
augmenter la vertu purgative de la
JRheubarbe , parce quelle ny entre
P ai en quantité non p lui que les Vio¬
les, à raifon que la vertu des adfirin^
gents ou des incrajfans furmonte
leur vertu purgative , voila pour-
quoy il ny a nulle conjideration d
faire pour ce regard. Pour former
lefdits Trochifques il y faut ajou¬
ter le mucilage d'un fcrupule de
Gomme Iragacanth tiré avec l'eau
lofe..
DeTrQchifçis Arexiterij?.
trochifci Gallu. MofchafA^ D.Mef
Ltgrii Aloè s crudioptmi,drach.
quinque.
Amharis Cineritii , drach. très.
Jtdofchi Orientalis , drach. unam.
Cum mjicagine Gummi Tragacan-
thi ex àquà Rofarum extraétâ
fac Païiillos figura fiolii Myr-'
thei ; figillentur , & vafi vitmo
reponantur.
AUi Ambrant ole'ct Balanino in
vafi vitreo filuunt , & hoc oleo
cunHa comprehendunt.
^ A RA P H BASE.
CE nom de Gallia, ne peut figni-
fier Gallfes , ou noix de Cyprcsç»
comme nous avons dit aux Trochif-
ques de Ramichj veu qu’il n’en en¬
tre point icy. le ne puis deviner ce
que Mefué Myrepfiis au premier
des- AntidoteSjchapitre 4 z4 ont youlu
entendre par tel nom : hnon que ecs
Xwhiiques ayent é,cé inycptez , 0?
Seâion X /.
premièrement vfite2 pat Içs
cins de France qui s’appelle en La¬
tin Gallia , long-tems avant Mefué.
Ils ont pris le furnom de Mufe, com-
me^dc celuy qui tient.le premier lieu
entre les bonnes odeurs.
LE MELANGE.
Chaque médicament fera pulv^
risc à part 3 puis on les mêlera &
malaxera avec le mucilage de la
Gomme Tragacanth > extraidt avec
eau Rôle , dont pn formera des Tro-
chifques en forme de fueille de
Myrthe , qu’on marquera comme
nous avons dit des lubKngues, lef-
quels feront gardez en pots de ver¬
re bien bouchez. Quelques-uns , dit
Mefué 3 dilîblvent l’Ambre gris avec
l’huile de Gland unguentairé ou
noix Myreplîque (■ poucce qu’il ne
rancit pas comme les autres hui¬
les : ) puis y ajoûtetît les autres pou¬
dres 3 & forment leurs Trochifques
comme dit eft. Outre ce qu’ils font
aiexitaircs , ils font convenables aux
maladies froides du cerveau , cœur,,
matrice 3 & des autres vifeeres, Ils
entrent en plufieurs compofitions,
qui font de l’invenaon de Melùé.
Ceux de Myteplûs entrent en cel¬
les qui font de la fienne. Ils ne font
point autrement ufitezi Ceux qui les
voudront difpenfer 3 auront recours
au lieu preallegué.
LES TACVLTE2,
Ils corroborent le cerveau & le
cœur 3 & rétabliflent les forces ab^
batues par quelque longue maladie:
arrêtent le vomilfemept 5c le
dti
Des DrocbifqüiS^ 5^5
de : fefidénf l’iialcîne & l’b-
denr de toïit k corps agreâble , &
proficênc au yeûtrieuk & lîiacricé
refraidis.
RÈMARQJE.
A defcripiion dé ces Trochif-
qua en quelques exemplaires de
Mefué fe trouve deprdvêe en la do-
[e de l'Ambre grütles.vieux de let¬
tre Gothique en demandent trois
drachmes , & ceux de Pinife apud
hmas anno 1613. n en demandent
que deux drachmes , Bauderon a
retenu la prefniire dofe , co'nïfhe la
flm correUe. Vay veu quantité de
vieux exemplaires de différentes édi¬
tions , & en manufirtt de Me-
fné qui ne font mention du Cam¬
phre , comme difeni les Moines qui
l'ont retenu dans leur defcription,
ny dans un grand nombre d'au¬
tres Antidetaires. ^ue fi on com-
pofoit ces Trochifques avec le Cam¬
phre , il eji tres-affeuré que leur
odeur ferait autant ou pim defa-
greable , qttelle efl agreabfle fans
icehty , dr on nen fiauroit ufer inté¬
rieurement, à caufé de la faveur &
fi fin odeur qui fint extremernént
ingrates ; & au contraire le Cam¬
phre n'y étant pas ( comme on les
préparé ordinairement ) c'eft un re-
mede U plits délicieux pour fin
^figf, fait extérieurement ou in-
ttrieuremtnt que nom ayons pour
ceux qui n’en craignent point l’o¬
deur. Pay obfirvé que le nombre
des ingrediens ,dr leur dofe efigar-
dfe par les Diffenfaires , & nay
trouve que les Moines qui y fini
entrer le Camphre.
Peur procéder ptsù Mihodiquè-
ment au mélange que deffm , le
bois d'Alo'és étant réduit en poü-
dre fubtile , il faut couper l’ Am¬
bré grü auffi menu qti'il fe pour¬
ra avec un coûté au , & fur un por¬
phyre bien net le broyerés avec le
Mufc , & un peu de mucilage de
Gomme Tragaeanth , tiré comme dit
èft , jufqud ce qu’ils filent fiib-
tils & également rnélés , après y
mlleré's le bots d’Aloës & contt-
nûerés de les broyer me heure du¬
rant-, dr avec ùn peu d’huile d’a¬
mandes douces faut oindre le bout
dés doigts peur manier là phte dr
éh former des Troàhifqûés , qu’il faut
fâi'ré fiichér [fiigneüfiméni à l’om¬
bre entré déûx papiers : ou bien
après avoir broyé l’Ambre , & /e,
Mufc avec ün peu de mucilage
fur le porphyre , en peut prendre
cette mixtion & ta mettre dans un
mortier , pour y mêler le bois d'A-
loë's en poudre & les malaxer en-
femble , ainfi le mélangé s’en fera
mieux , parce que la matière fur
la fin efi trop firme , & on ne la
pourrait gouverner fur le porphyre,
comme on fira dans un mortier à
coups de pilon.
Tfochifci Alîptæ Mofehatæ,
D. N. Alex.
Ladani puri , uHc. très.
Styraeü calamites , une. ,.unam &
. fimif
Styraeü rubri, unc.-unam.
Lighi Alo ’és optimi , drach. duos-..
Ambra cinéritia, drach. unatn.'
Captmra , ferup. unum & femifi-
T te 2 Mofehi^
5 1 6 Livre I
Jdcfcèi .jlrupulfèmij^.
Comporte PaÈillos ctink Aqua Rofa-
rum : ficctntur in umbra , & re-
pen^ntur ufùi. Myrepfm habet
Caphurtt JcrupuLfem. ut Mofchi.
In reliquü conftntiunt.
PARAPHRASEE
ALipta / {èlon Salernitanus ) fi-
gnifie mixcui'c , ou mélange :
Moichata pour caufc du Mufc qui y
encre. Ainfî ces Trochifques ont pris
leur nom & fùrnom de plufieurs mé¬
dicaments odorans mêlez enfemble
pour parfumer le cerveau, & ma¬
trice.' Leur bafe eft le Ladanum , mis
au commencement. Sa vertu adftrin-
gente eft augmentée par le Styrax,
& conduite au cerveau par le bois
d’Aloês : au cœur & mamee par
LAmbre ,& Mufc, Le Camphre icy
rais en petite quandcé ne peut nui¬
re à la matrice,, mais par fà tenui¬
té de parties , fek penetrer la ci affi-
tie de la baie, ju^ucs au cerveau,
& à la poidrine. Myreplùs au pre¬
mier des Antidotes, chapitre 425..
y en met fêalement demy krupuléi
comme de Mufc , & non un Icm-
pule , & demy comme Salernitanus.
Lt pour le refte ils font d accord'.
LE MELANGE.
Le mélange enfcigné par Saler-
nitanus eft long & laborieux. Pour
avoir plutôt fiit, faut faire ainfi. Pul-
vehfcz chaque médicament à part,
puis les mêlerez comme s'enfuit. Il
faut chauftèr un mortier & pilon de
bronze , & en iceluy agiter & battre
Is Ladanum toncafsé avec un peu
SeBion X L
d'eau Rofe , jufqu’à ce qui foi,
bien fondu , & n y aye aucun «ru-
meau. Puis on y ajoûtera le Styrax
rouge, & Calamite, quon agitera
auffi. Puis on y ajoûtera le bois d‘A-
loê's fubtilement pulvérisé , aprez le
Camphre , Mufc , & Ambre dif-
fous enfemble , avec eau Rolè dans
un autre mortier. De la pâte à de-
my refroidie , on formera des Tro-
clftfqucs de telle grollèur ôc for¬
me qu’on voudra , qui feront fei-
chez à l’ombre , & gardez -pour la
neceflitc.
LES FACFLTEZ.
On les recommande fort pour
être efficaces au cerveau , foye , ven¬
tricule , & autres parties deftinées
à la nutrition , 5c pour reftaurcr les
efprits. Ils font aulli propres à l’aftkr
me des enfens , & à ceux qui ne
peuvent retenir le laid, ils peuvent
encor fervir à parfumer en teti« de
pefte.
REMARQVE.
La deferiptiqn des Trochifquu
d'Alipta Mofehata de Salem-
tnnw, autrement de PAntidotarium
parvHm Nicolai P r Ap ofiti ,.eft tel¬
lement conforme à celle de Nicol.
Alexandr. en nombre d’ingredtent
& dofes d’iceux , qne fny raye le
nom de ce premier, pour ren¬
dre l’honneur qui efi deu a A£-
calaus AJexandrinui , qui au cha¬
pitre 368. du livre fiu-allegue les
décrit.
Si le Styroi calamite , & rouge
fe peuvent mettre en poudre, tl
Des Trochifques* 5 1 7
tnfera Uaucoup meilleur ; car pour
les Autres ingrediens , la difficul¬
té n’en ffira pas grande , & leurs
vertus fe conferverom beaucoup
mieux i fi on met l'Ambre gris en
poudre dans un mortier avec la
mitié d’une Amande , puis on y
apûtera peu à peu le bois d’ A-
loës en poudre fubtile , & on con¬
tinuera de les triturer le plus
Subtilement qu’on pourra j on en fe¬
ra de même du Mufc , avec deux
tu trois gouttes, d’huile d’ Aman¬
des s’il eft fec. Le Ladanum fe¬
ra [ubtilement trituré à part au
poids de trois onces & demie , à
Ciufe du fable qui fe trouve par¬
te) J &, paffié par un cicotrinoir.
& ainfi la poudre pourra être ma¬
laxée avec le mucilage de la gem¬
me Tragacanth deux eu trois heu¬
res durant dans un mortier de
bronTj à froid , & de cette métho¬
de les parties plus fubtiles des in¬
grediens ne s’évanouyront point en
l’air , comme fi on les malaxait en
un mortier & filon chauds j ainfi
qu’il eft enfeigné par V A utbeur du
mélange. L’odeur du Camphre eft:
fi ingrate , quand elle fe trouve:
mêlée avec celles de l’Ambre &
du Mufic , que je ne feray point dif¬
ficulté de le réduire d un demy
fcrupule , comme Uicol. JMyrepfus
Alexandrinut.
Tm
T 1 1 J
5i8
Livre L SeBïon X L
Trochifci Cyphi , D. Damocratis.
Vu& Palfi. piniuif-
in.
in
in
in
— r-*
JîmA, mundatA d cor-
fimtU.
dufto.
\quadru.
fextu-
oBuplo, !
decupk \dmde-
tice tenui , & ah ad-
1
'plo.
plo. ' 1
! 1
1
cuplo.
nü probe Uvigatt,
Terebinthina para ,
JMyrrh& optima & fe-
mri.
39-
3«9-
\
XViij.
'•^xq.
^XV].
^XX.
^xxiij.
Schœnanthos ,
utri.
3^
39*
1 ...
3Ȕ/-
3^/-
"^viij.
^Xij.
Cinnamomi, feu Cane U.
9^.
■ ^
feiea.
^iiij.
dvj.
3viij.
9^.
dxij.
Calami àromatici.
9^.
gr.v.
duq.
Û.
hix.
3xiij.
&.
dxviq.
'B.xxij.
Bdellij lachrjfma ,
SpicA Nardi ,
CajfiA nigra lign. aro-
mat.
Cjfperi ,
Baccarnm luniperi
grandium & pin-
guium^
Gran.
Gran.
3/-
3iiij.
5ÿ-
dvii].
dviiij.
xvj.
xxxij.
Grdiij.
Gran,
xvj.
Gr.viij.
(5.
A^alathi ,
Cr.xi.
Gran.
Gran.
Gran.
Biiq.
dv.S.
Croci optimi ,
xxij.
xliii}.
lxv\.
gr.viij.
Gr.lx
Gr.v.
Gr,x.
Gr.xx.
Gran.
Gr. xl.
Gr.l.
XXX.
Meiis Attki , sut
Callia Uarbonen-
fis, &
Vint optimi , utriufque
modum medioerem
adformandos Pafiil-
los ut dicemus.
para
Trochifquej. j i o
PARAPHRASE.
CE nom de Cyphi n'eft pas
Grec 5 mais étranger, qui figni-
fie odorant , & eft indéclinable-.
Les Prêtres d'Egypte parEuiioient
. anciennemenc leurs Dieux de ces
Trochifques pour les avoir propi¬
ces en ce qu’ils requeroient d eux.
Depuis les Médecins , du nom-
‘ bre delquels eft Andromachus , &
Damocrates , & notamment ce grand
Roy Mithridate , ont trouvé par
expérience qu’ils étoient fort ex¬
cellents aux venins , à la pcûe , iSc
aux maladies froides du cerveau , &
du foye , & pour les defluxions qtii
tombent à la poitrine.
i LE MELANGE.
Ceux qui ne pourront recouvrer
du vray Afpalathe , qu’ils prennent
femblaÛe poids de Zedoàire, qu’ils
concalTcront au mortier , avec la
racine de Cypere , puis y ajoute¬
ront le Nard Indique incifé , k.Ca-
nelle , Çaffe aromatique , la Canne
odorante , la graine de Genevrier,
& :Schœnanthe , qu’ils pulverilc-
ront enfemble & paffetonc par un ta.-
mis; fubtil.
Il faut piler à part le Saffian,
pois on mondera les Raifins blancs,.
& gras de leurs pépins Sc pellicu¬
les , pour les piler à part au mor-
de marbre , Sc paffer fur un
^tnis renverfé avec une cueillere
“ Argent ou Ipatule , puis on en.
pefcra le poids requis. Cela fait
,^amocrace (. de l’authorité de Ruf- .
«5 Ephefîeu , cjccellenr Mededn.
qui floriilbit à Rome du temps des
Empereurs Ti ajan & Adrian ) die
qu’il faut agiter au mortier de mar¬
bre le Bdellium , & la Myrrhe,
avec un peu d’excellent vin , en
forte qu’ils fe fondent & retiennent
la forme d’un liniment , ou miel
liquide. Aprez on prendra trois ou
quatre onces de Miel blanc écume
& cuit en forme de Syrop, au¬
quel encore chaud on détrempera
la pulpe des Raihns palfée comme
dit cft , la Terebinthine , puis le
Bdellium, Sc Myrrhe fondus, fina¬
lement les poudres pour du tout en
forme des petits Trochifques, qui
feront fèichez à l’ombre , Sc gar¬
dez dans impôt de verre, ou de
terre vernilîe , bien bouché , pour la
neceffité.
LES FAcriTE Z.
Outre qu’ils encrent au Mithri-
dat , ils fervent aux ulcérés inter¬
nes des poulmons , & du foye , &
de parfum en temps contagiçux.
Les Preftres des Egyptiens ch en-
cenfbient leurs Dieux , afin de fe les
rendre propices. Ils conviennent
auiïï aux defluxions , principale¬
ment en celles qui découlent des.
ventricules du cerveau for les par¬
ties fobjacehtes..
REMARQVE.
IE me fiiù fris' garde en cette:
fécondé revijîon , n était pas
mains neee faire de Mvifèr far
cla0s les dofes des ingrediens des
Trechifques de Cyphi a caufe^quiH
entrant à-ans. le Mithridat , que
to Livre L SeSfîon XL
de ceux A' Heâycroi ^ui entrent en
/<f Theriaque 5 far ce que fuivant
l’ufage ou U débité , les. uns en
compofent plue À la fois que les
autres ,, & ainfi fans avoir la
peine de fitpputer les dofes , ils
choijîront celle qui leur conviendra
le plue.
^our procéder avec plut de mé¬
thode au mélange de ces Trochif-
ques que dejfus , il faut mettre en
poudre le Bdellium & la Myr-
rhe' , avec les autres matières qui
fini triturables , en faire une
poudre fuhtile. A part le faffran
choifi fera triture , & la pulpe
des raifins blancs extraiEbe com¬
me il efi enfei^né cy - d.ejjus par
Vautheur du mélange , s'ils font
fecs & que la pulpe ne puijfe paf-
fer fans les humeEler , il faudra
ouvrir les grains , en tirer les pé¬
pins & legerement humeEler le de¬
dans avec de bon ' vin blanc , pour
les imbiber fur une chaleur lente.
‘Pour la Terebinthine , a l'imita¬
tion de Mejfeurs les Médecins
d'Aufbourg en leur Pharmacopée^
aprez.. Damocrates & Galien , il
la faut faire cuire lentement dans
l'eau , afin que les Trochifques
fiaient plus fecs , (fr qu'ils n adhè¬
rent entre les doigts , ny l'un con¬
tre l'autre j comme il arrive pour
l'ordinaire. Cela fait les poudres
feront malaxées en un mortier avec
la Terebinthine d demy dejfeichée,
la pulpe de Raifins qui fufii-
ront pour les incorporer , fans y
mettre du vin, ny du miel , qui
ny fervent l'un , que pour ramol- '
lir les Gommes , & l'autre pour
donner corps d la compofition , &
en diminuer les forces. Jpret.
on formera les Trochifques comme
dit efi.
Ces Trochifques font décrits par
Galien au fécond livre des Anti¬
dotes , ou il fait entrer neuf drach¬
mes de Calamut aromaticus , com¬
me auffi loubert qui a pris fit def-
cription de Damocrates , (ÿ* Sau-
deron nen met que trois drachmes
jufqu’â l'édition de Pierre Rigand
de l'an 161^. ou il a été entière¬
ment omis , & comme auffi dans les
éditions de Sauvageon , & dans
celle-cy comme en la precedente,
j’ay refiitué la defeription & U
dofe du Calamus aromaticus a neuf
drachmes.
Trochifei Scillini , D. An-
drotnachl.
ScilU affata , lib.unam-
Farina Orobi albi , & non rufi , un-
cias oElo.
Forma Trochifeos , qui in nmbrafic-
cati reponantur ufui.
paraphrase.
CEs Trochifques ont pris le nom
de leur bafe les S cilles j chau¬
des & fèiches au fécond degre,
qui onc trois facilitez. L'une eil
manifefte , incifivc , atténuative , &
deterfive des matières crall'es &
vifqueuiês en quelques parties qu el¬
les foienc. L'autre eft purgative»
félon Mefué. La troifiéme. eft oc¬
culte , & celclle par laquelle aies
refiftent aux venins félon Diofto-
ridc , & Galien , qui eft l'occafion
Des Trochifques, 511
qu^Andromachus les mec en fa
Thcriague- Cette vertu alcxirairc
eft augraentée par TErnura , ou
Orobc blanc, plutôt que celuy qui
eft roux , pour ce qu'il ell moins
amer , '& reïifte davantage aux ve¬
nins , & pourriture des humeurs.
La ôcilie perd là tnauvailè qua¬
lité & humidité fuperriué i
pliis Uâcjilentc:, par le moyen de
ifflâtion'ou coébion. Galien au hui¬
tième livre des.fimplcs.
Z£ MÉLANGÉ.
On prendra des vrayes Scilles
apportées d’Efpagne & jion du Pan-
ctation que les Herbpriftês ap¬
portent de Provence , & les ven¬
dent aux Grollîérs 'de Lyon , pour
ce qiic^ leur vertu eft; , beaucoup
moindre, félon Diqfcoride & Ga¬
lien , qui foienf "de ; tpoyèhnè grof-
•feur nourries en licu'’iib'ré,, & con¬
venable à leur namrë , loin de la
met & des bains chauds , & ac¬
compagnées de plufieurs de même
e^eee,, cudllies âprez les moif-
fonS ou au- < commencement de
l'Autoinne , lofs que les fueilles
font quali feiches , & que par la
chaleur de l’Eté , leur- humidité fii-
perfluë-cftÆopfumée , y reftanc feu-
iément la radicale icy requilè , au
plein de la'Lunç, làir étant clair &
lerain. Les Scilles’ ainfi choilîes,
lônt de grand effet. Qn coupera
la tête de chacune , & on en ôte¬
ra la première peau , puis on les
cnvclopeta de pâte , dont on fait
le pain bis , & non de terré graf-
le ( comme veut Critôn ) pour ce
ffie cela eft trop' fordide. Aprez
( ainfi envelopées ) on les fera aii-'
re au four , julqu’à ce que la pâte
iè fende. Si à travers des fentes»
un petit poinçon de bois , entre
facilement dedans les Scilles , c’eft
figne qu elles font allez cuites. Etant
reffoidies » on prendra le plus net,
horïmis le cœur , qu’on lairta ;
puis, oij les pilera ‘dedans un mor¬
tier de, marbre , avec un pilon de
bois & palïèra à travers le ta¬
mis ■ , :aulqueiles on ajoutera les
deux tiers de farine d’Orobé blancf
comme -fur une livre de Scilles
( ■ qui vaut doitâc onces ) huit de
ferme. Le tout malaxé au mor¬
tier ( ayant les mains oinétes d’hui¬
le )■ fera réduit eh Trochifqnes,
du poids d’une drachme , qu’on
feichcra àd’ombre , & gardera au
befôin , dans des pots dè verre bien
bouchez. '
LES F A cr LTE Z.
Ils incilènt & detergent les hu¬
mours crallês & lentes , & convien¬
nent à l’epilepfie, & aux maladies vc-
nimeulès.
REMARQ.VE.
IE naurois jamais tant décou^
vert de diffrop orrions qu’il jy a
en certaines cotnpojitions de cette ■
Pharmacopée , fi je ne rréy éteit
attaché par un examen très - par^
ticulier , qui m'a fait remarquer
en la Confeélion de ces Trochif-
ques de Scilles , le befoin qu'ils onf
d'être corrigex. , fi en defire qu'ils
pojfedent' les vrayes qualite'j^ &
vertus que fin inventeur leur ai-
Vuu tribtié
jzL Livre L
trihu'é qui ne eonjîfient point en
Vhmniâité dés ScilLes , comme beaur
foup fe font perfuadez.. Diofcori-
de l’a fort bien reconnu en décri¬
vant fon vinaigre Scillitic , li¬
vre cinquième , chapitre vingt deu¬
xième , quand il demande l’exjk-
cation des lamines des Scilles, avant
que de les mettre en infùfon dans
le vinaigre il eft vray qu’il le
faifoit à une intention qui reüjfit
en bien , contre fen fintiment j
car autrement l’humidité fur-abon¬
dante & excrementeufe quelles
ont , quoy quelle tienne de l’àcre,
ce neft quen apparence^, comme
s’y trouvant dijfoute^inf qu’il a
■ été cy-devant dit en la remarque
du vinaigre Scillitic ,■ elle raba-
treit de même toute l’acidité du
vinaigre , par le combat qui Jur-
vient du rencontré' de la faveur
acre & de l’humidité'fkperfuè des
Scilles avec racidité du vinaigre^
le rendrait fans effet, ou à tout le
moins de tres-petite vertu. La mê¬
me humidité jkperfu'é , n’abonde
pas moins aux Scilles , qu’on em¬
ployé pour ces Trochifques , aprez.
qu elles font cuites au fur enve-
lopêes dans de la pâte , que dans
celles qui font crues : car leurs
humiditel^ ne different entre-elles ,
que du plus ou du moins de vifco-
fté. Les premières en ont moins
que les dernieres , 'èf qui pis efi,
ceft que toute cette humidité étant
deffeichée comme il arrive en ces
‘Ir'ochifques , de doutée onces de
pulpe de Scille , incorporée avec
huit onces de farine d’Orobes , qui
ff nt vingt onces , tout cela fe ré¬
duit a. enz.e onces ou environ pour
SeBion X 1.
le plus n’y reflant de Scilles ,
trois onces ; qui me fait dire qu’il
nef pas poffible , que l’intention
de Galien , aprez. Jindromachus
ait été d’admeptre une fi petite
quantité de pulpe de SeÜle , fur
une plus grande quantité de fa¬
rine d’Orobes. L’Autheur dé U
Laraphrafe nous veut perfitadér
que la vertu alexitaire des Scil¬
les efi augmentée , par. celle des
Orobes , au contraire elle en efi
fort affeiblie, & nd été ajoutée en
cette compofition , que pour en
pouvoir plus facilement former des
Trochifques , ( comme le pain 'à
la chair de viperes.'} Et quUnt
le dire de Bauderon aurait lieu,
fi efi-ce neantmoins ' que la bffe &
le fondement d’une compofition,
de laquelle elle porte le nom , y
doit être en fubfiance , 'en pim-
grande quantité qu’aucun autre in¬
grédient , a moins qu’en moin¬
dre quantité , fà vertu furrnon-
tat dé beaucoup celle des autres,
ce qu’on pourrait bien dire de cel-
le-cy , fi la dijproportion 'n’y était
fi grande.
Tour remédier doneques, a .cet
abus, il faut prendre des Scilles,.
il n’importe pas beaucoup quelles
foient rouges eu blanches , fi bien il y
en ait beaucoup qui prennent les
routes pour le Pancratium fans
fçavoir la raifon p'ourquoy , en cela
ils fe trompent grandement , quoy
qu’ils ayent l’authorité de Clufms,
qui d'une ejpece en fait deux.
Gjuant â moy je prefireray tou¬
jours avec vÆtius livre treifieme
chapitre 8J5. les rouges aux blan¬
ches , pour être moins 4cres &
Des Trochifmes. 515
fitordicantes. Le temps de la col-
leB'm doit être fuivant Galien ,
doMe environ le milieu du Prin¬
temps Apres avoir 'jette leurs fueil-
les , & quelles font feichées , ou
hien ftr la fin de l'Automne:, aprez.
mir fieury , que la tige efifei-
che. Ainfi choifies , les faut ne-
toyer en dehors , & les envelopér
avec de la pâte faite de farine
à’Orobes , & les faire ' médio¬
crement cuire dans le four , aprez.
il en faut divifer les écailles , dr
fur une table hien nette , en un
lieu fec & acre les faire feicber , &
fubtilement triturer.
Et par ce que l' Antheur veut
qu'on prenne douze onces de pulpe
de Scilles humide , & qu'on les ma¬
laxe avec huit onces de farine d'O-
robes j 'je prendra]/ trois parues. de
la poudre des Scilles dejf^ichée, avec
une partie de farine aOrobe fub-
tile , pour les malaxer enfemhle
dans un grand mortier de marbre,
avec de bon vin blanc * ou du muf-
cat , pendant deux heures , & eir
fuite en firmer des Trochifques bien
deliez , & les faire feicher à l'om¬
bre. p^ilâ s'il me femble la méthode
la pim utile pour la compofition de
ces Trochifques , qui feront incom¬
parablement plus ejficacieux qu'à
l'ordinaire , & de plus longue du¬
rée en leurs vertm , & moins fujet's
aux vers.
S^4
Livre L Se^ion X L
Trochîfci Hedychroi , D. Aiidromachi.
Mari, id efi. Ma-
jorana terni folio
cdoratijfma , gen-
tilis vulgo diSla ,
jîmaraci , id efi. Ma¬
jor an a nofiratis &
non MatricariAiCum
nonnullit.
Ji^falathi ( hu]us fe-
nnria fume tantun-
dem Santali citri~
ni , vel Zedoa-
riA ) &
uêfari,
Schœnanthi ,
Calami arornatici
Fhu Pomici ,
Cofii Arabici ,
JCylobalfami ,
Opobalfami , & •
Ginnamomi,
MyrrhA eléBa
Folij Indi ,
Nardi IndicA ,
Croei optimi , &
CaJfiA ligneA àroma-
ticA ,
Amomi ,
Mafiiches ,
Cum vino Faterno am
fimili, forma Pafiit-
los nfuL
fimflo. duplo.'^quadru-
d^.
ZP
3iiÿ.
9ÿ.
dviÿ.
fexta- >oBuph,
fto. I
'^décupla, \dmdi-
\c.fk
dxij.
Iv- J4
9«ÿ.. Idvy
Bxvj.
¥V'
fiiij.
dviij.
para
jDe4 Trochifqua. 515
PARAPHRASE,
GAlien au premier des Antido-
ees nous alïèurc qu’Andro-
mâchus a été l’Autheur de ces Tro-
chifques , & qu'il les avoir décrits
en carmes Hexamètres , comme là
Theriaque' où ils entrent , comme
aiiffi au Dialènna , que Myrepfus dé¬
crit au premier des Antidotes , cha¬
pitre 4155. Actius fc vante Sermon 6.
chapitre 9. d'en avoir usé avec heu¬
reux fuccez J en la curation d'un Po-
lypus, qu'un certain Richard avoir.
Les Aticiens en ont peu usé > non
plus que pour le jourd'huy les Mo-
derties. Pour ce les .Apiothkaitcs en
doivent feulement difpenlèr.ce qu'il
leur en faut pour la compofîtion de
leur Theriaque.
^ LE MELANàE.
Au premier rang de trituration
il font mettre les bois , & racinçs:
au deuzipme la Canellej& CalTe aro-
tnatique-j le Folium ^ & Schœnan-
the ; au troiadéme , les herbes de
Marjolaine vulgaire j & gentilc , qui
eft le Marum icy requis : car elle
jales feuilles plus petites & eft plus
odorante , &. plus amere que nô¬
tre vulgaire. Ceux qui n'en auront
point pourront prendre le' double
de la vulgaire,, ou de ^la Bàllàmites
plutôt que le Partheniüm, ou Matri-
eaire de Diofeoride. Il faut pulve-
rifer à part le.Saffranj la Myrrhe,
& le Maftich , puis on les mêlera
comme s'enfuit.
Au mortier premièrement on dif^
hîudra la Myrrhe, avec du vin 'de
Falemcjou Mal voifîe 4011 Mufcat>
ou quelque autre excellent vin rou¬
ge & vieil J puis on y ajoutera le
SafFran , &c Maftich , & l'Opobal-
fâme J ou fon fùccedanée , l'huile de
Gerofle , ou de Mufeade , ou le
vray Styrax liquide , qui en pour-
roit recouvrer , & non ce vulgaire
pbant, digne d'un verolé, & non d'u¬
ne telle compofîtion. Aprez on y
ajoûtera la poudre lus-mentionnée,
laquelle fîiffifamment malaxée , de la
pâte on en formera des petits Tro-
chifqucs , qui feront fèichez à l'om¬
bre & gardez dans des pots de ver¬
re, au befoin.
LES EACVLTEZ.
Us conviennent à la pelle & ma¬
ladies où il y a du venin , entrent
pour ce regard en la Theriaque, &
fervent au Polype , comme il a été-
rapporté cy-deflùs.
RE MA RQ VE.
N cette fecende édition fay
doublé la defiription des Pro-
chifques d'Hedyehroi jufques k dou-
' Ze fois J k caufe comfne il a été
dit., quils entrent tdans la Theria~
que : & pour faire que chacu¬
ne de ces dofis fe rapportent )u~
ftement k celles de la Pheriaque ,
je nay pris que le tiers des àofes
de Bauderon ; la Jîmple nous don¬
ne trois onces la double fix , &
ainfi des autres % le tout en faveur
& pour la commodité de chaque-
fidele. diJf enfateur de ces compo-
fitions.
Pour le mélange il ne faut point
Vint. 3, di^ou‘.
Livre L SeBion X L
51^
dijfoudre la Myrrhe comme enfel-
gne Bauderon j mais il la faut pi~
1er avec les autres ingrediens é"
les pajfer dans un tamis fitbtil ; il
faut aujjl piler ou incorporer, fui-
vant quelques-uns , l’huile de Muf-
cade , fuivant quelques autres le
Baume noir du Peru pour le vray
Baume, avec un peu de la poudre,
& y ajouter un peu d'excellent
vin & ‘les battre jufquà ce quils
foient bien & deuement mêlés en~
femble ; Le reéle de la poudre y
fera jpinte avec quantité JuffiJan-.
te de vin , pour le tout être ma¬
laxé pendant quelque tems , cela
fait on formera des petits Trochif-
ques ,^qui feront feichez. d l’ombre
dans un double papier, en un lieu
fec & couvert.
lufques icy ]e nay peu quafi com¬
prendre fur quoy fe fondent quel¬
ques maîtres Apothicaires de Mont-
pelier, de fubhituer au Marum la
Matricaire dans les Trochifques
d’Hedyichroi pour leur Theriaque,
en cela ils errent grandement , &
contreviennent direStement à la def
cription des mêmes Jrochijques , qui
efi inferée dans le Diéfenfaire d'un
célébré & fameux Profejfeur du
Roy de cette Fhiverfité de Méde¬
cine de fen tems , qui dit Amara-
ci hoc efl Matricaria. le ne m'é-
tonnerois pas moins , Jî je ne fça-
'vois qu’il y a eu des Autheurs fort
anciens , (fr des modernes qui ont
donné divers Jynonymes à la Ma¬
tricaire , & entre autres quelques-
uns l’ont appellée en Grec Amara-
con , & d’autres en Latin Ama-
racHs ; mais fans choquer la mé¬
moire de ces grands hommes , &
ta vente, je puis dire que les ms
& tes^ autres fe font grandement
trompes , & cela paroit évidem¬
ment en la remarque que notre il.
luBre Chancelier a faite , en l’On-
guent Martiatum fur le mot de
Amaraci j qui avait été dépravé
comme il dit, & changé pour Ta-
marifci , ainfi qu’on peut vérifier
a-vec la defeription de Nicolas Ale.
xandrin Médecin Grec , lequel fim.
pie avec quelques autres il a re.
ftitué en la defeription dudit On.
guent,& remis l’Amaracm au lieu
de Tamar'ifcus , ce que pour une
plus claire intelligence il'' a expli¬
qué le mot d’ Amaraci , contraint
par la force de la vérité , & con¬
tre le fentiment qu’il avait eu un
peu auparavant aux Trochifques
d’Hedychroi pour la Marjolaine.
Cela me fufifit peur faire voir que
la confufion efi grande , qu’il fail¬
le que par négligence, on fuhéli-
tué une plante, qui na ny des quali¬
tés ny des vertus approchantes de
celles que fin inventeur y deman¬
de : car le- Marum efi fort aro-
matic , & d’odeur agréable , là Ma¬
tricaire au contraire , en compàrai-
fon , fin .odeur efi fàcheufe & im¬
portune j que bien elle pojfede quefi
ques vertus , en ne l’emploje que
pour les afieSlions hyfieriques , tant
on fe défié des autres , & le
rum anciennement on l’emfloyoit
pour les Onguents aromatiques ,&
de bonne odeur , comme nous avons
cy -devant dit , que ces Trochif¬
ques étoient ufités : & icy, il y
mû comme Antidote , & de bonne
odeur : c’efi pourquoy il efi de no¬
tre devoir de recouvrer le Matant,
DesTrochîfques. , 177
le qui ne nem fer* piu diffici¬
le , fuis quon mm affieure quil
en vient heaucouf mx IJles d'Hy e-
rcs en Provence , proche de Tolon, ,
^ quand la vraye effiece manque¬
ra aux moins curieux , a tout le
moins, font-ils obligés d’employer
le Uarum de Syrie de Label , que
nom avons dans. le- pais , pour nem-
floyer plue à l’avenir la JlLatricai-
rè eh ffi place.
Troclîifci de Vjpcris , D. An-
dromachi.
Qrnis Fipere, ium Anetho,
' [aie , •& aqua co£ia , uncias '
oüo.
Medulle P mis albiffilmi affii , &
temiffimè triti , une. duos.
Sine jure ( ne fitum contrahant, aut
* acèfcant) formA ex arte Paflillos,
Opohalfamo , aut ejm. fuccedaneo
manibm inunSlis , ut monet Gai,,
lib. de 'Pheriaca ad Pifonem.
paraphrase.
De TL faut choifir des Vipères gro{-
«i»» JL^ès , & bien nourries , dépoüil-
iori. lées de leur vieille peau > 8c exer-
citées environ la fin du Printems,:.
Ou au commencement de l’Eté ( lî
la Prime vere a été froide , & j)lu-
vieùfe J 8c non kicontinant aprez
quelles font forties de leurs caver¬
nes J ou quand; elles ■ font plei-
j nesj ponrce qu’elles font maigres,,
, & peu fucculentes. Celles qui fc
I BOOTriiTent prez de la mer , ou des
nains chauds , ou qui font prifos
cœur de l’Eté, ne font pas bonf
nés parce qu’elles excitent aisément
la foif aux malades.
Des Viperes ainfi choifies , vous
en prendrez celle quantité qu’il vous
plairra , que verfeiez dans un baC-
fin de cuivre large & profond afin
qu’elles n’en puilicnt fortir aisé¬
ment. Vous les fouetterez làns les
foparer,:avec des verges déliées, ou
primes comme de Geneft , ou Bou¬
leau, ditBetuIa , & non avec des
grollîeres, ou rudes, pour ne meur¬
trir leur chair : auilî que les primes-
les piquent plus vivement , 8c par
tel moyen leur venin monte à la tê¬
te pour fe vanger de celuy qui les-
a offencées. Ainfi faifànc on aura
plutôt fait que de les foiietter l’u¬
ne aprez l’autre , cela parachevé om
les prendra l’une aprez l’autre avec
des gans doubles par le bout de la.
queùê : pour autant qu’ainfi prifos
elles, ne fe peuvent redoubler pout.
mordre , comme feroic un autre for-
pent commun , à caufo que les apo-
phyfos des veitebres de leur dos
fe produifonc les unes for des^ au¬
tres : ce qui empêche leur rediipli- •
cation fopine pour fo guinder en.
haut. Puis for un plot de bois , avec
un couteau bien aiguisé on les cou¬
pera à deux doigts prez de la tê¬
te , & autant an dAfoiis du nom¬
bril. Et de plus il faut prendre gar¬
de à celles qui aprez leur amputa¬
tion ne fo remuent ou fort peu , pour
les rejetter comme inutiles. Cela;
fait on écorchera le tronçon du mi¬
lieu, comme une Anguille , lequel’
fendu de long en long , fora net¬
toyé de fos entrailles , & graille. Cel¬
le-là comme réceptacle du venin,.
8c celle-cy comme excrement. Aprez
l8 Livre /. Seé^ion XL
il les faut laver de plufieurs eaux
claires & nettes : ainfi de toutes les
autres. En fuite on les fera bouil¬
lir en quantité fuffifante d'autre eau
dedans un ^ot de terre vernifsé>
ou baffine ctannée bien nette fir
des charbons allumez & )&ns fu¬
mée , y ajoutant un peu de fel
( à caufe de la iâveut ) &‘d’Ànetli:
ce que le dode Apothicaire con-
noîtra à peu prez être neceirake,
foit manipule ou ‘fafciculc^, ou- plu-
fieurs félon la quantité des. Vipères) '
qui foit reçent , pour corri^r ce
peu de venin qui pourroit être refté.
en la fobftance-de la-chair, julqu'à
ce que les os & épines , fe puifïènt
facilement feparer. Aprez on ■met¬
tra la chair fur une nappe 'blanche
étendue (ùr une table. Ainfi ayant
plufiairs lèrviteurs., ou ièrvantes pn
lèparera curieufdment les os & épi¬
nes de la chair ( à peine en peut-
on tirer de chacune Vipere , pour
grolfe qu’elle foit, demy once bu
fix drachmes : mais communément
deux ou trois drachmes.) laquelle
fera exadement pilée au mortier de
marbre, avec un pilon de bois. Puis
on y ajoutera la quatrième , ou cin¬
quième partie de pain blanc bien
fermenté , & cuit dans un four , puis
à part delfeiché &i fubtileracnt pul¬
vérisé & tamisé. Exemple, fur qua¬
tre onces de chair triée , il faut une
once de pain ou fix drachmes , le¬
quel eft feulement mis pour donner
corps à la chair , afin qu’elle fc puif-
fê réduire en Trochifques , & con-
fêrver plus longuement, & non pour
augmenter fa vertu ( comme nous
avons dit de la farine d’Orobe pour
celles de Scilles: ) car moins il y en
aura, de tant feront-ils tneillents \
la morfure & piqueure des bêtes
venimaifes, & par confequentà h
Theriaque. Andromachc le pere, Au-
theur de ces Trochifques , nexpri-
me la dofe du pain ; Criton excel¬
lent Médecin y en mettoit feule-
ment la fiziérae. partie , d’autres- y
en mettoient la tierce, & ajoûtoient
du. bouillon:, ou les Vipères avpient
été cuites, & formoient leürs Tro-
chilquès. Galien &. ceux qui l’ont
fiiivy , ont trouvé - par, expérience
que cette addition étoit caufe qu’ils
s’aigrilibient &. chanfilïbient , ou fe
moifillbient, & que fans .iceliiy ,ds
étoient plutôt fees,'& fe gai-doient
plus long-tëms en leur vertu , la ma¬
nière deiquels fe pratique aujout-
d’huy. De telle pâte ainfi préparée,
on formera des petits Trochiîquçs,,
ayant les .doigts oinéls dGppbalb-
mc, QU d’huile. de Gërôfîe, ou de
Mnlcade , fiiiyant la doétrine de Ga¬
lien '.au livre qu’il a composé- de la
Theriàqûc dédié à Piiôn j puis on
les feichera fur un tamis renver¬
sé , afin que l’air ambiant delfus
&c deilbus les delïciche , & qu’on
ne foit contraint de les tburher lôu-
vent à l’ombre , & ribn au Soleil,
& en lieu fort aéré , chaud , fec.,
exempt de poufliere , ou autre vile¬
nie ,• puis on les gardera dans des
pots de verre , ou de terre vernif-
séê, & non d’étain, pour caufe du
plomb que les Potiers y mêlent, qui
foient bien' bouchez jufqu’au be-
foin. V
Voilà le dénombrement des Tro¬
chifques iheraffans , alteratifs , pur¬
gatifs , & Alexitairès dont l’Apotw-
caire- doit être muny en fà boua-^
Des T^rochifqtiej. 51^
<jnc> pwr fcrvir lois que le
Médecin en ordonne. Et cela fuffi-
fe pour les médicaments internes.
Parlons maintenant des remedes ex¬
ternes, & mettons fin au premier li-
fre de cette Paraphrale , pour venir
au fécond.
LES FACFLTEZ.
Ces Tiocfiifqiics font fort fou-
verains contre la morfore des Vipè¬
res & des autres animaux véné¬
neux , Sc pareillement contre cel¬
le d'un chien enragé , & contre la
Icpre , appel Ice des Grecs Elephan-
(iafis.
REMARQVE.
IL y A da chofes tres-importAtt-
tts a remArquer en Ia prepArA-
tkn des Trochifques de Vipères des
Anciens qui méritent non feule¬
ment d’être meurément confiderées,
mais Aujfi exAÜement corrigées t
cemme nous ferons -voir pur Ia fui¬
te de ce difeours. En premier lieu,
je puis dire fans 0voir dejfein d’of-
fencer qui que ce foit , que de quel¬
le fa^n qu'on puijfe procéder en Ia
compofitioH defdits Trochifques j’en-
tens parler- de ceux qu’on eélime
les meilleurs , par Ia moindre quan¬
tité de pain qu’ils reçoivent ,com-
ttte de la quatrième ou cinquié-
we partie que les plus fideles di-
fftnfateurs d’iceux mêlent avec la
thair de V peres , qu après avoir
fmfeicher lefdits Trochifques , le
pain s’y trouve toujours pour le
txoins en pareil poids que La chair.
En fécond lieu, lors qu'il s’agit
de faire cuire les Viperes , les uns
y mettent plus de fel que les au¬
tres , ou pour ne fpavoir pas à
quelle intention il y a' été mis,
& en quel tems il y en faut met¬
tre , & en quel non , ou parce
que Galien n’en limite point la
quantité , & encore moins Andre-
machus fon inventeur , qui nen fait
point de mention. Ce fel s’y fait
remarquer en deux façons , fça-
voir a la langue en mâchant lu
Trochifques par l’imprejfon quel¬
le y fait de fa faveur falée , & à
l'œil ,par une eff’ervefcence qui pa-
roit en la fuperficie des Trochif¬
ques qui les blanchit. En troiK.ie-
rne heu , ceux qui ne font point
expers en cette compofition jettent
la decoSion ou le hoùillon , dans
lequel ils ont fait cuire leurs Vi¬
pères , & ainfi ils affoiblijfent leurs
Trochifques de beaucoup. Et pour
un quatrième, il y en a d'autres
qui font cuire les Viperes dans une
petite quantité d’eau , après les ex¬
priment â la prejfe , jettent la chair,
(V mêlent du pain en poudre à
diferetion avec la liqueur expri¬
mée , tant quHl y en ait ajfès pour
abforber toute l'humidité , les ma¬
laxent long- tems enfemble, jufques
à les pouvoir firmer en Trochif¬
ques , d’où vient qu’au lieu d'ê¬
tre noirs ils font roux. Et cet¬
te dernhre méthode efi la pire
de toutes , comme nous dirons cy-
fiprés.
Je pourrais bien encores alléguer
quelques autres façons d’agir qui
procèdent des Anciens , pratiquées
X X X par
550
Livre L Se&ton X L
■par ceux qui deshsmrent nôtre pratiquent pour l'erdinaire , je
profejjion , fi ce que ]e viens d’al~ dots clorre Cette Setion carme U
léguer -ne fuffifoit pour juger par '' ' ■
cét écha-ntillon de tout le rete. Or
pour les corriger en quelque fa-
^on , quoy que mon dejfein -ne fait
point d’approuver en aucu-ne ma¬
niéré , que ce foit le pain d'ans la
compofitien des Trochifques de Vi¬
pères , au co'ntraire de l’en rejet-
ter comme inutile & grandement
prejudiciable j néanmoins 'je fuis
contraint pour un plus grand bien,
en faveur de ceux qui ne veulent
en rien déroger de la doEtrine
des Anciens , de leur donner une
meilleure méthode , afin de leur fai¬
re éviter un pim grand mal , pour
compofer l'efdits Trechifques , qui
efi de cuire les Viperes dans un
vaijfeau clos , en la moindre quan¬
tité d’eau qui fi pourra , après de
les exprimer legerement par un
linge. , & prendre fi'pt onces de cet¬
te chair exprimée fiparée des os,
a la fiçon des Anciens , & une
once de pain en poudre fubtile , le
■tout mis dans un mortier pour y
être exatement ^ilé & malaxé,
fur la fin on ajoutera le bouillon
duquel on aura fait évaporer au
JB. M. l’humidité Juperfiué , les
aya-nt réduits en la co'nfiflance qttil
faut on en formera de petits Tro-
ehifques , & pour le fitrplm on Jùi-
vra l’Autheur du mélange^
Après avoir touché en pajfant
ftr une partie des erreurs qu’on
a de coutume de commettre en la
p -eparation des Trochifques de Vi¬
peres , èjy- donné une méthode plus
correcte qu 'aucune de celles qui fe
fin du premier livre des medica.
ments internes par wne autre mil.
leure préparation , fi nous défions
de recueillir les fruits d’un fi puif.
fiant remede , & pour cet effet jy
ajoûteray cette fécondé formule de
Trochifques de Viperes , qui fi.
pajfe en bonté toutes celles qui ont
été inventées dépuis les Anciens, que
jay recuillie en partie d’un de mes
intimes amis , qui a de tout tenu
par fa capacité fait honneur à no.
tre profejfion , & l’autre partie
efi de mon invention. Et pour y
procéder le plut méthodiquement
que l’importa-nce du fujet requiert,
on prendra les Viperes environ le
milieu du mois de May , qui efi
le tems preferit par l’Autheur du
mélange , après les avoir legere-
ment irritées , nettoyées dedans ^
déhors , fiparé la tête & non la
queue , il les faut jetter dans un
grand b afin plein d’eau , & cel¬
les qui ne fi remueront point , ou
qui fi remiseront lentement feront
rejettées comme inutiles , ce qui
confirme cette vérité efi , quelles
fintent mauvais , fuivant que le
même amy m’a afieuré , marque in¬
faillible de corruption , ce que je
n’ay eu encore occafion d'expen-
menter. Au contraire celles qui na¬
geront long-tems , & qui fi ^ dé¬
mènent vigoureufement dans l eau,
il les en faut tirer , les tffuyer
d’un linge blanc & fie , puis enfi¬
lées par le bout devers la tete»
fieront exposées en un lieu, aèrci
exempt de poufiiere , jufques a
T) es Trochifques. 551
^ân jîccité, jÛprês il les faut in->
cifer fort menu pour les mettre
flfu facilement en poudre fuhtile,
en un tems fec , enfemble les foyest
& les cœurs , & avec la Gomme
Arabique dijfoute en du vin blanc,
ou bien avec Vinfufion de la fom-
tnité d'Aneth en malaxer la pou-
ire dans un mortier de marbre
pendant deux ou trois heures , ^
en former des petits Trochifques ,
qui feront fichées entre deux pa¬
piers , en un air propre comme a
hé déjà dit , cela fait il les faut
fotter avec du baume du Per^.
Foilà comme je croy la vraye
méthode quen doit garder en la
compofîtion de ces Trochifques, pour
les avoir tels qu’il faut les em¬
ployer dans la Theriaque : car de
qu’on les préparé pour
I ordinaire fi exaéiement , qu’on y
procédé en prenant quatre onces
de chair de F'iperes , cuite avec
l'Aneth & le fil, & une once de
pain en poudre : je fhàtiens enco¬
re une fois , q^g çg mélange ré¬
duit en Trochifques après les avoir
fi» ficher , que le tout ne pefie-
ra pas deux onces , le furplus du
poids confiFloit en une humidité
fiptrflug qui était contenue dans
a chair des Vipgres , que par l’é-
^aporation d’icelle le poids dimi-
r>ue de trois quarts , pour le moins,
fins toutefois que la chair diminué
^ri rien de fa vertu.
Mais que n’avons nom pas fujet
«« dire encore de ceux a qui l’a-
’^arice fait abandonner l’honneur de
profeffion : j’ôfe bien ajfenrer que
fir une livre de leurs . Trochifques
qu’il ny fiauroit avoir quatre on-=
ces de chair , & que le reile efi
tout de pain : fupposé, encore qu’il,
n’y en reiie pas davantage com¬
me d ceux qui font faits avec l’ex-
prejfion des Fiperes , & le pain, que
pour tout poids ils ne donnent
que celuy du pain qu’on y a mis,
& leur vertu confifée en la feu¬
le teinture roujfe qu’ils ont , qui
efi un abus incomparablement plut
grand qu’aucun antre qu’on puifi
fe commettre en la préparation de
ce médicament. Pour la juîfifica-
tien de tout ce que dejfus , je ne de¬
mande point d’autres preuves , ny
d’autres témoins de cette vérité,
que la propre confcience de ceux
qui les préparent , étant bien per-
fuadé qu’ils n’ofiroient dénier la
chofi devant ceux ^ui l’entendent,
s’ils ne voulaient etre convaincus
par l’experience auffi bien que par
la raifon. Voila comme quoy le pu¬
blic efi abusé par ceux qui re¬
çoivent ces Trochifques dans leur
Theriaque , après avoir été abusé
eux-mêmes , en croyant d’y avoir
mis la chair de Vipères , ils n'y ont
mU que du pain.
Que fi on me demandait d'où
procèdent des fautes de telle im¬
portance , je ne pourrais les attri¬
buer qu’aux premiers inventeurs de
cette compofîtion j mais comme ils
écrivoient en un tems qu’un fui
homme avait fur fis bras les trois
parties de la Medecine , il ne leur
était pas pofible d’apporter toute
la juiieffe requife en la-'confiru-
üion des médicaments qu’ils corn-
pofiient : ceft pourquoy U me fem-
5 5 ^ Livre 1. SeBïon X /.
hle que nom devons aujfi-tk at- Vtfere , car s'ils Veulent comui
tribuer ees fautes a leurs defcen- Us »e l' auraient feint re]ettée, corn-
dans qui les ont authorisées par me font les os , qui contiennent in-
leur jilence , au. lieu, de Iss eorri- comparablement plus de venu dans
ger , & ainji ces premiers font en leur fubBance folide , que la chair
quelque façon excufibles , parce que de V^ipere dans fa fubBance rnol-
leur emfloy qui était grand ne le , qui ejl pleine d'humidité fuper-
leur permettoit pas de fçavoir tout, fiu 'é comme nous venons de dire,
quoj qu'ils eujjént des belles lumie- ne participent d'aucun fel fixe ny
res pour la connoijfance des mala- volatil , ainfi que fiant les os qui
dies , & des remedes pour les corn- en ont receu leur folidité,d‘aul'on_
battre , neantmoins à canfe de la tire particulièrement ce puijfant re-
brieveté' de la vie de l'homme , mede , duquel on voit des effets ad-
6 de la longueur de V uirt ,. ils mirables aux maladies les plus de-
ne pouvaient pas fatisfaire tout plorables ; ce que na pas ignoré le
d'un coup en certains rencontres, doBe Jean Charles Rofemherg , en
■à des chofes qui demandent un fre- fes œuvres intitulées Rhodologia,
quent exercice , & un homme tout livre x. chapitre 35. qui [ubHitu'e
entier peur en reconnaître les de- aux Trochijques de Fiperes des An-
fauts. ciens la poudre de l'épine medul-
jiprés toutes ces raifhns , il me laire des JAiperes ; mais avec tout
femble être juBe de fatisfaire en cela je crains qu'il ne faille don-
quelque façon ceux qui font con- rier au tejns ce que la raifion ne
firmés & tellement imbsss dt la do- feut gagner fur les eéfrits , qui
ürine des Anciens, qui croiraient de leur fera poffible embraffer un jour
commettre un crime s'ils avaient après avoir veu quelques experien-
contredit à une fyHabe de leurs ces de cette vérité, ce quils rejst-
écrits , le fquels ne manqueront point tent maintenant,
de me repartir de nouveau , com- Tous ceux qui feront refiexion
me ils ont déjà fait en la prece- fur les fubBances des os & de la
dente édition , qu'en rejettant le chair de la Tipere , fans difficulté
■pain de ces Trechifques , pour y ad- approuv eront les os dans nos Tro-
mettre les vertebres & les épines d« chifques , plutôt que le pain dans
Viperes , qu’^Andromachus en a re- ceux des Anciens , quand U s’y
jetté , les croyant inutiles , ain- trouvereit même une quantité pim
fi j'offence fa mémoire en contre- proportionnée qu'il ne fait , & ttt
Venant\ à fin intention. A quoy je m’aïïegueront point » comme quel-
répons avec tout le reffieB que je ques-uns ont déjà fait , que poffi-
dois à la mémoire de ce vénéra- ble on le l’y a ajouté pour corri-
ble vieillard , & à tous fes defcen- ger le venin de la F'ipere , puifiue
dans , qu'ils nont point conneu une ces animaux en perdant la vie ils
déi parties la plus importante de la . perdent entièrement leur venin, &
Des Trochif^ues. 533
cela fe vtrifie tout les jeurs , par
U frequent ufage que nom avons
de ta chair de viper e en poudre,
qu’on en donne dépuü un fcrupu-
le , jufques à une drachme , fans
encun correüif, ny préparation,
que s’il luy refait quelque venin
uprez. la mort , il le faudrait
fans doute corriger pour éviter le
mauvais fucce\^ , qui fe pourrait
enfuivre par fon operation. Voi¬
la pourquey le pain n’a été ajou¬
té à la chair de viperes , que
far ce qu’il efl fpongieux , il s’im-
hihe facilement de l’humeur gluan¬
te , de ladite chair , & de ce
mélange , il fe fait comme une
colle par l’union des deux , autre¬
ment on aurait beaucoup de peine
d’en former des Trochifques , ce
qui a été cy- devant obfervê , par
l’Autheur de la Paraphrafe. D’ail¬
leurs on fait de tout temps, que
la force du pain , ne convient que
pour nourrir l’homme, G^t^e fi nota
nom en fervons intérieurement ,■
comme au Tragea granorum AB.
ad dyfenteriarn , & extérieure¬
ment an Cataplafme de Mica pa-
nis y il n’y efi mis que pour don¬
ner le corps à ces cornpofitions.
Ceux qui peur la defenfè de
leur erreur , mettent -en avant que
les os de la vipere n’ont point de
vertu , ignorent ce que Hippocr'a~
>‘s , Galien , eV Pline , difent que
de porter la tête d’une vipere,.
^ndu'é au col fert contre les af
pliions du gefier & l’angine. Et
de porter le cerveau dans une pe-
^*te peau pendue au col , avance
^ dentition des petits Enfans, Et
ceux qui mangent du foye de v/-
peres cuit , font prefervez. de la
morfure des bêtes venimeufes -, que
de porter les os dans du tafetas
o-u linge teint en pourpre , amoin-
driffent le parexijme de l’epilep-
fie & du vertige. On mêle aujfi
la dépoïtiUe dans des medicamens
ophthalmiques , elle efi recom¬
mandée pour la gratellc. Et aujji
elle facilite l’accouchement aux
femmes , fi on la lie à la cuiffe
droite : G^^e la graiffe fert a la
fuffufion de la veu 'é , a la brûlure,,
empêche que le poil ne vient point
fous les aiffelles & abat Us enle-
veures du vijage.
Si dans le premier âge de la
medecine les .Anciens ont remar¬
qué , tant de differentes vertus , en.
chacune des fufdites parties de la
vipere en les appliquant extérieu¬
rement fans aucune préparation,,
doit-on trouver étrange ,, fi dans:
le fiecle où new femmes ,. qu’on,
ait découvert, par le moyen de la.
Chimie , ce que La nature auoit
caché dans le centre des mixtes,,
& que par l’art du feu , on ti¬
re un fel volatile des os de la vi¬
pere ,. qui contient non feulement
tout ce que les fus-nommez. leur
ont attribué ; mais beaucoup d’au¬
tres admirables effets , qui prou¬
vent manifefiement que les vertè¬
bres de ces animaux ne font point
deftitnées de vertu comme difent
certains , que fi pendus au col , ils:
ont la faculté de modérer le pa-
roxifine de l’epilepfie & le verti¬
ge 3 à plus forte raifin , pris inté¬
rieurement à la façon que nous les;
^.x X y erm
154 Livre L SeÛion
employons en poudre fubüle fans
difficulté, .leur vertu fe manifefte
davantage par ■ l’entremife de no^
tre chaleur naturelle. Gisant il ny
aurait que cette feule raifon , nom
devons entièrement rejetter le pain
des fufdits Trachifques t & en ce
faifant nom rendrons à notre pro¬
chain ce que la charité nous re¬
commande.
le ninfifleray pat davantage
fur cette matière , puis que les pim
grands Médecins d'aujourd'huy
préfèrent l’ufage de la vipere en
poudre a celuy des Trachifques de
viperes des Anciens y mais quel¬
qu’un me pourra répondre qué
quand les Médecins ordonnent la
’ondre de vipere qu'ils entendent
]ue les os foient feparem de la
%ihair , i avoué qu’il y en peut avoir
qui l'entendent ainfi , ne fçaehant
pas la difficulté qu’il y a de les
feparer -, non pim que le peu de
vertu que la chair contient en com-
paraifon des os , comme nom avons
déjà allégué ; cejl pourquoy en
tout rencontre cette derniere fir-
X/. Trochifques.
mule de Trochifques de viperes doit
être preferée à toutes celles qui dé.
cendent des Anciens.
Gluant a moy , je fuis tout per.
fuadé que quantité de gens d'hon.
neur les préféreront aux autres,
puis que ]e l’ay déjà veu de mes
yeux qui les ont remettez, de leur
Theriaque , peur y admettre ceux,
cy. Mais par ce qu’il pourrait re.
fier quelque fcrupule dans rejjrit
de certains touchant la quanttte-,
fçavoir fi nom en devons mettre
pareil poids que de ceux des An.
ciens , ou bien de le diminuer , at.
tendu que dans notre compoftion,
il n’y a rien d’inutile , ny de fuper.
fiu comme le pain , qui excede en
tout dans ceux des Anciens , ainfi
qu’il a été cy-devant remarqué. A
quoy je répons que nous en devons
mettre pareil poids que de ceuxda
Anciens , fans le diminuer en rienl
attendu que par une exaSle fuppu-
tation que f en ay fait , U n’en re¬
vient que neuf grains , ou environ
defdits Trochifques , fur chaque on.
ce de Theriaque.
Fin du premier Livre.
SECOND LIVRE
PHARMACOPEE
^ D E
B'AV D E RO N,
CONTENANT
LES REMEDES EXTERNES:
DIVISE’ EN QVATRE S E C T I O N S.
Ânjec un Traitté des Eaux difliüées qu'un Apothicaire doit tenir
en fa Boutique.
Par LAVRENS CATHELAN, Maître Apothicaire
de Montpelier.
U mt nwm de nouveau , corrigé , augmenté en cette fécondé Edition
/'<»r FRANÇOIS VERNY, Marne Apothicaire
de la même fville.
5
LIVRE SECOND
DES MEDICAMENS
EXTERNES-
PREFACE.
V' iïnjre precedent nous anjons paraphrasé le pim
familièrement ejuil nom a été pojfhle , les compof-
tions , ^ Antidotes internes , do^H é Apothicaire doit
garnir fa boutique : afin qùen tout te'ms , dge Qd fixe , on aye
y^jen de fiuhrvenir aux pau'vres malades. De même en ce fé¬
cond heure y nom décrirons les compofitions externes : non toutes y
fnaù les principales ^ pim ufitées que l’Apothicaire doit pré¬
parer en tems^ lieu y ^garder pour s’en ferevir au hefoin:
comme font les fiuiles.y Onguents , Cerats , ^ Emplâtres , en
commençant toujours par les pim fimples , ^ puis aux com-
Pofz. de degré en degré.
SECTION I.
Huiles en general,
|j|0 VT ce qui a vie fous le Ciel
de ,1a Lune , eft neceilairement
par une chaleur naturelle , (Sc
humidité radicale , qui luy eft fami-
herc. Cette-cy eft aérée > grailè &
fîibftantifique J laquelle fè peut natu¬
rellement J ou artificiellement feparer
de fâ matière , fbit plante j minerai,
animal ou excrement d’iceluy, félon
que plus ou moins chaque corps en
participe. Cecy iè peut voir à l’œil :
A ^
car
Ve
l'Huile^'
natu- 'J
rel, qui
fort para
la cha¬
leur du ,
Soleil.
Ve quel
ttfer au
lieu de_
me.
4 ’Livre IL
car il fe trouvé peu dç. .corps , qui
étant jettés aii fcujiieproduifent quel¬
que t.âmè , indice certain d\ine hu-r
meur aérée , grade dciTubilahrifiquc,
^ue nous appell’erons huile pétant
Réparée de fa matière.
Divîfion dès Huiles.
'.^Teuf Hitile ejl naturel ou artificiel,
T -’E natulel fè fait, ou par la cha-
"l_ileur du Soleil, qui attire du de¬
dans au , dehors r ou dé celle qui éii
enclolc aux vifceresdc la terre. Exem-
' pie dufSoleil,/’£/<co^e/i, félon Diof-
■ coride fort du tronc dc 'cercains ar-
‘ bres qui naident au terroir' de,-Pal- ■
myrc ville de Synt.'Le. Balfam‘ileon,
ou Opoififamum fort d'autres ar¬
bres, qùinaidbiehten ludé&i&'main-
tenant en Egypte , au ^and Caire. •
De' l’un ny de l'autre- pour le jour-
'd'huy pn‘ ne nous en apporte - des
• vrays , qui ayent toutes lès marques
que Diofeoride , Galien , & Melué
leur attribuent ; mais des brouillés, '
deiophiftiquez : ce qui a occafidnné
nos nrajeurs , ou devanciers , d'ufer
en leur lieu de fùccedanées , qui ap-
prochadènt à leur vertu : comme pour
l'Opobalfàme ils prenoient la liqueur
qu'ils tifoient de la MyiThe recente,
& la nommoient Styrax liquide , ou
Stacbe fort diflèrenr du Styrax liqui¬
de , que nos Apothicaires tiennent
■pour le jourd’huy en leurs boutiques»,
puant & digne des verolez , pour lef-
qirels fouvent on s'en fert en la copo-
fîtion de leurs Antidotes : comme au
Mithridat,Theriaquè,&autres.Main-
tcnantque le Stade ou Styrax liquide
SeBion L
vray. jcft auflî rare ( ou peu s'en faut)
que le vray Opobalfame des anciens-
nous ufons de l’huile de gerofles ou
de noix mùfcades , en la compofi.
tion de tels Antidotes, plutôt que de
la liqueur de la Myrrhe pulvérisée,
& mife dedans l&^lanc ?dè teiife
durS^Sc tenue d'ans une cave, com&e
‘quelques-uns font mal,".
Weeker au livrc'déuziémejchapi-
' tre dix-huitiéme d® Abtidotaire
-Çiecial, 'dit qu’on apporté de la nou¬
velle. E^agne , & Anienque , un
vnouv'eau Baume , que les halÿtans de
ce pays-là' appellent Liquidambar,
qui ne cede- à eeluy de ludée , tant
célébré par- nos anceftres, &quia
été beaugônp plus Gher';>-qu’il n’eft
à prefent. La caufe pourquoy ( à mon
avis } nous n'avons pas* dm vray
Baume, eft que le gland-druic Sei¬
gneur des régions ou il croîri, & tn
petite quantité-, le garde pour !iiy>
& pour foire prefent aux Roys fes
amis, &.ne permet qù’on en vende
pour quelque prix que ce foin. . 4
Pour exemple des Huiles qui for-
tent naturellement par la‘ ehakiii
enclolc aux vifeercs de la terre , je
' propaoféray l'Hiiile de' Petrole , qui rW«'
naturellement fort en Italie de cer- '«V
tains rochers , dont il a pris le nom.
De ceux-cy , je ne prétends en foire
foire plus long dilcours ; mais prin¬
cipalement de ceux qui fc préparent
par l'art & indtiftrie de l'Aptl^ai-
re : & ce en plufieurs maniérés.
Des Huiles artificiels.
LEs Huiles artificiels fontfofiples»
ou compoïèz. Les fimple^ fo
Des Huiles artificiels.
(OU par expreflîon,ou par diftillation.
! Par diftillation j ou par afcenfoire, ou
ijdefcenlôire^defquels il fera parlé en
Jon lieu. •
Des compofezj les' uns foritdits
'.fimples ( abufivement parlant ^ au
-tefpeét des autres de femblable nom,
spliis compofez. Les autres retiennent
le furnom de compo'sé, & fe font par
..«ixpïeffion:ainlî que fuivant la doétri-
,np,de- Mefué , des pliü doétes
.[f^dant-Dicu ) nous montrerons.
pes Bulles en pamculiey^qui fe
•a: : font par expnpôn.
ENtre.lés Huiles fimpl.es,qui fè
fdqt pAr^expreiïïbn , le plus fre-
/ qnent de tous eft ccluy qu’on fait des
- olives ineuresy pource il eft nommé
;i commun, il a .diverlès qualitez, Ic'
, . lon qu’il eft récent ou vieil , falé, .
ejOu l^é , ou du lieu où-il . croît : ,car
':,h nature ( comme dit Platon en lôn
Timée .)• donne ■aux plantes ‘ certai¬
nes ,& particulières vertus en cer¬
tains lieux ( outre l’influence i.des
aftres ) quelle dénie en d’autres. le
lailfeà.part l’experience maîtreflè des -
Arts , qu’on en void journellement:
àqueydoit prendre garde. l’Apothi¬
caire afin ;de ne détruire la'.fa-
'iCflltéfln. médicament qu’il compôfe, ■
; & fruftrer l’intention des AutheLirs,ôC
i'Mçd'ecins 'qni l’ordonnent au préju¬
dice des malades , & à fon deshôn-<
■ neur, même.
dC’Huile d’olives meures , fe fait ;
conimunement au mois de lanvier,'
& on ajnaflè les olives eh Novem-
ote , & Décembre , & on les expri-
• We comme s’enfijin
5
Prenez quantité d’olives meures,
& noires que lairrez environ fèpt ou
huit jours , en quelque coin de mai-
fon , fur le f pavé , ou aijçrelieu net
couvert que la bize, ou le froid
ne donne dcflùs : durant ce elles s’é¬
chauffent, èc fe dépouillent de Itur
humidité' aqueufê , noire , & excre-
menteufè, qui eft caufe qu’elles de¬
viennent ridées. Apres on les. met
au moplin à ce deftiiié pour . être
brisées par une meule qui pafle def-
fùs. Puis on les met dedans des et
portins'ÿ’ ou’xabdts , faits de, palme,
ou de loncs ( l’entréjftefqucls eft au
milieu.) Iqçux remplis de ceç olives
( reduites^ên pâtes.^ ) &, .mis les uns
Âir les autres fousje preflqir , & ar-
rousées d’eau chaude , on lés expri¬
me avec grande force. Lé premier
huilé qui .fort des olives fans aucu¬
ne expreffiqn , par la feule compret
. flou 'des cabans , & ayant les- avoir
Varrousées d’eàu chaude,. e,ft àppellé
vierge., & eft le meilleur : le fécond
eft celuy qui vient apre2,que l’on ti¬
re par forte exppeflîpn , qui eft neant-
raom.s excellent : le troiziéme eft le
mfciihdre de tous qu’on tire par une
fécondé forte ex preflion aprez
■avoir remué la pâte dans les cabats
Sejetté quantité d’eau bouillante def-
fiis.jj^ela fait , on cueille l’huile fiir
lôauqu’on reflerre dans des grands
yafe.s de terre ou piles de pierres , oià
il fè purifte à loifir, & garde lông
tems. .
., La refldencc ôtée de ces efportins,
eft tranfportée dans un autre moulin
pour être derechef pafsée fous une
autre meule ; puis on la remet dedans
des cabats plus fo ts que les pre¬
miers ^u’on ajance l’un fiir l’autre
Livre IL Secîton I.
comme devant , & puis par une plus
force expreffion de la force de neuf
Hommes rendent encore l'huile qui y
reftoitjqui eit beaucoup moindre que
le precedent , & moins plailant j que
quelques-uns mettent à parc , les au¬
tres non. La rcfidencc qui demeure
avec l'eau , beaucoup plus épaillè que
l'huile, eft LAmurca des Anciens , &
non la fece qui le treuve dedans les
piles , aprez que Thuile en eft été.
REJVIARQVE.
IL J! a encore une quatrième for¬
te d’hmle qui fe tire des olives
dont l’^-utheur de la Parap.hrafe
ni fait point mention j parce que
fans doute il ne ia pas connue i auf-
Jt efi-il plus caché & plus mySie-
rieux que les autres , à raifon quon
Je tire d‘un lieufecret quon appel¬
le communément l’Enfer , oit toutes
les eaux qui ont fervy peur jet ter
fitr les olives, font conduites par des
sanaux foufterrains & cét huile
appartient au maître du moulin , Le¬
quel procédé de la laveure des- ca-
pats quon fait a huis clos tous les
Samedis an foir , & par quelque au¬
tre adrejfe qui neji connue que par
ceux du travail. Celuy-cy : vaut un
peu plus que le dernier de Baud. qui
ne peut etre employé qud faire du
Savon, a caufe qu’il efi plus cras.
De t Huile Omphacin.
L^Huile Oinphacin fc fait des oli¬
ves non meures , un peu aupa¬
ravant qu'elles commencent à chan¬
ger de .couleur , de meme façon
que le precedent. Il eft appelé deS
Grecs , ëc Latins , Omphacinum , &
Ornotribes , c’eft à dire , crud .& ad-
.ftdngenc.
Ceux qui n’auront pas moyen de „
recouvrer cet huile , qu'ils faflènt
bouillir dans 1 huile commun des tin n.
fommités de rejettons de chêne, de
Cynorhodon , Rubi , Lentifci , Ca-
prifolii , Liguflri , Rofarum , ou au¬
tre fèmblable , la quantité quds ver¬
ront être necellaire , avec un peu '
d'eau , jiifqu'à ce que l'humidité foit
prcique conlumée , ôc non du tout,
afin que l'huile en boiullant, n'ac-'
quiereda chaleur , & qu'au lieu de
refroidir , il nléchauffc . dont ils fe¬
ront leur huile rolàr, Omphacin , &
onguents que nous déclarerons cy-
aprez.
REM AR QVE.
Auderon veut quon faJfe'.boHiIlir
dans l’huile meur , pour le ren¬
dre approchant aux vertus de l’ Om¬
phacin , les foriomitez. de Chêne , de
Lentifque , ■& antres adjlringens;
cette méthode ne me femble pas etre
la meilleure ,quoy qudy dye ded’hu-
midité , la chaleur du feu s’infimh
& pénétré dans l’huile tant foit peu
que le feu le prefe,ou quil y fajfe de
fejour dejfus : c’eft pourquoy il vaut
beaucoup mieux laver l’huile avec
une decoélion de fimmitez, de Chene,
de Lentifque , dt de Plantain. Pour
faire cette lotion il faut prendre la
quantité d'huile clair , & tlonx
quon voudra , & le mettre dans une
phiole de laquelle il y ait les deux
tiers de vuide, & verfer par dejfus
autant peftnt de la decoBion fufdite.
Des Huiles artificiels, y.
tju'ilj/ a d’huile , & les agiter pen-
4ant un quart d’heure , cela fait
fm rajfoir l’huile , & en fe-
ptrer la decodrion four y en remet¬
tre de nouvelle , & continuer cette
eftration neuf eu dix foü , &< ainjî
aurez, un huile plus approchant
des vertus de l’Omphacin, que ce-
hy du Paraphrafie exempt d’Em-
pyreume.- Jî dire la vérité , )’ay
firt peu de foy pour les qualitex. &
vertus que les -Autheurs attribuent
a l’hutle Omphacin plus qu’à ce-
luy qui efi fait des Olives meu¬
res, & ne feray point de difficul¬
té au rencontre de preferer l’arti-
ficiel pour les raifons que nous dé¬
duirons cy -âpre z. en la remarque de
l’huile d’amandes ameres.
Oleum Amygdalarum dul-
cium , D. Mef.
Amygdalarum dulcium à cor-
tice lignofo , & membranofa cute
purgatarum quantum fufficit. Te-
rmtur accuratè , & âffiufo aqu& mo-
mento, vafe excipiantur , & circiter
horas quinque in aqua calida, vel ca-
lente arena , aut Jîmili centinean-
tur , foveanturque ut aliqudntulum
incalefcant , poftea facculo conclu-
ft, torculari-premantur,dum Oleum
emanet.
faM modo fiunt Olea Amygda-
îni V amararurn , Caryinum , id efi,
Uucum luglandium , & Balani-
nm, id efi , de Ben, utrumque tan¬
dem vim habet , tefie Diofiorid.
hb. I. cap. 3^. Leptocaryon , id efi
■dvellanarum , Ckryfomelorum , id
efi Pracociorum , Nucleorupi Per"
ficorum , Ceraforum , Pifiaciorum,
Strobylorum, id eB, Pineorum, NÛ-, ■
cis Indica, Anacardiorum , Mof-
chat a, &c. ’ j
Item Olea Seminum Cnici,id «
Carthami^, & Cocci Cnidij , id
Thymelea .-utriufque eadem efifa-"ya^a-
cultas,verum Cnici invalidit>r,Diofi: dajSeji-
corid. cap. 35. lib. i Raphani , & ’liorura
Adelanthij , fmt ambo eiufdemfa-”'^'^'^
cultatis. Diofiorid. Lini & Ricins '
id efi , de Cherva , hac duo eandem
fortiuntur vim tefiibus Aétio lib. i.
cap. de Oleis , & Myrepfo feét. 1 6,
Sefami , & Amygdalarum dulcium:'
idem. Paulus & Mefue -, Gyuatmr.
fem. frigidorum maprum Melonis,
Cucumeris , Citruli , & Cucurbi- .
ta y Citrij & Arantij : LaBuca, '
Papaveris : Cannabis , Sinapi , &
Staphidis Agria : & fie de multis
aliis.
paraphrasé.
IL ncfîifEt pas à l’Apodbicaire dé ._
monder fes amande s>de lune &'de
l’autre écorccjcomme dit Mefué,iliais
qu’il avilê , qu’il n’en y aye d’ameres, ;
ou des rances , & vieilles tant qu’il
luÿ fera poifble ,& qu’il ne préféré .
le gain à fon honneur , & à la fanté
des malades , qui commettent leurs
vies entre lès mains.
Ceux-là font dignes de reprehen- Erreur
fion , qui ne mondent les amandes-
de leur peau membraneulê , pource * ‘
que j>ar lônadftridtionelle rererre,&
rend âpres les lieux que l’huile doit
dilater, & lenir, qui ^ft tout le con¬
traire. le dis eecy afiïpqu’à l’avenir,
on ne choppe plus en femb^ble er¬
reur
8 Liure IL
tcur qii'on a fait pour le paiFé.
Pour donc bien travailler métho¬
diquement , il faut bien choifir les
amandes : puis les peler de leur pe-
lurcjavec eau tiedcj <Sc les feicher avec
un linge : puis les piler cxadement
au mortier de marbre, avec un pilon
de bois , jufqu’à ce qu elles Ibient
réduites en pâte , & icelles mifes dans
un fachet de toïle , on d'étamine, ( un
peu laxe, ) la convient doucement, &
non tout à coup exprimer à la prelïè,
fans^les chauffer. Tel huile tiré fans
feu,eft tres-plaifant, & excellent en
tout ce que promettent Diofcoride,
Galien , & Mefué , par leurs dodcs
écrits.
Pour chacune livre d’amandes,
commimement on en tire quatre on¬
ces d’huile , 6c bien fouvent plus.
La refidençe derechef pilée, & ar-
roufée d’un peu d’eau , 6c chauffée au
bain Marie (mile dans un pot de ter¬
re verniffé bien bouché ) ou dans les
cendres , ou arenes chaudes ( comme
ditMefùé J ou fur .le feu médiocre
(' cornu e four le jourd’huy on fait)
en-rémuant avec le fpatule , ( afin
qu’elle ne fe brûle ) Sc mife au même
fachet , 6c exprimée diligemment,
rendra encore pour chaque livre prez
de deux onces , qui fcivira aux on¬
guents , !k emplâtres , ^od la chaleur
n’eft fufpede. Ainfi les Apothicaires
ne, perdront ou ne diminueront leur
gain , 6e profiteront beaucoup aux
malades.
LES FACFLTE Z.
L’huile d'amandes douces adoucit
l’âpreté de gorge , du poulmon 6c des
autres parties ( même externes ) cor-
SeBion L
rige toute dureté 6c ficcité des join*
turcs & autres membres; & pour ce
regard il engraiffe , & convient aux
hectiques : augmenté la fcmence , &
en injedion tempère l’arduir de la
matrice, 6c de l’urine.
REMARQJE.
P Oui' avoir 'Ehuile d’mandet
douces doué des ejualite\^requU
fes qui foit clair & dépouillé de tout
ce que certains croyent être contrai^
re d fes qualités^ & vertuf , il faut
prendre des amandes, nouvelles de
trois ou quatre mois , qui feient gref¬
fes unies en la fupe.rficie , & les jet-
ter dans l'eau mediocrernent chau¬
de & les y laijfer jufqua ce que la
peau s'en fepare entre les dqigts,
alors il les en faut tirer, les peler &
à même tems les étendre fur m lin¬
ge blanc & les mettre en un lieu
aéré par cinq ou fix jours plut ou
moins , afin t^ue l humidité qui les
avoir penetrees foit entièrement dif-
fipée , & quelles fixent remifes en
leur premier poids ; aprez on tes pi¬
lera dans un mortier -^de marhrt,
pour les pajfer dans m tan,is de
crin , fans les engrdijfer comme au¬
cuns^ pratiquent & dans un fac de
toile forte , en tirer.e\^ 'l'huile à la
preffe fans feu. ^an don. pile & ex¬
prime les amandes fi-iê't- les avoir
pelées , il efl impojfible d'en tirer
l'huile , à raifion que leur partie a-
queufe s'efi imbibée de l'eau quelles
avaient trempé , qui fait une vifeo-
fité avec Ha partie oleagineufe ,
efi la caufe que les amandes fortent
du fac en forme de vermijfeaux , ou
bien le fac fe creve.
■‘a r ,
De^ Huiles fîmpîes.
Les Huiles fuivins fe font
de même façon.
fçavoir.
CElay d’amandes amefës , de
gland onguentaire , & de noix
communes , qui ont fèmblables ver¬
tus : d’Avellaines de noyaux de pê¬
ches, de Pignons , de noix Indiques,
d’Anacafdes:,.& de mufcade.
LES FACVLTE Z.
L’huile dlamandcs amercs refèr-
re les obûratSlions , refbùt & diffi-
pe les vents , cotnrae au tinteinent
des oreilles. , qui rend l’ouye dure:
adoucit les alperitez , appaife la dou¬
leur . desmerfs , amolbc les durerez,
&elFace les tache's du vifage.
REMARQ,V E.
L'Autheur qui a a'-joutê les fa-
çulteT^ aux compojttious de cet¬
te Pharmacopée , s'efi grandement
trompe ^.quand il a leu dans quel¬
ques exemplaires des Oeuvres de
Mefué-, OÎeurn de Amygdalk ama-
tie efi aperitiuum opilativum : pa¬
roles quil a expliquées contre le
fens de ce dernier , en disant que
t huile d’amandes amer es referre
Jes éflruélions , au lieu de dire
qu‘il ouvre les obfiruüions. Si Sau-
"vageon eùfl tant fait peu confideré
tu contrariété de ces mots , ou bien
quil eufl tiré les faculté z. de cét
pile des Oeuvres de Mefué de
tirnprcjfion de Eénife apud luntoi
9
de Van mil fix cens ‘vingt-trois , oh
il auroit leu Oleum ex Amygdalù
amaris obftruéla aperjt , fans dou¬
te il aurait évité cette erreur qui
n efi pas petite ; mais encores di-
ray-'ie , quil s’en efi enfuivie une
pim grande entre les Autheurs, qui
attribuent a. cét huile les principa¬
les vertus y que Diofcoride & Ga¬
lien donnent aux amandes ameres,
comme d’ouvrir les ebfir^élions , de
refoudre & dijfiper les vents , d’«~
facer les lentilles du vifage , &c.
lefquelles vértm nefs trouvent point
en la partie deagineufe , mais tant
feulement en la partie aqueufe , ou
toute l’amertume des amandes re-
fide y qui efi dans leur marc , ainjt
que ceux de nôtre profejfion peu¬
vent juger par la faveur 'douce de
l’huile y qui en efi épreint , & par
les qualitez, & vertm que Mefué
en fes Theerefines attribue a la fa- ■
veur amere. Il en efi de même des
oliues quoy qu’en leur parfaite ma¬
turité elles foient ameres & d’ un-
mauvais goût y & lors que l’huile
en efi fe'paré par exprejfwn , il elt
doux & entièrement dépoüillé de
la faveur ingrate de fon fruit , qui,
demeure femblablement attachée au
marc , comme d la partie la plus
terrefire. C’efi en cela que paroif
fent les merveilleux effets de la
nature , par le fecret mélangé de
diverfes fubfiances quelle fait en
la production des mixtes en mêlant
exactement la fubfiance aqueufe
avec l’deagineufe , la faveur ame¬
re y avec la douce , & ainfi des au¬
tres fans que leurs qualitez. &
vertus le plus foüvent fe commu-r
niquent les unes aux autres , com-
b me
10 Livre IL
mç- noHi voyons en l’olivier qui efi
amer en mues [es parties , & nean¬
moins comme je viens de dire y fin
fruit. nom donne fin huile qui efi
doux : & de fin tronc refude fans
artifice un fine blanc de fubfiance
aqueufe, dé faveur douce, qui fi con¬
cret comme la manne 5 duquel je ne
fêr ois P as. moins étonné fi je ne l’a-
voù veu & goûté , que le doéte Lo-
hel qui le décritfort a propos en fis
Adverftires fim le nom de Elœome-
U 3 ou le curieux aura recours s’il
defire d’in voir l’hifioire au long,
& apre"^ luy lean Bauhin en fin hi~
fioire des plantes tome premier li¬
vre fixiéme chapitre deuxième. En
voilà ajfez^ fur ce fujet , pour don¬
ner à connottre à ceux qui défirent
fi retirer de- l’erreur , que l’abm
efi ires-pernicieux de 's’imaginer
que tous, les huiles que nom tirons
par exprejfion des fruits , comme
aujfi de ceux , que nom faifins par
imprejfion , des autres parties des
plantes dans l’huile commun , ayent
tes qualitesi &' vertus , que les
Autheurs leur attribuent , comme.
11 fera plus particulièrement ' dit
cy-aprez.. Ces deux exemples fit fi¬
rent donc à l’Artifie curieux , ' ou
'il pourra faire des reflexions dignes
de fin honneur.
Ceux des [emences Jtiirvames
fe font de meme.
Comme de la graine de Thymæ-
lea, & de Carthame , qui ont
femblables vertus ( hormis que de
SeBion L
cettuÿ-cy,la force eft moindre, Diof.
coride chap. 3 5. du premier livre) de
Refort , & Melantium , de Lin i &
dé Cherva , ou Paume -Chrill: : de
Sefàme, & d’amandes douces : des
quatre femences froides grandes , de
melons , de concombre , de citrouil¬
les , & de courges : de citrons,
de limons , & d’orenges : de lai-
élues 5 & de Pavot , de chanvre de
mouftarde, & Staphifagte, &c.
La différence eft qu’il ne faut
pas s’amufer à l’écorce' de certai¬
nes Icmences ; comme de la Iiifquia-
iîie J du Pavot , des laiétuës , de
froment , de moutarde , de Lin , de
Melanthium,de refort, & de chanvre,
qui ne fe peuvent monder , comme
les autres. .
Pourvèu que l’Apothicaire tienne
de ces Icmences , il lufEt, & non
leurs huiles tponree qu’en touttems
ils fè peuvent faire'’,' fi la néceflité lé
requiert : joint qu’ils font meil¬
leurs recens , que vieils, & font plus
plaifiins.
Quant à celuy du froment il le
peut faire entre deux Jamincs de fer,
moyennement chaudes , comme dit
Mefiié , ou per afienfum , domine
celuy de briques , (aduquel nous trai-
’ torons en fbn lieu ) du pèr defeenfim
(comme dit loubert) & en allez bon¬
ne quantité. . '
Ih Oleum fem'm. Ehuli^D.
^atthioli.
La femence d’hieble nommec^^®
Latins , Ebulus , fepafée de Ion
Des htmles Jïmples. ii
ÊLÛt. noir , > &, feichée fera pilée 3
avec un pilon de bôiisdans un mor¬
tier & réduite en maffè , laquelle
trempera toute la nuit en eau chau¬
de , puis le tout mis dedans un vaif-
feau étanné j de large entrée , on
lejfera cuire à petit feu , en re¬
muant bellement avec un bâton ,
ou pilon de bois. Cela fait , la, baf-
fine ôtée de delTus le feu , ôc. re¬
froidie , on ôtera. Ipctime qui nage,
paç dellûs (provenue tant par la cha¬
leur , que pav 1 agitation continuel¬
le : ) puis on atnaflera Thuilc avec
, une cueillere , qu’on gardera au be-
foin.
Z£S FAC^LTEZ.
L’huile de feraence d’hieble , ap-
paife toutes les douleurs des join¬
tures -principalement celles qui pro¬
cèdent de la vcrole : diffipe la pituite
aaflè qui tombe ïiir les jointures , &
. provoqué' les mois.
REM ARQ^VÉ.’ '
Our extraire l’huÙfde la fe-
mence d'hiehle quil fait doiié
de-'fes plus -rares •vertus & quali-
tez. , feparé de toute impureté , au
lieu de le tirer ^ar ebuliitiou qui
efl me façon grojjîere qui a la ve¬
nte en rend beaucoup) plus -, mais
il nefi pas fi Jubtil , il le
fout extraire par voye de dîjlilla-
tion , & y procéder ainfi. Prenez,
une quantité de femence d’hieble
conca fierez, , par^ exemple qua¬
ire livres , y verferez par défi-
Jus d eau de -fontaine chaude vint-
*inq OH trente livres , aprelj^ vint-
quatre heures d’infufion fur tes cetp.
dres chaudes , faut verfer le tout
dms une grande cucurbite de refri-
geratoire,- garnie de fan chapiteaujé
dèfius plein d’eau froide , & fier un
fourneau convenable, diflillerez par
degré de feu félon l’Art , dans fin
récipient qui contienne quinze ou
feize livres , que laifierez remplir,
l’eau & l’huile monteront tous deux-
enfamble. La difiillatien étant pa^
rachevée ,il faut feparer l’huifi &
le ferrer, pour le befiin ; de la forte
il efi' éfiencifié., & beaucoup plus pea
netrant qu autrement.
Oleum Laurinum , D. 1
Mefue.
BaccJéarum Lauri maturarum,
ac rec'entium , quantum videbi-
tur : teranmr in pila , deinde
ex...aqua 'coquantur in lebete. T^ofl
torculari piano , non cave , expri-
mantur in vas fubjelilum , in que
aqua fupernatans Oleum colliga-
tur. Fax rurjus eontrita , & affu-
fa c fiente aqua exprimatur cavâ-
to torculari , colligatur Oleum , &
reponatür.
Simili modo fiunt Olea ex Bac-
cis Lentifci , Têrebinthi , Hede-
ra , Myrthillorum , luniperil, h9c
odoratius , & ad omnia efiicacms
eo , quod fit ex Ligna per defaeh-
fum,de quofufiusfiio loco.
b Z PyA
Il Lime IL
*PARAP HRA SE.
L’f^uile Laurin efl; de fi vil prix»
qu'il ne fe fophiftique point pour
la grande quantité de -Baiés récen¬
tes 5 qu on amalfe en Italie j, Lan¬
guedoc , & ailleurs. De maniéré que
les Apothicaires ont meilleur mar¬
ché de Tachepter de ceux qui le.
font , que de- prendre- la peine de
le préparer comme Mefué enlèig-
ne ; d’autant qu’il efl: reçent Sc
v.erd , de. tant il efl: meilleur. Diofi-
corjde fait de même façon les hui¬
les de Lentifc , de Terebinthe , de
Lierre , de Myrtilles , & de Gc-
nevre. Car les huiles de Myrthil-
les , de Terebinthe & de lunipe-
re plus compolè2 ', fe font autre¬
ment ainfi qu’en leur lieu fera dc-
monftré.
LES FACFLTEZ.
Il foulage les indifpofitions froi¬
des , & les douleurs qui les füi-
vent de toutes les parties du cer¬
veau , des nerfs , des .jointures ,
du colon J du ventricule , du foye,
de la ratte des reins j & de la ma¬
trice.
R E M A R QJ/ E.
En la precedente Edition ’faj/-
été de fentiment contraire a
l’Antheur de la Paraphrafe ,fitrlc,e
^qu’il dit que le, vil prix de l'hui¬
le Laurin eét caufe quon ne le fophi-
Bique point ^ & au contraire je di-
foü que cela procedoit du mélan¬
ge qu'en y peuveit faire avec de la
S'eBion L
graijfe de P arceau ; maù depté
avoir fait., voyage exprez k Cal^
•vijfon à cinq "lieues de tMontp».
lier ou l’on en fait tant les ans
grande quantité , pour f avoir au
vray la méthode que ceux qui It
tirent tiennent j fay aprü deé^
bouche de gens dignes defoy , q^au
mois de Septembre ils prennent de
quatorze a quinze quintaux de
Bai^s de Laurier entières ( deji
quelles ip payent ordinairen^m
vingt fols du quintal ) les mettent
dans une grande chaudière. & vetr
fent par dejfus tant d’eau qu’ellt
. couvre les Baies d’un demi piee^
puis les font bouillir l’eépace de
quelques heures , apre\^ tirent fe
feu J & derechef verfent d'eau
froidz-j dans la chaudiere-t , pour
plus facilement tirer l’huile qui na-.
ge dejfus. Cela fait ils remettent
le feu &. le continuent en- tout l’e\.
Jpace de vingt - quatre heures , (f
de tems en tems en retirent l'hutn
le comme devant , & de la, forte y
ils en recueillent fuivant qui' lés
Baies fint. grajfes ( car toutes les.,
années elles ne fontL, pas égales^
depuis cent , jufques a cent qua¬
rante^ livres. Les autres faix,''
qu’il ^envient de faire ne fe mon\
tent qu’ environ de cinquante, fols y
& vendent leur huile le moins
vingt-quatre livres le qttintal ,
par- ainfi ils’ y profitent beaucoup,
i& ne le fephifiiquent point fuivant
ce que 'diverfes perfonnes m’ont pro-
tefié..
Cette méthode mej} pas feulement-
grejfiere , mais je trouve y avoir,
d redire en deux fapons. Premiè¬
rement , en ce qu’ils difent,.qu il n'y
Des Huiles /tmpîei
4 que V écorce des Baies qui rende
l’huile , qui- eft la raifon fourquoy
ils les font cuire totstes entières , &
que le noyau nen rend point, fi cela
étoit , il leur fierait fort inutile ,&
tout à fait fiuperflu , de faire cuire
fl long tems lefidites Baies , parce
qu'a la première ébullition Vécorce
s ouvre & rend fort huile -, & parce
que le noyau efi plus épais & plus
compare, il requiert une plus longue
coéiion pour rendre aux ouvriers ce
qu’il a de meilleur , c'eft la caufie
(fans connaître leur travail ) quils
lafofît bouillir fi long tems ,pa'r ce
quils en reçoivent pim grande vti-
lité. Secondement , je dis quune fi
longue coélion 'difiipe par voye d’J-^
vaporation toutes les parties le pim
Umt'es, ijr fubtiles dudit huile , ce~
qui eft grandement confiderable , &
que 1‘ Apothicaire curieux doit cor¬
riger , particulièrement quand il
le veut employer pour la fanté de
l'homme.
J'ajoûteray encores par une par¬
ticulière expérience que fen ay fiai-
to feparément de Vécorce , & du
noyau, que tous les deux rendent
d'huile, fous cette différence, que
lecorce poids par poids, en rend
plus que le noyau : celuy-là efi d’un
verd fort obfcur , & odorant , &
celuy-cy. d'un verd perdu , moins
«dorant ,& plus concret.
far cette obfervation , Vécorce
doit être toâjours préférée dans les
«ompofitions , comme il a été re-
fnrqué cy. devant en divers en¬
droits..
Oleum Ovorum,D,Mel^
Ova recentia elixatione indu-
rat a , numéro viginti , aut trigin-
ta. Ex hù vitellos exime , & com-
■minutos in fartagine < terrea vi-
trata igni mediocri affa , moven-
do ffatula ferrea , donec ruhefi-
cant , & oleum ah iis manare in-
cipiat. Deinde offam feruenteth
inijce in faeculum lineum , vel
puis confextum , Ô" exprime tor-
culari , quodque expreffum fuerii
oleum , ufui repone.
‘T ARAPH RASE. "
CEt liiiile comme pkifieurs au¬
tres J ne fe'"cioit préparer 'qu'au
tems de la necelîîcé ; pource prenez
vingt ou trente œufs , que vous ferez
bouillir eneau jufqu’à ce qu'ils foient
durs. D'iceuxj vous prendrez les mo¬
yeux 5 que vous brilerez dans iinç-
càlie éta^rnée , ou de terre vernif-
sée J ^vec -i;efpatnlc , ou ciieillere-
que rôtirez , on fricaflèrez lùr périt'
feu en les remuant toujours , juiqu'à
ce qu'ils commencent à rougir , &.
que prefsé entre les doigts , ils com¬
mencent à rendre une liqueur gralîè:.
aprez foudaincmenc feront mis de¬
dans le fàchec à ce deftiné , fait de
toile, ou d'étamine , & exprimez aœ
prelïoir entre deux ais, ou pots chauf-,
fez. L'huile qui en difl:illera,lèra gar¬
de au befôin.
LES FACVLTE.Z-
Cet huile nettoye le cuir ,• guérit
jâ grateile & rongne, & autres viees^-
b 5 duj >
IA Livre 11. SeBion 1.
du cuir , régénéré les cheveux de la
têce , guérit les viceres malins & fiftu-
leux J & eft auffi propre aux dou¬
leurs des dents Sc d'oreilles.
REMARQUE.
Anderori croyant d'avoir l'hui-
le d’œuf pim parfait a ajouté a la,
defcription d’icel'uy aprez.. ^ Ova
le mot de recentia , qui par mon
fentiment ne convient point a fin
modm faeiendi , parùe que fi on pre¬
nait dei œufs fiais ou recens pour en
extraire l'huile aprez, les avoir cuits
dans l’eau & legerément fiicafielf
comme il ’ convient de faire pour
avoir un huile doué des véritables
qualite\^ & vertm que-les Autheurs
ïuy attribuent , je fout ie ns qu’on
n’en fiauroit tirer que fort peu ou
point , parce ,que la matière pajfe-
roit a travers le fac à mode de ver-
mijfeaux , à moins que les œufs fufi
fent beaucoup fiicajfez,,& ainfi l'hui¬
le ferait beaucoup altéré. Si nimis
torrentur in fartagine vitellaiOleum
rnulto minus anodintm.efi , fine do-
lorem aufert. La caufi de cela efi
que la partie aqueufiefi abonde plus,
laquelle fe treuve mêlée avec la par¬
tie oleagineufe , les deux enfemble,
font une vifeofité qui les fait paf-
fer ainfi d travers la toile , & pour
empêcher que cela.n’ arrive , il faut
prendre des œufs de cinq a fix jours,
moyennant qu’ils ne filent point cor-
rompm , comme il pourrait arriver
dans les grandes chaleurs de l’Eté,
& de ceux-là ou d’un petit plus
vieux fuivant la faifin de l’année,
on en tirera beaucoup d'huile en les
torrifiant médiocrement.
L’eleélion en toute forte- dé me^
dicament doit précéder la preparaà
tion,& quoy qu’elle ne fait pas icy.
beaucoup confiderable en faveur des
curieux, je r apport eray le texte d'A¬
vicenne en fin traitté de la Chy-
fnie,diétion feptiême , chapitre deuXf
qui dit que tes œufs du mois de Mars
& d' Avril pour le printems ; fini
à preferer aux autres ; & pour l'Au¬
tomne ceux du mois de Septemhr,e,
& OElobre , d’une 'jeune poule d’un
an qui habite avec, le coq.L'on pen-
fe que les œufs longs foiefi les mâlâ,
& les plus ronds led- fertiellet-
Mefué , Bauderon ny autres Au-
theurs que 'je connaijfe , aucun n’-'ef
feigne le moyen de blanchir l'hui-.
le d’œufs, qui eft lapèrfeüion en fa
vertus ,j tant pour raifon du feu qui
luy a communiqué de- fa chaleur en
les déjfeichant,, •& altéré fis princi¬
pales qualitez. , que de cette tant,
louable humidité jpiritueufe , qui efi
la caufe que les œufs frais font re¬
cherchez, foigneufement pour sen
alimenter ; puis qu’en moins de~cinq
à fix jours , elle eft altérée : par ce
moyen ce premier en eft chafsé cm-
me contraire ,, & ce dernier reB'i-
tué comme neceffaire 5 mais )’en di-
ray deux mots en faveur de cén^
qui font honneur à nôtre prefeffion.
Il faut tirer cet huile au commen¬
cement du mois de May
un vaijfeau de verre , ou de tene
vitrée, couvert d’un linge deliefiex-
poferef^ au ferain l’efface de quin'^e
ou vingt nuits , tous les matins d a-
iterez. fort avec me fpatule de
ois, eè" le firrerelfen un Utn
pendant le 'jour j le foir venu le re¬
mettrez, au ferain, & continuerez,^
Des Huilée
jnfqnkce quHl fait bien blanc ,ob-
prvant toujours un ■ tems doux- &
ftrain, & ninfi aureT^un huiler qui
jira des merveilleux ejfets , joarti-
eulierement four le feu , & qui ci~
extrifera au- delà d’aucun remede
^ue je connoijfe. Il y en a quel¬
ques-uns qui l'e blanchijfent au So¬
leil , & y ajoutent de la cire blan¬
che, & le lavent fouyent avec eau
de fontaine , mais ce nefi pas le
meilleur.
'Des Htùlës compqfez-
En continuant les huiles , qui font
ufitez par les Médecins Dogma-
dqnes , il relie à traitter de ceux qui
fc font par imprelîïon. De ceux-cy>
les lins font dits lîinples : comme le
'Nardin j de Scorpions , &g. au refo
dl des autres de fomblable nom,
is compofez : ainfi que par les foi-
vans difeours il fera montré.
Oieum Rofai'um comple-
tum ^ D.M.
Foliorum forum Rofarum recen»-
tium & apertarum , incifarum
■ vel çontufarum , quant, fuf. in
'cas vitreum - conijce , & affunde
Olei ( ex olivis m'aturis ) récen¬
tes, vel aqua fantana aliquoties
loti ( ob falfedinem ) quantum
fitffcit. Obturato vafe ,diebus fe-
ptem infolentur , aut in loco ali-
* quo calido : tum coque in duplici
"Cfife ( cum pauco fucci Rofarum,
^tlaqua infufionis, & non vint
cûwpofezs. 1 5
ui perperam fit k .quihufdam.)
Exprejfis folqs , & abieSlü , nova
. immitte , macéra iterum dies fe-
ptem ,ut prim ,, tertio idem fiat,
& ferva utendi tempore.
PARAPHRASE.
I’Açoit que Mcfoc nous ayé décrit
quatre manières , ou diflèrénces
d'huile rofat, fi eft-eeque lufoge en
a approuvé feulement deux : fçavoir
celuy qui le fait des rofes épanouies
avec Thuile d’olives meures , qu’on
fornomme complet : l’autre de rour
ges , non épanoiiies , avec l’huile d’o¬
lives vertes , & adftringcntes , qu’on
fornomme Omphacin , & Omotri-
bes , &c.
. Pour le complet, prenez de fueil-
les des fleurs de rofes épanoiiies , &
recentes , que vous concaflèrez , ou
inciferez environ une livre , d’huile
("d’olives meurs j doux &nonfàlé,
quatre foftiers , qui pefont fix livres,
à raifon chacun de dix-huit onces :
qu’infuforez dans un grand pot de
terré vernifsé étroit d’entrée , & bou¬
ché avec un parchemin mouillé , for
les cendres chaudes , ou au bain ma¬
rie , ou dans un fumier chaud , l’ef-
pacedefept jours, qui foffira ( non
quarante comme veulent Aëtius libro
primo , Paul libro oétavo , capite vi-
geflmo, & Myrepf feét. 1 6. cap. i } .)
ou au Soleil ardent. Puis on y ajou¬
tera un peu de foie de rofos , ou de
l’infuflon plutôt que du vin , com¬
me font quelques-uns ; pource qu’il
eft chaud , & répugne à l’intention,
.& des anciens , & des Médecins qui
l’ordonnent. Aprez au bain marie,on
les fera un peu boiflUirCpoiuce que la
oUum
RofatS
comfle-
tum hoe
modo fit.
1^
Livre- IL SeBion L
longue cuite difîîpe leur vertu ) puis
on les exprimera. En la colauire de¬
rechef on y infufera d’autres rôles
comme devant , qu'on cuira & ex¬
primera : puis pour la troiziéme fois,
on y pourra laiïîèr les rofes durant
toute l’année'; fiaon on les exprime¬
ra , puis on gardera l’huile au belbin.
Nos Apothicaires lé contentent d’u¬
ne infulîon, & ne la font point bouil¬
lir au bain marie : leur huile auffi n’a
pas telle vertu qu’il cft requis , & les
malades n’en reçoivent pas tel pro¬
fit qu’on en peut defirer.
LES FACrLTEZ.
Il étaint’les inflammations, il cor¬
robore, & affermit, .& tempéré l’ar¬
deur du ventricule & le recrée : il
modéré auffi la chaleur des^reins : ap-
paife la douleur de tête de caulé chau¬
de , arrête les fluxions,- & l’impe-
tueux mouvement des humeurs.
REMARQUE.
MEfuê n exprime point la quan¬
tité cthuile , non plut que^cel-
le des rofes pour compofer fin hui¬
le rofat complet , & Bauderon pour
fatisfair'e l' ArtiUè & le relever de
peine preferit une livre de rofes fur
fix livres d’huile , le tout enfermé
comme dit efi dedans un vaijfeau, &
fur les cendres chaudes l’infafe pen--'
dant fept jours , lequel tems doit
être abhregé , & réduit d la moitié,
afin d’avoir les rofer en leur par¬
faite bonté , ou bien de réduire les
trois infufions quil demande en
deux , & mettre a chacune une li¬
vre & dernÿe de rofes épluchées,
& cencafsées , & je voudrais enco¬
re ne les pefer qu’apref en avoir
tiré le fuc. Cette procedure femhlt-
ra rude à quelques-uns , mais auf.
Ji fuis-je bien apuré d’être imi¬
té de ceux qui aiment leur pro-
fepion , .par la co?jneipance qu’ils
en ont ils jugeront de la necejft-
té qu’il y a de ce faire par les
raifons que nous en donnerons cy-
aprez. en l’huilé de coings , quoy
que les rofes n’abondent point trop
en humidité fuperfiuë. Il efi- d re¬
marquer qu’il ne faut point ajou¬
ter d’infufion , ny du fuc de ro¬
fes , quand on voudra cuire *ledit
huile , en aucune des infufions , par¬
ce que les rofes quoy qu’exprimées
de leur fuc , il leur refie api. d’hu-
' midité pour dépendre que là cha¬
leur du feu n altéré les qualitez. de
l’huile : d’atlleurs le feu qu’il con¬
vient d’aug-menter en chacune des
infufions avant les. couler fera mo¬
dérée , parce qu’il ne faut pas que.
la matière bouille , & fupra de la
remuer fouvent, & de prendre gur-
de que les rofes ne s’attachent au
fonds du vaipeau.
Oleum Rofatum Ompha-
cinum , D.M.
Oleum Rofatum Omphacinum fi
ex oleo rudi , id efi , ex olivis
immaturis,'& folijs Rofarum ruhr,
nondum apertis , maceratis 0
coéiis , ut Rofatum completum.
ohm
paraphrase. R, (ai
. /V
L’Huile R'olàt Omphacin, le com-
pofe comme le precedent hors- f kut
mis qu’il faut prendre de gros bou- mdi.
^es Huiles compofez^, ' 1 7
't6ns dé rofès rouges non épanouies, fajfe boiüllir , & fartant il ny faut
femblable* quantité que defîïis
d'huiie des olives tiré ayant leur
maturité. Ceux qui n auront pas la
'commodité d’en recouvrer , qu ils
prennent de l’artificiel, par nous dé¬
crit au corntnencemerrt de cette Se-
dion , & y ajouteront plus grande
quantité de fiic d’autres rolès,& le fe¬
ront pliis long tems bouillir au B. M.
& changeront par trois fois les rofes,
comme dit eft.Ainfî faifantdes Méde¬
cins ne feront pas dti. tout fruftrez de
Sur intention, pourec qu’il réfrigéré,
M'eferre plus que le precedent rolàc
complet.
LES FACULTE Z.
Il éteint plus puilïàmrnent les in¬
flammations , if corrdbore & unit les
parties , & arrête auili plus efficace¬
ment les fluxions, qué le Rolàt com-
plet &:’rétient îà matière écoulée aux
parties ,* & foulage la difl'enterie pris
en breuvage.
REMARQVE.
BSuderon na point fuivy AEefuê
en fa defeription tde cet -huiley
mp quo'a peut voitfAans fon Anti~
doiaire , ou il demande du fuc de Ro~
fee,& d'infufid de chacun une partie,
&il huile lavé comme il aété cy-de-
Wnt dit trois parties , & de fueilles
d^/ofs rouges etntufa quantité fuf-
■Jjjdnte :p^ar cette quantité fuffifante,
dfaut 'entepdre^ la quatrième par~
• ^ de l’huile , qui efi fur trois livres
d huile , une livre de rofes ; cette
eymite exçede celle de la prece-
tnie defeription du complet j l‘ay
^>hji augmentée , afin qu’on ne la
point d’infufion non pim que du fue
de rofes j pour le furplm on procéde¬
ra aux infufions, comme a été cy-de-
vant dit en l’huile rofat complet.
üém les Autheurs,ont fait grande
différence entre l’huil.e Ômphacin,
& celuy qui fe tire des olives meu¬
res ; celuy-ld , ils l'ont toujours em¬
ployé pour les médicaments froids,ou
tempereT^, & celuy-cy four tous les
médicaments ois il nefi befoin de re-
ftreindre ou de rafraîchir. Mais par
l’experience que je viens de faire
tout prefentement, faufile reffeü que
je dois a cette célébré antiquité , ils
fe font trompez., de faire différer cet
deux huiles en leurs qualitez, & ver¬
tus , comme nom lifons dans leurs
écrits jpuifque par l’experience que
j’en ay faite, ils ne different point en
faveur, qui efi la vray e marque pour
fies connaître ; neammoins ce ne fera
pas une erreur grande de prendre de
l’ Omphacin, pour en compôfer les re-
medes oit il a été^deBiné , non pim
que de prendre eeluy qui efi tiré des
olives meures, en la place de i Om¬
phacin.
Olea.
fTiolarum,
P'apaveris,
ISfymphaa,
Myrtini,
Ligkfiri, ■
Sambuci,
Cheyrinii
Anethi,
Chamameli,
Meliloti,
Jafmini,
Livre I L Seâion 1.-
LUiorum,Jîmpl.
Simili modo fiant , quo Oleum Ro-
fatum praficriptum.
fR A RAP H RASE.
L'Huile violatj& de blanc d’eau ou
Nénuphar » le font de même que
Violatü Rofat Omphacin. Celuy de Pavot
ÿiym- fe fait plus Ibiivent avec les fleurs,
fhii , fueilles, & têtes, tant du blanc que du
noir contulèsj avec huile Omphacin,
fVSTtSt ' , 1 /* r*
qu avec la lemençc pai-expieliionvEt
aiiffi par trois diverfes infiilions, &
Guitcs,comme le Rofat Omphacin,
R E M,A R QV E.
La fleur de violes doit être a de-
my feiehée,&. celle de Nénuphar
filée & exprimée de même ^que les
rofes avant les mettre eninfufLo dans
l’huile Omphacin , ou bien fieichées
comme les autres, d caufi que leur fuc
eft vifqueux & difiicvle d tirer.
Des fueitles & fleurs de Pavot, il
en faut aujfi tirer le fuc,& incifer les
têtes quand on leïysoudra mettre, ou
jipa'rémem dans l’huile Omphacin,
ou dans celuy des olives meures^-
oleum ■ Mjrùnum,
I 'Huile Myrtin le fait avec les
^fiieillcs verdes de Myrte cuittes
au B. M. avec I’huilePmphacin,Lom-
liae le Rolàt. Celuy de Myrthilles ,, le
fait des Bayes irecentes par expret
lion, comme avons dit de l’huile Lau¬
rin cy-devant.
R E M A R QJP E.
LEs fueilles de Myrte doivent
être concafsées tant feulement.
& puis infusées dans l’huileverd,iH
meur , il n importe lequek
Celuy de Bay es, que nem appelions
de Myrthilles , le plus fouventonle
fait par impreffion dans l’huileéom.
rnun , ou avec de la graifie de pour¬
ceau , que par expfefion , parce que
de ce dernier 'on en tire tresspéM,mais
aujji il doit être’ préféré aux antres.
Oleum Ligujlri.
L'Huile de Liguftre, appelle dis
Grecs Cyprmum , &’ des Arabes
Alcannki, le fait av.ec les fleuts,,&
huile d’olives iheures, comme le ro¬
làt complet”. ^
REMAR^OVE.
IL faut pilex & exprimer: les fleurs
du Ligufire l comtr^ aét^it des
rofes , .flr de même tes inflqer dans
l’huile.
O le a Ligujlri, lafmini, Gcnifia, 'tà-
marifei^, Sarnhùci , chamanflli,
Meltloù , Auethi , Chepri, & li-
h6rum,Jimplk. -, ■ 4;..-
LEs^ Huiles de laliTiin,de Geneft,de
Tamaris., de Sambuci.de Camo¬
mille, de Me’ilot, d'Aneth, de Violier
jaune, que les Grecs nomirient Leu-
coion, & les Arabes Keiri, , & de Lis
blanc lîmple , fe doivent faire des
fleurs, & huile douxjpar trçis diverfes
infufions , comme le rolà't complets 1-
RE MARQVE.'- ’
SI on fait l’huile de lafmin pour
l’odeur, il faut prendre les fleurs^
Des Hmles
de cehy à'E^ngne quand ils com¬
mencent de fleurir , & les infufer
dans l’huile d' Amandes douces fans
les concajfer , parce quelles ont l’o¬
deur en la fuperficie , er non en de¬
dans, comme heaucpip d^ autres, & te¬
nir te.^^aijfl au par Z 4. heures décou-
vei^^ en un lieu aëréfe lendiemain
couleref l'huile par une étamine bien
nette fans exprimer la fleur, & répé¬
terez, tous les jours la même infufion
avec des nouvelles fleurs , jufqud ce
^ue l’huile jbit fuffifamment ernpre-
de l’odeur d’icelles. . ,
. J^elques a:utres'le préparent ainfi,
& prennent les amandes douces jsi-
lées dp pafsées Jî fubtilement qu’ils
fement , aprez, dans une terrine a
'fonds large mettent un lit de fleuri
far dejfsis un de la poudre d’ aman¬
de'-, êp continuent de la forte tant qu’ils.^
ojitde matière pour employer , fài-
fant firayum fuper firatHm,puis cou-
trent hur terrine d’un autre vaif-
feau fait en dome,& gardent cela en
•le'tat ,jufqu au lendemain qu’ils en
fepareni, la fleur, & en remettent de
Xmmlle de la même façon que def
fus, tant de fais que les amandes ayent
attiré fuffifamment l’odeur de la
pur ,^cetd' fait l’ayant_ exa^ement
fiparee , ils tirent l’huile de la pou-
dre à la préjfe , & .le gardeny pour
f odeur. D’autres au iieu des aman¬
des sis prennent le noyau du Clans
ffigùèntaria , qu’ils mettent en pou-
dre , ^ procèdent comme dit eft.
St on defire s’en fervir en méde¬
cine, on y procédera comme a été dit
c.n l’huile Rofat. ’ ' '
LEs flcMrs'de Genefi , de Sambuc,
de Violier )aune,& <de Lis blanc
compofezs.
doivent être pilées & exprimées
ou a demy feichées , é" infusées
Comme en l’huile Rofat complet. Les
fleurs de Tamaris, de Camomille , de
Melitot , & les fommitez. d’Aneth,
feront feulement grojfierement pilées
& infusées en pareille quantité d’hui¬
le & nombre d'infufions' que dejfus.
Les rares vertus que les Autheurs
ont attribué d l’huile de Camomille
fait par impreffwn,a fait dire a De-
vigo , au livre huitième de fin An-
tido%sf.re,& d plufiurs autres que cet
huile^oit bei?it,& pour cet effet l’ont
appellé ' Oleumbenediüum -, ce qui
nom doit perfuader de le préparer
pim méthodiquement qu’d l'ordinai¬
re & d’imiter le doÛe & fiavant
Hofmannm auùi .chtip.du fécond li¬
vre des médicaments officinaux qui
■en do'àne une defiription fort exatle,
composée de la fleur recente de Ca¬
momille , aprez'en avoir fiparé les
petites fleurs blanches qui font au
tour du jaune s il la faitïincifer ou
Concaffer , & mettre en infufion dans '
■un pot avec une. quantité proportion-
née d’huile commun, le couvre d’un
linge , l’expofi au Solel par quelques
jours , aprez l’avoir coulé & expri¬
mé Le marc , répété la rnême opera¬
tion par trois fois, feferois d’avis au
lieu de prendre la peine dé fiparer
les petites fleurs blanches qui font
au tour de la tête 'faune , qu’on prit
la Camomille jaune cultivée , que le
fiavant & curieux lean Bauhin ap-
pelle Cham&melum aureum perègH-
nur/l capitula fine filff-
Aîaiss’ily a quetqm chofe d’ex¬
traordinaire en la préparation de
l’huile dé Camomille d’Ofm'annm,que
ne dirms-nom pas de celuy qu’on tire.
c Z df!
xo Livre IL Se B ton /.
de toute la même fieur y e cerne far
la diBillation au refiigeratoire qui
efi de couleur cerulacée ou d’a'^r,
couleur qui efi autant digne d'admi¬
ration, qu il éfi curieux d'en recher¬
cher la caufe. Les 'uns comme Erne-
fius en fon traiité des huiles qu'on a
joint à la pratique d'Hartmannm,
& Schroderm femhlent qu'ils vueil-
lent dire , que cette Couleur procé¬
dé du mélange qu'ils font de la fleur ^
de Camomille avec la Terebinthine
qu'ils diftillent enfemble. Et.,Tur-
nej/Jfertê dit , que du fTeda qui efi
la tfirche du Pin & de la fleur de
Cdmornille fe^ tire un huile de couleur
d'Afur. Il parait bien par leraifon-
nemen't de ces grands hommes , que
ce qu'ils en diflent efi. plutôt par oùir
dire , que par expérience qu'ils en
ayent faite j car je fcay far une' ex¬
périence confirmée de quatre à cinq
fois quen diîiiÛant l'eau de la fleur
de Camomille recente , toutes le'sfoü
que j'ay fait l'opeyatiçp fans autre
mélange que Veau commune , l'huile .
qui a Jurnagé au de fus de l'eau di-
fiîllée a été d'un très -beau violet , ^
d'une odeur fort agréable j ce qui fait
voir, que la Terebinthine,ny le'Teda
ne contribîtent rien a cette couleur
apurée , & n'y fervent qup pour au¬
gmenter la quantité de l'huile,
LES FACKLTEZ.
L’Huile violât éteint les iiiflarama-
tions ; foulage les pieiu'etiqueSj;
adoucit l’âpreté de l’artere & du poul-
monj'tenipere les tumeurs chaudes,
modéré les phlegmons , & appaifè
les douleiirs.
L’fiuilede Pavot , engraifle, adou¬
cit l’àpre artère, appaife l’ardeur des
fièvres , &les rêveries , & provoeme
le fomméiJ4
L’huile^e Nymphéa , rcfiiocrè dj.
vantage que lè violât , concilie^le
fommcil , tempere le foye, & les reis
échauffez : appaife les ardeurs de Ve¬
nus , fi on en frotte foustent les^ÿt-
lies honteufès , & addoucit les<(8ou-
leurs de tête.
L’huile Myrthin ( quoy que plus
foible que celuy qvii fe feit efes Ba^ts
recente^; refrigqre, referre, adiîreiilt,
fortifie' re cerveau, les nerfs,
ventricule, reticnt'ks cheveux' & ,e1n-
peche leur cheutÈ; remeefie aux gtn-
dves & à la douleur de dents , afe-
mit les membres lâches & debiles,
■ & corrige l’éruption des pullules en
liniment. ' ^ -
L’huile de Liguftre ou de Trpëfee,
.foulage les parties nerveufes Srem-
^êche que les chaveux nedeviénrieht
chenus. * î''
L’huile deSuflau, addoiÆÉ &: net¬
toyé’ le cuir, c6rrobore'-l, es nerfs, &
• eri appaife les douléurs : &..eft ton à
'la qauhilîè. ' ff
L’huile de Cheyri,addouéitladolp
lair des -nerfs & autres partiés-'du
-corps îdifeute les humeurs. contenues
au thorax, aux reins , & eri la vefeie.
.L’huile d^’Aneth', appaife les dou¬
leurs froides, ouvre les pores, ref^t
& difeute les tranchées de;. ventp^
causées de vents;amollit la diuetédés
apofthémes .5c tumeurs : modéré le
frifîôn^des fièvres, provoque lefo^-
meil , Sc les fiieùrs.
L’huile, de. Camomille , échauffé,
refont modérément , appaife lesdo.ÿ-
leurs de caufe froide , & fortifie les
nerfs.
L’huüe de Melilot, aies memes
veims
Des Huiles compofezj. i i
vertus & faailcez , que celiiy de Ca-
roomillc*
L’huile de lafoiin , réchauffe les
corps rafroidis , & fortifie les parties
lacs.
L’hu^jc de Lis fimple écheaiifi* mo-
deréaient j & relout.; appaife les
doitlptirs delà poitrine,dfe l’eftoinach,
du coliHii , de la matrice 3 des reins,
& de la veffie j de quelque caufe
qu’elles procèdent : aofdoucit coûte
lotte d’acaniotiie- comme auiii -Ja
toux : accéléré ia lùppuration des tu¬
meurs &. facilite l’accouchement.
REMARCiyE.
IL efi à noter quil ne fam point
àdjoMter amün fuc ny> hiHmidité
aux fufdits httiks , parce que cha-
qjfe fimple porte fon fuc ^ & le moins
quil y en peut avoir nkft que le
meilleur.
Oleum Cydoniorum , .D-
Mefue.
“dfi. Garnis Cydoniorum pramaturo-
• rnm cum cortice & femine trito-
rum, & Succi eorumdem, utriufq.
pares portiones.
Olei Omphacini , omnium par pon¬
dus.
kfîtnde diebus quindecirn , in vajè
ifitreo fuper cineres calidos.
Deinde hôris quatuor coque in du-,
plici vafe.
Caro Cydo>:iorum , & Suce us m'uten-
, rurfus i.ifkndantur & co-
qùantur , m diximus : & fimilifer
tertio pojlremo , colatum ' Oléum
teponj üfiui ni'cejfario..
‘PARAPHRASE.
POur le jôurd’huy nous râpons
avec une râpe , une quantité de
coings , puis avec le double d’huile
Omjdiacin , faifons cuire le tout en-
lemble dans une courge de verre ou
pot de terre vernillc , étroit d’embou-
cheure , & couvert , au B. M. & non
dans une baffine , pour caulè que le
lue fait lortir hors l’huile j & la vertu
requilc fe perd : an contraire acquiert
une' qualité du tout contraire. L’htt-
midicé' ccünlùmée , nous exprimons
les coings, puis derechef, avec l’hui¬
le , y cuifons de ndilveaux coings râ¬
pez cofflme devant , & derechef les
exprimons : puisl’hiiile coule-nous le
gardons au befoin.Toutesfois 'iî quel¬
qu’un veut fuivre l’intention. de ion
Autheur , il feue faire infuièr lyte paf^
tie dés coings Coupez par petites piè¬
ce^ , avec autant dè'inc & lé double
d’huile Omphacin i l’cipace'de qiiih-.
ze jours , iïu les cendres chaudes &
les. cuire au B. M. l’eipace de. quatre
heures,, puis les couler & ‘ continnèt
telle infufion , & coétion jüiqu’à
trois foîs7& fera'fort bien.
LES FAC FL TE Z.
Il réfrigéré adllreint , & corrobore
la faculté retentrice du ventricule, ai¬
de à la' co6tion,arrête le vomïfîêment.
Partant il conuient au- choléra mot-
bus, à la lichterie , dyiènterie ; il forti¬
fie Quelque partie que ce ibit laxe &.
&leb'ile : 5c arrête les iîieurs immo¬
dérées. .
•e 3. î»E
li Liure IL
remarc^ve.
L'Huile de coings ne fe doit fai¬
re pour être tel quil faut, ny de
lafa^an de Mefue, ny de celle du
Paraphrafie, , fans recevoir grande
alteration en fes vertus par une fi
longue frequente coUion , & pour
éviter cela , il faut prendre d'hui¬
le meur clair & net , exempt d'o¬
deur forte ( comme il s en rencon¬
tre fouvent ) trois livres , & une, li-
njre de chair de coings râpée de la¬
quelle on aura exprimé , le fuc , &
enfermerez^ le tout dans un pot de
terre plombé & bien bouchf , que
mettrez, fur les cendres chaudes par
l’ejpace de cinq a fix jours , & le
remuerez, fouvent ' avec une Jpatulcj
avant le couler , luy ferez, prendre
une legere ébullition -^ eela'faifyei-
tererez. la même infufion jufqu à
une troifiême , & la derniere.on la
pourra laijfer un mois au foledl s'il
efi vigoureux., ou huit ]ours au B.
JH. ou fur les cendres chaudes, , &
le remuer parfois. -Glm voudra ab-
hreger ces trois infufions ^ les ré¬
duire' à deux prendra une livre
& demi de chair de coings prépa¬
rée comme de fus , & la mettra in-
fufèr avec trois livres d’huile fur
les cendres chaudes durant huit
jours , ejj le neuvième , on luy fera
prendre ' june legere ébullition , re¬
muant pltts fouvent que dejfus les
matières afin qu'eues n adhèrent
contre le vaijfeau j l'èxpreffwn faite
par une forte toile ,lacolature fe¬
ra remife dans le pot. avec pareil¬
le quantité de chair de coings ex¬
primée comme dit efi , & par le
Se&ion L
meme tems & chaleur que dejfm n
procédera à la derniere infrfon
l'exprefton en étant faite il faut il
ver l’huile par diverfes foù auec
du fuc de coings qui foient un peu
verds dans une grande pk^k com¬
me il a étéÿy-devant dit èn..l''hui.
le qui doit are fubftitué pourf^m-
phacin , & à chaque lotie, n en [épu¬
rer exaUement le fuc d'avec l'huile
avan t d’y en remettre de nouveau.
De quelle dt ces deux façons qu’on
préparé l’huile de coings, U me Qm-
ble qu’on l’aura plus eficacieùiç que
celuy de l’Autheur ,la raifen de ce¬
la efi , que ïa ^quantité de fuc qui
efi dans la c^^ir des coings à caufe
de fon .aquifité ’refifie &: empêche
l'huile quil ne la peut pénétrer
pour en attirer fonmfiriBion } mais
lors que'lcfuc en efi feparé, l'hui¬
le en pénétré beaucoup mieux la,
chair que je tiens pour lors plus ad-
firingenic t & ne fert de rien de di¬
re quen faijant boiiillir long-ums
l’huile , la chair- & le fuc de coings
enfemhle , que le fuc en confu-
mant- communique fa vertu à l’hui¬
le & la chair aujft ,cela efi vray,
mais,^ elle efi bien petite , outre que
l’huiley acquiert beaucoup plut de
chaleur que d’adfiriBion,& partant
il fera moindre que, le notre.
On en pourrait faire encore djune
autre façon qui rapportera la faveur
& l’odeur des coings & par c^fe-
quent la vertu, fi on prend - . ou 3 -li¬
vres de chair de coings meurs forte¬
ment exprimée de leur fuc , & l^
piler derechef dâns un mortier de
marbre & PhurneBer de bon huile
doux exempt d'odeur , & pH^^
tout l'efbace de deux ou trois heu¬
res,
Des Huiles comp-ofeZj. z5
res, afreX^étendre la matière dans
des hajfins de terre & la laijjer à
i’air jept: à huit jours ; cela fait , la
faut piler derechef une heure du-
X0nt,& en exprimer l’hmle a la pref
fe ,duquétrhuile il en faut derechef
humeâer de nouuelle chair de ^oings^
^précéder comme deffm jufeiuà une
tjuaniéme fois , &'amfi on. aur^a un
huile plus excellent' eju.aucum des
fw écrits. "
Gletim Liliôrunl comjjofîc. D.
" Mefue.
If. Foliorum forum Liliorum albo-
rHm,unc.o£io.
M‘tfti’ches.
Cakmi aromafîci veri , vel .offeina-
rum fie nominati,
Cofii,&
Carpobalfami f 'vel fuccedan, 'e]m fe~
-i^ms Lentifci,fîng. une. unam.
£innmomi, vel ÇanelU, &
Caryophyllorumÿumufq. une. dimid.
Gmi, dr.ach. très-.
Omntaprater folia forum Liliorumi
■ in aefua fujfcienti '■^.-horis mace-
rentur,eér femel ’àut bis ferveant.
' Titnc iniiee.
Olei dulcis', vel Sefamini, lib. duos.
Ft additis "LUij floribus , in vafe
vitreo infola dies 40. pofl cola¬
tum reponatur.
■ Paraphrase.
T Kiiile de Lis compofë a plus de
^~<vertu J our tout ce que promet
qiiélc- fîraple fus mcntionné>
le devroic à ben droit preparet>&
celiiy-Ià; ( comme pour le jouir-
d'huy on fait. ) Prenez donc les me-
dicanjcns icy mentionnez que vous
concalîérez & infuferez en petite
quantité d'eau relp’ace de 14. heures,
dans un pot . de terre verniflé , qui
foit éu'oitel’emboucheure & couveir,
Itu- les cendres chaudes : puis, le jour
hiivantjil leur faut donner une ebulli-
tion,&‘les exprimer. Aprez on y ajou¬
tera deux livres d huile doux & com¬
mun , èi les fleurs des Lis fèparées
des grains jaunes , lefquelles fleurs
( tomme des rofes ^ pour leur fimili-
tude , font appellées flicilles , qu on
lairra l'elpace de quarante joiu’s au
fbleil , infülèr ,en,.lôn pot : puis- le
tout fera cuit au B. M- julqu'à’la con-
ïômption d'une pài tiede la colature,
& lion du tout ;'puis coulé , & gar¬
dé au befoin.
LES FA Cr E TE Z.
Il échauffe & refont : pour ec-refo
peél il addoucit & digéré les hu-^
meurs qui excitent douleur en la poi¬
trine , eftomach , colum , matrice,
reins, & veflie.'
R E M A R Q.V E.
F Aire 'cuire les fimples qui corn-
pofentl-huile de Lis dansd’eau ce
ferait vouloir difiiper par plaifir les
plus fubtiles parties qui compofent
leurs vertus , & diminuer de, beau¬
coup celle du Maftich ; par mon
fentiment cette méthode doit etre
corrigée ainfi , aprez, avoir choijî &
péfé le Calamus dromaticus , le Co-
ftus , Carpobalfame , canelle ,gero-
fle feront mis en poudre grofiiere ,
comme aujfi le faffran fera fubtik-
X4 Livre IL
ment trituré yon en formera cette pou¬
dre aprez. lavoir legerernent arrou-
sée de bon vin rouge dans un linge
denfe & en deux livres d'huile doux
on fera diffoudre fur Un petit feu le
Jfyfafiich en larme pulvérisé , puis
on verfera cette diffolution dans
un pot de terz:e vernie avec le
no'ùet qui y doit être pkfpendu dans
l'huile , le pot bien bouché de par¬
chemin mouillé , fera mis au B- Ai.
pendant cinq à Jîx jours , eu bien
pendant un mois, au foleil , & de fois
a autre le no'ùet fera exprimé: cela
fait prendrez. Jîx onces de fueilles
de fleurs de Lis feparées du ']aune,
0" plus qud demi feiches les inci-
ferez. ou concajjerez. fort menu , &
les jetterez, dans t’huile , pout en
continuer Vinfuf on ' encore l’eéjace
de dix ou, dou'te 'jours , durant le¬
quel tems ôn remuera fouvent la
fleur , & le no'ùet exprimé comme
dit eïl J d" pour la fèn , on fera
prendre une léger e ébullition a feu
lent , enfuitte coulerez. & expprne-
relj fortement le tout , & t’huile
ferré & gardé au befoin. De cet¬
te façon l'huile *fera incomparable¬
ment meilleur que le .precedent,
particulièrement Jî on réitéré l’in-
fufion en la même dbfe jque d^
fus.
Oleum Irinum j D-Mcf
“yc.. Radicum Iridis contufarum, lib.
unam.
Flor.um e'jufdem Iridis, &.
Decotli , ( vel fipotentiusrequiris)
fucci alterius radie. Ireos utriujl-
que lib. duos
SeBion 1.
Oki dulcis, lib. quinq. ~
Coque in vafe duplici.
Radices é" folia fiorim noipa immit.
te,priorib. exprejfis & abjeEi'is,ut
in oleo Rofato completo.dixhms,
P AR AP H RASE.
CEt huile approche en. vertu au
prçcedentj & a beaucoup plus de
forée. Pour ce ceux qui le tiendront
en leurs boutiques , fe pourront paf-
fer dé celuy ;dè Lis compdîi.
Il faut; premièrement concaffêr les
r.iciness& les feire cuire au B.M. dans,
une courge de verre , ou de cuivre
étannée avec le ’fuc , ou d'ecodtion fai¬
te d’autres racines,& fieurs, de phaqun
deux livres , &c d’huile d’olives meu¬
res cinq hvrês , ou ée qu’il çn fau¬
dra , i’efpace environ de deux heu-
A'cs , p|iis"ën.l’expriméra. Enlaco-
lature bh y ajoitrera de nouvelles ra¬
cines &c fleurs comme devant» (Jlie
de nouveau on cuira .» comme diteft,
& exprimera. Aprez pour la troiÇé-
me fois on en fora de même rainft
l’humidité fe çonfumera peu à peu.
L’huile étant coulé J fora gardé , dans
Ion pot bien bouChé jufqu’au befoin.
Les fleurs pource , qu’-elles n’en¬
durent pas longue decoétion , feront
mifos long' tems’ aprez* les racinés»
qui efl: 'une réglé generale en tou¬
tes decodiohs.
LES F A cr LTE Z-
Il deterge» atténué , cuit, Sc refout ,
puiflTammenf : pour ce il appaife fe*
douleurs froides des oreilles , du foycj
de la ratte , de la matrice Sc des join¬
tures. Il aide à la fiippuration de*
phleg
T)cs Huiles
phlegmons , il cuic les matières con¬
tenues dans les poulmons & poitri¬
ne : diffipe les ecroüelles & ancrés
tumeurs dures. Ilfert auffi à la eon-
vulfion & à la puanteur du nez. Il
petre mieux & reloue plus piiiiram-
ment que l'huile de Lis : mais aulîî
il eft moins anodyn j & n'adoucic, ny
n'avance pas fi bien la liippuration
qu’iceluy.
REMARQVE.
LAf defeription de V huile Irin,
de l'Autheur de U Paraphrafe,
«eji point confirme avec celle de
fon inventeur , en- ce que ce pre¬
mier excede en la quantité de la
decoBion ou du fuc d'Irü , & re¬
kit rhuile à cinq livres j au con¬
traire de ce dernier , qui en de¬
mande quantité fujfifante de "cha-
i maü quelle defeription quon
iiueide fièvre , elles ont également
hefoitide correüion,
£n premier lieu pour y procéder
^teo la méthode requife , il faut
frenfie la racine d’Irû , la râper
t tn tirer le fuc & en pefer une
^kre ,jue mettreT^ en infufion avec
cinq livres d’huile dans un vaiffeau
convenable couvert d’un parche-
kn fur les cendres chaudes , par
cfiqa fix jours , remuant foupent
^matière afin que la chaleur agif-
ftgdement , particeilierement fur
P pn ; le dernier jour la chaleur
m, augmentée pendant deux à
‘cou heures , puis on l’exprimera.
la colature on y a]oùtera une
‘cctf de la fleur de la meme plan-
c payant préalablement & dili-
irnment faite feicher plus qud
compofeZa- 2. 5
demy , & .incifée firt menu , le pot
couvert fera tenu en infufion par le
même efiace fi temps , & chaleur
que devant ; la colature & exprefi
fion derechef faite , on procédera
k une fécondé infufion de fleur au
même poids & apprefi que dejfius^
fans qu’il foit befiin d’y a jouter au¬
cune humidité.
Parce que cinq livres 'd’huile ne
peuvent embrajfer une livre de fleur
d’iris apprefiée comme dèffus, il faut
divifer les deux infufions en trois
ou en quatre.
Olcum Mofehatnm , incerti
Aùâioris.
Mofehi i drach. unam.
Nucis Mffchata, num.quatuor (vel
Nucis Indica, drach. duos )
Bdellij niollis
Carpohaifami , vel fuccedan. ejtu
feminis Lentifci , vel Terebinthi,
vel Cuhebarum, &
Qtryophyllorum , finguL un ciam
femijl
Xylobalfami , vel fuccedan. ejm
furculorum Lentifci , aut There-
binthi , vel ligni Alo'és.
Caffia Ligne a aromatica , vel Ca-
nella nigriorü ,
Adyrrha
Croci , &
Styracis calamites , f ngul. drach.
fix.
JlIaBiches ,
CoBi,
Spica Hardi,
Folij Indi , feu Malabathrï Grâce-
rum , &
Foliorum Florum LiUorum, fngut.
d une»
Lhre IL
me. mam & dimid.
Vini odorati , ( & non aquA ) lib.
dimid.
Olei commmis, tib.fex.
Omnia leviter trita coqumtur in
duplici vafe ad vini ferè con-
Jùmptionem, & cokntur ufui.
PARAPHRASE. .
L’Autkeur dè eet Huile m’eft in¬
certain , poiirce -que je trouve
que Nicolaus Myrepfus au premier
des Antidotes chapitre 2 1 o. en la
grande Trypherc en a fait mention,
& aprez luy Salemitanus en TEle-
dluaire furnoinmé Lithontribon ,
ôc en l’Onguent Aregon. Paul Egi-
nete Aétius , & quelques autres
qui ont precedé’Manlius , autheur
du grand Luminaire , duquel je lay
tranTcrit, ^ changé Ibn ordre, met¬
tant le mule , & mulcades , dont
il a pris ■ le nom au commence¬
ment , & l’huile commun, à la fin.
Il faut concalTer le tout , & cuire en
double vailîcau , avec le vin , & hui¬
le , julqu’à'la confomption d’iceluy:
puis le couler & garder, tant pour
fortifier les vifeeres , les échauffer, &
lefôudre , que pour former les Pom¬
mes de fenteur , & prefervatives
de pefte.
LES EACVLTEZ.
Il eft fort propre contre la froideur
de tout le corps , principalement
du ventricule , & à la douleur de
côté en liniment : comme auffi à la
ftrangurie , colique, & à tous les yi-^
aes des nerfs.
Seâian /.
R E M A R Q.V E.
Olcum Mufîèlinutn , D. Nicol.
Alexandrini.
Olei Pmici , lib.oSla.
cAqua, fextarios dms.
Folij, ' ■ '
SpicA Nardi,
om,
Maftiches , ana me. tnt.
Styracii ,
Croci ,
Myrrha ,
CaJfiA aromatiçA ,
Xylocinnami , ana.mc. mam & fem.
Cariophyllorum ,
Carpohalfami,
Bdellij , mO'i'unc. unam. -
Mpfehi, drach.fex.
Hucis IndicA , num> qpatmr. ^
Folium , Crocum, Myrrham, Xy-
locajftam , Catfobalfamum , Bdtl- ,
lium , contufa & in aqua hidm in-
fitfa cum Oleo coque vfque ad con-
fumptionem , & pofi infiigidatio-
nem univu diei gnaviter cola ,deinde
Caryophyiorum , Spica , Nu-
cù fuhtilijfimum pulverem decoUio-
ni adde , & in parte Olei, Styra-
cem> APafiiehem, Mofihurn contufa
immitte , iterumque modicum Mi,
& infiigidatum diligenter recondey
ufuique referva j calefacit enim re~
jrigerata membra & debilibusM-
bur inducit.
Vbila les propres termes de U
defeription , du modus faciendi &
des ‘vertus de l’huile Jtéujfeltn de
Nicolaus Alexandrinus , tireX^ du
chapitre 7 1.2. de la compofitio'n des
Jldodicaments locaux , dé [es tèU'
v.res , que tay voulu rapporter de
met.
Dts Hmléd comüofez>, 2.7
,not l mot àam les Remarques de
cette Pharmacopée , four faire con~
nottre .à ceux qui font pri'vez. de
fan travail la différence quil y a
de cette defcription à celle des au¬
tres Bi^enfaires. Et . bien quelle
foit la mieux proportionnée en fes
dofes , elle a neantmoins hefoin de
çérreBion en fhn rnodus faciendi j
mais aidant que d’entrer en la cor-
redion d’icelu/i il êfi préalablement
necefaire de fçavoir , ’quefi -co
qu entend nôtre Autheur par Oleum
Punkum , eu fuivant quelques au¬
tres par Oleum Pumicum. Ce mot
de Pumicum d le prendre en fon fens
literd\fîgnifieroit l’huile de Grena¬
des, de môme que celuy de Pumicum.
h''Huile de Pierre Ponce : J}‘au-
tresidjfent que par Oleum Pumi-
cwm, , il faut entendre nôtre huile
d’Olive doux : d’autres le même
huile qui foit bien purifié : d’autres
encore difent , que ceft un huile qui
vient d’ nfrique i mais tout cela
n'efi rien dire, quoy que les der-
tiiers fe fiaient plus approchez, de
la vérité ^ de, l’intention de L’Au-
theur , il eft 'tres-certain , qu’il
na. pas ajouté le mot de Pnnicum
a celpy d’Oleum en vain , & quant '
a may je tiens -pour ceux qui di-
fint que ceft un huile qui vient
d'Afrique tpuifque le mot de Pu-
nicum fignifie le pais fans m’en ex-
fUquer d'avantage , & que ce doit
etre. ce merveilleux Huile , que
Louysi- CadamoFie en fes naviga¬
tions , dit avoir veu au Royaume
»e Senega , qui eft d’odeur de vio-
ktte , de faveur douce , approchan¬
te a celle de l’huile d’Olive , & de
eouleur faffranée , que nôtre Au-
theur entend de prendre , qui ne
nous eft pas inconneu ; car je ftay
que plufieurs curieux Apsthicaires
de la France , l’ont\veu & le con-
noiffent par les vrayes fnarques de
Cadamofte , & des fçavans Méde¬
cins, qui l’employent avec heureux
fuccez. , tant intérieurement ' qu ex¬
térieurement. De moy je puis affeu-
rer en avoir un ,pot d’environ deux
livres , qui a les marques , & qua-
lite\^que deffus , de conftftence un
peu plus ferme que du Beurre.
Aprez. avoir eu la vraye con-
noiffance de l'huile Punicin , refit e
pour procéder au mélange de con-
caffer ou inçifer le Folium Indum,
le Spica Nard , le Coftus , le Sty¬
rax , la .Myrrhe , la Caffe aroma¬
tique , le Cinnamum , ou la grojfe
Canelle , le Geroftx -, le fruit du
Baume , & non les Cubebes , ejr le
Bdellium -, tous lefquels ingrédient
feront mis dans un matras , avec
huit livres poids de Médecine
d'huile Punicin de Cadamofte, dans
lequel on aura fait dijfoudre fur
un petit feu le maBich grofftere-
ment pulverifé , aprez. on le bou¬
chera exaEtement , & à mfme
temps, dans un autre. matras faut
mettre d part en infufion le mufc
fubtilement pulvérisé avec l’huile
qu’on aura tiré par exprejfiàn du
noyau de qtiatre noix d'Inde, ( &
non de Mufcade ) le vaiffeau fermé
comme le precedent , feront mis au-
B. M. pendant douz.e ou quinze
jours , qu’on remuera fouvent pour
faciliter la pénétration des huiles,
dans les ingrédient , afin d'en atti¬
rer leur vertti 5 le dernier jour , le
feu fera augmenté pendant qud-
d 1 ques
i8 Livre 1 L
^ues heures , aprez. la colature
faite les infufîons feront mêlées &
ferrées enfemble dans me phiole
bien bouchée pour s‘en fervir au
hefoin. De cette fa^on il nefi pas
hefoin < d'une liqueur ny d'autre ,
■ pour aider à la coélion des Jîmples.
Oleum Hyperici, D. lacobi de
' Manliis-
Summitatum Hyperici , uncias
très.
Jnfunde triduo in vino odàrifere,
quant, fujf poft coque in vafe be-
nè obfiruào deinde former ex¬
prime, & ^nopum Hypericum rur-
fm macéra : coque ut prius , &
exprejfq colato adde
Olei antiqui , une-fex.
'Terebinthina , une. très.
Croci,fcrup. unum.
Coquantur in duplici vafe ad vini
- confmnptionem. Cola & ujui ‘re-
' pone. Nonnulli Iteilia JUfedici
■ addunt Gurnmi , & pul. Sarco-
ticos , ut Balfami vires fupplere
queat. At fatiui fuerit fmplicim
habere.
PARAPHRASE.
CR T Huile eft appelle d’aucuns
fimple, aurefpeâ d’un autre de
fèiïib;able nom, ufîré des. Médecins
de Florence , & non en France,
gue je içache beaucoup plus com-
pofé & artificiel, l’ay tranferit cet-
tuy-!-y de Manlius au lieu prealle-
fué , lequel a pris le aiom de fa baie
Hyperieum.. La Tercbinthine y
«£t mile pour deterger» & agglud-
SeSlion L
ncr les playes & vlccres , & le Sa&
fran pour corroborer les mcrabies
blelfez , lefquels aiidi meflangez
fervent de Baume poun les paii-
vres. Pource il ne faut diminuer .
leur dofe. Prenez de l’Hypericum baf
fleury , avec Ibn bouton que ferez
inflifer l’elpace de trois jours, fut
les cendres chaudes j^avec bon vin
blanc , ou clairet , daus uii pot de
terre vernilfé. 'Aprez on le fera
bouillir au B. M. environ demyheu-
re : puis on l’exprimera. En
lature on y infufera derechef de
nouveau Hyperieum autres trois
jours , puis on les -cuira ôc expri¬
mera , continuant jufques à trois
fois , comme dit efl:. Cela fait ,on
ajoutera à la colature l’hiiile requis,
qu'on fera bouillir en doublai vaif
feau , Sc au B. M, julqu’à la eon-
fomption du vin ou à peu prez , y
ajoûtairt fur la fin le Safran ‘pul ve-
rife , & hors du feu , la Terebin-
thine ; puis étant'rcfroidis , foa gar¬
dé à la neceflité.
Quelques-uns non du tout ( com¬
me enfeigne Manhus ) font infnler
l’huile & le vin avec l’Hypericon
trois jours ; mais au lien de -ce, .ils
luy donnent trois ou quatre bouil¬
lons , & l’expriment, & changent
d'Hypericon jufqu’à trois fois: fina¬
lement y ajoutent le Safran & Tere-
binthine, comme delïtis, Sc le gardent
au befoin. Cette méthode n’eft pas à
rejetter. Ceux qui en voudrontcora-
polèr plus grande quantité , pourveu
qu’ils gardent la proportion des uns
comme des aumes , le pourront
faire.
Z£S
Des Huiles compofez^.
les facfltez.
Il écIiaulFaj ddïèiche j corrobore,
confoiide les playes , principalement
les .parties ncrveules ; guérie les
blelleiites : addoucit la douleur des
cuilFes ,& de la veffie, provoque
liirine.
REMARCLVE.
F\Our la fommité À’Hy]>ericon il
faut entendre les fleurs les
houtons qtti contiennent la femen-
■ce &. en prendre le poids requis &
le concajfer pour le mettre en in-
ftifon avec huit onces d’huile com¬
mun ( & non avec du vin pour
les raifons cj-dejfous ) dans un
vaijfeau de terre commode , bien
couvert fur les cendres chaudes
par cinq d.fix jours ; avant les
couler faut augmenter un peu le
feu & remuer fouvant la matière
afin qu’elle s’échauffe également
par tout , l’expreffion faite , la co-
lature fera remife dans le pot avec
de nouvelle fommité au même poids,
chaleur & temps que déjfu , pour
la^ fécondé infùfon , laque de reite-
tee pour la troifiéme fois , obfer-
Vftnt exaUement tout ce que def
& quant au furplm fuivrez.
Bauderon. Tay changé la façon
do l’vrfufian de l’Antheur pour
^t!o ratfan fort confiderable , qui
que le vin n’attireroit jamais
^a teinture rouge de l’Hypericon,
comme fait l’huile , &. quand il
I attirerait bien , V huile ne Vatti-
foroit jamais du vin , ai; fi il
Je trouverait grandement defeélueux„
on y en pourra pourtant ajouter
environ deux onces d la premiers
infufion.
L’Artifie treuvera de quoy s'e¬
xercer dans cette feétion des hui¬
les s’il fait reflexion fur ce que la
fleur de Camomille qui efl cornpo-
fée de blanc & de jaune , nom
donne par la difiillation un hui¬
le de couleur d' A^ur , comme a
été cy - devant Remarqué j eîr
quand nous le faifons par infu-
fien dans l’huile doux , elle nous
donne une couleur verte. Et l’Hy¬
pericon qui a fa fleur jaune efir
fon bouton vert , imprime dans
l’huilé commun une belle couleur
rouge , & dans l’eau non. Le
Safran qui eft rouge , avec quel¬
que peu de jaune n imprime point
fans medium fa couleur a ■ l’hui¬
le , ny a aucune graife i & ain-
fi de beaucoup d’autres parties de
plantes qui - ne communiquent point
leur légitimé couleur aux hui¬
les , que nom préparons par im-
prefion , non pim que leurs
vertm..
Oleum MaftiGhinum , I>-
McfLié.
fi- . Maétiches Chia , une. très.
Fi . i odoriferi > vel Aqua vit.& , une-
quatuor.
Olrt Rqfati completi, Itb. unam. ,
Coque in. dupliei vafè ad vins c<m>-
furrjptionem , efif cola.
dl J
50
Livre II
PARAPHRASE.
MEfué nous décrit cet .Huile
en deux maniérés : Tune fans
vin , & plus grande quantité d*HuiIe,
prilè d'Avicenne au livre 5 . diap. 10.
L'autre nous l'avons tranfcrite de
luy , & ainfi qu'il eft par tout ufité.
Il a pris lemom de fa tjafè s le Ma-
ftich. Le vin y eft mis , pour aug¬
menter la vertu corroborative, & em¬
pêcher que le Mafti ch, 'di l'huile n'a-
quierent quelque chaleur étrangère
en bouillant.
Le tout mis en double vaillèau,
■Sc B. M. fera bouilli jufqu'à la con-
fomption du vin ou de l'eau de
vie , avec laquelle le maftiçh. fe
fondra plus facilement qu'avec le
vin , & fera gardé dans foh pot bien
bouché ait beloin.
Z ES FACFLTE Z.
Il fortifie par fbn adftriébion , le
cerveau, le ventricule , les nerfs , & le
foye: &c eft convenable à 'la liente-
rie , au vomillbment , & à la crudité
d'eftomach.
REMARQ.VE.
L'Autheur de la Paraphrafe a
creu apre\^ MeÇué que le Ma-
fiieh en larme ne fe dijfolvoit point
dans l'huile , fi on ne le faifoit
bouillir enfemble avec quelqm lU
^neur fpiritueufe : plufieurs Apo¬
thicaires aujourd’huy attachez, a
l'intereft de leur bourfe font de ce
fentiment , & d'autres qu'il ne
fiauroit s'y dijfoudre j cela proce-
\ SeâionL
de aux uns & aux autres de ne
confiderer pas quelle efl la nature
du maftich , & quelle eft: celle de
l'huile : les curieux de. leur hon¬
neur y auront bien-tot pénétré-, ^
ne leur fera pas difficile d'en 've¬
nir a bout , qui fera la caufe que
je nen diray pas d'avantage , fi
ce neji qu'il ne faut pas faire eut-
re l’huile avec aucun,e liqueur , puis
qu'il ne s'agifl icy que de la dijfo-
lution du maftich dans l huile.
Pour ce faire il le faut triturer
grojfterement ,& le jet ter dans une
petite quantité d'huile , &‘- fur un-
feu modéré le ferez, chauffier dou¬
cement en remuant toupùrs-, ]uf-
qua ce qu'il, fffit diffiqut j alors* ti¬
rerez. vôtre vaiffieau du feu , & y
joindre"^ le rèfte de l’huile , étant
bien mejl'ez. enfemble , le ferrétqix.
pour le befojn. ^e fi pendant la dif-
folution du maftich , on y veut ajou¬
ter quelque once d'excellent vin ort¬
ie pourra.
De Oleis Ablîncliij , Mencliæ»
Sampfuchi , & Rutx, .
D.Me/:
Ofi.Succi &. foliorumrecentiùm con-
tufoŸum vèl inciforum , utriiifois
harum herbarum aqùalem portioy
nem , oie] veterü , & clari & non
OmphaCini ( quoniam illud\çalid(s
hoc ftigidis rnagis competit) quan-
tum fufficit , infola dies i j . obtu-
rato vafe : poft coque in diplomate
horis Sf. exprime : hoc bftaut ter
itéra, & ujui reconde.
P A
Des Huiles compofez» 3 1
PARAPHRASE.
CE s quatre fortes d’huiles fe pré¬
parent comme l’huile de Coings:
hormis qu’aulicu derhiiile Omphacin,
il faut prendre du doux fait d’olives,
meures, ou romme il s’enfoit. Prenez
une partie de l’ime de cçs herbes ré¬
centes , qu’il faut concallèr au mor¬
tier, & avec autant de foc- tire d’au¬
tres, & deux parties d’huile d’olive
doux, que vous infoferez epfomble,
dans- un pot de terre verniflTé., for
les cendres chaudes , où au Soleil
ardent l’eipace de quinze jours , qui
foit couvert. Aprez il le faut cuire
au bain marie julqu’à la confomp-
tion de fon humidité , puis le^ tout
exprimé , de nouveau on y ajoû-
tera de nouvelle herbe , &foc, qui
infuferont autres quinze jours , &
feront cuits & exprimez ,■ comme
diteft : aprez v l’huile fera relTerré au
befoin. Ceux qui pour la troifiéme
fois_ changent le foc , & l'herbe,
donnent plus de force à leur huile,que
ceux qui le changent feulement deuxj
encore moins , qui une foule fois.
LES FAcrLTE Z.
L’huile d’Abfinthe échauffe mo¬
dérément , fortifie le ventricule , &
aide la coébion, provoque l’appetit,.
ouvre les obftrudions , tue les vers.
L’huile de menthe ,. corrobore lé
ventricule & autres parties en linr-
joent : favorife la coétion par fà cha¬
hut modelée.
L’huile de Marjolaine eft profita-
oh à la laflitude , & aux maladies
dù toveau. ôc des. nerfs : partant il
cft propre à la paralyfie en fomenta¬
tion ou en bain , & à la convulfion
canine, fi on en fait injeétion dans
les oreilles en diffipe le tintement
caiifé de vents : provoque les mois,
& fèrt auflî contré la piqueure du
Scorpion.
L’huile de Rue échauffe, atténué’
les humeurs crafiès, dilcute les vents
plus puilfarament que l’huile d’A-
neth. Il convient à la colique , & à la
paralyfie, & à la convulfion, au ra-
fioidilfement de la matrice & de la.
velfie.
REMÀRQVE.
H la comfojîtion de ces Huiles,,
quoy quils ne femblent pas être;
des remedes importuns , d caufe.^
quils font externes , il ne faut
neantmoins pas négliger leur exaSle
co7npefition , parce quil n en eji pas
de l’huile , comme de l’eau pour
attirer la vertu des plantes : il y a
des ApotToicaires en ce rencontre,,
fi bien , qu’en beaucoup d’autres , qui
agijfent aveuglement , comme le^i
femmes qui fe mefentjie nôtre pro-
feffion fans f avoir ce quelles fonpx
celles-cy imitent les finges , & ceux-
là les ignorant , qui fans proportion
& fans préparation aucune , fourrent'
les herbes dans l’huile ,fe contentant
d’une legere incifion , puis cuifent 4
grands boitillons, & tiennent long-.,
temps leur huile fur le feu , juf~
qu’a ce que l’humidité en efi en-.;
tierement. confmnée , & que . {e^
tout foit grillé. La connoijfance.'
qu’ils ont: de cette confomption , efi;
qu’ils en jettent fur les charbons;
allumez., .s’il s’enfiamme pans furner
L Livre IL SeBion 1,
& pétiller ils difent quil efi cuit,
& quil ny refte pim d'humidité ;
alors toute la vertu efi flambée , il
n’y réfie pim rien qu'un huile rofii,
duquel la force dwfeu a fait fepa~
rer un certain ejprit de l’huile qui
efi mordicant que certains Chymi-
fies appellent huile de fentinelle.
Ignorance s'il en fufi jamais une;
la même chofe qu'ils voyent en
jettant l'huile dans le feu ne le
voyent -ils pai dans la bajjîne que
l'humidité fait enlever des vefcies.
au dejfm de l'huile ? d'ailleurs nen~
tendent - ils pas le pétillement au
fonds du vaijfeau , qui efi caufe de
l'humidité aqueufe avec l'huile /
& pour une troifiéme marque , ne
voyent-ilf pas aufii les vapeurs qui
s’enlevent , comme en une deco-
nion aqueufe î Voila trois marques
certaines pour juger quand il y a
de l'humidité dans un huile qu.on
fait bouillir.
Tour donc procéder méthodi¬
quement a la compofition de tels
Huiles il faut prendre la plante
lors quelle efi en fa perfection', l'in-
cifer & la piler dans un mortier
de marbre ,- comme fi, on en vou¬
loir tirer le fuc -, aprez., la mettrez,
dans un pot de terre vernifié , fur
laquelle verferez de bon huile clair,
fufqu'à ce qu'il furmonte l'herbe
d'un petit demy travers de doigt ;
l'ayant bouché fera tenu fur les
cendres chaudes pendant cinq d fix
jours , & par fois la matiere.-fera
jjemuêe avec une fiatule ; ce temps
expiré faut augmenter la chaleur
& luy faire prendre une fort lege-
re ébullition , puis le coulere"^ , &
l’exprimerel^fort. En la colature
infuferez pareille quantité d’herbe
incifée & pilée que deffm , & prg.
cederez de même en cette infufion-^
qu'en la première , & la réitérez,
encore une fois , & à cette troifiéme
augmenterez^ le feu durant le der¬
nier jour , fans toutesfois que l'hui-
le boitille , & remuer ef^fouventi, afin
que la chaleur agijfe égalemint par
tout ; ainfi faifant aurel^ces quatre
h'uiles qut rapporteront chacun U
faveur , l'odeur & ,les vrayes & lé¬
gitimés vertus de leur fimple fans
qu'ils parcipent d'aucune'' quitté
du féu. Il nefi nullement befoin de
fuc , ny autre liqueur pour les
cuire.
Oleum Nardinum fîmplex,
D.'Mef:
Ifi. Nardi Indica , minutim ineife,
unt. très.
Vini , &
Aqua , vit a, vtriufq. une. duos, &
dimid.
Olei Sefami , vel dulcis , lib. unam,
& femifi. ( Mefuê Ole) libr.dimi-
diarn tantum habet. At cjuanti-
tas hac parcior rnihi videtur ad
bafim , qua pondéré levés efi , &
viribus potens : ob id ejus dofm
auxi. ) Coquantur in duplici va-^
fie lento igné , ad humoris ferme
confumptionem , fréquenter
moveantur : colatum reponatur
ufui.
PA
Des Huiles comPofeZi. ' 35
para? HRASE.
CEt huile a pris le nom de fa ba-
fe'le Nard indicdcquel nous ap-
pllons /împIe,poiuce qu'il eft moins
compofé que les deux autres de fem-
blable nom , décrits par Mefué mê¬
me} qui ne font en ufàge. L'eau de
vie &i le vin y font mis pour em¬
pêcher J que la bafc & l'huile en
bouillant ne perdent leur vertu , &
en acquièrent une étrangère. Lado-
fe de l'huile Ipccifiée par l'Au-
theur m’a femblé petite au refpeét
(lu Nard} qui eft fortleger; pourcc
j’ay, fuivi Nicolaus Præpofitus &c
quelques autres , qui y en mettent
une livre & demie. L'huile d'olive
doux^Sc clair j a fomblablc feculté
qiiele Sefamin, ^ n’importe lequel
l’Apothicaire prénne..
LE MELALNGE.
Il faut incifer le Nard indique avec
de gros cilèaux , & le faire bouillir
avec l’huile , eau de vie & vin , au
B. M. dans une courge de cuivre
Étannée J jufqu'à la''confomption
de l’humidité j & le remuer fou-
v^t avec une Ipatule de bois ( afin
qS^il ne fe brûle ) puis l’exprimer èc
garder.
les EACVLTE Z.
11 échauffejattenu'é,} digéré & cor¬
robore. Il eft merveilleiilêment pro¬
pre aux indifpofitions froides & fla-
Weiifes du cerveau , du ventricule,
du fûye } de la ratte , des reins , de la
J & de la matrice. Il purge le
cerveau fi on en fait injeeftion dans
les narines. 11 rend le teint & l’o¬
deur du corpis agréable.
REMARQUE.
BAuderon en la defeription de
l’huile Nardin fauorife beau¬
coup les Apothicaires qui font ava-
ricieux , en ce que Mefué en tout fes
exemplaires ne demande que fix
onces d’huile Sifamin pour trois on¬
ces de Nard inUic , & Baud. en met
une livre & demie , & prend pré¬
texte fur ce que fix onces d’huile ne
fujffent pas pour imbiber & attirer
la vertu de trois onces de Nard in-
dic : 1’ avoue bien que fuivant le mo-
dus faciendi cj-dejfus preferit que ce¬
la ne fefçauroit bien faire, mais auf-
fi qu’on y peut remedier d’ailleurs
fans excéder en la quantité de l’hui¬
le qui affoibliroit par trop le peu
de vertu que trois onces de Spi-
ca Nard luy pourroient communi¬
quer , confit deré qu’il efi fec & ari¬
de , chaud feulement au premier de¬
gré , & fec à la fin du fécond , de
petite odeur , qui ne participe
d’aucun fuc gommeux , refineux,
ny mucitagineux , qui ne fiauroit
communiquer que de faibles vertus
a une telle quantité d’huile , qui
efi la caufe qu’en me reformant je
remettray la defeription en fin-
premier état' fuivant Mefué , &
corrigeray fin modus faciendi. Tre-
'nez. fix onces d'huile doux clair
& net , une once de Nard indic
incisé & concapé pour le rendre
plus délié : arrousez.-le de quelques
gouttes d’excellent vin & l’enfermés
dans un linge que metrez, avec l’hui-
34 Lime IL
le dans m vaijfeau de terre ver-
mjfée fait à mode d"me cucurhite
d‘Alembic’,aprez. l'avoir bien fermé
le tiendrez, au B. M- Vejpace de
huit purs , & de terns en tems
prejferel^ le no'ùet avec une jpatu-
le pour mieux faciliter par Ven¬
trée & la fortie de Vhuile , Vat-
traélion & communication de la
vertu du ndnet dans- iceluy :le der¬
nier pur mettrez, votre pot fur une
chaleur un peu plus grande pen¬
dant deux heures-, ©“ exprme-
rez. le no'ùet plut fouvent : cela
fait coulere\ Vhuile , & expri-
mere'if fortement le no'ùet. Dans la
colature infuferez. derechef une on¬
ce de nouveau Spica JSVard prépa¬
ré comme devant obfervant le de¬
gré de chaleur & le tems que
dejfus , la colature derechef faite,
Vinfufion fera, encore une fois réi¬
térée pour une troifiéme fois. Voi¬
la le moyen d’infùfir trois onces de
Nard in die , dans fîx once s, d’hui¬
le , & d’en attirer la vertu.
. Nota que Ji on ne prend de bon
Spica Nard , pour la compojïtion
de cét huile , qu’il en faudra aug¬
menter la dofe.
Oleum de Capparibus in-
certi Auétoris.
Corticis Radicum Capparis , une.
unam.
Corticis médianes Tamarifci,
Foliorum vel Florum ejufdetn Ta¬
marifci,
Cyperi,
Semtnis Agni , id efi, Cafii,feu Viti-
ci(,&
SeBion L
Scolopendrij , vulgo Ceteretch ,fm,
drach. duos.
Butes, drach. unam.
Fini optimi, &
Acett,utriufq.unc. duos.
Olei dulcis,lib.unam.
Crajftufcule comminuta coque in du-
plici vafe ad humoris confump'u-
nem. Cola & ufui repone.
T A RA P H RA SE.
T ’Autheur de cct huile m’efl: incer-
X-<tainjleq.uel a pris le nom de fa b-
fè mife au commencement,& en plus
grande quantité qu’autre qui y foif.
Les autres medicamps y font mis,
pour augmenter fa vertu indfive , at¬
ténuative , déterfive , digérante , &
corroborante des vifeeres. Le via &
le vinaigre y font .mis pour les frire
pénétrer pins profondément , & em¬
pêcher leur iiilion. .L’huile comme
aux precedents , & fîiivans, y fert ile
matière pour recevoir la forme des
medicamens , ou leur faculté requifc,
& la cohfèrver. , f
LE MELANGE- \
Il faut concaffer les racines , écor¬
ces , & fcmences , & incifer les h^-
bes &• fleurs ; puis avec le vin, vinai¬
gre & huile les faire bouillir dans un
pot de terre vernillé , ou courge , de
cuivre étanné , au bain marie , juf-
qu’à la confômption de l’humidite
( ou à peu prez. ) Àprez que le tout
fera expirimé , l’huiic fera ^
befoin.
ILS
Des Huiies compofez^,
les eacvltez.
Il refont & addoucit ;tourc forte
de douleur j & dfobftruÀion de ra¬
ie, en exténuant & detergeant quel¬
que dureté que ce foit.
R E M A R av E.
CEt huile n ayant peint d’Au-
thfur certain est cattfe que la
'defmpHon efl en defirdre & toute
itjrayée , (ÿ" qu'il efi diverfement
‘décrit dans les Antidoiaires ; de
flm la dofe. des ingrediens des pim
correSls me femble être trop petite
pour les vertm qu'on luy attribué-,
fonr.faire qu'il en ait davantage , il
fm augmenter la dofe de chacun
des ingrediens, ( excepté du vin, du
' vinaigré' , & de l'huile ) pour le
moins de deux tiers, & reviendront
'alors d fept onces une drachme , fur
doul^ onces d'huile \ quantite'f qui
firent beaucoup mieux proportion¬
nes l'une avec l'asnre , que ne font
pas deux onces trois drachmes fur
douze onces d'huile , à quoy fe mon-
fi la defeription de Baud.
^ Bostr le mélange , prendrez. Ici
teorcês des racines récentes , les in-
tifirez fort menu , & concajfcrez
lis fueiile s , fleurs e-r fernences , au^i
tecentes ,& le tout mis dans un pot
fe terre convenable , vous y verfe-
. par dejjus dou\e onces huile
oommun -, qui efi une livre poids de
Médecine , le pot -étant bouché ain-
fi que l operation le requiert l'ex-
poferez au foleil durant un mois ,
Pps avec deux onces en tout de
, , & de vinaigre , les infuferez
3 5
& cuirez fur les cendres chaudes
par un pur entier , remuant fou-
vent avec vne ffatule , ?ér pour la
fin le coulerez,, &■ exprimerez fort
le marc , l’huile reposé fera ferré
pour le befbin.
Olcum Coftinum, D-Mef.
Cajfta lignea aromatica , une.
nnam*
Cofli amari ,feu veri , une. duos.
Summitatum Sampfuchi , une. obio.
Fini odorifert, quant. fujf.
Olei Sefamini , vel dulcis , lib.
très.
^ajfata , biduo infundantur : dein-
de coquantur in duplici vafe , ad
humoris confumptionem. Colatum
repone.
PARAP HRASE.
CEt huile n’efl; pas de l'invea-
tion de Mefoé : car Serapion au
traité 7. chap. 25. §c Avicenne li-
yre 5. traité 10. l’avoient décrit
long-tems auparavant : defquels il
l’a tiré. La bafe’eft le Coftus , du¬
quel il a pris le nom » comme du
principal agent. Les Arabes ont con¬
nu de deux fortes de Coftus : l’un
qu’ils ont fornommé doux , & l’autre
amer. De laquelle difference les Grecs
ne font point mention. Bien eft-il
vray que celuy qui eft fec , Se vieil,
eft beaucoup pins amer , que celuy
qui eft recent , à caiifo de Ibn humi¬
dité aqueufe. le ne fçay H cela auroit
trompé les Arabes, Aduarius Si quel¬
ques autres, qui fe contentent de conr
noîtrcles medicamens par ouïf dire
e 2 ou
Lime IL
ou par la lecbiire des livres , fans plus
grande recherche. Dù blanc qu on
apporte d'Arabie il .ne s'en trouve
qui ait toutes les marques que.DioC-
coride luy attribue ; de celuy des In¬
des 3 & de Syrie J il s’en trouve bien
peu. Ceux qui n'auront pas du vrayj
qu’ils prennent la racine d'Enulc
Campane , ou que l'Apothicaire en
fôn lieu , préparé l'huile d'Enulc
Campane j compolë & décrit par le
même Mefué , qui a lemblable vertu
que le prelènt. Le mélange n'eft
point dilTemblable au precedent de
Capprcs.
LES F ACVLTEZ.
Il échaufFe,ouvre les obftruélions,
fortifie les parties nerveufês j telles
que font les nerfs , les mincies, les
tendons, les ligamens ,1e ventricule:
de plus le foye , & les cheveux
,b*ancs , & donne au corps une plai-
fànce couleur & odeur.
R E M A R QJ/ E.
Et huile fi trouve diverfiment
décrit dans l’Antidotaire de
Mefué j on lit dans les uns Olei Se~
farnini lib. très , & en d"" autres lib.
duoi, .& pour la dofi des autres me-
dicarnens , ils font conformes 't-juais
avec Avicenne , & Serapion , les dé¬
fier iptions different auffi de beaucoup^
que fay voulu rapporter cy-deffous.
Stff. Coffii amari, drach. decem.
CaffaAfach.fiex.
Foliorum Armarmacori, fiextar. de¬
cem , hoc eB, une. o£to.
Terantur profité , & infundantur irt
' vim ip noéie , & proUcifintur fiuper
SeBion 1.
eas Olei Sejamini , lib. una & fit.
mifi. & -decoquantur in vafie dupU-
ci , donec cofffiurnatur vinum , & re-
maneat Oleutn. Lefiime que nom de¬
vons plutôt retenir cette deficrip.
tion que celle de Mefué veu que la
quantité de l' huile eji moindre de la
moitié, & par ce moyen les verm en
fieront plus unies , ou bien en prépa¬
rant celuy de Mefué , il rty faut
mettre que deux livres d’huile , au
lieu de trois, & ainfii il en fiera meil¬
leur. Pour le modut faciendi , il y
faut procéder , comme a été cy-de-
vant dit en l’huile Nardin , & di-
vifer les ingrédient en deux infu-
Jîons.
Oleum Crod , D. Mef.
Croci,'&
Calami aromatici , utriufque une-
unam.
Myrrhét, une. dimid.
Infundantur fîmul diebus quinque
in Aceto. Die fixto tete macéra.
Cordmneni-, id efi , Carui ,drachm.
novem,
Septimo die coquantur fîmul lento
igné , cum
Olet , lib. una & dimidia ad Aceti
confumptionem,
( Sunt qui loco Aceti, Vinum fiupp»-
nunt ) Cola & repone,
TA RAPHRASE.
CE t huile eft peu ulîté, quoy qu’ij
convienne fort à ce que Melue
promet , lequel fi n’ay voulu laillèr
en arriéré , pource qu'il eft necef-
faire en la compofition de lem*
Des Huiles compofez^.
37
jiàtre de RanU , que nous décrirons
cy-aprez en la dernière feétion de ce
livre fécond.
le MELANGE.
Il faut concaflèr la Canne odoran¬
te, & Myrrhe, Sc lesinfufèr avec le
fafftan en petite quantité de vinai¬
gre, ou vin fefpace de cinq jours:
puis on y ajoutera le Cordumenc,
ou Carvi , pour encore l’infulèr un
jour entier f & ce lèront Cix) dans
un pot de terre vernifsé , qui foit
étroit dWbouclïeuce , & couvert.
Le lêptiérae jour Sc au même pot,
on les fera bouillir cnfètnble , quafi
jufqu’à la confompdoh de la liqueur.
L'huile coulé fera gardé au befcân.
LES EACVLTEZ.
Il fortifie les nerfs & la matrice,
& appaife leurs douleurs : diflîpe les
durerez , & rend le teint agréable.
REM ARQJ E.
IEHime quon doit procéder au
mélange de l’huile de Safran de
la forte: en premier lieu il faut pi¬
ler grofiertment la Canne odoran¬
te , la femence de Carui , & let arou-
jer a caufe de leur fccitê de quel-
ques gouttee de bon vin rouge , &
dans un rnatras avec la quantité
d'huilè requife qui efi d’une livre
^ dernye : quantité qui excede, pour
t>y avoir que trois onces cinq drach-
d’tngrediens qui n’y fçauroient
eommuniquer plus de vertu , que ce
qatls en pojfedent par le propre fen^
timent de l’Amheur:& fi encore di-
ray-\e qu’outre qu’ils y fiaient en
petite quantité , il y en a comme la
bafie qui ne communique prefique
rien-de fia vertu d l’bmle,quoy qu’il
en pojfede beaucoup. Cette façon de
parler fiemblera rude aux uns & ri¬
dicule aux autres, de dire que les fila¬
ments du fiaffran,qui font de fiubfian-
ce rare & jpongieufie, composée pour
la plus grand partie , départies te¬
nues qu’au premier atouchement de
quelle liqueur aqueufie que ce fiait ^
tout d l’inélaht luy attire fia couleur,
& odeur, avec Jes qualités & vertus
fans aucune aide : & dans l’huile,
au contraire le chaud ny le fioid,
ne font point capables de luy faire
communiquer ny de fia couleur , ny
de fon odeur. Si nous en recherchons
la caufie , nous dirons en deux mots,
que le fiafiran en fia (ubfiance na
rien de balfiamique , & que la na¬
ture aqueufi , bouche les pores de
l’oleagineufe , de même la nature
eleagvneufie bouche les pores de l’a-
queufie , qui efi la caufie que le fiafi^
fian ne communique ny fia couleur
ny fin odeur aux fiubftances grajfes
& oleagineufis , comme aux aqueu-
fis. Cate petite digreJJIon , nom
avoit un peu écarté de notre fiujet,
que nom reprendrons , & dirons
qu’il convient donc de doubler l.n do-,
fie du Calamus aromaticus , & du
Carvi , fur la livre & dernye d’hui¬
le fi on defire qu’il ait des vertus
approchantes a celles qu an luy at¬
tribué', apres:, avoir exaüement bou¬
ché le vaiffeau, le mettrefau B-M,
par l’eéface de huit 'jours , la cha¬
leur également entretenue , le faut
remuer fiuvent , fur ta fin luy don¬
ner plus de chaleur , comme a été
' e 5 cy
38 Livre 11 SeUion L
cy-àevmt dit ; cela fait, le coulere"^
& exprimere"^ le marc à la prejfe.
En une partie de la colature y dif-
foudre"^ par Ventremife d'une peti¬
te portion d'un )aune d'œuf, la tein¬
ture époijfe d'une once de fajfran,
& celle de demy once de Myrrhe
en larme , celle-la extraiüe avec
l'eau de vie commune , & celle-cy
avec d’excellent ejprit de vin , &
pour la fin mêlerez, les fieux por¬
tions d’huile enfemble , pour le gar¬
der au befoin. Voilà la méthode qui
me femble la meilleure.
„ Oleum de Piperibus,D.Mef. ,,
Myrobalanor j Cepularum,
Bellericarum,
Emblicarum, &
Indarum ,fing.dra'ch. quin-
que.
Radicum Apii , &
Fœniculi , utriufque drach. très
: &femiji.
Zingiherü , drach.tres. ,
ffium Piperum , fin g. drach. très,
( une. très habet Mef.)
Sagapeni,
Qpopanacif ,& •
Ammoniaci , ( mendofe legit Mefué
Hyofeyami albi,) fing.drach.duoi
& fem.
Tkrbith , drach. duos , & non drach.
duodecim , curn Me f.
Surculorum recentium Hafech hu-
midi , id efi,
Hyffopi recentiitvel tantundem Sur-
■ cvÀorum Thymi viridis , feu hu-
midi , '&
foliorum Ruta virentium ,fing. ma-
nip.femifi.
Parum trita coquantur ad ter-
tias m aqua lib. duodec.& non
ut habent exemplaria noflra.Colatu-
ra adde elei Cicim , id efi: , Ricnn-
ni , feu de Cherva , hewinas duos,
feu libram unam & dimidiam. De-
inde percoquantur ad aqua confnrtfi
ptionem : pofi, colatum ufui reconde.
^oniam perpauci funt, qui olf um
de Cherva habeant , hu]m vice fu-
matur oleum Raphani , vel Melm-
thii , vel Lini.: quoniam funt ejuf-
dem facultatis , teBibué 'Diofiorid.
A 'étio , & Myrepf. vel oleum Iri-
num,aut Cheyrimm,aut Amygïala-
rum amararum, tefiibus Mef & Ni- .
eolao Prapofite. Sequentia non-nifi
utendi tempore , & necejfitoi poftu-
let, funt permifeenda :nam impen-
fim caleret.
Qfi. Rad. Ireo's , drach. feo^. ■
Calarni aromatici , drach. duos ,&
femifL
Seitaragi, id efi, Iberidù Greco-
rum ,feu Nafiureii agrefi. drach.
duos ( male vertit interpres.
Tapfia , peim Cajfta , ut colligimus
ex Serap.cap.i-j t Hib.fimpl.& Avi-
cen: lib. 1. cap.666. Tapfia vero Se-
rapien. meininit cap. ^içj fTnterpres
Synonym. Avicenna hanc vocem in-
terpretatur Tapfiam herbafn , na-
fiurtio' fimitem. Quid 'diferiminù
fit inter Iberirn , feu Nafiurmm^
agreSie , & Tapfiam, etiam rnedio-
criter verfattu in materia medica
facile judicabit.)
Anifi,
Cordumeni, id efi , Carvi , alii Car-
damomi ( utrum fumas, parum re-
fert , ambo^ calent &. ficcant 5 • or-
din. Avicen. lib.i.c. 1 y ^.& ’
utriufque. drach. unam. &femifi-
SpicA
T>es Hmlej compofez^.
Spicii Nardi , drach. mam.
ixprefmü Hyjfopi vel Thymufex-
tirids très.
jivicen. & Mef. hanc defcriptio-
nem fnnt mntmti ex Serap. tra^lat.
noûiine Alkekengt,
pro Alkeleniçi. Qjuandoquidem Al-
kekenp , feu Halicacabum , non re-
cipit , ut ah eo nuncupationem for-
tktur. Alkeleniçi vero. Arab. Po-
lychryjlon Gracorum & multi ufus
Latinis fonat. Méfié neutrim ap~
pellationem retinuit;fe'd a bafi trium
Piperum nominavit. Contextus Mef.
variât ah eo Serapionü & Avicen-
M, non in fimpliciîm numéro ,fed
pondéré : ut liquet ex defcriptio-
tmtn collatione.
P ARA P HR A SE.
MEfné a empninté de mot à mot
cette deüèriptiôn d’Avicenne,li-
vre , . traitré i o. Ions le nom d‘Al-
ki^engi, qui eft une efpcce de Sola-
'miin J mot dépravé d' Alkele’üici, qui
fignifie convenable à plnfieurs cho-
fcs : -car elle n’en peut prendre fon
appellation , attendu qu’il "n’y en¬
tre d'AUykenge , ou Halicacabum.
Comme auffi de Serapion traitré 7.
chap. iç. fous le nom d’ Alkeleniçi:
Jaquelle appellation Mefiié n’a pas re-
Knuë, lîiais la luy a imposée du nom
<le la balèjlcs trois elpeces de poi¬
vre , qu’il met au premier rang , &
les autres au troiziéme. L’autre dif¬
férence eft , non au nombre des mé¬
dicaments , mais en leur dolè : car
Méfié s’eft contenté de la moitié,
ainfî qu’on peut voir conférant les
defctiptions des uns & des autres. Ce
Êilànt on trcuvera la defcriptioa de
39
Mefué J manquer en ftx endroits.
Premièrement en la dofe du poi¬
vre, mettant trois .onces , pour trois
drachmes : j’eftime la' faute provenir
des Imprimeurs,qui ont pris f .pour
eu égard au grand nombre des iri-
grediens & à leur dofe , & à celle de
l’huile qui eft petite j dont neuf drach¬
mes fiilhront avec l’aide des antres
pour conftituer une bafè. La fécon¬
dé eft qu’Aviçenne , & Mellié lifent
lufquiame , pour l’Ammoniac , men^
tionné par Serapion. Car à quel pro¬
pos un médicament froid au qua-
tiiéme degré , avec plufieurs chauds
mêlez pour la gucrilon de^maladies
froides du cerveau : que ce foit pour
contempeter leur chaleur , il n’y a
poinr d’apparence, eu égard à l’ad¬
dition qui eft entièrement chaude,
pour augmenter fa vertUjcn cas qu’el¬
le ne fût fuffifinte. Joint que l’Am¬
moniac y convient aullî bien , que
pôurroient faire les autres liqueurs.
La troiziéme eft en la do le duTur^
bith : car Meliié y en met douze
drachmes , Serapion & Avicenne, feu¬
lement quatre. La moitié eft deux.
La faute première & cette- cy, vien¬
nent, des Imprimeurs , qui ont pris,
le poinét mis devant 2. ponr un i.
en chiffre, qui vaudrpitdix lefqu elles
chiffres jointes enlèmble font dou- .
ze , qui eft la dofe mal lîippofée aux
exemplaires de Meliié. La quatriè¬
me &i moindre , eft aux herbes ; car
Avicenne fiir toute la quantité y en
met de chacune une poignée , &
Mellié autant lîir la moitié que fur
le.tout , de forte que ce lèioit demy
poignée de chacune, & non une. La
cinquième eft en l’eau : car Serapion,
& Avicenne , fiir le tout y en mettent
’vingç. -
40 Livre î L SeBion L
vingt-quatre livres. Prenant la moi¬
tié des ingredienSj comme a fait Me-
flié : il faut prendre aulîi la moitié
de l’eau qui fera i z. livres , quantitité
plus que iüffifantè pour cuire iîx on¬
ces , & une poignée de médicaments,
qui ne font pas légers , èc qui n’en¬
durent longue decodion. La fiziérae
& dernicre faute que j’y trôuv.e,vient
des interprètes d’Avicenne & Méfié
qui ont traduit Seitaragi , Tapfia,
qu’ils ont dit reilèmbler au Naftur-
ciutn fauvage , qui efl: l’Iberis des
Grecs. Que Seitaragi , ôc Tapjîa
fbient feniblables plantes , Sccapion
au chap. 5 yz. & Avicenne livre z.
chapitre 666, montrent du contrai¬
re , qui attribuent mêmes vertus à
leur Seitaragi , que les Grecs à leur
Iheris , ou NaTiurcium fauvage.
loint que Serapion au chapitre ^ 5 9.
traitte à part , 6c exprez , 6c bien au¬
trement du Tapfia. Davantage l’cx-
perience , 6c l’œil , 6c iâveur peuvent
juger du contraire conférant une
plante avec l’autre. Finalement le
Cordumenum n’eft le Caràamomum,
mais Carvi •• j’açoit qu’ils fcient tous
deux chauds 6c fecs au treizième de¬
gré , 6c convenable à ce que promet¬
tent les Autheurs de cet huile. Voyez
Avicenne au livre preallegué chapi-
tace 1 5S- 6c 1 60.
Cette deicription ainfi remifè en
fa première forme , 6c ielon l’inten¬
tion des plus anciens Arabesdes œu¬
vres defquels ont été dépravés en
idufieiirs endroits , ce qui a fait fail-
ir plufieurs qui n’y ont pas regardé
de fi prez ièvvira pour l’avenir. Pour
chacune once d’huile on trouvera
deux drachmes 5c demie de poudres,
y compris les Gommes , ou liqueurs.
fans y comprendre les herbes , qnan.
tiré fuffifante pour un commence¬
ment. Que s’il ne fiiffit , on y pour¬
ra ajouter une prtie d’huile d’Eu-
phorbe : 'ou l’addition ipecifice pat
Mefué , Avicenne , 6c Serapion en
la preiènte deicription.
LE MELANGE.
Donc- en douze livres d’eau-, on
fera premiereincnt bouillir les raci¬
nes de Fenouil, 6c d’Ache, mondées
de leur matrice , ou bois , 6c contu-
fes : un peu aprez les herbes , ôc li¬
queurs incisées. Finalement les My-
robalans, Turbith , Gingembre, 6c
Poivres concafsées.., que l’eau rciiien-
ne au tiers ou au quart. Le tout ex¬
primé , la colaturc icra bouillie avec
deux hemines d’huile ( qui valent fé¬
lon les Grecs , une livre 6c demie)
de Kerva , ou de quelqu’une des fus
mentionnées, par.l’authorité de Diof
coridc , Aëce , Myrépfus , Mefué , &
Præpofitus , juiqu’à ce qu’elle foit
évaporée. L’huile coulé ièra gardé,
au beibin. En cas qu’il fût belôin
de plus grande force ( le Médecin
le commandant ) à cet Fluile , y fim-
dra faire bouillir de noiiveau , d’au¬
tre decodion faire de Thym , ou,
d’Hyilopc , en laquelle on fera cui¬
re les racines d’iris, ou flambe, la
Canne odorante , l’Anis , 6c Naftur-
cium fauvage , le Cordumene , ou
Garni , 6c Nard indique jufqu’à la
cbnlomption d’icelle ; puis le tout ex¬
primé , on fè fèrvira de l’huile.
LES FACVLTEZ.
Il foulage les maladies froides des
nerfs , comme la paralyfie , la con-
Yulfion,
Des Hmles compofeZj 4 1
vulfîotijle tremblement, repilepfe la
goutte J comme auffi celles de la ma¬
trice 5 du colum , des reins , de la
veffie : d'autant quil échauffe , atte-
Dué j.deterge, donne aira’nx obftru-
ûions ; iompt la pierre , difcyte les
vents , & amollit la dureté de la
ratte.
REMARQVE.
La defcription Vhuile de Poi¬
vre efi tellement differente çhem
Itf Arabes , comme, en Avicenne, Se-
rafm,& Méfié, que c’ efi ce qui
a h^né lieu a beaucoup de Méde¬
cins fit ont drefsé des Pharmace-
fées ÿ -de, le décrire fi diverfement
P on ne fiait qui en croire pour -le
lien diïf enfer ; ce qui 'a fait diYe
à Eauderon , qu en la defcription de
Mefué il ffdvoit fix fautes e^ égqrd
4 celle d’Avicenne , d’ou il l’a em¬
pruntée mot à mot , & cela paroit
dit-il, en ce qujl n’a pris que la
moitié de la dofe des ingrediens'&
<jue neanmoins la dofé du , Poivre,
& du Turbith , font augmentées de
beaucoup , & ^u il a retenu en leur
titier ceilè des h~érbes & de' l’eau. '
la premier^, & la troitiémé de ces
fmes l’Autheur . de la Paraphraje
les attribué aux Imprimeurs :ce que
IMrois creu volorliiers , fi de mes
peux jé n avais veu , pour le moins
iiinjt fois ^ans un vieux Méfié
mmùfirit que fay.
'ff- Trium Piperum , ana_ une. très,
urbith albi boni , drach. duodecim.
ImIù recentis.,
■# humidi„
Idior. Rut a humida , quantum de
f'nguiù manu chpi potefi.
Decoquantur omnia pofi contritio-
nem eorum cum aqua lib. xxiiiq.
iQui me fait dire que l’Impri- '
mettr na point failly en la dofe des
fufdits ' ingrediens 5 mais que c efi
Méfié qui a expreffement changé
ladite defcription ; & cela fe véri¬
fié par trois raifons , la première en
l’augment de la dofe dit Poivre long, ,
& noir : la fécondé en l’addition
qu’il y a faite du Poivre blanc -, (jp
la troisième en ce qu’il a tiré le
Poivre long & noir du troiz.iéme
ordre de la defcription pour les met¬
tre au premier : fen pourrais ajou¬
ter encore autres deux , l’une qui re •
garde la dofe dit Turbith , qu’il a
aujfi de beaucoup augmentée, & l'au- '
tre fiand il a changé le nom de
oléàm Alkekengi fiivant Avice: -
ne , ^ de oleum Alkeleniçi fiivant '
Serapion, pour luy donner celuy de '
oleum de ‘Piperihm : en voila affei.
pour faire voir quelle a été l’inten¬
tion de. Méfié , pour paffer à la ■
Hyofeyame , fans -toutesfois m’y ar¬
rêter , au lieu de. laquelle plufieurs
mettant l’Amgniac , & d’autres ont
retenu cette première^, je diray feu-
leMént quion lit dans tous les exern- ''
plaires d’'é^viceniîe , & de Méfié
Hyofeyamt, & ngn Arnoniaci , com¬
me en Serapion , pour faire voir
comme Avicenne , Serapion & Mé¬
fié I lifent tous dans leur receptes
Catilis recentis , oit Baud. & beau¬
coup d’autres Autheurs fe font m'é¬
pris ,~quand ils, ont -écrit Snreulo-.
rum recentium Hafech humida, qui
font deux plantes bien differenfes-,au
lieu d’écrire comme les fifiommelf
Caulis recentis , & feparer ces mots-
par une virgute de Hafech humide,,
f qui
4^ Livre IL
ijui font deux pUntei bien differen¬
te quils ont confondue en une , en
changeant le mot de Càulè pour ce-
luy de Sur culorum, bien que ce deux
mots fgnpfient une même chofe com¬
me tige j, re]ettons y firgeons . Ce pre¬
mier Jignifie auffl un chou qu’ils ont
tiré pat mégarde ce cet huile qu’on
y doit temettre j toute & quante-
foù quôn le. préparer a , tant parce
que le premiers .Arabe qui l’ont dé¬
crit le y demandent , comme" font
auffi l’Autheur du Luminaire ma-
jm , loubert, Cordui , Fuchfm , 'Ni-
colapti PrapofitMS , & autres en leurs
Diéfenfaires , qu’a raifon des ex¬
cellentes vertus qu’ils poffedent ,lef-
quelles conviennent a celles de l’hui- '
le de Poivre que les Autheurs leur
attribuent , comme Gai. Diofcorid'e,
Chryffpe ancien Médecin au livre
quil a composé du Chou , & Mat-
thiole y que pour abréger je ne rap-
porteray point. Il y aurait beaucoup
d’autres chofes a dire fur cette com-
'poftionytant fur la.qudntité de l’eau,
que fur la decoBion. qu’on veut fai¬
re cenfumer dans l’huileyfi je ne men
étais fuffifamment expliqué cy-de-
vant y que pour éviter,, les redites:
il faut pour procéder utÜement a la
confection de cet huile piler tous les
ingrediens en poudre grofflere y &
les arroufer qui voudra d’un peu
de vin -, la R/dé , le Thym, & les
Choux y feront aujfi incifez. , & con-
un moi tien de marbre,
pour le tout être mis dans un pot
de terre , vit; é étroit d’emhoucheu-
re y avec la quantité d’huile que
l’Ai. tkeur y demande : le pot bien
bouché fera exposé au Soleil ardent
Velface d’un mois , ou au B. M. ou
Seâion L
fur les cendres chaudes , pendant
huit jours y aprez. cela mettres^lè
pet fur Un degré de feu fort modé¬
ré quelques heures durant, fans que
l’huile bouille , remuant, fouvent la
matière avec une Jpatule jpuis cou-
Itref le tout , & exprimerel^ beau¬
coup le marc afin que l’huile n’y re-
jl e dedans. Ceux qui voudront fai¬
re l’addition des autres ingrediens
qui fuivent en la defcription de cet
huile y les concafferont comme défi
fus y & les infuferont dans le mê¬
me pot , comme a été dit ez. prectr
dents. . ,
Pour la dofe de trois onces de
chaque Poivre , & de celle de dou-
^e. drachmes du Turbith , mon fer.r
tf lient efi qu’on les obferve, attende
la- quantité d’huile & le peu de ver¬
tu que tels ingrediens luy peuvent
commnniquer , pour les raifons cjt-
devant dites. v.
OlcLiui de Euphorbio fimpl-
D.Mcf:
Df. Euphorbiiy une. dimid.;
OleiL'encoi luteiyfeu Cheyrinii&
■ Fini odoriferi , utr'mfque une. quin-
que. ' ,
Coquantur fimul ad vini confurnptio-
nem. Cola & r'epone.
REMARQyE.
LEs Arabes pour n’avoir mis lf
main à l’œuvre nouo ont laijse
des compojhions , qu’fi les confide-
rer , il faut en plufieurs rencon¬
tres y corriger quelque chofe y
ajoutant ou en^ diminuant •
"Des Huiler cowpoféZo. 45
ixemple efi l’huile d' Euphorbe Jlm-
pte Méfié y a voulu ajouter le
vin, duquel Gai. ne fait nulle men¬
tion au livre cy-aprez, allégué en
U Paraphrafe du composé ; j’efii-
m aufjï qu’il ny doit point être
feceUifuis qu'il n'y efi mis que pour
empêcher que l’huile en hojiUlant
nt fe hràle pendant la fufion de
l’Euphorbe, lequel étant mis en pou¬
dre , on le peut hardiment jetter
dans, l’huile un peu chaud , il s'y
difoudŸa en un- inSiant , fins que
four cela il le faille faire bimllir
aucunement ; que fi on defire que
cet huile participe de la qualité^ du
vin, il me femble qu'enfle lavant
méthodiquement ( aprez la dijfo-
lution d? l’Euphorbê ) comme nous
avons dit en l’huile Omphqcin par
cinq a fix fois avec du bdn vin
un peu chaud , qu alors il poffe-
dera autant ou plus les qualitez.
.& Vertus corroborantes du vin que
ft on avait fait cuire & bo 'ullir
l’huile avec, parce que les parties
plusfubtiles s’évaporent ,& le der¬
nier efi purement aqueux.
Oleum de Eupliorbio comp.
D-MeC
Staphidis agria,
Candifi ; id efi , Strutq , vulgo Sapo~
narifi , utriufque unc.femtfi.
Pyrethri, drach.fex.
Calaminthes tnonfana, une. unam &
femifi.
, drach. decem.
^ihrei , drach. quinque.
^ita trlduoque macerata in vini
odoriferi , lihris tribus & dimid-
coquantur ad médias. Deinde fi-
ca multurn diuque manibus , &
cola, & cum olei Leucoi lutei,feu
Cheyrini, aut Sefamini, vel dul-
cis libra una & dimidia , coque
ad vini reliqui confurnptionem :
tune inpferge.
Euphorbü recentis , & albi tenuijfi.
me triti , une. femifi. & recoque
parum. Colatum fervetur ufiti.
paraphrasé.
MEfuc a emprunté la premiè¬
re defeription deThnile d'Eu-
phdrbc de Galien à la fin du fé¬
cond livre des médicaments locaux:
la fécondé d’Avicenne livre cinquiè¬
me, traitté diziéme , À laquelle feu¬
lement il ajoute le Staphifagre , Sc
Strtithium qu’il appelle Condifum,
different en face au Sàponaria , &
de peu en vertu j pour ce qui n’au¬
ra l'un , pourra prendre l’autre. La
defeription première & fimplc cil
en ùfàge pour Ic^ jourd’huy , quoy
que U vertu lôit moindre. Si l’A¬
pothicaire n’a de l’Euphorbe blanc
Sc recent ; mais de deux ou de
trois ans , Sc roux , qu’il augmen¬
te la dofé'*de fon Euphorbe de deux
drachmes, qui eft la ipioitié de la do-
fe fpeci fiée .par. l’Autheur, pource
que tel Euphorbe roux eft vieil, n’eft
pas'fi chaud que le recent , & blanc:
autrement fbn huile fèroit moiudic
en vertu.
ZE ME LANGE.
Il faut fiibtilcment pulverilèr l’Eu¬
phorbe au mortier avec quelques
f Z goût
44 Livre IL
goHttë d'hnile Cheyrin , que les
Grecs ont appelle Leucoion , afin
■ qu’il n’ofFcnce celuy qui le pulve-
rife : puis le faire bouillir avec le vin^
& l’huile jufqu’à la conlompcion d'i-
celuy , & le garder au befoin.
le laillê l’huile d’Enule Campa-
ne y pource qu’il a fèmblable vertu
que celuy de Lis composé 3 & Irin,
& quelques autres qui ne font point
ufi tez.
LES FAC FL TE Z.
H eft profitable aux afFedions
froides du cerveau &^des nerfs : &
auilî aux douleurs de tête, à la lé¬
thargie mis dans les oreilles y il ‘fou¬
lage aulîî les douleurs des jointures,
du foye, de la ratte , fi on vient à en
oindre ces parties.
REMARQyË.
Our les mêmes raifons cy - de¬
vant -plufieurs. fois répétées., il
faut infufer tfui les fufdits ingre-
diens , aprex. les avoir concajfe'S^,
& quant on en augmenterait la
dofe d'un chacun de la moitié , il
en ferait meilleur 5- je dis infufer
dans la quantité d'huile requife
par l'efface d'un mois au Soleil , ou
- bien au bain marie par huit a dix
■ purs remuant ( comme a été cy-
devant dit ) de tefns ’en tems la
matière , afin que la chaleur agijfe
egalement par tout le vaijfeau ; le
tems expiré , mettrez, le pot fur
une chaleur pim grande pendant
quelques heures , & y apùterez en¬
viron deux onces de bon vin, &
fur la fin la chaleur fera encore
.augmentée , jufqu'à ce qu'on, ap-
Seâion L
perçoive , que l'huile cmmencera à
bouillir, & y pttere\^ l'Euphorbe
en poudre fur le bord du pot , &
la remuereT^ doucement avec une
fpatule , pour en faciliter la dijfo-
lutien qui fe fera foudain : le vaif.
feau tir é du feu & à d'emy refroi-
dy couleref^le tout & l'exprimerez.
Il faut obferver en la conjpofi-
tion de cet huile de .prendre du
CaHor la partie ontiueufe , dr en
doubler le poids ; & pour le Sapo-
naria la fleur a demy feichée.
Des huiles qui fe font des
animaux entiers ou de
leurs* parties.
Oleum Lumhricorum imerti
AiiUoris,
Olei veteris & clari , lib. duat.
Lumhricorum terre firium , vino al-
ho- lotorum,'lib. unam.
Fini rubri , une. quatuor ant lib.
■ femijï.
Coquantur fimul ad vini confumptio-
nem, & exprirHantur , dein oleum
fuo vafi cooperto,r'eponatur ufiei.
paraphrase.
IL. faut curieufèment laver les vers
de terre avec du vin blanc*, & les
y laiflèr tremper quelques heures,
afin qu’ils fe vuidenfde la rerre, dont
ils fe nourrilïênt : lefquels vous ferez
bouillir dans un pot de terre plombe,
étroit d’emboucheure , &
avec l’huile & vin clairet , jufqu’^ ce
qu’il foit confumé. Aprez ‘on l ex-
Des Huiles compofeza.
primera , & on gardera l’huile en fon
pot bien bouché attendant la necellî-
té. Si pour une fécondé fois on réité¬
ré ladite infuhon des Lombris.& du
vin pour les cuire en l’hiiile , & an
même pot, comme devant, la force
en fera plus grande.
45
, nettoyeT^ avec de l’eau , &
ejfuyez. entre deux linges blancs.
Ou bien, qui les mettra dans un ma-
tras bien bouché dans le ventre d’un-
cheval l’ejpace de 15. ou 2.0. jours,
ils fe refondront en liqueur.
L-ES FACFLTEZ.
IL eft convenable aux douleurs des
jointures, &: des nerfs procedans
de caufe froide.
■ REMARQVE.
C'y Et huile éfi décrit -par Aétitis,
jau liv/e premier, fermon fécond,
'chapitre i(-i>.traittaht des Lombrû,
& le compofe avec deux parties
d’huile Rofat & une de Lombrü, &
ne d’tffere avec le prefent , que de
l’huile Rofat a l’huile commun : le¬
quel qu’on compofe des deux , n’im¬
portera pas beaucoup y^mpyennant
qu’onycuife deux ou trois fois des
vers en mhne quantité que Bande-
non y demande , & qu’on ne lesfajfe
pas griller dans l’huile , comme quel¬
ques-uns^ pratiquent^ maLd propos,
& fufira d’y ajouter quatre onces de
vin', à caufe de l’humidité que les
vers portent avec eux. Mon fenti-
merit ef de laver & tremper les vers
uvec de l’eau ■ & non avec du vin
■blanc , parce que le vin les tu'è fou-
dain , ^ dans Beau ils fe nettoient
mieux , dedans &-déhors.
Ceux qui defireront un huile plus
efficace , l’extrairont per defeenfim,
•par une chaleur modérée de la pro-
- fubSîance des vers fans addi¬
tion, les ayant predahlamiU bien
Oleum Scorpioniim fimplex,
D.Mef.
'df. Scorpiones numéro viginti , plus
menufve pro eorum magnitudi-
ne. Infundantur in libris duabus
olei An-tygdalarum amararum, in
vdfe vitreo probe obBruBo, men-
fe uno foli afiuanti , vel aliq ca-
lido. Pafl colenturi & oleum fer-
’vetur ufui.
LES EACVLTEZ.
Il rompt & châfïè la pierre des
reins & de la veffie en frottant les
lombes , & la région de l’os pubis,
& du perinée , ou en injeétion dans
le conduit de l’urine.
R E-M A R QJV E.
QVby que Mefué, & autres Au-
theurs fçaehent dire , je ne puis
me perjuader que l’huile de Scor¬
pion fimple puijfe avoir les ver¬
tus quils luy attribuent , de chaf
fer la pierre des reins dr de la
veffie , en fottant la région des lom¬
bes , & de l’os pubis , & du peri¬
née , ny de quelle autre fa^on qu’en
s’en puijfe fervir , attendu la petite
quantité de feorpions que Mefué*y
fait entrer , qui font au nombre de
io. fur demi livres d’huile d’aman-
f 5 des
4^ Livre IL
des anieres , qui ne revient pasià
un Scorpion fur chacune once d’hui¬
le. le ne defavoué point que l’hui¬
le d' Amande amere de foy nait
quelque petite faculté contre 'la
pierre 5 mais aujft de croire que
celle qu’il peut emprunter de vingt
Scorpions fait grande , c’efi ce qui
n’efi pas croyable j car de la fa-
^qn qu’on le préparé ils ne peu¬
vent communiquer que de leur ex¬
térieur. Or la partie extérieure de
c^ animaux eji une petite croûte
déliée & dure , qui ne f auroit
être pénétrée par l’huile . ; & une
marque de cette vérité paroit quand
on les laijfe quinllj purs en infu-
fîon J ou un mois , comme il eft cy-
devant preferit. Le dedans de ces
animaux , qui abondent en humi¬
dité extrementeufe fe corrompt fa¬
cilement a faute d’être pénétré par
l-huile , d'oû s’en enfuit une puan¬
teur cadavereufe tout à fait infisp-
pôrtable , ce qui méfait dire , que
pour avoir un huile doué a peu
prés des vertus que les Autheürs
luy donnent , & pour éviter la
puanteur ; de prendre cent Scorpions
vivans , & les faire un peu chauf¬
fer dans un vaijfeau de verre juf-
qu’à ce qu’ils commencent de luire
fur le -dos & de fe tourmenter , a
même temps , il les faut ]etter tout
vifs dans deux livrés d'huile d’a¬
mande amere qui fit clair & bien
repofé, dans lequel en aura infufé
au chaud pendant cinq a fix jours
demy livre du marc d’amande ame¬
re , derechef fortement exprimé , le
vaijfeau feudainement bouché fera
mis au B. M- eu fur les cendres
chaudes pendant fept a huit jours.
Seâion L
aprez. cela le coulerez , ex¬
primerez , & le ferrerez pour le
b e foin.
Il y aurait encore de belles cu-
riofitez a rechercher , fi U briè¬
veté requife qu’il faut garder en
ce rencontre ne m’interdifoit de
m’étendre davantage tant fur les
diverfes ejp'eces de feorpions que
Pline , Albert le grand, & autres
naturalises en font , que de ceux
qu’il faut employer pour la compo-
fition de cet huile , f avoir s’il faut
prefrer les gros ^qui font champê¬
tres , de couleur roujfe & de deux
fortes :.les uns qui ont des ailes,
& les autres qui rien ont point , à
ceux qui font petits noirs & do-
meSiques : des males ou des femêl-
les , de ceux qui ont plus ou moins
de neuds en la queue , qui vien¬
nent en des climats temperez , ou
intemperez en chaleur , des plus ou
des nîoirts venimeux , & de la fai-
fon qu’il les convient prendre j fur
cela les curieux auront recours a
Avicenne , Aldrohandus , & autres
cy-devant cit'ez.
Oleum Scorpionum compofi-
tutn , D. Mef,
Radicum AriBolochia ro-
tunda ,
Gentiana ,
Cyperi , &
Cortic. radie. Capparum , fing.ûnc.
unam.
Oleum Amygdalarum amararum,
fextar. urium , feu , uncias oUo-
decim.
Contundantur radie. & infundantur
Des Huiles compofez,,
in Oleo di.es i o, in vafe. vitreo,
opercfilato , cum.fucci Raphani,
iih.femip. Deinde in duplici vafe
coquantHr fd fucci confumptio-
nem , addenda fub finem , Scor-
piones decem , aut quindecim.
' Obtura vas , infola iterum menfe
mo & utere.
paraphrase.
47
(ou aprez Texpreffion faire ) on y
ajoutera dix ou quinze Scorpions,
puis le pot couvert de parchemim
mouillé , fera tenu au Soleil ardent
environ un mois. Finalement , on
coulera Thuilc , & exprimera fort
le marc.
LES F AC FL TE Z.
MEfuc a emprunté fôn huile de
Scorpions compofé du neiif-
viéme livre de Ruafis , chap.7 qui
dôicécre tenu .aux boutiques, &iion
le lîiiiple'; pource.que la vertu de la
hafe des Scorpions, ( donc il a pris
le nom ) , ell augmentée par les ra¬
cines , qui d’une fecrete taculté , auffi
bien' qui ceux , redirent aux yenins,
& ,à la pelle , 6l brifent le calcul.
Le fuc de Reifort ( ores que Rha-
fis, & dvleluc n’eii faUent mention)
y aide beaucoup , .& empefehe que
les racines ne le brûlent, avec, l’huile,
au lieu de fè cuire.
LE MELANGE.
Il fout en premier lieu concalïèr
,Ies racines , & i\fpace de vingt
jours , les inflilèr avec un lèxtier,
ou dix huit onces d’huile d’n man¬
des am.'res , dans un pot de terre
vernilîë , & couvert au Soleil , ou
autre lieu approchant à fa chaleur.
Apres on y ajoutera demy livre de
% de Reifort , pour boüiLir le tout
enfemble au même pot jufqu’à la
confomption du fie : autrement les
racines ne fe pouiroient cuire fans
fo brûler , & leur vertu requifè fè
deftruiroit, A la fin de la decoékion.
L’huile de Scorpions compofé >
mell.é avec d’autres , médicaments
alexitaires, remedie à la pelle , Sc
aux venins , ielon le témoignage de
Manardus.
REMARQ.VE.
RHafs au chaf.-îA,, de fan neuf-
vienne livre a /Umanfr, du*
quel .Mefué a emprunté fan huile
de Scorpions , comme efi ey-dejfùs
dtt y ne demande quune liure d'hui-
le y (P’ Mefué fextarium unum qui
vaut dixhuit onces , & pour les
dpfes des autres /impies elles font
toutes conformes , de maniéré qu’il,
s’en faut tenir a Rhafis y fi on de-
fire quü fait pim efficace , & pour
le fuc de Reifirt Bauderon le l’y a.
ajouté y comme il dit ^y pour faire -
cuire les racines avec l’huile i fans-
lequel elles fe brûleraient y & nefe
pourraient cuire. Les racines ne
s’amolliffient point en cuifant dans,
l’huile y au contraire quelle humi¬
dité qu'il y ait , .elles s’y durcif
& s’y deffieichent , à raifon quelles
participent d’une humidité aqueu- .
fe y & l’huile qui efi gras , grande* -
ment fufceptible du feu , comme
noui avons dé, a dit , qui luy fait -
pénétrer promptement les ingre*
4 8 Livre IL SeBton L
diens fecs qui luy font de nature
contraire , quand on les fait cuire
jufqu à la confomption des fucs,
comme enfeigne le Taraphrafie &
en ahforbe en un infant l'humidi^
te, lors qu elle y eft en petite quan¬
tité , o'u quil n'y en a du tout
point , comme en celuy de Rha-
fis J voila la raifon pourquoy tel¬
les matterei font en un moment
brûlées , eér grillées : par cette mê¬
me raifon il ne faut 'lamaM faire
cuire a gros bomUôns , ny par un
long-temps à niediocres , comme il
a été cy -devant fouvent remarqué ;
& comme nous avons veu en tels
huiles , que bien on y mette de li¬
queur , elle ne fçaurôit empefcher
que l'huile n'y reçoive une no¬
table altera'tion_ en fes qualité"^ ?ér
vertus , de même que les ingré¬
dient , (jr parrain fi tous lef hui¬
les qui empruntent leur vertu des
végétaux particulièrement ,-.fe doi- '
vent faire par vhye d'infufion ;
& quand on fera obligé de les
préparer par voye de-coSlion -, com¬
me ceux de Renard de petit
Chien , de Lambris , & autres de
femblable nature , il convient d
l' Article d’y tenir l’œil , cefi d
dire d’en prendre un foiti tres-pdr-
ticulier , s’il defire s’aquiter de
fin devoir envers Dieu , & fin
prochain.
Pour le modus faciendi , il faut
concajfer les fimples & les arrdu-
fer d’environ une once de bon vin
blanc ou du fuc de Reifort & 'les
infufir dans la quantité d'une li¬
vre d’huile d’amandes ameres em¬
preint de la vertu de fin niarc,
comme été cy - devant déclaré.
fur\ la même chaleur > & eJfkce^de
temps que dejfus , la 'chaleur fur
la fin augmentée & l’exprefm
faite , dans la^colature jetieret
trente ou quarante Scorpions de
bonne grofieur , & le, tout mis dans
un vaijfeau convenable fera tenu
pendant huit purs au B. M. puis
on procédera a la colature , corn-
me dit efi , & l’huile fera gardé
au befoin.
Oleum Scorpionum compofic.
defcriptionis Macthioli.
Cfi,. Olei Oli'varüm vetuflijfmijik .
très. ■ .
Foliorum Hyperici virentis contuf
manip. très.
Jnfilentur fimul in vafe vitreo prô-
bè obiurato recondita -, per dê-
xem aM duodecim dies ; Dehine
in B. M- hork viginti quatuor
macerentur : pofiea colentur &
exprimantur. v
Hoc fado.
^.Hyperici,
Cham&dryos ,
Calamintha ,
Cardui benediéli , ana.
unum.
Herha contufa , colato Oleo ad-
mifieantur , & in balneo marte
per triduum macerentur &
primantur.
Port ’hæc.
Florum Hyperici à caulihtu
repurgatorum , & negUg^”^^^^
49
Des Hmles compofeK,,
mîuforum , manip. très,
h^mdantur in colatum Oleum , &
per triduum , in halneo praf-
cripto macerentur > colenmr &
exprimantur. Eadem infufio ter
4ut quater repetatur, additü vi~
cijfm recentibm fioribus , donec
Oleum fanguineum colorem at~
quifierit.
Hîs peraélis.
'ij., Granorum viridiùm Hyperici
defiorefcentû , ab illius cacurnine
exceptorum, manip. très,
ùntundantur , & vino albo me-
raco perfitfa cum Oleo pradi-
Bo J diebus o£to continuü info-
lentur , deinde per triduum in
balneo maria macerentur , &
.exprimantur Granorum recen-
tium feu fummitatum Hyperici
femine turgentium infufionem ,
& exprejjionem ter aut quater
iterando , donec Oleum fangui-
nis colore fatwratum videatur.
Tune.
Scordii recentk
Calamintha ,
Centaurq minoris ,
Cardui benediÜi ,
Verhena ,
Biiiarnni . Cretici , ana manip.
ferniji.
Comufa & in Oleo tranfcolato
fuhmerfa per triduum in Bal-
nee macerentur , colentur & ex-
primantur , vt fuprà.
Poftea.
ZeJoaria ,
Radicis Diüumni alhi ,
Gentiana ,
TormentilU ,
udrifiolochia rotunda , ana. drach.
très.
Scordij , manip. unwn.
Tundantur ut prius , & c^m Oleo
Jupra diblo , tribus diebus ma¬
cerentur ad calorem Balnei
Maria, colentur & exprimantur:
in exprejfsm , & colatum infun-
de denuo.
Styrqcü calamita,
Benjoinii , ana. drach. fex.
Baccarum luniperi, une. fem.
Melanthq , drach. duos.
Cinnamomi elebti , drachmas no-
vem.
lunci odorati ,
Cyperi , ana. drachm. unam &
femip.
Santali alhi , unc.femiJS.
Hac trita , eodem trium dierum
jpatio , in Balneo Maria mace¬
rentur , & exprimantur , adden-
do colatura calenti ,
Scorpiones , trecentos diebus canicu-
laribus collep:os.
prius vafe vitreo , cineribus
calidü impojko includantur , &
ibi. contineantur donec pra co¬
lore fudare , atqne irafei coepe-
rint : pofiquam verc per triduum
in balneo macerati fuerint , il¬
lis abjebtû , infunde in Oleo fer-
colato.
Rhabarbari optimi ,
Myrrha ele£la ,
^Âlo 'és hepatica , ana. drachm.' très.
g Nar
O Livre IL SeBton 1,
Nardi\ Indica , drach. dnoi.
Croci ,\drach. unam.
Theriacâ, eleBa ,
jllithridatij , an. mc.femij?.
Terenda teràntur , £$“ cum Oleo
pradiüü Jtmplicibui medica-
to , Jîmul in Balneo Maria
triduo macerentur , oleumque
non ampliui tranfcolandurn , in
ufm medicos reponatur.
Pour rendre cette Pharmaco¬
pée plut accomplie quelle na
été jufques-icy , fay ]ugé a pro¬
pos dy ajouter cet Antidote tant
excellent , décrit par Matthiole
au Tro'éme de fon commentaire
fur Diofcoride , livre fiAéme des
venins , qui par la feule appli¬
cation par dehors , au battement
des ancres , des temples , des
mains , des pieds , fur la partie
externe du cœur , VoriBion .réité¬
rée de trois en trois heüres , eji
fort finguUer contre tous poifons
prit par la bouche , pourveu quils
ne foient corrofifs. U fort aujji
grandement contre la morfure des
ty^'sfies , des Viperes , & de
toutes • autres hefies venimeufes :
appliqué aujfi aux lieux fifdits,
tout froid une fois lé jour , il pre-
ferve de pejie ceux qui s’en
oignent, Jl efi:hon mjfi pour ^gué¬
rir ceux qui font déjà péftîfèrez.,
il tué les vers , mis dans les na¬
rines , & fur le battement des
arteres : les merveilleux effets de
ce grand Antidote paroiffent par¬
ticulièrement 3 là ou les autres re-
medes n’ont rien peu faire. Ce
feroit toujours à recommencer d’en¬
treprendre à vouloir '■ décrire tou¬
tes fes rares vertus il me frfr.
ra de dire pour la fin , que cefi
tin des grands remedes qui foit
dans toute la medecine Galéni¬
que \ moyennant que l’Artifle ny
ejpargne pas fes foins , & qu’il
frit exaB vbfirvateur en tous les
points de la recepte -, il verra que
fes vertus furpafferont au de la de
ce que j’en ^dü.
fen ay voHslu inferer icy la
defeription , mot à mot , que j’ay
tirée de l’Autheur , potir relever
de peine , ceux qui le ~ voudront
dtff enfer , quelque fois à faute de
Matthiole , , ils en pourroient être
priveTj^ , commme j’ay veut^n quel¬
que rencontre , veu quelle ' ne fe
trouve que rarement dans les dif-
penfaires. '
T^our le modus faciendi , au
commencemeài du mois‘-dé May,
il faut prendre du plus Vieux
huile d’ Olive clair’ & rèpofé qu'on
pourra trouver trois livres poids
de feiz.e onces , -dafïs, lequel on
mettra trois poignées fueHles d’Hy-
pericon legerement coricaffées , &
on enfermera le tout dans un
vaiffeau de"' terre vitrée , dedans
& dehors , qui contienne'' deux
fois autant que ce qu’on.- met' de¬
dans , bouche"^ ce vafe avee^ du
liege dr du paHhemin mouille f-&
le rhette\^ au Soleil , par dix' ou
douXe jours , puis au B. M- psit
vingt quatre heures ; aprex. le
couTere'X^ & l’exprimerez, frrt,
& les autres ixfufions les conti¬
nuerez, de temps en temps , &
tiendrez, le vaiffeau toujours fur
le feu , pour profiter le temps
à iaufe des frequentes infrfioff
Des Hmîes
auil convient faire.
iJUeJfieurs . jes Médecins de
Ijon ont doublé la dofe de l‘hm-
le en la defcription de leur Phar¬
macopée , de lan mil. fix cens
vinlt huit , fans doute ils ont
jmt confideration des Médica¬
ments ,, ^ui y entrent en pim
^md lpeÙs. que V huile ; mais,
ds'en faut tenir à la defcription
cy-defui. ' ■
. Olcum Vuîpinum , D.
Mefué.
Vulpem adultam ,■ & bene ha-
bitam-, qualis reperitur tèmpere
vi'ndemiarum , evifceratam &
■■^in partes divifam.
d'pa fontans , & marina vriufq.
' quant, fujf. '
Qlei.vieteris Û clari ,.fextarios duos,
& [emjj?.
Salis, une. très.
Coquantur ad vulpis artuum dijfo-
■ littionem. '
■dt inter coquendum adjice,
Snmrnitatum Anethi , &
Hyfâpi , vel fhymi, vtriufq.manip.
unura & non îbj.
ïieinde cola , & recoquantur qd
decoSii evaporationem - , eum
\diElarum herbarum, Anethi fei-
licet , 0- Hyjfopi ., vel Thy-
tti ., vtriufque libra una , tum
exprime , de repone 01 eum.
•paraphrase.
Aul Æginete , & Mefcé fonc
davis de prendre & bouillir le
?.<nard vif en l'huile , & rejet-
compofe^. 51
ter les entrailles ^ Sa non k peau.
A l'opinion defquels je ne; puis
du tout condefeendre : car de- le
bouillir vif , ou mort cela n’aitg^
. mente j ny diminue k vertu de
l'huile.
Touchant k peau , elle ell peu
fiicculente : au contraire les . en¬
trailles font gralfes , & . par con-
fequent vtiles : pour ce je lèrois d’a-
•^is qu'il fut fait ainfî.
l?rcnez un Renard de «noyen âge
gras &. refait , tels qu'ils font au
mois de Septejnbre , & Octobre,
ayant, été nourris , & engraiflèz de
raifins.
Il le faut écorcher , & nettoyer
les entrailles de leurs excremens Sc
les ■ cuire avec le Renard , . divilè
en petites pièces ( afin qu'il foit
plutoft cuit ) en égale portion
dlcau de fontaine & marine > ou
faumiire , pour ceux qui habitent
loing de la Mer > &c . f ontaineS'#-
lées , en quantité fuffiknte veu
que celle que Mefoé fpecifie , ne
foffit 3 jufqu'à ce que les os fe fe-
parent -de leur chair , y ajouftant
du commencement le feT requis,
& fur la fin l’Aneth & L'Hy/To-
pe , ou Thym , de chacune une
poignée. Cela fait , ,les faut ex¬
primer avec une force toile : puis
ajoufter à la cokture , l'huile re¬
quis & d’autre Anech , & Hyfo
fope , de chacun une livre pour
aiire le tout, enfèmble , julques
à la confomption de rhumidicé ,
ou à peu' prez. Aprez par la mê¬
me toile feront for: exprimez , Sc
l’huile fera gardé ; air.fi tcf hui¬
le , aura plus, d’energie , qu'autre-
ment.
g ^
De
5 î- Livre IL SeSiion /.
De même façon Te iàit riiui-
. oleum le de Chiens , Chats , Lézards ,
Caielle- ^ autres animaux , fans addition
ntm. ti^erbes , ü exprez il n’étoit ain-
ii commandé > par quelque dqde
& expérimenté Médecin ; poiir-
ce qu’en tout temps , ces Hui¬
les ih peuvent faire , il n’cft pas
de befoin de les tenir aux bou¬
tiques.
Oîeum -L’Huile de Ranettes ou Gce-
Rana- nouilles , pour l’Emplâtre de lean
r/*n$. de Vigo , fe fait non feulement
des telles de Grenouilles , comme
dit Mefué ; mais des entières &
plus charnues , qu’on fait bouil¬
lir , avec deux fois autant -d’Htii-
le doux , dans un pot de verre
bien bouché avec un peu d’eàu ,
julques à leur dilïblution , com¬
me les precedents qu’on garde au
befoin.
Oleum Vipères & de Ser-
Serpen- même , hormis que
tium. lèrois d’avis que les telles &
queues fullènt coupées & leurs en¬
trailles jettées. Icelles comme mai¬
gres , leiches , dures & peu fuccu-
lentes , ccux-cy , comme réceptacles
de leur venin , y laiffant toutesTFois
la graillé , comme utile à ce que
promet Melùé.
LES EACVLTEZ.
Il eft propre aux podagres &
autres efpeces de gouttes en tout
temps , (Sc poim appailêr les douleurs
de reins.
R E M A 11 QJ E.
BAuderon n'efi point confirme
en fin moàm faciendi avet
Méfié pour le regard des déco-
étions : Les exemplaires 'de ce
dernier , de differentes éditions,
ne conviennent point avjji pour
la quantité de l’huile. Dates les
uns on y lit Kifi duos & femif-
fim , & dans les autres Kifi très
& fimiffem. Bauderon nh s'efi
point firvi du mot de Kifi,
qui ejl Arabe ,' que l'Inierpre-
te de Méfié a retenu ; mais en
fi place il a mis celuy de Sex~
tarius , que les Latins ont tiré
du verbe Grec ^sV«ç , qui figni-
fie même chofi. Il efi aufiifi
notter en paffant , que cette rhe-
fire nous donne divers poids , ■&
" cela procédé du- plus ou du moins
de la crajficie & denjtté , ou de
la rareté , & tenuité de la fub-
fiance des matières qu’on mefir'e ,
comme aujfi de la différence qu’il
y a entre la mefire dec Grecs,
& celle des Komains j car e'he'^
les premiers , .elle contienP hme
livre & demy , poids de me'-^
decine , qui valent dix huit oncei
d’huile , & chez, les derniers
vingt onces.
'Tour le modus faciendi , fins
prétendre blafmer ces deux grands
hommes , je diray , que pdfir y
procéder plus utilement , quU
faut prendre un Renard tel que
dejfus. apret l’avoir écorché &
coupé par petites pièces , les ex-
trernitez. jettées , fera mû dans
un pot de terre vernie , stvee
Dùs Huiles compofez^. 5 2'
, e^urntité fufffante à'eau mari¬
ne & àe fontaine , ou four mieux
faire avec Veau manne feule & ^
deux onces de fel pour ceux qui fe¬
ront voifins de la mer , & d’eau
de fontaine & quatre oncei de fel
pour ceux qui en feront éloignel^
avec quarante-cinq ou cinquante on¬
ces pour le plus d’huile d'olives
meures , qui font deux Kifi & de-
my ; le tout bien couvert dans le
■ pot fera cuit devant un petit feu,
comme un bouillon de' malade , juf-
^ qu'au defojfement de la chair,aprez.
coulé par me forte toile &’ le marc
bien exprimé : la. colature remife
dans le même pot enfemble les fom-
mitez. d'Aneth,de Thym, ou d’Hyf-
fope. muvellement fetchées & bien
choifes , incisées ou concafsées , de
chacune fx onces , ou pour le plus
huit , quantité fufifante qui com¬
muniqueront beaucoup plus de ver¬
tu a.cét huile , en la façon que je
les y employé , que ne feroit fas cet¬
te grande quantité que VJiutheur
y en demande , d caufe que par les
longues collions , les parties tenues
& fubtiles , epui compofent leurs
principales vertus fe dijfiperoient
en l'air. Le tout dis-\e , fera enfer¬
me dans le fùfdit pot exaUement
bouché, ou dans un matras , qu’on-
tiendra au bain marie l’effacé de
huit jours , le neuvième , le feu fe¬
ra augmenté , pour faire bouillir le
B. upe heure durant ; aprez. l’avoir
coulé , & exprimé comme défes,f-
paree l humidité fi point y en a, &
l'huile ferré dans une phiole , fera
gardé au befoin-
Oleum de Caftorio fîmpl. D.
N icol. Præpofiri.
Caflorii , unc . unam.
Aqua vite, vel vini ,■ une. duos.
Qlei veterü , lib. unam.
Bulliant in duplici vafe dum liqudf
abfumptus fit ,colatura fiervetur.
In CaSlorü genitalibus , vel pubç
prominet tumor , ex fanie , virm
ole'hte , Cyftide inclufa, kPhar-
macopais perperam pro tefliculü
ufurpams. Si hoc oleum ex fanie
comparetur , quid facile oleo li-
quatur ,_ non coquenda , fed agi-
tatione^, & calefaüione mifeenm
da. Si verb ea ficca fit pulveri-
fietur , & coquamr , ut monui :
parvam fuBinct coliionem ob ejtss
tenuitatem. Liquorem non expref-
fit JN icol. fed ex Fernelio,& Syl¬
vie , addidi , ne coquendo oleum
uratur eurn Caflorio.
REMARQJE.
BAuderon décrit cet huile de Ca-
fior en meilleur ordre , qua Ni-
colaus Prapofitusfon inventeur : qui¬
conque imit croit ce dernier, il fe pour-
roit ajfeurer que fon huile revaudrait
rien, & feroit en tierement grillé par
la confomption quü en demande du
tiers. Arnaud de villeneufve le dé¬
crit dans fon Antidotaire de même,
& y a.oute une once de pulpe de
Colocynthe Cars aucune humidité',
il veut aujfi qu’on le fajfe êv'apbVer
d’un tiers , ce qui ne fe doit ; il
de fend de prendre du Caflor noir-,
je ne fçay s’il dit cela à L’imitation
g 3 d’Avi
5 4 hïvre 1 1
à' Avïeenne livre x.trmtei. cha¬
pitre i lô. que le noir eft venin,
6 qu'il tue en un pur ; maü je di-
ray avec raifon , que le noir ny le
gris ny conviennent point ' , a cau-
fe quils jfbnt de nature friable ^
de fubSiance aqueufe ; & foferay
bien ajfeurer qu Arnaud de ydle-
neufve entend quon prenne eette
fubilance huileufe concrète qui fe
trouve dans une petite vefci'e im¬
médiatement attachée ’à cette gref¬
fe bourfe qui contient le vr^y Ca-
ftor ( qüe nous employons aux An¬
tidotes,) qui pendant la vie de l'a¬
nimal efi fluide ,• qui a fait dire à
quelques naturalises, que le Bie-^
vre fortant de l'eau a de coutume
d'en engraijfer fa queue, ( qui eft de
nature de poijfon écailleufe ) pour
aller paître fur la terre, & c*fft la
véritable fubSance qu'il faut em¬
ployer en la compojîtion de cet hui¬
le , & non la partie feiche & ari¬
de , qu’il faut referVèr pour les An¬
tidotes ; & parce que la quantité
d’une once eft très - petite fur une
livre d’huile ', j'eftime qu'il y en faut
pour le moins deux onces , l’un fe
diftbudra facilement dans l’autre,
par le moyen d’une petite chaleur,
outre que le plus fouvent quand le
CaftorJ-eftireeent cette fubftàncé eft
fluide , & ainfi aurez, un huile efti-
cacieux , qui ne fera ny roty ny
grillé.
Oleum de Caftorco compon:.
D.Iacobî de Manlijs.
Df. CaSorii,
Styracis Calamites,
. Seâion I.
Galbani,
Euphorbii,
Caffia lignes, aromatics,
Croci,
Opopanacis,
Carpobalfami , ziel fuccedanei ejut
jemin. Lenttfci,vel Therebinthi,,
vA Cubebarjim,
Spics Nardi ,& *
CoSi ', fing. drach. duos,
Cyperi , '
Schœnanthi,
Piperis lorrgi,
' Nigri,
Sabina
Pyrethri , fing. drachm. duos &
femifi. '
Olei Oliivarum, lib. unam,vel duiu.
Vini albi , lib. duos.
BulLiant omnia fimul ad confumptio-,
nem vini.
P AR AP H RASE.
IE defirerois que Hiiiile de Caftor
composé J félon la prefénte deferi-
pcioni, tut tenu aux boutiques , plutôt
que le fîmple , pource'qu en toutes
choies il a’ plus de vertu. Dans une
partie du vin il faut fondte le Gall
banum, Sc DOpopanax , puis les cou¬
ler Sc cuire en la conlîftance de miel:
Aprez concatî'erez les autres médi¬
caments , & les ferez cuire au bain
marie avec l’huile requis , julqu’à la
confbmption d’iceluyjou à peu prez:
puis le tout fera ‘exprimé J ôè à l’hui¬
le on ditîbudra lés gommes > avec un
pilon oirfpatule de bois, jufqu’à ce
que le tout fbit bien 'mélangé, &
froid pour le ferrer dans fon pot bien
bouché , attendant la necelîîté. '
LES
Des Huiles compofez,. 55
les facfltez.
Cet huilé eft plus efficace' que le
fimple aux affeââons froides des
nerfi &c des articles. Il eft"' bon à la
foiii'ditéj & au tintement des oreil¬
les, à la paraiyiîe,,aii tremblement,
& à la convulfion , dc au frilïbn des
lièvres, ü on en frotte 1 epine du dos.
REMARC^VE.
IL efi à remarquer , qtte de fui-
vre Bander oh au modm faciendi
âel' huile de Caftor composE quil en-
feigne en fa Paraphrafe , quon s‘é-
loigneroit bien de ce quil s'ejt ima¬
giné , de mêler l’Opopanax & le
Gdhannm dans l’huile , & qu’ils y
'tenir , cela né fe peut nulle¬
ment, à caufe des, diverfes- fubfian-
cés qui les compofent comme a été
cy-devant. dit,& encore moins’ aprez.
les avoir dijfom dans du vin , paree
ijual^ry ils abondent plus en humi-
iité dqueufe , qui efi une fub fi an ce ,
diriélment opposée a léole^gineufe,
j«i efi caufe qu’elles ne Jympatife'nt
point énfemble,. Pour y procéder
dof!c,,;^vec plue de méthode & et^.
•dniÉe, ü faut concajfer un chacun
des ihgrédiens cy -d.efiue fiecifieX^
comme a été dit jn llhaile de Pi-
peribus ; les ?ndtieres exaÜement
mfiées ( excepté le faffran qui fera
accommodé cornme dit efi ) feront
^ifis en un nouet , dans un linge
un peu clair , & quelle y fait au
large , le fujpendre avec un filet
dans un pot de terre ' vernie étroit
d émhouçheure,aveç unp.livre de jèi-.
^e onces a huile pour te pim , &
non deux, ny trois , comme dit Bau-
deron , & environ trois .onces de bon
vin-, bouchez, le vaijfeau exaélement,
(fi le ,mettefen infufion fur les cen¬
dres ' chaudes par huit purs , pendant
ce tems-ld , exprimerez fouvent le
noiïet , le neufvifme jour augmen¬
terez le feu , & l’entretiendrez bien
chaud durant deux ou trois heures,
fans que l’huile bouille , apref le
couleref & l’exprimerez fort. En
la colature y ajouterez la teintu¬
re épaijfie de deux drachmes de
faffran , comme a été dit en la Re¬
marque de fon huile. Et pour le
Cafior , il faut prendre la fubfian-
ce graffe & huileufe , ainfl qu’il a
été dit en l’huile précédant & au
lieu de deux drachmes , il eh faut
mettre demy once.
l’ay remis la defcription cy-def-
fus en fon premier état ,fuivant Ja-
çobùs de Manlijs pour le regard
de la dofe de l’huile , que Baude-
ron en toutes fes éditions avait au-,
gmenté d’une livre, quantité qui ex- ,
cede ,veu qu’il n’y entre que qua¬
tre onces trois drachmes d’ingre-
diens qui font toute la vertu de la
compofition.
Balfafnnm Polychreftum, D. B.
Bauderoni.
Of. P^adicum Symphyti ma]orû,unc.
quatuor.
Plantàginis , une duas.
Herbarum Symphyti medii , vulgo
Bugula,
Symphyti parvi , vulgo Pru-
nelU,
Befoniea,
Vermi
Lhre IL SeBion L
Virmkula,nt,
PrirnulA verit
uigrimonia,
Herbat, J^iapenjia ,feH Samculx,
^hfinthii Pontici majorü,
Kohertl , quA efi qnarta Geranït Jpe~
des Matthioli,
Verbe-fiA,
J\4Ulefolii,
PilofelU,
PimpinellA , &
Centaurii minons ^ana manip. mum
& femiji.
Contufis omnibus recentibus in mer~
tario , a ffunde,
ÀqUA vit A reUificatA , une. oSio Jî-
rnul macerentur fuper cineres ca-
^'lidos die bus quatuor ; quint» , ex
hü tepefaBü exprimetur fucetu,
in 'quo dtjfolve
Terebinthina clara,
Oleorum Lini,
Sambuci , ( vel communie ve-
terü ) &
Hyperici , ana lib. unam.
Bidliant in duplici vafe ad fued
ferme confumptionem , deincolen-
tur , & reponantur in ampuUa
vitrea , diligenter cera obdubla,
ufibpa extemporaneis.
P ARAP HRASE.
DEja Syrie , de l’Egypte, &r lu-
dée principaleraent des vergers
de Hiericho ( Ciré jadis tres-richc,
en la tribu de Benjamin , diftante de
Hieruiàlem environ vingt lieues ) on
apportoit autresfois des Baumes tres-
excellens , celebrez par les Anciens,
la connoiilànce delquels nous étant
déniée , nous jfbmmcs fruftrez de
l'effet de leurs rares & flngulieres
verras. Au defïâut de caix M. Brice
Bauderon mon pere a composé ce-
luy-cy , lequel j’ay jugé être digne
pour fes eftets , d’être inféré au pre-
îènt traicté , pour l’utilité publique:
& prie les Apothicaires , de le tenir
fait dans leurs boutiques , afin que
les Médecins, Chirurgiens, & au¬
tres , lors de la neceffité s’en puilTent
lèrvir , ainfi que je, le declateray cy-
aprez-
Son Autheur luy a donné le fur-
nom du mot Grec 5ToAtl3;;p»ri»' > c’eft
à dire , multi ufui , pour montrer
qu’il eft utile à pîufîêurs ufages, com¬
me pour arrêter quelque hémorrha¬
gie, pour agglutiner les playes ré¬
centes , mondifier les rilceres fôrdi-
des , & iceux incarner, guérir Ics-fo-
lutions de continuité , & contufions
.faites au cerveau , nerfs , tendons,
membranes , & jointures , étant acr
-cpmpagné comme je diray maintenat.
Sa bafe eft la Terebinthine (la-
quelle feule eft comme un Baume fa-
railler aux playes : Diofeoridg , &
Galien ) fa vertu deterfive , tnondifi- eft f»-
c^tive & chaleur foible font augmen; w/w/
tées par l’huile d’Hyperiçum les
fueilles de Bétoine, Géranium, Cen¬
taurée, Eupatoire, Sc Abfmthe. La
remoUitive par l’huile de Lin ,lequel
y entre encor, avec les autres froids,
pour tempérer & difeuter l’inflam-
mation qui foit ordinairement les
playes , & ulcérés au commencement.
La digeftive & agglutinative eft ac¬
crue, par le Diapenfia ou Sanickp^
Verbenc , le Millefoüum , &
folle, laquelle par fà froideur médio¬
cre , & fa grande fîccité , condenle
& reftreint les hémorrhagies , exci¬
tées de quelque caufo que ce
37
l^és Huiler compofezj.
ii(Jée toutesfois par la Pimpinelle,
Vérmieulairej racines de Plantain , &c
Confire, tant grande , moyenne, que
petite. Le Prinuila veris y cfl mis pour
le cerveau, nerfs , & jointures. L"eau
de vie pour feire pénétrer" le tout,
par là tenuité de parties , avec l'ai¬
de .des kerbes chaudes , §c l'huile
d’Hypericum , fondre &: difibudre
les grumeaux de fàng',' oii autre hu-
meur'caillée, & delîcicher les vlce-
rcs Ibrdides'.
LE ME LAN G,E.
Il faut premièrement couper les ra¬
cines de la grande Confire , & Plan¬
tain , ou les cohcalîbr , puis rneifer
menu les herbes l'une aprez l'autre
( au|»kravant mondées & lavées ) 8c
les mêler enlcmblé dans ùn mortier,
avec lés racines. Et de là miles avec
l’eau de vie rcétifiée dans un pot de
,1;, terre vernifsé bien couvert en infu-
rion,relpace de quatre jours fiir les
cendres chaudes. Le cinquiéthe jour
linfôfion étant tiede, il en faudra ex¬
primer le lîic , 8c difibudre dans ice-
luy la Terebinthine la plus claire,&
ttanlparante qu'on pourra trouver,
avec les huiles de Lin , de Sambuc,
^^flypericum , tel que nous l’avons
décrit Ainfi le toutferk cuit dans\m
double vailfeau , quafi. jufques à la
conlomption du fuc & non du tout:
puis le tour étant coulé , fera gardé
dans ùne pfiiole de verre bien bou¬
chée avec cire blanche, decouverte
d’une double peau pour les ulàges
luivans , ©u dutres que le Médecin
avil’era comme s'il veut arrêter le
bhg , il faudra joindre au prefent les
drogues fui vantes.
R EM ARQJE.
ON' peut infufer tom les fitfditf
ÿmples aprea en avoir tiré par¬
tie du fuc , pour les raifons cy-de-
vant dites en la prefente SeUion
dans la quantité d‘eau de vie reSii-
fiée, que Bauderon y dernanJfe pen¬
dant un jour &' non quatre , & le
fécond -jour au lieu d'en tirer le re-
fté du fuc avec l'eau de vie , il y
faut verfer par dejfus les huiles de
Lin , de Sambuc & d' Hyperictim,
aveeja Terebinthine de Vénife , ^
derechef continuer l'mfufion pen¬
dant huit jours en un lieu chaud^
lefquels pajfef feref cuire le tout!
fur un degré de chaleur fort modé¬
ré, fans qu’ils hoiiillentjpar un au¬
tre pur entier a vaiffeau couvert,,
dr fins attendre la confomption de
l'humidité, remuant fouvent les ma-
tienes i aprel^ cela le coulerez. &
exprimerez, fortement , ' Ô' ayant
lafsé rajfeoir l'huile en feparerez. ce
qu'il y pourra avoir d'humidité ,
ferrerez, le Baume pour le hefoin.
Sanguinem Eftens.
If. Olei , feu Balfami praferipti,
une. quatuor.
Cera alba , &
Refina, ana drach.fx.,
Boli Orientalis,
Sanguinis Draconis , ( id efi Gummi
arborés Draco diSla, quod à'co-
lore rubro fanguinis hodie nomi-
natur.)
Lapidis Hamatitis, aha. drach. très.
Alo 'és Hep at ica,
Coralli rubri , &
h
Mumiti
jg Livre
MumUiAttA drach.mam&fmij^.
Chalcanthi wfti , drach. mm.
Fiat mgaentum ufiti.
R E M A R QV E.
L'Autheur de U Paraphrafs rîa
point ehfervê en- cet onguent la
proportion dei dofes de l huile de
Baume avec la Ciré , Refine , & les
foudres j il y en a plus des trois der¬
niers qu’il ne faut , car au lieu de
faire un Onguent , on feroit un Gé¬
rât, ou pour mieux dire un Onguent
qui feroit de confiFlence de Cerat:
ctfi pourquoy il faut augmenter la
dofe de l’huile de deux once's , &
ainfi la confiBence en, fera meil¬
leure.
Les poudres doivent être fort fuh-
tiles , & le fang de Dragon trituré
un long tems.
IL Se^ioh L
remarqje:'
IL en eft encore pis pour U dif
proportion des dofes dût GluHnm
de Bauderon, que du precedent On-
guent pour arrêter le fang, ou il
fait 'entrer environ fep^ once? d‘m-
grediens , d’une confiftence ferme &
folide ,fdns y comprendre Us pou¬
dres , fur quatre onces de Baume-,
celuy-cy feroit quafii en forme"d'em-
plâtre particulieremesif fi on U corn-
pofoit en Hyver.
Il faut mettre .en poud'A le Gal-
hanuni , l'Amoniac , & l’Opopemax-,
car de les dîjfoudre- en du vin ou
du vinaigre , les parties les pim te¬
nues & fubtiles s’éÿaporeroient ,&
ainfi ils diminueroient beaucoup de
leurs vertus , comme il a éii ej-
■devant remarqué en l’Elekmrede
Baccis Lauri.
Glutinans-
Olei prafcripti , une. quatuor.
Gumrni Elemi , &
Sévi Arietis, an: une. duos.
Cera alba , drach. Jix.
Refina,
Picis Navalis
Gummium Ammoniaci,
Galbani,
Opopanacis, Aceto folutorum
(yel vino fi facuiati fuerint
nervi) & ad mellis crajft-
tiem coBorum , an. drachm.
très.
Pulvis Fhuris,
MaBicis , &
Sarcocolla , ana drach. duos.
Fiat unguentum , coque ntitor.
Sarcoticum.
Olei praferipti , une. quatuor.
Cer& alba ,&
Refîna , an. drach. fix.
Gummium Ammoniaci, une.femif.
Galbani,
Pulverum Arifiàlochia rotunda,
Thuris, ‘ ^
MaBicis,
SarcocoUa , &
Myrrha , an. drach. duos.
Croci, fcrup.unum.
Fiat unguentum utendi tempore.
REMARQVE.
Pour les raifons cycdejfus dites,
cette compofitiynne peut
Des Huiles compofez».
le mm d’ Onguent , que fin inven-
tenr luy a donné d raifion des do--
fes des médicaments , qmy quelles
ttyent plus de proportion que les fus
L'Ammoniac & le Galbanum
feront mis en poudre , plutôt que
à foui , ou bien qui les, mettra en
foudre grÆere & en fera un noüet,
& le fuéfendra dans un^ vaijfeau
commode , & avec l’huije cy-defi
fut requis , par le moyen d'une len¬
te chaleur & frequente ekprejfion,
l’huile attirera la vertu defdites
Ccrebro, nervis, & junduris
aecommodum.
Oleiifeu Balfami prafiriptijib. sées.
59
ra vfer diverfement , & Tappro-
prier liiivant les indications qu'il
aura pris fur fon liijet. Par iceluy
les Chirurgiens, feront relevez de
beaucoup de peine , & auront de
l’honneur en l’ulàge , outre le pro¬
fit du malade 3 pourveu qu’ils le
fçaehent approprier , & qu’il foit dif-
pensé fidellcment. La première de-
fciiption leur fervira pour reftrain-
dre, ôc étancher les hémorrhagies
au commencement. La fécondé pour
agglutiner. La troiziéme pour re-
generer la chair , là où il y aura
déperdition de fubftance 3 les au¬
tres intentions generales premilès.
La dernière pour les nerfs 3 joinctu-
res , cerveau & autres parties mem-
braneufes 3 ou tendineufès bief-
Gummium Elemi , une. très.
Hedera, &
Cera alba , an. une, unam.
hiherum Salvia ,
LavenduU , &
Cafiorii , an. drach. très.
Ligni Alo 'és,
Cubebarum,
Caryophytlorum,
JSfacis,
Baccarum Lauri, &
luniperi , an. drach. unam &
femifi.
Croci ,firup. duos.
Fiat unguentum.
paraphrase.
CEs ^quatre delcriptions ont’ été
ajoutées ity , ' pour montrer
les divers vfages de ce Baume , lè-
oa 1 exigence du cas , & accidents
lùrviendronc. Chacun en pour¬
Le mélange n’eft autre que ce-
luy que nous enfeignerons mainte¬
nant en la fuivante feétion des On¬
guents.
REM ARQVE.
CEtte quatrième compoftion efi
de meme confiflence que les
trois precedentes*, de quoy je m’éton¬
ne que l'Autheur de la Paraphra-
fe , qui était prt versé en la Phar¬
macie les ait dosées de la fine3
pour leur donner le nom d’On-
guent , comme aujf de les avoir
rangées à la fin de la Seblion des
hmles , puis qu'il dependoit de luy
de les loger en tel endroit qu'il
auroit trouvé bon. le ne les ay
point voulu changer ailleurs , pour
ne rompre pas en cet endroit l'or¬
dre qu'il a tenu ; je diray feule¬
ment , par avis à ceux qui les vou-
h a dront
6 O Lîure IL
àront préparer , à’ augmenter la
quantité du Baume , comme a été
cy-devant remarqué en la premiè¬
re dejeription , & des autres ma¬
tières qui donnent le corps à propor¬
tion des poudres , afin que celle-cy
dt les autres ayent la vraye con-
fifience convenable à leurs noms.
Balfamum, D.Mcfue falso Gui¬
don! tributum.
Op. Myrrha eleélar
Spica Nardi,
Thurü,
Opobalfiami^
SarcocolU,
Carpobalfami,
Aiafiiehes
Gumrni Styracis liquida^
Æo'és hepatica,
Sanguinis Draconù veri^
Jl^umia,
Bdellih
.Ammoniaciy
Croci, &
Gumrni Arabicî , an. drachm.
duas.
Labdani eteüi , &
Succi GaSlorii , an. drachm. duas,&
femifî.
jUdofchi Orientais , drachm. fe-
mijé.
Terebinthina Vineta ad pondus om¬
nium • mifice omnia hac , pul-
verifa pulverifianda cum Tere-
binthina & pone hoc totum in
alembico , & ingeniosè diéiilla\
ejl enim ars ficut de aqua Ro-
fiarum.
Seâién JL^
R E M A R QV E. ' ^
IL y a quelques Autheurs qui
donnent le fiurnom de Guidon
d ce Baume , croyant quil en efi
Vinventeur : ceux-là pourraient
être détrompe!^ s’ils preneient U
peine de lire fion traitté troiGé-
me , deélrine première des play es
in general , où ils verraient que
Guidon l’attribué à Heben Me.
fiué\ comme la vérité efi telle , qu’il
ejl décrit au chapitre deul^énte du
Supplementum de Mefué par Pe-
trus Aponenfis , & quoy que cet¬
te partie n’ait point receu d’alte.
ration par la traduUion de la lan¬
gue comme V Arabique , fi efi -ce
neantmoins que ce Baume fie trouve
diverfement décrit dans les exem¬
plaires de Mcfiué. Celuy de Veni-
fe inoBavo de l’an t pp. y deman¬
de l’Opopanax , comme fait ^ aitfft
Guidon , df RenoUi'& l’infolio de
Venifie de l’an lôrp demande au
lieu de l’Opopanax , l’ Opobalfatne-,
de pim ces deux derniers deman¬
dent fimplement le Caflor , & dans
cinq OH fix exemplaires dijferens
en imprejfion que j’ay veu w y lit
fucciCaftorii. Guidon de l’an i ^^7-
efi defieUueux en fa deficription de
l’Ammoniac , de la Sareocolle , du
Labdanum , & duCaftor, & y fait
entrer le Styrax rouge. T^randal -
dans fies œuvres infolio de l’an
le décrit aujfi au chapitre cinquième
de fies formules parlant des huiles, &
y à ajouté avec If Benjoien quelques
herbes chaudes , & en a rejette le
mufiç , le Çaftor , le Labdanum, &
l’Ammoniac. Ce qui me fait dire q$e
Des Onguents en generaL 6i
pur le bien dijpenfen on doit fmvre
Meff‘é preferablement à tout autre,
tant four l’Opobalfame , ou fin fub-
fiim , que pour le fiuc de Caftor,
farce qu’ils p conviennent mieux
que l’Opopanax , ny le Cafior fec &
aride , à raifin de leur confifience
liquide grajfi & oleagineufi , qui fie
joint, & fi mêle plus facilement avec
celle du Baume a caufi de leur ana ■
logie^ , '& ainji leur ,yommuniquent
mieux Jeur vertu , au lieu que l’O-
fopanax , & le Cafior, fie ne com¬
muniquent' la leur , quen partie.
Four le fie de Cafior tl faut enten¬
dre cette liqueur huileufe de la¬
quelle a été cy-devant parlé , &
'jp''d«ubler la dofe , parce quelle
ef un peu plus faible que la noire
eu^roufifire qui efi feiche. Et quant
à la Gomme de Styrax liquide , il
faut entendre du Styrax le plus re¬
cent en larme qui efi encore mol.
Pour le mélange , Méfié & tous
les autres Autheurs qui le décri¬
vent , veulent quon mêle tous les
ingrediens concafseT^ aveç. pareil
feids de Terebinthine de Vénifi, &
quon mette le tout dans un alem-
bip à difliUer : il me fimble que cet¬
te méthode nefi pas la meilleure , de
neler quatre onces & demie d’ingre-
diens fies', avec tant feulement qua¬
tre onces & demie de Eerebinthi-
rto j car que pourront rendre tou¬
tes ces matières de liqueur ? ce ne fe-
*4, jamais plus haut de deux onces
&’’fimie , le xe fiant demeurera re¬
tenu par la ficcité d.es. ingrediens,
ott en Colephçne à moins^de^ pouf
fer le feu , ÿ- alors la liqueur qui
eh fortireit -, au lieu de rapporter
une banne odeur ne fentiroit que le
brâlé , tel quon le trouve le plus
fouvent chef^ les Apothicaires , il
efi très certain qu’étant altéré par
le feu en fin odeur , il ne fiauroit
etre autrement qu’il ne le fût en fis
merveilleufes vertm quon luy attri¬
bué , voila pour quoy fefiime qu'il y
faut procéder comme s’enfuit.
Tous les fufdits ingrediens bien
éleus , & chacun filon fin poids
les faut mettre en poudre grojfie-
re , ^ fibfiituer à la Terebinthine,
pareil poids de la liquéur jauue qui
■ fi tire par difiillation de la Tere¬
binthine", qui efi la plus excellente
d’entre la blanche qui vient la pre¬
mière ,& la rouge qui fort la der-
niej-e ,pour les nerfs refroidis & au¬
tres parties nerveufes, & la liqueur
du Cafior doublée , le tout fera mis
dans une cornue bien bouchée, & fur
les cendres chaudes par deux fois •
vint-quatre heures ; cela fait , jette-r
rez. dans la c.ornué huit onces du
plus excellenr’vin ,■ à même tems
l’ajufierez. fur un fourneau à fa¬
ble , & au bec d’icelle , mettre^ le
mufi en poudre , 'enfermé dans un
linge délié , & qu’il ne f oit pas pyef
sé , afin que la liqueur en pajfant
eînporte toute fin odeur , & fa ver¬
tu j luteTf puis apreX^ exaRement
un récipient que le bec de la cor¬
nue entre fort jufte dans fin col,
& difiillez. par un feu lent , jufqu’à
ce que toute la liqueur oleagineu¬
fi fait pafsée , & avant que tes in¬
grediens puiffent recevoir aucune
alteration du feu , alors cejferez.
la difiillation , & les vaiffiaux ra-
foidis , les déluterez , & exprimereX^
fort le mufi dans la liqueur difiil-
lée-, feparez. les liqueurs l’une d'avec
h 5 l’autre,,
Livre IL SeBion 1 1.
l’autre, & dans l’Oleagineufe , y
mejlerem l’Opobalfame ou m de
fes fubfiituts , & pour la fin , fer¬
rerez. chacun a part , pour s’en
fervir au befoin. De la forte au¬
rez. un Baume tres-excelknt ,qui
fùrpajfera de beaucoup en ‘vertu
celuy qu’on préparé pour l’ordi¬
naire.
Nota quil fera beaucoup mieux
de mettre le Mufc en’ poudre, l’en¬
fermer dans un linge , comme dit
efi , & l’infufer dans le Baume di-
fiillé par quatre à cinq purs , au
B. M. dans un vaijfeau exacte¬
ment bouché.
Ce Baume efi fi important i qu’il
mérité bien d’être méthodiquement
préparé pour attirer fans altera¬
tion la vertu des fimples qui le
compofent , qui efi la caufe que je
donne cette fécondé façon de le
préparer. Prenez, tous les fimples
triturables avec les Gommes & en
faites une poudre grojfiere , & y
meflerez. la liqueur du Cafior , &
le Baume , & en faites un no'ùet
que mettre\ dans un vaijfeau con¬
venable avec la liqueur jaune de
Térebinthine , le vaijfeau artifie-
ment fermé , fera tenu au fable
pendant cinq à fix jours , fur la
fin, la chaleur fera augmentée &
le no'ùet prejfé de temps en temps,
apre^ cela le coulerez. & expri¬
merez. le marc , & en la eolature
encore chaude , y diffoudrez. le
mufc , pour le fout garder au
befoin.
SECTION II.
Des Onguents.
A V T A N T que le Liniment
tient le milieu , entïe les Hui¬
les, & les Onguents il ne fera pas
hors de propos dé déclarer fommai-
rement ce que c’eft , & de quoy il . ■ v.;
fe compolc , auparavant que de trait-
ter des Onguents.
Liniment a pris le nom de fon M-
ufagé. Sa forme tient le milieu en-
tre riiuile & 1 onguent 5 car il eftj
plus épais que l’huile, & plus mob
que l’onguent : parce qu’on n’y
met point de Cire. Il fe compofe
eommunémenl avec huile, terebin-
thine, graiffes, beurre, moelles, miel,T
poudres , Sec.
Pour le jourd’huy, improprement
parlant , on appelle liniment l’on-!
guent plus mol qu’il n’eft requis,
quoy qu’il y entre de la cire , gom¬
mes , liqueurs , refîne , &c. On ne
le préparé fînon lors qu’on s’en veut
fervir , félon l’ordonnance des Mé¬
decins , & Chirurgiens.
Des Onguents en general.
ONgitent, dérivé fon nom d’oin¬
dre : pourcc que d’icelny , les
parties malades en font ointes.» Il
fe compofe des parties des plan¬
tes, animaux, métaux , minéraux , &
terres.
L’huile y fert de matière , & «
cire pour donner la forme, & P®'’?
^ Ion
Des Onguents en general. 6 5
longuement retenir la vertu des in-
grediens fur la ^tie affedée , par
la craflîtie , 8c abn que l adion s'ac-
eomplilfe fuivant l'opinion d'Avi¬
cenne livre premier, chapitre deuxie¬
me, Fen quaméme, dodr. cinquième.
La quantité de la cire félon Galien,
au livre troifiéme des médicaments,
Itcirt lèlon les genres , & Paul Æginefe li-
vre feptiéme chapitre dix ftptiéme
drachmes pour chacune
imts. once d’huile , Sc une drachme de
poudre. Cette dofè n’eft pas de tous,
& toujours obièrvée , ioient par
' les‘anciens , ou modernes : mais
fouvenî diverfifiée, félon les inten¬
tions diverfes. Pource les Méde¬
cins taifenc fouvent la dofe de la c»-
rc , & la lailïènt au jugement de i'A-
pdthieaire expert en ion Art , qui
félon la quantité de l'huile. Poudres,
refine, colophonc, &c. le fçaura bien
&ire.
La cire blanche aux Onguents
froids , doit être preferée à la jaune.
Au contraire la jaune aux On¬
guents chauds : ainlî qu'il fera
plus amplement monftré . en parti¬
culier.
Davantage nous n'entendons pas
icy parler des Onguents fpecifiez par
Diofeoride au premier livre de la
niatiere medicale ( qui ne font autre
choie qu’huiles, compolcz de dro¬
gues aromatiques , dont nous avons
traitté en la precedente Seétion &
non de tous ) mais de ceux qui font
en ufage, & qu’on tient aux bou¬
tiques.
La différence le prend de leurs
effets , & de l'ordre qu’on obferve
- en la curation des vlceres. Tontes-
rois nous les diftinguerons en deux;
à fçavoir en froids , & çhfuuds , $c
commencerons par les moins eom-
poièz, comme nous avous fait des
autres çompoficions aux preceden¬
tes Sellions.
REMARQVE.
Eux qui dejîreront fçaveir U
maye ài'vijion des Onguents
des anciens & des modernes avec
leurs ujages , auront recours d, ce
que nous en avons dit , en la Re~
marque de la Theriaque , ou fay
parlé de 1‘ Arifioloçhe clématite ou
tenue.
Des Onguents en parti¬
culier.
Et premièrement des froids.
Vriguentum Rofatum » D.
Mefue.
Axungia Forci recent ü novics
aqua calente dr toties jrigida
Iota ( vt fit expert omnk odo-
Tis. )
Rofarum rubrarum recentium ,
vtriufq. lib. très.
Infundantur fimul dies feptem vt
marceficant ; tum coque igni lento,
& cola.
Rurfus tantum dem Rofarum r^cen-
tium & contufarum per tôt idem
dies marcefeere dimûte : fonde
igni ut prius cola ; tune af-
fitnde.
Succi Rofarum riibrarwn , lib. unam
& fèmifi.
Olei
^4 Livre IL
Olei Amygdalarum dulcium, lih'
femifi.
Coque igni lento , ad fucci con-
fumptionem , & repone ufui.
Vtendi tempore , fi vigilU\adfint,
confulatque jHedicm adde Opij
Aqua Rofarum fioluti , quan¬
tum videbitur , ut monet Mefi.
paraphrase.
De s pireceptes couchez par Diof-
coride livre deuxième chapitre
foixante huitième j traittant la nja-
niere de rendre les grailFcs odoran¬
tes J Mefuè a compofè cet onguent
lequel a pris le nom de fa bafe , les
rolês rouges , & fùc, tres-excellcnt à
ce qifil promet.
Pour le méthodiquement com-
polèr lèlon Méfié il faut net¬
toyer la graiife de Poreeau de fes
membranes , & la laver pluficurs
fois avec de l’eau qui ioit plus que
tiede , puis autant de fois avec eau
froide , afin qu’elle perde toute
la fenteur étrangère qu’elle peut
auoir , & qu’elle reçoive plus fa¬
cilement celle des roiès. On y
ajoutera autant de rôles rouges ré¬
centes & contLifes ’ au mortier de
marbre que de graillé, , qu’on lair-
ra infufer au Soleil ardent , envi¬
ron fept jours : ou trois fiir les
cendres chaudes ( fi on eft pref-
fè ) dans un pot de terre vernilTé,
qui foie étroit d’emboucheure j &
bien couvert. Aprez on leur don¬
nera une ou deux ébullitions, fiir
lin petit feu , puis on les exprime¬
ra. De rechef à la graille coulée ,
on y ajoutera de nouvelles rôles
rouges , comme devant contulcs.
Se’Bîon II,
qu’on infufêra , cuira , & expri¬
mera. , A la colature on y ajoû-
tera la moitié autant pefant que de
gralïè’, de lue de rôfes rouges, &
la fixiéme partie d’huile d’Aman-
des douces nouvcUenient tiré fur
trois livres de graiife , il y aura
une livre & demie de lire , & de-
my , livre d’huile , pour cuire le
tout enfemBle à petit feu, jufqu’à
la conlbmption du , fuc , (^oii à
peu prez. ) Pource qu’il vaut
mieux qu’il y en deiqçurc une on¬
ce ou deux , que s’il étoit telle¬
ment confumé , que la graille" &
huile acquillènt une chaleur con¬
traire à la froideur des rofes, Fai-
lànt airifî deux infufions , & co-
étions , cet Onguent fera rouge. &
odorant , & ne fera belbih de
l’Orcanetcou Anchulà , commçfont
quelques - uns , contre l’intention
■ de l’Àutheur : lequel ainfi fait fera
gardé.
Ceux qui le voudront faire fort
blanc & odorant , comme Poma-
de > au lieu de rofes rouges , pren-
dronfdes rofes blanches mufquces,
qu’ils acheront menu avec un cou¬
teau , & ne les contuferont point
au mortier : & de femblables rô¬
les tireront du fuc , feront les
infufions , & codions , comme
dit eft.
De même façon on pourroit fai¬
re onguent de fleurs de violes , de
Nénuphar , de .fàugè , de rofma-
rin , & autres fleurs odorantes,
ainfi qu’enfeigne Diofeoride.
Des Onguents froids, 6^
, les FACFLTE Z.
Il appaifè les inflammacions ,
eryfîpeles & heipes , & adoucit la
douleur de tefte procédant de caulc
chaude , & rintcmperature chaude
du ventricule & du foye.
R E M A R Q^V E.
L'Onguent rofat de Mefué ne
fe pratique point pour le pré¬
sent .que je f^ache , a moins que
et [oit par des vieux .Apothicai¬
res qui ont de tout temps négli¬
gé leur profejfion , & qui nont
•voulu fçavoir , que ce que les an¬
ciens ont écrit ; car de la façon
qu'il eft décrit , au - lieu de , defei-
cher la graijfe pour faire durer
plus long - temps fa vertu s ' ce fe-
roit luy augmenter fin onéjsuofité
corruptible qui ferait rancir l'on¬
guent en peu de temps ; mais com¬
me il n^efi pas conneu de tous le
moyen d'empefeher ;cette corrup¬
tion , fans faire tort a beaucoup
de fçavans de nôtre profejfion 3 je
diray qu’il y en a peu qui l'enten¬
dent , & le tout confifi^ d'en fe-
parer exaüement deux humidi-
tet y qui y quoy quelles filent en
petite quantité , & dé ' nature
«leagineufi , font corrompre la
graijfe.
fjuelques-unes pour la dejfiicher,
la font tremper & lavent avec l’eau
•vie I0 autres avec de l’eéfnit
de vinaigré defegmé : les autres
‘^t/ec de l’eau de chaux vive e &
d autres avec du fuc de limons di-
fidlé, de tous ceux-là , les der¬
niers font plus èloigneZy en leur
croyance & tous enjemble ne s’ap¬
prochent guere de la vérité.
Peur ne m’éloigner p^ davan¬
tage d’un plus utile modus facien-
di de l’onguent rofat que le pre¬
cedent. Il faut prendre pendant
le plus grand froid de l' Hyver ,
de la graijfe de Porceau , & non
de Truye ( quoy quelle foit ejii-
mée la meilleure par quelques-uns)
que connoifirez- par la mollejfe
de celle-cy , & par la fermeté y ou
folidité de l’autre , choijijfilfdonG
de la plus ferme qui foit bien blan¬
che , dr de la plus ’épaijfe de cette
première , & en feparez. les mem¬
branes y aprez. coupezp - la par pe¬
tits morceaux , & Ta pilez, d'ans
un mortier de marbre , mettelf-la
dans un pot de terre vernijfé que
ferez, fondre fur un petit feu , fa-ns
la faire boïiillir , étant fondue Ten-
tretiendrélffur une moindre cha¬
leur que la première y jujqu’à ce
quelle foit bien d.epurée , & qu’on
voÿe à travers le fonds du .pot,
alors la tirerez, du feu ,& la cou¬
lerez. par un linge blanc & denfe
dans des pots^ qui tiendront une
livre ou deux que laijferez ou¬
vert vint quatre heures au froid,
puis avec wn double papier , ou
parchemin 'les fermereTf pour ' les
garder jufquà la ftifin des ro-
fes. Dés que les rofes commence¬
ront de venir y prendrez, la quan¬
tité de la fufdite graijfe que vou¬
drez. J apreîj l’avoir lavée dans
un grand, mortier de marbre avec
d’eau de fo'ntaine , la plus froide
fera toujours la meilleure , ( & non
comme difent Mefué & Bauderon
i avec
Livre IL SeBion IL
6é
4vec de l’eau tiède , ). ou bien pour
ravoir pim fraifehe , la fere"^ ra¬
fraîchir à la glace , & la change¬
rez. trois ou quatre fois en un jour,
la derniere lotion fera faite , avec
de bonne eau rojee qui ne fait piCS
fermentée. Cela fait , l’humidité
exaElement feparée efiendre"^ la
graijfe fur un linge blanc en qua¬
tre doubles , qui en fuceera ' ce
qui J/ pourra avoir ■ demeuré d’^a-
' queux , aprez. y me ferez, un peu
moins de rofes épluchées, que Jlde-
fué y en demande , cueillies en
boutons d demy ouvers y comme a
ejlé cy-devant'' dit en V EleEluaire
rofat defquelles faut avoir tiré le
fuc : ce me fange fait , fera .enfer¬
me dans un vaif'eau propre &
tenu en une chaleur de cendres
trois ou quatre jours , fur la fin
la chaleur fera augmentée pen¬
dant deux ou trois heures^, la
matière fouvent remuée avec me
fpatule de bois. La colature &
fexprejfion faite par un linge
blancj^ & denfe la faut- laiffer
rafroidir , en feparer l’humidi¬
té qui fie trouvera au fonds , &
la remettre dans le pot avec pa¬
reille quantité de rofes , préparées
comme dit a été , obfervant la
chaleur , le temps , & autres
chofès qu^en la precedente j &
pour rendre l’onguent pim odo¬
rant y la reitererez, par une troi-
fiéme fois, ifonguent étant froid,
il en faut feparer derechef l'bu-
midite , en telle forte qu'il n’y en
refie point , & le ferrer en di¬
vers pots bien couverts que
tiendrez, renverfez, , en un lieu
frais & fie. Voila y pour, ce qui
concerne l'Onguent de Rofat de
Mefué. ■/.
L'onguent rofat que tiennent
ceux qui font ^ honneur h notre
profeffion en leurs boutiques , efi
à peu prez,. préparé comme le fuf.
dit , à moins qu’on n’y cherche pat
du tout tant, de faptn ; d’autres
fi contentent de mefer avec la
graiffe y mal préparée , les rofes
indifferamment comme il fe ren¬
contre , les fueille's toutes entiè¬
res j les autres fi contant ent' d’me
infufion j les autres eh font deux',
les autres concajfent les rofes , ^
y ad'oùtent du fuc d’autres re¬
fis , pour le faire bouillir , com¬
me a été dit cy-deffm > le co¬
lorent avec la racine d’Or'eane-
te ; niais à dire le vray , tous
ces Onguents n ont prefqke pour
toute vertu que la couleur rouge.
Il m’efi arrivé quelquefois de
preparesr cet onguent fans le colo¬
rer avec l’orcanete , que beaucoup
de perjônnes l’ont refufé difant qu’il
n’étoit pas bon. Puifque nous fom-
mes contrains de nous fervir de
l’orcanette pour luy donner cou¬
leur , de trois eépeces que Diofe-
en defiritv -, il n’y a que celle qu’on
appelle Onoclea , qui foit^ froide &
feiche , & les autres font chaudej,
Gai. livre 6. des fimples Médica¬
ments, & participent de quelque peu
d’acrimonie.
Ceux qui defireront avoir un
onguent rofat mufqué , prendront
de graiffe blanchi dejfeichée. de
fin humidité fuperfiué & en cou¬
vriront le fonds de deux bafms
de terre de l’efpaiffeur dvn de¬
my travers de deigt, & mettront
Des Onguents froids, 67
ie fueillei de rofes mufquées , fur
la graijfe de l’un , & le couvri¬
ront de l'autre , & les laijferont
ainfi l'efface de vingt quatre heu¬
res y le lendemain on retirera ces
rofeif 'four y en remettre de nou-
nelles fur la graijfe du bafin^ qui
a fervy ' de couverture -à l’autre
changeant ainfi tous les purs, juf-
cjttd ce que l’odeur foit bien
avant empreinte dans la graijfe,
& pour ' en faciliter plus prompte¬
ment la communication , de deux
en deux purs faudra retourner la
graijfe ie d'ejfus dejfous , apref la
ferrerez dans un pot pour s’en fir-
vir au lieu de pornade.
L'Aùtheur de la Paraphrafe
s’efi trompé quand il a dît, faifant
ainfi deux infufions , & collions,
cet onguent fera rouge & odorant,
^ ne fera befoin d’orcanfte ; car les
rofes rouges, ne donnent point leur
teinture à la graijfe , non plus qu’à
l’huile , comme elles la donnent à
teau i & l'orcanette au contraire
communique la fienne % la graijfe,
& à toutes les fubjlances grajfis ,
& non à l'eau fans un medium. En
Voilà ajfeTf pour exercer l’ejprfi des
curieux pour chercher la cqufe de
ces; differéhs effets.
Vngucntum Nutricum, feu de
Lichargyro, vel Triphar-
macum,D-Mef.
yi. Zitharsryri auri tenuiffme triti,
. lib.ferdji
Plei Rofati ' Omphacini , vel alte-
Aceti acerrimi , vtriufque quan¬
tum Lithargyrus agitata in mor-
tario ebibere poterit , & jujlnm
crajftiem acquifiverit.
paraphrase^
CE T Onguent eft appelle Nu-
tritiim , pour ce que la Lithar-
ge agitée au mortier avec le vinai¬
gre , & huile rofat , eft nourrie ,
c’eft à dire , acquiert une certaine
elpece de confiftence , & accre-
tion. Il eft aufll nommé Triphar-
macum : pource qu’il eft compo-
fé de trois : & de Litharge , comme
de fa haSk.
Quelques-uns aù lieu de vinai¬
gre , y mettent du fiic de Mor el¬
le appellée Solanum , ou de plan-^
tain , de cerufe ou autre femblablc.
Ce que l’Apothicaire ne doit point
faire , s’il ne luy eft expreilèment
commandé par quelque dode Mé¬
decin ou Cjiirurgien. Il différé de
l’emplaftre nommé Tripharraacnra
de la feule cuite. Méfié la emprun¬
té de mot à mot de Serapion trait-
té fêptiérne , chapitre a B. faits le
nom de Merdafengi , qui fignifie
en langue Arabique , Litharge
voyez les interprètes d’iceluy , &
d’Avicenne.
LE MELANGE.
La Litharge curieuf ment pulye-
rifée 3 • le doit du commence¬
ment &c longuement noun'ir avec
un peu d’huile , & vinaigre afin
qu’on ne la noyé > en fe penfant
hafter. Quoy avenant j il
’pburrbit elpàilîir , quelque agità'-
i Z tion
és
Livre IL SeéJion IL
don qy’bn y fift ou difEeilemcnt.
S'il eft fait dans un mortier , &
avec pilon de Plomb 3 il fera plus
■ refrigeratif , & deliccatif ^ mais il
n en fera pas li blanc 3 mais plu¬
tôt gris.
LES FACFLTE Z.
Il eft inearnatifj & epulotique : &
eft auffi propre aux vices du cuir,
■& à deftcicher les ulcérés 3 & à les
cicatrifer.
R E M À R C^V E.
Onguent Nutritum eft dé-
\^rit par Serap. au trait té fep-
iiéme chap. iS. de fon Antidotai-
’r^e , & non au chap.8. comme dit
Eauderon en fis. éditions. Jkfefué
en la diftinStion unxâéme , de fin
Grabadin le deftrit , fom-le nom de
Triapharmacum : & Avicenne au
Livre cinquième , fin^ne première
le décrit fous le nom de Fnguen-
tum ruhrum , & y fait entrer de
plus la racine de Euhif TinStorum,
ny l'un ny l’autre , ne preferivent
point i huile Rofat , mais le commun^
les deux premiers ne dofent point
les ingrediens , & ce dernier met
quatre onces moins de Litharge que
d’huile , & dix livres de vinaigre.
Bander on dit d’en mettre autant
qu’il en faudra de l’un & de l’au¬
tre pour luy donner une banne con-
fiftence -, d’autres comme loubert 3
preferivent les dofes qu’ils ont em¬
pruntées de Guidon , qui ne font pas
non plus que les autres en Un bon
ordre , qui les. voudro.it fuivre n'en
‘skndro.it ]amais. à. bout ny à fin
honneur , y ayant beaucoup pip^
Lytharge qu’il ne faut. A'kolm '
Prapofitus le décrit auffi tres-md
en deux exemplaires diffetens. dont
voicy la deftription. 'df. Lithargm
triti part. iq. Aceti vini unc.fmif.
fem , Olei Rofati quod fufficiit £„
cette deftription , fi bien qu’aux
autres , le defordre y eft en-
eore plus grand. Duboys enfin
Scholte le detrit moins mal que
les autres. Apref avoi-yrappohé
toutes ces difterentes deferiptions,
qu’on ne fiauroit fuivre d raifon de
l’inégalité des défis, qui, s’y rencon¬
trent grandes , 'aux unes' plus, aux
autres moins , qui feraient que l’on¬
guent ne garderait pas ja confi-
ftence huit 'purs , particulièrement
celuy qui ferait compofé avec k
fue de plantain , ou de Solanum ,
pour les raifins que nous dirons cy
aprez.. Mais en voicy me qui^me
femble être plus ’jufte , que je fais
préparer en ma. boutique. Prenët,
Litharge d’or triturée &.,Jpbtile-
ment cicotrinée , & non laveejfix on¬
ces : huile rojatpu tel autre jque Toc-
cajion requerra , dix huit'onces , &
de fort vinaigre dix onces pour le
plus. Il faut commencer de nourrir
la Litharge dans le rnôrtier avec
un peu d’huile , & l’ agiter quelque
temps avec le pilon , & apres, y
mettrez un peu moins de vinaigre,
& l’agiterez par la même e^açe
que devant , & ainfi faut continuer,
aprez Hun , l’autre , ’ptfqu’d ce que
l'huile , & le vinaigre foient em¬
ployez, obfervanttoupurs de mettre
un peu plus d’huile , que de vinaigre,
& une diftance égale fans fe pré¬
cipiter pour avoir ’pluftofl fait- Si
pair
Des Onguents froids.
.,piir 'hazard ,comme il arrive ajfez
. joHvent 5 d ceux qui font impatiens,
four abréger le tems qutl faut pour
nourrir la trois enfemble , on met
plut d’huile a la fois quil ne
faut: ^ on no^e leur matière , on
la remettra fkcilemen f en bonne for¬
me , en y ajoutant peu a peu du vi¬
naigre , en l’agitant fans y mettre
d'huile que la confidence ne foit re-
mife.: l’ay voulu donner cet avis
qui eft infaillible , pour tirer de pei¬
ne beaucoup de perfonnej qui tom¬
bent 0 cet inconvénient , particu¬
lièrement ceux a qui on le pour¬
rait donner pour ejfay '^de mai-
mfe.
Cet onguent fe fait plus comtno-
derpent , & a plus de vertu ra-
faichijfante avec le- vinaigre qu’a¬
vec les. fucs, parce que celuy-là je
^9
quod carior fit , augeat Boli do~-
fim & non peccabit.
^PARAPHRASE.
CEt onguent eft déctit par Guf
de Càuliac en fon traitté fepcié-
me , dodtdne première > chapitre cin¬
quième J qu’il a tiré des écrits de
Gai. livre y . des fimp. médicaments.
Il, a pris le nom de fà bafe j le Bol
de Levant : la vertu deficcarive du¬
quel eft augmentée par la terre jfîgil-
lée J apportée de Lemnos > pour le
jourd’huy appellee Stalimene. Ceux
qui n’ont la commodité d’en recou¬
vrer fi gjande quantité ( pour être
trop chere ) qu’ils prennent autant
pe'lânt d’ptre Bol j .onde la terre de
Blois 5 oii autr.c graflè & gluante , «Sc
ne feront mal. Sa vertu réfrigérante
lie plus facilement -avec le fel de eft augmerit^.par les fiics des her-
Saturne , que ceux-cy , qui ne pene- bes^ réhig^^^cs fiis Ipecifiées , ou
t ' du tout point la Litharge , &
ne font que fe lier fimplement avec
icelle & l’huile.
Vnguentum de Bolo, D.
Giiidonis.
Terrsi figillata , lib. dimidiam.
Boli Arme;, a , lib. unam.
•deeti ,vel fucci Solani , vel Plan-
taginis ,vel alterim e-ufdemfa-
cultatis , lib. unam-, & femifi.
Olei Rofati Omphacini , fi fiert po-
tefi , lifi très.
Benfim agitentur in mffrtario , do-
ttec linimenti crajfitudui£m ac-
^uirant ( ut in unguento Nutri-
to diximus ) & reponantur ufùi.
^i.quis terram figtllatam renuat,
vinaigre,
La inani^Pde le compolèr n’eft
^diflfeinblafte^u precedent , honnis
"qu’il iaut qu’i^oit un peu plus mol
qu’il n’eft requis, fi on le veut gar¬
der , pource qu’il s’épaillit en fe def-
fcichant.
,LES EACTLTEZ. .
•
Il réfrigéré , adftraint & corrobç-
re : partant iltconvient au commen¬
cement des fluxions chaudes, com¬
me an phlegmon.. & ei yfipcle , &c.
REMAR'i^n^E.
CEt onguent nefi pas
réglé f en fis dofis , ér qui le
des mieux-
_jreglef en fis dofes ,
compofereit comme if efi cy de fus
décrit , k troHveroit en peu de jours
7 O Livre 11. SeBion II,
dur & folide i & en état a rte s* en La bafe eft la Cerufe, l’aciimo.
pouvoir fervir j il ejl vray aujfi,que nie de laquelle eft corrigée par b
de quelle autre façon quon le côm- lotion fa.te en eau roî'e. L'huile ro-
pofe ,il ne fi P 04 de longue durée en fat» & aubins ou blancs d'œufs, j
fa eonfiétence , qui efi le fu'jet quon font rnis pour augmenter la vertu re-
ne le préparé quau terns de la ne~ frigerante de la baie : & le Cam-
cejfité , mais en voicy notre rnetho- phre pour fervir de véhicule. La cire
de , qui efi plus reguliere'; il faut bla,nchc, pour donner corps à l'on-
prendre huit onces de Bol Orien- guenœ
tal , une livre vinaigre rofat , &■
une livre & demie huile rofat , &
le tout fera nourry & agité enfem-
ble , comrne a été déclaré au pre¬
cedent -, excepté qn il faut com- frotter fur un tamis renversé (
mencer de nourrir le Bol avec le papier net au ddlôus ) la Cerufe:
vinaigre ( au lieu quau nutri- puis la laver ^plufieurs fois en eau
tum on commence par l'hmle )‘& deïontaine» & finalement en de l’eau
continuer ainfi^ comme dit efi : le roiê, puis la ièicher dans un plat de
cas arrivant quon noyer oit ledit terre vernifsé , qui foit couvert d’un
onguent , on le rerhettra aisément linge blanc au Soleil. Aprez on fera
comme le nmritum par le moyen fondre à'^petit feu la cire blanche
du vinaigre » en 'ob^rvant de que avec l’huile roiàt clair & net dans
dejfus.' un vailfcau de terre vernifsé » ou d’é-
_ tain & non de cuivre : puis retiré de
delïùs le feu , on y mêlera la Ceni-
Vfiguentum Albui?f5.RhafisAfo avec un pilon ou fpatule de bois,
^en remuant continuellement-» jufqu’à
LES FACFLTEZ,
Pour le faire beau & bon , faut
1^.. Cera alla, quartar. unurn feu,
Cerufa aqua rofarum Iota , lib. fe~
rnif. feu unc.fex.
Olei rojati , Hb. unai^ ,feu une. duo-
decim.
Albumina ovorum , tria.
Caphura ,drachm. unam. Technice
paretur vnguentum.
PARAPHRASE.
RHafis décrit cet onguent contre
la brujiiire, au chapitre i8. du
livre 7. dé fon Conrinent » lequel à
pris Ipiom de fa couleur blanche.
ce qu’ils foient froids. Aprez on y
ajoutera les aubins d’œufs , & le
Camphre fubcilement pulvérisé, puis
fera relfcrré en fon pot au befoin. Il
n’y faut de Litarge , ny autre chofe,
comme quelques-uns font {'HC mal)
s’il n’eft exprez commandé , pour
quelque confîderation inconnue . à
l'Apothicaire.
LES FACVLTE Z.
Il eft propre aux brûlures » au
prurit , à la gratelle » aux excoria¬
tions de chaleur ou frottement , ajix
ulcérés , à 'I’erüprionL des puitùies.
Des Onguents froids-. ji
aux Certes » à rintcmperie chaude
des vlceres ; 5c femblables vices du
cuir.
REMARQJ/E.
InoMi trouvons l’onguent hUnc de
Rhajts diversement décrit en nos
J>l)itrmacopées,cela procédé de ce que
Son inventeur le décrit en deux fa~
pns da'^s fes œuvres. La première
M traitté j}ptiéme,chapitre dix- hui¬
tième, Sous le nom d’ Onguent de Ce-
ruSe, QU il truite de lu-Jérulure du
feu, de reau,& de l’huile. La fécon¬
dé au premier livrée de Divifionum,
chapitre, 1 5 6lfous le norn. d’Onguent
hlanc , ou il traite ,0.u0 de la brû¬
lure du feu. SO: première defcription
efi scelle que Baud.^om rapporte fi-
deilement.,& ne différé que fort peu
tnladofe des trois derniers ingre-
diens. Et en lajèconde il ny entre
que l’huile rofat, la Csrufe,& la cire
fans dofe. Sur laquellê Duboy^ en fa
rnethode a fait fon annotation.
Vnguentum De/îccativum ru-
bruiB incerti Auftoiis.
y,. Olei Rofati Omphacini , Ub.
unarn.
Cera alba , une- qui}: que.
Liquaiis infferge pulverem fequen-
tem.
y:. Ldpidû Calaminaris fubtUiJfrnè
tritt & loti,
Terra Lernnia , vel BoÜ Armena,
utriufque une. quatuor
Lithargyri auri , dn
Csrufa , utriufque une. très.
Caphura , drach. unam.
Technicè fiat unguentum*
PARAPHRASE.
L’Aiicheur de cet onguent nous
eft incertairij lequel a pris le nom
de Ibn eftet , & le fuinoin de la cou-,
leur rouge que luy donne fa bafe la
pierre Calamite. Sa vertu deficcati-
ve eft augmentée par la Litharge»
Cerufè & Boh pour la terre Sigillée:
la refrigerativc par l’huile rolàt Om-
phacin.' La cire luy donne corps , le
Camphre par fa tenuité de parties,
fait pénétrer la cralïîtie de la bafè,
& des autres deficcatifs 5c terreftres.
LE ME L AH GE.
■ Il faut’ pulverifer chacun à part,
le Camphre la Litarge , le Bol & la
pierre Calaminaire , qu"il Æut laver
à caulè de Ion acrimonie , 5c la Ce-
rnf^, comm^ été Ibuvent dit: puis
à petit feu 'faire fondre la cire dans
l'huile. Aprezhors du feu, on y mê¬
lera les poudres : finalement le Cam¬
phre’, en remuant toujours, avec un
pilon ou fpatule de bois , julqu'à ce
que tout loit refroidy , afin que les
poudres par leur pelant eur ji’aillent
au fonds, & le puilîtnt mieux mê¬
ler. Sylvius copf illeque Thiiile, &
la Litharge foient premièrement nour¬
ris à parc fur 1 ■ leu afin qu’il en foie
plus deficcarif, 5c aggltitinatif, avant
qn’y mettre la cire , ny les antres in-
grediens : ce qui eft bien vray , mais
aiilfi il réfrigéré moins qualité ne-
celîàire à la chaleur étrangère , qui
Ibuvent accou pjgne les ulcérés. De
cette forme Ce fera un, cerat : car pour
un onguent , il y faut moins de cire.
LES
72. Livre IL Semon IL
LES FACFLTEZ.
Il rafraichic, corrobore , arrête les
fluxions J defFend la partie afîcctée,
reloue & confume les humeurs lu-
perHucs 3 deiîèiche les ylceres & les
conduit à cicatrice.
R E M A R C^V E.
‘Autheur de la Paraphrafe dit
que cet onguent na point d'Au-
theur 3 dequoy je rn étonne 3 que luy
qui a été fort exaét pour f avoir la
vérité de toutes chofis ne Je fait ap-
ferceu que Nicolam Prapojîtm le
décrit 3 & duqpiel il y a apparence
que la defeription qu il nous en don¬
ne , en a été empruntée, attendu ijue
les ingrediens & les dofes font con¬
formes 3 excepté que Pr&pofitus y
. fait entrer l’huile rofa^, & l'jouile
violât 3 & Bauderon n’y met que
V huile rofatyfans doute , parce quil
ejl dit en ta glojfe de Prapofitus,
quil croit ^uavec l’huile rofatfeul
il feroit meilleur , parce que l’huile
rofat participe de Jiiptiçité.
En cet onguent je trouve y avoir
grande diéfroportion entre l’huile
& les poudres , & de la cire mê¬
me 3 qui ejl 3 que fur douTf onces
d’huile , il y a cinq onces de cire
blanche , & quatorz^e onces de pou^
dres, qui font fort défàcatives ,fa>is
y comprendre le Camphre. Quicon¬
que le compoferoit ainfi a l’entrée
de l’Hyver , feroit apeuré d’avoir
un emplâtre fur la fin , c’éjl la cau-
fe pourquoy , il faut augmenter la
quantité de l’huile rofat d’une fois
autant , qui font Z4. onces \ la ciré-
blanche- aujfi d’environ deux oncesi
quantité convenable pour donner le
corps a cet onguent , pour tenir la
pefanteur des poudres' en un mêlan~
ge égal 3 &fur chacune once d’huile,
& de cire , y aura prez de demji
once de poudre j dofe fufiifante pour
dejfeicher puijjâmment.
VnguentLim Pompholigos, D.
Nicol. Alcxaud.
Olei 'Rofati Omphacini , une.
vigir^ti. •
Succi Granorum Solani , unj^de, }
Coquantur fimul , ad, hujui ferme
confitmptienejn , tuhe liqua. ^ •
Cera alba,&. nop fiav a, me. qmnque.
Cerufe Iota, une. quatuor. ^ ^
Plumbi ujlijoti & tenuifime pul-
verifati(non üSlurn tenuijfimepuU
verifatum'anteponerem) &-' J '
Pompholygos ■( hujus penuria Tuti&
praparata) utriufque une. duos.
Thurü puri fuhtilijfmejtilverijatî,
une, unarn. ~ y
Ex arte paretur unguentnm, ufui re-
,ponendum. . ’ ' '
faraphra sep
LAutheur de cet onguent meft
incertain ( (juo)2que Piæpoficus
rattribuë à Nicolas ) ne l’âyant peu
trouver aux Sedions 520. &l 35°*
des Antidotes , félon Myrepfus jou il
traître des Onguents , Ceioines , &
emplâtres. Si quelqu’un le trouve^i -
leurs il me fera plaifir de cotter le
lieu 3 pour le foulagcmcnt^ éclair-
cilfement des Ledteur^. I ay fiivy
Nicolaus Præpofitus l horfœis que
Des Onguents froids. 75
j’ay double la dofè de Thiiilc , & en
ay mis vingt onces pour dix , pource
qu’il ne fuflifoic pas à une fi grande
quantité de cite, & de poudres, pour
compofer un onguent mais un em¬
plâtre.
La bafe eft le Pompholfx dont il
a pris le nom j comme celuy qui
tient le premier rang entre les miné¬
raux , 6c métaux à dellêicher làns
mordacité. Galien au neuvième li¬
vre des fimples , &' quatrième des
' médicaments locaux. loinc que fa¬
cilement, & à vil prix, on en peut
recouvrer des fondeurs de cui vre , &
d’attilierie : car la Tutie elpecede
Cadmie ) pour le jourd’huy eft pri-
fe ( & mal ) pour le Pompholix , &
a beaucoup moindre vertu. La cau-
fc de tel erreur , fiiivy par nos Apo¬
thicaires, vient de Serapion& d’A¬
vicenne, qui ont eftimé la Tutie, &c
Pompholix être même choie. Ceux
qui ne fç auront connoître la differen¬
te de l’un avec l’autre , qu’ils lifcnt
Diofcoride,& Galien. Ceux qui n’au¬
ront pas la eonimodité de recouvrer
du vray Pompholix , prendront en
attendant de la Tutie préparée ; ôc
lavée , & fubtilement pulvérisée.
Au lieu du plomb brûlé avec le
fouphre,je lèrois d’avis qu’on prît
du crud , lequel limé ou battu en la¬
mines fubtiles , ôc infusé en fort vi¬
naigre , environ vingt-quatre heures,
fe pulverifera facilement , en friant au
mortier de bronze; & plus facilement
que h brûlé mêmet &quoy qu’il ne
mit infiiséj il fe peut pulverifer(étant
llmé) aulfi fubtil qu’on voudra. La
taifon eft , que par le moyen du iou-
pbre Sc du feu , il perd fa vertu re-
fiigerative , & acquiert une chaleur.
ôc acrimonie , qu’il ne perd entière¬
ment par la lotion ; qui caufe de la
douleur & mordacité aux ulcérés , au
lieu d’éteindre la chaleur qui y eft
foûvent. Quelqu’un dira que Diolco-
ridê Sc Gai. les Arabes , & plufiturs
des Modernes , en ont usé avec
heureux fiiccez. le le confelfe, mê¬
me j’en ay usé, & trouvé par expé¬
rience , plus d’effet au plomb pulvé¬
risé , comme j’ay dit qu’au brûlé. Et
croy que -fi les Anciens eulfent efti-
tné qu’il fe fut peu pulverifèr fans
calciner, qu’ils l’euflentmis enufage,
ôc préféré à l’autre. On ne fe doit
émerveiller de cela: car ils n’ont pas
peu tout fçavoir ny expérimenter,
ôc il nous doit fiiffîre des rares , Sc
doétes. préceptes qu’ils nous ont laif»
sc par écrit, avec l’aide defquels nous
pouvons voir plus outre , étans mon¬
tez fiir leurs épaules.
LE MELANGE.
Les pourdres d’Encens , Cerufê,
plomb crud , ou brûlé , Sc Pompho¬
lix , doivent être fort déliées , afin
que leur âpreté ne caufe douleur aux
vlceres , & contraigne les malades
de rejetter tel onguent, comme j’ay
foiivent veu avenir. Ces trois der¬
niers fe doivent laver chacun à part,
afin de corriger en quelque façon
leur acrimonie ; principalement, fi le
plomb a. été br-ûlé. S’il n’a été brû¬
lé, il n’eft pas befoin de le laver :
veu que la lotion eft pour corriger
l’acrimonie acquile du fouphre , ÔC
du feu. Cela fait, on fera bouillir le-
fiic de Solanum auec l’huile rofat
Omphadn , quafi jufqu’à fa totale
confomption , pour les raifôns cy de-
k vanc
Liére IL
vanc déclarées : puis on: les coulerai»,
& y fondra la cire blanche. Icelle
fondue 3 on y ajoûtera la Cerulèj le
PomphoÜx J.& le plomb : finalement
l’encens , afin qu’ü ne fe grumele par
la chaleur : pource il le fiant remuer
continuellement avec un pilon de
bois 3 jufqu’à ce que l’onguent fioit
froid. Aprez on le refierrera dans fon
pot pour le befoin.
LES FACVLTEZ.
H deiïèiche les ulcérés des jam¬
bes 3 tempetedeur chaleur , defleichc
l’humidité » corrige la malignité car-
cinomateufe» appaifo la douleur 3 &
eâ lingulier à incarner & cicatrifer..
R E M A R QJ E.
"Autheur de l'onguent Eompho-
ligas, a été incertain a celuy de
la Parap'hrafe , & a beaucoup d'au-
fres y & quoy qu’il l'eût trouvé dé¬
crit dans Nicolaut Prapojîtm , il
jugea bien qu’il n'en étoit point Vin-
venteur, comme en effet, il efide Ni-
colam Alexandrinui chap. ioiS.de
fon livre pre aile gué ; s'il diffère de
celuy de Bauderon en quelques do-
fes des ingrediens , & non en leur
nombre , neantmoins peur le mélan¬
ge , celuy de JSéicolaus Alexandri¬
nui efi a préférer , comme convenant
mieux a fes intentions , qui fint de
deffeicher fans mordacité les eryjt-
pelles , les ulcérés fordides des jam¬
bes , de temperer leur chaleur , ap-
paifer les ' douleurs , d'incarner ejf
de cicatrifer.
Four le modm faciendi,que Bau¬
deron propofi toutes fes mentions
SeSiton IL
ne f auraient être accomplies avte.
Les deux moyens qu'il donne pur
mettre le plémb en poudre fJis%
brûler , qui ne font ny lesvrays-ih
les plus feurs moyens d'y procéder,
puifque fans addition , ny une lon¬
gue trituration on le peut mettre en
poudre fubtile : car de faire cuite
& confumer huit onces de fuc-, de
Solanum avec vingt onces d'huile
refit Omphacin , cela ne. fe peut,
fans que le feu ny introduife f
qualité ignée , & quelle ne chajp
tout a fait fa rafiaichiffante fr ad-
firingente vertu avec celle du .So¬
lanum. Mais Vinvemeur de nôtre
onguent y procédé plus méthodique¬
ment , en incorporant peu a peu
dans un mortier de marbre m So¬
leil , par une longue agitation , une
quantité proportionnée du fuc d(
Vva Lupina avec celle de l’onguent,
& par ainfi toutes les qualités. &
vertus, requifes cf neceffaires s’p
trouvent confervées : ou bien qui
voudra encore y procéder autrement,
aprex. avoir fait liquifier la cire
blanche dans l'huile rofat , y mêler
exaSement par une longue agita¬
tion trois ou quatre onces pour le
plus de fuc de Solanum purifié par
refidence , & en dernier lieu les
poudres : & cette dernkre mefo-
de fera meilleure pour la couleur.
Quant aux dofes,il .faut fuivre Bau¬
deron, & augmenter l'huile rofat de
deux onces en Eté , & de quatre
en Hyver^
Bauderon s’ efi trompé de dire que
le plomb brûlé avec le fouphre ac¬
quiert chaleur & acrimonie nulle¬
ment ;■ comme aufii quand U rt dit
que le plomb limé & infuse tnvf
tort
t)es Onguents froids. 75
fun heures en fort vin-
éÿ-e Je met facilement en poudre.
Vnguentutn Ophthalmicum,
D.B.Textorrs.
Tutis, Alexandrins,- pr&par ata,
me. unam.
Boli Orientalis ex Armenia,
&rufs aqua rof arum lots , utriuf-
que drach. duos.
Qram ruhri prsparati , drachm.
unam.
Çafhurs optims, ( qualis h&die s
China adfertnr, ) &
Opii Thèbaici, vel Meconii utriuf
qucygran. oBo.
Sutyri recentis , infulfi , & aqua ro-
[arum iqti , unc.fex.
Compone ex: arte unguentum 'ufui
reponendum.
pamap hrase^
L’Autheur de cet onguent eft Be¬
noît Textor > excellent Médecin
du Pont de Vaux en BrelFe , qui luy
a imposé le nom de Ion effet, & non
de fa bafe la Tutie , mile au com¬
mencement. Sa vettu réfrigérante
eft augmentée par l’Opium , & Co¬
rail : la deliccativc des humeurs, qui
tombent fur les yeux , par le Bol
d Arménie. Le Camphre fert de vé¬
hicule , tant à la bafe, qu’aux au¬
tres deficcatifs. Le beurre recent &
non falé , donne corps à l’onguent,
addoudt la douleur des yeux,& cor-
^ge l’âpreté , Sc ficcité des terre¬
stres : & quoy que quelque portion
diceluy y entrât par inadvertence,
nu découlât , il ne les offenlè pas
tant , comme il pourroit faire, s’il y
avoit de l’huile. Son ufàge doit être
aprez les purgations univerfelles, &
faignée : autrement il ne pourroit
profiter. Ceux qui le feront avec
Pomphôlix , auront un onguent meil¬
leur, qu’avec Tutie, icy mentionnée.
LE MELANGE.
Il faut hibtilement pulverifèr cha¬
que médicament à' part , & laver avec
eau rofe plufieurs fois la Tutie, le
Bol , la Cerufè , & Corail : puis le
tout’ fera malaxé avec le beurre ré¬
cent , & non vieil , ou fàlé pour s’en
fèrvir. Il fe doit préparer lors qu’on
s’en veut lèrvir,& non pour le gar¬
der long tems en la boutique.
Ceux qui n’auront pas la commo¬
dité d’avoir du beurre recent , qu’ils
prennent autant pefànt de graillé de
chevreau bien lavée , 8c purgée de
fès membranes. De cet onguent on
engraille les angles des yeux , les
paupières, & le tarie , Ibuvent & fans
chauffer , à condition que rien n’y
puiflè entrer , à caufe du fentiment
exquis de la membrane adnate.
LES FACVLTEZ.
Il empêche les fluxions des yeux»
temperc la chaleur & l’acrimonie des
■ humeurs, arrête & defléiche leur trop
grande humidité , en ôte la rougeur,
8c fortifie l’œil, fî on l’applique,cora-
me il eft dit cy-delîiis.
REMARQVE.
I-Eftimc' cet onguent de tres-petk
■ufage , pour raifon de fa compofi-
k Z tion^.
"'y6 Liure IL
tion , particulièrement à caufe du
Camphre , & de V Opium , que plu-
Jieurs perfonnes craignent fort , ce
premier par^ fin odeur pénétrante,
& ce dernier par fis effets qui affou~
piffent & endorment : la quantité
des deux neantmoins y efl fort pe¬
tite , qui ne doit pas faire appréhen¬
der aucun mauvais fuccez.-, pour fa- -
tis faire a ceux-là, , j’en donner ay une
formule fort fimple de long tems
expérimentée en cette ville, on choi-
fira des deux , ceUe quon voudra
préparer.
làf '. Butyri recentis aqua rofarum
loti , une. quatuor.
Tutia Alexandrina prapar.- drach.
Sacchari candi, drach. très.
Vitrioli albi , gran. xxiiij.
Jkfifee , fiat unguentum fecundum
artern.
Tous ces ingrédient triturez, fub-
tilement, feront incorporés avec le
beurre , apref en avoir fort exa-
Rementfeparé l’humidité de l’eau
rofe.
VngLiencum Popnieum , D-Ni-
col. Salernit.
y:. Oculorum , feu Gemmarum po-
puli nigra , lib. unam & femiji.
Axungia Perd recentis , lib. très,
vel duos cum alqs.
Oculi Populi contùfi , macerentur
cum Axungia , ad Ma]um ufque
menfem, deinde.
"df. Foliorum Papaveris nigri,
JHandragora , ( hu]us penuria fume
tantundem Baccarum,vel filiorum
Sambuci niontani , feu Sylvefiris:
SeBion IL
quia fimiles obtinet vires , tefii.
bus Trago , & Pena.)
Hyofeyami,
Solani,
Vèrmicularis,
Semper vivi mafiris ,fiu Sedi,
vel Aiz.oi \
■' LaRuca,
Perfinata , vulgo Bardane,
Violarum,
Scatunceli , vel Pmbilici ve-
neris.
Cymarum Rubi tenerrimarum yfing
une. très.
Herba tufie in mortario , Oculis &
Axungia mifeeantur : & per oBo
vel decem dies fimul macerentur.
Deinde fiipra lenturn ignem fem-
per movendo cum piftillo coquan-
tur cum vini optimi , Itbra una
vel fucci Solani, & Aceti uiriuf-
que libra dimidia : ut fit effiea-
cius , ad huius ferme confumptk-
nem , tum exprimantur. torcula-
ri & expreffum unguentum ufii
■ reponatur.
PARAPHRASE,
SAJernicanns a emprunté cette de-
feription de Myrepfus , Seétion
treizième J chapitre 45. & y a ajou¬
té la Bardane qu’il ne faut pas re-
jetter , comme dit Fuchfius : pource
que par fa chaleur , elle fait péné¬
trer la froideur des autres. Pour fem-
blable raifon le vin y efl: rois : toutes-
fois je ferois d’avis qu’on y mît du
vinaigre & fuc de Solanum en fon
lieu de chacun demy livré , afin qu il
fût plus froid.
Davantage Myrepfis ne fpecifie
pas la dolède la graiflë, & roet des
herbes de chacune demy oncejlaqueb
Des Onguents froids.
,fe quantité ne fitffiroit à celle qui eft
fpecifiée par Salernitanus , ny à la ba-
fe : ce qui m’a occafionné de fuivre
, plutôt celuy-cy que Myrepilis.
Cet onguent a pris le nom de la
iafe les bourgeons , ou yeux de Peu¬
plier noir mis au commencement &c
en plus grande quantité que toutes les
autres herbes , lefquelles y font mifes,
pour augmenter fa vertu réfrigéra n-
horfmis la bardaiie j pour la raifon
que deflùs. La graiiTe de prorc doit
etrerecentej & nettoyée de fes-. mem¬
branes , & lavée , laquelle tient icy
lieu de ciré, & d’huile, & pourcon-
ferver longuement leur vertu.
LE MELANGE.
Il faut cueillir au mois de Mars
les bourgeons ou les yeux du Peu¬
plier noir, la Quantité requifê , âc
les concalïèr au mortier, & y ajou¬
ter la graifle rccente , fie nettoyée
( comme dit eft, ) fie les mettre dans
un pot de terre vernifsé, fie les cou¬
vrir jufqu’au mois de May fuivant,
daatant que les herbes icy mention¬
nées ne fe trouvent plutôt en leur
vigueur. Alors elles feront cueillies,
& nettoyées de toute foüilleure , fie
contufes au mortier , pour les infiifèr
enfemble avec la graille fie l^s yeux
de Peuplier, environ huit ou dix jours
en lieu chaud. Puis le tout mis dans
une baffine ; fur le feu, avec du vinai¬
gre , fie flic de Solanum , de chacun
demy livre,qui reviendra à la livre du
vin mentionné au texte , feront bouil¬
lis quafî jufqu’à la confbmption d’i-
ceux , fie de l’humidité des herbes.
Qjje fi on ne peur pour lors recou¬
vrer fi grande quantité de Solanum
on en puine tirer le fac reqiiis.
77
qu’on triple la dofe d’iceluy, {'c’eft à
dire de l’herbe , J pour fuppléer au
defaut: parainfiil fera plus verd, fie
plus refrigeratif, qu’avec le vin. Du-
^ tant leur cuite, il les faut continuel¬
lement remuer au fonds , avec un pi¬
lon de bois , afin qu’ils ne fè brûlent,
fie qu’on connoifle plus aisément
leur cuite. Aprez on les exprimera-à
la prellè , avec une forte fèrpiliere , ou
toile neuve , en forte que rien n’y
demeure.
L’onguent étant ftoid, fera ferré en
fon pot attendant la necefîîté. H le
faut renouveller tous les ans : autre¬
ment fa vertu réfrigérante fè perd par
le tems , fie la chaleur de la graille
furmonte la froideur , fie par confè-
quent eft inutile.
LES EACVLTEZ.
Il provoque le fômmeil , fie pro¬
fite aux febricitans fie aux douleurs
de tête causées de chaleur , fi on en
frotte le f ont fie les temples , ou les
plantes des pieds , ou les carpes ou
poignets des mains.
R E M A R Q^V E.
E diray en pajfant fans faire cor-
reÜien fur le nom de l’Autheur de
E Onguent Populemn , que Nicolam
Alexandrinus en efi E inventeur ^ ou
à tout le moins celuy duquel Myre-
pfu-., Pranotius, & Salernitanus Pont
emprunté. Ce premier le décrit dans
fon livre de la compojîtion des me-
dicanutnts locaux chap. i o 3 y . mais
parce quen la defeription de Nico-
lam Salernitan.les fueilles de Man^
dragore & de Pavot noir y entrent,
quil rien efi point fait mention dans
k i fe
' yS Livre IL
ee premier , nonobjtam que la dofe
de deux livres de graijfe ny con¬
vienne pas , comme celle de trois
livres d‘ Alexandrinm y (quel' Au-
theur de la Paraphrafe a retenu
avec raifon à caufe de la-quantitê'
d'herbes qui pefent cinquante une
once ) je n'ay point changé le nom
de l' Autheur.
i P’our le compofer avec plus de
méthode qu'il, n'efl- cy-dejfus prefi
crit : il faut prendre les yeux oUj
bourgeons de ‘Peuplier , lors qu'ils
font plus gluans , les, concajfer &
les me fer avec, la graijfe dejfeich’ée,
ou de la préparée comme a été dit
en l'onguent rofat , & les mettre
dans un pot de terre vernijfé cou¬
vert d'un parchemin , & au Soleil,
en attendant la faifon des autres
herbes , lefquelles il faudra incifer
fort menu , les piler , & des plus
fucculentes en tirer une bonne par¬
tie du fuc y puis les incorporer exa-
Slement avec l'infujîon du Peu¬
plier y cela fait le pot fera tenu
fur les cendres chaudes , pendant
fept a huit jours ; apre'X^ on les
fera boûiUir , comme imperceptible¬
ment y remuant fouvent la matière
avec me Jpatule de bois ,■ fans y
adfoùter du vin ny autre liqueur,
parce que les herbes ont ajfez. de
fuc pour fupporter leur coStion , at¬
tendu quelle doit être fort legere,.
& que l'infufion fufdite de Cept a
huit purs au chaud y fupplée , &
ainfi les qualité'^ & vertus de
l'onguent ne recevront nulle alte¬
ration comme il arrive autrement.
La marque ajféurêe de la coélion
dff>(. plant es fera lors que la graiffé-
fem^.jhffifamment empreinte dé lat-
Se B ion IL
couleur & def odeur d-'tceUes ; cé.
la étant , coulere\^ le tout chaus
dement par une forte toile qui
naye point fervy à couler d'hui¬
les & l'exprimerez à la prejfe.
L'onguent froid , en fepare-
rez l’humidité qui fe trouvera
au dejfous , & le ferrerez dans
fan pot. .
Vngucntum Comitiflæ , D.
Guilielmi Varignanæ.
Corticum médian a Cafanea-
rum y
Glandium , & *
Gquprcus ,
Cortic. Fabarum.
Baccarum MyrthiUorum
Hippuris -, id.ejl, Cauda Equine ,^
Gallarum,
tAcinorum- vus. ,
Sorborum immaturorum , & fc-
corum y
BFefjilorum pariter immaturorum
fccorum ,
FoUorum Pruni SylveBris , ( undt
fit Acacia nofira ) &
Glaucij- y vel ejus defeétu radie.
Chelidonij majoris : qus fuo ca-
lore alia fubire facit : ( non ef
enim verum Glaucij fucceda-
neum : nam Glaucium Aétio ad-
ftringit & rejHgerat : ) fingul.
une. unam & femiji.
Contufa coquantur in
Aqua T>lantaginis , lib. oBo. vel
quantitat. fiujfcienti ad mé¬
dias.
Colatura , fequentia novies laven-
tur y recentem colaturam fingulh
vicibus affundendo-
Ff.Olee
T)es Onguents froids.
Olcorum Myrthini , &
Mafiichini, utrmfq.lib.unam
& femifi.
Ceu alhtz fotita quam Jlava , une,
oÜo. &
His liquatü > & lotü , injperge pul-
vmm fequentem.
Trochifeorum de Karabe , uncioi
duae.
Ortie. medianA Castanearum,
Gl^ndium ,
Çi^ercHs ,
Cdkrum • fmg. une. unam.
Myrthillorum ,
.4einornm uva,
Sorborum immaturorum , & ficco-
rum , &
Oneris ojfis cruris Bovk , fing. une.
Çemiji.
Technicè paretur unguentum ufki
reponendum.
paraphrase.
CEt Onguent fût premièrement
compolé par Guillaume de Va-
rignane , ainfi qu’il écrit au chapi¬
tre io. traittant de la curation des
raenftrnes demefùrées , en faveur-
dune Contelïè de Vadre , qui en
étpit griefvement travaillée, & par
iceluy preièrvee d avortement. La
bafe eft-de plulîeurs Médicaments
adftringents , dont il cft compo-
fé : leur vertu terreftre , par la
chaleur de la racine de la gran¬
de Chelidoine ( chaude & leiche
au troifiéme degré ) pénétré plus
profondément , qu’elle ne feroit
fans elle.
LE MELANGE.
Il faut premièrement compofer
79
l’onguent des huiles, cire, & pou¬
dres J fpecifiez à -la fin : puis le
laver plufieurs fois avec la eolaturc
de la decoétion , faite des drogues
concallées , & mifes au .premier
rang , en foffifance quantité d’eau de
plantain , oonfiimé à la moitié.
Chaque fois qu’on le lavera , il
faudra épancher la colature qu’on
y aura mife , & y en remettre de
nouvelle , puis il fera referré au
belbin.
LES FACVLTEZ.
Il empêche non feulement l’avor¬
tement : mais auffi arrefte le flux
de ventre & les hemorrhoides , &
fortifie les reins relâchez.
REMARQVE.
LEs trou dernières éditions de
Sauvageon font defeSiueufes en
la dofe des douze premiers ingre-
diens qui compofent la decoüion :
les premières éditions de, Bauderon
que fay veu de fuitte jufqua la
quatrième , contiennent ces mots.
Cortic. médian A Cafianearum
Glandium , &c. fingul. une. unam
& femij^. Sauvageon, ou l’Impri¬
meur ont oublié , flngulor. unciam
unam & femijfem ,'ce qui m‘ a obli¬
gé de remettre la defeription en fin
état premier.
D’une petite portion de la de-
coSHon exactement faite avec le
-fie, ou de la decoClion de plan¬
tain , au lieu de l’eau que l’Au-
theur y detnande , je suoudroü im¬
biber la poudre dans un mortier,
& la faire feicher fiigneufiment
a»
8 O Livre 1 L SeBion 1 L
au Soleil , & derechef la triturer y
& repajfer par un tamis firt fuh-
til. Cette humeüation fe fait de
la poudre , pour luy commupi-
ijuer une nouvelle vertu. La ci¬
re blanche étant’ fondue dans les
huiles y le tout fera lavé avec la
decoélion , ainf que Bauderon
prCfcrit y quoyque Varignane ordon¬
ne dy ajouter l'huile de Mafiich,
aprez. avoir fait la lotion de
l'onguent , & par la même raifon
qu'tl peut avoir , je voudrais laver
les huiles y & cire qui ejl le cor^s
dudit onguent , avant d'y meler
les poudres.
Vngiientum Stypticum , D.
Fernclij.
SlJL' Gallarum immaturarum ,
Uucum Cuprejji,
Baccarum Myrthi ,
Balaufiiorum
Malicorij-, vulgo Pjîdia.
Corticurn Glan-dium ,
Acacia ver a , vel nofiratis
Rhois , vulgo Sumach y &
Jldafiicis ana une. unam.
Omnia exquijitè trita macerentur
circiter dies quatuor , in Succis
ALejpilorum , & Sorbormn irn-
maturorum : deinde lento igné
ficcentur , & cum
Olei Rofati Aqua Aluminofa fa-
pius loti, lib. urla & femiji.
Cera alba , une. quatuor.
Fiat Vhguentum ufui reponen-
dum.
PARAPHRASE.
FErnd au livre fepciéme de fa
mcchode curatiue , traitté des
onguents , nous a laiffé par écrit
la prefeiite del'cription , laquelle il
a compolée liir la precedente , dé¬
crite par Guilhaume de Varigna-
ne J & luy a donné le nom de fon
effet adftringenc. Il ne cede, point
au precedent en force ôc vertu r
quoyque plus fimple & moins' la¬
borieux à compolér. Ceux qui
auront cettuy - cy en leurs bouti¬
ques ( ce que je confeille) fe pour¬
ront paflèc' de l'autre , làns tenir
tant de compofitions fupcrllucs.
Toutesfois je laiffe les volontez li¬
bres , fans vouloir ôter à perlbn-
ne , l'honneur qui luy eft dcu.
Mais pour moy , je me fervirois
plutôt de l'onguent de Fernel,quede
celuy de Varignane , furnoinme
Comitilfæ.
LE MELANGE.
Il faut pulverifer enlêmble tous
les ingrediens j ( horfinis le Ma-
ftich qui fe doit pulverifer à part
fort lubtilement ) & les influer
l’efpace de quatre jo^s , dans les
fucs extraits des Sorbes j Sc Nè¬
fles verdes , & non encores mai¬
res. Puis les defïcicher à petit feib
& aprez les réduire en onguent,
avec la Cire blanche , 3c huile ro-
fat lavé plufieurs fois avec eau alu-
mineufe. Si on ne peut recou¬
vrer les deux flics y mentionnez,
que l'on prenne au double., ^
celuy qu’on aura en main , ou
Des Onments froids, 8 1
fonblable poids du fuc de poiresf'
fauvages , ou de quelque autre ar¬
bre adftringent , & on ne fera pas
mal J parce que c’eft un remede ex¬
terne , où la lèuie adftridtion eft re-
qiiife pour arrêter toute forte -de-
vacuation demefùrée , ibit du ven¬
tre ftipericur ou inferieur , des he-
morrhoides j menftrues / fueurs , &
autres.
LES EACFLTEZ.
Il relferre les parties & les con¬
duits trop laxes , intercepte & rc>
poiSte lès fluxions : ernpelche la
defcente de la matrice j du fiege, de
l'inteftin : & eft fort propre à arreftcr
le hémorrhagies.
REMARQ.VE.
La méthode du DpSle Fermi
efi louable d’infufer les fou¬
dres de fort, onguent dans les fucs
des Sorbes & Nefler ; mais fim-
froHve aujjî l’exication qu’il en
fait fur le feu, veu que ' les ingre-
diens font divifiz. en parties fub-
tiles que la moindre chaleur du
feu peut facifement altérer , que
pur éviter cela il faut hume^er
la pftudre dans un rnortier^avec
un pilon , & la laijfer vint quatre
heures, eéf puis l’expofer au Soleil,
^ la remuer fouvent „Jtant fei-
^he , la faut triturer df repaffer
par le même tamis fubtil ou l'on
laura paffee la première fois-, cela
fait laverez^ l’huile &%a cire li-
quifiée enfernble avec l’eau alurni-
neufe telle qtte la décrirons en fon
lieu , au traitté des eaux difiil-
lées , ( car celle qH*in- tient dans
les boutiques , fl exactement quelle
fait difiillée , elle efi de tres-petite
vertu , comme nous dirons plus am¬
plement ) apreX^ en avoir bien fe-
paré l’humidité, finalement y mejle-
refyos poudres , pour le tout être
ferré au befoin.
VngLicntum ad pruritum fea-
biofum, D Renodæi.
Axungia Suilla , fucco Scabiofe
fapius Iota , lib. femif.
Radie. Oxylapathi cocta in Aceto,
ad putrilaginem ufque , & per
fetaceumtrajeCla , &
Sulphuris , in fucco Limonum loti,
ana. une. unam & femiji.
Vnguenti Populei, fucco Inula Cam-
pana nutriti ,unc. femij^.
Omnibus in rnortario fubaClis fiat
unguentum ufui.
R E M A R QV E.
’Eftime que M. Renoud très do-
6te, & expert Médecin de Paris,
eft l'autheur de cét onguent. Pour le
moins je 1 ay emprunté du cinquiè¬
me livre de fon Antidotaire , chapi¬
tre 5. où il le décrit : & il fera-
ble qlr’il ait été tiré de i'Enulatum,
décrit cy-aprez chapitre 415. félon
Nicolau^' Præpofitus. Il a pris le
nom de fon effet du prurit , &
gratellc , où il eft fort propre, le Pay
icy inféré pour ceux qui s’en vou¬
dront fervir aux enfans & plus dé¬
licats , foient hommes , ou femmes,
pource qu’il n'y entre point d’ar¬
gent vif.
1
Le
Si Livre 1 L
Le mélange n eft point dilïèmbla-
ble à celuy de i’Enuiatum , aucpnel
on àt^ra recours.
LES FACFLTE Z.
Il adoucit les ferolîcez bilieufès,
& la pituite làlée & acre : tempere
toutes fortes d'humeurs chaudes , &
guérit le prurit & gra telle.
. REMARdVE.
Enoud , ny V Àutheur de la
Parayh/afi n expriment point
la façon d,e laver le fonphre •, fça-
Voir s’il le faut laver entier, ou s’il
le faut mettre en poudre , & aprez.
le laver , ou bien s’il le faut fon¬
dre , & en fuitte le laver. De
toutes ces lotions je ne puis m’ima¬
giner laquelle des trois luy con¬
viendrait mieux : je fuis tout per-
fuadé que les unes nyt les autres,
ny peuvent rien contribuer fait
pour lé corriger de quelque qualité
maligne , ou pour luy augmenter fa
vertu dejîccative j attendu que le
fouphre efi 'un corps refineux , ou
une graiffe de la terre , contenant
en foy quantité d'acidité vitrioli-
que , fes parties font fi exaÜement
mélangées enfemble , qu'aucune li¬
queur ne les .peut pénétrer fait
aqueufe , ou 'oleagi'neufè , que par
une addrejfe de ceux qui font enten¬
dus en la Chimie , & partant la lo¬
tion pretendu'é ne fçauroit luy aug¬
menter fit vertu , ny luy rabatre fa
chaleur. G^ue fi on defire . que le
juc de limon contribué quelque
chofe de fa vertu a cet o'nguent,
il y en faut ad jouter un peu quand
Seâîon IL
le mélange fera fait, autrement c'efi
travailler en vain. Ceux qui an
lieu du fouphre , y mettront une
drachme & demy , de fin Sel au-
ront un onguent beaucoup pim e§.
cacieux.
En pafani' je diyay fur le fijet
du fouphre en faveur de la verU
té que c efi erreur de croire que la
chaleur des eaux des bains , com¬
me celle de ■ Paleruc en Languedoc
& autres de telle nature , procédé du
fouphre & du Bithume, comme quel¬
ques-uns croyent , attendu que le
fouphre ny le ‘Bithume ne fi dijfol-
vent point dans l’eau fimple. ITau-
tres difent*, que cette chaleur procé¬
dé d’un feu fiufierrain. Cette fé¬
condé erreur , nefi pas moindre que
la premiers.
VÎigLientum Pomatum incerti
Au6toris.
'if. Axungia Forci , lib. fex. .
Separatis pellicalü abluatur-per^.
die s , fin gulis die bus aquant re-
novando^ ultima veré vice in
Aqua Rofarum : rnox fepar'entur
omnes pellicuU réliqua, pingueda
autem teratur in mortario mar-
moreo ad mollitiem addendp fi-
quentem pulverem.
“yj. Ireos Florentia , une. oBo.
Caryophyllorum.
Coriandrï,
Ben'joinij,
Styracis calamita ,
Calami a^rnatici , &
Rofarum rubrarwn , ana unciAW
firnifi.
Fl arum LavenduU, gran-xxot-
^ frit*
Des Onments froids. 8 3
Trita fimul & aptata relin<]uan-
tur per triâmm in Jripdo ; rnox
ad cineres calidos tantum maf-
Jd tota calefiat , ita ut aqmf-
cat pinguedo , qua per .linteum
mundum colemr , ac tandem in
eedem mq,rtano agitetur ad ni-
• veam alhedinem.
R E M A R QJ E.
Ette Pharmacopée a été veu'é,
reveué > & augmentée de temps
en temps par Brkita , & Gratian
Sauderon pere &fils & en dernier
lieu par Sauvageon de beaucoup
de compofiiions , le pim fouvent des
Moins ufitées à nôtre égard , fans
epiamun d'eux Je fait donné la
peine d'y ajouter une defcription
de Pomade , qui eji un rernede des
■plus familiers que nom ayons , dr
duquel on ne fçauroit fepaffer parti- .
culierement en Hyiier , ce qui m'a
donné occafion d'en choijfir une , eér
de préférer cette-cy a beaucoup d'au¬
tres , tomme m'ayant fembléla meil¬
leure 'pour la l'y inferer , par les
ôons^ effets que )'en ay fouventesfoü
veu. JD’une chofe on me pourra blâ¬
mer de luy donner l? nom de poma¬
de , fans que les pommes entrent ny
partie d'icélles en, fa compcftion,
tomme pour l'ordinaire en l’officina-
^o \ mais cela fe fait â d-effein 'y afin
<iHelle fait' de' plus longue durée, fça-
chant trop 'bien que leur humidité
f ifqueufe fe mêle affez. facilement
otvec une humidité fuperfué, que
la graiffe a en elle , &• de cc me-
f^ngenah la corruption tofi aprez.
ojue la pomOlde ejl faite. Ceux qui
■Jjftpront dejfeicher celle-cy , de fin
humidité , feront, une pomade de
pim longue durée fans quelle ran-
l'a) voulu loger cette pomade
entre les onguents froids téf les
chauds , cornone tenant le milieu
entre les deux en température.
Pour le meflernge il. n'y a rien â y
ajouter , il n'y a qu'à obfirver ce
qui -efi dit en la defcription.
Des Onguents chauds.
VngdenUm Bafilkum minm ,
D. Mef.
yi. Cera flava à firdibm repur-
gata ,
Pick Navalis ,
Refîna pura,fing. lib.dimid,
Olei dulcis , iib. duos , aut cjuantum
fujfcit,fiat ungtientum.
P ARAP HRASE.
PAnl Æginetc au livre 7. chapi¬
tre 17. compofe cet onguent, en
forme d’emplâtre j lequel répond
au Tetrapharmaaim de Galien, com-
pofé de cire , poix , refine , &:
graillé , au lieu de l’huile, en por¬
tions égales. Mefoé l’a trfinferit de
Serapion traitté fepciéme , chapi¬
tre 28. & d’Avicenne livre cinquiè¬
me , traitté onzième , klqucls l’on^
appelle Bajilicum , comme royal &
grand en vertu- Quelques uns l’ont
aullî appellé Tetrapharmacnm ,
pourec qufil 'efi: compole de qua- ,
cre Médicaments. Le fiirnom de mi¬
nm , y eft mis à la différence d’un
1 2 autre
84 -LîvrelL
antre de fèmblable nom plus compo-
fé quin’eft ufîté.
f Si fuivanc la Pharmacopée du
College de Lyon ( qui ajoute à cet
onguent du liiif de bouc & There-
binthine j de chacun demy livre )
il ne pourra plus être nommé Te-
trapharmacnm : msxs i\. en fera plus
efficace.
LE MELANGE.
La cire , refîne > 8c poix noire net¬
tes de toute ordure feront hachées
par petits morceaux : afin qu’elles
(oient plutôt fondues , Sc avec moin¬
dre feu en l’huile d’olive. Cela fait,
& étans à demy refroidis , ils fe¬
ront agitez avec un pilon de bois
jufqu’à tant que le tout foit roux :
afin de monftrer par là , qu’il differe
du grand BafiÜcon , qui doit être
noir. Toutesfois nos Aporhicaires
n’y regardent pas de fi prez & fans
l’agiter , le lailïènc avec fi couleur
noire : joint que les Barbiers igno-
rans ne l’eftimeroient pas bon , s’il
étoic d’aurré couleur que noir. Mais
les couleurs n’agilicnt point , & font
indifférentes aux Médicaments’, ainfî
que nous avons dit cy-devant en la
Theriaque.
LES FA CVL TE Z.
Il échaufe , humecte , appaife la
douleur , & aide à la foppuration , &
ciî propre aux inflammations dans
le temps de leur augmentation.
Seûîon 1 /.
REMARQUE.
IL n importe en. rien fi on ne fuit
rApitheur du mélange , quand
il nom dit , que la cire , refine , &
poix noire fiaient fi exa^ement net.
tes de toute forte d’ordure , moyen',
nant quelles fiaient belles , parce
quen leur pim grande pureté , U
fie trouve toujours quelque corps
étranger , quil ny a que la feule
colature qui en puijfe faire l’en-
tiere fieparation ; doneques apreic
ces matières liquéfiées dans l'hui.
le , fieront coulées par . un lirge
denfie , afin que jufiquau pim dé¬
lié toute l’impureté refie fur le
couloir , quon pourra même le-
gerement exprimer , fans qu aucu¬
ne hétérogénéité putffie pajfer. Pour
le regard de la couleur roujfe t
comme elle y efi introduite par
l’agitation , elle change aùjfi bien
tôt , (ÿ“ n’e'fi point de durée d cau-
fie de la noirceur de la poix , quelle
a tiré du feu.
L’ ./iutheur de la Paraph%fe a
adjoûté en la deficription cy- iefi-
fim d Picis le fiurnom de jV4‘Z'<î-
lû , duquel ‘fftot Jldefiué ne fait
point de mention , & ne s’ efi point
expliqué , cofnme il devait ' pour
donner d entendre aux mains ■ en-
téndm , ce qu’il faut prendre en
ce rencontre , qui efi lapoix quon
racle des vieujc navires , comme il
fiera lit pim clairement , avec les
rdifions pourquoy , en l’ emplâtre Ce-
roneum. *
Vngiie»
T>es Onguents chauds. -- 8 j
VngLientiim AvaxuT/liKcv , iJ efl:,
ReficicnSjVuIgo Refumptî-
vumjD.N.Piæpofui.
Bntyri reeentü , lih.unam.
Certflava , potim quam albm y une.
[ex.
Axmgiit Forci infulf£,,quart.unum,
feu une. trei.
GaUin£,
A'.atis, &
Anfer.ü,
Oleorum AmygdalarM7n. dulc. loco
•violatiy
Cham&meli , &
Anethini ,Jîng. une. dueu.
Mucilagin. Radicü Bifinalva,
lœnugr&ci y &
Lini , atjua rofarum extraBei,
fing. une. unam.
OEfypi humida , unc.femij?.
Fine unguentum.
PARAPHRASE.
G Et onguent a pris le nom de fon
effet ; lequel j'ay tranicrit de Ni-
colaus Piæpofitus , & corrige par
l’avis de Rondelet 3 fonde lur bon¬
ne railon : en liibUituant la cire jau¬
ne pour la blanche , & l’huile d’a¬
mandes douces pour le violât, &
en ôtant les mucilages froids , ad-
ftringens, & incralîàns , en augmen¬
tant les emolliens , relaxans , & di-
gerans , de Guymauve , Lin , & Fœ-
nugræc. Quelqu’un dira, que hiivant
la doefnn: de Galien , telle adftri-
ûion y eft rtqnile , vea qu’on ne
s en (èrt au commencement des flu¬
xions , qui tombent en la poidtrine.
le le eonfeflè, mais non fi grande,
& que celle de l’eau rofe y fiâffît,
comme nous avons dit au lyrop de
reglifle.
LE MELANGE.
Il faut premièrement extraire les
mucilages de Guymauve , Lin , &c
Fœnugrec, avec eau rofe : Se iceux
encore chauds , y détremper l’Oeiÿ-
pus. Aprez , on fera fondre la cire
hachée inenu , avec les huiles , fiir
les cendres chaudes , ou à petit feu :
puis on y ajoûtera le beurre & les
graiffès nouvelles , & non falées. Le
tout à demy froid , on y ajoûtera les
■ mucilagesVf fans les confiimer avec
les huiles , grailles , comme en plu-
fieurs autres , pource que leur quan¬
tité eft fort petite) & l'Oefipus mêlez,
qu’on ferrera en fon pot ,'aLi belbin.
’Ceux qui auront cét onguent, fe
pourront palier de l’onguent Pedlo-
ral , & de Adipibus , décrits en plu-
fieurs ^di fpcnlàires ,
LES FACFLTE Z.
Il amollit , ôc eft convenable par
fz chaleur fort modérée , aux afthma-
tiques;heél:iqiies, pleuretiquesytabi- '
des , & aux febricitans.
REMARQJ/E.
ÏL faut que t oui les ingrediens de
cet onguent foient recens, & s’il
y en avait quelqu’un qui ne le fit
P ai , celuy-la ferait bien- tôt rancir
& perdre la compojîtion : Âuffi ne fe
peut-elle guere aonferver , a caufe
de la diverfité des graiffès & des
mucilages qui la compofent.
1 5 Sau
8^ Livre IL
' Bauderon avec toute fon exacti¬
tude , ne donne point de réglés ge¬
nerales' ny particulières pour la con¬
fection des mucilages. Durenoud au
livre cinquième de fes inCtruUions
JP harmatiques, chapitre dixiéme dit,
que pour faire des mucilages , qui
foient pim épais qu’a l’ordinaire , il
faut prendre pim d’une once de fme-
ces,ou de racines fur une once d’ eaù\
de même fi on Us defire liquides, il
faut augmenter la quantité de l’eau,
Ô' diminuer celle des femenyes , cet¬
te méthode je ne l' allégué pas pour
être receué- , à caufe de la diffro--
portion qu’il y a de la liqueur avec
/« femences , c’eft pourquoy , pour
avoir la quantité, & la qualitésre-
quife de chaque ingrédient des fief
dits mucilages , il convient prendre
deux onces, de chacune des femen¬
ces mondées , & feparément verfer
fur chacune d’icelles huit onces d’éau
chaude , & les laifier tremper au
fioid vingt-quatre heures ou davast-
tàge \ & pour connoitre quand l’eau
aura tiré leur rnucofité , en la re¬
muant elle paraîtra comme de clai¬
re d’œuf , que fi on l’agite avec
une jpatule de bois fie rendra enco¬
re plus épais , alors les coulerez. , &
les fereX^ évaporer d’un tiers , fur
une chaleur lente , en les remuant
toùieurs. Pour le mucilage d’Jll-
thea , il faut prendre quatre onces
de la racine recente bien nettoyée,
coupée par petites, tranches , & y
verfer dejfim une livre d’eau chau¬
des ér la faire tremper & cuire com¬
me les precedents , & de chacün d’i-
ceux en prendre le poix requis. Vbi-
■td s*il me femble la vraye méthode
q^’il faut garder pour avoir des
SeBion IL . ,
mucilages tels qu’il convient les em¬
ployer en cette compofiüon ,& que
je ne voudrais pas extraire avec
l’eau rofe , comme Bauderon enfei.
gne , non par les mêmes raifions qui
l’ont perfuadé d’oter de cét ouguent
les mucilages , qu’il appelle adfirin-
gents , dt. refiigerans ; car par mon
fentiment l’eau rofie n’ejl point ad-
firingente , mais, parce que l’Au-
theur ne la, demande point , é' jp
la croys inutile. Pour le fiurplus il
faut prendre les huila d’Aueth , de
Camomille , & f^iolat de Mefiué,
( & non comme plufieurs les prépa¬
rent dans leurs boutiqna ) & dans,
iceux faire fondre la cire blanche,
l’onguent étant fioid , on y. ajoute¬
ra la mucilages qu’il faut exaile-
ment mêler par une longue agita¬
tion , GT en fuite le beurre , & les
graijfies.
VnguentnmDialthæas, D.Ni-
col. Alexand.
Radicum Bifinalvx, lib.unam
Seminum Pœnugmci , &
Lini,utriufque lib. dimidiam.
ScilU recentis , quart, unum.
Singula Iota , tritaque triduo ma-
cerentur in aqua, lihrü tribus,
& dimid.ia : quarto vero die bul-
liant,donec inifijfentur ; mox [ac¬
cula inclufa exprimantur.Tunc.
Mucilag. illius percolata , Hb-
unam.
Olei commun, lib. duos , & rurfius
bulliant ad mucaginis confumptio-
nem & [uperiîiti oleo , liqua,
Cera flava , lib. fimifi.
Colophania , &
Des Onguents chauds, S7
Jlijîna , utriufque quart, unwn.
ferebinthina, '
G/ilbani , &
Qummi Hedera , aut Jucci ejufdem,
png- une. unam.
Sic para mguentum , quod ufui re-
ponatur.
paraphrase.
T A bafe de cet onguent 3 eft la
Xjtacine de €uiinauve , mife au
èbmmencement, dont il a pris foh
nom : laquelie^pour fès grandes ver¬
tus à la curation de plufieurs mala¬
dies , tant internes qu’externes 3 a
dérivé fon nom du verbe jGrec a’à-
S-elm , ik a’A'3-6», id eft , Ou-'o 3 Sc
Medeor.
L’Autheur eft Nicolaus MytepfuSs
furnominé Alexandrin, en la Seâion
^.chapitre 4.9. je ferois bien davis
qu'il fut fait iàns Coloj hoae , Sc
Gomiries,pource que nous n’en avons
point de la vraye3mais une brouil¬
lée, qui eft delà refidence de la Te-
rebinchine diftillée 3 qu’on fiippofe
pour icelle : celles-cy pour être trop
chaudes , & qu^on les y peut ajou¬
ter en tout teins , fi la necellîté le re¬
quiert. Et il lèroit plus convenable
aux maladies de la poiétrine, qu’avec
Gommes, & Colophone.
Z£ MELANGE.
Premièrement il faut diligemment
nettoyer les racines de Guimavnc,
noniinée des Grecs Ahljæa : puis les
concillér au mortier , comme anffi
les lemences 3 & les infufec enfem-
ble avec crois livres & demy d’eau,
lût les cendres cluudes , l’eipac«-de
trois jours. Le quatrième on les fera
boiiillir allez longuement üit le feu,
dans une ballîne de cuivre : puis on
Jes exprimera bien fort avec une fèr-
pilicre.
On fera fondre à parc les Gom^
mes de Galbanum, & d’Hedera avec
du vin : puis elles feront coulées , &
cuites à la confiftence de miel,auC-
quelles on ajoutera la Terebihthine.
Cela fait on prendra une livre de
mucilages coulez , qu’on fera bo'ûil-
lir avec l'huile, dans la même balfi-
ne bien nette jufqu’à ce qu’ils fôient
conliiraez , enremliant toujours avec
un pilon de bois , afin qu’ils ne fe
brûlent point , ôc n’adherenc à la baC-
fine.: puis on coulera l’huiie.
On fera fondre la dre jaune en
l’huile chaud . hachée par petites piè¬
ces , & la Refine , Si Colophone pul-
verifez, afin d’étre plûtôt fondus ;
puis la bafirne étant otée de deflhs le
feu , on y ajoutera, les gommes mê¬
lées avec la Terebinchiiic,en rem'uant
bellement jufqu’à ce que le tout foie
froid, pour le ferrer au befoin.
Si la gomme d’Hedera /ft fêiqhe
& nette , on la pourra fnbCilement
-pulverifèr , & ajouter à la fin , aprez
le Galbanum Si Terebinthine. Ceux
qui n’auront de la gomme , qu’ils
prennent autant pefànt du fiic d’He¬
dera muràlis.
LES FACFLTEZ. -
Il échauffe, huraé>fte,adoucit & di¬
géré , challè l’intemperature froide,
profite aux ncrfs,endurcit, & corrige
la .trop grande ficcirc, & remedie à
la pleurefie , & autres affèétions en¬
gendrées d’humeurs cru'és qui adhè¬
rent aux mufcles,
^ RE
88
Livre IL
R E M A R QV E.
NIcolam Alexandrinm au cha¬
pitre 5^7. de fon livre des
médicaments locaux décrit l'onguent
Dialthaas fous le nom de unguentum
Calaïlicum Dialthea ; & parce que
fa defcription efi plus méthodique,
que celle de Afyrepfus , fay corri¬
gé le nom de celuy-cy fur Baude-
ron qui a régulièrement ohfervé
fa defeription j mais a mon fenti-
ment ils excédent en la quantité
des racines & femences , qu'ils en
veulent infufer deux livres trois
onces , en trois livres & demy d'eau,
l’eépace de trois jours, & le quatriè¬
me les faire bouillir jufquà ce que
les Aiucilages foient épais 5 cette
méthode efi conforme à, celle de Re-
noud cy-dev'ant. allégué en l'onguent
Refumptif , & par les mêmes rai-
fons ne peut être receu'é , & le mo¬
yen d’y procéder plus artifiement
efi, de' prendre les racines préparées,
& coupées fort menu ; comme a\ été
dit au Refumptif, & les femences
en la quantité que de fius , fans rien
concaffer , fur lefquelles faut ver-
fer huit livres d'eau chaude, & laif-
fer le tout en infufion par un jour
ou deux , le troiûéwe on les fera
bouillir fur un feu médiocre , en re¬
muant toujours , jufques qu'ils ayent
acquis une confifience convenable,
un peu plus liquide que les prece¬
dents i ( à caufe qu'il les faut fai¬
re cuire Àerechef& confumer dans
l’huile : ) puis feront pafsez par un
tamis.
Aprelj les avoir fait confumer
dans l'huile , en remuant , comme a
SeBîon IL
été dit par l'Autheur du mélange,
on y mettra de belle cire jaune ,%
belle Refine roujfe , de Colophane de
la plus tranfparante , & de Tere-
binthinefinejle tout fera pafsé chau¬
dement par un linge épais, afin que
l'onguent en fait plus net , & plus
beau.
Vnguentum Nicotianum,
D. loLibecti.
“y:. Foliorum Nicotiana contufirum, '
lib. duos.
Axungia Forci recentis , vel Iota,
■ lib. unarn.
Jhtacerentur fimul per noBem , cum
pauco vini rubri,
Mane bullianl. igni lento , ad vint
confumptionem,
Colato expreffo , adde. .
Succi PHicotiana, lib. dimidiam,
Refina Abiegna , une. quatuor.
Coquantur ad liquoris confumptio¬
nem : addenda fub finem, pul.
Ariflolochia rotunda, une. duos.
Cera citrina, quantum fuficit : fiat
. unguentum.
paraphrase.
CEt onguent a pris le nom 'de fa
bafe , la Nicotiane 3 ou Petunb
ou herbe à la Reine , apportée d ou¬
tre mer , & donnée à la Reine de
France , comme chofè digne d’une
PrincelTe, pour fes grandes & ra¬
res vertus J à mondifier les ulcérés,
quels qu’ils foient & lans douleur-
amollir > & digérer la matière fcio-
phuleufe , & delïêicher la gratellc en
quelque âge & fexe que ce foit* Ce
Lies Onguents chauds. ^9
a occalîonné les Médecins , &
chirurgiens de la mettre en ulàge,
Sc corapofer cet onguent au profit
des pauvres. Cette herbe a été aux
anciens Grecs , Sc Arabes inconneuë.
Pour le jourd'huy frequente , Sc cu-
rieufement cultivée aux jardins de
France.
££ MELANGE.
Il faut concaiTer au mortier Therbe
recentej & d’tuie partie en tirer demy
livre dufuc : l’autre fera boiiillie aVec
la grailTe de porc recente , ou lavée
( auparavant infusée avec un peu de
vin clairet , l’efpace d’une nuit ) juC-
qu’à la confbmption du vin : puis
on l’exprimera. A la colature on fe¬
ra derechef boüillir le fuc , jufqu’à la
conibmption : puis on y fera fondre
la cire , & refine : & la badine ôtée
de delTus le feu , & à demy refroi¬
die, on y ajoutera la poudre d’Ari-
ftoloche ronde , pour refièrrer le tout
au beioin.
LES FACFLTE Z.
Il mondific les vlceres fans dou¬
leur , amollit Sc digere les icrophu-
les, profite au prurit & à la galle.
REMARC^VE.
Dûtes ces longues & frequen¬
tes coSlions de la graijje de
porc aosec la Nicotiane , ou le iiin
Hanc , & encore une fécondé fois
avec le fsc de Nicotiane , ne font
altérer la vertu de la graijfe,d!‘
Ae la Nicotiane même : pour éviter
(ela , apre\^ avoir deuement pré¬
paré la graiJJ'e de porc , il en faut
prendre deux livres,^ y mêler une
livre de la grande- Nicotiane , ou
des trois eijfeces de celle qui a les
fiieillcs plus gluantes ,apre\en avoir
tiré une partie du fuc , &■' les in-
fufer par quvnfe fours au Soleil ar¬
dent , ou par cinq d fx fours fur
les cendres chaudes j peu de tems
avant les couler , le feu fera au¬
gmenté fufques d leur faire prendre
une legere ébullition , en remuant
fouvent les matières. La colature.
& l’exprejfion faite par une forte
toile ,faut remettre dedans pareille
quantité de Nicotiane , choifie &
préparée comme devant , pour une
fécondé infufion , & la réitérer une
troisciéme fois j d la derniere on.
pourra ajouter un peu dey/in blanc,
& luy faire prendre deux legeres
ébullitions , pendant lefquelles on
remuera toujours avec une jpatule
de bois 5 aprez. on y mettra les au¬
tres ingrediens en la forme cy-def-
fus pr^cripte par Bauderon.
Vnguentum mundificacivimi
de Relina,D louberti.
Refina,
Terebinthina,
Olei Rofati,&
Mellis , fing. lih. femiji.
Cera nova , quart, un'um.
JiLyrrha,
Sarcocolla,
Farina Fœnugraci , &
f ini , fing. drach.fix.
fhuris , &
JlLaBiches , mriufque drach. très,
Ftat unguentum.
Livre IL SeBion IL
T ARA P H RA SE.
MOnfieur loubeit confclTe avoir
tiré cét onguent GU mondifica-
tifdè l'emplâtre de refine, décrit par
Guy de Cauliac , au chapitre cinquiè¬
me de l'on Antidotaire, le ftrois d'a-
vis qu'au lieu du miel commun , &
deipumé , qu’on prît du miel rofet,
afin . qu’il fût plus convenable pour
tout ce qu’il promet.
Il a pris le nom de fon effet , &
le furnom de la refine mile au com¬
mencement.
L’huile , 3c cire y lônt mis pour
la forme, ou confiftcnce..
ZE M,ELAN GE..
Il faut fubtilement pulverifer cha¬
cun à part la Myrrhe , Sarcocolle,
l’Encens , Maftich , Fœnugrec, &
Lin : puis fur petit feu on fera fondre
la refine , &r cire hachée par petites
pièces. Aprez la baffinc ôtée de défi-
fils le feu, on y ajoutera la Tcrebin-
tliine,& le Miel : finalement les- pou-,
arcs les unes aprez les autres comme
les farines:puis la Myrrhe , 6f Sarco¬
colle > puis le Maftich , & l’Encens à
la fin , de peur qu’elles ne faffent de
grumeaux par la chaleur.
LES F A CV LTE Z:.
Il deterge les ulcérés fins dou¬
leur. Il eft auffi propre à régénérer
h chair „ & convient principalement
aux parties nerveufes..
remarqve.
IL faut augmenter la dofe de l'huU
le refat pardepu la preferipte de
fix onces jufquà huit , pour don-
ner un corp convenable au nom
d‘ onguent a cette compoftion,& afin
que la vertu d'iceluy ne foit point
affaiblie par l'addition de l'huile ro-
fat , on augmentera la dofe de U
Myrrhe , SarcocoUe» farines de Lin,
& de Fœnugrec , de deux drachmes
de chacun, de l' Encens, Maflkh,
la moitié moins. Le miel doit être
crud & non deffiumé , parce qu’il
mondifie davantage : le vieux & fo¬
nde efl d preferer a tout autre,.
Tnguentum munàïficatmm de
Jfio^x Pharmacop.Lugdm.
defumptim.
D Autant que M. Bauderpn :n’a-
voit inféré aucune defeription-
de cet onguent dans fon livre, &
fçacliant la grande utilité d’un inon-
dificatif de cette forte , ufîté avec:
heureux fuccez par les Chirurgiens-
de la ville de Lyon : j’en ay bien
voulu gratifier le public , & relever
de peine & de perplexité les Afo-
thicaires,& Chirurgens, qui ne fçaii-
roientoù recourir pour s’aftêuter d’u¬
ne fidele préparation comme d’ice-
luy. Ce que j’ay fait fiir l’avis* &
prière que j ’en ay receu de leur part,
âc principalement d’un de mes anus
fort versé en la Pharmacie.
Foliorum Apii,
Abfinthii vulgarù,
Gonfolida majoriscu radicihtUy
D&s Onguents chauds.
Cofi/olidit media,
^grimonia,
Flantaginis,
Betonka,
Hy^erick
Centaurii minoris,
Telephii , ( CraJfuU oÿîcinar.)
MillefoUi,
Caprifihi,
Solani,
Veronica,
Pimpinella,
Vérbena,
Caulinm rubrorum,-
Centinodia
Fragaria ,■ &
Anagallidis , Jîngul. manip.
duos.
Olei communis.
ùra nova , an. Ub. très.
Refint,
Sivi Arietini , an. Ub. fex.
Terehinthina , Ub. duo».
Herba contufa coquantur cim oleo ,
Terebinthina , ^ fevo addi-
ta pauca Rofacea. Colentur &
exprimantur. In colamra U-
quatis Cera & Refina , dijfolve,
Myrrhs,
Mois,
Ctncrorum uîierum , an. une. duat.
^<idic. Arifiolochia rotunda,
Ireos Floremiaypul. an. une-, unam.
Fiat unguentum fecundum artem.
R E M A R QJV E.
IF ne puis croire ‘'que Mejfieurs
les Jlledecins de Lyon ayent do-
leur onguent mondificatif magi-
firal , tel quil efi décrit dans cette
Pharmacopée, quoy que cette dejeri-
ptionfoit conforme avec^celle de leur
Dilf enfaire de Van 1 6ii,fen irnpu^
ter ois volontiers la faute aux Impri¬
meurs , qui peuvent avoir interposé
quelque dofe ; car a vouloir fuivre
la defeription , il efi du tout.impojfi-
ble de faire un onguent , mais plutôt
un Cerat , ce qui me fait dire quil
faut diminuer la dofe de la cire de
deux livres, celles de la refine, & du
Juif de quatre livres chacune, & au¬
gmenter l’huile d’une livre , afin que
fit confidence aye du rapport à celle
de nos Onguents Officinaux.
Pour le mélange ,j’y voudrois pro¬
céder ainfi , qui efi, au mois de May
de cueillir toutes les herbes qui fè
trouvent en état , & augmenter leurs
dofes d’un quart , ejui revient à, une
demie manipule de chacune, les inci-
fer menu , & les piler dans un mor¬
tier de marbre , pour en tirer une
partie du juc , des unes plus, des au¬
tres moins -^puis les ]etter dans l’hui¬
le ou l’on aura fait fondre par une-
lente chaletir la cire , la refine , le
Juif, & la Terebinthine , & enfermer
le tout dans un pot de terre vernie,
couvert d’un bon parchemin , & le
tenir en lieu chaud pendant quel¬
que tems , jufquà ce que les plantes
reculées de la faifon /oient' en état
d’y être ajoutées , cela éta,nt fait, le
vaiffieau fera tenu fur une chaleur
firt temperée pendant huit jours, du¬
rant lefquels il convient de, remuer
fouvent la matière ; le neuvième faut
augmenter la chaleur , ÔJ l’entrete¬
nir quelques heures en état d’être
prête d bouillir , & la remuer toù-
je_urs , fur la fin on luy donnera urie
legere ebtdlition.La colature &J’ex-
préffiton fortement faite, & l’onguent
refioidy , l’hnmid.ité qui fe trouvera
Livre IL
AU defius exactement feparée , fi
point y en a , on y mêlera les pou¬
dres fubtilement cicotrinées.
Si apreT^ avoir cotdé l’onguent
il nétoit pat ajfe\yert \ avant d'y
mêler les pfludres, ce ferait une mar¬
que qu’il ne ferait pas fujffamment
empreint de la vertu des fimplesy
pour lors il y faudrait faire une fé¬
condé infifion.
Vnguentum AureumjD.Mef.
Olei communis ,lib. duas& fe-
mifi.feu une. XXX,
Cera flava y lib. femifi. feu vnc.fex.
Têrebinthina clara , une. duos.
Refina , &
Colophonisty utriufque,unc , unam &
femifi.
Rulveris T‘hmis,&
Maftiches , utriufque une.
unam^ ' . -
Creci y drach. unam.
Technice fiat unguentum.
paraphrase.
Et onguent a ‘diverfès appella-
tionS , comnae Aurenm , Regis,
& Coffiitis , tant pour fes rares ver¬
tus dignes d’ün Comte, ou d un Rop,
<jue pour ià couleur jaune, & ièm-
blable a- l’or. Le mélange n’eft pas
dillèiijblable à celuy du mondifîcatif
cy-devant déclaré.
LES FACFLTEZ.
]1 efi propre pour agglutiner & in¬
carner : appaife la doidcur, accéléré
la cicatrice.
Se Si ion IL
REM arqj/e.
Pour faire que la couleur de cet
onguent fait conforme a fan nom,
il faut choifir de la eire la plus'jau-
'ne Je la Refine & Colophane des pim
roufes , & les liquifier fur un petit
feu, dans l’huile commun quifiit
rneur , roux & bien purifié, avec k
Terebinthine aufii de la plus jaune,
& tranfiarante dr pafer le tout à
travers un linge bien ferré. Aucuns
y ajoutent le faffran en poudre fuh-
tile , pendant que ces matières font
chaudes , s’imaginant qu’il eontrU
bue beaucoup plus a la couleur de
cet engue-nt qu autrement ; mais nous
apprenons le contraire de l’expe-
rience , comme a été cy-devant dit
en la SeEUon des Huiles ; l’onguent
a demy fioid on le l’y mêlera avec
l’Encens & le JiAafiich , de même
choifis , & fubtilement cicotrine^,
remisant doucement avec un bifior.-
Vnguentum Apoftolorump
D.Avicennæ. '
Terebinthina,
Cera fiava , potins quarn alha.
Refîna , &
Ammoniaci , fing. drachm. quattsor-
decim.
Lîthargyri aur i, drach. 'novem-
Arifiolochia rotunda , vel longa,'
Ehuris mafeuli , &
Bdellii', fing. drach. fiex.
Myrrha , &
Galbani, utriufque drach. quatuor.
Opopanaeûs , &
Des Onguents chauds.
porù tÆris , vel «^ruginü, utrinf-
que drach. duas.
Bdellium , & gummi infmddntur
in Aeeto ; tum coque ad mellis
crajjitiem & illü adde Terebin-
thinam.
Tandem liqua Ceram , & Rejimm,
cum
Olei commnnis , librû duabw ( h<ec
quantitas qmvis tempore fufficit,)
& ’inijce Lythargyrum aliqtian-
diu nutritum ( emplaSiri inSikr)
& extra ignem adhuc tepens pul-
veres & Gummi , cum Terehin-
thina. Sic concinnatum unguen-
tum ufiii reponatur,
TARAR HKASE.
CEt onguent a pris le nom des
Apôtres : non qu’ils en ayenc été
les inventeurs, ou qu’ils en ufàHent à
guérir leurs malades. Car ils n’ufoicnt
point de drogues , mais au nom de
lefus-Clirifl: nôtre Rcdemptau'jqu’ils
prêchoienr être le fils de Üieu , & le
Meffie promis en la Loy par les Pro¬
phètes , ils les guerilioient. Mais
du nombre de douze , autant qu’ils
étoient : comme il eft composé de
douze drogues ( iàns y comprendre
1-huilc : ) l’eftimc Avicenne en avoir
été l’inventeur J qui florüibit dutems
de S . Anguftin , l’an de iàlut 418. car
■iUc décrit au livre cinquième , fom>
rae J. tiaitté 11.
LE MELANGE.
ON donne fouvent cet onguent
en' chef-d’œuvre , aux Apothi¬
caires qui fc veulent pafllr maîtres;
poiïrce qu’il eft difficile de le rédui¬
re en forme convenable , ïàns au¬
gmenter la cire ou refîne , en une fi
grande quantité d’huile requife. Pour
y parvenir , il faut infufer le Pdel-
lium 5 s’il eft mol & recent , ( finon
le pulverifèr comme la Myrrhe , l’En^-
cehs , l’Ariftoloche longue , & la Li-
targe javec le GalbanunijAmmoniac,
& Opopanaxjdans du vinaigre , envi¬
ron demy jour fur les cendres chau¬
des , augmentant leur dofe d’une fi-
ziéme partie, pour caufe des impure-
tez qui y font , puis on les fera boiiïl-
lir. Etant bien fondues on les coulera
à travers une toile ou étamine. Puis
feront cuites à la confiftence ou épaif-
feur de miel. A icelles encore chau¬
des J on ajoutera la Terebinthine.
Cela fait la Litarge fubtilemcnt pul¬
vérisée, ièra nourrie avec une par¬
tie de l’huile requis quelque tems
fiir un petit feu , comme qui voudroit
faire l’emplâtre Diachylon: puis on y
ajoûtêra peu à peu le refte : puis la
cire , & refine grôflierement pfée. La
bail ne Otée de deifuSAle feu, on y
ajoutera les Gommes & Terebinthi¬
ne, auparavant mciées. 'Vn peu apréz
les poudrés : comme l’Arifiolocbe, la
Myrrhe: & finalement l’Encens & le
Veidet , lequel il ne fan t pas augmen¬
ter pour luy donner la couleur plus
verde.Car fi on en mêleit plus grande
quantité, il çauf roit par Ion acrimo¬
nie, douleur & inflammation aux vl-
cercs ; ainfi que Galien au j. de
Méthode , nous a doéfcment laifsé
par écrit. Etant fioid , il fera gardé
au bcfbin. Voilà comme il m.e lèm-
ble qu'il fiiutcompo{èr' cétongùcnr>
fans y ajouter choie qui' toit des do-
fes. Si quelqu’un fç 'it quelque au¬
tre meilleure méthode , ii obligera
m 5
^4 Liure IL
la profeffion d’en faire part au pu¬
blie. Ceux qui auront cet onguent
en leurs boutiques, le paieront de
l’onguent Cerafeos.
LES E ACVLTEZ.
Il nettoye & deterge les playes
& les ulcérés rebelles, t5e fiftuleux;
confomiue & ronge la chair ba-
veulè & morte , & en fait revenir de
nouvelle.
REMARQVE.
’Autheur de la Paraphrafe efi
en partie caufe qu'on a fouvent
baillé cet onguent in chef d’œuvre
a ceux qui fe veulent faire rece¬
voir maîtres^ Apothicaires , &’^le
fera à l’advenir , a caufe dit-il
de la difficulté qu'il y a de le ré¬
duire èn fa vraye conjîftence ; mais
je treuve que la plus grandé^diffi-
culté a ceffié , quand il en a re¬
tranché une . livre d’huile , de la
defeription fans dire mot en faveur
de ceux qui le font en Hyver ,
qu Avicenne veut quon y en met¬
te, trois livres , & en Eté deux li¬
vres , dont voicy les propres ter¬
mes del’Autheur, & decoquantur
in Efiate cum duahus lihris Olei,
& in Hyeme cum lihris tribus. De
notirrir la Litharge , ou de la cuire
fur le feu , ce nefi pas être Artifte,
c efi un temps mal employé d moins
dé le faire en Hyver , & d’y met¬
tre trois livres d’huile , .cemme,fon
inventeur demande ; car autrement
en quelle faifon que ce foit , aprelf
avo^Firiture & cicotriné toutes les
poudres , dijfout les gommes en fort
SeBion IL
vinaigre , cuites en cenfifiefii
de miel , y^ avoir a]oüté U Bdel.
lium trituré fi- fubtilement qu’il fe
pourra , é' réduit le mit en vrage
forme. A part ,ffiut fondre ladre,
& la refine en l%uilè , & les coti
1er a travers un linge jsour en fe-
parer tes ordures qui s’y peuvent
rencontrer , & y jetterez le Feràt
en remuant toujours , afin qu’il com-
muni^iie' mieux fa couleur verde;
éteins d demy froids on y diffiostdra
les gommes , avec lefquelles Ik' Te-
rehinthine aura auparavant- été
exaElêment me fée', & environ de¬
my once A’excellenf vin pour fervir
de medium uniffiant : finalement les
poudres',' continuant l’agitation avec
un .bi fi orner , jufqu’d ce qu’il foit
froid. De cette meikode il n’y a
quoyque ce foit' à craindre , ny du
coté delà confifience , fans augmen¬
ter la dofe de la cire , ny celle de la
Refine, non pltis que du coté de la
couleur , fans augmenter la dofe du
Herdet. Si les Apothicaires plus cu¬
rieux de leur hource , que de leur
honneur au lieu de la livre de Mé¬
decine qui ne pefe que douze onces,
comme il a été fouvent répété, pren¬
nent la livre marchande qui en pe¬
fe feize , l’huile fe trouvant aug¬
menté de huit onces , ils ne fiau-
raient év'iter de toute neceffité', ou
d’augmenter la cire , & la refine,
ou de^^ater l’onguent. Ce vice efi
fi fort invétéré parmy quelques-
uns de notre profeffiion > quil'efi
irnpoffihle de leur pouvoir faire
comprendre , que la livre dont nous
devons confiruire nos cornpofitions
tant Officinales que Magifttalfi,
nefi compofée que de douze o^ces.
Des Onguents chauds.
êhI sfi caufe quils brouillent non
feuler^tnt la compojition de cet on-
mnt J en augrnentain la quantité
% la Litarge , & la cuifent & re-
cuifent avec_^ l'huile ; maü aux com-
pojitions les plus importances ils en
ufent de la forte : toutes ces inven¬
tions ne valent rien, & fenf indignes
de gens d’honneur.
Ceux qui pourront mettre tou¬
tes les gemmes en poudre fubtile , fe¬
ront beaucoup mieux , parce qu’en
les dijfolvant , quand on les def-
feiche , ce quelles ont de plus Jubtil
s'évapore ^ outre que la confifien-
ce de l’onguent en efl meilleure , ^
ne fe feparent point , comme il arri¬
ve autrement.
Vnguentum Ægyptiacum,
D.Mef.
Mellis commuais , une. quatuor-
decim. •
Aceti fortü , une. feptem.
tÆruginü i^rü, une. quinque.
ùquantur igni lento ad iufiam
crajfitudinem , & reponantur
para? HRASE.
CEt Onguent efl: aînfi appelle,
ponixe que les Médecins d’E¬
gypte en ont été les inventeurs , ou
comn* quelques-uns eitiment pour
A couleur bazanéc , comme aux
Egyptiens. Mcfiié luy a aj oûté le
lufnom de Magnum , pour les gran¬
des vertus. Quelques-uns y ajoû-
tent l’Encens , d’autres l’Alun. Ce
l’Apotljicaire ne doit faire fans
5î
le commandement du doéte Méde¬
cin, ou Chirurgien , pour caulè à
ce le mouvant. Le miel doit être
crud , & non ccumé , afin, qu’il de-
terge , & deflèiehe plus , lequel tient
icy lieu d’huile , &*de cire pour don¬
ner là forme. Sa vertu defficatiuc
efl: augmentée par le vinaigre , &c
verder. L’acrimonie de tettuy-cy efl:
' corrigée par la codicn, ik la cou¬
leur verde changée en roux , ou ba-
zanée , & moins' fulpeéte aux ma-
ladest <ptc la verde. Le vulgaire le
trompe , en ce que les tantes , qui
font ointes de cet onguent , & mi-
fes aux vlceres, tirées du loir au ma¬
tin , & du matin au loir , le trou¬
vent verdes : eftimant cela provenir
de la lànie vimlente ; rien moins ,
mais du verdet qui le décuit.
LE MELANGE.
Le vinaigre & le miel ayant un
peu bouilly , on y ajoutera le verdet
pulverifé , pour cuire le tout enlèm-
ble, julqu’à la conlcrmption d’iceluy,
& que l’onguent tienne le milieu
entre mol , .& dur, pour plus ailè-
ment en couvrir les tentes. Etant re-
firoidy , il lèra lèrré dans Ibn pot &
gardé au beloin.
LES FACFLTEZ.
Ü deterge les vieux vlceres & les
fiftules , en ôte la pourriture &c la
lànie : mange la chair liiperfluë ôc
morte , ce qu’il feit beaucoup plus
puiflàmment, que l’onguent A pofto-
lorum , mais auffi avec plus de dou¬
leur.
RB
Livre IL
REMARQ,VE.
’Aiitheur de la Paraphrafe dit
que l’acrimonie du vinaigre fe
corrige par la, c<Mion avec le miel,
au contraire elle s’ augmenter oit
par les raifons cy-devant alléguées
en la Remarque de l’Oxymel jîm-
ple , n était que fin ' acidité , dgif- '
fiant contre l’acrimonie du Verdet,
l’un & l’autre s’érnoujfient. Il n im¬
porte prefique point , qu'on fia fi cui¬
re cet Onguent dans un vaijfieau
de cuivre , moyennant que ce fiait
fiur un petit fieu : le Fêrdet doit
être fiée & fiuhtilement trituré.
Vnguenttitn Enuîatum , D.
Nico!. Præpofîti.
yi. Radie. InuU Campana , in-
Aeeto coéla , tufia , & creta ,
lih. unam.
Axnngia Tord veïeris , & fialfik,
Olei communie , & veteris, utriufiq.
une. très.
Hydrargyrî , id eft , Argenti v'i-
vi , &
Tèrebinthina clara,utriufiq.unc.duai.
Cera nova , une. unam.
Salis communie , unc. dimtd.
Fiat Figuentum.
PAR AP HR ASF.
IL fcmblc que cette defeription
aye été prife des trois derniers cha«
pitres de la ièdion troifiéme des /An¬
tidotes de Myrepfiis. Mais par qui,
|e ne le puis conjeéturer , fi ce neft
pr Præpofitus duquerje Lay tranfi.
Seâion IL
crit. La bafe de Cet onguent eft U
racine d'Ennlc C^ampane, de laquel¬
le il a pris le nom. Qiielques-uns
craignent fon ulàge , pourcaufe de
l argent vif qui y entre : ce qu’ils
ne doivent pas faire , n étant pas
fi' dangeraix que plufieurs doâes
ont eftimé , mais utile aux her¬
pès , ou dertres , & gratelles. Præ¬
pofitus y met leulement deux on¬
ces d’Axonge , & nous trois , au¬
tant que d’huile , avec Fernel, &
Icubcrt , pour donner plus de corps
à l’onguent , & à la quantité des
racines. ’
'le MELANGE.
Il faut ptemierement laver les ra¬
cines , les concairer'^ cuire en
quantité fùffifànte de vinaigre , y
ajoutant un peu d’eau pour modé¬
rer fon acrimonie : puis les piler
avec un pilon de bois dans un mor¬
tier dfe marbre, & avec une fpatu-
le de bois les palfer à travers un
tamis renverfe, Aprez l’argent vif
fera longuement agité au mortier
avec la graille de Porc vieille & fa-
lée , en forte qu’il ne paroilTe point:
puis on y ajoutera la Terebinthine,
& fcl pulverifé , & le corps de l’on¬
guent fait de l’huile , & Cire fondus
enferable. Finalement l’Emile Cam-
pane préparée, comme dit eft ; ainh
incorporé , fera gardé au befbin.
.LES FACVLTEZ-
Il eft efficace au prurit & àla.g'al-
le, tantfeiche, qu’humide, & aux au¬
tres vices du cuir.
Des Onguents chauds,
R E M A R QV E.
POur éviter la longue coÜion
qu'il convient faire à cette ra¬
cine four la ramollir , je donne-
ray deux moyens four y parve¬
nir ; le premier efi de râper les
racines d'Snule Campane , & de
les mettre dans un pot de terre
vernijfé , & verfer par dejfut de
bon vinaigre , qui furmonte les ra¬
cines dÿun bon travers de doigt,
coHvrez.fe , & le laijfe'^en infujion
par deux fois vingt quatre heures,
fur les cendres chaudes , remuant
par fois avec une fpatule de bois,
pour empêcher que les racines ne
s’attachent au fonds du pot j le
troifiéme jour les ferez, cuire à pe¬
tit feu en remuant, toujours , ]uf-
ques d la confomption du vinai¬
gre : cela fait , les faut verfer
dans un grand mortier de mar¬
bre , & les pilere'èf & pajferez.
par le tamis renverfé. Si la pulpe
efi trop humide , la dejfeicherelf
dans un grand plat de terre ver¬
nijfé pour la réduire en bonne con-
fifience.
Le fécond moyen fera de pren¬
dre des plus greffes racines d'Enu-
le Campane , aprelf les avoir bien
nettoyées , les faut plier dans du
gros papier moïùllé , & les faire
cuire fous les cendres chaudes , ou
fans les plier en du papier , dans
une cloche de Cuifine , comme
quand on fait cuire des fruits ,
eu dans un pot de terre bien cou-
uert au four , & pour connoitre
leur cuite , les faut, percer avec
un poinçon de bois , ■. s'il paffe fans
n
refiftence , les faut tirer du feu,
les nettoyer du papier , & autres
ehofes étrangères, aprez. les pilerez.,
& pafierez comme devant par le
tamis renverfé , la pulpe paffée y
ajouterez quelque once de fort vi¬
naigre , & s'il efi.befoin de La défi,
feicher y procederelj, comme d la
precedente.
le ]oindray îcy non pour la per-
feElion de cet Onguent , par ce
qu’il n'y a rien d craindre , quel¬
le forte de Mercure qu’on y em¬
ployé J mais pour d'autres com-
pof tiens pltss importantes , ois il
entre en plus grande quantité , ou
pour le donner intérieurement ,
aprez l’avoir duément préparé j
les vrayes & légitimés marques,
afin de dificerner le bon d'avee
le mauvais pour en pouvoir don¬
ner feurement. Il faut prendre
gros comme un petit poi^x de Mer¬
cure , & le mettre dans une cueil-
liere d’ Argent , & le faire évapo¬
rer fur le feu : s’il laiffe une tache
noire , il ne vaut rien s’il en
laiffe une grife , il efi médiocre j &
s'il en donne une faune , alors c’efl
du meilleur & du plus parfait en
coêiion naturelle , exempt de beau¬
coup de vice , que celuy des autres
marques ont , particulièrement lu
noir. Cette eleêlion femble n'être
guère confiderable ; mais fachef^
quelle efi de grande importance,
je n’en diray pas davantage , fuffit
qu’il y en aura beaucoup qui m’en¬
tendront.
Par ce que l’Onguent cy-deffus
preferit a une odeur defiagreable,
& qtdà raifon d'icelle , il y en a
beaucoup qui s’en ferviroient à
n caufe
Livre I J. SeBion 11,
■caufi qu'il éfi bon four les affe^
liions cy-devant déclarées , qui le
rejettent , à cette eccajîon l en d'on-
neray me d'efetiftion tirée du J>re~
cedent qui nefi fyu moindre en-
'vertus.
)/(- Axungia Ford receHtü > lib..
unarn.
Radie. Enul& Campana fubtiliter
pul'ver.unc.tres.
Argenti vivl, &
Terebinthina clara, ana utlc. m'am
■& femiji.
Aceti , une. unam.
Eiat ‘vnguentum.
Ireos , une. très.
Filicü ,
Ebuli, &
Tribulor. Aquatkorum , Jîng,
une. duos.
Radiées ha recenses Jïnt , terqua-
terque laventur ^ contundan-
tur in mortario & macerenm
triduo in
Olei veteris non rancidi , Uh,
quatuor.
Tieinde parumférvefiant & inex-
prejfo eleo liquefac.
Cera citrina,potius quam alhaimc.
quindecim , in 'Vhguènti crajfity-
dinem , quod ufmreponatur.
Il fdut humeéter dans un rnor^
ner de marbre , la poudre d'Snule
Campane avec de fort vinaigre , &
les hien''mêlet' énfimble ,puü ta faut
étendre dans un plat - b.ajfm de ter¬
re vernie pour l'a faire fetcher étant
feiepe , la faut repajfer fùbtile-
-ment par le même tarais qu onVa
pajfée ta première fiés. A part
dans un mortièr 'de bronz.e , faut
'éteindre l’Argent vif "avec ta li-
rebinthine ,'dr les agiter long-temps
enfemble que ce premier rie p'a-
roiffe point du mit , & en fuitte
y mêler peu a peu la graijfe , & in
dernier lieu . la poudre ; le tout
bien mêlé, fera ferré dans'iin pot.tÉf
gardé au befiin,.
Vnguentum Agrippæ , D.
Nicol. Sal.
Radicum Brÿonia , lib.duas.
€ucumeris AfifAni, lib. mam.
SpiJla y lib.jemijj..
PARAPHRASE.
L'Autheiir de cet Onguent eft
Agrippa R.oy de ludée , '( grand
amy de rEmperenr Cajus Ce&>
fùrnommé Caligule , Autheur lofe-
■phe ) lequel pour les experienceSj,
qu'il avoit faites de fes vertus ne le
voulut communiquer à fes difcipks.
Salernicanus l'a tranferit de Myrep-
iiis Sedtion 5. chapitre 4 •• chan¬
geant lèulement les racines de Mau¬
ves blanches , pour celles de Con¬
combre fàuvage : pour ce à mon
avis qu’il convient mieux aTHydro-
pifie J à quoy il eft approprie pa^
Myreplîis que les Mailves blanches-
Ceux qui font loin de la mer , &
rie pourront recouvrer des^Scüles
’vrayes , qu'ils prennent le Pancra-
“tium allez commun , ou des Oig¬
nons fort acres au double. Et àU’
lieu du Tribule marin , qu’ils pren¬
nent de celuy qui croift aux. étangSj
& rivières , le fruit duquel éwnt
cuit J eft, fort favoureux : & qui "C
Dour
99
Des Onguents chmds.
R E M A R Q^V E.
pourra avoir de Tun ny de l’autre,
qu’il prenne des racine des Panicaut,
dit Eryngiura.
le MELANGE.
Prenez yos racines récentes , &
nonfeiches ^ que cqiicairerez au rpor-
tier , & infai'erez trois jours , ou
fept dans l’Huile , afin qu’il ayc
plus d’cnergiç. Aprez . on les fera
moyennement cuire : ( cap la lon¬
gue decodion diffipe Icnr vertu)
puis on les exprimera ; & dans
l’huile coulé on fera fondre la cire
neufve , & non blanche , pour les
raifons déclarées- au conimencc-
ment de cette Seétipn , étans
froids feront referrez. I^y expé¬
rimenté ( âpre? Fernel ) ces raci¬
nes fort contufes , & malaxées
avec vieille graille , fans cqûion,
& appliquées fur le ventre des ma¬
lades , avoir plus de force que
l’onguent ; c’eft pour ce , que leirr
vertu le diminue bien fort par la
coétion.
LES FACFLTE Z.
Il efl: non feulement propre à
amollir ; mais aulîi il atténué' &
incife puilfamment , & difeute les
tumeurs œdemateufes , & guérit
les indifpofitions invétérées des nerfs,
remedie à la douleur des reins,
lâche le ventre , & foulgge ,les hy-
LEs racines étant bien lavées
& nettoyées , il les faut râ¬
per comme celles de Bryonia , de
Concombre fauvage , d"Irü , & de
^cille , chacune à part , & les au¬
tres qui font menues les incïfe-
rez. fort menu , & concajferez. , &
en -tirerez, fepqrement la partie^
plus aqueufe du fuc , puis en
poids requis de cha¬
cune d'icelles. Et afin que Vinfu-
f on fie puijfe faire mieux à pro¬
pos ^ plus utilement ; diviferez.
les piatieres en deux , & en met¬
trez me portion dans un vaijfeau
commode de terre vernie , Cr par
dejfui quatre livres dhuile de Len-
tifque fuivant Salernitanus , ou
d'huile commun fuivant Bauderon,
dans lequel par mon fentiment au¬
rez premièrement fait fondre la
cire , afin quelle attire en tant
qu’il fe pourra , -fa portion de la
vertu des fimples par l’entremife
de l'huile & de la chaleur : le
pot bouché fera expofif fur une
chaleur modérée , pendant huit ou
dix jours , jufquà ce que l’huile^
ou le corps de l’Onguent qye par¬
faitement pénétré les racines , &
attiré la vertu d’iceUes , le dernier
jour la chaleur fera augmentée ,
ef la matière fouvent remuée avec
une fpatule : la çolature & l‘ex-
p.reJfion fortement faite , la remet¬
trez dans le pot avec l’autre par¬
tie des racines , _& procéderez en
cette fécondé infufion , de même
quen la precedente , l’onguent
étant fioid , l'humidité qui fe trou¬
vera
I 00
Livre 1 L
ver a au dejfoui ea fera feparée exa-
Slement.
JL efi a remarquer que 1‘ Au-
theur du mélange dit quil ne faut
poi faire beüillir long- temps les ra¬
cines ; car la longue coélion dijftpe
leurs vertus, fur quoy ;e fuis étonné^,
par ce que les fufdites racines n’ont
rien de volatil , elles abondent en
humidité plutôt temperée que chau¬
de , & n rnt aucune aromaticité', H '
na point ebfervé ce quil vient de
dire en la decoBion du jyrop de
Stœchade , ou il fait cuire treiz.e
onces de firnples , qui font pour la
plus part chauds ,edorans, & compo-
fe\_ke parties tenues & fubtiles, en
huit eu dix livres d’eau, jufques à la
confomption de la moitié.
le fuis obligé encore de dire pour
le bien des Artifies & du public,
qu’il ne faut pas s’étonner fi Baude-
ron a remarqué aprez. Fernel , que
les racines crues de cet Onguent
contufées & malaxées avec vieille
graijfe , & puis appliquées fur le
ventre des malades , avaient plus
de force que l’Onguent , non pas
que la vertu d’icelles fe diminué,
comme ils difent , par la longue co-
Bion ( mais cela procédé comme a
été cy - devant déclaré en l’Huile
de faffran ) de la contrariété qui efi
entre la fubfiance aqueufe des ra¬
cines , dt l’Oleagineufe. Ce qui nous
doit inciter a ne négliger rien en la
comp'ofition des Huiles , dr On¬
guents f lors qu’il s’agit qu’ils em¬
pruntent leurs qualités. & vertus
des végétaux par la voye de l’infu-
fion , ou de la coQion.
Seâion IL
Vnguentum Aregon,D.Nicol.
Salernitan.
"yi. Firiufque Coniza feu Pulicarle
majoris,Jcilicet minoris , &
LaureoU ,fing. une. novem.
Ne'peta , feu Calamenti monta-
ni , &
Foliorum Sicydis , feu Cucumeris
agrefiis , utriufq. unc.fex.
Radicis Sicydis, feu Cucumeris agre¬
fiis, &
Ari , vulgo larri ( vel Iridis
cum Mfrepfo)-
Rorifmarini,
JbJaiorana ,
Serpilli ,*&
Ruta , fingul. mcias quatuor &
femij?.
Foliorum Lauri.,
Sabina ,
Salvia , &
Radicum Bryonia , fittgtth
très.
Tyrethri,
Zingiberis
Piperis &
Euphorbq,fing. une. unam
AJafiiehes , &
Thuris , utriufq. drachm. fex cum
Jlfyrepf. nam Salem. hahet q,vij.^
Oleorum AJuJfelini , feu Jldofchati,
une. duos, & femij^.
Petrolei, une. unam.
Eaurini , dr
Adipis VrfiniyUtriufq.mc.trei.
Butyri, une. quatuor.
Cerafiava ,unc. quindecim.
Olei communisylib. quinque. Sic pa¬
ra unguentum.
Radices df Herba Majo menfi
leBai
Des Onguents chauds. i o i
3 & pargata , qmm recet¬
tes funt 3 centmdantur & macc-
rentttr in oleo communi diehns
feptem cnm aqua -vit se , vel vini
optiini libra ma. Oüavo die ce-
qmmir , donec tahefcant , &
ahfumpta ferè fit hnmiditas, De-
itide in percolato Oleo , liqna
Ceram :tum adde Butyrum, u4di-
pem, Oleum Laurinum> Afofcha-
tum , Petroleum 3 & pulueres , &
repone ujhi.
‘PARAPHRASE.
CEt Onguent a pris le nom de
fon effet : car Arcgon fignific
Aiixiliare, c cft à dire aidant ou don-
nantdècours , & foulas. Salcrnitanus
l’a emprunté de Myrepfus ,en la Se-
éfion treizième , chapitre quarante-
huitième , y ajoutant les racines de
Bryonia, & lesfueilles de Concom-
hre fanvage , & les deux efpeccs
de Coniza : & fiippofant les raci¬
nes de larrus , & de Concombre
fauvage, pour celles d’iris Al-
thea. Vue chofe que j’y trouve de fù-
perflu J c’i ft la dofè de Pulicaria , la¬
quelle me fcmblc ( avec Cordus , &
Fcrnel jfuffiie de trois orices,com-
fflc des autres herbes de Laurier , &c.
& non neuf.
LE MELANGE.
Le mélange eft enfeigné par l’Au-
theur même. A fçavoir j qu’il faut
cueillir au mois de May les racines
A herbes , les nettoyer & concaf-
Et au mortier : puis en l’efpace de
Ept jours les infiifcr avec l’eau, ar¬
dent ou bon vinsse l’huile commun
vieil, dans un pot de terre vernifsé,.
fur les cendres chaudes. Le huitième
jour on les fera cuire jufqu’àla con-
Ibmption de l’humidité. Aprez on
les exprimera au prelloir dans un
fachet de toile neuve, & en l’huile
on fera fondre la Cire : puis on
y ajoûtera le Beurre , & la graille
d’Ours , & les Huiles de Laurier,
& Mullelin ( décrits en la preceden¬
te SeétioH J & de Pétrole : finale¬
ment les poudres de Pyrethre , Gin¬
gembre, Poivre,. Euphorbe, Maftich,
& Encens , la baffinc ôtée de defïns
le feu , & à demy refroidie , pour
relferrer le tout au belbin.
LES FACFLTEZ.
Il échauffe , extenuë Sc digere, ce
qui le rend efficace aux maladies
froides des nerfs , comme à la con-
vulfion , à la paralyfic des lombes &
jpin<5tures,& auffi à la colique. Il pro¬
fite ài la fievre quarte, fi on en frotte,
auparavant l’accez , l'épine du dos &
des épaules.
R E M 4 R QJ/ £.
A Peine trouve-on deux deferi-
ptions de l'Onguent Aregon^
qui feient conformes en nombre de
fimples , ou composés , & en leurs .
dofes ; la raifon de cela eji ,que les-
uns ont pris leur defeription de Ni-
colam Alexandrinus : les autres de
Nicolaus Myrepfus Alexandrinus,.
les autres de Nicolaus Prapofitus,
les autres de Nicolaus quon fur-
norn-me Salernitanus , duquel l'Au-
theur de la Paraphrafe a emprun¬
té la fiennei Qne s’il a trousuê.
Livre 1 L Seâion IL
1 Oi
comme il dit, de fuperfitt la dofe
de neuf onces de Pulicaria , je
ne trouve y <9'*? pl*>^ à re¬
dire que fur la dofe de demy on¬
ce d'huile Mujfelin , a quoy faire
une fi petite quantité d'huile fur
cinq livres onx.e onces d'Onguent,
poids de table , duquel il nen re¬
vient qu environ deux grains (jr
demy par once du fufdit Onguent,
qui efi le Jujet que j'ay fuivy JSfi-
colam Pr&pofitui en fin édition de
l’an en ay mû deux on¬
ces & demy , quoy qu'en un autre
plus vieux exemplaire du même Au-
theur ,de l'an i^iS.il nen deman¬
de que demy. once.
Pour le modus faciendi ( comme
a été fouvent cy-devant déclaré en
ces deux dernieres Seêlions , ^
comme dirons en quelques endroits
cy-aprés ) il faut tirer une partie
du fuc de racines , & des herbes
plut humides , & des moins chau¬
des , les autres firent incisées &
concafiées , (jr toute la matière de
l’infufion divisée en deux, aufquel-
les pour n'ufir de redite ,faut pro¬
céder , comme d été dit en l'On¬
guent Agrippa : ayant préalable¬
ment fait fondre la Cire & le Beur¬
re dans l'huile commun ; le Mujfe¬
lin , le Petrole , & Laurin , tiré de
l'écorce des Bayes , avec la graif-
fe d'Ours , feront ajoutés à la cola-
ture de la féconde injitfien , à la-
qjuelle refioidie , & l’humidité bien-
feparée , on mêlera les poudres fub-
tilement pafsées.
Ceux qsii defirermt que leur On¬
guent participe de quelque petite
vertu du vin , au lieu de le faire
cuire avec l’huile ejf les autres
fimples , comme il efi cy-dejfui pref
erit , ils en humeéleront la poudre,
& la feront feicher d l'ombre, &
derechef U pajferont fubtilement,&
la mêleront dans l'Onguent.
VngLientum Martiatum mag¬
num, D.NicolAiexand.
Olei communie antiqui , lib.
quatuor.
Cera citrina, & non alba , lib.
unam.
Cyrnarum Rorifmarini fiorentiurn ,
Feliorum Lauri &
Rut a , fingul. une. quatuor
Amaraci, potius quam Tamarifii,
une. très.
Efi>rii,feu Ebuli ,
Sabina ,
Balfamita , id efi -, Mente, aqm-
tica ,
Eleliffhaci ,id efi , Saluia ,
Ocymi , id efi , Bafiliconis ,
Polit montant ,
Calaminthes ,
Arthemifia ,
Inuia Campana ,
Betonica ,
Branca urfina,
Sparguli!,,feu Aparines Grccorum,
Abfinthii Pontici, feu Romani, feu
vulgarù idem,
Harba Fénti , feu Anémones Syl-
vefiris ,
PimpinelU ,
Agrimonia , feu Eupatorii Grsco-
rum ,
Herba Paralyfeos , vulgo PrinuiU
verts,
Herba Sanéla Maria , feu CoBi
hortenfis noÜratU ,
Cytna
Des Onguents ciiauds.
tfmîn'um Snmbud,
QrupiU , Se7>tperuim minork,
u'èl vemicuiark ,
Ssmpervivi maiork , feu Sedi , vel
Aifn , idem ,
Millrfoiii.
Chmndtyos,
^in^ue Ner'vid , feu PlanMgmk
min. hujus non merninit Salerni~
Unui.
Cmauni-fninork ,
Fragaria> &
■fmaphylli > futgul. une. duos , &
fem^ji
Tetrahit;feu Herbt!, luduicm ( cum
Sdérnitmo , quonium non habet
Myrep. )
R/tdick Altbua,
Cymini , &
Myrtha ,fing. une, unam & dimid.
Sakrnitanus legit Myrthu ; fa-
cilü fuit Typographi lapftu , t
pro r, reponentk,
Fmugrdci , &
•Rutyri , utriufque une. unam.
■Sminum Vrtiea,
Fiolarum , &
Papaverk albi potiui quhn
nigri , cum Salernit.
Ment& fativa,
lubid tinFiorum , ( hujus non me-
*mimt Salernit.)
■MentaSîri , feu Monta Syheflrk,
vel Ment a Sarraeeniea , idem
li^pathi acuti ,
Relytrki ,
Oirdiobatani, id efi Carduneeli,feH
Cardui benedibU,
ïOf
hrnit. & -hujus fequaces, habent
Mature llam , feu SoLm-um ,
Prifolii acetati , ( quod Allehtyam
■mneupant Pharmacopai nojiri }
Scolopendrii , vel Lingua Ceruina
cum Salernitang (arnbo firnt e]uf~
•dem facultatk,)
•ÇriFfula , id efi , Euphthalmi , feu
Cotula non fœtida ,
Herba Campherata, id efi Abrotani
mark ,
Styraçk Calamites
T hurts , &
Medulla Cerui , fin g. unc.femiJL
Axungia Frfina,
Gallina , &
Anferk , ( hane pratermifit Sa-
lermtanus ) &
MaFiiehes ,fing.drach.fex.
-OleiNardini, une. unam : legendum
potius quam draeh. unam.
Herba & Radiées in Majo men~
fe colle Si a recentes , & manda¬
ta , terantur & feptem diehus im
vino optimo macerentur OSiavo
vero die coquantur ad médias..
Ac turn oleum commune ajfunda-^
tur , rurjumque coquatur , dum
herba contahefeant , ac vinum
prorfùs abfumptum fit. Deinde
colentur , & exprirnantur. Qleo
liquetur Cera 5 deinde inijce Eu-
tyrurn , Medullam, Axungiat, (fr
Oleum Nardinum. Denique ex¬
tra ignem, Pulvera, ThurkMa-
fitches,& Styrack, Concretum un—
guentum feruetur ufui.
■Matrijylua ,feu Periclymeni,vulgo PA R A P HR AS E.
Caprifolii,
Heba Mfifchata i ( efi prima -Gé- üÇ A^emitanus • a tranücrit cefOhv
raniifie'eies ) liguent dcNicolaus Myrepfus Ale-
Charnamèli, hujtu f/iee 'Sa- xandtinus , qui-le dcait en la Se-
âioi»,
104 Lhte II, SeBion IL
dion J. chapitre 46. qui double par
tout la dofè des ingrediens , lequel
il dit avoir été inventé & compo¬
sé par un tres-doéte Médecin, nom¬
mé Martianus , dont il en a pris le
nom ; de forte qu’il le faudroit nom¬
mer Martianum , & non Martiatum.
Il eft fornommé grand , tant pour
fos grandes .vertus , que pour le
grand nombre des médicaments qu’il
reçoit , & pour mettre différence
d’avec les autres- de femblable nom,
moins composés. Au lieu du-Tama-
ris aprcz loubcrt , j’ay fupposé la
Marjolaine ,^pource que là vertu eft
plus convenable à ce que l’infcri-
ption promet : pource auffi qu’il
fe peut par tout trouver de la Mar¬
jolaine récente , & non du Tama¬
ris. Auffi j’ay réduit l’huile Nar-
din à une once , pour ce qu’une
drachme & quinze grains , à iî gran¬
de quantité d’Onguent, . eût été de
peu d’effet.
LE MELANGE.
Au mois de May il faut cueillir
les racines , herbes & fomences, puis
les nettoyer , concafîèr , & infufor
dans un pot de terre vernifsé avec
de bon vin , l’efpace de fopt jours
for les cendres chaudes. Le huitiè¬
me on les fera cuire jufqu’à lacon-
fomption environ de la moitié du vin:
puis on y ajoutera l’huile commun,
pour enfomble les faire bouillir Jufo
ques à la totale confomption du vin.
Aprez feront exprimez à la preflè,
dans un fàc de toile : puis l’huile
étant remis fur le feu , on y fera
fondre la cire : aprez on y ajoute¬
ra les graifles, beurre , moelle , &
huile Nardin : finalement étant à
demy refroidis, on y ajoutera leSty-
rax pulvérisé avec quelques gout¬
tes de vin , de même le Maftich , &;
l’Encens , fans humidité. Il feudra
continuer de remuer l’Onguent en la
baifine avec un pilon de bois jufqu’à
ce qu’il foit froid , afin qu’il nelbit
grumeleux , & le ièrrer.
LES FACFLTEZ.
Il eft fingulier aux affeétions froi¬
des du cerveau , des nerfs & des ar¬
ticles : au tremblement, à la convul-
fion , à la paralyfie , à la goutte : &
fort efficace à ramollir les tumeurs
dures , principalement de la ratte.
R E M A R QJ E.
Bien que NicoUus Myreffus
Alexandrin, décrive l’Onguent
Martiatum , ce neft pat qu’il luy
ait été légitimement attribue far
l'Autheur de la Paraphrafe , Du-
renoud , ' & astres , au préjudice
de Nicolaus Alexandrinus qui la
décrit avant luy en fin. livre des
Médicaments locaux, chapitre 993.
& au chapitre çç)^. il en décrit un
autre “fous le même nom , & ne dif¬
férent quant au titre, que de ma¬
gnum , à ufuale : cela m’a don¬
né lieu de corriger le nom de l Au-
theur.
Cet Onguent pour être un des
quatre Onguents chauds qu on ap¬
pelle , efi composé d’un grand ramat
de Jîmples , qui ont des qualités f
contraires les unes aux autres , que
d’un tel mélange , U rien fiaurott
refulter ce qu’on en promet, qm”>‘
contraint
l^es Onguents chauds. 105
^trmnt à dite qu U aurait hefoin
de eorretlion , tant -peur certains
fmplet qui me femhlent fort inu-
tils , que fur l’explication de cer-
fains noms d’ieeux , quaujfi fur
la dofes de quelque! autres j & fi¬
nalement fur le modus ' faciendi ;
mais parce que mon intention nefl
pat de grojfir ce ^volume , que le
moins qui fe pourra , pour ne le
rendre importun ; ;e diray feule¬
ment que loubert , & Bauderon ces
deux grands hommes , ont eu rai-
fon de tirer de la defcription de
cet Onguent le Tamaris , & d‘y re¬
mettre en fa place l'Amaracumfans
qu'ils eujfent veu les oeuvres de Ni-
eolaus Âlexandrintis qui l'y de¬
mande. Cette erreur ne peut proce--
der que des interprètes Grecs , ou du
Imprimeurs , à caufe de la rejfem-
hlance ou raport quil y a entre le
mot de Tamarifci , t}vec celuy de
olmarici. Bauderon après quelquu
autru,veut quon prenne pour Cam-
phorata l'Abrotanum mas.
Lu dofu me paroijfent de me-
fort irregulieru , lu unes pour '
otre trop grandu ,& lu autru pour
ctre trop petitu j par exemple lu
derniers 1 9. ingrediens , defquels U
demandé que deux drachmu
l't chacun , quelle apparence y
^'il 3 que çait été l'intetition de
fitt Autheur de mettre deux drach¬
mes de chacune de ces herbu fur
etnqlivru poids de Medecinc3d' On¬
guent , d'autru qui y font en
beaucoup plia grande quantité ? en
cela il n‘y point d'apparence 3 tion
plus que de proportion.
Pour le modus faciendi , je trou-
tufii qu'il y a beaucoup à re~
dire X d'infufer tous lu fimplu pen¬
dant fept jours dans du vin , &
après de lu faire bouillir jufqu'à
la confomption de la moitié : U
efi inévitable , que par cette longue
coÜian toute la vertu des fimples
chauds ne s’évapore & ne fe per¬
de , de même que l’elfrit du vin ne
fe dijftpe 3 & que lu fimplu qui font
tempérés n’y reçoivent quelque al¬
teration : après cela que peut-il. re¬
fier , quand derechef on aura fait
confumer la colature de la déco-
Ction avec l’huile , que lu verts»
lu pis» faibles des ingrediens , qui
n’ont psu eu afiez. de tenuité pour
s’être enlevées avec les autres j ose
fe trouveront donc tant de belles
verts» que fin inventeur luy at¬
tribué ? qui font , comme a été dé¬
claré çy-dejfs» , de fervir aux af-
feSiions f aides du cerveau,des nerfs,
a toutes les maladies qui procèdent
de caufe fioide , à ramollir la du¬
reté de la ratte,& particulièrement
a l’hydropife. Le moyen d'y re¬
médier , efi de divifer , comme a
été proposé cy-devant 3 toute la ma¬
tière de l’infufion en deux , de dou¬
bler la dofe des 19. derniers ingre¬
diens , a l'imitation de mejfestrs les
ALedecins de Lyon, d'Aufourg,
de Londres en lettrs Pharmacopées,
( comme fay fait en la defcription
cy-deffs» ) d'exprimer une partie du
fuc des pis» humides , les infufer
dans l’huile , ( où l'on aura dijfout,
& fait fondre les matières graf-
fes , ) pendant le tems , & en fesn-
blable chaleur qu'il a été cy devant
dit , aux Onguents Agrippa ,
Aregon .
<9 Vnguen
o6
Livre IL
Vnguentiim Ncapolicanum ,
D.B.Baud.
5^. Axungi& fuilU v et tris , lib.
unam.
Argenti vivi , lib. femij^. feu une.
oEio ,fi fortim reqmritnr.
Tèrebinthina , aqusi vitit Iota , une.
très.
Cera flava , une. âu4s.
Oleorum Lmrinit
Rutacei;
Petrolei
Lumbricorum ,
Qharn&meli , &
De Spiest neSirate , ^g. une.
unam , & fefnifî.
Styracis liquida , draeh. [ex.,
Euphorbii fubtUifimè triti , me.,
dimid.
Fiat Vnguentum , quod ufui repona-
tur. Si adfint ulcéra, utendi tem~
pore adde ,
Lithargyri aurei,.unc. duos.
Ginabrü , une. unam & fimij?.
Gerufa ,&^
Minii, utriuf^uè une. unam.
Jldithridatii veteris , &
Xheriaca probat a, utriufque. me,
dimid. & utere.
paraphrase.
CEt Onguent a pris fbn npm
de fôn efïèt. Pour ce qu^’il eft
fpuverain à la gueiifon du mal.
(rlurnommc de nos François ) de Na-
pies., La bafe eft l'Argent vif, qui;
combat 'contre tel mal , plutôt de fà;
forme clïënticlle , que de la quali¬
té œanifefte.. La graiffe de Porc , &
SeBion LL
Phuile de Cfoioroillë y font mis,
tant pont ramollir, & relaxer, quê
pour refoudre plus facilement l'Ar*
gent vif. Les autres huiles pour rare-
lier les pores du cuir, digérer l'humeur
verolique , & 1 attirer du dedans au
dehors par les lueurs. L'huile de
vers, & la Terebinthine ( aidée du
lècours qu'elle reçoit de la lotion
de l'eau ardent ) fortifient grande¬
ment les nerfs. Le Styrax hquidc
y eft mis pur ramollir les tuphes,
©U tumeurs dures , qui louvent ac¬
compagnent ces pauvres verolez.
L'Euphorbe fert de véhiculé à la
balè : & la Gire pour donner corps
à l'Onguent , làns laquelle il fe-
roit par trop mol. Le Mithridat,
& Theriaque , y .font mis pour cor¬
riger la virulence de l'humeur ye-
rolique. La Litharge, Cinabre, Ce-
rulè & Mine , y. font mis pour def-
fcicher les ulferes ,. quand il y en
aura. Autrement ils n'y eonviennent
pas , pource qu'ils bouchent les po¬
rcs du cœur , & empêchent l'era-
ption des fueurs , par leurficcité,à
quoy plufieurs- ne prennent pas gar¬
de , au préjudice du malade , 8c à
leur deshonneur. . C'eft pourquoy je
Gonlèille aux Apothicaires , de tenir
en leurs boutiques cét Onguent làns
deficcatif : làuf à eux d'y en ajoa-
ter , quand là neceflîté le requerra:
ou Gommes, ou autres médicaments,
tel qu'il fera avisé par le doéte & ex¬
pert Médecin , ou Chirurgien , ayant
égai'd au temperamment du malade,
à la failôn , à l'âge , au lèxe, &
parties les plus afteftées, ôi fi k mai
eft recent , ou invétéré,
U-
Des Onguents chauds. 107
le MELANGE.
Il faut premièrement pulverifer
fubtilement l'Euphorbe avec quel¬
ques gouttes d’huile.' La Licharge,
le Cinabre, la Cêrufè, & la Mi¬
ne chacun à part. D’wne '■partie de
la graillé , foa éteint l’Argent vif,
au mortier de bronze , [ou avec la
Sauge. Le refte avec les huiles lèra
fondu , la Cire hachée menu fur
les cendres chaudes j'puis hors du
feu & à demy rehroidis , on y ajou¬
tera la TerebinChioe lavée , ipuis
l’Euphorbe, le &:yfà}c liquide, le
Mithridat , & Theciaque. Le tout
ainfi mélangé , fera ajdûté peu à
peu au mortier , avec l’Argent vif
y éteint , pour, le tout ièrref au
btfoin. Les autres poudres auilî y
lèront ajoutées , iî le malade eft
reinply dulceres , pour les raifbns
que delîus , autrement non. Ceux
qui pour donner corps à cet On¬
guent , au lieu de la- Cire , y vou¬
dront mettre des jaunes , ou moyens
d’œufs endurcis , le pourront fai¬
re J ponrveii qu’ils fbient bien agi¬
tes au mortier, autrement l’Onguent
feroit grumeleux , & de mauvaifè
grâce.
LES lACVLTEZ.
Il fait attraélion dit virus vero;
lique, le corps étant pre-mierement
purgé, donc rexpulfîon s’enfuit par
lâ provocation abondante de la fà-
lite, fi on en frotte tous lés mem-
blés du corps , fiHon aux régions
des vifeeres , & de la tête , eu il faut-
s'en abftenk.
REMARQVE.
La deferipion de l’Onguent
Neapolitanum de cette Phar¬
macopée , Avec celle de la prati¬
que du même Autheur different en-
la dofe du Mercure , & en cette
dernier e il ne jait point mention de
la Litharge , du Cinabre , du Mi¬
nium , du Mithridat & de la Thé¬
riaque neammoins il luy don¬
ne le nom de Vhguentum Alexi-
pharmacHm,de plus la dofe du Mer¬
cure a été augmentée de deux on-
ces .par Sauvageon , ainfi qu’on vé¬
rifié par touta lee precedentet édi¬
tions de Bauderon , qui ne font
mention que de dix onces. Il efi
auffl d remarquer , que l’Imprimeur
nous fait lire, en tomes les éditions
de l’ Autheur des facultés Argenté
vivi lib. femiji. feu drachmas oéiof
au lieu de lire feu une. eSto fi for¬
tins requiritur.
En la première édition fay dit
que la quantité du Mercure étoit
trop grande pour la quantité de cét
Onguent , & celle des eorreélifs trop
petite 5 maü l’experience du depuis
m’a fait voir en divers rencontres^
qu’on craint d’ordinaire ce qu’on ne
connaît pas bien , & qu’on peut mê¬
ler fur trente onces de graiffe de
Porc , y compris fept à huit onces
d’Onguent -Martiamm , Therebin-
thine , ou huile Laurin, vingt-cinq
onces de Mercure bien purifié , ou
cheifi, comme a été cy -devant dit
en l’Onguent Enulatum , fans que
l’ufage de telle mixtion puiffe eau-
fer aucun fitcheux accident , à cer-
pames perfmnes , à d’antres leur
O 1 pour
io8 Livre II SeBion IL
pourvoit nuire. Il fujflt que I Âr-
tilie [oit foigneux de bien choijlr
fon Mercure , ou bien qu‘il le tire
du Cinnabre commun-, ou du fublimé
correjif, & que le mélange en fait
exaüement fait , & ainji il y ' du¬
ra moins à craindre , de même qu'a
celuy que quelques-uns compofent
aupurd'huy iufques à parties égales
de Mercure & de graiffe fans cor-
reUif II efi vray , qu'en beaucoup
de rencontrées en pareilles oecafions,
on ne met pas toujours fi grande
quantité de Mercure : cela . n'ar¬
rive que pour ceux a qui il efi dif¬
ficile de donner le fiux de bouche.
VngLientum Citrcum,D.NicoL
Myrçpf. Alex.
élfi. Caphura hChina aHata , drach.
unam.
Marmerü albi , &
Boracii , utriufque drach. duos,
uimianti , ( hujus penuria fu¬
me tantundem uiluminü plu-
mei )
Vmbilici Marini , feu Belliculi , &
Be lier ici , idem.
Tragacanthi albi »
.^myli y
CryUalli ,
Antali ,
Dentali ,
Thuris albi, &
Nitri yfing- drach. très.
Coralli albi , une. dimidiam ,
Gerfa, feu Cerufie ex Dracuntio mi¬
nore praparata , une. unam ,
{lerufa Fêneta yUnc. fex.
Horum fiat pulvis.
Adipis fuilli faits expertü , «e
recentis , lib. unam & femifi.’
Seui Caprini , une. unam , & f,
mifi.
Adipis Gallinacei , une. unam ,
Adipes in duplici vafe liquentur;
In ijs macerentur, & leniterco-
quantur Citrea mala duo,mmi-
tim concifa. Deinde Adipes co-
lentur & in his omnia curiosè
trita inqçiantur , &■ rudieuU
fuhigantur t novijfmè .Borax , (fr
Caphura tenuijfimè trita , in^er-
gantur. Colinm fie Vhguentm ac
eoncretum , repone. Satius fuerit
puluerem habere Hn offeina , &
utendi tempare praparare, ut do-
eui. Nam tempore rancefcit,&
& çandorem amittit.
PARAPHRASE.
SAIernitanus ne différé d'ayecMy-
repfus qifen la dolc de l'Amian-
tum mettant une once pour trois
drachmes. Par cette defeription com¬
me en plufieurs autres Myrepliis
Seétion treizième j chapitre 42. de-
montre affez d’avoir été peu versé
en la langue Latine , & en la con-
noiflànce des médicaments , & qu’il
a tranferit ces Antidotes , tant des
Autheurs Grecs j & Latins , que Bar¬
bares , qui l’a voient précédé » en re¬
tenant leurs appellations : comme
Amiantumj Antali , Dentali.
Pour l’Amiantum on prendra l’A-
lum de plume, en attendant qu’on
puilTe recouvrer du vray de î’ifle
Eùbée à prelènt Negrepont , &
qu’on puilTe fç avoir au vray, ce que
c’eft. Pour Antali, & Dentali qui
ne font pierres , mais petites coqui-
les , qui fe trouvent au rivage de la lifdi
mer,
Des Onguents chauds, 109
mer , ceux qui ne les connoiflènt
pas J ou qui en lont éloignez , &
n’en peuvent rencontrer, qu’ils pren¬
nent lèmblable poids de Porcelai¬
nes : qui font allez connuës,& à bon
marché , ou de Nacres , ou autres
coquilles blanches , qui ont fembla-
bles vertus qu’iceux. Le Dentali eft
quafî femblable à la .Porcelaine,
hotfmis, qu’il ell: plus pointu , a la
forme d’une dent Canine , dont il
a pris le nom , &. eft d’une fubftan-
ce plus dure. Antali relîèmble au
Purpura de Diofooride , pource qu’il
eft creux , .& étant’rompu , a com¬
me de petites veines, & droites , fi-
nilTant.çn pointe , de temperamment
Cffji froids, & focs. Gerfa e°ft un motde-
]d ptayé'.de Cerufo , qui fe fait avec
les racines de Dracontiura minus,
ou ^iCrpentaria de Diofooride , ainfi
qu’enfoigne Platearius au Commen¬
taire qu’il a composé foir l’Antido-
taire dç,"SalerHiEanus , ôc aprez.luy
Gçrdus , & Fuchfius en leurs Dif-
penfaïres.. Ceux qui q,e pourront re¬
couvrer de telles racines, qu’ils pren¬
nent de celles d’Amm , ou larrus
aflcz frequent &- comnu de tous, &
de qiiaft femblable vertu, que la Ser¬
pentine , ou Coulevrée petite. . Le
Ml. Bellerici pour la fimilitude qu’il a à
un nombril eft appellé Vmbilicus ma-
• rinus , dont il s’en trouve allez, à
Marfcille,Lyon & ailleurs.
Nos Apothicaires tant icy qu’ail-
Icurs , fo forvent du Borax , dont les
Orphevres fo fervent à fonder l’Qr
fort different du naturel, & artificiel,
décrit par Diofooride au livre i. chap.
74. parlant de l’urine , & au livre 5..
ehap. 54. & aprez luy par Galien au li-
we çj, des Amples.
Touchant le Camphre , ceux qid
en voudront fçavoir l’hiftoire, qu’ils
lifont Avicenne , Scrapion , & Gar¬
cia du lardin , & Matthiole fur DioC-
coride, defquels-ils en apprendront
ce qu’il en faut fçavoir , lequel eft
icy mis pour véhiculé aux autres.
Cet Onguent a pris le nom des Ci¬
trons qui y entrent , & ne.fo doit
appeller Citrinum -, , ( car il n’eft pas
citrin ) mais Citreum.
Icy les grailles fuppléent le de¬
faut de l’huile , & cire : lelquelles
fo mêleront avec la poudre, lors
qu’on s’en voudra forvir , & non
plutôt, pource que l’Onguent fo ran-
ciroit, & perdroit fa couleur blan¬
che peu de tems aprez , & ne feroit
fl plaifant , appliqué fur les vifages
délicats.
A ces fins fuffira de tenir la pou¬
dre faite , & pour une drachme y
mêler une once de graiffb pour le
moins : car qui en mettra plus, l’On¬
guent en aura plus de vigueur.
Quelques-uns fons prendre tant
de peine ,. incorporent la poudre avec
le quadruple de Pomade , & y ajoû-
tent un peu de fuc de Citrons , & ce
avec heureux foccez.
LE MELANGE.
On peut enfomble pulverifor fob-
tilement le Marbre i Corail blanc , le’
Cryftal, & les Coquilles , dans un
mortier de marbre, & pilon de fer.
Il faut pulverifor à part l’Amydon,
le Tragacanth blanc , clair & net
( avant que le pefor , à caüfe du dé¬
chet J l’Encens, le Borax , Camphre
& Amiantum , ou fon foccedanée
l’Alum de plume.
ï 1 0 Livre I L Se^hn 1 L
La Cemfè fè frie fur un tamis ren-
verfé ) un papier net mis au dellbus.
Le Gerfa fe piilverife auffi à parc :
puis toutes les poudres fe mêlent au
mortier , & fe gardent au bcfoin.
Que s’il eft que&on de paradiever
l’onguent j on choifira ides graiilês
requifes , recentes , fondues fur petit
feu , &i dans icelles infuferont l’elpa-
ce d’une nuit , deux Citrons ha¬
chez par petites pièces, foit écorce,
pulpe , & fiic , & le jour fùivant,
au pot de terre verniflé , où ils au¬
ront infofé , feront cuits & coulez
dans une terrine vernifTée , ou plat
d’étain creux , Sc non dans une baf-
fîne : pour ce que le cuivre change
facilcinent la co'ulcur blanche. Aprez
♦avec aine Ipatule de bois en remuant
les poudres , lèront mêlées le Bo¬
rax , & Camphre à la fin. Ainfi tel
Onguent fera relferré au befbin.
Avant l’ufàge d’iceluy , il lèroit bon
■de laver la fece de quelque décoction
deterfivc : puis l’oindre de l’On-
guetK, Sc la couvrir d’un linge blanc,
ôc ainfi continuer tous lesifbirs , juf-
qu’à ce que les taches foient ôtées.
LES EACVLTEZ.
Il deterge les puftules & taches
engendrées de bile ou de pituite
ûlée , qui bourgeonnent îùr le
cuir , principalement du vi%e,
comme auffi les noirceurs , lentil¬
les & dartes : efface la deformité
des cicatrices , & guérit les rou¬
geurs des yaix , & les vices du
cuir.
R E M A R QJ/ E.
POur methodiquernem procéder
en U Confiàien de l’onguent
Citrin , OH Citreum , àprex, une
eyÆe préparation des graijfes
comme a été cy-devant dit en la
PoMade , il -faut prendre tome U
matière qui contient le Jùc dans
de petites njefeicules de- deux Ci¬
trons qui foient bien Aigres , qu’on
divifera en petits morceaux, ( & non
comme dit l’Autheur de la Para-
phrafe)avec leur écorce , qui ne con¬
tient aucune vertu convenable a
celles qu’on attribué à cet onguent',
les ay ant mêlez, enfemble , on les
mettra dans un pot de terre ver¬
nie bien couvert , ■ & fur les cen¬
dres chaudes pendant un jour', re¬
muant fiuvent la matière avec une
jpatule de bois. Les autres ingré¬
dient feront artifteThent préparez
fur le porphyre ( & non triturez
dans un mortier de marbre &' pi¬
lon de. fer , comme dit l’Autheur du
Mélange ) fçavoir le Marbre , l’-d-
miantum , l’Frnbilicus marmis, le
Cryflal, VAntali, Dentali, & le Co¬
rail blanc, chacun d part.
le ferais d’avis de réduire le
poids de. la Cerufe de Fénife a cel¬
le de la Serpentaire , & ainfi' cet¬
te doje ferait conforme a certain
exemplaire de Nicolam Myrepfus
Alexandrinus j car d qùoj faire
onle onces fept drachmes de pou¬
dre fur vingt 'onces & deiny d d-
xonges ? il n’y a en cela nulle
proportion. Bauderon l’a ainfi fort
bien ' reconnu , quand U a dît en
fen mélange , qu’il fuffira d’y me-
Des Onguents chauds. 1 1 1
Ur fnr me once de graijfe , me
drachme de poudre , & je croy que
cefi tout ce qui s'y peut faire ;
OH pour le plui une drachme &
demie : de plus que fis défis con¬
viennent à nos reigles generales,
un chacun y avifira. Pour para¬
chever notre modm faciendi , U
faut reprendre nos graifies dans
ïefquelles avons rnü deux Citrons
en infufion , & fur un feu fort mé¬
diocre les fereif cuire pendant une
heure ou deux , jufques à ce que
lés verrez, claires & tretn^aran-
tes dans le pot , comme a été cy-
devant dit ; cela étant , les cou¬
lerez. par un linge blanc , fans
exprimer le marc que fort legere-
ment ; étans refroidies en fipare-
r-ez. r humidité, fi point y en a , &
y mêlerez, les poudres dans un
mortier de marbre avec un pilon
de bois.. Je me rangeray tres-vo-
lontiers au fintiment de Bauderon
de ne faire le mélange de, cet On¬
guent , quau temps qu on s'en vou¬
dra fervir , car autrement il fi
ranciroit, l'efiime àujfi que ceux-
la ne font mal qui mêlent la poudre
avec de bonne Pomade officinale &
»» peu de fuc de Citron.
Bauderon s'ifi fuffifamment exf
pliqué pour nom donner a enten¬
dre , ce que c’eji que Entait » Den-
^ali Cerfa. ferpentaria , Amian-
tus , Faha marina , eu Vmbilicus
marinm , & Borrax , & nous a
taifé le JJitre des Anciens , qui
nous eft moins connu & auffit im¬
portant qu aucun des fus-nommez:,
pour les- grandes utilite.z. quon en
retire , particulièrement pour la-fan-
tf-} fursjuoy: pour demeurer dans ks
termes de la brièveté que je me
fuis proposé de garder , je ne par-
ticularifiray rien que ce que je ne
puis éviter de dire. Les nobles
predu^ions quil nous donne , font
fans doute la eaufi quil efi dpre-
fint connu de peu de perfinnes , par
fin ancien nom , quoy quil fait en
cours de marchandifi affie\^ fre¬
quent , & connu de beaucoup de
perfinnes qui l'employent en divers
ufages fom le nom de Natron , ou
Anatron , que neantmoins ils igno¬
rent quil fait le vray Nitredes An¬
ciens..
De fiavoir d’où dérivé ce nom de
Natron ou Anatron , qui 'n’eji ny
Grec , ny Latin , ny Arabe , quelle
recherche que i’en aye fieu faire , ie
nay peu trouver l’origine de ce mot,-
a moins comme il y a beaucoup d’ap¬
parence que ce fiyent les- Philofo-
phes Chimiques qui ont impofi des
noms aux remedes dont ils ont pré¬
tendu tirer de grandes vertm , afin
de cacher les chofis quiis' ont vou¬
lu rendre pim myflerieufis ; Comme-
P.aracelfi e^ fin - Diüionnaire des¬
termes cachez. de l’Art Spagyri-
que, qui dit en propres termes-./lna-
chron vel Anathron , efi jpeciesfalis;
qmd in pétris crefiit , quidam SaV
Nitrum appellant^
Je ne diray rien n<m plits dess
Anatrons artificiels que de cettuy-
cy , comme n’étant pas de notre fuiet'
mais feulement que le vray Nitre-
des Anciens croit en divers en¬
droits , & celuy que nous avons-
auieard'huy nous efi' apporté' de:
JUemphis , qui efi le grand Caire ■
ds Egypte. Il y en a de naturel &
d’artificiel, comme, du fil marin avec ■
nr
lequel quelques-uns crsyent qu’il y
et beaucoup de rapport, qui fut la
caufe que l'année dérniere le Fer¬
mier de la Gabelle, du Languedoc,
intenta un procez. mal à propos , a
un des pim illujires de nôtre pro-
fejfon. ^ ■
Le Nitre efi un fel compofe de
diverfes fubftances. falines , fa corn- ■
pofition fi fait connohrê au fenti-
ment de la langue par une legere aci¬
dité accompagnée de ftypticité , &
fur la fin d’une petite faleure. Ce nefi
pat fans caufe fi Schrederus en dé¬
crit un artificiel qui participe de
toutes ces qualiteT^ ; au defaut du
naturel , on doit l’employer prefera-
blement à nôtre Nitre, ou Salpêtre.
Sa couleur nefi pat toujojtrs la
même , car par fois il efi rouge comme
témoigne Profier Alpinus en fin li¬
vre de la medecine des Egyptiens U-
vre 4. chap. i r, en propres termes,
cum Nitro rubro,quod Natrum ap-
pellant, d’autrefois il efi grisâtre ; &
quelque fois blanc , particulièrement
celuy qui fi concret en la furface,
appellé de quelques-uns Aphroni-
trum. Gj^and on le met fur les char¬
bons allumez. , il fi couvre de cen¬
dres , & finalement en fiuflant défi
fus il fi fond. Voilà les vray es mar¬
ques du Nitre des Anciens , fur le¬
quel je pourrais dire des chofies bien
curieufis, que par des confiderations
je fuis obligé de taire. Ceux qui
en voudront fiavoir de plus grandes
particularitez , les apprendront de
Theophrafie, de Pline , de Matthio-
le , & de Selon en fis obferva-
tions.
Livre IL Seâion IL
Vngaentum de Arthanita ma-
jus, D. Mef.
y:.. Succi Cyclamini , feu Arthani-
ta , lib.tres.
Olei Irini , lib. duos.
Succi Cucumeris Afinini -, &
Butyri vaecini , utriufque lih.
unam.
Polypodij , lib. dimid.
‘Fulpa Colocynthidos , une. qua¬
tuor.
Suphorbij, nnc.femif.
Sicca hac tria, térè',& macéra dies
oSlo,fuccis , oleo, & Butyro in va-
fe vitreo angufiiori , benè obtura-
to. Poft femel fervefac.
Cola , deinde adde fequentia duo,
Aceto difoluta.
Sagapeni, Aureos quinque,feufcruf.
viginti ,
Myrrha , Aureos duos , feu fcrup
oSla. ■
Bulliant fimul agitando cum fufie
ad fucc'orum fetè covfumptionem.
Tune prbjiçe fuper ea,
Cera fiava , une. quinque.
Fellis Taurini , Aureos quinque, feu
ficrup. viginti.
Tandem liquata Cera, adde fequen-
tium pulverem .
Scammonij ,
Alo'és,
Mézereon , feu Cocci Gnidij,velfem.
Thymelea , idem.
Celocynthidis , &
Turbith , fing. Aureos quinque, feu
' ficrup. viginti.
Salis Gemmei , Aureos très :feu une-
dimidiam.
Euphorbij,
^ ^ ‘pife
^es Onguents chauds. 115
^\prk longi ,
Zingiberis , &
Chm^meli , fingul. Atireos dms:
feu fcrup. oilo.
paraphrase.
MEfiié décrit cet Onguent , au
livre des Médicaments purga¬
tifs ,^au chapitre de Arthanita : com¬
me aiilîi en fon GTrabadin j y ajou¬
tant de plus , de Canelle de-ux Ali¬
tées & demy once d’Euphorbe , en
la decoftion , ce qui ne m'a pas
femblé bon. Il l'attribue à Alexan¬
dre , fi c'ell Myrcpfiis lùrnommé
Alexandrin > ou aiitrè de lèmblable
nom 5 je ne le puis airenrer , ne-
l’ayant içeu trouver en aucune des
Sedions dudit Myrepfus, qui me fait
eftimer être quelque autre , duquel,
les œuvres ne font parvenues juf-
qu’à nous , ou que nos exemplaires
font moins complets , que ceux que
Mefué a voit.
Cet Onguent a pris le nom de fa
bafe J la racine d' Arthanita des A-
rabesj nommce des Grecs & des
Latins Cyclaminns , & du vulgai-
le ) Cyclamen , & Panis Porcinus.
Sa vertu purgative eft augmentée\
par le fuc de Concombre Afinin,
Colocynthe , Scammonée , 3c fruit
dn Thymalea, Leur célérité eft répri¬
mée par le Polypode , Turbith , &
Aloës. Leur nuifance eft corrigée}
parle Sagapenum , Myrrhe , & fel
Gemmé. L'huile , Beurre & Cire
domptent leur acrimonie , & don-
||ent corps à l’Onguent. Le Fiel, Sc
1 Euphorbe tant en la decodion,
qo en la poudre y fervent de vehicu-
De forte qu’on ne doit tant re¬
douter Ion vfagc , ôc le rejettcr
(comme quelques-uns prefchent
étant un remcde extérieur y 3c f bien
proportionné comme il eft. Joint
que les dodes s’en fçavent bien
aider , aprez les nniverfels j
félon les âges , fexes , fàifons,
tempéraments des malades , avec
heureux fuccez , ôc non les brouil¬
lons , ignorans > & peu expéri¬
mentez.
ZE MELANGE.
Il faut premièrement concafler le
Polypode , &ç Euphorbe & ineifer
fort menu la Colocynthe pour les
infufèr enfèmble avec les Sucs,
l'huile , ôc beurre dans un pot de
terre verniflé , étroit d’emboucheu-
re , fur les cendres chaudes envi¬
ron huit jours. Durant ce temps on
fera tremper à part , le Sagape¬
num & la Myrrhe dans du vinai¬
gre ; ôc la poudre fera faite comme
s’cnfiiit.
Il faut pulverifèr enfèmble le
Turbith, le Gingepibre. , & la Co¬
locynthe hachée menu , la Camo¬
mille , le Mezereon , ôc le Poivre
long , à part chacun, la Scammonée.
l’Alocs , l’Euphorbe , & le fel Gem¬
mé’, puis toutes les poudres feront
mêlées enfemble.
Le neufviéme jour & au meme
pot, on fera bouillir ce qui fera de¬
dans , deux ou trois boliillons. Aprez
on les exprimera : puis on y
ajoutera en la colature , le Saga¬
penum ôc la Myrrhe , qu’on avoir
infufé au vinaigre à part pour le
cuire tout enfèmble, jufqii'à la (qua-
lî totale ) confomption , tant des
P fucs^
9^ Rf
1 1 4 Livre 1 /.
flics 3 que du vinaigre , en remuant
' continiicilemenc avec un pilon de
bois J puis on y ajoutera k cire neuf-
ve hachée & icelle fondue , & la baf-
fine ôtée de déillis le feu , on y ajou¬
tera le fiel 3 & peu à peu les pou¬
dres. Etant ftoid il fera referré au
befoin.
Le fîirnom de grand y eftmis , à
k différence d\vn autre’ de femblable
nom 3 moindre en vertu 3 en nombre
de Médicaments , & artifice.
LES. EACVLTEZ.
Il purge par le vomiflèment , fi
on en frotte l’eftomach, & par le bas
fi on en oinét les hypocondres : pour
cç il eft mervéilleufimentf propre aux
hydropiques 3 évacuant copieufement
les humeurs fereufes. Il tue auffi les
vers > & les chalfe.. Ons'en fertpour
ceux qui ne peuvent prendre des
Médicaments purgatifs.
REMARQVE.
MEfué. attribué cet Onguent à
Alexandre en fin livre des
fmples Médicaments purgatifs au
chapitre jus allégué , & Bauderon
dit ne fiavoir au vray , fi c’eft Ni~
eolaui Myrepjité Alexandrinm , eu
quelque autre Nicolas AlexandriUy
de qui Mefué vueille parler -, Il efl
bien vray que Nicolas Alexandrin
en fon livre de la compofition des
Médicaments fuivant tes lieux y
chapitre 1054. décrit un Onguent
qu'it appelle Vnguentum Catharti-
cum purgàns phlegma & melancho-
liam 3 qui efl bien différant du fuf-
dit » à raifin de ce je n ay rien cor^
Seâion 1 /.
rigéqnoy qu’il fiit compofé detnU
mes ingrediens.
Tour le modm faeiendi, il fam
prendre les Sues du Cyclamen, &
de Concombre fauvage 'd.epure\ far
refiàence pendant un jour.-aprez. y
faire bouillir le Polypode bien, con-
caffé y jufquà la confomption d'un
quart , & y ajouter la Colocynthe
purgée de la femene'e,& incij^e fort
menu pour la faire cuire lemementt
jufquà ce que l’humidité feit,oi(
évaporée ,, ou imbibée dans la Cole.
cynthe ; alors faut ver fer tomes ces
matières dans un pot de terre t)er-
nie, avec la quantité requife d’huile,
le beurre , &' l’Euphorbe triturée-,
& l’ayant bouché avec parchemin,k
mettrez, fur les cendres chaudes
par deux fois vingt quatre heures ,
& remueresc fiuvent afin que la cha¬
leur pénétré également la matière
y contenue e cela fait faut augmenter
la chaleur , & luy faire prendre une
fort legere ehnllitien approchant de
la confomption de l’humidité-, après,
par une forte toile ferez la celature,
& l’exprimereT^ médiocrement. Le
Sagapenum s’il efl triturable, en le
mettra en poudre fubtile , finon il
fera diffout dans le vinaigre , coulé,
& cuit en confifiance de miel, y ajou¬
ter es^la Myrrhe en poudre , ( fi ek
ne fi peut mettre en poudre fubtile)
afin qu’elle fi mêle plus facilement
par la chaleur en les recuifant pour
les réduire en vraye cenfifience.
Pour la cire , fiel , & poudres, faut
fuivre Bauderon.
Vnguatt
Des Onguents chauds, 1 1 5
Vnguentnm Splcniciim , D.
Bric.Bauderoiîi.
Gnmmi Ëlemi, &
Succi Nicotiana majorie , ana une.
mam.
Gummi Ammoniaci , uiceto Cappa-
mm foluti & coCli, &
CeraflavA , ana drach. duae.
Liquatû extra ignem, inyce.,
Tnlveris AriBolochia rotunda , &
Lqnga ,
Cjiclaminü, ( Panis Porcinivulgo)
ma drach. mam.
Fiat vnguentum ufui reponen-
dum.
PARAPHRASE.
L'Autheur de cet Onguent Ta fort
bien furnommé 3 du nom de la
partie à laquelle il s'adapte , comme
liiy étant propre : je lay trouvé par-
iny les papiers de mon perc , dans
un traitté qu'il a fait de affeétibus
Splenisj & eftime qu'il foitde ion
invention , & experiençe. Pour le
moins 3 je ne l'ay pu' voir ailleurs.
L’examinant de prçz 3 j'ay connu
qu’il mérite de tenir rang en là Pa-
raphrafe pour deiopiler j & ramollir
les duretez de la ratte. Sa baie ejft
la gomme ditteElemi , la faculté ra-
.ïuoliitive de laquelle eft augmentée
par la gomme Ammoniac 3 c’eftà
dire venant de Ammon qui eft un
temple en Lybie 3 où lupiter étoit
adoré en forme de Relier où elle
croifl: en quantité. Les poudres du
Cyclamen , & des Ariftoloches y
font raifes, tant pour échauffer 3 in-
ciièr J & atténuer des matières
cralTes, & vifqueufeSs cauiès desob-
ftrudtions & duretez , aidées tant par
le fuc de Nicotiahé, ou Petum qui ré¬
chauffé, abftergCj & dücute les vents,
que par l’huile d’Hypericum, lequel
par ià chaleur fond & difibut les hu¬
meurs endurcis , & épais : comme
par ià tenuité de parties , avec le
vinaigre de Cappres 3 il inciie , atté¬
nué 3 fait penetrer , & empêche l’ex¬
halation des autres par fpn humidité
oleagineuiè. La Refine y entre, par¬
tie pour ramollir, échaufïèr & digé¬
rée avec les autres, partie pour donner
forme à toute la compofition , avec la
cire jaune.
LE MELANGE.
Il faut fondre la gomme Elemi,
avec le iîte de la grande Nicotiane
( ou Tabacum , & Petum : ) & la
gomme Ammoniac avec le vinai¬
gre , où les Cappres, trempent. Puis
avec l’huile d'Hypericon , faire
fondre la Refine , la Cire , y
ajoutant les. Gommes fondues , &
cuittes : finalement hors du feu,
on ajoutera les poudres , pour le
tout garder au beibin. De cet On¬
guent on en peut faire un emplâtre,
en y ajoutant un peu de Tercbin-
tfiine , diminuant la dofe de l’huile,
& augmentant celle de la cire , &
de la refine.
P i
les
1 1 Linive 1 L Seciion 1 /.
LES FACFLTEZ.
Il a une vertu- remollitive j &
refout, ouvre &c corrobore la ratte
endurcie , aprez les remedes uni-
verfèls,
R E M A R CLV E. '
E me trouve bien en peine- quel
nom donner à cette compojitien
bplenique , & ne pourroü me per-
fuader que Briciui Bauderen , qui
étoit bon Pharmacographe f» eut
été l'inventeur , quoy que fin fils
die ; fi je ne l'avois trouvée dé¬
crite inot k mot dans fa pratique.,
comme elle eft icy rapportée , par¬
ce que les dofis font fi irregulie-
res , qui me feroit croire que la
defcription ferait venue d'ailleurs.
De P'appeller Onguent , elle nefi
pas de la cohfifiance ; de luy don¬
ner le nom d'Emplafire , la con-
fijlence ne s'y trouve pas auffi en¬
tièrement.., aucun autre nom ny
fiauroit mieux convenir que ce-
luy de Cerat : c'eft pour quoy , U
valait mieux - le loger entre i Les
Cerats , que parmy tes Onguents ^
mais pour ne démentir pas fin
nom , quand on le compefera , il
faudra augmenter la dofe de l’hui¬
le. La Gomme Elemi , fi elle efl
•molle , la faut faire fondre dans
l' Huile avec la' Cire , & la Refi¬
ne , & fi elle efl fiiche , on la
pourra pulverifer fi on veut : l’A-
moniac aufli fi pourra pulverifer
s'il efl fie autrement on le dtfi
fiudra comme dejfus. L'Onguent
a derny froid on y mêlera les fou¬
dres fubtilement pajféesy & finale,
ment le fuc de Nicotiane , réduit en
■ cenfiftance de miel j voila s'il me fem-
ble le moyen , & la vraye méthode
qu’il faut garder pour le compofer
artiflement.
Vngucnruni contra Vermes.
Olei Abfi-nthij,
Atnygdalini amari &
Rut& ', ana une. duos.
Succi Foliorum PerficorUm ,
Adatricaris, ana une, unam.
Abrotoni ficci ,
Rofarupi rubrar.
Farina Lupinorum , .
Centaurij minorü
Corallina
SeminU contra Fermes
Cornu Cerui ufli , ana drachm,
unam.:
Alo 'és Socotorinà,
Fellù Taurini ,ana drach. duat.
Cera , drachm. fex , aut quantum
fufficit.
Fiat Fnguentum.
PARAP HRASE,
A Fin que ce livre ne fuft de»
fedueux d'aucun remede ou
coiTipofition , qui peut venir en ufa-
gepour fubvcnirà toutes les .occur¬
rences & neceffité du corps humain;
fy ay encores ajoute cer Onguent,
emprunté de la Phannacopée de
Lyon , où il eft fort "en ufage
pour tuer les vers. La difficulté
qu'on éprouve , principalement aux
petits bnfans , à faire prendre des
Médicaments internes pour cet
Des Onguents chauds, 1 1 7
effet J tant purgatifs que fpecifiques 3
de leur nature acres , fàicz , acides,
& amers, ce qui les rend, encorcs
plus dégoucans & delâgreables , rend
cette compofition comme necellairc.
On en frotte d'iceluy la région de
l'umbilic, ou bien on en dilibut quel¬
que portion dans la decocHon com-
rauiie d’un clyftere.
REMARQJE.
£ àmeurfi furprû du dire de
menfienr Sauvageon , quon puijfe.
difoudre de cet Onguent centre les
vers J qui eft amer dans les cljfie-
res^ il men exeufera s°ll luy plaît,
cela ne fe peut , fans choquer &
renverfer la pratique des pim fça-
tans Médecins , qui nant jamais
employé les médicaments amers fim-
ples ou composés dans les clyferes
four tuer les vers , que centre ceux
qu'on appelle uifcarides , qui font
les plus petits , femhlables à ceux
qui s'engendrent dans le fornage,
qui ont leur origine au bout du
fondement, produits d'une pituite
falée : car pour les autres deux
eéfeces , qui font les longs les
eucurhitins , ils ont toujours prati¬
que les médicaments doux pour les
mirer en bas , & au contraire on
baille tous les jours avec heureux
fuccés les médicaments amers' par
la bouche , pour les chajfer par le
bas , (jjr peu de tems après les cly-
fieres doux peur les y attirer. De
plus parmy les f^avans, il nefi nul¬
lement pratique de mettre l'huile
eu matière grajfe dans les clyfie-
res pour attirer les vers j dans
m. onguent il y a de l'huile , &
par confquent il n'y conviendra,
point, r aurais encores d'autres cho-
fes h dire fur la dijfolution qu'il
en conviendrait faire dans la de-
coéiion , que j'obmettray d dejfein,
pour finir cette Seélion , après avoir
dit un mot fur lé mélange que
mejfieurs les Médecins ont laifsS.
De tous les ingrediens triturables,
comme de l’ Abrotanon , des Rofes,
des Lupins , de la Centaurée , Co-
radine , corne de Cerf, Semencon-
tra , & Alo 'és , il en faut faire
une poudre fubtile 3 dr parce que
la corne de Cerf brûlée n'a point
de vertu ,]e la voudrais préparer fur
le marbre , & l'humeÙer avec un
peu d'infufion d'Abpnthe vulgai¬
re pour la rendre utile k quelque
chofe Après dans la quantité des
huiles d'Abfinthe, d' Amandes ame-
res , & de Rué cy-dejfus requife,
an y fera fondre environ une once
& demy ( fuivant la faifon ) de
Ctre jaune , au lieu de fix drach¬
mes' qui ne fufiifent point pour fai¬
re le corps ; & ' au lieu de l'huile
d' Amandes ameres qui n'a point
de vertu contre les vers ( par les
raifons cy-devatit alléguées en la
SeUion des Huiles) 'je voudrais rem¬
placer fa dofe de celuy d'Abfin¬
the & de Rué 3 l'Onguent k demy
fioid , on y aioûtera les fiscs de
fueilles de Pefeher , & de Matri-
caire évaporés de leur humidité fi-
perfiué i feduits en confifience d' On¬
guent , de chacun une once , & fina¬
lement le fiel de Taureau , le toute
bien mêlé , fera ferré au befoin..
F 3
SE Cî
Il 8 Livre î L SeBton 111
SECTION III.
Traicté des Cerats en ge¬
neral.
E Cerat eft appelle des Grecs
KiipuTti ôc K»pÉAat/o(':ponrce qu'ils
le coinpofoicnt avec égale portion
d’huile ôc de cire. Depuis , comme
encore pour le jourd’huy, on y ajou¬
te de la Colophone, Re/îne,Tere-
binthine , Gommes , moelles , graif-
fes, Larmesj Sucs, Poudres, 6c c. félon
l’intention diverfè de celuy qui l’or¬
donne ;pour la dolè de la cire, fera
laifsée au jugcmeiijt de l’Apothicaire
expert ; car s’il y entre de la Te-
rebinthine. Grailles, & Gommes : ou
que ce foit en Eté , & que la Cire
mit recente 8c grade , il y faudra
moins d’huile : encore moins s’il y
entre des Poudres , & que ce foit
en Hyver,la Cire vieille, afin qu’il
foit de confiftence convenable.
Quelques-uns ont limité la dolc
de la poudre à une drachme ôc de-
my pour chacune once d’huile , &
la moitié moins de Cire que d’huile:
& pour les Emplâtres ponion égale,
ce qui ne s’obferve pas toû jours:
mais s’augmente ou diminué félon
la force qu’on en prétend. '
Ce remede doit tenir le milieu
entre Onguent , ôc Emplâtre : c’etl
à dire non fi mol qu’iceluy , ny fi
dur que cettuy-cy , afin que par la
chaleur il ne fe fondît fi-tôt que
l’Onguent appliqué fiir la partie ma¬
lade , ôc qu'il n’empêchât la perlpi-
ration , en reffêrrant & comprimant
le cuir , & mufclcs fervant à 1^ ref-
piration , & exhaiailbn de la ma,
tkre y contenue , comiiiC il fe.
roit s’il ctoit dur comme Em¬
plâtre.
Traittê des Cerats en particulier.
Ceratum album refrigerans,
D-Galeni.
5^. Cera alhx elota , .dr mn favi,
me. mam.
Olei Rofati Omphaeini , une. ms,
aut 4. fi mollius re^uirü.
-Licjuentur firnul invafe dupliei ; re-
fi-igerato ajfunde pautatim in
mortario, aquit,frigidijfimx,quan-
tnm abforhere poterit , fubigen-
do , & percHtiendo. PoHrmo
adde Aceti clari , & tennis pa-
mm , mpote me. femifi. um eir-
citer.
U on débet hoc Ceratum eo ufque
■ fieper partent affebiam manere,
dum manifeflè inealeat : fed fub-
inde aJfîdnèmutari.Hxc Gai.
paraphrase.
CE Cerat , ou Onguent eft dé¬
crit par Galien au livre premier
des fimples , chapitre 6. & au 10.
de la méthode , lequel poiu être fim-
ple , & peu difïèrent de la nature
des Onguents , nous l’avons mis in-
continant aprez , & au commence¬
ment des Cerats. U a pris le nom
de fa couleur , & le furnom de la
qualité réfrigérante. Ceux qui le dé¬
lireront plus froid , au lieu de l’eau
ftoide , qu’ils le lavent avec les uie*
^ de
Des Cerats en particulier, l i^
de plantain > Morelle, Lai Ctuc, Pour¬
pier, &c. & fi encore y.us , ils y
ajo teront de l’Opium. Ce cjuc tou-
tesfois l’Apothicaire ne doit faire,
fans le iceu & exprez commande¬
ment du docèe & expert Médecin.
H cft meilleur qu’il lôic fait en
tems de la necelîîté , que de le gar¬
der fait en fa boutique , pource que
par le tems la vertu réfrigérante icy
rcqiiife fe perd.
LE MELANGE.
Il faut fondre la Cire blanche en
l’iiuile Rofàt Omphacin , lîir de l’eau
chaude , ou fur la chaleur des cen¬
dres : puis les jetter dans un mor¬
tier , Je étant froids , les agiter &
Ibuvcnt laver avee eau froide , &c
fur la fin, avec un peu de vinaigre
Rofat.
L’Vfage félon Galien eft , de l’é¬
tendre fiir linges blancs , & l’appli¬
quer liir la partie échauffée , & le
renouveller fou vent , & n’attendre
qu’il fbit échauffé , & continuer juf-
qu’à ce que l’inflammation fbit mo¬
dérée. Alors il faudra ceflèr de peur
d’éteindre ( avec l’inflammation ) la
chaleur naturelle de la partie, au pré¬
judice des malades , & déshonneur
de ceux qui l’appliquent.
LES FACFLTEZ.
lleftfbrt ufité aux inflammations,
aux ei-yfipeles , herpes , charbons , &
a toute intemperature chaude. On
s en fèrt aufli fort fréquemment pour
Ii.nimenE aux hypochondres des fc-
bricitans..
R E M A R QV E.
CEux-là font dignes de repre-
henfon, epui par avarice em-
ployent dans ce Cerat la Cire jan-
ne au lieu de la blanche , s’imagi¬
nant fans doute, par la lotion quils
y font. puis après , d’emporter ce que
cette première y a introduit j ce
qui nef pas pojfible. L'erreur n’efi
pas moindre de ceux qui difent que
du tems de Galien on apportoit du
Royaume du Pont , de la Cire qui
était naturellement blanche , exem¬
pte de chaleur &. d’acrimonie , de
laquelle on fe fervoit pour les On¬
guents & Emplâtres rafràichijfans,
& qu'on ne csnnoijfoit point la
.blanche artificielle ; mais le con¬
traire de cela fe vérifié par le deu-
x-iéme livre , chapitre 76. de Diof
coride , ou il enfeigne le moyen de
la blanchir ; & par Galien mê¬
me , livre premier de la compoji-
tion des médicaments , fuivant les
genres.
Ceux-là fe trompent aufiî, qui
difent que de laver le Refiigerant
de Galien avec Les fucs de Plantain^
Mer elle , Laiüues , Pourpier , &c,
fera plus rafiaichijfant que de la
laver avee de Veau -y & fi encore
plus en y ajoute de l'Opium , bien
loing de la, car l’Opium efi chaud
& non froid ; & Veau aiguisée d’un
peu de fort vinaigre , c efl a dire
de quelques gouttes , 'rendra l’On¬
guent pim rafraiehifiant..
Ceratuna
I lo
Livre IL Seélion 1 IL
Ceratum Santalinum, D.Mel^
Olei Rofati loti , (m fit prit-
ftantim ) lib. mam.
CevA albA , drach. tringinta.
r Rofarum ruhrartmi , drach.
Idmdecim.
Santali rubrii drach. decem.
I Santali albi , &
Pal. Citrini , utriu/qae drachm.
fex.
1 Boli Armenay drach. feptem.
I Spodii , unc.femifi.
L Caphura j drach. duos.
Fiat Ceratum.
PARAPHRASE-.
CE Cerac a pris le nom de la
bafe les trois Santaux : l’huile
& Cire, y font rais pour luy don¬
ner corps , & le Camphre pour, fer-
vir de véhiculé à la balè. Les autres
y font mis , tant pour augmenter, fa.
vertu réfrigérante , <jue la coa'obo-
rante des vifeeres.
LE MELANGE.
Enfemble il faut pnlverifer lés
Santaux , & les arroufer de quel-
ues gouttes d’eau Rofe , & fur la
n y ajouter les Rofes, Il faut pul-
verifer chacun à part , le Bol , Spo-
dc , & Camphre, puis les mêler en-
femblc avec les Santaux , & les Rô¬
les. Aprez on fera fondre la cire
blanche avec l’huile , lùr eau chau¬
de , ou cendres chaudes, puis ôtez de
dellùs le feu, & à demy refroidis,
peu à peu on y ajoutera les poudres.
pour le tout reflèrrer au befoin,dans
fon pot bien couvert.
Si l’huile Rofat n’eft Omphacin
ou recent , mais vieil , il le faut la¬
ver plufieurs fois avec eau tiede , &
à icelle feparée on y fondra la dre
comme dit eft. Que fi la cire n’eft
blanche , mais citerne , que les Apo¬
thicaires avaricieux fubftituent 'pour
icelle , pource que’lle n’eft fi chere,
& que l’Onguent eft rouge , qui
couvre la couleur : à tout le moins
qu’ils la lavent lôuvent avec de l’eau
tiede., puis avec de la froide , afin
que les malades & les Médecins , ne
Ibient fruftrez du fruit qu’ils en pré¬
tendent. Car la cire blanche aullî
bien qu’aux Onguents eft meilleu¬
re aux Cerats refrigerans que la
jaune : au contraire la jaune eft meil¬
leure aux chauds que la blanche.
LES FACFLTEZ.
Il appaifè les phlegmons & tou¬
tes les intempéries chaudes du ven¬
tricule, du foye & autres parties.
RE HAROJE
A defeription du Cerat San-
talin fie trouve prefque confor¬
me dans tout les Diffenfaires a
celle de Mefué , cefl une mar¬
que d'approbation que les Aatheurs
luy donnent. La cire blanche ar¬
tificielle ny doit point être ebmi-
fie y comme beaucoup pratiquent.
Pour l'huile Rofat Omphacin , il
n'importe en rien qu'en y fubfii-
tué le complet , mais le commun-
non , comme il n'arrive que trop
foHvent parmy ceux qui n'ont autre
visee
Des Cerats en particulier.
n leur frofejfim que de gaig-
LÉ Mélange'.
ner de l argent.
Ccratum Stomacliicura,D,M.
%. Olei Rofati completi , lih. unam
&femsj.<. ■
Cerit flaua , & pur a , une. qua~
mr,
ç Rofarum ruhrar.&
I MaHiches , drach, vi-
I
Pulverem Abjinthii Pont, maio-
j ris , drach .quindecim.
I Nardi Indica , drach.
decem.
Cera ■& Oleum igni liquata , ftpè
laventur aqua Rofarum. Iterum
liquata , laventur aquü parti-
hm vini aufteri , & fucci Cpdo-
niorum, cum pauco Aceto. Pofire-
mo reliqua pulverata mifeean-
tur-, & fiat Ceratum , quod ufui
reponatur.
par AP H RASE.
MEfiié a tiré ce Cerat du livre
huitième de la Méthode , & li¬
vre huitième des médicaments lo¬
caux de Galien , en changeant les
Rôles pour l’Aloès , & les fueilles
d’Ablînthe pour lé fuc : le Nard
Indic , hhuile , & cire pour l’Onguent
Nardin : & augmenté la dolc du
Maftich. Voila comme s’eft gouver¬
ne Melué. Le nom luy eft imposé
de la partie à laquelle il eft appro¬
prié ( pour le tout ) car ( à propre¬
ment parler) l’eftomach eftlonticc'
luperieur du ventricule.
Il feut fondre la cire neuve avec
l’huile Rolât complet, puis les la¬
ver pluficurs fois avec eau Rolè.
Aprez on les fera refofidre & rela¬
vera avec égales portions de lue de
Coings, & vin adftringent , avcc-
un peu de vinaigre. Cela fait , on y
ajoutera les poudres faites comme
s'enfuit.
Le Nard Indic incisé , l’Abfin-
the, & les Roics fe piilvcrifeiont
enfemblc , & le Maftich à part. Le
tout ainil mélangé , fera gardé au
befoin.
LES FA CFLTE Z.
Il corrobore le ventricule & le
foye , aide à la coétion , confume
les vents , cuit les humeurs crues,
excite l'appetit , & appaife le vo-
miliement.
REMARQVE.
Es Arabes ont beaucoup tra¬
vaillé pour illuErer la Méde¬
cine , ainfi que novu avons cy-de-
vant dit aux raifo'ns qui preuvent
la préparation des ingrédient ma¬
lins de la Hier a Legodii ,non pat
tant feulement à nom inventer des
rernedes , mais encor es ils ont appor¬
té de la pohtejfe d ceux des Grecs,
comme a fait Mefué en dofant ,
& mettant en bon ordre le Cerat
Stomachic de Galten, & autres com-
pojitions.
Pour le modui faciendi faut fai¬
re fondre la cire & le Mafiic a
1 Li
Livre IL SeBion HJ,
petit feu dans l'huile Rofat ,& les
agiter doucement jufqua ce quils
[oient à demy fioids ,puis avec eau
Refe les faut iaver deux ou trois
fois , & à chaque fois faut changer
d’eau 5 cela fait , fur une moindre
chaleur que la première on le re¬
fera fondre , ' a l'infîant refoidir
pour en feparei exaÜement l'eau
qui s'y était mêlée , après la fepa-
ràtion faite , derec hef avec du fuc
de Coings , du gros vin & un peu
de vinaigre , le corps de l’Onguent
fera lave par trois ou quatre fois.
le voudrais encores humeéler la
poudre pour un plus' grand •bien
avec le fuc de Coings , la faire fei-
cher , trituter , & pajfer par un ta¬
mis fuhtil , comme a été cy-devant
dit aux Onguents foids, fi¬
nalement mêler le tout enfemble.
Mon fentiment efi que la lotion
dé l'eaù Rofe ne contribué rien
à’ ce Cerat , comme a été cy-de¬
vant dit.
Ceratum Oefipatiim Gaicno
adfcriptui:o,D.M.
y:. Oefipi, drachm. feumc.de-
cem.
Oleorum Chamameli ,
Irini , utriufque unc.fex,
Cera fiava , une. très,
M^‘Fikhes ,&
Terebinthina, utriufque unc-.unàm.
Refin a , une. dimid.
SpicA Nardi , drachm.. duos ^
dimid,
Croci , drach. unam & femiJS..
Si quu addiderit,
Ammoniaci , une. unam , Cr
Styracis calamites , une. femifem:
efficacius erit ad emotliendum tu.
mores duros,, & quacunque alia
Pauli & Philagrü Cerata pdi-
centur,& prafiabit.Rondeletm.
PARAPHRASE-
MEfué référé ce Cerat à Galien
en fa méthode livre 1 4- lequel
à pris le nom de fa bafe l’Oehpe,.
que nous avons mis au commence¬
ment, & fAutheiir à la fin.
Ceux qui voudront luy donner
plus de f-orce , & qu*il. fupplée le
defaut de celuy de Paulus , & Phi-
lagrius, qu'ils y ajoutent rAmmoniaCi,
& le Styrax calamite^
Z£ MELANGE;
Le Maftich , Nard Indic j & Saf-
fran iê pulverilèront chacun à part,
puis feront mêleï. Aprez fur les cen¬
dres chaudes, on fera fondre la dre
neuve , & nette , & Refine dans les
huiles : puis la balLnc ôtée de deffiis
le fèu , on y difioudra l'Oefipe avec
un pilon de bois, la Tcrebiathinc&
Ammoniac, auparavant fondu ^ cou¬
lé , & cuit en confiltence de mieh
Finalement les poudres & Styrax puL-
verisé à part, en remuant toujours,
juiqu a ce qu'il loit froid , pour le
relierrer au befoin.
LES FACFLTEZ.
Il amollit, & digère les tumeurs
dures du foyc , de la r.-.tte, de la ma-
tric , des nerfs, des joindures & au¬
tres parties, & efi: fort anodin.
RB
Des Cerats en particulier. 113
REMARQVE. fARAP hrASE.
(■yE Cerat aujfi bien c^e le pre-
jcedent a été réglé par Mpfité,
(jmy quajfez. mal , pour y avoir
flui d’huile d l’un & d l'autre
qu’il ne faut , jf ne fçay d qui en
attribuer la faute , dfl’Autheur , d
[es interprétés , ou aux coppitles de
[es œuvres.
Si l'Amoniac efi fec , il fe met¬
tra facilement en poudre fubtile,
& fera meilleur ainft , que difbut,
coulé , & cuit au vinaigre : le Sty¬
rax calamite de même fera mis en
foudre ; le Âfafîich choifi , doit être
fondu dans les huiles , comme a été
[cuvent dit , fur une lente chaleur,
& le reBe des poudres y fera ajouté
fur la fin.
Ceràtum de Arnogloffô,
D. Gai.
Foliortm Plantaginù maje-
Tanù SyncomiBi , id efi , d fur fur e
non - omnino purgati , &
Le'ntium contufarum , fingul. pares
portiones.
Coquantur in aqua fufficiehti. De-
■inde piBentur^ in mortarie' mar-
moreo , (p' fuper crib'rum cer-
nantur. Vtendi ' tenipore prâpa-
tandum erit. Avic. Ubr. quâr-
^0 > fen j . traBatu primo , capt¬
ât decimo. Addit Gallas. Serapio
vero traBat.-s^. cap.t.1. non dif
fentit d Gai,
CEcy à parler proprement, n’eft
un Cerat, ny Emplâtre, quoy
que Serapion& Avicenne, aux lieux
preallegués , Payent ainfi nommé :
mais un Malagme ou CataplaCne,
tant pour ce qu'il n'y entre point de
cire , que pource qu’il n’eft de con-
fiftence dure comme doit être l’Em¬
plâtre, pour raifon de laquelle je l’ay
mis au rang des Cerats , comme aufli
le fiüvânt. Avicenne y ajpûte des.
Galles , autant que des autres. Il ne
fe doit préparer finon lors qu’on
s’en doit lèrvir : pource que fraiche-
ment fait , il a plus de vertu’ que
vieil : & qu’en tout tems , on peut
facilement recouvrer du Plantain que
lés Grecs appellent Arnogloflùm,
id cft , liiigua Agniria, & Plantago,
qui eft la balè , dont il a pris Ion
appellation.
Panis Syncomiftus , ainfi nomme
des Grecs , cft celuy qu’on fait de
ferine pafiée par un gros tamis, &c
tient le milieu entre le pain blanc
& le vulgaite, duquel une partie du
fbn a été ôtée. Les habitahs de ce
iieu l’appellent Oferain.
LE MELANGE.,
^1 faut concalTcr les Lentilles , &
iheifer le Plantain , puis les cuire en-
fértiljle , en Quantité fiiffifatite d’eau,
piiis étans à demy cuits , oh y met¬
tra égale portion ( que de l’un d’i-
ceux ) de pain fait de farine de fro¬
ment entière , non du tout purgée
du fon. Le tout fort cuit , fera pilé
dans un mortier de marbre, de pafsé
114 Livre IL SeBion 1 1 L
à travers un tamis renverse , avec
une fpatule : & tiede appliqué fur
les Anthrax , ou charbons pelhlcn-
tiels. Si quelqu'un commande d’y
ajouter des Galles fèmblable poids
que les autres érans concalïées , on
les cuira avec le Plantain , & Len¬
tilles J & on fera comme dit eft.
LES EACVLTEZ.
Il réfrigéré j repercute , & digé¬
ré médiocrement > pour ce regard il
convient aux anthrax , comme il eil
dit ; mais au commencement , aprez
la faignée & le ventre étant dé¬
chargé.
R E M A R QV E.
E Cerat aujfi a été réglé -par
Avicenne : le modm facien-
di efi , quil faut faire cuire les
Lentilles entières en Jufifknte quan¬
tité d’eau fans les concajfer, com¬
me veut l’Autheur du mélange ;
étans k demy cuites , on y ajoute¬
ra de Plantain incisé menu , ou
Arnoglofo des Grecs , & fur la
fin on y mettra le pain bü : la
decoblion coulée , le marc fera pi¬
lé & pafsé , comme a été cy-defi-
fia dit. Afin que la pulpe aye la
confidence requifi , après avoir cou¬
le. la decoElion faut exprimer le-
gerement le marc , qui voudra évi¬
ter de le mettre fur le feu pour
te cuire, ou confumer l'humidité
fùperfiuë..
Ceratum de crufta panis, D.B.
' , Montagtianæ.
Crufia panis, tojia & in Aceto
macerata , une, duos.
Oleorum Maflichini , &
Cydonierum , utriufque me.
unam.
Pulverii JiEaTliches ,
Ment a ,
Spodii ,
Coràllt] rubri *
Santali albi &
Rubri ,fing. drach. unam.
Farina Hordei quantum fujfcit; fiat
Ceratum ,vel Emplaftrum utendi
tempore praparandum.
L>ARAPHRA SE.
CE Cerat eft de même namre
que le precedent, à fçavoir qu’il
n’eft Cerat , ny Emplâtre : mais un
vray Cataplafme , quoy que Monta-
gnana même au chapitre detiziémc
de fon Antidotaire , l’appeUe Em¬
plâtre.
Il a pris le nom de û bafe,Ia croû¬
te de pain rôtie , l’adftridibn de la¬
quelle eft augmentée par les pou¬
dres. Le Vinaigre leur fertde véhicu¬
lé, & les huiles, & farine pour leur
donner corps.
Si on y ajoute une one de cire,
il fera plus folide, & plus, aisé à met¬
tre en magdaleons.
LE MELANGE.
Il faut rôtir fur les charbons al-
hunez la croûte de pain > & toute
chaude-
Des Cerats en particmier. 115
chaude la lailfcr tremper en fort vi¬
naigre , jiifqu’à ce qu’elle foie ten¬
dre » puis ou lu pilera au mortier,
ic paflera fur le tamis , comme 'nt^us
avons dit au precedent. Aprez on
fera fondre la Cire avec les huiles,
puis le pain ainfi pafsé , fera incor¬
poré avec les poudres , & farine
d’orge, ce -qu’il, en faudra, pour le
tendre de telle forme qu’on voudra,
foie Cerat ou Emplâtre.
LES FACFLTEZ.
Il arrête le vomiflêment par Ion
adltriclion, & fortifie le ventiicule.
REMARQVE.
IE trouve quelques difficultés aux
dofes de eette comfojîtion , fait
pur le réduire en forme de Ce-
rat , ou en forme d‘ Emplâtre-, com¬
me aux huiles cqui y font en trop
grande quantité , & en la fari¬
ne d‘orge qui neft peint réglée.
Bauderon nom en a rapporté fidè¬
lement la defeription de fin inven-
teur i mais pour furvenir â fis def-
fauts , il me femble qutl fera bon
â’y procéder de la forte. Il faut
prendre une croûte de pain & la
faire fiieher dans un four , fans
quelle fie brûle , car elle perdrait
entièrement fin adéiriélion , & tou¬
te- chaude la faut faire imbiber de
fort vinaigre jufquà ce quelle fait
bien imbu'é , alors la faut mettre
feicher en une chaleur medioçre, &
la rechauffier de nouveau pour de¬
rechef la faire imbiber & fiieher
comme devant , cela fait on en pren¬
dra deux onces pour réduire en
poudre fubtile : les autres ingré¬
dient auffi feront mis en poudre, &
avec la quantité des huiles fm-
mentionnés dans un mortier de mar¬
bre le tout fera malaxé enfemble.
Si on fuivoit JHontagnana , lAu-
theur du mélange , & quon mala¬
xât la croûte de pain humide avec
les poudres & les huiles , les hui¬
les ne fi mêleroient point avec la
croûte de pain , â caufe du ^vinai¬
gre. Et quant â la cire que Baude¬
ron confiiUe d'y en mettre une once,
il en faudrait beaucoup pim pour
luy donner corps de Ceraf ou d' Em¬
plâtre , ou du tout point ; elle n’y
ferviroit auffi que pour augmenter
la quantité de l'Emplâtre , . & af¬
faiblirait de beaucoup fis vertm.
Pour la farine d’orge de laquelle
efi demandé quantité fuffifante , il
y en aura affiez. de demy once , &
s'il refie d'huile après avoir donné
la confidence convenable aux pou¬
dres il le faut retrancher.
Il me refie encore une difficulté de
laquelle \e n ay pû être éclaircy ,que
Bauderon & tom ceux qui rapportent
cette compofition en leurs Pharmaco¬
pée ont fuivy , qui efi que Monta-
gnana a dit Santalorum amborum
ana drachmam unam, & tom l'ex¬
pliquent pour Santali albi ,& rubri,
ana g j. fiavoir non pourquoy ils en¬
tendent plutôt le Santal blanc , &
le roîtge , que le citrin ,& le blanc,
ou bien le rouge & le citrin ? je nen
ay peint trouvé la raifon jufques-
icy , â moins qu'ils eliiment le ci¬
trin pim chaud que les autres , par
cette raifon fi j'avois à compofir ce
Cerat ^ je ly mettroü preferable-
ment au blanc.
q 3
SEC
lié Livre IL
ê®- -S^- -S^S-
SEGTION IV.
Des Emplaftres.
De Em^laflru in genere.
IjMM P L A s T R E encre les reme-
des externes j eft le plus foüde
de tous. Son nom vient du Grecj
«fi^rAas'poV , de àjTTO yi
Comme qui diroit forme en mallè
tournant dune part& d'autre, com¬
me dit Gorræus , bouchant les po¬
res du cuir auquel par fa lenteur il
adhéré.
. Les derniers Grecs y ont ajoute
«ne R. que les Latins ont retenue
avec la declinaifôh neutre & laiffc
la féminine to îfXTrXaç-pov hoc Em-
plaftrtim , & non » ê/zw-Aarpo? hæc
Emplaftrus. Ce genre de remede a
été excogicé pas. les anciens ( à mon
jugement ) afin qu’il fejournât plus
à la partie fans fe fondre que les
Onguents & Cerats cy-devant dé¬
clarez : auflî pour corroborer &
dellèicher , adftreindre ou molli-
fier, confumer J & digerer les hu¬
meurs qui feroient retenus , en icel¬
le , & pour longuement conlèrver
leur vertu.
Les Modernes s'accordent avec
Paul Æginete , livre 7. ehapit. 1 7.
qu’il fe compofede toutes les par¬
ties des plantes , des minéraux ter¬
res, cendres , coquilles, des ex-
crements, des animaux entiers , &c
de leurs parties. Les uns y font mis
pour donner coprs , plutôt que pour
SeBion 1 V.
augmenter la vertu , comme l’huile,
la cire , la Litharge , &c. pour ce
leur dolè n’efl: fouvent Ipecifiée; mais
laillcc à la dilcretion de l’expert
Apothicaire. Les autres y font
mis pour diftribuer la vertu ' des
terreftres aux parties éloignées ,
comme eau , vin , vinaigre , fuc
liquide , &c. Les autres pour l'un
&c l’autre , comme font les poudres,
qui donnent corps & augmentent
la vertu de i’Emplaftre. le laiffè
l’odeur , & couleur tant recomman¬
dée des Anciens , & Modernes. On
doit icy notter que les poudres ne
doivent être lî fobdles que pour les
Onguents.
De Emplaftiis in fpede.
EmpUftrtm Album coBum , feu
de Ceruja , incerei Au-
thoris.
1^. Olei Rofati complen , lib dm.
Cerufte , lib. mam & femip.
Cera alb<z, une. quatuor.
Coque in ’vafe fiannato, vet plumbd-
to terreo, igni lento in mafam,
ex qua forme ntur Mugdali& ufui
necejfario.
PARAPHRASE.
La bafo de cet Emplâtre eft la
Cerufe , dont il prend le horo,
& la couleur. L’huilè y fert dtJ ma¬
tière , & la Cire pour luy .donner
corps , & le. rendre 'gluant;
Æginete au livré 7. chap. T7.& My-
repfiis en la SéiSlîbn i 0. 'chap: 1
Des Emplafires, iij
y ajoutent d’Amydon , Litharge,
& blancs d’œnfs , & varient au
poids J ce que ne doit faire TA-
pothicaire , s'il ne luy eft exprez
commandé. ChriftophoruSj & loii-
bert , font d’avis de le compofcr
avec égales portions d’huile , ôc de
Cerule , lans cire , Litharge , ny
autre choie. Ainfi il eft pilûtôc
cuit , &c plus blanc 3 auffi n*tft-il
fl gluant 3 & adhérant à la partie,
&peu de teraps aprez, il devient fi
fec, qu’on ne le peuc étendi c , ainfi que
nous l’avons t anlciit de Coidus, il
eft d’une bonne co'nfiftence, 6c tres-
fouverain pour tout ce qu’il promet,
qui me fait conlèiller aux Apothicai¬
res de Ciivre plutôt Cctte delcription
qu’autre qui foit.
LL MELANGE..
Premièrement quand l’Apothicai¬
re veut compofer cet Emplaftre,
GU le Diachylon, blanc , ou antre
femblable luivant l’avis de Galien
au livre 1. des Médicaments lè-
lon les genres , il doit choifir un
air. clair & lèrain , & non plu-
uieux caligineux , ou, opaque , &
de la Cerulè foit blanche , & non
fàlfifiée avec Ochre blanche , la¬
quelle pulveriféc ftir un tamis ren-
verlé 3 fera cuite avec l’huile rolât
cotEplet, qui foit fort clair , dans
une balfine d’étain , ou de terre
verniftée , ftir un petit feu & con-
tiriuellement remuer ru fonds la
Cerule J avec une fpatule large , «afin ,
qu’elle ne fe brufle j & ioit plu¬
tôt cuite. Ce qui fe connortra fi on
met un peu fin; un marbre , oU/,
dans l’eau 3 6c étant maniée . entre
les doigts 3 érenduë fiir le métacar¬
pe 3 elle n’adhere , ôc fe leve.
net : alors , il fera temps d’y ajou¬
ter la cire blanehe , nette de toute
ordure , laquelle le rendra dtiébile
dont on formera des Magdaleons,
qui couverts de papier blanc, feront
gardez.
LES FACVLTE Z.
Il guérit les excoriations faites
par les fouliers, de cotipeure ou au¬
tre caulè.
R E M À R (^V E.
Et EmpUfire eft diverfe-
ment décrit par les a-
thettrs , aujfi efl-il rarement com^
Tofé. comme ils le décrivent , cha~
cnn y augmente fuivant Jon fenti~
ment , les uns la Cerufe, des autres y
ajoutent de la Litharge, & cela pro~
cede. de deux chofes ; la première de
ce quiLn'a point d'Autheur certain,.
& quil na ]amaü été décrit re-
guherement , la fécondé eft , que
bien que la Cerufe fe tire du Plomb
comme la Litharge , elle n abon¬
de pas tant en fel : la raifon de
cela eft , que fune fe fait par un
feu aètHel,& l'autre par un feu oh
chaleur pontentielle en outre fefti~
me qu'on bro 'ûille & fofiftique la Ce¬
rufe , par le mélange d'autre ma¬
tière , qui fait que fur une livre
d'huile 3 il fuftt de derny livre de
Litharge , & tout le contraire de
la Cerufe , il en faut deux livres fur-
une d'huile 3 à moins quelle foit'
de' la bonne qui eft bien blanche,
fort fiïable , & moins pefante qm
12.8 Livre 11,
la commune j & volcy comme je le
eempofe.
Cerufa , Ub. duos.
Olei Rofati compieti , Ub,
unam.
Cera alba , une. quatuor.
Coquantur lento igné donec fit
coUUm,.
Il y a le pim fouvent difficul¬
té k cuire cet Emplafire > à luy
conferver fa couleur blanche , &
d empefeher que l’huile rofat ne
reçoive point d’alteration pendant
fa cuite -, ou -à tout le moins
très -peu ; pour y remedier , il
faut cuire L’hmle , & la Cerûfe
fur un feu très -lent , qui efl cau-
fe que l’ Emplafire demeure, fix à
fept heures a fe cuire , & afin que
cette longue coüion ne l’altçre point
ny en fa couleur, ny en fes qualités.
& vertm , il y faut jetter de temps
k autre de l’eau de fontaine durant
la cuite , & ainfi on l’aura tel qu’il
faut , moyennant quon le cuife
dans une grande lerrine de la ci¬
re blanche.
Tela Emplaftica, vulgo Spara¬
drap , D. Bauderoni.
y:. Olei communie , & veteris ,
i/lxungia Porci , &
Lithargyri auri Jubtiliter pulvera-
ti,fing. Ub. unam.
Cerufe ,
Cera flava ,
Picis JSTavatis ,
.Adipis Arietü , aut Hadi , finoul.
lib.femifi. ^
SeBion I V,
Colophonia ’
Refina, utriufq, une. quatuor.
Thuris , &
Mafiiehes , utriufq. une. unam.
fpufltuor priera fimUl coquantur
fitper ignem femper fiatula mo.
vende , ne urantur , donec
ftam crajfttudinem nancifeantur.
-Reliqua minutim incifa cum
Adipe Arietis inijciantur , &
coquantur in Emplafirum. Huk
adhuc calido , tela vetufiate'
quedammodo ]am attrita , de-
mergatur utrimque imbuta, atque
infelta, retrahit ur, extenditur, &
reponitur ufui. Vlcera antiqua
blandè deterget, & exficcat citra
morfum.
LES FACFLTEZ.
Ge Sparadrap eft incarnatif &
glutinatif il appaife ^uffi les flu¬
xions , & corrobore les parties aul-
quelles il eft appliqué.
R E M A R QJ E.
VN chacun verra quelle a ete
la négligence de ceux qui o'ot
fait imprimer la Paraphrafe de
Bauderon par les fautes qu’tls ont
laiffié gliffier dans cette compofi-
tion : la première parait la
dofe de l’huile qui doit être d une
livre , comme dans la fécondé édi¬
tion de l’an i55><5. qui fut lors que
l’Autheur nom l’infera en fa Pa¬
raphrafe , laquelle dofe a ete ob-
fervée jufquaux éditions des an¬
nées 1639. 1648. & l'ôjo. que
Sauvageon a veu'és & reveuês,com-
me il paroit des additions qu
119
Des Ewplafires,
ùites , OH d'huile , par mé-
garde ou autrement, fut réduite a
quatre onces.
Sn la même édition on lit , Ce-
rufe , Cera flava , Ptcü Navalü,
^ /idipu Arietü am Hadi Jtn-
gnlor. hbram femtJS. & en la qua-
rnème édition de Bauderon , de
l'an 1607 . on a feparé la graijfe
de Relier de la dofe des autres
trois ingrediens , pour les joindre
avec la Colophone , & la Refine,
ou il efi dit , yîdipis Arietü , aut
Hedi , Colophonia , & Rejina fin-
gtflor. u/.cias quatuor , & dans tou¬
tes les autres éditions de Bauderon
que ]‘ay pu voir , notamment aux
trois dermeres de Sauvageon , on a
fuivy cet erreur -, de plus on y a ajou¬
té je ne fçay qui > & depuis quand
Thurü,& Mâftiches utrmfq.unciam
mam. Toutes ces fautes bien recon¬
nues, ont été corrigées en la defcrip-
tion cy-def 'us , que j'ay rendue con¬
forme a fin original de l',an 1 596.
retenu l'Encens & le Mafiich.
Emplaftriim de Minio,D.Ioan-
nîs Vigonis.
X- Oki Rofati, lib.unam & fimij?.
Terebinthina , uric. decem.
Axungia Forci > unc.feptem.
Sebi Cafirati ^
Vdccini , utriufq. lib.fimiJS- fiu unc.
fix.
Olei Myrthini ,
F/gttenti Populei , &
Cerufa , fin g. une. quatuor.
Litargy ri auri ,
Argenti , utriufque une. très
& femiji.
Mini^ , une. tret.
Axungia Gallina, me. duos.
Cera alba, quantum Juffeit j fat ex
arte Emplafirum.
PARAPHRASE.
IEan de Vigo tant au livre 5 . elia-
pitre 4. & au livre 8. chap. 1 6.
qti 'ailleurs de fa grande Chirurgie,
nous décrit plulîeuis Onguents , Ce-
rats , & Emplaftres de femblable
nom , qu oh ne tient aux boutiques,
mais'le fuidit qu’il décrit au dernier
chapitre du livre 5. de là petite Sc
compendieufè Chirurgie, fous le nom
d’Onguent. il a pris le nom de fa
baie le Minium , lequel perd fa cou¬
leur par la cuite , & devient noir,
ainfi que l’Autheur même le con'
fclîé.
LE MELANGE.
Il faut premièrement nourrir fir
le feu , l’elpace de quelque temps , la
Lithargc avec l’huile en remuant tou¬
jours-: puis on y ajoutera la Ccrufe,
le Minium >les Grailles, l’huile M^r-
thin, & l’onguent Populeum , & on
augmentera le feu, & remuera tou¬
jours, jufqu’à ce qu’il.lbit cuit. Aprez
la bafline ôtée de delTus le feu , in-
continant on y ajoutera la Cire blan¬
che & Terebinthine. Le tout à
demy froid , fera mis en Magda-
leons, de telle grolTcur qu’on voudra,
qui lèront cnvelopez de papier , &
relferrez au befoin.
LES
I î O Livre 1 L SeBion 1 V.
LES EACVL TE Z.
Il guérit les ulcérés rebelles , ra¬
fraîchie iSc defleiche.
REMARQ.VE.
Et Emplaftre efl décrit au
lieu fm-allegué par de Tigo : le
noMbre des ingrediens , & les dé¬
fis ont été fort bien obfirvez. par
Bauderon excepté celle de l’huile
rofat , duquel l’Autheur nen met
qu’une derny livre , & Bauderon
une livre & demy j \e neflime
pas que ce fait une faute de l’Im¬
primeur , ny que Bauderon l’aye
augmenté d'une livre par mégar-
de, au contraire je croy qu’il l’a fait
d dejfein quoy qu’il n’en die rien,
qui efi la caufe que je n’ay pm re¬
mis la defeription cy-dejji» fuivant
de Tigo. Si j’avois neantmoins d
préparer cet Emplaflxe , je n’y met-
trois qu’une demy livre d’huile ro¬
fat , par ce qu’il y entre en Huiles,
Onguent , Grajfes , ou Terebint.hine,
fans y comprendre les Suifs quaran¬
te cinq onces , & de Litharges ,
Cerufi , & Minium , quatorz-e on¬
ces , lefqnelles dofis ne font pas fi
bien proportionnées que celles de de
Vtgo ; que pour réduire l’ Emplaftre
en bonne confiftence particulièrement
fi on le compofoit a la fin du Prin¬
temps,! faudrait par trop augmen¬
ter la Cire. qu’en luy donnant corps
ajfoibliroit grandement la vertu de
la compofition. Il ne faut pas s’éton¬
ner fi Bauderon dit que cet Empla¬
ftre eftmoir , ceue noirceur procédé
du long féjour qu’il fait fur le feu
d caufe dé la quantité des matières
grafies & oleagineufes. Pour le me-
ftusfaciendi, U faut cuire les Li¬
tharges, Cerufi, Minium, graifes de
Pourceau , de Poule , avec les Hui-
les rofat & Myrthin , en les re¬
muant toujours fur un feu modé¬
ré , & ayant acquis la confiftence
d’ Emplaftre telle quelle eft cy-de-
vant déclarée en lEmplaftre de Ce-
rufe par l’Autheur de la Paraphra-
fi , on y ajoutera les Juifs de Mou¬
ton châtré , de Fâche, & la Terehin-
thine : finalement la cire jaune en
la moindre quantité qui fi pourra.
Ceux qui voudrbnt préparer cet
Emplaftre , y reüjfiront mieux en
Hyver qu’en autre faifon , & ne
feront pas obligez, de le charger
de tant de cire , & ainfi il en fera
meilleur.
Emplaftrum pro fracluris , &
diflocarione Offium,D.Ioan-
nis Vigonis.
Of. Mucaginis Radie. Althes,lib.
duos.
Radicum Fraxini , & Foliorum
ejpts ,
Confolida majos^ü , velminorü,
& Foliorum ejus.
tPhfyrthyllorum , & Foliorum
e jus ,
Foliorum Salicis , fingul. manip.
unum.
Contundantur , & eoquantur in
aquis partibus ,
Aqua extinliionis Fabrorurn , &
vini rubri aufteri , ad médias &
celentur ,
€>k
Des Emplajîres,
Gelatura cot^uAtur cum Mucagine
pnudiÜA , &
Olesrum Rofati Omphacim ,
JlSyrthillorum-^ &
SM Hyrcini , fing. lib.femip.
Lithargyri Anri &
aArgenti , utrmfque me.
tributs. '
Boli Armen& ,
Terrai. SigillatA > &
TerebinthinA , fing, me. duAb.
Mihij , drach. decem.
Myrrhe , &
Thnrü,Htriufiq. unc.feTnifi.
Maftiehes , drach. ma.
Cere, quantité fùfficienti, fiat Cera-
tum , aut Emflaftrum.
PARAPHRASE.
CEt Emplaftre ou Cerat a pris
le nom de fbn effet. lean de
Vigô fon Autheur le décrit au
line 8. de fà Chirurgie chapitr. i6.
lequel' luy a impofé tel nom , pour
monftrer aux Chirurgiens - moins
advilèz , de combien il doit être
préféré aux Emplaftres de Oxy-
gocLim , & Ceroneuin j defqucis
pour femblable canfe , ils ont'ac-
coûcumé de fe fervir au préjudi¬
ce des malades. Sa bafe eft de
plufîeurs adftringcnts , mis en
grande quant^é > & nombre , tant
pour forcifier^ la partie blellée , que
pour empefeher la defeente des
humeurs en icelle. La Graillé de
houe y eft mife pour refoudre l’hu-
®cur , qui ( auparavant le remede
appliqué ) y eft découlé. L nui-
lo Myrchin , & de Therebinthi-
oc y font mis tant pour fortifier les
nerfs , que pour appaifer les dou¬
leurs. Le Mucilage de Guimauve y
eft mis, pour ramollir les duretez des
coups , orbes aux parties contu-
fes , ou rompues ,* ou dehoiiées ,
& pour reftaurer les os briféz,
& rompus , par le témoignage
même d'Avicenne , & de lean de
Vigo. La Litharge , & Minium
donnent corps (avec la cire ) à l'£m-
plaftre.
ZE MELANGE.
Il faut premièrement tirer deux
livres de Mucilages , des racines
de Guimauve , & les mettre à
part. Aprez en égales parties d'eau
ferrée des Marefehaux , & vin rou¬
ge , & adftringent , il faut cui¬
re enfemble , toutes les racines, ,
fueilles , & Baies de Myrthilles
fus mentionnées étans incifées , ou
conmfés au mortier , jufqu’à la
confomption de la moitié defdits
vin & eau , puis les couler & ex¬
primer, En la coulatiu-e on ajou¬
tera les Mucilages , les Huiles ,
la graille de Bouc , & la Lithar¬
ge piilverifée , pour cuire le tout
fiir le feu , dans une baffine de
Cuivre large , en remuant tou¬
jours au fonds , avec une longue
& large fpatule de bois , afin que
la Litharge ne fe brufle jufqu'à ce
que l’humidité foit prefque , &
non du tout confumée. Aprez on
y ajoutera la Tercbinthine , le Bol,
Terre Sigillée > ou Argille , &
Minium.
Finalement la cire, plus oû moins,
félon ce qu’on voudra faire , foit
Cerat , ou Emplaftre. La bafti-
né étant hors du feu , 5c à demy
r 2. rafroi
Livre IL SeBion IV.
rafroidie > on y ajoutera les pou¬
dres de Myrrhe , d’Enccns , & de
Maftich J pour en former du tout
des Magdalcdns , de telle groflcur
qu'on voudra, Icfquels on peut gar¬
der au befoih.
l’ay difjaosé les mediGaments fé¬
lon l'ordre que l'Apothicaire doit
tenir au mélange , fans y avoir
ajouré ou diminué chofe quelquon-
que.
LES EACVLTEZ.
Il eft propre aux feaétnres & lu¬
xations , il fortifie les parties par
fon adftriétion , & empeche les
fluxions fur lefdites parties. Les
Chirurgiens s'en fervent au lieu
de l'Emplâtre Oxycrocenm , ou Ce-
roneum , qui attirent par la for¬
ce des Gommes , les humeurs fur la
partie.
R E M A R E.
BAuderon four rendre cet Em¬
plâtre flm adB'ringent , et ajou¬
té au lieu de l’eau commune que
de V'igo y demande pour cuire let
ingrediens ey - de fus avec le gros
vin , l’eau de forge des Maré¬
chaux , & veut qu’ après avoir cou¬
lé la deceétion , qu’on cuife pêle-
mêle le fuc de la racine d’Al-
thea, qui eft fon mucilage , qu’on
extraira comme a été cy- devant
dit en l'Onguent Dialthaa , avec
les huiles , & les Litharges. Gjui
voudra bien préparer cet Emplâ¬
tre , il ne faut pas qu’il juive
en fon modus faciendi , ny l’Au-
theur du mélange , ny celuy de
l’Emplâtre ; mais il y faut pro¬
céder ainft. Après avoir artiiîe-
ment fait la deceélion , & les mu¬
cilages d’Althaa , on les fera cui¬
re , & confumer fur un feu mé¬
diocre , & lent , avec les huiles
jufqu’à la confemption de l’ humidité j
après l’huile fera coulé dans une au¬
tre bafftne , & dans la colature on
mettra les Litharges pour les cuire
enfernhle fur un feu lent, en remuant,
comine dit eft, avec une ftatule de
bois , (ÿ* par intervale on jette¬
ra dans la bafftne un peu d’eau de
forge , ou de' mucilage d’Althaat
l’Emplâtre étant cuit en bonne con-
fiftence , on y ajoutera la Terebin-
thine , le fuif de Bouc , & le moins
de cire qui fe pourra , pour les rai-
fins alléguées au precedent : la baf¬
ftne tirée du feu , & la matière
a demy refroidie , on y mêlera les
poudres , pour en fermer des M/tg-
daleons.
Il eft a remarquer , que de Figo
ne dofi point les racines , ny les her¬
bes , en un vieux exemplaire que
i’ay de fis œuvres de l’an 1 5 5 1 . •
Bauderon a réglé le tout par ma-,
nipuls ; j’eBime cette quantité nê-
tre pas bien proportionnée avec
celle des huiles , qui eft petite , &
qu’il peut fuftire d’une once de
chacune , parce qtten toutes cho-
fes les proportions font requifes»
particulièrement en nos compofi-
tions. Le mucilage d’Althaa ex¬
cédé aufft d’environ la moitié , mo¬
yennant qu'il fiit épais ,fuffit’d’me
livre.
Des Emplâtres.
Eraplaftrumde BetonicajD.Ni-
col.Præpofiti.
SuccorKm Betonica ,
Flmtaginü , &
Apiitfing.lib.mam.
Cerm fiava , .
Eejina,
IHcü Navalü , &
Terebinthiniü ,Jing. Ub.femfem.
Hac dempta , reLiqua in fuccü co-
quantur eum trium herbarum
virentium & contüfarum , fingul.
manipptl, uno , ut fit efficacité
& viridim , & cum jpatula U-
gnea femper moveantnr ad hu-
mditatü (.fermé nçn autem to-
tiui ) confumptionem , ne uran-
tnr. Deinde terculari expriman-
tur ; deinde adde Terebinihinam,
&femeL aut bü buUiant ; ex maf-
fa forma rnagdalias ufui.
[. PARAPHRASE.
PRæpofitus rapporte cet Emplâ¬
tre à Nicolas , mais quel il cft,
je ne le puis deviner j ne l’ayant fçeu
trouver en l’Antidotaire de Myre-
pfus ny de Salernitanus. Il a pris
le nom de fa bafe le lùc de Betoi-
ne J mis au commencement. Il eft
iifité en plufîenrs lieux j ainfi que
nous 1 avons tranfcrit dudit Præpo-
fitus. Si en la decodion on y ajoû-
te un manipùl de chacune des her¬
bes fos-mentionnées,recentes & con-
tnfes, l’Emplâtre en fera pilus verd
& vigoureux.
135
LE MELANGE.
Il faut cuire la cire , refine , &
poix noire avec les fucs & herbes
contiilès dans une grande baffii e
( afin quelles ne verfent) jufqu^sà
leur confomption : puis on les ex-
primera , & fiir la fin on y ajoute¬
ra la Terebinthine^ à laquelle il fiif- '
fit de donner un ou deux bouillons,
puis on formera desMagdaleons, qui
l'eront envelopez de papier blanc , &
gardez pour le befoin.
LES FACFLTEZ.
Il a la vertu d’aider à la fuppu-
ration , quand la’ matière y eft àf-
posée , bu à la digerer & refoudre.
Il fortifie la tête d’une’ particulière
propriété , & eft propre aux playes
& ulcérés d’icelle.
R E M A R CLV E.
BAuderon dit que Nicalam Pra-
fofitié référé cet Emplâtre â
Nicolas , & quil ne la fieu trouver,,
ny dans Nicol. Myrepfks Alexan-
drinus , ny dans Nicoleipu Salernita-
nus : je ne m’en étonne pas , parce
quil y a grand nombre d’Autheurs
qui ont écrit de la Médecine , qui
portent le nom de Nicolas ; Yen
pourrais citer prefentement environ
de 45. àf 50. par nom & furnom , fi
je ne croyais d’être ennuyeux ; & de
tout le fufdit nombre , il ny a que
Nicolaus Alexandrinus , Nicolam
MyrepOa Alexandrinus , Nicolam
Prapofitusi qui ayentfait de la corn-
pefition des médicaments ou des An-
r, f tidotai,
I } 4 Livre 1 1.
Hdetairei , avec Nicol. Hoftresham,
Médecin Angloit , qui a fait un
Antidotaire , & Nie élans Machel-
Ins qui a fait dix livres de la cem-
pofition des médicaments locaux, de
ces deux derniers U nen efl feint
fait mention en tout ce Diipen-
faire.
Pour le modus faciendi , il faut
du commencement faire bouillir la
cire , la Refine , & la Poix , avec
la quantité des fiscs jpecifiés , quon
aura tiré des herbes en leur par¬
fait enbonpoint , iceux à demy con¬
sumés -, on )ettera dans la baffine
le marc de la Beteine , du Plan¬
tain , & de VAche , defqkels on a
tiré les fufdits fiscs, pour le tout
être cuit enfenihle jufquà la con-
fomption de l'humidité , après on y
ajoutera de la Terebinthine choifie
telle quantité qu’il en faudra , pour
donner la )uFie confiéience d'Em-
plâtre a la majfe j cela fait a travers
une forte toile on le coulera chau¬
dement , & on l’exprimera fort.
Bauàeron fe contredit un petit,
quand il dit en fa defeription Pi-
cis Navalis, & en fion mélange il
dit Simplement , Poix noire s la dif¬
férence efi grande entre ces deux
poix , comme fera dit cy- après en
l’^Emplâtre Ceroneum-, )’eflim,e qu’il
s'en faut tenir a cette dernier e , par¬
ce que Prapofitus la demande Sim¬
plement.
Eiaiplaftrum Gracia Dei,D.Ni-
col.Praepofici.
%. Refina , lib. unam.
Terebinthina , lib.femiJS.
SeBion IV,
Cera , une. quatuor.
MaBiches, une. unam.
Herbarum Betonica,
Pimpineüa , &
Verbena recentium ,fing. ma-
nip. unum ,
Herba reeentes tufit , ex vino alho
coquuntur ad tertie partis con-
Sumptionem,tolant)sr ; Herbarum
fisbiiantia abijcitur. In colato ju¬
re , Cera Refina , & Mailkhe
coquUhtur , ad juSlarn confifien-
tia’m. Auferuntur ab igné, &
additur Terebinthina , fiamla
moventur , & fit Emplaflrum,
in Magdalias reducendum , &
U fui reponendum.
PARAPHRASE.
Alnfi que la Grâce de Dieu rc-
joüit merveilleulcmcnt ceux qui
la reçoivent , auffi font les mala¬
des qui fe fervent ( à propos & en
tems opportun J de cét Emplâtre. Le
mélange n’eft point dilfemblable
au precedent de Betonicaj horlinis
qu’il faut concailèr les herbes , &
les cuire avec le vin blanc jiifqu’à
la coolômption du tiers , Sc prendre
la colacure au lieu des fucs , & fai¬
re comme dit ell.
ZES FACrzTEZ. .
On s’en lèrt pour deterger les
playes &.vlccces, & les agglutiner^
& pour fortifier les parties aufquelles
on l’applique. Toutes leïquejles chp^
fes il fera p>lus puifîàmmentjfi on le
préparé avec du vin rouge.
RE
Des Emplâtres,
M5
R E M A R QV E.
SI I le nombre & let elfecet des fim-
)ples , qui compofent deux Em¬
plâtres de Be tonie A , & Gratta Dei
ne different que de peu , nous pou¬
vons dire quen leurs dofes ils dif¬
ferent de beaucoup , & que de les
çompofer comme ils font décrits,
leurs vertus feraient tout d fait
faibles : cefi potirquoy l'Artifte fe
pourra diffenfer librement en eet-
tuy-cy particuliea-ement , de dou¬
bler ou tripler la Betoine , la Pim-
pinelle & la Vérbene , & procé¬
der â la decoélion , ou plutôt d
me infufon de vingt-quatre heu¬
res au chaud avec le vin blanc,
puis renverfer toute cette ^ matiè¬
re dans une haffine , avec la Re¬
fîne , & la Cire blanche , com¬
me Prapofitus écrit en trois divers
exemplaires que fay en main de
l’an 14S8. 1538.- & /îSi.
ceux qui l'ont imité font Meffieurs^
les Médecins de Lyon , de Lon¬
dres en Angleterre ,- Guidon , au
traité feptiéme , doElrine premiers,*-
chapitre 6 . Du Boys en fa . métho¬
de & autres. le dis la Cire blan¬
che & non la ]aune , comme de¬
mande l'Autheur de la Paraphra-
fc > & cuire le tout eafemble juf
qu’à ce que l'humidité fait .pref-
que confumée , & fur la fin on y
a]outera le Mafiich en larmes pi¬
le & la Terebinthine , le tout fera
puis après coulé & exprimé comme
le precedent , étant fioid on en for-
tetra des Magdaleons.
Emplaftrum Diachylon album,
feu fimpl. D.Mef.
Olei communis & veteris ( vel
Irini , aut Chamameli , ut fit Va¬
lentins , Mef. Authore ) lib.
très.
Lithargyri auri, d fordibus pur-
gati, cr pulverifati , fi lavetur,
albius evadet Emplafi. lib, unam
&femiji.
Mucagin. Radie. Althat ,
Fœnugraci , &
Lini,, fing. lib. unam.
Technicé fiat Emplafirum.
paraphrase.
CEt Emplâtre n’eft de l’invenrioiv
de. Melùé , car auparavant liiy
Serapion l’avoit décrit en foa trait-
té feptiéme , chapitre 28. & Avicen¬
ne livre cinquième , traitté onzième
au chapitre des Ongnents. Il a pris
le nom de fâ baie les mucilages,
que les derniers Grecs ont nommé
, & les Latins SiKciim & Mu-
cagincra. Le furnom eft blanc, com¬
mun , ôc fimple : blanc à cauiè dç
fa couleur ; commun, piource que le
vulgaire s’en ièrt fouvent : fimple,
à la différence de philîeurs fuivans
de même nom plus cpmpofez. L’hui¬
le y fert de matière , & la Litharge
pour luy donner corps.
LE MELANGE.
Pour proprement faire cet Em¬
plâtre ,. & qu’il fcit blanc , il faut
clioifir un air qui foie beau & clair,.
Sc
i%6 Livre î L SeBïon IV,
6c curieufèment nettoyer les racines,
6c l.mences , & les concallêr au
mortier , 6c y mettre moins de Fœ-
niigrcc J que de Lin , & de racines
d^nltbæa : [iiis les infufer en eau
chaude l'efpace d’un jour naturel,
& les cuire & couler en une forte
toile. Vne partie des m .cilages fera
bouillie dés le commencement avec
l’huile , de Litharge , dans une gran¬
de 6c Ipatitufe balhne , lur un teu
médiocre , & «muée continuelle¬
ment aveenne £■ atule de bois qui loit
large : autrement la uitharge au lieu
de le nourrir avec l’huile , par fa pe-
fanteur iroit au fonds , 6c fe brû-
leroit. L’avantage qui en provient,
d’y mettre du commencement une
partie des muccilages ( ou tous ) efb
qu’ils lulpendent la Litharge en haut,
6c font qu’eile efl; plutôt nourrie,
6c. empêchent que le teu ne brû¬
le l’huile , 6c que l’Emplâtre en
eft flutôt cuit & . plus blanc. Les
mucilages étans prefepie confumez,
on y inetLia le reûdu , qu bn fera
conlumer peu à peu Ce qui trom-
piuiîeurs Apothicaires , qui au
u de le feire blanc , le font noir,
eft qu’ils font trop grand feu , lors
que les mucilages font qiiafi con¬
fumez , 6c que du commencement
ils en tout trop peu , car plus un
Emplâtre demeure fur le feu , de
tant plus la balhne de cuivre, le
noircir.
Donc il vaut mieux qu’il relie un
peu de mucilages , que d’attendre
qu’ils foierit du tout confumez , 6c
qu’il y den.eure moins en augmen¬
tant le feu du commencement , &
non à la fin, comme ils font. La
marque pour connoître quand il fora
cuit , nous l’avons déclaré en l’Em.
plâtre de Cerufe cy-devant.
Le tout à demy froid fera réduit
en Magdaleous, qu’on envelopera de
■f^aprier blanc & qu’on gardera.
LES F ACFLTEZ.'
Il amollit & foulage les feirrhes
du foye , de la racte , du ventricu¬
le 6c autres parties : & mêitie les
rumeurs Icro^huleufes , & autres
duretez.
R E M A R QV E.
CEt emplâtre efl diverfement
décrit entre Serapion tramé fe-
ptiéme, chapitre tingt-huitiéme ^Avi¬
cenne livre cinquième , fomme pre¬
mière , trait té onXiéme & Mefué;
Avicenpe favorife de beaucoup
les. Apothicaires peu expérimentés
au, travail , & qui négligent -de
fçavoir les réglés de leur Art , &
Ifs -aépirans aufquels on le peut
donner en fepmaine ou en chef-d’m-
vre , en ce quil décrit la quanti¬
té .des fernences de Fœnugrec , &
de Lin ,• & de la racine d'Althsa
pour faire les mucilages , ce que lu
autres fus -nommez, ne font point;
. &- voicy fes propres termes, y:. Fce-
nugraci , & feminis Lini^ ^ ail-
thaa alha omnium an a KiUati i.
Pour le rnodus faciendi , Batideron
eft contraire d Avicenne, en ce quil
dit , quil faut prendre moins de
Fœnugrec , que de Lin,& quil faut
concajfer les fernences & les raci¬
nes d'Althaa ; il ne faut faire ny
Vun ny Vautre ; mais infufer la
quantité de quatre onces de cha¬
cune
Des Emplâtres, 157
cHtte defdites femençes mondées de
toutes faletés , & Autant de raci¬
nes d'Althaa , bien nettoyées ( fui-
vant Avicenne au lieu preallegué)
dr coupées à trenches dans jix li¬
vres d eau chaude pendant vtngt-
(juatre heures , le téndemain les
faut cuire jufeju'a une confiSîence
convenable , & les couler d tra¬
vers un tamif cela étant fait faut
prendre une lÿvre & demy de Z,i-
tharge fubtilement cicotrinée , (fr
trois livres d‘ huile commun , ou
de tel autre cy-déffus jpecifié , &
dans une hafjine ' à fonds Large ^
avec une fpatuje de bois faut re¬
muer continuellement fur mt feu
réglé & proportionné à là matière
cpùm veut cuire , & quand l’hui¬
le , & la Litharge feront liés en-
femble , on y a,oùtera peu à peu
les fufdits muctlages , avant que
d’y en. remettre de nouveau il faut
attendre (jue le premier fait qua-
fi confumé , dr on continuera ain-
fi, jufqua ce que L Emplâtre fait
en bontje confiÈence & qu’il ne
paroijfe pas gras en le maniant , ce
^ui arrive pour l’erdinJtre quand
en ne laijfe pas corfumer les muci¬
lages au point qud faut avant d’y
en remettre de nouveau.
Ceux-là feront beaucoup mieux
qui feront cuire '& coffimer avec
Ihutle une partie des mucilages,
acaufe de la quantité qu’il y en
^ après avoir coulé l'huile & fpa
^e l humidité cuiront la Litharge
avec le refte des rnucilages com-
tne dir a été, l’EmpL.tre en fera,
ttteilleur.
Emplaflriim Diachylon Irea-
tum, D.Mef.
y:. Mafa Emplaftri prafcripti ad-
huc calida , lib. unam.
Pulveris Iridit Florentia » une,
unam.
Forma Magdalias, & répond .
PARAPHRASE.
Le fùrnom de cet Emplâtre te
friit. difterer du precedent : «ar
fiiceluy étant cuit, ôc. encore chaud
la baigne ôtée de delîiis le feu
on y ajoute par chacune hvre d'Em-
plât e , une once de poudre d’I-.
ris de Florence , on aura le Dia¬
chylon Ireatum , qui forpalïèra en
vertu le fimple , & commun.
LES FACVLTEZ.
Il a les mêmes vertus que le pre¬
cedent ; mais il attire plus puillàm-
ment, incilè &l refont.
REMARQVE.
CHriiîophortfs en fon addition
fur JlÈefué a dosé cét Emplâ¬
tre comme il efl, rapporté ey -’def-
fus par Bauderon. Il efi à ohfer-
ver quand on le voudra eompo-
fer , fi on prend la majfe au mo¬
ment quelle efl faite , que l’Emplâ¬
tre ne fait fi cuit qtse le fimple
comme aujft quand on le voudra
compofer avec de la majfe vieille:
de la boutique , il y faudra a'iaû~
ter environ deux onces de quelnue
f huiie^
138 Livre IL
huile tel quon jugera convenir a
fes vertm , particulièrement fi cefi
en Hyver puii y malaxer la pou¬
dre d‘Iris. Là raifion de cette ad¬
dition d’huile efi , que la poudre
d'Irü dejfeiche puijfarnment la vifi-
cojîté qui avait uny l’huile & la
Litharge enfemhle » qui fait que
le plus fouvent quand on veut ra¬
mollir l’Emplâtre entre les doigts,
il fie hrife quafi comme de la
terre , & cela arrive par une con¬
trariété de fubflance ou antipat fi
qu’il y a entre l’Irü de Florence,
l’huile , & la Litharge i quand ils
font liés & cuits enfemhle.
Emplaftrum Diachylon ma-'
gnum, D.Mef.
Dfi. Lïthargyri auri fuhtilijfmé pul-
verifati ylib.unam.
Oleor'um Irini,
Chamamelini,&
Anethini ,fing. une. oélo,
’T'herebinthina , une, très.
Refina Fini ,&
Cera flava , utriufque une. duos. ■
Jiducagin.feminum Lini ,
Fœnugr&ci ,
Fteuum recentium ae pin-
guium.
' Vvarum pajfarum ,
Glutinü Alkanach ,id efi , Ichthyo-
colla
Suceorum Iridis
Scîlla , aut Paneratii , &
Oefipi humida , fing. dracK. duode-
cim & femifS.
Technicè paretur EmplaFlrum ufui
recondendum.
SeBion IK
PARAPHRASE.
Le fnrnom de cct Emplâtre y eft
mis pour fa grande vertu, &
plus grand nombre de médicaments
qu'il reçoit, que le lîmple preferit,
duquel il différé.
LE MELANGE.
Il faut du Commencement nour¬
rir fu- le feu leVliuiles , la Lichar-
ge & tousses mucilages de’Lin,&
Fœnugrec j puis à iceux conlïimez
on y ajoutera caix de- figues , &
raifins, en remuant toujours , com«
me nous avons dit au precedent,
julqu'à ce qu’ils foient quafi cuits
& confirmez. Aprez on y ajoutera
la colle de poifibn • fondue avec le
fue d’Ireos ; un peu aprez rOefipc
dilibut avec le fiic de Scilles. Jina-
lement la Gireÿ Refinc, & Tercbin-
thine , puis du tout à demy refioi-
dy , on en formera des Magdaleons
qu’on gardera au bgfoin. ; •
LES FAC FL TE Z.
Il amollit les feirrhes , & refdult
les inflations.
REMAROyi'
En l’Emplâtre Diachylon ma¬
gnum , il y a diverfes chofes'i
confiderer qui brouillent bien fou-
vent les aéfirans en la matttifis
quand on le leur donne en chef-
d’œuvre , pour raifon de quelques
dofes , qu’à la vérité il femhle y
avoir beaucoup â redire : l«' ?fi~
Des Emplâtres. 1 3 a
miere fiir ce que Mefué demande
des Mucilages de Lin , de Fœnu-
grec , de figues , & de raifins , les
fucs d’Ireos noftroi , & de Scille de
ehacun douk.e drachmes & demie,
voyant les fufidits ingrediens ainjl,
dosés , il y à peu de pérfonnes qui
ne jugent d’abord quil y doit avoir
faute du coté de l’Imprimeur , qui
au lieu de mettre le caraliere de
l’once i il a mis celuy de la drach¬
me , fondés en partie fur ce qu’ils
difent , qu’il n’y avait point de ne-
cejfité qui put obliger Mefué de
partager une drachme de chacun
des mucilages cfi des- fufdits fucs
en Un Empl'atre , où il y a plutôt ne-
ceffité d’y en ajouter , tant pour luy
augmenter fies vertus , que pour y
avoir a fuffifince d’humidité pour
l’entretenir fur le feu pendant fa
■cuite ; car fur quarante-quatre on-
'ces*d’ Emplâtre , il n’y entre que
ônXe onces de fucs ou de mticila-
gts i qs^e s’ils y refloient en leur
enfer pàfds & que leur humidi¬
té fuperflué ne fe confimâi point, ce¬
la pourrait être confiderable , mais
ils n’y laijfent qu’une très - petite.
tiertu^s’ils ne font exaUement faits,
en comparaifon de ceux du Dia-
chylon album : qui efi la caufe, qu’un
chacun de ceux qui compofent cét
Emplâtre dans leurs boutiques nob-
fervent point les fufdites dofes tou¬
chant les fucs , & les mucilages t
car on a de coutume d’y en ajouter
beaucoup plus , confideré que cette.
addition nefi point prejudiciable à
lacompofition , au contraire elle luy
augmente fes vertus ' , comme a été
cy- devant dit :mais la chicane- que
certains; maîtres apothicaires font.
naître en la maîtrife de ceux qui
aéfirent en icelle , plutôt par ma¬
lice , ou ignorance , que par fiien-
ce , veut quon obferve ponHuelle-
ment l’Autheur , qui le plus fou-
vent n’efi point méthodique , fans
augmenter ny diminuer les dofes
des ingrediens d’une cornpofition,
.quoy qu’il y aye de grandes dif-
proportioTis , & quelque fis même
d’tmpoffibilité > comme femble y en
avoir en celle-cy : c’eft ce qui m’a
perfuadé de confronter rnes quatre
exemplaires de Mefué de diverfes
imprejfians, un vieux manufcrit , &
le Commentaire des Moines fur
Mefué que j’ay trouvé tous confor¬
mes , tant au nombre des ingre¬
diens J qu’en la dofe d’iceux , ex¬
cepté ces dernijrs , qui ont Jùivy
l’ancienne verfion de Aie fié en cet¬
te compofition , comme en beaucoup
d’autres , en laquelle les mucilages
d’Aithaay entrent -en pareille dofe
que les fus-nommés ; non content
de cela , de firant d’être plus ample¬
ment fatisfait, & de fatüfaire en-
cores les curieux de nôtre prefef
fion y je les ay confrontés ‘ avec la;
Pharmacopée de loubert , avec cel¬
le des Médecins d’ Aufourg en Al¬
lemagne , de Londres en Angleter¬
re , de Louis Oviedo Eoticario as
Madrid., Bauderon in folio de Lon¬
dres , Durenoud ,. Luminare majus,.
Nicolaus Prapefitus , 'Decker , Du-
boys en fa méthode , Sylvius , Fuch-
fus, Condembeyg,! Autheur du Gui-
.don des Apothicaires , Cronembur-
gius , Corduf , Férnel , Dinus Flo¬
rentins ,& Rondelet. De toutes, les;
Pharmacopées ou. Antidotaires de
ces. Autheurs „ je; nay trouvé- que
Sv Z. M>ndee
140 Lhre IL
Rondelet feul , qui demande dans
la defcription de cét Emplâtre dou-
z.e onces de chacun des fucs & mu¬
cilages , & tous les autres font
confirmes à la dofi de douze drach¬
mes & demie , avec Méfié & Bau-
deren: '& quoy que cela doive dé¬
pendre plutôt de 1‘ Apothicaire que
du Médecin , je diray quen s'en
peut tenir a la dofi cy^dejfus pref
cripte , quand il s'agira d'un aSle
de mattrife , puifque fins -les au¬
gmenter , on peut facilement par¬
venir d la vraye confitJion de cet
Emplâtre , pour l’avoir ejfayé di-
verfes fois , & m'ayant fort bien
Êajfons a la fécondé confidera-
tion , qui eft de fçavoir quelle quan¬
tité de femences de Lin & de Fœ-
nugrec 3 de figues , & de raifins
gras & fies 3 il faut prendre peur
extraire la quantité des mucila¬
ges que l'Auth'eur y demande. Peur
le regard des femences , l' Article
aura recours a ce qui a été cy-de-
vant déclaré en l'Onguent Dial-
thaa J mais parce que la quantité
de ceux-cy neji pas fi grande , on
en prendra a proportion , comme
aujfi de la racine de Guimauve à qui
l'y voudra mettre. Pour les figues
& les raifins qui n’abondent point
en mucofité comme les femences de
Lin, & de Fœnugrec , il en faut
prendre des plus gras fix onces de
chacun , qui foient doux & non ai¬
gres , mondés de leurs pépins , in¬
cisés fort 'menu , & les infufer 24.
heures feparément en une livre
d'eau chaude fir une chaleur mo¬
dérée ; après les faut faire cuire
jufiqu’à la confomption de la moitié.
SeBion IV,
les ' couler & fortement exprimer
par une toile , & fur un feu lent
faire évaporer l’humidité ftperflué,
à la reduélion de douze à treilje
drachmes } alors les aurés en vraye
firme de mucilages.
le ferots neanmoins d’avis d’ex¬
traire la pulpe’ & les mucilages
de ces deux derniers -, & les ' ré¬
duire en firme d’Eleéluaire liqui¬
de , & les ajoàter fur la fin quand
l’Emplâtre eft cuit , & il en fe¬
ra meilleur. On en pourrait faire
de meme des autres mucilages &
même des fucs.
La treiziéme difticulté ou cou-
fideratien eft , quelle quantité d’I-
éliecole il faut pour faire douze
drachmes é" demie de mucilages,
& dans quelle liqujeur la 'diffou-
dre -, pour ce faire il faut prendre
demy once d’Iétiocole , l’incifer fort
menu , & l'infufer dans quatr'e on¬
ces d’eau chaude pendant 14. heu¬
res , puis la faut mettre fur le feu
pour faire évaporer tout douce¬
ment l’humidité , en remuant juf-
qu’a ce que le tout fait réduit a la
quantité requife , de douze a treize
drachmes.
Pour la quatrième confideration,il
faut fiavoir qu’eft ce qu’entend Mé¬
fié par Refina Pini, & quelle forte .
de Refine il faut prendre , quoy
qu’il n'y aye point dé différence,
qtsant a l’arbre qui porte U Re¬
fine , que nous appelions commune,
d’avec celle que nôtre Autheur de¬
mande en cet Emplâtre , fi ejf-ce
neantmoins qu’il y a grande diffé¬
rence de l’une à l’autre ; car la com¬
mune fi tire par l’art du feu , &
celle qu’en furnomme de Pin refude
d’eUe
Des Emplâtres, 141
Selle meme du Pin en forme de
larme , laquelle efi plue grajfe &
milleure que la commune^ ceft de
cette derniere quil faut prendre
pour cet EmpUftre , que certains
Grecs appellent Antorritos , id efi,
" [ponte fluens , les autres Protorritos,
id efi 3 primiflua, Galien livre 3.
des Médicaments félon 'les genres,
& les Apothicaires Refîna Fini.
Il y aurait beaucoup d'autres cho-
fes à dire fur ce fujet , fi je na-
vois déjà été trop long en cette
Remarque,
La cinquième confîderation , efi
le moyen pour extraire le fuc des
Scilles , qui efi tel , de faire cuire
me petite Scille dans les cendres
chaudes pliée ddSts un papier mouil¬
lé , ou bien l'enveloper de pafie , &
la faire cuire au four •, les marques
de fa cuite font cy- devant données
aux Trochifques des Scilles -, aprez.
toute chaude la faut piler dans un
mortier de marbre , & en tirer le
fuc à la preffe.
Et parce quil ne faut rien omet¬
tre de necejfaire touchant les confi-
derations de cet Emplafire , il fe
prefente encores les huiles d’Aneth,
de Camomille , & Irin , quil faut
prendre ou compofer , comme a été
cy-devani dit en leur ScSlion.
Voila pour ce qui regarde les
^ificulte\.ey-dejfus propofées , refie
maintenant d'en faire un ben mé¬
lange ; car d'iceluy dépendent en
plus grande partie les effets que les
Autheurs luy attribuent. En pre¬
mier lieu il faut prendre une livre
de Litharge fubtilement cicotrinée,
avec la quantité des huiles cy-def-
fits 3 les ayant mis dans une b affine
& fur un feu modéré , les faut re¬
muer legerement avec la fiatule de
bois ordinaire des Emplafires , jup
ues h ce qu'ils foient liez, enfem-
le , alors on commencera d'y ajou¬
ter peu à peu les Mucilages de
Lin & de Fœnugrec 3 iceux confu-
mef^, on y mettra ceux de Figues
& de raifins , ^ aprez la confernp-
tion d' iceux , les fucs d’iris tir de
Scille, & lors quie l' Emplafire fera
quafî cuit , l'Oefipe , & en dernier
lieu l'IIliocolle j toute l'humidité
des fucs , & Mucilages cenfumée,
& l' Emplafire entièrement cuit , on
y fera fondre la Cire , & la Refi¬
ne ,& la baffine tirée du feu la Th-
rebinthine.
l'omets a deffein d’autres peti¬
tes ohferuations , m'affeurant que
l'Artifie tant fait peu qu'il entende
le travail , ne les omettra point,
toutes & quante fois , qu’il compofi-
ra cet Emplât re de la façon , il fera
doué de plus grandes vertus qu’à
l'ordinaire.
Emplaftrum Diachylon Gum-
matum , D- Chriftoph.
Maffam Emplafiri DiachyU
magni integram, fkperius ferip-
tam ; cui diffolve
Cummium Ammeniaci
Galbani , vel Serapini , &
Bdellij , vino diffolutorum &
ad Me lits craffitudinem
coBorum , fingul. une. unam
forma Magdalias ufui ne-
ceffario.
142- Livre IL
FARAtHRASE.
Le s gommes d’ammoniac, de
Galbanum , & Bdellium , (fon¬
dues avec du vin, coulées & cuites,
jufqu’à l’épaifleur de miel , dilîbutes
en rEmplaftre precedent étant cuit,
& encore chaud ) font la différen¬
ce , & luy donnent lefurnom de
Gomme.
R E M A R Q.V E.
BAuderon dijfout les Gommes
dans du . vin : Chriftophorui ne
fait point mention de eeite difolu'
tion ; cefi à dire qu‘il faut tâcher
de les mettre en. poudre, & fEm-
flaftre en fera beaucoup meilleur,
par ce quen les dijfoluant j ou en-
fai fant evaporer l’ humidité , les
parties les pim fubtiles & tenues,
d'icelles s'évaporent , & ainf per¬
dent beaucoup de leurs vertus , com¬
me a été cy-devant dit en quelques
endroits.
Emplaftrum de Mucaginibus,
D.Bencd. Textoris.
eJMucagimm. Radick Al-
thaa ,
Lini ,
Fœnugraci , &
Ficuum , fing. une. quatuor,.
Terebinthin a
Oleorum Chamameli , ^
Liliorum ,
Refina Fini,
MedulU crurk. vituli ,, aut £0-
^vk , &
Seâion I V.
Butyri recentk infulfi, ftngtil.unc.
duos.
Cera citrina , une. viginti , aut
Fiat.Ernplafirum in Magdalias.
Emplaflirpm de Muccagini-
bus Gumniatutn , cjufdera.
Textoris. ■
PradiBam majfam , cui adde,
Cummium Ammoniaci , une. dum.
Bdellij , &
Sagapeni , vino folutorum , &
coQorum ',. utriufque me..
■ unam.
Forma MâgdaliaFpapyro ohduUas,
& ufui repone..
farafhrase.
TExtor a tilïù cet Emplaftre du:
precedent, & fuivant que Me-
fiié référé au fils de Zacharie , fur-
nommé Rhafis duquel icya Mafeon,.
nous ufons fbuvent avec heureux
fiiccez : pour ce il m’a femble
bon de l’inièrer en cette Catego¬
rie , afin qu’un chacun le puilfe
pratiquer J au lieu, du precedent &
fuivant..
. LE MELANGE.
Il faut faire confùmer fur le feu
médiocre les Mucilages, avec lea
Huiles, Beurre, & Moiiclle eif re¬
muant toujours : puis on y ajou¬
tera la Cire , & Refine. Finale¬
ment la Térebinthine , la bafline
Qtée de dellus. le feu j puis du mut
Des Emplafires, 143
i (kmy refroidy , on en reformera
des Magdaléons ,, quon envelopera
de papier j, «Sc qn on gardera. Pour
le plus compofé & gommé , dn fera
fondre les gommes ou liqueurs d"A ra-
moniaç, Bdellium , & Sagapenum,
avec du vin r puis on les coulera,
& cuira à Lepelfeur de Miel , 8i
ajou/era à l’Emplaftre cuit , & en-_
core fur le feu^,. puis la Terebinthi-
ne , donc on îônjiera (. comme dit
eft ) des _ Magdaléons. ' LMpothi-
cairp doit tenir 1 un & 1 aucte fepa-
pareraent , qui TervirOnt au lièu
àj'fuivanc , & des precedents , dé¬
crits par Mefiié. Toutesfois pour fa-
tisfàire à ceux qui ont plus d affeétion
en l’un qu’en Pautre , ôc ne rendre '
cet cEuvre moins complet , lé fuivant
fera tel., . ' , . •
LE.S FA CTL TE Z.
Ces deux Emplaferes amollit
fent , cuifent Si aident à la ifuppurà-
n'on , & font propres aux tumeurs
dures.
REMARQJÈ.
IE faut procéder aux Mucila-
^ ^es de cet Emplafire , comme a
ete dit au, Diachyl. magnum , aug¬
mentant OH diminuant la quanti¬
té des . femences & racines , fui¬
vant la ‘quantité qu on en a de be-
fiin. Four la cuitte d'iceux avec
les. huiles , le beurre , & la mouelr-
le de Veau , il y faut a]outer U
cire & la refîne , par ce que plut
il y aura de matière -, pour recevoir
ou attirer la vertu des Mucilages,
I Emplafire en fera rneillenr : La
confomptioh étant entièrement fai¬
te , en y ajoutera la Terebinthi-
ne , puis le tout fera conté par
un linge net : l’Emplafire encore
chaud , on y mêlera les Gommes
infufées & cuittes , fi on ne les a
pas mifes en poudre , & fi, elles font
en poudre ne les faut peint mê¬
ler que la matière ne fait a demy
refroidie. Suivant la faifon que
l’on' compofera cet Emplafire , il
faudra jsn peu plut ou moins di¬
minuer la dofe des Huiles d'envi¬
ron une once de chacun , & pefer
jufiement la Terebinthine , & le
Beurre.
Emplaftrum Filij Zachariæ,
D.Mef.
"3^. Cera citrina ,
Medulla cruris vacca ,
Adipis Anatis , &
Gallina ,
Maceagin. Semin. Lini ,
Fœnugraci , &
Althaa.
Oejypi humida , &
G lutin ü Pifeium , fing.mc. très.
Olei Lini , vel ( huius loco) Leucoi
lutei, vulge Cheyrini , vel utriuf-
que , quantum fiiff cit , fiat Em-
flafirum , in -Magdalias redu-
cendum ,ufui necejfario.
PARAPHRASE.
QVi par le fils de Zacharie a en¬
tendu Mefeié , nous l’avons dé¬
claré en la Seétion 6. fat la Confe¬
ction Hamech.
LE
144
Livre 1 L SeBion I V,
LS MELANGE.
Il faut faire boüillir les Mucila¬
ges avec les huiles , grailles, &
motUe , jnfqu’à ce qu’ils foienc
conmmez , en remuant alhdiie-
ment , avec un pilon ou fpatule de
bois : puis on y ajoutera 1 Oefype
detrempée avec la colle de poillôn
fondue a part. Finalement la cire
pour du tout en former des Mag-
dalcons , comme dit eft. le laif-
fe deux tmph.ftres : l'im furnom-
mé Di. chylon compoficura : l’au-
tie de Mucaginibus , delquels
l’Autueur nous tft incertain , &
auiii pour ce qrle les fuidits fup-
leent leur defaut , & ont ferabla-
les vertus.
LES FACVLTE Z.
Il amollit & relôut les dure¬
rez & les nœiids des jointures,
& appliqué lur le thorax , aide
à expectorer le excrements craf-
fès , & vifqueux des poulinons &
poitrine.
R E M A R dy E.
L nefi poi pojfible de bien fai¬
re un Emplaftre fuivam la def
cription des ingrediens cy - défia,
comme ils font do fez.- , & encore
moins s'il fallott fuivre l'ancien¬
ne verjion de MeÇué , e^ui dit,
MedulU cruris Vâceini , yidipù
.^natü , & dipü Gallina ana
uncioi très & femtfern , & plus
bas Olei Liai quaf.tjsm ffficit &c.
Par ce que cette quantité de graif
fes ou de moelle , d'Oefype, d'Iük-
cole , & d'huile y font en trop
grande quantité pour trois onc»
de cire , qui ne peuvent fuffire
pour donner un corps d'EmpUfire
aux fufdits ingrediens : pour y
parvenir faut dqnc augmenter la
cire pour le moins environ de deux
livres , attendu qu’il n’y entre
point de poudres y les- Mucilages
aujfi doivent être augmentez, pour
le moins d’une autre fois autant,
& cuire la cire avec les graijfes,
moelle , l’huile & les Mucilages;
de la colle de Peijfon , il en faut
prendre une oneç & la faire dijfoü-
dre en huit onces d’eaU chaude,
comme dit efi en l’Emplafire Dia-
chylen magnum , & la faire éva¬
porer de la moitié ; cela fait fans
la couler , avec l’Oefype & tou¬
tes les autres matières bouilliront
enfernble )ufquk la confômption-de
l’humidité en remuant fouvent. La
bajfine tirée du feu l’Èmplaftre fe¬
ra coulé par un linge , & réduit en
Magdaleons.
Emplaftrum Tri^yjharmacunb
D. Mef.
Lithargyri auri fubtilijfimè
triti , &
Aceti vini rubri acerrimi, utriufq.
lib. unam .•
Olei communis antiqui , lib.duas.
Coque in Emplafram.
fA
F'" ,
Deâ Emplâtres, 145
PARAPHRASE.
CEt .Emplaftre efl; décrit par
Mefiié en la diftiBétion onziè¬
me fous le nom d.’Onguent ; le¬
quel a pris le nom -du nombre
des crois Médicaments qui le com-
pofenc. . . ,
LE ME L An GE,
Le Mélange eft facile : c^- du
commencement il faut nourrir la
Litharge avec .l'Huile , fur un feu
médiocre : puis on l\ugmentera
tout d'un coup J. & _y ajoûtera-on
du plus fort vinaigre qu'on 'jpour-
ra trouver 3 lequel luy donnera
( avec le feu ) la couley.r . foffifom-
mcnt rouge , fins le brouiller ( par
l'addicion dii verdet. ) Etant cuit &
à dcmy froid 3 fora réduit en Magda-
ieons 3 qùfon gardera.
LÈS FAC.FLTE Z.
il eft • farcotique &c agglutina-
tif. Pour ce' il agglutine les playcs
fanglantes 3 & amollit les fîftulcs
qui n'ont pas un cal endurcy 3 &
deflciche fans mordacité 3 au témoi¬
gnage de Galien au livre premier de la
compofition des Médicaments félon
les genres.
R E M A R Q^V E.
Et EmplaÈre.efi des pim fa¬
ciles à faire de ceux quil con¬
vient cuire la Litharge avec l’Hui-
3 comme le pim fimple de tom-,
maü neanmoins il ne faut pat
fuiure la Méthode de VAutheur dtt
mélange , qui dit aj mettre le vi¬
naigre tout a coup : au contraire
il ly faut mettre peu à peu , &
nf en faut point remettre , que lê
premier ne Jpit confumé , autrement
qui fiiivroit Bauderon & augmen-
teroit le feu tout d coup , l'Smpla-
fire ferait plutôt cuit que le vinai¬
gre confumé , qui ferait eaufe qu'il
refleroifigras , & quon le brûlerait
pour, le dejfeicher.
Emplaftrum Palmentn , feu
Diachalciccos , D.
Galeni'.
Chalcitidü , aut e]m penuria vî-
trioli Romani , une. quatuor.
Axungia Suillaveterü , lib. duoi.
Lithargy 'ri Auri, &
Olei veter,ü , utriufq. lib. tret.
Coque igni lento , ajftduè movendo
jpatula , ex ramo P aima recen-
ti, Vèl hujm penuria Arundinû,
vel Gi^ercm , vel Pruni Sylve-
firis, vel Meéfili, vel alterim ar-
borù adfiringentù ; ea lege , ut
extrema pars fapè abradatur &
refeindatur : aut novus ramm fup-
ponatur , donec 'iuftam crajfttudi-
nem conquirat ; tum in Magda-
lioi formetur majfa.
Fitridlum aut Chalcitis in media
Emplaftri addendum, ut acrimo-
niam deponat ; fi ufium fit , fini
coBionis ii/ijce.
t ÈA
14^ Livre IL Seâion IV.
PARAPHRASE.
CEt Emplaftre eft décrie par Ga¬
lien J au livre premier des Me-
dicamcncs félon les genres , lequel
a pris le nom delà Chàlcite , qui
y entres au lieu de laquelle nos Apo¬
thicaires prennent le Chalcanthum
ou Vitriol , facile à recouvrer. Pour
ce il le faudroit plutôt appeller Dia-
chalcantheos , ou Diachalcanthi;, que
Diachalciteos. Quelques-uns lenonà-
ment Palmeum , pour eau le de la
fpatule de Palmier récent , dont il
devroit être remué durant- là cuitte.
Aux lieux où pn ne trouve du Pal¬
mier reçent, on pourra s’aider d’une
faite de Liguftre » ou de Canne , ou
de Chefne , ou Prunier fauvage ,
ou de Mefplier , ou de quelque au¬
tre arbre adftringcnt : à condition
que durant la cuitte on eduppe trois
ou quatre fois le bout d’jcelle , afin
de luy donner plus d’adltriétions
qui n’aimera mieux avoir plufieurs
fpatules. Le Vitriol Romain pour
la Chalcitc , doit être mis (la Lkhar-
e étant iùffifamraent nourrie avec
Huile & Graillé ) & non plutôt,*
afin que par la coclion il perde ion
acrimonie , & foit plus delîccatif,
&- moins douloureux. Pour caufe
du dechef ( en fe cuiiànt ) on dou¬
blera la dofe finon qu’on le calcine
à part : puis fera pulverifé', pefé &
«as, a l’Emplaflre étant du tout cuit.
Aprez on formera des Magdaleons
qu’on gardera.
Oiiclques-uns font infuiér aupa¬
ravant des. fleurs de Liguftre dans
l’Huile , & Graille , & y ajoutent
an' peu de fuc de racines de Can¬
nes , & font bouillir enfemble , les
expriment , & y cuifent leur Li-
tharge ,, remuant avec une fpatu¬
le comme dit eft. D’autre^ en au¬
tre iàifon au ' lieu de, fleurs , trem¬
pent des rejettons , & fueilles de
Cannes hachées avec du fuc tiré
des racines de Cannes avec l'Hui¬
le & Graillé J & fe gouvernent au
furplus , comme dit eft , méthode qui
ne repi^ne point à l’intention de
ion Autheur.
. LES F ACFLTE Z.
Il^ arreflië toutes fluxions récen¬
tes , & rciout lés invétérées : il
agglutine les ulcérés malihs &pe-
beiles- ‘ f,r
remarqje.
BAuderon a fort bien exfrimé
tout cè^ qu’on doit ebferver four
bien c'ompsfer i’Emplafire Bia-
chulciteos , eu égard aux divers
lieux , eu endroits aufquels on le
peut préparer ■ j. ]a]oùteray feule¬
ment , que pendant Id cuite d’ice-
luy , il y faut tenir de l’humi¬
dité , & la laijfer bien- confu-
mer. , avant que d’en remettre de
nouvelle , pour les raifens que
venons de dire au, Triapharma-
con. Au defaut du Chalcim ntt-
turel , què Galien y demande , il
faut prendre de l’artificiel , qtti
foit bien rubifie , ou de la refi-
dence de la diflillation de l’efprit
de Fitriol , moyennant que l’Hufi
le nen ait point été tiré en fuit-
te de l’ejprit preferablernent a tou¬
te autre forte de vitriol crud • v
Des Emplaftres, 147
(tv, defaut de celuy-cy , le don-
hle poids de Vitriol bien dejfeiche
pfquà blancheur. V Emplafire
cuit & la bajfme hors du feu on
l’y ajoutera en poudre fort fubti-
le. le ne diray pas les raifons
poUrejuoy le Chalcitü naturel , ou
artificiel doiuent hre jcy préférez,
à quelle forte de Vitriol que ce
foit , étant tout perfuadé , que la
moindre reflexion que4’ArHfie cu¬
rieux y fera , il s‘en i'nftruira am¬
plement.
Eai^afti'um de Baccis Lauri,
D. Mcf.
yi. Baccarum Lauri , une. duos-
Mafiiches_ ,
Thuris ,
Myrrha , fing. uhc. unam.
Cyperi , &
Cofii , utriufque unciam dimi-
'^tdiam.
Mejlis deffiumati , queCntum fufîcit,
fiat Emplafirum ,
Annot/it Mefué futurum • ejfica-
cius. ad' hydropjm , fi pondus
Cyperi triplicttu’r , & Stercus
Capra aut Vacca ficcum,ad pon¬
dus omnium mifceatur. Sed pra-
flat firnplicius hdbere ; alia
enim'ufus ’tempore , facile adii-
cientur.
paraphrase.
CEt Emplaftre a. pris le nom
de fa bafe , les Bajes de Lau-
ner mifes an commencement , &
en pins grande dofe qiî’antre qui
y foie.- Le Miel conferve les eipe-
ces , donne corps à l’Emplaftre,
& firpplée le defaut dautre matiè¬
re. U faut pulverifer enfemble le
Cypere , Coftus , & Baies de Lau¬
rier. Chacun à parc l'Encens ^ la
Myrrhe j & M^ftich ; puis le tout
malaxer avec miel écume pour en
former des Magdaleons, ou la pâ¬
lie fe- confervera dans un pot de
terre vernillë , qui fera bouché.
' Ainlî fe deflèichera moins , qu'en
Magdaleons , & fera de plus lon¬
gue durée. La dofe du Cypere ne
lèra triplée , ny'Ie fien de Chè¬
vre , ou de Vache ajoutez , s'il
n’eft exprez commandé par quel¬
que Médecin.
LES FACVLTEZ.
Il appailè les douleurs du vefitri-
cule J des inteftins , du foye,
des reins , de la veffie, de la ma¬
trice , & des autres parties cau-
fées des vents , ou d'intemperaturc
chaude.
REM ARQ.VE.
L'Emplaflre de Baccis Lauri
mériterait plutôt le nom de
Cataplafme , à raifon de fa confi-
fience , que celuy qu'on luy a
donné. Cet Emplafire ne fe doit
point compofer qu'au temps de la
necefiité , k caufe que fin ufage efi
petit parmy nous , & en le gar¬
dant long-temps en quelle firme
que ce foit mol ou filide , fa vertu
fe diminué de beaucoup , outre
qu'on ne le fçauroit étendre pour
en faire des Emplafires. Les Baies
de Laurier doivent être recentes
c Z de
1 48 Livre 1 1,
de Jix mois , defquelles fam pren¬
dre l’écorce , tant feulement , com¬
me la partie la plus utile , & laif
fer le noyau. G^ant h l'ufage de
cette compofition j elle aura plus
d’efficace , fi on étend fimplement
de Miel médiocrement defpumé ,
& décuit avec un peu de bon. vin
blanc fur une Alude , que
par deffiis on y finapife la poudre
en quantité convenable , ^ qu’on
l’applique chaudement fur la par¬
tie ajfeStée ■' Ceux qui pratique¬
ront cette méthode , verront plus
fenfiblement^ les ejfets que Mefué
promet de fin Emplaftre , (moyen¬
nant que les fimples qui le. com-
pofent ayent été bien choifis , )
que ceux qui le compoferont com¬
me deffus.
Emplaflimm de Sulphure, in-
certi Authoris.
7icis navalis ,
kefina , &
Cens, fiavst , fingul. une. duo-
decirn.
Sulphuris tenuiffïmè triti, &
Olei Chamameli , utriufque une.
quatuor.
Térebintkints ,
Pulverum Ire os , eè’
Cymini , > fing. une. unam , &
fermfi.
ex arte paretur Smplafirum in
Mngdalioi.
SeBion IV,
F ARAP HRASE.
L’Autheur de cec Emplaftre m’eft
incertain : lequel pour être
ufîcé de quelques - uns , je ne
lay point voulu lailFer. Il a pris
le nom de fa bafe , le Soii-
phre. Il refont les matières dé¬
coulées , &c arreftées aux imifcles
du thorax.
LE MELANGE.
Il feut premièrement pulvéti-
fer la racine d'iris , & i^min
enfemble & le Souphre à part, &
les mefler : puis fondre la' Cire >
Refine , & Poix noire ' , hachées
par petits morceaux , avec l'Hui¬
le de Camomillej Aprez &c hors
du feu , on y ajoutera la Tere-
binthine. Finalctoent les poudres,
pour de la niailè en former des
Magdaleons , de telle grofièur qti'dn
voudra , lefquels envelopeaf.;. de
papier blanc , feront garder- au
befoin. ,
LES F A CF LTE Z.
Il adoucit & refout les dou¬
leurs de cofté , engendrées de
vents lors qu'il n'y a point de
fievre.
R E M A R QJ E.
CEt Smplafire efi fi peu ufite,
qui efi la caufe qu’il efi rare¬
ment décrit dans les Pharmacopées,
je ne le trouve que dans celle de Lyon.
Martin Ruland dans fes Centu-
rke
Des Emplâtres.
i\is en décrit un de fcmblable nom,
mais qui différé bten de eettuy-
cy , que les Autheurs des Dijpen-
[aires appellent Emplafirum JDia-
fulphuris Rulandi , qu‘il compofe
'avec fin huile de Souphre ( que plu-
feurs igporefit ) la Myrrhe , & la
Refine , quelques-uns y ajoutent de
la cire-yauquel il attribué des effets
merveilleux j pour le prefint nom
nom contenterons du notre. Si l'Ar-
tOle par fin addreffe peut diffou-
àre le Souphre , au lieu de le met¬
tre en poudre , l'Emplâtre en fe¬
ra beaucoup plus efficace , ce quon
reconnaîtra facilement p-ar fies ef-
fets.
Emplaftrum de Mcliloto,
D.Mef.
Ofi. Radie. Ireos ,
Cyperi
SpicA JSfardi ,
Caffta Lignea,
Semin. Ameos ,
Apii,
Aniji , eum Nicel. Prstpofi-
to,&^-
Caruiyid efi, Cordumeni ,fîng.
drach. nnam , & fimijé.
Florum Chamameli ,
Coma Abfinthii Pontici,
Sampfuchi,
Fœnugraci,
Face arum Lauri excorticatarum, &
Radie. Althaayjihg. drach. très.
Styraeü Calamites , &
Bdellii, utriufque^ drach. quinque.
Ammoniaci , drach. decem.
Terebinthina. , une. unam
Ficus pingues , nurn..duodecm.
Sebi Caprini, &
Refîna, , utriufque une, duos , &
femif.
Cera , &
Meliloti , ufriufque une. fi x.
Oleorum Sampfuchi , &
Nardini, vel de ^ica , utriuf¬
que quant, fitff.
■'Fiat ex arte EmplaHrum, in Mag-
dalias formandum. Diffolue Gurn-
mi Ammoniaeurn , & Bdellium in
Aceto : queniam in decoBo Me-
liloti yÇhamameli , & Fœnugra¬
ci agrè foluuntur & non minus
efficax erit.
TARAPHRAl SE.
MEfiié a composé cét Emplâ¬
tre fur ceux de fèmbhble nom,
décrits par Galien au livre de la
compofition des médicaments lo¬
caux , lequel, a pris le nom de fa
bafe le ^Melilot^mis au commence¬
ment par l^Autheur , ôc par nous
à la fin : pource qu'avons commen¬
cé par la . moindre , Sc finy par la
plus grande dofè à l’imitation dé
Damocrates.
LE MELANGE.
Au premier rang, de trituration
feront mifès les racines , Sc Canel-
le : au deuziéme , ks femcnces : an
treizième j les herbes & fleurs : il
faii'f pulverifèr le Styraÿ à part, puis
les mêler avec les autres. Si les fi¬
gues font nouvelles , il les faut pi¬
ler à part dans un mortier de mar¬
bre & palTer à travers un tamis,
avec une fpatule Si elles font dures
& vieilles , elles fé pul vérifieront , les
t 3, hacharur
150 Livre IL
hachant menu avec les autres mé¬
dicaments. L’Ammoniac, & Bdel-
lium lèront fondus avec du vinai¬
gre ( qui fèrvira de véhicule ) puis
coulez, & cuits à confiftence de miel:
auiquels on y ajoutera de la Terc-
binthine. Cela fait on fera fondre
en quantité iiifhlànce d’huile Nar-
din , ou d’Afpic , & de Marjolaine,
la Cire, Refinc, & graillé ; puis on
y ajoutera les figues pafsees : puis
•les Gommes , & Terebmthine : fi¬
nalement les poudres, la baffine ôtée
de dcllûs le feu , & à demy froide.
Aprez on formera des Magdaleons,
qui feront pliez de papier , ferrez,
& gardez au befoin. Præpofîtus
ajoute de plus d’Anis lémblable poids
que d’Apium.
Icy mal à propos, & fans caulè
M. lean Renou Médecin , au relie
tres-dode , a cénlriré mon perc fur
le Commentaire qu’il d fait lùr cét
Emplâtre , décrit au cinquième li¬
vre de Ibn Antidotaire"; chapitre 4.
difant qu’il a mis trop d’hiiile , &
qu’avec telle quantité on-ffiroit plu¬
tôt un Onguent qu’un Eihplâtre. Il
fe trompe ; car jamais thon pere ne
penlà à y mettre une livre ou dou¬
ze onces d’huile : mais y a mis, quan¬
tum fatis , lailïànt cela à la difere-
tion de l’Apothicaire : Ifoilà com¬
ment il lity impofe au préjudice de
fâ réputation , ce' qu’il ne doit fai¬
re s’il me fémble fi à là legere, ayant
emprunté plufieurs chofes du labeur
de mon dit pere , pour Gonftruire, &
embellir Ibn œuvre.
SeSiion IV,
LES FACFLTEZ. '
Il amollit toute dureté du ven-
tricule , du foye , de la ratte , &
des autres vifeeres , & dilcutc les
vents.
R E M A R QJV E.
, w
MEfùé ny ceux qui [ont venm
après luy , je penfe quils ne
fe font point apperceu , a tout le
moins ils nen ont point fait fem-
blant , de la dièfropettion qu’il y a
entre la poudre qui compofe lés ver¬
tus-. de cét- Emplâtre de Meliloto,
& les matières qui y entrent- pour
donner corps à la mafe ; car y com¬
pris les Gommes celle - là pefe 14.
onces 1. drachmes , & peferoit en¬
core davantage on le compofoit
fuivant l’ancienne verfion de Me-
fué , en laquelle on lit Radie. Ireos,
Cyperi , dtc. ana drachmas duos &
femijfem , au lieu que dans la nou¬
velle il, nen eft damandé qu’une
drachme & demy de chacun , cela
augmenteroit encore da poudre de
fx drachmes , & cèlles-cy qui fer-
~ve^t à faire le corps & donner la
formé qui font la Cire , la Refîne Je
Suif, & la Terehinthine ne pefent
que douTf onces & demy : je
comprends pas icy les huiles , quoy
que la poudré y fait en trop gran¬
de quantité, ce ne fl pas à dire qu U
en faille guère davantage ; parce que
la poudre des Emplâtres qM ef
composée d’ingrediéns chauds , w’
aromatiques pour la plus grand par¬
tie comme celle-cy , par leur^ cha¬
leur naturelle tiennent toufurf
Des Emplâtres. 1 1 1
l'Emplâtre mol au commencement
fendant quelque tems quand il efi
nouvellement fait -, de pim la pou¬
dre de cet Emplâtre efi compo¬
sée prefque toute de médicaments
de fuhJlanee rare & legere , com¬
me la fleur, de Afelilot , le Spiea
Nard y l’Abfinthe , la Mar'plaine,
& autres , qui en petit poids occu¬
pent beaucoup de place , nefi
pas pojfible que cette quantité- de
poudre puiffe être incorporée , d'ans
là quantité de la Cire , Suif, .Ee 'fine,
Terebinthine, & le peu d,’ huiles qu-on
p.peut mettre : une marque de ce¬
la efi., que bien qu’on" augmente de
quelques onces la Cire & la Refine,
qutfnd il faut rouler la majfe pour
la réduire en Magdaleons , L’eau
dont 'on mouille le marbre la pé¬
nétré en fa fuperficie , en fepare de
poudre ,& en tire la teinture >- c’efi
fourquoy , fcSîime qu’jl faut au-
. gmenter la Cire dé huit onces , la
Refine de deux onces & la Tere-
himhine de quatre otrces , &. envi¬
ron , une demy once - 'de chacun des
huiles de Marjolaine , & Nardin,
& non d’Aff'ic , à moins qu’il fiât
fait par imprejfipn , & ainfi tl y
aura environ quin'i(j onces deux
drachmes de poudre , y compris les
Gommes & les Figues qui fie met¬
tront aisément en poudre parmy la
quantité des autres médicaments s &
fingt-fix onces & demy de Cire,
Refine , Suif, & Terebinthine ; é'
de la forte obfervant ces propor¬
tions , l'Emplâtre fera en une meil¬
leure forme , & ne s’éloignera point
des vertus qui luy font attribuées.
le fuis obligé en paffant de dire-
t'ucare un mot , fur la plainte que.-
Gratian Bauderon vient de faire
contre du Renou,fur ce qu’il a dit
en fin Commentaire fur le même
Empïâtre que de fuivre Bauderon,
& mettre fix onces de chacun des
huiles , on ferait plutôt un Onguent
qu’un Emplâtre : du Renou ni en ex-
ciifira s’il luy plait , Bauderon pere
n’a jamais parlé de ' la forte, dans
aucune des trois éditions que du
Renou luy cite de fa Pharmacopée,
dont voicy les propres termes qu’il
accorde -luy -même. Cela fait on fe¬
ra fondre en fix onces d’huile Nar¬
din & de Marjolaine la Cire , Refî¬
ne , & graifi'e ; par cette façon de
parler ,il n’y a perfinne qui ne ju¬
ge , que Bauderon a entendu tant
feulement prendre fix onces des deux
huiles , trois onces de chacun , &
non douz.e ' onces de deux ; voila com¬
me qmy du Renou s’ efi trompé-,
mais il y auroit matière d’en dire da¬
vantage de gjuirici de Augufiis , en
fin Lumen Apothecariorurn , & de
Suardus , en fin Thefattrus Aroma-
tariorum imprimés â Lyon en l'an
1536. & â Vênife en l’an 1^66.
l’un & l’autre en la même deferi-
ption & dofe des ingrediens de cêt
Emplâtre iifint , olei Sambfuci , id
tfi , Mujorana , & oléi Spica , anw
lib. duos. le ne puis croire néant-
moins , que cette faute foit échap¬
pée de la plume de ces Sçavans hom¬
mes , mais qu-elle procédé des Im¬
primeurs ; voila pourquoy le plus
fouvent en de tels rencontres on fe:
trompe..
Emplæ
Livre IL SeBion IV,
Emplaftrum de Meliloto , D.
Benedidi Tcxtoris.
Uarii CelticA ,
Chanhumeli ,
Radie. Cj/peri, &
Althaa
■ Croci ,fing. une. airnidiam ,
Fœnugnzci ,
Iridü ,
Atyrrha , &
Amrnoniaei , fing .une. unam.
A'ielÜoti , draeh. vigimiquinque.
Têrehinthina elara, draeh. quhiqua-
ginta.
Cera flava , draeh. een^m.
Oki Liliaeei , &
Aeeti , quantum Juffieit.^Fiat Em-
plafirum in M.agdalîas.
^ ARAP HRASE.
TExtor a tilîù céc Emplâtre fur
le precedent : auquel il ne cede
en vertu j à tout ce que promet Mé¬
fié J & s’il eft facile à faire , &
moins comp.osé.
LES, FACFLTEZ.
Il a les mêmes vertüs que le
precedent.
RE M ARQJ E.
CEt Emplâtre de Meliloto efi
à la vérité plut eorreCt que le
preeedent. Textor fans doute s’efi
appereeu de la trop grande quan¬
tité des poudres qui y entrent , e‘eji
pourquoy il a augmenté de la moi¬
tié les matières qui donnent le corps
& diminué a proportion celles qui
en compofent les vertus. Jl ti'efi.pas
icy befoin de dijfoudre la Gomme
Ammoniac , parce quelle fe mettra
facilement ên poudre avec^ les au¬
tres médicaments. Les Autheurs de¬
mandent la difolution des Gommes
pour deux 'raifons. ; la première
parce quils croyent qu'elles ne fi
peuvent pas mettre en poudre pour
être trop molles , eu bien pour la fé¬
condé quelles font impures , & que
pour les purifier, les faut dijfoudn
&■' couler f pour éviter céta, il les
faut choifir pures & nettes , & les
pulverifer avec les autres ingrediens
fecs , & ainfi ies^Gommes confirve-
ront toutes leurs- vertus.
Emplaftrutn Divînbm , D.Ni-
col. Præpofiti.
3^. Opopanaeù ,
Maéfic'hes ,
AriBolochia longa , &
t/Eru^nis , fing. une. unam.
OUbani , id efi , Thuris , drachm.
novem.
Galbani,&
Myrrha-, utriufque draeh. decem.
Bdellii, une. duos.
Ammoniaci, une. très, & draeh. très.
Lapidis Heraclii, id efi , Magne--
tis , tinc. quatuor.
Cera fiava , une. oEla.
Lithargyri Auri , &
Olei communie , utriufque lib.unam,
& femifi.
Sic para EmplaBrum Lithargy-
rium cequendum ; tune Cera mi-
nutim concifa addenda, ea U-
quata
Des Emplâtres.
quata ah igné aufertur , addun-
turcjue Gummi , & Bdellium ex
Aceto , lel vino dijfoluta , co¬
lata & ce£la. Deinde pulveres
triti , Afjrrha fcilicet,, Thurü,
MaBiches , Arîfloloch, & Aïa-
gnetis. ToBremo zÆrugo , ne diu-
tiui coüa EmplaBrum rubr.
evadat.
PARAPHRASE.
RæpofitLis rapporte cet Emplâ¬
tre à Nicolas, mais quel il eft,
je ne le puis deviner, attendu qu’aux
Anddotaires de Myrepfus , & Sa-
lefnitanus , je ne l’ay pû trouver :
lequel neantmoins pour fes rares ver¬
tus à la curation des vieils ulcérés,
a mérité le nom de Divin. Sa cou¬
leur vient du Yerdet cuit, ou non:
car cuit , il le fait rouge , ,&c non
cuit verd. Il eft meilleur qu’il foie
cuit que crud.
LE MELANGE.
Premierement. il faut pulverifer
chacun à part, la'Litharge, l’Aymanti
la Myrrhe , & Bdellium , slil eft fec,
l’Encens, Maftich, Ariftoloche, &
Verdet. Il faut fondre enfèmble, avec
du vinaigre ou vin , le Galbanum,
Opopanax , Ammoniac & Bdelüûm,
s'ilaft mol , & recenc: pui-sdes cou¬
ler & cuiré à , l’épeffeur de miel.
Cela fait la Litharge fera agitée avec
l’huile dedans la balline : puis cuite
en remisant toujours , afin qu’elle
ïie fe brûle. A quoy l’Apothicaire
prendra garde » .pour le peu d’huile
Su’il y» entre. Àprez on y ajourera
la Cire hachée menu. Icelle fondue
& la baffine ôtée de deifos le feu,
on y mettra les Gommes. Vn peu
aprez les poudres d’Ariftoloche,d’Ay-
mant, de Myrrhe , Maftich > & En¬
cens. Finalement le verdet. Ceux qui
le voudront rouge, l’ajoûteront un
peu avant la Cire. Le tout, étant
quafî froid , fora réduit en Magda-
leonsjdc telle groftèur qu’on voudra.
LES EACVLTE Z.
Il eft^^onvenable aux ulcérés ma¬
lins , il deterge ôc abforbe leur pour¬
riture, régénéré de nouvelle chair,
& conduit à cicatrice.
R E M A R Q^V E.
N la première 0“ fécondé édi¬
tion de la Paraphrafe de Bau-
deron , la defeription de V Emplâtre
Eivinum a demeuré en fon entier^
& conforme avec ceO.e de Nicelam
Prapojitui -, maü en la troisième
édition qui fut en l'an 1 603 . la do-
fe de la pierre d'Aymant fîit alté¬
rée , car au lieu quil en efi de-
rhandé en fin original quatre onces,
on rien a mit que trois onces , faute
qui fe vérifié par toutes les éditions
qui en ont été faites du depuis , la¬
quelle dofi fay reBituée.
Peur bien & duément compofir
cet Emplâtre il faut fubtilement ci-
cotriner tous les ingrediens , ( après
en avoir fait une exaéle eleÈiion
d'.un chacun en particulier ) par¬
ticulièrement la Litharge, & l‘Ay-
mant. L' Opopanax , le Galbanum,
l'Ammoniac , & le Bdellium , fe¬
ront choifis a les pouvoir mettre en
poudre , finon feront dijfous dans Le
U vinaigre^
154 Lî^re 1 1.
vinaigre , a la referve du Bdellium
^ui fera mis en poudre & ^joûté a
la colature des Gemmes , càmme a
été cy-devant dit en quelques en¬
droits ; pour le furplui*,il faut Juj-
vre Bauderon. ^
Ceux qui voudront diffenjèr cet
Emplâtre fuivant du Renou pren¬
dront garde aux éditions in eétavo
de Geneve par Choiiet , les in quar¬
to de Paris de Van l 'SoS. & les in
folio de Lyon , dans toutes lefquel-
les éditions , efi écrit par l‘j4utheur
du Commentaire a que le voulant
corriger en modérant la quantité
de l'huile , & dj la Litharge d’un
tiers chacun ,peur fubroger en leur
place quatre onces de TêrehinfBi-
ne qui ont été ebmifes ett ' toutes les
dejcriptisns cy-dejfus par les Impri¬
meurs , ainfi qu on peut vérifier par
les exemplaires de Paris , uipud So-
cietatem Minimum anno 1623, qui
font les plus correéls , & les plus
augmentés.
Emplaftrum de MafticJac , iû-
certi Aurhoris.
%. Maîiiches ,
Eerebinthina ,
Picis Navalis ,
Oleorum Maliichini , ^
Nardini , lib. dimidiam.
Refina , &
Cera , utriufque lib. duos , & ‘
His liquatis extra ignem addepjtl-
verern fequentem,
Ifi. Ladani puri, df
Thuris , utriufque une. quinque.
Felior. Lentifci , vel ^ alterius ar-
SeBion. î V,
bpris adlîringentis ,&
Mynhyllorum , utriufque une. que.
tuor.
Sumach ,
Berberis,
HypoiiÛidis.
jicacia ,
Rofarum rubrarum ,
Santali rubri,
Boli jirmena ,
Coralll rubri, &
Terra figillata , fing. une. duos.
Galange,],
Cyperi ,
Mentt, ficca ,
Coriandri praparati
Lipii Alo'és , &
Cinnamomi p fingul. une. unam &
femlfi.
Cymini , ex Aceto priut infiifi^ &
torrefaéli, "
Abfinthii Pontici majoris , feu' ru-
fiiçi ,
Sampfuchi a
Florum Rarifinarini > &
Troehife. Gallia Mofehata , fingul.
une. femiji.
Forma Magdalias.
paraphrase.
L'Autheur de cet Emplâtre nous
cft incertain, lequel a pris le nom
de fa bafè , le MafticH, mis au com¬
mencement : l’adftriâion duquel eft
augmentée par une partié des médica¬
ments qui y entrent '.L’autre partie
y cft miiè pour 1« vifeeres : le refte
pour luy donnej'- la forme, l’ay cm-
prurS^riCcçce d^ription de la Phat-
macopé^e loubert.
LE
Des Emplâtres. 1 5 ^
LE MELANGE. REMARQUE.
Au premier rang de trituration
feront mis'les Bois , 5c Racines , &
Canelle j au fécond l'Acacia , &
pociftis incifez , & tontes les fçmen-
ces J au troiziéme les herbes , &
fleurs de Rofmariri. Chacun à part
il fâutpulverifer'leLabdanum J l'En¬
cens J le Jdafticl^jj^le Corail, le Bol,
la terre iîgillée, & les Trochilques.
Ceux qui n'auront du'Lentilc, qu'ils
prennent des fueilles de Myrthilles,
ou de queloue autre arbre adftrin-
gent. Auparavant que pulverifer le
Cumin , il le feat infufer au vinai¬
gre une huit , puis le torrifier lur'
une poêle chaude. Cela f|dt, faut fon¬
dre la Cire , Refine , & Poix noire
furnomméej,Navale ( poarce que d'i-
cçlle foiidùe , les Navires , & au¬
tres Val&aux efe mer en font oinebs )
avec les Riiles , puis, on y ajoutera
la Terebinthine. La baffine- ôtée de
delllis le feu, on y ajoutera le Lab-
danum , & IVlallich. Vn beu aprez
les autres poudres , en reliant bel¬
lement , jufqu'à ce qu'elles fbient
bien incorporées , & qrril n'y pa-
roiflè plus de grumeadic. Aprez on
formera de gros Magdaleons , qui
feront cnvelopez de papier blanc,
& gardés au befoin. Cet Emplâtre
peut fiippléer au defeut des tiivans,
pro Stomacho , matrice , & Lab-
dano.
les facvltez.
Il fortifie le ventricule , & appâi-
fe fon ardeur , & arrête le vomillê-
ment,
CEt Emplâtre eji de grande
efficace j maü je puis ajouter
cette lârite , que fes effiet s feront
au double plus grands , a qui s‘tn
•voudra fervir de la poudre feule
Jînapisée fur quelque matière con~
venahle , comme Terebinthine , &
autres , ainfi que je m" en fuis heu-
reufement fervy , & m'en fers tous
les jours. Pour le bien compofer dr
réduire en màffie , en premier lieu
il faut faire la poudre bien fubtile,
principalement le Labdanum , le
Corail , le Bol , & la Terre figillée.
Du Labdanum il en faut prendre
fept onces le triturer & cicotriner
fuhtilement , pour en avoir cinq
onces , les deux onces qui refe¬
ront ne font que fable ou autre
impureté qui nont point de ver¬
tu ; après faut faire diffioudre dans
huiles en une moindre quanti¬
té quils y font preferits ^ le Ma-
fiieh grojUerement trituré fur un
feu mod^J : d part on fera fon¬
dre la Poix commune , f par la¬
quelle ne faut pas entendre la Na¬
vale ) la Cire , la Refine , & fur la
fin y ajouter la Terel^nthine , &
les huiles ou l’on a fait fondre le
Mafiich , toutes ces matières mêlées
enfemble , feront coulées a travers
un linge , & la colature à demy
refroidie les poudres y feront exa-
Element mêlées , & la maffie réduite
en Magdaleons.
Empla
U i
1 5 6 Livre 1 L
Emplaftrnm pro Stomacho,
D.Mef.
Agallechi , feu Ligni Alo’és ,
Abjînthii Romani , feu Pontici ma-
jorü idem ,
Gummi Arabici,
JldaHiches ,
Cyperi ,
Cofti , &
Zingiberts , fing. unc.fmifi-
Calami Aromatici ojfcinarum , pra
Tjeroy
Thuris ,
Alo 'és HepaticA > fingul. drachm.
très.
Carjophyllorum ,
Macis ,
Ctnnamomi ,
SpicA Nardi ,
ÎJucis Mofchata ,
GalliA Mofchata , a»
Schcenanthi , Jing. dracn. unam , &
femiji.
Excipe Mina compofita., feu aro-
matica : & utendi tenfpore cum
panno intenderü , fuffies Ligna
Aloës.'
paraphrase.
CEt Emplâtre a pris le nom de
(à* vertu corroborative du ven¬
tricule ou eftomach refroidy. Icy la
Mine de Coings cft mile pour don¬
ner corps, & forme à l’Emplâtre,
par nous décrite en nôtre Scétion
ièconde & par Meiué en la diftin-
étion irziéme de fon Grabadin.
Le mélange eft facile à celuy qui
gardera l’ordre en lar trituration ade-
SeBion IV.
ctit au precedent : & que les poudres
foient malaxées , en quantité fiitfi,
fante de gelée de Coings aromatisée,
pour en former des Magdaleons
qu’on gardera au befoin*’'
LES FAC FL TE Z.
Il échauffe le ventricule, & cor¬
robore le foyc.
REMARQUE
CEt Emplâtre ne ddiipoint te¬
nir rang entre les remedes of¬
ficinaux , parce qu on ne s‘ en f au¬
rait fervir quinae jours apres l'avoir
composé , â raifon qu’il ny entre au¬
cune matière grajfe & oleagineu-
fe â luy pouvoir cenferver fa con¬
fidence , c'efi peurqmy il faut
tenir la poudre dÛigémment &
foigneufement préparée de bons mé¬
dicaments , '& au tems de la ne-
cejfité , au lieu de la malaxer avec
la gelée de Coings , il la faut fina-
pifer au dejfus , on ,en verra de
beaux effets.
Aliud Emplaftrum pro Stotna-
cliO;D.Benediâi Textoris.
Ofi. Coralli rubri,
Alo 'és Iota ,
Monta ficca ,
Abfinthii Pontici 3^
Cinnamonii ,
Nucü Mofchata,
Macis ,
Cal^nga ,
Calami Aromatici ,
MafHches,
M^nnA
Des Emplaftres.
liAtins, Thwis,
StyrAcis Calamites , &
Benuiinij , fin g. drach. très.
Caryophyllorum , &
Eofarum ruhrarum, utriufq. dr.fiex.
Labdani puri , &
Terehinthina,:Mriufq. me. oBo.
Cera' nova , lib. mam, & femiji.
Forma Emflafirum. Hoe Matifeo-,
ni praparatur.
T ARAP HRASÉ.
QVcIques-uns pour mettre diffé¬
rence au, precedent 5 appellent
cet Emplaftre de Labdano , comme
de celuy qui y entre en plus grande
quantité qu’autre qui y foie. Et nous
avons retenu 1 appellation qui dc-
monftie fou effet.
Le mélange n’eft pas diflèmbla-
ble à celuy de Maftich : horfinis
qu’il n y entre point d’hiiilc. La quan¬
tité de ’Terebinthine fùpilée-ie de¬
faut J & icnd l'Emplaftreplus gluant,
& adhérant.
Z£S FACVETEZ,
Il a les mêmes vertus que le pré¬
cédant.
R E M A R QV E.
CEt Smplajire doit être le vray
Officinal , & le precedent le
Magifiral 5 cettny-cy ejt jvrE pra¬
tiqué en beaucoup d’endroits, & fait
fi>rt bien , moyennant que la dofe de
la cire ne fait point augmentée en
fuppofant la livre des JlEarçhands à
celle de Medecine,comnie pratiquent
plufieurs & même en chef d’oeuvre
*57
ainfi que fay veu de mes propres
yeux d mon grand étonnement: ceux-
là à la vérité ne fe fondent guère de
la vertu des compofitions pourveu
quils 'en faffient beaucoup , eir à
moindres fiais pour affiouvir leur de-
tefiable avarice.
Il eft à remarquer , comme je
viens de dire une fois en l'Empla-
fire de Maftiche , que pour avoir
huit onces de Labdanum , fubti-
lement cicotriné , il en faut pren¬
dre douze onces , & laiffier les
quatre onces dernieres qui refiftent
k la trituration , par ce que ce neffi
que terre , ou fable , qu’on mêle avec
le Labdanum tandis quil efi fiais
& mol : le refiant de la poudre
doit être fuhtile , dt les défis bien
cbfirvées de tout les fimples , aprez
en avoir fait préalablement une
légitimé eleBion. Par ce que huit
onces de Térebinthine ne fuffifient
pour donner la confifiance , il y faut
ajouter deux ou trois onces d’huile
d’ Abfinthe.
Eniplaftrum pro Matrice , D-
Benediéli Textoris,
Dfi. Cera flava ,
Picis PJavalis, &
Terebinthina, fing. une. quatuor.
Mafiiehes , &
Thuris , utriufq. une. duos.
Labdani , une. unam.
Styracis Calamites ,
Calamenti ,
Origani &
Nucis Mofihata , fing. une. fimi fi.
Calami 'îromatici,feu Acori veri,.
Radie. Mardi Indice ,
5 Fhn
158 Livre IL
*PhH, îd efi, Valeriant, ma—
pris ,
BiHorta, &
Caryephyllorum , fingul. drachm.
duos.
Trochifc. Alipta Mofihau ,
Gallia Mofchata , mriufque
drach.unam.
Mofchi optimi , fcrup.femlJS.
Olei Nardini , equant, frfficit ; fiat
Emplafirum.
Hanc deferiptionem retinendam,
& eaieris mminis antepo-
nendam cenfieo : e\md feleâio-
ribns medicamentis titule eaun-
ciatis , fit compofita , & mira
artificio concinnata. Vèrumta-
men fi cuipiam Nicolai Prapofi-
ti magü placpterit > parabit ut
Jiquitur.
PARAPHRASE.
CEt Emplaftrc a pris le nom
de la partie 5 pour laquelle il a
prindpalcmenc été compofé , le¬
quel pour être compofé d’un grand
artifice , & de Médicaments choi-
fis , & convenables à la Matri¬
ce , je fèrois d’avis qu’il fuit pré¬
féré à celuy que Præpofitus dé¬
crit , ainfi que tout homme de
bon jugement pourra connoî-
fttcj conférant une defeription a^ée
l’autre. Toutesfois ceux qui fe¬
ront plus affeétionnez à l’un, qu’à
l’autre Autheur , le prépareront
ainfi que cy - aprez il fera de- .
cia ré.
Seéiion 1 V,
LE MELANGE.
Il faut pulverifcr les Racine's i les
Gerofles , Mufeades, & les Herbes
enismble.
A part chacun , le MafticB^ En-
.cens , Styrax , Labdanura'V lé
Mufe^i & les Trochifques :'puis
le tout ièra mêlé enfemble, Aprez
on fera fondre cnièmble la Cire,
& la Poix , avec environ deux
onces d’Huile Nardin : puis on y
adjoutera la Terebinthine. Cela
fitft , & la balîine orée de delfiis
le feu , on y^adjoûtera peu à peu
les 'poudres en remuant toujours,
afin qu’elles ne fe grumelcnt pas,
pour du tout , en former' des
Magdaieons , qu’on gardera au
beioin.
LES FACFLTEZ.
Il eft fingulier à la defeente &
mouvement dépravé de là matri-'
ce : & appaife les fymptomes hy-
fteriques.
REMARQVE.
POur la racine de Nard _ In-
die , il ne faut entendre autre
ehofe que Te Spica Nard même,
puis quHl fia peint d’autre raci¬
ne qui nous “paroifie que, certains
petits ^laments noirs attachez, au
fonds de l’efipy , 'prefque pri¬
vez. de l’odeur , & de la fa¬
veur d’icèluy , & pstf confisquent
de la vertu , ou bien nota l’y pour¬
rions prefierer cette partie Itgneu-
fe qui fe trouve par fois au dedans
Dùs Emplâtres, 15a
(jul ffi aromatiqHc , mais elle
(fi apz. diÿicile à trouvefd à cau-
fe qu-'élle efi fort friable, '& d’el¬
le mme fe met en foudre Ij & fe
perd.
Emplaftrum pro Matrice, D.
Nicol. Præpofîci.
y:. Lahdani puri , lih. quatuor.
Pïcis Navalis , lib. très.
Ceri fiai) a , lib. mam , & femiÿ.
Terehirtthina,lih.femiJL ,
Liquatis omnibus , inq^ pulverem
fequentern.
%. Radie. Biflorte, , lib, unam
Lignorum * Aloès , &
“Saniali Citrini ,
Nucü Mofchata ,
Berberü , &
Jinthera , fing. me. unam.
Cinnamomi -,
Caryophyllorum ,
Schœnanthos , &
Florum Chamameli , Jingul. unes
femift.
Mafiiehes ,
Thuris, ■
Trochifeor. Alifta Mofçhatd , ^
Gallia Jbîofchatet,
Styracis Calamites , &
Rubri , Jingul. drach.mam.
Mofehi optimi ,drach.femîjt.
Bat Ernplafirum in Magdalias
ufui reponendum.
Schplia.
Anthera nomen ep compoptionis
, ad'oris gingiva^umque ulcéra,
JDiofceridk^, Galeno , Taulo ,
Myrepfo , ufitata-qua nunc exo-
levit. At Frapeptui nullam cem-
foptionem, hic intellexit t fed
apices , feu granula ilia lutea,
qua Rofarum captllü innitent,
quaque pccata nigricant , &
falso ah eo & d reliquis fui
temporis ‘Froceribus Medicis
nuncupanmr Anthera. Hac vox
. videtur decurtata ex Grâce no-
* mine , & po'/©- , id ep,
fios Rofa.
LE MELANGE.
Enfemblc il làiu pulvcrilèr les
Bois , Racines , Candie , Gcrolle,
Seraences;, & Fleurs. A part cha¬
cun , le Maftich , Encens , les
Trbchifgues , le Styrax rouge , &c
Calamite , & Mule , puis on les
niêlèra. Le Eabdanum en Ix gran¬
de. quantité le doit fondre dans un -
mortier , & pilon fort chauds :
puis on y ajoutera la Cire, & Poix
noire fondues à part en une baffi-
ne. Etans bien incorporez , on y
mettra la Terebinthinc fine , fina¬
lement les poudres. le ferois bien
tTavis , qu"on y ajoutât un peu
d'Huilc Nardin , pour caulè de la
grande quantité de poudres , afin
de rendre l'Emplaftrc plus traita¬
ble , & empelchcr qu’il ne le deC-
fciche fi-tôt , & le conlcrve pFus
longuement,
LES FACFLTEZ.
Il a les mêmes vertus que le
précédant.
RE
1 6o Livre 1 L SeBion 1 V,
REM ARQ.V E.
Et Emplajlre me femhleroit
mal dofé qua/tt au LahAanum,
Cire, Poix Navale , & Bifiorte i
fi je ne l'avais trouvé conforme
non feulement en fa defcription
dans trois diverfet. éditions de Ni-
colauâ Prapofitus niais encàre
dans les plus célébrés Pharma¬
copées , c'efi ce qui me fait croi¬
re , que telle a été l'intention de
fin inventeur ; pajfant plus ou¬
tre , venant a l'p,xamen de la
defcription de Bander on fy ay
vérifié une faute confiderable , qui
s'y efi glijfée , depuis fa fécon¬
dé édition , jufques. a notre pre¬
mière , ainfi qu'on peut voir par
celle de Benoifi Rigaud à Lyon
en l’an tj88. qui efi conforme
avec celle de Nicolaui Prapofitta
en laquelle on lit , Maftiches ,
Thuris , é'cé ana drachmam
unam , & dans toutes les autres
éditions de Bauderon , efi écrit,
Mafiiches , Thuris , &c. fingu-
lorum draehmas très ; en remet¬
tant les dofis., comme elles font
en l'original , fay corrigé la def¬
cription.
Gjuiconque préparera cet Sm-
plafire , au lieu de ramollir le
Labdanum dans un mortier de
bronz.e avec fin pilon chauds , com¬
me enfeigne l'yîutheur du mé¬
lange , mon fentiment efi de le
mettre en poudre , le cico-
triner fubtilement , & de rejet-
ter tout ce qui refifiera a la tri¬
turation , comme matière étrtange-
re & impure qui efi fable , ou ter¬
re. Des autres ingrédient , U en
fera fait une poudre fubtile i fui-
vant l'ordre de la trituration.
La Paix Navale & la Cire,
feront fondut enfemble , & fur ta
fin on y ajoutera la TerehintU-
ne en quantité fùfiifante , cardes
fix once/ qu’il en efi demandé ne
fiauroient fuffire pour donner une
confifiénce convenable d l'Em-
plafire : le tout fondu enfemble
fera coulé d travers un litige , &
les poudres mélées , comme a été
cy - devant dit > en celuy de Ma-
fiiché. , .
Emplaflrum Oxyeroceum , D.
Nicol. Alcxand.
'^L. Croci optimi ,
Puis Navalis
Colophonia )
Cera , fingul. me. quatuor.
Terebinthina ,
Galban.i , .
Àmmoniaci ,
Myrrha,
Thffris , &
Mafiiches , ’fing. une. unam , draeh
très.
Galbanum , & Ammomàcum ma-
çerentur in Aceto noüe una,
igni iiquata , & colata coquan-
tur ad Aceti’confiimptéonem. Si-
mul liquantiir Pix Navalis ,
Cera , & Colephohta : turn addi-
tur Terebinthina cum G. mmis.
Pofiremo pulver. /tiafiiehes,
Myrrha , & Thuris femper mo-
vendo fiatula..Tbi refiixeritfiiper
marmor Oleo inunÜum fundimr,
& Crocus .fulver. inéfergttur.
Des Emplâtres. 1 6[
to.fttUgitw in MAgddiai,& repo-
nitur EmpUSlrnm.
PARAPHRASE.
MYrepCis fùrnommé Alexan¬
drin , décrit cet Emplâtre en
U Sedion lo. chapitre i^.des An¬
tidotes ; lequel a pris le nom tant
du vinaigre où les Gommes font
dilToutes i que du SaiEan , qui y en¬
tre en grande quantité j qui caufè
la cherté d’iceluy. Poiirce aucuns
Apothicaires pour en faire ineilleur
marché aux Barbiers j y en rhettent
iculcment une once , qui me fèm-
ble hiflire y veu qu’il n’augmente
Ai beaucoup la vertu de l’Emplâ¬
tre. Au lieu d’iceluy aucuns y met¬
tent femblable poids de poudre ad-
ftringenccj afin de le rendre plus
convenable aux fraétures & diilo-
cations , & s’en fervent au lieu du
Cerat décrit par de Vigo , livre hui¬
tième , chapitre feiziéme, de fa gran¬
de Chirurgie , & par nous,, cy-de-
vant J & avec heureux iîiccez. Ce
qui ièroit probable j lî les Gom¬
mes chaudes , & attradives de Gal-
banum & Ammoniac en étoient
ôtées.
LE MELANGE.
Il faut pulverifer chacun à part,
le Saffran, l’Encens, la Myrrhe , &
Maftich : puis fondre la Cire , Poix
noire, & Colophone , avec deux
pnees^ d’huile de Maftich. Cela fait on
y ajoutera le Galbanum , & Am¬
moniac ( auparavant infifez dans
du vinaigre l’efpace d’une nuit, &
cuit jufqu’à la conjfômption d’ice¬
luy ) & Terebinthine , la baffne
ôtée de dellus le feu , en remuüant
toujours avec une fpatule. Vnpcu
aprez & quafi froid , on y ajoL.te-
ra les poudres d'Encens , de Myr¬
rhe , & Maftich. Finalement étant
froid, on le malaxera fur un mar¬
bre oind d’huile , ou dans un
grand mortier, avec le Saftran ; puis
on en formera des Magdaleons
qu’on gardera au bclbin. Ceux
qui auront cet Emplâtre en leurs
boutiques , le pourront paflèr du
hiivant : & au contraire, pourcc
qu’ils font peu diftèmblablcs en fa¬
culté.
LES FACULTE Z.
Il amollit toute dureté, & dif-
cute les douleurs de caufo froide:
mais il n’empêche pas la defoente
des humeurs for les articles : au lieu
duquel il faut ufer du Cerat propre
aux fraétures des os , décrit cy-de-
vant.
RE M ARQJ^E.
L‘ Emplâtre Oxycroceum efl mal
attribué a Nicolaus Myrepftu
Alexandrinui , puifque long-tems
avant luy , Nicolam Alexandrinm
Va décrit en fan livre de la com~
pefition des médicaments^ locaux,
chapitre a 8 7, fous le même nom,
nombre , & dofe d'ingrediens que
dejfus, en faveur duquel j'ay cor¬
rigé le nom de VAutheur. Par
la Poix Navale il faut entendre
celle quon racle des Navires quand
on les veut enduire de nouvelle ,
& non celle dont on les enduit, ainfi
X que
Lhre î 1. SeBïon 1 V,
\6'L
c^ne NicoUui Jl^jrepfm Alexan-
drinui l’explique en fin Anüdo-
taire Section troifiénie ,■ chapitr. 5 2.
des Onguents , comme la pim pro¬
pre , & k fon defaut il veut qu on
prenne la commune lavée plujteurs
fois en eau marine , & ceux qui
feront éloignez, de l'a mer , la la¬
veront auec l’eau fil ; pour le
furplpts il faut fuivre Bauderon,
excepté en fon mélange quand il
dit d’y ajouter ' deux onces d’Hui-
. le de Màftich , parce que 'fefii-
me la Terebinthine , y convenir
mieux. '
Emplaftrum Ceroneum,D-Nic.
Alexand.
'y. Cera citrina , &
Picts Nàvalubenf colata, utriufq.
une. duos, ârach. très.
Sagapéni , une. duos.
Ammoniaci ,
Terebinthina ,
.Colophonia , &
Croci , Jîngul. une. unam , 'drachme
très.
Alo'és Hep aile a,
Xhuris , &
Myrrha , fing. une. undm.
Opopanaeü
Galbani.x
Styracis Càmites
jÇfafiiches ,
Aluminû , &
. Fœnugraci , fing. 'drach.fex.
Çonfita , id efl , Styraeû ru-
bri , &
Bdellij, utrlufq.drach. très.
Lithargyri, draph. ûndm,'& femiJS.
Gmnmi in viho per nollèm matcèren-
tur , nm coqûantur àt vini con-
fumptionem : deinde his adde Te-
rebinthinam.
Poflea liqùa Ceram , Picefn , (±
Colophoniam., tum dijfilve Gum-
mi. Paulo poji reliquapulvirata,
exceptés Alee , & Croco , qiu
fuper marfnor Oleo Laurino'inun-
Elurn fitbigàntur , manihus eo'dem
Oleo inunélis , & 'reducantur in
Àfagdalias.
PARAPHR A SE.
CEt Emplaftre a pris le nom
de la cire , lequel efl: décrit en
l’Antidotaire de Nicol. Salernitànus.
Sa vertu eft peu düTemblable au pre¬
cedent : de fdrte qii'ayaht 1 un en fe
peut palier de rautre.
"'ZA MELANGE.
Il feut pulverifer chacun à parr>
le Safïcan , l'Aloës , l'Encens , la
Myrrhe , le Maftich , le Styraï
fouge , & Çalamite > l’Alum > lé
Fœnugrec , laLitharge > &le Bdel-
iium s’il eft fèc 3 linon l’infiifer
avec les Gommes de Galbanura»
Sagapenum' , Opopanax 3 & Am¬
moniac, avec du vin rouge lefpa-
ce d’une nuit , étant incilez ou
concallez Le jour fuivant étant
fondues fur le feu il les convient
couler , ëi oiire jufqu’à lu con-
iomption d’iceluy , aufquelles^on
àjouftera la Terebinthine. Ce a
fait , on fera fondre la Cire , a
Poix Navale, qui fera côulee,
la Colophonc , lîir petit feu : pt*^*
Otez de deflùs , on y ajoutera es
Gommes » & TérebinÜiine mêlez,
en
D&s Emplâtres.
1^5
en remuant toujours avea-la fpaai-
le : un peu aprez on y ajoutera la Li-
tharge, le Fœnugrec, rÀliag^ , ja Myr-
rhcji'Encens le Styrax , le Mafl:ich,5e
le Bdellium pulvérisé » s’il étoit fèe.
Le tout étant froid & mis^ iiir un
marbre oind d’huile Laurin , lèra
malaxé avec l’Alocs , & SafEan,
ayant les mains oinctes dudit hui¬
le Laurin : dont on formera aprez
des Magdalepns , qui lèront gardez
au befoin.
LES F ACFLTEZ.
il amollit la dureté de la ratte;
&: eft convenable p l’hydropihe ^ &
maladies froides de la matrice i &
à celles de la poictrine 3 & des épau¬
les aufli de froid.
REMAR.Q_VE.
BAuderon attribué cet Efnplàtre
a Nicolapti Salernitaum , d’att-
tres comme les Médecins de Lon¬
dres en leur Pharmacopée , & Du-
boys eh fa méthode l'attribuent a
Nicol. Alexandrins, chapitre iSô.
de la cornpojîtion des rnedicame-^ts,
félon les. lieux , comme c'efi la yie-
tite qu'il le décrit au même chapi¬
tre & livre fs- aile gué , jos le nom
de Emplafirum. Çerojna. Il ejl à re¬
marquer quen la compojîiion d'ice-
luy les dopes des ingrediens font fort
irregulieres , tant en. la defcrippio'n
de .Salernitanm (à qui l'Àutheur de
la Paraphrafe l'attribué , comme d
tte dfia dit ) quen celle d'Alexan-
'^"inus , par exemple une drachme
demy de Litharge fur- io . oncef
■ dfyny d'.E^plâtre , •&,]}pt onces
&. demy cire , Colophane , Poix Na¬
vale ér Lerebinthine , qui font tout
les ingrediens ^ùi peuvent' donner
corps d l'Emplâtre ,& c 'en ferver la
vertu des autres efjeces qui y eri-
trent j comme a 8. onces deux drach¬
mes de poudres , & a 4. onces 7.
drachmes de Gommes : Or lés in¬
grediens qui doivent donner la for¬
me a une conipoftion & conferver
les autres ejpeces , faut qu'ils y
foient en une q uantité proportionnée,
afin que du composé il en refaite les
effets promis ; & en cet Emplâtre,
les poudres y font en plus grand
poids que la cire , & ' autres deftinés
pour le corps , & encore 4. onces 7.
drachmes de Gommes qui ne contri¬
buent que tres-peu pour la confi-
fience de l' Emplâtre ', parce que
comme Gemmes elles participent de
la fubfiance aqueufe , & de l’olea-
gineufe -, & par ain fi cette dilfro-
portion de matières feraient quen
peu de tems l'Emplâtre deviendrait
. fiable , & quon ne le joourroit éten¬
dre fur la peau ; & pour remedier à
cela il convient augmenter la dofe
de la Cire Poix Navale , & Colo¬
phane d'une autre fois autant , qui
efi 'doubler lé poids , &'de la Tere-
hinthine là quantité qu'il ' en fau¬
dra, ou bien on y pourra mettre deux
onces d’huile Laurin.
Il efi icy k obferver qu'il faut
prendre pour la Poix Navale cel¬
le ^ffon racle des vieux Navires,
parce qu'elle^ y "cônvtefit beaucoup
mieux ^ue la corhmuhe' ; & Sâler-
nitdnm donne bien a ’eonnoitre qu'il
entend 'parler de célle-lk , quand
il l'exprimé àihfi , fiL, Pîcis Navtt-
lii bene colata ,,. &c. c'efi a dèffein,
V'' i" ■ ' que
I ^4 Lî'vre 1 L
que le bois , & autres matières
étrangères , qui fe mêlent parrny en
la raclant , en foient ftparées par
la colature. Et Mejfieurs les Mé¬
decins de Londres en leur Phar¬
macopée au même Emplafire di-
fetjt. ’yi. Picis Navalü ,j.ex na-
•vihui vetujlü derafa , qua multi-
plieem aqua marina loturam funt
expert a.
P‘our le Modus faciendi de V Au-
theur & de Bauderon , il ne le faut
pas fùivre pour nêtre point métho¬
dique ; mais pour y mieux procé¬
der , en premier lieu , les pou¬
dres étans faites d'ingrediens choi-
Jis , & fubtilement pajfez. , les
Gommes dijjoutes auec le vinaigre^
coulées & cuites , & le Bdellium
a]oùté comme a été cy-devant fou-
vent dit , dans un vatjfeau à part
fur un petit feu , faut faire fon¬
dre la Poix Navale , ta Cire , la
Colophane , & y a 'pûter fur la fin
deux onces d' Huile Laurin , & le
tout pajjé d travers un couloir , on
y mêlera les Gommes avec lefquel-
les on 'aura mêlé la Terebinthine
remuant toujours avec un bijtor-
tier -, cela fait , les poudres , pour
du tout en former des Mngdaleons,
Emplaftrum loannîs Vîgonis,
feu de Ranis..
Nini rubrt optimi , tib.d'uas^
ftixungia P or ci , &
Kituli , utriufq. lib. unam^
Panas viuentes , num. fex.
Lumbricorum Vino lotorum , une.
tr6s,& fernif.
aixmgii, fi'iper£aHne.duas,& fmif.
Sea'îon IV.
Succorum Radie. Ebuli,
Inula Campanst ,
Oleorum Chamameli ,
udnethi ,
De Jpica nofirate
Liliorum , fing. une. duos.
Laurini , une. nnam &
femifi.
De Croco , une. unam.
Thuris, drach. decem.
Euphorbq , drach. quinq.
Schœnanthi ,
Staehadü Arabica ,&
Matricaria ,fing. manip. unum.
Bulliant omnia fimul ad vint ferme
confumptionem.
Colatura adde Lithargyri Auri,
libêunam.
Terebinthina clara, une. duos.
Cera citrina potius quam alba, quan¬
tum fufficit.
Adde fub finem Styraeù liqmdh
une. unarn, & fem.
Tum ab igrte depone & ubi refri-
xerit , mifee Argenti vivi fait'
va hominis je j uni , vel p^m
adipe fuillo extinBi , unciM
quatuor. NonnuUi hoc duplù-
cant , ali] triplicant ,
druplicant , ut fit effcacius in-
Syphihdernorbo, feu Neapolita-
no curando.
P ARAP HRASR.
IEan de Vigo Aurhetir de cet Em-
l-lafti-e le décrit au livre f . ch.t.
de fa Chirurgie , traittant la ett-
ration du mal de Naples ou grof-
fè Verole. Il a pris le nom des Ra-
hettes , ou Grenouilles qui y en*
trenf. Q^ielques - uns ic' travail¬
lent fort , ■ attendu mie l’Autheut
■*. g.
Des Emplâtres. lé^
ne fpecilîe point les GrenoüilleSjCel-
les des m-irêts , & étangs , ou de
celles qui j demeurent par les buili-
fons , & làucelent Cir les arbrif-
feaux en Etc , ne fçachant de quel¬
les ils doivent prendre. Celles-cy
font pleines de venin , fi nous cro¬
yons ce que Pline en divers lieux
nous en a lailsé par écrit , 5c plu-
lîetirs autres doétes perlonnages.
Nous mangeons de celles-là làns
niiifance , & il s’en trouve par
tout J 5c grande quantité. le fou-
haiterois qu'on fit lcrupuleux aux
choies de eonlèqucnce , & non
icy. Car il n’importe defquelles
l’Apothicaire prenne , pourveu que
ce foit des plus grolTes , & vi¬
ves ( comme , dit l’Autheur ) lôient
de. marefts, ou de buiflbns. Joint
que c’eft un remede externe , & non
interne.
LE MELANGE.
Il faut premièrement cuire les
Greno-'illcs vives , & Lombris ( la¬
vez avec du vin ) avec les grailfes
de Porc , & Veau s & le vin re¬
quis , jufqu'à la conlbmpcion du
tiers , puis on y ajoutera la Matri-
caire , le Stœchas , & Schœnan-
the. Vn peu aprez on y ajoutera les
fucs , & les huiles d’Aneth, de Ca-
momile , de Lis , Laurin , & graifi.
le de Vipere , ou de Serpent ( prifes
au mois de Iiullet ) qui ne pourra
avoir d’icelle jufqu’à la confbm-
ption de la moitié de l’humidité y
reftante : laquelle fêrvira à la cuite
de la Litharge fur le feu médiocre,
en remuant continuellement avec la
%atule ahn qu’elle ne brûle, comme
cy-devant il a été déclaré : puis on
y ajoutera la cire, icelle fondue ,on
ôtera k baffine de delliis le feu,
pour y ajoûter les huiles d’Alpics,
& de Saf&an ( décrit par Mefué, en
fon Antidotaire , diftinétion 12. )
l’Euphorbe , & l’fincens pulverifèz,
finalement le Styrax liquide , & la
Terebinthinc. Etant froid , fur un
marbre oinét d’huile , on y mala¬
xera l’Argenr vif auparavant éteint
avec une portion de la grailfe
de Porc, ou avec la Terebinthi-
ne , plutôt qu’avec la falive Hu¬
maine , quoyque l’Autheur le prefi
crivc ainfi , pour du tout en fo;:met
des Magdaleons qu’on gardera.
LES EACVLTEZ.
Les vertus de- cet Emplâtre ont
été déclarées cy-devant au traitté
des Onguents , ou le Leéfeur aura
recours.
REMARQ^V E-
E modtts facietidi de l’Autheur
de la Paraphrafe non pim que
Celuy de lean de Vigo , fans leur
faire tort ne doivent point être fui-
vis ; celuy- cy me femhle être meil¬
leur , qui eft de faire cuire let
Grenouilles , les vers de terre , les
herbes , & fleurs chacun en fon
rang , fans y oublier la Camomi-
le ; puis qu’en la defeription de
l’édition de l’an 1 ^ ^ . des œttvres
de l’Atheur elle y eft demandée
& quelle y convient beaucoup , le
tout dans un pot couvert avec
de bo'/l vin jufqu’à la confomption
d’un tiers -y la colature faite & le
X J mare
i6é Livre IL
inarc bien exprimé , la decoSlio»
fera remife au même pot avec les
graijfes de Porc , de Veau ,feparées
de leurs membranes , hachées menu,
& celle des p^iperes , les huiles de
Camomille d'Aneth , de Lis , & de
Safran , pour le tout faire cuire
lentement jufques al’ entière confom-
ftien de l’humidité ; après les avoir
coulés , feparé exactement l’humi¬
dité , s’il J/ en reCie , la colamre fe-.
ra mife dans une grande bajfine
avec la Litharge fubtilement cico-
trinêe & non lavée , & fur un pe¬
tit feu on les fera cuire en remuant
toiïjours , étant en forme de Uni¬
ment , les Jucs y feront a\outés , ou
fi mieux on aime , parce qu’ils ne
fuffifent point tout le long de la
cuite pour entretenir d’humidite a
V Emplâtre , une decoEtion de Camo-
mile , qu’en cas , on retrenchera de
la première decoCiion , & fur la
fin y ajoùterés les fiscs , l’Emplâtre
entièrement cuit , on y fera fondre
la Cire , la bajfine tirée du feu &
d demy refroidie les huiles d’Ajpic
tè" Laurin , avec les poudres y fe¬
ront exactement mêlés.
L’Argent vif fera éteitit dans
un mortier avec la Térebinthine, &
Styrax liquide , & agités un long
tems enfemhle jufqu’ a ce qu’il n’y
paroijfe point , .& mêlé dans la
majfe de l’Emplâtre , non pas com¬
me dit Bauderon fur le marbre oinCi
d’huile , mais dans la baffine l’Em¬
plâtre étant encore chaud , pour le
pouvoir mieux incorporer.
Certains brouillons pour augmen¬
ter la couleur grife â leur Emplâ¬
tre y mêlent , ce que je ne diray
pas pour n'en donner la çonnoif
Section IF,
fance a d’autres qui en pourrsient
mal U fer, pour faire paraître qu’ils
n’y ont point épargné le Mercu¬
re -y mais tout cela eft condatnna-
ble } il n’importe de la couleur,
moyennant que tout y fiit en ù
forme qu’il faut un homme don¬
neur ne doit point demander d’au¬
tre témoignage que celuy de fa
çonfeience , quand il efi conneu
pour^ tel.
Ceux-là fe trompent grandement
qui difent que les Ranetles qu’on
trouve fur les buiffons font pleines
de venin , au contraire etes font
fort utiles à la pleurefie , & â toute
forte d’hemorrhagie prifes intérieu¬
rement, & quand cela feroit je fuis du
fentiment de ceux qui tiennent que
certains animaux venimeux , en per¬
dant . la vie , ils perdent le venin.
Emplaftram ad HerniarajD.
Nicol: Præpofl
y:. Lithargyri Auri ,
Cera rtsbra,
Colophona , ^
Galbani j
Amtnoniaci , &
Terebinihina ,fing. une. duos.
Pieu Navalis ,&
Aleës , utriufque une. très.
Boli Axsuena ,
Symphyti /najoris , &
Minorés, * ■
Ariftolochi.a (onga , &
Rotunda ,
Gypfi,
Lumbricorum terra , &
Gallarum , fing. une. quatuor.
■Baccancfn Vifei Quercini > aut alte-
rius
Des Emplâtres,
r'm arhorü adfiringentû.
Myrrhe , &
Thurü , fing-mc. fex. ,
Sitigninù Humdni , vel Sùilli Jîcci,
lih. una.m.
Pellù d veruece mex uhi Mata efi,
cum fua lana coquatur in aqua,
ad e\tu dijfolutienem. Deinde ex-
frejfa feîle, & rejeüa lana , Bac-
coi vifci querni in ee jure ' diu
coque , & cela. Colatura inqce
Lithargyrum : paulo J? o fi Colo-
fhoniam, Cerarn , & Picem > fem-
fer movendo , ne urantur. Dé¬
coda propè cqnfûmpto , Galha-
num , & Ammoniacum vino fe¬
inta , colata , & ad me llis craf-
fitie'm 'cilla , & Terebinthina ex¬
tra ignem , tnqcienda erunt,&
Lumbrici vino p^rgati , &. in
recenti ad eorum folutionem coSli
fir fe , vel cum pelle Arietis;
pofireme reliqùa.pulverata. Tem¬
père nimis durefiit , nifi adda-
tur oleum Myrtinmn , aut Ma-
flichinum ad uncias olie ; vel
'Sèrebtnthina défis auge antur , ad
ancias fex , aut elle , & jvrma
Magdalias.
para P hrase.
(■'Et Emplâtre a pris le nom de
jion effet ; quelques-uns le fîir-
notnment de la peau de Belier, qui
y entre. D autant que le Guy ou Vif-
dis de Chefee eft rare , en la com-
pofîtion de cet Emplâtre , plutôt que
prendre ce bois que ndë A pothicai-
rcs acheptent des Herborises , je fè-
rois d avis qu’ils prilfent lés Baies
d autre Guy , foit de Poirier ‘iàuva-
gej ou dautfe arbre adftrigentj au
167
tems des vendangés , qui font gluan¬
tes & adftringentes , & qui facile¬
ment en bouillant fo fondroientj
& rendroient l’Emplâtre beaucoup
meilleur que tels bois. Pour le re¬
gard du fang Humain , il ne faut
pas prendre celu'y qu’on tire des
Hommes cacochimes , mais pleto-
riques au Prin-tems à la précaution,
lequel doit être feiché > Sc pulvéri¬
sé : car crud , il foie moifir l’Em¬
plâtre , & la quantité reqnifo ne s’y
trouve pxrint , ou femblable poid-s
du fong de Pourceau delleiché , fa¬
cile à recouvrer, & qui a fomblable
vertu que celuy d’Homme,
LE MELANGE.
Gn peut pulverifer enfcmble les
racines d’Ariftolochc longue & ron¬
de, & du grand &■ petit Sj.mphy-
tu.m. Et chacun à part , la Litharge,
l’Àloës , le Bol , le Gyp ou Plaftres,
la Myrrhe , le fong Humain , l’En¬
cens , & les Galles qu’on gardera.
Cela fait , il fout prendre la peau
d’un jeune Belier graflet & recente,
laquelle hachée avec fa laine, fora
bouillie en quantité fiiffi Tante d’eau,
jufqu’à ce qu’elle foit du touiffon-
duë , y reftant feulement la laine y
puis on l’exprimera par une forte
toile. Durant-ee , on peut à part foi¬
re bouillir les vers de terre ( lavez 6c
depurez avec du vin ) en telle quan¬
tité de vin , qu?à force de bouillir
ils ’fo fondent , qui Jji’aimera mieux
les -foire bouillir avec la peau de Be-
He'r pour fe relever dé peine.. Avec
vin ■ clairet il faut fondre les Gom¬
més , puis les couler & cuire juf-
qufo l’épelfetir d-u mielv au%uelle.s^
i68 Livre IL SeBion IV,
on ajoutera la Terebinthine. En la
colature de la peau de Bélier , on
y fera cuire les Baies de Guy , fait
de Chefne ou d'autre arbre adftrin-
gent , jufqu’à ce qu'elles y (oient
fondues , puis par la même toile on
les coulera. A cette colature on y
ajoutera celle des Lombrics , fi on
les fait fondre à part j & la Lithar-
ge avec demy livre d’huile Myrtin,
ou de Lentifc , ou de Maftich > qu'on
fera cuire enfemblc en remuant tou¬
jours avec la Ipatirle > afcn qu'elle ne
le brûle, jufques à ce que l'humi¬
dité fupcrtluë foit quafi confiimée.
Aprez on y ajoutera la Cire , Poix,
& Colophone : puis on ôtera la
baflîne de dellus le feu , pour y
mettre les Gommes , & Terebin¬
thine. Finalement les poudres , pour
du tout étant refroidy, en former
des Magdaleons , qu'on gardera au
befoin. Cette defeription eft receuc,
& préférée aux autres de lèmbla-
ble nom.
Z£S FACFLTEZ.
Il reftreint & corrobore les par¬
ties trop laxes , appaife les fluxions :
&c relFerre la dilatation de la pro-
duétion du péritoine , par laquelle
l'inteftin delcent dans le ferotum.
R E M A R 03^ E.
CŒt Emplâtre eft autant irre-
\gulier , foit en fa defeription,
aux dofes des ingrediens , i^u’au
modm faciendi de JAicolaui Prapo-
fttm â qui on l'attribué , quU fe¬
rait tres-mal aisé & même impojfi-
ble d'en fortir avec honneur , èi qui
s'en voudrait tenir a iceluy ; ««j
eft la caufe que tout les Apothi¬
caires q^i le compofent y font di.
verfes additions ; les uns augmel-
tent la Gre, la Colophone , la Poix,
& la Terebinthine , d'autres aug¬
mentent la Litharge jufques au poids
de demy livre , & y ajoutent une
livre d'huile adftringent j mais en
tout ce procédé on contrevient a
l'intention de l'Autheur , lequel
pour n'avoir conftderé les diverfes
Jub élances qu'il faifoit entrer dans
fin Emplâtre, ejl cauje de tout ce¬
la ; neantmeins puis qu'il ne peut
avoir une cenfiftence convenable
pour le garder au tems de la ne-
cejftté , j'eftime qu'il eft â propos,
après avoir fait la poudre la plus
fubtile qu'il fi pourra , réduit U
livre du fang Humain â quatre
onces , dijfout les Gommes ,( fi elles
ne font trituraBes comme a été
dit cy-deftus ) cuit l^ peau d'un jeu¬
ne Belier recente ( â laquelle je pré¬
féré une feiche , à caufe de fin. hu¬
midité fuperflué qui empêche que
l'eau n'attire pas en cuifant la fub-
ftance glutineufe d'icelle ) les Baies
de Guy de Chefne , & les vers.de
terre , & le tout réduit en confî-
ftence de miel laijfant le moins d'hu¬
midité qu’il fi pourra ,■ qtte ft une
peau recente ne fufiit pas , il en
faut prendre deux ,( car une feiche
fuffira J veu la quantité de poudres,
qui fi monte ( la livre dû fang Hu¬
main réduite à quatre onces) juf-
quâ quaranteftept onces ; & qu’il
n'y a en Cire , Poix , Colophone ,&
Terebinthine que neuf onces ; ceft
pourquoy il faut incliner au fenti-
ment de du Renou, qui eft d’augmen¬
ter
Des Emplâtres,
ter la cire d'une livre , y cemprü
les deux onces , & parce que cet¬
te quantité ne fçaureit encore^ fuf-
jire pour embrajfer la quantité de
quarante-fept onces de poudres , les
Gommes , & les Colles , & conferver
la majfe en conffience d'Emplk-
tre ,faut augmenter les huiles ad-
firingents )ufques à feize onces,
& la Litharge jufques d huit on¬
ces , & les cuire en Emplâtre :
fendant la cuite faut mêlera part
les Gommes avec la Terebinthi-
ne ,& la colle de Belier au poids
de trente-deux onces le tout , qui
font deux livres marchandes , &
l'Emplâtre cuit on jettera dans la
bajfine la Poix , Colophane , & ci¬
re blanche ,-qu’a caufe de fa qua¬
lité doit être preferée à la rou¬
ge , êtans fondus , & la bajfine ti¬
rée hors du feu , la celle , y fera
exaUement mêlée , & en fuite les
foudres. Finalement on en forme¬
ra des Jldagdaleons. Voilà la meil¬
leure méthode qu'il m’a femhlé
donner à cet Emplâtre : Ji quel¬
qu'un en 'fait quelque autre , par
le moyen de laquelle la compofi-
*ion fit de pim grande ejfcace,
je prendray â grand honneur s'il
me la communique , cependant j'ay
creu d'en pouvoir ufer de la for¬
te, fans faire tort à l'Autheur de
l'Emplâtre.
Emplaftrum Apoftplicum , D.
Nicol, Alesand.
3^. Lithargyri Auri , unc.fe.v.
Cera rubra , df
Colophonia , utriufque une. duos.
Propoleos , &
Vifei Quercini, utriufque unc.unam,
Amrnoniaci , &
Cadmia , feu Lapidés Calaminarü,
utriufque drach.fex,legendum po-
tim quâm nneias fex.
Mafiches ,
Thuris , &
JlLumia , fing. une. dimid.
Térebinthina ,
Bdeim,
Galhani ,
Opopanacis ,
Myrrha ,
SarcocoUa ,
zÆrü ufli,
Squamma (cÆris,vel Lapidés Calcü,
iAEruginü, loco Prajfti viridis
DiSlamni Cretici > &
Aristolochia rotunda ,fi>}g.drachm.
très.
Olei veteris , quantum Jufficit : fiat
Emplafirum rubrum.
PARAPHRASE.
SAlernicanus a emprunté cet Em¬
plâtre , fur celiiy que décrit My-
repws , furnommé Alexandrin en
la Seétion première des Antidotes,
chapitre premier, en changeant la
doiè , & augmentant le nombre des
médicaments : laquelle a pris le nom,
non du nombre des Apôtres, mais
de ion efficace admirable , & approu¬
vée. Propolis , félon Diofeoride eft
une matière cireufe , odorante, qu’on
trouve aux troux des ruches des mou¬
ches à miel , au lieu duquel l’A¬
pothicaire peut prendre de cette c^-
re, que le vulgaire furnommé Vier»
ge fort odorante : car je me dou¬
te fort , qu’il ne voudra prendre
y
170 Ltvre IL Seâion IJ/l
la peine de rechercher aux niches
le vray Propolis , mentionné icy j &
ailleurs.
LE MELANGE.
Il faut pulverifer enfcmblc les ra¬
cines de Diétam , & d'Ariftoloche..
Les autres le feront chacun à part,
comme la Litharge , la Cadmie , ou
pierre Calamine , l’Encens , le Ma-
ÎHch, la Mumie , la Myrrhe , Sarco-
colle, d’ Airain, & l’écaille d’iceluy,
ou la chaux vive, Verdet & Bdcl-
lium , s’il eft fcc. L’Ammoniac, Gal-
banum, Opopanax , & Bdellium,
s’il eft mol & recent , feront fon¬
dus enfèmblc dans du vin rouge ,
coulez & cuits , aufquels on ajou¬
tera la Terebinthine. Cela fait on
cuira la Litharge pulvérisée avec une
livre d’huile vieil , fîir un feu mé¬
diocre : en la'rcmiiant toujours , juC-
qu’à ce qu’elle foie bien nourrie , &
à demy cuite : puis on y ajoutera
l«s Baies de Guy , foit de Chefhe ou
d’autre arbre adftringent. Vn peu
aprez on y mettra le Verdet, l’écail-
lè d’Airain , ou la chaux vive &
l’Airain brûlé , qui en bouillant Iny
donneront la couleur rouge. Aprez
on y mettra la Cire rouge & vierge,
puis le Propoüs, Colophone. Iceux
fondus, on y ajoutera les Gommes &
Tercbinrhine. Finalement les pou¬
dres , la balLne ôtée de deflîis le feu,
Sc à demy rafroidie : puis on en for¬
mera des Magd^leons , ayant les
mains oindes d’huile Laurin , qui
foront envelopez de papier blanc , &
gardez au befoin. Ceux qui ne vou¬
dront cet Emplâtre rouge , qu’ils
j^ettentlc Verdet, l’Airain. brûlé, &
fon écaille à la fin s comme les au¬
tres poudres , & ne les faflênt cui¬
re , & il fora verd.
LES EACVLTEZ.
Il eft propre aux douleurs de la
partie pofterieure du col, & des reins:
il attire les fléchés & éclats qui
font fichez au profond de quel¬
que partie , & le virus éjaculé par
quelque bête venimeufo aux parties,
internes.' Il eft convenable aux abf-
cez , carcinomes , clouds , fcrophules
rebelles , ulcérés malins , & à la mor-
fure du chien enragé.
R E M A R QV E.
L’Emplâtre Apoftolicum nefi
point de l’invention de Nkolam
Myrepfiu Alexandrinm qmy que-
l'Autheur de la Paraphrafe die que
Salernitanui en ait emprunté la de-
feription , comme il paraît du livre
de la compojttion des médicaments
locaux , chapitre t^yde NicoUm
Alexandrintis , qui le décrit mot a
mot comme dejfm , & Salermtanui,
eu pour mieux dire Nicelam Pra-
pofitut en fon petit Antidotaire qu’on
a joint avec les œuvres de Mefue,
des années 1 5 i 3 . 1 5 r 4- ' 5 40'
J f72. dr 1613. tous demandent
d’ Ammoniac , & de Calamine de
chacun Jix onces , & Bauderon n en
met que fx drachmes de chacun,
qui efi la véritable dofe de Mko-
laus Alexandrinus , & tous les an¬
tres exemplaires de Jtx onces font^
fautifs , & quoy que tels , Us ont ete
fuivü neantmoins de beaucoup de
pharmacoeraphes.
^ ^ ^ant
Des Emplâtres. iji
Quant au Propolü, île fi diver-
fment appelle par les -^ Autheurs,
ou je ne m’arrêtera^ point , je di~
ray feulement que c’efi une ma¬
tière qui fe trouve a l'entrée des
ruches à miel , comme dit Diofco-
ride , lùûre i. chapitre 77. de la¬
quelle les abeilles bouchent les trous
de leurs ruches avant l’Hyver,
pour fe dejfendre de l’injure du
froid , & n’efi point de la natu¬
re de la cire , ny en fa confiden¬
ce , ny en fa couleur , non plus
qu'en fa pe fauteur , ny odeur , il
ne fe dijfout point en- aucune li¬
queur aqueufe ^ ny oleagineufe , au
contraire il eft friable , & fe met
facilement en poudré , fin odeur
fe rapporte beacoup d celle des
bourgeons du Peuplier , ce qui n’efi
pas incompatible , puifque les abeil¬
les la recueillent fur iceux. Pour
la compofition de cet Emplâtre,
nous prendrons doncques cette ma¬
tière pour le vray Propolü que
réduirons en poudre , tant pour cet
Emplâtre , que pour toute autre
compofition. L’huile fera réglé k
une livre , comme dit Bauderon en
fin mélange , eu pour le plus k frei¬
ne onces ; & peur le furplus on
procédera comme au precedent de
contra rupturam. Ceux quiluy vou¬
dront encores augmenter fa couleur
rouge par dejfus ce que Bauderon
en a dit , un moment avant que
l’Emplâtre fait cuit jetteront danf
baffine le Lapü Calaminaris Jub-
filement pulvérisé.
Emplaftrum Nicotianæ, D.
loann. Neander.
“y:. Succi Nicotiana majorés , Ub.
fernifi.
Abfinthii Pentici majoris,unc.
quatuor.
Oleum Hyperici , &
Irini , vel Sambuci , ann, une,
unam & fernifi.
Foliorum Abfinthii Pontici
PrunelU , vel Symphyti mi-
noris ,
Scrophularia minoris , Mat-
thioli , ann. manip. unum.
Vini albi , une. unam , & fernifi.
Bulliant omnia fimul ad vini , &
(uccorum fermé confumptionem,
in vafe dneo , fimper movendo
cum jpatula lignea , ne urantur:
deinde torculari exprimantur
Tum liqua
Cer& flava , une. quatuor^
Adipis Hirci , &
Terebinthina , ann. une. duos.
Pulver. Thuris
Aiadiches , &
Myrrha, ann. une. unam.
Fiat Emplaftrum in Magdalias re-
ponendum. Strumas , & quojvis
tumores duros ab hurnore frigi¬
de potenter remollit , ac refoluk.
PARAPHRAiE.
L'Excellence de cet Emplâtre l’a
fait tenir pour fecret jufq^ues à
prefent. Son Authetir m’eft incer¬
tain. le l’ay eu de M. lean Dnpuy»
Doéteur en la faculté de Médecine,
mon contenaporain , refident à Mer-
y i cigny.
Livre IL SeBion IV,
l-^-L
cigny , lequel m’en à fait partj fça-
chant le deffein quejavois despre-
icntes additions. Sa bafe eft le fnc
de la grande Nieotiane ( vulgaire¬
ment appellée Petum > & par les
Elpagnols Tabaco ) mis au com¬
mencement, & en plus grande quan¬
tité que tout autre ingrédient , auffi
en a-ii pris foii nom. Par fa cha¬
leur ôc ficcité il digéré, relout, & ab-
forbe les matières froides , humides,
crailès , & glaireulès , des écroüel-
les , & autres tumeurs dures , cau¬
sées d’humeurs ftoides. Leur dure¬
té eft ramollie par les huiles d’iris,
& d’Hypericum , par les Gommes,
Terebinthine , 6c graillé de Bouc.
Toutes lelquelles encor (.comme
la balè ) ont pouvoir de dilfipeif, at¬
ténuer , digerer, cuire, & promou¬
voir le pus , ouvrir , deterger agglu¬
tiner , quand belôin eft. Sa cha¬
leur , & ficcité conlomptive des hu-
miditez eft accrue , outre les fufdits,
par le lîic d’Abfinthe, & vin'blanc,
Icfquels par leur tenuité des parties
font penetrer les autres. Le Prunel-
la y eft mis , partie pour agglutiner
avec l’Encens, partie pour par là fri¬
gidité contemperer la chaleur de tou¬
te la compolîrion. La Scrophulai-
re y eft ajoutée pour la frmilitude
de fubftance , & propriété occulte
qu’elle a ( auflî bien que la balè)
aux écrouelles , hemorrhoidcs , Icir-
hes , &e toutes tumeurs dures , nées
. de caalè froide j comme auffi pour
aider aux autres pr fa chaleur, &
faculté digeftive, atténuative, & 1cm-
blables. La Cire jaune n’y lcrt que
pour donner corps à l’Emplâtre.
L£ MELANGE.
Il faut pulverifer chacun à part,
l’Encens , le Maftich, & Myrrhe:
apiez on fera bouillir les herbes ré¬
centes , avec les fucs , vin blanc, &
huiles , dans une baffine de cuivre,
qu’on remuera continuellement au
fonds avec une Spatule de bois, afin
qu’ils ne fc brûlent , & il ne faut
pas attendre que toute l’humiditç
ibit confumée. Le tout étant expri¬
mé par la prelfe , on fera fondre,
& liquéfier dans la colature,la cire,
& le luif de bouc, ou de chèvre,
& hors du feu la Terebinthine. Le
tout étant plus qu’à demy rafroidy,
on y ajoutera les poudres , pour
( étant *du tout rafroidy ) en for¬
mer des Magdaleons , qu’on gardera
au befoin. „
LES FACFLTEZ.
Il incilc & deterge les humeurs
cralles & lentes : amollit les tume.nrs
dures engendrées d’humeurs, froides,
comme font les écrouelles : raon-
difie le pus des ulcères , & les con¬
duit à cicatrices.
REMARQVE.
Et Emplâtre et pafse durant
un long-tems pour un fecret,
ainfi ^ue dit Bauderon , & déclaré
ne fçavoir quel en e'fl l'inventeur^
& comme mon dejfein a. été de voir
cette Pharmacopée le plus exaSte-
■rnent que le peu de tems que '{y ay
employé me le pouvoir permettrCi
& les occupations ordinaires dema
Des Emplâtres. 175
frsfejfion pour tâcher d'en corri¬
ger la fautes qui me feraient con¬
nues , & que la fréquenta éditions
y ont laifsé glijfer , pour cét ejfet
fay été donc curieux de recouvrer
la divers Autheurs , defquels notre
Paraphrafte a tiré fa compofitions
four l'ornement de fin travail, afin
de la conférer la uns avec la au-
tra , comme aufrî fay tâché de dé¬
couvrir l'Autheur de certaina co'm-
fofitions qu'il dit nen avoir point
de certain , comme en cet Emplâ¬
tre , que je n'ay fieu trouver dé¬
crit en aucun lieu , quen un trait-
té de la Nicdtiane de lean Nean-
der fameux Méedecin â Leyden, qui
le décrit mot â mot excepté, une pe¬
tite différence qui fi trouve en la
dofe du fuc d'Abfinthe , que Bau-
deron nen met que trois onca , &
Neander quatre , de cela j'infere,
que celuy-cy en efr l'inventeur-,
farce qu'il a fait fa Tabacologie
avant que celuy-lâ eut ajouté cet
Emplâtre en fa Pharmacopée , qui
efi le fijet que fay reÜitué la dofe
du fuc d'Abfinthe , & attribué la
compofition â Neander.
Pour donner un corps convena¬
ble d' Emplâtre â cette compofitiont
il efi neceffaire de changer les do-
frs } par exemple , faut augmenter
celle de la cire fufques â douz.e on-
ces ,& fi encor es naura-il la vraye
confiBence- d'un Emplâtre j & par¬
ce qu'en augmentant la cire on di¬
minuera de beaucoup la vertu dudit
Emplâtre, il faut â même -teins aug¬
menter la dofe des fiscs , & du vin
blanc chacun â proportion , dr ain-
fi des poudres , â la referve de la
'^erebinthine & du Juif de bouc.
& de cette première , il en faut
mettre feulement ce qu'il convien-.
dra pour luy donner corps , ou bien
fi on lot-juge plus utile que les hui¬
les , il faut retrancher de leur do-
fie environ d'une once des deux , &
ainfi on pourra doubler la dofe du
Juif de bouc.
Quant au modus faciendi , afin
que l'Emplâtre participe plus, tant
de la vertu des fiscs, du vin blanc,
que des herbes , on fera cuire en-
fiemble fur un feu modéré , les hui¬
les , la cire , le Juif , avec le vin
blanc , les fiscs & les herbes , &
pour le -Jurplus , faut fuivre Bau-
deron J & de la forte l'Emplâtre en
fera meilleur.
Empiaftrum GummiElcmi in-
ccrci Authoris.
“yi. Gummi Elemi infruBa diffeBi,,
une. quatuor,
Cer& flava , une. duos. '
Terebinthina , une: unam , & fe-
miJS.
Colophonia , &
Pulver. AriBolochia , &
Rotundayfing. une. unam.
Fiat Emplajlrum ufui reponendum:
T^ARAPHRASE.
ENcore que TAutheur de cet Em¬
plâtre me fbit incertain , je n'ay
pas iaiisc de llnferer en la prclènte
Pharmacopée , à canlè des grandes
faeukez qu'il a pour defopiler la rat-
te J ramoilk fes duretez j & diffiper
les humeurs froides , & les vencofi-
tez qui jfoiiyenc L'enflent j & cau-
y 3 fens
174 Livre IL Seâion IV,
fent douleur. U a pris fon nom
de fà baie j la gomme Elemi , mi-
fc au commencement , & en plus
grande quantité que nul des au¬
tres médicaments ^ & eft tres-pro-
pre pour digerer , incifer , atténuer
les humeurs groflieres , & melan-
choliques par fa chaleur , & fic-
cité 3 pour ramollir la ratte endur¬
cie par là vifeolîté j & tenuité de
lîibftance , & pour la fortifier
par fa legere adftridion. Les au¬
tres ingrediens, aident la vertu de
la baie , ayant la vertu de diiîî-
pr , atténuer , échauffer les matiè¬
res crues & indigeftes , & 'ramol¬
lir les endurcies, La Cire jaune y
eft mile pour donner corps à TEm-
plaftrc.
LE MELANGE.
Il faut fondre la gomme Ele¬
mi avec du vin blanc , & cuire à
Lépailfeur du Miel : puis avec la
Tcrebinthine y fondre la Cire &
Colophone , & hors du feu met¬
tre les poudres : puis le tout ré¬
duit en Magdaleons > on le garde¬
ra' au beloin.
LES FACVLTEZ.
Quoy qu’il foit très - propre aux
tumeurs de la ratte , il l’eft auffi à
toutes autres turtieurs difficiles à re¬
foudre.
R E M A R Q,V E.
A defeription de V Emplaflre
de gomme Elemi fufi ad)entêe
en la fixiéme édition de cette Ehar-
maeopée par Brice Battderon. Pohy
le Mélange , U ne peut être fui.
vy , pour nétre poi Méthodique-,
que pour y procéder plus .artifle-
ment , on coupera à petits mor¬
ceaux la gomme Elemi , fi elle
efi molle , ou bien fi elle efi feiche,
on la mettra en poudre grojfiere,
& dans une bajfme on la fera fon¬
dre avec la cire & la Colophone fur
un petit feu, en remuant douce¬
ment J ces matières fondues , on y
ajoutera la Terebinthine ; fi c’efi
en^Hyver , il faudra augmenter
la'r-dofe d'environ une demy once,
au Printemps on gardera la dofe
cy-de]ffi6 , & en Eté fufiir a d'y en
mettre une once ; le tout coulé par
un linge , & la matière un peu re-
pofiée , la poudre des Arifioloches ci-
cotrinée fubtilement , y fera mêlée
avec un bifiortier pour en êtrefor*
médes Magdaleons.
Emplaftrum Vulnerariiira, D-
Paracellî..
y:. Olei communie , lib. duM.
Lithargyri Auri , lib. unam.
Cera fiava , lib.femifi.
Terebinthina clara , une.' qua-
Gummium Ammoniaci , &
Elemi , ana une. duos.
Olei Laurini , une. unam &
femifi.
Gummium Bdellij ,
Opopanacis , &
Galbani
^ulverum Radicis Ariftolochia ro-
tmda ,
Lapt
Des Emplâtres. 175
Lapldü Calaminarù
JlSaSiiches ,
MyrrhiZ ,
Thurü , &
Æo 'és , ana une. unam ,
Fiat Emplajirum.
PARAP HRASE.
I’Ay bien voulu inferer icy cetEra-
plaftre , pour contenter un cha¬
cun J par ce qiie je fçay que plu-
fieurs Chirurgiens & autres en font
grand cas pour la gucriiûn des
playes. Mais d’autant que la do¬
ctrine de ion Aiitheur, ny de fes
SeCtatenrs n’a point de fympathie,
ny de confiarmité avec ceux de nô-
ftre profeflîon dogmatique , je ne
faits non plus d’erat de cette des¬
cription j que durefte de fes écrits:
je me contenteray ièulement , d’en-
feigner le Mélange pour l’édifica¬
tion de ceux qui s’en voudront
fervir.
LE MELANGE.
En premier lieu , il faut pulveri-
fèr chacun à part , les racines de
l’Ariftoloche ronde , le Lapis Ca-
laminatis , ( qui eft la Cadmie fof-
filc ou naturelle » de laquelle fe icr-?
vent les Artilàns , pour rendre le
Cuivre , qui eft rouge jaune , ) le
Maftich l’Encens , l’Alocs , & la
Myrrhe ; puis il eft befoin d’incS
fer menu & fondre la. gomme Ele-
mij le Bdelliuin, l’Ammoniac, le Gal-
banum , & Opopahax dans le vi¬
naigre c les couler , & cuire juf-
ques à la confidence du Miel. La
Eitharge iùbtilemenr pulvetifée &.
lavée , comme nous avons dit cy-
devant au Diachylon , dans une
large baffinc de Cuivre , avec les
huiles , en remuant continuellement
au fonds avec une large fpatule de
bois , autrement la Litharge fe brû-
lei’oit , & ne fe nourriroit point avec
les Huiles- Cela fait & la baffine,
hors du feu , on y fera fondre la
Cire jaune : puis on y mettra la
Terebinthin'e : peu aprez les poudres,
& le tout étant quafi refroidy , on y
mettra l’Encens , & l’Aloës , afin que
la chaleur ne les faife grumeler. De
telle pafte on en formera des Mag-
daleons , qui feront pliez & gardez
au befoin.
LES EACVLTEZ.
/'^Voy qu’il en fbit des dogmes
V^de Paracelfe , cet Emplaftre
eft fort renommé pour les rares
.effets: qu’il produit en la cure des-
playes, & ulcérés rebelles & ma¬
lins : & peut être un des princi¬
paux -reraedes , dont il fè fervok
dans les cures de telle maladies , où
on luy donne tout au moins cette
louange d’avoir été heureux , enco-
res qu’il ne fit obferver à fes ma¬
lades aucun régime de vivre con-
venabl'e J mais au contraire , il- les-
traittoit , comme on dit , le ventre,
plein. Au témoignage d’Oporinns,
qui eft d’autant plus croyable,,
qu’ayant été fon domeftique l’efpa-
ce de deux ans , il a été té¬
moin oculaire de lès déportemens,.
qn’il reprefènte au refte fort abo¬
minables ; quoy qu’il ne peut,
diflimuler fbn adreife , en la cu¬
ration de plufieurs grandes mala-
diesi.
lyê Livre IL SeBion IV.
dies , & fur tout de celles que
delFus.
R E M A R QJ/ E.
E ne f^ay -par quel fentiment
Bauderon en fa Paraphrafe té¬
moigne être fâché contre l’inven¬
teur de cet Emplaéire , & ceux de
fa Seéle , & en parle avec grand
mépris , & de fes remedes : U m’en
excufera s’il luy plait , f je dis
qu’il ignore icy ce qu’il a dit , au
livre i . Seélion 6. de cette Phar¬
macopée, en la ‘Paraphrafe du Dia-
carthami , parlant -de cet excel¬
lent Médecin Arnaud de faille-
neuve qui fiorijfoit du temps d’E-
rafme , de Petrus Aponenfis , &
de Martin Luther , l’an de fa-
lut IJ 20. &c. Il ny a perfanne
qui doute qu Arnaud de faille-neu¬
ve ne fut un grand Médecin , doué
de grandes lumières de la Philo-
fsphie des Sages , outre les témoi¬
gnages que fes doêles écrits en ren¬
dent , Bauderon l’avoué tacite¬
ment , quand il dit qu’il fiorijfoit
l’an de falut ijio. deux cents
vingt ans , apreTj avoir pris -naïf
fance dans le monde -, ainfi que rap¬
porte Symphorianus Campegim qui
a décrit la vie dudit Arnaud de
Ville-neuve , dans laquelle il, dit,
qu’il naquit en l’an, 1300. Cette
longueur d’années , fi Bauderon ne
s’eft trompé en fin calcul de 2 20.
ans, ne peut procéder que de la ver¬
tu de quelque puijfant Elixir de
vie tiré de la Philofophie des Sa¬
ges , ce qu’on ne pourroit faire de
la Médecine Galenique ; c’ejl pour-
quoy il me femble que Bauderon
ne devait point blâmer le general
pour un particulier : s’il avait
quelque chofe â dire fur la vie de
Par ace fe , ceux de fa cabale n’en
doivent- pas être blâmez.. Il n’y a
perfonne de bon fins , qui ne fâ¬
che bien faire la différence qu’il
y a entre les remedes Galéniques,
& les Paracelfifles ; ceux qui les
confidereronffans paffion fianront
bien donner leur approbation à ceux
que l’Autheur de la Paraphrafe
condamne. le n’en diray pas davan-
tage , pour ne m’éloigner par trop
de mon fujet , qui ejt de pourfui-
vre l’Examen des compofitions de
ce Difj^nfaire, & de faire voir que
la defeription de cet Emplajire de
Bauderon n’efi pas conforme â cel¬
le que Paracelfe décrit en fa pe¬
tite Chirurgie in oSlavo , livre
troifiéme page 406. Imprimée à
Paris , l’an 161^. par de Va-
rennes , tant au nombre des in-
grediens , qu’aux dofes d’iceux,
ainfi qu’on void en la defeription
fuivante.''
Pour le mélange il y faut pro¬
céder comme s’enfuit , première¬
ment il faut^ comme dit Bauderon,
pulverifer fubtilement chacun des
ingrediens â part , diffoudre les
gommes d' Ammoniac , Galbanum,
& rOpopanax dans le vinaigre,
les couler , & les cuire , & y
ajouter le Bdellium en poudre , com¬
me a été en quelques endroits cy-
devant dit , mais fi les gommes fi
peuvent mettre en poudre , il en
fera mieux. La Litharge cicotrinee
fera cuite avec l’huile requis fur un
feu modéré, en remuant continuelle¬
ment avec me fpatule convenable.
Î77
Des Emplâtres.
confervant le i^uit fe pourra
la blancheur de l'EmplaJire , fur la
fn de la cuite on y ajoutera le La¬
pis Calaminaris , derechef broyé
jùr le marbre avec l’huile Lau¬
rin tiré du noyau des Baies , &
non de l’écorce , parce qu’il efi trop
verd comme il a ete remarqué en-
la première SeBion de ce fécond li¬
vre > fans en augmenter la quan¬
tité prefcripte , comme plufieurs
pratiquent. La gomme Elemi fera
fondue dans l’Emplaftre! , comme au
precedent , & pour le furplm-faut
fuivre Bauderon.
Ernflajîmm Jd^ulneramm
Paraceljt.
Verus Paracelfi ccxtus.
y:. Galbant ,
Opopanacis , ana une. unam.
Ammoniaci ,
Bd'ellij , ana une. duos.
01 ei Olivarum , H b. duos.
Cera noua , lib.femijL
Lithargyri fubtilif pulver. lib.unam
&femifL
Ariflolochia rotunda , &
Longa ,
Lapidis Calaminaris praparati,
Myrrha ,
Thuris ,
Olei Laurini , ana une. unam.
‘ Terebinthina Iota, une. quatuor.
Mifce , fiat Emplafirum fecundum
artem.
R E M A R Q,V Eà
Our abbreger cette Remarque, je
ne rapporter ay point le mélange
de l’ Autheur,par ce qu’il n’efl point
méthodique , il me fuffir a de dire,
qu’il ne doit point différer dupre^
cedent ; & fur ce qu’il dit de malsÿ^
xer la maffe de l’Srnplafire , les
mains ointes d’huile Rofat ou de
Camomile,il vaut mieux d’y enmet-
tre quelques onces du commencement
avec la Litharge , & ainfi les dofes
de ces ' deux derniers feront mieux
proportionnées.
Emplaftrum Epipafticum, fea
Veficacorium , incerti
Authoris;
yé. Sinapi,
Euphorbij ,
Tiperis longi , fing. drach.fex.
Staphy dis-agria , &
Pyrethri, utriufq. unc. unam.
Gummium Ammoniaci »
Galbant ,
Bdellij , &
Sagapeni , fing. une. unam , &
femifi.
Cantharidarum , une. duos * &
femifi.
Picis Navalis,
Refîna , &
Cera nova , fing. une. très.
Terebinthina , quantum fuffeit.
Fiat Emplafirum ufui reponendum.
lyB , Livre l L
PARAPHRASE,
ÎE ne fçay quel eft l’Authenr de
cet Emplaftre , tant y a que les
effets foudains , que je luy ay yen
produire, étudiant en Mcdecine à
Mcntpelier l’an léoj, m’ont oc-
cafionné de l’infèrer icy , pour
l’ufage & utilité du public. Il a
été fiirnommé V eficatorium , qiiod
Veficas in corio , feu cute exci-
let : par ce qu’il élève des peti¬
tes bouteilles , ou veilles au cuir
de la partie où il eft applique. Les
Anciens appelloicnt ce genre dere-
medes Pyrotiques , Metafyncriti-
ques & Pbœnigroes , nous rete-
nans la dénomination commune
de £bn eflFcc , le nommerons Ve-
ficatoire. Sa bafe font les Cantha¬
rides : leur vertu Pyrotiqiie , ou
Riibrificative , eft augmentée par
l’Puphorbe , Pyrethre , Mouftarde,
Poivre long , & Staphylagria , ou
herbe aux poux. Les Gommes &
Refincs , y lônt mifes pour atti¬
rer du centre à la' err conférence , ôc
rendre l’aétion des autres meilleure.
La cire pour donner-forme & corps
à l’Emplaftre.
EE MELANGE. -,
A part il faut pulverifer l’Eu¬
phorbe , avec deux ou trois gout¬
tes d’huile , de peur qu’il n’exha¬
le, & bldfe celuy qui le pile. Les
autres fe peuvent pulverifer enfera-
blé. Les Gommes fè doivent fon¬
dre enfemble , & cuire avec de
fort vinaigre , comme fouvent nous
avons dit. La Cire , la Refine , &c
SeBion 1 K .
la Poix noire , fc fondront avec
quatre ou cinq onces de Terebin-
thinc claire , puis on y ajoûtera
les Gommes cuites : finalement
les poudres hors du feu. La maf
fe fera gardée en gros Magdalcons,
attendant l’occafion de s’en fer-
vir. le ferois icy de l’avis de Ga¬
lien , livre onaéme des fimples
Médicaments, qu’on prit les Can¬
tharides toutes entières , fans ôter
la tefte , les pieds , ôc les. ailes,
comme veut Hippocrates au qua¬
trième de viélu acutorum , parti-
cule I 11.
R E M A R CLV E.
CEt Emplaftre rarement dé~
crit dans les Diftenfaires ,cjtiÿ
eft la caufe que chaque ,Apothi-
caire en a deux ou trois deferip-
tiens differentes , parmy certains
remedes particuliers , quils ont
qui pajfent pour fecrets. Mon-
tagnan a en [on Antidotaire , Bi-
nm FlorentinuS en quelques firmu-
les de remedes , quil baille fur
la fin du Commentaire quil a fait
fur les trois , quatre & cinq par¬
ties Fen. 4. fur les Canons dÂvi-
cenne , le décrivent , qui eft k la vé¬
rité plus puiffant , & même je les
eftime dangereux , particulière¬
ment la defeription de ce premier,
par ce quil y fait entrer l’hêrbe
appelléc Pes Corninw , qui eft une
plante fi cauftique & bridante que
je vis une femme k Montpelier en
l'an 1654, au temps de la moip
fSi , qui aprez en avoir amaffe
une poignée ou deux k la cam-
pagne , oit. elle était allée pour
Des Emplajîres, 179
^nolfoafiir , s'êtant ajfife dejfui en--
niiron me demy heure durant , la
'uertu caujlique & brtiflante de
cette plante traverfa fon copMon-,
cr fa chernife , & fit un tel ef¬
fet , (luelle luy vefcia toutes les
fejfes 3.e la grandeur d’un cj^a-
jieau , avec une chaleur & dou¬
leur infupportable , & rendit gran¬
de quantité d’eau , je la fis pen-
fer comme un veficatoire , je le puis
afeurer pour avoir veu la femrde
& tr.aittée. le fuis du fe miment
d’ôter la Faix noire , & .d’y met¬
tre en fa place la Foix 4e Bour¬
gogne , & d’ augmenter la dpfe des
Cantharides de derny once. T>our
mieux conferver la vertu de cet
Emflafire , il le faut garder tout
en une maffe, particulièrement l’Hy-
ver , & nen faire pas beaucoup d la
fois ; j’ay quadruplé la defcripfion
four ceux qui en employant beau¬
coup. Four le mélange d Bau-
deron'.
Empîaftrum de Linaménto,
D. Rambaudi.
Linamenti minutim incifi , lib,
femijî.
Olei communie , lib. duos.
Cerufz ^lib.unam.
Cera citrina , lib.femifi.
Olibani fubtilifi triti , une. quatuor,
Fiat Smplaftrum ufui in Magâa-
lias condendum.
FARAFHRASE. .
L'Autheur de cet Emplaftre eÆ
M. Nicolas Ramband , qui
exerce heureufement la Chirurgie à
Fontenay le Comte , ville de Poito u,
qui luy a donné le nbm de la Char¬
pie. Quelques-uns y ajoutent d'au¬
tres Médicaments , félon les diver-
fes indications qu'ils prennent du
mal , & de la nature de la par¬
tie ofïènfée. l'ay retenu cette def-
cription , comme la plus fimple &
facile.
LE MELANGE.
Dans une grande & large baffin»
de Cuivre, lous une cheminée, il
faut fi long -temps faire bouillir
l'Huile avec la Charpie hachée me¬
nu , qu’elle fe fonde entièrement
& , n’apparoilTc plus : puis on y
ajoutera la Cerule , & un peu d'eau
afin qu'elle foit plutôt cuite ; puis
la Cire. Finalement la balfine à de¬
my refroidie , on y ajoutera l'En-
eens pulverile. De la malle on
en fera des Magdaleons pour le
befoin.
REM ARQVE.
IL nefi pas de befoin de faire cui¬
re fi long-temps la Charpie avec
l’Huile pour en faire l’entiere difi
folution , comme rapporte l’Au-
theur du Mélange , par ce que
l’huile qui nefi icy employé que
pour faire une partie du corps de
l’SmpUfire , par cette longue co-
Ction recevrait une notable altera-
z 2 tioni
1 8 O L ivre î I. Se B ion 1 V,
tion , il fitffit que la Charpie fait
pajfée à travers un tamis renver~
sJ , comme a été dit de la Soye
crue en la poudre du Diamofchi
dulcü, & ainfi avec de bonne Ce-
rufe de Venife ( autrement la quan¬
tité ne fùffiroit point) la Charpie,
& l’Huile feront mis enfemble dans
une bajfine, & cuits en remuant com¬
me dit eji , en confidence d’Empla-
fire , & pour le furplus on fuivra
Bauderon.
Emplaftrum ad Fœtum re:i-
nendum.
3^ Oleorum Baccar. Lentifci , &
*■ JHyrthillorum ,
Lithargyri Jubtiliffim-. triti , an-a
une. oEto.
Cera albst une. quatuor,
Terebinthina Iota in fucco Burfa
Pafiorü , une. très.
Glutinû Pellis Arietin a , &
JEtyoeolla , ana une. duos..
Boit Armena y
Florum Granerum Kermes,
Flofculi BLofarum rubrarum ,
Cytini
Seminis Berberis , &
Plantaginü , ana une. unam,
& fémifs.
^Bapidis nÆtites
Sarcocolta
Jidumia,
Sanguinis Draconù veri , &
Humani, ana unc..unam,
Thnris ,
Myrrha,
Croci IHartis adfiringentis
Coralli rubri praparati , &
Buccim y ana unc.femiff.
Fiat Emplaflrum fecundum artem.
F ay bien voulu inferer icy U
defeription de cet Emplafire ad-
ftringent , pour aider aux femmes
enceintes , qui fo?it fujette^de fe'
bleffer , a porter leurs Enfans en
leur terme : les heureux effets que
)'en ay veu en divers rencontres
m’ont perfuadé. a cela. Le modm
faciéndi fera tel -, il faut prendre
dix ou doume onces de la peau fei.
che ( rafee de fon poil ) d’un pune-
Belier , & la couper par petites
pièces , l’infufer par vingt qua¬
tre heures fur les cetïdres chau¬
des dans un pot de terre avec qua¬
tre livres d’une legert decoéiion de
racine de Symphytum ma'jus ; le
lendemain la faut faire bouillir &
confumer lentement ■ jufques à ce
que le tout . fit en confifiènee de
Miel, & lepajfer par untamisren-
verfé y pour en prendre le poids, re¬
quis ; de même il faut prendre une
once de celle de Poijfon incifée.fort
menu , & l’infufer comme deffus en
dix ou douz.e onces de decoBion de
Burfa Pafloris , le lendemain on la
fera difoudre , & evaporer qu’il
n’en refie que le poids de deux on¬
ces y âpre Z. cela on la coulera : ce¬
pendant qtte les infufions & de-
eoBions fufdites fe front , faut
triturer & cicotriner fubtiiement
chacun à part comme la Mumie,
le vray fang de Dragon en lar¬
me , le fang Humain , l’Encens,
la Myrrhe , le faffran de Mars,
le Corail rouge , le Carabe , la
Pierry d’ Aigle , & le Bol Oriental-,
les plus durs feront préparez fur le
Porphire, & les autres refians feront
Des Emplâtres, 1 8 1
triturées enfemble ,& pafsés le pim
fubtilemefJt quil fe pourra : après
les huiles , & la Lttharge cicotri-
n’ee , & non lavée , feront cuits &
remués pendant quils demeureront
fur le feu , comme a été fouvmt re¬
pué , &. de tems en tems en y
ajoutera un peu d'eau dé- pied de
Rofe , peur empêcher que les hui¬
les ne foient gueres altérés par la
chaleur du feu , & en faciliter la
cuite avec la Litharge , & fur' la
fin en y mettra les colles ,,qu il fau¬
dra dejfeicher un petit fur une cha¬
leur lente , autrement le fe^- gril-
leroit tout ; la hajfine Hors du fçM
on y ajoutera la cire blanche , &
la quantité de Terebinthine lavfe
comme dejfm , qu il faudra pour luy
donner la cenfijlence requife , & fi¬
nalement les poudres , le tout ex,a-
Uejnent mêlé en fera formé des Mag-
daleons .^elques-uns pourront trou- ■
uer à rédire , de ce que dans cet
Emplâtre , il y entre de la Lithar¬
ge , je l'ay fait exprès , pour éviter
d'y mettre de U Poix , ou de la Re¬
fine, que feélime ny convenir pas
fi bien.
Emplâftrum pro Comiflura in-
certi AucStoris.
^ Labdani puri , unc.quatuor.
Styracü Cdlamites , &
Benioinii , ana une. duos,
Gummi Ammoniaci ,
Thurü ,
Maïiiches , efi
Sandaraca ,ana une. unam.
N mis Mofehata,
&nnamomi , &
Cary ophy lier nm , ana drach.duas.
Styracü liquida , quantum fufficit.
Fiat Emplâftrum.
Pour rendre cette Pharmacopée
plus accomplie , fy ay ajouté la de-
feription du fufdit Emplâtre , par¬
ce que la compofition nom efi fou-
vent ordonnée , &■ chacun le com-
pofe diverfement , les uns bien &
les autres mal : les effets que fi en
ay veu depuis vingt-huit ans en ça
m'ont obligé de proférer cette de-
feription a quelques autres qui fe
trouvent en desPharmacopées étran¬
gères. Cét Emplâtre & la poudre
de Guetiete que j'ay décrite au livre
premier , Sefilion quatrième , de ces
Remarques , jrFes. ay recouvers de
Provence , oit l'une & l’autre ont
pafsé fort long-tems pour fecrets
tres-particuliers.
Peur le mélange , faut triturer
l'Encens , le Mafiich , & Sanda-
race chacun a part , & cicotriner,-
comme auffi le Lahdanum , duquel
fe. faut toîijours fouvenir d'en laif-
fer environ la quatrième partie,
qui nefi que terre , ou fable -, ta
Canelle , Mufeade ,■ & Gerojle , fe¬
ront pilés enfemble le pim fubtile—
ment quilfe pourra: le Styrax , le
Benjoin, & l'Ammoniac feront grof
fierement triturés , puü dans un-
mortier de bron\e- & pilon chauds'
feront malaxés , jufques â ce qu'ils
foient mois & bien mêlés : après on
y ajoutera le Labdanum , peu après
L'Encens y. le jtdafiieh ,& Sândara-
ce , & enfuite la poudre des Aro-
mats : finalement le Styrax liqui¬
de. le ferais d'avü d'y ajouter um
peu de Tirebinthine pour luy don--
2 3 ner
J 8 2- Lhre IL
ner me meilleure cotjJiSience , le tout
exaBement mêlé-, avant que le mor¬
tier & filon perdt'nt leur chaleur,
faut tirer la maffe , & en former
un Jl^agdaleon.
Emplaftruna Diaphœnicuni
fi'ig. D.Mef.
DaBylorum maturitati propin-
qjior. une. quinque.
Carniâ Cydonior. in vino auBero co-
Borurn , une. unam & femiJS.
Tortellarum de feenis , id ejl Ÿ^nü
bifeoBi, une. unam.
Styraeü Calamites ,
jikaBiches ,
Labdani ,
.Acacia ,
Succi Agrefitt feu Omphacii,
Labrufea , id efi , forum uvarum
Agrefium,
Rofarum rubrarum,
Santali citrini ,
yidyrrha ,
Trochifei Ramich ,
Xyloaloës , fing. une. femij?.
Cera alba , une. quatuor.
Olei Rofatt , une. quindecim.
Vint auBeri quantum fufîcit ad
infundendum infundendâ, & com-
pone ErnplaBrum utendi tem-
pore fujfcit Xy ioalo'és addere.
PARAPHRASE.
CFt Emplâtre auffi bien que le
fuivant , ont pris leurs noms
oie leurs bafes , les Dadbes mifes au
commencement , & en plus grande
quantité qu'autre qui y foie. Ils font
SeBion IV,
attribue , & dignes d’être plus prati-
quez qu'ils ne font. ^
Le MELANGE.
f rgmiercment il .faut cuire les
quartiers des Coings en quantité fiif-
blàiite de gros vin , & a'dïlfingent.
Iceux à demy cuits, on y^ ajoutera
les Dades mondées de leur os , &
incisées j un peu aprez on y ajou¬
tera le Eifeuit brisé menu. i\prez
le tout fera exprimé & pilé dans un
rndjcier de marbre , & paisé à tra¬
vers leutamis. Cela fait laut pulve-
riftr chacun à part, le ityrax
Mallich , la Myrrhe , & les Trochif-
ques de Ramich. Enfcmble feront
pulverifez le bois .de Santal , &
d'Aloés, Acacia , Rofes , & les fleurs
d^la. vigne lauvage , qu'on appelle
Oenanthe , & f abrufea. Aprez on fe¬
ra fondre la cire blanche dans l'huile
Rolat étans encore chauds on y
fera fondre le Labdanum groffiere-
ment pulvérisé , & le Maftich , puis
on y ajpûtera le flic d'Aigras , & ce
qu'on aura pafsé à travers le tamis :
finalement les poudres , pour du tout
deuëment incorpo'ré & à demy ra-
froidy, en former des Magdaleons
de telle groffeur qu'on voudra , qui
feront envelopez de papier blanc , &
gardez au befoin. Mefué confeille
( avant qu'applique-r cet Emplâtre
fiir quelque vifeeres ) le parfiimcr
avec du bois d’Alocs , afin qu’il foit
plutôt réduit de puilïànce en aftion,
& que fa vertu pénétré plus profon¬
dément, & pour réjouir les malades
par k bonne odeur.
Des Emplâtres.
R E M A R QV E.
IE ne f^ay qui > uy pourquoy on
avait tiré la deferipion des Em¬
plâtres fioid , ’& chaud de Diaphœ-
nk de cette Pharmacopée , croy
quelles avaient été obmifes, ou quon
les en avoit tirées à dejfein députe la
première édition de Sauvageon ;
quoy quil en fait , afin quon ne
m'imputât pas de l’avoir fait je les
ay remifes en leur place , parce aujf
quelles P'nt dignes de tenir rang^kn
cette Phartnacopée. Cet Emplâtre
ne doit être préparé qu'au 'hefoin,
veu la quantité de pulpes qui y en¬
trent 'qui abondent en humidité, &
cette humidité qui pojfede la plus
grande vertu quelles ayent venant
à fe dejfeicher par le tems ; la vertu
de l'Emplâtre fe diminue de beau-
Quant au modm faciendi on y
•doit pf-oceder de la forte ; f avoir,
faut infufer les DaStes mondées, com-
rne dit efi , incisés menu dans un
pot avec quantité fufifante de vin
par vingt-quatre îoeures fur les cen¬
dres chaudes , après les faire cuire
iufqu'â ce quil n'y reéiera d'hu-
nidité que ce qu'il en convient pour
donner la confiflence d'une pulpe un
peu ferme , quon ver fera dans un
mortier de marbre pour y être pi-
J en ayant préalablement pesé
<^i»q, onces, & avec la quantité re-
l^ifede Coings cuits dans 'une clo-
<^he de cuifne , ou au four dans un
pot , le tout fera pafsé â travers un
tamis renversé ; pendant l'infufion
on mettra en poudre fubtile tom
enfemble. les bois de Santal, l'jilo'és.
i8}
l'acacia , les Rofà , les feurs de la
vigne fauvage , le Styrax , la Myr¬
rhe , & les Trochifques de Ramich :
le Labdanum fera trituré a part
& cicotriné , & non fondu comme
veut l'xijitheur du mélange , pour
en avoir derny once de pur , il en
faut prendre fix drachmes , pour les
raifons cy-devant dites : la poudre
ainf faite fera arrousée de bon ver-,
jus dans un mortier de marbre , &
après on la fera feicher. Au lieu
de quinfe onces d’huile Kofat , il
n'en faut prendre que cinq onces, ou
l'on fera dijfoudre le MaFiich en
poudre grojfere , feize once de
cire blanche ; pour le furplus > on-
fuivra Bauderon.
Emplaftrum Diapliœnîcum ca-
lidiim 5 D. Mef.
y:. Oleorum Nardini , &
Rofati , utriufque une. quor^
Cera flava , une. duos.
Fiat Ceratum , tum .
y. Daily lorum ficcorum» n. qua.^
draginta.
Tortellarum de feenis , id efl panü
bifioQi , drach. quinque.
Biduo macerentur vino odoro : pojt:
cum Daltillü , & pane bifcoHo
terre permultum ,
Carnü Cydoniorutn in vino coliorum,
une. unam. *
Deinde mifee Ceratum praferiptum:-
mndendoque in mortario per-
mifee pulverem fequentem.
y. Mafliches,
Thurü ,
Abfnthii Pontici , feu Romani , >
154 Livre IL Seâion IV.
Jingul. drachm. duat , &
Lahdani puri , drach. duoi.
Æoës hepaticdiy
Ligni Alo'és
Jldacü ,
Calami aromatici
Spica Nardi,
MyrrhA,
AcactA ,
GalltA J ( Thomas de Garbo mendo-
fe legit > Gallarn quercui & non
Galliam )
Trechifci Ramich , Jingtil. drachm.
unam.
Hat pulvü fuperioribm mifcen-
dtts , & forma Aïagdalias. Ften-
di tempore fuffi Xyloaloés , ut
pracedens.
PARAPHRASE.
CEt Emplâtre ne différé en appel¬
lation , ny en méthode de le-
compofèr au precendent , ains feu¬
lement en fa qualité , pour donc le
compofèr J TApothicaire y aura re¬
cours , pour é viter prolixité.
R E M A R QJ E.
trouve en la defeription que
Bauderan nous rapporte de VEm^
plâtre Diaphœnicon calidum , une
contradiction manifetie avec Me-
fué , fon inventeur , en ce que ce-
luy-cy demande firnplement Gallia,
&celuy-lâ rapportant l'authorité de
Thomas de Garbo , dit Gallia (Tho¬
mas de Garbo mendosè legit , Gal-
lamQuercut,& non Galliam) ; con¬
tradiction dis-je , toute manifeCte à
l’intention de Mefité ,qmna enten¬
du autre chofe par Gallia , que les
Trochifques de Gallia Mofehata ; &
cette vérité fe vérifié en beaucoup
d’autres compofitions de Mefué ,é‘
particulièrement en celle-cy même
où il a dit firnplement Ramich', au¬
quel mot Ba'uderon , pour le ren¬
dre plus intelligent, luy a fait pre-
ceder le mot de Trochifeorum : ce
quil a entendu pour le Rarniek , U
le devoit aujfi entendre pour le Gal¬
lia. Vhe autre preuve de mon di¬
re paroh és deferiptions des Em¬
plâtres de Gallia Mofehata , que
Mefué décrit dans fon Grabadin,
en lafCconde defûription, tant dans
un vieux manuferit, que fay de fes
œuvres , que dans des divers exem¬
plaires eh impr'ejfion que )’ay veu : il
dit fimplèment s Ifi.- Gallia, le mot
de Gallia-, icy ,ny' ailleurs ne peut
fignifier Galles , ainfi même que Bau.
deron Va relevé fort â propos au
livre precedent , en la SeClion neu¬
vième des Trochifques de Gallia Mof¬
ehata. Les DiCfenfaires qui décri¬
vent cet Emplâtre Diaphœnicum
calidum comme le Luminare ma-
jsis, Lumen Apothecariorum , mef
fleurs les Médecins d’Aujbourg , le
Ricettario di Fiorence,entendent tous
par le mot de Gallia, les Tochif-
ques de Gallia Mofehata , & l’eX-
friment a,injî. De pltss les effeüs
qu’en leur attribué , conviennent di¬
rectement, â ceux de l’ Emplâtre , &
les Galles non , qu’entant quelles
font adfiri'ngentes , & par ainfi U
faut rejet ter le ;fentiment de Tho¬
mas de Garbo , & les Galles de Chef
ne de cette' compofition.
Cet Emplâtre , encore plus que^
le precedent, ne doit être préparé
qu’au terns quo s’en voudrafervir,&
ainfi
Des Emplâtres. 185
««»/ paferaj/ les dofes des hui¬
les , & de la cire fans les chan¬
ger; La lotion de l’Alo'és nefi nul¬
lement conJiderdhU , non pat mê¬
me aux Onguents , Cerats , & Em¬
plâtres , 'mdis encore aux autres
compofitions*, parce quelle ne Je-
pare point la vertsju purgative , de
la corroborative , comme Je font ima¬
ginés pl'ufeurs Autheiirs fondés
fur l’Authoritéde Galien Jivre trei-
zàéme 5 de la^acnlté desAjîmples
médicaments a raifon que l'Aloés,
eji un fuç épejfi , qui fe di0ut en¬
tièrement dams les liqueurs aqueu-
fes , que de jetter la dijfolution ce
fer\it‘ tout 'iperdre , il la faut donc
faire évaporer , après on trouve¬
ra l'Aloés aujfi amer quil Jtoit
auparavant avec toutes fes quali¬
tés & vertM,
Emplaftrum è Cymino.
JL- Seminis Cymini
Baccarum Lauri , &
Cera , ana lib. unam.
Refina Fini , lib. duat.
*' Communie , lib. très.
Olei Anethini ,felibram,
Mtfce fiat Emplajérum.
R E M A R QJ E.
L'fjàge d’un certain Emplâtre
que le vulgaire appelle en cet¬
te ville Cire Cuminiane , efi Jî fie-
quent , que tous les Apothicaires
le tiennent en leurs boutiques y fans
qu’ils en ayent une defcription ré¬
glée ; qui ejl le fujet de l'emprunt
que fay fait de cette -cy de la
■ Pharmacopée de Londres, pour l'in-
ferer en mes Remarques , l’ayant
preferée' à quelques autres , tant
a raifon*" de fes. rares effeéis fou-
vent expérimentés , que pour la Ja-
tüfaéHon de . ceux qui par . leur
probité honorent notre profejfon. Et
afin que ceux qui le préparent ne
foient point deceus en leur elje-
rance.y ils prendront du. Cumin qui
ne fera ny vieux »y carié , & le
mettront en poudre au moment qu’ils
voudront compofer l’ Emplâtre, avec
les Baies de Laurier choifies , com¬
me a été cy-devant dit en la Thé¬
riaque Diatajfarum , ' excepté qu’à
caufe/de la quantité, on les pren¬
dra' toutes entières. Pour ta Refine
de Pin , il faut- avoir recours à ce
qui en a été dit ïn la Remarque da
Diachylon magnum:
Lfhuile d’Aneth fera composé
exprès de deux 'ou trois- infufions
dans un vaijfeau fermé avec la Jom-
mité de la plante , ou avec la fe-
mence , ainfi qu’il a été cy-devant
fouvent remarqué , parlant des hui¬
les chauds , ou bien tiré par ex-
prejfwn , qui fera beaucoup plus ex¬
cellent.
Emplaftruni Stypticum > D.
Crolli.
Oleorum Lini ,unc.oElo.
Hyperici ,
Lumbricorum ,
Cham&melini , &
Laurini ,
Lapidés Calaminarü , ^
Minii ,
Lithargyri Auri , &
a a Ar
J 8^ Livre 1 L
Argenti ,
Sandaraca Arabum , &
'Terehifjthina, , and une. très,
(jummium Galbant y
Serapini ,
Ammoniaci ,
Bdellii , &
Opopanacis y ana me. unam,
&
Jliumia tranfmarinAy
Ji/fagnetis pr¶ti y&
Hamatitis praparati , ana drachm.
fex. .
Carabe citrina y
Olibani y
JUprrha Alexandrina,
eAloés hepatica ,
tArifiolochite, longa , &
Rotunda ,
Vitrioli albiy
Corallorum alborum, &
Rubeorum pr¶torum'
Matris PerlarHnty
Sanguinis Draconû vert ,
iTerra Aiedicata Strigenjts , ^
Camphora , ana unc.femij?.
Fl or. Antimonii y
Croci Martis , ana drach. unam.
Colophonia , &
Cera citrina , an.a lib. femift.
Fiat ErnplaHrum.
remarque.
L’Efiime generale e^ue font ceux
qui font 'entèndus en nôtre pro-
fejjion de l’Emplâtre Styptique de
Crollim y & les beaux effets, que
nom en voyons tous les jours y quand
il efl jidelement préparé rnant obli¬
gé d’en inferer la deferiptian dans
cette Pharmacopée , comme auj/l d
raifou de ce qu’on le trouve rare-
SeBion IV.
ment décrit ailleurs , dans les Di-
Jpenfaires , & pour corriger h tno-
dm faciendi de fin inventeur qui
n’eft pas tel qu’ilfautyje le réglé,
ray ainfi.
En premier lieu y pour procéder
méthodiquement au mélange de cet
Emplâtre , aprfs une exaEe lo¬
tion quil convient de faire de cha¬
que ingrédient , qui le compofinf,
préparés fur le Porphire les pim
durs y les autres chacun à part,
feront triturés & fubtilement'cico-
trinéi. Le Crocus Martis adflrin-
gent préparé avec l’eau forte. Les
Gommes qui ne fi pourront tritu¬
rer fubtilement y pesées en la quan¬
tité requtfi y fuivant leur pureté
ou impureté y dijfiutes dans du fort
vinaigre y coulée s. y & un peu plus
qu’à demy cuites le Bdellium eu
poudre y avoir été ajouté , comme
nous avons cy-devant dit en quel¬
ques Remarques. Après dans une
bajfine l’huile de Lin, ceux d’Hype-
rïeumyde Lombrics ,& de Camomille,
( que nom avons mis en la place
du commun , pour les raifons que
nous dirons cy- après ) avec les Li-
tharges d’Or & d’ Argent, &le Mi¬
nium y feront nourris , cuits fur un
feu lent y & remués avec une jpa-
tule de bois , jufquà ce qu’ils ayent
acquis une filidité qu’en les remuant
entre lés doigts ils ne s’y atta¬
chent point } alors on y ajaûtera
en deux fois l’huile Laurin ,, le La¬
pis Calaminaris , l’H&matites , &
enfuit e, le Sandaraca Arabutn , ou
Gomme de Genevrier en poudre gref
.Jîere qui fi dijfiudra fiudain , la
Colophane , céf la Cire jaune. La
baffine tirée hors du feu , on y met¬
tra
Des Emplâtres. 1 87
ira les Gommes bien dejfeichées , la
Terebinthine , & finalement les fou¬
dres, le tout étant bien mêlé , la
tnajfe rafioidie , on en formera des
Magdaleons.
La raifon pourquoy nota n'avons
point gardé le mélange de Crollius,
ny de quelques autres qui dé¬
crivent fin Emplâtre , eji qu'ls
ne font point méthodiques , que e(e
les fuivre , en dijfiperoit en partie
les principales vertus de l’Emplâ¬
tre.
Fay fubSîitué peur l'huile d'o¬
live ceux d’Hypericon , de Lom¬
brics ,& de Camomille ,parce qu'ils
augmentent en quelque façon les
vertus de l’ Emplâtre, ainfi que l'Au-
theur l'a reconneu , quand il a
dit de le malaxer les mains oin-
âes de ces huiles , avant que de
le rouler en 2p(agdaleons. Fay aujjî
augmenté le poids des Litharges
de demy once de chacune , pour
mieux faciliter la cuite , & luy don¬
ner une meilleure confiéience , &
pour empêcher qu'on ny ajoute point
de cire & de Colophane pardefiut
la dofe , parce quelles affoibliroient
les vertus de l’Emplâtre,
Pour la fin il efi à remar¬
quer , que les moins curieux , &
les plus innocens en notre Art.
commettent une lourde faute , de
prendre pour Mumia tranfinari-
na , la Manne purgative , fon¬
dés fur l’authorité de Planis Cam-
pi, en fin DiStionnaire des ter¬
mes obfcurs des Philofiphes Chi¬
miques , qui dit que la Mumie
tranfmarine , efi la Manne fuivant
Paracelfe.
aa Z APPEN
APPENDIX
A D
PHARMACOPOEAM, IN QJ k
formulas aliquotRertledioi:Um,quæ in commu^
ni ufu veniunCjdefcribuntur : quibus carere ^
non, débet Pharmacopœi offidna.
'AT icy ajmté , comme par Appendice y (Quel¬
ques defcriptions communes , gj) ujitées ( les¬
quelles fe doiofent tenir prettes dams la bouti¬
que de l'Apothicaire ) d'autant qu'il ny a^voit
lieu propre en ce li<vre pour les y colloquer y que
celuy-cy. Nous commencerons par les DecoBions ordinaires de
Medecine , puis nom décrirons quelques eaux principales y
^ composées , qui connjiennent aux maladies , tant in^
ternes qu externes , prifes par la bouche j ou appliquées exté¬
rieurement i od quelques remedes domeHiques. Finalement:
quelques préparations de Médicaments Jîmptes , necejfaires de
[çarvoir : mettant fin à cette «unjre par un fiommaire traitté:
des poids ». ^ mejures , ufités en Medecine.
Jjêcpcl:i0.i
udd Thaymacopœam.
Decodio communis Me-'
dicinæ.
y.. Hordei mmdati ,pugil. mum.
Prunorum , paru fèx.
Pafularum mmdatarum , &
Clpcjrrrhiza , ana ufic.femiji.
Sminum Anijî , &
Fœmculi , ana drach. duos , fi
Hyems fuerit. Si vero ^Ær
fias ) fiibBitues ,
Seminum quatuor fiigidorum majo-
rum , ana drach. femifi.
Flerum trium cordialium , Pugil,
• unum.
ùque ex arte in aqua fuficienti, ad.
médias : dein cola ufiti.
R E M A R CLV E .
L‘Amheur de V Appendix en
nous prefcrivant la decoüion
commune de Médecine , déterminé
bien la dofe des fimples , & ne ré¬
glé point la quantité de Veau pour
les cuire , ny la vraye reduBion
d'icelle , difant fimplement, coque ex
arte in aqua fufiieienti ad médias^
de maniéré que pour fuppleer au
■premier , U faut avoir recours a
nos réglés generales , qui veulent
lors que nous avons à cuire divers
fimples qui ont leurs vertus en leur
centre, de les faire bouillir un long¬
temps , ainfi que dit PHicolaus Saler-
nitanus ( que certains appellent ) en
fin Càtholicon Polypodij querni in
nqua diutijfmè decoque , & que fi
nous avons à cuire des ingrediens
qui foient de médiocre fubfiance , il \
fiut prendre fix parties d‘eau , fur
I 89?
une partie d’iceux , ainfi que dit
l’ Eùchiridium des Myropoles : ^
quand il s'agifi d'ingrediens qui
font de très facile coBion , comme
des fleurs , que peur attirer leurs
vertus , qui pour l’ordinaire efi en
la fuperfleie, il fuffit de les faire in-
fufer au chaud ypour lors il faut con-
fiderer ce quon a a faire j fi c’efi
pour une feule dofe de Médecine, ou
de lulep , ou tel autre remede , de
prendre la ptfie quantité des ingre¬
diens avec celle de l’eau , qu’il con¬
vient avoir de liqueur four faire la:
dijfolution & pour être plus mé¬
thodique , il faut réduire les mani¬
pules des herbes recentes & humi¬
des dépuis une a deux onces, fisivant
qu elles fint ^lus ou moins pefantesy
les fâches à derny once : les Pugil-
les des chofes recentes faivant aufii
la nature quelles font , d’une drach¬
me à deux , & des fâches à la moi¬
tié -, de maniéré que pour les fimples:
cy-dejfui preferits, à cattfe que Bau-
deron veut que la decoBion fiit cen-
fumée de la moitié , il faudra pren¬
dre vingt onces d’eau de fontaine,-
dans laquelle on fera bouillir l’orge
jufqu’a ce qu’il aye grofii ; apren. en-
piettra les Pruneaux mondez- de
leurs os , les Raifins de leurs pé¬
pins , l’anis , & le FœnoùH , fi c’efi
en Hyver , & les femences froides
g^r arides en Eté, & en dernier lieu
la Reglijfe rafae &. contufée , & les-
trois fleurs cordiales temperées : les
quatre femences fioides avant- de
les employer, doivent être trempées
en eau froide pendant une demy
heure , aprez. les faut frotter entre,
les mains , fi long-temps que l’èau
en forte, claire } & nottez apreff^,
SL-a.. j celât
1^0 jippendix
cela qu'il les faut concajfer , fans
s'informer fi c'efi , ou pour de-
terger , ou pour adoucir & Unir,
a moins que par expresL il fait or¬
donné par quelque Médecin en¬
tendu : la decoÙion faite & cou¬
lée , fi on y veut infufer eu cui¬
re des laxatifs , cela fe doit fai¬
re à part , & alors la decoBion
ne doit être confumée que d'un
quart , ou pour le pim d'un tiers,
& ainfi , il y aura de decoétion
pour trois potions , autrement fans
laxatifs on la pourra faire confimer
de la moitié.
Il J a une faute en la dofe
des quatre femences fioides , de
fèmhlable nature a celle que ’fay
corrigée du Catholicon de Nicolas,
qui efi , qu'au lieu de demy drach¬
me de chacunp , il en efi demandé
deux drachmes , qui font deux on¬
ces des quatre , que j'ay réduit d
deux drachmes.
Deco£tio Pedoralis.
Hordei integri ,pugil. unum.
Caricarum pinguium ,
Jujubarum , vel Sebefien , &
DaElylorum , ana paria tria.
Faffularum mundatarum ab aci-
nis &
Clycyrrhiz.4 , ana une. fm.
Hyfiopi mediocriter ficca , manip.
femifs.
Bulliant m aqua fuffieienH ad mé¬
dias , ô" colatura ferveiur ftfiti.
remarqje.
IL faut ebferver en cette dece-
élion lés mêmes réglés , & ordre
qu’a la precedente decoHion de
Médecine.
Dccodio coenmuriis Cly-
fteris.
'yL.Herbarum 4. emollientimn , &
Mercurialis, ana manip. unum. ■
Seminis Fœnicnli , une. femifi. fi
Hiems , vel
Seminum 4. fiigidor. majerum, me.
unam; fi nÆfias fuerit
Coque ex arte in aqua fufficienti
quantitate , & colatura utere.
REMARQVE.
L.A DecoElion commune de Cly-
fiere que nous tenons dans nos
Boutiques , pour l’ordinaire nous la
compofons avec les quatre herbes
remollitives, les fleurs de Camomil¬
le & de Melilet , & lu femence
d'anis ou de Fœno'ùil en Hyver par¬
ticulièrement , & en Eté on change
au lieu des fleurs & femences chau¬
des , on y met quelques herbes, purs
& femences rafiaichijfantes fui-
vant que l'occafion fe prefente : cet¬
te Decoêlion en Eté fe peut garder
trois jours dans une Cave fraifehe,
& en Hyver , de quatre jufques a
cinq pour le plus.
fiAd Pharmacopœam.
191
Aqua Theriacalis , D. Baii-
(leroni.
Of. Theriaca me^ÎA AtAtii probat a,
une. très.
Radicum TorrrtentilU ,
yingelicA ,
Scorz.onerA ,
DiStamni Cretici &
Ligni Sajfafias , ana une. duos.
Boli Oïientalis , une. unam.
Seminum luniperi »
Citri mundati y
Cardui benediHi ,
Aeetofd , &
PortulacA, an4 une. femiji.
Herbarum Eetonka ,
XalthAyfiu CalenduU ,
Melijfophylli , id efi, Citragi-
nky feu Melijfa.
Seordij , &■
Borraginù y vel Buglojfi, ana
Manip. unum.
Cinnamomi,^&
Maeùy ana draeh. duos.
Jncidenda , & contmdenda , inci-
dantUTi eontundahfurcpue , & fi-
mul biduo maeerentur fuper cine-
res ealides in vaje vitreo ohtu-
.Aeeti Rofati , ex vine albo optimo
parati ,.lib. duahm.
Sueei Limenum, vel Citrij Mali , &
Omphaeij, ana lib.fem.fiu unc.fsx.
Deinde difiillentur in Bdneo Ma¬
ria, aqua defluens fervetur
ufui.
Dojts ad pracautionem efi uncia
una • efr ad curationem uncia
dut..
paraphrase.
En l’année mil cinq cens huitan¬
te lîx , le ravage de la Pefte
fut fi grand j qu’on le peut com¬
parer aux contagions les plus veni-
meufès & vehementes , qui ayent
été jamais , & dont la mémoire en
refte parmy les Hiftoriens. Pour
lors la mort moiflohnoit tellement
les Hommes , quelle fepibloit me¬
nacer de, fa faux , le fôudain re¬
tour du Monde , dans le préci¬
pice de fon premier Chaos. Ce
qui contraignit M. B. , Bauderon
mon pere de.compofer cette Eau,
qu’il a furnommée Theriacale , pour
caufe de la Theriaque là balè ,
mife au commencement & en plus
grande dolè. que toute autre. Sa
vertu alexitaire eft augmentée par
tout le refte de la corapofition ,
qui ne tend à autre fin , que de
refifter à la malice du venin , &
preferver par là faculté cardiaque,
le cœur & parties vitales d’ice-
luy. Il s’en lervit heureufement ,
& avec bon liiccez pendant cet¬
te mortalité , au profit de plu-
fieurs , une partie delquels relpire
encore à prçfent , pour en ren¬
dre bon témoignage. On s’en peut
lervir en Hyver, & en Eté modé¬
rée toutesfois fiiivant l’occurrence,
qui fe prefenterg à l’avenir , par
Meflîeurs les doétes , &c bien ex¬
perts Médecins, qui feront pour lors,
&c non par l’avis des ignorans.Si l’on
s’en fert à précaution , ce fera le
matin au poids d’une once. Et in¬
continent qu’une perlbnne fe fenti-
ri atteinte de ’ la pefte , au poids
191 ^pPendix.
de deux onces. Car ft la perte avoir
déjà pris pied , on n'en recevroit
un tel profit. le dis cecy j afin qu’on
ne blâme mal â propos le remede
fort bon de Jfôyj s'il eft deuement
adminiftré.
LE MELANGE.
Les Racines, le Sartafra^^, les'fe-
mence*s, & écorces doivent être con-
cal'sées , & Içs h^bfes recentes in¬
cisées ; puis avec Tî Theriaque , &
Bol deXevant , infufcr ^le tout avec
les fucs j & vin.aigre fiir le s cendres
i elpÆe de deux jours , en un pot de
terre^bien bouché, que^a vertu hç
s’exhale. Le ilSidcmain dans un Alem-
bic de verre bien luté au B-M. le tout
fera dirtillé , & i’eaii qui en fortira
fera garefée au beloin..- ’
REMAR.QVE.'
La quantité des' ingrediens de
cette eau Theriacale n'eft
juîiement freportiemée avec celle
des fucs } ^ vinaigre que l’Autheur
y demande -y car d'infufipi^:^. & di-
fiUler vingt- deux onces d cojnter les
manipules de la Betoine , & autres
herbes pour fine onc^gi de chacune,
la plus grande partie de matière
feiche , & Jpongieufe , & la liqueur
ne fe monte qua tr.ente-Jîx onces,
defqnelles il en faut pour- le moins
deux livres pour -les imbiber , & de -
toute necejfité , faut qu'il en reéie
dans l’ A lembic pouf empêcher que
la matière ne s'y attache , de f rte
qu'on ne fçauroit tirer guere plus de
huit à dix onces d'eau , voila pour la
première difficulté. La fécondé que
je remarque en cette defcriptîon
n'eft pas petite'-, & eji beaucoup
plus importante que la premier^,
fur ce que Bauderon a fans doute
on diverfes con/tderations lors qu'il
s'efi voulu fervir pour menéirue,
du vinaigre , du fuc de Limon, é-
du vetjus pour enlever par la. di-
fiillation la vertu des ingrediens,
& comme Alexitaires pour reffier
à la pourriture des humeurs , com¬
me font tous les acides , ou pour cm-
temperer la chaleur de quélques-
un^ des ingrediens de la compofi-
tioh J mais *'. fûelle qu'ait été fin
intention , a moins que ce n'ait été
la dernier e , il m'en exeufera ,fije
dis qu'il s'en xfi bien éloigné des
autres, fans y p§nfer;car tous ceux
qui s'entendent à ladiélillation des
liqueurs ac'ides f^avent trej-hien
que la quatrième parti» du vinai¬
gré e fi un pur flegme infipide , com¬
me a été^cy-devant .fin en la 'Se-
élion de'uûéme, du premier livre -au
Syrop Aceteux , & qde le verjus ■&
le fuc de Limon , stt la difiillation
ne donnent .puemiè ; acifiité -, qùoy
qu'on le-s,Æ^e jufqué’s- à ce qu'il
ne. reSle dans Aa Cucéirbite qu'une
majfe en form^. d’extmiél , où tou¬
te l'acidité des fufdits fuc^ efi- ré¬
duite. Si ces liqmurs -acides par
la ditiillation' ne^^onnent que leur
flegme , fepra-en vaifi que nom les
mettrons en telles compofitions pour
refiB^ d la pourriture des hümeurs
& combattre les venins , parce que
leur flegme s'efi fepa/é de cette qua¬
lité : de rnêrne , fi c efi pour enle¬
ver avec plus de -fitcilité par leur
tenuité de fubélance la vertu des
ingrediens , cela ne fe peut par la
meme
Pharmacopœam, i ^ 5
CJarera fimplex.
ijnime ritifin. Et par ainfi de cette
compofition on ne [^aurait tirer par
la diflilluition que les pha aqueufes
parties des menfirulès.
Il efi mjfi a remarquer que la
racine de Tormentille , de Scor-
z.onaire , le Bol de Levant , les
femences de Citron , de Char¬
don bénit , d’ Oreille de Pour¬
pier , & la Borrache , font inu¬
tiles en cette compofition , par
ce que leur vertu refie dans V A-
lernbic , par les raifons que nom
dirons en la difiillatton des Baux
firnples.
Pour donc extraire cette ■ Eau
avec la méthode requijè , je vou-
<drois prendre quatre onces de bon¬
ne Theriaque , 1‘ Angélique , le
BiUam de Crete , le Sajfafras de
chacun deux onces & demy , de
femence de Genevre , deux on¬
ces , de Bctoine , de fueilles de
SoHcy , de JlPeJifie -, de Scordeum,
de chacune une poignée & demy,
de Canelle , & de Macis , de cha¬
cun demy once , toutes ces matières
incifées , & concajfées , puis avec la
Theriaque , infufir le tout avec
deux livres d’excellent vinaigre,
tS" deux livres d’une bonne deco-
üion de Scordeum , & difiiller au
fable & non au B. M. La difiilla-
tion faite, on ajoutera d l’Eau vingt
tu trente gouttes de bon Ejprit de
Souphre , & de cette maniéré l’in¬
tention de l’Autheur fera mieux
accomplie.
'Aqua vit (Z , lih. femifs. feu une.
fcx.
Aqua Rofarum , une. quatuor.
Sacchari albi , une. très.
Cinnarnomi interioris & fele£li,unc
unam.
Infundantur fimul in vafe vitreo
firtHiori , bene operculato , fiatio
24. horarum.
Deinde bü aut ter colentur per ma-
nicam » Hippocratü diSiam , &
ferva ufui.
Cor & partes principes reficere &
recreare ; calorem nativum fove-
re, & fiatus dijeutere potens efi.
Dofis uncia una , mane tantum
jejuno ventricule.
R E M A R Q.V E.
Eux qui dijfoudront quatre
grains d’ Ambre gris , dans
l’Eau de vie , aprez. y avoir inft-
fé la Canelle , avant d’y mettre le
fuccre , y allumeront le feu, fans
remuer la matière , & le laijfe-
ront éteindre de foy-même , ils au¬
ront une Eau clairette d’un goût
excellent , & d'un merveilleux ef¬
fet 5 à celle -ry , il ne faut point
mettre d’Sau refe. Si l’Ambre fe
diffout radicalement , il n’y faut
point mettre le feu , mais bien
la dofe cy - defins de bonne Eau
rofe.
bh
Cia
qÀ PP en dix
15,4
Clareta compofica.
Radicù Pœoni* Luna decrtfcen-
te colUB;& , &
Vifci G^i^ercini, a«a une. duM.
Lignorum Lentifci , vel Terebin-
thi , &
Lauri ana mc.femij^.
Flqrum Betoniex, ,
Rorifmarini , &
Salvia , ma Pugillos duos.
Macerentur fimul , ut dixi fu-
pra , in
Vint albi optimi, lib.una & femi^.
Acjua Melijfa , lib.'femij^.
Saçchari albi , une. quinque.
Cinnamomi interioris, une. dimid.
Difiillenttir omnia fimul in duplici
vafe , & fervetur ufiii.
PARAP HRASE.
CEs Eaux furnommées Clarettesj
font de l’invention des Moder¬
nes , & fort ufitées par les Dames de
la Cour, &fouvent mal à propos, à
leur préjudice. Pour ce je leur con-
ièille de prendre avis de leur Méde¬
cin, auparavant que d’en ufer. L’une
& l’autre font faciles à mélanger, pour
peu qu’un Apothicaire foit verfé en
fon Arc. La compofée cft fouverainc
à i’epilepfie , & aux autres maladies
froides, tant du cerveau que des nerfs,
étant prife à jeun, le poids d’une on¬
ce, ou la quantité de deux ou trois
cucillcrées. De même façon on en
peut compolèr d’autres, pour d’autres
maladies, s’accommodans aux mala¬
des & faifons.
R E M A R C^V E.
Eue Eau différé de la fimfft
tant en fa compofittim qu'en [et
effets : une difficfilté s’y prefente,
qui eft confiderable ,fiavoir à quel¬
le intention fon inventeur y amis le
Succre , fi c'efi qu'il fe foit imaginé
de le faire paffer en fubfiancejiffut
dans l'eau par le bee de l'Alembic,
eu bien ce qu'on appelle accident,
qui efi fa faveur douce ; c'eft en quoy
il s'efi grandement trompé aprem
beaucoup d'autres , par ce que ny
l’un ny l’autre ne montent point en
la diftillation , comme nous dirons
plus amplement ey-aprez au Traitté
des Eaux diftillées de Cathelan par¬
lant de l’Eau d’abfinthe, & en l'Sau
celefte de leande Vigo. l'ay peine d
croire que fi l’Autheur de la Para-
phrafe avoit exercé la Pharmacie,
comme fay fouvent euy dire , qu'il
auroit pris garde d cette erreur &
en auroit dit fon fentiment , puis que
l’ expérience fait voir, d l'œil des
moins oculez, quen cuifant feiTj
ces de fuccre en Tablettes de fuccre
rofat , qu'il augmente de poids d en¬
viron deux onces , comme a été cy-
devant dit en la SeBion 6. de là U
faut conclurre que le fuccre ne mon¬
te point en la diftillation , la même
chofè fe voit' en la Confie B ion ^ des
Syrops ; c'efi paurquoy l’Eau étant
diftillée on y peut ajouter le fuccre^
ou bien fi on appréhende que lefuc-
cre faffe gafter l'eau, on le luy pour¬
ra mêler quand on s'en voudra
fervitc.
tcAd Pharmacopœam.
^9S
Aqua contra Calculum , D.
Renodæi.
yi.Radicum Sryngij,
Omnidü,feH Refl& Bonis,
Rhaphani S/lveftrü , &
yipij , ana une. duos,
^iliquarnm Fabarum recentium ,
me. tret.
Herbarum Saxijragia ,
‘Pimpine/U
Betoniea ,
CriftA marin A , quA Gallis Ba¬
cilles dicitur.
Sijymbrij aquatici , GaHice
Greffon ,
Ameos -vel feminü ejufdem, &
Summitaturn AlthaA , ana manip.
duos.
Mda Citria in orbiculos feSla , nu¬
méro tria.
Baccarum Halicacabi , vulgo Al-
kfkengi ,
Ckerum rubrarunt , &
Seminü Lithosperrni , id efi , Afilq
folü , ana me. duos.
Macerentur per diem integrarn in
vino albo tenui. Deinde diflïl-
lentur in Alembico vitreo , &
stqua fervetur ufui. Dojts efto
mciA duA pim minufve pro in-
dicatiene varia , & laborantis
palato ; utendi tempore , fi in
fingulas dofes addideris Olei Vi-
trieli guttam unam , aut alteram
"^ires habebit eff.cacieres.
PARAPHRASE.
I’Ay emprunté cette defeription de
l'Antidotaire de Maiftrelean Re-
noud Médecin de Paris , deferip¬
tion huitième , de PAppendice du
fixiéme livre page j 1 7 . pour l’avoir
jugée digne de cette Paraphralè >
& propre à ce que fon infeription
promet. Cette Eau a pris ton nom
de fôn effet , pour être compoféc
de Médicaments à ce convenables.
Le mélange eft facile , & s’entend
comme de ceux que nous avons dit
cy-dcllus J fins qu’il foit icy befoin
d’ufer de repticion.
■ R E M A R QV E.
Auderon dit avoir emprunté
la defeription de cette Eau de
Renaud , & néanmoins par l'exa¬
men que j'en ay fait , je ne Vay
pas trouvée conforme avec aucun
des exemplaires de ce dernier;
dans celle-cy , il y a de plus la Be-
toine , & le Sijymbrium aquaticum,
de laquelle addition Bauderon ne
fait nulle mention , dequoy je m'é¬
tonne ; car c'efi fon ordinaire. Il
demande de même Herbarum Sa-
xifragia , fans s'expliquer autre-^
ment , c'efi un mot a deux figni-
fications , par la première , on peut
entendre que Bauderon s'efi voulu
fervir de ce mot , pour fe mieux
exprimer , & dire de prendre de
chacune de ces plantes qui fuivent,
qui font au nombre de fix , la par¬
tie herbue & non les autres , ou
bien que par ce mot Herbarum
Saxifragia , U a voulu entendre
b b a qu’on
ic^6 oAppendix
qu’on prit toutes les e^eces de Sa¬
xifrage ; Renaud s’efi fort bien
expliqué fur ce mot en difant,
Saxifagarum omnium , par cet¬
te façon de parler il entend de
prendre toutes les eéfeces de Saxi¬
frage , comme aujfi Bauderon , mais
non pas fi precifement : Il ne re¬
fie maintenant que de fiaveir quel¬
les font les ejpeces , & combien il
y. en a: Diofcoride , & Matthio-
le de l’an 156^. en font quatre
elfeces, l'édition de l’an i $60. qui
eft la derniere revifion de Jlfat-
thiole il en a fait cinq elf eces , &
Dalechamp en fon hiBoire des plan¬
tes en fait dix elpeces , fçavoir le¬
quel des deux il faut fuivre j par
mon fentiment cfux qui eompo fe¬
ront cette eau , y mettront tou¬
tes les ejpecÈs qu’ils pourront re¬
couvrer , particulièrement celles qui
y peuvent plus contribuer de ver¬
tu ; car ce ne ferait jamais fait,
fi an les y voulait mettre tou¬
tes. Ces difrcultés refolues , il ne.
relie main te fiant que- de mettre
la. main a .f œuvre pour en dé¬
crire Le modm faciendi. Premiè¬
rement il faut prendre les plan¬
tes & les parties d’kelles lors
quelles fon en leur enbonpoint ,
les incifir , & concafrer , les ci-
'trons coupés à tranches ( quoy-
qu’ils frient aujfi inutiles en cet¬
te compofitien que quelques au¬
tres fimples qui y entrent ) les
frernences concafsées , le tout fera,
mis. dans une Cucurbite de ter¬
re vernie , ou de , verre -, (^- par
dejfus on ver fera de bon vin blanc
quantité- f jfrfante pour les cou¬
vrir '& furmonur tant feulement
de trois petits travers de doigts-^,
après y adapterés fon chapiteau]
& les collerés avec de la colle de
farine , & laifferés le tout en di-
geftion , l’eiface de deux fois vingt-
quatre heures , puis fur un four¬
neau a fable le diflillerés , obfer-
vant les degrés de fiu,& quand
aurés tiré environ de cinq à fix
onces d’eau , faut changer de ré¬
cipient , & continuerés la diftil-
lation iufques à ce que ver rés le
marc s’abaijfer , & qu’il ny re¬
fie d’humidité que pour conferver
le vaiffeau , & empêcher que la
matière ne s’attache au fonds ; alors
il faut cejfer l’operation , apres
ferés ficher le marc pour le brû¬
ler & réduire en cendres qui fient
blanches , & en tirerés le fil qua-
joûterés à fin eau ■; puis la fer-
rerés pour le befin. Bauderon a
fort bien fait d’ajouter l'huile de
vitriol a cette eau au moment qu’on
s’en veut firvir , & 'fefiime qu'on
doit préférer l’effrit bien defegmé
a l’huile.
l’ajoute icy le fil du marc de
la diftillation , non pas comme je
croy qu’il participe de la vertu
des ingreâtens , mais parce que le
propre de la faveur falée eft d’ou¬
vrir tes opilations , de purger en
raclant & de deterger j qui font tous
des effets qui conviennent a ceux
de cette eau , & ainfi q.uey quen
petite quantité fin operation s en:
trouvera fortifiée.
VinutB:
Aâ Pharmacopa
Vinnm Nephricicum , D.
Bauderoni.
Radicum Rhaphani JÿlveJirù,
Eryngii ,
Brufci,
Perfonatd
Fetrofelini , &
Ononidü ,fing. lib. unam^
Raccarum hmiferi ,
Halisacabi ,
Rufci , &
Lauri ,
Seminü Milii Solù , fmguL Ub.
femiji.
Feliorum Betomcs.,
PimpinelU ,&
Parietaridi , fing.. manip. qua-
157
futtdantttr in mufta y fia non mi¬
nus efiicax erit , & diutihs fer-
“vabitur.
REMARQVE.
POar la campefitian du vin iVe-
phritic y il faut prendre du vin
blanc qui fait bien dépuré , plutôt
verd que doux , dans lequel on
infufera les matières en la forme
fitfdite. Les Semences f aides entiè¬
res feront bien concafsées , les ayant
prealableme}it lavées , comme a été
cy-devant dit en la decoélion de
JlLedecine.
Vinum Hydragogum , D.Baa-
deroni.
Semin. quatuor, frigid. majorumyfing..
une. duos.
Radices mandata d matrice, & con-
tufa y vel incifa , cum baccis , fie-
minibus & herbü in dolio mufliy
feu vini eptimi tempore vinde-
miarurn , lib. 50. femipleno , &
hene obturato , ne quid Jpirety
macerentur jpatio triumyaut qua¬
tuor menfium. Deinde colentur,
& vinum in vafis vitreu dili-
, genter ohéiruüü , ne vis vini va-
nefeat j fervetur ufui.Dofis eritab
uncia un a ad très , mane per tri-
duum ante novilunium , purga-
to priiis corpore , horis très an¬
te primum paflum. Ne vinum
acefeat in dolio ab humiditate
txcrementitiay Radices, herba,
fruélus y fi fint recenses per bi-
duum aut triduum in Sole , aut
kypocauSlo ficcentur , deinde in.
jfi. lalap y
BLechoacam ,
Iridis noïlratis , per taleolas di-
vif A y
' Eful A- in aiceto infufa & ficcat Ay
fing. lib. unam ,
Radie. ChamAleonis albi,
Semin. Ebuli y &
Petrofelini y fing. lib.femifi..
Eoliorum Eupatorii
SoldanelU , &
Laureola yfing.manip.fex.
Çinnamomi feleSti , une. duos. ^
Nard* indicA. minutim incifa , me.-
unam.
JlLufii vini albi optimi lib.p,o. Sin-
gula incifa aut conmfa maceren¬
tur in dolio non plena , hene ob¬
turato y ne vis vanefeat , fiatium
trium aut quatuor menfium : de¬
inde colenmr , vinum reponatur-
ufui in vafis: vitrais , cera ahftru-
b b Sisyy
\Jppendix
i^S
£lû y ne quid jpiret. Dojts erit
ah mcia una ad duat, bü in heb-
domade , horü tribus ante pa-
ftnm furgato prius corpore. Non
convenit afluante ceelo , neque
biliojîs naturis , neque puerü , ne-
que gravidü , neque fenibus,
neque febricit antibus , aut acu-
to morbo detentü :fed tantum re-
buflis , & diuturno morbo deten-
tis , &in Hjeme , & ceelo jrigido,
aut temperato.Ternpore vindemia-
rum praparandum.
R E M A R Q^V E.
N ce vin de même qu'au pre¬
cedent , faut prendre le vin
blanc qui [oit bien purifie , & un
peu verd , afin qu’il attire mieux
la vertu des fimples , & qu'il pafi-
fe plus promptement en fon opera¬
tion.
Lac Virginale, D. B.Bauderoni-
Litargyri Auri fubtilijf.triti,
une. duoi.
Aceti vini albi acerrimi , vel di-
ftillati quod potentius , lib. fe-
miJS.
Agitentur diu fimul in phiala : dein
per filtrum , fieu pannum denfium
difiillentur & fieruentur ufiui in
diêla phiala, cera diligenter ob-
duSla.
Caphura , drach.fiemifiS.
Aluminis Rupei , &
Cerufia > ana drach. duos.
Salis Ammoniaci , drach. fiex, aut fi
minus r e quiris , unc.fimifi.
Aqua florum Fabarum , aut vitis
vinifiera , qua pojl ejus ampu-
tationem defiuit menfie Martin,
vel in harum penuria,
Aqua Rofiarum , lib.fiemifi.
Pulveres mixti diu agitentur in
altéra phiala , dein fiubfideant:
tum guttatim difiillentur ut
prior , & aqua fimiliter repo-
natur.
Si uiendi tempore , ha du a aqua
menfiura aquali mificeantur , la-
£tis colorem pra fie fièrent ; unàe
illis inditum efi nom en.
Plurimum valent
Ruhori fiaciei , herpetibus & cutis
aiferitatem detergent.
R E M A R Q.V E.
LEs dofies des ingrediens qui
compo fient le Lait virginal ne
font pas bien réglées , par exem¬
ple celles du Camphre & de l’A-
lum , doivent être réduites à la
moitié , & celle du fiel Ammoniac
a quatre ficrupules , ou pour le plus
a vne drachme & demie. Pour le
modus fiaciendi , U faut prendre
la Litharge fiubtilement cicotrinée,
la mettre dans un vaifieau com¬
mode , & verfier pardefius^ de bon
elfrit de vinaigre fieparé de fion
phlegme & les faire digérer fur une
chaleur lente en remuant fiouvent
la matière jufiqu'à ce que le vi¬
naigre fieit doux , apres le filtrer.
Le Camphre fiera dijjout avec fin
peu d'eéfrit de vinaigre ou de vin.
Et pour le fiurplus faut fiuivre l Au-
theur.
Aqua
Aà Pharmacopœam,
- - - P SE.
Aqua Vulneraria, D. Biicii
Bauderoni. T'-^y cy-devant un Baume
Xcôniposé par le même Autheur,
yL. Radicum S/mphj/ti maprü, une,
quatuor.
Ryrohz, à Pyri folio di£ta,
AriiVel Serpentaria ma'jorü ,
Cyclaminü,
Angelica JyheBrü
• AriBolochia rotunda , ana une.
duoi.
Htritarum Symphyti médit , vulgo
Subie.
Symphyti parvi , vulgo Pru-
nelU >
Diapenjîa , vulgo Sanicula
Alchimill'd. , vulgo Pedü Leo-
Scrophularia ma'pris Mm-
thioli ,
Virga. Aures. ,
Roberti , ( qua efi quarta Ge-
ranii Jpecies Matthioli)>&
Sambuci , ana manip. unum.
^ABacorum , aut Cancrorum fiuvia-
tilium, Lunaplena eaptorum , &
in Clihano pofl detraBum pa-
nem ajfarum , numéro oSto, aut
decern.
Mumia ( Sanguinem eoneretum dif-
foluit ) unc.femiji.
Contujis omnibut reeentibm , eum
Mumia pulverata. Infundantur
omnia Jîmul in aquis partibm
aqua ô‘ vini albi , librü qua¬
tuor in fiEiili vitrato , aut vitreo
ttafe firiSli orù , operculato , fu-
per cineres calidos korü Xà,.- tum
in eodem vafe parum bulliant, &
exprîmântur ufui.
M. Brice Bauderon mon pere , pro¬
pre pour toute hémorrhagie pro¬
venante de caufê externe , pour les
playes recentes , & ulcérés ftns fra-
âure d os. Il décrit maintenant une
Decodtion, ou Eau pour les folu-
tions de continuité , tant internes
qu'externes, où il y a fraéture d’os,
loir par arquebufades , ou autre in-
ftrument de guerre De laquelle le
patient boira tous les matins , envi¬
ron quatre onces , s'il n’y a point
de fievre 5 & autant fur les deux
heures aprez midy. De la même dc-
codion le Chirurgien en pourra la¬
ver la playe , ou vlcere : que s’il
eft intérieur & profond , il en fera
injedion avec la fyringue, toutes &
quantesfois qu’il penlèra Ion mala¬
de. Que h le malade eft quelque
grand ieigneur , ou G deheat qu’il
ne puilïc ou vueille ufer de telle de-
codion qu’on en diflille au B. M.^
avec unAlembic de verre, une par¬
tie pour luy en donner à boire le
matin, & environ les deux heures
aprez midy , telle quantité que deC-
fus i en continuant long-rems. Il
n’eft pas défendu d’y mettre du fic-
cre , plus ou moins félon fbn goût,
& d’y laifler tremper iin peu de ca-
nelle entière fans la concaflèr , G fbn
eftomach eft crud , & froid ; & de
l'autre partie de la decodion le
Chirurgien s’en fervira , ainû que
dit eft,
Cette Eau ou Decodion diiîbut
le fang caillé , s’il y en a , Êit for-
\^ppendix
100
tir les efquilles des os rompus , &
confolide les vlceres , tant par fes
qualitez manifeftes , que d ufte pro¬
priété occulte j'Sc fimilitLidt de fub-
ftance. Si le malade étoit cacochi-
me , & avoir la fièvre > il faiidreit
appeller quelque Médecin expert,
pour luy ordonner les rcmedes ne-
celîâires , & neftimer que cet¬
te eau foit fiiffifànte , la fievre y
étant pour le guérir. Le mélange
eft facile , & le peut entendre de
ce que ddïiis.
L’Autheur de cette Paraphrale
drelTa la prclènte compofition & la
reduifit en expérience avec heureux
fuccez , au rétablillement de plu-
ficurs blelTez , fe retirans des guer¬
res 5 pour leur indifpofition dans les
Hôpitaux, principalement en celuy
de la ville de Mâcon , duquel mon
dit pere avoir la charge pour lors,
comme il a encor dcprelènt pendant
le régné d’Henry, le Grand , d’heu-
reulè mémoire, quatrième du nom.
Ce qui me l’a fait icy inférer, com¬
me tres-Litile à l’accomplillèrfient de
cet œuvre j & guerifon des pauvres
blellêz.
R E M A R QJ E.
A <]uaf2titê de 4. li'vres d'eau
& de vin , que Bauderon pref-
crit pour macerer vingt-quafre on¬
ces & demy d’ingrediens que fon
eau vulnéraire co?itient i ou davan¬
tage , ne fçauroient fuffire ; parce
qtte l'infujion de vingt-quatre heu¬
res en lieu chaud , & après une
legere coStion , qu'il veut qu'on en
faffe , abforheroit la plus grande
partie de l'humidité j é" qui la cou-
leroit après, au lieu d’ne decoélioH
claire, n aurait qu'une liqueur hour-
beufe, de laquelle on ne s'en pourrait
fervir que pour laver les pUyes,
& non pour Jyringuer , & encore
moins pour en boire comme veut
l'Autheur d'icelle. Pour remedier
a cela , il faut recourir a nos ré¬
glés , & prendre la dofe la plus
médiocre des liqueurs : é" quant
a ce qu'il dit , que pour les déli¬
cats on , la pourra difiillér j fi on
la diBille , fes effets fe réduiront
a fort peu de chofe ; il vaut mieux
en ce recontre la clarifier , & y
ajouter fur une livre une once &
derny de fuccre.
Aqua ad fuffufionem, D Bau-
deroni.
“yé. Herbarum Chelidonii majorû,
Fœniculi ,
Kerbena , &
Euphrafia, ana tnanip. unum,
Rma , manip. femiff.
Omnia recentia minutim incifa
aéfergantur'-vino malvatico ,vel
Apiano , aui alio optimo , '&
cum
Seminum Ruts, ,
Sileris montani , &
Sifeleos Majfilienfis ,ana drach.
tribus.
Flormn Rorifmarini , PugH
Fellü Perdicum , aut alterius ani-
malis ejufdem naturs,unc.mami
& ferniff.
DiBillentur in Alemhico vitreo ut
diiium fspè , & aqua fervetur
ufui.
P J
Pharmiücopœam^
PARAPHRASE.
G E t Eau a pris fon nom de
fon effet , de laquelle on fe
peut fêrvir au commencement des
catarades pour deterger la matiè¬
re vifqueuiè , retenue entre la mem¬
brane adnate , & uvéc , prez de la
pupille & humair cryftallin , qui
empêche que les efprits vifùels ne
piiiilènt librement palïèr pour di-
ftingucr les objets qui fè prefèntent.
Que fi telle matière y croupit long-
terasj elle s’endurcit fi fort, qu’on
eft contraint d’en venir à l’operation
manuelle. Cette eau. ne' peut for vir
à la goutte forene , parce que cette
maladie confifte au nerf optique , où
fa vertu ne peut parvenir pour le
déboucher,
R E M A R QV E.
T A quantité du vin nefi point li~
limitée en cette eau ; il y en faut
mettre peur le moins une livre de
feiXj onces , & diBiller par degré.
L’eéfrit qui fortira le premier , par
mon fentiment doit être feparéy par.-
ce qu il efi trop ardent pour met~
tre dans les yeux , outre quil ne
participe point de la vertu des
fimples.
Hydromel vinofum.
3^. Aqua Fluviatilis, vel fontana,
lib. vinginti ,
Mellis Gallia Harbonenjis , lib.
unam.
Coquantur Jîmul , donec Ovum cru^
101
dum injeélum innatet : tune re-
move ab igné , & macéra fi-
mul in Sole ardente , vel Hy-
pocauîlo , Jpatio uniiu menjîst
Baccarum Oxyacantha Arabum
vulgo Berberis reçentmm unciu
ma : colatum fervetur ufui,
PARAPHRASE.
CEt Hydromel eft foirnommé Vi¬
neux , à caufo de fa faveur plai-
fontc , comme du vin. Etant bien
fait comme il eft déclaré cy-deffûs:
il fora convenable aux maladies froi¬
des , & à expurger la matière froi¬
de contenue aux poulmons , & à for¬
tifier le ventricule , corriger les cru-
ditez d’iceluy , aider la concodion,
exciter l’appetit, diffiper les vents,
appaifor la colique pituiteufo, & pro¬
voquer les vrines. Ceux qui pren¬
dront d’eau de riviere , pour la
compofition de cet Hydromel, la
doivent laiftèr raflèoir quelques
jours auparavant , & feparer la re-
fidence. Sans cela elle ne foroic
bonne,
REMARQJE.
POur bien reüjftr en céfHydro.-
mel , il faut /que l’eau foit bien-
pure , & le miel du- meilleur , &
les cuire dans un grand vaifeau
de terre vernie ; durant la cui¬
te il faut continuellement écumes
le pot.
QÂppendix
Pruna foluciva, D. B. Bau-
deroni.
IJL, Seminis Anifi ,unc.
Polyfoâii-querni contuji , &
Senns, mundatA , ana une. très.
Prmorum dulcium , &
Mann A Calabrina , ana. une. oblo.
Cary o^hy lier um integrorum , Paria
(juatuor.
Coquantur ex arte , in aqu& libris
duabta, & firventur ufui.
PARAPHRASE.
MOn pere a composé ce re-
mede pour les personnes vieil¬
lis , délicates , & faciles à émou¬
voir , parce qu'il purge benigne-
menc , & fans violence les trois
humeurs. le le décrits icy com¬
me remede familier & domefti-
que » que chacun mal habitué 3 &
valétudinaire doit avoir chez foy.
La commune dolè du Syrop fe¬
ra trois ou quatre 'Cucillerées , Sc
fîx ou huit pixmes , le matin tant
feulement fans garder la cham¬
bre.
XE MELANGE.
IK faut premièrement bouillir mé¬
diocrement dans l'eau le Polypo-
de CO icafsé avec l'Anis : puis le
Senne bien mondé de lès bûches,
& ordures : auquel il fiihra de
donner un bouillon avec les Gé-
rod ees- entiers , aprez faut couvrir
le tout , & laifïcr tremper quel¬
ques heures y puis l’exprimer. La,
colature pour toute clarification , fe¬
ra pafsée deux ou trois fois for
le blanchet , & cuitte avec les Pru¬
neaux de D^mas noirs , & doux:
& la Manne en Syrop cuit qu’il fe
puiffe garder fans fe moifir. Pont
empêcher que le Syrop ne fe can¬
dide , il faut prendre quatre on¬
ces de Manne, & quatre onces de
Succre.
remarç^ve.
Ette compojition four être de
B. Bauderon Autheur de la
Paraphrafe , efi beaucoup irrégu¬
lier e en la defe des ingrédient
de l’eau j car on ne J^auroit cui¬
re Ô" attirer la vertu de trois on¬
ces de Polypode , qui efi d’une lon¬
gue cobtion , trois onces & demy.
de Senne avec fon correBif dans
deux livres d’eau , & fi enco¬
re par' recharge , dans la colatu¬
re , il veut faire une fécondé de-
coElien de huit onces de Pruneaux.
Pour y bien procéder , il, faut pren¬
dre pour le moins quatre livres
d’eau , & y faire bouillir le Po¬
lypode bien concafsê un tems rai¬
sonnable pour en attirer la vertu,
& procéder pour le furplm fuivant
l’ordre preferit ; puis dans la co¬
lature cuire les Pruneaux avec au¬
tant pefant de Succre , & fur la
fin on y ajoutera quatre onces de
belle Manne en larme , & ainfi
on aura une compofition ou confi-.
ture beaucoup plus agréable , qu en
la firme cy-defiiu , & de plus lon-^
gue durée.
Pulvis
A d Pkarmacopœam. l o 3
Pulvis contra Lumbricos , D*
Baudcroni.
Seminum contra vermes.
Acetofa ,
Formlaca , &
Caulium ,
Cornu Orui uHi ,
CorallmA ,
Rafura EborU , &
Rhabarbari eptimi , ana- une. fi-
miJS.
Radicum Filicii , &
N Dibiamni ,
Sminü Citrii mali mundati , tè"
Lupinorum , ana. drach. duM.
Fiat pulvis ufui reponendtu.
PARAPHRASE.
Le nom de cette poudre ^ ( pris
de fôn effet ) montre alfez fon
ufage. Ceux qui s’en voudront fer-
vir J la pourront donner aiix en-
fans pleins de verSv» le poids d’u¬
ne drachme , ou qiiatre fcrupules,
feule OH avec un peu de vin blanc,
ou mixtionnée, avec la v pulpe de
pommes cuittcs,ou raifiné , ou vin
cuit : ou pmir les plus délicats , en
Eledtuaire folidc , fait avec fuccre
dillôut en eau de Meliflè , ou en
Opiate avec le fyrop d’Ahfînthe, le
matin à jeun , ou le ibir fur rheure
du repos , loing du fouper , au dé¬
font de la Lune.
REMARQVE.
N la préparation de cette. pou¬
dre il y a quelques petites ob-
fervations qui ne fe doivent pat
négliger , comme de préparer le
Sernen contra au fuc de Limon, ain-
Jî qu’il a été dit en l’Opiate Sa-
lomonü ; mais icy je ne voudrois
que l’arroufer Jîmplement deux ou
trois trois fris, & le faire feicher
chaque fois , comme aujf de cueil¬
lir la racine de Fugiere ( j’entends
celle qui efi la plus profonde dans
la terre ) quand : la poujfiniere fe
couche , qui efi en Autonne , & les
feicher au Soleil , Matthiole .li¬
vre quatriétne , chapitre 179. Les
Lupins doivent être mondés de
leur écorce. La corne, de Cerf brû¬
lée n’a point de vertu , comme il
a été amplement remarqué en la
Confeêlion de Hyacinthe , il faut
mettre en fa place la raz.Hre d’i¬
celle , ou 'bien préparée philofophi-
quement.
Glandes, feu Balani folurivæ,
D. Baudcroni.
Saponis Genuenfis ,lib. très.
Granorum Colocynthidis , une. treSé
Pulveris Hiers, Fiers Galeni
Radicum Veratri alhi , id efi, El-
lebori albi , vel ejus loco Tur-
peti
HermodaSlylorum , &
Efulsprsparats in Aceto,ana
- • une. duos.
Salis Gemmei , une. unam.
Sueei Mercurialis, quantum fujfcit.
Fiat pafia,ex qua concinnentur
, Balani feu Juppofitoria .-ingtar
Glandis quercins , qus ficcata
ferventur ufui.
cc Z
RE
104
jéppenâix
R E M A R QV E.
C'jEj GIahs ou JhppoJîtolres font
fort acres , & le feraient da¬
vantage , fi la femence de la Calo-
cynthe était purgative , comme Bau-
deron a voulu croire ; mais fans of-
fencer fa mémoire , il nefi pas le
feul a s'être mépris , puifque la plus
grand partie des fiavans en la Mé¬
decine l'efiiment purgative , & que
parmy ceux de notre profejfien , il
y en a beaucoup d’avaricieux fous
cette croyance qui la mêlent tous
les jours dans une certaine compo-
fition qu’ils appellent Opiate d Cly-
fieres avec ce qu'ils ont de plus
méchants purgatifs , comme il fe¬
ra plus amplement déclaré en nô¬
tre ^ppendix au Catholicon pour
les Clyfieres. Tous ceux qui feront
curieux d'en apprendre la vérité»
pour n'être plus trompée d l'ave¬
nir , s’ils examinent cette femen¬
ce comme le Jujet le mérité , ils ju¬
geront quelle pojfede des qualités
& vertus bieh^ontraires a celles de
la pulpe.
Pour le mélange que Bauderon d
obmis , il faut couper le faven par
petites pièces > & le mettre dans une
bafiine avec fix onces de fisc de
Mercuriale peur le faire fondre
fur un petit feu, pendant l'a fufion
il faut rem 'uer ces matières afin que
le fisc fe mêle mieux avec le fit-
von , la bajfine tirée du feu df d
demy rafioidie on y mêlera la pou¬
dre fubtile des ingrédient tritura-
hles , puis on en formera des Suppo~
fitoires.
Cauterium êhoeupsKov. D. An>
brofii Paræi.
Cineris Pale a , cum filiquU
fabarum ,
Cineris Gjuyrcut, ana lib. très.
Calcis vive, lib. quatuor
Cineris Gravellati, lib.unam.
Aluminis Rochst , une. quatuor
Macerentu\ in fitula aqua biduo,
ut dicam inox , & fiat pafia de
qua formentur Globuli Lenti¬
cule, inSiar aut Pifi , ufui in Cau-
teria reponendi.
paraphrase.
I'Ay emprunté la defeription de
ce Çautere ou Ruptoire poienciel
du livre vingt- cinquième delà Clù-
riirgie d'Ambroife Paréo chapitre 3 2.
où il le décrit fous le nom de Cau-
tere de velours : moy je lay fur-
nommé du mot Grec oXootpmov > qui
fignifie auflî velours , parce qu'ils
font doux comme velours en leur
operation » & ne font aucune dou¬
leur étants appliqués : joint que
l'Autheur les a recouvrés pour du
velours : il en raconte l'hiftoire fort
plaifantc&fàcctieufo, l’aille voir qui
voudra au lieu preallegué.
TE MELANGE.
Premièrement il faut mettre les
cendres faites de la paille de Febves
avec fos goullcs , & celle du bois
du Chefne Aans un foau d’eau de
riviere , mile en un chauderon de
cuivre, qite l’on reraiiers enfemble:
Fharmacopœam. z o 5
puis y faut éteindre la chaux vive, &
le tout agiter derechef avec un bâton
par plufieurs fois , & les laillèr infu-
fer enfcmble deux jours entiers :
aprez il les faut couler deux ou trois
fois fur un linge denfe , & épais juf-
ques à tant qu’elle devienne claire.
L’eau ainfi coulée fera cuitte à grand
feu de charbon , dans une baffine
d’airain > ou de terre plombée, re¬
muant toujours avec le bâton juiqu’à
' ce que l’humidité aqueufe fbit quafi
conlumée, & non du tout : de la¬
quelle on formera des Cautères delà
groiîèur d’un pois chiche , ou autre
forme que l’on voudra : & iceux fe¬
ront gardez au befoin dans une
phiole de verre bien bouchée , avec
cire &peau, laquelle fera tenue en
lieu foc , autrement l’air y entrant,
ils fe reduiroient en eau , Sc foroient
inutiles. -
REMARQVE.
BAudersn, & autres, ont fait des
^grands manquements en la def-
criftion de ces Cautères : Le fire~
mier efi quon les attribue au 25.
livre, chap.il. des œuvres de Pa¬
ré ,& font décrits au livre 1 6. cha¬
pitre 32. Le fécond efi que Saude-
ren a omis les Cendres Gravelées,
& l'Alun , je veux dire Bauderon,
ou les Imprimeurs ; Le treifiéme
quil veut tirer le fel de unlj livres
quatre onces de cendres, eu de chaux
vive avec un feau d’eau , ou U en
faut pour le moins quatre ou cinq
foü plui ; parce que les cendres &
particulièrement la chaux boivent
quantité d’eau. Ayant pour l’infu-
Jton procédé ainfi qu’il efi preferit,
faut couler ladite lexive , & met¬
tre les cendres fur le couloir , non
pas comme l’entend Paré , pour en
attirer le feu qui efi dans icel¬
les -, mais afin que la lexive pafie
plus lentement pour être pim clai¬
re , obfervant- le Jùrplm de l’ope¬
ration comme efi cy-dejfm dit,
excepté fur la fin , qu’il faut
que le feu fait petit. Bauderon
de Londres ne met que trois li¬
vres de Chaux , au lieu de qua¬
tre. l’ay corrigé le tout & refii-
tué d la deferiptivn de Paré , ce
qui lifp avoit été rauy par omif-
Jfîon : & au tieu de quatre on¬
ces d’Alun de Roche , il y en
faut mettre une once & demy
de brujlé , réduit en poudre fub-
tile , fur la fin de la defficatiem
des fels.
cc 3
Nün;
^ppendix
zo6
Nuncupationura qnarundam abfolutè fcriptarum
cxplanatio.
r Jpû.
I y
!
Gluinque Radices ape- J
rientes.
\ J’ ipar Agi,
f Majores. FaesncuU ,
j Tetrofelim ,
L Rufci ,
r Graminis
I I RubtA major is ,
^ Minores.^ Ononidü ,
1 Capparis ,
l. Eryngij
y Malua.
\ Althaa , id efi , Bifmalua.
^ Viola nigra ,
KAcamm, id efi, BrancaJfiFfina.
V MercurialU ,
\ Sida feu Beta ,
f Parietaria ,
\iAtriplex.
f Polytrichum.
I Capillm Veneris ,
^ Adianthum vulgare.
I Salvia visa.
• L Aiflenium , feu Ceterach.
■y Viûlarum, vel Rofarum.
^ Frigidi. < Buglojfi,
rr.FUr,.ar^UlA
\Calidi. < Melileti ,
Anethl , alias LUiorum.
Herba 4> Emollientes.
Alias.
Herha $ . Capiüares.
§l^inque Fragmenta pretiofa.
C Saphyri
1 Granati,
Smaragdi ,
] Flyacinthi , &
\.Sardini,
oAd Pharmacopœam,
f M-donum.
10 J
f FrigidaS
'^atuor Semina. ^
^ ' J Cucumeriiy
KCitruU
f Laduca
\ Portulaca. ,
Intybi, id efi, Endivi» ,
\Cichgrij
^ Aniji
I , , y • \ FçenicHli ,
I r Mapra.^ ^ymini ,
Calida. \ '^Carui ,
î Ameos ,
Çl^Atuor AquA Cardiales^ ,
§lMtmr AquA PleurkicA.
Fna Olea Stomachica.
^ Minora.^
< Danei ,
^ Endivia
\ Cichorij
") BugloJJiyvel Borraginis.
\Scabiofa,
r Cardui B. JlFariA ,
\ Taraxaconis ,
Cardui benediSti,
K^cabiofa ,
^ Abfinthij
J Cydomorum.
Mafiichinum
^ Althaa ,
rcalid».
)Agnppa,
n. , Tr , } \Martiatum,
B^atuor Fnguma. < ç Album,
Uni«V4.i
* ) Citrinum ,
K^Populeum,
r Bafilicmn, digerit,matHrat.
it^tmr Fnguenta Chirurgis ad ma-\ Firide ^poflolor.mundificat^
num, Aureum , incarnat.
\ Album, cicatrisât.
PRE
2*08 ^Âppendix
PREPARATIONS
de plufîeurs Médica¬
ments fîmples.
De ia Scammonée.
ou quatre doigts. Et puis on le tien¬
dra au B.M. jufqua ce que le fuc
acquière couleur de laid. Et on y
ajoutera d autre fue tant de fois qu’il
ne tire plus cette couleur de Laift.
Ayant laifîe raiîèoir cette liqueur , on
mettra la refidence dans quelque pot
de terre vernilîc , qu’on tiendra au
Soleil 5 ou dans une étuve.
Préparation des Poulmens de
Renard.
Première préparation.
Lu ScS- R E N E Z de la Scam-
monée ^ @ monée choifie & pulve-
^s'apZüe s
vUgrt- Coings huit onces. Mé-
de, lez - les enferable , &
aprez les avoir lailï’é macérer l’elpa-
ce de vingt quatre heures , il fau¬
dra évaporer l’humidité à chaleur
lente , & garder la refidence.
Seconde préparation.
Il faudra enfermer ladite Scam-
monée pulverifée dans la . cavité
d’un Coing-, mondé de fon cœur:
qu’on enduira tout au tour de pâte,
& puis on le fera cuire au four , ou
fous lès cendres chaudes , ainfi qu’il
convient. Et aprez ou tirera la Scam-
monée.
troijiéme préparation.
On prendra de la Scammonée
pulverifee quatre onces. Qu’on met¬
tra dans un matras de verre , y ver-
fànt du lue de Coing dépuré , tel¬
le quantité , qu’il fumage de trois
Il faut laver loigneufcœent les
Poulmons frais d’un Renard ( en
ayant premièrement ôté l’âpre arte-
tere 1 avec vin blanc , où l’on aura
fait boiiillir de l’Hyflôpe & Scabieu-
fe , puis les delléicher dans un four
médiocrement chaud j de telle forte
qu’ils ne brûlent pas. Et aprez les
refierrer & garder envelopez d’Ab-
finthe , de Marrube ou Hyiïbpe fccs.
Préparation du fang de Bouc.
Vous nourrirez à la mailon un
mois durant un Bouc d’âge moyenj
avec Pimpinelle , A che, Perfic, Mau¬
ve, Saxifrage , & autres herbes fem-
blables. Aprez luy ayant fait ouvrir
les arteres , vous en recevrez le fang
qui encodera , que laiffercz rafleoir
&■ figer j en épanchant la ferofité»
& faifant feicher au four la raallè du
fàng coagulée. Le vray temps de
faire cette préparation , eft fur la
fin de l’Eté > environ les jours Ca¬
niculaires.
Pre
Pharmacopcsam» lo^
TreparMion de la futie. Freparation de la Coriandre.
On embrafera jiifques à ce qu’elle
blanchilTej la Tucie des Arabes oü
la Cadmie des Grecs , pour le moins
trois fois dans un crcufèc, l’éteignant
autant de fois avec eau Rôle : & â
la fin fera broyée , envelopéc dans un
linge net j fera pourmenécj & agitée
dans quelque vaiiîèau plein d’eau
claire j afin que la partie pfus fobtile
s’écoule dans l’eaiij&que la plus cralîè
& impure refte dans le noüet. Aprez
il la faudra laillèr ralîèoir j & verfer
l’eau , qu’dl n’y refte plus rien d’utile.
Préparation de l'Euphorbe.
L’Euphorbe fobtileraent pulverifé
fera broyé j & réduit lïir le porphy¬
re au marbre , à confiltance de Col¬
lyre, avec fùffifante quantité d’huile
d’Amandes douces , aprez on met¬
tra la malfe dans un Coing cavé , oii
dans un Citron , & envelopée de
pafte on la fera cuire au four. L’Eu¬
phorbe ainfî préparé , eft gardé dans
un vaiiîèau de verre bien bouché.
Préparation du Bol dl Arménie.
Aucuns le préparent avec Eau rofê,
d’autres avec du vin. Etant bien
broyé & liny , ils le délayent fi lon¬
guement , qu’il n’y refte aucune ordu¬
re ou fable. Puis dclîèiché au So¬
leil , ou à l’Air , on le relferre pour la
neceffité .
On macérera la fcmence de Co¬
riandre dans du fort vinaigre l’efpac
ce de vingt quatré heures, puis étant
fèichée , on la rellèrrera. On prépa¬
ré de même la femence de Cumin.
Préparation des Perles.
On concaflè les Perles dans un
morder de bronze & on les réduit en
pondre ou alcool tres-fitbtil , les
arroufànt cepandant d’un peu d’eau
rofè , de peur que les parties plus
fùbtiles ne s’exhalent , & leur vertu
ne s’en dirninué'. *Les C-oraux &c
pierres precieufes fe préparent de mê¬
me rhaniere.
Maniéré de laver t Alo 'és.
Prenez de l’Aloës fiibtilementpul-
verifé , autant que vous defirerez.
Mettez-le dans un pot de terre ver-
nifle , avec quantité fùffifante d’eau
bouillante , qu’elle fumage de deux
oit trois doigts , agitant le tout avec
une fpatule , afin que les parties plus
pures de l’Aloé's', fè mêlent avec
l’eau , laquelle fera épanchée , y en
remettant d’autre brouillante : la re¬
muant & verfant pour la féconde
fois J afin que les ordures , & parties
plus impures en puiflènt être fepa-
rées : & que les plus . pures mélan¬
gées avec l’eau aprez l’évaporation
de l’humidité foient réduites enmaf-
fe , qu’on gardera au befbin.
La
dd
ai O
La maniéré de faire
tOefype.
On vcrfèra fur la Laine gralïè,.
( qu on appelle fuccide ) c’eft à di¬
re qui n"eft pas nettoyée ny mon¬
dée > & qui aura été tondue au
col , & entre les cuilTes des bre¬
bis haraflees 5 de l-eau bouillan¬
te à plufieurs fois , & on la la¬
vera (oigneulèment , jMfquçs à ce
qu’elle aye depofé toute graif-
le dans l’eau. La Laine étant ex¬
primée fera mife à part. Quant à
l’eau gralîc & lordidc , elle fera
verfée & renverfée du haut d’un
vaillcau en un autre , fi longue¬
ment qu’elle devienne écumeulè;
ce qu’étant on lailfera ralfeoir l’é¬
cume , & on recueillira là graillé
qui nage fur l’eau. Et on verlèra
& renverfcra de* l’eau commune def-
fus 5 pour en ramalfer de nouvelle
graillé. Ce qu’on fera fi longue¬
ment , qu’il n’apparoilîè plus ny
écume ny graillé fur l’eau. Alors
on lavera dans de l’eau pure , la
graillé ramallce avec l’écume , la
nettoyant avec la main , en ôtant
les ordures , qui ' s’y retrouvent ,
changeant Ibuvcnt d’eau , juf-
ques à ce qu’elle en forte clai¬
re > & que la grailfe approchée
de- la langue , n’aye aucune acri¬
monie ; laquelle on gardera dans
un pot de terre bien fort, & en un
beu froid -
^ppendix
REMARQ^VE.
IE nay rien voulu dire en par-
ticulier fur les fufdites prépa¬
rations , quoy qu’elles fient fort
defeBueufes , par ce que fau-
reis été obligé d’y en ajouter d'au¬
tres qui y manquent ; en outre
que cela incitera l'apothicaire
curieux de recourir Au livre de
Serviterii , qui éfi joint à la
fin des œuvres de Mefué , ou
il trouvera aujfi la correüion , &
préparation de quantité de fim-
ples , qui fans doute le fatis-
feront.
SOMMAIRE
TR AI TTE'
DES
POIDS ET MESVRES
CY-DEVANT VSITEZ.
SL V S I E V R S de nos
devanciers ont fi do¬
ctement écrit des Poids
& Mefurcs , que ce me
feroit perdre le temps,
l’ancre & le papier , fi ce-n’étoît ou
pour gratifier nos Apothicaires
François , peu verfez aux langues
étrangères , ou les relever de pei¬
ne : & pour ne rendre cet œu¬
vre defeCtueux , & les obliger de
rbendier ailleurs , pour apprendre
^■ceam.
Il I
ce qu’ils ne doivent ignorer , &
les retirer de leur erreur invété¬
rée J à leur des- honneur , ■& pré¬
judice des malades. Ce que je fe-
ray le plus fticcintement qmil me
fera poffible : commençant par le
plus petit poids , je pourkiivray
jufques à la livre Romaine , & non
outre.
Le Grain eft le moindre poids
qui ibit j'qiii fertdc baie, ou fon¬
dement , & matière des autres :
lequel pour là petitelîè , les Grecs
ont appelle Lepton. Maintenant
la queftion eft de fçavoir de quel
grain on le doit conttruire : foie
de ceux de Cuivre , recctis
approuvez de toutes les Nations du'
Monde j & qui ne reçoivent alte¬
ration , & defquels les Maîtres des
Monnoyes , Orfèvres & Marchands
fe fervent à la fabrication de leurs
poids J pour pefer l’Or > & l’Argent,
métaux fi exquis, & neceffaires au
commerce.
Ou de Froment , ou d’Orge,
Ers, Lentilles , Lupins,. &c. que
les Grecs ( entre *lefquels la Mé¬
decine a eu plus de crédit ) d’un
feul mot ont nommé Siton , nom
commun & general à tous grains
propres à faire pain. Qui a occafion-
né aucuns pour la conftruétion de
leurs poids , de prendre, des grains
de Froment , les autres d’Ers^s les
autres de Lentilles , les autres de Lu¬
pins. Ainfi autant de telles , au¬
tant de diverfes opinions. Djc la
s’eft enfuivy une faute , qui n’eft
pas petite ', à fçavoir que leurs
poids n’étoient pas toujours uns ,
& de même : mais plus ou
moins pefans j lèlon la bonté du
terroir & la clemence de l’Air,
où tels grains étoient provenus. Car
fi la failon «oit pluuieufe , le ter¬
roir propre , & melioré de fumier,
les grains étoient mieux nourris,
& par conlèquent plus pefans. Au
contraire plus légers , fi la fai-
fon étoit feiche , & le terroir
maigre , moins labouré 6c melioré
de fumier.
Dav%ptage une autre erreur non
moindre, eft commis par plufieurs
Apothicaires , conftruifans leurs
poids de Plomb , lequel amafte
facilement de l’ordure , lür Içiirs
Banques , le plus fouvent grallès
& mal nettes : pour lefquels net¬
toyer , ils fe diminuent toujours
en les frottant : de forte que leurs
poids ne demeurent pas en leur
entier. ■
Pour donc établir vne doélrinc
afleurée , & qui foit gardée par
tous les climats de la terre , & évi¬
ter tels inconveniens j je foroi? de
l’avis de Mpnfieur Fernel , per-
fonnage autant doéle , & experi- grains
menté que l’Europe eh aye pro- ,
diiit depuis mil ans .en çà : que
les poids fuflènt confttuits de Lotte
ton , ou de Suivre , ou d’autre Medeci-
metail folide,non de Plomb de ne.
grains ( non de Froment , d’Orge
ou autre femblable ) mais de Cuivre,
defquels touteî les Republiques , les
Maîtres des Monnoyes, & les Orphe-
vres fe fervent , en la conftruéîion
•de leurs poids , pour pefèr l’Or , &
l’Argent , qui ne reçoivent altera¬
tion comme le, Plomb , à caufède
fà mollelfe en les frottant , & fe
maintiennent nets , & font plus fa¬
ciles à nettoyer.
d d i ^ le
1 1 2. Des Poids des Me fur es, •
le ferois auffi d’avis , que nos ca-
raderes fiiirent ôtés du milieu de
nous ; & qu’au lieu d.’iceux > nous
écrivilîîons nos poids par les premiè¬
res lettres ou fyllabes , un poindt
après J pour ne donner occafionaux
apprendts encore peu versés en la
connoiirance d’iceux , de commettre
femblablesfautcSiqui ne lontqnc trop
fouvent arrivées , au préjudice des
malades.- •
chd- î- 'autre poids qui fuit le grain
au. étojc nommé des Grecs ChâlcHs , 6c
Æreo- fy£reolKi , plus ufité entre eux qu’il
n’aft maintenant : lequel contenoit
deux grains.
Sili^ua eft appellé des Grecs Ce-
ratioriy 6i des Arabes Kirat, laquel¬
le contient deux Chalques , ou qua¬
tre grainSi Quelques-uns la font un
Dmich. peu moindre. Dauieh , eft le nom
d’un autre poids , feulement uficé en¬
tre les Arabes , non entre les Grecs,
ny Latins ; lequel contient deux fili-
qués-, ou huit grains.
oklta. Ohaltu , eH le nom d’un autre
poids , appelle, des Arabes Omlofat,
fort uiité entre les Anciens , & les
Modernes , (gient Médecins , maî¬
tres des Monnoyes , Orphevres , &
Marchands, Poiirce* qu’il contient
trois Jîliques , ou ilx chalques, ou
douze grains , ou* demy denier , ou
demy icrupule, 6c le marquent par
les premières tetties , ifn poindl aprez
O b. Nicolaus Salernitanus,Saladinus,
NiçolausPræpofitus, &la plus part
de nos Apochicaires , par leurs vers
tant célébrés , le conftituent de dix
grains Ôc.non de douze.
SerttiH- ScfHpulm , oj. Scrupule, c’eft ce
Im. ' que les Marchands , 6c Orphevres
■ appellent denier ; 6c les Grecs Gram,'
ma ^uafi primum ponderis elemen-
tum : pource qu’ils le compofoienc
d’autant de grains qu’il y a de let-
très en leur alphabet , qui font en
nombre de vingt-quatre : il fe mjt. .
que par les premières lettres ainfi,
Scrup. ou 9. De cecy on peut colli-
ger l’erreur ^ue plufieurs commet¬
tent fuivans 1 opinion invétérée, &
fondée fur l’authorité defdits , Sder-
nitanus , Saladin, & Præpofitus , en
conftituant le fcrupule feulement de
vingt grains , & non de vingt-qua¬
tre , ielon la doétrine même des
Grecs , & de l’ulàgc approuvé par
tous les Royaumes du monde , &
Marchands , Orphevres , & Maîtres
• des Monnoyes. A l’opinion de toqs
lefquels il vaut mieux acqiiiefcer,
qu’a tels quels Autherirs,&ignorans,
ou opiniâtres Apothicaires, qui n’ont
envie de fortir du bourbier d’igno¬
rance.
Que s’ils défirent de fiiivre au
fcrupule, & drachme , que ne les
fuivcnt-ils de même en l’once , &
la cpmpofènt de neuf drachmes,com-
me ils font enfcl^nés par leurs Car¬
mes mêmes , & non de huit, com¬
me enfeighent les Grecs.
Pour ce je fuis d’avis qu’ils fui- au¬
vent nôtre opinion , mieux fondée
que la leur. Et pour n’avoir
peine , & déveloper leur efprit de
tant- d’affaires , 6c affèurer les Me- deMi-
decins , de ce qu’ils ordonneront
pour les malades , il faut prendre
douze onces poids de marc ufité en
la plus parc du Royaume de France,
pour une livre de Médecine ,. & trojs
onces pour un quarteron , 6c non
quatre. Car crois eft le quart de
douze , comme quatre de feize. Cha-
Des Poids ^ des ]\defures. 2, 1.5
cune once poid de’ marc , contient
huit dtachmes, & chacune drach¬
me , trois fcrupules ou deniers > &c
chacun fcrupule , deux oboles , ou
ving- quatre grains , qui diiènt ic-
ptance-deux grains pour chacune
drachme. Ainfi faifant feront beau¬
coup foulages , & leur efprit en re¬
pos J & les Médecins ailcurés de ce
qu'ils ordonneront.
dDch- Drahma on Drachme eft appellée
”>*• des Grecs Holce. C’eft la huitième
partie d'une once, & non la neu¬
vième, comme veut Salernitanus , &
' tous ceux qui ont foivy & fuivent
fon opinion , & fe marque ainfi,
drach. ou 5,
Dm- Denarim , ou Denier de Medeci-
ne , eft plus pelant que celuy des
Orphevres. Car celuy des Orphe-
vres eft ce que les Médecins appel- ■
lent forupule , qui contient vingt-
quatre grains : & celuy des Méde¬
cins contient 8 a. grains & deux fc-
ptiémes de grain, de maniéré que les
lept deniers valent une once. Le vul¬
gaire à Rome , du tems de Galien,
confondoit la drachme avec le de¬
rnier, pour le pe>j de différence qu’il
y avoir, & même en chofe de pe¬
tite conftquencc : Ainfi qu’on peut
colliger de liiy même au livre hui¬
tième des médicaments locaux , di-
lànt que le denier des Romains eft
la drachme des Grecs. Il fe marque
par ou ainfi, Den.
jlg. Attretu , Ei^aginm , Sextula, & So-
nn, lidurn ne diftèrent en valeur , mais
de nom foulement. Car ils font la
fiziéme partie d’une once, qui eft
quatre fcrupules , fiiivant nôtre fup-
putation , fondée fur la doèlrine des
Grecsjàraifon de huit dradrmes pour
once. Ou une drachme , & demie,
fuivant la doèlrine de Salernitanus,
qui établit fon once de neuf drach¬
mes. Ils fe marquent par les pre¬
mières lettres, ainfi, Am-Exag. Sext-
& Solid.
Ajfarim , ou Sicilicui , eft le nom .
d’un poids que nous appelions vul-
gairement quart d’once,qui font deux
drachmes , lequel non. pour le jour-
d’huy n’eft pas pratiqué par les Mé¬
decins. Car ils fpecifient le nom des
drachmes qu’ils veulent être mifos
en leurs ordonnances.
Due lia, le nom d’un autre poids
aciennement ufité , qui eontenoit la
tierce partie d’une once , qui vaut
huit forupules , & fo marque auffi par
les premières lettres. Duel.
■ Dupondium , c’eft nôtre demie
once, & fe marque |.fi. ou une.
fem.
Fncia.
Vheia , ou once , c’eft la douziè¬
me partie de la livre Médicinale, tant
des Grecs que des Latins , laquelle'
contient huit drachmes , ou fept de¬
niers, ou vingt - quatre fcrupules r
ou f 7 grains , qui font trantc-fîx
grains de plus , que celle de Saler-
nitanus, qui établit la fienne de neuf
drachmes , & chacune drachme de
foixante grains : qui font de plus
nonante-fix grains pour chacune on-
. ce' ,' à celle de nos Apothicaires,,
conftituant la leur de- huit drach-
nies, & chacune drachme de foixan¬
te grains , & de vingt leur fcrupule..
d d i Lefquels
XI 4 l^esVoiâs
Lefquels nonante-fix grains , valent
à leur compte une drachme & de¬
mie & fîx grains : & au nôtre qua¬
tre lcrupules. Voilà de combien eft
plus legere leur onccjque celle de leurs
Aiichcilrs , & des vers par eux tant
célébrés , & de celle des Anciens
Grecs. Elle fe marque ainfî, me.
ou %.
Sextans, fDeux Onces.
Triens, \ I Trois Onces.
^adrans, Vcôtiéc.'^ Quatre Onces.
Quincunx, | j Cinq onces.
Sexmx, J ISix Onces.
. Semis , fignifie la moitié du poids
nommé J Ibit Grain, Obole , Scru¬
pule , Drachme , Once , Livre ,
& ainfi de tous autres poids , &
mefiires , & fe marque par les
premières lettres ainfi , fem. ou S
ou fi.
Septmx, T fy.Onces. •
Besyfeu Ofturix, j j S.Onces.
Dodrans, ).Cütiét.-< 9.0nces.
•Dextans, | | lo.Onces.
Bemx, J Lii.Onces.
Lil’fa. As. Ponde.
La livre de Medecine , du nom¬
bre des onces qu'elle contient , ell
appelléc , Quelquesfois des La¬
tins Pondo ( fans addition) & Libra.
Car Panda avec addition , ne fè
prend pas pour' livre j mais pour-
poids , ôc efi indéclinable : com¬
me Ponde , Grant , Oboli , Scrupu-
U , Drachma , Denarii , mcia , li-
hra unius , vel Plurium. C'eft à di¬
re le poids d’un grain , d’un fcrnpulj
d'une drachme j d’un denier , d'une
once > d’une livre » ou de plufieurs.
^ des Adefmes,
& le marque par les premières let¬
tres un poinét après, ainfi , As.
Pond. lib.
De ce que delfus on peut colliger
la livre de Medecine , tant des Grecs,
que des Romains, contenir fix mille
• neuf éents douze grains.E| celle de Sa-
lernitanus,SaIadinus,& Præpofitus,fix
mille quatre cents huiebante grains,
qui eft moins de quatre cents tran-
. te-deux grains , qui valent juftement
fix drachmes chacune , à raifon de
feptante-deux grains. Celle de noS'
Apothicaires , conftituans leur livre
de douze'onces , & chacune once de*
huit drachmes , & chacune drach¬
me de ïbixante grains. Leur hvre
ne revient qu'a cinq milles fept cents
foixantc* grains : qui eft de moins
à celle de leurs Aiitheurs , dont ils
fe veulent prévaloir de fept cents
vingt grains , qui valeht à leur com¬
pte une once demie. Et à celle
des Grecs » & Latins anciens , à mil¬
le cent cinquante-deux grains, qui
valent juftement deux onces , à rai-
fbn de lèptante-deux grains pour
chacune drachme. Tay bien voulu
calailer le tout, pour leur montrer"
en quoy ils fe trompent enla con-
ftrutftion de leurs poids ; afin qu’à
l’avenir ils loient plus ' avilèz qu’ils
n’ont été au pafsé, & ne s’arrêtent
tant à leurs Autheurs , & aux vers
fiilciits, comme ils font, & tâchent
de fiiivre une opinion fondée fur
la railon , & authorité ancienne. La
livre des Marchands François n’eft
pas toute une, pour le plus elle con¬
tient feize onces , & celle des Mé¬
decins douze , & celle des Orphe-
vres , & maîtres des Monnoyes huit
onces,& chacune once huit drachmes.
Des Poids 0^ des oPldefitres. 1 1 5:
Sc chaciine drachme trois deniers,
que nous appelions fcrupule, 5e cha¬
cun denier ou fcrupule vingt-quatre
ai» & ^ vingt J Mm ou Mt-
Mim. r.a, c’eft la «livre du Royaume d' A t-
tique , gouvernée par les Athéniens,
qui contient cent drachmes , qui eft
demie once de plus que celle des
Grecs , 5e Romains , que nous avons
fiiivy , 5e devons fùivre comme plus
clairs-voyans.
Des Mefures,
Celuy qui conlîderera la mifère
de ce monde , trouvera qu'il n’y a
chofe permanante, 5e" par confe-
qnent né s’étonnera pas de ce tpie
plufieurs poids Se mefures des cho¬
ies tant folides , que liquides , an¬
ciennement fort ufités, ne le Ibnt
plus : car il viendra un autre tems,
que pluffeurs mefures qui font main¬
tenant en ufage ne le foront plus :
. 5e au lieu d’icelles d’autres fuccede-
ront , comme dit le Poçte Hotacc
des vocables. Pour donc établir' une
chofe alfeurée pour l’avenir , il faut
rapporter les mefures anciennes,prin-
cipalement celles qui font mention¬
nées aux compofitions des Anciens
cy-devant Paraphrasées en faveur
des jeunes ( 5c peu versés aux lan¬
gues étrangères ) Apothicaires Fran¬
çois : & au plus prés qu’il lèra pof~
lîble à nos poids , 5c non à nos me¬
fures , qui font autant differentes,
pour le moins qu’il y a de Provin¬
ces en ce Royaume : quoy qu’il foit
gouverné par un Monarque Henry
1 V. du nom, 1 6 1 o. Pour y parvenir
il fout confiderer que les mefores
font pour les.chofcs liquides ccutu-
me les poids pour les folides : 5c
que pour les liquides elles pefènt
plus ou moins , félon la' nature de
la liqueur qu’on veut mefurcr. Pat-
exemple l’huile pour ctre d’une na¬
ture aérée , ôc legere , eft plus lé¬
ger d’une neuvième , que le vin qui
ett de médiocre fubftance'; au con¬
traire le miel pour être d’une fobftance
terreftre, 5c pefante, il eft d’une moi¬
tié plus pefànt que l’huile. Ce con-
fîdcré il fera facile .à l’A'pothicai-
re en quelque chmat qu’il habite , de
.rapporter les mefures des Anciens,
à celles de fon pais , ou à fon poids,
pourveu qu’il entende ce que s’en¬
fuit. Parlant des poids, nous avons
gardé l’ordre compofitif icy le re-
folutif. Pour décrire le Sextier , 5c
Hemine mentionnées aux compofi¬
tions des Anciens , cy-devant Para-
plirasées , il faut commencer à celuy
donc ils font defocndiis , qui eft le
Congiüs.
Congms , ou Chm.
Congius ,oM GW, étoit une me-
fiire iifitée , tant en la Région d’A-
thenes , qu’à Rome : lequel en Athè¬
nes pefoit neuf livres , 5c à Rome
fîx.
Sextariffs , Chijl.
Le Sextier appellé des Latins Sex^
tartHi, 5c des Arabes , Chifi > eft ain-
fi nommé , pource qu’il contenoit la
fiziéme partie du Congius , qui fe-
roit en Grece une livre 5c demie , 5c
à Rome vingt onces , qui valent une
hvre huit onces.,
Qitulai,.
Des Poids des Adefures.
CotuU , ou Hem'ma.
Le Comla , ou Hmina , c’ctoit
la moitié du Sextier , qui revient
en Grece à neuf onces , & à Ro¬
me à dix. Ainfi que des écrits de Ga¬
lien y nou's pouvons colliger j tant
aux livres premiers , des médica¬
ments , félon les genres , qu’ail-
leurs. Difànt ( aux comportions
d'Andromachus , & d’Heras ) le
Sextier contenir dix-huit onces , &c
l’Hemine dixj Luy qui étoit Grec .
de nation j & qui habitoit à Ro¬
me , s’accommodoit tantôt à fon
pais , tantôt à celuy où il demeu-
roit y principalement en chofè de
peu de confequence , & qui ne peut
beaucoup nuire , fbit huile , eau , fuc
vin , ou miel. Exemple de ce que
dcfliis félon Æginctc.
Congius.
Le Congius contient neuf livres
d’huile , dix de vin , & douze li¬
vres & demy de miel.
Sextier.
Le Sextier dix-huit, onces d’hui¬
le y de vin vingt» de miel vingt-
fépt , qui valent deux livres & un
quarteron.
L’Hemine.
L’Hemine contient neuf onces
d’huile» dix de vin» qui eftde fub-
ftance médiocre : & treize onces
& àeipie de miel.
Myjlrttm Magnum.
Le grand Myftrc» contient trois
onces d’huile » trois onces & huit
fcrupul. de vin » & quatre onces &
demye de miel.
Acetabulum.
L’A cetable contient dix-huit drach¬
mes d’huile : & deux onces douze
fcrupules de vin: & trois onces qua¬
tre fcrupules de miel.
Cyathm.
Le Cyate » njefùrc ainfi appcllée
pour fa fémblanceà un verre» con¬
tient douze drachmes d’huile : &
une once & demie , te quatre feru^
pules de vin } & deux onces deux
drachmes de miel.
Myjlrium parvum.
Le petit Myftre contient fix
drachmes d’huile : & vingt fcrupules
de vin 3 & neuf drachmes de miel.
Voilà fommairement les niefures
dont les Autheurs des precedentes
compofitions » foient Grecs » La¬
tins’» ou Arabes» fc font aidés»
lefquelles l’Apothicaire diligent &c
curieux de ce qui luy appartient
Içavoir en fon Art » pourra faci¬
lement accommoder à celles de fon
pays.
S’enfuit des autres mefures » pour
les chofès feiches .» qu’on ne pe¬
lé: pour le plus fôuvcnt » . & entre
nous plus pratiquées que les pre¬
cedentes.
Du
Dei Foids des <sFldeJures. "lij
trele bout des trois premiers doigta
(è peut légitimement comprendre
fans Gxcez , & fe marque aulîî par la
première lettre , ainfi , A
Il refte le Semis , qui lignifie la^
moitié de la melure j qui précédé , ôc
iè marque ainfi , S. ou /i.
le laide plufieurs auttes poids,
Sc mefures dont les Anciens le lér-
voient , pource que les Audieurs
des precedentes compofitions n'en
font mention. Tputesfois s’il y a
quelqu'un qui defire en fçavoir da¬
vantage , il pourra lire ce que do¬
ctement en ont écrit CelCis , Scri-
bonius Largus , Pline , Galien , Paul
Æginete , & de notre tems Sil-
vius , Sc Fernel , delquels il ap¬
prendra allêz pour fe contenter. Sur
ce, je prie Dieu pour l’avenir me
faire la grâce de pouvoir faire cho-
fe qui loit à là gloire , & au pro'
fit de mon prochain. Ainfi Ibit-iî.
anagramma avctoris.
BKBVIVS ID CVKABIS.
5ridus Bauderius,
•vel
Bricius Bauderonus.
VIKOS ABVNDE CVKABIS.
c e
Des Mefures des Herbes , dr des
Fleurs.
Premièrement nous commence¬
rons au Falacule comme la plus
grande , qui contient tout ce que
le bras plié en rond peut contenir,
Sc fe marque par les premières let¬
tres , un poinét après , ainfi , Fa/c.
Nous en nions communément, quand
nous voulons mefiirer les herbes ré¬
centes , à la compofidon des bains
artificiels.
Mmifulus.
La manipule contient , ce que la
main clolè peut contenir , & le
marque aulîî par la 'première let¬
tre. M>
La Pugille contient tout ce qu’en-
trait
L ny a rien en-îou-
te la Pharmacopée,
Melîîeurs , qui iheri-
te plu^ .'de. reforma-
cion , qlie la proce¬
dure qu’oh tient au-
jonrd’huy à dilîillcr les Eaux dans
les Boutiques. Pour autant quon
fè fett en cela communément de
certains vaiflèaux , qui au lieu de
rendre de belles Eaux claires , agréa-
blés , & utiles pour la fanté des
malades : tout au contraire elles ibnt-
troubles, de mauvais goût, & pre¬
judiciables à ceux qui en ufent , ain-
ü que je le feray voir plus particu¬
lièrement cy-aprez. Sans que per-
ü>me fe lèii encore mis en. devoir
( que je fçache ) de remedier à et
delbrdrc , comme lî à déllèin on fe
fut peu foucie dfe l'incommodité
qui en. renient d ordinaire. Nonàum Cml-
vnut'inte^r}' de liqiCorihHi vi calo-
rü exhahantihiu , ac per diBillate-
ria ‘v'àfcula mirifico opéré elicitii jinintis,,
definivit. Car entre plufieurs Phar¬
macopées , qui courent prelenteinent
parroy notjs , on ne trouve point
pourtant én‘ aucune ce qu'on defi-
reroit , touchant' l’importance des¬
dites Eaux difliüées. Que lî Mat-
tlriole, Weeker, Liebaut, Sylvius,
& quelques autres Médecins , fem-
blent en avoir dit quelque chôfe en-
leurs livres, & Antidetaires : je trou¬
ve neantmoins qu’ils ne s’y font p^s
awito
l^raitté ded Eaux àift^iüées, %\
stnêcé ainfi que le fujet le mérité,
& comme j cfpere de faire en ce
lieu. Voilà pourquoy j ay creu ne¬
tte, pas mal à propos de donner cét
avis an public , qui contiendra trois
chofcs neceflàires pour l’intelligen-
tim ce de cette matière, La première ic-
M" ra le Cathalogue des Eaux qu un
ilus' ■AP°diicaire doit tenir en fa Bouti-
m U- fécondé quels vaiiîèaux on
fiillu. employé mal à propos aujourd'huy
ùms. pour les extraire. Et finalement le
vray & légitimé moyen de tirer les-
dites Eaux , pour les avoir de la
qualité requife , c’efi; à dire avec l’o¬
deur, laveur & propriété, celles qu’on .
les trouve aux matières defquelles
elles font excraittes, fans qu’aux dites
Eaux il lé perçoive aucun Empy-
reume , ny autre qualité étrange &
defagreable , ainfi qu’il a vient in-
falliblement en celles qui font mal
dillillées, le ne parleray point en ce
lieu, comment & par- .qui la diftil-
lation fut inventée , ny de la qu&-
ftion qu’on a voulu agiter quelque¬
fois, pour rechercher & relbudre fi
les Anciens Grecs, & Arabes ont
conneu la diftillation , & s’ils ont
hvin. usé des Eaux diftillées. Les uns Ibû-
Milkr Grecs en fçavoient
lis ' qtielqne chofe , & que les Arabes
Uhx. femblenty avoir ajouté pourlaper-
feétion de cette fcience. D’autres
iifiillu. que ny les uns ny les
autres n’employerent jamais que des
décodions bien épurées , &c nulle¬
ment les Eaux telles, qu’on les di-
ftille aujpurd’huy ; ainfi que Monar-
des en un petit difeours qu’il a fait
des choies Perfiqnes, le eonfiritie di-
fant VfHrpabant enim antiqai ( in-
quit ) pro aquü non hoi fubUma~
tiones , fed ex herbis fuccas ex- .
trahêbant , & pgfi levem fervo-
rem excoUbant. Et fedimine ff£ia
fupremam , ac defecatam partem
fecernebant , & ilia utebantur pro
aquù.
Pour la relolution dequoy, comme
qu’il en Ibic , je r’envbye les eu-
rieux à Liebaut , *& aux autres qui
en traiccent amplement , fans m’y
arrêter davantage ; puilque j’entre-
prens de travailler ( icy. comme j’ay
dit ) dû moyen de bien exactement
diftiller les Eaux qu’un Apothicai¬
re doit employer d’ordinaire , ayant
cllimé le furplus pour ce regard
inutile : fiippliant les plus curieux
de m’exeufer , fi je ne les conten¬
te fur ce fujet , comme ils defire-
roient , & luivant l’importance de
cette matière. Dilànt donc pour par- -Divi-
1er du fait que j’ay entrepris , que /o»
nos Eaux diftillées fe divifent en
Eaux fimples , & en composées. Gel- '
les-là étans tirées d’une féulé ma¬
tière , & celles-cy de pluficurs mé¬
langées enfemble. Les premières fe
peuvent diftinguer en deux façons,
ou bien en Eaux froides , com¬
me celle de Nénuphar , & fembla-
bles :& en chaudes , comme celles
d’Abfinthe , ou autre de même nature,
le fçay bien qu’on pourroit enco-
res les divifer fuivant les parties
des plantes dclquelles on les tire,
comme eh Eaux de racines , de
fruits, de fueilles , de fleurs & fc-
mences, ou bien en' Eaux de Piin-
tciîis,ou d’Eté , ou d’Auîonne. Mais
pour s’accommoder à l’ulage corai-
mun & vulgaire , la prt miere divi-
fion fora prefentement par moy en-
XXÔ
fiiivie > étans lefdites Eaux Emples,
froides, & chaudes, comme celles
qui s’’enfuivenc.
ait te des Eaux âifiillées.
le rôle de celles qu il faut en nos Bou¬
tiques cft tel que s'enfuit.
•'1, Ahjînthii y
i. Acetofa,
5. Agnmoniiy
4. BetonicA >
5. Borraginist
6. Bdglojft ,
7. Cardui bened.
8 . Chelidonii ,
9. Cichorii,
10. EndivvA,
ni EuphraJiAy
12. Fœ>nculi,
1 3 . EnmartA ,
14. Graminüy
15. Hjijfopiy
1 6. LaÜHca ,
17. Liliorum ,
1 8. MatriJfylvA »
19. MatrkartA r
XQ. JHeliJfA ,
X I . Papaverü rubri »
X 2 . PimpinelU ,
X 3 . PUntaginü,
24. Portulacxy
2 J, Rofarumy
x6. Arthemifia y
27. Scabioft ,
28. THjfilaginû ,
le ne mettray point en ce pre¬
mier catalogue trois Eaux necelfai-
res à un A pothicairc , quoy qu'el¬
les foicnt fimples & non compo¬
sées, Içavoir l'Eau de miel , l’Eau de
vie, & le vinaigre diilillé : parce que
telles Eaux doivent être diftillées par
des formes particulières , ain/î que je
le feray voir cy- après lorfque j'au-
lay parlé des Eaux composées , dont
f Ctnnamomi MatthïoU ,
I Imperialü Varandai,
Ac^vA.^ CœleStù loann. de Figo,
I Theriacalis Rondeletii,
Aluminofa Liebaudii.
Et voilà la premiei*e choie que j’ay
promife , qui me fera palfer au fécond
poinét concernant les vaiffeaux qu’on
employé aujourd'huy mal à propos
pour les extraire. Surquoy je remar- cinq
que,qu'on fe fert aujourd'huy de cinq finis de
fortes de vafes aux Alembies, comme
on parle. Le premier cft un grand va-
fe de cuivre , appelle refrigeratoire, i,Refrù
qui porte de l'eau fraîche , quieon- sennei-
dcnle les efprits , ce dit-on , qui par- "•
viennent juCjues au haut de la chap
pe , & fait que leldites Eaux en font
par après fort bonnes , en quoy ceux
qui les ont y procèdent ainfi. Ils dé¬
coupent ôc pilent lés herbes , foit
chaudes ou froides indifteramment ,
&! ajoutent de l'eau commune en
iÇihz bonne quantité lùr icelles , puis
bouchent bien la courge , & la cliap-
pc, Sc pofent le Refrigeratoire ou
£ir un trepied , ou dans un, four¬
neau, qui a une grille pour le Ibû-
tenir, ôc là avec un bon fat chauf¬
fent ledit vafe , qui touche immé¬
diatement j ou peu s'en faut , la-ha-
me du feu ou la braife , & en te¬
nant curieulèment l'Eau delà chappe
fraîche par divers changemens , ils
diftillent ainfi les Eaux en abon¬
dance & avec facilité ; car en un
jour il en fort plus grande quan¬
tité ôc plus promptement , qu’on
n'en pourroit avoir en une fèpraaine
pac
Tarait te des Eaux dtftîüées. m
pr le moyen d’un autre forte de
vafe. Que fi on demande pourqnoy
ce valè, a été fabriqué plutôt de cui-
■ vre qiie de quelque autre matière j
je réponds qu’on en pourroit ren¬
dre trois raifons. La première pour
autant que la connoiffance de travail¬
ler le cuivre eft beaucoup plus ancien¬
ne que du fer.
îline. — PofiertHS ferri efi Arifque rf-
pertm.
Sed prior Arts erat , quam ferri
cognitus nfiis.
La lècondcjparce que le cuivre eft
plus beau & plus agréable , voilà
pourquoy les roues & gentes des cha¬
riots étoient faits de cuivre j & les
chevaux étoient ferrés de cette ma¬
tière par magnificence anciennement,
d’où vient qu’on appelloic Chalco-
podes , bien que quelqu’un ait pen¬
sé que ce mot de Chalcps ait été
attribué quelquefois au fer auffi bien
qu’au cuivre. Finalement j’eftime
que ce mctail a été jugé prefcrable,
pour autant qu’un tel & 'fi .grand
vafe fait de fer eût été pefent &
importun à merveilles , & dange¬
reux à rompre. Car le fer qui eft
beaucoup plus aigre & plus pefant
ne s’étend pas en fi menues lamines
fans fe rompre comme feit le cui¬
vre ; outre qu’en peu de teins par
la force du feu, le fer eût jetté for¬
ce cralfe , & fe feroit diminué par¬
ce moyen : car fi on remarque les
forges des Marefehaux & des au-,
très ou le cuivre eft ouvragé , on
verra bien qu’és premières la ctal-
fe eft abondante , & qu’és autres
ü ne s’en trouve .gueres. Lt de fait
à raifon de fa durée , les Romains
l’ont préféré pour en faire les fta-
tiics , médaillés , & tablettes , fur lef-
quelles ils tenoient leurs ordonnances
gravées, comme pour fervir d’un per¬
pétuel témoignage à la pofterité.
Mais voyons le fécond Alembic secotiA,
qu’on employé aujourd’huy,qui s’ap- Rofaire.
pelle Rofàire, à caufe'de la coûm-
me qu’on a pris d’y diftiller J’Eau
Rofe, lequel eft un petit fourneau
de fer qui porte une couppc de cui¬
vre , couverte d’une grande & poin-
(ftu'é chappe de plomb , dans laquel¬
le couppc ils mettent, leurs herbes
qu’on pile , ou incife grollîere-
ment avec cette circonftance, felon
quelques-uns , qit’immediatement au
delfus de la matière qui diftille dans
la couppc , il y faut mettre un peu
de fable d’un travers de doigt ou
environ , afin que par le feu qui
chauffe immédiatement le vafe où
font lefdites herbes & chofes fem-
blables elles ne viennent à fe brû¬
ler en quelque forte : ce qu’on é'^'i-
tera par le moyen dudit fable , qui
eft entre le feu & les herbes fuf-
dites. Lequel vafe au refte peut avoir
pris vogue, & s’être maintenu jufe
ques à prefant pardeflîis les autres’,
pour quatre, raifons affez,- valables en
apparence. Dont la première eft, que
telles Eaux ne retiennent point on
fort peu d’empyreume paflànt par ce¬
rnerai , parce- que le plomb reçoit
fort peu d’ardeur & acuité du feu,
comme plus mol qu il eft , &c qui
fefond à plus douce ôc legerc cha¬
leur que les autres métaux -, ainfi;
que Matthiole femblc l’avoir creu.
Voilà pourquoy les Spagyriques ôc
Diftiilateiirs en toutes leurs extra-
ee 3 üions;
Vline
//v.54-
chu^. i8.
iiL ait té des Eaux âtHiUées.
étions des fubftances qui craignent
Taduftion, ufent des bains de Plomb
à caufè qu’il rend une chaleur beau¬
coup plus modérée & égale que nç
fçauroit faire le fer , le cuivre , & la
terre ciiitte, qui gardent long-teanps
une imprcfllon de feu forte &mor-
dicante. Secondement la Chappe de
lomb augmente la froideur aux
erbes, & Eaux froides , & corri-
e la chaleur de celles qui font chair¬
es , & les rend par ce moyen meil¬
leures & plus exquifes , ce qui pro¬
vient à raifon de fa qualité rafraichif-
lànte. Voilà pourquoy appliqué en
placque liir les reins , il a la vertu
de reprimer la chaleur de l’Homme
trop addonpé à luxure > ainli que
Caluns grand orateur , au rapport
de Pline, fc garcntilloit des pollu¬
tions] nodurnes , & importunes qui
le deftournoit bien lôuvcnt de vac-
uer à fes eftudes. AdaUigatü Inm-
onm & remm parti laminü fii-
gidiore natma inhibere impetui ve-
neris : vijaque in quitte venerea
fponte natma erutnpentia ufqm in
mor.hi genm , hû laminis Caluus
orater cehibuijfe tradimr , vires-
que corperü fludiorum lahori eufio-
dijfe. Et de fait nous nous lèrvons
des mortie^ & pilons de ce metail
pour aider & augmenter la froideur
des matières qu’on y broyé. En troi-
fiéme lieu on peut dire que telles
Eaux qui paffent par la Chappe de
plomb , acquièrent une vertu corro¬
borative que ce metail leur imprime,
comme il en eft dolié particulière¬
ment fuivant ce qu’on remarque de
l’Empereur Néron , au rapport de
Pline, qui avoir accoiiftumé de por¬
ter urc placque de Plomb fur la poi-
drine pour fortifîer par ce moyen fa
voix, fous laquelle placque il chan-
toit plus vigoureufement fes chan-
fons lubriques , ce qu’il n’auroit
fait fans icelle. Nero Princeps (in-
quit Pliniui ) lamina plumhi peUo-
ri impojîta , fuh ea cantied excla¬
mant , alendü vecibui demanfiravit
rationem. Finalement difent ceux-
cy , telles Eaux étant diftillées par
CCS Chappes , acquièrent encores
une propriété rare qu’on remarque
au plomb , à fçavoir de conlèryer
de corruption &c pourriture. Voilà
pourquoy on fè fert de ce metail , à
faire des cailles pour mettre les corps
morts , qu’on yeut longuement con-
férver en, leur entier. De plus on ap¬
plique une placque de Plomb , fur le
ventre des Enfans , pont les prefer-
vér & garentir de la vermine , par le
moyen de quoy tels Alembics feront
preferèz à tous autres.
Mais delaillânt les . deux ' façons rMî/îj-
fiifdites , je trouve que d’autres em-
ployent des Courges & Chappes
de. cuivre bien étannées au dedans,
au canal defquellcs Chappes ils op- fajfe à
polènt un tuyau de fer blanc , appef «’avirs
lé ferpentine , qui traverlè un ton-
neau pertuifé pleiii d’eau froide ,
afin que les elprits des herbes pailans d'ea».
p’ar ledit canal fbyent pluftot ,con-
denfèz , & lefdits vafes de cuivre
font pofèz , ou fur tripied , QU dans
un fourneau , où il y a une grille
qui les fouftient , & la avec bon
feu ils eftiment que cette façon de
faire efi: préférable , allèn.rant que
l’étameure , qui eft -.au dedans de
ladite Courge & Chappe , empef ,
che parfaitte.nenr que leidites Eaux :
n’attirent rien d’étrange dudit W*"'.;'
' vre.
Trait té des Eaux âifttlUes. i-tj-
vre J & qu’ainfi elles font fort
bonnes.
(Sjun- D'autres mettent encores lesjier-
mmt bes dans des Courges de terre ver-
Oituf nie , qu'ils couvrent de Chappes de
Vütie ■‘■•Il • 1
«Wié" ajancent fur des
cAd/i/ie grilles dans des petits fourneaux,
iswr- comme les precedents 3 & ainfi ils
infiftent , plus à propos que les
autres , & leurs Eaux font préfé¬
rables , à caufè que de la terre ver¬
nie , & de la Chappe de verre ne
peut rien procéder d'étrange. Fina-
lèmént dautres méprifànt toutes les
jilm- procedures' fiifdites , s'arreftent à
fc celle -cy , pour diftiller les Eaux
défirent , à fçavoir de fe fer-,
vir en cela de Courges , & Chap¬
pes de verre qu’ils adjancent pro¬
prement dans une conppe de fer ,
ou de cuivre pleine de cendres ,
fous laquelle couppe il y a un four¬
neau pour faire feu. Et ainfi ils af-
feurent que c'eft la façon de diftil¬
ler la plus parfaite : car du ver¬
re ne peut être communiqué la moin¬
dre chofê du monde , qui foit
étrange.
Mais Meffieurs , contre tou¬
tes les fufditeS façons de faire , je
fuis contraint avec regret , de re-
prefenter aujourd’huy au public , que
je m'étonne grandement de k né¬
gligence & du peu de curiofitc de
ceux-là qui diftillent les Eaux des
plantes & autres chofès exquifes de
la forte. Car il n'y a rien en tou¬
te la Pharmacie de plus ‘confits,
rien de plus étrange , & qui rende
de plus mauvaifes & dcfàgreables
liqueurs , que ces fortes d’Alem-
hics & vafès : par ce que flairant
& gouftanc telles Eaux diftiilées a.
on les trouvera infailliblement toutes
indifféremment chargées de beaucoup
d'Empyreume, Et qui pis eft tant
s’en faut qu'elles , ayent les pro-
prietez qu'on defire , qu’au con¬
traire lès froides deviennent chau¬
des , & les chaudes acquièrent des
qualitez étranges & fort nuifibles.
D'où vient que les Médecins &l les
malades , qui employent telles Eaux
avec les fyrops, penfànt compofer des
lûlcps raffaichiffaris & agréables 5 fe
trouvent entièrement fruftrez de leur
efperance : celuy là pour ne recon-
noître aucun prolît , par le moyen
d’un tel remede , & celuy cy fè trou-i
vant échauffé plus qu’auparavant , &
ennuyé d’avoir avalé un fi defàgrea-
ble breuvage. Pour autant que le
mauvais gouft , & jene fç.ày qupy u<iihi(>,
de fâcheux qu’il en reffent par aprez, lum.-
l’excite &c luy caufê infailliblement
des naufées-, mal d’eftomach & au¬
tres incotniiioditez beaucoup plus
importunesTT^fie s'il avoir pris une
decoélion d’herbes & antres chofes
qu'on fait, bien clarifitées en forme
d’Apozeme. Que fi q uelque opiniâtre
& mal avifé vient à méprifèr toutes
ces remontrances, colnme je croy
qu'il ne s'en trouvera que trop ; je
croy être ncceffairé de le preflèr par
raifons en ce lieu, pour luy feire con-
felîèr fon ignorance , en luy partiel^
larifànt d où viennent les defauts aux
Eaux qui font diftiilées dans les fîtf-
dits vafes, afin que changeant d’avis
& de méthode , il employé d'orefna-
vant le vray & légitimé moyen pour
diftiller des Eaux très- exquifes.
2.14 Trait teZj des Eaux âiftiÜées,
Contre tAlemhîc appelle' Refri-
geratoire.
Difbns donc en premier lieu con¬
tre le Refifigeratoirc cy- devant allé¬
gué , îjue c'eft une grande faute de
diftiller les iierbeà dans cette for¬
te d'Alembics , pour deux raifons
tres-bonnes. La première , par ce
qu’en ce failànt on eft contraint de
verfer dans iceluy quantité d’eau
commune , comme j’ay dit cy-dc-
vant ; pour empefcher que lefdi-
tes herbes ne fe bruflent j comme
fans doute il adviendroit. D’od
s’enfuit ainfi faifant ^que l’Eau qui
en fort n’eft juftement , ou peu
s’en faut , que de l’eau commune:
mais de la propre liibftance deC-
dites herbes , fi peu que rien. Par
ce que l’eau commune qu’on y a
verfée par delfus , qui nage fur
ces matières , comme plus difpo-
féc à monter pluftot , fo trouve
diftillée avant que la liqueur , &
l’humidité defoites plantes foit for-
tiej ce que ncantmoins on recher¬
che d’elles.
Et l’autre raifomeft, que le cui¬
vre imprime infeilliblement à ces
herbes tendres , & encor mieux aux
Eaux , comme plus tenues une acui¬
té manifefte , & qui ne peut être
que fort dommageable , eu égard
aux chofes qui procèdent de ce me-
tail i comme eft le Verdet , & autres
qui pourroient beaucoup nuire à ceux
qui en prendroient par la bouche.
Voilà pourquoy les Anciens d’Egyp¬
te ne continuèrent guère de boire
dans des taffes de cuivre au rapport
d’HerodotCj pour raifon de la roüil-
leurcj & quelque autre mauvaife qua¬
lité qu'ils reconnoiflbient en leur
breuvage.
Outre , pour reprouver cette forte
d’Alembic , que tels diftilleront pour
avoir promptement lefdites Eaux, &
afin d’efpargner le temps , & depef
cher la befogne , contraints de foire
un tel & fi bon feu au dellous de
flâme ou de braife , qu’à les voir
faire , on diroit qu’ils veulent roftir
le bœuf de Milon Crotoniates, du¬
quel parle Cicéron en fon livre de Se~
Ke^?«re,confumans par ce moyen les
vertus de ces herbes tendres , ainli
que Monardes,au lieu preallegué,s’é-
crie contre ce procédé. Maxime hoc
evenit mftrû partihui, quibut cauft
majorii lucri tmto intendio fubdu-
cuntur : quod non tantum vires ac
facultates tenerarum herbarum con-
fumeret , fed Milonis taururn deco-
queret. Qui me fait refoudre à rçjct-
ter une telle forte de valè : car jamais
tels vaiftéaux ne fiirent inventez pour
tirer l’eau des fleurs ou herbes ten¬
dres ; mais tantfeulement, comme je
penfe, les Huiles des .bois , écorces,
fleurs, graines , & autres chofos chau¬
des ; comme de Canelle, Sauge, Rot
marin , d’écorce d 'Orange , d’Anis,
Fenouil, & fcmblables. Defquels hui¬
les & ellênces je ne parleray pa^ pre-
fentemene , tant à caufe que je me
veux arrefter au fijjet particulier que
j’’ay propofé , qii’aufli pour autant
que Liebaut, & Baptifta Porta, en dé¬
crivent les vrayes méthodes' pour les
extraire, ou les curieux de ces chofes
pourront, avoir recours , fi bon leur
fombic.
ùn
des Eaux dtïiiüées. 115
Contre l'Alemhic appelle' Ro- .
faire.
Quant au fécond Alembie ap¬
pelle Refaire , couvert duneChap-
pe de plomb , il eft auffi rejetta-
ble que l’autre , quoy qu’il fcmble
que les raifons cy - devant alléguées
ayent quelque poids pour les met¬
tre en compte , lefquelles j’abbatray
facilement '& fans grand artifice.
Et premièrement contré celle qui
regarde la mollelTe & tendreté du
plomb , qui peut empefeher que
lefdites Eaux ne fe relïèntent de
la chaleur du feu , comme font les
autres. le dis qu’on fe trompe:
car quoy que je n’en voululfe pas
accnlér la Chappc de plomb , pour
les confiderations fïis mentionnées:
que ce neantmoins , il y a de l’ap¬
parence , que cela provient de la
Couppe de cuivre qui eft au deC-
fous , laquelle contient les herbes
qu’on diftille , ajoutant à cela , que
le feu n’eft pas gouverné au deflbus
avec telle prudence qu’il fèroit re¬
quis & necelfaire. Q^e fi nous
en devons croire à Pline , lors
qu’il dit qu’un vafe de plomb,
plein d’eau ne fe fondra point fur¬
ie feu , comme il fera fi on y jette
un brin de cuivre , voire que ledit
cuivre pervertit tellement la qualité
dudit plomb, qu’au lieu de refifter
au feu par fà température , il fe brûle
& ne peut fubfifter , nous employe-
rons cela pour une troifiéme raifon
Vline contre ces Rofàires. £t mirum ,
54- ac^ua addita non liquefeere vafa è
■ plutnbo confiât : eadem in aqua
calculus areujue quadrant fi ad-
datur , vas perurit. Et finalemen*^
encores contre les louanges, de la¬
dite Chappe de plomb , je pourrois
dire , que fi ce metail a tant de bel¬
les qualitez pour diftiller des bon¬
nes Eaux des Herbes , qu’il fau-
droit donc que non feulement la
Chappe ; mais que la Couppe
pareillement fut de même étoftè
dc ainfi il y auroit plus d’apparen¬
ce de les admettre : car on auroit
foin de ne foire pas trop grand
feu au dcllbus , de peur que tout
ne vint à fè fondre. Si bien que
ou de la Couppe de cuivre , ou
du mélange du cuivre avec le plomb,
ou du trop grand feu qu’on y em¬
ployé, telles Eaux ne fe trouvent ja¬
mais que defagreables.
Mais afin que perfônne ne fe
mette eh peine de faire foire tel¬
les fortes de vafès tout de plomb,
pour diftiller les Eaux de la for¬
te : je feray voir que je ne blâ¬
me pas le plomb , pour la cha¬
leur , & empyreume tant feule¬
ment : car on y pourroit en cela
apporter quelque ordre & remc-
de. Mais il y a d’autres maux
& préjudices qui en reviennent,
qui font d’aufli , voire de plus
grande importance que l’empyreurae
cy-deyant allégué , comme je feray
voir aprez avoir répondu aux autres
raifons de ceux qui Ibûtienncnt les ro¬
fàires avec les Chappesfufdites,difant
contre ce qu’ils ont dit en fécond
lieu , que le plomb par fà froideur,
q)cut augmenter la froideur aux Eaux
des herbes froides , & fervir par ce
moyen de correébif à celles des herbes
chaudes,& les meliorer ainfî pqurl’u-
fàge des malades , qu’ils fè trompent.
ff D'aa
lié Trait îeZj des Eaux âiftiüees.
D’autant que la qualité dès telles
Eaux eft bien; telleraenç pervertie ,
aprez avoir palFé, par telles Chap-
pes J qu’au lieu que les froides
ayent la v-crtu plus rafraichiiran-
te J comme ils difènt : au contrai-
it nous vérifions par expérience»
qu’elles s’échauiFent & font gran¬
dement prejudiciables » & que les
chaudes perdent entièrement • leur
odeur J laveur & propriété ». ainfi
même qu’il fo remarque en l’Eau
d’Abfinthe » laquelle au lieu d’ê¬
tre amerc au gouft > foivant la
qualité de ladite plante , & com¬
me elle devroit être , elle fo
trouve douceaftre , & de laveur
comme fâde. Ce qlii montre clai¬
rement que le plomb renverfe &
amollit entièrement la vertu &
propriété de l’Eau fulHite. Qiie fi.
laditte Chappe a la force d’étein¬
dre l’amertume de l’Abfinthe & luy
faire acquérir un gouft tout con¬
traire : qui eft - ce qui m’erapef-
chera d’eftimer & de croire que
Its Eaux des plantes tendres , &
délicates , qui ne peuvent pas
refifter à des changemens fi con¬
traires , ne foyent perverties &
entièrement altérées > Non , il
jfàut refoudre que telles liqueurs»
ne retiennent du tout les quali-
tez des fueilles & fienrs, d’où on;
les tire , &c par confequent qu’el¬
les font non leulement inutiles ;
mais falcheufes & prejudiciables à
prendre.
Et quant à ce qu’il a été al¬
légué cy - devant de la vertu cor¬
roborative» que le plomb peut im¬
primer auldites Eaux , fiiivant l’e-
atemple de Nexon. l’Empereur.. Iç.
réponds qu’autre chofe eft d’appli¬
quer le plomb- extérieurement , &
autre d’en prendre la decoétion par
la bouche. Car en repouflànc par
antiperiftafe , comme on parle , la
chaleur au dedans de la poiélri-
nc par application externe» la cha¬
leur fe renforçant par ce moyen
au dedans » peut faire avoir la
voix plus forte comme on a dit.
Mais qu’il ait quelque vertu par-
dculiere » pour corroborer & im¬
primer aux Eaux » la vertu fuf-
dite » rien moins , cela eft ridi¬
cule., Comme aiilfi laditte froi¬
deur du plomb fait confover les
corps morts de corruption » &
contre - garder les Enfans de ver¬
mine -, par ce que la corruption
& la. vermine n’intcrvienc jamais
en un foj.et que moyennant une
humidité & chaleur temperéc. Si
bien que le plomb qui eft foid»
repoullànt comme j^’ay dit » la
chaleur au dedans » diffipe & re¬
font la matière d’oû s’engendre
la vermine. Et lors qu’il confer-
ve les corps morts de pourritu¬
re » cela lè fait par le moyen de
la frigidité ». & feicliereié con¬
traire ». à ce qui le veut corrom¬
pre. Par le moyen de quoy il fe
vérifié , qu’il ne produit pas ces
effets pour caufo de quelque ra¬
reté qui fo puilîè remarquer ca
la .matière. Que fi la froideur
de ce metail étoit tant confide-
rable » pour eftimer les Eaux froi¬
des » qui auroient paffe à travers
iceluy , pour être plus froides ; il
s’cnfiiivroit que les Eaux douces
d’une vertu narcotique » feroient
les plus excellentes , comme fort
^raitte des Eaux dïjiïllées. x-lj
froides : ou bien les Eaux qiu
font actuellement placées , com¬
me la grefle , la neige , ic fom-
blables. Chofo abfurde néant-
moins : car au contraire telles Eaux
font courre hazard de la vie , à
ceux qui en boivent » ainfi que
Iju.ji. Pline l’ailiire. .Nivem quidem
glaciemque fuipdlijfimam elemen-
ti ejtu videri rmror , uppojîta
grandinum augmenta , è qtàbas
pefiileritijfimum patum ejfe con-
venit.
Mais il eft temps que je décou-
X)iofco- vce mieux les vices de ces Chap-
rUe, pes de plomb j afin que je con¬
tente les plus dcgoutez opinia-
n'es fur cet article , aufqutfs j e re-
prefente , que puis que la Lithar-
ge & la Cerufo procedans du
plomb J comme on fçait , font dro¬
gues mortelles & dangereul'es pour
prendre par la bouche y fans que
je me mette en peine d"en faire de
grandes preuves : que donc le
plomb ne peut être gueres bon
pour la fantc des perfonnes , puis
qu’il demeure confiant , que les
Eaux en pafiànt par ces infiru-
mens y retiennent ou peuvent ac¬
quérir par l’impreffion que leur
donne ce metail , ce qui efi de
fon tempérament & de là matière.
Ce qui efi fort véritable , & plqs
làcilcmcnt que ne fait pas une Eaii
minérale , qui pafle toute froide
à travers les métaux j car la force
du feu en la difiillation , fait que
-le dedans defdites Chappes , prin¬
cipalement des neuves , efi toute
couverte d’une fleur blanche » qui
n’efi autre eholè que pure Cerufe,
fur laquelle les Eaux pal&nt en di-
fiillant , & en attirent la qualité d’i¬
celle. D’où il s’enfuit qu’il fe peut
enfuivre des grands maux de leur
ulàgc par aprez. Et notamment ou¬
tre ■ les naufées , mal d’efiomach ,
comme j’ay dit cy - devant j la dif-
lènterie tres-fàcheulè , ainfi que Ga¬
lien & Aétiu^ le difent de l'Eau de
pluye y qui paflê par des canaux & /. «.
conduits tàits de plomb. Ce qui pro- caf.nU
vient à caufe que ce metail efi froid
& lèc : car lors que les Eaux en ont
tiré telles qualitez , il avient 'qu’el¬
les fo trouvent aucuneiuent adfirin-
gentes , par cette communica¬
tion y & léjournent plus de temps
dans l’eftomach , qu’il ne feroit
necclfaire » refroidillcnt cette par¬
tie , & empelchent la digefiion,
en telle forte , qu’aprez ce détra¬
quement y il s’en enfuie le flux
de ventre : & finalement la diflén-
terie.
Si bien pour conclnfion > que
tant à caufe que lefdites Eaux re¬
tiennent quelque vertu des plantes
d’où elles font tirées , qu’elles fen-
tent fort l’empyreume > & que de-
lailîànt leurs bonnes qualitez , el¬
les en acquièrent détranges & dan-
gereufes. le reviens à ce point de
dre hardiment qu’il ne faut point thkt.
dorefnavant difiiller les . Eaux dans 1. 1 .c,
ces Rofaires , fuivant même ce que
Matthiole , & particulièrement Cro-
nemburgius de Cologne en di¬
fent. Hac cum eJfe 'vera canftet neconsr
quü igitur nunc in plumbeü cam-
panis diBillatas aquas amplius
tifurpare volet , nifi plané Me-
dicus temerarius , aut homo fa- ftftiU*-
lutis fua contemptor atidax y tity
cum equidem exitialem facultatcm
ff a UU
12,8 Traitté des Eaux àiJiïÜéei.
ilU fortiantur /' mais afin que je ren¬
de raifon d'iiii tel Alembicj &d'ôù
vient qu’il a été iifi[éj& comme il y a
de l’apparence qu’on en a eu autrefois
quelque railon particulière j j’eftime
( fans toutesfois l’allèurcr pour cho-
fe vraye ) que tels vafes s’appro-
prioieiit pour diftillcr tts Eaux dé¬
diées pour la guerilbn des ulcérés
& des playes : car le plomb con¬
vient fort bien à cela. Peurveu tou¬
tesfois qu’en tirant les Eaux dans
ces valès , le feu foit gouverné avec
modecacion & prudence , afin qu’au
lieu de rafraicHir, ou defièicher la
playe, elle ne s’enflâme davantage.
Centre l' Alemhic à ferpentine , &
les deux mtres.
Et pour fiivre mon dellèin , &
arler des autres vafes qui fuivent,
fçavoir la courge & chappe de
cuivre J 'enfemble lorfque la courge
eft de terre & la chappe de verre,
ou bien lorfque tous deuj^lont de
verre, qu’on pofè dans les cendres,
ou dans la fable cy-devant allégués,
pour diftiller l’eau des plantes fraî¬
ches. le remontre que toutes ces pro¬
cedures font rejettables : car ou foit
que le cuivre & la terre imprime aux
herbes quelque acuité & chaleur
cxceflîve , comme il avient fans dou¬
te , ainfi que j’ay dit cy-devant; car
tels vaillèaux font posés immédiate¬
ment for le feu ; ou foit qu’on met¬
te les derniers dans les cendres ou
dans le foble , toujours il s’enfoit,&
qu’on l’éprouve avec curiofité tant
qu’on voudra , que telles Eaux re¬
tiennent beaucoup d’empyreume, &
ju’ont jamais été trouvées tels Alem-
bics pour les extraire t mais bien
plutôt d’autres liqueurs differentes à
celles des herbes & fleurs recentes.
Comme par exemple , dans la cour¬
ge & chappe de cuivre étannées
on pourra diftiller l’Eau de vie, com¬
me je diray en fon lieu cy-aprés.
Dans la courge de terre vernie avec
la chappe de verre , on pourra tirer
l’huile de Terebinthine & fcmbla-
bles , & lors qu’on veut mettre les
Alembics entiers de verre dans les
cendres, cela eft bon pour tirer l’Eau
de Canelle > ÜEaii Impériale , &
d’autres aromatiques. Mais non ja¬
mais Iqg fueilles, fleurs, ou antres
parties de plantes recentes.
Par toutes lefquellés confiderations, roîî'jw
je fois contraint d’aflèurer & de di- mtjm
re revenant à mon fujet, en rejet-
tant les fufdites cinq fortes d Alcm-
bics , & vafos , qu’il n’y a qu’un des fi-
foui & unique moyen pour bien & m.
deuëment diftiller les Eaux des plan¬
tes fraîches , & un autre pour ex¬
traire les Eaux composées. Le pre¬
mier eft par cette forte d’Alembic
qu’on appelle vulgairement Bain Ma¬
rie , & l’autre pour les Eaux com¬
posées eft l’Alembic & chappe de
verre , qu’on ajance dans les cen¬
dres. Lefqnels deux vafos rendront ,
les liqueurs claires & exemptes des
vices cy-devant allégués, parce qu’au fcrl'em
goût & à l’odeur on reconnoîua à des An-
peu prés fons écriteau la {dus grand
part d’icelles , de quelles plantes
elles auront été tirées. Ce qu’on véri¬
fiera en l’Abfinthe, l’Eau delaquel-’
le fo trouvera amere & fort defogrea-
ble : & les ' safraichiflàntes feront
agréables & plailàntes , &c qui plus
eft douées des conditions & qualités
deforées.
T^raitté des Eaux difitüés.
defirées. Pour autant comme le re¬
montre Matthiole , que ledit bain
d eau chaude retient par ïon humi¬
dité J & conferve les parties fubti-
Ics , & garde qu'elles ne fe reibl-
vent & evanoüillèntj comme il avient
aux autres. Car ny le feu ne leur
peut apporter aucun préjudice , à rai- '
ion de l’entre deux dans lequel les
Alcmbics de verre fe repolènt , ny
le verre leur imprimer rien d’étran¬
ge : pour railbn duqud vafè appel-
lé Bain Marie , je dois reprelenter
trois chofes , & après je viendray
à l'Alembic de verre posé dans les
cendres.
La première fera comment cft-ce
qu’eft fait le Bain Marie;,& en quelle
Ibrte les Alembics feront rangés dans
ce vafe.
Le fécond d’où viennent ces mots
de Bain & de Marie.
Et finalement le moyen de fè fer-
vir d’iceluy pour y bien procéder,
afin que Icfdites Eaux fbient de du¬
rée & fort exquifes. *
S*i» Difons donc fur le premier ar-
ticlc J qu'il faut avoir un grand vaif-
fèau de cuivre comme un chaude-
ron, appuyé & élevé fur trois pieds»
de fer, au milieu duquel y aura une
tour de la même étoffe , qui porte¬
ra la grillé au fonds. Ce grand chau-
deron fera plein d’eau commune &
dans icelle on arrangera fix , ou fept,
ou huit Alembics , ou tant qu’on
voudra , fiiivant que la capacité le
pourra permettre , Icfquels Alem¬
bics de verre feront retenus par des
petits couvercles, qui s’attachent con¬
tre le bord du ■ vafè , & contre la
tour fufdite. Puis comme ils font
ainfi arretés , afin qu’ils ne fortent.
qu’ils ne branlent, & qu’ils ne fè
chocquent l’un contre l’autre , il faut
faire feu dans ladite tour apposée au
milieu defdits Alembics , & par le
moyen de ce feu l’eau qui eft dedans
ce vaifTeau , s’échauffera , & cette eau
chaude échauffera les Alembics de
verre qui y font fosés , & ainfi par
ce moyen l’eau eh diftillcra tres-clai-
re & fort agréable , avec les mê¬
mes qualités qu’ont les plantes d’où
on les tire , le faifànt de telle forte
que d’un côté il y ait un tuyau de
la même matière de cuivre , qui fè
puiffe fermer & ouvrir aisément pour
par iceluy fortir l’eau , lors qu’elle
fera trop chaude, & audelTûs du cou¬
vercle il eft befoin qu’il y ait un
trou pour infufèr par là de l’eau fraî¬
che , tant lors qu’elle s’eft diminuée,
qu’au ffi lors qu’elle fèra trop , chau¬
de, & qu’on la voudra temperer en
quelque forte. De laquelle façon de
Bain Matic j’en ay un tres-bicn fait,
auquel j’appofefîx Courges ou Alem¬
bics de verre , le modelle duquel fe
pourra voir dans le grand Difpcn-
fàire de Vvecker, qui en reprefen-
te fort bien le portrait & la-fi-
gure.
Et pour venir au fécond article
touchant les noms de Balneum , &
de Marie, je trouve premièrement
qu’a caufè qu’en un tel vaiffeati le.ÿ
Alembics s’échauffent , comme faî-
foient anciennement les perfonnes
dans nn bain , & principalement les
Romains , que de là ce vafè a été
ainfi appelle. Car les anciens Ro¬
mains par faute de linge dont la
commodité n’étoit pas telle comme
maintenant, au rapport de Vigine^
rc fiir Tite-Live , étoient contraints
££ I pouE
s aine a,
Thermt
idem.
i 3 O Trait té des Eaux difiillées.
pour fe délivrer de la poudre, fiieur,
cralFe , & ordure , & le tenir nets,
de fe chaufFer & laver fort fouvenc
dans des cuves pleines d’eau , ou
bien dans des chambres ou loget-
tes , qu’on appelloit Sudatoria , &
nous , étuves feiches , là où ils s’oig-
noient d’huiles odorans , liqueurs,
parfums & compofitions d’intinies
fortes : les uns le fàifànt pour fe
nettoyer , comme j’ay dit de mê¬
me que les Turcs & autres peuples
Orientaux, à caufe des chaleurs deccs
quartiers-là. Et les autres pour s'en¬
tretenir par ce moyen en bonne fen¬
te , bien que quant à la iànté qu’on
pouvoit attendre de ces baignements,
c’eft une queftion non encores bien
refoluë en. la Médecine j car quel¬
ques-uns la tiennent plutôt pour
une mollelfe & coutume delicieufe,
qui ne fervoit qu’à ramollir les nerfs
& les mufeles,vcu même que Sué¬
tone en la vie d’Augufte. en parle
ainfi. Verum tantam infirmitatem
wagna cura tntbatur in primü la-
vandi raritate. Lcfquelles cuves
pleines d’eau , & énives feiches j au
leftc s'appellerent indifféremment en
langue Grcque Thermae j de •ô-epju.o'ç,
qui fîgnifie chaleureux , 5c en Lattin
Balneum «570 t« BaXttvlis : hoc efi,
k glandibui , en confideration des
écorces des Glands , defquellcs on
fe fervoit pour échauffer tant ledit
bain que l’étuve feiche: car cette ma¬
tière comme grallé & huileufe, qu’el¬
le eft , tient le feu affez long-tems, &
oiK-re le rend plus ardent que ne
faifôit pas le bois , ou les torteaux
errduits de poix, defquels on fe fer-
voit en d’autres chofes. Voijà pour-
quoy Suidas difoit fer cét article :
Glandes hominibui apud antiquif.
Jintos : cortices vero earum igni
alimenta prabuijfe. Si bien qu’ayant
ce vafe-cy quelque rappou aux cu¬
ves fus-mentionne'es, le nom de Bal¬
neum luy a été donné.
Et pour le regard du fuivant , à
feavoir ccluy de Marie , j’eftime
qu'on fe trompe d'alleguer qu’il fe
doit rapporter à la Vierge Marie,
comme quelque melanchoüque a
voulu dire,eftimant qu’un tel vaif
feau ait pris cette appellation , à caii-
fe qu’elle avoir usé d’une telle for¬
te d’eau chauffée , ce qui eft ahfur-
de & ridicule : car plutôt ce nom
provient de Mare , la Mer , & Bal¬
neum Maris, comme pour, dire Bain
d’eau , à caufe qu’on a appelle bien
fouvenc de ce nom de Mer les lieux
où il y avoir quantité d’eau, quoy que
ce ne fût que de la commune, com¬
me le lac Alphaltites ; appelle Mer,
à raifen de l’abondance d'eàù qui
y eft , en comparaifon des lacs or¬
dinaires. Et 'd’autant, ( pour revenir
au fait dont eft queftion ) que les
courges de verre trempent dans un
grand vafe de cuivre plein d’eau
«commune , & que la quantité eft
fort grande , en comparaifon de cel¬
le qu’on y diltille des plantes , j’efti¬
me quant à tiioy , que de là le nom
de Mer a été icy employé à pro¬
pos. Et de fait , ce n’eût pas été
allés de dire qu'on devoir diftiller
les plantes dans un bain feuleraenn
car le nom de Balneum étoit équi¬
voque , attribué comme j’ay dit,
aiifli bien au Bain d’eau chaude, com¬
me auffi à l’étuve feiche qui n’eut
été qu'une pure confiiiîon, laquel¬
le eût rnis en doute les premiers
diftilla
ir
ÎVo/î
hinSs
Trait té des Eaux dtfiillees. x 5 r
diftillatcurs j qui neulTent fçeu , fi les
Alcmbics dévoient tremper dans l’eau
commune , ou s’ils devoknt être
chauiFez comme dans une étuve fei-
che. Que fi on me demande la
raifon pourquoy on a retenu ce nom
de Marie , en delailTânt celuy de
Maris j puis qu’il eft le plus légiti¬
mé : j’eftime pour y répondre, que
c’cft ou par la faute des Imprimeurs
qui ont pris fecilement une lettre
pour une autre, ou bien qu’il peut
être que les diftillatcurs ont trouvé
bon d’ufer d’une telle ambiguité
pour ne profaner pas leur fcience,
& qu’ainfi la chofe a coulé infen-
fiblcmenr jufqucs à nous. Mais j’en¬
tends encores quelqu’un , qui m’ac-
eufèra d’erreur ,d’cftimer que "Ther-
ma & Balneum ayent été tout un,
fignifiant indiffèramment, & le bain,
& l’étuve feiche ; parce qu’au, con¬
traire on croît, & ainfi demeure vé¬
rifié en plufienrs endroits que Bal-
aeumefi le lieu pour fè laver, & T^er-
nit, l’étuve feiche feulemiene. A quoy
je réponds , que j’appelleray hardi¬
ment &C les bains d’eau chaude &
les étumes aulfi-tôt Thermes, com¬
me bains , puifque les Médecins en
ont ainfiusévà fçavoir, Fallope,Dor-
toman >, & quelques autres. Parle
moyen dequoy je concluds ,, en reve¬
nant en ma première opinion, que
B«lneum Maria prend l’origine de
fbn appellation par ce moycn,&: qu’il
ne fûftifoit pas de dire Balneum , fi.
on n’y eut ajouté celuy de Maris,.
puifque les Alembics doivent trem¬
per dans l’eau commune , & non
point être chauffés. dans l’étuve fcu-
fement.
Mais parlons du treiziéme & der¬
nier article , fçavoir pour reprefen- eonjid'e^
ter comment on doit difliller les eaux railes
des plantes dans ce vafe , furquoy il
y a trois poinâs confiderables. dfimêei
Le premier comment on doit ac- dans le
comftioder les fleurs , ou les herbes Saî»
qu’on veut diftiller dans un Alembic
de verre.
Le fécond comment on peut gou¬
verner le feu & l’eau , ou les Alem¬
bics trempent.
Et finalement qu’eft-ce qu’on doit
faire aufdites eaux après quelles font
_ diflâllées.
Sur le premier poinâ: il y a trois
opinions diverfcs. La première efl
de ceux qui veulent qu’aprés avoir
broyé les herbes dans le mortier de
marbre , on les mette digerer quel¬
ques jours, avant que commencer
la diftillation d’icelles qui fc fait en
mettant la courge qui contient la ma¬
tière en un tiou où il y ait au fonds
de la chaux , & tout à l’entour da
fumier , en forte toutesfois que le¬
dit Alembic foit tout couvert d’ice-
celuy ; car fi ladite courge était à
demy découverte feulement , c’efl: à
dire à demy enterrée dans le Rimier,
& à demy exposée à l’air , cela s’ap-
pelleroit circulation.
D’autres difênt quït ne faut que ^vecker
piler 011 incifèrles herbes feulement, f°’*’
& à icelles ajouter une diziéme par-
tie de fel commun , puis les diftil- lur, l.i.
Lcr de la forte , à caufè que ledit Enchî-
fèl a cette faculté de eonferver lef-
dites eaux , & garder qu’elles ne fè
corrompent.
Finalement d'autres difènt, qu’on
ne doit faire autre chofè , qu’inci-
fer , Ou piler les fueilles ou fleurs-
qu’on veut diftiller, &c les mettre dans
ke
1 3 L Tarait té des Eaux diflïüées.
les Alembics , & ainfi en tirer l’eau
fans autre ceremonie.
^ toutes lefjnelles procedureSj je
réponds que la dernierc me lèmble
préférable , d autant que fi on fè met
à digerer lefdites plantes , il*y ar-
river,-! fans doute quelque corruption
& changement , en forte qu’au lieu
que leurs Eaux feuent de la quali¬
té requife , on les trouvera par après
d odeur > faveur , & qualités contrai¬
res. Et fi on veut ajoûter du fèl à
icelles , fliivant la fécondé opinion
cy- devant alléguée , j’eftime qu’ii
n’y auroic pas grand danger : mais
qu’il ne le faut pas faire , non pas
pour croire que telles Eaux deullènt
pourtant être fàlées : car le fel ne
monte nullement , & il ne faut pas
s’imaginer que cette raifon fbit ri¬
dicule J pour ce qu’on voit bien que
l’eau de la Mer diftillée devient dou-
- ce , & ne retient rien de fa faleu-
re , pour autant que le fel demeiire
au fonds, & ne peut monter. Et de
fait quelqu’un a osé dire , que fi le
fel montoit par la force du feu en la
diftillation , il n’y a nulle difficulté,
qu’on eût moyen de feire des Eaux
diffillées purgatives. Chofe neant-
<imy on moins impoffible , & qu’on l’efl
fàye tant qu’on voudra , quoy que
iVeaa» Vveclcer aye creu que l’eau d’Hie-
purga- ble purge , & Cordus que celle de
tives, fleurs de Pefeher eft laxative. Car
après avoir efTayé & refïàyé de di-
ftiller des drogues laxatives , on n’a
rien extraiét par tout que des li¬
queurs fans effeét & inutiles, témoin
l’eau Rofè, qui au lieu 'de purger,
comme font les Rofes en leurs fub-
ftances, & leurs fucs, eft neantmoins
a’dftringente & corroborative. Mais
quoy qu’il en foit pour ce regard,
fans affirmer que la vertu purgati¬
ve dépende de quelque portion de
fel qui peut être en la plante, j’en¬
tends de rejetter le fel de cette di¬
ftillation , pour n’alterer aucunement
la qualité des herbes , & principa¬
lement des rafraichillantes , comme
peut-être il ayiendroit. Que fi on me
veut alléguer , que peur empêcher
leur corruption , il y faudroit trou¬
ver quelque autre remede , piùfque
je redoute le mélange dudit feL le
réponds que quoy qu’on falfe , apres
un an elles ne font plus bonnes;
car il faut qu’annuellem'ent on en re-
diftille de recentes,fi mieux on n’ai-
me ufèr de la circulation cy-devant
alléguée, par le moyen de quoy on
•penfe qu’elles fè confervent plus lon¬
guement.
Mais pour parler du fécond poinét
qui regarde le degré du feu & de
l'eau chaude , on remarquera que
lors qu’on diftille les fleurs froi¬
des,, comme de Nénuphar & fera-
blables , il faut que le feu foit pe¬
tit , & en forte que l’eau ne foit
que tiede , de peur qu’elles ne foient
altérées par telle chaleur qui leur
eft contraire : mais aux herbes ou
fleurs chaudes , il 'tft requis que
l’eau foit plus chaude, afin de moyen-
ner que la vapeur monte plutôt Se
avec plus de force : car leur ver¬
tu eft plus difficile à extraire. Et
voilà ce qui concerne le foin qu’on
doit avoir pendant qu’on diftille.
Venons au dernier qui eft de fça-
voir ce qu’on doit faire après qii el¬
les font extraiétes. Sur quoy il feLi^
entendre , que ■ quant aux froides,
il ne fliuc faire autre chofe que de
les
Train é da Eaux difiiliées, 1 5 5
les cxpofèr dans des phioles an So¬
leil durant quelques jours , & les
couvrir d un parchemin pertujsé avec
une égaillé , afin de donner ilTue
aux parties excrementeufes d’icel¬
les. Mais les chaudes iè doivent
gouverner d’une autre, forte. Car
avant que de les expofer an Soleil,
il les faut renverfer for le marc qui
eft l'cfté dans l’Alembic & d’où el¬
les ont été e}£traiétes , &: ainfi les
rcdiftiller , yoift julques à trois ou
quatre lois. Car de penler.avoir la
vertu d’une plante chaude pr une
feule diftillation , on lè trompe , ain-
fî que r£nchiridium l’a remarqué
fort gentiment. Et voilà tout ce
qiri dépend de la diftillation des
Eaux qui fe doivent diftiller- des
plantes fiaîches. ,
Palîbns . maintenant au vailTeau
pour diftiller les Eaux composées ;
qui eft un Alembicr de verre enter¬
ré dans les cendres. Pour raifon du¬
quel je dis qu’à caufe qu’il faut ti¬
rer avec plus de force les vertus des
drogues aromatiques, qui font la plus
part feiches , & que la chaleur, de
l’eau ne foffiroit pas pour les tirer
comme des fleurs , & herbes : que
cette méthode efï la plus parfaite ,
contre l’opinion toutesfpis de Mat-
thiole, qui dilUlle l'eau de Canelle
dans le Bain Marie.
Touchant lefquelles Eaux compo-
tù^rd avons au refte à remar-
rMes' ‘1“^'^ chofos. La pren.iere, qu’eft-
mx ce qu’il fout foire avant la diftillation
Eaux d’icelles. La fécondé lors qu’elles di-
mpo- ftillcnt. Et finalement après que l’Eau
eft extraidte. Car ces obfervations
font differentes de celles des Eaux
des plantes fraîches. D’autant en pre¬
mier lieu , qu’aufdites Eaux com¬
posées , il eft requis & necclfairc
de foire infulér les ingrediens pour
les attendrir, vingt- quatre heures du¬
rant , ou environ , dans des liqueurs
propres , comme eft l’eau de vie,
le vin blanc , ou autres que les heurs
Médecins ordonnent , & ce fur les
cendres chaudes , dans la courge de
verre bien étoupéc ,Vou bien aux
rayons de la chaleur du Soleil , fi le
tems eft propre. Parce qu’aurrement
les foifanc diftiller fans avoir été in¬
fusés au preallable , on ne tireroit
que fort peu de la vertu des aro¬
matiques , qui font la plufpart des
drogues foiches & dures , au refpeét
des herbes fus mentionnées.
Et quant au fécond poinét .con-
fiderable en.cét ouvrage , on deman¬
de s’il fout foir^ le feu plus grand
au commencement de la diftillation,
Sc le diminuer peu à peu , à mefu-
re qu’on remarque que l’eau fe pa¬
rachevé , ou bien au contraire com¬
mencer par une pefite chaleur , ôi
finir par une grande. A quoy je ré¬
ponds fans m’arrêter à rapporter
quelques raifons qui fe pourroient
rendre d’une part & d’autre , que la
derniere procedure me fomble pré¬
férable , d’autant que les drogues
aromatiques ayant infosé dans l’eau
de vie , ou dans le vin blanc , ou
autres Jiqueurs femblables , & ayant
icelles drogues aromatiques leurs
vertus fiibtiles & teniics^xonHac
le/ditcs liqucurs-;-ûl'cIF'certain que les
meilleurs elprits , qui font les plus
fubtils , montent plutôt que les der¬
niers , qui font plus tardifs & plus
crallés, & par ainfi il me ftmble
que le feu doit être plus foible au
g g corn
X54 Traitte des Eaux difitllées.
commencement , que non pas vers
la fin de la diftilktion d'icelles. Car
fi le feu étoit trop violent au com¬
mencement , lors que les clprics les
plus fiibtils & tenus diftillent, ils
fe confiimeroienc aisément par l’aptk
tude qu’ils ont ( à caulè de leur te¬
nuité ) de s’enflâmer & prendre feu.
Voilà pourquoy nous n'admettons
au fait des Eaux composées aro'
matiques , que l’eau qui a diftillc
la première , comme meilleure , qui
cft plailànte au goût , & aromatique,^
& delaiflbns la derniere à part j qui
fe trouve fans force & aucunement
infipide , comme nous dirons par-^
lant de l'eau de vie cy-aprés. Que
fi quelqu'un diloit >, qu’a caulè de la
•tenuité des elprits deldites Eaux
aromatiques > il feroit donc meilleur
de les tirer par le Bain Marie plu¬
tôt que par les cendres , comme
plus temperé ^ ainfi que Matthiole
le defire en Ion eau de Canelle. A
cela je réponds , qu'il eft voircment
requis une chaleur modérée en cel-
les-cy , mais non pas avec telle len¬
teur que rend le Bain Marie : car
les elprits des Eaux aromatiques lor-
tiroient trop lentement. D’où s'en-
fuivroit que les uns feroifnt diflî-
pés avant que les autres y vinlFent.
Au lieu que fi la chaleur eft un peu
plus forte comme eft celle des cen¬
dres , leldits elprits aromatiques font
poufsés tôt & promptement pour
s’unir, s'alïêmbler, & foire par ce
moyen une Eau fort exquilè.
Mais parlons du dernier poinâ.
On dit qu'il fout expolcr leldites
Eaux composées au Soleil , comme
nous le devons faire des plantes fi-aî-
ches. Contre quoy je dis qu’en ce
foilànt la foute feroit grande, pour
autant que fi les efprits s’exha&nt
parle papier percé en ces Eaux aro^
matiques , que par ce moyen le plus
exquis , & ce qu’on prife le plus
en eelles-cy qui font composées , fi
perdroit entièrement , & reftèroient
infailliblement de peu de valeur’, ou
quafi inutiles. Ce qui me fait con-
clurre , que donc après que les Eaux
aromatiques font extraides , il ne
fout que les bien Boucher & ferrer
pour s’en fervin au befoin fins autre
ceremonie. Remarquant toutesfois ,
que la derniere eau , comme foi-
ble & infipide , ne foit point mêlée-
avec la première, qui eftpuiifinte
& bonne.
Mais voyons les exemples de ces
Eaux , & premièrement de l’eau de
Canelle, qui a été inventée par Mat¬
thiole , & puis nous pourfuivrons
de décrire les autres qui fuivent au
catalogue.
REMARQVE.
CAtelan a frit des faibles ef¬
forts , pour -vouloir frire cen-
nohre ( comme il parle ) l’abus <\ue
commettent ceux qui fe fervent des
V ai féaux par luy fr s- mentionnes,,
qui font au nombre de cinq , qu ti
dit être employés en la diÈillation
des Eaux /impies & composées, que
nous tenons ordinairement dans nos
boutiques ; mais d la vérité fans
croire de frire injure d fr mémoi¬
re , que f honore autant
doit , il s'en ejt mal aquité. C eft
avec déplaijîr que fen parle de la
forte i mais le fujet que fay en
main de commenter cette Pharnia-
copee,.
Tarait té des Eaux dtjiiüées. z 3 5
co^k J à' en corriger les erreurs qui thiole , l’ Enchiridium , P^ec^r ,
s'y font glijfées par les fequentes Liebaut,& quelques-autres Mede-
editions , qui en ont été faites , ou cins , qui en ont écrit , ne s'y font
bien en apùtant mon fentiment aux pas arrêtés ainji que le fujet le me-
compof fions même des plus cele- .rite,& comme f eéfere ( dit- il ) de
. lebres Autheurs-i fajf été contraint faire en ce lieu, c'efi fur quoy je ne
en certains endroits de leur contre- le puü excufer : car Liebaut dans ces
dire , parce que -la matière en la- quatre livres qu'il a faits en Fran-
quelle je me fuis particulièrement çoü , de la Médecine, dr de la Philo-
attaebé , regarde directement l'ojf- fophie Chymique in oClavo,contenant
ce d'un vray Pharmacien , a qui 586. pages, il ne traitte prefque
Mefieurs les Médecins fe voyans que de la diBi/lation , & des cho-
trop chargés , ont remis la compo- fis qui en dépendent, tant en gene-
fition des Médicaments , avec tout ral qu'en particulier des Eaux ftm-
ce qui en dépend cela m’a obli- pies & composées. Matthiole &
gé de dire mon fentiment avec plus l' Enchiridium en ont dit quelque
de liberté , fans neantmoins preten- chofe en general, aufquels date-
dre de choquer perfonne. Je veux lan s'ejt un peu trop attaché , par-
doncques dire , que Catelan n a pris ticulierement à ce premier, ce que
qu'en partie pour fondement de fon neantmoins fobmettray d dejfein,
traiité des Eaux diéiillées , ce que de même ce qu’il n, dit en particu-
Matthiole , l’Autheur de l’Enchi- lier des cinq fortes des différons
ridium des Myropoles , Vvecker, vaiffeaux , dont on fi peut fervir
& Liebaut en ont écrit , de/quels pour la diflillatien defdites Eaux,
il rapporte quelques raifons ainfi qu'il reprouve fans véritablement
qu'il les a entendues , & d’une cho- les avoir bien connus : en outre, qu’il
fi je m’étonnereis ,fi je ne fiavoispas feroit le premier a être blâmé, s’il
qu’il a en coutume dé réfuter f mvent y avoit , ainfi qu’il dit , du manque-
des chofes qu’il a en d’autres en- ment , de ce qu’il a toujours pra-
droits^ approuvées , comme il prati- tiqué le premier , qu’il appelle Re-
que maintenant en la diftillation au figeratoire , pour la provifion des
Refaire , & autres vaiffeaux , & Eaux fimples de fa boutique. Il
*uffi de ce qu’il a laifsé beaucoup ne me fera pas difficile d'avouer
d’autres chofes a dire , qui font très- qu’il peut avoir manqué en la pro¬
importantes pour illuftrer notre pro- ce dure de la diftillation-, mais quant
feffion , & qui euffent été auffi fort au vaiffeau non , moyennant que
utiles au public , qui auroient fer- le vafffeau aye été bien diJfosé.
vy fans doute de lumière , & don- De tout fon difcours qui contient
tio d’intelligence pour l’Art de di- trente - deux pages de papier in
fiiller , plutôt que de le renverfir oBtavo , il ne nous a point donné
tomme il a fait, pour ne s’être pas en- en particulier un formulaire pour
tendu luy-même. difliller les Et^ux fimples de fon ca-
£n premier lieu il dit , que Mat- talogm , ayant feulement dit en
^ gg Z la
Z 5 6 Tarait té des Eaux dijiillées.
la page 1 1 . quil ny a quun feul
& unique moyen pour bien diftiller
les Eaux des plantes fiaiches , & un
autre pour extraire les Eaux com¬
posées. Le premier efi en cette forte
d’Æemhic, quon appelle ‘vulgaire¬
ment Bain Marie , & l’autre peur
les Eaux composées , eji à l'Alem-
bic & Chappe de verre , qu on a]an-
ee dans les cendres , & dit que les
Eaux ainfi difiillées rapporteront
leur vray goût, comme celle d‘Ab-
Jînthe fera amere , & les rafraichif
fautes feront agréables & plaifan-
tes. Ce nefl pas fans caufe fi fay dit
que Catelan s’ était un peu trop at¬
taché à Matthiole , qui dit au troi-
Tyéme livre de fes Commentaires fur
Diofcoride , chapitre vingt-quatre,
de l’Aluine marine, que l’Eau d’Ab-
finthe difiillée par la Chappe de
plomb eft douce : car , dit-il, cet¬
te douceur , ne fe trouve non feule¬
ment- en l’ Eau d'fiillée de l’Aluine-,
mais e-n toutes les autres Eaux di-
fttllées de quelles autres herbes que
ce foient ; la raifon eft que le plomb
de l’Alembic , étant fuperficielle-
ment abbrevé de la vapeur des
herbes fe convertit incontinant en
douce Cerufe ; il n’eft de merveil¬
le , fi les Eaux qui e-n- difiillent
ayant acquis cette liqueur douce
du plomb , fe trouvent aujfi douces,,
au goût. Telles ne font ' It/S Eaux
d’Alki-ne diftmées'.par Alembics de
verre ‘en vaijfeau double dans le
bain d’eau chaude j car elles font
fujjîfàmrnent ameres , & ne font au¬
cunement douces ; la caufe de , cela
efi , que le bain par l’humidité de
fon Eau retient fes parties fi/btiles.
Catelan fans pcnetrer plus avant.
pour s’informer des Autheur's ou-
des Artifies entendus en cette ma¬
tière, de la différence y ou rejfem-
blance qu’il ^ a de la faveur ame¬
né à la falee , a fuivy Matthiole,
avec lequel il s’efi grandement mé-
conté , que s’il eut mieux exami¬
né Vvecker , chapitre trente- neu¬
vième, livre troiz.iéme de fin grand
.Viéfenfaire qu’il n’a pas fait , &
joint quelques experiances avec le
raifinnement de cét Autheur ,- il
aurôit veu qu’il y a certains fm-
plesf qui par la diéîillation ne don¬
nent point leur faveur , & que les
Eaux qur’on en -diélille font infipi-
des , comme celles qu’on tire des cho-
fes douces , falées , & ameres, ainfi
que luy-même a dit en la page lî.
de fin traitté que le fil ne monte
nullement en la diétilUtion ( s’en¬
tend le fil fixe ) il aurait donc ap¬
pris quil en efi de même de l’amer,
& du doux , que du falé. On me
pourrait objeéler ce que Galien dit
au vingt-u-niéme chapitre du qua¬
trième livre de la faculté des fim-
ples ^ médicaments , que la fa¬
veur falée approche grandement de
la faveur amere , d’autant que tou¬
tes deux font composées de pa-rties
terreéîres &' chaudes , xfr que néant-
moins , Id différence qui efi entre ces
deux faveurs- efi- manifèfié ; parce ■
que l’ amere a été plus élaborée &'
atténuée, & partant rendue plus fub-
tile par la chaleur feiche , &. ta fa-
lée efi pim c^ajfi & plus grajfîet-e,
n’ayant pas tant été éloboutéelpar
la chaleur , & partant aufii sU'e n’efi
pas fi chaude , que l’ amere ',.ny ne fi'
pas composée de parties fit fnbtiles,
i qui efi la caufe, que la faveur amere^
monte.
^raitte des Eaux àîHiüces. 2.)y
monte en la diFiillation , & non la
falée : à cela il faut réfondre , que
quelle tenuité quil fe puijfe trou¬
ver en la faveur arnere flm qu‘en
la falée , elle ne précédé que de la
chaleur , qui l’a un peu plut raré¬
fiée , & la terreBre qui efi tou¬
jours fa caufe materielle, c’efi celle
qui prédominé , & par fa pefanteur
empêche que l’amertume des plan¬
tes ameres ne monte point en la di-
fiillation. Les Moines qui ont com¬
menté Méfié, au chapitre de
leur commentaire,fembler oient avoir
eu meilleure raifon , fi ce qu’ils di-
fe?n était vray ; mais leur opinion
efi entièrement erronée , de dire que
l’Abfinthe fait amer en fa fuper-
ficie , & doux en fon centre , d’où
vient difent-ils , qu’on fent au goû¬
ter l’eâu qui en efi diHillée par. la
force du feu plus douce qu arnere,
voulant dire par leur faible raifon,
que U faveur arnere confiBe en des
parties tenues, & que par la force
du feu elles s’évaporent , ou font con-
furnées r en cela il faut difiinguer de
la tenuité & fubtilité des^ medica-
inents , des chauds eéf des aroma¬
tiques , qui font composés de telles
parties ; la faveur monte la premiè¬
re , accompagnée des eéfrits , com¬
me plus volatils , parce qu’ils ne pro¬
cèdent d’aucune terreifirité ,& des,
amers au contraire , par les raifons.
cy-dejfus alléguées.
Mais qui a jamais oui parler de
la forte , qu’en un *corps fimilaire,
qui efi grandement amer en tou¬
tes fis parties , il y. ait de la dou¬
ceur cachée en fin centre , & que la
faveur arnere foit en la fuperficie,qui
efi pour l’ordinaire cachée dans le
centre des médicaments , qui font
doués de faveur douce& amere,com-
rnet nom voyons en l’Agaric qui efi:
doux au commencement quand on le
goûte, & puis amer fur la fin-, la mê¬
me chofe par oh au Polypode , en la
Rofe,& autres j de là il faut inferer,
que les parties terreBres & fiches
avec l’humidité, qui compôfent la fa¬
veur arnere , font toujours cachées
feus les parties aérienes , & humi¬
des, qui compofent la faveur douce.
En voila afiez, pour, faire voir, que
la faveur arnere puremét aqueufi,n’a
rien de volatil. Refie maintenant de
dire un mot fur l’Eau de Nénuphar
au Bain Marie, proposée par Catelan,.
ue pour la bien difiiller , l’eau du
ain ne doit être que tiede. J’appel¬
le à témoins tous ceux qui entendent
l’Art de difiiller, & qui ont tant foit
peu de connoipfance de la compofi-
tion des fimples, pour être juges non
fuJpeBs de fin procédé , & fiavoir
d’eux, fi par un tel degré de cha¬
leur , on pourrait extraire la vraye
vertu rafiaîchiffante des fleurs de.
Nénuphar blanc, qui confifie en une
humidité aqueufi , & vifqueufi, ac¬
compagnée de tant foit peu de fie ter-
reBre, qui fait que lie s fint froides cjr
humides au fécond degré j car cette
chaleur tiede de l’eau du bain n’efi
pas feulement capable.de faire mon¬
ter aucune vapeur empreinte de la
moindre vertu du fimple,ny prefque
de faire fuer la chappe de l’ Alernbic,.
a raifon de l’httrmdité lente & froide,,
que les fleurs de Nymphéa partici-
pét.I’obmets a dejfein beaucoup d’au¬
tres raifons fur ôe fùjet,pour dire en
deux mots que cette fapsn de diBil-
ler efi autant rejettable qu’inutile
gg 3 ^
2-58 lirait té des
& equant a la façon de difiiller
les Eaux des plantes chaudes , &
les aromatiques , on y pourra pro¬
céder ainji quil dit par un de¬
gré de feu proportionné à la ma¬
tière quon difiille , À la referve .
tout es fois qu’au lieu de mettre
l’Alembic dans les cendres , il
faut le mettre dans du fable , &
de ne renverfer point l’eau une
fois difiiUée fur le marc , comme
dit Catelan pour attirer toute la
vertu de la plante , k moins que
ce fit fur de nouvelle matière
femblable k la première , & cette
difiillation s’appelle pour lors re-
élification , qui fe pratique par
ceux qui preferent leur, honneur k
l’interefi de leur bourfe , pour ren¬
dre leurs Eaux plus efcacieufes,
comme il fera dit cy - apreot. en
l’Eau de Canelle.
La façon de difiiller ou d’ex¬
traire l’Eau des plantes fiaifches
eu temperées , feroit me des bel¬
les inventions de toute la ALede-
cine Galenique , & Spagirique ,fi
les Eaux qu’on en tire par la di-
fiillation rapportaient les vérita¬
bles vertus des plantes : mais au
contraire , quoy que les uns & les
autres fçachent dire , elles ne font
pour l’ordinaire autre chofe que
l'humeur fuperfluë des plantes , le
phlegme , l’eau de la pluye ou des
puits qui les ont arroufées , laquel¬
le humeur fe fepare facilement de
fon fis jet , comme volatile , pour
n’avoir aucune liaifon avec les
principales -parties qui compofent
la vertu des plantes ,, ^ cette hu¬
midité n'y fert que pour les faire
croître & vegeter par l’entremife
Eaux di[iiüées,
de la chaleur du Soleil-, c’efipour-
quoy la chaleur du feu poujfe cette
humidité en haut , qui abandonne
avec la, couleur de la plante , ou
de fon fuc , les parties gommeufes,
vifqueufes , mueilagineufes ,
qui contiennent , embrajfent & re¬
ferrent étroittement prefque toutes
les faculté Z. e fient ie lie s , tant alte-
ratives que laxatives des Végé¬
taux , avec les faveurs ameres,
douces & falées comme a été
cy- devant dit , qui ne montent
jamais pour pafier par le bec de
l’Alembic , qu’en très - petits ato¬
mes ( s’il m’eft permis de parler de
la forte ) fi on ny apporte un plus
grand artifice. Mais , puis que
la necejfité nous contraint de nom
fervir des Eaux difiillées , & que
nous ne fçaurions nous en pafier , il
faut inventer' un moyen , qui fé¬
condé le plus preft qu’il fe pourra-
l'intention de Mefiieurs les Mé¬
decins , & pour pirer de l’erreur
un nombre infiny de perfonnes , qui
ont de ,Siecle. en Siecle , croupy
dans une nonchalance que fans les
efiencer , on peut appellér igno¬
rance crafie en un fujet qui efi firt
confiderahle , pour l’honneur des
Apothicaires , & pour l’utilité pu¬
blique , attendu que l’ufage de fû¬
tes Eaux en efi fert grand durant
toute l’année, & que de la façon
qu’on les tire pour l’ordinaire , cel-
les qu’on croit être les meilleures
ne vallent du tout -fien : mais avant
que d’entrer au modus faciendi ,
il faut rejetter toute forte, de Bain
marie , pour l’ufage des fufdites
Eaux , que plufieurs admettent
autant artificieufement que les
Eaux
lirait té des Eaux dt Fît liées. 15^
Saux quilsy diflillent y font inu¬
tiles & fans effets y enfemble toute
autre forte d‘ Alejnbtcs affetlez.,
comme inventions trompeufes : leur
principal ufage , nefi que pour fe
faire admirer du public y & des
moins infiruits en notre profejfion-,
& de tous les moyens qui me font
connus jufques à prefent , concer¬
nant la difiiUation des plantes fiaif
ches y humides , ou tempérées , fans
toutesfoü divifer les operations des
plantes fucculentes , nitreufes y d'a-
vec celles qui font fucculen-
>tes y qui participent d’un fuc vo¬
latil y comme 'quelques - uns ont
pratiqué y cettuy-cy me femble te
meilleur.
Par exemple y prenez, de l’Oz.eil-
le y quand elle commence de monter
en tige , incifez.-la, & la pilez, pour
en tirer le fuc à la preffe , duquel
dépuré par refidencé , en mettrez,
trente livres dans une Cucurbite de
Cuivre bien nettoyée , qu‘il y en
aye le tiers de vuide », logez^-la
dans un fourneau à grille > ■ & la
eouvreX^ de fon Chapiteau exa -
élément lavé & bien étanné y &k
fon bec y joindre's^ un récipient y les
)ointures fermées, le deffus du Chap~
piteau garny d'eau froide , fouvent
renouvellée, quand elle fera échauf
fée y diflillere'^ par un degré de
fiu modéré , jufques à ce quenr
ayez, tiré les deux tiers d'eau , &
an peu davantage ; alors il faut
eeffer le feu , les vaiffeaux refroidis,
"nuiderez. le fruc re fiant dans la
Cucurbite , le coul'ereT^ a travers
ttn linge dans une terrine , & le
mettrez en un lieu le plus frais que
pourrez., trouver durant deux jours
pour en recueillir le tartre qui fe
trouvera attaché au tour de la terri¬
ne , le laverez foigneufement & le
ferez feicher : a même temps la
Courge vuidée, il y faut mettre une
bonne partie du marc de la plante
qu'aurez tiré le fuc , fur lequel
verferez l'Eau , qui en a été diflU-
lée y & encore par deffus quelques
livres d’Eau de fontaine , & de¬
rechef difiiller comme deffus , qu’ait
ne refte dans la Courge autre hu¬
midité y que pour éviter que le
marc ne s'attache au fonds du
vaiffeau , & dans cette Eau ainfi
difrillée y diffoudrez , s'il vous efi
pojfihle y le tartre de la plante,
qu'aurez recueilly dans le vaiffeau.
Cela fait dit en paffant , pour don¬
ner fujet a l’Artifre > d’une dili¬
gente recherche, s'il y prend plaijir;
mais par ce que ce tartre efl un. fil
effentiel lequel acaufi' du mélange
de fia co'mpefition ne fe diffout point
dans l'Eau froide, fi ce n'efi en la
faifant bouillir , & foudain que
l'eau commence de perdre fa cha¬
leur y le fiel reprend fa première
forme ; cefr pourquoy fi l'Artifle
cherche U moyen unifiant & qu’il
y prenne peine , il le pourra ren¬
contrer y & de la forte s'il en faut
croire quelques-uns , il aura une
Eau tout a fait excellente , & meil¬
leure que de quelle autre ffion
non la puiffe difiiller , laquelle
ouchêe d'un double papier pertui-
fé avec une épingle , la tiendre'é^ a
L'air par cinq à fix jours , apref^
la retirerez & la bouchères^ pour
la garder au befioin.
Gfitelques-uns pourront trouver
k redire , de ce que je n'y ajoute
points
2. 4 O Trait té des
point U fel fixe de la plante , pour
une plut grande perfeètion , a quoy
je réponds , que cette addition cau-
fieroit plutôt la perte de l'Eau ,
que fa eonfervation & durée , par
ce que les parties de l'humidité fur-
monteroient de beaucoup , celles du
fel , & au lieu de luy augmenter
fis vertus , comme on fe perfuade,
l'eau fe corromprait d caufe de leur
inégalité. Outre que de quelle fa¬
çon qu’on puijfe préparer les plan¬
tes & les exhiber , leur fel fixe
n'agit point , & ne fe peut feparer
de leur fujet que par l'art du feu
& l'entremife de l'eau pour l'ordi¬
naire. £f je diray encores que les
fels fixes des Végétaux font pri¬
vez. de la vertu de leurs ' plantes,
& qu’ils font tous femblables les
uns avec les autres , & par Con¬
fisquent inutiles peur rendre leurs
Eavux meilleures. Voilà comme
je croy la meilleure méthode de di-
fiiller les herbes fiaifches ou tem¬
pérées', qui feront accompagnées
de la vraye odeur , & de la faveur,
entant qu'il fe peut des plantes,
dont elles auront été tirées ( excep¬
té de celles cy - devant refervées)
avec leur vrayç ejfence , qui na¬
gera par defius concrète , comme
celle de la Rofe , mais en mtind.re
quantité.
Mais par ce me dira-on que ce
travail efi long , & quaujour-
d'huy la fidelité de ceux de nô¬
tre profejfion efi; mal recompenfée,
à caufe des brouillons qui y font
en plus grand nombre , comme il
nefi que trop véritable -, jen voicy
une autre formule , qui efi moins
laborieufe , mais qu’il feroit befoin
Eaux âifiiïlées.
de renouveller les Eaux de fix en
fix mais , s’il était pejfible ; c'efi
qu'il faut prendre le fuc d’Ozeille,
ou de telle autre plante fucculente
qu'on voudra ,lequel dépuré comme
dejfus , fera difiillé dans un Refi-i-
geratoire bien net , les jointures
fermée s, le dejfus garny d’eau fioide,
& le dejfous, d'un feu médiocre , en
tirerez, d'eaù claire les deux tiers
du fuc ou, un petit plus ; aprez cef-
ferej^^le feu , & 'ceux à qui il fem-
blera bon, y procédèrent peur l'addi¬
tion du fel ejfentiel comme a 'été
cy- devant dit , comme aujfi de la
façon de couvrir la phiole , & du
temps de la tenir à l'air.
Cette Eau je l'efiime de beau¬
coup inferieure à la precedente , &
une bonne decoEbion de la même
plante , fera toujours préférable
parmy ceux qui s’entendent à tel¬
les Eaux.
Voilà pour les plantes fucculen-
tes en general , qui font fioides ou
ternperées , refie le moyen de difiil-
ler les chaudes , & ameres par
exemple de celle d' Abfinthe.Prenez
huit livres d'Abfinthe Pontic ou
vulgaire , incifez-le menu , & le pi-
dez comrne fi en voulielj tirer le
fuc, metteXjle dans un grand pot
de terre , & par dejfus verfeTjvingt
livres d’eau chaude tres-pure , cou¬
vrez le pot Ô' le laijfez en digeftion
par deux fois vingt quatre heures,
aprez vuidez le tout dans la Cu-
curhite de Cuivra , joigneZ-y fou
Chappiteau à Refrigeratoire garny
d'eau froide , & difiUle"^ par un
degré de feu , qu’une goutte fuive
immédiatement l'autre , & en tireX,
environ douze livres ; aprez les
ait té des Eaux diftillées. 141
vaijfeaux démontez. , coulerez. &
exprimer e"^ fortement le marc , la
coulature avec l’eau difiillée feront
jettées fur pareille quantité d’Ab~
finthe bien conca0,digererez.,& di-
Jlillerez. somme deffm j l’eau qu’en
extrairez, , fera plus excellente de
beaucoup qu’à la façon ordinaire,
{fans que toutesfoü elle /hit arnere)
particulièrement elle fervira pour
les fievres intermitantes , Ji on y
a'joûte^ dix grains du fel fixe de la
plante fur deux onces d’icelle , &
deux onces d’eau de Chardon bénit,
préparée de la meme façon, & qu’on
exhibe cette mixtion au commence¬
ment de l'acce'/. Ces eaux ainfi di-
fiillées les faut boucher feigneufi-
ment fans les expofer à l’air pour
s’en fervir au befoin.
Puis que Cathelan nous a voulu
lai/fer fuccintement fans méthode
ny raifon le degré de chaleur du
feu pour difiiller l’eau de la fleur
de Nénuphar au B. M. fans pref-
crire la quantité de la fleur , ny
celle de l’eau de fontaine qu’il y
convient mettre , je me fens obli¬
gé d’y fatüfaire , d'autant pins que
je reprouve entièrement fin procé¬
dé : que pour s’en acquiter plus
dignement , il faut prendre fix
livres de fleurs de Nénuphar blanc,
fiparée du jaune , les bien concajfer
au mortier de marbre , puis des
mettre dans un pot de terre , & y
verfer par dejfus douz.e livres d’eau
de fontaine qui fiit chaude s le pet
bien couvert fera tenu en dige-
ftion fur les cendres chaudes l’ef
P ace de vingt- quatre heures , &
fur la fin^ faut augmenter la cha¬
leur jufques à ce que la matière
commencera de bouillir , le vaiffeau
tiré du feu & àdemy froid , La co-
lature en fera faite à travers une
forte toile, & l’expreffion à la prefi
fi, fera verfée fur une pareille quan¬
tité de fleurs de Nénuphar -, con-
caffées comme devant renverfer
le tout dans une Courge de cuivre
bien nette , & la couvrir de fa
Chappe, puis fur un fiurneau à gril¬
le par un degré de feu modéré de
charbon & non avec du bois , com¬
me quelques-uns pratiquent , diftil-
lerez. votre eau qu’une goutte puiffi
pouffer l’autre , comme a été cy -de¬
vant dit J & l’eau de la Chappe
fouvent rafi-aifihie , jufques àl’ex-
traélion d’environ neuf livres de
liqueur ; alors ceffirez. l’operation
.& par cinq à fix jours la phiole
fera tenue à l’air couverte du dou¬
ble papier pertuifé comme les pre¬
cedentes. Cette eau ainfi préparée
fera incomparablement douée de
plus grandes vertus que celle de nô¬
tre Collègue au B. M. ( quoyque je
fois perfuadé que de quelle façon
qu’on difiille ces fortes d'Eaux,
qu’elles font de tres-petite vertu.)
Et ainfi on procédera à celle de
Pavot rouge , qui efi d’un frequent
ufage en cette ville , & autres de
telle nature de fleurs , defqueUes on
ne peut facilement extraire le fuc
que par artifice. Voilà trois formu¬
les des plus méthodiques pour tirer
les eaux fimples, deux pour les her¬
bes, & une peur les fleurs , qui peu-
uent fervir de réglé pour toutes les
autr0 , refie maintenant de dire un
mot , fur chacune des eaux compo-
fées qui fuivent.
Notez que moyennant quon
h h net
142- lirait te des Eaux dtjiillées.
nettoye bien le dedans du Refrige-
rateire , toutes les fois quon s‘èn
voudra fervir , & quon obferve les
formules prefcriptes , on aura des
eaux diftmées de plue grande ver¬
tu par le moyen de ce vaijfeau , que
par aucune autre forte d’Æembic ,
attendu qu'il ny a rien a craindre
du côté du Cuivre , quey quon aye
feu dire cy- devant ; mais qu'on ny
metfe rien d'acre, ny de merdicant,
puis que nous voyons que: cette forte
de met ail, efi le plus employé qu'au¬
cun autre pour l'appret des vian¬
des ; que s'il y avait du danger,
comme nôtre Collègue préfuppofe
cy-devant , en ne s'en frviroit
point dans la cwifine des Grands,
comme l'on fait , ny en beaucoup
d'endroits de la France , ouils tien¬
nent l'eau pour boire ordinairement
dans des vaijfaux de Cuivre.
Aqua Cinnamomi , D.Mat-
ihioU.
rentes. Mais par ce que cec Au-
theur deftinoit lefdites eaux Impé¬
riales, pour l'embelliirement duvifa-
ge feulement , au contraire de ce
que nous recherchons pour la
fanté : il n’y a eu' encores pcrfon-
ne , qui fe foit fervy de ces deux
receptes.
Voilà pourquoy chaque Apothi¬
caire juiques à prefent a eu la lîen-
ne particulière , fans qu’il y euft de
la correlpondance entre elles. Ce
qui a entretenu une grande confii-
fion parmy nous pour ce regard-
Pour à quoy obvier , & aprez avoir
reprefenté tous ces inconveniens à
Monfieur de Varanda , il a trouvé
bon d’en drelïèr une recepte colli¬
gée de toutes les autres, que je luy ay
fournies. El; aprez une meure deli¬
beration!, il me fit l’honneur enl’an-
né 1607. de m’en donner la recep¬
te , qui eft telle comme s’enfuit , la¬
quelle j’ay depuis enfui vie avéc bon
fuccez , & pourra à l’avenir être te¬
nue pour très- bonne.
4^. Aqua Rofarum, lib. quatuor.
Cinnamomi lib. unam.
Fini albi ,. lib.fmif.
Zih. I. Infundantur fmul fuper cineres ca-
eap. 13. lidos horas 14. in vaf vitreo
in Diof- operculato , fequenti v.ero Àie di-
eorii. fillentur ut artis efi.
PA fions outre à la féconde qui fiiit,
j,m c- ^ fo'avoird’cau Ifnperiale.Pourrai-
rîale. -laquelle j’ay à reprefenter ,
qu'aucun Autheur (que jefçache)
n’a encores décrie l’eau Im^iale,
lînon Liebaut en fon livre qu’il a
fait des embeilüîëments , lequel
eo rapporte deux receptes diftë-
R E M A R QV E.
MAtthiole donne diverfsdef-
crip tiens de l’eau de Cane lie,
dans fs trois éditions , f avoir dans
celles dés années 153 b. ^
il y fait entrer une livre & demy
de vin blanc , & dans celle de
l'an i\ b’}, il n'y en met que de¬
my livre, s’il en faut croire a Def
moulins en fa verfion Françoifi ,
■car pour l'original qui efi d im-
prejjion de Venif , jufques icy , je
ne l'ay peu vérifier , & c’efi celle
que nôtre Collègue a fiùvy ■ néant-
moins il fe trouve fort peu d' Apesi'
câsus,^
Tarait té des Eaux diHillées. X4.5
ca,ires , ^ui la compofent ny d’une
fa^on ny d’autre. Les uns n’y met¬
tent point d’eau Rofe , que le feul
vin blancr , d’autres la difiillent
avec- la feule eau commune-, les
autres y mettent parties égales
d'eau Rofe &■ de vin blanc , &
d’autres y mettent tout d’eau Rofe.
Gluant à moy j’incline très- volon¬
tiers à la defcription de l’ fdutheur
d une livre & demy de vin blanc,
excepté , par ce que nous n’avons
point ^de fi. bonne Canelle comme
avoit Matthiole de fon temps , je
fuis d’avis . qu’on la reélifie fur une
même quantité de la meilleure Ca¬
nelle quart pourra choifir , &
d’augmenter les liqueurs jufques
au double , & ainfi l’eau furpaf-
fera de beaucoup la precedente ,
fi l’xirtifte garde -les mefitres , &
proportions requifes en la difiil-
lation.
Ceux qui defirerent encor es
avoir une eau de Canelle beaucoup
plus effcacieufi , (fr qui ne confî-
dereront point la dépance , ny le
travail y prendront une livre de
bonne Canelle choifie & convajfée, la
mettront dans une Cucurbite de
verre , & verferont par dejfus fix
livres de bon vin- blanc , qui ne
fait ny doux , ny vert , icelle exa-
îiement couverte de fa Chappe , les
jointures bien collées avec de la
colle de farine , ou d’amydon , ou de
parchemin , en façon', que les plus
fubtils eéfrits ne pmjfent refiirer-,
aprez. ajanceront leur Alembic
dans une terrine au fable , au bec
duquel colleront aujfi un récipient,
& aprez. deux jours de macéra¬
tion , diftilleront par un degré de
feu modéré ; & quand l’eau com¬
mencera de dijiilkr blanche , pour
lors ils augmenteront tm peu le
feu , & continueront la difiillation,
jufques a ce que la Canelle fera
entièrement découverte : les vaif-
feaux rafioidù , tireront la Canelle
de la Cucurbite , & en mettront
de nouvelle bien choifie , qui ne
fente pas le bois “en la mafchant,
même poids que devant- , apre'{^
l’avoir concaffée verferont fur icel¬
le , l’eau de la precedente , &
environ deux livres du meilleur
vin blanc : toutes les jointures
bien codées comme dejfrn j apre\^
vingt quatre heures de macéra¬
tion , difiilleront du commence¬
ment , par un plus petit degré de
feu que le premier de la prece¬
dente 'difiillation , & quand on
s’appercevra , que l’eau commen¬
cera a dégoutter blanche , il faut
foudain changer de récipient , &
le coller , avec une bande de linge,
& à même temps augmenter le feu,
jufques qu'on en ait tiré environ de
trois livres de la fécondé diqueur,
fans y comprendre la première , qui
efi l’efirit du vin blanc , Ô^de la
forte ils auront une eau ,. ou fi j’a-
fe dire un ejprit de Canelle d’une
faveur merveilleufe , qui ne pique
point la langue , feparée de l’efirit
de vin , & qui fait des grands
effets , particulièrement pour let
femmes , qui font en travail d' En¬
fant , fans les échauffer , qui fur-
paffera toutes les meilleures eaux
de Canelle fimples , qui ayent ja¬
mais été inventées : bref c’efi un
Elixir , qui efi capable de refiau-
rer toutes les facultez. du corps
2.44
humain , contenant en fey la meil¬
leure partie du vray foulphre de
la Canelle , qui ne s'en fepare point)
que Jix mois , ou une année aprez.
la difiillatien de ladite Eau.
Aqua Imperialis, D. Va-
randæi.
Ortie is Citri Jîcei ,
Arantierum ,
Nucis Mefchata ,
Cary ephy lier um ,.&
Cinnamomi » ana une, duoi.
Çyperi ,
Jreos Flerentia ,
Calami arornatici, ana une. unam.
Zedoari^ ,
Galanga ,
Zingiberù , ana unc.femiji.
Summitatum Lavendula ,
Rorifmarini, ana man.dms,
Foliorum Lauri ,
Major an A ,
Hyjfopil
MeliJfA ,
Mentha ,
eSahia , &
Thyrni , anamanip.unum.
Rofarum atharum , &
Pallidarum recentium , ana
manip. femi^.
AquA Rofarum, lih. quatuor.
Vini alhi optimi , lih. duos.
Contujis priué contundendù infun-
dantur per 2-4,. horas in Alemhi-
co vitreo fuper cineres calidos,
deinde difiihentur , ut artis eft.
Trait té des Eaux âifiiüèes.
D Autant que cette Eau fe trou^
veroit deux fois décrite dans cè
livre, je lay tirée de l’Appendix;
t’avertillânt aprez Monfieur Baude-
ron qui l’a preferée à celle de lean
de Vigo , qu’elle a été compofée par
feu M. lean de Varanda Confeiller,
Médecin , & ProfelTeur du Roy,
Doyen en l’Vniverfité lâmeufe de
Medecine à Montpelier , l’un des
plus doétes perfonnages de fon
tems : pour être plus courte & cotn-
pofee de Médicaments faciles , & à
faire & à recouvrer , & convenables
pour accomplir les effets fus- men¬
tionnés , & avec plus de méthode
& artifice.
On luy a impofé ce nom fpecieux
d’Imperiale pour deux railôns , par
ce qu’il n’appartient qu’aux Princes,
& grands Seigneurs d’en ufer fou-
vent, à cauiè de fon prix & valeur;
ou bien elle eft dite Impériale , par
ce qu’elle eft la plus excellente des
Eaux cordiales.
REMARQUE.
QVoy que les dofes des ingre-
diens qui compafent l'Eau Im¬
périale fiient mieux propertionnees,
que de celles qui fuivent avec la
liqueurs qui y entrent pour enle¬
ver leurs qualiteTi & vertus ; je
ferais neantmoins d'avis , défai¬
re les. livres de l'eau Rofe , &
du vin blanc de feiXe onces , au
lieu de la livre de Medecine , qui
nefi que de douXj onces , atten¬
du la quantité des matières feiches
qui y entrent j & au lieu de l eau
Rofi ordinaire, qu'en prît de cel¬
le qu'en tire des Rofes fermentées.
Ziff
Tarait té des Eaux dtfiilîees.
Le moins fitciendi de l’ean de Cn-
neîle icy obfervé , on en fourra ti¬
rer deux livres & demie de liqueur
du même poids que dejfm , & ainfi
l’Eau fera fort efficacieufe.
La treizième Eau c^>mposée,
qui efi: L’Eau Celeftc.
Aqua Cxleflu.
IE la trouve décrite diverlcment
pr deux Authenrs : la première
par Matthiole au chapitre du vin di-
ftillé J laquelle il n appelle pas Ce-
lefte 5 mais Eau de vie composée
ièulement. Et Tautre en l’Antido-
taire de lean de Vigo , qu'il quali¬
fie proprement de cette appellation.
Leiquelles je prétends au relie de
rapporter icy toutes deux , pour lail^
fer la liberté aux plus curieux de
compofer 1 une ou l'autre qui leur
fera, la plus agréable 3 déclarant
neantmoinS que j'ay composé deux
fois celle de Matthiole , par l'avis
de feu Jacques Cathelan mon pere,
lors vivant auffi Maître Apoticaire
de cette ville , qui entendoit fort bien
ce qui étoit de là profeffion , ainfi
que ceux qui l'ont connu , ne le
nieront pas ; à caufe difoit-il , dé la
grande confufion qui fe remarque
en celle de lean de Vigo > tant à la
dofe mal proportionnée des ingre-
diens , qu'en la Méthode qu'il la
décrit pour la diftillerj ainfi que je
deduiray particulièrement cy-aprés :
& deux auoresfois celle de Vigo,
que je corrigeois en quelques arti¬
cles 5- comme je montreray aulfi tan¬
tôt , qui m'a fomblé ainfi beaucoup
plus exquife que celle de Matthio¬
le que j 'a vois fait auparavant. La de-
cifion dequoy toutefois je remets
aux fieurs Médecins , pour en or¬
donner ce qu'ils trouveront bon , à
quoy je me conformeray fans opi¬
niâtreté.
Aqua vitæ Matthioli compofî-
ta , quam nos Cœleftem
appellare polTumus.
Cvmamomi ) unc.mam.
Zingiberü , unc. femif.
Santali alt/i ,
Citrini , &
Rubri ,ana drach^fex.
Caryophyllorum ,
Galanga ,
Nucis Mofehata , an a draeh. duos-
& femij?.
Maeü ,
Cubebarum ,ana draeh. unam.
Cardamomi major is ,& mineris,
Seminis Nigella Roman &,ana draeh.
Zedoaria , une. femif..
Seminis Anifi,
Fœniculi dulcùs ,
Paftinac. fylveBris ,
Bajîlici ,
Radicis Angelica ,
Cdryophyllata ,
Liquiritia ,
Calami aromatici ,,
Faleriana minorü ,
Eolisrum Sclareet ,
Thymi,
Calamenti ,
Pulegii ,
Menthax
hh 5;
SérfiUi,
14^ Tarait te des Eaux dtfiïüees.
SerpiUi ,
Ma)erana , ana drach. duoi.
Florum Rofarum mbrarum ,
Salvix,
Roris marini ,
Betonic& ,
Stœchadü ,
BugloJfi,&
Borraginü, ana drachm. mam,
& femiji.
Corticis Citri ficci , drach. très.
Pulveris Diambra ,
Aromatici Rofati ,
Diamefihi dulcü ,
Diamargariti fiigidi ,
Diarhodenis Abbat. &
EleEtuarii de Gemmü-, ana drach.
très.
Contundenda contundantur & in-
fundantur , in libr.ü duodecim
Aejua vit a optima per quin-
decim dies j , deinde diBillentur,
ut artis ejl. In qua Aqua in-
fmdantur Sautait citrini drach-
rna dua , Ambra grifa , & Mof-
chi in nodulo pofitorum , ana
fcrupul. femijf. lulepi Rofati U-
bra - ttna , mijce & reponan-
tur per quindecim dies. t)emum
celentur in alio vafe & refer-
ventur ufui.
REM ARQVE.
N la defeription de l'Eau de
vie de Matthiole , s’y trouve fix
fautes remarquables,que neanmoins
mut réduirons en cinq principales,
pour y en avoir deux de même na¬
ture : les deux premières precedent
du peu de connoijfance que notre
Collègue avait des jtrnp le s , de pren¬
dre deux plantes de qualités &
vertus contraires à l’intention de
ce premier , pour deux autres , fit
par la rejfemblancé des noms ou de
leurs Synonymes , & les fueilles
d’une plante, pour la racine d’une
autre , & encores une esfece pour
une autre , & enfuite de ces équi¬
voques, il y a une obmijfwn de deux
ingrédiens.
La première de ces fautes paraît
de ce que nous lifons dans la def¬
eription de la fufdite compofnion
au livre cinquième , chapitre feptié-
me du Commentaire de Matthiole
fur Diofeoride e\^ éditions de Fal-
degrife de Fénife de l’an
& de Nicolas Bajfet de Franc fort
de l’an 1598. Radicis Caryophyl^
lata , lefquels mots en la verfion
Françoife du \ Commentaire dudit
Alatthiele par Anthoine du Pinet,
celuy de Radicis fût traduit pour
racine , ■& le traduSleur. retint le
mot de Grec de Caryophyllata ,&
dans la verfion Françoife du même-
Commentaire par lean Defmoulins
ces mots font traduits pour racine
de Benoîte. Favoüe qu'en ces deux
verfions differentes , bien que les
mots de Caryophyllata , & de Be¬
noîte ne fignifient qu’une même cho-
fe , que les moins oculés en la bo¬
tanique y peuvent être furprü , &
qu’il efi^ neceffaire pour une plus
claire intelligence de l’Artifie d’ex¬
pliquer d’où font dérivés cés deux
mots ; celuy de Caryophyllata luy
a été donné , de ce que la racine
'de cette plante d l’odeur de Gere-
fie J & celuy d’herba Benediéla, de
ce que la plante entière poffede des
rares df excellentes vertus : mais ce
qui a beaucoup contribué à l’erreur
lirait té des Eaux dtjiïüées. x 47
àe notre Collègue , comme je puü
conjeÜurer , efi quil a tiré la fuf-
dite defcripTîon de la verfien de
I. Defmoulins , & au lieu de dire
en Latin Radicis aingelica , Bene-
diSta , ou bien Radicis Angelica,
Cariephyllata , il a dit , Radicis
Angelica , foliornm Betsnica , s'i¬
maginant que le mot de Beneite
étoit une faute de V Imprimeur,
pour avoir interposé quelques let¬
tres J d'autant que les mots de Be¬
noîte & de Betoine font composés
de même caraHeres l’un que l’an¬
tre ^ ^ au lieu de dire Betoine, il
aurait dit Benoîte, au contraire cela
procédé de ce que notre Collègue
na pas entendu ce dernier Syno¬
nyme V & comme une erreur le plus
fouvent en attire une autre d foy,
il changea à même tems le mot
de racine pour, celuy de feuille j
parce que la racine de la Betoine
n’efi point uftée que fort rarement
en la Jü/fedecine , & ainji s'en en-
fuivirent deux fautes fur ce fm-
ple. ^uant au relie la differen-
ce efi grande entre la Ben oit e &
la' Betoine , tant en, ejpece qu'en
venus.
Nom lifons aujfi dans les mêmes
éditions Latines cy-dejfm alléguées
de Matthiole , faliorum Sclarea,
qui efi le grand Horminum de quel¬
ques-uns ; Cr dans les deux vef-
' fions Francoifes ces mots ont été
tournés pour les fieilles de la Scla-
rée que notre Collègue a pris pour
l'Efclaire , qui efi la Chelidoine
grande , & a écrit dans fa dejeri-
’ption.foliorum Chelidonii minoris, oh
l’erreur efi aufiï double : en prernier
lieu, d'avoir pris la Chelidoine pour
la Sclarée , & en fécond , d'y avoir
ajouté le mot de minoris ; parce
que quand un Autheur demande
dans une compofition un fimple,
duquel il y a d'autres efi>eces,il faut
toujours prendre l'elfece la plus
excellente , & la pim familière ,
c'efi a dire , celle qui efi la plus
en ufage , à moins que par exprès
l’Autheur de la compofition s'eti
fait expliqué ; comme nôtre Collè¬
gue devait faire en cét endroit , en
tout cas préférer la grande Cheli¬
doine d la petite : la différence de
la Sclarée d l'Efclaire , n'efi pas
moins connue , & l'équivoque de
moindre importance que les prece¬
dentes.
La cinquième , quoy qu'elle fait
aufii double , nous la reduifons com¬
me a été dit cy-deffus , en upe'qui
efi que Matthiole fait entrer en
la fusdite defeription de toutes fes
éditions le Pulegium , & la Bden-
the , que nôtre Collègue ou l'Impri¬
meur y ont obrnis , & bien comme
je veux croire , que cette faute pro¬
cédé de ce dernier , fi efi-ce , qu'il
étoit du devoir de ce premer de la
corriger après la première édition
de fin ouvrage. ,
Quelques-uns pourraient encore»
faire naître une autre diffculté en¬
tre la verfion de Definolim , & cel¬
le du Pinet , fi on voulait pren¬
dre les paroles au fins de la let¬
tre , quoy que neammoins il n'y ait-
rien d redire , de ce que ce pre¬
mier demande en fa defeription
VEleüuaire de Gemmis, & ce der¬
nier demande en fa place l'Ele-
éluaire de Marguerites,: en cela\ils
ne different point que du nom, bien
X 48 Tarait te des Eaux àifiiüées.
que dans cét Antidotam ou Phar¬
macopée y aye grande différence en¬
tre le Diamargaritum frigidum
qu'on pourrait prendre poür l'E-
ieétuaire de Marguerita ■& ce-
luy de Gemmii , fi ce premier
ny entrait, dé-ja une fois j mais
cette diffculté fera non feulement
vuidée par tous les exemplaires La¬
tins de Aiatthiole ; mais auffi de
ce qu’il y a quelques Autbeurs,
qui ont voulu donner le nom de
Perles ou de Marguerites d l’Ele-
£luaire de Gemmis , que du Pinet
a fuivy en fa traduélion ; à caufe
que l& Perla y entrent en une
plfts grande dofe , qu'aucune da
pierres precieujes que la Latins
ont appelle Gemma j cefi pourquoy
il faut prendre l' EleBuaire de Gem¬
mis tel qu'il efi cy- devant décrit
en la quatrième Seélion , fans re¬
courir d d'autres compofitions pour
ne contrevenir d l'intention de l'Au-
theur.
Vbild touta la fautes de l’Au-
thâur du Traitté des Eaux difiil-
lées exaElement recueillies, de cet¬
te excellente cempofition , que peur
l'honneur de fon inventeur & le
bien -public lu avons corrigées , &
reSlitué d la cempofition ce que la
négligence de ceux qui m'ont de¬
vancé luy avaient fait perdre , .en
la faifant conforme d trois originaux
de Matthiole du plus correils que
f dy en main.
Relie de paffer maintenant de
la correliien d la vraye méthode
de la compofer , afin que de cette
Eau il en puiffe refulter lu effeBs
promis, qui fera de .prendre tous
les fimplu deüement choifis , parti¬
culièrement ceux que nous avons
en nôtre dilfofition récemment fei.
chés pour lu pim vieux depuis
deux mots , après les avoir inci¬
ses , concafsés & infusés avec la
quantité fufdite d'eau de vie reUi-
fiée dans un Alembic de verre bien
luté avec un chapiteau & récipient:
& parce que la quantité de l'eau
de vie efi de douane livres , qui ex¬
cédé de beaucoup le poids des in-
grediens , qui ne pefent que qua-
torz.e onces ,& deux ou trois drach¬
mes ; en cela il faut remarquer que
Matthiole a entendu ( fans qu'il
s'en fait expliqué, & la raifon U
veut ) d'en tirer de liqueur par
la diHillation tout autant quelle
fera Jpiritueufe , qui reviendra d un-
peu pim au delà, de la moitié de
celle' qu’en a mis dans l’Alemhic,
pafsé cette quantité le relie efi de
petite vertu j c'eft pourquoy il- fau¬
dra peur lors ceffer la diHillation,
que fi on en tirait davantage , &
y mêlant une livre de lulep Ro-
fiat » ce mélange rabatroit grande¬
ment de fa vigueur i & pourrait etre
caufe quelle fe corromprait , tant
à raifon du lulep Rofat , que du
phlegme qui fe trouverait dans l'eau
diliillée ; pour le furplus j'elîime
qu'en peut fuivre l'Autheur de la
Paraphrafe , comme auffi on la peut
diliiller au fable de même que l'eau
de Canelle , obfervant un degrede
feu un peu pim moindre.
La Pharmacopée de Londre en
Angleterre ne difiille point les pou¬
dres cordiales , mais elle la mde
& diffout dans l’eau diàillée , cont¬
re fon inventeur avec le Santal
citrin, l'Ambre , le Mafic , &
^raitté des Eaux difti liées. 140
luhf Rofat , après bouche exaSle-
ment la phiole , & la garde pour
le befoin. le prefereroü volontiers
cette méthode , ' néteit la crainte
tjue les fleurs qui entrent dans les
poudres par leur vifcofité ne cau-
fajfent quelque alteration d Veau.
L’Autheur du Bauderon in fo-
lio de Londres ne s’efi point appert
eeu de Verreur de Cathelan , de la
racine de Caryophyllata , & de la
fueille de la Sclarée , non pim que
de Vomijfion du Pulegium , ' & de
la Menthe , & a erré en la dojè
de V Ambre grü & du Mufc , au
lieu de demy fcrupule de chacun,
il en met demy drachme , & la
Pharmacopée de Londres in folio de
Van 1639. un fcrupule de eha-'
Aqua Cœleftis , D. loannis
Vigonis.
y:. Cinnamomi,
Caryophyllorum ,
Nucis Mofchata >
Zingiberü,
Zedoaria ,
Galanga ,
Piperis longi ,
Rotundt,
Corticis Citranguli,
SpicA Nardi,
Ligni Alo 'és ,
Cubebarum ,
Cardamomi ,
Calami aromaticit
Chamadryos >
Chamapithyàs ,
Macis ,
Thurü albi.
TormentillA rotunda ,
HermodaVtylorum ,
MedulU Ebuli albi ,
Seminü luniperi ,
Baccarum Lauri»
Serninis & florum Matricaria,
Semin.Apii,
Fœniculi ,
Anifii
Salvia ,
Majorana ,
Ment h A ,
Pulegii ,
Stœchados ,
Rut a ,
Scabiofa ,
Lunaria minor.
Agrimonii
Centaurii
Fumaria ,
Pimpinella ,
Crifpini feu Taraxacenü ,
Euphrafla ,
Capill, Veneris,
Capit. Monach. vel Endivia ,
Serninis Acetofa,
Santali citrini ,
Alo 'és Hepatica ,
Florum Sambuci ,
Rofarum rubrar.
Rofarum-albarum ,
Bafilicanis ,
Rorifmarini ,
Ambrofina ,
Rhabarbari , ana une. duos.
Ficuum ficcarum,
Vvarum Paffarum,
DaSiylorum fine ofiibm
Amygdalarum dulc.
Cran. Pini , ana. une. unam.
Aqua vita eptima ad quant'itatem
omnium ,
Sacchari quadrupUciter pradiVla-
ii rum
i 5 O Trait ié des Eaux diftiÜées,
rum rernm ,.videlicet pro tma li-
bra fonantur de faccharo lib.
quatmr.
Jiddlis albi , Ukras duat
Pofimodum addantnr infia /cripta.
Radiais Gentiane,
Flerum Anthos ,
NigilU^, qua nafcitur in frumen-
■ tü,
Bryonis. ,
Radiais panis Porcini,
Abfimhii, ana una.fém^-
Et ante quant di£ta aqua ad di-
fiillandum ponatur in diÜa aqua
pluries lamina Aurea aandens
extinguatur. Deinde ponentur
in ea miimt& Perla, Orientales,
& difiiilabis tpfam. Et adver-
te ne perla fila 'remaneant , vi-
deliaet fine aqua ahm p^nuntur
ad ignem , qua in aol are deva-
Jiarentur. Et itla àqua fia amn
. aura confie El a , & -cum Per lis,
valet contra multos infirraitates
jam diElas^
Voilà les propres termes de cet
Authenrqiii fèmble avoir gran¬
dement erré en la dolé des ingre-
diens , & par après en la méthode
qu'il veut en-lcignerjcomme j'ay déjà
dit. Car quant à la dofè des ingre-
diens , il employé quatre livres de
fuccre , & deux livres de miel pour
chaque livre do matière , ce qui clè
ablurdc : car tous les ingrediens
pefent neuf livres , à quoy il faii-
droit employer trente-iîx livres de
lliccrc , 8c dix-huit livres de miel,
qui. reviendroit à cinquante-quatre
livres ou environ , fi on s'arrêtoit
à çela. Après il veut qu on employé
des. Perles ûus ' fpecifier la quan¬
tité", & eftime qu'on les doit con-
ièrver, en forte qu’elles ne perdent
pas leur couleur. Chofe admirable
de penfer que des Perles entières
puiflént fervir à cette Eau , & puis-
les retirer.
En quatrième lieu , l’extindion
d une lame d’or qu’il recommande,
cft inutile , ainfi que tout homme
de jugement confelïera franchement.
Car , quand ainfi feroit que l’on
pourroit apporter quelque rare pro¬
priété à cette Eau par le moyen de
cet or , cela n’aviendroit pas par
cette extinélion. Ce qui nre fait
fouvenir de la folie de ceux , qui
pour foire des bons- reftaurans , font
bouillir une chaîné d’or dans le
bouillon ou confirmé , parce qu’ils
attifent proprement la feule crafle
que peut avoir cet or , &c rien plus.
Car ils l’en tirent plus fplendidc 8c
plus beau.
Mais quant à la Méthode de
cet Autheur, il y a deux abfiirdf
tés auffi. La première en ce qu’il
veut infufer les ingrediens avec le
fuccre ôc le miel. Chofe étrange
qu’un tel Médecin ait écrit cela.
Car la vifeofité du fuccre & du miel
empêchera que les aromatiques ne
lâcheront point leurs vertus dans
cette infiifion. Et voilà pourquoy
nous n’infufons jamais le fucae avec
la càneile dans le vin , qüatrd on
veut foire l’hi]'ocras.
Finalement cét Autheur fait deux
infiifions fêparées dès drogues qiii
peuveuc bien tremper enfemble , de
quoy je ne me puis imaginer aucu¬
ne raifon pour cela. Que fi on vou¬
loir corriger tous ces defouts , Yom-
me j’ay foie deux fois : on trouvera
■' ’ que
-fT
fuivrO
Tarait té des Eaux diJliÜées. % 5 i
que ce fera une treS-bonne 5c ex- Renoii Médecin de ia faculté de Pa"
ente Eau. Et voicy comment.
Au lieu de la grande quantité du
foccrc 5c du miel , on y mettra une
livre du premier , & demie livre
de l'autre , d’autant que je penfe
que tels ingrcdiens n'y {ont mis
qiK pour adoucir la violence 5c l'â¬
preté des autres qui pourroient dé¬
goûter ceux qui en uferoicnt. Pour
les Perles une once fufEt à mon
avis , Iclquelles il faut brilèr avant
que de les y employer. Pour l'ex-
tindion de la lame d'or j je rejet¬
te cela entieremcnt.| Et pour les deux
ihfufions fufdites , en premier jieuj
je voudrois inflilèr tous les ingre-
dicns dans le vin diftillé, lans en
excepter aucun , hormis le luccre
ôc le miel : lefquels je penfe de¬
voir être ajoutés , lors qu'on com¬
mencera la diftillation feulement
5c non plutôt , à caufe de leur
vifeofité Si bien qu'aprés avoir-
procédé comme cela , fur ces lîx
articles , il faudra diftiller le tout
felo^J'Art. Et ainfî j'eftime que cet¬
te Eau fera exquife , & comme il
faut.
Palibns à l’Eau Theriacale de
Rondelet , que nous retenons en
cette ville , plutôt que plufîeurs def-
criptions qui fe* trouvent aux autres
Antidotairesjcommc une en la Phar¬
macopée du fieur Bauderon> qui cft
de fon invention ;“de Weeker , qui
en rapporte une autre en IbnThreîbr
particulier, de Dalcchamps , qui en
raifoit faire une autre à Lyon , que
le College de Nuremberg approuve
en leurs Difpenlàires j de Sylvius ,
qui en avoir composé une autre , que
le même College a retenue , & de
ns , qui en fait une autre particu¬
lière. D’autant que tous ces Au-
theurs peuvent avoir eu quelque con-
\ lideration particulière' poiu' les ha-
bitans de leur Province , qui me fait
dire que pour même conlideration»
la recepte dudit Rondelet doit être
enfuivie en cette ville comme s’en¬
fuit.
REMARQ^VE.
E deferdre qui fe trouvé en la
defeription de l’Eau Celefte de
le an de Kigo , tant en la confufion
des ingrédient , qu’au nombre d’i~
ceux , peut être en partie caufe
quelle nef plus ufitée dans cette
ville comme elle étoit cji-devant, ou
bien de ce que certains font de la
Medecine comme de beaucoup d’au¬
tres chofes d la mode & n’aiment
que les chofes nouvelles. Cethelan en
a relevé quelque chofe tres-d pro¬
pos , que pour n’ufer de redites , je
pajferay aux obmifions qui y ont
été faites j fait par fon defaut , ou
de celuy de l’ Imprimeur qui font
de trois ingrédient , fçavoir du
Poivre rond , ou noir , de la pe¬
tite Lunaire , & de la Rué ; def
quels ingrediens perfome ne s’en,
efi apperceu , & ont pafsé ]ufqHes
aux dernieres éditions de Sauva¬
geon fans qu’on ait daigné d’y pren¬
dre garde pour les corriger^ Ces
fautes font remarquables ; & com¬
me les deferip tiens des compof lions
doivent être gardées en leur pure¬
té fans aucun changement ny al¬
teration , d moins que par exprès
cela procédé du dofle & experi-
‘Traîîté des Eaux dtfiîHées.
mente Médecin , qui efi le fujet que
J ay remis les [ufdits ingrediens en la
defcriptim que yay rendue confor¬
me à celle de l’édition de Jean de
Camhray , de l’an 1531- comme il
fera dit cy-aprés. En fuite de ces
omijftons , il me refie une dificul-
té confiderable , qui a roulé long-
tems en mon efprit , que notre Col¬
lègue n’a nullement touchée , mais
s’il faut dire plutôt authorisêe par
fon filence , qui efi de fiavoir,
qu’efi-ce qu’a entendu de Vigo
par Arnbrofina , Ambrofini , ou
Ambrefina , ain fi qu’il efi diver-
fement écrit en la defcription de
fon Eau Celeéie és differentes édi¬
tions de fis œuvres imprimées à
Lyon par lean Creéfin , lean de
Cambray , & Anthoine Vincent,
és années 1517. 1530. 1531. '&
IJ35>. d' en d’autres exemplai¬
res, que pefiime moins correRs, im¬
primés auffi a Lyon par Charles
Eefnot en L’an 13 9 1. le mot d’Am-
hrofina , Ambrofini , ou Ambrefi¬
na a été tourné & dépravé en
Ambra fina ; pour l’intelligence
de ce dernier , on ne peut pren¬
dre autre chofi pour fa propre
fignification que de l’Ambre fin -,
mais quelle apparence y a-il ? que
fi de Vigo eût voulu faire entrer
de l’Ambr'e fin dans fin Eau Ce-
iefie , il fi ferait fans doute mieux
expliqué , & ' aurait usé d’un au¬
tre terme plus intelligent , en di-
fant Ambra grifa , au Ambaris ci-
neritii optimi , comme a fait Brice
Bauderon , édition 6. en l’Appen-
dix , que de celuy de Ambra fina,
pour le difiinguer abfilument de
l’Ambre jaune & du blanc .* car au¬
trement pour Ambra fina i on peut
aujfi'bien entendre le jaune , ou le
blanc , que le gris j de dire que de
Vigo. ait ignoré la eonnoiffance de
ces deux derniers Ambres , c’efi ce
qu’il ne faut pas fi perfuader ,fans
effencer trop finfiblement fa mé¬
moire. Doncques pour avoir une
pim parfaite intelligence de la fig¬
nification du mot Arnbrofina , je
me fuis curieufiment porté de voir
exaRement tomes les œuvres de
cet Autheur , depuis le commence¬
ment jufques. à la fin , pour m’en
infiruire-, après cela je puis affeu-
rer être véritable , que de Vigo n'a
employé le m.ot d’ Arnbrofina , Am¬
brefina , OH Ambrofini , qu’une feu¬
le fois en toutes fis œuvres , qui
efi en fa fufdite Eaty Celefie : &
pour Atnbra fina > que nôtre Collè¬
gue 'a retenu , il ■ ne fait non plus
mention d’aucune forte â’Ambre,
non pas môme en fon grand Ele-
Ruaire cardiaque & contre-venin,
ou il fait - entrer des plus rares in¬
grediens de la Médecine , ce qui
me fait dire , qu’il faut de tou¬
te neceffité , qu’il ait entendu par
le mot d’ Arnbrofina cette., plante
qui efi décrite fans figure dans
le grand herbier François en viel¬
le lettre Gettique ,*oû U efi dit,
l’Ambrofiana efi une herbe fem-
blable a Eupatorium , mais elle
n’efi pas fi longue > ou bien cer¬
taines compofitions que Philippe
de Macédoine , & Archevius ont
inventées fuivant Galien , livre
deuzàéme , chapitre huitième di¬
xième des Antidotes , qu'ils .ont
appellées Ambrofia 5 mais parce
que les ingrediens qui entrent en.
ceâ
ces compojîttons font déji
une fois dans l'Eau Celefie , &
que l’ufage d'icelles nef point re¬
tente parmy^ nous , il me femhle
quon doit plutôt prendre une des
plantes quon nomme Ambrofia,
comme mieux contenante aux mer¬
veilleux effeSls quon attribué a
cette Eau CeleBe i fuivant les Poè¬
tes & plufieurs yîutheurs graves
& dignes de foj , qui difent que
cette noble plante ne fût appel¬
le Ambrofia par les Anciens j que
parce quelle conferve long-tems la
perfonne en fa verdeur , ^ la fait
vivre en fanté ; tout ainfi que les
Poètes difent que VAmbroifie main¬
tient & immortalife les Dieux,
Jidatthiole livre troisième, chapi¬
tre HZ. Voila la confequence que
je tire du mot d’ Ambrofina , qui
efi le diminutif d' Ambrofia , a cau-
fe de fes rares vertus , quon l'y
doit employer preferablement h
tout autre ingrédient j & me fem¬
hle que ça été l’intention de l’Au-
theur , dont les œuvres ont été dé¬
pravées par les fiequentes éditions
qui en ont été faites. On me pour-
roit objebler , que fi cela avoit
été fon intention df faire entrer
V Ambrofia comme une herbe , qu il
ne l'auroit pas feparée de la do-
fs d’un grand nombre d'autres
fimples de même nature qui la
precedent , pour l'a 'mettre fous
une autre dofe plus moi/ndre , qui
n'efi que la huitième partie , s'il
n avoit eonfideré eét ingrédient
comme précieux & de grande ver¬
tu , tel que l’Ambre gris : à cela
je réponds , qu’en l’édition de lean
de àarnhray cy-dejfus alléguée ,l’ Am-
2-5 J
brofine & la Rheubarbe y font
feus la dofe de deux onces de cha¬
cun , qui efi la dofe generale de
tous les fimples qui les precedent,
& j’oferay bien dire que cette défi
cription doit être fuivie comme la
plus correlie.
Et pour une derniere preu¬
ve de mon raifonnement , je di-
ray que fi de Vigo avait eu in¬
tention d’admettre l'Ambre gris en
fon Eau <CeleFle , que c’eût été
pour râifon, de fes excellentes ver¬
tus , & qu’il en aureit fait men¬
tion comme il fait de l’Or , &
des Perles aux dernieres paroles,
qui fuivent immédiatement l’addi¬
tion de ces deux derniers , dont
voicy les propres termes. Et ifia
Aqua fie cum Auro , & P crûs
confella valet contra multos in-
■firmitates jam dillas. le vous laif-
fe k penfer s’il aurait oublié d’y
comprendre l’Ambre gris le plut
précieux de tous les ingrediens,
tant en fes vert tss , quen fon prixi.
qui fût entré dans cette compofi-
Et pour la TormentiUe ronde,
qui efi demandée^ en la même def-
cription , il entend qu’on prenne
la vraye TormentiRe de nos Offi¬
cines , ftifant différence delà Ri-
ftorte , que quelques recens con¬
fondent enfimHe , a caufe du rap¬
port que ces deux, racines ont eu
leurs qualités & vertus ainfi que
dit Devigo en fon livre feptiéme
de la nature des fimples : ét d’au¬
tres prennent la Tormentilk pour le
vray Penthaphylon. Lacuna en fe.s
annotations fur Diofeoride, livre 4..
chapitre 43.
Trait té des Eaux ai Bill ces.
employés
ait té des
le nay fçeu trouver ny compren¬
dre , quefl-ce que l'Autheur en¬
tend par MedulU SbuU alhi ,
veu que tous ms ^ Botaniques , ne
fmt quune epfece d'Ebulta qu'ils
appellent Sambucui herhacea , ou
Sambucui humilù, qui porte pi moel¬
le blanche , à moins qu'il voulut
entendre cette ejpece de Sambuc
'étranger , & rare qui porte des
baies blanchafires. Dodonatu pen-
tad. 6. livre 4. chap-ti.
Apres avoir , reftitué a la compo-
Jition ce qu'il y avait de defeblueuxi
il efi tems de pajfer au modm facien-
di d'icelle , eu )e trouve aprez. notre
Collègue y avoir beaucoup de cho-
fes a corriger , fans pre]udicier à
l'honneur de fin Inventeur -, au
contraire cette correliion relèvera
de beaucoup les vertta admirables
qu’il attribué k fin Eau. En pre¬
mier lieu il faut prendre la moitié
d.e la dofe d'un chacun des fimples,
les incifer , concajfer , & les infufer
au B- pur deux fois vingt qua¬
tre heures , avec treiz.e livres poids
de table de bonne eau de vie rebli-
fiée , dans unvaijfeau que les Chi-
miftes appellent de rencontre : aprel^
il faut verfer le tout dans me
grande Cucurbite de verre, les j oin-
Hures de la Chafpe & du récipient
exaSlement collees enfimble , l'A-
lembic logé fur un fourneau a fable
on diftiliera par un degré de feu
fort modéré , jufques kl'extraBion
de huit livres de liqueur prenant
garde que les matières qui font de¬
dans la Cucurbite , ne fe brûlent-,
alors faut cejfer la difliUation , les
vaijfeaux rafreidis , H faut démon¬
ter l’ Alembic , couler & bien ex-
Eaux dijîiüées,
primer par un linge , ce qui refe¬
ra dans la Cucurbite ; la colature
fera mêlée avec l'eau diflUlée , ^
k même temps verfée fur l'autre
moitié des fimples incifiz. & con-
comme les precedents : le
vaijfeau bien bouché fera têtu en
infufion fur la même chaleur , &
temps que dejfus , & pour le fur-
plus en procédera ainfi qu'il a été
cy-devant dit , prenant fiigneufe-
ment garde au feu & particulière¬
ment fur la fin , que la matière
n' adhéré au fonds du vaijfeau, pour
y avoir eu trop de chaleur au
commencement ou faute d'humidi¬
té. Cela fait , au lieu de faire
rougir une lame d'or par diverfes
fois & l'éteindre dans l'eau j par
ce que cette extipUion , de quelle
façon qu'on y procédât , ne pourrait
que diffiper les plus fubtils elfrits,
Cr enfiâroe'r l'eau , au lieu de luy
communiquer fis vertus , que pour
l'éviter je ferois d'avis , qu'on fub-
fiituât k cette extinBion de la la¬
me d'or , l'or en fueille , &
qu'on y en mit deux liurets , dans
le récipient de la dernière dif il¬
ia t ion.
le fuis perfuadé qu'il y en au¬
ra beaucoup qui n'approuveront
pas me telle fubflitution -, mais les
raifons y font pour la defince de
cette pratique aufiquelfis je. ne
m'arr e fier ay point , pour ne fortir
pas de ?non fujet , & ne grejfir ce
volume que le moins qu’il me fera
poffible : & au lieu des Perles en¬
tières , que de Vigo y demande , &
Catelan des brifées ou concafiées en
leur placelfy voudrais mettre deux
drachmes du Magifiere , ou du fil
ait té des Eaux âiïîiJlées. i«
àt Perla, & aprez. bien boucher
& ferrer exaUement la phiole en
double vefïe ; car cette eau efi fort
fujette a l’air qui l’enleve facile¬
ment , comme j’ay une foü veu,par-,
ticulierement s’il y a beaucoup de
vuide en la phiole.
Et fur ce que l'^utheur deman¬
de quantité de fuccre , & de miel,
pour infufer & diftiller avec les
autres Jimples , fa méthode efi dire-
üement contraire a la raifon & a
l’experiençe , ainfi qu’il a été cy-
devant dit en la Remarque de l’eau
Clairette compofée. Cathelan n’efi
non pim recevable en la modéra¬
tion qu’il en a voulu faire de la
quantité d’iceux que fon inventeur
de les y avoir mis , par ce que le
fuccre , ny le miel ne montent ja¬
mais en la difiillation particuliè¬
rement ce premier, ny le dernier,
quand il fe trouve mêlé avec quel¬
que liqueur , que la liqueur qui le
contient ne foit entièrement pajfée-,
& quant il. en fer oit autrement,
qu’il fe détacheroit quelque chofe
de leurs corps , elle ne participerait
d’aucune douceur , comtne l’expe-
rience fait voir aux moins éclair eXj
qui efi neantmeins partie du fujet
pour lequel de Vigo les y a mis,
afin que par leur faveur douce.
Peau en fut rendue plus agréable:
de maniéré que pour'^fatisfaire à'
l’intention de l’uiutheur , je vou¬
drais jetter dans la bouteille de
l’eau quinze purs , ou un mois
aprez l’avoir difiillée , deux on¬
ces. de fuccre Candit en poudre,
iéf une once de miel blanc de Nar¬
bonne , OH de femblable en bonté , &
ptihtê , ÇT tenir la phiole au JB, M.
par deux-jours n'aturels. Mais pof-
fible on m’ob'jeêiera que le fuccre
ny le miel ne fe dijfolvent point
dans l’eau de vie reêlifiée j Pex-
perience leur fera voir du con¬
traire à qui le voudra ejfayer ;
par cette méthode ( quoy qu’il y
aye des fimples qui ny fervent
de rien) Peau fera fort excellen¬
te , & furpajfera incomparable¬
ment les vertus de celle de fon
.siutheur.
Aqua Theriacalis , D. Ron-
deletij.
y:. Theriaca antiqua optima , une.
fex.
Mithridatq optimi , une. très.
Radie. Helenij, une. duodecim,
Gallitrici ,manip. quatuor.
Chelidonij ma'pris, manip. duos.
Infundantur per diern & noBem
in vini maluatici fufficienti qttan-
titate J contufis efi concifis om¬
nibus , pofimodum difiillentur.
C’efi à fçavoir dans PÆembic de
verre pofé dans les cendres com¬
me i’ay dit.
R E M A R Q.V E.
L efi aifié de reconnaître quel¬
les font les compofitions que Bau-
deron a inférées dans fa Pharma¬
copée , d’avec les autres qui y
ont été aiontées , par ceux qui
Pont commentée , non feulement
par fes Paraphrafes & Mélan¬
ges , mais encore de ce qu’il a tou-
iours nommé P.Autheur & l’endroit
des oeuvres d’ou il les a prifes,.
1 J ^ Tarait té des Eaux diflillées.
quand il les a connm^ Nôtre Col¬
lègue nen a point ufé de la forte,
il s’efi contenté de mettre le nom
de l'Autheur aprez. le titre de la
compofition , comme en celle-cy que
)‘ay 'vérifié avoir été tirée du
chap.^6. de l’Epilepfie des œuvres
de Rondelet , & en doublant la
dofi des ingrediens , il s’efi ou¬
blié de doubler la dofe du Galli-
tricon , & de la grande Cheli-
doine , qui efi le fujet , qu’au lieu
de deux manipules de ce premier ■
fen ay mis quatre , & de cette
derniere , deux pour une. Et par
ce que le mot de Gallitricon avec
celuy de Gallitricon , ont grand
rapport enfernble , ne différant que
d’un C. a un G. '& Ji neantmoins
les plantes different de beaucoup
en toutes leurs parties j fen ay
voulu advenir les .apothicaires
peu verjiz en la connoiffance des
fimples , afin qu’ils ne prennent
pas l’une pour l’autre , le Galli¬
tricon efi la Sclarée , de laquel¬
le nous venons de parler en la Re¬
marque de l'eau Celefie de Mat-
thiole , & le Gallitricon efi nôtre
Capillaire.
Pour le mélange ou modus fia-
ciendi , il faut couper en petites
roueües la racine d’Enule Campa-
ne , ou bien qui la voudra râper
fera encore mieux j les herbes fe¬
ront incifées & concaffées , & le
tout infufé par un jour entier dans
fept livres de bonne malvoïfie ,
comme parle fon inventeur , c’efi
k dire du plus excellent vin du
pays ; pour le furplus on ebferve-
ra pour nufer fi fouvent de redi¬
tes , le même ordre qui efi cy -de¬
vant prefcrit en l’eau Celefie.
Aqua Aluminofa , D.Lie-
bautij.
Succorum Plantaginü ,
Portulaca ,
Agrsfia ,
Aluminis Rupei ,ana tib. unam.
Albumlna Ovorum, num.duodecim.
DifiiUentur fimul ,.prius agitata
baculo , ut artis efi.
C A T E L A N.
CEcte Eau , pour n’être em¬
ployée que pour les playes &
ulcérés , coiiune je penfcj ou au¬
trement extérieurement : j’eftime
qu’il ne fera pas mal à propos delà
diftiller dans un Rofeire j à con¬
dition que le feu foit gouverné
avec grande modération , afin
qu’elle ne reçoive de l’empyreu-
me , & que cela ne préjudicié à
ceux qui la voudroient employer.
Remarquant en cellc-xy , qu’il ne
faut point diftinguer la première
d’avec la derniere , comme j’ay dit
des Aromatiques : car il n’en eft
nullement beioinen ladite EaUj pour
autant qu’elle ne fe doit point gou¬
verner comme les precedentes ;
mais comme celle des plantes fraif-
ches , quoy qu’elle foit compofée.
Voilà pourquoy on la pourra ex-
polèr au Soleil , de même que les '
Eaux fimples , pour luy faire per¬
dre les vapeurs excrementeufes. La¬
quelle au refte Liebautfcmble avoir
inventée, îk nous l’enfitivronSjpuis
que le fitur Bauderon l’a approuvée:
dont
ait té des Eaux âtHiÜées. ^57
«font l’Authorité & recommanda¬
tion doit être de grand poids , pour
fa grande intelligence en la Médeci¬
ne J Sc particulièrement au fait de
la compolîtion des Médicaments :
ainfi que le témoigne l’œuvre ex¬
cellente qu’il en a compofé » Sc
le plus alîèuré qu’on puille fuivre ,
pour toutes celles qui font les plus
ufitées.
Refte de parler maintenant des
trois fortes d’Eaux que j’ay promis
au commencement de ce difcouis, qui
eft l’eau de miel , l’eau devic^ &.de
vinaigre , qui font necellàiies à l’A¬
pothicaire, linon toujours au moins
lors que les Sieurs Médecins l’or¬
donnent.
R E M A R QV E.
Otre Collègue nom a fidelle-
ment rapporté la fécondé def
cripHon de l'eau Æumineufe , que
Liebatn décrit au 2. livre chapi¬
tre t O . ;des feçrets de fa PhilofophAe
Chimique ; excepté que ce dernier
demande de tom les ingrédient
égalés parties , & ce premier a
réglé la dofe d’un chacun a une
livre , & les blancs d’œufs au
nernbre de douze,- On fe pourrait
firmalifer fur ce nombre , & dire
que douze blancs d’œufs ne pefent
pas me livre ; neanmoins j’efti-
me qu’il ny a rien a redire , com¬
me fur le rnodm faciendi , qui doit
être changé , dr la dofe des Afedi-
caments reformée , afin que de la
conformité d’icelles , & d’une plus
légitimé préparation , il en puijfe
refulter une partie des effets promu
par fin inventeur.
le m’étonne & non fans fùjet
que plufieurs uiutheurs en ayent
inféré là defcripti'on dans l'eurs
Dijpenfaires , fans avoir preveu
les defirdres qui font en cette co?n-
pofition pour les corriger Le pre¬
mier ejl en la dofe des Sucs , qui
doit être pour le moins de trois ou
quatre livres dé chacun ; le fi.-
cond regarde les blancs d’œufs , que
de quelle fa^on qu’on les y mette,
a la première chaleur ils fe fepa~
reront , comme il arrive a la cla¬
rification des décollions & Syrops:
& àinfi ils ne communiquent pref-
que rien dé Leurs qualitez & ver¬
tus à cette eau au contraire ils
attirent plutôt ~de la vertu des au¬
tres matières , ou ils font em¬
ployez , comme ce fl le propre de
beaucoup d’autres chofis de fem-
blable nature , que plus on les fait
boïtillir dans l’eau, plsss elles s’en-
durcijfent : ' le troifiéme n’efl pas
moins confiderable , que les deux
precedents ■, de mettre a diéliller
une livre d’ailum, avec trois livres
de fiscs qui ne fiauroient fisffire
feulement pour diffoudre V /ilum\.
& en fitite pour en tirer quoy ?
tous ceux qui entendent V Art de
difliller , & qui connoijfent la na¬
ture des mixtes , fiaveht très- bien
que par une telle diflillation l’A-
lum ne- peut rien communiquer- à
l’eau de fa fiubflance & par con-
fequent de fis qualitez & vertus
que le nom qu’il luy donne impro¬
prement , non pas même fa partie
plus volatile qui efl fin phlegme,
quoy qu’il abonde en quantité , par
■ce qu’il ne monte point avec la
vapeur , quand il efl dijfout dans
k k quel
^ 5 8
Traitîé des
quelque liqueur y & quand il
monterait bien , il ferait inutile
pour les affeÜions aufqnelles l’eau
uilumineufe efi deftinée : Et pour
l’eifrit qui efi plus concentré &
attaché à des parties plus crajfes
& terreéîres que le phlegme , il
ne fe détache que par la force
du feu & au fec lors qu’il efi
pri'vé de fon phlegme. Par toutes
ces raifons , je puis hardiment
conclurre qu’use eau Alumineu-
fe , préparée de la forte ne par¬
ticipant peint des qualitez. , &
vertus de l’Alum , que c’efi mal
à propos qu’on luy a donné le
nom d’ Alumineufe , quelle efi
inutile , ne participant feulement
que d’une petite vertu rafrai-
chijfante des Sucs , & des blancs
d’œufs , qui ne mérité pat d’en
parler , & par ainfi une telle
compofition ne pourra fervir d de-
terger les ulcérés de la bouche' y
ny encore moins à les dejfeicher,
ny en aucune autre partie du corps
humain,.
Pour donc corriger tous les fuf-
dits defauts , du mieux qu’il
me fera ' pofiîble , il faut pren¬
dre trois livres de chacun des
(ufdits fîtes depurex. feparetnent
par rejidence &• celuy de ver¬
jus tiré de Raifins blancs , lors
de leur pim forte acidité , dans
lefjuels il faut mêler une dou~
x.aine & demie de blancs d’œufs,,
réduits en eau. , par une longue
& forte agitation , ou bien qui
aimera mieux les faire cuire é"
durcir dans une partie des fucs,
apresf on coulera la liqueur par
un linge # les blancs d’œufs
Eaux âiftiüees.
primez. , feront exactement pilez,
dans un grand mortier de mar¬
bre & difiouts petit à petit avec
'la colatwre pour être recoulez,
& fortement exprimez par une
étamine ,, & ce qui refi.era de
pajfer , fera derechef pilé , dijfout
& coulé , jufques à ce qu’il s’y
refie plus rien , & que tous les
blancs d’œufs avec les fites fient
réduits en forme de laiCt , cela
fait , faut diétilkr ce mélange dans
un grand Alemhic de verre, au
fable par un degré de feu con¬
venable jufques à l’extraClion des
trois quarts de la liqueur : ce qui
refiera dans la Courge fera filtré
& mis dans une terrine en- lieu
fiais , par l’efface de quelques jours-,
apres^ on feparera l’humidité par-
inclination -, & le tartre qui fe
trouvera dans la terrine fera la¬
vé en eau de fontaine , feiché, &
dijfout dans fon eau , comme il a
été cy- devant dit en la firmule
de l’eau d’eTfille. Si bien j’aye évi¬
té , tout autant qu’il m’a été pojf-
hle de mêler dans les operations
Caleniques de celles des Paracelfi-
fies, néanmoins pour une. plus gran¬
de perfeClion en ceUe-cy, . j’y ajoûte-
ray fur chaque livre d’eau poids de
table une once du JiEagifiere li¬
quide d’Alum , ainfi que Schroede-
rus , ou Schroderus le décrit en fin
livre j.chap.i^. Finalement Itou-
fera mi fe dans un grand mafias
bien bouché , & iceluy tenu a la
vapeur du B. M- par un jour natu¬
rel , l'ayant retiré on ferrera Ikau;
pour le hefain,.
Aqnii
gÿMrt
fortes
d'Eait
de mie!.
Vremie-
re Em
de miel.
^raitte des Eaux difiillees. 159
Acfu/t Mellü.
ON la tire pour quatre diverfcs
intentions , de quatre façons
differentes. La première , pour aton-
ger la barbe &des cheveux. La fé¬
conde 5 tant pair niondifier les
pkyes faperficielles & profondes,
que pour guérir les rayes , & ca-
tarades des yeux. La troifiérae,
pour confumer les excroillànccs ,
ou vifeolîtez , de quelque ma-
4in & fordidc ulcéré. £t finale¬
ment pour en ufer intérieurement,
pour le fbulagement des Afthma-
tiques. En quoy on y procéde¬
ra comme s’enfîiit , félon que
i’Enchiridium , & Liebaut font re-
rriàrqué.
Prenez telle quantité de miel
qu'il vous plairra , purifiez-le, fui-
vant l'Enchiridiura , c’eft à dire
comme je l'entends , qu'il fbit écu¬
me & réduit en confiftence de Sy-
rop. Puis pour faire la première
eau , mettez dudit miel dans, une
courgè de verre , qui fera posée dans
le Bain Marie , & faites que la
quantité que verferez dans ledit
Alembic , n'excede pas la cinquiè¬
me partie de fà capacité , c’eft à
dire , que fi la courge contient
quinze livres à peu prez f, n’y en
mettrez que trois livres dudit miel,
Suel vous ajoûterez un peu de
c , ou des petits cailloux , afin
que ledit miel, ne vienne à ver-
fer , bien que à caufe de la
température dudit Bain Marie , &
que le miel eft éeumé , je ne pen-
le pas qu'il foit en danger de ver-
fer , comme il feroit autrement.
Aprez pour fiiire la fécondé eau seconde
miel , il faut pofer ledit Alembic de £«« de
verre dans les cendres , là où on ti-
rera ladite eau.
Et pour la troifiéme , il faut Troijîê-
mettre ledit Alembic dans du fa- meEmt
ble , qui porte uhe chaleur plus ‘
■forte , S>c plus vigoureufe que les
autres deux. Mais par ce que j'ap-
iprehende que la courge de verre
ne fè'Cailêdans ledit fable , j'efti-
me qu’il faudra que ladite courge
foit de terre , & couverte d'une
chappe de verre : car elle refiftera
■ mieux.
Et finalement pour la qiiatrié-
me eau , voicy comme Liebaut
l’a enfèignée. Prenez le miel pu-
rifié , diftillez-le dans le Bain Ma¬
rie , comme la première , puis ren-
verlèz ladite eau for le marc , &
rcdiftillez-là ., &c pour la troifié¬
me fois , rercerez la même cho-
fe , & continuez ainfi jiifqucs à
la lîxiéme fois , elle fera excel¬
lente pour les Afthmatiques , ou
pou fil K.
Voyez une autre préparation au
Traitté Chymique, en la Sedion
des animaux.
REMARCLVE.
Notre Collègue s’eft iomié U
peine de divifer /<* difiilU-
tion de l'eau de miel en quatre,
pour accomplir comme il parle ,
les quatre intentions pour lefquel-
les on difiille ladite eau t mais c efi
fe travailler en vain , d'autant
que par une feule operation fur un
même fourneau , & dans un même
kk Z vaif
mifi
i6q Tarait té des Eaux difi idées.
Tiileg-
vai^ü au fable on les peut mieux
accomplir j en moins de temps &
de fais en obfervant la degresi de
chaleur , que de la façon quil en-
feigne :&fa première méthode nefi
nullement recevable , de deipumer
le miel pour le difiiller , comme Ü
s'efi imaginé qu'il' le falleit defpu-
mer fuivant l' En ch iridium & cuire
en conf fiance de jyrop , & le mêler
avec du gravier 5 il efi certain
que de cette façon , on tireroit en
premier lieu l’eau qui referait dans
le miel en quantité de la defiuma-
tion , qui rendrait les autres li¬
queurs du miel defeElueufes en leurs
operations.
Pour y procéder donc avec mie
Afethode beaucoup plue reguliere,il
faut prendre du plus beau miel du
mois de May , qui ne fait point
aqueux ny nouveau , & le mettre
dans une grande courge de verre,
dont les trois parties foie»tvuides,y
ayant joint fon chapiteau , placerez,
votre Æembic dans une terrine au
fiible , ’iufques d la hauteur du miel,
difiillerez. par un petit degré de fiu
très modéré ; la première liqueur,
qui montera fera la moins noble. G^i
efi le phlegme , de couleur (Hanche
& injipide , comme le moins atta¬
che monte au. commencement de
même qu'aux corps acides : la fè-
f rconde liqueur efi teinte en jakne
qu’on appelle efirit qu't efi de fa¬
veur aigre : la troifiéme efi rouge,
' qu’on nomme improprement huile,
q-ui efi de faveur acre & mordi-
cante , moyennant que celuy qui
conduira la difiillation foit prudent
pour bien conduire et gouverner le
feu, il reujjîra parfaittem.ent bien en
cette ■ operation , fans faire aucun'
mélange avec le miel pour l’ empê¬
cher de monter..
Jfua Fit a.
IL faut avoir un grand pot de Cui- lo SerZ
vre J que poièrez fur un trepiedj
pour y faire du feu au deflous , fur
lequel pot de Cuivre faut appofer fiadédt
une lèrpencine , qui traverlè un ton- fi» or-
neau pertuifé , qui foit plein d’eau
fraifohe. Pour la defcription de qiioy
je ne m’y arrefteray pas particuliè¬
rement y puis que c’eft une chofe
commune qu’on voit par tout. Seu¬
lement j’ay à reprefonter 5 que pour
foire de bonne eau de vie , il faut
mettre de bon & puiffant vin dans
ledit pot J la troifiéme partie de là
capacité. C’eft â dire , que fi le vafe
contient quinze livres j avec cinq li¬
vres de vin , il y en aura affez pour
une diftillation > de quoy on en tirera
une livre foulement , ou environ j qui
foit forte Sc puilïânte : & alors on cef-
fora de faire du feu.Puis il fout jetter le
phlegme qui eû au fonds du pot & y
remettre de nouveau vin, juiques à ce
que vous ayez tiré d’eau de vie ce
qii’il vous plairra. Remarquant qu’il
fout que le feu foit fort & vigoureux
au commencement pour prompter
ment pouller les efprits ^dii vin à
monter , .èc diftiller. , fons leur don¬
ner loifir. de fc perdre & évanoiiic.
.Qne fl on veut avoir de bonne eau
de vie reétifiée , comme on parle » il vie re-
feudea au lieu de vin , prendre ladite êtifiée.
eau de vie diftillée, & la rediftih
1er , Sc apres reiterer cette; forte
de diftillation. Jufques à quatre ou
cinq-
Trait té des Eaux âifiiüées, zér
cinq fois : car alors on recouvrera
une pui0ànte Eau ardent : mais en
petite quantité. Car à chaque reéti-
fication il ne s en tire guere plus
que la moitié qui foit de la quali¬
té requife , & de laquelle on puilïê
faire cas. Sur la redilîcation dequoy
il faut que je découvre un fecret
qu’un Allemand m’a fort loué, pour
avoir d’auffi excellente Eau de vie
par une feule diftillation , comme
pourroit être celle qui auroit été pai-
séc 3c repafsée jufques à la cinquiè¬
me ou fiziéme fois , & voicy com¬
ment cela fé fait.
On mettra un morceau d’éponge
à l’embouchenre. du pot qui con¬
tient le vin , en forte que ladite épon¬
ge puilTe comme boucher le trou.
Puis il faut appofer par delfus ladi¬
te forpentine ainiî qu’il a été dit.
D’où s’enluivra que les efprits qui
feront merveilladement fobtiles 3c
aërésj pallcront à travers l’éponge:
mais les plus aqueux Sc groffiers,
qui ne pourront par leur grolïieré-
té traverfer une telle épelfeur' , fe¬
ront retenus par ladite éponge. Et
finalement retomberont en bas au
fonds du pot. Si bien que par ce
moyen en"une feule fois on tirera
la plus parfoite fubtilité qui foit dans
le vin. Or on éprouve i’eau ardent
bonne & bien fobtilisée lors qu'une
goutte d’huile commun jettée dans
une pleine phible d’Eau ardent , s’en
va incontinant.à fonds. Contre le
naturel des. autres liqueurs, que l’hui¬
le furmonce par fa Icgereté. Que fi
on veut mertre de l’Eau ardent dans
un plat, . & ^.y., approches,- le feu , en
forte qu’elle prenne Hâme, fi ladite
Eau ardent eft excellente , à la fin il
ne fo trouvera aucune humidité dans
le plat ,, an contraire après que le
feu aura cefsé , & qu’il fera éteint,
il fe trouvera du phlegme au fonds
du plat infipide, & qui ne prend nul¬
lement feu,
REMARQVE.
yîthelan ne noja a fai bien’
édifiés furVEau de vie, non flm
quen beaucoup d’autres rencontres,. '
fans doute d catfie que les plus rne-
chàniques s'en mêlent & d fort peu
de fiaiz. car pour l’ordinaire ils
la tirent des vins gâtés & pour¬
ris , & ainfi l’ouvrier & l'ouvra¬
ge ne font point confid'erables : &
d’autres qui croyent d’êire plus
fubtils , s’imaginent de faire des
coups de maîtres dans la faible jfe
de leurs eifrits , fe fervent de la.
lie , ou bourbe du vin qu’on jette
des tonneaux d. la faifon des ven¬
danges et' qui pis efi , que ceux-
cy fe ventent d’en tirer une meil¬
leure Eau de vie et en plus gran¬
de quantité qu’on ne fçauroit faire
d’un excellent vin , ce qui efi abfur-
de. Et bien que Cathelan n’aye
peint imité ny les uns ny les au¬
tres ,fi efi-ee neantrnoins, qu’il nefi
point méthodique , puis qud beau¬
coup moins de fiaiz. & de peine
qu’il n’enfeigne , et"'' .tout d^un *coup,.
par une fuie disliiiatiqn , on peut
tirer duxbçn vin ^nyxc'eüent efirif
de vin , (t unerSanne eau de-vie,
fans ufer de reElification ; ny même
fe fervir du fecret de. l’yflemand,.
enjnettant Joi-xantc. livres, du meil¬
leur vin rouge dans, une Cucurbit.e
de cuivre ., qu’il i/.y. reéle. que le
k k 3 quartz
^6l ^raitté des Eaux diflïüées.
quart du P^ijjfitiu de vuide ; fin-
iaqtielle faut pifidn fon chapiteau
rejrigeramre , qui eft le cd de la
hauteur de deux coudées , les jein~
tares exdâefnent fermées avec de
la colle de farine , tant du chapi¬
teau de la courge qsie du bec de
l'Aiernbic avec le récipient > qui ne
doit contenir qu environ une livre
& demie ; le dejjus garny d’eau
fi-atche , & fur un fourneau a gril¬
le , au lieu d’un grand feu cy-def-
fm allégué par nôtre Collègue , pour
en pouffer les efprits qu’ils ne fie
perdent comme îï efi dit ; au con¬
traire faut échaujfer le fourneau
& le vaiffeau tout doucement , &
continuer également le feu , jufquà
ce qu’une goutte puiffe pouffer l’au¬
tre tant feulement , V entretenant
ainfi, les eéfrits médiocres ne mon¬
teront point avec les plus fubtils,
( qui font ceux qui compofent l’Eau
de vie ) & font la caufe pour l’or¬
dinaire qu’il faut ufer de reSlifica-
tion pour avoir de bon effrtt de
vin,& cela ne- procédé que de l’im-
patience,ou pour mieux dire de l’im¬
prudence de ceux qui y travaillent,
aufquels il fernble , qu’il n’eft qu’a
pouffer le feu pour avoir têt ache¬
vé leur operation , ou bien ou mal ;
& quand ils en font à la reôlifi-
cation , ils enfant de même ,& de
la fbrte ils n’achevent- jamais. le
dis donc que le récipient qui tient
une livre & demie fera plein d’e-
ffrit , qu’il en faut foudain chan¬
ger un autre , qui tienne quatre li¬
vres , & le coller exaBement com¬
me le precedent : cependant faut
auffi bien boucher avec du ùege,
de la cire [molle , double veffie
le premier pour en conferver la U-
queur , laquelle s’appelle propre¬
ment efprit de vin , & continuer
la difidation au même état que
deffm , qu’une goutte pouffe l’autre,
jujqu’k ce que le dernier récipient
fait plein , qui fera la vraye Eau
de vie , feparée toutes fois des plus
tenues & fubtiles^ parties de l'ame
fulphurée , c’eff à dire de l’eéfrit
de vin-, cela fait on doit ceffer la di-
fiillation.
le pafferay fous filence les autres
Operations qui fe peuvent faire de
ce qui rejie dans l’Aiernbic , quoy
qu’il y aye des chofes tres-curieu-
fes a dire , comme fur le phlegme,
d’un huile qui s’en peut tirer par
la Cornu'é,& finalement du fel qu’on
en peut auffi tirer , après avoir bru-
lé le\ marc, & autres chofes.
Spkitus vini Anthofatus D-
Rondelerii.
Aqua vita quater ad minus
diHillata, partes très.
Summitatum forum Anthos , partes
duos,
Pone in amphorâ bene obturata
per diern & noBem cum v'afi be¬
ne cooperto , mox aquam & fo¬
res bene diBilla. Aq'ua per
excellentiam facra diBa efi ad
infammationes , fervans vitam
hominum : oportet omni hebdema-
dà accipere ^ij. cum aquâ & vi-
no fade abluta. HaC aqua mi-
rum in modum mundificat , fa-
ciemque longiffimè confervat.
RE
Tarait té des Eauk difiïllees. 163
R E M A R CLy E. .
On^elet Confeiller & ASedecin
du, Roy , Chaneelier an cette
celehre Faculté de Afedecine , dé¬
crit cette Eau dani fan traîné de
Fucis , fous le titre , yîd dealban-
das faciei maculas & cicatrices au-
ferendas aqua farniliarü Paulo Pon-
tifci maximo , d'ou je viens de ti¬
rer la defcription pour Vinferer
parmy mes remarques , ayant feu¬
lement a]of,té au modus faciendi
pour en faciliter la préparation
de coHcaJfer la fleur de Rojmarin^
pour les raifons que nous dirons
fin lieu. le luy ay, donné le nom
de Spiritus vint ainthofatus D.Ron-
deletii , & l'ay attribué a Ron¬
delet 5 comme le premier que je
croy qui Pait décrit dans fit
eeuvres , bien quil n'en foit pas
l’inventeur , non plus que la Rei¬
ne d'Hongrie , quoy quelle en perte
le nom.
Cette Eau ma remis dans la mé¬
moire quelque chofe dont j’ay cy-
devant parlé fur le fujet de la va¬
nité de certains Chimifies , parti¬
culièrement de ceux qui- nont au¬
tre intelligence en la Chimie que
celle de faire les operations , lef
quels neantmoins parce qu'ils ont
Pejprit ambitieux ils s'imaginent de
fi pouvoir acquérir de l'eflime &
de la réputation en cachant ce qu’ils
ignorent a ceux de qui ils ne font
, point connus, & de pajfer dans leurs
efprits pour fçavans , & ainfi n’ont
pas honte de fe drejfer des trophées
de vanité par la plume d’autruy,
afin d’aUer du pair avec les Hant-
mannus ,les Daviflhfts , tes Schroders
& les plus habiles de la Chimie.
JSioui avons un exemple de cet¬
te vérité en la perfinne d’un Chi-
miÜe qui vient tout fraîchement de
mettre au jour un traitté de Chû-
mie ou il n’y a rien qui foit fien
que les feules operations , le furplus
de fin prétendu ouvrage a été fait
par un fiavant qui en a drefsé le
difcours , & mis le tout en beaux
termes.^
Le premier trait de la vanité
de cet Ecrivain parait au frsntijpi-
ce de fin livre , ou il prend fans
aucun titre la qualité de Diflilla-
teur & Dermnfirateur ordinaire de
la Chimie en la faculté de Méde¬
cine de Mempelier.
Le fécond dans fin avis an Le-
Beur quand il dit , que quantité
de Médecins l'ont importwié peur
l'obliger de mettre au jour fin ou¬
vrage , à raifon des chemins plus
cours & des méthodes plus aisées
que l'ajfiduitê de plufieurs années
luy ont acquis en travaillant. Mais
fuivant ce que j'en ay pu. appren¬
dre en lifant fan livre d la hâte,
je n'y ay encore rien remarqué que
des redites des Efirivains qui l'ont
précédé -, & neantmoins, il veut paf-
fir pour novalifle pour n avoir fait
quabbreger par l'adrejfe d'autruy
le diCcours des operations de fis de¬
vanciers. Et comme ce ne fi pas
icy le lieu ou j'en doive dire da¬
vantage la compofition ne me le
permettant point ny la prejfe qui
roule depuis quelques mois fur mon
manufcrit , je renvoyé Le reSîe lors
que je traitteray un jour de la Chi¬
mie , ou je prétends , Dieu aidant,,.
det
Traittê des Eaux dijiiüées.
de réfuter à MJir ce que Vamhi-
tien a juggeré à nôtre reformateur.
En attendant je pafferay fuccin-
tement fur fin Eau de la Reine
’d’ Hongrie pour faire voir le con¬
traire de ce quil met en avant,
quand il dit quil la fiait mieux
préparer qu aucun autre de la vil¬
le. Si cet parole! ne fi trouvent pat
en terrnei exprès dans les fueilles
imprimées quil diBrihue avec fin
Eau ny dans fin livre , elles luy
font fiuvent firties de la bouche,
au préjudice de l’honneur des Maî¬
tres Apothicaires de cette ville , qui
entendent fans comparaifin mieux
que luy l'eleBion , la préparation,
& la mixtion des médicaments.
Il dit encore en la page 514.
de fin prétendu travail , qu’il en¬
voyé de fin Eau dans toutes les par¬
ties du Royaume , d ceux qui fia-
chant -avec quelle exaSlitude il la
fait, luy font l’honneur de s’adref-
fer a luy peur en avoir.
Après ces belles paroles il efi bien
juBe que je fajfe voir quelle efl la
méthode de nôtre DiBÙlateur , efr
de quelle maniéré il procédé à la
compofîtion de fin Eau delà Rei¬
ne d’Hongrie: Il dit quil prend
deux parties de feur de Rofmarin
cueillie au commencement d' Avril
en tems firain , exaBément mon¬
dée de fa partie barbue , & trois
parties de bon effri't de vin. Au
contraire il prend les fleurs de Rof¬
marin en tout tems , fai fin , & telles
qu’on les luy apporte , fans obferver
le tems - de la c.olleBion qui doit
être clair dt firain après le levé
du Soleil qui en difipe la rosée,
& l’employé^- fans la ' monder ; car
peur la monder de l’herbe d" de
tout ce qu’il y a d’inutile , comme
des fleurs flétries , ainfi que l’Au-
theur l’entend , vingt perfonnes par.
jour ne luy fiauroient fuffire à cela.
Pour ce qui regarde la dofe-de
l’ejprit de vin', U ne la garde pas
non plus , d’ autant que les trois par¬
ties de la flacon qu’il les employé ne
fiauroient aujfl donner deux livres
d’eau empreinte de' toute la vertu
ejfentielle du Rofmarin qu’il . luy
attribué , par les raifons cy-aprés
déclarées. D’ailleurs le prix de
trente d quarante fils la livre qu’il
la vend , cotfflrme tout ce dejfus.
Au lieu que s’il la preparoit com¬
me il dit , il ne la pourroit don¬
ner a moins de quatre flancs la
livre.
Apres toutes ces raifons ■ ne voi-
là-il pas une grande exaBitude ,ou
pour mieux dire une grande vani¬
té accompagnée de la derniere né¬
gligence de nôtre ouvrier, qui veut
pafjér fous des belles paroles em¬
pruntées pour l’unique en cette vil¬
le d bien exaBement compofir l’Eau
de la Reine d’Hongrie , fl fa façon
de procéder ne découvrait fin ar¬
tifice , qui efi^ de furprendre ceux^
qui fe confient en luy. l’omets d
dejfein d’autres chefes , comme a
été cy-devant dit , pour pajfer au
modus faciendi , qui me firnhle le
plus convenable. Prenés en Avril,
ou en May deux livres de fleur
de Rofmarin cueillie & nettoyée
comme dit eftl , concaffés - la dans,
un mortier de marbre parce que
de l’employer toute entière , trois li¬
vres d’elfrit de vin ne fiauroient
la couvrir , d caufe quelle efl fort
Trahie des Eaux âiBiüées. léf
îej^ere , & aînfi la flm grande par¬
tie de fa vertu re fierait dans 1‘ A lent-
hic , V ayant donc cancafsée mettês-la
dans une cucurbite de verre avec la
quantité prefiripte de nôtre effrit
de vin : couvres la cucurbite d‘une
chappe qui fait jufie , lutés-en les
jointures, places vôtre Alembic dans
une terrine au fable, joignés-y un
récipient , apres l'avoir collé laifsés
le tout en l'état pendant 24. heu¬
res , puis difiillés par un petit de¬
gré de feu jufquà ce qu’il ne refie
dans la cucurbite d’humidité que
pour la conferver. Les vaiffeaux
étans froids , coulés la refidence, ex¬
primés fortement le marc, cela fait
mettes la colature dans un petit
Alembic pour en continuer la di-
fiillation tant que la teinture foit en
confifiance d’extrait.
^ui voudra garder la ^.& la x.
de ces Eaux feparement pourra s'en
fervir fuivant les occafions , & bou¬
chera exaélement les phioles comme
a été cy- devant dit.
jQui voudra aujft garder l’extrait
s’en pourra fervir intérieurement &
extérieurement.
Actttm difiillatunt.
Le vinaigre diftillé rend fa liqueur
la plus exquilè, tout au rebours
des Eaux aromatiques & de l’Eau
ardent delquelles j ’ay parlé cy-de-
AnM~ vant. Car au lieu que la première Eau
«wl* *1“* d’icelles eft ce qui eft le plus
Hnéù, excellent, au contraire en celle-cy
c’eft la derniere qui a force & vertu,
& la première n’eft que flegme pro¬
prement infipidc & fans propriété:
dequoyje nay pas voulu rendre rai-
Ibn , crainte de n’y fatisfaire point
comme il feroit requis. Voilà pour-
quoy pour venir au lait on prendra
de bon vinaigre & fera mis dans un
Alembic de verte julques à la trei¬
ziéme partie de fa capacité , puis il
le làuc polèr au milieu des cendres,
là où du commencement on fera pe¬
tit feu , car on n’en tire rien que.de
l’eau inutile pour lors j mais après
on augmentera le feu peu à peu juf-
ques à le haulfer puiflarament > avec
railôn touccsfois , qui fera ibrtir vers
la fin une liqueur puilïàmment cor-
rofive & telle qu’on la recherche pour
plufieurs & diverlès intentions.
Et voilà Melîîeurs ce que j ’ay pu F»» de
dire fur ce fiijet auquel quelqu’un
plus curieux & mieux versé que moy
pourra librement ajoûter pour fin-
ftrudbion de ceux qui défirent faite
progrès à la vertu mr ce fujet.
Que fi je ne me fliffè proposé de me
reftreindre aux Eaux diftillées lèulc-
meht, j’aurois palsé outre à parler
du Baume de Guidon, tant renom¬
mé en la diftillation duquel plufieurs
belles choies fe peuvent remarquer,
pour autant que la plus part de ceux
qui le tirent y eraployent des vafes
contraires à la qualité d’iceluy, &
pervertiflènt par ce moyen les inten^^
rions de ceux qui le louent tant, ôc
de fon Autheur. Mais ce fera pour La plus
une autrefois , à fçavoir iorlque je part de
meterayau jour les receptes de quel-
ques compofitions qui font aujour-
d’huy en vogue parmy nous,& qu’on ajoutées
ne trouve point réglées en aucune e» cttte
part , comme font la poudre de Gou-
cete, le Laudanum, l’Emplâtre de Ve-
ficatoite , l’Emplâtre de Paracellè,
U ron
Z 66 Traitté des Eaux difiillées.
'Onguent de Tuthie , le Lai <3: Virgi¬
nal J l'Huile de S corpion de Matchio-
le J les Pilules Cochées mineures j les.
Pilules.MercurialeSjla Poudre de Mer¬
cure ,, le Collyre de Lanfranc > &
l’Eau des Harque bu fades : à quoy je
m’emploieray avec curiofîcé au plu¬
tôt 5 Dieu aidant.
R E M A R QV E.
N la difiillation de l’ef^rit dte.
vinaigre , notre Collègue a inge-
nuément confefsé la vérité , & en
tout fon procédé nom a fait connaî¬
tre la différence quil y a entre un
Galenifie & un Paracelfifie ; enfem-
ble la neceffité quil y a , que ce pre¬
mier entende toutes les deux Afe-
decines s'il dejtre pim dignement
s' acquit er de fa charge , lors qu’il
nom a dit , qu'il n'a pas voulu don¬
ner la raifon pour quoy la partie la
moins noble du vinaigre monte la
première en la diHillation, crainte de
n'y [àtisfaire point comme il ferait
requis j & tes Aromatiques au con¬
traire , comme le vin & autres don¬
nent ce qu'ils ont de plus excellent
le premier. Sur quoy je me fins obli¬
gé de dire fuccintement que noh-
fiulement du vinaigre „mais de tou¬
tes les chofis aigres & acides le phle-
me monte le premier , comme il a
été remarqué en quelques endroits
ey- devant. Et combien que le vi¬
naigre , qu'on doit employer aux ope¬
rations de la Chymie procédé des
vin , toutefois les premières liqueurs
que la chaleur du feu en fepare,
font bien differentes l'une de l'autre,
parce que les eifrits vineux , qui
rendaient le vin de bonne odeur &
de faveur agréable , ayant été con-
fondus & pêle-mêlés, ( fuivant quel¬
ques-uns , & fuivant quelques autres^
diffipés ) par une fermentation , que
j’ofe appetler accidentaire , qui chan¬
ge le bon vin auffl-tot que le mé¬
diocre en vinaigre , alors l'aigreur
eu le fisc Vitriolic , qui avait paru
pendant la verdeur des raifins , &
qui dépuis leur maturité- ne pa>-
reiffoit plus , maintenant il furmon-
te fur toutes les autres parties , com¬
me s'y étant trouvé en plus gran¬
de quantité, occupe non feulement la
place de l'ejprit vineux , mais s'é¬
tend fur les autres parties quil oc-
cupoit du commencement : & cela,
fait voir que la force du vin confifle
en des parties qui font également cui¬
tes dr digérées d’une fubflance tenue
& fubtile qui s’évaporent , & s'al¬
tèrent facilement ; & les parties du
vinaigre font purement aqueufis,
terreBres , crues & indigeBes. Sui¬
vant que les parties de ce premier,,
font plus tenués & fubtiles- , eUes
font en moindre quantité dans le
vin , & plus faciles à être enlevées
par la chaleur du feu , à raifin
que toutes chofis tendent vers leur
principe ; & au contraire des cho-
fes acides, comme l'aigreur fi trou¬
ve attachée en un fil , quoy que vo¬
latile , comme fil , il tient toujours
de la terrefireité & du fixe, qui efi la
caufe qu'en la diBillation du vinai¬
gre» le phlegme monte le premier,,
comme la partie la plus fimple» la
moins attachée ,& la p lus vile , &'
l'ejprit fuit après, qui efi un fil vo¬
latil refiut en liqueur , ce premier
fuivant l’ expérience confiituè là
quatrième partie du vinaigre, quan^
^raitté des Eaux âiBtÜées» %éj
U ejl du meillemr, & les autres trois
parties replantes contiennent l‘e~
Jprit , l'huile & du tartre qui con¬
tient aujfi un e if rit, un huile, & un
fel fixe.
Çe n'ejl pas fans caufe fi Mefuê
ce grand genie de la Medecine en¬
tre les Arabes , demande en fon Sy-
rop de Aeetofiitate Citri la confem-
ption de la troisième partie du fuc
de citron pour rendre le Syrop pim
efiicacieux par la feparation d’une
troiz.iême partie du phlegme , com¬
me inutile à foh intention. Si cét
Autheur , qui n avait point comme
je croy des principes de la Chy-
mie en a usé de la forte par la for¬
ce de fon ejprit , a plus forte rai-
fon nous qui femmes en un fiecle
plus éclairé devons-nous du moins
l'imiter , fi nom ne voulons pas en¬
chérir par dejfm pour bien prépa¬
rer nos médicaments.
Il me Juffira de nen dire pas da-
•vantage pour faire voir d’où procé¬
dé que le vinaigre donne par la
difiillation fon efirit le dernier , &
que le vin donne le fien le premier:
relie maintenant de dire un mot
fur la- façon de diSîiller ce pre¬
mier.
Prenés huit livres du plus fort &
duj?lm vieux vinaigre que peurrés
trouver , mettés-le dans uneHucur-
bite de verre ou de bonne terre ver¬
nie que logerés dans une autre ter¬
rine au fable , l'ayant eonverte de
fon chapiteau , diSîillerés lentement,
jufques à ce quen aurés tiré l'en¬
tier phlegme , obfervant que le
vinaigre ne- bouille point j après
changés d^ récipient , fermés tou¬
tes les jointures , augmentés le feu
peu à peu, & continués la diéitlla-
tion , jufques d ce que verrés na¬
ger quelques nuages au dejfus de
l'ejprit du récipient j alors il faut
cefier & mettre d part la refiden-
ce qui efi dans la courge, Ô" que»
aurés amafsé quantité , la deHille-
rés dans une Cucurbite bajfe , en
tirerés encores d'effrit & quelque
peu d'huile gras , rouge, ebfcur , &
d’odeur un peu cLefagreable j cal¬
cinant les feces - en tirer êe un fel
très- blanc.
Pour le furpltts j’ay pour la pim
grande partie fatisfait d ce que nS-
tre Collègue avoit promis de don¬
ner un jour en cette Pharmacopée,
comme le Baume de Guidon , la
poudre de Guttete , & autres ainfi
qu’on peut voir dans les SeBions
cy-devant où je les ay logées en
leur rang & ordre.
Et pour les préparations Chy-
miques contenues au Traitté ful-
vani , je ne les parcourray point,
refervant cela d une autre occa-
fion , le tout moyenant la grâce de
Dieu tout - puifiant , auquel com¬
me au feul fouverain Médecin des
corps & des âmes , fait honneur
& gloire au fiecle des fiecles..
H Z APPEN
2,68
APPENDIX
s V R
LES REMARQVES
DE BAVDERON.
pâ refitfer à la priere qtti fna, été
par des perfomes d’honneur ^ de me^
d'ajouter aux Remarques que j'ay fai~
tr la pharmacopée de Bauderon la Con-
r ou Confiture de fleur d'Orange , le Ca-
tholicon de Nicolas en forme de Syrop , la poudre Ca^
cheBique de ^turcetan , celle de Cornachin , les Pilules de
Mercure t de Barberoujfcy le Baume d’Arcem , le Collyre de
Lanfranc , l'Eau de tête de Cerf. Et parce qu'il ny anjoit
point de defcription d'un Çatholicon pour les Clyfieres , j'y
en ay ajouté une ; j'aurois aujfi rangé toutes ces compo-
fitions chacune en fa SeBion , fi la diligence de l'Impri¬
meur ne marvoit denjancé d'en<z>iron de la moitié de mes
Remarques , outre qu'il y en a quelqu'une qu'il ny avait
lieu pour loger , horfnis tAppendix de Bauderon , qui eflla
caufe que je lel ay réduites en un Appendix,
Condi
fur Icâ Remarques de Bauderon,
^ Condiiura Gemmarum florum
Aurmtiomm.
IL faut prendre les boutons de la
fleur d’Orange un peu verts en¬
viron de quatre ou cinq jours
avant qu’ils iôyent éclos j & les
percer du côté qui tcnoit à l’ar¬
bre avec un poinçon de bois fort
délié , que jetterez dans une eau
(èl médiocre, où l’on les fera trem¬
per par cinq à fix jours ; cela fait
on coulera l’eau par inclination,
puis on les fera cuire dans d’eau
de fontaine jufques à ce qu’en les
perçant avec le meme poinçon
que deiïùs , ils tombent d’eux
mêmes fans s’y tenir. Alors on ti¬
rera la bafline de delliis le feu,
aprez en avoir verfé l’eau, la fleur
fera étendue fur un linge blanc pour
la faire égouter. Cependant il faut
pefèr une livre defîiccre , fiirdeux
livres de boutons fleur d’Orange,
pefez avant être mis dans la fàu-
mure , qu’on clarifiera & cuira fur
un feu medioere, un peu plus qu’en
fÿrop ordinaire , dans lequel on jet¬
tera les fleurs , pour en continuer la
cuitte jufques à une confiftence con¬
venable à les pouvoir garder de fè
moifîr. Voilà ce que j’ay peu donner
touchant cette confiture à la prière
qui m’en a été faite , comme a été
cy- devant dit.
Syrupus Catholîcus deferip-
tionis noftræ.
Pelypod^ qnerni mmdati, me.
fex.
SennA Alexandrin, mundata.
PulpA CajfiA , &
Tamarindornm , ana une.qua-
Rhabarbari eleBit
Florum vtalar. recentium , &
Seminis Anifi mundati , ana une.
duat.
Sem. quatuor fiigidor. major, une.
ftmiJS.
GljyejirrbizA rafA ,
Penidiarum , &
Sacchari cryfiaEini , ana drachm.
très.
Coquantur ex arte in aquA fonta-
na librü oBo , & cum Saccha¬
ri albi lib. duabus & femiJS. fiat
Syrupus.
Et par ce que je ne fçay ny pour
avoir veu , ny ouy dire qu’il y eut
aucune defeription du Catholicon de
Nicolas en forme de fiyrop, j,emc
fuis enqnis de diverfes perfonnes
curieufes de la profeffion pour m’en
éclaircir davantage , & n’en ay
rien peii apprendre , que pour ne
refter pas court à la prière qti’oix
m’avoit fait d’en donner une deferip¬
tion, j’ay dreflé ctlle-cy , & reformé
quelque chofe , tantfiir les ingre-
diens,que fiir lesdofes j j’enay tiré
la femence de fœnouil de la deco-
élion & le Polypode de la poudre, &:
diminué la dofe de l’aniSiComme auflï
celle de fuccre.
^7^ P en dix
Pour y procéder le plus métho¬
diquement qu’il m’a femblé bon , il
faut cuire le Polypode de Chefne
bien mondé & concairé dans huit
livres d’eau de fontaine flir un feu
de charbon , jnfques à la confomp-
tion de la troifiéme partie > Ôc y
ajouter en leur rang une partie de la
femence d’anis , les femences froi¬
des , & la reglillè. La colature
bien exprimée Sc clarifiée par le
filtre , fera divifée en deux parties>
dans une defqueücs faut infufer par-
vingt quatre heures fur les cendres
chaudes dans un pot de terre vernie
bien couvert , le Senné Alexandrin
mondé avec le refte de l’anis con-
eailë , ôc fur la fin luy faut donner
une legere ébullition , la couler &
exprimer cliaudement j & dans cet¬
te colature , on difïbudra la pulpe
de calfe de Levant , & de Tama-
rinds , pour les infufer dans le mê¬
me pot J & à fèmblable chaleur &
couverture pendant cinq à fix heu¬
res ; & fîir la fin on les fera chauf¬
fer jufques à ce qu’on la voye
frémir , aprez par une étamine on
coulera ôc exprimera le tout , Sc
en fiiitte la faut rccouler diverfès
fois par une petite manche de toi¬
le , pour la bien purifier ou cla¬
rifier.
Pendant ces infulîons faut pro¬
céder à celle des violettes recences,
Sc non des fèiches , exaéfement
mondées de la partie herbue , & de
leurs ongles blanches legerement
concalîces qu’on infufera dans l’a«-
tre partie de la première dccoétion,
le tout fera mis dans un pot de ter¬
re bien couvert fur un fèmblable
degré de chaleur > par une même
efpace , que celle de la Caflè , &
des Tamarinds ; & derechef dans
la colature fort exprimée j faut infu-
fèr la Rheubarbe choifie , coupée à
trenches cinq ou fix heures fur une
chaleur lente , puis k faut couler
•& legerement exprimer ; la deco-
•étion fera ferrée dans une phiole,
pour la lailler repafer pour la mieux
feparer de fes feces ; cela fait les
deux teintures feront mifes en des
vaiflèaux evappratoires au B. M.
pour en feparer l’humidité fiiper-
fluc J où l’on jettera les fuccres de la
poudre Sc du fyrop > fnbtilement
pulverifcz , pour en continuer J éva¬
poration jufques à ce qu'ils ayent
acquis la yraye confiftence de fyrop
compofe : lequel refroidi 3 on ferre¬
ra dans une bouteille de verre. Pour
la dofè on en pourra donner fuivant
les corps dépuis demy once pour les
jeunes enfans de la mammelle , juf-
qnes à deux onces pour les grandes
perfonnes^ans quelque liqueur con¬
venable.
Puîvis Cacheélicus, D.Qner-
cetani.
Limatura Chalyhü in tennif-
fimum alkool fer fimflic.
aquam redaÉla , vel cum ShI-
f hure calcinatx , nt nrtü ejf,
une. unarn.
FacuU Radie. AronU, drach. mm,
& femiJS.
Cornu Cerui Philofofh. prafA-
Suceini praparati , &
Cinnamomi eleUi , ma ferupuU
Ejfcn
fur lej Remarques de Bauderon. 2.nt
BjfentiéL Corallorum , &
MargKritarum , ana fcrup.
duos.
jimbr/x, gript , drach. femiJS.
Sacchari albi quant, fuffic.fiat pul-
vii guftui gratm.
Bojis femicochleare argenteum
mane.
PAr 1 examen que j ay exactement
fait de la defcription de la poudre
Cachectique de Quercetàn depuis
, la fécondé Edition catine de fà Phar¬
macopée dogmatique, à Paris par
ClaudeMorel eal'an i6o7.in quarto,,
& in oétavo de la même année , juf-
ques à la Pharmacopée deSchroderus
de l’an 16 6. j’ay vérifié dix Pharma¬
copées, ou des Autheurs qui la décri¬
vent dans leurs œuvres dediîïèren-
tes Editions tant Latines , queFran-
çoilès ; ce qui me fait dite n’avoir
trouvé une compofition plus dépra¬
vée que cellc-cy , foit pour le nombre
des ingrediens , que pour la dofè d’i-
ceux : caries uns y mettent une drach¬
me & demie d’Ambre gris , d’eifence
de Coraux & de Perles , de chacun
deux drachmes, d’autres une drach¬
me d’Ambre gris , d’autres n’en
mettent qu’une demy drachme, d’au¬
tres d’elTénce de Coraux & de Perles
deux fcrupules de chacun : les uns
mettent comme Ion Inventeur , la
corne de Licorne, d’autres y fùbfti-
tuent la corne de Cerf philofophiqiie-
ment préparée , d’autres par omiiÊon
ac mettent ny l’un ny l’autre, comme
il eft a remarquer en l’edirion in quar¬
to de Claude Morel , de l’an 1 607.
d’où je puis dire, que les delèriptions
defeélueulès en ont été tirées ; Sc au
contraire en l’inoétayo delà même
année , & par le même Imprimeur , la
corne de Licorne y eft retenuë.Sehro-
derus dans fon Quereetanus redivi-
vus, met une once & demie de fecule
de racine d’Aron , 3c dans la def.
cription de là Pharmacopée cy-deffus
alléguée, il n’en met qu’une drachme
Sc demie : voilà une dépravation £
grande en cette poudre, qu’il eftim-
polîîble de la pouvoir préparer lùi-
vant l’intention de Qiiercetan par au¬
cune de ces defcriptionsjà caufe de la
difformité Sc contrariété des dolès
des ingrediens,& de l’omiffion qu’on
y a faite : d’aeeufer l’Autheur de ces-
fautes la penlee en lcroit criminellei.
tous ceux qui le connoilfoient par lès
doétes écrits l’innoccnteroient tou¬
jours par les belles lumières qu’il
nous a laüré de l’une Sc de l’autre Mé¬
decine , d’avoir voulu mettre une
drachme Sc demie d’Ambre gris fur
quatre onces , ou environ de poudre;
de même, d’y faire entrer demy once
d’elTetîce de Coraux , & de Perles fur
la même quantité : comme auffi une
once ôc demie de fecule d’Aron , ce
qui me contraint derechef de dire
que toutes ces fautes procèdent des
Correéteurs.
l’ay fait tout. mon pofîible pour
tâcher de recouvrer la première édi¬
tion de la Pharmacopée dogmatique
de notre Auriieur , pour cirer une
preuve certaine de cette vérité, qui
fut imprimée à Paris par Claude Mo¬
rel, en l’an tfiof. où fans doute la
defcription de la dite poudre s’y
trouve en là pureté , comme dans la
lource, mais.ç’a été en vain. Ce
que voyant de toutes ces delcrip-
tions foutives , j’en ay tiré une véri¬
table , par exemple , pour la dofe de.
l’Am.
Frepa-
ratio de
l'Acier.
172. ^ppendix
l’Ambre gris j ’ay fîiivy deux grands che, on l'arroufera de quelques goût-
hommes. Ri viere en fa pratique, Pro-
feifcur en l’Vnivcrfité de Medecine
de cette ville, & Schroderus en fa.
Pharmacopée : pour i’Elïènce de Co¬
raux & de Perles , j’ay fùivy l’édition
Ftançoife de Claude Morel , de l’an
1614. & pour la corne de Licorne,
j’ay fuivy la Pharmacopée d'Auf-
bourg in oijavo de l’an i6n*
le lailïê à part toutes les autres rai-
Ibns, qui m’ont induit à faire ce chan¬
gement pour être plus hiccint, afin de
palfer à la préparation , avant que par¬
ler de la mixtion , il convient dire
un mot fur la préparation de l’Acier,
de la fecule d’Aron, d’expüquer le
mot de l’Eflènce de Coraux Üc de
Perles , & pour la préparation phi-
lofophique de la corne de Cerf,(que
je confidere plus aujourd’huy que
je n’ay fait pour le pafsé ) je ren¬
voyé l’Artifte à Schroderus , à Ltffe-
vre, & à ce que nous en avons dit en
la Remarque de la Confedion de
Hyacinthe , ôc commcnceray par l’A¬
cier comme la bafe de la poudre.
Il faut prendre de limaille d’Acicr
nouvellement limée , & la mettre
dans un plat de terre vernie , & l’ar-
roufer d’eau de fontaine aiguisée
de bon efprit de Souphre, l’éten¬
dre fiir tout le plat , & la laillèr
fèicher : cela fait , la faut mettre en
poudre , l’arroiifèr derechef, & ré¬
péter cette operation tant de fois que
tout l’Acier foit tourné en rouille,
que triturerés & laveiés jufques à ce
qu’il foie tout pafsé avec l’eau en
forme de limon tres-fîibril , qu’on
laÜlèra repofèr pendant quelques heu¬
res , après faut verfer l’eau par incli¬
nation , & la poudre étant bien lèi-
tes d'excellente eau de Canelle , telle
que l’avons cy-devant décrite.
La fecule de la racine d’Aron fe p«/«.
préparé de même que celle de la *■«««*
Coulouvrée , excepté qu’aprés l’a- f
voir faite feicher , il y faut ver-
lèr pardefl'us un peu d’eau de Fou- /mwt
gere , ou de Scolopendre ( ou pour
mieux faire de la decoétion ) & les
faire digerçr au B. M. l’efpace d’un
jour ou deux , après la fecule fera
fèichée à L’ombre.
Et parce que nôtre Autheur de-
mande l’ellènce de Coraux & de " î**
Perles ; il faut fçavoir que ce mot
d’effcnce eft general , qui comprend
tout ce qu’on tire de plus exquis des
mixtes , qui eft la plus lècrecte ôc
meilleure lùbftance d’iceux , que la
nature a enfermée & cachée comme
dans leurs entrailles , pour la mieux
conferver , qu’on cxtraiét tantôt en
Sels , en Magifteres , d’autresfois en
efprits , en huiles , &c. Et cela dé¬
pend de la nature des mixtes ; don-
qiie pour bien &c. deuément prépa¬
rer cette poudre , & ne contrevenir
point a l’intention de l’ Autheur , il
faut prendre les Sels de Coraux , &
de Perles , ou bien leurs Magiftei'és,
( quoy que quelques-uns n’elHment
pas ) pour la préparation dsfquels,
le curieux aura recours au Traitte
Chymique qui fuit.
Et pour finir cette préparation, &
procéder au mélange, il faut tritu¬
rer l'Ambre gris , comme nous avons
cy-devant dit aux poudres Cordiales,
avec la moitié d’une Amande amè¬
re pelée , oii l’on mêlera peu à peu
le Crocus Marris j chacun des au¬
tres ingrediens triturés à part y fe¬
ront
fur les Kentarques de Bauderon, "lj j
, ront ajoutez , avec autant pefànt
de fùccre , comme il y a d’autres
elpeees , le tout exactement mêlé,
fera ferré dans une phiolc de verre
bien bouchée pour le belbin.
Pulvis Cornachini,D.Rober-
ti Dudley , Comitis de
VVarnich.
Diagredij julphurati , grstna
feptem.
Antimonij diaphoretici , gran.fex.
Cremorü 7artari,fcrftp. unum.
Mifce, fiat Pulvis pro unica dojt.
La négligence qu’on a apporté à
la correction des Impreffions des
Pharmacopées , eft la caulc qu’on
a changé en beaucoup de compofî-
dons la doic des ingrediens , & qu’on
y en a obmis des autres , comme
nous avons fbuvent remarqué, & par
ce moyen on a rendu quantité de
compofitions toutes difformes, ce qui
nous fait voir en quelques rencontres
des mauvais & pernicieux fùccez en
leur operation. Cette Poudre pour
n’ê trépas décrite ny connue de beau¬
coup d’Autheurs n’eft pas entière¬
ment exempte de cette corruption :
ainfi que j’ay obiervé en quelques
Diipcnlaires , la plus correcte de tou¬
tes me femble celle- cy , que j’ay em¬
pruntée de Schroderus.
Pour la bien & deuè'ment préparer,
il faut choifir de bonne Scammonée,
la triturer groflîerement , puis l’éten-
dré fir une fucille de papier gris fort
délié & mince , & la mettre lur un
tamis renverfé , & au dcflôus dudit
tamis une petite éaiele de terre avec
du Souphre allumé dedans,d’une di-
ftance convenable , afin que la cha¬
leur ne puillc endommager la toile
du tamis , ny fondre d’abord la
Scammonée , qu’on remuera fou-
vent avec une carte , jufques à ce
qu’elle commencera à fe liquificr,
& que fa mauvaife odeur ibit dif-
fipée f alors on tirera le feu , &
étant refroidie on en pefera fix , lèpt,
ou huit grains , plus ou nioins fai-
vant l’âge , la conftitution ou tem¬
pérament du malade. On obfervcra
aulfi de même la dofè de l’Anti¬
moine diaphorctic depuis cinq , fix ,
à fept grains, fiir'la préparation du¬
quel je ne diray rien non plus que de
celle de là creme de Tartre, pour ne
grolfir ce volume de vaines redites,
puis qu’ils font décrits par Sauva¬
geon en fon Tiaitté Chymique ey-
aprez attaché.
Catholicum pno Clyftcribus.
Polypodij querni contufi , lib.
femifi.
Foliorum Main* ,
F'iolaria ,
Parietaria , &
Mercuriulû , am manip-duos.
Seminis Fœniculi , me. mam.
Coquantur omnia ex arte in librù
duodecim aquA fontamt ud ter-
ti& partis cenfumptionem, colatu-
râ coque
JlPellis optimi , lib.oBo. ad Syrupi
crajfttiem , deinde dijfolve.
PulpA Prmerum Damafeenorum
in una parte decofli coÜorum,
lib. duos.
Po
ram
uippendix
t74
I&ften adde pHlverem fequentem.
y:. FoUorum Senn& > nm. oile,.
Rhabtirhari ,
Polypodq,
Florurn viotaruin-, &
SeminU Aniji , ana mc^quatmr.
Semimm quatuor jrigidorum majo-
rum , unc.unam.
I^iquiritia , unc.femtji.
Fiat Eleituarium ut- artis
POur éviter l’abus que quantité
d’Apothiçaires coi^imettent , ou.
ut le moins leur ôter toute excu-
à l’avenir de dire qu’ils ne trou¬
vent point dans leurs Difpenfaires.
la delcription d’aucun Catholicon
pour les Clyfteres j j’ay voulu don¬
ner celle cy , qui eft tirée du Ça-
îholicon ordinaire deS' Médecines
que nous tenons en nos Boutiques^
pour leur faire abandonner cette
vieille erreur invétérée. , que quel¬
ques-uns ont confervé jufqu’à pre-
fènt'en une. compofition qii’üs ap¬
pellent Opiacé pour les Clyfteres;.,
compofée des plus vieilles drogues,
dé- leurs Boutiques j comme font
cuirs de. Scarainoiiée d’Aloës , pouf-,
£erc , racleures des- plus violens pur¬
gatifs, vieilles malles de PiluleSjTap
fia, du Sennéqui a une fois fèrvy pour
les dccoéiions de.Medecine , femen-
ce de Colocynthe & aiitres de vil
prix ; dé laquelle compofition ils
s’en fervent en tous rencontres, fans
diftinguer , . ny la condition des
perfonnes , ny les inaladies , au
grand préjudice des. pauvres ma¬
lades-,. de l’honneur de Meffieurs
les Médecins , & de leur propre
«onfcience.
P.ovu' le mélange , il faut conca£
fer lé, Polypodè , & le faire aiire-ttn
long-temps en douze livres d’eau,
avec la femence de fenouil , puis, on y
mettra les herbes nettoyéçs & lavées,
jufques à la confomption d’un tiers,
& dans une partie de la colature, on
y fera defpumer & cuire le miel , &.
dans.l’âutre k.s prunes , & palfées
qu’elles fbient parun tamis fubtil, on
dilibuefra la pulpe dans lefÿrop, &
finalement on y mêlera la poudre,
qui ne doit pas être trop lûbtile,.
le topt étant froid fera ferré, pour le
befoin.
Pilulæ Barbe.i'Qpflæ-
yi: Alo'és optima , drachifex.
Mj/drargyri fucco Rofarum exiin-
drach- très.
Agarici traçhifcati , drach. duos.
Rhabarhari eleSli , drach. u.nam-
Cinnâmomi , •
Myrrha ,&' ■
Màftiches , ana draçh.femÿ- ■
Pulverü Diamofehi , &
Diambra ,’ ana ferup.
Cum Térebinthin. jf. majfa Pilu-^
larum de cu]m draehma fiant:
Pilula nevem deaurataicapiat
in prima dofi dp deinde ufque.
ad: 2i].
Le peu de temps que j’ay eu pour
l’examen de la defeription de ces
Pilules m’a ôcé le moyen de pou¬
voir faire une exaéfe perquificion’
de fon Inventeur. Ceux avec lefe
quels j’en ay conféré ne m’en ont
fçen donner aucune lumière, qui eft'
la caufe que je me fiiis arrêté aux
deferiptions que j ’en ay trouvées dans
fur les K emarqua de Bauderon. x 7 1
Balfamum A'tcei
les œuvres de Rondelet » & de Va-
randal deux des grands hoinraes de
leurs temps, en nôtre Vniverfité dé
Médecine j la mémoire dél^uels
vivra à jamais par les dodes volu¬
mes qu'ils nous ont laiirés. De ces
deux delcripcions , j'ay préféré cel¬
le de ce premier, à celle de ce der¬
nier , pour mîavoir ièmblé plus
corredte. La préparation fera, tellej
qu’il faut prendre du Mercure
ernd exadement choilî , itûvanc
les vrayes & légitimés marques
que j’en ay cy-dévant données en
l’onguent Enulatum. Cela fcmble
ridicule de dire que j ’aye préfé¬
ré de donner i’eledion du Mercu¬
re en une compoficion externe , ou
elle n’eft prefque point confidera-
ble, ce que j’avoue j la raifon de
cela eft que l’Enulatum a été la
première compolîtion de cette Pa-
raphrafeoù le Mercure y entre, qu’il
valoit autant de la donner en ce ren¬
contre qu’en un autre , & qu’elle
lèroit auflî bien reçeué là qu’ail-
leurs. Le Mercure donc ainfî choi¬
lî fera éteint avec une quantité pro¬
portionnée de Terebinthine un pai
delîèichée , telle qu’il convient pour
embraffer toutes les poudres , laquel¬
le dépend du plus ou du moins , fui-
vant la iàilbn , & qu’elle fera plus
liquide , ou plus Iblide : chacun des
autres ingrediens feront triturez fe~
parement , & tons enlèmble malaxer
dans un mortier de bronze pendant
deux ou trois heures.
^ . Sept ’Cafirati. antiqui & Uque-
fa£ti , une. àuas.
Gummi Elemi , &
Terehinthinii Abietü quam vulg»
de Abiete vacuntyéna. une. unam,
& femifi.
PingueAinü Poreina antiqua lique-
fftbtdi , une. mam.
Mifce & ad ignem Unimentum
facité.
Le nom de Baume bu de Lirà-
ment, fiivant Arceus , ny celu.y
d’onguent , fuivant quelques autres
ne convient point à cette compolî¬
tion qu’à railon de fa vertu balümi-
que ; car à caufe de fa conlîftance fô-
lide , on ne le fçauroit prelque em¬
ployer , fans le liqtiifier avec quel¬
que huile convenable , iîiivant
l’intention du doéte Médecin., ou
Chirurgien , lors qu’on s’en voudra
fêrvir.
Outre ce, en la defcriptiond’Ai”
cens , il y a quelques .mots qui
fcmblent être ambigus , qiii mé¬
ritent d’être expliqitez en faveur
de ceux qui alpirent à la maiftri-
fe , pour éuiter k chicane qu’on
leur pourroit apporter , li on le
leur donnoit pour elky de leur
-travail. Le premier eft le mot de
Caftratî , qui eft un mot general,
qu’on peut approprier-à toute for¬
te d’animaux chaffrez qui- portent
fuif , & neantmoins tous' les Au-
theurs l’attribuent par éxcellence
au Bouc chaftré. Le fécond regar¬
de le mot de liquefaéti , qui ne
j/éppendix
fignifie en ce rencontre , finon que
le fiûf foie fondu fans addition > &
coulé pour en lèparcr la membra¬
ne qui l’envelope extérieurement,
& les pellicules qui lient intérieu¬
rement les parties de la graifle les
unes avec les autres. Il faut, aufîî
entendre la même cbolè du mot de
liquefaétæ , qui vient apres Pin-
guedinis Porcinæ antiquæ : , car on
pourroit objeder , qu’attendu que
la confiftence du Baume eft trop Ib-
lidc , que pour ces mots de Li-
quefaéti, & liquefaétæ , l’Autheur
a fous - entendu qu’on liqtiifiât le
fuif, & la graiflè de Pourceau,
avec addition de quelque liqueur
oleagineufo , ce qui n’eft point.
Pour le modus faciendi , il . faut
faire fondre for un petit fou la
gomme Elemi , coupée par petits
morceaux avec le foif de chaftré ,
la badine, tirée de defllis lé feu,
on y ajoutera la graiflè de Pour¬
ceau , & la Terebinthine de Sa¬
pin , le tout étant froid , la compo-
fîtion fera ferrée & gardée pour le
befoin.
Collyrium LanfrancL
* Op. Vtni alii , tih.mam.
Aquét, Rofarum , &
Flantaginii ,.ana. quart. mnm.
Auri pigmemi , drach. duM.
Viridü tÆris , drach. unam.
Alo 'és , &
Mj/rrha , aM ferup. duor.
lèrantur fubtilijjîmè , & fiat Col-
lyrium.
Le Collyre de Lanfranc n’a pas
eu un meilleur fort que beau¬
coup d’autres compofidons , lequel
pour n’avoir été réimprimé fi. fou-
vent , n’a pas moins été exempt
d’alteration , foit pour le nom¬
bre des ingrediens , ou en leur
dofe : & Cela fe vérifié clairement
en confrontant les defciiptions les
unes avec les autres à moins que
fon inventeur reuft diverfement
décrit , ce que je ne puis .^ ny
accorder , ny improuver , pour ne
l’avoir vcu. l’en aurois fait une
plus exaéte perquifition , fi la prefi
îè qui roule déjà for mon manufi ,
crit , comme j’ay cy-devant dit,
n’eut tiré de mes mains avant le
temps cette defeription , que Je
rapporte toute conforme à cdle de
Paré de l’Impreflion de laques Du-
puy , de l’an 1582. je l’ay pré¬
férée à d’autres qui portent le mê¬
me nom , pour l’avoir jugée la plus
digne de tenir rang parmy ces Re¬
marques.
Sa préparation doit être telle:
il faut triturer fubtilement , & par
un long -temps l’Orpigment , le
Verdet, l’Aloes, &la Myrrhe,, fèpa-
rement feront auffi mis en poudre
fobtilc, & dans un matras , forlef-
quels on verfèra le vin blanc bien
dépuré , & non doux , les eaux ro-
fe & de Plantain ; le tout bien bou¬
ché fera tenu au foble médiocrement;
chaud par deux jours , qu’on re¬
muera fouvent pour .faire palier plus
facilement la vertu des poudres
dans les liqueurs : & ceux qui feront
preflez de le préparer for le moment,
au lieu de î’infufion de deux
jjours luy feront' prendre une ébul¬
lition*
fur les Rmarqm
Ütion J cela fait , on le ferrera (' fans
le couler ) pour le befoini
Aqùa Tophorutn cornu Cerui
incerti Audoris.
Cor ma Cerui mvella , fattgui-
ne adhuc (kcculenta , infiuftu.
la cencide , diBiltaque in Alem-
bico vitreo per fe.
IE n’aurois jamais eu la pensée
d’ajouter la delèription de l’Eau
de corne de Cerf , que quelques-uns
appellent Eau de tête de Cerf, dans
mes Remarques , fi elle ne m’a-
voit été demandée par des pcrfbn-
nes que je n’ay peu refufer , ainfi que
j’ay cy-devant [dit , pour être hors
d’ulàge en beaucoup d’endroits , à
caufe de l’impolfibilité qu’il y a de la
préparer exaâement comme en ce
pays-cy. Et pour y procéder artifte-
ment , il faut prendre environ le
mois de May en pleine Lune, de-
my douzaine de cornichons de Cerf
Fin de
de Éktiderôif. 2.77
tendres , d’un démy pie^ de long ,
ou environ récemment tirés de la
tête de l’animal , qu’on coupera par
trenches , & à même-tems on les
rangera par couches au fond d’une
Cucurbite de verre fans aucune ad¬
dition de liqueur , & audclliis faut
exaétement luter les jointures de
fon chapiteau avec de bone colle
de farine , .& placer l’Alembic dans
une terrine & fur un fourneau à fa¬
ble ; fbn récipient luté de même
avec le bec du chapiteau , & par un
degré de chaleur fort modéré , il
en faut tirer toute l’Eau qui en pour¬
ra fôrtir julques à ce que la corne
foit entièrement fèiche , obfervànt
ncantmoins qu’elle ne fe brûle point:
& ceux qui y voudront ajouter le
fèl du marc artiftement tiré par la
cornue quand ils voudront exhiber
ladite Eau, elle fera incomparable¬
ment meilleure , tant pour l’acou-
chement des femmes , comme on
s’en fert heureufèment 'à Paris , que
pour les fièvres malignes : la dofe
eft , d’une cuillerée d’argent , jufques
à deux.
i'Jppendix.
mm 5 trait
T R A I T T B
C H Y M I Q VE
CONTENANT
LES PREPARATIONS,
Vfages , Facultez & dofes des plus
célébrés & ufitez medicamens
Chymiques.
lEVEY ET AVCMENTE' EN CETTE
Derniere Sdition.
Par GVILLAVME SAVVAGEON, Doâ:. Mcdl-
Aggregc au College des Médecins de Lyon*
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A MONSIEVR
LE RAYER,
ESCVYER.SIEVR DE
la Chevaleraye, Confèiller du
Roy, &: Subftitut de MonHeur
le Procureur General.
O N s I E FR,
le derogerois à vôtre jugement , fi je
navois autre intention , en vous prefen-
tant ce petit Extrait Chymiqucy que de vous aflèurer de
la fincerité de nos affedions j que vous connoiflèz inti¬
mement. Celle de ne me pouvoir tenir de . publier les
vertus qui me font connues , à la moindre occafion que
j en ay , ma fuggeré la prefente , pour honorer de ce
témoignage public quelques-uns des vôtres. Entre lef-
n n quelles
£ P 1 S ^ R £.
quelles je mets en tête , celle qui doit être iiifeparaUe
des perfonnes de pareille dignité que la votre : l’entends
cette inviolable équité , qui vous rend fi convenable,
non feulement en l’exercice de votre charge -, mais qui
éclate perpétuellement par le zele & dcfir que vous avez
de voir regner cette belle vertu dans toutes les adions
humaines. Et je n’en puis obmcttre une autre , qui vous
porte a chérir & favorifer ceux qui ont quelque vertu
utile au public ; mais principalement dans la profeflîon
des lettres, l’en puis dire quelque chofe , en ayant à mon
égard reflènty d’aulîi véritables elFeéls, que fi vouseuf-
fiez rencontré un fujet qui les eût méritez. Votre mo-
deftie , Ôc le deflèin de ce livret ( auquel je dois con¬
former mon ftyle ) ne me permettant de cumuler icy
tant d’autres loüables qualitez qui reluifent en vos
mœurs, &: en votre cc:mverfation ; il me fuffira de vous
confirmer par des bons continuels offices, l’inclina¬
tion que fay d’être à jamais ,
MON S I EFR,
Vôtre tres-affedionné ferviteur
G.SAVVAGEON..
A D V E B.
AVERTISSEMENT
AV LECTEVR.
A Chymie a eu quelque tems ce malneur d'être
non feulement peu connue carejfée -, maû
même indignement traittée ^ /ehutêe. Les
principales caufes en pou<-voient être ou une nou'
rvauté prétendue , ou les téméraires ejfais ^
mau’naU fuccez de [es remedes j peut-être mal preparez^^ em-
ployez.par des perfonnes peu ^versées en la connoijfance des rnedi-
c amen s y des maladies y ^ des corps, ce fl à dire en un mot,
ignorant en la Medecine. A quoy la dijflculté ^ le travail pim
laborieux de cét Art pouaioit encores contribuer quelque chofe.
Le tems , qui décomvre enfln les a'vantages ^ les inconnjeniens
des chofes , aprez^la reconnoijfance de l’utilité de fesremedes,en
a fait encores admirer la gentiüejfe ppd li^ curioflté.
Encores qu'il ne fujffoit pas pour la rejetter , de dire feule¬
ment quelle étoit nouvelle. Car quand-bien on accorderoit,
quelle n'auroit point été connue ny praBiquée dés Anciens , ce
ferait un faible argument de conclurre par là à fin rebut. Ce qui
efl maintenant nsieux , a été autres fois munjeau. Chaque flecle
s'efl fîgnalé de quelque particulière in^êntion ^ rareté. Si on
fi fut fvoulu tenir aux feules intentions des Anciens, de corn-
n n i Heft
i84 avertissement
bien de chofes ferions-ncus ^n<vez^, qui fer-oent ^ à l'milm,
^ à temheüijj'emem du monde f les chofes anciennes mentent
à la rverité d'être reater'ees , non ptcs ftm'plement pour être tel¬
les 5 mais pour être conformes à la nuerité à la raifon. On
ne doit pas pourtant méprifer les chofes nounjeües ^Jî eües ont
cela , arvec une égale utilité. Et on ne ren^erfe en àueune façon
par cette nouvelle , ou plutôt peu uftée ina/ention de la Chymicy
les anciennes préparations de la Medecine ; au contraire elle en
reçoit un nountel enrichijfement Qf décoration : Dautant que
par le moyen de fes medicamens , comme a<vec autant d'armes
pim legeres ^ acerées , eüe luy fert ou à combattre ^ exter¬
miner les maladies , ou à en prefer-ver. l'entends icy feulement
parler de cette partie de Çhymie , qui a pour objet la prépara-
non des medicamens. En cette eonfderation elle doit être recon-
neuè ^ tenue pour compagne de la Pharmacie^ entant quelle <vi-
fe à une même fin , quelle fie foumet j comme eüe' doit 3 d
l'empire 3 aux maximes ^ préceptes de la Medecine 3 dont eÜe
fait partie ; doit emprunter d'eÜe la connotjfance de Tâ ma¬
tière medecinale 3 des corps > des maladies , de leurs caufes ^
fympt'Omes.
Pour defabufer ( en paffant J ceux qui eHiment la Chymie
être une mi-uention de Paracelfe , il ejî tout au moins certain
quelle a été pratiquée plufieurs fiecles arvant quil njint au
monde 3 même par des habiles Médecins qui fui^ientla do-
Brine de Galven y comme de Rémond Luüe , ^ d'Arnaud de
Villeneufivcy Mais en remontant encore bien pim haut , nom
trouruons qu eüe a été en rvogue du tems de Mefué s q^i foriffok
U y a pim de 500. ans. Le témoignage duquel efi d'autant plus
recervahle 3 que cefl un des principaux Maures (& ArtiBe s de
ha pharmacie Dogmatique, Ledit dMefué (or. Aniïàoui-
AV LECTEVR. 185
re , qu'il appelle en [a langue Grabadin dift. 15. en parle
fi honoraUemem , quil exhorte les Médecins de con<ver[er aruec
les Alchymifies , s ils défirent connoitre les fubfiances occultes
des mixtes par le moyen du feu ; lefquels ont cét arvantage
(dit-il) de découvrir 3 ^ mettre en enjidence ce quil y a de plu4
caché fecret dans iceux. Lequel fuffrage ne montre pa^ feu¬
lement l’antiquité de la Chymie , mais encores fin excellence.
Car fi la di<uerfité des chofeSi qu’un fiul arbre des Indes produit^
du fruit duquel appelle Cocos , on exprime tant de fies de di-
everfi confiflence , de goûts ^ fanjeurs differentes , d'eau fa-
.njeureufii de rvinj de fyrop, d’huyle \ nom caufi tant d’admira¬
tion, quoy que ce fiit a^vec fort peu d’artifice .• Cet Art en doit bien'
donner daatantage pour fin ingenieufi fibtilité à extraire d’un
même corps tant de dintjerfis fubfiances , qui y font fi étroitte-
ment enferrées , quoy que bien fowziem contraires.
Quant à ce qui eft de la difficulté qu’on a peu faire à ne'
t admettre fi facilement , pour le danger quil y pouvoir aruoir
en l’ufage de fis medicamens ; cette retenue a été excufable,^
à caufi du hazard qu'il y a en l’épreuve des medicamens in-
connm , eu égard d la dignité du fijet , en faveur duquel
on ne fçauroit être trop circonfpeB d admettre l’ufage des mu-
(veaux medicamens , principalement purgatifs. Defquels Hip¬
pocrate a autresfoü dit, qu’il était befiin d- une grande fortune
pour leur exhibition r ne s’agiffant pas de moins que du cuir
de t homme. Mais maintenant ,■ depuis que les longues épreu¬
ves de nos devanciers, ^ celles que nom voyons tom les jours^
de nos yeux, accompagnées de bons Juccez., nom en donnent af-
feurance , nom ne devons nullement en abhorrer l’ufige ,qui efl
pour le moins au fi certain ( apres les préparations exquifis'
qfion leur donne ) qu’étoim du temps d’ Hippocrate , l’edeborey
2,8^ ADVERTISSEMENT
la colocymhe , le pepliam , felateriam , dont il ufoit fré¬
quemment.
Ce que je dis non^ feulement des medkamens tirez^ des ani¬
maux ^ aiegetauXidont il ny a aucun doute : mais aujf de ceux
•des minéraux ^ métaux , que cet Au a rendu fi trait table s,
quils ne retiennent rien , ou peu de leurs qualitez^cruésy njiolen-
tes ^ malignes , qui les aboient tant fait défrier. Et toute la
^violence qui leur refie , ne peut être feparée de leur naturel ^
ejfence : dont on ne doit laijfer den tirer le bien quils peuvent
produire aux occafionsy ou les autres remedes ont perdu l’efcrimey
cefî à dire aux grandes ^ rebelles maladies , conformement a
la maxime , qu’aux maux extremes il y faut des remedes ex¬
trêmes : comme a- un nœud fort ^ rebelle^ un coin de meme. Si
bien que la dificulté qu’il y faut apporter y confifie plutôt a dif-
cerner la necefiité , opportunité y ^ deu'é admimflration de tels
remedes , que leur ruehemence prétendue , puis que la condition
du mal la rend necejfaire.
Si les operations de Chymîe font quelque peu plus laborieufesy
que les communes : cela ne doit point rebuter ceux qui ont du
courage ^ du zçle pour le bien ^ famé de l'homme , a quoy
elles font defiinées , comme tout homme de bien en doit a^oir : les
belles chofes ont cela , quelles ne s’ acquièrent , ou ne s’exécutent
pas fans peine. Le fouhait de Galien, qui a eu quelque ombrage^
idée de cet Artydefirant pajfionnement de pourvoir arri-ver a la
connoijfance ^ addrejfe de la feparation des di'verfes fubfian-
ces qui fe trouvent au ruinaigre , qui le tenoit en grande perple¬
xité, doit Oter cette apprehenfion aux âmes qui en feroient at¬
teintes. Et maintenant le plus petit Chymife du monde luy don-
neroit delà fatüfaBion en cela, ^ de l’admiration en d autres
chofes bien plus ingenieufes. Croilius aojance jufques à ces termes.
AV LECTEVR. 187
(j»e textreme dejtr de ce grand homme , U eut été bien aife
de fer fvir , ^ fe foimettre à Parac^ife aux ppM ruils offices ^
miniBeres de fes fourneaux.
Mdü fans ufer d’une fi infolente exaggeration , je pajfe bien
pim avant 3 ^ foutiens hautement , comme une propofition très-
certaine ^importantes Que quiconque veut exceller en la
Medecine , ne doit point ignorer la Chymie.
Premièrement on acquiert par iceüe une pim intime con-
noijfance des avions naturelles 3 principalement nutnti'rues 5 de
celles contre nature s ^ des meteores qui fe forment au corps
humain.Car par le rapport des operations Chymiques, qui imitent
n>ifiblemem cédés de la nature par la conférence des matières ^
qù on dijîille ou fub limé, par exemple, ^ par la confideration de
leurs eonditions ^ proprietez, , on n)ient d connottre l’effence,
^variété , differente des humeurs •, la maniéré de leur elenja-
tion, ou plutôt de leurs fvapeurs ou exhalaifons , leurs effets ^
proprieteZj Ce qui fe remarque principalement és maux de flu¬
xion, ^ aide d les connoitre pi m parfaitement. Si le lieu me le
permettoit, je dilaterois cette preunse , ftf t amplifierois de la fi-
militude des tvatffeaux Chymiques , des fourneaux de leurs éta¬
ges 3 ^ offices 3 arvec ceux du corps humain , par le mini fl ère du
feu, principalagem en la Chymie , comme l’efl audit corps la cha¬
leur 3OU naturelle ou étrangère. Le LeÛeur judicieux pourra luy
meme tirer de grandes preunses de ces propofitions, lors qùen
contentant fa curiofité , il ‘verraÇentr autres) difiiller l’ejprit de
Vitriol: Ou il apprendra , comme par la puiffance du feu , d'une
matière fi folide il s’exprime une liqueur 5 comme les efprits nu-
btleux remplffent la cornue , qdils hrifent ^ fracaffens affez,
fouuent 3 quoy que forte ^ jjacieufe,ce qui arriue autant par
l acrimonie irruption de la liqueur , que par la (violence du
iSS ADVERTISSEMENT
feu. Et transférant cela , il ^erra (ju'tl fe pajfe quelque chofe de
pareil és aBions,ou plutôt [ ymptomes de beaucoup de maladies^
comme és migraines maàgnes , aneuryjmes j palpitations , par
ï effort de la dermere dej quelles Fernel rapporte au chap. u.
du 5. livre de la Pathologie , les cBes du thorax anjbir été
rompues s ^ celles qui font au deffm de la mammelle auff bien
fou<z>ene difoqt^ées. Laquelle hifloire nous pouatons confirmer
renchérir par celle dont nous a<ztons été témoins oculaires , il y a
quelques années à Fougues ( comme il s'y rencontre dé ordinaire
des maladies fort étranges ) en une Damoifelle de condition , à
laquelle une palpitation extraordinairement n)ioleme a<voit
difloqué quelques cotes a cBé de la mammelle gauche , ^ même
ébranlé le flernon , ^ rompu la cla>vicule gauche.
En deuxième lieu , on comprend bien mieux la nature des
mixtes par t évidente refolution des di<verfes fuhftances qui les
compofent , comme leurs rurais principes cffentiels , phyficfues ^
palpables , que par les metaphyfiques , purement imelleBuels
quon enfeigne à ïécole.
En tro 'ijîéme lieu on en tire de puiffantes armes -contre les en¬
nemis de notre njie^ dont on fe ferruira a^vec plus d'affeurance
dextérité, fi on en fait l’étoffe , la fabrique ^ la trempe.
Les Apothicaires , qui doi^vent conspirer à même fin , font
aujfi obligez, de s'y rendre fçaruans Qs) experts. Et ce d autant
plus qu'y ayant maintenant fi grande njarieté parmy les Mé¬
decins, de fiyle ^ maniéré d' ordonner, qu'il s'en trou<ve peu,
qui naffaifonnent fort foulent leurs ordonnances de quelque re-
mede Chymique, comme d'un grain defel: que beaucoup de
perfonnes les préfèrent aux communs : ils ne pew^ent fans un
grand préjudice de leur honneur ^ contentement des malades,
fe diif enfer de cette connoiffance , ^ moins de tenir leurs bou-
AV LECTEVR. 189
tiques garnies de cette forte de remedes. Et puù il ny a mainte¬
nant aucun DtJ^enfaire qui rien àye quelques-ms , jujques d ce-
luy de Parts , lequel en approuate l’ufage par l'échantillon du
rvm emetique ^ Mercure doux.
Les chirurgiens aujjî rien tireront pas un petit anjantagey
quand ce ne jeroit que d'en mieux connoître les différences d ul¬
cérés y f Ion celles des fucs qui y affluent les entretiennent , qui
ont un grand ra^^ort a^ec ceux des ^végétaux ^ minéraux i
^ d'en tirer de puffans remedes externes pour les playes ^ ulcé¬
rés malins ^ rebelles .
le ne croirois pas au refie iauo'ir beaucoup obligé y en te dêcriuant
les remedes Chymiques les pim ufitezffi je ne les euffe accompagnez^
de certaines réglés ^ préceptes pour ien bien ferasir. Car les me-
dicamens font ou moins que rienyou pernicieux s'ils font mal em¬
ployez^ Ce que pouvant même arriver és pim beninsy quelle pré¬
caution ne doit-on pas apporter és remedes ChymiquesfSi fJippo-
crate prefcrit tant de circonfianceSy je ne diray pas feulement pour
iellebore ; mais même pour l'ufage du laiB ^ de la ptifaneyou fuc
d'orge mondé, jufques d dire du dernier y quily a telle pleurefie ou
douleur de cotéyfff les temps^quil peut caufer ^ accélérer la mort y
étant mal donné y quoy qu'il ny aye celuy qui rien fçache la déli¬
cat ejfe ^ bonté y ou il n entre rien d'étrange ^fafcheux y ^ la
maniéré de le préparer ri ayant rien de ruehement. Et fi mainte¬
nant les pim fçaaians a^ifez.PraBiciens n’ordonnent pas <uo-
lontiers la Rheubarbe dans les fienjres bilieufes y qui ont leur fiege
ou leur entretien dans un foye trop chaud , bfen quon die quelle
foit lame du foye s feulement d caufe de fes parties fubtiles ^
ignées : A pim forte raifon faut-il bien pim redouter les medi-
camens Chymiques y exaltezja pim part , par la force du feu,
à un degré de chaleur non médiocre , Qd qaafi toujours tirez.
O» par
igo ADVERTISSEMENT AV LEGTEVR.
par des menflruès ou dijfohvans puijfans , acres ^ corrofîfs f
Si bien que s'tlfaut tant d art ^ de difcretion pour ordonner
les alimens ^ les medicamens les plushenins , il en faudra bien
davantage pour les remedes nsiolens , tels que font une bonne
partie des Chymiques. Car ce quon dit quils font dépouillez, de
leur matière plus grojfere > cejt ce qui les rend d'autant plus
dangereux , fatfans par leur aBinjité ^ tenuité de fuhjîance,
une plus prompte ^ puijfante imprejfon.
le me fuis donc étudié et accompagner les deferiptions de leurs
njertus propres à certaines maladies , le temps maniéré de leur
exhibition , ^ lajufie quantité. Car à moins que cela , ils ne
peurvent être que nuifiles ^ pernicieux , comme ils ne le font
que trop és mains des Empiriques ignorans ^ temeraires. Te
difant feulement ce mot, auant que te quitter, quils font bien
fufpeBs pour premiers remedes au commencement des malades,
principalement où il y afeure , pour legere quelle foit 3^ ou il
y ale moindre foupçon d’inflammation interne.
DE
2.^1
DE ARGVMENTO
huius libelli ,
EPIGRAMMA-
Chymice folers Elixir face reliBa
Materia jujîi ^rolicit ignU ope :
Exigea fi forte dofi fint grata palato ,
Dogmaticftm cordi fal henè tftta dahit.
oo i
DES
DES
VEGETAVX.
SECTION PREMIERE.
SA diftiibiuion que notis reluit plus evidemmenc en l’elabora-
faifons de ce petit Trait- tion des medicamens qui s’expri-
té en quatre Sections > ment des Minéraux Sc Métaux, £t
fçavoir eft , des Végétaux, que comme la Chymie imite la na-
Animaiix, Minéraux, & Métaux, fait ture és plus nobles & fubtiles ope-
voir que l’objet de la Chymie cil rations qu’elle exerce dans les Ani-
auffi univerfel , que celuy de la Phar- maux en la eodlion , digeftion & cx-
macie : Etque .ç’a été une grande, tradiondes fiics alimentaires ; en ce
ignorance , d’eftimer que toute l’ctu- qui eft de la préparation des elTenccs
de Sc employ de la Chymie ne s’é- qu’elle tire des Végétaux & Ani-
tendoit que fur les Minéraux & Me- maux ; elledèmble la uirpaffer en celle
taux j loit qii elle s’y occupât pour des Minéraux & Métaux : D’autant
le grand œuvre , ou pour la prepa- que la puiilànce & vertu de la nature
ration des medicamens , qu’on efti- eft limitée fiuTes objets végétaux &
moit pour ce refpeél tous violens » animaux étant trop foible & peu
& peu amis de la nature. Au con- proportionnée pour diftbudre & li-
traire elle a cet avantage par delïus^ queiier une matière lî folide Sc coin-
la pharmacie, qu’elle tire de cette paéte,qu’eft celle des Minéraux &
derniere forte , des medicamens beau- Métaux , & d’en extraire en fuitteles
coup plus agréa blés, doux Sc bénins,; divers focs, dont ils font intimeraènt
que ne feit la Pharmacie : Et qu’il imprégnez. En quoy (dy-jc)laChy-
faut tenir pour certain , que les medi- mie lemble fe relever par deflùs la
camens communs ne font pas tous nature, tirant des quinteftènees de
bénins , ny queles minéraux & me- cette forte de matière , que les fens SC
lalliques ne font pas tous violens,. laraifon mêmenepouvoientpenetrer
ainfi que nous, l’avons touché en ny découvrir.
i’Avantprop'os. Si bien qu’il faut
avouer , que l’induftrie chymique-
D»
Se^ion première. 193
Des Kofes.
CE n'efl: pas fans raifon que nous
donnons à la Rofe le premier
rang dans ce petit Bouquet Chymi-
que , étant la plus noble , & com-
nte la reine des fleurs. le fçay bien
que cette dénomination d'excellen¬
ce a été jufqucs icy déférée à la fleur
de Rolmarin , qualifiée d'un nom
emprunté des Grecs amhos ; c’efl: à
dire, la fleur. Mais fans offènfer la
làge Antiquité , je m'étonne com¬
me elle a pu au préjudice de la
Rolè , luy attribuer cette prérogati¬
ve. Car fl nous conflderons non
feulement la beauté de fà couleur,
& la fuavité de fon odeur j mais Ibn
grand ulàge dans la Medecine , nous
reconnoîtrons évidemment l'avan-
tage qu'elle a de mériter ce nom
par excellence. Car qui ne fçait le
grand nonibre de mcdicamens , tant
Amples que compofez ; alteratift,
■ corroboratifs , que purgatifs , où
elle fert ou de bafe y ou d’un des
principaux ingrediens ? Ce que j’en¬
tends non feulement des compofl-
tions qui fe. préparent & gardent
communément es Boutiques : mais
aufli de celles qu’on appelle Magi-
ftrales , ou qui s’ordonnent félon la
diverfe exigence des oceaflons. Qui-
Gteroit de la Medecine, l’eau Rolè,
fbn baume , fon huile , fes confer-
ves , fes Syrops tant alterarifs que
purgatifs , fon miel, fon onguent,
la rendroit fort defeétueufe j fens
parler d’infinies eompofltions tant
internes , qir’externes , où la Rofo
tient lieu d’ingredient neceflâire.
Nous refer vans de traitter feule¬
ment icy des Medicamens qui fo
préparent avec un artifice plus exaét-
& curieux , tel que la Chymie nous^
enfeigne : lequel reluit principale¬
ment en la leparation des diverfes^
fiibftances & du pur d’avec l’impur.-
Le Doéte Eieftadius Médecin- Ale--
man , a rédigé fes emploits en ces;
vers.
SI Rofa non ejfes , medicina invifa jaceref-,
Phamaca nam frabes omnia grata Kofa.-
Tu àulcore tuo medicamirta trïUia gujîu
Candis , nil in te , fies tener , injtpidum :
Tejlis Hygeta mihi locufles : mm te fine raro:
Hac ara charitum fiacrificare fotefl.
Fundie aquam gratam Rofa , magnam é" fpirîtauni njïni'r
Et firagrans oleum & ballàmum odoriferum.
Confervam prabet , p\ep ./uavem^ueSympumy
Purgantem , fuGcum , mcl , rotulas , fpGcies.-
Ad multos U fus hoc nobis nsbiie germen
Conferves annis omnibus „ aime T> B VS..
Livre LL.
1^4 Dts Végétaux^
IIEm de Rofe.
ON prendra des Rofes pâles
ou blanches les feules fueilles,
mondées, &c tant fôit peu contufès
au mortier : & puis les ftratifier
avec du fel dans un pot de terre
étroit d’emboucheure , de cette fa¬
çon , fçavoir feire une couche de
Rofe , par exemple d’une poignée
ou deux , Sc puis les afperger d’une
, demie poignée de fel commun, &
recommencer un autre rang de Ro¬
fes à la même quantité , & du fèl
dellüs : continuant ainfi alternati¬
vement , jufquesà ce que le vailTeau
foit remply , jufques environ les trois
quarts. Alors il faut boucher l’ori¬
fice du vaiifeau avec une veffie de
porc mouillée, & le mettre en di-
geftion dans une cave ou autre lieu
froid , l’efpace d’un mois , fîx fc-
maincs au plus. Après il faut ôter
cette matière , & la mettre dans le
vailîèau diftillatoire d’airain, appel-
lé P^Jfie , jufques à la moitié de fa.
capacité, verfant delliis de l’eau de
fontaine j telle proportion que le
quart demeure vuidc. Le vailîèau
étant bien bouché, avec fon alem-
bic ôc récipient , on diftillera à feu
du treizième degré. Et il en for-
tira l’eau , puis l’elprit , & enfin
l’huylc.
Or cét huyle n’étant pas fi li¬
quide que celuy des plantes chau¬
des ('comme eft la lavande ) la fepara-
tion ne s’en fiiic pas par le vailîèau
feparatoire , ains en coulant la li¬
queur au travers d’un linge bien net,
il reliera au fonds du hnge l’huyle
de Rofes, congelé à gnife de bciir-
re. Il faut racler cét huyle avec un
couteau , Sc le garder , à caufe de
fa rareté , dans quelque bocte déli¬
cate , bien bouchée.
Quant à l’eau qui relie , mélan¬
gée avec un elprit, il la faut verfer
dans un matras à long col. Lei^uel
éunt bien bouché, & fon alembic
bien ajullé , & un récipient au bec
' de l’alembic , ' le tout bien étoupé
avec de la velfie de porc mouillée,
on dillillera au bain-marie à feu du
premier degré : & il en fortira feu-
lement la matière plus fpiritueulè,
l’eau demeurant au fonds du matràs.
Que s’il ne dégoutté plus rien dans
le récipient , ce fera un ligne que la
dillillation fera parachevée : partant
il faudra ôter le récipient , dans les¬
quel on aura l’efprit fubtil & odo¬
rant des Rolès , qui ell appellé par
les Chymilles Mercure.
L’eau tirée en la maniéré cy-def-
fiis , ell de beaucoup meilleure gar¬
de, &: moins llijette à corrirption,
que celle qui fe tire par le bain-ma¬
rie dans une cucurbite de verre , foit
qu’on le contente d’une feule dillil¬
lation , ou qu’on la reïtere , pour en
rendre la liqueur plus efficace , en
verlànt cette eau diltillée fur de
nouvelles Rofès , réitérant cela jufi
ques à deux ou trois fois ; dont elle
devient fi odorante , qu’elle peut
communiquer une très - fenfible
odeur à dix fois autant d’eau com¬
mune.
Ce qu’elle fera encor plus puif-
fomment , fi on met dans le canal de
l’alembic , ou au bout d’iceluy , un
grain ou deux de mule ou d’ambre
gris i dautant que l’eau s’en imbibe
de
Seâion première.
Z95
de Todciir. D’autres au lieu d’ambre
gris ou de mufc , y mettent un peu
de racine d’iris de Florence. Ceqn 'au¬
cuns ne pratiquent qu’en l’eau qui
fe tire des fleurs de violettes pour¬
prées,
Facultez^ de la Rofe.
AVparavant que de pouvoir dé¬
cider des facultcz des diverfes
fcbftances Sc eflcnces quife tirent
de la Rôle > il en faut établir les efpe-
ces Sc différences , dont les unes
font blanches , & les autres pâles,
les autres rouges & incarnates. De
plus , que tant les unes que les au¬
tres font composées de divériès fub-
ftances , & principalement les pâles^ ,
Icfquelles îubftances peuvent être
feparées par l’arc. Ce que Galien
a reconnu ; ( livre 3 . des Medica-
mens fimples) Et chap. 10.
des Jîmples, Et le même Galien ( li¬
vre 4. des Jimples ) dit quil 'y a au
fuc de la Rofe trois excremern. Vun
terreftre , tel quefl dans le vin, la
lie , OH le tartre ; Vautre aerien , qui
répond par proportion d la fleur du
vin : le treiz.iéme aqueux, qui efi eau-
fe de r ébullition & corruption. Il dé¬
duit en fijitteles diverj(èsqualicez,qui
fuivent la diverfiré de ces parties. La
qualité qui paroic âpre au goût, procè¬
de delàterreftretté & froideur. L’ame-
■re vient d’une fibftâce tenue & chau-
de. Et l’aqueufc tient le milieu de eon-
fiftence & de qualitez. C’eft à dire en>
Un mot, que la vertu odoriférante Sc
laxative de Ir Rolè ( laquelle dernire-
re neft qu es f aies) conflfte és par¬
ties lùprfieielles ; Sc la deterflye Sc
l’aflxingente dans le centre..
Facultez^ de î Eau Rofe.
POur ce qui efl maintenant des
vertus particulières de l’Eau rolè,
il fufllt pour les vérifier ,de remon¬
trer le grand ulàge qu’elle a, non feu¬
lement dans la Médecine ; mais
aufïï en l’appareil & aflâilbnnement
des plus délicieux mets pour la
bouche , Sc és parfiims. Quant à
ce qui eft de la Mcdecine , elle a une
tres-evidente vertu en la corrobora¬
tion des elprits animaux , Sc vi¬
taux , Sc à temperer & rafraîchir les
humeurs, quoy que Cardan au li¬
vre des Medicamens Jimples , dit
que la Rolè Sc les liqueurs qui en
procèdent , provoquent la défaillan¬
ce de cœur, contre l’opinion & ex¬
périence de tous les autres Méde¬
cins. Amatus Lufitahus , en la cura-^
tion i - de la 1. Centurie , rapporte-
bien plus à propos la lyncope qui ar-
rivoit à un certain Religieux Domi¬
nicain par la veuë ou odeur de la
Rolè , Sc une averlîon ou antipathie
naturelle toute particulière.
Facultez^de l'Hayle.
ON attribue telle vcrm à l’Huy-
le , que fl. on en frotte le lom-
inet de la tête d’une goutte ou
deux, cela elffiiflilànt de confortcir
le cerveau & de le rafraîchir, ou¬
tre la Ibuèfve odeur qui en exhale¬
ra durant quelques jours. Mais la
rareté de cette liqueur , ou plutôt:
de ce predeux- baume , dont à peine:
lè tirera-il de cent livres de rofes,,
une drachme , n’en permet guc-
res l’ulâge Sc employ que flir les:
^ Grands,.
19^ Veget4UXi
Grands. C’eft pourquoy il faut être
averty » que l’impoftiirc feit fbu-
vcnt palFer l’huyle de bois de Rofès
qui eft fort commun , pour le vray
& légitimé » dont nous parlons , cet-
tuy-cy étant d’une confiftcnce plus
cpailïè, & d’une odeur incompara¬
blement plus exquifè.
L<^ teinture de Rofes.
P Renez demie once de Rofes de
Provins, ou incarnates , incisées
menu avec des cifeaux j que mettrez
dans une médiocre phiole de verre,
verfant par deirus demie drachme
d’efprit de vitriol , & deux livres
d’eau de fontaine. La phiole étant
bien bouchée , il la faut laiflèr en
digeftion à chaleur lente , durant
quatre ou cinq heures , jufques à ce
que l’eau foit entièrement rouge 8c
vermeille. Ce qu’étant , il faudra ver-
fer par inclination cette liqueur , la
filtrer & garder.
Cette teinture , outre qu’elle eft
fort agréable à la veuë & au goût, lî
elle eft edulcorée avec fuccre , com¬
me elle fe fait d’ordinaire , eft propre
à rafraîchir l’intemperie chaude des
vifeeres , ôc principalement du foye,
qu’elle peutauffi corroborer , à cau-
^ fe de l’impreffion qu’elle tient de la
fùbftance de la Rofè : & participe
de quelque vertu aperitive ôc diiire-
tique , à caiife de fon mcnftruë, l’ef
prit de vitriol.
Cette compofition peut tout au
moins fiippléer au défiant du iyrop
de Refis ficcü , qu’on préparé com¬
munément ; ôc aux fins que delfus,
ôc parciculierement en la dyfente-
rie, P^iir laquelle Scnnerais ordon¬
ne une teinture de Rofes plus ar-
tificieufe & composée , ôc que le Le-
deur pourra voir dans le cinquième
livre de fes
chapitre le reconnois auflî qu’el¬
le peut être fùbftituée au lieu de
lulep Alexandriri,que les Médecins
de Paris ont autrefois baptizé du
nom de Royal , ou pour avoir été
fort frequent & famiÜer au Roy
François premier, ou pour fes ver¬
tus Royales de temperer la chaleur
étrangère , ôc la foif. . La compo¬
fition dudit lulep eft dans le Bau-
deron.
llEa>u y l'Efprit ^ Buyle de
Generure,
Renez des bayes de’ Genévrier
fiicculentes , & non dclîèichées,
bien contufès au mortier, par exem¬
ple quatre livres , que mettrez dans
un grand pot de terre bien fort,
étroit d’emboucheurc , vcrfànt def-
fus environ fix pintes d’eau de fon¬
taine , qui fiirnage delfus d’un travers
de main. L’orifice du vailfeau étant
bien bouché avec veffie de porc , il
le faudra laificr en digeftion à cha¬
leur lente, l’efpace de vingt-quatre
heures. La digeftion faite , il faut
tirer du vailfeau toute la matière , ôc
la mettre dans la veffie d’airain, y
adaptant l’alembic avec le refrige-
ratoire. Toutes les jointures étant
bien bouchées, il faut faire la diftil*
lacion , donnant le feu au troizieme
degré , pour en mieux tirer la vertu.
Et dans trois ou quatre heures , il en
fortira , par le moyen de ladite di-
ftillatiom
s eB ton Premieh» i ay
filiation , l’Eau, l’Elpric , & l’Iiuyle
<le Genevre.
La troiziéme partie de la liqueur,
Æ’eft à dire , environ deux pintes,
étant diftillée , & le vailTeau rafroi-
dy , il faut ôter le reeipient avec
l’alembic, de la vcffie. La refiden"
ce ou le marc qui reftoit dans la
veflîe étant exprimé au prellôir , &
en ayant tiré le foc , il faut de
nouveau reverlèr delfos ladite relî-
dence cette liqueur ipiritueufo &
oleagincufo , avec encore quelques
Manipules d’autres bayes contulès-
Et de nouveau adapter l’alembic
à la vcffie avec fon récipient , les
jointures bien étoupées , on procé¬
dera à une féconde diftillation , à
feu fort lent & modéré , tel qu’efl:
celuy du premier degré. Cette di¬
ftillation fe fait au bout de' huit ou
dix heures.
La quatrième partie de la li¬
queur étant diftillée , qui peut arri¬
ver à une pinte & demie , il faut cn-
cores ôter le récipient : & alors on
verra fornager au deftits de la li¬
queur , l’huyle clair de Genevre :
Q^on feparera de l’eau & de l’et
prit , par le moyen du vailfeau qu’on
appelle féparatoire : & on le gardera
dans un valé de verre bien bou¬
ché.
Quant à l’efprit , il le feut feparer
avec l’eau , dans un matras au bain-
marie, à feu du fécond degré. Y
tiyant environ une once ou deux
de liqueur diftillée , & la diftillation
ne fe faifant plus que fort lente¬
ment, ce fera un indice de la fépa-
ration de l’efprit d’avec l’eau. Il
fondra encores ôter le récipient, &
garder fort foigneufement cét efprit
Livre II.
en un vafè de verre très- bien bou¬
ché. Enfin on verféra l’eau dans
une cucurbite de verre , à laquelle
on adaptera fbn- alembic , & réci¬
pient , pour diftiller au bain-marie
au fécond degré de feu , jufqiies à
ce qu’il refte feulement le tiers. Cela
fait , on aura une eau fpiritueufe,
claire, odoriférante, qu’il faut bien
conferver.
Cette fepararion parachevée , il
fout ouvrir la vcffie , & en tirer le
foc avec ce qui eft contenu au fonds,
qu’il fout mettre dans un fachet de
toile , Sc puis l’exprimer bien fort au
prellbir. Ce foc ainfi exprimé doit
être coulé par la manche d’Hippo-
cras ,• & puis mis dans une poèllc
de cuivre j où on le lairra épaiffir à
confiftence de miel , & après le gar¬
der dans quelque vafè de verre ou
de terre plombé.
Finalement il fout delîcicher les
feces, que les Chymiftes appellent
communément, mortHum,&c
les réduire en cendres très fobtiles.
Si on verfe de l’eau chaude fur ces
cendres, on en tirera le fél des cendres
dillôutcs en l’eau , ou une Icxive,
laquelle étant bien deffieichéc, elle
fe réduira en une poudre tres-fubti-
le. Partant cette lexive étant pre¬
mièrement filtrée , & évaporée à lîc-
cité , on aura pour lors le fél de Ge¬
nevre.
Faculté de l’Eau de Gene/vre.
B Eue le matin , & le fbir loing
du repas , appaife les douleurs
des reins &c de la vedie , & les pu¬
rifie & nettoye : elle provoque l’u¬
rine èc les mois fupprimez , chafte
PP le
Des Végétaux y
le Écui(5i: tuortj & remédié aux ve^
nins. La doiè cfl: d une once & de¬
mie. Elle convient à toutes les ma¬
ladies articulaires > fi on en frotte les>
membres & joindlures tous les ma¬
tins, à midy & fur. le fpir,, durant
qitelqucs jours..
Faculté de tEj^rit , ^ de
iHuyle de Gemnjre,.
QVant à l’huylc Ôc Elprit, il eft
fort, recommandé en la tempê¬
te , pour le preferver de l'air infeûé.
Gar il eft tenu d’aucuns au lieu de
baume naturel. Il a auffi la vertu de,
corroborer le ventricule. Quelques-
uns s’en fervent auffi à la verole,
dans quelque eau convenable , ou
dans du vin blanc. La dol'e eft d’un
demy fcrupule à un fcrupule,
Facttüez. de lExtraiB.
IL a une grande force pour provo¬
quer les fueurs, fi on en prend en¬
viron une drachme le foir , à l’heu¬
re du fommeil, pour le moins trois
heures apres le repas , ou le matin à
ÿeun. Les pa'ifans d’Allemagne s’en
fervent pour céc eftet au liai de;
Theriaque..
Faculté du Sel.
IL provoque l’iirine , & ( au dire
de quelques-uns ) rompt la pierre,
mêlé avec eau de Geneyre : & pce-
fèrve de pourriture. La dfffè eft d’uii
demy fcrupifie 4 un fçrupulç.
Faeukez, de la Tém..
La Terre peut auffi fervir à mé¬
langer avec les poudres , qu’on
compofe pour firoter les dents, qu’on.
appelle Dentifrices.
Exti-aids alteratiê.
ExtraiB d'Ahfymhe:
IL faut faire fèicher l’Abfynthe
Romain en quelque lieu à l’om¬
bre , & puis le couper fort menu
avec de gros cifeaux , & le mettre
dans lin matras étroit d’emboii-
cheure , en verfanr defllis de Tefprit
. de vin reétifie , qu’il fiirnage de trois
doigts* , bouchant l’orifice du vaif-
feau avec vefiie de porc mciiillée,.-
la laiflànc en digeftion l’efpace d’un
jour & daine nuit, à chaleur lente
au fourneau de cendres , jufques
ce. que l’efprit ait tiré la teinture : la¬
quelle il faudra verfèr pr inclina¬
tion, & remettre d’autre A bfynthe, .
£c boucher l’orifice du vailTeau , Sc
rejetter la. digeftion comme delïiiSj
&' après l’extradion de la teinture,
fèparer la liqueur, la filtrer, & la
garder dans un verre étroit d’emn
boucheure.
FAGVL TE Z.
Cét extraid eft, popre aux-indif--
pofitions d’eftomach , lequel il cor¬
robore , de aide à la codion di-
Qçluy , & provoque l’appetit , & a;
SeBiof^ première, a 99
suffi qiielqne vertu de tuer les vers.
On le prend le matin à jeun dans
un peu de vin blanc y y diiloluanc
quelques gouttes dudit extraiéè. Il
n'y a vin d’Abfinthe qui l'égale en
vertu.
Sel d Ah fimhe.
IL faut réduire -en cendres tres-
ffibtiles l’Abfinthe avec les fueil-
Jes, fleurs & racines. De ces cen¬
dres ffiit fiiite lexive avec de l'eau
chaude. Cette lexive étant filtrée
& évaporée , le lèl reftera au fonds,
lequel on clarifiera ; en le dilldluanc
deux ou trois fois le filtrant & le
coagulant derechef.
F A C FL TE Z.
Ce fel a les mêmes vertus qiie
i'Abfinthe. Il a cela de plus qu'il
provoque mieux les urines, & ex-
piilfe les matières graveleufès & la
pierre. En le mêlant auffi avec les
poudres fudorifiques , comme celle
■de chardon bénit , il provoque hai-
reufement les fiieurs. La dofe eft d'un
fcrupiile à deux.
ExtraiB de GnMac.
P Renez du Guaiac râpé une livre.
Mette'z-le dans une grande phio-
le, en vcrlànt pardelius de l'elprit
de vin rectifié , & d’eau de chardon
bénir , parties égales , qu’elles fur-
nagent d’un travers de main. L’o-
tifice du vai fléau étant bien bouché
avec veffic de porc , il làut kiflèr le
tout en digeftion à chaleur lente,
julques à ce que la liqueur Ibit im¬
bue de la teinture. Ce qu’étant , il
la faut fcparer par inclination , &
verfer derechef d’autre elprit de vin,
& eau de chardon bénit flir la refî-
dence , & commencer tant de dige-
Itions & lèparations , j niques ^,à ce
que l’cfprit de vin ne reçoive plus
aucune teinture. Alors il faudra ver-
1èr tous ces extraits ou teintures
dans une cucurbite de verre , pour,
après la dillillation au baimmarie,
les réduire à conftitution de miel. Et
ainfi on aura au fonds de la eucur-
bite l’extraid de Guaiac , qu’il fau¬
dra en tirer pour le Garder an bc-
■foin.
FACFLTEZ.
Cet ex'traiét n’eft pas lèiilemenî
propre,, à caulè de la baie Ipeci-
fique le Guaiac, à la verole, qu’il
diifipe par les foeurs ; mais auffija
beaucoup d’autres indilpofitions, cau¬
sées d’humeurs froides & lentes,
& qui demandent atténuation & in-
cifion, comme par exemple àl’afth-
me invétérée. On s’en pourroit auf¬
fi lèrvir aux maladies malignes &
peftilentes , dans quelque eau con¬
venable , pour refondre en lueurs les
humeurs viiTilentes. A caufc de quel¬
que petite amermme qu’il a , il eft
plus à propos d’an ufer en forme de
pilules , principalement en la verole.
La dolè eft d’un lèrupale à une de¬
mie dragme.
:PP ^
Le
500
JDes Ve^etauxy
Z> Laudanum arvec Opium.
LEs Chymiftcs appellent cette
compofition Laudanum Opia.~
tum , d’autant que fa bafe principa¬
le efl: la teinture d’Opiura , par le¬
quel* nous commencerons fa delcri-
ptiom
Prenez de l’Opium trois onces,
que couperez en tr.-nches , & les
fcrez feicher à feu lent, dans^une
écuelle de verre , les retournant pour
les feicher également des deux co¬
tez afin de faire par ce moyen
évaporer les cl'prits fétides & ma¬
lins dudit Opium : la nuifânee def-
quels pourroic caufèr de dangereux
fymptomes au cerveau, comme con-
vulfion , vertigo , voire même un.
fommeil léthargique ou inorteL L’O¬
pium fc puLverife par après- aisé¬
ment , & puis on le met en dige-
flion à chaleur lente dans un ma-
tras de verre médiocre , verfant deC-
fiis du vinaigre diftillé de la hauteur
de trois doigts. Cependant la par¬
tie la plusfubrile,& la vertu de l’O¬
pium- eft tirée. La liquair étant bien
teinte , il la faut feparer des feces
par inclination , la filtrer , & la met¬
tre: dans une autre cucurbite de ver¬
re au bain-marie , donnant le feu au
fécond degré y Ôc la lailler diftiller
jufques à confiillenfic d’excraid. A la
refidence ou extraid aiafi préparé
on ajoutera de nouveau de bonne
eau Rofe , qui fumage de ti'ois
doigts. Le vaiiTèau étant bien bou¬
ché avec velîîe de porc mouillée , il
faut faire une nouvelle digeftion,
iufques à ce que l’excraid foit pref-
que entièrement diffout. Ce qu’étant,
il le faut hltrer,& l’évaporer au bain-
marie , comme ddlûs , à conlîften-
ce d’Opiate-
ConeBifs de t Opium.
P Renez de l’extraid d’Opium,
préparé comme ddlùs , une on¬
ce y de l’extraid de fafîfan , demie
once du magifterede perles &’co-
raux tait fans corrofion,de chacun
un fcrnpule ; d’huyle de gyrofles &
de Kaiabé , de chacun demy feru-
pule y de mufe & d’ambre gris, de
chacun fix grains. On mêlera le tout
en forme d’Opiate.
F A cYL te Z.
Comme entre tous les fÿmptoc
mes qui accompagnent les maladies,
il y en a deux ou trois entre autres,
qui outre l’enniiy 6c l’etfroy qu’ils
caufènt aux malades , leur abbatent
& ruinent les forces j les grandes
douleurs , les longues veilles ,. 6c les
evaaiatibns immodérées y on doit
avoir un foin particulier pour les
appaifèr. Les Chymiftcs ont inventé
pour téc eftèt force corapofitions
de ce nom , entre lefquelles j’ay
chûifî cette - cy , comme excellen¬
te, tant pour, les- intentions que def-
fus ,. que pour les manies , phrcnc-
fies , & pour toutes fortes de vio¬
lentes fluxions, principalement chau¬
des , acres & malignes ,. & fiir tout
en celles qui fe portent fitr la poi-
drine ou les poulmons. Bien eft
yray,'qiie fi on s’enfère à la toux.
SeBion première.
301
elle ne doit être accompagnée de
trop grande quantité d'humeurs craf-
fes> & les forcer étans trop débi¬
les : car il feroit à craindre , que le
peu de chaleur namrellc ne s en dif-
fipât. Avis general pour toutes au¬
tres occalîons , où il faut être bien
avisé pour l'ulage de cette forte de
remedes. Car encores que l’Opium
foit icy fort bien préparé , & mieux
qu’en beaucoup de comportions
communes où il entre : il faut fe fou-
venir pourtant, qu’il faut apporter
une grande diferetion en fon ulàge,
comme auÆ en- celuy de tous les au¬
tres narcotiques. Ç^e ce foit ( s’il
fo peut ) après les remedes gene¬
raux J & autres ordinaires j mais prin¬
cipalement le ventre ne doit être
taop rclTerré , qu’il faudroit en ce cas
relâcher par un lavement.
l’infereray icy le palîàge de Ga¬
lien livre ii.de la Méthode , où il
décrit la faculté des narcotiques.
Pour bien mieux retonnoître leurs
iacultez & ulàge : Les remedes nar-
cotiqnes.Ç dit-il ) font falutaires aux
humeurs acres & mordicantes , fur
tout a celles qui font d'une confidence
tenue & fuhtile,pource qu’ils rafiai-
ehijfent & defieichent extrêmement.
D’ou vient qu’ils caufent non feule¬
ment de' l’engourdijfement aux fins j
maü aufii qu’tls incrajfent la tenuité
des humeurs , & refrigerent la cha¬
leur vehemente & excejfive.
La dofo du Laudanum eft de
trois grains , jufques à fîx ou fepr,
en forme d’une petite pilule j oir dif-
fous dans quelque liqueur réfrigéran¬
te, ou Syrop convenable , lors qu’on
eft contraint d’en ufer après les au¬
tres remedes plus bénins & moins
dangereux. Ou bien quand on le
donne aux grandes fluxions de poi¬
trine telles que delliis , & és fu-
rieufes douleurs d’une colique bi-
lieufo , mêlé & incorporé avec la
conforve liquide de violes ; ou és dy-
fenteries avec la conferve de rôles
liquides.
Quelques Praâiciens en fifont eC.
dites coliques biheufes , le mélan¬
geant avec quelque Opiate purga¬
tive , plutôt raihorative que dia-
grediée , vifant en même tems à
deux des indications qu’on fo pro-
pofe és vehementes Ôc atroces dou¬
leurs, qui font d’ôter la caufo & le
fentiment trop exquis à la partie.
Mais il faut y procéder bien lâge-
ment , & avec une grande circonli e-
éfion, & en moindre que la jufte
dofe , afin de n’arrêter de empêcher
l’aélion du pugatif.
Le doéfe Primerolc ( livre cha¬
pitre 44. de fis erreurs populaires,)
approuve fort la Laudanum de la de-
foription foirante j tirée de la Phar¬
macopée de Londres , dont les com-
pofitions font cllimécs dès experts eu
la Pharmacie.
Prenez de bon Opium , tel qu eft
le Thebaïque extraiét dans l’eÇu'it
de vin, uné once -, du làffran extraiét
de même , demie once ; du eaftor,
une dragme. Mêlez-y une demie on¬
ce de la teinture des elpeccs de.Diam-
ba recentes, extraiétes auffi enl’cC-
prits de vin ; y ajoutant pour le
rendre à la vérité plus agreableC mais
auflî moins convenable aux femmes
fojettes aux foftbcations de matri¬
ce ) d’ambre gris , & de mufe , de
chacun fix grains -, d’huyledemufoa-
de dix gouttes.
L’eva
PP î
^ Des Végétaux.
L'évaporation en étant faite à la
chaleur ticdedu bain marie on en
formera une maflè , dont la dofe fora
un peu moindre que de la preceden¬
te, comme de deux grains, jufques à
quatre, principalement fi on la doit
réitérer , fur l’obforvation du foccez
de la première prifo ( car on le peut
reïteret félon l'exigence du mal ) &
pour plus grande feureté en cette for¬
te de remedes un peu dangereux , à
ceux qui n'en ont pas fait de fre¬
quentes expériences.
Enfin félon les diverfes inten¬
tions qu’on a de fe fervir de cette
forte de remedes , il les faut donner à
divers temps (ainfi qu'a très- bien
remarqué Bauderon parlant du Dia-
codium : ) car il les faut donner le
foir , fi c’eft pour provoquer le fom-
meil i le madn, pour les grandes dou¬
leurs ■, & pour arrêter les évacua¬
tions immodérées , comme l'iiemor-
rhagie ; quatre heures avant, ou qua¬
tre heures apres fouper , pour incraf-
fer les humeurs trop fubtiles dans les
fluxions.
Extraits purgatifs.
Extrait de î fdeHehore noir.
Renez des racines d'Hellcbore
noir bien conditionné , une livre.
Faites - les infufor durant vingt-qua¬
tre heures en foiffifante quantité de
vinaigre rectifié. Puis épanchez le
vinaigre , &c faites médiocrement foi-
cher à feu lent les racines : & concaf-
fées grofïïerement on les mettra
dans un grand matras , verfant par
dclliis du fuG de pommes odorifé¬
rantes , deux portions ; du fuc de
■Rofes pâles aulîi dépuré , une por¬
tion , ou telle quantité qnecesfucs
iurnagent de deux ou trois doigts.
Il faut laüFer le tout en digeftion au
bain-marie , jufques à tant que les
fucs acquièrent une couleur com¬
me vermeille , & foient puiflàtnment
imprégnez de toute la fubllance &
vertu de l’Hcllcbore. Alors on les
coulera , & on exprimera les feees
au preflbir, & on mêlera l'exprelfion
avec la colaturc : & derechef on re¬
jettera fur lefdites feces de nouveau
fuc de Rofes bien dépuré , dont on
extraira encores toute la teinture ou
clfence au bain marie, en coulant &
exprimant de rechef le tout; qu'on
mêlera avec l'autre colature & ex-
preflion , pour le mettre dans un
rand matras , en faire digeftion au
ain marie , & en feparer le pur de
l’impur î & enfin faire evaporer à feu
lent l'humidiré aqueufo , jufques à ce
que l’extrait refte au fonds en forme
& confiftence un peu plus épailfe
que du vin cuit, &le referver pour la
neceflité.
facflte?:.
Cette préparation fort excel¬
lente &c ingenieufe rend cet ex¬
trait convenable aux maladies me-
lancholiques , provenans de la bile
noire adufte , dont la qualité acre &
maligne eft corrigée par le fuc de
pommes , comme auflî celle de la
bafe ; dont la vertu prgative eft
anffi temperée par le fuc de Rôles.
Il convient donc à l’epilepfie, à la
lepre
SeBion première,
feprcrà la ficvre quarte rebelle , à la
melancholie J à la manie. Ladofeefl;
d’un fcrupule, à deux en forme de
pilules , en cas que la complexion
chaude & fèiche du malade y ou de la
iâifon n’y répugne ; ou plutôt en
quelque liqueur propre , telle qu’eft
l’eau de Buglollê , ou quelque deco-
dtion* hépatique & fplenique. Cat
ii ne fiiffîc pas qu’un médicament
contraire de premiere-s qualitez à
l’hunieur peccante j mais encore de
eonfiftanee. Ce qu’il faut finguliere*
ment observer en l’humeur mélan-
eholique y qui veut être à bon cicienf
kumeôlée , tant en la préparation,,
qu’en l’évacuation.
Voilà les principales vertus , quf
ont été reconnues de toute l’anti¬
quité en l’Hellebore noir , fi vanté
de THippocrate même , &c par luy
heureufement employé en la cure ■
des filles iniènfées de Prétus. Qiiel-
ques modernes Médecins , princi¬
palement Chymiqiies , attribuent
aux fueilles d’Hellebore noir des
vertus prefque égales à la pierre
philolbphiqiic i &c que réduites en
baume, elles prefervent l’hoirime de
routes infédions externes , & de
toutes pourritures internes : qu’elles ■
le maintiennent en l’état qu’il a été
engendré , le garantilîànt de toutes
ftrtes de maladies : qu’elles purgent
avec plus d’excellençc , que quel-
qu’autre purgatif que ce foit, extirpant
jufques aux fibres les humeurs pec¬
cantes.
Encore que ces éloges fôient un
peu fujets à cautions , il cft tout au
msins certain que l’Hellebore étoic
fi frequent parmy les anciens , que
les perfonnes d’étude s’en Ek voient
comme d^un remede fingulier pour fè
procurer une plus grande netteté &
vivacité d’cfpric, lors qu’ils en avoient
de beibin pour quelque fujet d’appa¬
reil , ou pour la diipute , ou pour la-
compofîtion.
Extrait de Rheuharhe.
P Renez de bon Rheubarbe incifë
en morceaux , une livre. Faites-le
infiiièr dans de l’eau de cichorée,
oii aura infufé du nard indique , &
de la eanelle : que l’eau firrnage de
trois ou quatre doigts dans un vaifi.
ièau bien clos , qui ièra mis au bain
marie à chaleur modérée, l’efpace d&
trois jours. La digeftion étant faite,:
& l’eau teinte étant feparée par
inclination il y faudra ajouter de
nouvelle eau , réitérant tant de fois^
que l’eau ne tire plus aucune tein--
tute.' Enfin exprimant les feccs ,• de
mêlant la colature filtrée avec la^
première teinture , on en lèparera
l’humidité fuperfliië au bain vapo¬
reux , jufques à ce que l’extrait re¬
lie au fonds, en confiftence de yin^
cnit..
F A cr LT E
Il eft auffi recommandable pour'
fa bénignité & clcroence , pour en.
pouvoir nier aux complexions les-
plus foibles & délicates , mêmes
aux petits enfans, que pour lès ver¬
tus, dont les principales fiant d'être
lôuverain aux obftruélions de foye
& de ratte , à la iaunillè , à l’iiydropi -
fie 3 à la lepre dans- fon commence-
mentjà tciues fortes de. flux, de ven¬
tre,.
504 Des Végétaux ^
tre , & à la dyfTenteiie > en y ajoutant
le fafftan de Mars' adftringent , &
1 ’elprit de vitriol. Et par ce moyen le
Rheubarbe évacué’ les humeurs acres
&c corrompues , le vitriol empcfchc
la putrefaâion , & le làffran de
Mars adftreint & retient le flux. Il
eft aufli jfeuverain pour tuer les vers.
La dofe eft depuis une dragme juf-
ques à deux , finon aux petits enlans
d’un fci upale ou plus félon leur agCj
diflbut dans quelque fyrop ou eau
diftillée appropriée au mal , le matin
à jeun, fans garder cliambre, ains plu¬
tôt fè promenant pour accelereu l’o¬
peration.
On prépare de même les extraits
fui vans , dont les boutiques ne de-
vroient être dégarnies.
De Bryone ,
De Colocynthe ;
De Séné ,
De Scammonèe.
Ajoutant à chacun fon men-
ftru’ê ou diffolvant propre j èc fon
correélif. Sçavoir la decoétion de
fèmence de fenouil & de grains de
Genevre , pour la Bryone : i’efjarit de
vin où aurainfufé le Bdellium , pour-
la Colocynthe : le fiic dépuré de
pommes de bonne odeur , & l’anis
ou le gyrofle , pour le Séné : le fîic de
Coings j& l’eau de vie,pourla Scam-
monéc.
Panchymagogue.
P Renez de l’Hcllebore noir pré¬
paré , une once. Mettez - le en
digeftion . à chaleur modérée , dans
un matras à col long ; de la femen-
ce d’hieble contufè , quatre onces •
des hermodattes & turbith , de cha¬
cun deux dragmes : que mettrez
dans un autre matras , verfant par
deflûs la decoétion claire de la crè¬
me de tartre , qu’elle fumage de fix
ou huit doigts , la tenant en lieu
chaud par l’efpace de deux jours,
pour en tirer la teinture. Puis pre¬
nez du fènné une once , de la rheu¬
barbe inciféemenu demie once , que
mettrez encore feparcment en un
autre matras , verfant auffi par def-
fus l’eau qui eft reftée des cryftaux
de tartre ( car elle eft aperitive , &
corrige les tranchées que le fenne
excite) autant qu’il conviendra pour
en extraire ftitEfimment la tein¬
ture.
Il faut premièrement remarquer
en cette operation , que les matiè¬
res filtrées des autres extraits fe
doivent evaprer , auparavant pe
de vacquer à l’infufion , filtration
& évaporation du fenné & du rheu¬
barbe.
En fécond lieu , que leur évapora¬
tion fc doit faire en un inftant au
bain marie, & en plufieurs vailfeaux
féparez. Car par ce moyen ce qui eft
de volatil au fénné & en la rheubar¬
be , ne s’exhale pas , ce qui arriyeroit
par un plus long fejour.
En troifiéme lieu , lors qu’ils au¬
ront acquis une confiftence conve¬
nable, on les doit ajouter aux autres
extraits , & retirer de la chaleur.
Alors on prendra un quatrième ma¬
tras , où on mettra de l’aloés fbco-
trin cinq onces , verfant' de l’eau
chaude de Tartre , même quantité
quedeflùs. Le vaifléau étant mis en
• SeBion première, 505
■leu chaud j -quatre heures aprez » ou
pour le plus fix , feparez le menftruë
teint par inclination , le filtrant à plu-
£eurs fois.
Il faut être adverty , qu’il ne faut
pas repaflèr le menftruc fur les feces
de l’aloès , pour en tirer d'autre tein¬
ture > que ce qui en a été tiré la pre¬
mière fois. Car ce qui refte, ouvre les
veines, & échauffe par trop.]
Toutes lefquelles choies étans
bien oblèrvées , il faudra difïoudre
dans cette première teinture , une
once de feammohée. Alors on mêle¬
ra toutes les teintures , & on les éva¬
porera au bain marie à confiflenee
de miel , y ajoutant fur la fin , une
dragme d'huyle d’anis ou de fe¬
nouil.
T A CV L T E Z.
Les Chymiftes ne voulans nier
de mêmes noms que les Médecins
Dogmatiques , qui nomment ce cé¬
lébré purgatif propre à purger tou¬
tes leurs humems, CatholicHm , l'ont
nommé Panchymago^ue : ce médi¬
cament étant compoie d’ingrediens
propres à purger toutes fortes d'hu¬
meurs , y comprenant mêmes les
ferofîtez ; mais plus forts & véhé¬
ments , que ceux qui entrent dans
le Catholicum commun. Ce qui rend
i’ufàge de ce Panchymagogue moins
univerfel , que de celuy-là : dont
on fc fert indifféremment en tou¬
tes fortes d’âges , de complexions,
& de maladies. Ce qui ne lè doit
en cettuy-cy , beaucoup moins aux
fièvres continues , aux complexions
foibles , ôc temperamens chauds.
C’eû pourquoy on ne s’en doit fer-
vir, qu’aux complexions robuftes,
& aux matix ou il y a une grande va¬
riété & complication d’humeurs,
ou lors qu’elles font contenues &
épanchées en divêrfes régions du
corps, mêmes en l’habitude & join¬
tures : d’où il attire les ferofîtez , à
caufe d’une partie de fes purgatifs
qui agilîcnt julques-là. La dofe
eft d’un fcrupule à deux pour le
plus , ou diflbut dans un bouillon,
ou décoction convenable ou en pi¬
lules.
Du Tartre.
La Creme de Tartre.
IL fout piler groffierement une lie.
vre de Tartre , tres-blanc , comme
eft celny de Montpellier. Puis le la¬
ver à plufîeurs fois avec de l’eau
f.oide changée & reïterée. Cela
fait , on le mettra dans une terrine
de terre , verfant deflîis fuffifante
quantité d’eau de fontaine , qui fîir-
nage de cinq ou fix doigts , qu’on
fera bouillir à feu lent , julques à
ce que l’eau foit rendue acide. Alors
il fondra couler par la manche
d’Hippocras cette liqueur dans un
autre .vaiffeau. Et on verfera d'au¬
tre eau fur la refidence , qu’on fera
bouillir comme deffus , jiifques à
acidité , & la couler de même. On
reïterera tant de fois ce travail, juf-
ques à ce que tout le tartre foit diC-
lout , & converty en liqueur acide.
Alors on mettra toutes ces liqueurs
durant vingt quatre heures en lieu
froid i OH bien fi longuement , que
qq cette
yoé Des Végétaux.
eecteeau ait perdu fcn acidité , ^ On a obfsrvé, que hifage dï-
devienne claire , comme eau de fort- ecluy n'étoit point autrement pro-
ïaine. En vcriànt doucement par in- pre aux picrocholes , & à ceux qui
clination l'eau contenue dans la ter- étoient fujjïts aux douleurs de té-
on verra au fonds d’icelle la- te , caufées de la chaleur des hy-
crème, & aux parois des petits cry-
ftaux dudit tartre. Lefquels avec ladi¬
te crème il faudra laver" deux ou trois
fois, les deflêicher , & les pulverifer
fiir un marbre,. & en garder la poudre
au befoin.
Qui voudroit avoir cette crème
plus blanche & plus luilànte , il la
feiudroit faire bouillir de nouveau
dans d’autre eau.
F A C FL T R Z:
Ce médicament eft un -des plus
communs apéritifs , qui foit en la
Médecine , pour libérer les obftru-
étions de tous les vifeeres., & pour
deterger le ventricule & le mefentere^
de leurs humeurs cralFes & tartareu-
fcs ; telles que font celles qui entre¬
tiennent Iss fièvres quotidiennes , &
tierces baftardes ; les pâles cou¬
leurs , caufées tant par le vice du
foye , que de la i-atte. Il faut aupa¬
ravant que d’en ufer, que le corps ait
pochondres-, dilïbut feul dans un
bouillon comme on l’ufe dlordi-
Femlt de Bryme^
ON coupera menu avec un cou¬
teau de bois les racines de.
Bryone , bien nettoyées & lavées
auparavant j puis on les broyera
dans un mortier de marbre ou de
pierre. En apres on les mettra dans
un fachet de toile , pour en tirer le
foc au prelîbir avec forte éxpreC-
lion. Lequel on mettra dans une
terrine vernilTée , & tiendra l’élpace.
d’un jour & d’une nuit dans un cel¬
lier ou autre lieu froid. Et on verra
au fonds une matière épailîîe tres-
blanche , & à la fommité une eaui
trouble x telfemblant à du petit laiâr-
On feparera cette eau ou matière
aqueufe de celle qui efoiépailfe , qui:
été nettoyé de fes plus groffiers ex- reliera au fonds à guife d’amidon.
qu'on appelle Fecnle de'
De foy il ne purge peint, ou bien
peu : mais rnèlé avec des purgatifs,
principak-mentavec Icfonné, il aigui-
& leur vertl^ purgative.
Quelques- uns s'en fervent à lago-
Hon bée virulente j mais mal à pro¬
pos, principalement dans les trois
premiers temps du mal j damant qu'il
rend Icsurines plus acres & ardentes,
S caufo de fà grande quantité de fel
fixa..
Bryone. On la fera foicher à l'om¬
bre, on la pulverifora Re gardera aitr
befoin.
FAerLTEZ^
C’eft un remede interne , & ex¬
terne. On s’en fert interieurémenr
avec louable foccez aux foffocations^
de matrice , à l’afthme & aux obftru-
âiions des parties naturelles , & a*
SeSion premkre.
307
l’hydropifie dans le commencement.
La dôfè eft d’un ■fcmpule à deux
^Lcrapulcs 5 mélangeant cette poudre
Ævec quelque autre 'médicament con¬
venable en forme folide. Par le de¬
hors elle eft propre à detergcr la
crallcj ordures & lentilles du cuir , ôc
à le blanchir ; pour ce elle eft mile
au rang des fards.
Quelques Huyles Chymi-
ques. plus uficez.
Hi^yle d£ Mdjiic.
FACVLTE Z.
Comme l’huyle clair de maftic fc
prend feulement par dedans en la
débilité d’tftomach & des inteftins;
l’autre auffi ne s’ule que par dehors,
ou lèul en forme de liniment , ou le
mêlant avec quelque autre remede
convenable , comme onguent. lia
une vertu finguliere pour les parties
nervculès , à les conforter. Ce qui
le rend propre à la goutte & à la po¬
dagre. La dofe de celuy qui le prend
par dedans , eft de trois gouttes juf.
ques à cinq.
ON pulvcrifèra groffiereraent le
Maftic , & on le mêlera avec
autant de tête morte de Vitriol,
•qu’on nomme Colcothar , mettant'
l“un & l’autre dans une retorte de
verre médiocre , pour diftiller au
fable , à feu du premier degré, trois
heures durant. Apres il firaudra aug¬
menter le feu au fécond degré , juf.
ques à ce que toute la diftillarion fbit
parachevée 5 ce qui Ce fait dans dou¬
ze ou quatorze heures. Alors on mê¬
lera cette liqueur diftillée avec de
nouveau colcothar pour diftiller de¬
rechef dans une retorte de verre. Et
enfin la liqueur diftillée fera redti-
fiée au bain marie à feu du fécond
degré, dont fbrtira une eau fpiritueu-
fe , avec l’huyle clair du maftic. On
feparera cet huyle par le vailîèau fe-
paratoire. Quant à la matière ou huyle
épais qui refteen la retorte , il le faut
auffi tirer & garder feparement.
Huyle de Myrrhe,,
ON mettra dans un matras
étroit d’emboucheurc de la
Myrrhe groffierement pulverife'e ,
verfant par defliis autant d’efprit de
vin reélifié qu’il en fendra pour l’ex-
tràétion. On filtrera par apres le
menftruë , & on le fera evaporer au
hain marie, à eonfiftencede Syrop,
Et on aura au fonds l'extrait ou une
matière oleagineufè odoriférante de
la myrrhe oleagineufè odoriférante
de la Myrrhe.
F A C F L T E Z.
Cet extrait ou huyle , outre qu'il
eft fort propre à tous les vices du
cuir , fi on en frotte chaudement la
partie .affeélée rdl prefeive de pour¬
riture , confolidc les playes récentes,
deterge les ulcérés , & guérit la du¬
reté d’oüye.
qq 1 Huyle
3o8 Des Végétaux.
Buyle d' Ambre.
ENcores que Crollius n'admct-
te 1 ambre jaune en la Médeci¬
ne ». comme engendré d'iin bitume
tres-cf^ uré 3 ains feulement le blanc:
au. defaut & àcaufe de la rareté Sc
cherté: de cettuy-cy Ton pourra em¬
ployer le jaune. On reconnoit en
lun & en 1 autre diverlcs feailtez,
dont la plus évidente eft l’aftringen-
te , laquelle rcfîde en Ion huyie : &
l’autre mom. maniRHei qui eft l’ape-
litive , le retrouve en Ion Ici volatil
& partie Ipiritueufe. Lelquelles lub-
ftau-es le feparent en la maniéré Cli¬
vante.
Prenez de Pàmbre blanc ou jau¬
ne une livre , que concalTerez en pe¬
tits fragments tels qu’ils puiflent
paiTer par le col d’une retorte» qu’il
fraudra adapter au fourneau de re-
verbere. Il en lortira premièrement
l’efprit avec plufieurs nuées blan¬
ches , qui rempliront le récipient»
auquel Ciccedera l'huyle jaune, &
en îûitte un huyie noir & épais , ôc
finalement le Ici volatil autour des
parois du récipient , &ainfi fe para¬
chève cette, diftillation. Ayant laif-
fc rafroidir les vaillcaux » & ctans
delutez , on ôtera du récipient par
une douce inclination l’huyle &
l’clprit , & on les mettra dans une
retorte de verre ,.qu’on polèra Cir les
cendres chaudes. Et au lieu de cet
huyie ôc elprit» qui étoient craflès^
Ôc noirs aupravant, ils en fbrtiront
tous purs Ôc bilans » pourveu qu’om
leur donne un feu modéré- L’opera¬
tion étant finie, on pourra reâifier
$et elprit & huyie » ôc leslèparerpa»
lefeparatoire,pour être gardez fepa-
rement
F ACJTLTE Z.
On a reconnu de telles vertus en
cet huyie , qu’il a été appelié par
excellence huyie bénit. Il eft mer-
veilleulèment elEeace aux grandes
maladies du cerveau comme au
vertigo , fi on en frotte la nuche du
col i à l’epilepfie ciTendelle , c’eft à
dire , qui a Ion fiege au cerveau» tant
pur la prefervation du paroxyfme»
que pour la cure» dans eau de peo-
ne , à la paralyfie , tant en Uniment à
la région de: l’épine du dos , que pris
intérieurement dans quelque de-
cotftion ludorifique , en continuant
l’ulage pendant quelques Icmai-
ncs , ayant la vertu d’operer par les
beurs & urines ; aux Ciffocations.
de matrice , fi on dilibut quelques
gouttes dans eau d’armoilc ou autre
convenable ; à: la lùppréffion d’uri¬
ne » provenant principalement d’hu¬
meurs crafles & mucilagineulès
dans eau de gramen ou autre fem-
blable.. On luy attribue auffi une
vertu cardiaque , pur prelcrver &
guérir la pefte le mêlant avec quel¬
que liqueur cordiale, ou vin blanc»
une ou deux gouttes pur la pré¬
caution , & trois ou quatre pour la.
cure.
L’ejprie
SeBion première.
109
Ue^rit , huyle a/inaigre de
Terehinthine,
ON mettra quatre livres de Te-
rebinthine de Vcnifè bien la¬
vée dans une grande cornue de ver¬
re , & on diftillera au fable , gar¬
dant les degrez du feu. Il fbrtira
premièrement le phlegme , lequel
étant diftillé » ce qui fe fera dans
cinq ou fïx heures environ , à feu
du premier degré , il diftillera un
huyle blanc : alors on donnera le fé¬
cond degré de feu. Et alors qu en
diftillant , les gouttes tireront fiir le
jaune , on augmentera le feu j niques
à la fin de la diftillation,,c’cft à di¬
re , jufques à ce qu’il diftille un
huyle épais reftneux : & il reftera
au fonds de la cornue la colophonc.^
Alors on ôtera le récipient , & on
reétifiera au bain-marie à feu du fé¬
cond degré la liqueur diftillée : il en
fôrtira le phlegme mêlé j avec l’efpric
de l’huyle. Que s’il ne diftille fins
aucune liqueur fpiritueufé , ce fera
un indice que la diftillation eft pa¬
rachevée. C’eft pourquoy on ôtera
le récipient ^ & on feparera l’huyle
blanc qui nage fur l’eau fpiritueufci
au vaiilcau feparatoire , pour le
garder. Finalement on ôtera la cu-
eurbitc , & on aura au fonds un huy»
le noirâtre tirant fer le rouge , qu’il
feudra tirer & garder à part , & en-
fémblement le vinaigre , lequel ne
fe peut feparer que ,quelqiie tems
après. Car laifïànt quelques jours
cette refîdence fans l’agiter, le vinai¬
gre s’élèvera de foy-meme , qu’on
féparera par une douce inclination,
pour le garder.
CTL TE Z.
On fé fert feulement par le de¬
dans de l’hnyle blanc reéfcifié de te-
rcbinthinCjlaqueUc a la vertu de chaf.
fer le gravier ôc la pierre des reins :
il femble pourtant être plus propre
à la dyfiirie & difficulté d’urine
causée de quelque humeur craflé &
glutineufé. On ne s’en fert que trop
aux gonorrhées ; mais le plus fou-
vent mal à propos & indifférem¬
ment dans tous les tems. Ce qui
ne peut être fans danger jufques à
la déclination : d’autant qu’il peut
augmenter l’ardeur des parties affe-
étées , par fa chaleur & tenuité de
parties. Ce qui le rend auffi fùfpeâ:
en la phthifé,. où Béguin le confeille
mal à propos. On le donne depuis
huit gouttes jufques à douze dans
quelque eau convenable.
L’huyle rouge eft fort propre aux
indifpofitions froides des nerfs &
parties nerveufes , comme à la para-
lyfîe& à la goutte. Et mélangé avec
les onguents & emplâtres propres.
Quant au vinaigre , il peut fervir à
diflbudre les coraux , & les perles,
tout ainfi que le vinaigre diftülc.
qq J DES
DES
A N I M A V X.
SECTION SECONDE.
Du Miel.
JCem ^ tejj?ne de Miel.
SL fauwnélcr deux livres
de bon Miel roux , de
bonne odeur & de goût
plailànt, avec demie livre
de fin fablon lavé. Et mettre ce mé¬
lange dans une grande cucurbite de
verre , & diftiller au ftble à feu du fé¬
cond degréjil fortira l’eau ou le phleg-
me du miel. Lors qu’on appercevra
des gouttes jaunâtresjon otera le ré¬
cipient, y en mettant un autre, & aug¬
mentant le feu premièrement d’un de¬
gré, continuant fucceffivement juf-
ques au troiziéme : & on verra fortir
l’efprit rouge du Miel. Les gouttes
venans à cefler , ce fera un figne que
la diftillacion fera parachevée. Partant
on ôtera le recipent , & on gardera
au befoin cecte liqueur vermeille, qui
s’appelle ejprit de Miel.
FACULTE Z.
L'elprit de Miel eft peu , ou
int employé intérieurement en
Medecine , étant d’une clfencc
trop atténuative & prompte à s’en-
flâracr J Paracelfè même le tenant
veneneux , lors que la lublimation
en eft reïterée. On ne s’en fêrt
gueres , que pour teindre les che¬
veux en couleur d’or , & pour les
faire croître & attirer le poil Sc¬
ia barbe. Que Ci on en veut tein¬
dre lès cheveux , il les- faut oin¬
dre fouvent de cét elprit , les laiflant
lèicher d’eux-mêmes. Si c’eft pour
faire venir & croître la barbe , il
faut premièrement bien rafer la par¬
tie , & puis la firotter par fois de
cét elprit.
Hnyle de Cire.
ON fera fondre une livre de Ci¬
re jaune bien nette 5c purifiée,
& de bonne odeur dans quelque
pot
SeBton
pot oit vailFeaii de terre fur le feu.
La diflblution étant faite , on y mé¬
langera une demie livre de fiblon
bien net & lavé j dont le mélange
û fera avec une cuilliere de bois,
pour le réduire comme en pâte. De
sette maffé on formera de petites
baies , qu’on mettra dans une retor-
te de verre , pour diftiller au làble à
fcu du fécond degré. L’huyle diftil^
lera à guife de beurre coagulé. Le¬
quel huyle ainfi coagulé, s’il eft deux
ou trois fois rcélifié dans la retorte,
une portion d’iceluy fè tournera en
une liqueur de couleur d’or.
C r L T E Z.
L’hnyle épais de coagulé de Ci*-
re, eft feulement ulîcéc extérieure¬
ment. Mais ccluy qui eft clair, l’eft
quelquesfois intérieurement. Il at¬
ténué , pénétré & refôut efEcacc-
ment il guérit les contufions en
peu de tems , confolide les filfures
des mammelles j & en difeute les-
tumeurs , qui proviennent dû laiét
cailléi il convient auflî aux affe-
•élions des parties nerveufés , com¬
me à la goutte , & à la retraétion de
nerfs , en faifànt premièrement quel¬
ques friétions en la partie avec un-
linge chaud ; & pais l’oignant du¬
dit huyle. Pris intérieurement il le-
nit & deterge. Pour ce il convientaux
vlcercs internes.
La TèinUure de Miel.
ON prendra du Miel épurédeux
onces , qu’on mêlera avec du
fablon , & on le mettra dans un
matras medioae & étroit d'em-
fécondé. j r r
boucheure , y verfànt dclïùs de Pef-
prit de vin reftifié , & le laifîànt en
digeftion , jufques à ce que la li¬
queur foit bien colorée. Puis il fau¬
dra fèparer par inclination cette li¬
queur , la filtrer, & la laiffer éva¬
porer , à ce qu’il en refte le tiers,
& on aura au fond la teinéture ver¬
meille du Miel.
FACFL TE Z
Il y en a qui fe fervent de cette
teinéture en la phthifé ou ulcéré du
poulmon; Ce qui ne fê doit , fi le
corps efl bilieux , fi les humeurs font
firbtiles & fereufes , & s’il y a fiè¬
vre. Mais hors- ces inconveniens , il
eft convenable aux affeélions du
poulmon ; mais principalement aux
temperamens froids, & fur tout aux
vieillards. La dofe eft de deux drag»
mes à demie once , en quelque li¬
queur propre, comme eft la decoétion
du tuffilage.
Magifleres,.
Ma^jîere du Crâne humam.
IL faut prendre du Crâne d’un
homme , qui ait été deflciché aux
cuifans rayons du Soleil , & le li¬
mer en parties tres-fùbtiles. De la¬
quelle limeure on prendra une on¬
ce, qu’on mettra dans une phîolc,
verfànt par dellus du vinaigre di-
ftillé , fortifié avec l’efpiit de nitre.
Le vaifTeau étant bien bouché avec
du papier j on le mettra par l’cfpace
d’une heure ou deux en digeftion à.
chaleur-
5 1 1 Des Animaux
ehaleur lente. On verfèra en après
la liqueur par inclination » en re¬
mettant fur la refîdenee d autre vi¬
naigre fortifié 0 & la digérant de
même que deffiis. Ce qu on réité¬
rera tant de fois , que la fiibftance
du Crâne Ibit prefque toute dillbu-
te. Alors il faudra filtrer toutes
ces fôlutions , & les mettre dans un
grand vaiflèau preciptatoire , pour
y faire la précipitation comme il
s enfiiit, On verfera goutte à goutte
dans ees fôlutions de f huyle de tar¬
tre fait par défaillance : & on ver¬
ra incontinent, la précipitation de la
matière au bas de la liqueur. Cet¬
te précipitation étant faite , il faut
bien remuer cette matière contenue
au verre » & filtrer la liqueur par
le papier gris. Et il y réitéra une
poudre tres-blanche & fubtile, qu’on
cdulcorera avec eau de fontaincjpour
la delfeicher & garder au befôin.
F A CVL TE Z.
Cette poudre eft propre aux affe¬
ctions & maladies du cerveau , &
principalement à l’epilepfie. On la
dilfout dans quelque Jiqueur fpecifi-
qiie, comme eft l’eau des fleurs de
tillet » ou la decoCtion des racines
, SeBion fécondé,
de péone mâle , de polypode , & gay
de chefne avant le paroxyfine , juf
mes à un fcrupule. Si on s’en veut
fervir à précaution , fuffira d’un de-
my fcrupule le marin, en continuant
l’ufàge durant quelques jours,
i!Magifiere de U Corne de
Cerf,
L fè préparé de même que celuy
du Crâne humain. Il faut fçavoir
qu’il y a un certain tems qu’on
tient qu’elle a plus d’efiheace , qui
eft depuis l’Aliomprion jufqu’à la
Nativité de Nôtre Dame. C’eft pour-
quoy il fàudroit donc pour lors la
prendre fur l’animal.
FA CVL TE Z.
Ce Magiftere eft entiôrement dia-
phoretique & cordial. Pour ce il
convient aux venins , à la rougeole
& vérole des enfens , aux fièvres
malignes , en évacuant la matière
par le’s fùeurs , aux palpitations de
cœur & aux fÿncopes. La dofè eft
d’un demy fcrupule à une demie,
dragme , dans eau de chardon bé¬
nit J ulmaria , autrement reine des_
prez » ou autte femblable.
DES
5’3 ^
DES
M I N E R A V X.
SECTION III.
Dépuration du Sel.
N prendra une livre de
lêl marin, > qu'il faudra
mettre dans un grand
vaifîèau precipitatoire ,
deffiis deux livres d'eau
de fontaine, le làiffànt diiroudrc à cha¬
leur lente durant quelques heures. La
digeftion faite , il faut filtrer la li-
H queur , & la laifTer evaporer j niques
à ficcité dans une bafiîne ou dans
un vaillèau de verre. On verta au
fonds un lèl blanc comme neige,
qu'on gardera au belôin.
Decrepitation du Sel.
IL faut mettre dans un creufetune
livre de lèl marin , lequel on met¬
tra liir les charbons ardents ; le creu-
lèt étant bien couvert & bouché de
Ibn couvercle. Alors on verra un
grand combat & pétillement. Il le
fout iaiirer fi longuement fur le feu,
julques à ce qu'on n'oye plus aucun
verfant
bruit , qui fera un ligne que la decre-
pitation fera faite. Alors il fout re¬
tirer le creulèt, & garder ce lèl pour
fes ufages.
Hefprit de Sel.
PRcncz une livre & demie de Sel
dépuré ou decrepité , comme dit
eft : que mêlerez bien avec trois li¬
vres de briques pulvérisées , & met¬
trez le tout dans une cornue bien lu-
tée , avec un grand récipient, dans le¬
quel on aura mis une livre d'eau de
fontaine. Ayant bien bouché tou¬
tes les joinftures & filfures , il faut
diftiller à feu ouvert. Premièrement
durant cinq ou fix heures à feu du
premier degré. Et après durant trois
ou quatre heures , à feu du fécond
degré. Et en lùite par quatre ou
cinq heures , du treizième. Et le te¬
nir fi longuement lut le feu , juf-
ques à ce que le récipient paroilïc
remply d'elprits 3c de nuages. Et
alors il faut donner le feu au qua¬
trième bi dernier degré , en conti-
r r nuant
5 1 4 I^es Minéraux^
nuant la diftillation à feu tres-vehe-
ment, jufques à ce que le récipient
devienne clair , & vuide de nuages.
Alors il faut refrigerer les vaiflêaiix,
& ôter doucement le récipient: ôc
on verra l'efprit de (èl , mêlé avec
fon phlegme. Il faudra en après
'feparer par la cucurbice au bain-ma¬
rie , ce phlegme d’ayec l’huyle 3 à
feu du fécond degré. Et il reliera
au fonds f huyle de fel > d’une cou¬
leur dorée. Si on pouffe céc huy-
le à fai du quacriémé degré > il en
fortira une liqueur claire , & tranf-
parante > laiffant au fonds fon corps
doré & quelque peu falé. Cételpric
étant rectifié 3 il fera beaucoup plus
lùbtil) que l’huyle commun de fel.
C’eft pourquoy il cft de parties , fi
fùbtiles 3 que u on ne le gardoit en
un verre bien fort 3 il le confuraeroit
& romptoit aisément.
FACFLTE Z.
Cét elprit mêlé avec l’huyle de
terebinthine & l’huylc de cire > eft
propre à appaifer les douleurs de
la podagre & des articles , en oi¬
gnant de ce liniment les parties af-
feélécs. Ce qui fe doit entendre3
lors que la caufe eft froide 3 ou pour
le moins à la) déclination du mal.
On s’en lèrt auffi intérieurement
pour conforter toutes les parties in¬
ternes 3 le dilibluant dans quelque
eau convenable aux parties & aux
maladies , aufquelles on s’en veut
lèrvir 3 la caufè étant aulîipliuôtftoi-
dc qu’autre.
Dépuration du Nitre.
ON diffoudra une demie livre
de Nitre dans une livre d’eau
de fontaine à chaleur lente. La dit
folution étant faite 3 on filtrera la
liqueur 3 Sc on la fera evaporer
jufqnes à la conlbmption des deux
tiers 3 & on mettra la refidence dans
un verre precipitatoire , qu’on tien¬
dra une heure ou deux en un lieu
froid 3 ou dans une cave. Et on
veua comme de beaux petits ro¬
chers 3 en forme de cryftaux. On fe-
parcra par inclination “ la liqueur
qui fumage , & on la fera enco-
res evaporer , julques à ce qu’il en
refte feulement le tiers j & la te¬
nant aufli en lieu froid > il fe for¬
mera des cryftaux 3 qu’on tirera du
verre 3 on les feichera3 & gardera
au befoin.
pierre de prunelle , ou Chryjîal
minerai.
P Renez du Nitre depiué une de¬
mie livre 3 qu’il faut mettre dans
un creulèt de terre non poreufè3
& le plus fort qu’il fe pourra,
comme font les < creufèts d’Alema-
gne. Il le feiit laiifer fondre à cha¬
leur lente. La folution étant faite,
on jettera dans le creulct fix dra^-
mes de très- bon foulphre pulvérisé,
&.on le tiendra encores furie foi
durant un quart d'heure. Après on
le tirera du creufet , comme en for¬
me de rotules.
Fj^cri
SeMion troiz^iéme.
FACFLTE Z.
C'eft un des plus iifitez remedes
que la Chymic fournilïe, dont on
fe fert même aux inflammations &
maladies chaudes internes , comme
aux fievres chaudes Sc malignes,
aux fluxions chaudes fur la gorge,
diflout dans quelque liqueur con¬
venable J qui peut être la ptilàne
commune dans les fievres. Il provo¬
que auflî les urines , & eft fort ufité
aux gonorrhées virulentes , dilibut
dans heau de cichoréc au commence¬
ment > & à la declinailôn dans l'eau
de plantain. La dolè de la liqueur
pour toutes ces fortes de maladies,
peut être celle d'un julep ordinaire,
ce’ll: à dire, de quatre ou cinq onces,
& du Cryftal depuis un icrupule
jufques à une dragrae. On le peut
aufli étant pulvérisé , incorporer avec
quelque Conferve propre.
Dépuration oa rajjînement du
Vitriol.
Le Vitriol fe dépuré de même
façon que le Nitre , fçavoir par
folution , filtration & évaporation ;
& on aura des cryftaux , non à la
vérité blancs , mais verdâtres.
Vitriol (Vomitif.
P Renez deux onces de Vitriol
blanc , que diflbüdrcz dans une
livre d'eau de fontaine. La diflblu-
tion étant faite , on filtrera & laiffe-
ra evaporer la liqueur. On diflbu-
dra de nouveau cette matière coagu¬
lée dans de l'eau de cichorée, qu'on
315
filtrera & évaporera' comme dellûs.
Et on aura au fonds une matière
blanche , qu'on appelle Fitriol vo¬
mitif.
F A C FL TE Z.
Dautant que la neceflîté oblige
bien fouvent d'ufer de remedes vo¬
mitifs ( moins ufitez pour le prefène
que du tems d'Hippocrate ) lors que
les humeurs, principalement bilieu-
fès , y ont de l'inclination : on pour¬
ra fe fèrvir plus fèurement de ce re¬
mède dans les fievres , que des vo¬
mitifs d'antimoine, qui font plutôt
deftinez aux maladies longues & re¬
belles. On luy attribue la vertu de
purger & attirer principalement de
la tête. La dofè cft de huit grains
jufques à quatorze dans quelque eau
convenable, comme l'eau de fleurs
de geneft.
Calcination dit VitrioL
ON mettra du Vitriol Romain
dans un pot de . terre plombé,
qui fôit bien fort, après on le met¬
tra fîir les charbons ardents , pour le
diflbudre , & cuire ; en le remuant
pour cét effet avec une cuillère de
bois. On le laillèra fi long-tcms fur¬
ie feu, qu'on n'apperçoive plus au¬
cune humidité ; ains que la matière
étant bien dcflèichée , paroiflè blan¬
che. Le pot tiré hors du feu & re-
froidy , il le faudra rompre , & en
ôter le Vitriol , le pulverifer & le
garder.
r c 1 Le
} 1 6 Des Minéraux^
Le phlegme , effrit hnyle
de
Renez de vitriol ainfi calciné,
ilx livres , que mettrez dans une
cornue de 'terre bien lutée tout à
l’entour. On enfermera cette cor¬
nue dans un fourneau à feu ouvert,
avec le récipient bien ajufté & luté
au col de la cornue , & les joindu-
res bien étoupées. Il faut commen¬
cer la diftillation à feu du premier
degré durant quinze ou dix -huit
heures , jufques à ce qu’il appa-
roilîê de petits nuages dans le réci¬
pient. Alors il faut augmenter le
feu au fécond degré l’efpacc de fîx
heures. Et puis donner le feu du
treizième, douze heures durant. Fi¬
nalement le quatrième & dernier de¬
gré , jufques à ce que l’on n'ap-
perçoive plus aucuns nuages ou ef-
prits dans le récipient. Toute cet¬
te diftillation fè fait pendant fc-
ptante-deux heures j c’eft à dire,
l’efpace d’environ trois jours. Alors
il faut faire refroidir la cornue , &.
ôter le récipient , & mettre la li¬
queur diftillée dans une cucurbite.
de verre , & en faire nouvelle di¬
ftillation à. feu du fécond degré', &
bain-marie. Laquelle pn continue¬
ra Cl longuement, que tout le phleg¬
me foit diftillé :■ ce qu’on recon-
noîtra , alors que les gouttes qui-
diftillent, commenceront dette aci¬
des,. Alors on ôtera la cucurbite,,
& on mettra à part dans un vaif-
feau de terre le phlegme diftillci,
pour, s’en férvir au befôin. Et on
mettra la , cucurbite avec la rçft.
dence dans' le fable, & on le reéli-
fiera Sc feparera l’efprit de l’huyle
cauftique de vitriol qui reftoit au
fonds de la cucurbite , à feu du fé¬
cond degré. L’indice que tout l’ef¬
prit fera diftillé , fera quand il ne
diftillera rien , ou peu. Alors il fai-
dra ôter le récipient , & on en ti¬
rera l’efptit de vitriol tranlparent
comme cryftal pour le garder. La.
CLicurbite étant refroidie , il la fau¬
dra ôter , & on aura au fonds une
liqueur fort noire , aes-acide ,, pi¬
quante & cauftique j qu’on en tire¬
ra auflî , pour le garder en un vafe.
de verre très- fort.
Sei de Vitriol.
Toutes ces diftillations du phleg¬
me , de l’efprit , & de l’huyle de
Vitriol étant faites , il faudra ôter
la cornuë & en tirer la tête mor¬
te qu’on appelle, qui fera de couleur
rouge-noire , dont on extraira le fèl
avec de l’eau chaude , ainfi qu’il â-
été enfeigné és autres fels. '
Fr^eukez., du phlegme.
Le phlegme , qui cft la liqueur,
fort la première , eft convenable aux-
ulceres, & inflammations. On s’en
fért auffi en gargarifme és ulcérés de.
la bouche.
Facultez. de l’E^d--
. Il n’y a maintenant rien de fi fre¬
quent dans la Medecine que lefprit
de Vitriol , qui s’eft rendu recom¬
mandable, non feulement pour fbn^
agréable
Seâwn troifiémel 3 1
agréable acidité ; mais beaucoup
plus pour fcs rares vertus dans les
nevrcs ardentes & malignes : des¬
quelles il tempçre l’ardeur & la
pourriture des humeurs , dont elles
Son caufées , étant dillbut dans quel¬
que liqueur convenable , à laquelle
il Sert de véhiculé pour l’aider à pé¬
nétrer dans les veines. Il cft aulïî
diurétique , & tue les vers. La
dolè cft de trois gouttes jufques
à fix.
Il faut pourtant en ufer modéré¬
ment aux corps fecs & bilieux ,, &
jamais enlèmblcmcnt avec rcfprit
de nitre ; defquels , quoy qu’on s’en
ferve lèparement , non ièulement
fans dangers & nuifanec > ains avec-
beaucoup d’alegement en plufîeurs
occafions j neantmoins qui ne fçait
que l’eau forte fe fait de leur mé¬
lange.
Facultez^ de thuyle.
Cet huyle cauftique eft feule¬
ment employé extérieurement. Car
on en fait des cautères potentiels.
On le mêle auffi avec le^ emplâtres
és ulcères putrides & cancers ul¬
cérez.
F(^cdtez^du fil.
Ce fel a une faculté vomitive,
qu’il exerce avec beaucoup de per¬
turbation fiir l’orifice du ventiiculej
dont il évacué les humeurs vitieii-
fes , qui y font contenues dans fà.
capacité purgeant dellùs Sc dellous/.
à guifè du Vitriol vomitif.
Fleurs de foulphre.
ON mettra une livre de foulphre’
pulverifé dans unecucurbite de
terre verniflee , qui ait un permis au
milieu , avec un alembic aveugle:
par lequel la fùblimation. en étant
faire , l’on puilfe mettre de nouveau
foulphre pulverifc , cuillicrée à cüil-
lierée. Puis il faudra boucher ce-
trou avec fbn couvercle , jufques à
ce que tout fbit fiibliiné ; réitérant
& continuant ainfi, jufques à tant
qu’on aye fùfEfànte quantité de
fleurs de fpulphre. Gr pour faire la-
fùblimation , il faut enduire le bas-
de la CLicurbite d’un lut bien fort , &
la mettre au fourneau^ de fublima-
tion , luy donnant le feu mediocre.-
, Cette fùblimation fe fait par l’efpace
de quinze ou dix- huit heures : la¬
quelle étant faite , on verra aux pa¬
rois -de l’alembic les fleurs fiibtiles.
du foulphre. Lefquelles on detergera-
avec une patte de lievre , pour le»
garder au befbin.-
FAC FL TE Z.
Ces fleurs font convenables aux;
indifpofitions du poulmon , com¬
me à la toux invétérée , &
l’afthme j C'eft bien leur plus fre--
quent & plus fèur ufàge , qui n’eft
pas à propos dans la phthift , ainfli
que l’a bien remarqué Je commen¬
tateur de Béguin. On s’en peut aufli!
fèrvir , à provoquer les fiieuirs mê¬
me au mal; vent-rien, &. en grande’
piitrefaétion d’humeuis ,. & en la
gale. On les peut prendre avec la-
poulpe d’une pomme cuitte, dansun-
rr J; cBuf
Del Minéraux ,
,18
un œuf mollet j ou tes mélanger avec
des conferves ou fucc're en tablet¬
tes. La dote eft d'un demy fcrupulcj
jufqiies à demie dragme. L’uiàge
n'en eft pas trop affeuré aux femmes
groflès , crainte qu’elles ne leur pro¬
voquent les mois.
Halle de Soulj/hre.
On fufpendra une grande & fpa-
cieufe campane de verre lous la che¬
minée, avec un fil de fer. Sous laquel¬
le on mettra une terrine bien vernif-
féc , ayant un permis au milieu } Sc
dans icelle terrine , un creufet rem-
ply de foulphrc. On pofera cet¬
te terrine fur un trepied, afin que
p^r le moyen des charbons allumez
deffous , le Ibulphre qui eft dans le
creufet , fe fonde. Etant fondu , il y
faudra mettre le feu avec un fer ar¬
dent : & étant allumé , il faut incon¬
tinent ftilpendre la campane , & la
laillèr fi longuement , que tout le
fbulphre fbit brûlé & confumé.
Alors il faudra ôter la campane, la
renverlèr, & la tenir durant cinq ou
fix heures en quelque lieu frais. Et
on aura au fonds du vaiflèau une li¬
queur acide & fort agréable, que
Ion pourrait mieux appcller , elprit,
qu’huyle de Ibulphre, daiitant qu’il
ie fait des purs clprits du foul-
phre.
F A CVLT E Z.
On s'en fert âux mêmes indif-
pofitions de la poitrine & du poul-
mon , où il eft befoin d’exficcation,
ne de fleurs de foulphre : & aux
evres, dans quelque liqueur con¬
venable , pour provoquer les futurs.
On l’ordonne aufli aux hydropi¬
ques , & à ceux qui ont la pierre.
La dolè eft de trois gouttes jufques
à fix.
De l'Amimoine.
ENcores que l’Antimoine lè trans¬
forme és métaux , & qu'il .ayc
( comme difentles Chymiftes) un
I mercure métallique : dautant qu’il
luy manque les deux autres fubftan-
ces qui conftituent les métaux, fça-
voir eft le fel & le tbulphre métalli¬
ques , parlâittement digerez avec
ledit mercure , & que pour ces con-
fiderations de participer de la na¬
ture du minerai & du metail , il eft
appellé hermaphrodite : nous le ré¬
duirons neantmoins à la categorie
des minéraux. Et traitterons de cet¬
te idole des Chymiftes , non en tant
qu’il eft un des principaux fujets
de la tranfmutation métallique,
aprez laquelle la cupidité fe tour¬
mente fi paflîonnément : ains pour-
ce qu’il fournit quantité de medica-
mens , qu’on entend retentir à tout
bout de champ. Et fi on s’en rap¬
porte aux Chymiftes , ils exaltent
tellement l’Antimoine , qu’ils luy
donnent des vertus comme incroya¬
bles & balfamiques , avec cet avan¬
tage de purifier le corps de toute m-
feétion , & que s’il ne trouve rien
de contraire fur quoy agir , il ne
touche , ny n’attaque la fubftance
du corps. Qui eft un des pernicieux
paradoxes de Paracelfe, qui dit que
les purgatifs opèrent d’une Iciencc
Se B ion troifiéme.
infufè J & fi iuftement » qu'ils n’acti-
renc ny plus , ny raoins qu'ils ne doi¬
vent. Bref ils attribuent à l'Anti¬
moine pour triomphes ordinaires,
la cure certaine de la lepre , de la
goutte & de la verole. Au moins
on ne fçauroit douter , qu’étant bien
préparé ’& ordonné , on n'en tire
de grandes & remarquables utili-
tcz. Mais il eft beloin d'une gran-
diffime dextérité pour l’employ. Car
on peut dire, par proportion , des
remedes violens ( tels que font ceux
qu'on tire des minéraux & métaux)
ce qu’on dit des machines de guerre
les plus terribles , que c’eft plus par
le conlcil , que par leur effort qu’ils
produifont leurs plus grands effets.
Que les uns & les autres font de
fàifon , lors que les remedes & ex-
pediens doux & modérez ne reüffifi-
fent pas. Et que leur jufte & légiti¬
mé cmploy defireroit bien une con¬
duite plus fçavante & judicieufe,
que n’eft d’ordinaire celle de ceux
ou qui les fabriquent, ou qui les
manient & employent , & plus fou-
vent à tort & à travers. J que bien à
propos.
Foye d* Antimoine , communé¬
ment appelle
Crocus metallorum.
Rcnez du nitrc & de l’Antimoi¬
ne, -de chacun deux onces j que
pulveri ferez , mêlerez & verforez
cuillerée à cueillerée dans un mor¬
tier de fonte fur les charBons ar¬
dents. Apres la première cueillerée.
il faudra embrafer cette matière avec
un charbon allumé ; laquelle pre¬
nant auffi-tôt , il la faudra remuer
avec une verge de fer. La flamme
étant comme appaiféc , on verfera
une autre cueillerée de matière dans
le mortier, qui s’enflammera d’elle-
même , & on l’agitera comme l’au¬
tre , fi longuement qu’elle s’embrafo
tout à fait , & fe convertiflè en une
poudre rougeâtre , qu’on appelle
pour cette couleur Safran. Alors il
■ faudra retirer le mortier du feu , &c
piilverifèr la matière & l’cdulcorer
deux ou trois fois avec eau tiede , en
la filtrant par le papier gris ^ puis oi»
fera feicher la poudre.
F A C V LT E Z.
Les Chymiftes préfèrent l’ufàge
du fàffran des métaux aux vomitifs-
communs de femence de refort , ou
de racine d’afarum & s’en fervent
fort fréquemment en toutes les oc-
cafions , où le vomiflèment eft con¬
venable. Mais il faut que ce foie
principalement aux flevres longues
& rebelles , comme aux fievres tier¬
ces baftardes ’, & aux quotidien¬
nes. La dofo eft de huit à quinze
grains, félon la force, &complexion
des malades , infufez dans du vin
blanc , ou autre liqueur convenable,
dont il faut feulement prendre l’in-
fufion.
C’eft un piiifTant argument de
l’utilité de ce médicament, puis que
le Difpenfàire de Paris imprime
l’an 1638. en a compofé fon vin
emetique , duquel au befoin on fait
des coups de maître..C’cftpourquoy
en le doit toûpurs tenir auffi prefc
q,ue
Des Aiinerauxy
3 lO
que Rullandus tendit fon eau fi re¬
nommée, qu’il appelloit benifte,
qui croit ( ce tient-on ) compolee de
cette bafe , avec le fiic de limons.
Mais d’autres ( plus vray lèmblablc-
ment ) la font bien plus compofée,
comme s’enfuit.
Eau henîte de Rullandm.
P Renez du nitre , fel commun , Sc
antimoine , de chacun deux on¬
ces ; que pulverilèrez & mettrez
dans un crenfet bien fort & bien
luté ; avec fbn couvercle , troiié
par le milieu , auffi luté j faifànt fon¬
dre la matière .contenue audit çreii-
fet à feu ouvert, jufques à ce qu’il
ne forte plus aucune fumée par le
trou du couvercle. Alors on conti¬
nuera le feu fort violent durant de¬
mie heure. Le creufèt étant tiré du
feu , & refroidy , on le brifera, ôC0a
aura au fonds une matière femblable
au régulé. Laquelle on nettpyera
de fes feces & ordures j 8c puis on
la pilera fubtilement au mortier , ôc
on aura une poudre fort rouge. Dont
on mettra une once dans une gran¬
de phiole, verfant délliis quatre li¬
vres de bon vin blanc , & une once-
d’eau de ferpolet. Le vaifleau étant
bien bouché , on le mettra en dige-
ftion à chaleur lente , jufques à ce
que la liqueur en aye parfaitement
imbibé la teinmre. Cequ’étant , on
fêparera cette liqueur par inclina¬
tion , oi) la filtrera , & gardera au
befbin.
FACFLTE Z.
Cette teinture eft un peu plus
benigne , que le médicament prece¬
dent , purgeant doucement par haut
& bas J & quelquefois feulement par
les felles. On en donne mtme aux
enfans depuis undemy fcrupule juf¬
ques à quinze grains. Et on en étend
aulïî l’iifage à plus de maladies, com¬
me à l’epilepfie , aux indifpoficions
d’eftomach , aux douleurs de tête par
fympathie, La dofe eft d’une drach¬
me à deux.
llhuyle d Antimoine.
ON prendra une livre d’Anti-
moine , & deux onces de fel
gemme, qu’on mêlera, pulyerifera
& mettra dans une cornue de terre
bien lucée , avec un récipient qui foit
ample , les jointures bien bouchées,
on diftillera à feu ouvert. On verra
premièrement fortirle phlegrae, aprez
un huilorougeaftre. Cette diftilla-
tion parachevée ( cequifè fait dans
moins de vingt- quatre heures ) on
ôtera le récipient, & verfèra cette
liqueur dans une cucurbitc , & on
extraira au bain marie le phlegmc
de l’huyle , qui viendra le premier,
clair comme eau , & en fuite une li¬
queur rougeaftre, qui eft l’huyle. On
gardera à part le phlegme , pour fer-
vir à une autre diftillation , d’huyle
aufli à part.
F A CVL TE Z.
Cet huylc n’eft ufité qu’extetieu-
rement aux playes & ulcérés putri¬
des
Se^ton trotjtéme. 311
des , qn’il prcfei've non feulement de
pourriture, & les mondifie, mais les Fleurs blanches ^ rouges
dAmimoim.
Jniiwoim dia^horetique.
Renez de l’Antimoine crud pul-
verilc , & du nitre , de chacun
deux onces , qu’il faudra mêler , &
mettre dans un crcufet > avec fon
couvercle percé au milieu , les join¬
tures bien lutées. £t mettre puis apres
le creufet bien de/Tdché fur les char¬
bons ardents. Où on verra ( tout de
même qu’au fàf&an des métaux ) un
grand combat. Au bout de trois heu¬
res , il iàudra tirer le creufet hors du
feu , & réduire en poudre la matière
contenue au crcufet , & la mêler de
nouveau avec autant de nitre : de
étant accommodé comme deilits , il
fera recuit fiir le feu , où il demeure¬
ra durant dix huit ou vingt heures,
ou fi long-temps que la matière con¬
tenue au crcufet , devienne fort blan¬
che. Ce qu’étant, il la faudra tirer,pul-
verifer, dulcifier, fcicher & garder.
lACVLTE Z.
On fait état de ce remede en beau¬
coup de maladies , comme à la véro¬
le, à la pefte , à la podagre , aux fiè¬
vres , obftructions , & douleurs de la
ratte , & opéré fans violence & lefion
des forces , par les fueurs , & par les
urines ; & rarement par les urines
feules. Du K^nouau chap.S . liv.i,
de la mat. medîc, extolle ces fleurs
comme un très -excellent fudorific.
La dofe eit de quinze à vint grains.
ON prendra un pot de terre,
ayant un trou au milieu , c’eft
à dire en devant j fur lequel on met¬
tra un autre pot , auflî troué par le
haut, & encore un autre par defliis,
qui couvrira les deux autres , & le
trou du pot du milieu. Les joinmres
& fiflùres étans bien lutées , on les
mettra fur les charbons ardents, qu’on
arrangera tout à l’entour jufques à
la moitié du pot d’embas -, dans le¬
quel on mettra parce permis , cuille¬
rée à cuillerée une livre d’ Antimoi¬
ne pulverifé. Ce qui ne fè doit fai¬
re tout à coup , ains par degrez , y
en mettant feulement d’heure à au¬
tre une cueillèrée , tant que ladite
hvre durera. Et aprez chaque cuil¬
lerée , il faut incontinent étouper le
trou i lailîànt lefdits pots fur le feu
durant vint quatre heures. Puis les
laiflTer refroidir , & les deluter & fc-
parer. On verra à la fommité du pot
d’en haut des fleurs blanches , &
dans celuy du milieu des fleurs jau¬
nâtres ; lefquelles on detergera fub-
tilemcnt avec une plume , ou un pied
de lievre.
F A CrL TE Z.
Ces fleurs ont les mêmes vertus
que les Croeui metallerum , ou foye
d’Antimoine : mais elles opèrent
avec plus de violence , principale¬
ment les jaunes, qu’on donne plus
librement aux pauvres & robuftes;
comme les blanches aux riches &
plus délicats. On ne s’en doit fer-
ff vir
5 IL Des Minéraux,
vir qu’aux maladies longues & re¬
belles, & qui n’ont cédé à aucuns
rnedicamens ; telles que pourroient
être beaucoup de celles, ou le vul¬
gaire eftime qu’il y a de l’enchante¬
ment & forcellerie. Et de fait, un
des plus anciens & fameux Chymi-
ftes de ce temps , fe vante d’avoir
guery de ce remede deux malades de
cette forte. Le même du R,enou n’en
defaprouve pas auffi autrement l'ufa-
gc , ordonné comme il faut. La dofè
eft de quatre grains jufques à fix
dans deux onces du vin blanc , ou
eau de cychorée.
DV MEKCVKE.
AVparavant que de propofèr
quelques-unes des plusufitées
préparations des rnedicamens que
la Chymie tire du Mercure, nous
examinerons au préalable trois
points fort utiles. Le premier ,
quel efl fon tempérament. Le fé¬
cond, s’il eft vénéneux & dangereux.
Le troifiéme , fi les . préparations
Chymiques font les plus conve¬
nables.
Dii temperamem du
Mercure,
A Près avoir bien épluché les
laifôns de part & d’autre tou¬
chant le tempérament du Mercure,
les uns le tenans chaud , avec telle
tenuité de fiibftancc, que feulement
appliqué à la plante des pieds, il
monte & s’infinuë jufques au cer¬
veau , & par la même vertu , excitant
le flux de bouche , de ventre & les
fueurs : les autres au contraire confi-
derans les fymptomes qui Clivent lôn
mauvais ou trop frequent ufage , fça-
voir eft le tremblement , laparaly.
fie, levertigo, la Cirdité, les réfé¬
rent à fa froideur. Et me trouvant fi
empefehé apres les plus habiles du
métier } j’aurois fujet de fouhaitter
en ce détroit & perplexité Mercu¬
re meme pour interprété , ou pour
guide.
Néantmoins voyant qu’entre ces
deux extremitez , il y a une voye mi¬
toyenne qui paroit bien vray-fem-
blable , qui eft d’y reconnoître des
fubftances & qualitez mixtes. Car
produifant vifiblcmcnt des effets fi
contraires de chaleurs & de froi¬
deur , il les faut imputer à des fub-
ftanccs Sc qualitez oppofées. Ce que
les operations Chymiques de fubli-
mation & précipitation de fès diver-
fès fubftances, femblent confirmer.
Et Avicenne , lequel le fait tantôt
froid & humide Uv. 2. traîné 2.
cîtap. 47. tantôt chaud & acre,
fin 6. livre traîné 1, femblere-
connoitre cette variété de fubftances.
Car autrement il fè contrediroit. Et
l'hiftoire fabuleufe,qui donne à Mer¬
cure des ailes aux pieds & un égal
commerce au CieL& en la terre , in-
finuë tacitement l^ubiguiré de là
couipofiiion.
Si le Mercure efi dangereux.
SI nous voulons nous en rappor¬
ter à l’authorité des anciens Me-
decins,de Diofeoride, liv.^. chap.J-
qui dit que le mercure beu a une fa-
^ ^ culte
SeBion troîZ»iéme, 315
cuit* pcrnideflife , dautant qu'il en¬
dommage les intellins par ià pelàn-
tcur. ^x. au (>. livre chap. xo.cÿiil
produit les mêmes fympcomcs que
1 ecume d'argent ; d'Aetius tetra-
hibL^.ferm.i.chap. 79. qui eft de la
même opinion que Diofcoride j de
Galien , lequel, quoy qu'il avoue
an livre 9. des fimples, qu'iL n'en
ait jamais fait l'épreuve , il le met
neanemoins au rang des venins ; d'A¬
vicenne , qui fen. 6. livre 4. trait-
té I. chapitre 3. le met pareillement
au nombre des venins chauds & acres:
& de quelques modernes , éntr 'au¬
tres de Fernel dans le Traitté de la
verole , inféré dans fès œuvres , où
il le décrie par quelques exemples
de pernicieux effets & déplorables
fymptomes de certains verolez , qu'il
impute au traittement , & ufage du¬
dit Mercure.
Mais le temps & l’experience,
qui donnent le crédit ou le rebut
apx medicamens , ont fait reconnoî-
tre qu’il n'eft pas (i dangereux,
qu'on n’en puiffe tirer de tres-gran-
des utilitez en certaines maladies,
aufquellcs il eft fi convenable, qu'il
paflè pour ’ remede fingulier & fpe-
cifique. Ce qui fe doit entendre non
feulement de celuy que les Chy-
miftes préparent en quelques ma¬
niérés plus approuvées ; mais mê¬
mes du crud. Duquel les plus célé¬
brés Médecins modernes , comme
Brallàuolus , Amatns Lufît. ôc Mat-
thiole ont usé auffi hardiment,qu’heu-
reufement.
Car Braflàvolus , doéte & fça-
vant Praéliciemew livre de l'exa¬
men des fimples , dit qu'il en a don¬
né aux enfàns travaillez des vers
jufqucs à un fcrupule. Amatus Lu-
fîtanus ( que les grandes &c nom-
breufès cures qu'il a fait par l’Euro¬
pe en rendent plus croyable ) en fies
Commentaires fitr Diofcoride, appel¬
le ceux-là ignorans en da praétique,
qui vitupèrent le Mercure : & dit
que les Médecins d'Efpagne l'or¬
donnent comme un excellent antido¬
te aux enfàns enforcelez & tourmen¬
tez des vers.
Quant à Matthiole , duquel un
chacun eft informé de la dodtrine,
ne réeonnoît point d’autre nuifance
au Mercure , que celle de fa pefan-
teur : laquelle neantmoins, avec fà
fùbftance fluide , le fait prompte¬
ment fbrtir par les felles , fans fè-
’ourner dans le ventricule, nydans
es inteftins , fi on fécondé fà for-
tie par le mouvement du corps en
fè pourmenant. Ce bel Epigramme
d’Aufône , qui commence par Toxi-
ca , juftifie de cette faculté dejeéfive.
Mattliiole dit, qu’au pars de Gorits
en Efclavonic on en donne pour der¬
nier remede aux difficiles accouche-
raens jufques à un fcrupule. Et qu'au¬
cuns en donnent aux petits enfàns
pour tuer leurs vers , la quantité de
deux grains de mil, fans qu’il en ar¬
rive d'inconvenient.
Mais pour ne nous point tenir
aux feules authorités des Médecins
étrangers , les plus habiles de nôtre
nation , qui nous doivent donner plus
d’alfeurance , tant s'en faut qu'ils en
ayent redouté l'ufage , qu’ils le tien¬
nent un des antidotes du mal ve-
nerien.
Rondelet , au chapitre dernier
du Livre qu’il a intitulé j Du mal
Italien j dit des merveilles du Mer-
ff Z ~ cure.
514 Minéraux^
CHre , déchifrant les proprietez qu’il
a pour ce mal, de quelque façon qu’il
foie adminiftré.
DuLaurens auchap.14,. du livre
fur ce fujet ,àit qu’il faut de neceffi-
té recourir aux remedes mercuriels,
lors que les antidotes ludorifiqucs
n’ont peu guérir le mal.
Les authoritez que nous produi-
fôns en leur lieu , tant du Diipen-
faire de Paris , que de celuy de Mon-
fieur du Renou, juge tres-capable
& competant , puis qu’il a traitte lî
dignement & pertinemment de toute
la matière médicinale tant fîmple,
que compofêe , en faveur du Mer¬
cure en qualité du médicament in¬
terne, doivent prévaloir à toute autre
preuve.
Si les préparations Chymiqm
font les plus conve¬
nables.
IE ne decideray pas cette queftion
par la prérogative que les Chy-
miftes donnent généralement à tou¬
tes leurs préparations , à la préféren¬
ce des communes : mais par l’exa¬
men de la railbn , & de l’expe-
ïience.
Comme il étoit difficile de che-
vir de ce Prorée , lequel bienTou-
vent au lieu d’un effet efpcré , en
feifbit voir un autre , quelque cir-
confpeûion qu’on y put apporter:,
comme au lieu de l’évacuation par
embas ,. provoquoit celle du flux de
bouche ou les lueurs , ou au con¬
traire ,. quelquefois une feule , d’an-
tresfbis plufieurs enfemble , cette
diverfité provenant de celle de fes
diverfes fubftances confufes en un
même fujet, agilTans félon la difpo-
fition des feijets qu’elles rencon-
troient: Il femble qu’étans feparées.
par les préparations Chymiques, on
les peut réduire à une plus certaine
deftination. Comme fi on le veut
rendre vray purgatif , c’eft à dire,
évacuant les humeurs par vomiflè-
ment, ou par les felles ; il luy faudra
eonferver telle vertu autant qu’il fe
pourra , en la bridant ou augmen¬
tant par l’addition de quelque autre,
ou lors de la préparation , ainfi qu’il
fe fait en la poudre emetique par
la conjonûion de l’Antimoine ;
ou apres être préparé , & lors de
l’ufàge , comme au Mercure doux,
en le mélangeant avec quelque pur¬
gatif , comme il fera remarqué
en fbn lieu. Pour la vertu diapho-
retique , elle eft prefque infeparablc
du Mercure , fl elle n’eft corrigée Sc
b. idée.
Ces raife)ns font d’autant plus-
vray-femblables , que l’experiencc
les a confirmées , puis qu’on ne fe
fort plus gueres du Mercure, que
préparé à la Chymique. Car il ar¬
rive d’ordinaire és chofes qui confi-
ftent en expérience , que les demie- %
res font accomplies. Ce qui a lieu
és medicamens , dont le réitéré &
continuel ufage donne une plus in¬
time & certaine connoiilanee : &
qu’il y a de l'apparence de croire,
que comme on a premièrement
douté des facultcz du Mercure, prin¬
cipalement en qualité de remede
interne 5. aprez qu’on s’eft rendu
£lus hardy à s’en fervir , & pour
i cure d’un mal qui eludoit & fe
mocquoit de toutes fortes de reme-
SeBton troiz^iéme, 52,5
des J qu on s eft encor apres entière¬
ment aguerry à ion ufage : il lèmble
que l’artificieulè préparation Ghy-
mique» qui a été’j je ne diray pas in¬
ventée , mais grandement pratiquée
depuis , ne relevc TefEcace de ce mé¬
dicament.
Beurre d' Antimoine ^ de
Mercure.
Renez du Mercure lùblimé , &
de l’Antimoine crudj ou du Ré¬
gulé d’ Antimoine ( qui fera meilleur^
de chacun demie livre. Que pulve-
riferés , mêlerés , & mettrés dans une
cornuë de verre, avec fon récipient
bien ajufté. Ou bien au lieu d’un
récipient , prenés encores une autre
cornuë de verre , pour ne point chan¬
ger de vaiffeau pour la redification
de cette liqueur. On diftillera au.
iàble à feu du premier degré l’efpa-
ce d’environ trois heures , jufques à
ce que la liqueur commence à filer.
Et venant à diftiUer , on augmentera
le feu au fécond degré. Lequel on
entretiendra , jufques à tant que la
madere ne paroifl'e plus liquide au
col de la cornuë , ains coagulée à
guifè de beurre. Alors on donnera le
feu au treizième degré. Et avec des
charbons ardents , qu’on tiendra
avec des pincettes , & qu on appro¬
chera delà cornuë, on difiôudra cet¬
te liqueur coagulée. Autrement elle
cauferoit obftmction au col de la¬
dite cornue , & par conféquent la fi^.
roit rompre. N y ayant plus rien de
coagulé , il faut pouller le ftu au
quatrième degré. Et pour lors il fc
fublimera une matière vermeille».
qu’on nomme «»««ï^re,avec le Mer¬
cure courant , parfaitement purifié.
La fùbliraation du cinnabre , & du
Mercure vif étant faite , il faudra
celïér la diftillatiort. Partant le vaiC-
feau étant refioidy , on remettra le
récipient ou la cornuë dans le fable,
& on redifiera le plus pur de cette
matière , d’avec le reftè, & il diftille¬
ra à feu du fécond degré , comme du
beurre blanc & clair. Et lors qu’il
commencera de diftiller des gouttes
rougeâtres , on ôtera auffi- tôt le ré¬
cipient , & on vuidera ce qui fera
dedans. Après on donnera le feu du
quatrième degré au cinnabre & au
Mercure courant Et on verra au
fonds du récipient le Mercure vif
courant , pur & luifant comme de
l’argent, & au col de la cornuë un
cinnabre très -vermeil du Mercure
ôc de l’Antimoine , lequel on de-
tergera avec une plume , comme
auffi le Mercure courant , contenu-
au fonds du récipient , pour les-
garder fqparément.-
Préparation du Mercure:
de rvie..
ON divifcra la liqueur f que nous;
avons dit être fémblable à du;
beurre ) qu’on ayoit reférvée , en
deux parties égales. L’une , on la
mettra dans un verre precipitatoire;
verfànt de haut par dcftùs de l’eau-
de fontaine, qu’dle fiirnage de trois-
doigts ; ôc ©n verra auffi-tôt tou¬
te la liqueur acquérir une. couleur
de lai(ft}la laillànc durant un quarc:
d’heure doucement rallèoir. Et apr&.
on aura au fonds un précipité très-
ff 3, blanc-
Dùf Minéraux^
blanc. Lequel on mêlera derechef,
en l’agitant avec fbn eau qui fùr-
nage : & puis on le filtrera. Et il
réitéra dans le filtre une matière
très- blanche , qu on édulcorera deux
ou trois fois avec e|u tiede , pour
liiy ôter fa corrofion ; &: puis on
la fèichera , pour en faire > d ex-
cellens vomitoires , purgeant en fort
petite dofè. Quant à la liqueur qui
a été coulée par le filtre , qu’on
appelle eau acide ou aceteufe 3 on
la gardera pour fes ulàges.
Du> Bezoard minerai
De l’autre partie on en prépare¬
ra le Bezoard minerai , en la
maniéré fîiivantc. On mettra ce
beurre dans un grand verre precipi-
tatoire, veriànt par defllis goutte à
goutte de l’elprit de nitre : ce qu’é¬
tant , on verra auffi-tôt une for¬
te ébullition & vehemente chaleur
au vaiireau. On verfera de cét ef-
prit de nitre fi longuement que on
verra ce combat & ébullition dans
la hqueur. Laquelle on lailïcra de¬
rechef rallèoir , comme devant , l’ct
pace d’un quart d’heure. Après on
l’agitera , on la filtrera , édulcore¬
ra & dellèichera. Etant dellêichée,
on la mettra dans un creulèc
bien fort , en luy donnant le ]fcu
fort violent une heure durant. Après
le creufèt étant rafroidy, on pul-
verilèra cette matière dans un mor¬
tier de marbre , verlànt par defiîis
de l’elprit de vin bien épuré de Ion
phlegme , à la hauteur d’un tra¬
vers de doigt. Alors il faudra era-
jbrafer cét cfprit , & cependant rc-
miier continuellement au fonds du
mortier , avec une Ipatule de bois,
la matière , jufques à ce que tout
l’elprit foit brûlé Ôc confumé , &
qu’on y voye une poudre tres-fei-
che , qu’on gardera dans un vafe de
verre.
Faculté^, du Mercure de <vie,
IL n’y a rien de fi frequent pour
le jourd’huy , que cette poudre
emetique , qu’on éprouvé journel¬
lement être le plus noble de tous,
les raedicamens purgatifs , qui fe
tirent de l’Antimoine & du Mer¬
cure 3 qu’on ne fait point de feru-
pule de donner mêmes aux enlaiis,
aux perfonnes foibles & délicates,
& aux fièvres continues , pour pur¬
ger les humeurs contenues au ven¬
tricule & parties adjacentes. Les
Chymiftes s’en lèrvent fort’ Ibu-
vent aux pâles couleurs , & en la
verole ; & luy attribuent une Ibu-
veraine vertu , outre l’évacuation des
humeurs putrides & virulentes , de
purifier l’humeur radicale. On s’en
peut auffi fervir és maladies lon¬
gues &c déplorées , & principale¬
ment en celles où il y a foupçon
de virus ou levain verolique , com¬
me il arrive fort fouvent , & lâ
où on ne penlè pas. Elle purge
principalement par le vomillèment,
d’où elle a pris le nom d'emetique 5
& par les Telles. Sa dolc eft de deux
grains jufques à quatre , dans quel¬
que conferve , ou cxtraiél conve¬
nable.
Faeuîtex.
SeBion troiZiîéme,
feellanc louverturc avec de la cire
i^actiltez^ de l'eau acide. .d’Efpagne.
ON s’en feit intérieurement aux
jiileps , & a la vertu de cor¬
roborer, coniumer les humiditez , &
d’appaiièr la ioif. Mais il vaut miedx
n’en ufer que par dehors , étant pro¬
pre à mondifier les playes & ul¬
cérés.
Facultez. du Bezpard minerai.
IL ne produit fbn operation ny
par le vomiflement , ny par les
felles , ains par les urines , & par
les fueurs , atténuant & refclvant
les humeurs. De là vient qu’il eft
excellent aux maladies & fièvres
malignes & peftilentes , & en la
vérole , & eft mis au rang des re¬
mèdes alexiteres j c’eft pourquoy
on ,1’a nommé Bel(oard , pour ap¬
procher ou égaler en vertu le vray
Bezoard. Encores que les Chymi-
ftes plus accorts , l’ayent long-
tems déguisé fous l’appellation énig¬
matique , d'écume des deux dra¬
gons , à caufe du combat & lèdi-
tion qui furvenoit après l’affufion
de l’elprit de nitre. La dofe eft
de fix grains à douze , dans un
véhicule convenable , comme vin,
eau de chardon bénit , de canelle,
ou theriaclc.
Facultez^du Mercure courant.
ON fait auffi état du Mercu¬
re courant , pour prefervatif en
tems de pelle , fi on le porte pendu
fur la région du cœur , enfermé dans
la coque vuide d’une ayellaine , en
Facultez^ du Cinnahre.
ON ne s’en fert qu’exterieure-
ment aux ulcérés chancreux
procedans de la vcrole , avec l’em¬
plâtre de Vigo.
Mercure doux.
P Renez du Mercure crad fix on¬
ces , du Mercure fiiblimé huit
onces. Broyez -les exaélement dans
un mortier de marbre , ou de bois
& non de métal ( car le Mercu¬
re ne veut point de métal ) jufi
qu’à ce qu’il n’apparoillè plus de
Mercure crud. Mettant le tout dans
une cucurbite à long col , ou dans
une phiolc médiocre , l’emplillànc
un peu plus que le tiers -, la fiibli-
raation s’en fera au fable ou cen¬
dres durant dix ou douze heures.
Après laquelle le vaillèau étant ra-
froidy , on le calfera , & on fèpa-
rera toutes les diverfes fubftances
qui s’y remarquent vifiblement ; la
luye ( qui eft *ïa partie la plus vo¬
latile & veneneufê ^ qu’on pourra
garder pour mélange avec les remè¬
des topiques ; les feces & le Mer¬
cure crud , qu’il faut jetter là , de
ne referver que la partie cryftalli-
ne , qui retrouve au milieu dn
matras : laquelle fi elle n eft alfez.
dulcifiée ( te qui fe reconnoîtra fi»
appliquée fiir quelque iilcerc fbrdi-
de , elle fait elchare ) on reïtere-
rà encore une & deux fois la me-
5i8 Des Minéraux y
me operation , y ajoutant encore
du Mercure crud en la fécondé,
& non en la troiziéme. Ce qui
luy diminue fa vertu purgative , le
pendant auffi plus diaphoretique.
FACFLTE Z.
Si la Faculté de Medecine de Pa¬
ris , entre les rcmedes Chymiqiies
tiré; du Mercure a fait choix de
cette -cy , l'ayant inféré dans ion
Difpcniàire : je ne dois plus être fi
fcrupuleux de l'exclurre en cette
édition ( comme j 'a vois fait en la
première ) du rang des autres pré¬
parations -, qui ont pour baie ou
pour adjoinét le Mercure. Du Renou
au fil , chapitre 21. livre 2. de fin
Antidotaive , ne le deiàprouvc point
étant bien préparé. Outre que les
expériences & les fiiccez de ion
uiage ( qui font la vraye pierre de
touche ) m’en ont tendu plus cer¬
tain.
On s’en fert entre-autres en la
maladie venerienne , ou tout ièul,
le corps étant bien préparé , & net¬
toyé de ies plus groilès humeurs de
vingt à trente grains , dans quelque
conierve , comme celle de rôles.
Et lors fi outre les'^ dejeétions , il ‘
vient à provoquer le flux de bou¬
che , cela n ’eft point trop à crain¬
dre , étant convenable à ce mal.
Ou on le mélange avec quelque
extraiéb ou pilules purgatives , qui
accélèrent ion operation un peu
tardive par les ièlles ,] ôc retiennent
.celle du flux de bouche. La pro¬
portion du mélange doit être envi¬
ron de parties égales j comme par
■exemple, de douze ou quinze grains.
avec demie dragme de pilules co,
chées , ou un fcrupule de Panchyma-
gogue.
il faut être un peu diferet &
retenu à le donner aux bilieux , &
aux corps extenuez ; les replets Ôc
pituiteux en pouvans ufer plus li¬
brement.
S’il arrive que les humeurs bi-
liculcs palfiins par le goficr , après
le vomillèment , y laiflent ou dou-
leur , ou ardeur : on l’appaifera par
un gargarifinc , avec la feule deco-
élion d’orge, raifins cuits, &rofcs
de Provins.
Turhith minerai.
ON -difloudra une once de Mer¬
cure crud dans deux onces d’eau
forte. La diflblution faite , on en
Yuidera par inclination la liqueur
dans un petit matras , Sc on l’eva-
porcra à ficcité au fable , à feu du
premier degré. L’exficcation étant
faite , on donnera le feu au troizié¬
me degré , fi longuement qu’on ap-
perçoive au fonds du matras une
matière fixe, vermeille comme cin-
nabre : & à la fommité une ma¬
tière volatile de couleur jaune. On
retirera alors le matras , ,& on, le
rompra , & on fèparera la matière
plus fixe qui fera au fonds du ma¬
tras , de l’autre moins fixe : & on
gardera celle qui fera plus vermeil¬
le , par l’ufage de la Medecine : &
l’autre moins fixe qui étoit au déf¬
ions , pourra être derechef fiiblimée
& mêlée avec la poudre ou maflè
pour la fiibhmation du Mercure.
Quant à cette poudre vermeille , il
SeBion troiZiiéme,
la faudra enflàmer dans un mortier
de marbre , verlànC par defliis de F A C V L T E Z.
refprit de vin , qu'il lurnage tant fait
peu, & le remuer avec un bâton. Ce ^précipité blanc n’opere pas
jufques à ce que l’humidicé dudit avec telle vehemente comme le pre-
efprit foit toute confuméc. Alors il cipité rouge Et convient principa-
faudra tirer Sc garder cette poudre lement à la verole , foit comme rc-
dans un verre. • mede interne , foit comme externe.
Or l'on reconnoîtra fi la prepa- Il y en a qui s'en forvent aulîî aux
ration de ce précipité de Mercure, fards , à caufo de la grande force
ou turbith minerai , eft bien faite, qu'il a de blanchir. La dofo ell: dé¬
fi on frotte un écu ou autre pièce puis quatre grains juives à fopt,in-
d'or de la poudre , & qu'il ne blan- corporé avec quelque maflè de pilu-
chille pas. .les ou cxtraiét purgatif, afin d’acce-
lerer ion operation.
FA C ZL TE Z-
Il eft propre aux fievres tierces
bâtardes , & quartes , à la verole,
& à la galle , & aux maladies où il
y a grande corruption d'humeurs. La
dofo eft de trois grains jufques à
cinq, incorporé avec quelque ex¬
trait purgatif. Il exerce fon opera¬
tion par les folles, vomilfomens, quel-
quesfois par les fiieurs & urines. On
s'en fort aullî extérieurement aux ul¬
cérés putrides & chancreux.
Dit Mercure précipité blanc.
On dilibudra une once de Mer¬
cure, comme defiûs , dans deux on¬
ces d'eau forte. Et après là dilfolu-
tion , on foparera par inchnarion la
liqueur , & on la précipitera avec
de l'eau falée dans un vaiflèau preci-
pitatoirc ; & aulE-tôr il fo préci¬
pitera au fonds du vafo une poudre
blanche. La précipitation faite , on
agitera la matière , qu'on filtrera , ôc
édulcorera , pour la garder au bc-
foin.
CONCLFSION.
Avant que de finir ce Traitté, je
veux encores gratifier le Le-
(fteur , propofant quelques confide-
rations generales, fore importantes,
pour lufage du Mercure, de quel¬
que façon qu'il foit préparé.
Premièrement que la forme la
plus convenable de le donner , eft la
folide, comme en pilules ( l'incor¬
porant avec la terebenthine , ou avec
l'extraid de colocynthe : ) de peur
qu'arrêtant trop au palais , il n'ex¬
cite le flux de bouche, &in lamma-
tion de gorge , par l’attradion qu’il
fait , d’une particulière propriété , des
humeurs plus fubtiles & tenues, au
palais.
2. Il faut différer le bouillon plus
de deux heures j & manger demie
heures après le bouillon , afin qu’il
ne fojourne longuement dans l’e-
ftomach.
3. En incorporant le Mercure , il
tt eft
3 3 O Des A^hermxt
eft bon d’y ajouter une ou deux
gouttes d’huyle de foulphre : pour-
ee qu’il modéré fà malignité & rend
fes efpvics volatils , qui donnent
aux parties Cipcrieurcs , fixes j &
corrige les lymptomes qui l’accom¬
pagnent.
4. le dis derechef , qii on ne le
doit donner fi librement aux bi¬
lieux. Dautant qu’en faifant une im¬
modérée attradion de leurs humi-
ditez tant fereufes qu’autres , qui
font le frein de la bile , cela leur
peut préjudicier & irriter leur com»'
plexion.
Des Coiaiix.
L<s> teinture de Coraux.
Renez demie once de Corail rou¬
ge pulvérisé j que mettrez dans
une phiole étroitte d’emboucheurc,
verfant par defiris de l’e^rit de bois
de chefne diftillé , une once ; foit
faite digeftion un jour & une nuitjou
fi longuement , que la liqueur de-
yienne parfaitement teinte. Et lors
on vuidera cette teinture par incli¬
nation , & par le moyen d’un pe¬
tit vafe precipitatoire on fermera l’é¬
vaporation à ficcité , au fable à feu
du premier degré. Ce qu étant , on
verra au fonds une matière vermeil¬
le en forme de Coraux. On pulve-
rifera cette matière , & on la re¬
mettra dans une phiole étroite d*cm-
boucheure , verfant par dcJdiis de l’ef-
prit de vin redifié , qu’il fumage
d’ùn bon travers de doigt. Et on
tn fera encore digeftion à chaleur
lente, fi longuement, que cét’efprit
foit entièrement tdut. i ors on le
fêparera par inclination , reverfanc
fur la refidence d’autre efprit de vin,
réitérant les digeftions , & faifant
les feparations tant de fois qu'on
appercevra de la teinture en la liqueur.
Alors il faudra filtrer toutes ces li¬
queurs , & les diftiller dans une cu-
curbite au bain-marie, à feu du fé¬
cond d.gré , qn'il en refte le tiers.
Cét efprit diftiHc fera gardé pur
ime autre operation. C^ant à ce
qui refte an fonds de la cucurbitc,
il le faut garder à parc dans un verre
bien clos , étroit dlcmbouchenre. Et
on aura unç liqueur fort vermeille,
préparée, fins corrofion.
F A CVLTE Z.
Cette liqueur a la vertu d’arrê¬
ter toutes les évacuations immodé¬
rées , comme la trop grande profü-
fîon des mois & autres hémorrha¬
gies ; & des flux de ventre & ve-
miflèmens , dans quelque liqueur
convenable , comme pourroit être
l’eau de plantain. Elle conforte &
corrobore l’eftomach & le cœur,
par une grande fympthie qu’elle
a avec nôtre chaleur naturelle ; &
purifie le fâng , & pource elle eft
convenable à la lepre. La dofe eft
de fix gouttes jufques à douze dans
quelques liqueurs convenables, bouil¬
lons , eaux diftillées appropriées
au mal , & auifi dans des œu»
mollets.
Magiftere
SeSiion tmz^iéme.
33
Magijiere dn Corail fans
corrojîon.
IL faut mettre demie once de Co¬
rail rouge bien pulvérisé dans une
phiole J veifànt par deiîus de très-
bon vinaigre diftillé j qui uirnage
de trois doigts. Et le laiflèr en di-
geftion à chaleur lente durant qua¬
tre ou cinq heures. La digeftion
faite, il faut l'eparer la liqueur par
inclination , & la filtrer. Ôn mettra
la moitié de cette liqueur dans un
grand vafe precipitatoire , veriànt
par deffirs, goutte à goutte, de l’huy-
le cauffic de Vitriol , autant qu’il en
faudra : & on verra incontinent au
fonds du valc un précipité fort blanc.
Cette précipitation étant laite , on
agitera la liqueur avec le précipité,
on la filtrera , & on la deflèichera
à chaleur fort lente. Et on aura un
magiftere tres-fubtil, qui fe dillbu-
dra aisément dans quelque liqueur
que ce foih
Le fel de Corail.
ON evaporera à ficdtc l’autre
partie du Corail , dillbus dans
un petit vaiflèaii precipitatoire , au
fable à feu du fécond degré : & on
aura au fonds un fel qui n’a rien de
doux , ains eft acre comme les au¬
tres fels. Lequel on gardera dans
quelque vafè de verre bien bouché,
autrement il fe fondroit aisément.
FACt^LTEZ.
Le magiftere eft plus ufîté pour:,
prendre intérieurement , que le fcl>
& mêmes dans les fievres , pour
être de parties fubtiles & tenues,
doux , & nullement corrofif. Il a
la vertu de çonforter & corroborer,
& de provoquer aucunement les
fùeurs.
Quant au fel , il eft fort propre
aux deeres , qu’il preferve de pour¬
riture.
tt 2.
DES
DES
M E T A V X.
SECTION IV.
■ L n y a pas moyen de
laiflèrpaflèr cetce propre
& derniere occafion,fans
dire un petit mot des
métaux. Il' faut avouer que leiirufage
eft du tout ncceflàire dans la Médeci¬
ne , quelque nombre qu'il y ait d'au¬
tres medicamens. S'il n'y a mainte¬
nant aucun remede fi frequent es lon¬
gues maladiesjquelcs eaux minérales,
qui font la plupart imprégnées d'ef-
prits métalliques, quel fcrupule fera-
on d'imiter la nature en la préparation
ôc mixtion 'de ces fiibftances métal¬
liques ? Les Anciens ( dont on atfe-
6te de citer les exemplaires, pour. élu¬
der les nouvelles inventions ) Ce 1er-
voient de l'acier, de l'airain brûlé,
de l'écaille d'airain, & autres fèmbla-
bles pour rcmedes internes & purga¬
tifs , avec peu ou point de prépara¬
tion. Scra-il donc maintenant poflî-
ble,je ne diray pas de blâmer , mais
de ne pas extoller l'art qui nous four¬
nit des medicamens dépouillez de
leurs qualitcz-malignes J à la referye
de celles quî font necellâires pour
leur operation ? C'eft: être trop déli¬
cat, oü timide,ou ignorant, que d'en
redouter l'ulage. Toute la retenue &
Iclècret gît en la dextérité de l'em-
ploy. Ce n'eft pas la feule qualité mé¬
tallique, qui en doit foire condam¬
ner l'ufoge, puis qu'il y ades végé¬
taux plus dangereux , dont on fe lèrt
même utilement. Tout ce qu’on peut
alléguer contre , c'efl: à dire qu’ils
font ennemis de la nature. Mais fans
m’engager en la decifion de ce pro¬
blème , étant obligé d’écrire Chymi-
quement, c’eft à dire , fuccintftement
& fons fiiperfluité : je diray en paf-
font, qu'il peut partir des métaux non
foulement des vertus purgatives &
grandement puiifontes pour émou¬
voir la nature , defquelles on fe- peut
fervir à bienj maisauflî des facilitez
alteratives & corroboratives, encore
qu'ils ne fè convertiilènt pas en no¬
tre fiibftance. Car il iuftit qu'ils foient
aidez de nôtre chaleur naturelle ,
s edi ton quatrième.
Ja produiStioni de leurs effets , par la
feule diffufîon de leur qualité à giiilè
de lumière.
Du plomb , ou Saturne.
Calcimtion de Saturne.
ON mettra une demie livre de
plomb dans un pot de terre
vernüréj couché de côté fur les char¬
bons ardents. La diffolution étant
faite on le remuera fi long-temps
avec une fpatule de fer , qu’il ne pa--
roilTe plus fluide ains foie converty'
en une poudre comme jaunâtre. Alors-
il faudra encores continuer à le re--
muer durant deux ou trois heures;
& on aura une poudre rouge com¬
me vermillon. Ayant acquis cette
couleur, on ôtera cettè poudre, qui
s’appelle Chaux de Saturne , qu’il
faut garder pour lès ufages_
Succre de Saturne.
IL faut prendre quatre onces de
cette poudre ou chaux de Satur¬
ne , &c la mettre dans un vaifîcau
precipitatoire médiocre , vcrfànt
par delfus du vinaigre diftillé , qu’il
fumage de trois doigts ; on fera di--
geftion à chaleur lente l’efpace de
quatre ou cinq heures , ou fi longue¬
ment que le vinaigre foit rendu’
doux. Alors il faudra feparer la li¬
queur par inclination , Sc la garder.
On reverfera d’autre vinaigre diftil- -
lé lirr la refidence , pour en fare une
nouvelle digeftion , & ainfi conti¬
nuer fi longuement, que la liqueiw=^
participera de quelque douceur. Ce¬
la eeflant , il faudra filtrer toutes ces
hqueurs , & les partager en deux.
L’une des parties fera mife dans un
petit vaiffeau precipitatoire médio¬
cre, &fera évaporé jufques à ficcité
au fable , à feu du fécond degré.
Apres on diflbudra derechef la refi¬
dence delTeichéc ; puis on la filtrera,
& evaporera ; réitérant le tout juf-
ques à trois, quatre, cinq , & fix fois:
& enfin on aura le fùccre ou fel de
Saturne , fort blanc & doux comme
du vray foccre. •
F A C FL Te Z.
C’efl un des plus excellens reme--
dés que la Chymie nous fournifiè.
On- s’en fert tant intérieurement,
qu’exterieu rement. Intérieurement (ce
qu’on ne doit neantmoins faire fans
grande neceffité_} au grandes inflam¬
mations , diflbus de deux à trois
grains dans quelque eau convenable,-
comme de plantin ou de rofes. Quel¬
ques-uns l’ordonnent an ffi dans les
gonorrhées viinlentes. Quant eft de
îon ufàge externe , il efl; fbuverain en
toutes inflammations, & aux fiftules-
& ulcères malins : aux puflnles & ta¬
ches du vifege ,■ mêlé avec hiiyle de
tartre fait pr defiiillance , fi on en ■
frotte lefdites puflules;& taches. Si on ■
i’en vent fervir pour modérer &
éteindre l’ardeur venerienne, ce doit •
plutôt être enlinimenc, avec queU-
que huyle réfrigérant, comme de ne.;-
nuphar , à la région des reins.
cî' 3-
334
Des Métaux ]
Magijîere de Saturne.
L’Autre partie de la liqueur dou¬
ce de Saturne lera mifedans un
vaiireau precipitatoire , veriànt par
delFus goutte à goutte de l’huyle de
tartre hit par défaillance > autant
qu’il futfira : & on verra au fonds
du vailfeau une matière blanche ti¬
rant fiir le laicl. Alors il la faudra
laitier ralTcoir , fans la remuer , par
l’efpace d’une demie heure : & il re-
fteraau fonds une malle tres-blan-
che de Saturne , fur laquelle nagera
la liqueur de tartre avec fbn vinaigre}
laquelle onfèparera par inclination.
Et on dilibudra la refidence dans de
l’eau commune } on l’agitera, filtrera,
édulcorera, & fâchera à chaleur
lente , pour la reiferrer dans un vafe
de verre.
FA CVL TE Z.
On luy attribue les mêmes ver¬
tus qu’au fùccre de Saturne , tant
pour les uhges internes , qu’exter¬
nes. La dote eft autre que du fuccre,
fçavoir d’un demy fcrupule , avec
qudque eau convenable, aux grandes
inflammations internes , & exceflî-
ves ardeurs de Venus. -Qn le niêle
avec les remedes topiques , ( comme
linimens , & emplâtres propres ) aux
inflammations } tumeurs, Sc écrouel¬
les. Quelques-uns s’en fervent pour
cofmetique ou fard » incorporé avec
de la pommade.
. Huyle de Saturne.
SI on étend le fuccre de Saturne
préparé comme dcfliis , pulverifé
fiir une plaque ou lanùne de verre,
& qu’on la mette en une cave , pour
être diflous ( comme l’huyle de
tarue , ) il fc refbut en peu de temps
en huyle.
FACVLTE Z.
Il n’efb en ufàge que par le dehors,
5c eft fîngulier en Uniment aux in¬
flammations, eryfipeles, ulcères , fi-
ftules : dont il tempere la chaleur, &
adoucit la douleur. Il mondifieaulfl
les playes 5c ulcérés.
Du Mars, ou du fer,
ou acier.
Crocus ou faffran de tldm
adjîrlngent.
OVtre les préparations que Bé¬
guin donne du fàffran de Mars
adftringent, les fiuvantes ne font à
méprifer.
La première fera , en mettant des
verges ou petites barres d’acier au
fourneau , à feu de reverbere , afin
que la flamme atténuant la furface
de l’acier , elle produife conime une
efpece de fafti an très vermeil i ce qui
fe pourra faire par l’efpace de dou¬
ze heures. Ayant ôté les verges du
feu , 5c étant ratroidics , on fecoiiera
avec
SeSfion quatrième, 3 3 5
avec un pied de lievre la poudte qui y
eft adhérante. Et ainfi continuer de
les remettre fcr le feu , julques à ce
qu'on aye autant de fafFran qu'on
delîre.
La féconde method? eft de pren¬
dre demie livre de limaille d'acier
mondée & Invée , l’étendre dans un
vailïèau bien ample fîir une tuile ou
lame de fer , & la mettre au feu du
reverbere, l’efpace de quarante haiél
heures. Etant ôtée du feu , il y faut
ajouter environ dix ou douze pintes
d’eau de fontaine j & laillèr le tout
en digcftion un jour entier. Et apres
cela y il la faudra vivement agiter &
remuer, & ayant fcparé par incli¬
nation l'eau trouble , on la lailfcra
radèoir durant Ex- ou fcpt heures.
Alors on paflera l'eau claire & nette
par le filtre , &c on aura au fonds du
vailïèau un fafïfan de Mars tres-fub-
ril , & dépouillé de toute faculté
aperitive,
FACVLTE Z.
C’eft un excellent corroboratif
aux maladies , ou la faculté retentri-
ce eft débilitée & rclafchée ; comme
celle de l’eftomach en la lienterie,
des inteftins en la diarrhée , 8c dy-
fènteric , du foye au flux hepatiquej
8c autres évacuations immodérées,
des mois , fleurs blanches , hemor-
rhoides ; On n’en doit ufer qu*apres
les remedes univerfèls. La dofè eft
d’un demy fcrupule à un fcrupule,
dans quelque liqueur appropriée au
mal & à la partie , ou bien avec ht
conferve de xofes.
Saffran de Mars apéritif.
ON prendra de l’acier ardent &
enflammé au feu de reverbere
ou de fufion , jufques à êtte blanc:
auquel on frottera un magdaleon de
fbulphre , au dellùs d'un vailïèau
plein d'eau : & on verra l’acier fc.
fondre aulîî-tôt, 8c tomber avec le
fbulphre dans l’eau , en forme de pe¬
tits globes , lefquels font fi friables,
qu’ils fe peuvent pulyerifer entte les
doigts.
Aprez on réduira par trituration
ces petits globes en une poudre fiib-
tilc j ajoutant une égale portion de
fbulphre pulverifc & tamife, mêlant
le tout exaétement , 8c l’étendant
fur une lame de fer, ou dans un pot
de terre. Metccz-lc au feu de réver¬
béré vingt quatre heures durant , 8c
à la fin on verra l’acier réduit en
poudre violette , qu’il faudra dere¬
chef pulverifèr fubtilemcnt, & ver-
fer par delTus de l’eau de fontaine à
la hauteur de cinq ou fix doigts. On
agitera le tout, 8c on verfèra l’eau
trouble dans quelque vailïèau net*
8c la lairra-on talloir pendant quel¬
ques heures. Alors il faudra fèpa-
rer par la languette l’eau claire 8c
nette , 8c la reverfèr flir les premiè¬
res feces, qu’il faudra remuer, com¬
me dellus. Réitérant cela fi longue¬
ment que l eau trouble , verfée à
pluficurs fois , 8c derechef fèparée,
aura laillc une fîiflîfânte quantité de
foffran très fiibtil & impalpable.
Finalement pour la derniere fois*
feites euaporer l’eau trouble , & il
reliera le fàffran de Mars apéritif,
préparé comme il faut , avec fon
3 3^ T>ei Métaux,
e(pric vitriolé >. qu’il s’efl: conlèr-
vé aprez la calcination réitérée j &
les frequentes ablutions Sc évapo¬
rations.
FACFLTE Z.
Cette préparation a quelque èhofe
de plus exquis que la commune , &
rend ce remede plus propre aux in¬
tentions pour lefquelles on l’ordon¬
ne , fçavoir aux grandes &c rebelles
obftruaions du mefentere , du foye,
de la ratte, qui caufent les pâles cou¬
leurs ; des veines de là matrice, dont
arrive la fiippreffion des mois. La
dolè cft d’un demy fcrupule dans
quelque liqueur convenable , qu
mêlé avec quelque opiate , conferv.e
qu tablette ; gardant les circonftan^
ces ( ayant l’ulage ) des remedes ge¬
neraux , & le continuant longuement
félon la grandeur du mal , qui peut
obliger d’en ufer .quelqucsfois juf-
ques à deux ou trois fcmaincs fans
interniption , fe pourmenant aprez
1 avoir pris par l’elpace d’une heu¬
re ou deux , & beuvant par defliis
quelques cuillerées de quelque li¬
queur aperitive , en cas qu'on le prit
,cn forme fp'ide.
Du Cuivre j ou Venus.
Calcination de Venm.
ON mettra dans un creufet, cou¬
vert de Ibn couvercle troué au
milieu , des lamines de cuivre , met¬
tant entre chacune d’icelles une ihf-
fîfante quantité de foulphre pulve-
rifé , ce que les Chymiftes appellent
ftratifier. On luy donnera un feu
circulatoire , l’augmentant peu à peu,
jufques à ce qu’on ne voye plus for-
tir aucune ftimée frilphurée par le
trou du couvercle. Alors le vaiiTeau
étant refroidy , on ôtera le couvercle,
& le cuivre calciné, du creufet, pour
le pulverifèr au mortier. On en
mêlera la poudre avec de nouveau
übulphre , qu’on mettra dans un pot
de terre verniiTé couché fur le côté,
& mis f ir les charbons ardents, pour
le calciner derechef, jufques à ce
qu’il devienne rouge , comme le col-
cothar de Vitriol : laquelle poudre fe
nomme Chaux de Venui , qu’il faut
garder pour d’autres ufeges.
Vitriol de Venm.
IL faut prendre de la chaux de Ve¬
nus deux onces j qu’on mettra
dans L4ne phiole , verfent par dellus
de l’eau de fontaine , qu’elle feirnage
de trois doigts , & la laifler en dige-
ftion, jufques à ce que la liqueur foit
aucunement teinte de couleur bleue,
& d’une faveur vitriolée. Alors on
filtrera l’eau , & on la fera évapo¬
rer , jufques à ce qu’il s’y felfe une
peau. Il faudra mettre la refidence
en quelque lieu froid durant vingt-
quatre heures. ' Et on verra au fonds
du \ailïeau de tres-beaux cryftaux
de Venus. Lefquels on ôtera du vaif
feau , pour les fcicher à l’ombre ^
les garder.
facvl
s eBton quatrième. 537
F A C r LT E Z.
Ce Vitriol cft fingulier aux maux
des yeux , où il n'y a point d'in¬
flammation , ains plutôt fliffiifion ,
dilïout dans eau rôle ou de plan¬
tain : & peut égaler ou flirpallèr les
vertus de l’eau décrite dans Bau-
deron dans l’Appendix, pour me¬
me effet.
De la Lune ou Argent.
MEttez une once de limaille
d’Argent tres-fin dans une cu-
curbite feparatoire > verfàiit par def-
fùs autant de bonne eau forte , qu'il
en faudra pour le diflbudre , qui
peut être environ deux onces. Suf¬
fira de bien boucher l'orifice du
vailïcau avec du papier , & le lait
fer à chaleur lente , pour ctre dit
(bus. La dilTblution étant faite j on
verfera la liqueur dans un pot de
terre veniffé bien fortj avec une
demie livre d'eau de fontaine. Aprez
on mettra dans le pot des lamines
de cuivre 3 failànt une legere ébul¬
lition à feu lent de charbons. X'e-
bullition faite , on retirera le pot
du feu , & on le laiffera refroidir.
Ce qu'étant > on feparera par incli¬
nation la couleur qui paroi tra
bleue. Et on verra autour des la¬
mines de cuivre , une chaux fubtile
argentée , de la Lune. Sur laquelle
chaux on verlèra derechef de nou¬
velle eau de fontaine » qu'on fera
auffi bouillir > refroidir , & lèparer
par inclination 3 comme dclîus. Et
on aura encores au fondas du pot > &
autour des lamines de cuivre, la chaux
edulcorée de la Lune. Laquelle on
fera feicher, & garder pour d'autres
préparations.
La teinture de t Argent.
ON mettra une dragme de chaux
d’argent dans une petite phio-
ie, verfant par deflîis de l’elpritdc
Vitriol, qu'il fiirnage d’un bon doigt.
Le vaiflèau étant bien clos , on le
tiendra en digeftion fi longuement
que le menftmë loit entièrement
teint , qu’on feparera par inclina¬
tion , rcverlànt d’autre efprit de Vi¬
triol tant de fois , qu’on appercevra
quelque teinture en la liqueur. Aprez
on fera eyaporet ces teintures à
confiftence d'cxrrait , tant (bit peu
épais j verfant fur l'a refidence de
l’efprit de vin reffifié , qu'il fùr-
nage de trois doigts, |.e vaiffeau
étant bien bouché , on le tiendra
de nouveau en digeftion , jufques
à ce que la liqueur fbit encores
bien teinte. On feparera par incli¬
nation cette teinture : S>c on rever-
fèra d’autre efprit de vin feétifié,
qu’on mettra en digeftion jufques à
une finale extraétion de teinture.
Alors toutes ces teintures feront fil¬
trées, & diftilléesau bain marie , juf.
qu’à ce qu'il en refte le quart. Le
vaifteau étant refroidy , on en tirera
la refidence , qu’on gardera dans un
pot de verre.
FA CFL TE Z.
On recommande fort cette tein¬
ture pour la corroboration du
U U cer
3 Des Métaux^
cerveau > fut.lequel elle a une vertu
fpecifîque : 6e partant elle eli; propre
aux grandes maladies qui ont leur
fîege en iceluy , comme i’apoplexiej
cpilepfie , léthargie.
Diofcoride donne à Targent une
vertu alêxitcre contre le venin de
Taconit , & Avicenne l'employe à la
palpitation du cœur.
Du Sol OH de l'Or.
COmme nous avons commencé
ce petit ouvrage par laRofe, la
pius belle des fleurs , la plus agréa¬
ble à l'œil , la plus amie du cœur ;
nous le finirons par ce mctail le plus
exquis , le phare du commerce hu¬
main , le fils aîné & mignon du So¬
leil. Bien que mon humeur n'aye
gueres d’inclination à adorer cette
idole du monde, qui a un fi fouverain
empire fur les affeélions des hom¬
mes : cela tiendroit pourtant trop de
l’inofEcieux , fi je ne couchois iey
quelques traits de fes préparations,
& des vertus qu’il a dans la Méde¬
cine. L’employ de ce mctail pour cet
ufege n’eft pas une invention de la
lèiile Chymie , quoy qu’elle fe lbit
étudiée par l’effort, d’une plus indu-
ftricufè fiibtilité de renchérir par défi,
fus les préparations communes. Car
non feulement les Arabes i chez lef-
quels la Chymie a pris naiffance,.
ou pour le moins fijn acaoillèment:.
mais aullî les plus anciens Médecins
Crées aprez Hipjpocrate, entre autres.
Nicander & Diofcoride,l’ont ordon¬
né comme antidote de l’argent vif,
qu’ils.eftimoient'un venin.
Poiu- moy je tiens que cette gran¬
de vertu civile 6c mbr^e qu’il a de
rejoüir le cœur, procédé d’une vertu
phyfique & fülaire cachée dans ce
metail. Laquelle le rend effeéhve-
ment propre contre les paffions du
cœur, telles que font la mélancho-
lie, la palpitation , lafyncope , outre
fa faculté alcxitere generale de refi-
fter aux venins. Quand je n’aurois
avec Avicenne , livre des medica.
mens cordiaux, queFernel, liv.^.
chap.ii.de la Méthode, pour cau¬
tion de cette verm naturelle, je m’efti-
merois aflèz fort contre tous ceux
qui la combattent. Lefquels je me
prefùme avoir été fi friands & ficupi-
des de poflèder l’or tout entier , qu’ils
envioyent la (èule communication
de là vertu , en faveur des autres ,
quoy qu’elle fe peut diftribuer fans
dechet , à guife des rayons ou de la
lumière du Soleil, 4ont l’or eft un.
hiéroglyphe , & fÿmbole.
Ce que les- Autheurs contraires-
oppofènt , que l’or n’a point de’ fa¬
miliarité avec nôtre chaleur natu¬
relle, & que ne pouvant être diC-
fous ny converty en nôtre fiibftan-
ce , il ne peut reparer ny reftaurer
l’humidité radicale perie , comme il
arrive en l’heétique confôramée , ou.
au marafine : Cela n’empefche pas
que par fa qualité militaire & cor¬
diale ,. il ne caufè une telle alteration,
és cfprits, en les récréant. & unifiant,
& és humeurs , en prévenant ou cor¬
rigeant leur putrefaâion , qu’il ne
corrobore la nature» & la garde de
ILiccomber. S’il ne remedie pas à
l’inanition confirmée, les alimens les
plus fubftantiels ne le peuvent non
plus. Ce fèul defaut ne préjudicie
rien à fa vertu. Il y a fort peu de ma¬
ladies qui ayent pour caufe conr
s eêîion quatrième, 35^
jointe l’inanition j ainS plutôt la le-
plction & putrefaôlion : pouvant ob¬
vier à la dernicre , aprez avoir iuffi-
famment iàtisfait à l’autre par l’éva¬
cuation.
D’autres paflênt encore plus
avant > Ôc luy attribuent la vertu de
purifier- le iàng , avec lequel il a une
particulière convenance , faifahs une
analogie des quatre humeurs aux qua¬
tre meaux , du fàng avec l’or , de la
bile avec le fer ou acier , de la pi-»
mite avec l’argent , & de la melan-
ckolie avec le plonib-
Cdcination de l'or.
ON réduira en poudre tres-fîib-
tile deux dragmes d’or tres-fin,
ou bien des petites lamines fort dé¬
liées : lefquelles onployera, & on les
mettra dans une petite phiole , ver-
fànt par delliis demie once d’eau
royale. Puis on la tiendra en dige-
ftionà chaleur lente, jufques à ce que
la lubftance de l’or foit convertie &
diflbute en la liqueur. Ce qu’étant,
on verlèra cette liqueur par inclina¬
tion dans un grand vaiireau precipi-
tatoire , vcrfànt par delîiis , goutte à
goutte , autant d’huyle de tartre fait
par défaillance , qu’il fiiffira pour
faire la précipitation. Et il iè fera du¬
rant cette précipitation un grand
combat ; lequel finy , on verra la
matière précipitée vermeille au fonds .
du vafe. Alors on agitera le tout , &
on le filtrera. La matière reliant dans
le filtre, fera edulcorée , delfeichéeau
Soleil , & gardée pour fes ufàges .
F A crL TE Z.
Cette poudre a une vertu cardia¬
que , exaltée par defftts Celle qu’on
attribué à là bafe, de corroborer le
cœur , avec lequel elle a une occulté
fympathiè, comme il a été dit : & luy
attribuè-on en'co'rçs celle dé provo¬
quer les iiieurs, atténuant les hu¬
meurs groflleïes qui oblcdent le
coeur. La dofé eft de huit ou dix
grains , mélaUgéz avec quelque eon-
fèrve cordiale , comme eft celle de
buglollé, ou bien dans déiîx ôü trois
onces d’eau' cordiale dé buglollc,
ulraaria , oü chardon bénit.
Idor potaUe.
ON mettra une once d’or lime
dans une phiole de verre , ver-
fant par deftus quatre onces d’elprit
de fel redifié , avec fon alembic &
le récipient bien joint & lutez : on
le mettra en digeftion au bain
rie par l’elpace de quatorze jours
à feu du premier degré. La dige¬
ftion faire, on verra au fonds de la
phiole la lubftance de l’or à demy
conluméc Sc fondiié. Alors on fe-
parera par inclination ceue Iblution
teinte en couleur d’or : & on rever-
fera de nouvel efprit de fel redifié
lîir la refidence , & on fera une di¬
geftion de même à la precedente.
Et à la fin on fcparera de nouveau
la liqueur teinte en or , & puis on
verra au fonds de là phiole une
malle blanchillànte , qu’on tient
pour la terre de l’or. On ôtera cet¬
te terre, &on remettra de nouveau
ces Iblutions dans une phiole , & on
11 Z les
340 T)es Métaux i SeBîon quatrième.
les mettra en digeftion au tain ma¬
rie durant quatorze jours à feu du
premier degré. Aprez on les diftil-
Icra à feu du lècond degré jufques
à ficcité. Alors on mettra la reiîdenr
ce dans le pcllican , verfantpar deC-
fus de l’elprit de vîn épuré de fbn
phlegme , quatre onces. L’orifice du
vailleau étant bien bouché avec
veflîe de porc mouillée , on fera en-
cores digeftion au bain marie , à feu
du fécond degré, ou dans le fien de
cheval un mois durant , ou ft lon¬
guement qu’on voye diftiller par
les bras ou anfes du pellican des
gouttes doi ées. Alors on ôtera cet¬
te liqueur , on diftillera par la cu-
curbite au bain marie à feu du pre¬
mier degré Jufques à la moitié. Ce
qui refte, fera la vraye foliuion ou
F /
teinture d’or , qu’on appelle Or
potable.
F A C F L T E Z.
Cette -liqueur fpkitueufe eft ré¬
putée fi fouverainede amie de la na¬
ture , qu’eile eft capable de prefèrver
le corps de toute infection , de puri¬
fier le fàng de toute impureté , cor¬
roborer le coeur & tous les vifeeres,
.par une propriété & température de
tibftance fort proportionnée à nô¬
tre humidité radicale , qu’il fixe , &
en retient , ou tout au moins modéré
la diflîpation ^ retardant par ce
moyen la vieillellc. Septalius, lib.y.
Animadverjion. prefere la folution
Chymique de l’or à toute autre ma¬
nière de le préparer.
.7^0
REP’ON
341
REPONSE
DE FRANÇOIS VERNY,
Maître Apothicaire de Montpelicr , à TApo-
logie de Monfîeur lean Zvvelfer Médecin de
l’Empereur,
^ Hemistocie leThc-
bain, eftimé le plus fàge
& le plus prudent de
^ * tous les Grecs , difoit
qu'il n’y avoir point de
plus grand travail au monde que
de voir l’honneur de l’homme de
bien être exposé à la mercy d’une'
langue venimailc. Q^e ne diroit-il
pas encore en ce fîecle de corru¬
ption , s’il vivoit , du procédé de
Monlîeur lean Zvvelfer, Médecin
par la faveur de là majellé Impé¬
riale, de ce qu'ayant voulu relever
les erreurs dont il a fouillé fes Ani-
madverfations liir les Syrops Ace-
teux composés de Mcfu6,lùr celuy
d’Armoife de Matthieu , & lùr la
Confeélion. d’Alkermcs de Mont-
pelier ; il voudroit par des injures
atroces me faire palTer danj l’elprit
de ceux de qui je n’ay pas l’hon¬
neur d’être çonneu , pour un homme
Le plus lâche, le plus méchant,. &
le plus monlïrueux qu’on fçauroic
trouver. Sa defenfe eft un tilîii d’in¬
jures & de menlônges , qui font voir
avec fa malice la foiblelTc de ü
caulè. S’il avoir eu de fortes railôns
pour s’oppofer & détruire ce -que
j’ay relevé contre luy , il s’en fcroit
fervy : mais n’y pouvant feâsfeire,
par un babil extraordinaire , plein-
de vanité , de conflifion & de re¬
dites , pour m’empêcher d’y répon¬
dre de nouveau , il a vomy tout ce
qu’un homme forty de la lie du der¬
nier de tous les hommes pourroit
avancer d’injurieux & de làle. Tout
cela eft fi peu de chofcàmon égard,
que quoy qu’il die , je ne IçauroiS'
m’Cn offenler j le mépris que j’en fais
fera toujours pris des honnêtes hom¬
mes à mon avantage ,, dautant qu’il,
n’appartient qu’a des crocheteurs & à;
des harangeres de traitter un homme
d’honnair delà forte-D’ailleurs je fins
perlùadé que tous ces grands hom-
u U 3. mes„
342* Réponce
mes qui Iny ont fait des vers avec
tant d eloges ne len eftimcront pas
davantage pour être de fès meilleurs
arays , pardadierement lors qu'ils
verront par ma réplique j que je luy
réponds en des termes les plus ci¬
vils & les plus retenus qu’il m’eft
poffible. Et quant au refte mon hon¬
neur fera affés réparé moyennant que
j'aye l’approbation de ceux qui pren¬
dront plaifir à lire mon petit la¬
beur.
l’avoüe d’avoir donné fujet à
Monfieur Zvvelfer de s’en piendre
contre raoy : mais aulîî il eft véri¬
table qu’il eft le premier aggreftêur,
& que je n’aurois rien relevé con¬
tre luy en particulier , s’il ne fe fût
direâ:ement emporté à déclamer de
nôtre Confedion d’Alkcrmes de
Montpelierjpour la faire palier dans
i’cfprit de ceux qui ont quelque
croyance en luy pour une Con-
fedion de néant ou de petite vertu.
Laiflons toutes ces raifons à part
qui ne preiivent rien que l’aigreur, où
la mauvaife humeur de nôtre Dodeur '
Bullatus pour luy répondre fur le fy-
rop Aceteux composé de Mefiié,oùil
dit que jel’accufe de détniireles prin¬
cipes d’Hippocrates , les dogmes de
Galien , & toutes les loix ancien¬
nes des Médecins. Voyés je vous
prie équitables Ledeurs, quelle ex¬
plication Zvvelfer donne à mes pa¬
roles , & de quelle façon il les dé-
guife pour fe donner plus de *pri-
fè fur moy , & comme il cherche
à parler , li où il n’y a que deux
mots à dire. Mais encore ayés la
bonté de voir comme qiioy il tour¬
ne le fens de mes paroles , & me
traitte de groffier & d'impofteur.
quand il dit que par ironie, j’ay (Üt
qu’il eft un novatéur Chimifte.
Zvvelfer je vous prie d’ufer de
quelques remedes alterans, qui foient
propres pour refirener cette humeur
atrabile, qui prédominé dans vôtre
corps,laquelle par fa ferveur corromp
toutes les facultés de vôtre cer¬
veau, à fçavoir l’imagination , la
raifbn & la mémoire , qui vous ôte
l’apprehenfion que vous deviiés
avoir de ceux qui liront la remar¬
que que j’ay faite fur le fyrop Ace¬
teux que vous rapportés en vôtre
Apologie , la conférant avec la ré-
ponfe que vous y avés faite , fans
neantmoins y avoir répondu i ne
découvrent vos ruiès qui ne fçau-
roient guere paflèr plus outre , &
que de cét échantillon on ne ju¬
ge de tout le refte. Et afin qu’un
chacun foit inftruit de nouveau de
cette vérité , je la repeteray mot pour
mot , parce qu’en la precedente de
cette édition, j’y ay ajouté quelque
chofe qui la rend un peu diflembia-
ble, dont voicy la teneur.
[ La vanité de certains- Chimiftes
eft montée en fil haut degré d’arro¬
gance, qu’elle leur fait oublier aveu¬
glément les plus beaux préceptes
de la Medecine Galenique , quils
avoient fiiccés avec le laiéb , & ne
s’employent qu’a la détruire de tout
leur pouvoir. Mais lors qu’ils veu¬
lent, comme ils difènt, corriger les
abus de certaines compofitions , le
plus fôuvent ils ne fçavent ce qu ils
font. Tel eft Zvvelfer en fon Ani-
madverfîon fitr le fÿcop Aceteux
composé de Mefiié , dans la Phar¬
macopée d’Ausbourg , & fou nou¬
veau lêélateur , qui veulent avec deux
livres
a l' Apologie
îijrres de vinaigre diftillé, parladi-
ftillation au B, M. jufques au, fec en¬
lever le fel volatil des racines & des
iemences qui le compofcnt , puis
cuilênc Je mare dans crois livres
d’eau commune jufques à la con*-
fomption des deux tiers, , & avec
une livre de colature, veulent cla¬
rifier trois livres de lliccre fin 3 pour
cuire le tout en' fuccre Rolàc , en
après avec le vinaigre diftillé em¬
preint de la vertu des fufdics in-
grediens dilîôudrc derechef le fiic-
erc pour le réduire en lÿrop au B.M.
Belle façon de procéder !' je con¬
jure tous les bons Artiftes de la
bien exaClemenc conlîderer 3 ils y
remarqueront prefque autant de fau¬
tes qu'il y a des mots 3 que je i=e-
leverois fort à propos G je ne ra’é-
loignois de mon deflèin. l'ay vou¬
lu dire cela en paflànt renvoyant le
furplus 3 a un autre volume 3 où je
prentends déduire le tout en parti¬
culier.] Cependant jugés par les ter¬
mes de cette remarque G Zvvelfer
a eu raifon d’amplifier mes paroles,
& de les tourner à contre- fons 3 &
G la différence n’eft pas- grande entre,
£on nouveau Seélatenr comme j’ay
écrit 3 & un novateur Chimifte com¬
me il dit. Cher amy feites vous
mieux donner a entendre une au¬
trefois 3 ( fi vous avés la peine d y
revenir ) ce que vous n’entendez pas,
& vous répondrés plus à propos. Et
quand cela feroic que je vous aurois
appelle novateur Chimifte, voudriés-
vous prendre a injure , ce que d’au¬
tres prendroient à honneur.
Bien que j’aye feit deffeinde ne.
m’arrêter point aux calomnies,injurcs
Scinveélivesdu fieur Zvvelfer,neant^
de Zvvelfer. 543
moins je nepourray éviter qu’en quel¬
ques endroits de fon babil , je ne me
lente obligé d’y répondre , comme
fur ce qu’il clit que je ne fçaurois
pas faire une période latine.
Monfieur Zvelfer doéleur bulla-
tus vous ne prenés pas garde à l’in¬
jure que vous faites à vous même,
de dire que je ne fçaiîlois faire une
période latine , fans douce ça été
pour me devancer & pour me faire*
taire une vérité que j’ay appris dé¬
nis long-tems, & qui m’eft con-
rmée tous les jours de la bouche
de diverlès personnes de vôtre na¬
tion dignes de foy que je pourrois
nommer par nom & liirnom , qui
m’ont aflèuré en divers tems, que
Monfieur Zvvelfer qui fait tant le
célébré ne Içauroit écrire ny parler
fix mots de Latin fans broncher , &
qu’une partie de ce qui paroit au:
jour fous fon nom , il l’a composé
en Alemand , & a emprunté la plu¬
me d’autruy ^our le tourner en La¬
tin & pour luy parachever fon ou¬
vrage. Mais làns doute on me ré- •
pondra qu’il n’eft pas polîîble qu’un
homme foit Médecin , s’il ne Içait
parler Latin, je* l’avoue j mais pour
répondre à cette objeélion , je di-
ray auffi que Zvvelfer a fait la fon-
élion d’Apothicaire l’elpace de quin¬
ze ans 3 & qu’ils fçauront qu’il n’efl::
pas Médecin per gradué coujketos
& ordinarios -, mais bien Médecin,
en vertu d’une bulle que fo Maje-
fté Impériale a donnée , & ainfi il-
faut conclurrc que fi Zvvelfer étofo
Latin, fon ambition qui eft grande,,
l-’auroit poulsé de palier par les de¬
grés accoûmmés & ordinaires de
cette renommée & floriJÏànte 'Vni-
verûté:
544 Réponce
verfîtc en Medeeine de Vienne > puis
que comme il dit qu’elle luy a été
fi favorable, d’avoir fait fôn Apolo¬
gie & agréablement accorde fa cen-
Iure,fàns pomtant le cenfurer. Néant-
moins je dis qu’il' y a eu de la pru¬
dence en Zvvelfer de ce qu’il a
fauve les apparences de ne s’étre
pas exposé 3 la risée de fes amis,
& de ceux qui ne connoilicnt pas fbn
foible.
Il ne faut plus infifter fur ce poinâ,
le Latin que Zvvelfer a fait im¬
primer nous le confirme , la chofè
nous eft trop conneuë pour palïèc
à, fon ingenieufè préparation du fy-
rop Aceteux composé de Mefùé,
d’y répondre ponéluellemcnt à tous
les termes , fèroit à proprement par¬
ler abufer de l’ancre, du papier, ôc
employer mal fbn tems , parce que
toutes fes raifbns font tellement em¬
brouillées & conflifès , que je ne me
veux attacher qu’a ce qui mérité
réponfè , pour fatisfàire à mon hon¬
neur.
Avant que toucher au neud de
la queflion, il eft important que" je
fâft'e voir comme Zvvelfer s’eft en
partie retrafté de fôn modus facien-
di du fyrop Aceteux en cette der-
nicre édition de ce qu’il a dit en fa
precedente , de mettre les ingrediens
dudit fyrop à diftiller au B.M. avec
deux livres de vinaigre diftillé très-
fort jufques à ficcité , comme a été
déjà dit. Et en cette derniere edi-
dition , après avoir veu ce que j’ay
relevé à propos contre luy , recon-
noiftànt nne partie de fa faute , il a
creu de la réparer fîiffifàmment , en
mettant fes ingrediens en macéra¬
tion par un jour dans l’efprit de
vinaigre , cela fait , il coule fon ih-
fufîüa, exprime les matières & cla¬
rifie la liqueur. le vous prie tous
clairs-voyaiis de confiderer qu’eft-cc
qui l’a obligé de fe retraéter de la
forte , cela procédé de ce qu’il n’a-
voit'pas bien confideré fa premiè¬
re operation j mais qu’eft-ce qu’il
arrive en fa fécondé pratique , pire
qu’en la première.
Le neud de la queftion touchant
le fyrop Aceteux composé de Me¬
fùé, eft,que je fou tiens que Zvvel-
fer par fbn ingenieufè préparation
rend là compofition de ce fyrop
Ïilus defcélucuiè que celle de Mc-
ùé le peut être par fbn fentimenr.
En premier lieu le bon homme
Zvvelfer de quoy s’éroit-il avisé de
diftiller les ingrediens de ce fyrop
au B. M. avec la quantité defignee
de tres-fort vinaigre diftillé ? c’étoit
à deflèin de fe faire admirer en fa
nouvelle pratique ? mais comme quoy
en fbn imperfeélion. Il confie de ce
procédé, que nôtre Zvvelfer eft mal
versé dans k Chymie , & que fa
tête va plus vite que fes pieds : car
pour diftiller i’efprit de vinaigre très-
fort, ou le fort vinaigre diftillé »&
bient deflegmé avec les fiifdics in-
grediens , il faudroit faire cette ope¬
ration par un degré de feu plus fort
qu’au B.M. à caufè de la pekn-
tcur de l’efprit du vinaigre, qui eft
actaché en un tartre crud ôc indi-
geft , qui le rend difficile à monter.
Pour un fécond où avoic-il la pen¬
sée de s’imaginer d’enlever par cet¬
te operation les parties fulphurees,
ccherces Sc balfâmiqucs , comme il
parle des ingrediens de ce fyrop, que
fon nouveau fcétateur appelle fel
volatil.
a l'apologie
volatil J que pour m’être voulu fcr-
vir de fes propres termes , Zvvcl-
fer m’en reprend en invedlivant con¬
tre moy J ce qui fait voir qu’entre
eux ils ne s’entendent point en leur
raifonnement non>plus qu’en leur
méthode. Ne doivent-ils pas fçavoir
que le vinaigre diftillé , particulière¬
ment celuy qui eft très-fort & bien
deflegme j n’eft pas un menftru'é
propre pour attirer la vertu de tels in-
grediens : font-ils fi depourveus d’ex-
pericnce qu’ils n’ayent fait quel¬
quefois cuire des végétaux dans le
vinaigre , ou partie d’iceux ? igno¬
rent-ils qu’ils s’y endurciflènt au lieu
de s’y r’amollir , la raifon de cela
eft'j que les pores du vinaigre ne
conviennent point avec les atomes
des ingrediens du fiifdit fÿrop , &c
par confequent les parties fulphu-
rées , etherées , & balfàmiques , Cli¬
vant nôtre maître Zvvelfer , ôc le
fel volatil , fiiivant fon fedtateur,
ne peuvent être difibutes ôc atti¬
rées par le vinaigre diftillé j à cau-
fo de fon ^artre , au contraire el¬
les reftent dans le marc , c’eft la rai¬
fon pourqiioy il faut être prudent
à ne mêler point certains acides
dans les infufions, ny dans les dé¬
codions ; fans m’expliquer plus au
long 3 les entendus comprendront
ce que je tais. Pour le regard de
mon Antagonifteil n’en faut pas di¬
re davantage , puis qu’il m’avoue fa¬
cilement cette vérité s en reformant
fa nouvelle Animadverfion fur ce
fyrop,en là derniere édition, com¬
me a été cy- devant allégué, quand
il a changé la diftillation pour la
macération. Mais ce qui prouve en¬
core mon dire , & qui découvre
de Zvvelfer, 54J
la foiblefïè de fa fécondé rncchpde,
eft qu’aprés avoir macéré les in¬
grediens dans l’efpnt de vinaigre,
la colature & l’expreffion faite , il
verlè fur le marc trois livres d’eau
& les fait bouillir lentement jufqiies
à la confomption des deux tiers,
pourquoy faire ? pour attirer par cet¬
te longue codion , ce que l’efprit de
vinaigre n’a Iceu attirer, qui font les
parties craflês , gluantes & terreftres,
afin que rien ne fe perde des qua-
litez & vertus des ingrediens. Mais
le pauvre homme s’abufo de croire
qu’il n’y ait que les parties crafo
les & terreftres qui reftent dans le
marc de la diftillation ou de la ma¬
cération , au contraire les plus fub-
tilcs , tant du vinaigre diftillé que
des autres ingrediens, d’où la prin¬
cipale partie de ceux-cy, qui eft aro¬
matique fo diffipe par la longue co¬
dion , comme avoue Zvvelfer mê¬
me en divers endroits. Cette mé¬
thode femble à quelques - uns être
quelque choie en fon extérieur; mais
à la confiderer en Artifte,elle eft con¬
damnable par les raifons lùs-alle-
guées & par l'experience.
En continuant d’examiner le mé¬
lange de Monfieur Zvvelfer , je feray,
voir à l’œil , que plus il s’exprime
pour conferver les vertus entières
des ingrediens de ce fyrop , que
plus il les diffipe , pôle le cas même
que ce qu’il a dit fût vray. Il prend
une livre de la decodion , tant en
l’une qu’en l’autre édition, la clarifie,
&: avec trois livres de focere fin ies
cuit en confiftcnce de Tablettes , &
avec les deux livres ou environ de
fon elprit de vinaigre empreint des
prétendues vernis lulphurées,etherées
XX &
34^ Reponce
ÔC balfamique des fiifdits ingre-
diens , déciiit fon üiccre pour le
rendre en confiftence de fyrop par
le moyen d'une ou de deux ébulli¬
tions , ou par 4a feule diflblurion du
fuccrc.
En premier lieu , il devroit fça-
voir ce qu'il ignore j que , de cuire
douze onces & demie d'ingrediens,
comme ceux qui composent le iÿrop
Aceteux en trois livres d'eau julqucs
à la confômption de deux tiers,
apres les avoir diftillés avec deux
livres d'efprit de vinaigre , qu'il ne
peut relier dans le vailîèau qu'une
matière en forme de bouHe , qui
contient , comme à été cy- devant
dit , non feulement les parties craf-
lès Sc terreftres que Zvvelfer pré¬
tend d'en tirer par cette codtion-,
mais auffi les parties plus aigués de
l'clprit de vinaigre , & les plus fub-
tiles & tenues des ingrediens. Cet¬
te matière coulée Sc fortement ex¬
primée , rendra bien environ une li¬
vre de liqueur , mais il arrivera auf-
il en la clarifiant-, comme Zvvelfer
demande qu’elle diminuera de beau¬
coup de fon humidité & de fi ver¬
tu ; la raifon de cela eft , que le
blanc d’œuf étant exaétement mêlé
par l’agitation qu'on en feit avec la
decoétion, fi-tôt que la chaleur du
feu commence de les penetrer on
en void feparer le blanc d’œuf, qui
a tiré & embrafsé à foy toutes les
impuretés de ladite decoétion avec
une bonne partie des atomes qui
contiennent la vertu des ingrediens,
cela fe fait d'autant plus facilement
qu’il s'y trouve de l’acidité du vinai¬
gre, d’où vient qu’en tels rencon-
^es. il faut doubler la dofe des in¬
grediens , fi on defire de voir quel¬
que effet de la compofition , comme
nous pratiquons tous les jours aux
médecines laxatives que nous cla¬
rifions pour les rendre plus agréa¬
bles , qu’il faut doubler la dofe dci
principaux purgatif;.
De plus parce que cette livre de
decoétion contient beaucoup de fe-
ces groflîeres, qui retiennent quelque
portion d’humitiité , il arrivera qu'a-
prés l'avoir coulée il n’en reftera
pas fix onces, defquelles je defie
toute la fubtilité la plus ingenieii-
fe de nôtre Doéteur fans degrés de
pouvoir diifoudre trois livres de fuc-
cre , poids de Medecine , pour les
pouvoir cuire de la façon qu’il en¬
tend en aucune confiftence de fyrop.
Voilà mon raifbnhement que je
viens de tirer de l’expcricncc avec
toute l’exaétitude requife, de laquel¬
le je rapporte une fidele vérité , qrri'
eft bien opposée à celuy de nôtre
très- aigu cenfeur. Ce n’eft pas donc
fans flijet, fi j’ây dit qu'en tout fon
procédé il y avoit prefquc autant de.
fautes qu’il y a des mots.
Pour un fccondjMonfieur Zvvelfer,
vous qui. avis exercé laPharmacopfc
jufques à l'âge de trente ans , je m’é¬
tonne grandanentde ce qu'un efprit
u-anfeendant;, comme le vôtte en ait
rapporté fi peu de fruits ; ôC' que 'le
progrès que vous avés fait en Italie
pendant que vous y avés enfeigne
la Chymie , ne vous aye ouvert
l’entendement, pour vous faire com¬
prendre que les racines & les fe~
mences qui compofènt le fyrop Ace-
teux de Mefué , quelle vifeofire
qu’elles puiffent rendre par votre,
longue coétion Sc confômption des
^ deux
a t Apologie
deux tiers de Thumidité que vous
y faites entrer , pour attirer ee qu’el¬
les ont de plus vilqueux , que par
laddité du vinaigre j & la clarifiea-
tion du blanc d’œuf > elle fe réduit
entièrement en feccs , & ne contri¬
bue point de vertu à vôtre lÿrop>
comme tous les clairs-voyans vous
allèureront avec l’experience. Cet
erreur n’eft pas petit Monfieur Zvvel-
fer , fi vos yeux ne l’ont point ap-
perccu, c’elfc à caufe que vos fens
étoient par trop préoccupés à cher¬
cher des (aies injures , & des ca¬
lomnies pour noircir la vérité qu'on
vous apporte. Mais encore ce qui
redouble mon étonnement eft de
vous entendre dire , de cuire le fiic-
cre en. confiftence de Tablettes avec
vôtre décoction , qui n’eft prelque
que le refidu du vinaigre , de la di-
ftillatiott-on de la macération , com¬
me il vous plairra j qui refte après
l’évaporation de l’eau de la deco-
dtion. Vous êtes trop galand hom¬
me pour ignorer que le fuccre que
.quelques-uns appellent allez pro¬
prement fcl balfamique , foit le fiic
dépuré & concret d’une plante de
fubftance yifqueufe , fi pur que l’art
le puilic rendre : il fe faut fervir
d’une adreffe plus particulière que
celle que vous voulés introduire
pour le réduire en forme de Tablet¬
tes neantmoins il me paroît que
vous n’avés point fait de reflexion
fur la fubftance , & moins encore
fur celle du vinaigre diftjllé 3 celle-
là eft grofliere 6c cralfe 3 & celle-
cy tenue 3c fubtile ; la tenuité de
celles-cy divife , fepare 6c defimit
la vifeofité ôc craflitie de celles-là,
en telle maniéré que les plus hahi-
âe Zwelfer. 547
les hommes par l’art du feu , com¬
me vous enfeignés , n’en fçauroient
conduire la cuite approchant de la
confiftence de Tablettes , fans le
brûler, & le rendre d’une faveur
entièrement defàgreable , 6c de ver¬
tu contraire à vôtre intention. Voi¬
là Monficur Zwelfer des raifons qui
ne preuvent pas les avantages que
vous vous donnés en divers en¬
droits de vos écrits , ôc qui ne cor-
refpondent point aux trophées que
vous dites vous être bâty dans les
fciences , 6c à la fcience confidera-
ble que vous avés acquife en vos
pérégrinations. le n’ufe point d’au¬
tres termes que des vôtres , pour
vous dire que vous prenés grand
plaifir à vous chatouiller ôc de vous
entendre louer de ceux qui ne vous
connoifiènt pas bien , tout cela
fuggere en vôtre cfprit des flate-
rics trompeufes , vos écrits confir¬
ment à toute la terre cette vé¬
rité.
Pour un troiziéme Monfieur Zvvel-
fer 3 il faut que je vous avoue , que
je ne puis comprendre où eft-ce que
vous aviés l’efprit , lorfquc vous
avés dit que trois livres de fuccre
par une feule livre d’eau ou de de-
codion peuvent être cuites prcfque
jufques à la confiftence de Tablet¬
tes 3 non pas à celle de fiiccre Ro-
far. Zwelfer il faut avouer qii’il
vous manquoit bien d'expcrience 6c
de raifons pour amplifier vôtre ré¬
ponce 3 de faire différence entre la
confiftence du fiiccrc cuit en confi¬
ftence de Tablettes , 8c celle du fùc-
cre Rofàt. Vous fçavés fans doute
bien , fi vôtre prefomption ne vous
la fait oublier qu'il n’y a point de
i X X Z diffe
34^ Réponce
différence , ou en tout cas quand il
y en auroit , il le feue prendre au¬
trement , & dire cuites prelque en
confîftcnce de fuccre Rofat , & non
pas à celle de Tablettes parce que
le lliccre Rofet pour avoir quelque
efpece de bonté , qui confifte tant
feulement en 1 odeur que l’eau Rô¬
le communique au fuccre , comme
avons déjà dit en Ion lieu» il faut
que feize onces de fuccre Tabarzet
cuit avec de bonne eau Rofe en
fuccre Rofat & réduits en Tablet¬
tes donnent deux onces pour le
jT^oins d'augment , qui revient à dix-
huit onces avec le fuccre. Et au
contraire en certaines Tablettes ou
_Eleduaircs folides , où il y entre
des pulpes & des poudres , il faut
que le fuccre foit plus cuit , & qu’il
n’y refte point , ou tres-peu d’hu¬
midité j à caufe des pulpes qui dé-
aiifent le fuccre , & ainfi mon pau¬
vre amy Zvvelfer , il vous feroit plus
fecile d’approcher la cuite de vôtre
ficcre de la confiftence du lùccre
Rofet qui ne doit pas être fi for¬
te que celle de Tablettes où il y
entre des pulpes. Voilà le myftere,
ou pour mieux dire , une invention
de Zvvelfer pour amplifier fe ré¬
ponce , à la façon de ceux qui ne
fçavent que répondre j car quoy que-
j’aye fait différence entre la cuite
de Tablettes & celle de fuccre Ro¬
fet , il ne mérité pas d’en parler,
puis que l’ufege a donné le nom de
Tablettes fimplement à noftre fuc¬
cre Rofet J à caufe qu’il eft d’un ufa-
ge plus frequent qu’aucune autre for¬
te de Tablettes,.
Palfons au quatrième , quand me-
me je concederois êc approuyerois-
tout ce que Zvvelfer vient de dire, il
tombe d’un erreur en l’autre , & feir
voir que fon procédé eft contraire
à fon intention , quand il parle de
cuire trois livres de fuccre fin avec
la decod-ion clarifiée des ingrediens
en confiftence de Tablettes, & après
il y ajoute le vinaigre diftillé , bien , **
imbu & pénétré de la vertu des in¬
grediens , afin que par la feule dif-
Iblution du fuccre fans autre cochon,
de peur que les parties fubtiles &
Ipirimeufes des ingrediens qui font
dans le vinaigre ne s’évaporent
par une longue & violente co¬
chon.,
le fiiis en peine quel jugement je
dois feire de la doétrine de Mon-
ficur Zvvelfer , fi je n’avois de la.
charité pour luy, & que je fulfe com¬
me il parle fens Religion, je m’em-
porterois contre luy , pouffé d’un ju- ■
fte reffêntiment ; mais l’une & l’au¬
tre m’émeuvent à compaffion, de voir
que la mémoire luy defaut d’une pé¬
riode à l’autre par fes frequentes eon- /
tradiétions,
La reflexion qu’il a fait fer la Re¬
marque de ce lÿrop en ma prece¬
dente édition où j’ay dit, qu’on ne
fç auroit cuire en confiftence de fuc¬
cre Rofat les trois livres de fuccre
avec une livre de dccoéhon ; re-
connoiffànt une partie de fe faute,
il l’avoüe en la réponce qu’il me
feir , en difent qu’on les peut
cuire; prelque en confiftence de Ta¬
blettes , & d^s la defeription , il
dit en propres termes , Coqurnttir
ad confiflentiam Tabulati. Mais pau¬
vre Artifte ©ù en êtes-vous , vous,
n’y voyés goutte , fi vous ne prenés
des lunettes , ou fi vous n’ufés de. .
ce-
a l' Apologie
ce Collyre dont vous paxiez fi fbu-
vcnc. Si vous ne pouvés cuire vô¬
tre fuecre qu’approchaitt de la con¬
fidence de Tablettes , qui eft une
confidence un petit moindre , fiii-
vant vous , que celle du fuccre Ro-
fat , je vous foûtiens avec lexpe-
riencej que vous ne fçauriés faire
entrer trois onces par livre du vin¬
aigre didillé ,5 que vous pretandés
être empreint des principales vertus
des fimples , pour les réduire en con¬
fidence de fyrbp. Et je demande que
deviendront , les neuf onces qui re-
fteront de vôtre vinaigre’, de les
jetter 5 fuivant vodre ièns , ce feroit
perdre la moitié de la vertu- dudit
îyrop J de le faire cuire & confii-
mer , il en arriveroit de même par
vôtre raifonnement. Voyés dont en
quel labyrinthe vous vous êtes jet-
tés , il auroit beaucoup mieux valu
pour vôtre honneur, que vous m'eut-
fie? laide làns réponce , pour évi¬
ter le blâme que vous encoure? de
vos meilleurs amys.
le ne dois pas laidèc en arriéré,
s'il m'ed polTible , poiur retirer mon
pauvre Adverfaire de fon devoyement
iur ce qu'il dit. N’enfeigne-je pas
en termes cxpre? , que les elpeces
qui redent dans la cucurbite - après
la didillation , à fçavoir les femen-
ces & les racines , dont l'energie &
les plus fubtiles parties fe font dé¬
jà par la didillation changées en
vinaigre.
Helas pauvre Zvvelfer vous êtes
digne de commiferation ! je pardon-
nerois volontiers une telle faute à un
Apprentif Chimide de fix mois , qui
parleroit comme vous , ou à quel- .
que groffier didiUateur d’eau de vie j,
mais à Monfieur Zvvelfer qui veut^
palier pour le Phœnix des Chimi-
ftes en Alleirjagne, je n'y dois poini/
de quartier. Il faut que je fade con-
noître malgré moy qui vous êtes
pour abattre de vôtre orgueil. Bon
Dieu où ed l'elprit de ce grand Ge^
^nie , qui s'imagine que de parler à
un Apothicaire de Montpelier , que
quoy qu’il die , que tout doit être
bien rcceii , de dire que les plus
lùbriles parties des ingrediens qui
compofent les vertus du fÿrop Ace-
teux composé de Mefiié , ih font
changées en vinaigre par la dif^la-
tion. Pauvre cerveau didoqué T fi
cela étoit , le vinaigre en feroit de¬
venu plus puidànt , par le renfort
qu’il auroit receu de la vertu des¬
dits ingrediens. Amy Zvvelfer , il
arrive tout le contraire , j’eftime
qu'aprés m’avoir oui , en quelle alfie-
te que vôtre efyrit fe trouve , vous
n'oferie? fi opiniâtré que vous fbyez,
me defa vouer, parce que c'eft une
vérité fondée far la raifon & fiir
l'expedencc. le dis qu’il en eû du;
contraire , parce que le vinaigre cli-
ftillé n’appete point la vertu balfà-
inique , etherée & fitlphurée des vé¬
gétaux , comme nous vous avons-
cy-devant dit; mais il cherche tou¬
jours avec avidité ce qu'il a perdu,,
qui eft fon phlcgme. Or en cette
diftillation , les racines recentes de
Fœnoüil, d'Achc & d'Endive y en¬
trent au poids de neuf onces , -qui
font humides d’environ de quatre
onces de fixe , d'où la plus grande;
partie eft une humidité fuperduê, que
le vinaigre diftillé attire puidàmment,.
& laide la vertu des femences :■ de
feçon que la partie aqueufe des fucs
XX. J. monte
5 r O R eponce
monte la première comme le phleg-
me quand on diftille le vinaigre , la¬
quelle humidité rapporte une petite
partie de l’odeur , & faveur des ra¬
cines' de fœnoiiil & d’ache, & attire
aulïï une foible odeur & faveur des
fernences,qui font de petites marques
delà verw des ingrediens que nôtre
Adverfaire exalte tant. L’cfprit de
vin en fait de même fur la Canelle
quand on en diftille l’eau avec le feul
vin blanc , particulièrement en la re-
.élification ,1’elprit monte le premier,
clair comme de l’caii de fontaine, fi
on change de récipient , avant que
les gouttes blanches commencent de-
diftiller, il n’aura ny f odeur , ny la
faveur de la Canelle , & ainfi par
cette operation l’efprit de vinaigre
fe trouve beaucoup plus foible, &
ce qui contribue encore pour l’aflbi-
blir , cft qu’il en demeure environ
de neuf onces du plus fort , qui eft
imbu dans le marc qui refie dans
la eucurbite , comme a été cy-
vant allégué. Examinez bien mes
raifons avec tranquillité d’efprit,
Ôc vous les trouverc.z fort judi-
cieifiês.
Mais qu’ay je dit mon cher
Antagonifie , je pourrois m'être
trompé de vous acculer d’ignorance
fiir ce que vous venez de dire que les
parties plus fubciles des ingrediens,
par la .diftillation fe font changées
en vinaigre. Prenez garde que ce
ne lôitplûtôt un effet de vôtre adref. '
fe qui vous l’ait fait dire , lors que je
'VOUS ay fait prendre garde aux fau¬
tes que vous avez faites en la métho¬
de de ce fyrop , & que pour n’être
pas dit qu’un Apothicaire, tel que
vous le dépeignez , vous aye feit
changer d’opinion , vous avez pof-
fiblecreu qu’il vous feroit plus fiant
de dire que la vertu des ingrediens
s’étoit changée en vinaigre pour
vous couvrir, par ce que la vertu ful-
phurée , etherée & balfamique > ne
paroit que très -peu & paroiftroit
encore moins fi le fiic des racines ne
L’enlevoit par les raifons cy-devant
alléguées , neantmoins quelle des
deux intentions que vous ayez eu,
vous ne fçauricz vous relever de telle
cheute.
Voilà mon cher Antagonifie, un
échantillon de ce volume redicu-
le que vous attendiez de moy , fur
le lÿrop Aceteux , refervant le
furplus à une autre occafion , s’il
vous refie du cœur pour me ré¬
pliquer.
Nôtre adverfiire Zvvelfer aprez
s’être demené un long-temps’, com¬
me l’oyfcau fiir la branche, fur le
lyrop Aceteux compofé , & nous
avoir fait connoître la foiblelîè de
fin genie & les fautes qu’il commet
en l’une & en l’autre Medecjne. il
veut encore enchérir , pour mieux
faire admirer fa vanité , fiir le fyrop
d’Armoife de Matthieu , oùilper-
fifie en fa première opinion , & dit
que la pratique & l’exercice luy ont
fait voir qu’une dceoétion non feu¬
lement de quarante trois ingrediens,
mais de plufieurs autres , peut par le
moyen des blancs d’œufs , & de la
crefi-ne de Tartre être clarifiée , 3c
depurée de telle forte particulière¬
ment lors qu’il n’y a point de cho-
fes i-nucilagineufes , comme celles
qui entrent dans le fyrop d’Al-
thea , de Fernel , que fans beau¬
coup dlartificc avec du fuccre, elle
a l' Apologie de Zwelfer. 551
fè peut cuire jufques à la confîftcn-
ee de Tablettes j .fàns aduftion du
fuccre , & même s'il eft neceC-
faire prsfjue à la: confiftence de
penides.
Si Monfieur Zvvelfer nous fait
connoître quelle eft fa vanité >
quand il fe met au rang des Illu-
ftres perfonnages , il ne nous don¬
ne pas moins à connoître quelle eft
fà capacité en difcourant de. fà pro-
feffion , une preuve de mon di¬
re, eft qu'il fbû tient également &
avec chaleur , tant le menfbnge que
la vérité , & croiroit de commettre
un crime de ceder à ceux qui en fça-
vent plus que luy, l'ajoute encore
une autre preuve de cette vérité ,
quand il dit de réduire en un corps
toutes les qualicez & vertus des
fimples qui compofènt le fyrop
d’Armoifè , fàns en perdre aucune
petite portion. Mais par fôn inge-
nieufè préparation i il nous fait évi¬
demment connoître qu'il en fait plus
diflîper qu'il n’en retient , & ainfi il
fe trompe grandement comme l’on
verra par la fuite.
En premier lieu il eft à remar¬
quer que Monfieur Zvvelfer dit
qu'il faut procéder en la eompofi-
tdon de ce fÿrop de même maniéré
qu'au fyrop Aceteux , fi on defire
de conferver toute la verm des fim¬
ples tant des Aromats que des au¬
tres qu'il faut imbiber avec trois
livres d'eau , puis aprez diftiller le
tout au bain marie , jufques à fic-
cité. Mais nôtre bon amy Zvvelfer
«e prend pas gardé qu’il n'obfèrve
pasicy en la dofe de ces ingrediens
là quantité de l’eau pour enlever leur
veitu. qii'iL a obfervd au precedent
où il renvoyc l’Artifte, fiir lefqiiels
il a doublé la quantité du vinaigre
diftillé , & en cetuy-cy que les fim¬
ples fuivant la defeription de Mef-
fieurs d’Ausbourgpefent trente fept
onces, il n’y met de liqueur pour les
imbiber , que trente fix onces, qui
eft une once moins au lieu d’en dou¬
bler ladofè comme il. a cy-devant
fait. De là on peut inférer que l’efe
prit de nôtre amy Docteur eft iné¬
gal, & qu'il a grand befoin d’appren¬
dre avant qu’il fe doive mêler d’en-
feigner.
Confiderez je vous prie, s’il y a
delà proportion entre trois livres de
liqueur , & s’il eft poffible qu’elles
puiffènt attirer par la diftillation tou¬
te la vertu des Aromats qu’il appel¬
le fulphurée, etherée & balfàmiqiie
de trois livres une des fimples , qui
entrent en la compofition du fyrop
d’Armoife. Le bain marie qu’il y
employé ne convient point pour cet¬
te operation non plus qu’aux pre¬
cedent fyrop , comme il a été dit.-
Diftilier jufques au fec, cela prefùp-
pofè d’en retirer autant de liqueur
qu’on y en a mis , mais pour ce
feire, ce qu’il n’eft pas poffible, il y
faudroit bien employer du temps-
pour efperer d’en venir à bout , Sc
l’operation feroit de beaucoup pluS'
ennnyeufe qu’vtile. Au contraire ont
ne fçauroit tirer ( feifant cette ope¬
ration dans les termes de l’Art) plus-
haut de dix huit onces , le reftanc
de la liqueur demeureroit imbue',
dans le marc , avec la plus grande-
partie de la tenuité de leur fùbftan-
ce , quoy que la plus grande partie'
des fimples ayent leur humidité na¬
turelle ,,elle s’y trouve en petite quan-
3 52- Réponce ^
tité comme aux plantes chaudes , &c
comme ils font d’une fubftance rare
ils font capables d’en recevoir beau¬
coup d’ailleurs & de la retenir par¬
ticulièrement ceux qui font fecsj
que fi on vouloit poullcr le feu à
fonds pour en retirer toute l’humi¬
dité > tout ce qui toucheroitla cucur-
bitc , comme font les parties crafi-
fos & terreftres qu’il prétend de
tirer par la coélion aprez la diftil-
lation fe brûleroient , ce qui don-
neroit une mauvailè qualité à l’une
& à l’autre , à fç avoir j à l’eau
diftillée & à la decoétion , & de
la forte ce fcroit un travail en vain,
& prendre une peine pour gâter
toute la compofition: Enfin de
quelle façon que le doéte , tres-
fobtil & ingénieux Zvvelfer l’en¬
tende » il ne fera rien qui vaille>
foit qu’il n’en tire que dixhuit on¬
ces , ou qu’il diftiile julques au foc,
cette quantité de liqueur eft trop
petite pour attirer toutes les plus
fubtiles ' parties des ingrediens , &
ce qui refteroit d’aromat dans le
marc , par là longue coétion s’en-
voleroit , & celle - cy trop grande
pour décuire & donner la confi-
ftence de fyrop au foccrc , qui au¬
ra cuit avec la d^coélion en confi-
ftence de Tablettes, parles raifons
cy-devant alléguées , que pour em- .
ployer toute la liqueur qui contient
la fobftance fulphurée etherée &
balfamique , il la faudroit foire
bouillir avec le foccre , d’où le
plus fubtil s’envoleroit en l’air de
même qu’en la precedente deco-
étioH , ou bien au lieu de pren¬
dre une quantité raifonnable de
foccre comme Mefiîeurs. d’Aus-
bourg , qui en mettent quatre li¬
vre . , il en faudroit prendre pour
le moins huit à neuf livres , quan¬
tité qui affoibiiroit granckment la
vertu dudit fyrop : nôtre dôéleqr a
bien preveu quelque chofo de ce¬
la , puis qu’il n’a point ofé fc dé¬
terminer en la dofe du foccre de
peur de s’ambarrafler davantage ,
il a dit d’en prendre quantité fuffi-
fante.
Nous avons fait voir clairement
en ce premier point de la diftilla-
tion , la confufion & le defordre de
Monfieur Zvvelfer , enfemble fon
ambiguité , qui le mène d’un er¬
reur en l’autre , lors qu’il fo voit
preûTé de la vérité ne fçaehant où
s’en prendre pour répondre.
Pour un îècond, nôtre Maiftre
Zvvelfer , n’eft pas en moindre
peine à faire cuire la refidence
' ou le marc des ingrediens de la di-
ftillation de fon fyrop d’Armoife ,
qu’il a été pour les difiiHer j car
slil a pris trois livres d’eau pur
cuire ceux du fyrop Aceteux , qui
ne ptlènt qu’une livre & demy
once , il en faudroit prendre pour
cettuy - cy neuf livres à propor¬
tion , qui eft le triple dés ingre¬
diens , puis qu’il y fout procéder
comme en celuy - là & les foire
confumer des deux tiers. Cela
foit , je demande à nôtre maî¬
tre que deviendra pendant cette
longue codion fi lentement qu’on
y procédé , la portion de la ver¬
tu des aromats qui a reftç dans
l’Alembie ? elle fe diffipera en
l’air , qui eft autant de perdu.
Mais encore comment coulera -il
fo decodion , puis qu’il n’y tefte
a l' apologie
qu’autant pefànc de liqueur qu'il y
a de mcdicamens , qui feront ré¬
duits comme en pâte , par la con-
fômption trop grande de l’humidi¬
té J plutôt capables de pafler par
un tamis renverfé à mode d’un Ca-
taplafme qu’à travers un couloir
pour en feparer la liqueur , je
veux qu’il en pafle une livre , que
fèra-elle ? une decodion gluante
& vifqueufè j qui contiendra en
elle pour le moins le quart de fc-
ees , que ferez- vous de ce qu’il y
aura de clair , fuivant vôtre mé¬
thode pref'criptc vous la clarifierez,
ce qiri vous reliera aprez la cla¬
rification , &c la colature fera
tres-peu de chofe qui ne reviendra
jamais à lîx onces. Cette liqueur
jlèra - elle capable de diflbudre &
cuire cette quantité fï.iffifântc de
fîiccre que nôtre Dodeur deman¬
de, cette quantité fîiffifànte fe peut
entendre en deux façons à fçavoir
pour le plus ou pour le moins de
quatre livres , qui eft la dofe de
Meflieurs d’Ausbourg comme a été
cy-devant allégué -, mais de quel¬
le façon qu’il l'cnténde nôtre Do-
deur devroit bien fçavoir qu'il y
a de l’impoffibilité , s’il n'a recours
à quelque philofophie imaginaire
, qui luy falfe croire que le blanc eft
noir. Et ainfi toute là procedure eft
ingenieufè à faire diflîper la meil¬
leure partie de la vertu des ingrc-
diens de ce fÿrop , au lieu de la
conferver jnfques aux moindres par¬
ticules.
Pour un troifiéme, je ne m’éton¬
ne pas fi Monfieur Zvvelfér a la
hardicife de foûtenir contre la vé¬
rité qu’on puilfç cuire la fufdite
de Zvvelfer, 555
decodion avec le fiiccrc en con-
fiftence de tablettes & même preC-
que en Penides , puis qu'il fait gloi¬
re en tout rencontre d’en ufer de
la forte pour défendre ce qu’il a
mis une fois en avant. Helas où
eft vôtre pensée Monfieur Zvvel-
fer d’avancer des chofes fi éloignées
de la vérité , il en eft de vous com¬
me de ceux qui fçauroient quelque
chofe , s’ils n’étoient déjà perfua-
dez d’être fçavans. le n’aurois
point d’autres raifons à vous allé¬
guer Monfieur Zvvelfer , pour ne
point ufer de vaine redites que cel¬
les que je viens de vous dire au
Syrop Aceteux , n’éroitque vtJus me
pourriez répondre , que ces ingre-
diens icy ne font point imbibez de
l’efprit de vinaigre comme les pre¬
cedents , &c que par confèquent la
' difficulté de les pouvoir cuire en
confiftence de tablettes celle. Il eft
vray ^u’il n’y a point de vinaigre
diftillé , , mais auffi le nombre des
medicamens y eft plus grand , &
le poids d’iceux eft triple , qui rend
la decoélion de beaucoup plus craf-
ft & vifqueufè 5 & les racines d’af.
perges , de Brufeus & autres y con¬
tribuent beaucoup , & je defie nô¬
tre célébré Doéleur, quoy qu’il fça-
che dire de pouvoir cuire le fuccre,
avec la decoélion à la façon 'qu’il
le preferit , en confiftancc de tablet¬
tes à pouvoir jetter fiit un mar¬
bre , ou fiir du papièr fans brûler
le tout , & encore plus de pou¬
voir approcher la cuitee de celle
des Penides, j'en appelle à témoins
tous ceux qui font bien verfez en
nôtre profeffion , car pour nôtre
Dodeur la fuffifànce qu'il a , luy a
y y fait
5 5 4 Reponce
'"ait oublier le peu qu’il en avoir ap'
pris , & ne luy refte que des moyens
.pour renverfer les compofitionsj en
décriiifant leur vercus , en coût pu
en partie , tant par là méthode
de les conftruire , que par les ad¬
ditions ou Ibuftradions des medica-
mens qu’il y pratique , comme il fe¬
ra plus amplement déclaré en Ibn
lieu.
Pour un quatrième , vôtre derniè¬
re pratique, pauvre Zvvelfer , lèra la
clef du prelènc fyrop , qui ferme¬
ra une Dodrine la plus erronée ,
qu’on oferoit mettre fous la preflè.
Quand je vous accorderois que tout
ce que vous venez de dire feroit
vray , en bonne cpnfcience ou fon-
iez-vous de dire en l’Animadver-
on de ce Syrop. Nota tamen,
^uod deeoBum , Jîc Jpeciebuijam
fiillationem pajfis paratum , cum
Sacchare ad totalem Tabulati con-
pfientiam redigendam fit , eut
tandem aqua defiillata odorifé-
ra & fpiritHofa incompeter.ti quan-
titate ( ^-vij circiter ad tb. /. Sac-
chari ) addenda efi , ut fine ul-
tenori coUione Syrupi confifientia
txurgat.
Monfieur Zvvelfer vous qui
avez entrepris par un genie tout
particulier de corriger les compo-
fitions de la Pharmacopée d’Aus-
bourg & de rcgler les dofes des
limples qui y entrent , pour les
rendre plus parfaites en leurs ope¬
rations , neantmoins j’âpperçois en;
beaucoup de rencontres , qu’au lieu
de les corriger, & d’ùnir toutes
leurs vertus enfemble par une ju-
fte préparation , vous les perdez-
««parue, potin «’avoir pas de bons.
principes , ce qui me fait dire-
qu’aprez vous être engagé en un fi
difficile travail que vous auriez
prudemment fait de conférer avec
quelque habile & fçavant Apotlii-
Caire de beaucoup de chofes que
vous, avez écrit qui fe trouvent
contraires à vôtre intention & ain-
;fi vous auriez fermé la bouche aux
plus éclairez de nôtre profeffion }
car un jeune apprencif qui fç aura
les réglés generales de ,fon Art,,
vous fera voir l’impoffibilité qu’il
y a de réduire -en vraye conlî-
.ftence le Syrop d’Armoifo , fans
aucune coétion avec environ fept
onces de la liqueur odorante, cy-
.dellûs defignée une livre de fuc-
cre qu’on aura fait cuire avec la
decoétion fuldite en .confiftence
de Tablettes. Vous n’ignorez pas,
que plus le fuccre eft' humide,
moins il reçoit de liqueur pour le
réduire en confiftence convenable
de Syrop à le pouvoir garder en
attendant l’ulàge. Or le fuccre
qu’on aura voulu cuire avec la dc-
codion des ingrediens du Syrop
d’Armoifo , en confiftance de Ta¬
blettes , il eft fort afleiu'é que
quelle. cuitte qu’on Iiiy pille don¬
ner moyennant qu’on ne le brû¬
le , il n’y entrera jamais- trois on¬
ces de liqueur pour livre de fuc¬
cre , à. le. réduire en; confiftence,
pour le garder làns le corrompre,.
& fi encore fo fuccre acquierra.
«ne mauvaife qualité qui luy chan¬
gera là vertu , à caufo que le feu
ayant confiimé l’humidité la plus
fluide de la decodion , agiflànt.
enfiiitte fur La vilqueufo , qui. ne
slévapoxe point ,,.mai5-s’épaiflît &;
devfoM-
à t Apologie
devient plus craire , par la priva¬
tion de l'humidité » ou du luccre,
“qui y eft dilîôuc, la vifcofité s'aug¬
mente , alors ils adhèrent au poi-
lon & changent de couleur & de
vertu , fans qu’on les puillè cui¬
re approchant de la confiftance de
Tablettes. Ét pour lors l'humidi¬
té de la decoétion y refte malgré
toute l’addrellè de nôtre Artifte
Zvvelfer , qui tient lieu & pla¬
ce de l’eau diftillée y empreinte '
de la vertu des aromats qui y cn-
treroient de plus > de laquelle il en
reliera environ de quatre onces
pour livre de lùccre , qui lèroit
un grand déchet, de la vertu du¬
dit fyrop. De toutes les railôns
cy-devant alléguées , on peut juger
que Zvvelfer ne fait que dilcou-
rir {ans fondement , ny expérien¬
ce , lèmblahles fautes pourroient
être pardonnables à un Médecin,
qui n'auroit jamais mis la main à
l’œuvre , pour la compofidon des
médicaments , mais à Zvvelfer non,
puis que c’a été fon premia mé¬
tier pendant longues années , qui
luy donne fojet aujourd'huy de
cenfiirer le plus fouvent fans rai-
fon toutes les Pharmacopées en
cenfijrant celle d’Ausbourg, où il
commet des fautes de la plus gran¬
de importance fous pretexte de bien
unir & conhimer toute la vertu des
ingrediens làns en laillèr perdre au¬
cune partie , comme on fait pour
l’ordinaire fuivant la pratique des
Anciens.
Voilà cher Amy Zvvelfer le vray
examen que je viens de faire de
vôtre méthode fur le lÿrop d’Ar-
Zvvelfer, j 5 j
raoilè , par lequel on peut voir à
l'œil & toucher au doigt , comme
tout ce que vou^ ayez mis eir
avant touchant iceluy , eft contrai¬
re à la railon & à l’experience,
bien loin que vous les ayez pour
un bon fondement en vôtre pra¬
tique. Cependant par ce qu'il n'eft
pas j lifte aprez vous avoir réfuté
de vous quitter fans vous donner
une meilleure méthode , pour n'u-
1èr de redite , je vous renvoyé à ce
que j’en ay dit cy-devant au fyrop
d’Armoife de Fernel de la ptefente
édition , que Ci vous êtes capable
de le lire avec tranquilité d'elprit,
vous y verrez une méthode iàns
ferd , que je vous donne dans
l’équité.
Monfieur Zvvelfer le plus vain
de tous les hommes invente des
moyens pour fuir de répondre pre-
cifement ce que j'ay dit contre /
fa doétrine , mais il a beau efqui-
ver , il faut que l'erreur cede à la
vérité , les injures ôc les inveéli-
ves à la railon & à l'experience
qui feront des fideles témoins qui
le condamneront , & feront voir que
fbn orgueil & là vanité font moins
que des famées en l'air , incapa¬
bles de produire rien de bon. Qui
a jamais veu femblable vanité à la
ficnne , quand il dit , maintenant
Thebes , Athènes , Sc Montpelier
font par tout , où mes remarques
ont été leües. Aucun des Apothi¬
caires qui a bien conccu mes rai-
fons & veu leur juttice & leur fon¬
dement , n’a plus recours aux remè¬
des étrangers.
Mon Adverlàire eft digne de
yjy^a com
356 Ré fonce
commiièration , la mémoire luy • de¬
faut comme j'ay déjà dit allez lou-
▼ent , il ne fe fonvient plus de ce
gu’il a écrit en Ja ligne dixiéme de
i première page , quand il recon-
noit & avoué la foiblell’e de Ibn
efprit : & maintenant il le met en
parallèle pour le faire aller du pair
avec celuy de ces grands hommes
de ces villes tant anciennes & re¬
nommées d'Athenes , de Thebes
& s’en prend particulièrement à.
la hante réputation de la fameufe
univerlîté en Medecine de Mont-
pelier en remettant le fentiment que
des plus célébrés Profellèurs ont
tneureraent délibéré fiir la Confe¬
ction d’Alkermes. A louyr parler
il femble que fes remarques ayent
cclaircy toutes les difficultez qui le
rencontrent dans nôtre profeffion.
le veux croire que s’il n’eut pas
tant prefruné , il auroit peu faire
quelque chofe de meilleur , mais
comme le propre de la prefomption
efl; de rendre aveugles ceux, qu’fcl-
le polTede j cela fait qu’ils blânient
tout ce que les plus grands hom¬
mes fçauroient entreprendre. Nôtre
Antagonille eft entièrement polïcdé
de cette deteftable paffion qui le
porte à médire tantôt des Autheurs
Grecs, tantôt des Latins , tantôt des
Arabes. Eft.-ce procéder en hon-
nefte homme d’en ufer de la for¬
te , ne fçaitril pas que le mépris
qu’il fait de ces grands hommes
de l’antiquité , & la louange qu’il
fè veut, donner que tout, cela re¬
jaillit contre fà prefomption ôc ion
honneur, fi peut qu’il en ait , il fçait
bienqtrela louange de foy-même left.
digne de grand mépris : on ne voit
jamais les grands hommes fe louer
eux mêmes j mais il n’en eft pas
ainfi de nôtre florilTant Gcnie Mon-
ficur Zvvelfer DoCleur bullatus , qui
fe veut louer luy - même , de peur
qu’on ne.^lc loiie , ou qu’on ne le
méprifè. En voilà aflèz pour paf.
fer à quelque chofe de mcillciu- , qui
fera lûr nôtre Confe^on d’Al-
kérmes.
le me fèns obligé pour répliquer
à mon Adverfàire à caufè du mau¬
vais fens qu’il donne à mes paroles
en fà réponce de rapporter mot pour
mot la plus grande partie de ce qu’il
a dit en fôn Animadvetfion fur nô-
rre Confection Alkermes, & voi-
cy comme il commence. On peut
voir par cette defeription que toute
cette eompofition où Confection
de ceux deMontpelier, étant préparée ,
ou faite contient en tout trois üvres,
& deux ou trois onces. Mais que cel¬
le de Mefiié cy-delTus décrite, n’a
plus d’une livre & deux onces, &
partant qu’elle fiirpalTera en poids,
celle de Mefiié de plus de .deux li¬
vres ,. bien que neantmoins pouf
la dofe des drogues precieufes qùi-
y entrent elle n’ait, de plus que.
trois dragmes de Canelle & au¬
tant de bois d’Aloés , ou en la plac¬
ée d’iceluy du Santal citrin , deux;
fcrupules & deray de Mule,.. & de-
mye dragme d’or, d.'où appert que:
ceux.de Montpelier excédent beau¬
coup au poids de fiiccre, eu égard,
aux drogues qui y entrent , avec la.
quantité dcfquelles la dofe du fuc-
cre n’a aucune proportion. Et paf
confèquent que la defeription faite
l’ apologie de Zevvelfer. 357
par Mefué > étant pins exaéle en la
dofe & poids du îùccre & des dro¬
gues , elle a aufli des qualités & des
vertus plus elïicadcufes.
En ma precedente édition j’ay
déjà répondu à l'erreur de nôtre
Doéteur Zvvellêr , & fait voit com¬
me il fe trompe grandement» de vou¬
loir faire comparaifon de la defcri-
ption de la Confeétion d'Alkerraes
que Meffieiirs les Médecins d’Auf-
bourg pné.inlèré dans leur Phar¬
macopée avec ta nôtre , qui k cau-
fe du petit ufàge qu’ils en avoienr,
à raifon du travail qu’ils eftimoient
grand , & de, la valeur d’icelle , à
caulè auffî des ingrediens précieux
qui y entrent » comme ils dilent en
leur édition , pliée en long » de l’an
1597* RiJro eji in ufu ,propter ope-
rojam & valde preeiofam ejtts com-
pejitionem , & Norimbergenf. La-
pid. Cyanei drachm. lo. jummt.
Dojîs d drachma femis ad inte-
gram adjummum. Snnt & alia tni-
nm operaft & preciofn hujm EleB.
compojîtiones m- NeFiradami &
loiiberti , -quin apud neFiros etiam
Phannacep. profiant. Porto monent
Norimberg. fbl. 278. Serictm arte
infeBum coloribtu ad médicamen¬
ta interna nuUo modo efie afiumen-
dum. Sunt & alia quadam eleBuar.
non omittenda quorum nfm ali-
quando fuit celebrü , ut fequens..
le veux dire qu’ils ne prirent que
là nioitié de la delcription de Me-
liié, & Meilleurs les Médecins de
Montpclier » non feulement en re-
tindrent l’entiere defeription ; mais
pour en rendre l’ufàge beaucoup plus
frequent » afin de ne priver ps quan-
cire de pcrfonnea d’en rdléntir fes.
admirables effets , ils la corrigèrent
pour s’en pouvoir fèrvir plus utile¬
ment» fuivant la conftitution du cli¬
mat &' des habitans. Cette cotre-
étion fe fit 3 il y a environ fix vingts
ans. Les premiers qui y mirent la
main par la délibération de l’Echo-
le 3 furent M.M. lean Falcbi & Guil¬
laume Rondelet» & après eux la défi*
cription fut mifè, au jour par M.M.
Nicolas Dortaman » & Laurens lou-
bertj tous quatre fameux & célébrés
Profef leurs de nôtre Echoie de Mont-
pelier» lefquels changèrent quelques
dofes » comme celle du fuccrc fût
augmentée de cinq onces deux
drachmes » celle du .fiic de Kermès
d’environ de deux onces : celle de
l’Ambre gris diminuée de la moitié;
& celle du Miifc augmentée de deux
tiers : les autres dofes » comme du
bois d’Alô’cs 3 delà Canelle,du Lapis-
Lazüli & des Perles, ils les laiflèrent
en l’état , comme auffi celle du fiic
de Pommes & de l’eau Rofè , &
pour, la Soye crue , au heu de la
faire imbiber dans le .fuc de Ker¬
mès 3 nous la faifons infufer & cui¬
re dans l’eau Rofè & le fuc de Pom-
mes 3 comme ils on preferit.
Nôtre fubtil Doéfeur cL’inveébi-
ves Zvvelfer » depuis luy avoir fait
connoître fon erreur , fur la compa-
raifbn qu’il fàifbit. mal à propos de
la delcrij don des Médecins d’Auf-
bourg, qui neft que la. moitié de
celle de Meftié » comme je viens de
dire » & la nôtre il met un autre
erreur en avant pour défendre fom
premier. Car dit-il , que preuve-je;
autre chofe » fi ce n’eft que j.’ay
enfeigné dans mes Annotations» que
la quantité du fîiccre marquée pour.
yy J, læ
358 Réponce
îa Gonfedion d'Alkermes eu égard
aux autres efpeces eft trop grande,
& qu elle choque l'Arc de la rai-
fon.
Par fa. première façon de parler,
il s'en prenoit feulement à nôtre
Confection d’Alkermes, qu’il con-
damnoit , pree qu'il y paroifloic trop
de ficcre , & fe loüoit de celle de
Méfié , qui eft dans la Pharmaco¬
pée d’Ausbourg , qui en contient
im petit moins de la moitié : mais
fc voyant preüé après avoir rccon-
neu ion équivoque , pour n'avoiicr
pas la vérité y il s’en prend contre
les deux. En dilànt que j’ignore cet
Axiome des Philofophes , que les
deux parties prifes enièmble ne dif¬
ferent pas du tout ; fi donc l’une 3c
l’autre moitié de la confection eft
trop fitccrée ( parlant de celle d’Auf-
bourg ) par confequent le tout.
Zvvelfer ne peut point alléguer
iàns s’éloigner de la vérité , que la
Côfeétion d’Alkermes des Médecins
d'Aus bourg foit trop chargée de fiic-
cre , parce que la delcripcion eft de
Mefiié , à laquelle ils n’on rien chan¬
gé , bien qu’ils n’ayent pris que la
moitié, foit qu’on la divife en deux,
ou qu’on la prenne en fon entier,
c’eft toujours la même , le nombre
des médicaments & leurs dofes font
de même ièmblables , & ainfi il n’y
a rien d’alteré , excepté celles des
Perles & du Lapis Lazuli , defquel-
les nous en dirons la railbn.
Et pour celle de Montpelier, quoy
n’a-il pas été permis à tonte une
célébré ôc fàmeuiè Faculté de Mé¬
decine , fi floriftante que la nôtre de
corriger la defeription de Mefiié,
ou pour mieux dire de la regler
ainfi qu’ils jugèrent à propos , pour
en rendre l’ulage plus frequent &
utile , fuivant la conftitutioh de leurs
concitoyens j c’eft en après à ceux
des autres Provinces , & régions
étrangères d’en ufer de celle-là, fi
bon leur femble * ou de celle de
Mefiié , les volontés lont libres ,
peribnne n’y eft contraint, puis que-
la defeription de fon inventeur fub-
fifte.
Quand nos célébrés Profelîèurs
ont fait cette correCfibn , ils ont eu
leurs raiions de même que Mefiié,
quand il a décrit dans Ion livre des
fimples fa Confection de Lapide
ftellato , & dans fiin Grabadin , ou
Antidotaire fa Confèâ:ion Alkcr-
mes. Dans celle-là , il y fait entrer
fix drachmes d’Ambre gris , de bois
d-’Aloës & de Canelle quatre drach¬
mes de chacun, deux drachmes de
Perles , douze drachmes de Lapis
Lazuli , un fcrupule de Mule , &
une drachme d’or fur une même
quantité & compofition de iyrop
de Kermes qu’a celle- cy. Ces deux
compofitions ne diffèrent point du
nombre des ingrediens, mais bien de
leur poids & en leur operation. C’eft
pourquoy Monfieur Zvvelfer , je
vous conjure en amy de defiller vos
yeux , 8c ôtés cette taye que vous
avés devant , qui procédé de pre-
fomption & de vanité, &vous ap-
percevrés que cette grande quantité
de luecre que vous dites augmen¬
ter nôtre Confection d’Alkcrmes
fe réduit à deux onces cinq drach¬
mes , faifànt comparailbn de la moi¬
tié avec celle d’Ausbourg , & avec
l’entiere defeription de Melué,àcinq
onces deux drachmes.
Monfieur
k l" uépologie
Moûfieur le Doéteui: • Zy velfer
ajoute d auffi bonne grâce, qidil eft
Philofôphc. Si vous étiez Philofo-
phe & nojî pas Sophille , vous tâ-
chetié.s de preuver direétemenc ce
que je vous ay nié , c’eft à dire qu'il
ell injufte, contre la méthode > &
propre ièulement des impoftures
d'augmenter tellement la quantité
du fuccre , & corrompre les Con¬
fections qu'il liirpalle notablement
les autres elpecei où toute la vertu
médicinale confifte , & ce qui fait
le principal de la Gonfeétion eft en¬
fermé, ce qui empêche ou retarde
l'effet de tout le composé, & ainfî
on abufe par cette tromperie le Mé¬
decin & le malade.
Il ne fiiit être ny Philofôphe ny
Sophifte pour prouver k nôtre Do-
éteur bullatus le contraire de ce qu'il
dit, il n'ÿ faut que la fîneerité, qiff
eft la partie qui luy manque , car
s’il étoit fîneere , en quatre mots il
feroit démonté , & réduit au hlen-
ee. Il s'en prend non feulement con¬
tre moy , mais encore contre ces
illnftres perfonnages qui ont réglé
ladite compolition , les accule en ma
perlônne d’impofture & de trompe¬
rie , d'augmenter tellement le fuccrc,
8c de corrompre leSi Conférions,
il feait bien par les railbns que je
viens d'allegucr , qti'il prend à par¬
tie la vérité, & qu'en mon particulier
je ne fais que lîiivre la correrion de
nos célébrés predcccflarrs , les flairs
Profcireurs ftis-nommés , l'àpproba-
tion que ceux qui les ont fiirvécu luy
ont donné , & la ratification de ceux
qui vivent encore aujourd’huy , où
fans difficulté il n'y a point de com-
£arajlbn à. faire, d'un clprit plein de
de Zwelfer. 359
confufion, comme le lien, avec la
'moindre particule de icience deoes
illuftres perfonnages , que de fiecle
en fiecle la pofterité honnera à ja¬
mais.
Nôtre Adverfeire n’à rien de fi
frequent en la bouche , .finon que
nous augmentons tellement la quan¬
tité du fuccre en nôtre Confeétion,
que ce n’eft à autre dellêin , que de
rendre odieùfe nôtre Confedion
d'AlKermes, afin qu'elle Ibit rejettée
de ceux qui authorilènt fon capri¬
ce ; mais le bon homme fe trom¬
pe , car tous ceux qui liront mes
réponces avec un efjirit des-intereffiéy.
fèront autant de fidèles témoins qui
le condamneront. Cette grande quan¬
tité de fuccre qu'il exagère fi fou-
vent J fe réduit à cinq onces deux,
.drachmes plus qu’il n'y en entre à
l'entiere''defcription de Mefoé , com¬
me a été déjà dit. Vbyés je vous prie
fi pour defigner la quantité de cinq-
onces deux drachmes de fuccre , if
fe faut fervir de ce terme d’augmen¬
ter tellement la quantité du fiiccre-
Cela fait voir que nôtre Docteur
Zvvclfer a plus de fiel en la bou¬
che, que de douceur en fon. cœur;.
Et. quand il dit- que c’eff tromper
le Médecin & le malade, s'il juge
que la Confection foit foible en fon.
operation , à caufe des cinq onces
deux drachmes de fuccre , luy. qui
fait ^ant le judicieux , ne fçait-il.-
pas le remede , il ne faut qu'aug¬
menter la idofe de la Confection
d'un quart ou d’un tiers , & ainfî,!
le Médecin le malade feront dé¬
trompés.
Nôtre Antagonifte après s’être.;
longjtems agité par diverfçsi. reprifes
for
360 Reponce
(iir fon premier poind qu'il appel¬
le , s'eft encore avisé pour grollîr
fon volume par des redices- autant
inutiles qu elles luy font defavanta-
geufes , pour fou tenir fon erreur fous
aucune necellîcé de rapporter i’an-
cien texte de la Confection d’Al-
Jeermes. de Mefoé > avec l’addition
de Sylvius , & -le Commentaire de
ManardI fur la même Confeéfeion.
Quelle necelijté je vous prie y avoit-
il de noircir du papier de la forte?
cher Zvvelfer J ces témoins que vous
produifoz ne depofont rien en vô¬
tre faveur J au contraire ils font, voir
la juftice de ma caufe. Vous Içâvés
bien en confcience , que le tout dif¬
féré de la moitié : la defeription
de la Confection d’Alkermes des Mé¬
decins d’Ausbougj différé de la moi¬
tié du fucere , & de toutes les au¬
tres efpeces de celle de Mefue , &
la nôtre de cinq onces deux drach¬
mes de celle de Melùé j. làns tou¬
cher aux autres efpeces.
l’avoüè que je fais effort for moy
d’employer lî mal mon tems , de ré¬
péter fi fou vent une 'même chofo,
cela devroit être allez dit d’une fou¬
le fois i mais puifque Zvvelfer m'y
oblige par fos rufos & finelfos , pour
tâcher d’échapper du piege qu’il s’ell
luy-même drciré,en difànt que nous
mettons une quantité excelfive de
fuccre en nôtre Confeélion d’Al-
kermes , cela fait bien voir quelle -
eft la malice de nôtre Doéteur, après
luy avoir pertinamment réponduj &
feit voir que cette excelîive quanti¬
té qu’il appelle , confifte en cinq on¬
ces deux drachmes. Mais ce n’eft
pas le tout, Zvvelfer f pour brouil¬
ler de plus fort la queftion , Sc ren¬
dre nôtre Confedion plus ridicule^
entreprend de dire que fix onces de
fuccre cuites en forme de fÿrop
avec du foc de Pommes qu’elles fof-
fifent , foivant les -Anciens , poiu:
donner corps à deux onces & de¬
mie, une drachme & un forupul de
poudre qui entrent en cette Confe-
dion , & c’èft pour faire voir à ceux
qui n’entendent pas la règle de com-
pofer les médicaments , qu’il a jufte
raifon de dire que nous mettons une
quantité exceflîvc de fuccre en nô¬
tre Confeébion. Voilà une belle façon
de procéder , digne de maître/ lean
Zvvelfer , qui denotte qu’il a chan¬
gé là foicnce en une , vanité infop-
portablcjqui le plonge dans une rêve¬
rie , qui fait qu’il n’épargne non plus
par fos foppofoions 3c moli^nces
l’inventeur de la. composition , ceux
qui l’ont réglée , que ceux qui la
compofent , pour le tirer s’il pou¬
voir du goufre ou il s’eft malheu-
reufoment jetté. En cela il rcifem-
ble à un homme qui fo noyé, qui
ne feroit pas diffiarlté de fè pren¬
dre à une barre de fer rougie au
feu , & de fe brûler les mains pour
garentir là vie : ainfi il abandonne
fon honneur pour fauyer les appa¬
rences de fon erreur.
Et en fuite il dit douze onces donc
de foccre du moins, folon Mefoé (lef-
quelles âVec la liqueur requifo du
fuc de Pommes ou de quelque au¬
tre choie , qui doit forvir à la con-
fîftence , du Syrop , forpallèront le
-poids de dix-huit onces J ont etc
ajoutées avec excez à cette Con-
feébion.
Monfieur le Dodeur Zvvelfer, je
vous demande pardon de ce qtl^”
a l'apologie
ma precedente édition j ay dit que
vous êtiés ignorant ou malicieux,
il eft fort probable par vos nou¬
velles raifons , que vous ères tous
les deux enfomble , & que vous ne
vous étudiés qu’a faire divorce avec
la vérité , de dire que douze onces
de fuccre, pour le moins, ont été
ajofitées avec excez à cette Con-
feétion , folon Mcfoé. le vous prie
à qui imputa'és-vous cette addition,
vous ne pouvés l’imputer qu’à Me-
fué ou à îès interprétés , de dire que
ée foit une faute d'imprimerie cela
ne peut pas être, parce qu’en la vieil¬
le &c en la nouvelle verfion , il eft
dit en propres termes Sacchan Ta-
bar^Jt drachmas , cl. Ôc cela eft con-
fornje en toutes les éditions , & à
un’ manuferit que j’ay veu des œu¬
vres de Mefiié. Vous avés en ce
rencontre de même qu’en beaucoup
d’autres perdu le rcfpedt & la vé¬
nération que vous venés de feindre,
que vous avés pour cét Autheur fi
célébré, de l’aceufer cou vertement
contre la vérité , d’avoir mis trop de
fiiccrc en fa Confeétion. Ozés-vous
bien avancer contre fon honneur
ôc l’experience , que douze onces
de fuccre cuites avec le fuc de pom¬
mes , ôc réduites en confiftencc de
lyrop fimple furpaftèront le poids de
dix-huit onces , y a-il rien de plus
abfiirde', à quoy vous êtes-vous em- ,
ployé pendant le tems de quinze
années que vous avés exercé la Phar¬
macie , n’avés-vous pas appris que
le fuccre cuit en confiftencc de fim¬
ple fyrop,nc prend qu’un petit moins
de liqueur qu’il en faut pour le dif-
fondre à froid , vous apprendrés par
ià que douze onces de fuccre , com-
t^e Zv>velfer, 5^1
me je vous ay cy-devant allégué au
fyrop d’Armoifè , ne peut retenir
qu’environ de trois à quatre on-
ceà de liqueur pour livre , ôc fi en¬
core il fout diftingucr la liqueur,
fans autre raifônnement je vous ren¬
voyé à l’experience, vous qui la ci¬
tés fi fôuvent , je m’étonne de ce
que vous ne la connoilfés pas mieux,
le n’euflè jamais creu que vous feuf-
fiés été capable d’une telle foibleflè
d’efprit de vous rendre le defen-
fèur d’une fi mauvaife caufè. C’eft
une marque que vous ne voulés pas
qu’il vous foit reproché en vôtre
patrie d’avoir cédé à un François
de nom ôc de fait , mais malgré
que vous en ayés , je feray con-
noître à toute la terre qui vous êtes,
& vous feray repentir de vous en
être pris mal à propos contre nôtre
Confeétion d’AlKcrmes.
Nôtre Adverfàire au lieu de s’ap¬
procher de la vérité pour la defen-
ce de fà caufo , s’en éloigne à tout
rencontre , Ôc voicy comment. Mais
Verny comme vous êtes un 5ophi-
fte rusé , vous m’objcélerés peut-
être que le foc de Pommé , l’eau
Rofo dont la Soye teinte fraîchement
par le foc de Kermes , aura été in¬
fusée, tient lieu de quelque efpece,
de quelque poudre , du de quelque
ingrédient 3 mais cela eft manifefte-
ment faux.
Il n’y a perfonne fi dépourveu de
fons ôc de jugement qu’il ne con¬
damne mon Adverfàire , Ôc ne ju¬
ge à même- tems de fà rufe par fon
artifice , de dire que la foc de Pom¬
mes , l’eau Rofo ôc la foye crue , tein¬
te du foc de Kermes , ne doivent
point être contés pour aucune efpe-
2 z ce
3^2, Reponce
ce d’ingrediens en la Confeâion
d’Alkernies > qui eft autant com¬
me s'il dilbit qu'ils n'y contribuent
aucune vertu. Mais le contraire de
tout cela paroit au fyrop de Kcr-,
mes artiftement composé j 6c com¬
me nous le préparons , làns cho¬
quer l'Authoiité de Mefué. En pre¬
mier lieu , il paroit au lèntiment de
l'odorat j l'odeur de la Rofè , du fuc
de Pommes & de la Soye j quoy
que des deux derniers l'odeur en foit
petite , & au fentiment de la lan¬
gue la laveur de la Rofe , l'agreable
douceur de la Pomme j& de la loye
crue. L'odeur & la laveur de ces.
ingrediens ne peuvent, pas refter.dans
le Syrop , qui font deux marques
infallibles qui appartiennent à l’ele-
étion des médicaments , que leur
vertu ne s'y trouve, fi cela n'étoit,
en vain compoferions-nous tant de
diverfes fortes de fyrops , tant offi¬
cinaux que magiftraux , dans la de-
codion delquels y entrent diverlès
fortes de fimples , s'ils ne partici-
poient . de la vertu d ’iceux , & nô¬
tre Ad verfairefe travailleroit .en vain
au lÿrop de là Confedion d^Alkcr-
mes qu'il appelle par excellence en
fa Pharmacopée Royale, quand il y
fait entrer la graine de Kermes &c
autres. Notre lyrop de Kermes étant
donc miiny des qualités & verms
des lùldits ingrediens , il eft fort
aflèuré: qu'ils augmentent la force
des autres clpcces de la -Confedion,.
& ainfî ils doivent tenir lieu , lîiivant
l’intention de Melûé , de quelque,
elpece. dé poudre , ou autrement &
particulièrement le fiic de Kermes du
plusraeiu-', qui y entre en quantité
d'environ neuf onces , qui eft ,1a baie.
& le fondement de la compolTtion..
Mais qiie fert-il que je raifomie de la.
forte avec Monfieur Zvvelfer de ma¬
tières qu’il ne connoît point, je veux
croire que. quandilauroitàfon pou¬
voir tons les ingrediens. de eetfe Con-
fedion , comme nous les avons icy,
qu'il ne fçauroit les réduire en vraye.
forme d’Eleduairc mol.
Zv velfer dit enfuite. Car l’on voit
par plufieurs Confedions , Ele.dnai*
res , ou Antidotes des anciens Mé¬
decins , qui ont tQÛjours obfervé,
cette méthode ,.de donner pour ha-,
fc 6c pour fondement aux. efpeccs,,
aux poudres,., 6c aux ingred^ns fo-
lides , pour compofer un Eleduai-
rc , au triple feulement pour le poids .,
du fyrop , composé ou fimple pré¬
paré du fuc d’herbes , ou de quelque,
forte decodion.
Nôtre Adverfaire dit bien qu’en;
plufieurs Confeétions , Eleduaiics,
ou Antidotes , les Autheurs ne don¬
nent que le triple du lÿrop aux pou¬
dres , mais des autres elpeces il n’eft .
pas toû jours vray , car bien fou vent,,
ils font paftèr , les pulpes, les fruits.
6c autres pour lyrop , -comme aux-
purgatifs liquides 6c folides , 6c en
d’autres ils y mettent , le quadruple,
de lyrop , comme nous avons re¬
marqué cri quelques endroits de ja.
Paraphrafe de.Baudeton-
. Mais Monfieur Zvvelfer ne me
defavouera pas auffi , que les Au-
theurs tant .anciens que. modernes, en
beaucoup de compofitions , lùivant.
que les elpeces qui y entrent font
d'une eilènce plus ou moins tenue
ôc fobtile , qu'ils y mêlent plus ou.
moins de fyrop pour les incorporer, .
afin que d'un tel mélange il en re-
a t Jpologte
iîiltc les effets quïls en elperent,
car s'ils n’y mettoient du lyrop que
le tiers ou le quart des eipcces , les
malades n*en pourr-oient point ufcr
intérieurement iàns en recevoir' de
l’incommodité , comme de la Con¬
fection d’Alkermes , fi on ne dimi-
nuoit de beaucoup la doic , à caufc
de la force des ingfediens.
Mefijé qui içavoit incomparable¬
ment mieux la maniéré de compo-
fer les médicaments , que nôtre An-
tagonifte n'entendra jamais , & qui
lî’ignoroit pas les règles generales
de les bien mélanger , puis qu’il en
a fort doctement écrit, non plus
que les forces & vertus des ingre--
diens qui compolbit fa Confection
<l’Alkermes , comme aufli la valeur
de ion (yrop : toutes ces chofes par
luy meurément confiderées , le portè¬
rent à la décriretelle que nous la trou¬
vons dans fes doâes écrits. D’ail¬
leurs les ingrediens de la poudre
font tous de grande efficace , com¬
me cette noble production de la mer,
i’Ambre gris, à raifon des parties qui
la compofènt , elle poil'ede plus de
vertu en un grain que beaucoup d’au¬
tres ingredienS en une drachme , la
fubtile Canelle,le bois d’Aloés gem-
meux qui y enment en pareil poids
produiiènt de beaux effets en petite
quantité. Les Perles & le Lapis lazu-
li font de même fort eftimés,& fingu-
lierement recommandés pour toutes
les affeCtiôs aufquelles la Confection
elt deftinée. Le mufe encore qui s’y
trouve en moindre quantité que l’am¬
bre gris , par fa bonne odeur fortifie
& corrobore le cerveau & le cœur
plus puiflàmment. L’or que plufîeurs
efliinent ne contribuer rien à la com-
Zvvelfer,
3^5
pofition, neantmoins la rend beau¬
coup plus precieufo. Le fyrop qui am-
brall'e toutes ces efpeces,n’a pas moins
de vertus qu’il eft ingenieufement
préparé. Voilà tous les ingrediens
qui conftruifont cette noble Confe¬
ction, qui joints enfemble félon l’art,
il en refulte des effets du tout admira¬
bles , que j’obmettray à de'ffèin , pour
juger n’etre pas ncceffaire d’en par¬
ler ; mais ceux qui délireront s’inftrui-
re de cette vérité les trouveront tout
au long en une fiicille pliée en qua¬
tre , imprimée à Nifme par Guido
Malignan, en l’an 1595. &àMont-
pclier par lean Gillet,en l’an 1601.
Apres cela faut-il faire comparaifon
de la quantité des Poudres qui y en-
tient avec celles des autres compofi-
tions où les inventeurs d’icelles ont
réglé la dofe de trois à quatre onces
pour livre de fÿrop. Mefoé en com-
pofànt fa Confection , croyés-vous
qu’il n’aye pas confideré ce qu’il fai-
fbit, il avoir fos raifons pour la décrire
ainfi , qu'avés-vons Monfieur Zvvel¬
fer à redire de fa méthode, veu que
de plus grands hommes que vous,
fans vous offencer, l’ont approuvée
depuis plufieurs fiecles. le recônnoy
bien que le tems que vous avés em¬
ployé à la Pharmacie , vous a été
court , puis que vous n’y avés pas ap¬
pris que les Confections liquides, qui
font deftinées aux parties principales,
& aux vifeeres, comme cellc-cy, que
les Autheurs ne preferivent que fix
drachmes , ou une once de pondre
pour livre de fyrop. Que fi on incor-
poroit cette quantité de poudre cy-
deffùs preferipte avec le triple de fÿ¬
rop , comme vous dites , & qu’on en
donnât une cjrachme,il n’y ^uroii point
Z Z 2 de
Réponce
564
de malade qu’il ne mît en fêu, à moins
qu’ils eullènc le fàng gelé dans les
veines. Voilà pourquoy cher amy
Zvvelfcr prenés en bonne .part la
leçon que je viens de vous faire,
vous en avéz bon befoin 3 coftimc
je vous diray ' plus particulièrement.
Dieu aidant, en vôtre Confedtion
d’AlKermes , où Je vous feray voir,
h vous avés des bons yeux., que
vous êtes auflî mauvais cenfeur
que méthodique à compolèr des mé¬
dicaments.
Il n’y a perlbnne, qui ne juge
bien que Monfieur Zvvelfer ne s’en
fût jamais pris pour la quantité du
fuccre contre la Cofeétion d’Alker-
mes de Mefué , n’eût été ce que
j’ay relevé fort à propos contre luy,
de ce qu’il accule injuftement que
la nôtre pefe deux livres plus que
celle de Mefué & qu’elle excede
beaucoup au poids du fuccre que
nous y ajoutons , après qu’il eût
conceu mes juftes railbns , le voyant
ftirpris de telle façon que ne pou¬
vant s’en dédire , pour fe fauver plus
couvertement dans l’efprit de ceux
qui ne fçavent ps dilHnguer en¬
tre conférions lôlides & liquides,
Eleruaires Ôc Antidotes , & les par¬
ties du corps humain à qui ils font
deftinés , & que les uns reçoivent
plus de poudres que les autres, com¬
me a été cy-devant allégué : les uns
reçoivent de pulpe & les autres non,
&c ainit il y a diverlès confidera-
tions à faire , qui méritent d’être
plus curieufement épluchées que n’a
lait nôtre Doéleur , qui veut à quel
prix que ce Ibit que Mefué excede
en la quantité du lîiccre de fa Con-
feélion , & que nos célébrés Pro-
felTeurs n’ayent pas eu droit de la
regler , comme ils jugèrent pouvoir
faire pour la rendre plus propre à
leur ufage , particuüerement s’il en
faut croire ce que Meffieurs les Mé¬
decins de la Republique de Nurem¬
berg ont ajoûté au titre de nôtre
Confection d’Alkermes, qu’ils dé¬
crivent dans leur Difpenfaire in fo¬
lio , de l’an iy£?8. en ces termes,
Confeitio Alkermes , front Ollt-
gium Afontifpefuli cnravit para-
ri pro Rege. Nôtre Doéleur ne feait-
il pas que la pratique ordinaire des
Médecins eft d’augmenter , de chan¬
ger , & de diminuer toujours ce
qu’ils jugent necefl'aire dans les com-
pofitions officinales , & qu’il eft au
pouvoir d’un particulier ou de plu¬
sieurs , en drelïànt une Pharmaco¬
pée , d’ajouter , de diminuer-, ou de
changer quelque -choie , fi bon leur
femble : qu’il voye la Pharmacopée
de Paris , & beaucoup d’autres , il y
trouvera des chofes confidcrables
qu’on y a changé. Il me r’envoye
à voir -les Pharmacopées des An¬
ciens , pour apprendre leur façon de
dolèr la quantité des poudres avec
celle des Syrops des Conférions,
Elecluaires & Antidotes , par la ré¬
ponce que je viens de luy faire , il
paroit bien que je fçay mieux de la
fiiçon qu’ils le pratiquent que luy,
& que je n’ay encore jpoint oublié
mes réglés generales ; mais qu’il
regarde luy même les Autheurs , èc
qu’il ‘apprenne les principes de la
compofition des médicaments qu’il
ignore , pour n’imputer pas à l’a¬
venir à des grands & illnftres per-
lonnagcs lès fautes & les erreurs.
Pour prendre plus d’ayantage fur
moy.
à l' jdpologie
moy , il dit que j’avoüe que nôtre
Confedtion d’Alkermes & celle de
Mefiié eft la même choie. Voilà' com¬
me il m’impofe. Tay dit & le foû-
tiens de même que la Confeâion
d'Alkermes de Mefoé , & celle que
nous compofons dans nos bouti¬
ques font fomblables en dofes , à
la referve d’une petite différence
que je diray en fon lieu , & afin d’a¬
voir plus de matière de déclamer , il
a fopprimé mes dernieres paroles,
pour faire voir par fon injufte cal¬
cul ou fupputation , ce qui revient
de chaque ingrédient précieux pour
drachme de Confedtion en l’une
•& en l’autre. Et que tous les ingre-
diens de nôtre Confection d’Alker-
mes étant bien unis & mêlés pefent
trois livres huit onces , & celle de
Mefoé deux livres fîx onces , foivant
la nouvelle fopputation de Zvvelfer,
nôtre Confedtion pefoit 14. onces
plus que celle de Mefoé, au lieu qu’el¬
le ne pefo en tout que huit onces , à
prendre le fyrop comme nous dirons
cy-aprés , & par conléquent il y doit
entrer pour chacune drachme de la¬
dite Confedtion un tiers & un quin¬
ziéme de grain d'ambre gris, & non
pas un tiers de grain , comme veut
nôtre Dodteur , & des autres ingre-
diens à proportion. le n’infifteray
pas davantage fur ces particules de
grains , puifque j’ay foffifàmment fait
voir la rufo de nôtre fubtil Adver-
faire , plus capable de brouiller les
matières que les éclaircir, & que nô¬
tre Confedtion d’Alxermes ne pe-
fe en tout que huit onces plus que
celle de Mefoé , & les huit onces pro¬
cèdent une partie du foccre, & l’au¬
tre du foc de Kermes.
de Zvvelfer. 5^5
Mais j’entends venir de loin mon
Adverfoire qui ne demai^de pas
mieux, quoy que là rufo n’aye pas
voulu obferver à l’endroit de Me-
fué l’augmentation du poids que
le foc de Pommes & l’eau R.o-
fe donnent à lyo. drachmes de
foccre pour le réduire en lÿrop,
comme il a fait à la nôtre , qui la
fait pefor quatorze onces plus , à def-
foin pour rabattre du crédit & de
l’cflime qu’on fait de nôtre Confè-
dtion d’AlKcrmes , difoht que les
deux livres de foccre qui y entrent
retiennent pour le moins plus de fept
à huit onces de foc de Pommes ou
d’eau Rofo, dans lefquels nous avons
inftrsé la foye crue , pour luy don¬
ner la confiftence de fyrop. A quoy
je réponds , que pour compofor ladite
confedion , qu’il faut prendre trois
livres poids de Mcdecine , qui font
trente-fix onces de fyrop de Kermes,
complet de toutes ces efiseces , com¬
me il y a encores des gens d’honneur
qui le pratiquent (quand ce ne foroit
qu’un ) en cette ville, & ainfî la Con¬
fedion , fo trouve dans une juilelfe,
ou il n’y a rien à redire.
Toute l’adreffe la plus fubtile de
mon Adverfàire n’a Iceu diflimuler
plus long- tems, ce qu’il a voulu ca¬
cher par divers artifices , qu’enfin la
prefomption de fon efprit, pouffe
par un defir de vengence, luy a fans
doute fait oublier ce qu’il avoit dit
en fon Animadverfion , que la Con¬
fedion Alkermes de Mefoé ne pe-
foic pas au de- là d’une livre deux
onces , & que celle de Montpelier
la furpafïbk en poids de plus de deux
livres , à deifein de faire voir la foi-
bleflë de la nôtre j mais comme il
Z Z 3 arrive
Reponce ^
arrive pour l’ordinaire à ceux qui
veulent combattre la vérité par le
menfongc j lors qu’il leur fcnible
par leur foible railôns de le mettre
à couvert d’un côté, ils fe décou¬
vrent entièrement d’un autre. Mon-
fîeur Zvvclfer en a ufé de même»
quand il a voulu fupputcr les parti¬
cules des grains des choies plus
precieulès de nôtre Confecbion»
ayant voulu accomparer la deferip-
tion' avec celle de Mefué qu’il a
cirée de fes- œuvres» & aprez en avoir
exaélement calculé les ingrediens,
à Ibn avantage comme j’ay fait voir
cy-deiTus, il a trouvé & dit qu’elle
pelc deux livres fix onces , qui efl:
au de là de plus de la moitié» de ce
qu’il avoit cy-devant dit qu’elle pe-
loit. Voilà une hardielFe bien gran¬
de qui tient de la derniere effronte¬
rie de l’homme » qu’en une chofe
des plus connues de nôtre dilptite,
il fe foit voulu fervir de femblables
termes pour noircir la vérité » com¬
me aulîi quand il a exagéré la dofè
du fuccrc que nous y employons en
des termes qui lignifient beaucoup
plus au de là qu’il ne fe monte , com¬
me par la grande - quantité , par la
trop grande quantité » & par l’ex*
celfive quantité » & pour donner
quelque couleur à Ion dilcours , s’en
efl: pris à Melîié » ainli qu’a été dé¬
jà allégué » en difant que le lyropde
lîx onces de lùccre fufififoit pour in¬
corporer toute la poudre » & que
douze onces defuccre ont été ajou¬
tées par cxcez à cette Confèélion.
Voilà des termes que j’ay voulu briè¬
vement répéter pour rafraichir la
mémoire du Ledteur de l’artifice de
Monfieur Zvvclfer afin qu’il puiife
par ce petit abrégé juger de foE
genie.
Aprez avoir quitté toutes les. ré¬
pétions de mon Antagonifte il agréé-:
ra s’illuyplait» que j e lu y demandé
s’il refve > ou s’il n’eft pas en loii
bon fens , de dire que le mafe ne
loir mis. dans la Confeétion d’Al:
kermes que pour l’odeur, oléz- vous
bien démentir un grand nombre
d’illuftres perfonnages qui en onf
décrie fes qualitez & vertus » qui
dilènt pofitivement» que lemnfcefl:
chaud au fécond degré » & fec au'
troiliéme , qu'il conforte le cœur re¬
froidi & fujet à battement , qu’il efl:
bon à toutes les affeélions du cœiit
pris en breuvage ou appliqué exté-
lieurement , qu’il nettoye les tachës
liibtiles des yeux » & delïéiche les
fluxions humides : qu’il conforte le
cerveau & adoucit les douleurs de
tête inveterées provenant d'abon¬
dance de flegme: diflbut avec huile '
de Palme» excite à l’ade venerierf,'
fl on en oint les parties honteu-
fes» &c. Voilà des qualitez & ver¬
tus en bon nombre » que le mule
polîédc » qu’un homme bien fenlé
ne révoquera jamais en doute » fàiis
en rechercher' beaucoup d’autres»
que je pourrois dire qui ont émeu
Mefùé à le faire entrer en fa. Con-
fedion » & non la iéule odeur , com¬
me veut nôtre prétendu Dodeur.
Et pour ne flatter point la vérité»
je veux croire que fi nos célébrés
Dodeurs n’en avoient augmenté la
dofè dans leur Confediôn de deux
fcrupules que Zvv.elfer n’en auroit
point parlé de la forte ; mais par ce
qu’il a jugé que cette addition de
deux fcrupules étoic grandement
a l’apologie de Zwelfgr, 5^7
fionfîderable & qu’elle reh*iroit de authorifée quand vous l’avez pafle(
beaucoup les forces de nôtre Con¬
fection, & qu'elle feroit tort à là ré¬
putation , que puis qu’il étoic lî ayant
engagé dans l’erreur , qu’il falloir ré.-
pondre ou bien ou mal voyant qu’il
avoir épuifé toute là honte , & qu’il
n’y avoir plus pour luy de répu¬
tation à perdre.
Monfiehr Zvvelfer nelbyez plus
fi vain 5c li prelbmptueux , & ne
vous emportez point lî legeremcnt
comme vous faites à tout moment
aux injures & aux invectives , louf-
frez je vous prie qufon vous die la
vérité fans vous émouvoir. Vous
fçavez trop bien ou à tout le moins
vôtre âge vous le doit avoir apris
que les injures ôc les invectives font;
des armes qui ne font propres à.
rien , 6c qui ne lèrvent que pour dé¬
couvrir la foibleffè de celuy qui s’cn
fort pour la defenlède là caulc. Sou¬
frez donc encore un coup je vous
prie . d’agréer mon cher Adverfaire,
que jp vous die que les raifons que
vous m’allegucz pour la defcnce de
vôtre fécond point ne font qu'une
fiiitte de vos lîippefitions ordinaires.
Vlous dites que pour vous jultifier,
rendre innocentavee les Meffieurs
d’Ausbourg de l’horrible crime que
j’ay commis force que j’ay ditqu’ils.
ont retenu par mégardc, ou par la
foiite de l’Imprimeur, comme il y a
le plus d’apparence l’cntiere dofe
des Perles 5c. du Lapis Lazuli, qui^
cft .de deux drachmes de chacun j au . ^
heu qu'il n’en falloir mettre qu’une
drachme , ôc vous Monlîeur le cor¬
recteur qui êtes venu long - temps
aprez eux qui déviés corriger cet.
tireur 3, vous l’avez, non feulement .
làns dire mot , mais vous la voulez
encore foûtenir ôc defendre par des
raifons tres-foibles , comme je diray
cy-aprez , qui feront connoitie _à
un chacun qui vous êtes. le ne
trouve rien de plus ridicule ôc de
plus forprenant que ce que mon
Adverfaire met en avant quand il
dit qu’aprez une meure réflexion ôc
aprez y avoir bien pensé conjointe¬
ment avec. Meffieurs 'd’Ausbourg,
ils y ont ajoûté la fécondé drach¬
me de Perles ôc de Lapis Lazuli à la:
première.
S’il étoit vray , ce que mon Ad¬
verfaire dit, il faudroit qu'il eut pour
le moins cent ans paflèz , ôc voicy
comme je le prouve. Zvvelfer avoir
quatorze ou quinze ans , lors qu’on;
le mit en apprentifîàge : il a exercé
la Pharmacie pendant quinze ans
par fo propre confeffion , comme
a été déjà dit , ôc feptante deux ans.,
qu’il y a de la première édition de
la Pharmacopée d’Ausbourg qui elt
de l’an 155(7. dans laquelle la def-
cription de la Confection d’Alker-
mes de Mefoé eft inférée pour la moi¬
tié. de la dofè des ingrediens , à la re¬
fer ve comme dit eft, de celle des Per¬
les ôc du Lapis Lazuli qui y eft entiè¬
re, ôc ainfi il y a grand apparence
que mon adverfaire Zvvelfer, étoic;
en ce temps - là , dans les prafta-
tes de fon Aycul ou de fon pere,-
par ce que fiiivant nôtre fopputa-
tion il feroit prefentement âgé de-
plus de cent ans , comme je viens.,
de dire, ôc partant il n’a peu com¬
me il met en avant conférer ny dé--
liberer avec Meffieurs, les Méde¬
cins. d,’Ausbourg, pour l’addition de
eette.
568
cette drachme de Perles Sc de La¬
pis Lazuli. Vne autre preuve de cet¬
te vérité eft , que fi c'étoit une ad¬
dition faite exprez , que dans l’édi¬
tion cy-defïïis citée de. l’an 1597.
les Médecins d’Ausbourg en au-
roient dit quelque chofè en l’anno¬
tation qu’ils ont fiiite fur la Con-
fcéfcion d’Alkcrmes comme ils ont
Élit de dix drachmes de Lapis La¬
zuli' que Meffieurs les Médecins
de Nuremberg ont ajouté à la
defeription de la Confeétion Alker-
mes de Mefùé i &c.' que je rappor-
tcfay dé .nouveau. Raro ejl in nfii
f 'rojner. operdfam & valde pretia-
fam ejm comfofitionem & Nori-
hergenf Lapid. Cyanei drachm.io.
fimunt.Dofis à draeh.femis ad inte-
gramad fammum: [mt & alla minm
aperofa & preciofa hu]M Elefluar.
oompafipanes ut Nafiradami &
Joubtrti y qua apud nofiros etiam
Fharmacqp., proflant. Porro mo-
nent Norimbergenf. fol. 272. Se-
ricum arte infeflum celoribus ad;
médicamenta interna nulle modo
ejfe 'ajfumendum. Sunt & alla
quad.am Eleüuar. non omitten-
âa quorum ufm aliquando fuit
selebrü , ut fequens ,* & par ce
qu’ils n’en font point mention d’un
lèul ‘mot J je concluds que cette
Addition que Zvvclfer appelle eft
une omiflion qu’il voudroit faire
palïèr pour adàtion afin de pou¬
voir mettre à couvert fà prefômp-
tion. Voilà par un jufte raifônne-
ment , ou par là propre depoiî-
tion le fondement du fécond point
de nôtre prétendu Doéteur dé¬
truit.
le laifte prefque deux pages en-
Kéfonce
tieres ISâ y répondre ^ ou par ce
qu’elles, contiennent de trop fre¬
quentes redites ou des raifons auffi
laies qu’il y iroit du mien de ,.m’y
attacher , d’autant qu’elles font in¬
dignes de mon honneur. le diray
lèulement que ce qui prouve la lâ¬
cheté qui procédé d’une vanité in-
fupportable de mon Adverfaire eft,
quand il dit que la viétoirc que
Zvvelfer skft acquife : les trophées
qu’il s’eft bafty dans .les fciences,
que c’eft ce qui m’a rendu inquiet
ÔC envieux de Ibn bon-heur, (^el
jugement ne doit-on pas ..fairevdun
homme qui fo drefîê des trophées
dans lès erreurs j & qui s’imagine
des viétoires avant que de cpmbattrci'
s’il connoiilbit fes défauts , il s'hu-
milieroit par fon filenee 3 plutôt que
de le relever par une extraordinaire
foffifancc. le ne fuis pint envieux
de ceux qui excellent en ma prç^,
feffion , au contraire .je les honpi^
ôc les chéris., & Moniteur ZvvVhtÿ-
a mauvailc grâce de parler en &s.tc£-:
mesj tous ceux qui me connoilfent,
connoiffent auffi quelle eft ma fince-
rité & candeur.
Il n’eft pas mal-aifé déjuger par
la façon d’écrire de Moniteur Zvvel¬
fer , qu’il écume de furie de ce
qu’un Apotjiicaire l’a attaqué , fans
doute fa prelbmption luy feifoit
accroire que perfonne n’oferoit l’en¬
treprendre , mais il voit que je
ne fois pas le fciil > & qu’on ne
l’elpargne point d’ailleurs. Que lî
pour le pallé ceux qui ont eu or¬
dre d’écrire contre luy ne l’ont pas
fait , ce n’a pas été à faute de ma¬
tière , & encore moins de foiencc}
mais ils ont eu des confideracions
qui
a r Apologie
qui les ont retenus, qu’il ne pré¬
tende donc pas d’en tirer de Tayan-
fage , au contraire qu^il fe ditpo-
fe à répondre à caix qui l’attaque¬
ront , en mon particulier je ne
luy donneray point de relâche tant
qu’il plairra à Dieu de me confèr-
ver la vie , & aprez moy mes dé-
cendafls.
Nôtre Monfieur Zvvelfer pour
authorilèr l’addition qu’il prefiip«
polè avoir été faire en la Con-
feélion d’Alkermes de Mefué par
les Médecins d’Ausbourg des Per¬
les & du Lapis Lazuli, de chacun
une drachme , il revient encore fur
fon premier point , pour faire voir
combien il luy eft utile de répéter
les chofes paflées , comme celle
qui regarde cette exceffive quan¬
tité qu’il appelle de fliccrc' que les
Médecins de Montpelier y ont
ajoûté , & de là il tire partie de
fon argument que l’addition des
perles & du Lapis Lazuli a été
faite fort à propos en ce qu’elle re-
haulle de beaucoup & fortifie la ver¬
tu du compofé. Mais je diray icy
comme cy-devant , que Monfieur
Zvvelfer par un defaut de mémoire
ou par le mouvement de fon hu¬
meur brûlante , qui luy ofte l’ufà-
ge de la raifon , varie d’rm mo¬
ment à l’auu-e : par exemple en la
réponfe de fon fécond point , il dit
avoir conféré & délibéré conjointe¬
ment avec Mefficurs les Médecins
d’Ausbourg de l’addition deidites
deux drachmes des Perles Sc du La¬
pis Lazuli, & à prefentil en donne
toute la gloire à Mefficurs les Méde¬
cins d’Ausbouig , & loue leur indu-
ftrie d’avoir fait la fufdite addition
Je Zvvelfer, \
(fans s’y comprendre comme il a fait
cy-devant ) qui releve & fortifi c la
vertu de* tout le compofé , dequoy
je m’étonne derechef de l’entendre
parler comme un homme qui perd là
mémoire du foir au lendemain , &
qu’il fe réfuté d’une page à l’autre,
puis qu’il ne fo fouvienr pas de ce
qu’il nous fait lire en fon Animad-
verfion generale de la Scétion onziè¬
me de la Pharmacopée d’Ausbourg,
parlant de la préparation Galenique,
des pierres precieufes qu’il rejette à
caufè qu’elles font très dures & que
nôtre chaleur naturelle ne peut pas
les réduire de puillànce en aéfc , ou¬
tre qu’elles adhèrent à l’eftomach Sc
aux inteftins. Aprez avoir parlé de
la forte, pourquoy eft- ce qu’il fo con¬
tredit fi manifeftement , quand il ad¬
met les Perles Sc le Lapis Lazuli pré¬
parez à l’ordinaire ou à la façon com¬
mune dans la C. A . au double poids
qu’ils y font demandez par Mefoé,
ç’a été à deifein d’authorifor fon er¬
reur en diftnt que cette addition re-
hauflè dé beaucoup la vertu de la
compoficion. De ce difeours , ceux
qui font moins intereifez que
moy , pourront facilement juger
de l’affiete de l’elprit de Monfieur
Zvvelfer.
Pour prouver la quatrième erreur
de Zvvelfer, je prendray le fensde
fes paroles un peu plusyhaut que je
n’avois fait en ma precedente Re¬
marque, ou il dit ; C’eft pourquoy
je ne me puis allez étonner, de ce
que les Autheurs rejettent fiincon-
fiderément , & fi imprudemment
la compofition dç Mefué j mais
qu’au contraire , ils fiii vent feulement
celle de ceux de Montpelier ou de
a a a Lyon,
370 Ré fonce
Lyon J bien que comme ils ad-
voüent eux-mêmes , ils ne IbienC
jamais fans fiics ou Syrop , avec
lequel ils puiffent faire une alîèz
bonne & jolie Confection , non
feulement G. efficacieufe que ces
étrangères , mais encores qui la fùr-
paifera de beaucoup. Et à la vérité
les François & les autres nations
étrangères fe mocquent à, bon droit
de nous, de ce que méprifant les
chofès qui fe peuvent auffi commo¬
dément faire en nôtre pays , & s’y
font même tous les jours, nous nous
plailbns fi 'fort aux étrangères , ou
qui pour le moins nous font portées
de loin.
Monfieur Zvvelfer s’eft fort em¬
porté fin- ce que j’aydit qu’il avoit
du fùc ou Syrop de Kermes , avec
lequel il pourroit faire une meilleure
Confeélion d’Alkermcs que celle
que nous leur envoyons , & en même
temps pour toute réponfè contre fbn
ordinaire qui eft d’exagerer beau¬
coup les petites chofes pour les faire
paroitre plus grandes, me renvoyé
feulement à la page 251. ligne 1 7.
de fà precedente édition , où il ne dit
autre cliofe,. que ce que je viens de
dire, le vous prie qu’on examine bien
la confufion de .fbn difeours , que fi
on n’y trouve pas en termes exprez
ce que j’ay dit un peu. trop claire¬
ment qu’il avqit du fuc ou Syrop de
Kermes avec lefquels il pouvoit
feire une meilleure Confection que
la nôtre-, du moins on y trouvera le
fens. Car quels Autheurs entend Mon-
iîeur Zvvelfer , pour ceux qu’il taxe
d’incôfideracion & d’imprudence qui
jireferent nôtre Confeélion d’Alkcr-
m&s , & celle des Meilleurs de Lyon
. à celle de Mefiié. le réponds qu’il
entend tous ceux qui en ont inféré
nôtre defeription dans leur Pharma¬
copées , comme Valerius Cordus en
la féconde édition infolio du Dilpen-
faire de Nuremberg de l’an 155)8.
qu’outre la defeription de Mefué , il
ajouta la defeription de Montpellier,
& loannes Georgius Volckramerus
Doyen du CoUege de Nuremberg
intime amy de mon Adverfairc en
la quatrième édition de l'an 1666, de-
leur Pharmacopée , en a retranché la
defeription de Mefué , & y a re¬
tenu la. nôtre en toutes les parties
excepté de la Soye. Pour être plus
fuccint je n’allegiieray que ces deux
Autheurs , & derechef je demande-
ray à Monfieur Zvvelfer, fi Mellicurs
les Médecins de Nuremberg que je
puis appelle!- fes voifins comme étant
de même nation ont du fuc & du
Syrop de Kermes, comme il dit pour
pouvoir faire une jolie Confeélion
qui furpailera en bonté fes< étrangè¬
res, le demande encore à Monfieur
le Dodteur qu’eft-ce qu’il enkend par
fes ConfecSlions qu’il appelle étran¬
gères. Il me femble, &c c’eft le fen-
timentde quelques fçavans avec lef¬
quels j’en ay conféré qu’il ne peut
entendre aucune autre Confeélion
par fes étrangères que celles qui
font envoyées de Montpelier ou de
Lyon en Allemagne. Ce qui con¬
firme mon fentiment & cette véri¬
té eft qu’il ajoûte enfîritte. A la ve-
té les François & les autres Na¬
tions étrangères fo mocquent à bon
droit de nous , de ce que nous
méprifons les chofes qui fe peuvent
auffi commodément faire en nôtre
pays êc s’y font même tous les jours,
nous
a l’ Apologie
nous nous plaifons fi fort aux étran¬
gères , ou qui pour le moins nous
font apportées de loin. De tout ce
railbnnement que devons nous re¬
cueillir fi ce n’eft que Zvvelfer veut
par la confufion de fon difcours au¬
tant plein de rulé que d'artifice foire
voir qu'en fon pays il peut foire
tme meilleure Confeétion d’Alker-
mes que nous, quoy que nous fôyons
dans le pays ouleKermes vient en
abondance , & que les autres cho-
fès prccicufes y font apportées en
quantité par le moyen du com¬
merce.
Il eft aife de répondre à nôtre Do-
deui; Adverfoire qui veut perfiiader
les moins oculez de nôtre profeflîon
qu'en fon pays on peut faire une
meilleure Confeéfion d'r\lKermes
que nous en leur fiippofànt le men-
fonge pour la vérité.
Pour n'écrire pas deux fois une
même chofe le Lecteur trouvera la
réponfo de cette derniere fiippofition
de Monfieur Zvvelfer en la page de
la Confeétion d'AlKcrmes.
Monfieur Zvvelfer le plus em¬
brouillé de tous les hommes , le plus
fouvent en tous fes difcours on ne
peut comprendre ce qu'il veut dire, il
n'a, rien qui luy foir plus familier que
les injures & les inveétives pour dé¬
fendre fos erreurs ; car au lieu de
nous donner une intelligence nette
& fincere , il demeuré toujours dans
l'ambiguité pour fe garentir -des ef¬
forts de la -vérité. Mais encore ce que
jetrouve de mauvais en luy c'eft qu'il
h 'eft pas non feulémcnt content de
défendre fa propre eau fe , mais il
veut prendre- encore la defenc'c de
certains trompeurs , ôc m'accora-
Je Zvvelfer, 371
pare à ces Vipereaux qui rongent
les propres entrailles de leur rae-
re pour fe donner la vie , & en
fuitte il dit que par une rage fem-
blable à celle d'un Chien , je n'é¬
pargne point mon pays & ma pro¬
pre nation , & n’eft-ce pas dit-ih
un criiïie le plus indigne du monde
que j’expofo à la haine & à la rifec
mon feulement de toute l'Europe;
mais encore de toute la Terre, mes
Compatriotes les Apothicaires de
mon pays &' mes familiers conci¬
toyens , comme s'ils étoient des' im-
pofteurs & desperfbnhes d'une con-
feienee perdue.
Il n'eft pas difficile de juger par
le difcours de Monfieur Zvvelfer
que chacun aime fon fomblable
puis qu'il ne fe contente pas d’avoir
pris la defence d’une fi mauvaifo
caufo que la fienne ; mais qu’il
veut encore fovorifer celle de ceux
qui par une mauvaifo confcience
fans charité pour leur prochain ,
pouffoz par un defir infatiable de
gagner , les uns entreprenent con¬
tre les Ordonnances du Parlement
ôc les Reglemens de leur Art de
tromper & brouiller ledit Syrop,&:
les autres de 'faire ce qu’ils n’ont
jamais appris & que leur profcffion
ne permet pas de foire , Monfieur
Zvvelfer qui eft Médecin élevé à un
degré plus haut que celnyd’un Apo¬
thicaire qui doit veiller lùr ceux qui
font mal , au contraire il veut au-
thorifer leiur méchanceté ; mais
qu’il fçache que fa Majefté Im¬
périale qui l’a honoré' du titre de
Médecin qu’il pofiède , ne l’au-
roit fans doute pas’fait s’il eut cru
qu’il -en eut nfé de la forte. l’ay
372- Kepünce,
plus de droit encore que je ne dis
pas de déclamer contre ces peftes
qui en ufent mal , foie qu’ils Ibient
de ma profeflîon ou non » m’y
trouvant obligé par la charité que
je dois à mon prochain , & par ma
propre confeienee de relever les
choies que je releve à l’encontre de
tous ces infâmes , & particulière¬
ment contre ceux qui veulent inno¬
center telles gens.
Monfieur le Dodeur Zvvelfer
aprez avoir fait fumer fa bile & fon
atrabile contre moy en faveur de,
ceux qui brouillent & qui trompent
le Syrop de Kermès, par ironie, il
me remercie au nom de toute l’Alle¬
magne & de l’Europe du bon avis
que je leur ay donné qui leur fervira
à l’advenir pour fe garder de fîupri-
fe. Mais pour revenir à là façon or¬
dinaire d’impofer à la vérité il dit,
que je ne me fâche point s’ils' pré¬
parent déformais leur Confeélion
d’AlIcermes avec des grains recens
de Kermes ou de nouvellement foi-
chez. Voyez je vous piie fa hardielfe
pour juger dequoy n’eft-elle pas ca¬
pable, .& s’il eftà fon pouvoir de re¬
couvrer des grains de Kermes recens,
& même de celuy qu’on aura nou¬
vellement feiché à moins d’un foin
très - particulier* & à grand frais
qui forpàlïèroit de beaucoup la cu-
riofîré de. notre Doéceur ,:.qui n’efo'
qu’en apparence , & quand il en
auroitde nouvellement feichez,ils n’y
ftrviroieht pas davantage que ceux
qu’on auroit ftichpz depuis un an,
par ce qu'ils n’ont pas- plus de vertu,
l-’omettray beaucoup d’antres .çhofos à
dedéin qu’il a voulu avancer contre
mon honneur, , par cç qiie tout cela
eft au delfous de moy , je foisfà-
tisfiit d’avoir l’honneur d’être con¬
nu de beaucoup d’honneftes gens
de diverlès nations qui m’ont en
autre eftime que lijy , & que tous
ceux qui verront nos réponces , je
m’ofe bien promettre qu’ils incline¬
ront pour moy ; car qu’eft-ce qu’ils
remarqueront dans les lîennes, qu’un
babil animé de prefomption , qui
ne cherche qu’à efquiver , & à.
couvrir les fautes dés impollèurs
par fos propres impoftures , comme
quand il veut exeufer ces brouil¬
lons , qui corrompent la vertu du
Syrop de Kermes , comme a été cy-
devant allégué , & voicy comme it-
continue.
le ne crois point dy-je qu’ils
corrompent cette belle Confeétion à
raifon du gain, que par ce qu’ils man¬
quent dans les premiers principes de
nôtre Art , qu’ils ne fçavent point,
de Philofophie ; & par ce que leur
expérience eft defeétueufe , &
croyent que Ij.on faifoit cet Ele-
efuaire avec le fuccre Tabarzet, à
pinc viendroit-elle en une deu'écon-
fiftance , par ce que le Syrop compo¬
sé de ce pur Sucerc degenereroit:
en cryftau.x au heu qu’elle demeure
en forme de Confection, & que cet
Eleduaire ne reflemblât à des petits
grains de Myriadis fous les dents , ce
qui arrive par la privation de l’humi¬
dité , alors elle devient entièrement
foiche. Cette metamorphofo furpalfc
toute la force de vôtre ciprit,. dautant'
que. vous n’étes pas philofophe , 6c
e’eft pour cela , que vous vous êtes
fervy de diverfos rufes, & que vous
avez diffamé avec une bouche pro-
ftituée vôtre nation.
Mon
a l'apologie
Monfieur Zvvclfer par Vôtre pro¬
cédé vous me donnés à connoître
de plus en plus quel eft vôtre eiprit,
& quel eft vôtre fçavoir , vous qui
faites tant l'integre , le fincere &
le confdentieux , je juge par vôtre
dilcours , que vous n’êces ny l’un
ny l’autre. L’ambiguité que vous gar»>
dés en tous vos dilcours , comme
il vous a été . déjà reproché 3 pour
elquivcr une légitimé réponce , lèrt
d’azile à vôtre ignorance. Vous di¬
tes que vous ne croyés pas que ces
broiiillons defquels vous faites aller
du pair leur intereft avec le vô¬
tre corrompent le lÿrop de Kermes,
à railbn du gain 3- mais parce qu’ils
ne font pas Philolbphes. Faut-il être
Philolophe pour faire le lyrop de
Kermes 3 je le fouhaitterois : car en
ce cas l’abus en lèroit moindres j’e-
ftime que la prelbmption qui vous
maîtrife vous perliiade que ceux à
qui vous parlés font deftitués du
bon fens. Ne fçavés-vous pas que
parmy ceux qui n’ont point d’êtude3
il s’en trouve beaucoup qui font ca¬
pables de tres-belles chofes 3 & qui
peuvent foire les plus grandes & Tes
plus difficiles compofition s ^ moyen¬
nant qu’ils ayent la connoiftânee
des ingrediens qui les compofont,
&c de leur jufte poids 3 mais ceux
que vous prenés fous vôtre pro-
teétion n’obfoivent aucune des ré¬
glés légitimés de la compoficion du¬
dit lyrop 3 parce que l’avarice les
commande 3 84 en cela vous faites'
voir une double malice 3 qui eft la-
leur 3 & celle que vous avés de les >
protéger. Car fi l’Autheur du lyrop
de Kermes y fait entrer de la foye^
dq-/uc de Pommes 3 & de l’eau Ro-
de "Zwelfer. 575
fe 3 & qu’on ne les y mette point3
n’eft-ce pas dérober à la compofi-
tion la vertu de les ingrediens , Sc
fi au lieu de deux livres de luccrc
blanc for une livre de pulpe de
Kermes , qu’on y en mette trois ou
quatre livres du blanc 3 du rouge,
ou du miel , n’eft-ce pas corrompre
entièrement ledit fyrop. Après cela
y a-il un homme d’honneur qui doi¬
ve prendre la defence d’une infigne
fourberie de - telles gens , qui cher¬
chent par tous moyens l’occafion de
s’enrichir,au préjudice de la fanté de
leur prochain. N’ett-ce pas une bel¬
le Metamorphofe que vos Myriadis,-
que vous dites forpallèr toute la for¬
ce de mon eiprit, je puis dire en
fçavoir plus que vous fur cette ma¬
tière 3 & d’en avoir plus oublié que
vous n’êtes capable d’en apprendre.
Cecy me fait reflôuvcnir de ce que
je vous' ay cy-devant dit en la Re¬
marque de nô tre C. A. que vous
n’aviés point veu ny conneu le foc
ny le lÿrop de Kermes fidellement:
dilpensé. Taises- vous donc fi vous ■
en êtes capable , & profites de
la leçon que je m’en vay vous
faire.
Monficur Zvvelfer vous appren-
drés de vôtre maître Verny , que'
pour compofer fidellement le lyrop ’
de Kermes , nous prenons par exem¬
ple deux livres de pulpe de grains-
de Kermes récemment tirée de la;
treizième cueillette , c’eft à dire de
celuy du troiziémé,Samçdy , à con¬
ter du premier jour qu’on a coin--
mencé de nous en apporter à ven--
dre 3 à laquelle pulpe nous ajou¬
tons deux livres de foccre fin-, ou‘
Tabarzet du plus fcc réduit en pou--
aa»'- 3 dre-
374 Reponce
dre fubtile. A part nous faifons in-
fufer & cuire une quantité de foye
crue, d’environ de quatre à cinq
onces dans le lue de Pommes &
l’eau Rolè, & dans la colature nous
y mettons deux livres dumêmefuc-
cre que delîùs, & les cuilons aiti-
ftement en Elechiaire mol , ou un pe¬
tit plus , après nous le mêlons chau¬
dement & exaétement avec la con-
lêrve de Kermes , cela faic nous ap¬
pelions cette compofîtîon lÿrop de
Kermes complet , qui ne lè candit
point , ny fe cryftallilè nullement,
qiioy que vôtre Philolôphie imagi¬
naire vous fuggere. Ce que je viens
de vous dire ne tient ny de la fincfic
ny de l’artifice , c’ell la vraye pra¬
tique de ceux qui font honneur à
nôtre profeffion , & la mienne pro¬
pre , croyés-le ou ne le croyés pas,
cela m’eft fort indiffèrent.
Puis que nous fommes fur la four¬
berie du fyrop de Kermes, je veux
encore vous donner une autre inftru-
6tion touchant le même fyrop , qui
vous apprendra d’où procèdent vos
Myriadis , puis que vous ignorés les
choies plus triviales de la profef-
lion , que pour les entendre vous
venés de dire qu’il faut être Philo-
fophe , oui chés vous , parce qu’elles
furmontent la force de vôtre genie.
Mais -à Montpelier, qui cft comme
la terre natale de la Medecine,nos
apprentifs Sc nos lèrvantes, vous en
feroient de belles leçons , for ce peu
vous dites , que de mettre du fuccre
Tabarzec dans le foldit lyrop, en le
gouttant il craqueroit fous la dent
quafi comme de Myriadis, que l’ex¬
plique comme de' grains de fable.
Apprenés que cela procédé particu¬
lièrement de ceux qui le fourbent
par trop grande- quantité de fuccre
qu’ils y mêlent avec la pulpe de
Kermes , bien qu’il ne foie pas du
fuccre Tabarzec, ‘parce que i’huini-
dité de la pulpe n’étaht pas fofii-
fante à le pouvoir dillôudre , il en
refte une bonnepartic, ôc aiufi quand
on goutte le fyrop le foccre craqueté
fous la dent. La même chofo peut
arriver auffi par mégarde à ceux qui
prennent la pulpe de Kermes du plus
meur , & qui n’y mêlent pias le foc¬
cre en poudre fubtile , quoy qu’ils
gardent les proportions requifos. De
l’heure que je vous parle , deux four¬
bes alîbciés de cette ville , ont en¬
voyé à nôtre infeeu une bonne quan¬
tité de fyrop de Kermes en Hollan¬
de , qu’à ce que nous avons appris
le fuccre y paroi t en quantité fort
grolîlerement mêlé, qui a été la eau- .
lè , que celuy qui en avoir donné
la commiflion , ne l’a point voulu
recevoir. Si nôtre Scyndic ou quel¬
qu’un de nous fe fût aperceu de
cet envoy , nous l’aurions arrêté, &
foie condamner à être brûlé en pla¬
ce publique , comme nous avons faic
ey-devanc Sc d’autres compoiltions
aufli. Voilà Monfieur Zyveltèr com¬
me les Myriadis font introduits dans
la- pulpe de -Kermes, non p'as qu’ils
s’y engendrent par voye de cryllal-
lifation , comme vous êtes perfoadé,
& de quelle façon nous traittons
nos Concitoyens en ce pais- cy quand
nous les trouvons en fautes , & au
contraire vous protégés dans la vô¬
tre peux qui vous -fourbent.
Monfieur Zvvelfer a tant de bonté
pour moy, qu’il me dit en paifant que
j ’apprenne comme quoy l’on peut pre-
parèr
a l’Apologie
parer la plus excellente Confeétion
d'AikermeSjeniine bonne confiftence.
avec le pur fuccrc > comme il con¬
vient J pour l’empecher de dégéné¬
rer en petits grains de fùccre j &
non pas avec le miel , ny ac la lie
du fuccre ronge. Voyés dit-il j nô¬
tre Pharmacopée Royale qui a été
depuis peu mile au joufj & elle vous
fèrvira de pédagogue & de préce¬
pteur J &c.
Le bon Moniîeur Zvvelfcr s’eft
voulu fignaler entre les Ecrivains de
ce Jfiecle, par le moyen de fes Re¬
marques > & de là Pharmacopée
Royale , qu'il appelle allez impro¬
prement. Et par l’invention de fà
preftantürme Confection d’Alker-
mes J où il me renvoyé pour me fer-
vir de précepte , fur laquelle je me
referve ,,Dieu aidant d’en relever tes
defauts en fbn lieu comme a été ty-
devant dit.
Monfieur Zvvelfer fans faire tort
à vôtre prefomption j avoués je vous
prie franchement avec vôtre inter¬
prète que vous n’entendés point la
matière de laquelle vous parlés , &
quand j’y comprendray celuy qui a
fcit vôtre latin, je ne m’éloigneray
pas de la vérité , car fi elle vous
étoit bien connue > vous n’uferiés
pas fi ibnvent du Corinthe de lu-
piter comme vous faites. le ne m’at-
tandois plus vous entendre parler
des Perles & du Lapis Lazuli , puis
que vous en aviés déjà trop dit par
diverfès reprifis à vôtre delàvan-
tage ; mais vous y êtes revenus
comme un homme qui s’éveille d'ùn
profond iommeil qui a oublié en
dormant ce qu’il avoir déjà dit au¬
paravant ;iu ou comme s’il avoir qucl^
de 'Zvvelfer. 3 7 5
que chpfe de meilleur a dire , néant-
moins vous ne faites que redire ce
que vous avés cy-devant dit , &
commencés ainfi. Pourquoy eft-ce
que Zvvelfer ne pourra pas , pour¬
quoy eft-ce que les Mefileurs d’Aiifr
bourg ne pourront pas f à la ma¬
niéré des enfans Monfieur Zvvel¬
fer fe met le premier de peur qu’il
a de s’oublier ) ajouter deux drach¬
mes de Lapis Lazuli & de Perles à
ce noble Antidote , puis que .ces
choies augmentent beaucoup là ver¬
tu, comme au contraire vos trom¬
peries l’afoiblillènt & le corrompent.
Voy dont maintenant Verny com¬
me un petit fétu augmente ton cha¬
grin pendant qu’un gros pieu t’a aveu¬
glé , &c. Et plus bas il dit, & mê¬
me n’a pas honte ( parlant de moy)
d’augmenter la dolè du fiiccre pour
trompier la Confeélion d’Alkermes,
de fubftituer pour le lucre quel¬
que méchant fiiccre pour le plus-
pur.
Cher amy Zvvelfer , je ne me
formaliferois point fi Melfienrs les
Médecins d’Ausbourg avoient rete¬
nu en la delcription de leur C. A.
l’entiere dolè des Perles & du La¬
pis Lazuli de celle de Mefué, par¬
ce qu’ils auroient eu droit de ce fai¬
re, fi c’eût été leur intention; mais
comme cela efl arrivé par mêgarde
par la faute de l’imprimeur , ainfi
qu’il a été- dit, autrement l’annota¬
tion pliée en long cy-devant citée,
de l’an 1557. en feroit menrion,
doneques vous ne devés point cou¬
vrir vôtre erreur d’un fi foible pré¬
texte , & faire tant de bruit com¬
me vous faites inutilement pour en
clpcrer un plus grand avantage. ïn
37» Réponce
ne veux pas dire aiiflî que les deux
drachmes de Perles , & de Lapis
Lazulifoient nuifibles dans laCon-
fedion d’Alkermes j mais il me fe¬
ra permis de dire auffi , qu’ils n y
fbnc pas fi efficaces comme vous
criés , ainfi que je prétends prouver
par vos propres raifons en la refixca-
tion de vôtre C.A. Pour les trompe¬
ries dont vous m’accusés que je faits
en la nôtre c’eft bien contre vôtre
confcience que vous parlés j puis que
je ne fois que fuivre comme vous
devés voir , fi vous avés la veuë
bonne , la correction qui en a été
faite par nos Anciens & tres-illuftres
Profefièurs cy-devant allégués , &
l’authorifàtion que leurs fiiccefleurs
luy ont concédée, fans y rien con¬
tribuer du mien autre que la defen-
ce de vôtre injurieufé calomnie. Et
quand mon Adverfaire dit que je la
corromp , qu’il fçache qu’il en eft
autrement , & que les chofès cor¬
rompues en paflànt par mes mains
en fortent.bien purifiées , & bien
faines , & qii’il en eft de Monfieur
Zvvelfer comme des mains crochues,
& de la bouche puante des Harpies
qui parurent à Enée aux Illes des
Strophades , qui par leurs cris lu¬
gubres , ou par l’attouchement qu’el¬
les firent de iès viandes les cor¬
rompirent , de même la langue &
la plume de mon Adverlàire cor¬
rompent les écrits & la réputation,
tant des Anciens que des Modernes,
qui ont écrit la compofîtion des mé¬
dicaments.
Nôtre Dodeur Zvvelfer eft plei-
nemént perfuadé qu’il luy eft plus
avantageux de foûtenir fa première
-opinion, quoy qu’erronée que de s’en
retracter honnêtement , nonobftant
que je luy aye fuffrfàmmenc fait voir
en ma precedente édition par l’au-
thorité d’Avicenne , de Serapion &
autres , les qualités &c veruis de la
Ibye crue , il peififte toujours en fa
négative , contre laquelle je feray
voir de nouveau que la nature n’a
point été marâtre à la foye crue , &
qu’elle ne l’a pas revêtue de moins
nobles qualités & vernis que les di-
vcrlès étoffes qu’on en fabrique,
& tiennent rang parmy le luxe entre
les gens de condition relevée. Et
voicy de la façon que nôtre Dodciir
commence là réponce fur la cin¬
quième Æailbn que je luy ay ap¬
portée.
Les paraboles de ce maître in-
conneu s’étendent julqucs-icy , lef-
quelles ne faifant rien contre nous,&
n’ayant aucune force , nôtre opinion
demeure dans fa pleine vigueur , &
nôtre conclufion en nos obfcrvatibns
touchant l’ulàge, la vertu & l’inefi-
cacité de la ioyc crue.
Il faut avouer que nôtre Autheiir
prefiime beaucoup de croire qu’u¬
ne opinion erronée fans fondement
ny railbn comme la fienne, doive
prévaloir Irir celles de beaucoup
d’Autheurs qui concèdent tant de
belles qualités & vertus à la Ibye
crue que je luy ay cy-devant allé¬
guées , & qu’il vueille prouver , ou
nier par rêverie qui a fiiggeré dans
la foiblcffè de Ibn cerveau que la
Ibye crue n’a point de vertu , au
lieu que pour prouver quelque cho-
fe de difficile d’apporter non lèule-
ment de bonnes authorités j mais
des expériences certaines , pour ren-
yerfer une doétrine qui eft approu-
a l' apologie
vée depuis plufieiirs ficelés par des
bonnes authorités.
le fus perfiiadé die Zvvelfer à
tenir l’opinion contraire , à fça-
voir que cette (bye des cocons j à *
caufè de l’impureté & puanteur qui
s’en exhale diffipe les efprits vitaux,
abbat les forces & trouble toute l’e-
conomie corporelle de ceux qui en
ufent.
Zvvelfer , à mon grand regret en
divers rencontres je vous ay repro¬
ché , ce que je vous reproche en¬
core , que la palî'on que vous avés
pour défendre vos erreurs , vous
emporté dans un aveuglement fi
grand, que tes plus groflîers artilâns
qui travaillent à la loye crue , fè rient
de vous entendre dire que les cocons
Ibient impurs & puans. Et ceux qui
connoilfent les cocons feientifique-
ment ne peuvent Ibufftir d’entendre
parler de la (brte un homme qui
le qualifie Médecin, particulièrement
quand il dit que la ibye crue à cail¬
le de l’impureté ôc puanteur qui s’en
exhale dilhpeles elprits vitaux, qu’el¬
le abbat les forces,& trouble toute l’e-
conomie corporelle. Monfieur Zvvel¬
fer ne le Ibûmettioit pas à une peti¬
te peine , de me faire voir un feul
exemple de ces accidéts qui procèdent
de l’impureté 8c puanteur de la foye
crue , outre que celuy de l’oiiir aire,
qui fait quelquefois de grandes im-
prelfions en certains elprits , com¬
me en celuy de noftrc célébré Do-
ébeur qui luy fait dire , ce que la rai-
fon ôc l’experience luy ont caché
jufques icy.
Et en continuant ion dilcours er¬
roné , ■ il demande s’il y peut avoir
quelque Médecin de ma nation , qui
de Zvvelfer, 5 77
eftime tant cette foye , & qu’il en
prenne la defence , 8c qu’il la mette
dans les remedes cordiaux, ou s’il en
vient jufquesdà, ne croit-il pas qu’il
le fait pour accorder quelque chofe à
la fimplicité des Anciens.
Si Monfieur Zvvelfer avant que de
prononcer ià ridicule pensée contre
la foye crue qu’elle n’a point de ver¬
tu , s’il l’eût examinée par l’odorat
après en avoir ôté une petite peau
fort déliée de lafuperficie d’un cocon,
il luy auroit exhalé une odeur dou¬
ce & agréable , qu’on peut appellec
flagrante , & après en le mâchant, il
luy auroit remply la bouche d’une fa¬
veur douce , plaifànte 8c agréable,
accompagnée d’une fort petite cha¬
leur. L’odeur & la fàveur^uivant
les Galeniftes j font deux marques
tirées des qualités fécondes , qui def-
cendent des premières , & fui vant les
Chimiftes je croy qu’il n’ignorerpas
que le fel donne la faveur aux mix¬
tes , le fouphre l’odeur , & le mer¬
cure la coubur , defquellcs dépend
la compoficion de tous les médica¬
ments fimples , qui malgré fà mau-
vaife humeur , luy auroit fait accor¬
der la plus grande ' partie des qua¬
lités & vertus que les Grecs,lcs Ara¬
bes 8c autre luy donnent , particu¬
lièrement Avicenne au livre des for¬
ces du cœur, duquel j’ay rapporté
le texte Latin , & maintenant je, le
rapporteray en François, pour l’in-
ftruélion de ceux qui n’entendent
point la langue Latine.
La foye crue eft du nombre des
médicaments qui réjoiaiflent fort.
Celle qui eft crué eft la meilleu¬
re, fi eft-ce qu’on ufè quelquefois
de celle qui eft cuite , principale-
b b b ment
378 Ré ponce
ment fi elle n’eft point teinte.
Elle eft chaude & feiche au pre¬
mier degré 3 & à caufe de ce elle
defi-iche & fijbtililè avec cette fin-
gulariré & don de nature de rc-
gaillardir & réjouir le cœur. Elle
fortifie le cœur , la veuë Sc la mé¬
moire. Outre ce elle rcjoiiit mer-
veilleufèment les vertus naturelles
^ plus la crue que celle qui apaf-
sc par le fèui Toutesfois on ulè
bien quelquefois de celle qui eft
cuite pouveu quelle ne foit point
teinte de couleur. Elle élargit , ren¬
force 3 purifie 3 & éclaircit les ef-
prits. Sa vertu ne s’étend pas feu¬
lement à une forte d’efprits en une
difpofition ; mais cela luy eft pro¬
pre d’aider généralement à tous ces
cfprits 3 tellement qu’elle peut reftau-
rcr les elprits animaux 3 vitaux 3c na¬
turels.
Après quain Médecin de , mà na¬
tion 3 ou d’autre aura examiné la
foye crue par les qualités fécon¬
dés 3 cy-dellûs alléguées 3 fera- il dif¬
ficulté de l’employer dans ces re-
medes cordiaux 3 & de croire qu’el¬
le poftéde des qualités & vertus qu’A-
vicenne & autres- luy accordent ? non
il n’y a que ceux qui parlent par
oüir dire comme Monfieur Zvvcl-
fer qui preferent le ftntiment erro¬
né d’un cenlèiu- ign0ranr3.au inti¬
ment des meilleurs Autheurs 3, qu’il
n’a pas honte d’aceufor de fimplici-
té 3 quand ils exaltent les vertus de
la foy e crue que fa preforoption con¬
damne.
Monfieur Zvvelfer ne manque
point d’artifice pour attirer à Ion
party ceux qui n’ont pas la con-
noilfance des cocons à foye. Et je
ne puis me perfiiader ( dit-il ; que
Verny foit fi dépourveu de* juge¬
ment qu’il mette dans fa Confeétio»
les Cocons qu’on tire de ces vers
infeeStes tous laies comme ils Conty,
Sc fins être lavés contre le fenti-
ment de Méfié fon ancien maî¬
tre 3 qui preferit qu’on mêle dans
la Confeétion de la foye qui ne foit.
pas crue, mais qu’elle foit imbuë
du fie des grains qui entrent dans
cette compofition , après qu’elle au¬
ra été purgée & préparée comme il
fout.
Monfieur le Doéteur Zvvelfcr a..
fins doute fait. forment en foname
de ne dire point de vérité , puis¬
qu’il sien trouve fort rarement dans
lès difeours , de quoy je m’étonne
qu’un grand perfonnage comme luy^
dont l’Empire fait à prefent fes rro-
pliécs & lès. delices au liijct de la
Pharmacie qui contre- fiir le Philo-,
fophe 3 l’Hiltorien & le naturaliftc3,
en Life de la forte. Quand il dit, que
les cocons font tous files & puanss,
il ne fçait dequoy il parle : car pen¬
dant que les vers travaillent à con-
ftruire leurs cocons 3 ils rendent la.
foye par la bouche3 & s’enferment au
dedans de leur travail 3 & fi-rôtlair
ouvrage achevé 3 qui eft en deux ou-
trois jourS3 quelques jours après avoir
vuidé la foye ils prennent la forme
d’un papillon blanc 3 & percent leurs,
cocons pour en fortir 3 fins que pen¬
dant tout letems qu’ils ont demeuré;
enfermés 3 qui eft d’environ vingt
jours ils ayent mangé aucune cho¬
ie 3 Sc par confequent ils ne font
point lîijets à rendre aucun excre-
ment d’où pourroit procéder la puan¬
teur que mon Adverfaire prefipp^
a l' j4pologk
fè. Il arrive même quelque fois qu’il
y^a des papillons qui reftenc dans
leur cocon & y. meurent , fans que
neantmoins ils y laiiîènt aucune mau-
vailè qualité ; la raifon de cela eft,
que le vers qui produit le papil¬
lon ayant rendu là loye , toute l’hti-
naidité qu’il avoit dans Ion corps
eft pre%ie épuisée , il en refte feu¬
lement au papillon ce qu’il luy en
faut pour l’entretenir en vie pen¬
dant trois ou quatre jours julques
à ce qu’ils ayent feit leur femen-
ce, & par confequent les cocons
nont belôin d’aucune lotion , de la¬
quelle non feulement Mefuéjfes com-
inentateurs , ny aucun de ceux qui
traittent de la vertu de la foye n’en
font mention d’un feul mot , ce
qui fait voir clairement à ceux mê¬
mes qui n’en ont point la connoillan-
ce , que c’eft'une fuppofttion de nô¬
tre invincible Dodeur , qui ne fe
foucie pas de paroître menteur de¬
vant ceux qui- fçavent cette vérité,
moyennant qu’il Ibit alfeuré qu’il y
en aura beaucoup d’autres qui le croi¬
ront.
L’adrefle de nôtre Dodeur n’eft
pas mauvaife , p>our faire trouver
quelque apparence de vérité en fon
erreur , quand- il dit que Mefué
preferit qu’on mêle dans là Con-
fedion de la Ibye qui ne Ibit pas
cmë , mais qu’elle Ibit imbue du
lue des -grains qui entrent dans
cette compofition ; après qu’elle au¬
ra été purgée & préparée comme il
fatu.
Monlîeur Zvvelfer vous n’êtes
pas atfez fubtil pour couvrir vos
fuppofitions , les raifons que vous
y employés Ibnt trop grolîïeres
Je Zvvelfer. 5 75
pour n’etre pas connues d’un cha¬
cun. Faire imbiber la foye dans
le lue de Kermes , voudries - vous
appeller cette imbibition , codion,
ou lotion , vous fçavés bien en
confeience que par la diffinitîon de
ces deux préparations le nom d’au¬
cune ne convient à l’intention de
Mefué qui a été feulement de fai¬
re imbiber ou pénétrer fimplement
la 'foye au lue de Kermes , néant-
moins donnés - luy le nom que vous
voudrés , je prevoy bien ce que
vous voulés dire , que la Ibye au
Ibrtir du liic de Kermes n’eft plus
crue , puis qu’elle eft teinte ; mais
cette railbn n’eft point valable , &
perfonne n’oferoit s’en fervir que
vous qui ne fçavés où vous en
prendre, tant vous êtes embarral-
sé. Mefeié dit-il , ne demande pas
la Ibye qui foit crue, non ; mais ceux
qui font venus après luy ont ajou¬
té à là defeription le mot de cruc-
comiue Bauderon , liir lequel je tra¬
vaille , pour faire connoîcre à ceux
qui preferent l’intereft de leur bonr-
fe à celuy de leur honneur, que
c’eft de celle-là que Mefoé a entendu
qu’on y employé comme la meil¬
leure & non autre. Pour la purgation
& préparation que nôtre Dodeur
veut faire procéder à l’imbibition , il
ne me fçauroit faire voir que Me-
lùé en faftè mention d’une lÿllabe,
à moins qu’il fut d’accord avec Co-
ftæus un de fes commentateurs , qui
dit fort à propos qu’auparavant d’em¬
ployer la foye crue en cocons dans
les compolîtions , qu'il en faut fe-
parer legerement la peau interne &
externe*, parce que c’eft la partie
plus grolîiere , dont voicy les pro-
b b b 2 près
jSq Reponce
près termes. Hoc fumendum in me-
dicina ujùm. Neque autem Seri-
C({ fila , quA interdum fiumi vidi-
> opportttna funt : fed ipfimet
folliculi deligendi probatijfmi , nul-
lum pajfi artificium , detraSla ex-
terna & interna veluti aranea.
Mais il eft aisé de juger que mon
Adverfaire ne l’entend pas ainfij
car pour le mot de purger j il en¬
tend làns doute que la foye foit
lavée tant de fois que cette mau-
vaife qualité qu’il prefiippolè pro¬
céder du ver qui l'a produite foit
emportée , afin de conclurre auffi que
fi la foye a quelque vertu , elle la
perd entièrement par la frequente lo¬
tion, Et pour le mot de préparée^
je le palïêray fous filence, pour ne
pouvoir pas pénétrer dans la pen¬
sée de nôtre Philolophe qui fc de-
kéle'à trouver des mots contraires
à l’intention de Mefiié pour la defén-
ce de ion erreur , afin d’erabarrafler
les matières.
le regrette Monfieur le Doéteiir
Zvvclfcr , & fiiis émeu de .compaC-
fion tout enièmblc , de ce qu’il em¬
ployé fi mal à propos ion petit ta¬
lent, qui au lieu de fe contenir dans
les termes de la raiion , il s’en écar¬
te étrangement , & voicy comment,
Faiibns icy , dio-il , quelque digrei-
fion , & voyons le naturel des papil¬
lons , & ce qu’en diiènt les Philoio-
phes. Ils naillènt avec quatre ailes
comme nous voyons , ils fe nourrif-
fcnt de fueilles de meurier,d’où vient
que leur fiibftancc eft homogène à
cét aliment
Choie auflî étrange qu’elle eft
abiùrde , que mon Adveriàire fc
vueille mêler de philoiôpher fur une
matière qu’il a oublié tout ce qiiïl
en pouvoit avoir appris , de mettre
en avant que les papillons des vers
à foye fe nourrilfent de fueilles de
meurier , c’eft avoir Ikfprit bien
aliéné d’ozer écrire une erreur fi.
groffiere & fi contraire à la vérité,
eft-il polîible que cette mémoire fi
heureuiè que la fienne aye fi-tôt ou¬
blié tant de belles chofes qu’il nous
a cy-devant dit avoir obfervées fiir
ces animaux , je puis inferer de fon
raifonnement qu’il commence de
mourir par la mémoire , puis qu’el¬
le luy manque entièrement. Quel
jugement ne doit-on pas faire de
ce grand naturalifte , s’il a veu quel¬
que choie de ces animaux comme
il parle ,. il le devroit reflbuvenir
que les papillons des vers à foye
ne mangent ny ne boivent quoy
que ce lôit, & vivent jufques à ce
qu’ils ayent fitit leur lèmence com-
n:)e je viens de dire. Cette vérité
eft confiante j tout le monde la con-
noît dans les régions qu’on lait des
vers à Ibye, même les petits cn-
làns , je ne trouve que mon Adver-
làire qui l’igilore par un defaut de
mémoire , qui procédé comme je
croy de trop de prelomption , & de
chagrin qu’il a contre moy , à caufe
que je le tiens au eolei;,& après il dit
d’où vient que leur fubftance eft ho¬
mogène à cét aliment.
le veux qu’il y aye quelque conve¬
nance entre la fireille de: meurier Sc
la foye crue, cela n’exclud point que
par le changement que la nature du.
ver à foye fait d’ime fubftance^ en
l’autre que la foye n acquitte d au¬
tres qualités que celles de la fueille
du meurier , car par la digeftion qui fè
à l' Âfologie
fait de l’aliment dans le corps de
l’Animal J il faut confiderer qu’il fc
divife en trois. La première partie
fert pour la fiibfiftance de l’animal:
la fécondé pour la produdlion de la
Soye J & la troifiémc qui eft la plus
grofliere , lônt les excremens. Et
comme^le ver à foye n’a été créé a
autre intention que pour faire la foye
qui ièrt par excellence > comme a
été dit pour l’ornement de l’homme,
il eft certain que comme fà produ-
élion eft digne de grande admiration
dctoute exti aordinaire,qu’cllc acquiert
d’autres vertus que celles de lafueil-
le de menrier , par l’union fecrette
qui fc fait des parties qui la compo-
fent, & cela ne doit point être trouvé
étrange , puis que l’excrement de la
Belette fent le mufc. Que le mule
fuivant quelques-uns eft une apoftu-
me, & fuivant d’autres un fàng meur-
try d’un animal , cette matière quelle
qu’elle fbit eft toujours corrompue, fa
corruption fe change en une odeur
fort agréable , qui ne procédé point
d’aucun aliment odprant qu’ils ayent
mangez, mais par un fecret de la na¬
ture qu’il faut plutôt admirer que d’en
rechercher la caufè.
le pall'eray encore plus avant pour
faire voir en quelle mifere fe trouve-
roit l’homme qui lait les dclices de
nourrir fon ventre de toute forte de
viandes pour fàtisfaire à fon appétit
dépravé , fon pauvre corps ne feroit
pas des plus heureux , ny des plus-
fains s’il participoit de toutes lesqua-
litez ôc vertus de cette grande va¬
riété de viandes qu’il le nourrit,
l’avouë bien comme j’ay déjà fait,
que les aliments qui conviennent
mieux au tempérament de l’hom-
Je Zwelfer, 3 8 1
me , que ceux-là Iny font plus pro¬
pres , qui le rendent plus fort , plus-
robufte & qui le confervent en fan-
té ; mais non pas que pour cela ils luy
foient homogènes , ainfi que nôtre
Dodeur le veut faire entendre.
Les Perles defquellcs nôtre Au-
theur relevc de beaucoup les ver¬
tus qu’on leur attribue , ont leur
femence dans la propre fubftance
de la chair des coquilles qui les
portent: de là voudroit-il inférer
que la chair de ce poiffon eut la mê¬
me vertu que les Perles , il n’oforoit,
voilà poitrquoy fa confcquence eft
mauvaifo.
le voy encore venir mon Adver-
faire muny de nouvelles armes qui
dit. Les vers réduits en pondre doi¬
vent avoir plus de vertu que la Soye
félon le dogme inconteftable des
philofophes , à fçavoir que ce qui a
été produit a qudque faculté , elle
doit être plus eminante en celuy
qui en eft l’ôutheur , ou pro-
dudeur.
Monfieur Zvvelfer ne fo trou-
verôit pas en une petite peine , de
répondre fi on luy demandoit en
quel temps il voudrait prendre ces
vers à foye , pour les avoir en
leur jlns grande vertu afin de les
mettre en poudre , & comme qiioy
les préparer puis que par fon dif-
cours philofophique , il neconnoit
point la nature de ces animaux , qui
ont le corps plein d’une humidité ex-
ercmentenfé , que de les faire feicher'
il ne refteroit qu’une feule peau-
auftî déliée que du papier , qui eft
pour l’ordinaire en tous les ani-
maux d’un autre tempérament:
que celuy des autres parties dm
bbb J corps.
381 Reponce
corps cp’elle enveloppe , pour mieux
refifter aux injures de l’air , Ôc par
çonfequenc toute la vertu confifte
plutôt en la Soye par les raifons cy-
devant alléguées, & les autres parties
de l’animal en font privées, La vertu
de l’écorce de tous les fruits , les
membranes J la chair & les fomences,
different fomblablement de vertu les
unes des autres.
le ne doute point que l’efprit de
Monfieur Zvvelfêr n’aye foufFert la
gehenne en me failànt cette répon¬
ce, puis qu’il y confond pour une.
fécondé fois les papillons avec les
vers à Soye , fons avoir égard à
leurs fondions qui eft bien differen¬
te. Celuy là fait la' femence pour
la confervation de l’efpçce , & cet-
tLiy-çy la. Soye , &c voicy comme
il parle. Que Ci les papillons n’ont
aucun rapport aux efprits vitaux,
quelle vertu peut avoir la Soye qui
en provient, & qui exhale beaucoup
de raauvaifo odeur avant qu’il fo
change en papillon.
Mon pauvre amy Zvvelfer vou¬
lez vous toujours demeurer dans
le déliré ; vous êtes grandement
dévoyé , la paffion vous tranlportc, à
quoy penfoz-vousjil n’eftpas icy qne-
ftion , il les papillons ont du rap¬
port ou non , avec les eiprits vi¬
taux ; par ce que comme nous avons
déjà dit, ils ne font pas la Soye, &
pour la puantepr que vous prefup-
pofez que les vers rendent avant
qu’ils fc changent en papillons ,
vous ne prenez pas garde que vous
parlez à un homme qui a obfervé
tout le contraire de ce que vous dites
dépuis quarante fix ans qu’il a ob-
forvc des’ vers à Soye en ce pays.
que la puanteur par vous alléguée,
ne procédé nullement des vers vi-
vans , car ils n’ont aucune mauvai-
fe odeut , mais elle procédé de ce
que for une 'grande quantité , il
en meurt fouvent, & comme ils
abondent en humidité excremenreu-
fc ils fe pourrilfent promptement ,
ou bien comme cét animal eft fort
délicat que la moindre choie qui
leur foie contraire , ils pilfent beau¬
coup , ôc comme auflî , on leur laif-
fo quantité de rciîdence de la foeil-
le dont on les nourrit , fi on ne les
change fouvent il s’en enfuit avec
cette humidité une odeur defagrea-
ble qui tend à pourriture i non pas
que cela procédé des vers vivans,
comme l’experience fait voir aux
moins oculez. Voyez Olivier de
Serres qui en a dit toutes les fingula-
ritez , jufques à la plus moindie au
livre 5. chap. 1 5 . de fon traitté d’Agri-
ciiltiire.
l’eftime que la reverie de mon
Adveriàire ne fçauroit aller guere
plus avant & qu’elle eft montée au
plus haut degré de fa prefomption
quand il dicT Mais nôtre philoiôphe
fo trompe ne prenant pas. garde à la
gcnealogie qui eft entre le papillon
provenant de formé de la Soye Sc
entre le vers à Soye.
Cela ne meriteroit point de répon¬
ce , par ce que j ’ay bien diftingué, cy-
delTus les vers à Soye , d’avec les pa¬
pillons J mais par ce que nôtre au-
theur de confufion dit encore pour
une plus grande erreur, que le papil¬
lon provient & c.ft- formé de la Soye,
au contraire il eft formé du vers à
Soye, & cette metamorphofe n’arrive
jamais qu’aprez que le ver avuidé
tou
a l'apologie de Zwelfer, 585
toute ü Soye , comme a été cy-de-
vant allégué. Toutes les frequentes
redites & eonflifions de mon Adver-
fàire font autant de foi blés marques
delà defence, que je ne devrois daig¬
ner d y répondre. .
le ne m amuforay point dit mon
Advcriàire à réfuta- ce qu’ Avicenne
ôc Serapion ont écrit for ce foj et ci¬
tez par ledit Vernis , puis qu’ils n ap-
puyent point leur fentiment for au¬
cun principe de philofopbie , âuf-
q;Uels joppofo ma propre expé¬
rience.
Nôtre pauvre & bon amy Zvvel-
fer cft: malade j il a grand befoin^
d’être focouru , mais proinptemefttj
il na que l’efprit à rendre au plus
fort de nôtre . combat de la Soyê
eruë, les armes luy tombent des
mains , de dire qu’Avicenne Sc
Serapion n’appuyent [point la ver¬
tu de la Soye j'for aucun princi¬
pe de philofopbie anfquels il op-
po(è fa propre expérience. Qup^fo
eft fon expérience if une chimerê for¬
mée dans lafoîblefTe de fon cerveau
qui fait croire à Athènes , Tbebes
Sc à Montpelîer quelle eft fa pre-
fomption. Il n'a pas voulu rappor¬
ter les textes que je luy ay cy-devattt
cirez d’Avicenne & de Serapion^.
afin que fo réponfc fon s raifon , par
ie mépris qu’il en fait eut plus d’ap¬
parence de quelque vérité , mais au
contraire c’étoit en ce rencontre,
où il devoit faire paroître la force
de fon efprit & faire voir que mal
à propos les Autheurs ont attribué
tant d’excellentes qualitez & ver¬
tus à la Soye crue j plutôt que de
nous alléguer fon expérience fri-
Wc qui eonfifte tant feulement
en ces paroles , que la Soye crue n’a
point de vertu cordiale, parce que
la fueille de Meurier , qui eft l’ali¬
ment des vers à Soye n’en a poiritj
&que comme le ver eft impur, què
la Soye qui en eft produite , participé
de la même impureté. Si ainfîpar cet¬
te analogie la Soye crue n’a point
de vertu. Voilà une très - forte ex¬
périence pour être aveuglement ôp-
pofée aux qualitez ôc vertus ,
qu’Avicenne & Serapion luy at¬
tribuent , qui ont tiré leur fonde¬
ment , particulièrement dès quali¬
tez fécondes , qui dépendent du
temperamment des Cocons cy-dc-
vant alléguées , à foavoir de l’o-
dair ôc de la faveur qui font des
vrays principes de philolophie , pour
kfqucls renverfèr ôc détruire , nô¬
tre philofophe fans principe n’à
ofé y toucher. Et pour le for-
plus de fa prétendue expérience,
j’y ay fofEfommenc répondu cy-
devant.
La fin de la cinquième raifon;
que nôtre Autheur me donne pour
réponce n’eft pas mauvaife de dire
que l’intention deMefué n'a été au¬
tre en mettant la Soye crue dans
fe Gonfcélion d’Alkermes , que
pont luy foire abforber le foc de
KermeS pour le mieux Goiiforver
afin de le tranfporter plus aife-
ment dans les pays étrangers &
non pour fcs tèrtnS. Mais il nouS'
paroit du Contraire , par les paro¬
les de Mefoé , qui dir,
rici fucco granorim tinfiorutn re-
eenter tifiSii , iih.j. Jîicci Pepiorum
dulcium , & aqnct Rofarum ano;
fe. y. f>. “viginti quatuor horû:
waeerandam , dewde ^aulûper his>
itica
Ré fonce
584
incoque»dam doftec liquores ru-
hfcant , &c.
En ma precedente édition j’ay
fi bien expliqué l’intention de Me-
fiie qu’il me ïùfEroit d'y r’envoyer
le Leéteur pour n’ufer de vainc re¬
dite, mais comme mon Adverfài-
re ajoûte une Icéonde fuppofition
à la première , je me fèns obligé
de dire derechef. Que fi l’inten¬
tion de Meliié n’eût été double en
failânt entrer la Soye dans fa Cort-
féClion qu’il fe lèioit contenté de
la faire infufer tant feulement dans
le fuc de Pommes & l’eau rolè , Sc
n’auroit point ajouté ces mots , dei»-
de paulüper hü incoquendam ,
aprez la macération , puis qu’elle
auroit fùffi pour attirer tout le fac
que la Soye ayoit ablorbé , mais de
toute neceffité , il falloit que la co-
étion vient en fuitte de la macerârion
pour attirer la vertu de la Soye crue,
autrement le llic de Pommes & l’eau
Rolè fe crouvans empreints du fuc
de Kermes , ou de l’humeur gluan¬
te qui lèrt de cole aux vers à Soye
pour coler Sc joindre enfemble les
diverfes révolutions du fil de la Soye
que le ver fiiit en formant Con Co¬
con, cela auroit fait que la vertu de
la Soye feroit demeurée dans le
mare Sc la compofition fruftrée d’i¬
celle. A quoy nos Sieurs Profelfeurs
ont prudamment pourveu , quand
ils ont réglé le modus faciendi du
Syrop , qu’au lieu' de faire im¬
biber la Soye crue dans le fùc de
Kermes , 8f en fuitte l’infufer avec le
fùc de Pommes Sc l’eau Rofe , ils ont
preferit d’infufèr la Soye toute fim-
p!e dans les fiifdites liqueurs. Cette
méthode ne dérogé en rien à l’inten¬
tion de Mefiic , au contraire elle eft
préférable en deux fa ;ons , la pre¬
mière de ce que l’operation en eft
plus briéve j Sc la féconde plus utile,
par ce que la liqueur en tire plus fa¬
cilement la vertu. '
La fécondé fuppofition de Mon-
fiem: Zvvelfcr , que la Soyc-ainfî
teinte par Mefué , & afin que le
fuc de la graine de Kermes , étant
comme ablorbé dans la Soye , fe
conferve plus aifement , & qu’il foit
porté plus aifement dans les pays
étrangers.
Voilà une belle rêverie inventée
à plaifir par Monfieur ZYvelfer,qui
eft dircétement oppofee à l’intention
de Mefué 3 qui demande en termes
exprez , que la Soye récemment
teinte , fbit mife en infufion à mê¬
me temps l’avoir tiré du fùc de Ker¬
mes J car pour la tranfporter en pays
étrangers , il la faudroit faire fei-
cher , & il arriveroit bien fbuvent
qu’on ne l’employcroit pas de long¬
temps aprez , & ainfi on contre-
viendroit manifeftement à l’intention
de Mefùé. Vne autre raifon bien
prelfante eft que fi Mefùé n’eut eu au¬
tre confideration que de faire imbi¬
ber la Soye crue dans le fuc de Ker¬
mes pour l’envoyer en pays étrangers
& qu'il n’eut point reconnu de
vertu en elle, à quoy faire fè fcroit-il
fervy de la Soye qui coûte beaucoup
outre le temps qu’il y faut employer
pour la mettre en état à la faire im¬
biber , il auroit fans doute préféré de
vieux linge fin Sc délié , au lieu deJa
Soye qui eut été non feiilement à
meilleur marché j mais enéo re plus
propre fiiivant Ion intention. l’aj ou-
teray encore deux autres moyens
a Apologie âe Zwelfer, jSf
pour pouvoir tranfporter ledit fuc,
le premier en le reduilànt en con-
ferve avec partie égale de ILiccre,
comme nous faifons , ainlî que nous
avons déjà dit. Le fécond en fâilànt
lèicher les grains pour en feparer la
fleur ou la poudre vermeille qui eft
la pulpe defeichée. Voyez la Remar¬
que £ir la Confection de Hyacinthe.
De tontes ces railbns on peut inferer
que rintentiondeMefué eft bien con¬
traire au ièntiment de mon Adverlài-
re qui s'en prend oà^il peut pour le
garentir du blâme.
le me trouve, plus flirpris que
je n’ay encore été j de voir de quelle
maniéré & avec quelle hardieflè
mon Adverlàire continue d’agir de
mauvaife foy , foit en tournant le
fens à mes paroles , en les corrom¬
pant, ou en tronquant des palïàges
entiers , que fi on ajoûfoit toy. à ce
qu’il dit je paflerois pour un mon-
ftre. Entre beaucoup d’exemples
que j’ay cy-devant rapportez de la
rulè de Monfieiir Zvvelfer, j’alle-
gueray de nouveau ccluy du doCtc
Coftæus , fiir lequel il n’a ofé dire
fbn Icntiment, par ce qu’il eft fàns
répliqué , & qui regarde la foye
crue' , & de la façon que nous devons
l’employer dans toutes nos compo-
fitions, que je lue lèns obligé de rap¬
porter pour une fécondé fois., pour
montrer au doigt la fuite de mon Ad-
verfàirejdonc voicy de Coftæus.ü/oc
furnendum in AduHeinm ufum. Ne-
que mtem Serica fila, qu& interdum
fiimividimm, opportunajunt : fed
ipfimet fiflliculi deligendi proha-
tijfimi , nullum pajfiartificium , de-
traSta externa & interna 'ueluti
aranea. Si Monfieur Zvvelfer , eut
peu mordre à cette aiithorité ; il ne
l’auroit pas fàns doute tronquée de
meme que celles cy-devant alléguées
. d’Avicenne , de, Seràpion , & autres:
mais par ce que ces paifages font fi
formels, & fi directement oppofèz
aux erreurs de Monf. Zvvelfer qu’il
n’a ofé y toucher fiir l’appreheniton,
qu’il a eu de n’y pouvoir fàtislâire,
dequoy je m’étonne j car impuné¬
ment ailleurs , en des rencontres
aulfi clairs , il a vomy en fu¬
rieux contre la vérité , tout ce que
fon humeur attrabile luy a peu
fuggerer.
Coftæus ce grand perfonnage qui
étoit de la Ville de Lauda qu’on
appellè en langue du pays Lodi,
dans le Milanois , n’a point ignoré
la connoilîànce des vers à foye pour
les avoir fouvant obfèrvcz chez
luy , non plus que la Soye crue
des Cocons puis qu’il en preferit
fi à propros en fon Commentaire
fiir. Mefué , la maniéré de le.s pré¬
parer avant que de les employer
pour la Medecine , qui eft d’en
feparer une petite peau déliée , en
forme de toile d’Aragnée tout au
tour du dedans , & du dehors du co¬
con , non pas àraifonque ces peaux
-participent d’aucune mauvaife quali¬
té , mais comme la partie la plus
groffierc du cocon il la rejette , qui
eft le commencement Sc la fin de^
l’ouuvrage du ver a foye. Les au¬
tres Commentateurs de Mefùé com¬
me Manardus & Sylvius , ne defop-
prouvent point les vertus de la foye,
particulièrement ce dernier qui dit en
propres termes. Sericum aute rufum,
& crudum tingitur fiucco ex granii
tinüoriis recentijfmis extraite : id
ccc tridua
Réponce ^
tridns ficcatum maceratur mo
die aqu& Rofarum foUw libris tri¬
bus , vel aqusi Rofarum, & Sueci
Pomorum dulcium ,■ &c. Qii’a-il à
-faire doncqiies nôtre Doôlciir iàns
degrez de crier comme un Sauvage
contre les vertus de la Soye crue
■fans autre connoillànce que fâ feule
■prefomption.j qu’il fc taife doneques
•s’il efl; amy de foy-même , aprez
-tant de célébrés Authoritez 3c de'
•bonnes railons que je liiy ay ap¬
portées , & qu’il s’étudie pour ap¬
prendre à mieux parler , & qu’il
ne parle plus par oüir dire , s’il ne
veut être méprifé de fes meilleurs
amis. Cependant il fçaura ce qui
ne fçauroic entrer en fon elprit, qui
eft une vérité que j’ay appris du
mépris & du peu d’eftime , que
beaucoup de gens fçavans font des
raifons qu’il apporte pour la de-
fencc de fa caufe , qu’il 'fait confî-
fter pour la plus grand partie en des
injures, des inveétives & des fup-
poiîtions étranges pour renverfêr ce
que j’ay dit cemtre fes erreurs,
en donnant un fens pernicieux à
mes paroles , & tout contraire à la
vérité. En outre de ce qu’il ptend
la defence à cœur de ceux-là mê¬
me defquels il en a parlé avec grand
mépris en la page de fa Remarque,
où il dit que le difeours de L. Ca-
telan , n’eft que -niaiferie , par ce
que je luy avois reproché un peu
auparavant , quand il parle de la
qualité maligne de la foye caufée
par la pourriture des vers , ou deS
papillons , qu’il avoir tiré les pa¬
roles en partie du traitté delà Con-
fcétion AlKcrmes de Catelan , qui
ne feront jamais reçeuës pour texte
d’Evangile, queparmy les pareffeex
de nôtre Arc , &c. Et voicy ce
qu’il me répond par un tranfporc
de fon humeur brûlée. Le texte de
ce maudit novateur a rapport au
premier paragraphe que nous avons
rapporté , fi ce n’eft qu’il inveétive
en furieux & en tigre contre Mon-
■ficur Catelan Apothicaire de Mont-
-pelier fon predecellèur un vray
Saint en Paradis j ne fe feuve-
nant pas qu’on ne doit jamais par¬
ler que fbbrement des ablèns & des
morts.
Confiderez je vous prie chers
Leéteurs la réponlc de mon Adver-
faire autant -pleine de fiel que fes pa¬
roles font contraires au fens des mien¬
nes de dire que je fuis un maudit no¬
vateur , ce mot de maudit eft grave,
qui ne convient point à quoy que ce
loit que j’ayedic ny enfeigné , &:ce
mot de maudit n’eft jamais proféré
par des gens d'honneur qu’en des
cas énormes. Si j’ay avancé quelque
chofè de nouveau j à l’égard de
Monfieur Zvvelfer , c’a été avfc
raifon,fi j.e ne l’avois point prefte par
la foixe de la vérité ? ôc qu’il eut peu
me répondre , il ne fe fut pint em¬
porté contre moy , comme il a faiq
mais pour ne laillér pas tant de vuide
fiir le papier , & pour facisfeire à fa
paffion & à celle de fes partifans , il a
creu que c’étoit un moyen à pouvoir
fâuver les apparances , puis qu’il ne
me pouVoit ny répondre ny réfuter,
de jetter feu & flamme contre mon
honneur , qui fait que je conjure tous
ceux qui peuvent avoir de l’inclina¬
tion pour luy defùfpcndre leur juge¬
ment jufques à ce qu’ils foient plei¬
nement perfiiadez de la vérité de nos
a l'apologie
Remarques. Eh fiiitte, il die, que j'in-
veélivÆ en flirieux contre Moniieur
Cacelan ,y a-il rién plus éloigné de la
vérité , ces proies ne font elles pas
voir à Thebesjà Athènes, àMontpe-
lier & à tout le refte de la terre la noir¬
ceur de la malice de mon Adveriàire.
Ccque jeliiy ay reproché de Mon-
fienr Catelan, eftde ce qu’il a fîiivy
en partie fon opinion pour n’admettre
point la foye crue dans la Confe-
étion d’Alkermes , & là delTus j’ay
tant feulement dit , que le fèntiment
de Cathelan , ne fera jamais receu
pour texte d’Evangile , que parmy
les pargifeux de nôtre Art. lugez je
vous prie ii ces paroles font Ibrties
de la bouche d’un furieux , & s’il a.
droit de m’accomparer à un tigre , la
plus inhiunaine bête de toutes, & à un
/ Scribe & Phariiîen ; ne voilà pas de,
belles fleurs dercthorique non moins
dignes de louanges , que celles qu’il
continué’ de vomir enfuitte ? ne font-
ce pas de belles téponces dignes du
plus malin de tous les hommes ?
pourrois-je plus mal employer mon
temps que de réfuter de telles ordu-
■ res, non ; c’eft pourquoy je les laillè,
& les prend comme de la part où
elles viennent fans qu’elles puiflènt
m’ofltèneer. Les Cantharides qui
exhalent une mauvaife odeur s’atta¬
chent à la rolè, & le vicieux à , la ver¬
tu. Voilà les railons pourquoy je dois
paflèr outre & laiffer ce Phantôme,
avec lès Syllogilmes qu’il n’entend
pas luynticme..
Monfieur Zvvelfer pourroit pallèr
dans l’elprit des clairs-voyans pour
quelque chofe de plus qu’il n’eft pas,
s’il'n’avoit pris pour fiijet de là de-
fcnute , le menfonge & pour bouclier
dè Zvvelfer, 587
les inveélives & les injures ; mais
l’un & l’autre donnent bien à con-
noitre tel qu’il elè. Venons dit- il, au,
refte que je pafle lèus lllence pour
n’être que menfonges & que fable, le
vous voy affez adroit pour ranger à
vôtre party Mefué qui fait entière¬
ment contre vous défendant exprefte-
ment de joindre à cette Confeéton la
foye fraiehement teinte dans le lire
de Kermes, fi ce n’eft que ëifjaenlèr
la lôye crue , & la dilpenlèr fraiche-
ment teinte du fuc de grains de Ker¬
mes , ne foient deux propoficions
identiques dans le lèntimcnt d’un
acariaftre. Monfieur Zvvelfer eft
plus qu’aveugle , au lieu d’un guide,
il luy en faudra donner deux. le ne
puis comprendre, comme qiioy il'olè
dire que Mefiié defend expreflèment '
d’employer la Soye fraiehement tein¬
te dans le fuc des grains de Kermes
en là Confeébion , puis que les pa¬
roles de Mefiré Ibnt fi formelles la
dcfliis qu’elles ne peuvent être in¬
terprétées autrement, que par le pro¬
pre Icns de la lettre qui eft. "^.Seri-
ci fucco granorum Kermes recenter
tinChi lihram tinam, &c. Aprez cela
les plus aveugles font capables de
juger que l’intention de Melùé eft
qu’on prenne de la foye crué , non
teinte & qu’on la fàffè imbiber daiis
le foc de grains de Kermes julques
à ce qu’elle foit foffilàmment pene- -
trée dudit lire , aprez l’en tirer & en
pefer une livre , pour la faire inflifcr
par vingt quatre heures dans le fiic
de Pommes & l’eau rolè, en une cha¬
leur temperée , & liir la fin la faire un
peu cuire. L’infufion fo fait comme
nous avons dit à deilèin d’attirer par
le moyen de la liqueur toute la verni
ccc Z du
Réponce
388
du Kermès , &c par là ^ftion cette
humeur gluante qui eft en la Soye
crue ou git la principale vertu , fans
laquelle le ver à Soye ne pourroit
point unir & coler le fil de fon tra¬
vail l'un contre l'autre. Voilà l'in¬
tention de Melùé expliquée tout au
long en peu de mots, je vous prie
de juger aprez avoir parlé de la for¬
te s'il defend cxprelTemenr ce qu'il
ordonne en termes exprez dé faire,
qui eft de mettre la Ibye fraichement
teinte ou imbue du fiic de Kermes en
fà Confection. Pour le fiirplus , je ne
Sis comprendre ce que mon Adver-
re veut dire ( il m’obligera de s'en
expliquer , ) quand il dit , fi ce n'eft
que difpenfer la foye crue , & la
difpenfer fraichement teinte du fuc
des grains de Kermes , ne foient
deux propofitions identiques , dans le
fentiment d'un acariaftre. Qui a j amais
oui philofopher de la force , de dire
que la chofe qui n'eft pas , & la chofè
qui eft, foie une même chofè,! 'incom¬
patibilité y eft figrande quêtons ceux
qui s'en appercevront, feront pauvre
jugement de mon Adverfaire.
Pour le furplus de la foye crue , &
de fes vertus nôtre philofôphe dit
que ce font des raifons de femmes, &
de quenouilles marque du genie de
l'Autheur , ne daignant pas de le
reflitcr en cela. Si j'étois l'Autheur
des vertus de la foye crue , je le par-
donnerois plus volontiers à Mon-
fieur Zvvclfer , mais comme ce font
des Autheurs approuvez que |e liiy
ay cy-devantcitez,&que c'eft contre
leur honneur & leur réputation qu’il
s'en prend, je me fons obligé de pren¬
dre leur défoncé , qui eft fondée
&r des principes de philofophie.
que j'ay cy-de^nt expliquez. Mais
encore n'a- il point rougi plus d'une
fois , quand il a conceu de faire
comparaifon de la doCtrine de ces
grands hommes , à celuy du raifon-
nement des femmes & de leurs que¬
nouilles. Cette lâcheté luy fora long¬
temps reprochée , il en fait fouvent
de pareilles , quand il ne peut pas
prouver & défendre fos erreurs , ait
contraire il les multiplie hardiment
comme en ce rencontre de la foye
crue , quels perfonnage^ n'a-il point
foit.’combien de fois s'eft-il embrouil¬
lé luy-même, & combien de fois,
s'eft-il contredit , pour fe tirer du
précipice , que fa prefomption luy a
creufé & par fon mal-heur au lieu
d'en forcir , il s’y enfonce de plus en
plus comme on peut voir par la fiiit-
ce de fes arguments. Il ne fert de
rien de m'alleguer Ariftote , Pline,
Tholofon , Cardan , Bayfius , ny
Kirker , tous ces grands hommes,,
ne font rien pour luy , il le croit
bien ainfi , aufîî ne rapporte -iL
pas leur fentiment , je doute enco¬
re s’il connoitla couverture de leurs
œuvres.
Si Mpnfieur Zvvelfer ou fon in¬
terprète fo fut direétement atta¬
ché au fens de mes paroles , &
qu'il n’eut pas tant criaillé en vain
comme il a fait , & qu'il ne fe ftit
pas donné à connoître par lès dé-
portemens , en ajoutant à icelles
ce qu'il a jugé le pouvoir fàvo-
rifor d'un côté , & retranché ce qui
luy fembloit nuifible de l'autre , il
en foroit beaucoup plus eftimé ,
par exemple voicy comme il parle.
Voyons je vous prie ces. arguments
& CCS fobtilitcz contre Zwelfor ,.
fon
a l’ Apologie de Zwelfer. 389
ion raifonnement n’eft qu’un (yllo-
gifine , encore composé pour en con¬
tenir trois virtuelement que je/ puis
relever de cette force. Le premier,
Verny dit que la foye eft alexitaire
& cordiale , & voicy comme il ar¬
gumente , de douter ü la foye a
des vertus cordiales , c’eft le mê¬
me que de douter fi Zvvelfcr eft
Médecin , mais Zvvelfer doute j
doneques la foye a des vertus cor¬
diales.
Voilà bien argumenté Monfieiir
Zvvelfer , vous ne prenés pas gar¬
de de la façon que vous altérés mes
paroles par vos fineflès qui font fi
groffia-es qu’elles peuvent être ap-
perçu'ês de tous. Vous les altérés
en y ajoutant que la foye eft alexi¬
taire & cordiale , e’eft de quoy je
n’ay point parlé T j*^y dit fimple-
ment que la foye a des vertus., &
que de douter de cela , c’eft dou¬
ter que Zvvelfer foit Médecin. Ce
n’eft pas que je vueille me retra-
éter ; mais il ne vous eft pas per¬
mis d’alcerer mes paroles pour les
accommoder à vôtre avantage ; j’a-
voüe neantmoins d’avoir fait cette,
eomparaifbn afitz mal à propos par
les raifôns que je diray cy-aprés,
pour n’avoir feeu en vertu de quoy
vous vous qualifiés Médecin. Après
par la réponce que vous laites à mon
argument , vous faites voir aiiffi une
fiiite de la même alteration en ces
paroles. Si félon toy Verny douter
lî Zvvelfer eft Médecin , & fi. la lôye
a des vertus alexitaircs eft le même,
il s’enfiiit que la foye eft fans vertu
cordiale. Voilà une réponcc digne de
Monfieur Zvvelfer , & d’être admi¬
rée d’un chacun, à laquelle je répond
fondé fiir les raifbhs Cy-devant allé¬
guées qu’il eft vray que la foye a
des vertus , & que Zvvelfer neft
Médecin que par lettre , en quoy
il témoigne en effet bien , que ce
fût une impercinance de vouloir fai¬
re le dialectique avec moy , veu que
s’il fè fut trouvé Philofophe, com¬
me il veut faire accroire d’une fa¬
çon pourtant allez ridicule, il auroit
pû fbûtenir les examens de fbn do-
étorat par des réporices que laPhi-
lofophie fournit firffifamment aux
difputes neceflâires en pareil cas.
Pour le fécond fyllogifine que mon
Advcifaire appelle, il eft très -mal
fondé, fîir ce que j’ay dit, que tou¬
tes chofes font composées des qua¬
cre éléments , fuivant la doeftrine de
Galien , & fuivant celle des Ghi-
miftes , qu’en tous les mixtes il y a
trois principes de génération, qui font
le Sel, Souphre 6c Mercure j mais
comme cela ne regarde point nôtre
difpute qu’en paflant , je ne diray
point comme ils y font mêlés , bien,
eft vray que du mélange d’iceux,
fîiivant qu’ils y font proportionnés,'
il en relùlte divers tempéraments,
d’où vient que les médicaments font
doués de diverfès qualités & ver¬
tus, & de là mon Adverlàire voit- ‘
droit faire pafTcr pour un argu¬
ment uhiverfcl contre ma propofi-
tion , que toutes chofes composées
des quatre éléments , ou des. trois,
principes font cordiales & alexi-
taires.
Le treizième :^llogiCnc eft fon¬
dé par mon adverfaire., fur ce que
j’ay dit. Si Mefùé n’eût pas eu du;
fiic des grains de Kermes , il ne l’au-
ïoit point ordonné en ces termes..
ccc î
390 Reponce
Serici crndi fucco granorum tin-
Elorum recenter tinBi libram /.Voilà
la façon du raifonnemenc de Vcr-
ny > !scc. le ne rappoiteray pas iey
la premieie période de la réponce
de Monfieur Zvvelfer j pour com¬
mencer là où il dit. Ou Melîié a eu
du lue de Kermes , Verny , ou non,
quoy que vous puilliés répondre,
vous fériés contre vous , car s’il en
a eu , il eft donc faux qu’il ne s’en
trouve de véritable qu’à Montpe-
. lier , qu’il n’en vient jamais aux
pais étrangers , & au nôtre qui foit
légitimé , comme tu l’as opiniâtre¬
ment fou tenu cy-delFus.
Cher Leéteur confiderés je vous
prie en quelle décadence eft l’cfpric
de ce grand Philolbplie Monfieur
Zvvelfer de continuer toujours de
mettre en avant, des chofes que je
n’ay ny dites ny longées. Car que
Mefué ait eu du fiic de Kermes ou
non , s’il en a eu il eft donc faux
qu’il ne s’en trouve qu’à Montpe-
lier du véritable. Zvvelfer vous vous
trompés grandement > & vous êtes
ingénieux à vous donner de peine
fans necelîîté , voyes la page 245. du
premier livre de mes Remarques , de
la première edition^où je dis que vous
n’avés point du fuc de Kermes, &c
maintenant j’ajoute que vous n’en
fçauriés recouvrer à quel prix que ce
fut de la façon que nous l’em¬
ployons pour compolèr nôtre fyrop,
parce qu’auparavant qu’on l’eût tranf-
porté en vôtre pais il le gâteroit
en chemin, à caufe de Ion humidi¬
té , premièrement il en deviendroit
aigre en moins de deux fois vingt-
jquatre heures par la grande fermen¬
tation qu’il feit, après il fe dcllei-
chcroit & en fuite fe corromproit,
à caillé qu’il n’auroit point d’air. Et
pour du lÿrop, je vous ay dit que
vous en pouviés recouvrer , mais
comme quoy le plus fouvent brouil¬
lé & fophiftiqué. Le mot de plus
Ibuvent fi vous l’entendés , ne vous
exclud point d’en pouvoir recouvrer
du véritable ; mais je vous diray
aulîî qu’à moins de le recouvrer
d’une bonne main , je loûtiens que
vous n’en fçauriés avoir qui fût lé¬
gitimement composé comme nous
l’avons cy-devanc décrit. De met¬
tre en doute Monfieur Zvvelfer que
Mefué n’aye point eu de Kermes
en'fon païs,c’eft pailèr pour ridi¬
cule , comme de dire que j’ay dit
qu’il ne fe trouve point de vérita¬
ble lÿrop de Kermes qu’a Montpe-
lier. De plus il dit que fi Mefué a
eu du lue de Kermes , qu’il eft un
brouillon ou fanatique de multiplier
les êtres & le travail , teignant pre¬
mièrement la Ibye du fuc de Kermes
pour ( par un lûrcroit de peine fii-
perfluë ) le retirer de cette même
loye , ce que je n’impolèray jamais
qu’à vous lèul , n’en croyant pas ca¬
pable l’âge avancé de ce venerable
vieillard Mefué.
Monfieur Zvvelfer vous aggreérés
que je continue de prendre la de-
fencc de Mefiié , & que je vous die
que vous avés perdu tout le relpeét
que vous devés à l’antiquité , d’a¬
voir entrepris de traitter Mefué de
brouillon & de fenatique, pour avoir
multiplié les êtres ainfi que vous di¬
tes, qui eft de faire imbiber la Ibye
crue dans le fiic de Kermes, &c après
l’infufer & cuire par vingt -quatre
heures dans le lue de Pommes &c
l’eau
39 ï
Têaii Rofc:, la cokture & l’expref- Mon Antagonifte in acciife d’iiij-
fion faite , la. cuire derechef avec le pollure ôc de faulïèté i & voicy com-
fiiccre en forme de lÿrop. Voilà ce me il brame fur le texte de Mefué^
que nôtre Philolophc appelle multi- qui ditj Sericum fucee granorum
plier les. êtres J mais après avoir re- tinüorum recenter twHum , dre.
jette cette multiplication d’êtres, il le commence dit-il d'argumenter de
étqiî du devoir de nôtre Médecin cette façon. La Ibye crue & la Ibye
de nous cnlèigner une méthode plus, teinte different en efpeces , je le preu-
briéve pour appuyer fon opinion^ ve, la Ibye crue félon tous eft ceî-
autrementil faut inferer commc-dki- le qui vient des cocons fraîche-
leurs que Zvyelfcr reftite tout & ne ment fans aucune hétérogénéité { fça-
prouve rien , je veux croire qu'il voir d'Alun * de Tartre , de fuc de
î'auroit fait s’il l'eût Iceu. Quand Me- Citron, & le rouge ) & dilposée
fué a décrit fon fyrop de la forte, à la teinture, Sc fe fait en fuite
il a eu des railbns toutes particulie- comme je le montre. Mais il impli-
res , d'une partie delquelles nous que que la foyc foit crue & tein-
avons cy-devant parlé., & celle qui te fous le même regard, doneques
nous refte elf pour avoir tant feu-, la ibye crue & la teinte different en
lement la vertu de la foye crue qu’u- elpeçe.
ne livre, de fie, la .ibye. y compriiè Mon Adverfaire Zvvelfer s’eft
en peut contenir. Mais ce qui elf beaucoup travaillé l’efprit pour fbr-
encore à remarquer eft qu’aprés que mer un méchant argument dont lé
nôtreDoéteura euofîencétres-iènft- fijet n'en vaut pas la peine , que
blement la réputation de Méfié par neantmoins je liiy accorde iàns dif
unc efpece de fatisfaûion , il eft piiter, que la foye crue & la tein-
revenu fur moy pour décharger le te different , & de là mon Adver-
refté de la bile, en difant qu’il n'im- faire veut inferer comme il a cy-
pofera jamais à autre qu’à moy fui devant dit, que la ibye que ^keflé
n'en croyant pas capable l'âge avan- , demande n’cft pas crue , parce qu’eî-
cé de ce vénérable vieillard Me- ..le eft fraîchement imbue du fuc des
fié. grains de Kermes , qu'il appelle tein-
Ce pauvre clprit troublé ne fe te , . en cela il biaiiè & veut qu’à
fbuvient plus de la deicription de même-tems ou à même égard, que
nôtre iÿrop de Kermes .que luy-mê- la ibye ne peut être crue & teinte
me a écrit autant de fois qu’il fait tout cnfemble , ce qui eft veritablé;
réimprimer iê^ Animadverfîons , il mais comme nous l’avons cy-de-
fçait.bien que nôtre méthode de le vant expliquéd’Aufheur entend qu’on
compofcr diftere un peu de celle de prenne de la foye crue , comme la
Meiùé , & par conièquant f Mc- meilleure , & qu’on la faflè imbi-
fié a manqué en quelque choie fui- ber dans lé fie de Kermes , après
vant ibn fens ( ce que je n’avoiie cette imbibition Zvvelfer veut que
pas ) il ne m’en doit poit attribuer la ibye ne ibit plus crue comme fî
la iàute.
on l'avoit fait cuire ou infufr dans
quelque
Réponce.
39L
quelque liqueur : voilà un mauvais
raiibnnement j qui contient la force
& la fubtilitc de rargument de mon
Advcilàire.
L’embarras oufè trouve Monfîeiir
Zvvclfer en fa huitième réponce eft
auffi grand qu’il ait encore été, & voi-
cy comme il parle. le répond au
long & au large à l’argument pro¬
posé , premièrement la caufaleque
tu apportes effrontément eft fauife,
tu interprètes tres-mal mon texte Ver-
ny , fçavoir que le fuc de KermeS
eft foffifant chés nous pour en foi¬
re le fyrop , parce que la foye fo
teint avec le fuc des grains de Ker¬
mès , cite & marque l’endroit , le
Paragraphe , la ligne ou tu as trouvé
cela dans mes Aniraadveriîons.
Moniteur Zvvelfer a tres-mal re-
cueilly le fens de ce que j’ay dit avec
raifon contre Iny en huitième lieu,
dont voicy les propres termes pourluy
en rafraichir la mémoire , & ce que
luy - même a écrit en fès éditions
in odavo, page 445. '& 444. de fès
Animadverfions qu’il me demande
que je luy cite l’endroit vNosvero
enm nunc neque fucci tnulto minus
granorum Kermes quihui ubique lo-
corum fericum tingkur. De là j’ay
inféré comme il m’a du depuis ac¬
cordé en fa derniere édition , puis
qu’il avoit du lue & des grains de
Kermesjqu’ilcntendoitcommodément
avec iceux foire du fyrop , d’autant
qu’en tout païs on en teint la Ibye
crue fuivant fon fendment, & non
la vérité. Et en effet mon Antago-
nifte en décrit un en la page 7 i .
auffi plaifont qu'il eft accompagné
de vertu , que j’avois négligé de
voir, tant je fais d’état de fes pro-
dudions. Et avant que de venir à
fon lyrop en inveélivant à lôn or¬
dinaire, me traittant de trompeur,
dit que je n’aime que les broiiillards,
les tenebres & les nuits. N’ay-je pas,
dit-il, condamné la lôye teinte qui
étoit neceffaire pour tirer la teintu¬
re dans la Confeétion d’Alkermes,
la railon que j’en ay eu , ’eft par¬
ce que la loye eft teinte & colo¬
rée par le moyen de l’Alun , du Tar¬
tre , &c. qui ne valent rien prin¬
cipalement pour les remedes inter¬
nes : car voilà l’état de vôtre contro-
vcrlè.
Monlieur Zvvelfer prend plaillr
de tourner mes paroles en un fens
qui luy foit favorable , mais il y re¬
vient fi fbuvent qu’il en foit le prin¬
cipal fondement de fès réponces,
qu’il revoyc ce que j’ay dit en ma
huitième raifon, il trouvera que je
difj^utc point avec luy de la foye im-
bu'd du fiic de Kermes , & encore
moins de la fc)ye teinte par art, quoy
que je die qu’elle s’en puilfe tein¬
dre ' par artifice avec l’aide des dro¬
gues étrangères, c’eft feulement pour
foire comparaifbn avec la teinture
qu’on en peut tirer, &c en foire un
fyrop. Mais où en êtes- vous cher
amy , nos plus jeunes apprentifs s’é¬
tonnent de vos erreurs, où avés-vous
la pensée de croire que Meffieurs les
Médecins & les maîtres Apothicai¬
res d’Ausbourg qui font tous fça-
vans , qu’ils entendent après Mefué
d’employer dans leur fyi'op de Pom¬
mes la fôye teinte par art. Vous
ne prenés pas garde à l’injure que
vous faites à ces venerables vieil¬
lards en les taxant d’une ignorance
bien groffiere , & leurs devanciers
a l' ué P ologte de Zwelfer, 395
fans vous apercevoÎL- que l'erreur
procédé de vôtre mauvais genie : car
comme il vous a été déjà dit plus
d'une fois , qu’on ne fe fert point
de la graine de Kermès ny de la
fleur , qui cft fon foc delfeiché, pour
teindre la foye chés les artifàns , &c
que quand cela feroit j Méfié & ceux
qui luy ont ficcedé, auroient été
bien dépouveus de jugement,de pren-
pre une livre de cette foye teinte
de la maniéré , laquelle ne feroit pas
capable de communiquer aucune ver¬
tu riÿ bonne my mauvaife au foc de
Pommes & à l'eau Rofe , qui fout
deftinés pour l’attirer , parce que la
foye a été lavée & relavée avant &
après être teinte, C'eft pourquoy
Monfieur Zvvelfer foyés mieux avi¬
sé à l’avenir que vous n'avés été
par le pafsé , ne traittés plus
d’ignorance & d’ignominie indifFe-
ramment tous les Autheurs qui vous
ont donné des lumières , comme vous
faites , fans eux qui vous ont frayé
le chemin vous fériés autant qu'un
rien J 'rendes à leur mémoire ce qui
leur eft deu & vous en ferés plus
eftimé,.
A mon grand regret Monfieur
Zvvelfèr j il faut que 'je répliqué au¬
tant de - fois que vous répétés des
chofès qui ne fervent que pour am¬
plifier vôtre réponce, & nous ren¬
dre cnnuieux au Icéleur de repeter fi
fouvent une même chofe. Sçaehés
donc pour la derniere fois, que pour
la^ compofition de ce Syrop , fiiivant
l’intention de Mefoé & de Meflieurs
d’Ausbourg , il faut prendre une li¬
vre de foye crue des cocons échar-
pie & récemment imbue & teinte
du fuc recent des grains de Ker¬
mès , & l’infufër avec les fitfdi-
tes liqueurs , &c. & ainfi vous au-
rés un Syrop tel qu’il convient di¬
gne de l’intention de fon inven¬
teur.
le répond , dit Monfieur Zvvel-
ftr , au fécond & nie tout à plat
qu’il foit impoffible de faire en au¬
cun lieu le Syrop des grains fées,
je le montre. Il n’efè point de vc-
getable dont l’on ne puilfè fort bien
tirer relfencc par l’application jufte
des agens aux patiens par les men-
ftrucs propres & fpecifiques , donc-
ques procédant de cette façon , il cfl:
facile de tirer la teinture des grains
de Kermes , &c.
Mon Antagonifte fe met en pei- ^
ne de prouver eh philofophant une
chofè que je ne luy contefle point,au
contraire que je luy avoiie , qui eft
fi en tout pais on teint la foye avec
les grains de Kermes , comme il dit
qu’on en pourra bien faire du Sy¬
rop en y ajoutant des chofes con¬
traires à fes qualités vertus, com¬
me nous avons cy-devant allégué,
de là il faut inferer que mon Ad-
verfâire n’efl: ny François ny Latin,
8c qu’il a la ve'ùc & la mémoire cour¬
te , voilà pour fa majeure.
La mineure eft : Or eft-il qu’il y
a un tel i-nenftruë homogène & ap¬
proprié aux grains de Kermes , dont
le Syrop qui n’eft autre chofe que
l'clfence de fes grains , fe peut faire
chés nous & en tout païs.
Monfieur Zvvelfer guidé de fà
feule preforaption , nous veut perfoa-
der que le Syrop de Kermes n’eft
autre chofe que l’elïènce defdits
grains , en cela le bon homme erre,
mais je pardonne fon errair,quoy
d d d qu’elle
J 94 Reponce
lÿii’elle ne /bit pas petite j de s'ima¬
giner de pouvoir faire par fon ar¬
tifice un Syrop aulîî efficace gue le
nôtre > qui reçoit environ neuf on¬
ces de pulpe de Kermes recente fiir
lyo. drachmes de fuccre , au lieu
que le fien ne fçauroit recevoir la
vertu qu’une once d ccorce de Ker¬
mes p^ut communiquer à 1 5 2 .drach-
• mes de fixccre , defebtueux encore de
la loye crue > du fuc de Pommes
& de l’eau Rofe, luges je vous prie
favorable Ledeur , lequel, des ces
deux Syrops participe plus de la ver¬
tu du Kcrraes > de ccluy qui reçoit
la pulpe en quantité > ou de l’autre
qui ne reçoit que la teinture de l’é¬
corce grandement alrereé en fa fa¬
veur, par l’agent qui lèrt d’aiguil¬
lon au menftruë qui luy rabat de &
veitu , c’efl: ce que nôtre grand So-
phifte ne connoît point encores.
Mais qui ne voit pas que nôtre Ad-
verfaire a l’cfprit non feulement plein
d’erreur & de confiifion , mais pe¬
lant de ne concevoir pas ce qu’il
reflite d’un côté qu’il l’admet de l’aur
tre en Ibn Syrop , comme la ioye
teinte par art, à caulè du Tartre
& de l’Alun. Il n’erre pas fimple-
ment en préférant l’éeorce du Ker¬
mes à la moële delfeichée , comme
liiy avons déjà reproché^, mais en¬
core de ce qu’il fe fçrt de la li¬
queur de Tartre pour tirer la tein¬
ture dés grains^ ou de l’écorce , qui
a des qualités plus contraires à cel¬
les du Kermes que le Tartre , que
mon Adverlaire veut qu on employé
pour teindre la- foye. De toutes les
confiderations fufdites. que doit-on.
ijiferer, lî ce n’eft que le bonhonr-
2a@.. fe. lailfe pofièder au premier ob¬
jet qui luy frappe le fens , comme,
quand il s’eft appcrceu que la liqueur
de Tartre mêlée avec de l’eau elt
un puilfant véhiculé pour attirer,,
promptement une forte teinture d’un
rouge beaucoup plus obfcur que le-
fujet,. & d’une faveur plus defagrea-
ble : de là il s’imagine que c’ell un.
puilTànt aiguillon pour en extraire,
la vertu ; mais ne fçait-il pas qu'il
en fait de meme fur tous les végé¬
taux , comme nous remarquons par¬
ticulièrement fur le Senné.que néant-
moins la teinture ou l’infufion n’en,
eil pas plus purgative , & que cet¬
te couleur obfcure procédé de ce.
que la liqueur de Tartre attiré la-
partie acerbe & ftyptique du Sen-
né qui la rend confuîè & plus épaif-
fe , & ainfi du Kermes , comme,
nous dirons plus amplement en fon -
lieu.
Après les divers détours que mon
Adverlaire a fait fur la Ibye crue,,
finalement il en cft forty pour ré¬
pondre à mon neuvième poinét, du¬
quel il tourne le fens de mes paro¬
les , autant en là faveur que Ibn mau¬
vais genie a d’adrelfe de mettre à
couvert Ibn incapacité, & voicy com¬
me il les rapporte. Quoy de plus,
inlénsé ,, quand il dit & s’étonne
pourquoy Zvvelfer conlèille de le
fervir au dedans de l’huile de Rolè
fVerny a entendu cuit) & de dif-
ibudre avec iceliiy l’ambre gris ,piis
que toutesfois,à ce qu’il dit, en ne
s’en fert jamais par la bouche, &
qu’il n’y a jamais eu d’indication:
fi neantmoins par impoflîble Zvvel-
fcr entendoit l’huile de Rolè diftil--
lé , il confeilleroit une chofe im-
poffible , n’y ayant aucun même en.
&ance.
a l'apologie
France qui fc fervc de ce fccret.
A quoy répond Verny , que je n'ay
point entendu Fhuile de Roiè cuit
ou la lie , comme tu J le veux fbctc-
ment & malicieiifèment- ; mais bien
l'huile diftillé > ou pour parler mieux
l'elTêncc de Rofe , qui pour être nou¬
velle & inufitée chés vous, elle ne
m’eft point pourtant inconnue , elle
eft familière & en ulàge dans les
boutiques de nos Apothicaires qui
en tiennent chés eux j &c.
Il n’y a rien qui prouve mieux
une vérité que la vérité même , c’eft
elle en ce rencontre qui fait que
je rapporte ce que j’ay cy-devant
dit en ma première édition fur l'hui¬
le Rofàt , pour découvrir la rufe de
mon Adyerfairc j & fes emporte-
mensjdont voicy les propres mots:
fondre l'Ambre gris avec l’huile Ro¬
fàt , feroit auffi très - ridicule > &
inoüi , de fe fervir d’un huile qui
ne convient point pour prendre in-
rieurement , à moins qu’il voulut
entendre , comme je puis croire , de
celuy qui elt extraiét chimiquement,
qui eft tres-rare , & ne convient non
j^s à cette diilolution que le pre¬
cedent , pour être d’une fubftance
trop tenue & fîibtile , qui s’envo-
leroit de même avec les parties les
plus pures de , l’Ambre gris. Voilà
ce qui a donné occafîon à la répon¬
ce de Monficur Zvvelfer , fans que
toutesfois , je fàqè mention qu’il Ibit
impoffible de dillbudre l’Ambre gris
avec de l’ellènce de Rofe , & enco¬
re moins qu’il n’y a aucun Apothi-
re en France qui fe ferve de ce fè-
cret. Des fiippofitions de mon Ad-
verfàire on peut juger de fon génie,
qui cherche la lumière dans les pro-
de Zvvelfer, 3 9 ç
fondes tenebres , pour broüilller les
matières à deflein d'en tirer quel¬
que avantage , mais la vérité con¬
nue le décriera parmy fes meilleurs
amis.
Zvvelfer & tous ceux qui enten¬
dent nôtre profeffion , ne Içauroient
donner autre explication aux paro¬
les d’un Autheur que de les pren¬
dre au fens de la lettre , quand il
dit fimplemcnt : Olei Ci»namemi,vel
etiam Roptrurs attt alterius alicujtu
elei aromatici : on peut CRtendte des
huiles feits par imprefl.on plutôt que
par diftillation , puis que nous en
avons de femblables aromats faits
par- impreffion qui ferîtent fort bon»
üc ne “different quant à l’odeur du
plus GU du moins de ceux qui fontt
extraits par diftillation , comme de
Sambfucusjde Styrax , de lafinin,
Mufeelin, Rofàt, & autres. Nôtre
Adverfàire veut dire que celuy - cj
eft fœtidc &c recuit , que c’eft une
raifïè fondue & une lie. Voilà une
elle loüange pour Meffieurs les
Apoithicaires d'Allemagne» qui font
fans comparaifôn plus méthodiques
que luy de tenir en leurs boutiques un
huile Rofàt recuit , une graiftè fon¬
due , & une lie : ce font les bel¬
les epitetes que Monfieur Zvvelfer
donne à l’huile Rofàt des boutiques,
le fçay bien auffi que tout ce qu’il
en dit n’eft pas véritable j mais que
pour fe rehauflèr , il veut noircir
de fbn propre crime les plus fidè¬
les Apothicaires de fà patrie , &
neantmoins il ignore cette belle pré¬
paration que nous faifôns par im¬
preffion des huiles des aromats
qui font d’une odeur fort agréa¬
ble. A l’échoie encore une fois , à
ddd i l’échoie
39» Reponce
l’échoie Monfi eur Zvvelfer des maî¬
tres Apothicair es deMontpelier pour
y apprendre ce que vous ignorés,
le veux doncques dire que pour
ôter toute ambiguité il falloir écri¬
re : Olei Cinnamomi deBillati , vel
etiam Rofarum , auf altenta alicu-
Olei aromatici ; & ainfi toute
difKculté auroit ccfle. Et comme mon
delfein n’étoit pas de m'attacher à
cette primeur , parce que ceux qui
entendent la Galcniqiie & la Spa-
gyriquc , n'ont point de peine en
Gcla,ce que j’ay bien témoigné, quand
j’ay ajouté aux paroles qui font la
difficulté parlant de L'huile Rofat,
qui eft , à moins que Zvvelfer vou¬
lut entendre comme je puis croire de
ecluy qui eil extrait Chimiquement:
après cela mon Adverlàirc n’avoit
pas fujet de criailler & de s’empor¬
ter comme il a fait ;■ mais puis
qu’il en eft venu jufques-là , & qu’il
cft fi fenfible à l’éperon, je foûtiens
qu’il y a de l’imprudence en luy de
n’avoir expliqué la préparation de
ees huiles , puis qu’ils fe préparent
en diverfes, façons Galeniquement
& Spagyriquement ,, particulierement
quand on a affaire à un Apothicai¬
re qui n’a aucun principe de Chi-»
mie comme il s’en rencontre fouvant.
Mais au fonds qui eft le princi¬
pal , je fuis en droit de fou tenir
auflj qu’on ne' doit mêler avec l’Am¬
bre gris aucun des huiles fiis-nom-
mes pour le diflbudre ,. parce que
cela eft inoüi & contre toutes les
réglés de la compofition des médi¬
caments , & toute perfonne de bon
lèns n’en ulcra jamais de la forte,
de foire que l’agent fait beaucoup
pliis. puiffânt, en vertu que le pa-
- tient : car l’huile de Canelle & de
Rofe tirés par Alembic, font d’u¬
ne elfence beaucoup plus tenue &
fobtile que l’Ambre gris , qui tft
d’une fubftance plus craflè j que fi
on le difioluoit avec un de ces huiles
la vertu & l’odeur d’iceluy demeu-
reroit comme enfevelie dans celle de
l’huile , & au lieu de conforter & de
corroborer tout doucement le cœur
& le cerveau, qui font les principales
parties de ces effets , il allumeroit le
feu par tout le corps, & au lieu que
l’ufoge de la compe^fition. en fût loua¬
ble, il foroit par ce moyen prejudicia¬
ble!, & bien éloigné par fes effets
de celle de Mefué , de façon qu’au
lieu de dire qu’il entre de l’Ambre gris,
dans la Confeélion d’Alkermes , il
foudroit dire qu’il y entre de l’efTen-
ce de Canelle, de Rôle, ou de tel
autre aromat ambré.
Qu’eft-ce que je viens de direj’ap-
perçois de loin venir mon Adver-
làire avec un vifoge tran^orté , qui‘
jette feu & fl âme de fo bouche dt
ce que je réfuté & condamne fa pré¬
tendue dilfolution de l’Ambre gris,,
en difont que quelques gouttes d’huit
le ne font point capables dediffou-
dre deux drachmes d’Ambre gris, ce
que je luy concédé ; mais de quelle;
façon qu’il l’entende , c’eft: une fou¬
te. qui ne fe peut point défendre par
des raifons à celuy qui prefome être
l’illuftre des illuftres d’Allemagne,,
fi bien il ne fe qualifie pas tel en.
termes exprès , il n’en croit pas de
moins , puis qu’il fe traitte de fça-
vant, & d’avoir acquis de très- bel—
les foiences qui eft la caufo qu’il ne-
^eut fouffl'ir qu’on le taxe d’igno¬
rance en difont la vérité.
Monfiaiç
à l' Apologie
Moniîeiir Zvvelfer n a point de
lionte de fà honte d’inventer des
choies qui font bien éloignées de la
vérité j que l’huile de rofc diftillé
cft nouveau & iniifité chez moy.
le veux qu’il fçachc qu’il y a plus
de vingt cinq ans>qu’il ne s’eft point
palîé d’année que je n’aye tiré d’eflèn-
ee de roiè , je luy pourrois faire ren¬
dre des bons témoignages de cette
vérité par des hommes irréprocha¬
bles de fa nation , qui m’ont fou-
vent veu tcavailler for cette matiè¬
re , & que je fçais incomparable¬
ment mieux que luyj ceque c’eft. Et
quant il dit- que l’ulàge emeft fre¬
quent en Allemagne, &que tousles«
Apothicaires en font fournis, je ne
mets point en doute que les Apothi¬
caires d’Allemagne n’en foient four¬
nis, & qu’ils ne s’en fervent en quel¬
ques petits rencontres 5 mais non
pas pour en diffoudre l’Ambre gris
dans fa Confeélion. Mais encore où
le porte fon chagrin de dire auffi, que
je ne fais pas fcrupule de fobftimer
pour l’elTence de Rofe une graille
fondue & un huile cuit. Il foroit
bien en peine de me citer l’endroir
de mes Remarques où j’ay fi groffie-
reraent parlé. Monfieur Zvvelfer , où:
eft-ce que vous m'avez ouy dire
quelque chofo de fomblable , hfèz-
mon bon amy , fi> vous fçarez hfè
&relifez , fi vous trouvez quelque
chofo d’approchant je me foumets
à- la rigueur dé la- peine que [des-
juges plus fovercs foauroient m’or--
donner. Il met auflî en avant que
j’ay dit qu’il n’y a aucun maitre Apo¬
thicaire en France, qui fo forve der
ce focret de dilibudre. l’Ambre griS'
dans auain de feshuiles ,. fi. c’eft. um
de Zvvelfer, j 5)7
focret vous m’avoiierez bien qu’il
eft des plus petits & qu’il ne vient
que de naître > mais je n’ayjpoint
parlé avec vôtre fiipport de celà.
Voyez ce que je viens de rapporter
cy-devant , que j’ay tiré de ma pre¬
mière Remarque s’il en eft fait men¬
tion d’un foui mot-
le lailfo palTer beaucoup dé cho--
fos que je ne daigne point d’y ré¬
pondre , & en lailferois palfor da¬
vantage n’éfoit que mon Adverfài-
re les invente fi à propos qu’elles
pourroient foire quelque impreffion
dans l’eforit d’aucuns & particu¬
lièrement dans celuy de fos parti-
fans qui par -ma répliqué , ver¬
ront tout le contraire , & par mê¬
me moyen ils connoitront le per-
fonnage qui ne m’a pas plutôt fi-
ny un Eloge qu’il en recommence
lin autre. Vérny , dit-il , retombe'
dans un autre délire ,■ nous des¬
gorge & nous enfoigne que l’Ambre-
gris , ne fo peut point dilibudre avee
les huiles , fi ce nfoft par l’entremifo'
d’un feu on d’une chaleur violente
qui diffipe beaucoup les vertus de'
l’Ambre-, &c.
le n’eftime point d’imbecilité pa¬
reille à celle de l’efpric de Mon-
fieur Zvvelfer , de foûtenir que j’ay'
dit que l’Ambre gris ne fe dilibucv
point avec les huiles , fi ce n’eft;
par l’cntremife d'un feu violent, ne
fe fouvenant pas de ce qu’il vient
de dire en -la page precedente 254.
ligne 25. 30. 3 I. & 3 2. que je luy-
ay fait prendre garde d’être avisé à
ne commettre point à la violence
d’un feu ouvert l’Ambre gris, l’elîcn--
ce de Canelle, & tout ce quieft fpiri-
eueux en quoy j’acquiefee , dit- il,,
d d d- 3, &&
Ré ponce
& foufctk à fon fentiment. Aprez
cela , il ne faut point douter que ce
grand génie ne s’entend pas' luy mê¬
me , & que c’eft un grand defaut à
un écrivain de fè contrarier fi fou-
vent comme fait mon Adveifàire &
en de fort petites efpaces. le ne
fçaurois mieux appliquer le prover¬
be qu’à luy qui dit , qu'il faut qu’un
menteur aye bonne mémoire , &
neantmoins elle luy manque le plus
fouvent ainfî qu’avons remarqué en
divers endroits.
Le mépris que mon Antagonifte
fait de tout ce que les plus grands
hommes de la mçdecine des*fiecles
palfez ont inventé eft caufe qu’il
n’eft pas j^ûtôt hors d’une erreur
qu’il retombe dans une autre par fes
artifices pleins de confufions & de
rêveries , que la fuffifance luy en¬
gendre dans ion elprit & luy fait
entreprendre à luy leul , ce qu’un
nombre de Célébrés Médecins ont
de la peine d’entreprendre , aprez en
avoir meurement délibéré 5 & ce-
luy-cy fans autre délibération , paiïe
par defîlis tout , ajoute, retranche
aux compofitions comme bon luy
Semble, &C vôicy Ion langage. Si
comme a été dit vous joignez l’Am¬
bre gris dilibiic aux Eleduaires , aux
efpeees, aux poudres , même avec le
fuccre pulverifé , il communique &
imprime plus efficacement fbnodeur,
fon baume, quefîau dire fecret de
Verny vous le mettez fimplement
en poudre.
Cher Amy Zvvelfer vôtre fiifée
fe trouve tellement embroüillée que
je n’y vois point de jour , que vous
la puiffiez deméler ; car plus vous y
travaillez plus vous l’embrouillez.
De même plus vous parlez de la
diifolution de l’Ambre gris , plus
vous groffilîcz vôtre erreur , je ne
puis qüe vous plaindre , de ce que
vous n’avez point profité de mes
avis, & de vous entendre dite , fl
on mêle l’Ambre gris diilout aux
Eleduaires qu’il communiquera
mieux fôn odeur à la compofition
que fi on le l’y met fimplement en
poudre j Monfieur Zvvelfer la veuc
vous defaut , de même que la mé¬
moire, vous n’y voyez plus jufques
à l’extremité de vôtre nez. Cét hui¬
le ou elTcnce aromatique eft dépo'ûil-
lée de toute hétérogénéité de la¬
quelle vous prétendez le dilfoudre,
ne furraontera-elle pas en force &
en vertu l’Ambre gris , comme nous
avons déjà allégué, le même huile,
comme de nature fort fubeile & fpi-
ritueufè n’altera-il point la qualité &
vertu des autres ingrediens , de tou¬
te la compofition , le fuccre que
vous y ajoutez d’ailleurs pour fervir
de medium à la trituration , n’affoi-
blira-il pas fon effet. Et quant à
l'ufage , ou çft le malade qui fera
travaillé d’une fievre continue , au¬
quel on ordonnera le Diamargari-
tum frigidum , la Confedion de
Hyacinthe où telle aune compofition
où ily auroit de J’Ambre gris dilîbut
à la façon de Zvvelfer , pur pren¬
dre intérieurement ,’ou feulement
appliqué extérieurement fur le cœur
en forme d’epitheme fblide , liquide
ou en liniment , qui au lieu d’en être
fortifié en contemperant la chaleur
de la fievre , qu’il ne la luy augmen¬
te de beaucoup. La feule odeur in-
commoderoit fi fort le malade , que
le remede luy feroit pire que le mal,
ainfi
a r Jpologie
ainfî que l'experience me fit voir en
l’an 1631. à Chalons fiir Saône
où un Médecin que par difcretion
je ne veux pas nommer , ordon-
noit àifez fréquemment quelques
gouttes d’elïènçes d’aromats dans
des rcmedes externes pour corro¬
borer & chaiTer le venin > delquels
remedes les malades n'en pouvoient
fbuffrir l’odeur ,■ à plus forte railbn
à les prendre inrerieurement. Tou¬
tes ces raifons meurement confide-
rées , ne convient- il pas mieux de
mettre l'Ambre gris en poudre, com¬
me il a été remarqué en divers en¬
droits de la Paraphrafe , & ainfi il
n’alterera ny les qualitez & vertus
des compofitions , ny ne retardera
point la fanté des malades. Mais en¬
core mon Adverfaire oie avancer
contre la vérité que j’attribue à moy
fèul une autre méthode de pulve-
rifer T Ambre gris , & que j’en fais
un myftcre & un iâcrement; Eft-ce
faire un myftere iàcramental d’une
choie que j’ay déclarée tout autant
de fois que j’ay rencontré des com-
fitions ou l’Ambre gris y entre,
moyen de le mettre en poudre
avec les diverfes matières onéiueu-
lès , qui entrent en icelles làns rien
emprunter d’étranger , qui puiflè
altérer ou affciblir la compofition,
il n*y a rien de plus aile , pour
preuve de cette vérité que de par-^
courir mes Remarques. En cela
mon Adverlàire fait voir la mali¬
ce de Ion genie avec (à fôibledè,
& qu’il n’a point de -vigueur non
plus que d’honrair , de ce qu’il
n’àpprehende point que mes Re¬
marques verront le jour , en une
langue que toute l’ Allemagne les.
Zvvelfer. 399
entendra , & que tous lès dé¬
tours lèront connus julques aux
Enfans , Toutes lès confidera-
tions luy Ibnt indifférentes , il luy
fiifEt de làuver les- apparences pre-
lèntes.
Mon Advèrfaire aprez s’être en¬
nuyé de parler de la diliblution de
l’Ambre gris , il s’eft avisé de
changer le mot de le diffoudre,
pour parler plus cathegoriquement
en ccluy de le ramollir. Au relie
dit-il , l’Ambre gris fe dillbut ou
pour parler plus cathegoriquement
fe ramollit & fe partialifê'^ayec tous
les fruits qui ont quelque onétuo-
fité , & qui luy lont homogènes,
comme font les Amandes , pignons,
& les quatre lèmences froides mon¬
dées. Il paroit bien que h’elprit
de Monfieur Zvvelfer n’eft pas li-
bi'c , & qu’il cil fort preoccupé-
de dire que l’Ambre gris fe diffout
ou pour parler plus cathegorique¬
ment fe ramollit par le mélange
des fruits onûueux. Mais mon
Adverlàire ne prend pas garde
qu’il parle le plus improprement,
qu'il fe puilïè , car les fruits qui.
font ondueux ,, comme les Aman¬
des , &c. font compofèz^ environ
d’une partie de fubllance oleagi-
neufe , & de trois parties defob-
ftance aqueufe qui eft le marc , .
& par conlèquent ils ne convien¬
nent point pour ramollir l’Ambre
gris, & encore moins pour le
dilToudre Clivant la façon inge-
nieulè 'de mon Antagoniflc. S’il-
difoit d’en prendre feulement tout,
autant qu’il faut delHits fiuits pour
en engraillèr le fonds du morricr'
&.le- bout du. pilon , il parleroit:
en!
400 Reponce
en maître Artifte & cathegoriqne-
ment j & cela fe fait pour empê¬
cher que l’Ambre gris ne s’attache,
& qu’il n’adhere ny à l’un , ny à
l’autre. Voilà très -cher & fub-
til Zvvelfer , ce que j’ay enfeigné
en divers endroits de mes Remar¬
ques , comme nous avons cy-de-
yant allégué , que je ne riens pas
pour fecret. Sçachez que cette
méthode quoy que commune , eft
à préférer à toutes celles que Mon¬
iteur Zvvelfer exalte de tout Ibn
pouvoir particulièrement en ce que
l’Ambre gris n’y reçoit aucune alte¬
ration en fa. vertu ny les autres elpc-
ces , non plus qu’en l’augmenta¬
tion de Ibn poids , il n’y a tant fea-
lement qu’il change de couleur , qui
n’efi: rien en comparaifon des in¬
ventions trompeufes & frauduleu-
fes que nôtre philolbphe voudroit
introduire en quoy neantmoins Mon-
fieur lean George Volokramcr ,
Doyen de la faculté en Médecine
de Nuremberg fpn intime & un
de fes partilàns ne l’a point imité
en la Confeélion d’Alkermes qu’il
décrit dans fa Pharmacopée in fo¬
lio, de l’an j666. dreifée par l’avis
& confeil de toute la faculté , où il
nous fait lire parlant de la didblu-
tion de l’Ambre gris , daris le Sy-
rop de Kermes. P arum etiamnum
calemibtti indamur timbra grifa
mimtim ificifa & pontufe, drach-
ms, duA. Si Ion amy qui l’a imi¬
té en beaucoup de comportions,
ne l’imite point en celle-cy au con¬
traire il luit Melué , c’eft qu’il ne
1 approuve point , non plus que
toute la lufditc Faculté. La diflo-
lution de l’Am.bre gris avec le jau¬
ne d’œuf, eft fort grofficre , Mon-
fieur Zvvelfer , elle peut aller d«
pair avec celle des Apprentifs d’Al¬
lemagne, qui fçavent à lôn dire le
fecret de le fondre & de le didou-
dre dans le fuccre cuit en fuccre
Roût. Gardez bien toutes ces efpe-
ces de fecrets chez vous , qu’ils ne
fe communiquent point en France;
car il y auroit beaucoup à perdre,
pour mon Antagonifte qui finit fa
réponcc , auffi mal qu’il l’a eom-
mencée. le m’attendois à quelque
chofe de meilleur ; mais comme
c’eft une vérité inconteftable qu’il
ne peut fortir d’un fac , que ce
qu’on a mis dedans , de même
il ne peut Ibrtir d’un efprit pre-
lomptueux , comme celuy de mon
Adverlâire , que menlbnges & fii-
percheries.
Quant au refte je m’allure que
Monlieur Zvvelfer eft fi mal édifié
de tout le contenu en là réponce,
qu’il a voulu faire un dernier effort
en forme de récapitulation , lôus
prétexte de me rafraichir la mémoi¬
re de tous ces emportemens , tra¬
vail auffi inutile & ridicule , qui ne
mérité point de réponce , puis que
j’y ay plus que fatisfait, ny de con-
fulcet fes Animadverfions de la pa¬
ge ij2. quilbnt pures fables , de
même qu’une bonne partie de cel¬
le des Eaux diftillées , de la com-
pofition de ces lÿrops , & de cet¬
te belle méthode d’infînuer les ver¬
tus par les derniers atomes , & les
parties les plus menues de l’Ambre
gris. Aprez ce beau travail , je con-
lèillé à Monfieur Zvvelfer de fe
repofer , pour refaire fes efprits ,
ôp de rire tout fon làoul , à ventre
débow
a jd P ologie de Zvvelfer, 40 1
déboutonné de cette grande diflî-
pation que je fais de la vertu des
tnedicauients pr le moyen de la
coétion , & fcr tout de ne te con¬
tredire point , & de n’oppolèr
point le ' menlbnge à la vérité. Il
efl; encore important à Monfieur
Zvvelfer de purger & de repurger
fon pauvre corps , afin qu'à l'ave¬
nir , il en forte quelque chofè de
meilleur j car il n'exhale de là
bouche qu'une puanteur horrible,
Sc cadavereufè , capable d’infe-
éter toute la Pharmacie , marqiîe
infaillible que le dedans de ton
corps efl: une cloaque de pourritu¬
re. Son Epilogue efl une étude
toute particulière de Ciocheteurs,
de Charretiers & d'Harangeres ,
recueillie par le dernier de tous
les hommes. Si j'écois fans Re¬
ligion comme il dit , je In y ré-
pondrois bien autrement que je
ne fais , mais la charité que je
doits à mon prochain me le dé¬
fend , Sc ainfi je finiray ma ré¬
pliqué , en priant Dieu qu'fl luy
mette une garde en fa, bouche : ôc
qu'il luy garde le guichet de fes
levres.
eee
REFV
REFVTATION DE LA NOËL
liflSme Confeâion d’AlKetmes de
M. I. Zvvelfer.
BP R E Z avoir fufE-
fammenc répliqué à
la réponcc de Moa-
lîeur le Dofteur
rop Aceteux compofe de Melîic » fiir
celuy d'Armoife , de Matthieu, fur la
Confeétion d’Alkcrmes de Mefaé,
& ftr la nôtre de Montpelier , j’ay
creii être de mon devoir de fortir
hors des limites de la rcponlè de
mon Adverlàirc & de pourfùivrc
genereufement ma pointe, pour l'at¬
taquer de nouveau en quelque en¬
droit de Ibn prétendu travail, où il
fut mieux préparé qu’il n’a été cy-
devant , pour le combattre avec’plus
d’honneur. Or comme la Confe-
drion d’ Alkermes qu’il a décrite dans
fà Pharmacopée royale eft une des
plus precieufes produdions de fès
veilles , j’ay auiîi creu que c’étoit
l’endroit où, je devois m’attachet:
pour faire plus de breche à là ré¬
putation, dautant plus qu’en quel¬
ques endroits de là réponlè , il me
convie de la voir , difant qu’elleme
lèrvira de pédagogue & de pré¬
cepteur pour me conduire à faire une.
plus excellente Confedion d’Alker-
mes que celle de Mefué & la nôtre,.
Pour.lâtûfaire, doneques à.macurio-
lîté , & fçavoîr fi Monlîeur Zvvelfer
ctoit plus entendu en la compofition:
des Médicaments , qu’à la cenlùre
d’iceux , en examinant là Confe-
dion d’Alkermes , j’ay trouvé qu’il
n’eft ps moins habile en l’un qu’en,
l’autre , & qu’en tous les deux , il
tuy eut été plus glorieux de fe taire,
que de faire connoître où la pre-
lômption entraine les hommes qui
lôntdépourveus de jugement.
En premier lieuil eft à remarquer
quelle eft l’inconftance de l’elprit de
Monfieur Zvvelfer , Se de quelle fa¬
çon il poffede la matière, medicale,
àc comme quoy il la manie. Il fit im¬
primer là Pharmacopée Royale à,
Goude en Hollande en l’an î.655..
où il décrit faditte Confedion d’Al¬
kermes , & en dernier lieu il l’a faite
imprimer à Nuremberg en Alemag-
ne en l’an 1 66 8 . où il la décrit aufli»
mais elle eft bien différente de la.
première, pour en avoir voulu corri¬
ger les defauts, oùil a fort mal renfll,.
lans que le filence qu’il a gardé de
qiùnze années , d’une édition à l’autre
y aye rien contribué de bon, qui eft
le fujet que je rapporte aux pages
lîù vantes ces deux dclcriptions afin
qu’un chacun lôit inftruit du procé¬
dé, de. mon AdverJ&ire.
Prima,
Réfutation de la ConfeB. a Ækermes y Çfc, 403
Prima & laudabilis præclaræ
Confedt. dcfcripcio.
Graneritm Kermes ,
Corttnfa nonnihil farum perco-
quanmr in aqua JtmpUci inftilla-
tis aliquot gHttulù Olei Tartari
fer deliqntHm faüi ; Aqua tin-
£ta colatur , aliaque reaffunda-
tur curn tantillo Olei Tartari
pradiiii , acuta , faÜaque unica
ehullitione rurÇui coletur , qui la-
bor adhuc tertiavice reiteretur-,
'vel qmufque aqua , nulla ampliut
tinilura imbuatur ; Huic tinüu-
ra guttatim & per vices infun-
datur folmio Aluminis crudi,cum
aqua Jîmplici faEli, & pr&cipita-
bitur Magifierium, five tota fub-
fiantia granorum Kermes rubi-
cundijfima , demum etiam Oleum
Tartari & fubito Aluminis alter-
natim inftillentur quoad aqua ite-
rum alba & limpida evadat , &
tota granorum ejfentia & fubfian-
tia pracipitata j^t.qua perfiltra-
tionem ab aqua feparanda, & af-
fufa aqua recenti pura tandiu
edulcoranda eft , quoufque nullus
fapor, nec de Oleo Tartari, nec de
Alumine guftu percipiatur. Re-
liüum Magifierium vel ejfentia
in charta vel filtre , nonnihil ex-
ficcetur adinfiar pulpa , interim-
que ajfervetur : jam ,
Succi Pomorum dulcium recen-
tum depurati, tb. iij.
Abfirahantur in M. B. ad remanen-
tiam partis }.( tb./. & ^ij. circi-
ter ) cui immergantur
Ortie, recentium extimorum Citri,
ùncia quatuor.
Et fatia digefiione abfirahantur
etiam ab hac libra , junblurü
undique claufis aliquot uncia,
qua tamen refiduo cum certici-
hus reddenda funt. Liquor pofiea
coletur , cum levi corticurn ex-
prejfione ; in quo liquere odori-
fero ejfentia Citri impragnato„
dijfolve ,
Saechari albijfimi , tb. ij.
Liquatis in eo , dum adhuc ealet.
Ambra grifa , drach. duabtu
vel tribus cum ,
Pulver. Ligni Alo'és gummo-
fi optimi , §y. 5^;. jam tum
bénéficié aliquot guttula-
rum Olei Rofarum veri.
permixtis t ^ibus juper-
' addantur ,
Margaritarum Oriental. pra^
paratar. G.
Magifierij carulei Lapidü
Laz.uli , in animadverfio-
nibus clajfis xx.fuperpra-
parationem e'jufdem Lapi-
dis edoBi,
Cinnamomi acutijfimi, ^i.G.
Mofehi optimi Orient alis
in fiiritu Rofarum tan¬
tillo foluti , & cum pra-
diüo pulvere Cinnamomi
iterurn ad ficcitatem reda-
m, 3^.
Elao facchari vel ejfentia G-
tri ficci , in pragrejfa man-
tijfa edoBi, y-G.
Magifierij Alkermes jamfa-
Bi , & nonnihil humidi ad-
hue , ^ij, vel
Mifce , fiat ConfeBio nobilijfma,
cui fi liberet , ad faturandos
eculos vulgi J Auri folia , vel
e e e z etiam.
404 Réfutation de U ConfeB, d\Alkermes,
etiam , Jï cuipiam fuppeteret ve-
ra ejfsMtia Auri in competenti
^uantitate , uliimo addi pojfet,
atjue Jîc Regia efficeretur Confe-
Sli» Alkermes.
Sccunda & cmendatior dcf-
criptio Zvvelfcri.
y.. Granerum Kermes , aut fruSlta
Kermes. ^ij. quis, integra , non
centufa , parum coquantur in
aqua Jimplici fuff. quant. & qui-
dem repentis <vicibtts inftillatü
femper aliquot guttulü Olei Tar-
tari per deliquium faSii , quo
ttfque aqua colore rubro imbua-
tur. Huic aqua tinüa colata
guttatim , & per vices infienda-
tur Aqua Aluminis ; (aqua com-
munis fcilicet , in qua normihil
Aluminü tantum folutum Jît) &
pracipitabitur magifierium , &
vel tota fubfiantia Granerum
Kermes foluta , eaque rubicun-
dijfima inflillando tamen fapiui,&
alternatim , Oleum Tartan, &
' aquam Aluminis , quoad folutio,
feu aqua tinüa a granis , iierurn
alba& Pimpida ferme jvadat,
totaque granorum tin^ura , feu
ejfentia & nohilior fubfiantia
pracipitata fit j qua. per filtra-
tionem ah aqua féparanda ,■ & af-
fiifa fapius aqua recenti pura
téirndiu edulcoranda efi quoufque
nulla vefiigia fuperfunt Alumi¬
nü, & Olei Tartari. Reliita efien-
tia,feu Magifiermm , in charta
hihula aut filtre , lenijfmo in ca-
lore Konnihil exficcetur , ad in~
fiar cu]ufdam pulpa , interim-
que ajfervetur,
lam vero.
Of. Succi Pemorum redelentium re-
center expreffi , fine dittturna de-
puratione. lib.eQo,
Cui immer gantur ,
Seminü feu Granorum Kermes in-
tegrorum non contuf. drachm-
fex.
Ortie. Limonum recentium & ex-
timorum , uncia dua femis.
Arantiorum recentium exti-
rnorum , uncia una femis.
FaEla maceratione in leco tepido,
vel moderatè calente , per diewr
eolentur ; pofi
Succo colato adde
Sacchari Canarini albi , lib. quatuor.
Coquantur leniter ad confifientiam
Sy rupi paulo crafiioris •.,cui,dum
adhuc parum calet , adde
Ambra grifaoptim.unc. femis,
Frius cum
Seminis Citri excorticati , uncia
femis , quam eptimè fubabla ,
Mefchi. Orientalis, drack'una.
Cum partie.
Aqua fiorum Arantiorum ad pul~
ticulam foluti ,
Fulv. Ligni Aloes optîmi & gurn-
mofi, uncioi duos femis.
Cinnamomi acuti
Margaritarum Oriental, prapa-
ratarum.
Lapid.Laz.uli praparati, carulei,
vel Magifier. ejufdem., in ani-
madverfioni bus noftris edeSli ,
Goralli rubri praparati , an. unciam-
iinam femis..
Magifierij Granor , Kermes , fuprai
dejeripti , nannihil adhuc hnmü
di, uncias très.
Mifeeantur exaUè' , fiatque Con~
de M.I.
feStio tjobilijfma j cm ad fatu-
randos ocuhs vulgi
Auri folia centum , vel ^lura , ar~
tificiosè uniantur.
A Prés avoir répondu à la fulmi¬
nante cenfure que Monfieur
Zvvelfer a fait lùr nôtre Confc-
étion d’Alkernaes , il ma femblé
être fort jufte de faire connoître à
tous les curieux de nôtre profeffion
les deux delcdptions de fa Confe-
élion d'Alkermes , qui font autant
pleines d'erreurs que fon elprit eft
foible & là plume medilànte, dans
lefquelfcs il fait entrer pour fonde¬
ment & baie un Magiftere imagi¬
naire , qu'il prétend de pouvoir tirer
de deux onces de la coque ou de
l'écorce qui environne le fuc de
Kermes , où il faut remarquer qu'en
là première defeription il la con-
calFe aucunement , & en fa fé¬
condé il recommande de la met¬
tre toute entière ( je ne fçay par
quelle vifion } la fait infulèr &
cuire dans de l'eau commune ,■ ai¬
guisée de quelques gouttes de li¬
queur de Tartre jufques à ce que
l'eau en foit teinte, coule cette tein¬
ture ôc répété l'operation par trois
fiais , ou jufques à ce que la grai¬
ne ne donne plus de couleur rou¬
ge. Après avec de l'eau d'alun il
en précipite la teinture , filtre par la-
Carre là précipitation , lave la re-
fidenfe qui refte lur la Carte tant
qu'elle fiait entièrement dépouillée
de la faveur de la liqueur de Tar¬
tre 8c de l'Alun., & garde ce pré¬
tendu Magiûcre en confiûence de-
pulpe.
Nôtre Doébeur prétendu nous feit
Cwelfer, 405
voir par fa pratique qu'il ne con-
noît point le fiijet duquel il veut
extraire Ibn Magiftere , qui eft d'u¬
ne lùbftance fort rare , qui ne con¬
tient en fiay ny ne participe d'au¬
cune partie gommeulè , refineufe , ny
mucilagineulè , qui fiant les vrayes
fiibftances des végétaux , qui peu¬
vent fournir la matière qui contient
la vraye vertu de ceux qui en parti¬
cipent , que par un autre menllruë
que celny de nôtre Doôfeeur on
pourroit extraire en forme de Ma-
gifterc. D'où vient que fon ellênce
ou Magiftere de grains de Kermes,
comme il parle , n'eft à proprement
parler qu’une pure défécation ou Ic-
paration des impuretés de la tein¬
ture , qui ne participe nullement ny
de la ]&veur , ny de la couleur , ny
de l'odeur de la graine de Kermes,
audî infipide qu'une terre morte , qui
fiant les véritables marques d’un re-
raede de nulle vertu , une preuve
de cette vérité , eft que la fàveur du
Kermes demeure en partie dans le'
menftruë avec celle de la liqueur
de Tartre & d'Alun , comme nous
avons déjà cy-devant remarqué en
nôtre Confedion d'Alkermes. Si on;
demandoit à Monfieiu Zvvelfer. que;
devient l’autre partie de fa laveur
amere du Kermes , je m’aftèure qu'il
ne feroît pas mal cmbarralfé d'y ré¬
pondre , attendu qu'il n'a point pre-
veu en conapolànc fon Magiftere,
ce qui pouvoir arriver , qui eft que;
la làveur ûlée de la liqueur de Tar¬
tre a la faculté d’étein^e ou de tuer
la làveur amere du Kermes , qu’il;
lilè mes Remarques lûr la racine;
confite de l'Enule Campane, & fur
les ©lives confites , où il apprendra,
cee i es:
Aoé Réfutation de la ConfeSî. / Ækermes
cc que la Philofbphic & la Chimie
luy ont caché de cefte vérité. Cet¬
te oblèrvation fera fans doute ou¬
vrir les yeux à mon Adverfàire, &
luy fera auffi confiderer que lî quel¬
que^ uns condamnent les Magilte-
res, qu'ils ont quelque raiibn j puis
que le lien ne vaut du tout rien. Il
auroit fait prudemment de tirer 1 ex-
•traid du Kermes , c’eft à dire du
flic deffèiché , qui luy en auroit four-
:ny plus grande quantité , & qui eût
été plus efficace pour fervir de ba-
fc à fa nobiliffimc Confeétion d'Al-
Jcermes , il auroit évité cette erreur
qui eft grandement confiderablc, &
fi neantmoiris nôtre Aurheur s’ima¬
gine qu'il doit erre admiré & con-
fideré non feulement' de toute fa, pa¬
trie ; mais que Thebes , Athènes*
Montpelier & toute l'Europe ne
font plus confiderables dépuis que
fes remarques ont paru au jourj&
que par la force de fon Genie il a
inventé ce grand remede ; mais je
n'y trouve qu’un mal * c'eft qu’il n’a
point de vertu. Si la bafc & le fon¬
dement de fa Confedion eft de nul¬
le vertu , que ne devons- nous pas
inferer des autres ingrcdiens qu’il
a tous maquignon né s par des prépa¬
rations inouïes * fi ce n'eft que le
tout eft dcfedueux , comme nous
ferons voir par la firite.
Quand le Magiftcre de mon Ad-
verlàire auroit quelque vertu , il ne
prend pas garde qu’il commet une
autre faute , qui eft que lors qu’un
Médecin ou un Apothicaire employé
un médicament fimple dans une com-
pofition J il doit toujours prendre
la partie la plus excellente de l’efpe-
cc la plus familière , qui eft celle
qui peut contribuer plus de vertu
au composé. Or le fuc de Kermes
dcfièiehé , que quelques-uns appel¬
lent fleur de Kermes , & d’autres
vermillon, à caufè de là couleur ver¬
meille, ou des petits vers qui s’y
engendrent ( comme nous avons dé¬
claré plus particulieremcnteniaCon-
fedion de Hyacinthe ) eft de beau¬
coup plus précieux & de plus gran¬
de vertu , que la pellicule ou écor¬
ce , & ainfi pour ne fçavoir pas
faire la différence de ces matières
mon Advetlàire enfeigne l’erreur
pour ne connoître pas la vérité.
Et pour ce qui regarde la dofe
des grains de Kermes , & celle du
Magiftere humide en forme de pul¬
pe que nôtre Dodeur fait entrer
dans fa Confedion * il ne pouvoir
pas mieux reuffir , il n’y a que fa
procedure qui furprend beaucoup
ceux qui connoiflènt la nature du
Kermes , de dire que la qualité de
deux onces d’une pellicule fèiche
& aride qui ne participe point d’au¬
cune fiibftance qui fbit propre de
rendre trois onces de Magiftere en
la forme fufdite , neantnioius il n’y
a rien de plus véritable. L'invention
feroit belle * & la matière rendroit
beaucoup fuivant l’apparence j fi la
préparation n’étoit. entiaement trom-
peufè , par les raifons cy-devant al¬
léguées , Sc comme nous dirons plus
amplement cnfiiite. Quand j’accor-
derois quelque vertu au Magiftere
de Monfieur Zvvelfer, il ne voit pas ■
que les frequentes lotions qu’il y
fait pour l’edulcorer la luy diminue-
ioienr,Sc que l’hunaidiré qu’il y lailïê
pour l’entretenir en forme de pul¬
pe l’affoibliroit fort, parce qu’elle s’y
trouve
de Àd. L
tEouve pour le moins cviron deux
fois plus que la matière précipitée»
fiiivant l’expcrience que nous ve¬
nons d"en faire. Puis que l'intention
de nôtre Doéleur étoit d‘augmcn-
tec par ion artifice la . vertu de fa,
Confedion , il devoit faire feicher
fon prétendu Magiftcre : car par ce
moyen s’il avoir quelque verttu » il
l'avoit cuë incomparablement plus
forte, d'autant que l’humidité qui
luy donne la conlîftcnce de pulpe
eft une portion de l’eau pure &
fimple qu’on y a employé pour la
laver. De cette operation auffi bien
que de quantité d’autres le Ledeur
definterefsé pourra |uger fi Monfieur
Zvvelfer eft capable de produire
quelque choie qui vaille. Mais en¬
core nôtre Advcrlàire auffi grand’
Chimifte que Pharmacien, pour fai¬
re voir qu'il s'ôubÜe d’un moment
à l’autre , & qu’il n’entend pas fbn
métier, comme il y a grande appa¬
rence s’il avoir bien confideré que.
trente gouttes de liqueur de Tartre
Tcrsces llir trois ou quatre onces
d’eau de fontaine , en un inftant
fe fait comme un laid virginal', &
peu de tems après la blancheur fe
îèparc & fe précipité au fonds du
vaillèau en une poudre blanche de
laveur infipide au commencement;
quand on en met lùr la langue». ôc
un moment après y fait une fort
légère impreffion qui la picote. Que
fi on luy demandoit fa raifon de
cela , il fe trouveroit fans doute lùr-
pris , & poffible après y avoir bien
pensé il reftoroit court & làns ré-
ponce.. Mais enco c il ignore auffi,
qu’en verlànf de l’eau d’alun , fiif
vant fa. méthode, fur. l’eau de foa^
Zvvelfer. 407
taine acuée^ de quelques gouttes de
liquair de Tartre, que le laid en
devient plus blanc & plus épais , Sc
que par confequent la matière qui
s’en précipité s’y trouve en plus
grande quantité, qui a la même
laveur que le Magiftere de la liqueur
de Tartre. Toutes- ces raifons font
voir que. le Magiftere de Kermes
de mon Adverlàire , eft une pure
chimere , puis que le Kermes qui
devroit faire toute la verm d’iceluy
n’y contribué du tout rien , qu’un
peu de là fubftaiKe de couleur
noire fans laveur ( par les raifons
alléguées cy - devant ) qui fe pré¬
cipité avec le Tartre & l’Alun, &
les trois enlcmble compolènt cette
belle eflence , & noble fiibftancc,
fuivant- le dire de nôtre Dodeur qui;
fe précipité en Magiftere» qu il appel-^
le de grains de Kermes.
faut que j’advoüe à Monfieur
Zvvelfer que j’aurois eu beaucoup’
de peine de me perfiiader qu’il eût;
été capable de telles fautes , fi l’exa¬
men que j’ay fait de fon prétendu’
Magiftere ne me les avoir décou--
vertes : elles font d’autant plus gran--
des à luy qui veut paroître commc-
le reftaurateur de la Médecine Ga¬
lénique, Sc comme le Soleil levanîi
delà Chimie, non lêulement de l’Al¬
lemagne, mais de, Thebes, d 'Athè¬
nes & de Montpelier. Il en a trop-
dit pour éviter avec tous fes arti¬
fices d’être repris des moindres Chi—
miftes. Toute là méthode eft tiffiië
des plus groffiefes erreurs de fospro—
dudions qui luy feront à jamais
reprochées. Il n’âvoit qii’afaire de;
me folliciter de voir fa Confedionts
d’AlkermeS’^difanc qu’elle; me- for—
viroit:
4oS Réfutation de la ConfeBJ' Mkemes
'yiroit de pédagogue & de préce¬
pteur pour me conduire à faire une
plus excellence Confedion que cel¬
le de Mefué & la notre. Au con¬
traire je n y ay rien trouvé de mé¬
thodique , foie en la préparation des
•ingrediens , en la dofe d'iceux ny
en leur mélange , comme nous con¬
tinuerons cy- après de feire voir à
ceux qui en pourrt'ienc douter. Et ma
veuc ny a fèrvy que pour en dé¬
couvrir les myfteres cachez par le
trop d'artifice qu’il y a voulu ap¬
porter a qui au' lieu de relever la ver¬
tu des ingrediens les altéré Sc les
change en des contraires qualit4s &
vertus. S’il cft làge il ne Ce mêle¬
ra plus à l’avenir de compolèr des
remedes de la forte, non plus que de
cenhirer les compofitions d’autruy,
où il a fi mal reülîi , ce qu’il ne croit
pas, parce que fon Genie le Hatte & le
trompe tout enfemble.
Le fécond poinct de Ion erreur
regarde en là première defeription
le fiic de .Pommes dépuré dont il
demande trois livres, & qu’on en
falTe évaporer au B. M. deux livres,
6c dans la refidencc il fait infulèr
quatre onces de l’écorce extérieure
& recence de Citron, ôc en tire
quelques onces d’eau par la diftil-
lation , qu’il remet fur fon écorce
de Citron par maniéré de cohoba-
tion. Cette méthode eft ridicule 8c
entièrement fùperfluë , indigne, je ne
diray pas d’un homme qui abon¬
de en fèns comme Monfieur Zvvel-
fer -, mais d'un homme qui n’a qu’u¬
ne fuperficielle connoifiànce de l’une
& de l’autre Pharmacie : car à quoy
faire - cette extraction de quelques
©nçes -de liqueur pour la cohober
fur la refidence , eft-ce qu’il s’ima¬
gine qiK à caufe'que lefuc de Pom¬
mes elt tievenu plus cras , à raifon
des deux parties de fon humidité
qu'lia jugé fujerî’uë qu’il en a fe-
paré , qu en fuite il ne puille attirer
Cette fubftance tenue & tres-fubtile
qui eft dans l’écorce déliée & fu-
perficelle du Citron ! ne fçait-il pas
aulfi qu’une telle fiibftance quoy
qu’elle foit onélueufe qu’elle fè de-
tache facilement de fon fujet, &
fe communique avec les fubftances
aqiieufès par l’entremife particuliè¬
rement de la chaleur , 6c ainfi tout
fon procédé ne tend qu’à multiplier
les êtres , dequoy j’ay grand fiijet
de m’étonner , puis qu’en un ren¬
contre qui ne meritoit point d’en
parler , il a traitté Mefué de brouil¬
lon 6c de fanatique , comme a été
cy-devant relevé. Concluons donc
pour ce chef qu’il y 'auroit icy ma¬
tière d’encherir par deftus ce qu’il
a dit de Méfié , fi mon inclina¬
tion y étoit portée , il me fuffit que
nous aurons des juges équitables
qui garderont le droit d’un chacun,
le n’infifteray pas davantage fir cet¬
te matière puis que nôtre Aurheur
a reconneu fa fente , & qu’il s’en
eft retraélé en fa féconde deferi¬
ption.
Nôtre Autheur ayant reconneu fà
première feute , & l’ayant voulu cor¬
riger en fà féconde defeription il
cft tombé dans une plus grande er¬
reur , 6c voicy comment. Il prend
huit livres du fie de Pommes nou¬
vellement tiréjfeparé des plus grof
fieres feces , dans lequel il fait ma¬
cérer par un jour entier fur une cha¬
leur lente fix drachmes de grains
de Ai. 1. T^vx^elfer. 409
Kermes ( qu'il appelle impropre¬
ment fruit ) entiers làns les concaf;.
fer comme il dit par exprez avec
deux onces & demie d’écorce ex¬
térieure & recente de Limon , & une
once & demie de celle d’Orange.
Il eft à 'remarquer par la méthode
que nôtre Autheur enfèigne de com-
pofer fon fyrop , qu’il n’eft point ré¬
gulier, & qu’il va d’une extrémité
à l’autre , à quoy bon de mettre les
grains de Kermes entiers en macé¬
ration fans les concaflèr, comme il
a pratiqué en fa prtecedente édition,
eft-ce qu’il appréhendé que les grains
de>' Kermes fe reduifent en limon
dans le fie , 'ou qu’en leur centre
il y ayt quelque vertu cachée contrai¬
re à fon intention , ou qu’en les eon-
caiîànt la partie plus fubtile s’exha¬
le , ou comme ils étoient d’une fub-
ftanec rare que le fijc les pénétré
trop avant , non mon cher Doéteur
n’apprehendés aucune de ces confi-
derations ; mais neantmoins c’eftune
faute , comme auffi de n’en mettre
que fix drachmes fur la quantité de
huit livres de fie , qui ne revient
qu’à un grain ou environ par drach¬
me de Confêaion. Il devoir avoir
pris garde à cela avant que d’entre¬
prendre de calculer les ingrediens
précieux de nôtre Confeétion, &
de la cenfirer,& il auroit trouvé que
la dilproportion eft de beaucoup
plus grande de fon côté que du nô¬
tre , parce que les ingrediens pré¬
cieux en leur moindre particule ont
plus de vertu que les grains de Ker¬
mes en dix grains , c’eft jxiurquGy il
eft plus blâmable qu’un autre.
Monficur Zvvelfer fait tous les
efforts poflîble afin de s’acquérir du
crédit , & pour paflèr pour un il-
luftriffime entre ceux de là profef-
fon, fjn ambition eft aulîi grande
que fes écrits font pleins d’erreurs,
comme de mettre quatre onCes d’é¬
corce extérieure de Limon , & d’O¬
range, qui participent, comme a été
dit , d’une eftcnce trcs-fibtile^ en
macération dans huit livres du fjc
de Pommes , & après la colature fai¬
te il y ajoute quatre livres de Suc-
cre & les fait cuire enfemble fur
une chaleur lente en confifténee d’E-
leétuaire liquide. Monfieur Zvvel-
fer, vous qui feignes de polleder tout
ce qu’il y a de plus fingulier dans
ce vafte Océan de l’une (Sc de l’au¬
tre Médecine , que je vous aye cet¬
te obligation de me dire par quel¬
le dextérité empêcherez-vous que la
principale vertu dcfhtes écorces de
Limons ôc d’Oranges , que le fie
de Pommes a attiré par la macéra¬
tion ne s'évaporent & ne lè diflî-
pent en l’air par la longue coétion
qu’il convient faire jufjues à l’éva¬
poration d’environ fix livres huit on¬
ces du flic de Pommes avant que les
quatre livres de ficcre fiient en con-
fiftencede Syroppour un Eleétuaire
mol ou Confedion. Vous vous ou¬
bliés trop fouvenc pour un grand
perfonnage, Monfieur Zvvelfer : fi
vous avés eu cette prévoyance pour
le lÿrop AceteuX'dc Méfié , d’en
conlerver la vertu etherée , filphu-
rée & balfamique, comme vous par¬
lés des racines d'Ache,de Fcenoüil,
d’Endive, & de leurs feinences-, qui
font tous d’eflènees moins fibtiles,
que les écorces extérieures de Li¬
mons & d’Oranges j je veux donc
dire qu’à l’égal de celle-là , & de
fff beau
410 R efutation de la ConfeB. a \Jlkermùs
beaucoup d’autres que vous y ob-
fèrvés la meme méthode , vous dé¬
viés avoir usé à l’égal de celles- cy
d’une plus grande précaution j pour
empecher que cette vertu toute Ipiri-
tueulè qui doit animer vôtre lÿrop
ne le dilfipe en l’air , afin que vô¬
tre Confection n’en fût fruftrée &
le travail perdu. De tout ce procé¬
dé il faut hardiment conclurre en
faveur de la vérité , que vôtre efprit
eft plus enclin à cenfurer & à mé¬
dire fur le travail d autruy que de.
corriger les defauts.
Nous liions enfûite du Syropdans
la première defcription de nôtre Au-
theur Ambra, grifa drachmü dua-
hm , vel drachmü tribtu , & en là
féconde , Ambra grifa optima me.
fèmij?. Dans fa première , il mêle
avec l’Ambre gris quelques gout¬
tes d’elïènce de Rofe avec le bois
d’Aloè's en poudre pour en faciliter
la fubtilization : & dans la féconde,
il veut qu’on paîtriiTe & qu’on broyé
demy once d’ambre gris avec au¬
tant pefànt de f'cmence de citroft
mondée, en l’une & en l’aud-e mé¬
thode il y a beaucoup à redire , par-
âculierement en la dernicre. Pour la
première à. quoy faire d’y a)joû-
ter quelques gouttes d’huile de Ro-
fé , les raifbns cy- devant alléguée»
dendront icy lieu de rêponce , quoy
que Monlîeur Zvvelfèr ne fe fert.
point du mot de dilToudre ou de ra-
molhr l’ambre gris , je ne m’y ar-
rêteray pas davantage , puis que- fbn
inventeur l’a defapprouvée par la
corredlion qu’il en a faite en fà fé¬
conde édition , qui eft auffi redicule
que grofliere. Oü-cft qu’il a oui dire,,
att= veu: pratiquer que pour mettre.
l’ambre gris en poudre, il le feilk
paîtrir ou malaxer avec pareil poids
de fcmence de citron mondée. le
defie mon Adverfairc , qu’en la.
moitié d’un jour il fbit en fon
pouvoir de mêler exaétement l’am¬
bre gris avec la femcncc de citron,
qu’il n’y demeure quelques perits
grains de l’tin ou de l’autre , outre
que je fbutiens qu’on ne les fçauroit
malaxer & paîtrir fi long-tems que
l'ambre gris n’en devienne extrê¬
mement noir , & qu’en le battant
ainfî pour le bien mêler il ne per¬
de quelque chofé de fbn odeur Sc
de fa vertu. Voilà pourquoy Mon-
fîeur Zvvelfèr rendés- vous plus adroit
& plus deheat en vos préparations,,
quittés cette façon grofliere d’agir,,
qui relient le cuifinicr plutôt que l’A¬
pothicaire. Vous fçaucs que l’àm-
bre gris , fuivant Mefiié , fe liqui-
fie dans le fyrop de Kcrmes médio¬
crement chaud. Si Cathelan vous
a cy-devant épouvanté , quand il a.
dit qu’il ctoit difficile à fondre, ôc
qu’il n’y avoit que luy qui le feeut
bien faire, vous avés Monfieur lean
George Volckramer un de vos inti¬
mes qui vous l’enfeighe. Vosappren-
tifs , fuivant vous , ne l’ignorent pas
aulîî , il fe met facilement en pou¬
dre, comme a été cy-devant allé¬
gué en divers endroits , fans en fai¬
re fecret ny myftere , comme vôtre
plume dévoyée avance , & en fort
peu de tems , fans qu’il adhéré au
mortier. , par l’entremife de tres-peu'
d’onûuofité , fans y , employer fi mal
à propos & fi inutilement le tems ;
mais il me répôndra , qu’il y mêle-
la femence de citron pour deux rai-
£bns> principales ,, la première , parce
qu’elle.-
de M. 1. Zwelfef, 4 1 1
qu’elle eft chaude & feiche , à rai-
ibn de ce elle atténué , digéré & de-
tcrge les humeurs ,& par fon amer¬
tume challc les vers , il pourra auffi
dire avec quelques autres Médecins,
que cette femcnce eft fort médici¬
nale pour le cœur, & qu’elle vaut
le Bezoard en vertu , & que par
fbn oniftuofité empeche que l’am¬
bre ne s’attache au mortier. le ne
prétends point icy de difputer des
vertus de la femence de citron -, mais
je foûtiens que cette précipitation
eft abltirde & ridicule , & que fi une
longue malaxation augmentoit la
vertu de la compofition , je fouferi-
rois volontiers au fentiment de mon
Adverlàire.
Par une façon commune d’agir
Monfieur Zvvelfer diflbut Ion mufo
en fa première deforiprion avec tant
foit peu d’elprit de Rolè, & en là
féconde , comiiie s’il en avoir perdu
la mémoire, il l’imbibe & le réduit en
forme de pulpe avec l’eau de Naphe.
Voilà une belle méthode pour met¬
tre le mufe en poudre digne d’un
clprit qui n*a point d’aflîete comme
celuy de mon Adverlàire , qui cher¬
che de le faire admirer dans lès
nouveautés. le Ibuhaiterois de pou¬
voir conférer avec luy pour m’in-
ftruire à quel deflèin il s’eft Tervy
de l’efprit de Rçlè la première fois,
& pourquoy de l’eau de Naphe en
la fécondé , puis qu’il ne s’étudie
par lès additions & artifices qu’à
rehaiillèr la vertu des ingrediens pré¬
cieux de là Confection , veu que
l’eau de Naphe n’égale point en for¬
ce l’efprit de rolè , & ainfi fon in¬
tention qui n’a été autre qu’une am¬
bition de paroître lè trouve fruftrée.
& là réputation rnéprisée de tous
ceux qui entendent la méthode de
compolèr les médicaments : car il
devoir être fatisfait de ce qu’il y
avoir déjà employé l’écorce exté¬
rieure d’orange & de limon , & la
lèmence de citron qui ont des ver¬
tus fort femblables , fans y foire
entrer l’eau de Naphe , qui n’eft
qu’un pur flegme, en comparailbn
des autres , plus capable d’émouflèr
la force du mufe que de la relever.
Qu’il fe contente donc de le met¬
tre en poudre , comme pratiquent
ceux qui connoiflènt fa nature làns
le brouiller d’aucun mélange , & il y
rcüflîra 'mieux.
Le Lapis Laziili nous fournit un
fujet confiderablc pour foire voir
à nôtre Autheur le mépris qu’il
fait de cette pierre pour ne con-
noître pas là nature non plus que
fa préparation , une preuve de cela
eft qu’il dit en Ibn Animadverfion
lùr la préparation du Lapis Lazuli,
page 414. Seâtion zo. que la lotion
de cette pierre eft inepte & ridicu¬
le & tout à fait inconfiderable : car
[y la pierre eft impure , mêlée avec
le rocher , ou de petites pierres , que
la lotion ne les feparera point , ou¬
tre que l’eau ne Içauroit s’empreindre
d’aucune làveur , qui pourroit être
une marque d’une vraye lotion. Nô¬
tre Autheur plein de confufion à Ibn
ordinaire auroit encore belbin de re¬
tourner à l’échoie de Ibn premier
apprentilàge , pour y apprendre de
nouvelles expériences , qui polfible
4e tireroient d’une partie des ténè¬
bres de l’erreur qui luy ofEifqiicnt
l’entendement , de dire que la lotion
de la pierre d’A/ur eft ridicule, inepte
fff 1 &
411* Refat ation de la Confeâ.d Alkermes
& tout à fait inconfiderable. lufques
icy je n’ay point connu de plume
plus hardie que celle de ce Dodenr»
& qui detraibe pluS' aveuglément
des Audieurs, au lieu de les hono¬
rer» S'il avoir confideré & exami¬
né la pierre d'Azur , & la raifon
pourquoy Mefiié prcfcrit de la laver
trente fois avec l’eau de fontaine> &
dix fois en l’eau rofe, il auroit obfèr-
vé qu’en rompant ou en divifant
une pièce de ladite pierre en petits
morceaux qu’il s'en exhale une odeur
defagreable que je puis accomparer
à un fouphre puant , & qu’en le
touchant du bout de la langue , luy
imprime une faveur auflî defagrea-
ble que fon odeur paroit au nez.
C’eft ce t]ui a fait dire à ce célébré
Autheur Mefué , que la pierre d’A-
zur eft chaude au fécond degré 5 &
feiche au troiziéme , qu’elle brûle,
& ulcère , & que celle qui n’eft point
kvée fait tomber le poil , & la lar
vée le retient. Voilà Monfieur Zvvcl.-
fer la raifon pourquoy la lotion après
l’avoir mifo en poudre fobtile luy
convient pour la dépouiller entière¬
ment de cette mauvaifo qualité , &
for quoy Mefoé a fondé fa lotion,
làns qu’il s’en foit expliqué. Et for
ce que mon Adverlàire dit que la
lotion ne fepare point le rocher ou
les petites pierres qui fe trouvent
attachées avec la pforre d’Azur ; le
bon homme fc trompe , & fait voir
qu’il parle d’une matière qu’il ne
doit pas connoître, ou qu’il n’en a
jamais préparé exactement, c’èft ce
qu’il apprendra d’un Apothicaire,
qui eh % été confirmé par diverfes
expériences,, qui luy ont fort bien
E€ufli..Mais on a. beau parler à qiii.
ne veut pas écouter , le cerveau de
'telles'' gens eft pour l’ordinaire pre-^
occupé de prefomption , qui fomen¬
te & entretient l’erreur, qui repouf¬
fe toûjours la vérité comme fon con¬
traire , tout ce' que je puis dire , eft
de le renvoyer à l’cxperience , qui
luy apprendra qu’une lotion artifte-
ment fiiite , & fouvent reïterée, après
avoir fobtilement pulvérisé ladite .
pierre ( çomme nous venons de di¬
re ) emportera toute fon impureté,
enfemble fon odeur & faveur def¬
agreable. La raifon de cela eft, que
la pierre d’Azur eft d’une fubftan-
ceplus pure,,& plus. cuite en toutes
fes parties que le marbre ou rocher
. qui fe trouve attaché avec elle , &
ainfi fe pulverifo plus facilement,
& l’eau l’cnleve & laiife la pierre
d’Azur, à caufo qu’elle n’eft pas fi.
lubtile , outre qu’elle eft plus pelante
demeure au fonds du vaillèau bel¬
le en couleur. G’eftce que Monfieur
Zvvelfer n’a foeu concevoir jiifques
icy , parce que fon imagination qui
eft accoutumée à le tromper , luy fi¬
gure qu’il eft le plus Içavant de
tous les Médecins, la creme des Apo¬
thicaires,, d’où vient le mépris qu’il
fait de la. doétrine . de Mefoé & de
Meffieurs les Médecins d’Ausbourgr
en la prclciiption de la lotion de
cette pierre , que s’il avoir été ca¬
pable de la bien confida-er,qui ne
contient pas en tout vingt mots,,
dans ce petit abbregé il auroit trou¬
vé en fobftance tout ce que l’Art
requiert pour, là légitimé prépara¬
tion, de là,il faut inferer queMon-
jfieur Zvvelfer a voulu, cenforer mat
à propos cette lotion.
Mon Adverlàire fe montre fort
diligent
de M. 1.
diSgent , en ce qu’il n’oublie rien
de ce que l’artifice lüy peut four¬
nir pour élever au plus haut de¬
gré de perfedion fà Confedion
d’Alkermes ; mais en y procédant
de la forte , il ne confidere pas
des fautes très - confiderables qu’il
fait , quand il lit en fa féconde
defcription j Lapidü Laz.uli eaui-
lei pntparati , vel Jl^agijîerifejuf
àem , in animadverjîonibm noSlris
edoHi fi. Yn grand perfonnage
comme mon Adverfaire doit-il tom¬
ber dans une telle erreur , de faire
comparaifon de la dofc du Lapis
Lazuli en fubftance 3 avec celle de
l’outremer qui eft fbn Magiftere :
il fçait bien s’il entend ce qn’il a
écrit 3 la différence qu’il y a entre
la pierre d’Azur 3 & fon Magifte-
rc 3 que pour extraire une once 8c
demye du plus beau & du plus fin
de cettuy-cy > qui eft la première
forte qu’on tire de la pâte par l’cn-
tremife de la lotion > qui eft telle¬
ment feparé de fbn marbre blanc,
qui commence de paroître en la
couleur de celuy qu’on^en tire par
l'a féconde lotion qui la rend plus
claire & de moindre vertu , Sc ain-
fî des autres lotions : Et je veux
donc dire que pour avoir une on¬
ce & demye dudit Magiftere, qu’il
faut prendre pour le moins huit on¬
ces de la plus, belle pierre d’Azur,
car fi l’impureté paroit , il en fau¬
dra le double , de là il faut con-
clurre qu’un tel Magiftere , contient^
en une once ôc demye avec fà cou¬
leur, toute la vertu la plus efficace
qui étoit efpaifè en toutes les par¬
ties de laquandté de la pierre d’A-
aur d’où il aura été tiré. Par c ue.
Zvvelfer. 4 1 3
raifbn Monfieur Zvvelfer dévoie
diminuer de beaucoup la' dofe d’nne
once & demye , eu égard à la pu¬
reté de l’un & à l’impureté de l’au¬
tre , au contraire il les admet en
pareil poids. Il n’ignore pas que
les médicaments que nous donnons,
par drachmes en fubftance , que
nous ne donnons de leurs Magiftc-
res que par grains , par ce que le
plus fbuvent dix grains ou moins,
font plus d’effet qu’une drachme.
Mais encore quand il a eu cette
penfée , il n’a pas confideré que
tous les Apothicaires ne fçavcne
point préparer l’outre-mer , & que
de l’achepter à raifon de cent tren¬
te à quarante livre l’once , qu’il ne
s’en trouveroit aucun , qui voulut
faire cette dépenfe , à moins que
ce fut pour des perfbnnes de haute,
condition , dautant plus qu’il de¬
mande le Lapis LazuIi préparé j,
& que c’eft à l’arbitre de celuy
qui préparé la Confeâion de l’y
mettre ou non , il eft afléuré.
que ceux même qui le fçavcnt pré¬
parer, en Magiftere s’en dilpenfc-
ront ; pus que l’authorité de mon.
Adverfaire n’eft point approuvée..
Qu’il foit donc plus avifé à l’ave¬
nir , qu’il digéré mieux fés pen-
fees avant que de les mettre art
jour ; car à parler fans paffion
les efprits les plus pacifiques, s’al¬
tèrent & s’émouvent beaucoup de
voir des produétions fi erronées
fi fùjettes à la cenfure.
lé demeure comme fiirpris de*,
ce quf Moi-fieur Zvvelfer h’a point;
apporté d’autre précaution aux Per¬
les , que la préparation ordinaire-
de nos Boutiques , attendu qu’em
£££ J tous
414 Réfutation de la ConfeÜ. d' J Ikerme s,
tous les autres ingrediens , il y a
ajouté quelque myftere, fans doute
il l’a oublié J ou bien il a crcu que
les Perles d’elles mêmes font futfi-
fàntes en leur vertu , fans rien em¬
prunter d’ailleur pour la rchaullèr,
mais comme il doit fç avoir qu’il y a
( foivant certains ) à redire en quel¬
que choie , que je palferay fous fi-
lenee > pour ne donner point de
mauvaifes impreflîons à ceux de
nôtre profeffion , qui les recher¬
chent.
Diteî-moy amy Zvvelfer , chez
qui des Autheurs avez vous appris
de mettre une once & demye de
Perles Orientales préparées , fur qua¬
tre livres de fuccre , qui valent qua-
fante huit onces , ç’a etc de vôtre
boutique. le trouve que vous excé¬
dez en libéralité envers vôtre pro¬
chain , je loü crois ce procédé Ci vou§i
l’aviez fait par un motif de charité,
& que cette dofo ne choquât les ré¬
glés de la corapofition des médica¬
ments , mais au contraire c’eft par
une pure vanité , pour paroitre par
delfus tous les Autheurs , qui ont
écrit & qui écrivent fur cette ma¬
tière : car vous n’en fçauriez nom¬
mer un qui aye dofé les Perles, com¬
me vous, fur la quantité de quaran¬
te huit onces de luccre. Si elles en¬
troient feules dans vôtre Confeétion
ou qu’elles ne fuflent point accom¬
pagnées d’une bonne quantité d’au¬
tres efpeces qui font de grande effi¬
cace , je pourrois vous exeufer pour
ce regard , c’eft à quoy Monfieur le
Poéteur vous deviez prendre garde
pqur en éviter le blâme. Néant-
moins je ne fçaurois é^er de loiier
en partie la modération que vous
avez faite de ce qu’en vôtre premiè¬
re defeription fur vingt quatre on-'
ces de ficcre , vous y faifîez en¬
trer le même poids d’une once Sc
demye de Perles Orientales prépa¬
rées , qui étoit une faute au dou¬
ble plus grande que vous avez cor¬
rigée en doublant la dofe du fuccre
en vôtre derniere ou fécondé def¬
eription.
De toutes les raifons cy-deffiis
alléguées , il n’eft pas difficile de
croire , que Monfieur le Doéteur
Zvvelfer n’eft pas capable d’inven¬
ter des compofitions Sc particuliè¬
rement une nouvelle Confection
d’Alkermes , qu’il fe contente de
celle de Mefué , ou de la nôtre,
quoy que certains efprits , comme
le fien ayent voulu gloièr contre
elles , cela n’a en rien diminué de
leur éclat & de l’eftime qu’en ont
toujours fait ceux qui les connoif-
fent par leur vertu , ainfi nôtre Ad-
verfaire Zvvelfer n’a fait que per¬
dre fon temps en abayant de loin,
comme tous ceux qui s’en font mê¬
lez avant liiy. Au refte je ne trouve
rien de plus ridicule & de plus mal
compofè que les deux deferiptions
de fa Confeélion d’Alkermes , à
les bien confiderer on y remarque¬
ra des fautes fort groffieres , com¬
me nous avons relevé en partie,
fons neantmoins y en avoir com¬
pris quelques autres , que j’ay omi-
fos à delîèin qui fèrviront un jour
de matière dans une autre pccafion
fi mon Adverfàire m’y convie. le
veux donc dire qu’ayant erré en tous
les principaux points de la compo-
.fition, comme en l’cleâion, prépa¬
ration, dofo , Sc mélange des ingre¬
diens.
de A4. 1. Zwelfer*
âiens , ce fera im légitimé moyen
pour les rendre méprifablcs dans fà
patrie même. Et les Nations ctran-
gereS auront toujours recours à nous
malgré la jaloufie & la malice de
Monfieur Zvvelfer j qu’il vomiflè ,
& qu’il revomilîe tout ce qu’il a de
plus noir dans, le corps , le tout ne
peut que rejaillir à fa honte & confu-
fion , & nos Çonfeftions fidèlement
dilîjenfces auront toujours de l’eftime
chez les étrangers.
Cher Amy Zvvelfer , pour la fin
je vous diray avoir du déplaifir de ce
que je me fuis écarté contre vous , en
des termes qui ne font pas dans la
bienfeance parmy les gens d’hon¬
415
neur de nôtre profeflîon , ce n’eft pas
que par un jufte relfcntiment hu-
maiuj je ne vous en eulTe peu dire
beaucoup au delà j mais comme les
injures & les invedives ne peu¬
vent rien de nôtre demélé : j’ayfaic
gloire de n’en dire pas davantage,
& encore ç’a été en forçant mon
inclination 3 par ce que vous ayez
excedé en cette matière , de ma¬
niéré , que joignant à mon natu¬
rel un mouvement de charité , il
ne tiendra qu’à vous que tout le
palfé ne foit oublié , finon en at¬
tendant vôtre reponee , je vous
fijuhaitte toute forte de prolperité
à Dieu.
TABLE
DES PRINCIPALES MATIERES
contenues en cet Oeuvre.
Le premier nombre marque la Page ^ ^ le
dernier le Lj’-vre.
A •
B B S^I N T H I 1 hifto-
Acetabulum quid,
Aceti Scillitici præparatio , 1 1 8. i
A gallochi hi ftoria j 1 60.1
Ambaris hiftoria , î 54«i
Ambre, & (es fubftances, 308.1
Amurca veterum quid , 6.2
Anacardiorym hiftoria, 3 4^* ^
Antheraquid, zo.i
Antimoine, pourquoy appelle her¬
maphrodite, 3 18. 1. Eft un des
principaux fiijets de la tranfmu-
tation métallique, ibid. Les Chy-
miftes luy attribuent des vertus
bâliàmiques . ' 3 ip. 2
Antimoine diaphoretique Iodé par
du Renon. 3 15)- 2
Apiiun montanum,qtiid , 182.1
Aqua Theriacalis , ' 19 1.2
Aqua ad fuffufionem., 200.2
Aqua contra calculum , 195.2
Aqua vulneraria , 1 99.2
Ardeiur venerienne , le fliccre de Sa¬
turne y convient, 333*2. comment
appliqué, ibid.
Aroraaticuin Caryophyllamm, i47*t
Aromaticum Rolàrum Gabrielis,
149. 1
As, 214.2
Airarius quid, 213.2
Afthme , la fecuIe de Bryone eft
propre à l’afthme. 3 o^. 2 . les fleurs
de ioulphre. 327*^
Afyncritura Aébiiarij , 245.1
Aurea Alexandrina, 252.255*1
Aureus quid, 213.2
B
BAlfemura polychreftum, 55.2
Bauderoni lans , 103.1
Bail
dçs
Baame , l'huile de Genevre cft com¬
me un baume naturel , 2, 5 7 . z
Bedegaris fuccedaneum > 94.1
Benedida laxativa 388.389.1
Be.s , feu odunx , 214.1
Bezoard minerai , pourquoy ainfi
appelle, 327.2
pourquoy écume des deux dra¬
gons , ibid.
eft excellent aux maladies & fiè¬
vres malignes , ibid.
Bryene , fecule de Bryone deterge la
craiïè & ordure du cuir. 3 o 6. 2
C
CAnella& Cinnamomnm,idem,
275.1
Calcanthum , ou vitriol , 271.1
Catholicura moins violent & plus
univerfclque-le Panchymagogue.
3 04. 2
Calcanthi & Chalcitidis difFerentia,
272. 1
Cancamum , non eft Lacea , 222.
225.1
Caryocoftinum , a.S'yiXov ,
591.1
Cinnamomi hiftoria.
275.1
Caffia cum Saccharo pro
Clyftcri-
bus.
570.1
Catholicum Fernelij ,
362.1
Cauterium holofericum ,
204.2
CerMum.
Quid , & unde didiim >
118.2
Album Galeni,
ibid.
Arnogloffi ,
123.2
de Crufta panis.
1 24.'2 .
Oefypi ,
122.2
Santalinum ,
120.^2
Stomachicum Galeni ,
1 2 1.2
Cerveau , l’huile de Rofos conforte
Adatieres,
le cerveau , 29 3. 2. L'huile d'Am-
bre merveilleulèment efficace aux
grandes maladies du cerveau. ,08.
2. Le magiftere du crâne humain,
311.2. La teinture d’argent cor-
, robore le cerveau , 3 5 4 - 2
Chalcite, & ^es propriétez , 271.1
Champignons , différences , effets,
tempérament , & fymptomes d’i-
ceux i 269.270.1
Chalcitidis (èrmocinatio, ibid.
C halcus quid , 212.2
Cheveux , l’efprit de miel teint les '
cheveux de couleur d’or, 51 1.2
les fait croître , ibid.
Chift Arabum quid , 215.2
Clarcta fimplex , & compofîta,
i94-i
Cœur , l’or a une occulte fÿmpathic
avec le cœur. 340.2
Coétion , l’extrait d’Abfinthe aide la
codion de l’eftomach , 298.2
Collyrium album Rhafis, 25).!
Conditura cur fiat , i . i
Confedio quid , 3 20.1
ConfeBio.
Alkermes, 321.1
Hamech major, 55)5.1
minor, 401.1
f Hamech à D. Bauderono cafti-
gata, 400.401.1
Anacardina, 345.r
deHyaeintho, 207.1
Liberantis, 205.2
Congius quid , 216.2
Confèrva Rofarum mellis , 23.1
Solida , ibid.
Contufion , l’huile de cire refont les
contufions, 31 0.2
Coraux , diffous par le vinaigre de
terebinthine * 509.2. ont une'
ggg g«a
Taille des
grande fympathie avec nôtre cha¬
leur naturelle , 3^0.1
Corne de cerf, quand a plus de ver¬
tu , J 12.1
Cordial , l’huile d’ Ambre eft cor¬
dial, 308. 2. le magiftcre de cor¬
ne de Cerf, 512.2. l’or a une ver¬
tu cordiale , 540. 2. le Bezoard
minerai, 317*^
Coftus quid , 55>2.i
Croci Marris præparatio , 255.1
Crocus Marris quid , & unde ditius,
ibid.
Cuir , huile de myrrhe propre à tons
les vices du cuir , 3 07. 2. la fecule
de Bryone en deterge la crafle , &
le blanchit, 506.Z
Cyathus quid, 216.2
D
DArcheni Arabum qnid , 156.1
Davich Arabum quid , 212.2
Decodio comraunis Medicinæ , Pe-
dortilis, & Clyfter. 1 89
Denarius quid , 215.2
Deunx quid, 214.2
Dextans quid , ibid.
Piacalamentum , 1 5 2. i
Diacatholicum , 358.1
Diacinnamomum , 1 56. i
Diacodium lîmplex , & compolitum,
241. 1
Diacomeron, 187.x
Diacrocon, feu Diacurcuma , 225.1
Diacydonium fimplex , 1 7. compo/î-
tum, ibid.
Dia.cyminiim , 185.1
Difçours Apologétique iîir la Chal-
cite, 268.1
piffèrenccs des champignons, 269.1
Pifficultez fir la eonfedion Alker-
mes , 3 2i.,
Diagalanga,
Adaîieres,
Diahyflhpus, jgo.j
Diaireos fimplex, 173. 1. Salomonis,
174. t
Dialacca magna , 220.1
Dialexis de Abfinthio , 78.1
Dialipfis de Chaleitide , 166.1
Diambra, t53>i
Diamargaritum fimplex quid, ....
Diamargaritum frigidura, 19 2.1
Diamorum, . 29.1
Diamofchum, 196.1
Dianilîim, 151.1
Dianthos., 154.L
Dianucum, 31.1
Diapenidion cnm , & fine fpeciebus,
'77-1
Diaphœnicum, 582.1
Diapraflîum, . 182.1
Diaprunum fimplex, & compolitum,
-4^. I 3^1
Diarrhodon A bbatis , 1 6r, i
Diafebaften , 575*i
Diafenna, 39 3- 1
Diathamarum , Icge Diacomeron.
Diatragacanthum frigidum, 176.1
Diatria^ntali , 218.1
Diatrium Pipcrnm , 167.1
Diaxylalocs, - 164.1.
Dilcours des Perles , . .
Dodrans quid , 214.2
Dofis pul. in eleduariis aromaricis,
I47* I
Dofis pul. in eled.mollibus, & foli-
dis, 520.1
Dofis pulveris, in unguentis com-
ponendis, quæ , 81.2
Douleur, l'huile dcRolès fouverain
à la douleur de tête, 295. 2. Peau
de Genevre propre aux douleurs
articulaires. 297.1
Dragma quid , &'quotgranis con-
ftet, 213.1
Duella quid , ibid.
des Adatieres,
Dupondium qiiid * ibid.
Dyllenterie , Tcx traie de Rheubarbe
en la dylïcnterie avec qnoy mé¬
langé > 3 O J. 1. le làfFran de Mars
adftringent, 535'i
E
EClegma qnid , & cur excogita-
tum, Ï37-Ï
Eclegma.
De Caulibns Gordonij, ibid.
dePapavere> 140.1
dePineis, 141.1
de Pulmone Vnlpis , 1 3 p. i
Sanutn* i43*i
de Scilla fîmpl. 138.1
Compolituin, ibid.
Effets des Champignons > 269.1
Eleétuarium quid , & ejus divifio,
320.1
EleBuarium.
A nalepticum,id cft,reficiens, 189.1
de Baccis Lauri j 3 44-i
de Citro folutivum j 3 5 i
CrociMartis, 235.1
Diacarthami, 3 34*1
Ducis, 169.1
deGemmis, i95>*i
Indum majus , 385. 1. minus,
387.1
luftinura, 218.1
Larticiæ Galeni, 201.1
Lætificans Rhalls, 203.1 .
Plercs Archonticon , 2 1 3. i
dePfyllio, 377-I
Relûmptivum : vide Analepticum,
Rofatum Melîié , 280.1
de fucco Rofârum , 5 J 3 • ^
Emplaftrum quid , & imde di^um,
I 26. 2
Empîafirum.
Apoftolicum ,
1^9.2
de A rnogloflo ,
123.2
de Baccis Lauri ,
I4J.2
de Betonica ,
133.2
Ceroneum ,
162,2
de Ccrufa ,
1 18.2
contra rupturam ,
130.2
de Crufta panis ,
120.2
Diachalcitcos ,
i4;.2
Diachilum album »
133.2
Ireatum ,
137.2
Magnum ,
138.2
Gummatum ,
141.2
pro fraéturis , & dillocationc of-
fium ,
130.2
Epilpafticum , feu
vcficatorium ,
177.2
Divinum ,
132.2
filij Zacharia; ,
143.2
Gratia Dei ,
134.2
Gummi Elemi ,
173.2
ad Herniam,
166.2
de lanua : vide de Betonica.
de Linaraento,
179.2
de Maftichs ,
154*2
pro Matrice ,
159*2
de Meliloto ,
249.1
de Minio ,
129.2
de Mucaginibus,
141.2
Nicotianæ j
171.2
Oxycrocaira.,
160. 2
Paracelfi ,
175.2
de Ranis loan.Vig.
169.1
Sparadrap ,
118.2
de Siilphure ,
148.2'
pro Stomacho >
156.1
Tripharmacum ,
M4.*2
Enchantement , és maladies où
le vulgaire croit qu’il y a de
l’enchantement , quel remede,
322.2
gg'g i Ep^
des Jidatieres.
Epilepfie , l’extrait d’Hellebore noir
propre àl’epilepfie, jo.-;. 2. l’huile
d’ Ambre, 308.2. le magiftcre du
crâne humain, 301. 2, l’eau benite
de Rullandus 3 10» 2. la reinture
d’argent. '3 37*i
Eftomach, l’extrait d’abfînthe eor-
. roborel’eftoraach, & aide àla co-
â:ion,298.2.1’huile de Maftic.307.
2. la teinture de Coraux. 3 07.1
faûulté retentrice d’iceluy forti¬
fiée par le làfFran de Mars adftrin-
gent. 534.2
Evacuation, la teinture de Coraux
arrête toutes les évacuations im¬
modérées.
Exagium q^uid , 213.2
FAlciculus quid , 217.2
Fièvres, le magiftere de Corne
de Cerf convient aux fièvres ar¬
dentes & malignes, 312. 2. le cry-
ftal minerai. 3 14. 2. l’cfprit de vi¬
triol. 316.2. le Bezoard minerai.
326. 2
Fard , feaile de Bryonc mife au rang
des fards, 306. 2. le Mercure pré¬
cipité blanc. 324.2
Fleurs blanches, arretées par le laffian
de Mars adftringent , 3 3'5 • i
Flux , l’extrait de Rheubarbe eft pro¬
pre à toutes fortes de flux de
ventre. 3 03,. 2
Fluxion, le Laudanum, flngulier aux
fluxions chaudes , acres & ma-
hgnes , 300. 2. principalement à
celles qui cheent fut» le poul-
mon , ibid. &c le Chryftal mine¬
rai aux fluxions chaudes fur la
gorge- 314.2
Fondement- de la. Theze de Fontai-
2-71.2
Fontaine Médecin d’Aix en Proven¬
ce, 268.1
Forces, quels fymptomes abbatent
grandement les forces, 300.2
f Formuiæ Bechicæ , 4751.1
Foye, la teinture de rofes tempere
l’ardeur du foye , 296.2
G
^^Alien repris fur la Canelle,
Galanga qnid
Grana ponderum, qualia, 2 1 1 .2
Glandes folu ti væ , 203.2
Gonorrhée , on fe fert mal à propos
de la crème de tartre à la gonor¬
rhée virulente, 305.2. &dcl’hui-.
le blanc de terebinthine , 3 09.2
au contraire le cryftal minerai y
eft fort propre , 3 14.2. le fiiccre
de Saturne , ibid.
Goutte , l’huile de Maftic bon à la
goutte, 307-1
l’huile de cire ,• 3 1 0-2
Gravelle, le fel d’abfinthe expulfè
les matières graveleufès , 299.2
l’huile blanc de terebinthine,
309.2
Guajac , à quelles fortes de maladies
propre, outre la vcrole,. 299.2.
H
HEmina qiiid, 216.2
Hellebore, tant vanté de l’Hip-
pocrate, 302.2
Vertus que quelques modernes luy.
attribuent, ibid.
Hemorrag-ie, la teinUire de Corail,
l’arrefte, 330.2.
Hiera quid ,. 405.1
Hiera cum A garico , 405.. i
^'ahle des Aiatieres,
Hiera C olocinthidos > 4 1 <3 » r
Hiera compolîta, 406.1
Hiera Logadii , 407 • i
Hiera dimplex Galeni, - 407.1
Hiftoire du Sori, Chakite & Mify,
271-1
Hiftoire du Vitriol ou Calcanthum,
ibid.
Humeur radicale , purifiée par la pou¬
dre emetique, 311. 2. fixée par
la liqueur de lor, 340. 2. corru¬
ption des humeurs corrigée par
l’e-lprit de vitriol, 3 1 6.2
Hydropifie , l’extrai^t de Rheubarbe
fouverain à Thydropific, 303. 2.
La fccule de Bryone, 3 06.2 . l’hui¬
le de foulphre, 3 1 8.2
Hydromel vinollim , 201.2
I
IAunifte, l’extraiéb de Rheubarbe
y eft excellent , 303.2. la crème
de tartre, 3 oy.2. le làfFran de Mars
apperitif, 3 54-2
Inflammation , cryftal rnincral fore
ufité aux inflammations internes,
3 1 4. 2 le fiiccre de Saturne, 333.2.
aux externes l'huile de Saturne,.
3 34-2^
Infufio Rolàrum, & Violaiumi48.ï
lulepus quid , 3 6. r
lulcpus, Rofarum, & Violarmn, ibid.
lùlepus Zizyphorum , feu lujuba-
lum. 3.7.1
L
Lkc Virginale, 13)8.2
Laccæ hiftoria St: præparat.
22f.I
Laudanum , la neeeflîté & l’utilité
de ce remede, 300.2
Lèpre l’exrraiâ: d’Hellsbore noir
convient à la lepre, 302,2.1’ex-
traiâ: de Rheubarbe , ibid. la tein¬
ture de Coraux , 330.2
Libra medicinalis, 214.1
Lindus quid , vide Eelegma ,137.
& fequent.1.
Linimentum quid,& ulùs , 62.2
Lithontripticon ,. 229.1
Lixiuium duke quid , ut parctur,
66.2
Looch , Lindus , & Eclegtna idem,.
2i6.2
l'huile clair de
cire conlblide les fiftûres des
mammelles, 307.2. & en difeute
les tumeurs provenantes du laid,
caillé , ibid.
Manie, le Laudanum fouverain à la
manie, 300.2. fextraid d’Helle-
bore, 301.2
Manipulus quid , 217.2
Manus Chrifti cura perlis, 19 2.1
Margaritarum deforiptio , ibid.
Motrice , fccule de Bryone convient
aux foffocations de matrice, 3 06.2..
l’huile d’Ambre ,
3 08.2
Jeté!.
Anacardinum ,
2y.r
Antholàtum ,.
24.1.
Mercuriale ,•
2y.i
Paflùlatum
26.1
Rofatum ,
23.1
Scilliticum ,
26.1
Violatum,
ibid.
Melancholic', l’extraid
d’Hellefeo-
re noir propre à la Melancholic,.
302.2
Micleta Nicolai,
347-1'
ggg 5
Minai
\ Æ" Alâgtnïi ç^uid y
J.VX Mammelles ,
Taille des Matières.
Mina vetemm quid , iij.i
Miftnun magnum , & parvum quid,
ZI 6. Z
Mithddatiuin DemoCTacis , z 5 (J. i
Miva Cydoniorum fimplex,' & aro-
naatica , Z4.r
Mois , le faffran de Mars apéritif
provoque les mois , 3 55. la tein¬
ture des Coraux les arrête, 3 îo.
Z. le iaffran de Mars aftringent,
3 54*^
Mucliarum Rofarum , & violarum
quid, 48.1
Mul'a Ænea , vel Egetea , & Zazen.
NArcotic,advis coniîderablespour
Tufage des remedes narco-
cics, 30 r. Z
Nerfs , riiuile de Maftic conforte
les nerfs , & parties nerveufès,
307.1. huile rouge de Térében¬
thine fort propre aux indiipofi-
tions froides des nerfs, 309. 2.
l’huile de cire , 3 10.2. & à la re-
tradfion d’iceux, ibid.
Nicotiana unde dida , 1 1 4. i
O
OBoI'us quot granis conftet,
zrz.z
Obftrudtion, l’extraid: de Rheubar-
be fouverain aux obftrnâions du
foye & de la ratte, 303.2. la
creme de tartre, 305.2. la fecule
de Bryone, 306.2. l’Antimoine
diaphorctique, 3Z1.2. le faffran
de Mars apéritif à toutes les fortes
d’bbftrudions des parties nam-
rellcs, 3 3J-1
Odunx & Bcs , idem. Z14.Z
Oleum quid , & ejus divifio ,4.2 *
Oleum.
Abfinthii, 30.2
Acori veri, 20.2
Amomi, ibid.
Amygdalarum dulcium , 7.2
Amygdalarum amararum , ibid.
Anacardinum, ibid.
Anethi fèminis , 17.2
Anethinum , ibid.
Anifi fèminis , ibid.
Aurancii, 7.2
Avellanarum , ibid.
Balaniiium, id eft, de Ben, ibid.
Cinnabis , ibid.
Capparum, 34-2
Carthami, ^ 7.2
Cariynum, id eft, Nucum , ibid.
Caftorii fimp. & compof. 534.1
Ceraforum, 7.2
Ghamæmeli , 20.2
De Cherua , ièu Ricinin, 7 z
Cheyrinum , zo. z
Chryfomelorum, id eft, Præcocio-
rum, 7.1
Cinnamomi , 4.2
Citrii , & Citiuli , 7.2
Cocci Gnidii, id eft , Thymelcae,
ibid.
Croci, 36.2
Cucumeris , & Cucuibitæ , 7 • 1
Cydoniorum, ibid.
Cyprinum, id eft, Liguftrinum,
ibid.
Ebuli ièminis, lo.z
Euphorbii, 4^-^
Gith , id eft , Melanthi , 7-^
Hederæ, 16.2
Hyperici, 28.2
laimini , 21.2
Irinum, 24.2
Ladttt
liahle des Adatieres.
Laétucæ feminis ,
7.i
Lautinum ,
1 1.2
Lcntilci ,
7-2
Leptocaryon,ii eft, Avelianarum,
ibid.
Liguftri,
20.2
. Liliorum fimp. & compof
2 J. 2
Lini Ièminis ,
7.2
Lumbricorum ,
4.3.2
Maftichinum ,
29.2
Meliloti,
20.2
Mellis ,
. 2
Melonis Ièminis,
10.2
Mentæ ,
30.1
Mofehatæ ,
7.2
Molchatelinum ,
25.2
Myrthillorum ,
7.2
Myrthinum ,
20.2
Nardinum ,
. 2
Nenupharis,
31.2
Nucum iuglandium.
7-i
Nucis Indicé,
ibid.
Nucleorum Perfîcoram ,
ibid.
Nucleorum Pineorum,
ibid.
Onrphacinum, 1
16.2
Ovorum ,
15.2
Papaveris feminis, 7.2,
Papaveris capitura , foliorum , &
florum, 20.2
Perficoaitnj 7.2
Philofophorum j 1
Pipéiis fimplex, 38.2. compof.
20.2
Piftacioratn, 7,2
Raphani ièminis , ibid.
Ricininum, id cft, Je Chema.
8.2
Rofarum coî-npletUïn3& Ompha-
cinniHj 15.2
Sambudnum , 20.2
Sampfiichinum » 3 0.2
Scorpionum fimp. 45.2. compoC
46.2
Scfàmi Ièminis, 7.1
Sinapi , ibid.
Stapliidis Agriæ, ibid.
Strobylomm, id eft , Pineorum,
ibid.
T ere binthi arboris , 10.2
Thymeleæ, 7.2
Violatiim, 18.2
Vipennum , lege Serpcrtinum,
Viiipinum, 51.2
Onolofàc Arabum quid, 212:2
Opiata qnid , & nfiis , 338.1
Opiata Salomonis, 34i.r
Opinion de Fontaine errpnée, 271.1
O pium , les correctifs , 300.2
Or employé en la Médecins par
les plus anciens Grecs, 338. 2.
eft l’antidote de l’argent vif, ibid.
il a une occulte lÿinpathie avec le
cœur , 3 40. 2 . l’or potable retarde
la vieilleflc , 3 3i>.2:
Ouye , l’huile de myrthe guérit la
dureté d’ouye, 307.2
Oxymel ftmplex, 1 1 5 . & fcq. r. eom-
pofitum,
Oxymel Scilliticum fimp.i 1 S.i.com-
pofimm. 121.Ï
P
P Ailes couleurs , la creme de tar¬
tre deterge les humeurs , qui
entretiennent les pâlies couleurs ,
3 0(5. 2. la poudre cmetique les
évacué', 326.2
Panchymagpgue , lôn alàge n’eft pas
il univcrfèl que du Catholicum,
304.2. en quelles maladies il en
feut ulèr. ibid.
Paralyfie , l’huile d’ambre y eft pro-
prcj 308.2
Perles, le vinaigre de terebenthine
diflbult les perles, ?o9.2
Pefte,
Table des Aiatieresl
Pefte , riniile & . refprit de Ge-
nevre ioiiverain contre la peftcj
196.1. l’huiled'Ainbre, 3o8.rAn-
timoine diaphorctique^ 521.1
Pkiloniim Pcrficiim , 248. i. Ma¬
gnum j î47'i
Pierre , le fcl d’abfînthe expitllè la
pierre, 299.2. l’huile blanc de tc-
rebinchine, & l’huile de foulphre,
318.1
Pilulæ CLir inventæ , & unde nomen,
429.1
Pilularum differentiæ, & uliis, 429.1
Puliarura modus , ibid. Repofitio,
450.1
Pilulæ de Agarico, 45^-1
Pilulæ A ggtegarivæ , 450.1
Püulæ Catholicæ , feu Impériales,
4j8.i
JPilula.
Albæ, & Nigts,
235.1
Alephanginæ ,
459.1
de Aloé Iota,
434.1
Ante cibum.
439-1
Arthriticæ,
474- ï
Aflàierct ,
44<5.i
Aureæ ,
453.1
de Bdellio ,
431.1
Benedictæ ,
446.1
Cocciæ ,
45 6.1
de Cynogloflb ,
431.1
de Eupatorio ,
464.1
Fœtidæ majores.
471.1
Fumariæ ,
463.1
de Hermodadlylis,
471.1
de Hiera cum Agarico,
444.1
Hieræ comp. & ump.
ibid.
Indæ Haly ,
467.1
de Lapide Lazuli ,
469.1'
Lucis majores.
461.1
Maftichinæ,
434.1
de quinqueMyreibolanis,
448.1
Odomeræ, 447.1
Peftilentiales , 441.1
de Rhabarbaro , 465.1
Ruffi, feu Communes , 442.1
Sine quibus cfTe nolo , 460. i
Stomachicæ, 437.1
Piperis, hiftoria, 131.1
Playes , l’huile de myrrhe confolidè
les playes recentes, 307.1
l’huile d’Antimoinc propre aux
playes putrides , 310.1
Podagre , l’huile de Maftic bon à
la podagre, 307.2
i’elprit defel, 198.1
l’ Antimoine diaphoretique , 5 2 1 .2
Poulmon , teinture de miel eft pro¬
pre aux affeftions du poulmon,
511.1
les fleurs de (bulphre , 317.1
l’huile de (ôulphrc, 318.1
Pourriture , l’efprit de Genevre pre-
ferve de pourriture, 29 J
l’huile de myrrhe, 307.1
l’elpric de vitriol corrige la pour¬
riture des humeurs, 316.1
Phthife , ou ulcéré du poulmon,
l’huile blanc de terebinthine n’y
eft propre , quoy qu’en dile Bé¬
guin, 309.1
ny les fleurs de Ibulphre, 3 17.2
la teinture de miel y convient,
301.1
Pruna folutiva, 202.2
Pugillus quid, 217.1
Pulvis quid , & cur inventus , 1 4;. i
PhIvü.
contra peftem ,
113.1
contra lumbricos ,
105.1
ad puerorum Enterocelenj
. 237.1
ad puerperamra tormina ,
236.1
Croci Martis,
23 3'Ï
Piacy
tables des AiaPÎerts,
Diacydoniten fine fpedebus ,
23 '.I
Hydragogus, aif-i
Puftules , le fiiccre de Saturne eft
fbuverain aux puftules du yiiàge,
335-i
QVadrans quid, 214.2
Quarte, lextraidt d'Hellebore
noir propre à la fièvre quarte.
302.2
le turbith minerai , 328.2
Quincunx quid , ibid.
Quotidienne , le (affran des métaux
peut convenir aux fièvres quo¬
tidiennes rebelles , 3 3 J • 1
R
RAifons réfutées de ceux qui
veulent ôter la Chalcite du
Thériaque, 2.66.ôcüna,i
Reins , eau de Genevre appaifè les
douleurs ftoides des reins , les
purifie & nettoye, ^97’^,
rhuilc blanc de terebenthine
chafte le gravier & la pierre des
reins , 309.2
Refe^ni^des difficultez fiir la de-
lcription de la Confeètioh Al-
chcrmes, 322.1
Requies Nicolai, 242.1
Rhabarbarum cardiacis an mifeen-
dum, 162.1
Rob , & Robub quid , Sc differen-
tiæ, 27.1
Rob Cerafbrum, 34.1
Rob Cydoniorum fîmp. 6ÿ compofi
ibid.
RobdcRibes; 32.1
Rofata novella, i68.t
Rofès , huile de Rofès tempere l’ar¬
deur & douleur de tête, 294.2
la teinture de Rofès corrige l’in-
temperie chaude des vifeeresi
'296.2
& principalement du foye, ibid^
S
SAccharc quid, 21.8.1
SafFran des métaux , eft le plus
ordinaire Vomitif des Chymiftes,
3?y-a
oii on s’en doit fèrvir, ibid.
Sapa quid, & quotuplex , 27.1
Satyrii conditura, 2.1
S crupulus quid , 212.2
Secacul Arabum quid , 6.i
Semis quid, 213.2
Septunx quid, 214.2
Sericum cnidum ut pulverandum,
193.1
Sextansquid, 214.2
Sextula quid , ibid.
Sextarius quid , & unde nomen,
Siliquaquid, 212.2
Sinon propric quid, ^1^2.1
Solidum, 213.2
Sori quid, 271.1
Suchahæ fiiccedaneum , 94.1
Succorum infpiflàtio, 2S.1
Succrc de Saturne fbuverain aux
inflammations internes ôc exter¬
nes , 3332
Sueurs, l’extraid de Genevre pro¬
voque les fucurs, 298.2
l’extraièt de Guaiac diffipe la vé¬
role par les lueurs , . 299. 2
rbuilc d’Ambre excite les fiieurs,
308.2
hhh
les
Tables des aPHatieres,
les fleurs & rhiiilc de foulphrc,
317.1
le Biagiftere de la corne de Cerf,
312.2
rAntimoine diaphoredque., 321.2
la poudre d or, 338'^
Suffocation de matrice , la fécu¬
le de Bryone y eft convenable,
306.2
rhuilc d’ambre , 308.2
Suppreflîon d’urine , l’huile d’ambre
y eft propre, ibid.
le fafftan de Mars apéritif,.
Suppofîtoria fblutiva,
202.2
Symphiti conditura.
4-1
Syrupiis quid , & cur
inventus
38.1
Syraporum ufiis ,
39.1
. Difterentiæ ,
40.1
SyrupM.
Abftnthii major ,
. 78.1
Acetatus ftmplex,.
41.1
compof
44.1
Acetofitatis Citrii,
43-1
Acccofî fiiçci.
ibid.
Adiantinus lîmpl. &
1
0
51.1
Althææ ,
lOl.I
Arancionmi ,
45.1
Arthemifiæ ,
1.08. 1
Betonicæ ,
103. 1
Bizantinus ftmpl. Sç
compof.
8f.r
Boraginis , & Buglolîî ,
j6.i
Gal.aminthes ,
1 1 5.1
Chamædiyos, "5)7,1
Cichoni fimpl, & compof. S8.i
Gydoniorum,. 34.1
Epithymi,,; J53.1
Eupatorii,
5)2.1
Fumariæ fimpl.
53.1
compof.
130.1
Glycyrrhizæ
62.Ï
Granatorum
4.5.x
Hydragogus ,
135.1
Hyllbpi,
65.1
Intybi , id eft , Endiviæ fimpl.
H-i
Intybi , feu Endiviat compof
- 87.1
lujubinus ,
73.1
Limonum ,
45.1
Mentæ ,
81.1
Muccarum rof & viol. 48.1
Mytthinus ,
83.1.
Nicotianæ,
114.1
NymphæÆ , fimpl. '
52.x
compof.
70.1
Omphacii , id eft ,
Agreftæ ,
3
©xyacanthæ ,
ibid.
Oxyfaccharura fimpl.
43.1
compof
S9‘t
Papaveris fimp. & compof -76.1
Papaveris, Rhœas ,
7S-1
Perficorum ,
121,1
Pomorum fimp.
46.1
compof
12p. 1
Praflîi ,
68.1
Qüinquc radicum.
fC^hani,. '
105.1
Ribes,
44.1
Rofarum ficcarum.
47.1
Rofàtusiîmp.
48.1
compof & laxat.
123.1
Scolopendrii ,
5,8a
Stœchadis ,
5,5.1
Symphyti ,
8-4.1
Tiivlaginis,
63.1
Violatus fimp.
36.,
laxat.
TOI.I
Zizypbo’
Trahie des Matières.
Zi^yphorum fimp. 3,7.1
eompof. 73.1
T ,
TAches du vifege , la fecule de
Bryone les dctcrge , 306.1
le fuccre de Saturne, 3 3 î-i
Tartouffles , defcripdons , vertus ,
1.3.1
Teintitre de Rofès , rafraîchit , cor¬
robore , 'Sc eft au/îî aperitive>
196.»
teinture du Soled que c'eft,
358.1
Tempérament des Champignons ,
169.1
Terebenthine , Thuile blanc de téré¬
benthine Ibuvent mal employé aux
gonorrhées, 309.1
n'cft propre à la phthilè , contre
Béguin , ibid»
Tcfte hhuile de Rôles oindt aux
temples , tempere la douleur &
ardeur de tête, 295.i
le vitriol vomitif purge principa¬
lement la tête , 3 1 5'.i
Thefe de Fontaine, 168.1
Thcriaca Andromachi, 262.1
Theriaca Diateflâron , 3 1 7*i
Tierce , la crème de tartre de-
terge les humeurs qui fomen¬
tent les fièvres tierces bâtardes,
505.1
le làffiran des métaux peut conve¬
nir à ces fîevres, 304.1
le turbith minerai, 3 i8.t
Toux , le Laudanum quand eft pro¬
pre à la toux, 3o®.t
les fleurs de foulphre font pro¬
pres à la toux invétérée , 3 1 7. 2
Triens quid, 114.1
Trochifeus quid , & undc nomen,
476.1
Trochifei.
de Abfinthio,
497.1
Agaricus trochifeatus ,
jio.t
Albi Rhafis,
485.1
Alhandaal ,
yri.r
Ahptæ mofchatæ.
515. 1
Alkckengi,
505.1
Bechiti albi , ôc nigri ,
378.1
Berberis,
491.1
Bdellii,
501.1
Caphuræ ,
489.1
Cappatum ,
500.1
K arabe.
481.1
Cyphi,
5 18.1
Diaion , id eft , de Violis ,
512.1
Diarrhodon ,
494.1
Eupacorii ,
497-1
Galliæ Mofchatæ,
514.1
Go'rdonii ,
508.1
Hedycroi magmatis.
524.1
Laccæ,
499-1
Myrrhæ ,
502.1
. Ramich ,
479-1
Rhabarbari ,
496.1
Scilini ,
520.1
Spodii,
490.1
Terræ figillatæ.
483.1
Viperini ,
277.1
Tubera Diofc.
3-1
Tryphera magna.
318.1
Tryphera Pcrfica ,
364.1
Tryphera Sarracenica,
368.1
V
VEnin , l’eau de Genevre bonne
aux venins, 296.2
rcxtraidl de Guaiac, 299
hhh 2 Ven
l‘ahle des Matières.
Ventficule > l'huile de Genevre
corrobore le ventricule.
258.2
VngHtntum.
Voyez Efiomach.
Ægyptiacum ,
95.2
Vérole , l’huile de Genevre employé
Agrippæ,
Album Galeni,
58.2
118.2
à la vérole.
25)7.2
Album Rhaûs ,
70.2
l'cxtraia de Guaiac ,
25)5). 2
Analepticum,
81.2
fleurs de foulphre ,
3i7.i
Apoftolorum ,
5)2.2
l’Antimoine diaphoretique
,321.1
Aregon,
100.2
la poudre emetique»
321.2
Arthanitæ ,
I 12.2
le Bezoard minerai ,
327.2
Aurœm,
5)2.2
Verti'go , l’huile d’ambre efficace au
Bafilicum minus.
8j.2
vcrtiêo ,
308.2
dcBola,
65.2
Vers , l’extraid d’Abfinthe tue les
Citreum,
108.2
vers ,
25)8.2
Comitiiræ ,
78.2
l’extraid de Rheubarbe ,
■303.2
Deficcacivum rubrum.
71.2
Vitriol , vomicifs de vitriol blanc
Dialthæas ,
86.2
plus doux que l’Antimoine,
, 3 15.2
Glutinans ,
58.2
■ Tefprit de Vitriol & fes
vertus.
Inulatum ,
5)6.2
5IÊ.1
de Lithargyrio
67.2
Viperarum præparatio ôc deledus.
Martiatum ,
102.2
227.1
Mondificativum de Apio ,
. SO.i
Mundificativum de Refina , 85). 2
f Vinum^.
Neapolitanum ,
106.2
•
Nicotianum ,
88.2
Nephriticum ,
IP7.2
Nutritum ,
67.2
Hydragogiim ,
ibid.
Ophthalmicum,
75-^
Vitrioli hiftoria.
272.2
Pomphoügos ,
71.2
Vlceres , l’huile de myrrhe deterge
Populenm,
76.2
/ les ulcérés ,
317.2
ad Pruritum Icabioffim,
8 1.2
l’huile d’Antimoine mondifie &
■ puo vulneribus Cerebri ,
& ner-
guérit les ulcérés putrides ,
vorum.
55.2
320.2
ReCimptivunrn ,
85.2
l’huile de vitriol.
336.2
Rolàtum ,
63.2
l’huile de Saturne,
334. i
Sanguinem fiftens.
57-i
le phJegme de vitriol efl: pro¬
Sarcoticum,
38.2
pre aux ulcérés de bouche.
Splenicnm,,
115.2
316.2
Stypticum,
80.2
Vncia quot conftet granis.
213.2
contra Vermes,.
1 16.2
Ynguentum quid
62.2
Violatum ,
I S. 2
Viinc , le fel de Genevre
provoi-
qiie:
Tahles des
que l'urine î i9%.i
le fcl d'A bfinthe y i
Thuile d’ Ambre, 308.2.
l’huile blanc de térébenthine,
309.2 -
le cryftal minerai , j 1 4.'2
Matieresi
Y
Y Eux, vitriol devenus fînguliet
aux maux des yeirx où il n y
a point d’inflammation, eom-
meauxtayes, 5 3^»^
h h h 5
LISTE .
LISTE DES COMPOSITIONS
dont les deux detnicres Editions ont
été augmentées.
E» la pemkre Edition.
gV i V I s coHtra Epi-
lepfKim , page 17 1.
Pul.Cachedicus j 270.1
Pnl. Cornachini , i 7 3 • 2
Raifons pour prouver la préparation
des Medicamens malins & dele-
taires, 40p. t
Pilulæ Cocciæ majores , 456,1
Co cciæ minores , 458.1
Barberouflæ, 272.2
Laccæ præparatio véræ , 2 2 j . r
Confedio Allcermes Monlpelienfi
Hiera Logodij prima delcriptio »
41J.1
Picra fîmp. Rhaf 4 2 i
Picradefcripc.Mef. 428.1
Oleiim Muirelinum , D. N. Alcxand.
24.2
Balfamum D.Mciue’, falfo Guidoni
tributum, <>0.2
Balfamum Arcei , ^ 7 5 • 2-
Vnguentiim Pomatum , 82.2
Emplaftriim Vulnerarium Paracclfi,
177*2 ' .
Ad Fœtumretincndumj 180.2
Pro Commifltira , 181.2
Conditura Geminar. flor. Aurantior.
269.2
Syrupus CathoUcus> ibid.
C atholicum pro Cly fteribus, 275.2
Collyrium Lanfranci ■ 276.2
Aqna Tophoram Cornu Ccrui, 277.2
Olcum Scorpionum compof Mac-
thioli, 48.2
En la Seconde Edition.
SAcchamm Rofatum , 5 50,1
Saccharum Alchææ, ?5i*i
Tabellæ Vivificanfes , 352.1
Emplaftrum de Cyminoj 1 85 .2
Empl. Stypticum Crollij , ibid.
Spiritus Vini Antholàcus , 262.2
Prima & laudabilis præclara Confe-
dio Aikermes , p. I. Zwclfer.
403-2
SecLinda & emendatior delcriptio
ejufdem Autoris. 40.5.2
F 1
Extrait du Privilège du Roj.
PAr Grâce & Privilège du Roy , il eft permis à J e a n-
Antoine Huguetan, & Marc- Antoi¬
ne Ravaud, d’imprimer ou faire imprimer , en tel
volume , caraderes , & autant de fois que bon leur fem-
blcra, un livre intitulé : La Pharmacopée de Bauderon anjec
les Remarque Si Corrélions i ^ Augmentations de François 'Ver-
ny i Maure Apoticaïre à Montpelier , 6c ce durant l’efpace de
dix ans, 6c defenfes font faites à tous Libraires, Imprimeurs,,
6c autres de quelle qualité 6c condition qu’ils foient, d’im¬
primer , vendre ni débiter ledit livre , fi ce n’eft du confen-
tenient defdits H U G U E T A N 6c Ravaud ^ à peine de
' eonfifcation des exemplaires ôc autres , comme il eft plus
amplement déclaré en. l’Original des LetU'cs données à
Fontainebleau le 31. Odobre 166 j. 6c fignées ,
CHASSEBRAS.
tyfchevé d’imprimer le 15. Avril 1672.
Les Exemplaires ont etc fournis.
Et lefdits feurs Huguetan & Ravaud ont cédé é’ tranfporte leâm
Privilège au Jîeur Barthélémy Riviere fttivam les conventions faitss'
entreux.